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CHAPITRE IV

LES MOMENTS CINÉTIQUES

Christian Ducauze et Hervé This

1 - DÉFINITIONS ET PROPRIÉTÉS

On appelle moment cinétique une grandeur vectorielle à trois composantes


définies par trois opérateurs Nˆ x , Nˆ y et Nˆ z qui commutent avec r et ∂ r , tels que :

Nˆ x Nˆ y − Nˆ y Nˆ x = + h i Nˆ z
Nˆ y Nˆ z − Nˆ z Nˆ y = + h i Nˆ x
Nˆ z Nˆ x − Nˆ x Nˆ z = + h i Nˆ y

Nˆ 2 = Nˆ x2 + Nˆ y2 + Nˆ z2 est l’opérateur qui permet de calculer le carré du module du moment

cinétique. Il commute avec r et ∂ r puisque, par définition, Nˆ x , Nˆ y et Nˆ z commutent avec r

et ∂ r .

Il est également facile de montrer (Tableau VII) que N̂ 2 commute avec N̂ x et donc aussi

avec Nˆ y et Nˆ z .

1
[ TABLEAU VII]

LES OPERATEURS DE MOMENTS ANGULAIRES

ˆ , Nˆ , Nˆ commutent avec N̂ 2 .
L’objectif est de démontrer ici que N x y z

Pour N̂ x par exemple, on sait, par définition que :


Nˆ x Nˆ y − Nˆ y Nˆ x = h iNˆ z .
En multipliant successivement les 2membres de cette équation, à gauche
puis à droite, par N̂ y et en faisant la somme des 2 équations, il vient alors :

Nˆ y Nˆ x Nˆ y − Nˆ y2 Nˆ x = h i Nˆ y Nˆ z
Nˆ x Nˆ y2 − Nˆ y Nˆ x Nˆ y = h i Nˆ z Nˆ y
Nˆ x Nˆ y2 − Nˆ y2 Nˆ x = h i ( Nˆ y Nˆ z + Nˆ z Nˆ y )

ˆ Nˆ − Nˆ Nˆ = h iNˆ et, en opérant de même que


On sait aussi que : N z x x z y

précédemment, on obtient aussi :

Nˆ z2 Nˆ x − Nˆ z Nˆ x Nˆ z = h i Nˆ z Nˆ y
Nˆ z Nˆ x Nˆ z − Nˆ x Nˆ z2 = h i Nˆ y Nˆ z
Nˆ z2 Nˆ x − Nˆ x Nˆ z2 = h i ( Nˆ z Nˆ y + Nˆ y Nˆ z )

On peut alors déduire, par soustraction des 2 sommes précédentes, que :

Nˆ x Nˆ y2 − Nˆ y2 Nˆ x − Nˆ z2 Nˆ x + Nˆ x Nˆ z2 = 0
Nˆ x ( Nˆ y2 + Nˆ z2 ) − ( Nˆ y2 + Nˆ z2 )Nˆ x = 0
Nˆ x Nˆ x2 − Nˆ x2 Nˆ x = 0
Nˆ x Nˆ 2 − Nˆ 2 Nˆ x = 0

2
N̂ x commute donc avec N̂ 2 et, par permutation circulaire, il en est
évidemment de même de N̂ y et de N̂ z .

3
Application : Les opérateurs de moment linéaire - qui vérifient les équations précédentes- sont
ˆ ,M
des opérateurs de moment cinétique. En conséquence, M ˆ et M
ˆ commutent avec M̂ 2
x y z

. On l’avait d’ailleurs directement constaté sur les expressions de coopérateurs (Chapitre III, §
7-2).
Ainsi, en choisissant par exemple les deux hermitiens M̂ z et M̂ 2 qui sont commutables, il sera
possible de tirer de l’ensemble de leurs fonctions propres communes une base orthonormée
complète de l’espace de Hilbert.
.

