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Chapitre IV: ENREGISTREMENT DES ACHATS ET DES VENTES – DES DETTES ET DES

CREANCES

Section I  : La pièce comptable de base  : La facture  :


Bien qu’il s’agisse d’opérations différentes en apparence, les achats et les ventes traduisent en fait une
même réalité : le transfert de la propriété d’un bien. L’analyse commerciale de ces opérations conduit en
général à distinguer plusieurs phases successives :
- la commande
- la livraison
- la facturation
- le paiement
en comptabilité, c’est la facture qui sert de pièce justificative. C’est donc seulement après établissement
de ce document que l’opération sera enregistrée dans les comptes sur la base des informations qu’elle
contient. Il faut savoir lire une facture, car elle est riche de renseignements de toutes sortes. Certains de
ces renseignements seront enregistrées en comptabilité, à la fois chez le fournisseur et chez le client.
D’autres (les conditions générales de vente notamment) ne seront pas enregistrées ; ils serviront
d’instruments de preuve et on devra s’y référer en cas de litige (quelle est par exemple l’étendue de la
garantie ?). Savoir lire une facture consiste à distinguer les informations à caractère général qui ne
seront pas reprises en comptabilité et les informations à caractère comptable qui devront y être
enregistrées. Il faut enfin signaler l’originalité de la facture d’avoir.

1-1: Les informations à caractère général  :


La facture doit comporter de façon obligatoire le terme « facture » . Elle doit également être numérotée
et être datée. Elle doit enfin faire apparaître un certain nombre d’informations relatives aux parties
contractantes, à savoir :
- Les informations relatives au vendeur (fournisseur) : Ce sont la raison ou la dénomination
sociale (suivi pour les SA ou la SARL des mots écrits visiblement en toutes lettres « Société
Anonyme » ou « Société à responsabilité limitée »), le montant du capital social (pour les SA,
SARL….), le lieu et le numéro d’immatriculation au registre du commerce. On peut également
y trouver d’autres mentions à caractère plus pratique : adresse, numéro de téléphone, fax,….
- Les informations relatives à l’acheteur (client) : Elle comprennent les éléments destinés à l’
identifier, c’est-à-dire son nom et son adresse.
- Les informations relatives au contrat (c’est-à-dire la vente) : très souvent, les factures
rappellent les conditions juridiques de la vente : transfert de propriété, assurance, juridiction
compétente en cas de litige, ….

1-2: Les informations à caractère comptable  :


Elles concernent en général l’objet de transaction, la taxe sur la valeur ajoutée et les modalités de
règlement  :
- Les informations relatives à l’objet de la transaction  et à son prix: la facture indique en
principe le détail des biens cédés, les quantités, les prix unitaires et le montant par article. On
peut également y trouver mention des frais accessoires  : emballages, frais de port, ….
- Les informations relatives à la TVA : la taxe sur la valeur ajoutée est un impôt qui frappe la
quasi- totalité des opérations de livraison de biens et de prestations de services. Cette taxe est
collectée par le vendeur, qui la facture à son client, puis la reverse à l’Etat. Mais il est
autorisé selon certaines modalités, à déduire de la taxe collectée, la taxe qui lui a été facturée
par ses différents fournisseurs. Cette taxe ne constitue donc ni une charge, ni un produit pour
l’entreprise. Elle s’enregistre, dans les comptes suivants :

1
4350- Taxes sur le chiffre d’affaires déductibles : chez l’acheteur  créance sur l’Etat
4357- Taxes sur le chiffre d’affaires collectés par l’entreprise : chez le vendeur  dette au profit
de l’Etat  .

On insistera également sur le rôle fondamental joué par la facture dans le fonctionnement de cet
impôt. En effet, la facture constitue le document justificatif de la TVA collectée et de la TVA
déductible. L’entreprise doit conserver le double des factures établies au nom de clients. Les
factures reçues des fournisseurs doivent également être conservées. Sans facture, il n’y a pas de
droit de récupération possible, même si la taxe a été effectivement payée au fournisseur. De même,
si une facture a été délivrée, mais ne comporte pas certaines mentions, en particulier le taux et le
montant de la taxe ainsi que la matricule fiscal (code TVA) du fournisseur, le droit à récupération
n’est pas possible.
- Les informations financières : la facture mentionne les modalités de règlement de l’opération  :
chèque bancaire ou postal, virement bancaire, effet de commerce,….

