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Bonjour,

je vais essayer de vous expliquer ci-dessous les démarches qu’un ressortissant étranger doit
entreprendre dans l’exercice et le changement de statut avec une activité d’autoentrepreneur
(appelé également microentreprise).

Je vous rappelle que le choix d’une activité non salariale est une grande optimisation à faire
entre la nature, le statut administratif de l’activité souhaité, les bénéfices estimés ainsi que les
cotisations nécessaires. Une comparaison entre les statuts juridiques disponibles en France est
présentée dans ce lien :

https://lentreprise.lexpress.fr/creation-entreprise/statuts/tableau-comparatif-cinq-statuts-
juridiques-d-entreprise-a-la-loupe_1609491.html

Renseignez-vous bien sur la tendance du marché sur Google au moins avant de vous lancer.

Premièrement, il faut faire une grande différence entre la nature de l’activité (commerce
comme la vente des ordinateurs, artisanat comme la réparation des ordinateurs, libéral comme
la création des sites internet) et le statut juridique de l’activité (autoentrepreneur, SARL,
EURL, SAS, SASU). Au fait, il n’y a pas de titre de séjour avec mention « autoentrepreneur »
et la préfecture ne délivre qu’un des trois titres non-salariés suivants : commerçant, artisan ou
libéral selon la nature de l’activité déclaré (désignée activité principale). Un autoentrepreneur
pourra être déclaré en tant que : autoentrepreneur commerçant, autoentrepreneur artisan ou
auto entrepreneur libéral.

Deuxièmement, sachez bien que seuls les résidents Algériens (étudiants ou autres) parmi tous
les étrangers non européens peuvent devenir auto entrepreneurs de plein droit et sans
autorisation préalable de la préfecture. Le changement de statut est demandé pour celui qui
souhaite faire de la micro entreprise son justificatif de résidence en France.

L’autoentrepreneur est un statut qui propose des cotisations en pourcentage du chiffre


d’affaires (CA) réalisé (le total des recettes) et donc si on ne travaille pas, on ne paye rien.
L’autoentrepreneur est le statut le plus simple, le moins cher, le parfaitement adapté pour une
personne physique seule et pour des revenus modestes.

L’auto entrepreneur est redevable des cotisations suivantes :

1- Les cotisations sociales (URSSAF).

2- L’impôts sur les revenus (IR) ou l’impôt libératoire au choix.

3- La cotisation à la formation professionnelle (CFP).

4- La cotisation foncière des entreprises (CFE).

5- La taxe de la valeur ajoutée (TVA).


Vous trouvez les barèmes des cotisations (en pourcentage du CA) dans le tableau suivant :

Activité commerciale Activité artisanale Activité libérale


Cotisations sociales
12,80% 22% 22%
(sans ACCRE)

Impôt libératoire 1% 1,7% 2,2%


Montant
29% 50% 66%
imposable
Impôts sur
0 % si le montant imposable est entre 0 € jusqu'à 9 807 €,
les revenus Montant de
14 % si entre 9 807 € à 27 086 €
l’impôt
et 30 % si entre 27 086 € à 72 617 €
Cotisation pour la
0,1% 0,3% 0,2 %
formation professionnelle
Un montant forfaitaire de 70€ à 220€ à payer à la fin de chaque
CFE
année civile qui dépend du département et de l’activité.
De 2,1 à 21% selon l’activité, applicable dans l’année en cours
TVA dès un CA 91 000€ pour les activités commerciales et 35 200 €
pour les prestations de services.

Le régime autoentrepreneur est plafonné par un chiffre d’affaires annuel (entre le 01/01/ et
31/12) qui vaut 170 000€ pour les activités commerciales et 70 000€ pour les prestations de
services. En cas de dépassement, l’auto entrepreneur sera transféré automatiquement au statut
d’entreprise individuelle. Ce plafond est différent du plafond de la franchise de la TVA.

Ce document ne traite pas la combinaison des activités de nature différente et il traite dans la
globalité le cas d’une personne seule.