2 - VALEURS PROPRES DES OPERATEURS DE MOMENTS CINÉTIQUES

La valeur moyenne du carré d’une grandeur physique est nécessairement positive ou nulle,
soit : ∀λ ∈ ℜ, g 2 = (ψ , Gˆ 2ψ ) ≥ 0 , Ĝ étant un opérateur hermitique.

Cela est évident parce qu’une grandeur physique est réelle et qu’en conséquence son carré est
nécessairement positif. Cependant on peut aussi s’en assurer en écrivant que si
ϕi / ( ϕi ,Gˆ ϕi ) = ai ( ai = cste ∈ ℜ , Ĝ étant un hermitien), l’ensemble des fonctions propres
(…, ϕi ,…) associées à des valeurs propres ai différentes constitue une base orthonormée

complète de l’espace H .
∞ ∞ ∞
∀ψ ∈ , on a ψ = ∑ α iϕi , Ĝ 2ψ = ∑ α i ai2ϕi et g 2 = (ψ ,G ∑ i ii
ˆ 2ψ ) = α ∗α a 2 . (corriger)
i =1 i =1 i =1

Tous les termes de cette somme sont ≥ 0 et, par conséquent, toutes les valeurs moyennes
calculées par Nˆ x , Nˆ y et Nˆ z sont ≥ 0 . Donc, toute valeur moyenne calculée par

Nˆ 2 = Nˆ x2 + Nˆ y2 + Nˆ z2 est ≥ 0 . On peut la représenter par ν 2 h 2 et, sans perte de généralité,

imposer à ν d’être ≥ 0 . Les valeurs propres, qui représentent un cas particulier des valeurs
moyennes, satisfont bien sûr aux mêmes conditions.
Ainsi, toute valeur propre ou valeur moyenne attachée à des opérateurs du
type Nˆ x2 + Nˆ y2 = Nˆ 2 − Nˆ z2 est positive ou nulle. Par suite, si l’on considère une fonction propre

commune à N̂ 2 , associée à la valeur propre ν 2 h 2 et à N̂ z , associée à la valeur propre

4
nh ( (n ∈ N), elle est aussi fonction propre de N̂ z2 et associée à la valeur propre n 2 h 2 et de

Nˆ 2 − Nˆ z2 associée à la valeur propre ν 2 h 2 − n 2 h 2 ≥ 0 , d’où il résulte que : −ν ≤ n ≤ ν .

2-1- Opérateurs de glissement (= de recouvrement)

Si N̂ z = n hψ , les opérateurs de recouvrement Nˆ z+ et Nˆ z− sont respectivement tels que

Nˆ z Nˆ z+ψ = ( n + 1 )h Nˆ z+ψ et Nˆ z Nˆ z−ψ = ( n − 1 )h Nˆ z−ψ

On définirait de même Nˆ x+ ,Nˆ x− ,Nˆ y+ et Nˆ y− et l’on peut montrer que tous ces opérateurs de

glissement sont des combinaisons linéaires de Nˆ x , Nˆ y et Nˆ z de la forme :

Nˆ z+ = Nˆ x + i Nˆ y et Nˆ z− = Nˆ x − i Nˆ y ,

Nˆ x+ ,Nˆ x− ,Nˆ y+ et Nˆ y− s’obtenant par permutation circulaire.

Nˆ x , Nˆ y et Nˆ z étant commutables avec N̂ 2 , les opérateurs de glissement précédents sont donc

aussi commutables avec N̂ 2 .


On remarquera, en revanche, que : Nˆ z+ Nˆ z− = Nˆ 2 − Nˆ z2 + h Nˆ z et Nˆ z− Nˆ z+ = Nˆ 2 − Nˆ z2 − h Nˆ z

Les opérateurs de recouvrement étant commutables avec N̂ 2 , si ψ est une fonction de N̂ 2 ,

N̂ z+ sera aussi fonction propre de N̂ 2 associée à la même valeur propre.

On peut en effet démontrer, de façon générale, que si Ĝ et Ĥ sont deux opérateurs tels
ˆ ˆ − GH
que HG ˆ ˆ = 0 et si ψ / Hˆ ψ = hψ ( h = c te ) , on a : H(
ˆ Gˆ ψ ) = h( G
ˆψ ) .

