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« Cours de Mécanique des Sols » Chapitre 3

Chapitre 3 : Hydraulique des sols

3.1 Introduction
3.2 Pression de l’eau dans un sol saturé
3.3 Ecoulement unidimensionnel de l’eau dans le sol
3.3.1 Vitesse d’écoulement
3.3.2 Loi de Darcy
3.3.3 Domaine de validité de la loi de Darcy

3.4 Coefficient de perméabilité


3.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité en laboratoire
3.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité in-situ
3.4.3 Perméabilité équivalente des milieux stratifiés

3.5 Ecoulement bidimensionnel de l’eau dans le sol


3.5.1 Equation d’écoulement
3.5.2 Types de problèmes et conditions aux limites
3.5.3 Méthodes de résolution de l’équation d’écoulement
3.5.4 Résolution graphique de l’équation d’écoulement
3.5.5 Forces exercées par l’écoulement de l’eau
3.5.6 Gradient critique

3.6 Comportement de l’eau dans la zone de capillarité


3.6.1 Capillarité de l’eau : Loi de Jurin
3.6.2 Phénomène de capillarité dans les sols
3.6.3 Effet du phénomène de capillarité sur le comportement des sols

3.7 Conclusions

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3.1 Introduction
Comme le sol est composé de trois phases, à savoir les grains solides
l’eau et l’air, il est nécessaire d’analyser la contribution de chacun de ces
éléments sur le comportement du sol.

Considérons la coupe de sol représentée sur la figure ci-dessous. On


peut noter trois états différents du sol :

• sol sec à la partie supérieure, sans présence d’eau ;

• sol saturé en dessous de la nappe phréatique, où l’eau occupe


totalement le vide entre les grains ;

• sol partiellement saturé au dessus de la nappe, dans la partie


médiane de transition appelée frange capillaire, où l’eau occupe
totalement ou partiellement les vides entre les grains.

Ainsi, le comportement de l’eau dans ces deux régions n’est pas le


même. Il faut donc l’analyser séparément.

L’eau dans un sol saturé peut être en état d’équilibre statique ou encore
en mouvement sous l’effet d’un gradient hydraulique. Ce chapitre s’intéresse
principalement à étudier le comportement de l’eau lorsqu’il est en
mouvement.

h1
Point A
A •
Sol partiellement frange
saturé capillaire eau
B •

Sol saturé C • Point B ou C

Différents états d’un sol

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3.2 Pression de l’eau dans un sol saturé


a) Eau en équilibre

Comme les vides entre les grains sont communiquant la pression


interstitielle de l’eau développée est la pression hydrostatique. Elle est
donnée par :
u = γ w hw
avec hw est la distance verticale qui sépare le point considéré à la surface
libre de l’eau, appelée nappe phréatique

surface libre ou u
nappe phréatique

hw
u 0 0 
M•
uij :  0 u 0 
u  0 0 u 

b) Eau en écoulement

Pour déterminer la pression interstitielle de l’eau lorsqu’elle est en


mouvement, on utilise le théorème de Bernoulli qui s’énonce comme suit :

« Dans le cas d’un fluide parfait, c’est à dire sans viscosité, pesant et
incompressible, l’énergie totale d’une particule en mouvement reste
constante ».

surface libre
phréatique

u / γw

M•
z z
Plan de référence

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Il s’écrit comme :
u V2
h= + z + = c cte
γw 2 g
{
14243
énergie potentielle énergie cinétique

avec u : est la pression du fluide


z : est la côte du point considéré par rapport à un plan de référence,
V : est la vitesse d’écoulement du fluide,
g : est l’accélération de pesanteur.

Cette quantité qui a la dimension d’une longueur est appelée charge


hydraulique.

Dans le cas des sols, la vitesse d’écoulement de l’eau est faible (< 10

cm/s) et la quantité V ( 2
/ 2g ) est tout à fait négligeable. La charge
hydraulique s’écrit donc :
u
h= +z
γw
3.3 Ecoulement unidimensionnel de l’eau dans le sol
3.3.1 Vitesse d’écoulement
a) Vitesse moyenne réelle

Considérons l’écoulement unidimensionnel de l’eau dans un échantillon


de sol saturé. Par simplification, on suppose que les grains demeurent à leurs
positions initiales.