1-3: La facture d’avoir  :


C’est une facture qui fait apparaître non pas une dette du client envers son fournisseur, mais au contraire
un avoir (donc une créance), qu’il possède contre ce dernier. La facture d’avoir est généralement établie
après un retour de marchandises déjà facturées, mais non conformes à la commande. Elle peut également
être établie après l’octroi d’une réduction commerciale ou financière après l’émission de la facture
ordinaire ou dans le cas d’une erreur dans la facture émise.
Par conséquent, le fournisseur doit annuler une partie de la dette de son client en émettant une facture
d’avoir . celle-ci reprend exactement les mêmes informations que la facture ordinaire.
La facture d’avoir fait l’objet d’un enregistrement en comptabilité de manière inverse à la facture initiale.

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Exemple de facture  ordinaire :

Société « les frères » de confection société anonyme


capital de 10 000 000 MRU
Adresse : Tél :
FACTURE N° 92 /3426 Le : 12/
07/N
Matricule fiscal : (A votre débit) MOCTAR
R.C : 8829 3,rue
5 000 TEVREGH ZEINE

Quantité Désignation P.U.H.TVA TVA Montant HTVA


10 pantalons 50,000 18 500,000
5 costumes 230,000 18 1 150,000
20 chemises 40,000 18 800,000

Modalités de paiement : Valeur marchandise H.TVA 2 450,000


Règlement au comptant :en espèces Remise : 10% 245,000
Net commercial 2 205,000
Escompte 1% 22,050
Net financier 2182,950
TVA (18%) 392,931
Montant TTC 2575,881
Arrêté la facture à la somme de :
Deux mille cinq cent soixante quinze virgule 881 MRU
signature

Remarque : Ce chapitre concerne les achats et les ventes liés au cycle d’exploitation, c’est-à-dire à l’activité
exercée par l’entreprise, prestations de services de toute nature…. On exclura les achats et les ventes qui
concernent la structure même de l’entreprise, c’est-à-dire les acquisitions et les cessions d’immobilisations.

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Section II  : Nomenclature des comptes  :
2-1  : Les comptes liés aux opérations d’achats  :
 Les comptes de charges  :
60 Achats
600  : Achats de marchandises
601  :Matières premières et autres approvisionnements
602  : Emballages
606  : Achats d’approvisionnements non stockés

 Les comptes de produits  :


776 : Escomptes obtenus
 Les comptes de bilan  :
40. Fournisseurs et comptes rattachés
400 Fournisseurs
4000 Fournisseurs ordinaires
4004 Fournisseurs de biens d’équipement
405 Effets à payer
408 Fournisseurs, factures à recevoir (non parvenues)
409 Fournisseurs débiteurs
4090 Fournisseurs, avances et acomptes versés sur commande
d’exploitation
4096 Fournisseurs, créances pour emballages et matériels à rendre
4097 Rabais, remises et ristournes à obtenir (avoirs non encore
reçus).
435 Taxes sur la valeur ajoutée (TVA)
4350 Etat, TVA déductible
4355 Etat, TVA à décaisser
4357 Etat, TVA collectée
2-2  : Les comptes liés aux opérations de ventes  :
 Les comptes de produits  :
 70. Ventes de marchandises. Production vendue
 700. Vente de marchandises ( production vendue)
 701- Production vendue (travaux, prestations de services)
 706 Produits des activités annexes
 Les comptes de charges  :
60 :Achats
654  :Escomptes accordés
 Les comptes de bilan  :

41. Clients et comptes rattachés


410 Clients
4100 Clients ordinaires
412 Clients douteux ou litigieux
415 Effets à recevoir
418 Clients, factures à établir
419 Clients créditeurs
4190 Clients, avances et acomptes reçus sur commandes en cours
4196 Clients, dettes pour emballages et matériels consignés
4197 Rabais, remises et ristournes à accorder (avoirs à établir).

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Section III  : L’enregistrement des factures ne comportant pas des frais
accessoires  :
3-1  : L’enregistrement des achats  :
On appelle "Achats", les biens achetés pour être utilisés au cours d'un processus de production,
consommés au premier usage ou être revendus en l'état.
Les achats constituent des charges pour l’entreprise. Ils s’enregistrent donc au débit du compte concerné
pour le montant hors TVA. La TVA qui est en principe récupérable, s’enregistre au débit du compte
« 4366 : Etat : taxes sur chiffre d’affaires déductibles ». les comptes 600 à 606 enregistrent les prix
d’achat. Les frais de transport sur achats payés à des tiers sont enregistrés à part dans le compte
« 6300 : Transport sur achats ».
Quant à la contrepartie, c’est en principe le compte « 4000 : Fournisseurs Ordinaire  » qui est crédité
en contrepartie pour le montant de la facture TVA comprise. Il exprime la dette de l’entreprise vis-à-vis
de ses fournisseurs jusqu’au règlement financier.