ˆ G
En effet, H( ˆ ψ ) = HG
ˆ ˆ ψ = GH
ˆ ˆψ = G
ˆ hψ = h ( G
ˆ ψ ) . Par conséquent, siψ / Nˆ 2ψ = ν 2 h 2ψ , les

opérateurs Nˆ z+ et Nˆ z− agissant sur ψ vont lui faire parcourir la variété linéaire des fonctions

propres de N̂ z de même valeur propre ν 2 h 2 en modifiant progressivement la valeur propre

de N̂ z .

Ces fonctions propres associées à des valeurs propres différentes de N̂ z sont donc
orthogonales. Il sera toujours possible de les normaliser et d’obtenir ainsi une base
orthonormée de la variété linéaire. En opérant de la même façon avec les différentes valeurs
propres ν 2 h 2 de N̂ 2 , on aboutira finalement – puisque N̂ 2 et N̂ z sont commutables – à une
base orthonormée complète de l’espace de Hilbert.

5
2–2- Calcul des valeurs propres de N̂ 2 et N̂ z

[ TABLEAU VIII]

CALCUL DES VALEURS PROPRES DE N̂ ET DE N̂ z


2

________________________________________________

N̂ 2ψ = ν 2 h 2ψ
−ν ≤ n ≤ ν
N̂ zψ = n hψ

∃ λ , λ′ / −ν ≤ λ′ ≤ λ ≤ ν

Si Nˆ zψ λ = λ hψ λ ⇒ Nˆ z+ψ λ = 0 ⇒ Nˆ z− Nˆ z+ψ λ = 0

Or Nˆ z− Nˆ z+ = Nˆ 2 − Nˆ z2 − h Nˆ z

(ν 2 − λ 2 − λ ) h 2ψ λ = 0 
 ⇒ν − λ − λ = 0
2 2
Donc
Hypothèse: ψλ ≠ 0 

ν 2 = λ (λ +1) et, de même : ν = λ ′ ( λ ′ − 1 )


2
D’où

λ ( λ + 1 ) = λ ′( λ ′ − 1 )
( λ + λ ′ )( λ − λ ′ + 1 ) = 0
⇒ λ + λ′ = 0 ⇒ λ ′ = −λ

6
La suite des valeurs de n correspondant aux fonctions que l’on obtient en faisant agir
itérativement N̂ z+ sur ψ λ ′ ou N̂ z− sur ψ λ s’écrit : −λ , − λ + 1,...., λ − 1, +λ . Cette suite couvre
un intervalle fermé de longueur 2 λ, la distance de deux termes successifs étant égale à 1. Elle
renferme donc ( 2λ + 1 ) termes et ( 2λ + 1 ) est un entier, de même que 2 λ ; λ peut donc être
un entier ou un demi-entier. Si λ est un entier, la suite des valeurs de n est celle des entiers
successifs et comprend 0, soit : −λ , − λ + 1,....., − 1,0 , + 1,.....,λ − 1, + λ . Si λ est un demi-entier,
la suite des valeurs de n ne comporte que des demi-entiers et ne comprend pas 0, soit :
1 1
−λ , − λ + 1,....., − , + ,....., λ − 1, + λ .
2 2
Ces conclusions, valables pour les opérateurs de moment cinétique, le sont aussi bien sûr pour
les opérateurs de moment linéaire. On verra que pour M̂ z les valeurs propres sont de la

forme m h (m = entier), déduites de l’expression de M̂ z en coordonnées sphériques ; que pour

M̂ 2 elles sont de la forme l( l + 1 ) h 2 , l étant la plus grande valeur de m, de même

queν 2 = λ ( λ + 1 ) .

