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Le présent tome [[ de cet ouvrage intitu]é Sur ]]izlter-

sub/ectlüté, qui en comprend deux, est la traduction par- HU S S E R.L


uielle de Zur PhãnomenoJogíe der /ntersub/ektíütãt, trois
volumes j1« 1905-1920 ; IL 1921-1928 ; 111, 1929-19351 qui
ont été éditospar lso Kern et publiés en 1973 à La Hayepar
Martinus Nilhoff dans les Hussezbana,tomes XIII. XIV

Sur I'intersubjectiüté
et XV. Êtant donné le nombre considérable de textos retenus
jquelque 800 pages sur 1 800 environ dans I'édition alle-
mandel, la traduction française se presente en deux tomes
Sur }'ütersubjecüváté 1 } Sur }'htersubjectivité il, le présent
volume 11
La problématique husserlienne de I'intersubjectivité apparait
beaucoupplus différenciée,à la íris plus ramiíiée et plus
radicale que dons les textes publiés auparavant.: elle s'y arti-
cule avec précision à la question de la corporéité primor-
diale, du temps, de I'imagination, de la communauté.de

®
I'histoire, du langage, de la normalité, de la générativité et
de I'individuation. En revanche, dans les textes publiés jus-
qu'ici, elle est souvent présentéesoit de façon aporétique
ÍMédtaüons ca#ésiennesJ, soft dons son extension d'emblée
communautaire Üdées drectdces //) ou historique fRzdsis;,
en tout cas selou I'alternativo trop simple de la constitution
monadologique de I'égologie ou de la donation immédiate
des autres dons le monde

Le secondtome de I'édition française s'organiseautour des


3 thêmes vecteurs : l/ le dédoublement égoíque homologue
à I'oeuvre dons I'expérience empathique et dans les expérien-
ces du souvenir et de I'imagination, mais aussi de la diffé-
rence fondamentale qui existe entre ces expériences intra-
subjectivesd'altérité interne qui offrent des structures
constitutives de la consciente égoíquealtérée, et I'expé-
rienced'autrui qui en est le résultat constitutif, 2/ 1'inter-
subjectivité anthropologique, communautaire, historique et
langagiêre,avesun accent particulier porto sur la probléma-
tique de la normalité et de la générativité dons sa relation
descriptive aux anomalies et à leur genêse : I'animal,
I'enfant, le fou, le primitif sont des autres qui élargissent
mon expériencenormale du monde, 3/ 1'individuation. de la
facticité et de I'intermonadisation, dana sa relation aves EPIMETHEE
I'horizon d'une métaphysiquephénoménologique.
N.D
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2a16R29 /R /2n
SUR L'lNTERSUBJECTIVITÉ
TT
ÉPIMÉTHÉE
ESSAls PniLosoPniQUES EDMUND HUSSERL
=oll.'Üo«.fo«dé.Pa,Jea« HIWolit.
:t dirigÉeparJeatt Lnc Marion

SUR L'lNTKKSUBJucrrwTÉ
11

['R 4DU(:nON, IN'IRODU(:HON,


POSIFACEETINDEX}).'\R

Natalie Depraz
Ancienne élêve de I'École normale supérieure
Agrégée de philosophie
Ancienne pensionnaire de la Fondation-Tllie.s
DEDALUS - Acervo - FFLCH Direcuice de Programme au Collêge international de phdosophie
Maítre de Conférencesà I'Udversité de la Sorbonne(ParasIV)

20900105402 SBD-FFLCH-USP
OUVRAGE PUBUÉ
AVEC LE CONCOURS
DU CEN'l'RENATIONALDU LIVRE

PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE


193.93

v',/-
.L'?-

AVERTISSEMENT

Le présent ouvrage, en deux volumes, est la traduction partielle de : Z#r


P».2#ame#oZ:@e derZ#/?rxxé&,é#piüz: Texte aus dem NachlaB : Erster Teia:
<<1905-1920 >>; Zweiter Teil : <( 1921-1928 >>; Dritter Teil : <<1929-1935 >>.

11s'agit de trois volumes qui portent le même titxe et ont été édités
par lso Kern, publiés en 1973 à La Haye par Martinus Nijhoff dons la col-
lection desH#írenZza#a,
dont ils fomlent les tomes Xlll, XIV et XV.
Etant donné le nombre considérablede textes retenus(quelque
800 pages), la traduction française se présente en deux volumes :
Star I'ititersnUecüvité1; SKr I'intersubjectiuité11, Xe ptêsent vçÀxJme. ç)n
s'explique sur le choix des textes et leur mode de rassemblement dons
I'Introduction, située à I'orée du premier volume.

REMERCIEMENTS

Naus temetclons \es ..4rçbiuesde pbilosoPbie et \es Ettldes pbétiomé-


aZ29zg
eí d'avoir autorisé la reprimemodi6iée, respectivement de <<Les
alguresde I'intersubjectivité.Étude des .Fíaíie7ü
z a Xlll-XIV-XV Zur
Intersubjektivitãt >>(55, 1992, p. 479-498), et de <<La traduction de Z,e/& :
une í/xx.P'bae#ome#o'ãZglra
>>(n' 26, 1997, p. 91-109). Ces deux textes figu-
rent en Introduction et en Appendice au volume l.

COKVENlloNSTxvoGRAPniQUKS
ISBN 2 13 051139 2
iSSo 0768-0708 La pagínation originale est indiquée dons le corps du texte par des
Dépât légal -- 1" édition : 2001, mai chiffres entre crochets droits [ ].
© .Presses Universitahes de France. 2001
-- Les crochets obliques < > introduisent, comme dons le volume
6, avenue Reille, 75014 Paras
desH#íiexZza#a,
les additions de I'éditeur, en particulier pour les titres des

..-ç.{L
6
SUR L'INIERSUqE(:TIVI'IÉ

chapitres et des paragraphes, mais aussi dons le corpo du texte pour réta-
blir des phrases défaillantes. '
Les motes 1, 2, ..., en bas de page, sono ceHesde Husserl lui-même
lorsque rien d'nutre n'est indiqué, soft celles de I'éditeur, soit de celles du
traducteur lorsqu'il en est fHt expressément mention. Sectiotl lll
-- Le plus possible,nous avons évité d'introduire le derme<<
alle-
mand >>entre parenthêses à la suite du mot français, de façon à rendre la /

traduction la paus fluide possible. Dons le même esprit, nous n'avons pas
hésité à contextualiser nos choix de traduct:ion,quitte à distinguer entre
KnnucTioNINTKKsuBJEcvivE
un usage technique et un usage courant des germes.
Les références des Index renvoient à la pagtnation originale.
INTRODUCTION

Sous I'expression de<<réduction intersubjecdve >>se dessinent deux


fixesde réflexion,I'un de type méthodique,
I'auge de forme plus
descriptive :

1/ 1'axedescriptif a directement partie liée à I'expérience de la réduction


entendue comme réduction« intersubjective )>,en tant que réduction
empathique, et dons son lied avec I'expérience du souvenir et celle de
I'imagination. Quelle est I'amplitude de bensque Husserl accorde au
tem)e <(intersubjectif)> dons ce contexte? En quoi les expédences de
la remémoration et de I'imaginadon sono-elles des expériences propê'
deutiques, de type intrasubjectif. de I'expérience empathique propre'
ment 'dite? Ces trois sortes d'expérience peuvent-elles être, en ce
sens, dites <<
intersubjectives >>?;
2/ 1'axeméüodique concerne le domaine et la discipline oü entrent en
leu ces derniêres expériences,à savoir la psychologie, dons son lien
avecla philosophie transcendantale,avec I'empiricité et le problême
de la naturalisadon, dons son statut génétique aussi, ou encore dons
son rapPon avec d'autres sciences empiriques.

Le lien entre ces deux fixes reside dons le statut ambigu de la


réduction intersubjective, située entre transcendantalité et mondanéité.
10

RÉDUC'nON INTERSUqE(TIVE IN'lRODUCTION 11

logre, mais aussi,en artiêre-plan, avec la sociologie et, pausImgement, les


sciencesde I'esprit ; en6m,sur un plan plus méthodique, la réduction
PREMIÊRE PÉRIOOE (1905-1920)
ersubjective est appréhendée, soft dons sa dimension psychologique,
soir dons sa teneur Uanscendantale.

#yEn proximité avec I'idée d'une psychologie transcendantale géné-


tique telle qu'eUe se fàt tour dons les années 1920, 1'appendice XLV
explore le problême de ]'origine de la constitution et, corrélativement, le
thême de la naissancedes objets, ainsi que de la génération des Õíe.Le
thême de la genêsepose le problême de sa motivation, et du rapport
entre origine, raison et motim.
rJLe três long texte n' 16 se tient tour au long sur la ligne de cfête ana-
/ Les pTÉse7itiPcaüotls itttHitiues : lytique du rapport entre empidcité et aptiorité, ou encore entre naturalité
et transcendantalité : les objets examinés sous ce double angle sont le moi
raPpoH dK moi à ses r@résetltations «exle n- 'lO)b
(E)ur,absolu, transcendental, ou bien psychique, physique, animal), la sub-
jectivité (pure, transcendantale, ou naturalisée), la réduction intersubjec-
tive, qui donne heu à un développement passionnant sur deux formes
distinctes d'empathie, proprement dite(transcendantale) ou impropre
(mondaine : passive et socidisante) .
I'acLes a des de ] imagination sont décrits en suivant le ÊHconducteur

DEUXIÊME pÉRIOOE (1921 1928)

La deumêmephaseest représentéepar une multiphcité de petits tex-


tes dispersés, qui font majoritairement droit au rapport entre empadlie et
imagination.