3-2  : L’enregistrement des ventes  :


Les ventes constituent le produit de l'activité normale et courante de l'entreprise, elles correspondent aux
ressources acquises par l'entreprise pour le prix des marchandises cédées, des travaux effectués ou des
services vendus.
Les ventes constituent des produits pour l’entreprise. Ils s’enregistrent donc toujours au crédit du compte
concerné pour le montant hors TVA. La TVA, qui doit être reversée à l’Etat, s’enregistre au crédit du
compte «4357 : Etat, TVA collectée »
Exemple de comptabilisation d’une facture  :
Enregistrer l’opération suivante chez l’acheteur et chez le vendeur :
1er mars : livraison des marchandises et facture du même jour par le fournisseur :
- Marchandises  : 40 000
- TVA ( 18%) : 7 200
- Total 47 200
Solution  :
Chez l’acheteur  C:
600 Achat de marchandises 40 000
4350 Etat, TVA déductible 7 200
4000 Fournisseurs Ordinaires 47
F, facture du……N°……. 200

Chez le vendeur  F:
410 Clients 47 200
700 Ventes de marchandises 40
4357 Etat, TVA collectée 000
C, notre facture du …… N°… …. 7
200

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Section IV  : L’enregistrent des avances et acomptes  :
La pratique commerciale entraîne parfois le versement d’avances ou d’acomptes, lors de la passation
d’une commande, avant même la livraison du bien. Le transfert de propriété n’est donc pas encore
réalisé. Le versement de ces avances et acomptes nécessite cependant un enregistrement comptable
puisqu’il fait naître respectivement chez l’acheteur et chez le vendeur une créance et une dette envers
l’autre partie au contrat.
Avances : sommes versées avant tout commencement d'exécution d'une commande ou de travaux.

Acomptes : sommes versées sur justification d'exécution partielle d'une commande ou de travaux.

On précisera toutefois que les développements qui suivent concernent exclusivement les avances et
acomptes sur commandes d’exploitation, celles relatives aux immobilisations font l’objet d’un
enregistrement spécifique selon la nature de l’immobilisation. Pour les immobilisations incorporelles, les
avances et acomptes sont enregistrés au compte « 237 : Avances et acomptes versés sur immobilisations
incorporelles  ». Alors que pour les immobilisations corporelles, les avances et acomptes sont enregistrés
au compte « 238 Avances et acomptes versés sur commandes d’immobilisations corporelles ».

4-1  : L’enregistrement des avances accordées aux fournisseurs  : 


Les comptes des fournisseurs présentent normalement un solde créditeur, ils constituent une ressource
pour l’entreprise. Dans l’hypothèse de l’avance versée aux fournisseurs, c’est l’entreprise qui est titulaire
d’une créance sur le fournisseur.
Ces opérations s’enregistrent au dédit du compte « 4091 : Fournisseur, avances et acomptes versés sur
commandes ». ce compte présente donc un solde débiteur jusqu’à la réception de la facture. Il figurera
naturellement parmi les actifs de l’entreprise.

4-2  : l’enregistrement des avances reçues des clients  :


La situation est symétrique à celle analysée ci-dessus. En effet, à la suite de l’avance versée par le client,
c’est une dette que l’entreprise doit enregistrer. Elle le fera en créditant « 4190 Clients, avances et
acomptes reçus sur commandes » qui figurera parmi les passifs de l’entreprise.

Exemple de comptabilisation d’une facture précédée par une avance  :


Enregistrer les opérations suivantes chez l’acheteur et chez le vendeur :
14 Février   : Avance du client C au fournisseur F : 15 000 MRU
1er Mars : Livraison des marchandises et facture du même jour par le fournisseur :
- Marchandises  : 40 000
- TVA ( 18%) : 7 200
- Total 47 200
- Votre avance : 15 000
- Net à payer 32 200
Solution  :
 Chez l’acheteur «  C  »  :
4090 Frs, avances et acomptes versés sur commandes 15 000
55 Banque 15 000
Chèq … N° …/ avance sur commande
600 Achat de marchandises 40 000
4350 Etat, TVA déductible 7 200

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4000 Fournisseurs Ordinaires 32 200
4090 Frs, Av. et Ac sur commande 15 000
F, facture du……N°…….