3- FONCTIONS PROPRES COMMUNES A M̂ 2 et M̂ z

3-1- Recherche des fonctions propres communes à M̂ 2 et M̂ z

M̂ z = − h i ∂ϕ
1
M̂ 2 = − h 2 ( ∂θ2 + cot g θ ∂θ + ∂ϕ2 )
sin 2 θ
Les expressions de ces deux opérateurs ne font pas intervenir r. Les fonctions propres qui leur
sont communes pourront donc comporter une fonction arbitraire R(r), à la condition
que R (r )∈ Q

L’expression particulière de M̂ z impose, si ψ ( r,θ ,ϕ ) représente une fonction propre

∂ψ
associée à la valeur propre m h (où m est une constante) que : − h i = m hψ ,
∂ϕ
∂ψ
soit : = + m iψ . Les solutions seront alors de la forme F( r,θ )G( ϕ ) puisque r et θ
∂ϕ

7
∂G
n’interviennent pas dans l’équation aux dérivées partielles. Il en résulte que : = + m i G et,
∂ϕ

en intégrant, G( ϕ ) = Ae + miϕ avec m = C te . Donc : ψ = F( r,θ )e + miϕ à une constante près.


Or, ψ ∈ Q ⇒ ψ uniforme ⇒ m entier et, compte tenu de ce qui précède, une fonction propre
ˆ et M
commune à M ˆ 2 sera de la forme : ψ = R( r ) I( θ )e + miϕ où m est entier.
z

De tout ce qui précède, on peut déduire qu’en définitive :


- les valeurs propres de M̂ 2 sont de la forme l( l + 1 )h 2 où l est un entier ;

- les valeurs propres de M̂ z sont de la forme m h avec m entier tel que : −l ≤ m ≤ l ;

- les fonctions propres recherchées sont de la forme : ψ = R( r ) I l ,m ( θ )eimϕ , à une constante


près qui appartient au corps des complexes C.

On peut alors chercher (voir les tableaux IX et X) ψ l ,l et ψ l ,−l ,l représentant la valeur la plus

ˆ +ψ = 0 et ˆ −ψ
élevée de m, sachant que M z l ,l M z l ,− l = 0

8
[ TABLEAU IX]

RECHERCHE DES FONCTIONS PROPRES


COMMUNES A M̂ z ET M̂ (1)
2

________________________

M̂ z = − h i ∂ ϕ
1
M̂ 2 = − h 2 ( ∂ θ2 + cot gθ ∂ θ + ∂ ϕ2 )
sin θ
2

M̂ 2ψ = l ( l + 1 ) h 2 ψ , où l est un entier
M̂ zψ = m hψ , avec m entier / − l ≤ m ≤ + l
ψ l ,m = R( r ) I l ,m ( θ ) e imϕ

On va rechercher : I l ,l = ? puis I l ,− l = ?

M̂ z+ = h e iϕ ( ∂ θ + i cot gθ ∂ ϕ ) ≈ ˆ + = e iϕ ( ∂ + i cot gθ ∂ )
A θ ϕ

M̂ z− = h e − iϕ ( −∂ θ + i cot gθ ∂ ϕ ) ≈ A ˆ − = e − iϕ ( −∂ + i cot gθ ∂ )
θ ϕ

Â+ψ l ,l = 0 ⇔ e iϕ ( ∂ θ + i cot gθ ∂ ϕ )  R( r ) I l ,l ( θ ) e ilϕ  = 0

⇔ R( r ).e i ( l+1 )ϕ .I l′,l ( θ ) − l .R( r ).cot gθ .I l ,l ( θ ).e i ( l +1 )ϕ = 0


Soit : I l′,l ( θ ) − l cot gθ I l ,l ( θ ) = 0 ⇒ I l ,l ( θ ) = sinl θ

Ainsi : ψ l ,l = R( r ) sinl θ e ilϕ et, de même : ψ l ,− l = R( r ) sinl θ e − ilϕ

On écrira donc : I l ,m ( θ ) = sin θ f l ,m (cos θ )


m

⇒ ψ l ,m = R( r ) sin m θ f l ,m (cos θ ) e imϕ


avec f l ,l = 1 polynôme pair
et f l ,− l = ( 1 − cos 2 θ )l polynôme pair en cos θ