L/ Di#énntesjacettes de La Ps)cbolo@e vLa tratlq)osiüon en imaÚnaüott de motamoi

(texte n' 5, appendice LIV, texte n' 16) (texte n' 7 et appendices XV]]], XX]] et L]]])

ayLe problême est posé de la pluralité des moi, donsI'expérience


d'autrui et dana I'expérience imaginative.
&yApparait le thême récurrent et 6mement analyséde la compatibi-
lité/incompatibilité de ces différents moi dons I'acte imaginaüf : incom-
patibilité dons la coexistence, compatibilité dons la succession.
12 13
RÉDUCT10N IN'lBRSUqECTIVE IN'lRODUCTION

r9Les limites de la üansposition imaginative sont énoncées: dissolu-


tion de I'unité du moi, altérationet concordanceconflictuelles. 3/ .Êbg'é»e#reíd# íaxz'e#/r(appendices XXXll, XLI et L)
aOTransposition en imagination de mon moi et création d'un nutre
moi : qui implique quoi ? aOSouvenirs opératoire et thématique.
eORelation entre imagination et perception, entre imagination et rêve. óOTemporalisation, spatiahsationtemporelle et monadisation.
rOSouvenirs rétrospectif et prospectif.

L/ Un tds beatacas, exet7Olaiw, de rédKcüon intersalÜective (leite tEa2\Õ


4/ Possihlité et e$ecüuité à Fexemple
aOL'exemple de I'empathie à I'ceuvre entre le maitre et le serviteur. de Za aufzpal/õa e zmagz#aóo#(appendice XXXIII)
ó9Intrication desvies, des anteset desvolontés,opposéeà toute
sphêre .privée ou à tour quant-à-soi : <(Dons une sociahté domxée, une aOPrimat de I'effectivité et du monde actuei
subjectivité s au-delad'elle-même à I'intérieur d'une nutre sub ec- #OLimites de la transposition imagnaave.
tivité)>(P.403).
Co OHSdes textos cboisis

JEÍ#a Xlll /í#a XIV HtaW{


TROISIÊME PÉRIODE(1929-1935)
n' 7 n' 20
n' 5
n' 28
n' lO Beil. XVlll
Beil.XXXll
Beil.XLV Beil XXll
Constitué d'un certain nombre de textes de taille moyenne, ce troi n' 21 Beil.XXXlll
n' 16
Beil.Llll Beil. XLI
sieme tempo .p'opose .majoritairement des extraits centrés autour du rap
Beil L
port entre intersubjectivité empathique et temporahté du re-souvenir.

./Mota tell4)s
deuie$-xbensze\EÜ
etceLKi
d'aatmiqa'Znb
]4.tltres andes a©érentsaa tbême
aOPartage et différences enfie nos tempo de vie respectifs.
duits aüleurs :
#OVivre [a vie de ]'auge : comment? Jusqu'oü? Y a-t-i] une limite à
I'empathie ? PB.Í#ome#aZgEÜTÓe
/)9rÓaZoE/e .fina IX(trad. fr. par Ph. Cabestan et
N. Depraz, avec la pai:ticipadon initiale d'A. Montavont, la colJaboration
rO Comparaison entre empathie et re-souvenir : <(1'inconscient )>,
point-obscur de I'oubli, toulours réacdvable? ' ultérieure d'A. Mazzu et la révision de Fr. Dastw, Paras,Vrin, 2001).
aOVivacité et dissolution du présent vivant. PBa /Bife .BJZ2bewi@
e/#,.Ed##em#%.fíwa XXlll(textes n" 18, 19 et 20
trad. par Ph. Cabestan,J.-J Delfour, N. Depraz et M. Mavridis, .4ZZern'4,
L/EnQatbie et sonuenirProQeçtif:degwsd'apodiúcité qn' ZSb 1996)

4 L'anticipation possible d'événements futura.


óyLe cas-limitede la mort : défaut d'intuition et empathiepossible.
PREMIÊRE pÉRIODE 1905-1920

N'5

PRÉPARATION AU COURO DE 1910-1911í

]:A PSYCHOLOGIE PURE ET LES SCIENCES DE L'ESPRIT.


L'HISTOIRE ET LA SOCIOLOGIE.PSYCHOLOGIEPURE
ET PHÉNOMÉNOLOGIE
LA RÉDUCTION INTERSUqE(:TIVE EN TANT QUE RÉDUCTION
A L'IN'lERSUBJECTIVI'IÉ PURE ENTENDUE
D'uN PonqT DE VUE PSYCHOLOGIQUEz
(début octobre 1910)

Dons le manuscrit W, page 2', I'ai bdêvement indiqué I'idée d'une.p#-


cgaúKze
pune, à ce titre aussi bien apriorique qu'empmque. Poursuivons

1: $1:1E
l: IEglilllÊ
:l Hi;
16

ILt:DUCT10N INTERSUBJECTTVE
PREM]ÊRE PÉR]ODE : 1905-1920
17

Or, nous posons aussideícga/ZT


dons la perception ou bien dons tout
nutre représentation sensible, et nous les saisissonscomme les supports

1. 11y a là dé)à une réduction phénoménologique intersubjective.


18
RÉDU(:'nON INTERSUHEC'l'lVE PREMIÊRE PÉRIODE : 1905-1920 19

chores de I'expérience, sur le monde, sw ma chair, sur mes organes des


bens, sur mes systêmes nelveux, etc.; je #e fãis.paí de la physique et ne fàs
usagede rien qui provienne de la physique, et encore moins de la biologie
ou bien, en pmticulier, de la physiologie. Et je ne pratique pas cette sorte
de psychologie, qui se nomme à )uste titxe psychophysique, qui explore et
traite dudit psychique en rapport avec la nature'. Je ne veux pas dire que
le ne possêde pas en validité, ni ne perçois, ni non plus ne augeles choses,
le monde, la nature, etc. comme existant effectivement. Je ne cessede le
fãire, ainsi que je I'ai fãt jusqu'ici. Et je ne veux pas pour ainsi dize
m'exercer à m'installer dons I'attitude du scepticisme, de I'épochê:, lais-
sant z#d##/d' I'existence de la sature, m'abstenant au suq)lus de prendre
position. Cela voudrait dire que I'on dote toutes les positions accomplies
d'un index de problématicité' et, de cela, Je ne veux en aucun cas.
Ce que je veux, c'est ne recourir(à I'intérieur de I'examen,en
I'occurrence, de I'attitude qui doit à présent être déployée) à aucun Juge-
ment de la sphêre de la science de la nature [81], à aucune sorte de juge-
ment sur la nature, comme si je voulais proceder à une affhmation scien-
tiâque quelconque sur la nature, comme si la natwe, d'un point de vue
physique, mais aussi psychophysique, était max /óême.Mon thême doit
être exclusivement la conscience pune et, tout d'abord, <<ma propõe cons-
Mise bonscirmit dwmoiPropre
cience >>.Qu'est-ce donc que <(ma propre consciente >>,si dons cette posi-
tion d'être', je ne veux rien inclure de la position de la nâtules? Quelle est
cette appellation? Que contient-elle, et peut-elle contenir quelque chose
si la position de la nat:ure doit rester sana usage' ?
On dirá d'une certame façon : la consciencepropre, c'est cette cons-
cience dont I'ait I'épreuve ou que traverse en la vivant le sulet du juge-

# En latin dons le texto. /7vaz7


1. 1nséré en 1924 ou paus tard : <(posée thématiquement )}. Rem. de I'éd
2. <1.duscepüci?me,de I'épochê » transformé plus tard en <<du scept:icismeet de io# epo-
chê)>. Rem.del'éd. ' ' '