 Chez le vendeur  F :
55 Banque 15 000
4190 Clients av. et ac sur commandes 15000
Chèq …N°…/ av, C sur commande
410 Clients 32 200
4190 Clients av et ac sur commandes 15 000
700 Ventes de marchandises 40000
4357 Etat, TVA collectée 7200
C, notre facture du …… N°… ….

Section V  : L’enregistrement des factures comportant des réductions  :


5-1  : les différents types de réductions  : on distingue deux types de réductions :

Remise

Commerciales Rabai
s

Réductions Ristourn
e

Financières
Escompte

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5-1-1  : Les réductions commerciales  : Elles sont de trois types :
- La remise : c’est une réduction habituelle sur le prix de vente pour tenir compte de
l’importance de la vente ou du client.
- Le rabais : c’est une réduction pratiquée sur le prix de vente, généralement justifiée par un
défaut de qualité.
- La ristourne  : c’est une réduction périodique calculée sur l’ensemble des opérations faites par
un client pour tenir compte de sa fidélité.
5-1-2  : Les réductions financières ou escompte de règlement   : c’est une réduction accordée aux clients
qui paient avant l’échéance habituelle de règlement ( règlement comptant ou dans un délai bref).

5-2  : Le calcul «  en cascade  » des réductions, notions de «  net commercial  » et de «  net financier  », et
mode de calcul de la TVA  :
Exemple : montant brut : 13 500 ; rabais : 5% ; première remise : 10% ; deuxième remise  : 15% ;
escompte de règlement : 3%  ; TVA  : 18% 

Facture  :
Brut hors TVA  : 13 500
Rabais (5%  13 500) 675

Premier solde 12 825


Première remise ( 10%  12 825) 1 282,5 

Deuxième solde 11 542,5 


Deuxième remise (15%  11 542,5)  1 731,375

NET COMMERCIAL 9 811,125


Escompte de règlement(3% 9 811,125) 294,333

NET FINANCIER 9 516,791


( Base de calcul de la TVA)

TVA ( 18%  9 516,791) 1 713, 022

NET A REGLER 11 229,813

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5-3: Schémas de comptabilisation :
Le principe est que toutes les réductions d’ordre commercial portées sur la facture initiales,
n’apparaissent pas en comptabilité. En effet, c’est le net commercial qui est porté dans les comptes
d’achats (chez l’acheteur) ou les comptes de ventes concernés (chez le vendeur).
Par contre, les réductions d’ordre financier (escompte de règlement) sont comptabilisées :
- au crédit du compte « 776 : Escomptes obtenus » chez l’acheteur, car elles constituent des
produits financiers.
- Au débit du compte «  676 : Escomptes accordés » chez le vendeur, car elles constituent des
charges financières.
Exemple : procéder à l’enregistrement de la facture précédente chez l’acheteur et chez le vendeur
(facture réglée par chèque).

Solution  :
Chez l’acheteur  C:
600 Achat de marchandises 9 811,125
4350 Etat, TVA déductible 1 713, 022
55 Banque 11229,813
776 Escomptes obtenus 294,337
F, facture du…N°……réglée par chèque N°…

Chez le vendeur  F:
55 Banque 11229,813
676 Escomptes accordés 294,337
700 Ventes de marchandises 9 811,125
4357 Etat, TVA collectée 1 713, 022
C, facture du… N°…  réglée par chèque N°….

Remarque : Pour bénéficier de l’escompte, le client doit respecter dans certains cas certaines
conditions  :
- escompte pour tout règlement au comptant : le client, pour bénéficier de l’escompte, doit
régler un certain montant au comptant. L’escompte est calculé par rapport au montant réglé.
- escompte pour règlement intégral au comptant : le client, pour bénéficier de l’escompte, doit
régler l’intégralité du montant au comptant.
- escompte pour tout règlement sous huitaine : le client, pour bénéficier de l’escompte, doit
régler un certain montant dans les huit jours suivants la facturation.
- escompte pour règlement intégral sous huitaine : le client, pour bénéficier de l’escompte, doit
régler l’intégralité du montant dans les huit jours suivants la facturation.

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Section VI  : L’enregistrement des factures comportant des majorations  :
6-1  : Transport facturé  :
les factures de ventes font souvent mention des sommes qui s’ajoutent au prix des marchandises et qui
sont mises à la charge du client au titre de transport. Le vendeur ne facture le transport que lorsque la
vente est conclue « Franco de transport » et lorsque le vendeur se charge de réaliser ce transport par ses
propres moyens ou par recours à un tiers. On dit que dans ce cas le prix de vente est un prix « départ
usine ».