Sv
trajectoire réelle
d’une particule
h
d’eau S

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L’aire de la section des vides laissés par les grains solides dans chaque
section par rapport à l’aire totale varie en fonction de la profondeur. Elle est
donnée par :
S v ( z)
R ( z) =
S
La vitesse moyenne réelle de l’eau peut être donc exprimée comme :
q q
V = =
Sv RS
La valeur moyenne R est donnée par :
h h h
1 1 1 Vv
R = ∫ R ( z ) dz = ∫ S R ( z ) dz = ∫ S R ( z ) dz = =n
h0 Sh 0 V 0 V
q 1
La vitesse moyenne réelle de l’eau est donc :
V = = V
n S n
b) Vitesse apparente

La vitesse apparente moyenne de l’eau est définie comme étant le


rapport du débit à l’aire totale de la section. Cette vitesse s’écrit alors :
q
V=
S
3.3.2 Loi de Darcy

Lorsqu’une différence (ou un gradient) de la charge hydraulique existe


entre deux points, l’eau s’écoule du point ayant la charge supérieure vers le
point de petite charge.

La différence de charge, ou perte de charge entre les points A et B est :


∆ h = h A − hB
Le rapport entre la différence de charge ( ∆h ) à la distance (L) qui
sépare les deux points A et B, le long de l’écoulement, est appelé gradient
hydraulique. Il s’écrit comme :

h A − hB ∆h ∂h
i = = = −
L L ∂l

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∆h
uA / γw

uB / γw
hA A
S hB
zA
L B
zA zB

z
Plan de référence

Ecoulement unidimensionnel de l’eau dans le sol

En 1854, Darcy a montré, à partir d’expériences réalisées, que pour un


écoulement laminaire, le débit q à travers la section S est proportionnel au
gradient hydraulique. Il s’écrit comme :

q = k iS
avec k une constante de proportionnalité et qui a l’unité de vitesse

Le débit de l’eau q est exprimé en terme de volume par unité de temps.


Si l’on exprime la vitesse apparente d’écoulement d’eau, la loi de Darcy
s’écrit alors :
∂h
V = k i = −k
∂l
avec V : vitesse apparente d’écoulement de l’eau (m / s)
k : coefficient de perméabilité du sol
i : gradient hydraulique

Le coefficient de perméabilité varie dans des proportions assez larges


selon la nature du sol, comme l’indique le tableau ci-dessous. Il peut être
mesurer expérimentalement.

k ( m/s ) 10 - 2 10 - 4 10 - 7 10 - 10

Gravier Sable Limon Argile


Sol
très perméable perméable imperméable

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3.3.3 Domaine de validité de la loi de Darcy

L’écoulement de l’eau dans les milieux poreux peut être caractériser par
le nombre de Reynolds définit comme :

V dγw
R=
η
avec : V : vitesse d’écoulement
d : diamètre moyen des particules
γ w : masse volumique de l’eau
η : viscosité de l’eau

V
Ecoulement
laminaire
(R < 10)

certains Ecoulement
molécules d’eau turbulent
sont adsorbés (R > 10)

Domaine de validité de la loi de Darcy

3.4 Coefficient de perméabilité


3.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité en laboratoire

Selon la nature du sol à tester, deux types d’appareils sont utilisés à


savoir :

• le perméamètre à charge constante, pour les sols de forte


perméabilité (ex : sable) ;

• le perméamètre à charge variable pour les sols de faible


perméabilité (ex : argile)

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a) Perméamètre à charge constante

Durant l’essai, le volume d’eau Q passant à travers l’échantillon est


mesuré pendant un intervalle de temps t. On en déduit alors le débit et la
vitesse apparente d’écoulement.

∆h

S
L
Q

Dans l’échantillon l’écoulement est uniforme. On peut donc appliquer


directement la loi de Darcy. On a donc :

Q ∆h ∆h
q= = kiS = k S avec i=
t L L
Q L
k=
Le coefficient de perméabilité est donné par : ∆h t S
b) Perméamètre à charge variable

Lorsque la perméabilité du sol est faible, on utilise un perméamètre à


charge variable. Durant l’essai, le niveau d’eau dans la burette de section a
diminue au fur et à mesure que l’eau traverse l’échantillon. L’essai consiste
alors à mesurer le temps t necessaire pour que le niveau d’eau dans la
burette passe de la position h1 à la position h2.