3. Inséré en 1924 ou plus tard ; <{sceptique ou [ouchant à la critique de la connaissance>>.


-- Rem. de I'éd

4. Inséré en 1924 ou plus tard : <{thématique )>.Rem. de I'éd


5.« rien inclure de la position de la sature>}uansformé en 1924 ou plus tard en ; {(den
h:.:n.::::ii 'tn;.:,:::;'=:i.=:R:,= Ê :: T:Z=:=l inclure de thématique qui soit issu de la nature >>
6. Insertion aprês coup, datant de 1924 ou de paustard : <{si la sature, en tant que üême,
dois précisément êue soumise à I'épochê thématique? )} Rem. de I'éd
20 21
REDU(XION iN'ltKSUqK(TIVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

ment, dont i] a lui-mêmedirectementI'intuition danala réflexion(ce que nature: ; elle est cet enchainement absolument donné de perceptions, de
I'on nomme de façon inappropriée la perception interne), dont ü se sou- représentations de toute sorte, de sentimento,de désirs,de vohtions,
vient lui-même dons la conünuité unitaire du souvenirqui est directement exactementcomme le moi est présent dons I'intuition directe de la
rattachée à la perception respective, et qui fMt ainsi I'objet d'une donation réflexion, de la réflexion percevante,mais aussi de la réíllexiondonsle
intuitive directe sur le mode du souvenir en tant que conscience propõe souvenir et dans une nutre conscience(pourtant, il ne s'agit pas simple
passée.Cela est tout à fàt fuste. Seulement, on fera peut-être une objec- ment de cet enchaínement, mais précisément du maz,de la.perxam#e donnés
tion qui concerne le sujet du jugement. Nous sommes pouaant là dons le en lui, tel qu'il se déploie en eux):. Je vais exclusivement portes un )uge-
monde, nous sommes nous-mêmes des membres du monde, nous possé- Ment sur cet enchainement,sur cet enchainementunitaire, en ce sens
dons une chair accompagnéed'objets de I'expétiencequi sont situés <<
immanent >>,de la conscience et du flux', en ce seno <(immanent >>; )e ne
autour d'elle. etc. veux établir que ce qui peut être énoncérelativement à lui.
Cependant, noras pouvons aisément mestre tour cela hors circuit. Je ne possêdepas simplement cet enchaínement -- il faut le souli-
ne voulons pas p'oduire des énoncés sur la chair ; mais I'accepte gner -- comme donné dons la perception immanente. Je possêde aussi un
bien le fãit que la chair me soir donnée,à moi qui auge.La perception enchainement du souvenir et, par aiDeurs, je possêde aussi une attente
charnelle respective est un substrat constitutif de la conscience égolque fondée dont I'ai une vue préalable,motivée dons le couro de I'expérience.
pune, et qui ne lui fMt jamais défaut. En ouve, si je pense à ma position Pm exemple, je possêdela perception d'une chose qui se meut : I'attends
dons le monde, si je m'y attxibue une peace,si je pose un espace in6ini ou un déroulement tout à fãit précis de perceptions nouvelles(protentions)
un temps infini, même si je fMs de la physique ou une nutre science du Même des vécus <(inconsciente >>sont inscrits dons I'enchainement donné
monde quere qu'eHesoit, etc., je prends tout cela en compte, mais en tant piala perception et ]a consciencede ]a saisie sur un mode direct, [83] ou
bien un tel enchainement est complété par ces vécus. Je sais que je vis
qu'il s'agit de ma pensée du monde, de ma représentation de I'espace,au
maintes sensations et maints sentiments sur lesquels )e n'ai pas ptise dais
bens oü I'étabhs des choses sur le plan physique, etc. Mon thême, c'est
la réflexion. Je fãis à présent attention à maintes sensations en lesquelles
tout cela. Par exemple, ce n'est pas la Physique qui est mon thême, mais le
i'ai un contact avec mes vêtements, je me saisis au même moment d'un
fãit d'établir des élémentsphysiques; ce n'est pas la nature, mais la per-
&agment de souvenir d'aprês lequel le viens fuste auparavant de vivre la
ception de [a nature, ]e fMt de penser à ]a nature, ]a démonstration [82]
relativeà la naturereprésentée,
qui vaut pour moi de telleou telle même chore(son contenu est três peu clair). Et je fãis alors en général
I'hypothêse que des sensations <(inconscientes >>,des vécus d'aJxiêre-plan
maniêre, etc. De même que la perception des choséités et, parmi elles, la
ont également été présents dons le cas de fragnents de conscience par
perception de ma <(chair», la réflexion que je dirige sur la perception, la
rapport auxqueUesje ne peux accomplir des réflexions de cette sorte.
conscience de la conscience, la conscience du jugement, le Jugement
porté sur la représentation, sur le jugement, sur le sentiment, etc. en font
tour autant pane. 1. 1nséréen 1924 ou paustard : <{posée purement et simplement )>. Rem..de I'éd
2. Le tentepíécédent'entre parenthêses'({(pourtant, il ne s'agit pas simplemenEde cet
Le moi sur lequelje porte un jugementn'est donc pasla chair, et le enchainement-.»') a été inséré aprês coup par Husserl dons le manuscrit, mais vraisemblable-
moi qui est e#/a / g e /r/: rattaché à la chair n'est pas la conscience qui se ment encore au moment de la rédaction du texto lui-même, donc en octobre 1910. Cette inser
situe en tant que telle dons un enchainement psychophysiqueavec ]a tion a été modifiée paustard(sürement avant 1924, mais safesdouto peu ap'ês 1910) de la
maniêre suivante ; <(Pourtant, il ne s'agtt pas simplement de cet enchainement, mais préclsé-
ment du moi donné en lui, en tant qu'il íe confirme en lui, qu'il vit en lui, ce qui en estbien insé-
parable. )> Rem. de I'éd
plement comme existant. >>
-- Rem. de I'éd. ' ' 3. Inséíé plus tard ; <{et son moi)}. Rem. de I'éd.
22 23
RÉDU(XION iNVKKSUaJK(:'i'ivn PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

Aussi saisissé-jela conscienceégolque comme un grand flux dont seuls três difíérents, pour autant, précisément, que la conscience, la conscience
des fragments sont intuitionnés, remarquésde façon primaire ou bien étrangêre, est supposée' comme étant un flux de conscience d'essence
encore remarqués de façon secondaire dana des réflexions, et dont analogueet de régulation analogueà <<
mon >>ílux. On volt donc' com-
d'autres ffagments ou difürences n'adviennent à aucunedonation:, tout ment, ici, une perception est à cheque bois possible, et pas seulement une
bien
au moins pas à une donation telle que I'on puissela fjxer. Cela concerne perception directe,'mais aussi une po.sition indirecte et, ,en cela
en particuher la sphêre des perceptions du monde extérieur.Je vois une fondée, de vécus et de particularités de vécus, laquelle n'entraíne rien
<(portion du monde extérieur )>.Je réfléchis, et je fàs par là même pure- avec elle de la position' de I'existence chosique, ne s'édi6ie pas sur une
ment attentlon aux perceptlons, voire aux perceptions d'aniêre-plan du pareiHeposidon transcendente. Dons les perceptions décrites, etc., il y a
champ visue] ; je les décris de telle et telle maniêre, et suppose avec certi- certes des choses qui sont posses, mais ces choses ne sont précisément
tude que de tensvécus particuliers d'amêre-plan ont tou)ours été conti- pas les oblets de la recherche présente ; ce sont seulement leurs percrep.
nuellement présents, quoique, sw la base des souvenirs vagues que je bons et les motivations, en I'occurrence, les démonstrations qui en font
possêde des perceptions passées,je ne puisse accomph une véritable pmtie, en verte desquelles nous attendons, par exemple, avec précision et
analise de la conscience d'aniêre-plan que de façon incomplête et même, également à custetive que subsistent telles ou telles possibibtés percepd-
la plupmt du tempo, inexistente. ves, que soient à présent attendues, sur la base des percepdons, telles ou
Cela rappelle immédiatement la psychologie de I'association. On telles nouvelles perceptions, etc. Je ne concluí pas ainsi : parce que les
prend aussitât conscience du fãt que la connaissancedes associations fàt choses sont là de telle ou telle maniêre, et parce que les choses se com-
partie de nome sphêre. N'est-il pas claü' que nous pouvons dureque, à portent vis-à-vis de moi, de ma chair, de mes yeux, de telle ou telle
I'intérieur de cette sphêre, cheque conscience laissederriêre elle une <<
dis- maniêre. il faut úeifafn?me#f
attendre teve ou telle chose, telle ou telle
position au souvenir>>,etc. ? Les <<
lois >>associativessont deslois ou bien chose dois #á íiafneme/ apparaítre à ma conscience. ll ne faut pas se fãire
des rêgles approximatives de la conscience immanente:. d'illusions.J'ai là des chosesdevant les yeux, ce cendrier, etc. Cet<(être-
Jusqu'ici, il n'a été fãit aucun usage de /'e2@a/g/e. D'une certame là >>.c'est mon affaire, mon thême,[85] à savoir cette conscience percep
maniêre, norasétions dons <(nove >>propre conscience<<isolée >>,par quoi, tive, et à cela se rattache une motivation : <(si je tourne la tête de telle ou
assurément, le terme <<isolé >>est trompew. Car la conscience n'est pas
considérée comme une pmtie du monde dons lequel se trouvent de nom-
1. <<supposée » modiHiée par aprês en {( posée ». -- Rem. de I'éd.
breuses consciences isolées, seulement reliées par des choséités physiques 2. Indusion <datant de 1924, ou de plus tarda en vue d'une simple clarification du se.ns
qui ne sont pas des consciences. de cette présentationmaladroite: on volt donc qu'ici,.moi-même en tant que je suis actueUe-
ment phénoménologue,didgé dons mon intérêt exclusivement verá la conscience,le pLeux
[84] L'empathie en tant que perception de ]a chair étrangêre et en tant
accomplir des perceptions purement immanentes d'aprês des vécus particuliers et des en(hai
que supposition que je fãis d'une conscience étrangêre fàt naturellement nements de vécus à cheque bois relatifs à mes vécus empathiques, et .les décrire pune:nl:nt
partie de I'enchainement de ma conscience,et sigmnlepow elle certains d'aprês ce qu'elles sont elles-mêmesdons ma.vie consciente.; mais que j'ai aussi la possib ] té
d'effectuer une postüon et une description indirectos et en cela bien fondées(précisément) des
enchainementsde motivation, d'une certame maniêre analoguesà ceux vecus(empathiques) et des particulatités de vécus?qui ne sont pas les miens ; mas cela, sana
qui sont viésà de simplesperceptions chosiqueset, pourtant, à leur tour, que j'édifie à cheque fole mes descriptions sur l;e.ffectuation des positions thémanques du
monde objectif qui m'es{ toujours à nouveau donné, tout autant dana la vie natufelle pratique
que dons les descriptions de la science descripdve de la nature, ou encore dam les üiéorisations
de la physique qui'se rapportent en retour à I'expérience naturelle. Les chairs organiques sont
1. 1nséréen 1924 ou paus tafd : <<
explicite >>.
-- Rem. de I'éd. cortespossesen tant que chosesde la sature danales perceptions qui sont utiliséesen tant
2. La derniêre phrase a été modi6lée en 1924 ou plus tard : <<Les "lois" associativessont qu'objets des descdpdons ; mns.
des loas d'essence, non des rêgles de la conscience immanente. » -- Rem. de I'éd 3. Inséré en 1924 ou Paustud : <{thématique». -- Rem. de I'éd.
24
RÉDU(:nON nqTERsuqECTlvE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 25