1er cas  : le fournisseur a recours aux services d’un tiers pour effectuer le transport, et récupère ce
transport en le facturant à son client  :
La facture du tiers établie au nom du fournisseur qui paye et la répercute sur l’acheteur (port à
récupérer)

Chez le fournisseur  :
A la réception de la facture de transport par le tiers :
6301 Transport sur ventes H.TVA
4350 Etat, TVA déductible 10% H.TVA
55 Banque TTC

Au moment de l’établissement de sa facture de vente, le fournisseur facture le transport et passera


l’écriture suivante :
411 Clients TTC
6301 Transport sur ventes H.TVA
4350 Etat, TVA déductible 10%H.TVA
700 Ventes de marchandises H.TVA
4357 Etat, TVA collectée X% H.TVA

Chez le client  :
A la réception de la facture du fournisseur :
6241 Transport sur achats H.TVA
607 Achats de marchandises H.TVA
4350 Etat, TVA déductible TVA
400 Fournisseurs TTC

Remarque  : Dans certains cas, le fournisseur fait appel à un tiers transporteur et décide de supporter les
frais de transport.

Chez le fournisseur  :

10
A la réception de la facture de transport par le tiers :
6242 Transport sur ventes H.TVA
4350 Etat, TVA déductible 10% H.TVA
55 Banque TTC

Au moment de l’établissement de sa facture de vente, le fournisseur ne facturant pas le transport, passera


l’écriture suivante :
410 Clients TTC
700 Ventes de marchandises H.TVA
4367 Etat, TVA collectée X% H.TVA

Chez le client  :
A la réception de la facture du fournisseur :
600 Achats de marchandises H.TVA
4350 Etat, TVA déductible TVA
Fournisseurs
400 TTC

2ème cas  : Transport effectué par les moyens propres du fournisseur et facturé au client  :
Chez le fournisseur  :
Le transport constitue dans ce cas un produit sur des activités annexes :
410 Clients TTC
700 Ventes de marchandises H.TVA
706 Produits des activités annexes H.TVA
4357 Etat, TVA collectée TVA

Chez le client  :
L’écriture comptable ne diffère pas de celle relative au premier cas ; soit :
6241 Transport sur achats H.TVA
600 Achats de marchandises H.TVA
4366 Etat, TVA déductible TVA
400 Fournisseurs TTC

Remarque  : Dans certains cas, le fournisseur fait le transporteur par ses propres moyens et décide d’en
supporter les frais. Dans ce cas le transport n’est comptabilisé ni chez le vendeur ni chez l’acheteur.
3ème cas  : le client a recours aux services d’un tiers pour effectuer le transport  :

Chez le fournisseur  :
Au moment de l’établissement de sa facture de vente, le fournisseur passera l’écriture suivante :

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410 Clients TTC
700 Ventes de marchandises H.TVA
4357 Etat, TVA collectée X% H.TVA

Chez le client  :

A la réception de la facture de transport par le tiers transporteur :


6241 Transport sur achats H.TVA
4350 Etat, TVA déductible 10% H.TVA
55 Banque TTC

A la réception de la facture du fournisseur :


600 Achats de marchandises H.TVA
4350 Etat, TVA déductible TVA
400 Fournisseurs TTC

Remarque  : Si le transport est effectué par les propres moyens du client, il ne figurera nulle part entant
que charges de transport mais sera comptabilisé entant que carburant, salaire du chauffeur et
amortissement du véhicule.

6-2  : Les intérêts de retard de paiement  :


Ces intérêts constituent un supplément du prix justifié par un paiement à terme.
NB :Ces intérêts sont soumis à la TVA au même taux que celui de la vente à laquelle ils se rattachent
(10% ou 18% ou 29%).
Sur le plan comptable, ces intérêts constituent un produit financier pour le vendeur et une charge
financière pour l’acheteur, qu’ils soient intégrés dans la facture de vente ou facturés séparément.
Exemple  :
Soit la facture suivante :

Marchandises H.TVA : 2 000


TVA (18%) : 360

Marchandises TTC 2 360


Intérêts de retard H.TVA 20
(pour paiement 60 jours)
TVA sur intérêts de retard (18%) 3,6

NET A REGLER 2 383,6

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Chez le fournisseur  :
410 Clients 2 383,6
700 Ventes de marchandises 2 000
753 Revenus des autres créances 20
4357 Etat, TVA collectée 363,6

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Chez le client  :
A la réception de la facture du fournisseur :
600 Achats de marchandises 2 000
6518 Intérêts des autres dettes 20
4350 Etat, TVA déductible 363,6
400 Fournisseurs 2 383,6