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h1
dh
h
h2

S
L

Comme durant l’essai, la hauteur piézométrique varie constamment la loi


de Darcy ne peut être écrite que d’une manière ’incrémentale. Pendant un
intervalle de temps dt, on peut écrire :

dQ h
q= = kiS = k S
dt L
h
avec i = et dQ = − a dh
L
Après intégration sur l’intervalle [h1 ; h2], le coefficient de perméabilité
est donné par :
a L h
k= Log 1
S t h2
3.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité in-situ

La mesure du coefficient de perméabilité effectuée en laboratoire n’est


que rarement représentative de la perméabilité du sol en place. C’est la
raison pour laquelle on réalise fréquemment des essais de perméabilité en
place qui présentent l’avantage d’intéresser un grand volume de sol.

a) Essai de pompage

L’essai consiste à pomper de l’eau dans un sondage ou un puit qu’on


réalise au sein du sol. En pratique, selon le cas rencontré, on peut avoir une
situation dans laquelle la nappe est libre ou encore captive (sous pression).

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sondages ro
d’observation
pompage
R

H
ho
z

Nappe libre

ro
Surface
piezométrique pompage R

ho H
e
z

Nappe captive

Pour l’interprétation de l’essai et le calcul de la perméabilité on utilise la


théorie de Dupuit qui s’appuie sur les hypothèses suivantes :

• l’écoulement est permanent et s’effectue dans le sens radial


• les surfaces équipotentielles sont des cylindres droits.

En appliquant la loi de Darcy, on montre que le débit de pompage est


égale à :
dh
q = V S = k S
dr
Ce qui donne :
dh
q = 2π r h k pour la nappe libre
dr
dh
q = 2π r e k pour la nappe captive
dr
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Après intégration dans l’intervalle [ r0 ;R ] on trouve :

2.3 q log
R
r0
= πk (H 2
− h02 ) pour la nappe libre

2 π k e ( H − h0 )
R
2.3 q log = pour la nappe captive
r0
( H 2 − h02 ) ou ( H − h0 )
Le coefficient de perméabilité est
déduit à partir de la pente de la

courbe représentant les mesures des
hauteurs piézométriques effectuées à •
diverses distances du puit. •

1 10 100 log R / ro

b) Essai Lefranc

Pour profiter de la réalisation des sondages, on peut évaluer la


perméabilité des sols à l’aide d’un essai plus simple dit essai Lefranc. L’essai
peut être conduit, selon la nature du sol rencontré, soit à charge constante
pour les sols perméables ou à charge variable dans le cas contraire.

En régime permanent, le coefficient pompage ou


de perméabilité est donné par : injection

Q=C k h
avec C coefficient qui dépend de la h
forme géométrique de la cavité tubage

• pour une cavité cylindrique :

2πL cavité
C= pour L > 2D L
2L
Log
D D
• pour une cavité sphérique :
L 1
C = 2πD + pour L < 2 D
D 4

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3.4.3 Perméabilité équivalente des milieux stratifiés

Pour résoudre les problèmes d’écoulement d’eau dans la cas d’un sol
stratifié on peut remplacer la succession des couches par une couche unique
de perméabilité équivalente.

?
v h
∑ hi ( k h , kv )
hi k , k
i i

Milieu réel Milieu homogène équivalent

Le coefficient de perméabilité du milieu équivalent est déterminé en


écrivant l’équation de conservation du débit. Ce coefficient de perméabilité
dépend de la direction d’écoulement de l’eau par rapport à la stratification du
sol.
a) Ecoulement parallèle à la stratification

Le gradient hydraulique dans ∆h


chaque couche est le même.

Le débit total passant à travers


toutes les couches est égal à la ∑ hi hi ki
somme des débits passants par
chaque couche.

Le débit passant par une couche est : qn = Vn S = kn i H n


n

Le débit de la couche équivalente est : q=k éq


h i ∑H1
n

En écrivant que le débit d’eau traversé par le milieu réel est égal au débit
d’eau du milieu équivalent, on a alors :
n n n
k héq i ∑ H n = ∑ k n iH n = i ∑ k n H n puisque i = cte
1 1 1

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La perméabilité du milieu équivalent est alors :


n
∑ kn H n
k héq = 1
n
∑ Hn
1
b) Ecoulement perpendiculaire à la stratification

Le débit d’eau traversant chaque


couche est le même. ∆h

Le gradient hydraulique dans


une couche est : ∑ hi hi ki
∆hn
in = ⇒ ∆hn = in H n
Hn

et le débit d’eau traversant chaque couche est donné par :


q n = Vn S = k n i n × 1

Puisque le débit q traversant chaque est le même, on peut alors écrire :


q = k1i1 = k 2 i2 = ............ = k n i n
q q q
i =
ou encore : 1 k
; i2 = ; ............ ; i n =
1 k 2 kn
Hn
La perte de charge dans une couche est alors :
∆hn = q
kn
Pour le milieu équivalent de perméabilité kvéq , le débit d’eau est :
q = kvéq i avec i= ∆h
∑ Hn
n
q q
On peut donc écrire : k éq
v = =
i ∆h
∑H
1
n