réflexif. ou bien doit être saisie,mais aussila rabiar rer?mámarú


elle-même
et, pas moins,[86] 1aconsciencepropre que ]'on supposeindirectement
présente dons le flux des événements de la conscience, demé»e.zz'o#.í-o i
11
égabmenth coKscietneéhatl@wposée watts PetlQatbiex. Ma QexceDüon àe \a çXsok
étrangêre et ce qui s'y rattache motive de façon évidente et à custe titre la
position d'une conscience<< étrangêre>>,c'est-à-dized'une consciencequi
n'est pas saisissablepar les voies de la réflexion:, du souvenir, et cette
motivation évidente peut conünuer à se con6umer ou bien encore êue
abolie. ll se passe donc exactement ce qui se passe dons le cas d'un souve-
nir, en tant que posidon d'une consciencepropre antérieure,qui est
motivé de façon évidente par les motins du souvenir pour ainsi dure d'un
présent de la perception, mais de telle maniêre que cette évidence ne
donde pas une certitude absoluepour ce qui est de I'êue véritable du
posé,et fournit poutant un motif évidemmentlégtime en vue de son
adoption, précisémentsur le mode suivant : la motivation peut se confh-
mer ou bien aussi se réfüter pm le biais de <(meiHeurs )>et de paus puis-
sants motins conta.aües3.

On ne doit pas dize : au moment oü nous posons la conscience étran


gare à due de thême, la chair étrangêre et la natwe sont également
posées', étant donné que la premiêre chore, c'est la perception ou bien
une nutre position de I'existente de la chair étrangêre, et c'est seulement
en veMi de I'analogie de cette derniêre avec la chair propõe posée à titre
égal que I'empathie s'ensuit et est possible. Par opposition, I'établis la
chose suivante: il est certain que les chairs propõeet éü'angêresont
posées,de même qu'un monde de choses est bel et bien posé et éventuel-
lement connu scienti6lquementdons maintesperceptionsque je viens

1. C'est donc là que surgissent pour la premiêre bois les idées fondamentales du Cours
de 1910-1911.
2. <<
réflexion >>modi6lée plus tard en <<perception immédiate>}. Rem. de I'éd
3. Si nous dirigeons nove regard thématique exclusivement vers le câté de la conscience
et les motivations qui lui sont propres, et que nous accomplissons exclusivement les positions
qui seíapportent à elles, naus possédons alors <dans> les deux cas un pur enchainement de
conscience et, à vrai dirá, dans le premier cas,un enchaínement qui, dons une motivation <<sub
jective >>evidente, conduit de ma conscience à la conscience étrangêre pune, et I'amêne à une
position évidente
4. Inséré ultérieurement : <(de façon thématique >>.-- Rem. de I'éd.
26
RÉDU(X10N INTERSUqE(:TIVE 27
PREMIÊRE pÉRIODE: 1905 1920

la modalité spécialede I'empathie: formant un flux propre de la cons-


cience,s'élugissant dons une indé6inité ouverte, tout à fãit de la même
maniêre générale dont cela se passe pour mon flux conscient donné
<<
directement >>dons des actes de la réflexion, etc., donc avec des percep-
dons, des souvenirs, des visées anticipatrices à vede,des conãmiations,
des évidences, etc., qui ont une existence mais ne sont pas les miennes.
Je demeure donc entiêrement dons mon champ', lequess'est pourtant
élarg par I'empathie en direction de la sphêre d'une plurahté de flux fer-
més de conscience (nommées consciences égoiques), ]esque]s sont viés au
<<mien >>par les enchainements de motivation de I'empathie et sont égale
ment re]iés ]es uns aux autres, [88] ou peuvent I'être. D'aprês son sens,
cette liaison n'est pas une liaison réelle, mais une liaison d'un type propre
et unique qui passe par la position empathique. Des consciences <(sépa-
rées>>
s'inscrivent seus le digne de la possibihtéde la ruam /cu#a#,et
celle-ci a lieu en passant par des perceptions charnelles et des motivations
qui rayonnent à partir d'elles, sur un mode qu'il faudrait décrke plus
avant. En ce bens, il faudrait également renvoyer encore de façon com
plémentaire: à la communication langagtêre,au commerce réciproque
moyennant des signesde différentes sortes,lequesn'apporte pm príncipe
rien de nouveau,riemqui devrait modifier et modiâerait d'une maniêreou
d'une nutre notre at:titude,puisque cette derniêre présuppose à titre de
soubassementI'expérience immédiate de I'empathie.
Or, s'il y a donsla communication
des motinsexpélientiels
à la
connaissance de la conscience étrangêre, tout d'abord des motifs de posi-
tion empadlique, laquelle adopte la fonction de la <<
perception )>;,puis, en
outre, de la connaissance prédicative, nous pouvons acquérir úr e#.P:7róa-
Zlgü/#/eme,»une connaissancegénérale,et pas simplement une connais-
1. J'accomplis la réduction au purernent subjectit
sanceportant sur la puro <(vie de I'âme>>,sur I'être <{purement psy-
chique )>.Nous pouvons fãire bénéficier I'interprétat:ion de la consciente
éuangêre de ce qui est connu dons la conscience propõe, puis nous paire

1. {( champ )} cortigé ultérieurement en « champ phénoménologique d'expérience )>.


Rem. de I'éd
2. Inséré en 1924ou plus tmd : {(<aux> actesdu moi et du toi )>.-- Rem. de I'éd
j: ::l .=Eii::=': 1, ='=m::'5x:='ú== :=:: ...':''""""'. - «.« -'
3.« de la "perception")} modiíié ultérieurement
en <<
d'uneperceptionsecondaire
»
Rem. de I'éd
28

RE
UUCTrONIN'lTRSUBJECTIVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920
29

pour ainsi dirá leur réflexion et égalementleurs actions, qu'ellessoient


internos ou externos (concernant les actions externes, cela ne dépend pas
à nouveau des processus naturels en tant que thématique possible, qui
doivent être examinés par la science de la nature, mais des actionsi ell(is.
mêmes, des puas enchahements de la conscience d'un type psycholo-
gique descriptif. qui subsistent dais certains écoulements percepttfs par-
ticuliers et dons des écoulements volitifs et évaluateurs fondés sur les pre-
miers).D'un point de vue desctiptif. je puis même décrire des fãits
culturels comme la science, I'art, etc. sous un tour purement psycholo-
gique, à savoir les analyser par rappon aux motivations de la conscience
dont ils sont issusen tant que résultatsd'actions. Ce qui pourrait ici être
mis au point de départ à dtre de sature, les choses qui possêdent une
forme culturelle en tant qu'objets de la nature:, en tant qu'objets de la
physique et de la psychophysique' ne seráprécisément pas mis à cet égard
au point de départ, ne será pas exploré, ne será pas déterminé d'un point
de vue scientiâque sur ]e mode de la science<<objective >>; ces chosesne
soft en quesaon qu'à titre d'objectités intentionnelles de la conscience.
[90] Aussi pratiquons-nous aussi' une <<
histoire )>descriptive, une histoire
de [a pune vie de ]a conscience. La pune vie de la conscience est constam-
ment référée à la nature qui est posée en elle-même ; mais la science his-
torique de la vie de I'esprit n'est pas une sciencede la nature : il appartient
««=u ::,=EIÜ=:z== m '' """'"' ««,««, . . à I'essence de I'esprit de posei la sature ; il appartient à son essence
d'accomph' la conscience qui possêde le caractere'de la <<
perceptton de la
nature », etc.s