Section VI  : L’enregistrement des événements postérieurs à la facturation:


Dans le monde des affaires de nombreuses décisions sont prises rapidement. Il n’est pas donc pas normal
que des événements survenant après la facturation modifient la situation prévue initialement. Sans
bouleverser l’économie du contrat, ils peuvent cependant entraîner des enregistrements comptables
supplémentaires. Ce sera particulièrement le cas lorsque des réductions de prix sont accordées après la
facturation des produits cédés ou dans l’hypothèse d’un retour de marchandises au fournisseur.
Avant d’envisager les conséquences de ces deux types d’événements, il convient de préciser que les
éventuelles écritures comptables seront seulement enregistrées lorsque le document les justifiant aura été
établi. Ce sera naturellement une facture, mais elle devra alors dénommé « facture d’avoir » compte tenu
des opérations en cause.
6-1  : Les réductions sur facture d’avoir  :
Il n’est pas rare que des réductions soient accordées à près l’envoi de la facture initiale : c’est ce qu’on
appelle les réductions sur facture d’avoir.
6-1-1  : TVA et réduction de prix  :
Quelque soit la nature de la réduction opérée après la facture initiale (réduction commerciales ou
financières), la facture d’avoir doit comporter la TVA.
Ainsi, la réduction de prix accordée après coup (c’est-à-dire après l’envoi de la facture initiale) oblige à
opérer certains ajustements en matière de TVA aussi bien chez le vendeur que chez l’acheteur  :
- Chez le vendeur, l’opération entraînera une diminution correspondante de la TVA collectée.
L’ajustement se fera au débit du compte « 4367 Etat TVA collectée ».
- Chez l’acheteur  : au vu de la facture rectificative, il devra annuler une partie de la TVA qu’il
a antérieurement effectuée. L’enregistrement se fera au crédit du compte «  4366 Etat, TVA
déductible ».
En résumé, une réduction de prix sur facture d’avoir entraîne une diminution correspondante de la TVA
collectée chez le vendeur et de la TVA déductible comptabilisée chez l’acheteur . le montant de cette TVA
doit figurer sur la facture d’avoir.

6-1-2  : Les réductions à caractère financier (escompte de règlement)  :


le principe d’enregistrement est simple et identique à celui indiqué ci-dessus à propos des réductions sur
la facture initiale. En effet, ces réductions sont toujours comptabilisées. Elles entraînent également une
régularisation de la TVA figurant sur la facture.
- La situation de l’acheteur : il convient  de :
Débiter le compte « 401 Fournisseurs d’exploitation »
Créditer le compte « 755 Escomptes obtenus »
Créditer le compte « 4366 Etat TVA récupérable » : ainsi le montant de la TVA déductible initialement
comptabilisé sera réduit.
- La situation du vendeur  : il convient de :
Débiter le compte « 654 Escomptes accordés » afin de constater une charge financière ;

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Débiter le compte « 4367 Etat TVA collectée » ; ainsi le montant de la TVA collectée initialement
comptabilisé sera réduit.
Créditer le compte « 411 Clients».

Exemple  :
Le 15 septembre : facture du fournisseur «  F » au client « C » :
10 appareils Y à 300 DT 3 000
TVA (29%) 870
Total TTC 3 870

Le 1er octobre : Facture d’avoir de F à C : Escompte 5% sur facture du 15 septembre

Escompte H.TVA 5%  3 000 150


TVA sur escompte (29%) 43,5

Total TTC 193,5

 Chez le fournisseur  :
410 Clients 3 870
700 Ventes de produits finis 3 000
4357 Etat, TVA collectée 870
C, notre facture de 15 /9
675 Escomptes accordés 150
4357 Etat, TVA collectée 43,5
410 Clients 193,5
C, facture d’avoir du 1/10

 Chez le client :
600 Achat de marchandises 3 000
4350 Eta, TVA déductible 870
400 Fournisseurs 3 870
F, facture du 15/9 N° …

15
400 Fournisseurs d’exploitation 193,5
775 Escomptes obtenus 150
4350 Etat, TVA déductible 43,5
F, facture d’avoir du 1/10 N°…

6-1-3  : Les réductions à caractère commercial  :