La perte de charge totale est la somme des pertes de charges dans


chaque couche. On a donc :

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n
H1 Hn H
∆h = ∆h1 + ................. + ∆hn = q + ........... + q = q∑ n
k1 kn 1 kn
La perméabilité du milieu équivalent est alors :
n
∑ Hn
k véq = 1
n
Hn
∑k
1 n

3.5 Ecoulement bidimensionnel de l’eau dans le sol


3.5.1 Equation d’écoulement
L’équation qui régit l’écoulement apparent de l’eau dans un sol est
obtenue en combinant la loi de Darcy à l’équation de conservation de la
masse.

Considérons un élément de volume de sol schématisé par un cube


élémentaire illustré sur la figure ci-dessous.

qz + dq z

dz
qx + dq x
dy
x
y q y + dq y
dx

Le débit d’eau entrant dans l’élément est :


qx + q y + qz

Le débit sortant de l’élément est :

( qx + dq x ) + ( q y + dq y ) + ( q z + dq z )

Si la masse de l’eau est conservée dans l’échantillon, on peut donc


écrire :
q x + q y + q z = ( q x + dq x ) + ( q y + dq y ) + ( q z + dq z )

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ou encore :
dq x + dq y + dq z = 0

Le débit selon la direction x est donné par la loi de Darcy comme :


qx = Vx S x = k x ix dy dz = k x ∂h dy dz
∂x
q y = k y ∂h dx dz
∂y
qz = k z ∂h dx dy
De même : ∂z
avec
kx ky kz
, et représentent respectivement la perméabilité du sol
selon chaque direction.

Si ces valeurs de perméabilité sont considérées constantes et ne


dépendent pas de la position du point considéré, on peut donc obtenir après
dérivation :
∂2h
dq x = k x dy dz dx
∂x 2

∂2h
dq y = k y dx dz dy
∂y 2

∂ 2h
dq z = k z dx dy dz
∂z 2

Après substitution, on obtient :


 ∂ 2h ∂2h ∂2h 
kx  dy dz = 0
 ∂x 2 + k y ∂y 2 + k z ∂z 2  dx
1424
3
  dV
L’équation d’écoulement s’écrit alors :
 ∂2h ∂2h ∂ 2h 
kx 
 ∂x 2 + k y ∂y 2 + k z ∂z 2  = 0
 
Si le sol est isotrope et l’écoulement est bidimensionnel l’équation se
ramène à :

∂2h ∂2h
+ =0 ⇒ ∆h = 0
∂x 2 ∂z 2

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Cette équation bien connue (équation de Laplace) admet une solution


lorsque les conditions initiales et les conditions aux limites du problème sont
définies.

On remarque aussi que la perméabilité du sol n’a pas d’influence sur la


répartition de la charge hydraulique dans le massif du sol.

3.5.2 Types de problèmes et conditions aux limites

On distingue deux catégories de problèmes à résoudre :

• écoulement confiné : dans ce cas toutes les conditions aux limites du


domaine d’écoulement sont initialement définies, et l’écoulement se
produit à l’intérieur de ce domaine. Ainsi, les limites du domaine sont
établies avant l’élaboration de la solution.

• écoulement à surface libre : dans ce cas, le domaine d’écoulement


n’est pas initialement définie, puisque la position de la surface libre
ne peut être connue qu’à partir de la solution elle même du
problème.
entrée de l’eau Surface libre de l’eau

sortie de l’eau
domaine
d’écoulement

Substratum imperméable

Ecoulement à surface libre

domaine
d’écoulement

Substratum imperméable

Ecoulement confiné

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Ainsi, les différents types de conditions aux limites d’un problème sont :

• ligne équipotentielle h = cte


∂h
• ligne de courant = 0
∂n
∂h
• surface libre u = 0 et = 0
∂n
3.5.3 Méthodes de résolution de l’équation d’écoulement
La résolution des problèmes d’écoulement n’est abordée que dans le
cas où l’on peut négliger une dimension dans l’étude d’écoulement (problème
plan ou problème à symétrie axiale). Dans ce cas, on est amener à résoudre
un problème qui est définit par l’équation de Laplace.