1. 1nséré paus tard : « immanentes >>.-- Rem. de I'éd

2. {(objets de la natura >>


modiÉié ultérieurement en <<
objets du monde )>.-- Rem. de I'éd.
I'éd. en tant qu'objets de la physiqueet de la psychophysique» rayé ultérieurement. -- Rem

-:.{$HhlH$$Bb$1%,:
30

[28al RÉDU(:nON IN.IERSuqE(:T.r\a


N']0 PREMIÊRE PÉRIODE: ]905-1920

31

Ér LIDES

""'=: '<"nõ110N DUÀ401

duais, <à t.,

i. i.e texte des deux paragraphesqui suivent est rayé dans ]e manuscrjt. -- Rem. de I'éd.
32

RÉDU(=10N INTERSUqE(:'laVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 33

en e avec eHemaisiqua.est telle que la séparation entre moi et I'nutre moi


une punefiction et, certainement, une représentation plus ou moins claire
de mon moi charnel-spirituelpeut par là égalementsurgtr]291], et un
regmd réfléchissant y être jeté. Maü Z#mo/ #e rP.flarz#.pox#a#/.paíâ re mo/
epp/rÚweJu#w#. La chair pourrait se transfomler à sa gutse, I'image du moi
n'en serait pas éprouvée. Simplement, tout ce qui appaixient à la constitu-
don de I'apparition n'est pas simplement à mettre de câté et, par là,
<pas> Plus le point-zéro de I'orientation, lequel peut par aillews lui
même se modifier.
L'<( image >>est une <(vue >>d'un paysage. ]] ne s'agtt pas d'une appari-
tion isolée,mais d'une unité qui se constitue dons le déroulement de mul
tiples apparitions; il en va de même de la <(vue >>que I'on a depuis un
sommet, depuis une fenêtre. ll me faut aller et venir du regard, selos une
certamemultiphcité des positions du regmd, et I'acquiers ainsi la vision de
ce qui peut, depuis un certain <<
endroit>>,êue vu au-delà.ll en va de
même pour I'image, et aussi, précisément, pour chaque íiction. Je possêde
là une « image >>,et je la regarde de haut en bas. À ceci prós que je n'ai pas
une vision 6ue ou relativement 6ue, comme c'est le cas pour I'image pic-
twale ou le sommet de la montagne. Je change éventuellement préci-
sément de place. Je me représente en imagination une bataiHe de
centaures,ou bien je me représenteI'Enter ou un paysagegéologtqueet
m'y <(transpose>>Ce qui demeureindéterminédons I'une des séries
d'apparitions se détem)ine ensuite pausprécisément dans I'nutre, nat:urel-
lement en fiction, lorsque des visions appropriées apparaissent, etc./e i ü
ionc nêcessairemettt
t)résetit.
Nous sommes là dons une anünomie dif6icile. Moi, homme empirique,
le ne sws pas nécessairement présent, dons la mesure oü, me représentant
par exemple purement et simplement un paysagegéologtque, je ne dois
pas m'imaginer que I'existe en lui. C'est une chose de fàire purement et
simplement d'un paysagegéologtque une représentation, et de se fãire par
aprês une image du paysage, de telle sorte que I'on s'imagine que I'on vit en
lui, qu'on y a des expériences, qu'on a du plaisir à le contemplem.
Par aiHeurs,je suispounant nécessairementprésent en tant que centre
d'orientaüon, en tant que sujet auquel se rapportent les apparitions, en

1. Safesdoure, la suite reprend d'emblée p. 296, 1. 32 sq


34

RÉDU(xioN INTERSUqE(:lT\n
PREMIERE PERIODE : 1905-1920
35

'=;=i;l=::T =====
;'..:\n===;=z==:;
36
RÉDUC'nON INTERSUqEC'l'lVE PREMIERE pÉRIODE : 1905-1920 37

en train de mouvoir quelque chose) ; je puis même posséder cheque posi


tios dons I'espace. C'est une possibilité idéale, quoique rega/?rma chair ne
puissepas être partout. .22eaó/?6 des multiplicités déterminéesd'appa-
Laissez-moiimaginei un monde spatial, moil2941 qui me suis donné ritions, et qui sont motivées d'un point de vue kinesthésique,appartien-
un monde spatial véritable. Fnsons I'hypothêse que le monde spatial ima- neDt à cheque point objectif de I'espace (mettons, dons le présent). Et
tous ces systêmes [295] forment un systême g]oba] dons ]eque] des transi-
tions conthues peuvent avoir lieu dons le tempo au seno du «je me
déplaceici et là >>.Et, comme le monde est constitué comme une unité
qui dure, la sphêre confirme ce qui précêde; I'appréhension est causale et
spatiotemporelle.Le monde n'est pas simplement un phantâme spatial,
mais un monde de choses,qui sont des unités causalessubstantielleset
s'enchaínentpar là de façon fonctionnelje.
Si je fMs I'hypothêse que, lorsque I'imagine, c'est cette chose A qui
m'apparait en imagination sous un certain tour, une telle hypothêse ne
lui, respectivement, cohcider avec lui.
peut être vraie si cet aspect <<survlent )>parmi les aspects qui constituent
Prenons ]e pllésent Je suis ici. Je pourrais être n'importe oü. Je puis le monde.Le moi correspondantà I'aspectdoit alorsêtre mon moi. À
vrai dure, je suis ici et pas ]à-bas, mais ]e là-bas signtâe I'existence de cette
chose apparaissante, ou bien de ce processus apparaissant : demeure la
possibilité motivée, dons la conscience de la concordance, de fãire assez
rapidement basculer, dons un tempo assezcourt, à partir de I'ici, mes

:d l ::
;l$11='='L=i===:i.l::::=Ü
sériesd'appmition dons cesnouvelles séries ; demeure tece ou telle movi
vation, qui sonopour moi des motivations à part entiêre. Le sujet de

m=tl=lH:::.:n:,'==.:n=liü2ü
tant que possibilitésperceptives.ll en va de même pour le passéet le
I'aspect est le moi modi6lé avec sa motivation, qui, si cet aspect était une
perception, ou bien était une perception dons la position temporelle
modi6iée,est le moi qui s'identifie avec le moi présent en tant que : c'était
moi qui étais là auparavant et qui suis à présent ici.
Qu'en est-il relativement au passé?
,..l=zl ==J:=:=:f=:=;::w=ll=ç=:u
des points de I'espace qui, dons le cours du temps, étaient véritablement
Nous excluons d'autres moi. Je possêdetout d'abord une continuité
de souvenirs, accompagnéede multiples souvenirs rétrospectifs, qui
mon ici, est limité. Â cheque instant, je suis quelque pari et, durant ce laps s'accordent jusqu'à former I'unité d'une extension de souvenirs (une
de tempo, je n'ai pas été partout. -
extension du passé qui m'a été donnée sur le mode du vécu). De fãit, est-

U
ce que je parviens à un point-limite ? Mon souvenir pénêtre busque dons
I'enfance et bute là (en I'absence de toute perspective) contre un domaine
obscur que I'on ne peut transgressor.Nous ne pouvons constater une
{<convergence >>en direction d'un point temporel pré-dessiné a .pàod.
38

RÉDU(:n

Pour le sujem, Ja nâiçça... . ' "- 'nlQUBUEC'l.rVE PREMIÊRE PÉRIODE : 1905 1920
39
40
REDUCT
iuN INTERSUBJECTlvE 41
PREMIÊRE PERIODE : 1905-1920

là à tive de possibilité vide : rien ne parle non plus en sa faveur. Com-


ment me trouvé-je là dons ce monde de I'imagination ? Comment suis-je
le sujet des vécus d'imagination, en lesquels il se présente pü des senso
bons, des appréhensions modifiées, etc. ? Je suis alors aussi, pour autant
queje suis le sujet de ces vécus, un moi de I'imagination.
Mais, il convient de prendre en considération la chose suivante. Si je
fãis I'hypothêse que le monde de I'imagination existe effectivement,
je[299] possêde d'une part la réalité effective donnée, le moi véritable, le
moi absolument donné, doté de ses vécus donnés, insuppressibles dons
leur écoulement actuei ; je possêded'nutre part le monde spatio-temporel
constituéen et avec eux; à cela s'ajoute le monde de I'imagination pré-
sumé,qui estréféré de son câté,d'un point de vue constitutif. à un sujet
présuméde I'imagination et à des vécus subjectifs imaginaires. Les deux
réalités, la réalité donnée de façon originaire, en I'occurrence ancrée dons
la donation originaüe, et la réalité présumée, entrent en relation. De quel
type cette relation est-elJe,cela est naturellement esquissé par avance
d.pàa».Si le monde présumé exü/r, il doit être attesté à partir du monde
posé et donné sur un mode originaire (donsI'expérience),être fondé en
verte de sa réahté effective : I'espace de I'imagination, qui est présumé,
doit s'insclüe dons I'espaceeffectif. et la question se pose alors de savoir
comment cela doit se passer avec les apparitions corporelles imaginaires,
les champs imaginaires de sensations,le moi de I'imagination qui leur est
afférent, et qui vient là à être également présumé. La chose suivante est
claire : toute hypothêse d'un monde spatial de I'imagination exige que je
m'insere aussi dons ce monde. Soit, moi, en tant que je possêde
I'apparition de ce monde, je suis en lui(en ef6et, I'apparition imaginée
exige un moi et, à vrai dize, c'est précisément moi). Je suis dons le monde
de I'imagination, je I'examine, je possêde de lui tel ou tel aspect, etc. Ou
bien, I'imagine quelqu'un d'nutre qui possêdecet aspect, mais alors, Je
dois être e mã e /#/@'ique I'autle dons le monde de I'imagination : je suis
en lui, je <(trouve en lui >>un autre et je <(le perçois >>comme possédant un
aspect de ce monde de corpo
Si je ne fãis aucune hypothêse, il n'y a aucune relation ent=rele monde
de I'imagination, le moi de I'imagination et le moi actuei et sa réalité effec
tive donnée. La <<transposition >>du moi<<à I'intérieur >>du monde de
42