A la différence des réductions à caractère commercial sur la facture initiale, celles qui sont consenties sur
la facture d’avoir sont toujours enregistrées en comptabilité : Elles donnent également lieu à une
régularisation de la TVA.
- La situation de l’acheteur :
Avec ce type de réduction, c’est le valeur de la livraison ou de la prestation initiale qui est remise en
cause. On ne modifie cependant pas le compte « 607  : achat de marchandises » directement, mais on
crédite le compte « 609 : Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats  ». on régularisera également
le compte «  Eta, TVA déductible », et c’est le compte « 401 : fournisseurs d’exploitation  »qui constitue
la contrepartie.
Ainsi, cette opération entraîne une régularisation qui s’enregistre dans les comptes suivants :
- Débit du compte « 401 fournisseurs d’exploitation »
- Crédit du compte « 609 Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats »
- Crédit du compte « 4366 Etat, TVA déductible »

- La situation du vendeur  :
Elle entraîne une régularisation qui s’enregistre dans les comptes suivants :
- Débit du compte « 709 Rabais, remises et ristournes accordés par l’entreprise
- Débit du compte « 4357 Etat ,TVA collectée »
- Crédit du compte « 410 Clients »

Exemple  :
Un fournisseur F ayant livré le 15 février 100 pièces de type Y, alors que la commande portait sur un type
X. Le client C accepte de les garder, avec un rabais exceptionnel de 10% consenti en date de 25 février,
au vu d’une facture d’avoir.
Le 10 février : facture au client C :
100 pièces à 50 DT (HT) 5 000
TVA (18%) 900
Total TTC 5 900
Le 25 février : facture d’avoir à C  :
Rabais 10% sur facture au 10 février 500
TVA (18%) 90

Total TTC 590


 Chez l’acheteur :
600 Achat de marchandises 5 000
4350 Eta, TVA déductible 900

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400 Fournisseurs 5 900
F, facture du 10/02 N° …
400 Fournisseurs 590
609 R R R obtenus sur achats 500
4350 Etat, TVA déductible 90
F, facture d’avoir du 25/02 N°…

 Chez le vendeur  :
410 Clients 5 900
701 Ventes de produits finis 5 000
4357 Etat, TVA collectée 900
C, notre facture du 10 /02 N°…
709 RRR accordés par l’entreprise 500
4357 Etat, TVA collectée 90
410 Clients 590
C, notre facture d’avoir du 25/02 N°…

6-2  : Les retours de marchandises  :


6-2-1  : Le retour de marchandises et la comptabilité de l’acheteur  :
L’opération s’enregistre seulement après la réception de la facture du fournisseur et non au moment de la
réexpédition. Aucun enregistrement ne peut avoir lieu en comptabilité sans la pièce justificative
correspondante. Puisqu’il y a annulation d’une opération antérieure, l’écriture va s’enregistrer dans le
même compte que celui utilisé initialement, en général le compte « 60 Achats », mais cette fois, à son
crédit. une régularisation de la TVA déductible doit également être effectuée.
La contrepartie sera inscrite au crédit du compte « 401 fournisseurs d’exploitation ».

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6-2-2  : Le retour de marchandises et la comptabilité du vendeur  :
On appliquera les mêmes principes que ci-dessus pour l’acheteur. Mais les comptes utilisés tiendront
naturellement compte de la différence de nature de l’opération (vente et non achat).

Exemple  :
Le 1er mars : facture du fournisseur F au client C :
Marchandises 20 000
TVA (18%) 3 600

Total 23 600
Le 9 mars  : retour au fournisseur F de 6 000 DT de marchandises non conformes.
Le 12 mars  : facture d’avoir du fournisseur :
Marchandises 6 000
TVA (18%) 1 080

Total 7 080

 Chez l’acheteur :
607 Achat de marchandises 20 000
4350 Eta, TVA déductible 3 600
400 Fournisseurs 23600
F, facture du 01/03 N° …
400 Fournisseurs d’exploitation 7080
600 Achats de marchandises 6 000
4350 Etat, TVA déductible 1080
F, facture d’avoir du 12/03 N°…
On constate que la réexpédition effectuée le 9 mars n’a pas fait l’objet d’un enregistrement en
comptabilité.

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 Chez le vendeur  :
410 Clients 23 600
701 Ventes de produits finis 20000
4357 Etat, TVA collectée 3600
C, notre facture du 01 /03 N°…
701 Ventes de produits finis 6 000
4357 Etat, TVA collectée 1 080
410 Clients 7 080
C, notre facture d’avoir du 12 /03 N°…

On constate également, que la réexpédition effectuée le 9 mars n’a pas fait l’objet d’un enregistrement en
comptabilité.

Section VII  : Le mécanisme de la TVA et son enregistrement :


La TVA (légalement déductible) ne constitue ni une charge, ni un produit pour l’acheteur et pour le
vendeur.