On dispose de plusieurs méthodes de résolution dont le choix dépend de


la complexité du problème à résoudre. Parmi ces méthodes, on distingue :

• méthode analytique : solution exacte


• méthode approchée : méthode des différences finies ou méthode
des éléments finis
• méthode graphique

a) Résolution analytique de l’équation de la Laplace

L’équation de Laplace admet une solution lorsque les conditions aux


limites du problème sont définies. La solution dépend uniquement de la forme
géométrique du domaine d’écoulement et des conditions aux limites.

L’intégration de cette équation


permet de tracer deux familles de x lignes
courbes orthogonales appelées : équipotentielles
• lignes équipotentielles z
ϕ ( x, z ) = cte
• lignes de courant
ψ ( x, z ) = cte
Ces familles de courbes forment lignes de courant
un réseau de lignes appelé réseau
hydraulique.

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b) Résolution numérique

On distingue deux méthodes de résolution, à savoir :

• Méthode des différences finies : on cherche la solution par la


méthode de relaxation.

• Méthode des éléments finis : La solution du problème est déterminée


à partir de la résolution d’un système d’équations linéaires qui ne
pose pas de problème.

3.5.4 Résolution graphique de l’équation d’écoulement


Le problème consiste à tracer le réseau hydraulique satisfaisant aux
conditions aux limites du problème.

a) Ecoulement confiné

• Cas d’un milieu isotrope :

Nc : nbre de canaux
Nϕ : nbre de carreaux

∆h = H
A B

C D
ds

dl
E

z
F G

substratum imperméable

Les conditions aux limites du problème sont les suivantes :

- AB : ligne équipotentielle - BEC : ligne de courant


- CD : ligne équipotentielle - FG : ligne de courant

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Le réseau d’écoulement est tracé de telle manière que :

• les lignes de courant et équipotentielles doivent se couper


perpendiculairement
• les quadrilatères curvilignes doivent avoir une forme aussi proche
d’un carrée
• les conditions aux limites doivent être satisfaites

Le débit d’infiltration est calculé comme :


Nc
q = k ∆h avec ∆h : perte de charge totale

• Cas d’un milieu anisotrope

L’équation qui régit l’écoulement de l’eau dans un milieu anisotrope


s’écrit comme :

∂ 2h ∂ 2h
kx + kz =0
∂x 2
∂z 2

∂2h ∂2h
X =x kz / kx + =0
On pose : ===> ∂X 2
∂z 2

Un milieu anisotrope peut être traité comme un milieu isotrope après


transformation de l’échelle des longueurs.

z Echelle réelle z Echelle réduite

qx qX
∆z ∆z

L L kz / kx

x X
∆h ∆h
qx = kx S qX = k S
L L kz / kx

En écrivant l’égalité du débit, la valeur du coefficient de la perméabilité


isotrope équivalente est donnée par : k = kx kz

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b) Ecoulement à surface libre

Lorsque le sol est homogène et le substratum est horizontale (cas des


digues et des barrages), on montre que la forme de la ligne matérialisant la
surface libre de l’eau est proche d’une parabole appelée parabole de base.

La charge hydraulique en un point de la surface libre de l’eau (pression


atmosphérique), est donnée par :
u
h= +z=z
γw
et le long de cette ligne curviligne on peut donc écrire :

∆h = ∆z = cte

Par conséquent la perte de charge entre deux équipotentielles est la


même et elle est égale à la distance verticale entre ces deux
équipotentielles, mesurée le long de la surface libre.

Ainsi, le traçage du réseau doit être réalisé de sorte que l’espacement


vertical entre les équipotentielles le long de la surface libre soit le même.

Le débit de fuite peut être calcule directement comme : q = k a sin 2 β

0,3 HC

H G C
∆h = ∆ z
parabole
de base

B Substratum imperméable
filtre
β = 180 °

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3.5.5 Forces exercées par l’écoulement de l’eau

L’écoulement de l’eau dans un sol se traduit par une perte d’énergie,


c’est la perte de charge hydraulique. Cette énergie est dissipée par
frottement visqueux tout autour des grains. Il en résulte que l’eau dans son
mouvement exerce sur le squelette solide des forces orientés dans le sens
de l’écoulement et que l’on a va déterminer.