La démarche pour se déclarer en autoentrepreneur est simple et gratuite, Il faut se rendre dans
le portail officiel des autoentrepreneurs :

https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil.html

Cherchez la rubrique ''créer votre activité'' et sa saisissez dans le formulaire en ligne :

 Votre choix d’activité dans une liste déroulante, vous aurez de suite de quel type est-
elle (commerçante, artisanale ou libérale).

 Le choix des autres activités secondaires (pas de limite dans les choix).

 Les coordonnées et l'adresse, veuillez mettre une adresse ou vous êtes sûre que la
préfecture dépendante accepte ce changement de statut puisque malheureusement ce
statut n'est pas accepté dans toutes les préfectures. Contrairement au statut
commerçant, on n’est pas obligé de domicilier notre entreprise. On peut se déclarer à
notre propre adresse ou n’importe laquelle.
 Le choix des intervalles de déclarations : mensuelles ou trimestrielles. On paye pour
ce qui a été perçu dans le mois/semestre précédent au début du mois qui suit. La
déclaration du tout premier trimestre est combinée avec le second. Les échéanciers
sont au 31 janvier, 30 avril, 31 juillet et le 31 octobre.

 La possibilité de protéger le patrimoine personnel avec le statut ''EIRL : Entreprise


individuelle à responsabilité limitée'' (ce n’est pas EURL). Ceci vous permet de
protéger des biens personnels (à déclarer) en cas où vous serez endetté. Ce statut
relève d’un autre régime de cotisations sociales et d’impôts. Plus d’info :
http://www.eirl.fr/

 L'option du payement libératoire des impôts : vous avez au fait le choix d’opter (le
jour de la déclaration ou avant le 31 décembre de chaque année pour l’impôt ordinaire
sur les revenus (IR) ou le payement libératoire des impôts au même temps que les
cotisations sociales (un pourcentage supplémentaire) à condition de n’avoir pas
dépassé un CA de 26 818 € dans l’année n-2.

Dans le cas où vous optez pour l’impôt libératoire, vous ne serez automatiquement pas
concerné par l’IR mais vous devrez quand même déclarer vos recettes annuelles et vos
revenus de foyer comme tout le monde dans le mois de mai de chaque année civile.

Je ne vous recommande pas cette option au début de votre activité et quand le CA


n’est pas aussi grand mais vous devrez en tous cas faire la comparaison selon vos cas
entre les deux calculs mentionnés dans le tableau des taxes. Vous pouvez également
vous renoncez de l’option par une simple demande adressée à l’URSSAF avant le 31
décembre pour un effet à compter du 01 janvier de l’année qui suit.

 La demande d'ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d'Entreprise).


Elle est accordée généralement sans conditions aux jeunes (-26 ans) dans leurs
premières créations d’entreprises et sous conditions pour les autres demandeurs. Ce
n’est qu’un courrier adressé à l’URSSAF (qui contient le cerfa_13584-02 et une copie
de la pièce d'identité) dans les 45 jours qui suivent la déclaration. L’ACCRE consiste
en une réduction graduée sur les cotisations sociales (seuls les cotisations sociales)
dans les 3 premières années de la création d’activité. Voici le tableau des cotisations
avec l’ACCRE :

% des cotisations
1 année 2 année 3 Année 4 Année (plein tarif)
sociales (URSSAF)
Activité commerciale 3.2% 6.4% 9.6% 12,8%

Activité artisanale 5,5% 11% 16.5% 22%

Activité libérale 5,5% 11% 16.5% 22%


À la validation vous aurez votre formulaire de déclaration d'activité, gardez-le puisqu’il
vous sera demandé à la préfecture.

Vingt-jours plus tard au max, vous recevez votre attestation d'immatriculation chez l'INSEE
qui contient votre numéro SIRET, il vous sert de référence dans vos démarches ou vos
contacts avec les clients. Vous recevez également une attestation d'affiliation à la sécurité
sociale des indépendants SSI (appelé RSI précédemment) et une attestation d’affiliation chez
l’URSSAF.

Vous pouvez déclarer vos recettes et payer vos cotisations par chèque et avec la fiche de
déclaratif que l’URSSAF va vous adresser (à retourner) à la fin de chaque mois/trimestre. Une
gestion en ligne est proposée également sur : https://www.net-entreprises.fr pour cotiser,
demander des délais de payement ou pour entrer en contact avec l’URSSAF.