7-1  : Le mécanisme de la TVA  :


la TVA est collectée par le vendeur, qui la facture à l’acheteur à l’occasion de chaque opération
imposable réalisée. Mais son montant doit être reversé à l’Etat, par le vendeur, après déduction de la
taxes qu’il a lui-même supporté à travers les factures reçues de ses propres fournisseurs.
Exemple sur le mécanisme de la TVA  :
Un commerçant (de gros) revend 3 000 (HT) une marchandise achetée 2 700 (HT) au fabricant. Le taux
de la TVA est de 18%.
- TVA collectée (taxe facturée au client) : 3 000  18% = 540
Le montant total de la facture à encaisser auprès du client s’élève donc à la somme de 3 540 = 3
000 + 540
- TVA payée au fournisseur ( taxe facturée au commerçant) :
2 700  18% = 486
Le montant de la facture qui devra être réglé par le commerçant s’élève la somme de 3 186.
- Montant de la taxe à reverser au trésor :
TVA collectée auprès du client : 540
TVA facturée par le fournisseur : - 486

TVA à décaisser 54
Cet exemple permet d’opérer une double vérification :
- Le versement opéré au profit du trésor correspond à la taxation de « la valeur ajoutée » au
produit  : (3 000 – 2 700)  18% = 54
- La taxe ne pèse pas sur le commerçant (de gros), et ne lui « profite » pas. Ce dernier la
facture en effet à son client et la reverse à l’Etat, sous déduction de la taxe facturée par son
fournisseur.
La taxe collectée auprès du client ne constitue pas donc un produit , de même la taxe payé au
fournisseur ne constitue pas une charge. Qu’il y’ait ou non TVA la marge bénéficiaire est
toujours de : 3 000 – 2 700 = 300

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Toutefois, il faut noter que la récupération de la taxe payée au fournisseur est subordonnée à certaines
conditions dont notamment :
- l’entreprise doit être soumise à la TVA au régime réel : il en est de même pour le fournisseur.
- La facture doit faire apparaître la matricule fiscal (code TVA) du fournisseur, le montant hors
taxe des biens ou services vendus, la taxe et le montant de la TVA facturée.
- L’entreprise doit présenter la facture d’achat à toute vérification décidée par les services
fiscaux.

7-2  : L’enregistrement de la TVA  :

7-2-1  : La TVA déductible  :


Elle constitue une avance imputable sur la TVA collectée, et doit être enregistrée au débit du compte de
bilan «  4350 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires déductibles »
En conséquence  : les achats, services, investissements ouvrant doit à la récupération sont comptabilisés
hors TVA déductible.
7-2-2  : La TVA collectée  :
la TVA facturée sur les ventes ou les prestations est enregistrée au crédit du compte « 4367 Etat, taxes
sur chiffre d’affaires collectées  ».
la taxe sur la valeur ajoutée est calculée en appliquant au net (commercial ou financier ) le taux de
l’impôt prévu par la loi (taux de TVA appliqués actuellement : 10% ; 18% ;29%).
7-2-3  : La déclaration de la TVA :
A la fin de chaque mois, la TVA doit être déclarée. Plusieurs cas peuvent alors se poser :
A- La déclaration fait apparaître un solde à payer  : il convient dans ce cas de :
- de solder le compte «  4366 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires déductibles » en le créditant .
- de solder le compte «  4367 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires collectées » en le débitant.
- de constater la différence, soit le montant à payer , au crédit du compte «  43651 TVA à payer ».
Taxe collectée – Taxe déductible = taxe sur la valeur ajoutée à payer à l’Etat > 0

4367 Etat, TVA Collectée


4350 Etat, TVA Déductible
43 TVA à payer

B- le montant de la TVA déductible est supérieur à celui de la TVA collectée: il convient dans ce cas de :
- de solder le compte «  4350 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires déductibles » en le créditant.
- de solder le compte «  4357 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires collectées » en le débitant.
- de constater la différence, soit le crédit de TVA , au débit du compte «  43 Crédit de TVA à reporter ».
Taxe collectée – Taxe déductible = crédit de taxe sur la valeur ajoutée à reporter < 0

4357 Etat, TVA Collectée


43 TVA à reporter
4350 Etat, TVA Déductible

C- le montant de la TVA déductible est égale à celui de la TVA collectée: il convient dans ce cas de :
- de solder le compte «  4366 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires déductibles » en le créditant.
- de solder le compte «  4367 : Etat, taxes sur chiffre d’affaires collectées » en le débitant.
Taxe collectée – Taxe déductible = 0

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4357 Etat, TVA Collectée
4350 Etat, TVA Déductible

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