)
;CT.10N INTERSUBJEI
PREMIERE PERIODE : 1905-1920
43

=otitepnphüoti d'Htt Pagsage idéalpeint SHr Htl tableati


44

R
üoUCnON INTERSUBJE(:l:rvE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920
clence de m, . 45

j
tis(similaires ou semblables),un sujet y afférent, doté d'une chair. Est-ce

e@bcationaote . ?e mes champs sensibles, de mes apparidons, de mes


À propos d'une présentiâcation habituelle, qui prend la forme d'une
copie,je possêdeune apparition imaginativeou remémorante,moi. le
moi actuei constitué dans la perception, et en tant que moi empilnlue de
la í:édité perceptive donnée. Je possêde I'apparition imaginative au sens
du vécu imaginant qui est à présent effectif. 'Cela m'appament au même
dtre que tour mes vécus. Vivant dons I'imagination, je possêde le vécu
d non p's comme un objet, maisje suis didgé vers l'objet
imaginé,et celui-ci se constitue dons une apparition imaginée,dotée de

n::T=.r: ; :; u==ü:w\,EhÊH
rition, qui bouge Ógaí/me#/0ses yeux, considere I'objet, etc. rr
Z,emo/donsI'imagination est ici, pour ]e moi actuei,'conscienten ima-
:nation : il n'est pas présentiâé sur le mode de la copie, mais de façon
46
RED
UC'j'10N INTERSUBJECT.IVE 47
PREMIÊRE pÉR]ODE : 1905 1920

chequesulet individuel. Ce qui est monde pour un sujet individuel, avant


toute relation empathique à d'autres sujets, cela devient un aspect dês
qu'appu-aít la relation empathique.
Un #z/wmégoíquel Et pourtant, celui-ci coincide d'une certame
maniêre avec le moi qui imagine actuellement. On pourrait ainsi dize : si
]e me représenteen imagination, par rapport à cette table-ci dont je fàs
I'expérience, une deuxiême table semblable, le semblable << coincide >>

avecle semblable. Dons I'unité d'une conscience apparait le semblable, et


le semblableapparait donsune relation particuliêre de colncidence: je
puis d'aprês cela aller de I'un à I'nutre et procéder à une comparaison, à
un recouvrement dons la succession, en laquelle je íris pour moi la part
deschosesergueI'identique et le non-identique, et ce, dons un recouvre-
ment p[us fuste. Mais i] y a déjà dana ]'existence une sorte de <<recouvre-
ment >>,une référence particuliêre par chevauchement de I'identique en
tant que tel et du non-identique en tant que tel, avant tout dons des actes
propresde traitement séparé,d'exphcation constitués.Je <<transpose>>la
table en imagination, je m'imagine que cette table est dons un monde
imaginé, ou bien je m'imagine encore une bois la même table comme en
fàsant partie.
Aussi puas-jeme transposer dons le monde de I'imagination, ou bien,
sonstransposition, je puis imaginei un moi analogue'.Je ne peux pas
m'imaginer un moi entiêrement identique, mais, par exemple, je puis
m'imaginei un moi de cette sorte, doté du même entourageperceptif. et
pourtant doté d'entouragesdifférents pauslointains. Si I'imagine simple-
TT . V l
Hent un monde de I'imagination, un ama/Üa# de mon moi est par là
nécessauementimaginé en même tempo, quoique pas <du> câté de
I'objet, car je ne peux percevok alors les choses que de façon externe,

1. Mais il y a ici quelque chosequi cloche, dons la mesure oü je dois pourtant posei la
quesüon suivante : Comment I'existence de deux corpo, et puas,à leur tour, de deux moi, peut-
elle être attestée ? D'un câté, [305} 1'unité de I'espace en fãit partie en sus, ]'unité d'un monde
spatiotemporel, en I'occurrence,I'unité dons une donation perceptive qui peut face I'objet
d'un enchaínement. h]ais comment ]e moi de ]'imagination peut-i] m'être da##és'i] doit être un
mol posé et doit pouvoir s'attester? Si I'imagination simple se transforme en position simple,
cela donne alors le souvenir. Aussi le moi de I'imagination devient-il immédiatement moi
actuei,ainsi que je vais le développer pausloin. Mais il n'en reste pas moins que I'imagination
est une imagination analogisante,et I'en viens alces à la position d'un moi étranger, qui ne peut
êtremotivé que &üla position de la chair
48

RÉ]
UC'HONINTE
KsunyECTTVE
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920
49
p'eclsement en tant qu'eHe

non pa: au sons d'un possible réel, motivé dons sa possibilité par le
doí)né,donc convertible), qui n'est pas le moi véritable, mais un simple
a#aZga#. ' --- -' '""r

:i HR :=XSHI,=n
monde,un paysagegéologtquetel qu'il pourrait être sur Man, etc Moi,
le moi véritable, je suis ici. La vision des paysages dans ce monde, pré-
50

RÉDuclloN nçitRsuqncrTVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920


51

.i

..:.LEIS::S::::l=1==,:.=:==H=,==:=:=.ã
52

RÉDUCTioN INTERSuqE(:r.lvE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 53

position et dans cette forme fonctionnelle, et le champ tactile concerné


en fãit pmtie. Le corps qu'est ]a main te] qu'il est vu, et le champ tactile
odginairement donné possêdent une <{unité d'expérience >>,et si le champ
tactile m'est donné sons que je voie la main, je complete alors pour moi la
représentation visueHede la main, et je la complete dons une situation et
une fomle précises, en tant que, précisément, elle en fãit pal:tie. C'est la
raison pour daquellele [310] corps qu'est la main et, ainsi, ]e corpo de
chair autorisent un type de perception qu'aucun nutre corps n'autodse.
La chak peut être coperçue à travers la donation perceptive originaire de
da/asensuels,etc. Naturellement, I'unité que forme le champ tacdle avec
[e corps vu, ]eque] doit être une chair, ne peut être qu'une <<unité
d'expérience>>.Nous possédonsdonc ici I'unité d'une aperception, là oü
ce qui est unifié est un apparaissantet ]e champ tactile(originairement
donné). Si je vois ensuite la maia étrangêre, le champ tactile peut ne pas
en fãire pal:tie(mon champ tactile), et rien de ce qui m'est donné de façon
originaire et de ce qui est assignéà ma chair sur un plan perceptif. Certes,
mon champ tactile peut aussim'être donné sur un modo reproductif.
mais unlquement alors sous la forme de souvenirs ou de possibilités
motivéespar réHrence avec ma chair (mon corps). Mais le type d'unité
d'expérience que forment mon corps et le champ tacdle entraine avec elle
le fMt que le corps qu'estla main tel qu'il est vu exigela coposition du
champ tactile. Une unité d'expérience constituée est là'. Ou bien il s'agit
d'un vécu d'aperception unitaire. C'est une ]oi d'essencede considérer
que, si une unité d'expérience AB est constituée, chequeAo du type A
exigeun Bo du type B. Mais cela peut-il être ici appliqué? Et dons quelle
mesura est-ce applicable ?
La main est un membre de I'ensemble de mon corps ; le champ tactüe
de la main est une partie de I'ensemble du champ tactile. Le groupe kines-
thésique de la main est une partie de I'ensemble du groupe kinesthésique.
La main, à tive d'instance librement mobile, est une panie de I'ensemble
du corps librement mobile, et de la chair, etc. Tout cela s'exige mutuelle-

1. 0n n'a pas-- pas encore -- prêté ici attention au fãit que la main est un simple membre
.======i:=S'::i'::=:.:;::=i:Hi: ::l: du corps tout entier -.: de la chair ' qui se situe autour du point-zéro de I'orientation, et qu'un
deuxiême corpo ne peut pas être donné ainsi
55
54
RÉDUCTloN TNIBRSUqE(TIVE PREMIERE pÉRIODE: 1905-1920

ment dons I'unité de I'expérience. Si, à présent, naus possédons une maia
étrangêredons un contexte analogue,tout d'abord dons celui d'une cor.
poréité de chair analogue,eUerequiert un champ tactile, qui est une partia
d'un champ tactüe englobant, requis de façon correspon(jante par le reste
de la corporéité, et de là, p]us avant, pour tour ]es réquisits ultétieurs qui
vont du coíps à I' <<âme >>.