9
[ TABLEAU X]

RECHERCHE DES FONCTIONS PROPRES


COMMUNES A M̂ z ET M̂ (2)
2

____________________

On sait déjà que ces fonctions sont de la forme :

ψ l ,m = R( r ) sin m θ f l ,m (cos θ ) e imϕ

En premier lieu, on va rechercher les fonctions ψ l ,m +1 à partir de ψ l ,m :

Â+ψ l ,m = e iϕ ( ∂ θ + i cot gθ ∂ ϕ )ψ l ,m = − R( r ).e i ( m +1 )ϕ . f l′,m (cos θ ).sin m +1 θ

ψ l ,m +1 est bien de la même forme que ψ l ,m , si − f l′,m = f l ,m +1

On écrira donc : ψ l ,− l = R( r ) sin − l θ f l ,− l (cos θ ) e − ilϕ

avec f l ,− l (cos θ ) = ( 1 − cos θ )l et, en appliquant Â+ de façon itérative :


2

ψ l ,m = R( r ) sin m θ f l ,m (cos θ ) e imϕ , avec f l ,m = ( −1 )l + m d cosl+ mθ ( 1 − cos 2 θ )l

Soit : ψ l ,m = R( r ) sin θ ( −1 )l+ m d cosl+ mθ ( 1 − cos 2 θ )l e imϕ


m

Puis, de même, en appliquant  à ψ l ,l = R( r ) sin θ ( 1 − cos 2 θ )l e ilϕ ,


− −l

On obtient : ψ l ,m = R( r ) sin θ ( −1 )l− m d cosl− mθ ( 1 − cos 2 θ )l e imϕ


−m

En définitive : ψ l ,m = R( r ) sin θ ( −1 )l + m d cosl + θm ( 1 − cos 2 θ )l e imϕ


m

10
On trouve ainsi : ψ l ,l = R( r ) sin l θ eilϕ et ψ l , −l = R( r ) sinl θ e − ilϕ , dont on déduit que :

I l ,m ( θ ) = sin m θ f l ,m cos θ avec f l ,l = 1 (polynôme pair) et f l ,− l = ( 1 − cos 2 θ )l (pair en cosθ)

En raisonnant par récurrence, on montre que si l’expression de ψ l ,m trouvée pour une valeur
donnée de m est vraie, elle est tout aussi vraie pour une valeur (m +1). Par cette itération, on
l+ m l imϕ
aboutit ainsi à l’expression : ψ l ,m = R( r ) sin m θ d cos θ ( 1 − cos θ ) e
2
.

3-2- Parité des fonctions propres communes à M̂ 2 et M̂ z

- R (r), fonction d’une variable paire (r) est : paire


- sin(θ), fonction d’une variable paire sin(θ) est : paire
- La dérivée ( l + m )ième par rapport à la variable impaire cos θ de la fonction ( 1 − cos 2 θ )l est

de la parité ( ( l + m ) car ( 1 − cos 2 θ ) est paire par rapport à une variable impaire

- eimϕ est de la parité de m


En conséquence, la fonction produit ψ l ,m est de la parité de ( l + m) + m = l +2m. Elle a la
ˆ et M
parité de l et la parité des fonctions propres communes à M ˆ 2 - celle des fonctions
z

sphériques en particulier - est celle du nombre quantique l .

3-3- Normalisation des fonctions propres trouvées

Supposons, pour simplifier l’écriture, que m ≥ 0 . L’expression précédente de ψ l ,m s’écrit


l imϕ
alors : ψ l ,m = R( r ) sin m θ dcos
l+m
θ ( 1 − cos θ ) e
2
, à une constante près, et normaliser cette

∫ψ ψ l ,m dv = 1 .