Avec ces trois attestations-là et votre déclaration de début d'activité et si vous souhaitez
changer votre statut, vous pourriez aller à la préfecture, idéalement 3 mois avant l’expiration
de votre titre de séjour, pour déposer le dossier de changement de statut. Pensez à prendre
rendez-vous à l’avance s’il le faut. Le dossier contient en plus de ces 4 pièces-là :

 5- la carte de séjour ou récépissé valide accompagné de votre passeport. Si vous


changez d'adresse, ne vous inquiétez pas, la préfecture fait le changement d'adresse et
le changement de statut à la fois ;

 6- des photos d'identité récentes dans les normes ;

 7- le justificatif de domicile de moins de 3 mois (si vous vous justifiez avec une
attestation d'hébergement, assurez-vous que votre hébergeur est bien déclaré dans la
préfecture en question) :

 8- certaines activités dites réglementés (consultant, indépendant…) requirent un


diplôme de type universitaire ou autre. Vous devrez vous renseigner tous d’abord sur
les exigences de l’activité et de la préfecture avant de se lancer. Il n’y a pas de
condition pour les activités non-réglementées (garde d’enfant, soutien scolaire...) ;

 9- la préfecture peut demander dans certains cas un business plan justifiant que
l’activité peut procurer des revenus supérieurs ou égale au SMIC. N’hésitez pas à
chercher des exemples en ligne ou dans les fichiers des groupes Facebook et de
l’adapter selon vos cas ;

 10- la désignation d’un compte bancaire (pas forcément professionnel) pour les
revenus de l’activité, autre que le compte bancaire personnel ;

 11- les commerçants et les artisans doivent solliciter dans les 15 jours suivant leurs
immatriculations un extrait Kbis autoentrepreneur dans la Chambre de commerce et de
l’industrie (CCI) ou dans la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA)
respectivement. Les libéraux ne sont pas concernés.
La préfecture vous remettra en principe un récépissé de dépôt le jour même qui autorise à
travailler et à voyager.

A Partir de janvier 2019, le stage préalable à l’installation (SPI) ne sera plus obligatoire dans
la demande du Kbis autoentrepreneur. N’hésitez pas à se présenter aux sciences
d’informations gratuites hebdomadaires que proposent la CCI et la CMA de votre
département pour plus d’amples informations.

Une déclaration initiale de la CFE (Formulaire n°1447-C-SD) est obligatoire. Vous devrez la
retourner à votre centre impôts avant le 31/12/2018 de l’année de la création de l’activité.

La CFE n’est pas redevable qu’à partir de la deuxième année de la création de l’activité. Pour
plus de détails sur cette cotisation, les cas d’exonération et le remboursement, n’hésitez pas à
consulter ce lien :

https://www.l-expert-comptable.com/a/531908-calculer-la-cotisation-fonciere-des-
entreprises-cfe.html

Un des avantages du régime auto entrepreneur est cette franchise de TVA en dessus du
plafond cité plus haut. Cela vous permet d’avoir le prix le plus bas dans le marché. Pour plus
de détails au sujet de la TVA :

https://www.portail-autoentrepreneur.fr/actualites/comment-faire-declaration-tva

Un autoentrepreneur étranger peut solliciter et par dérogation de la DIRECCT une


autorisation provisoire et exceptionnelle d’un travail salarié à hauteur de 15h/semaine pendant
6 mois dans le cas des faibles conditions de revenu. Sauf cela, il ne lui sera plus possible
d’exercer une activité salariale ou assimilée.

Un auto entrepreneur, peut s’inscrire à l’université, peut faire des formations, des stages et des
stages alternés.

Pistes d’emploi : chercher des prestations est l’étape cruciale dans cette démarche. Cela
dépend de votre métier, votre portefeuille client, votre qualité de travail et les opportunités
disponibles dans le marché. Je cite ces liens pour un début :

https://www.staffme.fr/

https://www.side.co/fr

https://www.kicklox.com/

Commerçant, artisan ou libéral, autoentrepreneur que vous soyez ou autres, n'hésitez pas à
profiter vos cotisations à la formation professionnelle pour financer certaines catégories de
formations. Je vous laisse consulter ses liens pour plus d’informations sur les conditions, les
montants de l’aide et la démarche à suivre :
AGEFICE : https://communication-agefice.fr/ si vous exercez une activité commerciale.