Le colos de chair tel qu'il est vu exige le présent des champô de sensa-
tions. Mais le présent n'est pas un présent de vécus comme c'est le casde
mon corps de chair. Des vécus qui ne sont pas les miens sont ici coposés
sur le modo de I'appréhension.
[31 1] Les vécus posés ne peuvent pas être mes vécus : les miens soft
donnés originairement, sonoprécisément véritablement mes vécus. ils me
sont propres.sur un mode originel. S'il s'ágil d'objets intuitifs et propres,
si ]e suis tntutttvement tourné venseux, ils sont alors des originaux et don-
nés comme étant miens. Les vécus Coappréhendés,adjoints en sus sont Pedediontlemetitdes dhehpPements .,
certes intuitivement objets de représentation possible, mais ils ne le sont qKi .,«ibi' ãté pe8sés à .lo«d «j'&jaço« co«'PÜ''

pas par príncipe en original, ils ne le sono pas pm príncipe sw le mode


perceptif(sinon, ils feraient partie de ma chair) .
Une telle représentation(qui peut éventuellementêtre obscure et
peut-êüe même vede) est-elle une représentation imagée? Est-ce que,
dons mes vécus, I'ai une saisie anaJogisante,une iUusuation intuitive de
vécus étrangers? Au lieu de transposer mes vécus dons ma chair, les
Uanspos:-le dons une nutre chair? ll ne peut pourtant pas êüe question
de cela. La conception par compréhension interne est une concepdon
immédiate, une saisieimmédiate d'un<<présent non présenté)>,motivée
p'r une perception externe. Naturellement, je ne puasavoir I'intuition
d'un champ visuel, d'un champ tactile, etc., et Jene peux avoir I'intuition
de toutes ses formes possibles que par le fMt que Jevis ou que I'ai moi
même vécu des champô visuels, des champô tactiles, et je ne peux les
transmuer, Jene peux saisir paul eux des possibilités que d'aprês les types
d'expériences à ce sujet, uês exactement comme je ne peux imaginei des
choses que d'aprês des formes dont I'ai dé)à fãit une' bois I'expérience,
d aprês.leur type le paus général. Je ne peux pas inverter des quahtés sen:
sibles d'aprês leurs genres sup'êmes, etc., tout comme Je ne peux pas
1. Aussi uanché je ici à I'enconue de toute théorie par analoglsation.
inventei de nouveaux seno.Mais une représentationtout à íbit áifférente
57
56
REDUCnON IN'lBRSUqE(:'lave PREMIÊRE pÉR10DE : 1905 1920

-." «':, " -«'


;==:;T,:==='L::::;::==:i,:E==:::' Appendice XLV

LES PROBLÜMESpnÉNoblÉNOLOGiQUES DE L'ORIGINE


CLARIFICA'HON DU SONSET DE LA MÉTHODE
DE i.A coNSTliUTiON PnÉNOMÉNoi.OGÍQUE:
(<1916>/191'7)

[346]
m unagine preclsement que je vais être transposélà-bas, ou bien, si je
m'itnagine que I'ai vécu cela(souveni4 ou que je vivrais cela(attent:
dons la fomie de I'élan),. ou bien encore que je pourrais vivre cela, l, <aÜ Ori@ne psDcbolo@qtte et ori@tle pbénométiohgjqne>
possibihté motivée du changement de place dons I'espace et dons le
monde spatial, etc. ; 2/ dana ces cas-la, le moi présumé est identique-
ment le même que le moi effectif. Quere possibilité reste-ti [313]
encore ? 1] ne reste en fãit que celle de <<1'empathie>>,de la <<posiuon
analogtsante )>. ' ' r

Est-ce seulement quand la main est aperçue en tant que membre de


ma chair, daquelleest donnée dana I'orientation particuliêre autour du
potnt-pêro, qu'une main motive I'appréhension en tant que main? Sons
doute que oui. Je n.ai donc pas le droit, sonspaus,de comparer ma main
et une main étrangêre,comme si elles étaient des chosesisolées,et puas
de dire : comme I'une est aperçue avec <un> champ de sensations,
]'aut'e.I' se« ég,lement. J' t'ouve ma mM en ]i,ison l:v« «a'.hM. h
main doit se trouver liée à un corpo semblable,qui exige pourtant à son
tour un mode d apparidon-zéropour pouvoir être représentécomme
chak. Et c'est ici que commencela difHiculté; le caracterepropre de
I'empathie s'y trouve précisément rattaché. Gamme/ z'aÜ7ert%õPruróef
de ü
forvpzede F4pariüon- #ro tltie cbose<(exteme)>, etc. l

#$H
lêpXoyêe ;2 / un couP
Conslilulíon génétigue.
envc)i c
59
58
REDU(XION nqTERsuqE(:TIVE PREMIÊRE pÉR]ODE: 19051920

ment psychologique et reladvement elos sur lui-même a une existence,et


dans quelle mesure la causahté physique intervient dons des types précis
et simplement occasionnels, dons quelle messe, enâm, subsiste en géné'
une causalité psychophysique, vodà des groupes de questiona spéciâ-
ques. En tout cas, I'idée d'une origine psychologique possêdeson seno
précis : il s'agit d'une question causale,qui se rapporte à la<<réalité >>du
psychique.
2/ La question de /angf#e.pó&am&oágz4Ke. Par exemple, par opposi-
tion à ]a question de I'origine psychologique des <<représentations»:
« moi>>et un <<
moi étranger)>,
un autremoi qui me fàit face,seposela
question de I'origine .póúamáeo/«/gwedes représentations. '
SA;h Di$érettts conçQtsd' oh@narité, et relaüon conesPotidatite<{entreI' OTi@tlel
et le moitasori@nel)9

ac)L'originarité peut signi6lerque I'oó?k/:est perçu; par contraste, la


non-originarité, selos daquelled n'est pas perçu, ni présent sur un mode
originaire(<<là )>sur un mode originaire). Mais I'objet peut être donné
dons la conscience de la présence originaire, et n'être pourtant donné que
de façon imparfaite : certames de sesparties, de sescâtés, etc. ne sont pas
onginurement présentsl.La perception renvoie à un remplissementpos-
sib[e : e]]e doit êüe c]ari6iée ]ibrement : de possibles perceptions motivées
(des reproductions) doivent être disposées, comme pour ainsi dize dons le
cas de la perception externe, des perceptions dons lesqueHesI'objet
accêde à <<1'intuitidon >>selos ces câtés, accompagnées desquelles il accé-
derait à une donation originaire. La perception imparfaite est oíigtnelle à
tigre de perception, mais sur un mode relativement origtnel : en effet,
I'attestation <(possible)>,qui produit pour nous la clariâcation, esquisse
pour nous une quasi-présentationdotée de davantaged'oíiginarité, qui,
en effet, produit g al/me#/I'originarité(le caractere originel) correspon-
dente par <(remplissement >>,et ce, au regard des composantes <(non rem-
plies )>de la perception. Le déroulement de la perception est plus originel

P
J'..:l. De la p 347, 1. 4 à la p. 350,.1. 8, il est question, en soi, des différents concepts

:t l:T8i ;'!"'::";::2n\: ÜiiÊÜlill


discussion du problême qui consiste à << revenir à I'origine phénoménologique». 1. Husserl a biffé le texte qui se trouve sous la letue P) dons le manuscrit. -- Rem. de I'éd.
2. Inséré ultérieurement : <(est donné originelJement, a/Üiza/l/?r». Rem. de I'éd
60