fonction revient à écrire que : l ,m
3

Considérons, sur la sphère de rayon r, l’élément de surface ds limité par les parallèles r et
r+dr, d’une part, les méridiens θ et θ + dθ, d’autre part, cet élément peut être écrit :
ds = − r sin θ dθ rdϕ = − r 2 sin θ dθ dϕ = + r 2 du dϕ , avec u = cos θ .
L’élément de volume compris entre les deux sphères de rayon r et r + dr, est :
dv = ds dr = + r2 du dφ dr.
m
On peut écrire alors : ψ l ,m = R( r )( 1 − u ) f l ,m ( u ) eimϕ avec f l ,m ( u ) = dul + m ( 1 − u 2 )l
2 2

11
∞ 2π +1
Et, pour normaliser ψ l ,m : 1 = N 2 ∫ r 2 R∗ ( r )R( r )dr ∫ dϕ ∫ ( 1 − u 2 )m f l2,m ( u )du
0 0 −1

Or, ∫0
dϕ = 2π et, par ailleurs, il est d’usage de normer séparément dans ℜ 3 la partie

∞ 1
angulaire et la fonction radiale R (r). En posant : ∫0
r 2 R∗ ( r )R( r )dr =

, il s’ensuit qu’on

+1
doit alors avoir : N 2 ∫ ( 1 − u 2 )m f l2,m ( u )du = 2
−1

En fait cette dernière condition est liée à la forme particulière de la condition de normalisation
qui a été imposée à la partie radiale R (r).
Le polynôme figurant sous l’intégrale précédente étant un polynôme pair, la condition de
1
∫ (1 − u )m f l2,m ( u )du = 1
2
normalisation peut donc s’écrire plus simplement :
0

Pour le calcul qui doit être effectué, il n’est pas nécessaire de prendre directement f l ,m
qui comporte souvent des coefficients élevés. On peut prendre n’importe quel polynôme
proportionnel de (et des simplifications pourront être apportées au fur et à mesure des
dérivations successives ( 1 − u 2 )l

A titre d’exemple, le tableau XI présente la normalisation des fonctions d( l = 2 ) .

12
[ TABLEAU XII]

DETERMINATION DE LA PARTIE RADIALE DE ψ


_____________________________________________

ψ l ,m = R( r ) sin m θ d cosl+ θm ( 1 − cos 2 θ )l e imϕ


- Dans un champ à symétrie sphérique : V ( x , y ,z ) = V ( r )
1
- Et, en unités atomiques : Ĥψ = − ∆ψ + V ( r ).ψ = E .ψ
2
2 1
avec ∆ = ∂ r + ∂ r − 2 M̂ 2
2

r r
- On a donc à résoudre l’équation :
1 1 1
− ∂ 2rψ l ,m − ∂ rψ l ,m + 2 l( l + 1 )ψ l ,m + V ( r )ψ l ,m = E .ψ l ,m
2 r 2r

La partie angulaire s’élimine et l’on obtient donc :


1 1 l( l + 1 )
− R′′ − R′ + R + V ( r ).R = E .R puis, en multipliant
2 r 2r 2
par ( −2r ) : r R′′ + 2rR′ + [ 2 Er − 2r V ( r ) − l( l + 1 )] R = 0 (1)
2 2 2 2

Pour intégrer l’équation (1), on va rechercher tout d’abord une


solution particulière : si r → ∞ ( ⇒ V ( r ) → 0 ) , (1) devient ainsi :
r 2 R′′ + 2 E r 2 R = 0 R′′ + 2 E R = 0 ⇒ R = C e±r −2 E
et
∞ 1
forcément : E ≤ 0 . Or si r → ∞ , R → 0 car ∫ R R r dr =
∗ 2
.
0

1
Il s’ensuit que : R = C e . En posant E = − ( n∈ ) , on
− r −2 E +

n2
r

a donc : R = C e et c’est par cette valeur qu’on remplace R dans
n

l’équation(1), C étant une fonction de r . On emploie pour finir la


méthode de variation de la constante C( r ) et il vient :

r2  2r 
r C ′′ − 2( − r )C ′ −  + 2r 2V ( r ) + l( l + 1 ) C = 0 (2)
2

n n 

13
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