FAFSEA: http://www.fafsea.com/accueil/index.php si vous exercez une activité artisanale.

FIFPL: https://www.fifpl.fr/ si vous exercez une activité libérale.

Les libéraux reçoivent un titre de séjour avec la mention : « Visiteur - Profession libérale ».
Ces deux mentions sont conjointes dans les règlements des titres de séjour et il n’y a aucune
particularité ou obstacle avec ce titre, tous comme les autres.

Gardez tous les documents. On pourra vous demander lors du renouvellement en plus du
dossier de la première demande, les documents suivants :

- Votre carnet de factures (Voici un modèle de facture (https://www.auto-entrepreneur-


logiciel.fr/fonctionnalites/modele-de-facture.htm )

- Les relevés du compte bancaire de l’activité.

- Votre avis d’impôts.

- Les déclarations URSSAF.

Le changement de statut est gratuit pour les étudiants Algériens, n'hésitez pas à le réclamer
(en joignant les textes s’il le faut) si on vous demande des timbres. Le renouvellement est
toujours à 269€. La première carte CRA 10 ans est gratuite.

https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2016/01/Circulaire-taxes-12012012.pdf

La modification ou la cessation de l'activité est gratuite et réalisable avec une simple


déclaration dans le même site de la création.

Afin de pouvoir demander une carte de résidence de longue durée, vous serez amenés à
justifier une stabilité dans votre chiffre d'affaires pendant plus au moins 3 ans. Je vous
conseille sauf force majeure de toujours déclarer au moins le SMIC (1198€/mois en 2018).

Exemple : Soutien scolaire : activité libérale.


ACCRE : accordé.
Impôts : payement libératoire.
Pas de CFE, pas de TVA.

Dans l’exemple vous aurez en charge :

Pendant la première année : 5,5%+2.2% + 0.2 % = 7,90 % = 95 €/mois.


Pendant la deuxième année : 11% + 2.2% + 0.2 % = 13.4 % = 160 €/mois.
Pendant la troisième année : 16.5% + 2.2% + 0.2 % = 18.9 % = 226 €/mois.
Pendant la quatrième année : 22% + 2.2% + 0.2 % = 24.4 % = 292 €/mois.
Les auto entrepreneurs gardent accès aux aides aux logements et à la prime d’activité et les
autres aides sociaux. Les Algériens peuvent demander la prime d'activité au bout d'un an de
résidence en France (5 ans pour les autres étrangers). Il faut avoir un CA de moins de
1500€/mois pour une personne célibataire avec un bilan annuel de 20 700€ pour les artisans et
commerçants et 8 300 €/an pour les professions libérales. Ceci varie également en fonction de
de si vous êtes locataire ou hébergé. Je vous laisse le soin de faire votre simulation sur le site
de la CAF pour estimer le montant possible selon votre cas. Signalez toujours vos
changements de situation dès que possible.

Vous gardez également accès à la CMU-C dans les mêmes conditions de ressources de
l’année n-1 (revenu inférieur à 8 593 € pour une personne seule). Vous ne devrez plus par
contre adresser la demande à la CPAM mais au centre SSI qui gère votre assurance--maladie
(par exemple : la RAM pour les libéraux).

Il est possible de faire bénéficier ses clients particuliers de certains avantages. Dans le soutien
scolaire par exemple, une réduction de 50% des impôts sur les revenus des parents des enfants
scolarisés peut être envisageable. Plus d’infos : www.cesu.urssaf.fr

Ce changement de statut vous donne droit d’effectuer un regroupement familial.

Une année blanche de cotisations sociales est annoncée pour les créateurs ou repreneurs
d’entreprise à partir du 01 janvier 2019 jusqu’au 31/12/2019.

Les conditions de la prise en charge médicale sont un peu différentes du régime étudiant ou
salarié, n’hésitez pas à souscrire des assurances supplémentaires selon votre besoin.

Abonnez-vous à ce site : https://www.portail-autoentrepreneur.fr/ vous trouverez tous dessus.

Merci à vous et bon courage !