u1 ∆h
b
h1 F
l h2
z
a
α
l sin α α W d

F + ∆F
c u2
x

• Pression sur la face ab :


u1 = h1 γ w
• Pression sur la face cd :

u2 = ( h2 + l sin α ) γ w = ( h1 − ∆h + l sin α ) γ w
L’équilibre des forces selon la direction x donne ( ∑Fx = 0 ):

h1γ wl− ( h1 − ∆h + l sin α ) γ wl + γ sat l 2 sin α − ∆F = 0

Ce qui donne : ∆F = ∆ h γ wl + ( γ sat − γ w ) l 2 sin α


∆F ∆ h
= γ w + γ ' sin α = i γ w + γ ' sin α
l 2
l { 123

force crée par l’écoulement composante du poids déjaugé

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3.5.6 Gradient critique

Lorsque le gradient hydraulique est vertical et ascendant, les forces


d’écoulement s’opposent directement aux forces de pesanteur. Si la
résultante de ces deux forces est dirigée vers le haut, les grains de sol sont
entraînés par l’eau : on dit alors il y a phénomène de Renard.

Les efforts agissants sur


l’élément sont : ∆h

• poids volumique déjaugé :

W ' = z γ ' ×1
z W
• force d’écoulement :
écoulement
F = i γ w z ×1
F
∆h
avec i=
z 1

A l’équilibre limite du soulèvement du sol ( i = icr ) on a :

F =W ' ⇒ z γ ' = icr γ w z


γ'
icr =
ce qui donne : γw ; gradient critique

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3.6 Comportement de l’eau dans la zone de capillarité


3.6.1 Capillarité de l’eau : Loi de Jurin

L’immersion d’un tube assez fin provoque la remonté de l’eau dans le


tube jusqu’à une hauteur hc .

T Patm α T T Patm α T

hc hc 2R
u

Patm

a) Hauteur de capillarité :

L’équilibre vertical du cylindre d’eau remontant dans le tube nous


donne :

2 π R T cos α = hc γ w π R 2
2 T cos α
h =
La hauteur de capillarité est alors : c γw R

b) Pression de l’eau dans la zone capillaire

En écrivant l’équilibre du ménisque supposé comme une membrane


nous donne :

2 π R T cos α = p atmπ R 2 − u π R 2
La pression de l’eau au niveau du ménisque est alors :
2 T cos α
u = = − hc γ w
R
Pour un point de la zone de capillarité, on peut donc écrire :
u = − zγ w

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3.6.2 Phénomène de capillarité dans les sols

La hauteur de la zone de capillarité dans un sol est déterminée


expérimentalement. Elle dépend essentiellement de la dimension des grains
du sol. Le tableau suivant donne son ordre de grandeur.

Nature du sol Hauteur de


capillarité (cm ) sec air

Sable gros 2–5


partiellement
Sable moyen 12 - 35
Sable fin 35 - 70 hc saturé eau
Limon 70 - 150
Argile 200 - 400 et plus

Dans la zone de sol saturé au dessus de la nappe la pression est


analogue à celle qui se développe dans le tube
u = − zγ w
avec z est la distance qui sépare le point considéré par rapport au
niveau de la nappe

Dans la zone de sol partiellement saturé, la pression développée est


plus complexe. Elle est l’effet combiné de la pression de l’eau uw et de la
pression de l’air ua . Dans ce cas on peut écrire :

u = χ u w + (1 − χ ) u a
avec χ est un coefficient qui dépend de l’importance relative de la
pression de l’eau par rapport à celle de l’air et aussi des propriétés du sol.

3.6.3 Effet du phénomène de capillarité sur le comportement des


sols

Etant donné la complexité du phénomène de capillarité dans les sols, on


ne présente ci-dessous que quelques conséquences sur le comportement
mécanique du sol.

GUERMAZI Adnen, 24/25


« Cours de Mécanique des Sols » Chapitre 3

a) Augmentation des contraintes effectives


En pratique en ne tient compte que de la zone saturée du sol. Dans cette
zone la pression de l’eau est négative et a pour effet d’augmenter les
contraintes effectives dans cette zone, comme l’illustre la figure ci-dessous.

u σ'

sec − hc γ w hc γ w
-
hc

saturé
+
z z

b) Création d’une cohésion


Lorsque le sol est partiellement saturé,
l’eau joue le rôle d’une cohésion. Cependant, T
si le sol est immergé par l’eau, la succion est
éliminée et l’effort de contact devient nul, ainsi
le sol est désintégré. P

3.7 Conclusions
• La solution d’un problème d’écoulement d’eau est approchée.
• L’écoulement crée des forces supplémentaires sur le squelette solide
du sol.
• La hauteur de capillarité ne peut être déterminée correctement.
• La pression de l’eau dans un sol partiellement saturé est complexe et
difficile à déterminer.

GUERMAZI Adnen, 25/25

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