RÉDU(:nON INTERSUqEC'laVE PREMIÊRE pÉRIODE: 1905-1920 61

titué )>. Cela

[349]8) La perception est à I'origine à comparer à la.prúe /@caáaa,


par
exemple au souvenir, à cheque conscience non percevante du même objet.
La consciencede présentification n'est pas originellement donatrice.
Nous avions rencontré des relations d'une originarité relative, pour
desperceptlons,et ce, en tonction de la proportion (du volume de
moments, de parties) dons laquelle I'objet se donne dons une présence en
chair. Mais I'objet peut aussi être posé indépendamment de toute pré-
senceoriginelle, il peut être simplement présentiüíéen tant qu'objet total.
Nous possédonsalors une extension spatiale de I'intuitivité, et I'int:uitivité
signiãealors en tout casune gxaí/-présence; I'objet est intuitionné = il est
g aí/me#/
donné en présence,et d'autantplus intuitionné que, de cet
objet, advient davantage à la g#ai/-présence..Q#aii-originarité par degrés.
Or, la présentification est pourtant bel et bien, selon ses cafés noé-
tique et noématique, modification de la perception. Mais cela signiâle
aussique toute présentiGtcation
qui n'est pas qualitativement modiâée
renvoieà des souvenirsqui doivent avoir eu heu auparavant: cheque
«idée>>renvoie à une impression antérieure, du moins d'aprês les élé-
ments qui la construisent et d'aprês la forme de la liaison. Assurément, il
y a là un probjême qui n'a pas été jusqu'ici clarifié d'un point de vue phé-
noménologique.
c) L'être-fondé d'un type d'aperceptionpar un nutre, ce pour quoi
naus avons dé)à donné des exemplesplus haut, peut signiâterque
I'aperceptiondu type AI présupposeI'aperception du type A2 à titre de
Pa/üefondatrice. En cela,AI est une suite phénoménologtque temporelle,
un processus dons I'enchaínement duquel apparaít A2. Éventuellement,
un ordre temporel, ainsi que nous le voyons Óro#rZ#i/am0,
peut êtle pré-
dessinéde telle maniêre que A2 doive apparaítre plus tât pour que AI
apparaisse,et puisse ensuite fonder une unité de conscience qui englobe

remplit le nouveau site temporel, mais cheque phase est davantage que cette plenitude, elle
porte en elle le seis des étenduesprécédentesen tant que phase
Mais, dons nove sphêre inEentionnelle,là oÜ le bens ({e la percepdon (le noême) naít du
seis de.la perception, il en va pouttant essentieUement diffétemment.'Le seno des phases anté-
tieures intervient dons celui des phases ultétieures, safes que pour autant, <<extérieurement >>,la
phase ultérieure ait la coloration d'une phase, et précisément de ce devenir. ll y a donc là un
surgssementtrês particuher de I'ultérieur à pmtir de I'antérieur, à savoir du contenu de
I'ultéfieur à partir du contenu de I'antériew
RÉDUC'HONINTERS 63
UBJEci:r% PREMIÊRE pÉRIODE : 1905 1920

les deux. La conscience de l


I'enchainement systématiquedes degrés(à I'intériew de I'umté de la cons-
ciencequi les englobe), est-il I'objet pleinement donné ? Nous voyons, à
píoPosde la chosephysique,que I'objet ne peut pourtant pas êüe lui-
mêmeconstituéde façon completesur un modo noématiquedos : il ne
peut I'être que d'aprês des déterminations quelconques du degré supé-
deur, alors que d'autres restent ouvertes. Ce qui est apparence (14PP.zr?e0
au degré le plus inférieur, alors que I'unlté du degré inférieur est le phan-
tâme, c'est ce noême de degré suprême pour la chose. La chore apparait à
vrai dize dons le phantâme, seul le phantâme est originairement donné,
alors que la chore objectiveest indiquée de façon médiate,co
appréhendée à vede dans I'intentionnalité cachée, antérieure à tout degré.
Ma doctrine antérieure de la présence originelle et de I'apprésenceH'
exige donc d'être approfondie. Le discours en termos de présence.P/]lwar-
í#aZP
convient üês bien à la présenceinsigne que possêde le phantâme
dons la conscience directe de la perception, à travers une apparence sim-
plement schématique. Par opposition à cela, nous aurions des présences
secondaires, tertiaires pour les différents stades des propriétés substan-
tielles et causales.
j351] L'appréhension de ]a chose couvre d'un seul coup toutes les
couches, sw un mode intentionnel, mais, dons une forme originelle, seule
la couche inürieure fãit I'objet d'une réalisation dons la vision habituelle.
Le passagede coucheen couche a une caractéristiquetour à fait dife-
rente du passage d' <(intuition >>en <(intuition >>,en apparition, en annonce
(entenduede façon noématique)au semd'une seule et même couche.
Peut-on parler ici de différentes sortes d'apprésence, en I'occurrence,
d'apprésentation ?
Si ]'origine consent à se manifestei, <cela> signifie alors, si cela sur-
vient dons une expériencevéritable, que I'objet peut fãire I'objet d'une
expérienceeffective et parfaite. Powtant, i] ne s'agit de rien d'nutre que
d'attester I'existence de I'objet dons une expérience pleine et directe.
Mais, concernant ]es recherches portant sur I'origine, il s'agit de types de
représentadons, en I'occurrence, de types d'objets (car I'on peut parler de
I'origine phénoménologique
des objets). Faire la démonstrationde

'k Cf. Section ll : « Andogisation )>.


64
65
REDUCT10N INTERSUqE(:l'lVE PREMIÊRE pÉR]ODE: 1905-1920

multiplicité systématique,apparait sur le mode du vécu, en coexistence


avecune multiplicité de champô,qui est touiours remplie: dons laqueHe
des fomaes quahãées se détachent, s'âventufent au-dessus du champ mal-
.té 1. main;ien de la forme(ressemblance et, éventuellement, ressem-
blance concrête complete); des séries de modifications, qui coextstent
avec des séries de modifications kinesthésiques. Séries kinesthésiques
remmquables, qui convergent vers un aP/zmxm.
Durant le pu-coursrépété de ces coexistences
et de ces co-
successions, naissent <(des expériences )>,<{des séries qui ont eãit I'objet
(]'un exercice )>,<(des fusionnements )>,des enchaínements empiriques de
moüvation ; enfin, il faut rendre <<
intelhgible )> <(1'émergence >>d'objec-
tivations ou d'<( aperceptions )>des objets uanscendants.
Méthode : comment peut-on établir une telle chose, oü est la présup-
position de la <(compréhension )>,et la compréhension elle-même ?
Analyse de quelques présuppositions originaires Un ã? cúa @ ;em.r/Óüp,
et le concept d'un ú?íe#l,». Données sensibles par distinction d'avec des
donnéeskinesthésiques.Mlfe ##w##'d'un phénomêne <(dons >>le champ,
ou bien, également,multiples contrastescoexistants.Maziy:ca#o#
d'un
phénomêne mis en relief. d'un phénomêne unique, ou bien d'un phéno,
mine s'opposantà d'auüesphénomênes
inchangés,ou qui ont changé
indépendamment.
a) Modiãcation d'un moment, quant à sa<(messe>>ou ã sa <(gran-
deur>>: changementde la<<grandeur>>par rapport à un certatn moment
d'accroissement.
En paraUêle,plusiews moments, mis en relief d'aprês
leur grandeur, se recouvrent; parmi la diversité hée à la grandeur, la géné-
rahté commune<<grandeur >>ressort. Et, par ailleurs, il y a diverses diffé-
=])b> Le liett entre I'oti@tte Ps)cboLoúqKeet I'oh@ne pbêtioménoh©qKê' rences dons le changement : constance de «I'agrandissement)> et du
<(rétrécissement >>(situation médiane: ni grand ni petit)
$) Mime en reliefréciproque des momento de la forme, de la quahté au
bensspécifique, de la situation. Tantât dons la modiHication d'un seul et
même'phénomênemis en relief. tantât dons la compmaisonentre des
phénomênesmis en relief qui coexistent.Dépendanceslégtdmes de la

.:i.EâlX;:lgH
qualité et de la forme. <(Image >>(chosesensible originaire), ce qui est uni-

lg :-:=.:'::=u:-''":. ãé indépendamment de la situation(localité) ; I'image erre, <( se déplace >>,


modifie la situation, reste <(inchangée >>,reçoit donc son identité de chore
66

RÉDU(:nON nqlBRSUHECll\R PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 67

possêdent la <<
même >>qualité globale. Les parties inKrieures sont uni
qudfiées.
Aussi un matériau conceptuel de cette sorte doit-il êue fixé.
Puas,il y a la production du concept d'a/#êa.pZax.On en déduit le fàt
quele champ, e{ I'arriêre-plan respectif lui-même, possêdent jusqu'à cer
tainesdifférences-limite le caractere d'une image, qui peut avoir, etc. une
quahtéumtmre variant de façon unltaile ; on en déduit que le champ
cachoen lui des possibilités idéales de &agmentation par le biais de quali-
ãcation, etc., que le champ est concevable comme un systême<<ponc
tuel>>,donc comme une multiplicité ponctuelle ordonnée, dotée du
point-zéro et de deux direcdons-zéro.
Puas,apparaissentles difHrenciations principales qui sont en relation
avec la légalité, laqueHe relie les systêmes kinesthésiques et les systêmes
d'imagempossibles dons le champ, et doit créer des unités d'expérience,
confomies à la conscience, z,ü I'actuahsation de déroulements kinesthési.
quesvéritables, libres ou non, et des déroulements d'imagemqui ont lieu
en même tempo, tout d'abord I'aperception et I'objet transcendant oculo-
moteur(objet d'aperception).
Aussi faut-il distinguer enfie les images illusoires et les images réelles.
l3s

'=cà> Ori@ne Pgcbolo@qwe et origine pbénoménolo@qt+ê

Analyse de I'implication intentionneUe.


1/ Analyse ontologique de I'objet, en tant qu'analyse oü I'objet, selon
une attestation complete(éventueHement de couches fondatrices),
adviendrait à une donation originaire.
2/ Analyse noétique et analysenoématique : le comment de la dona-
tion de I'objet dons les enchaínements des<(vécus donateurs >>.Comment
ces <<
vécus >>doivent nécessairement se présenter, selon quels ordonnan-
cementsils doivent nécessairementse dérouler pour pouvoir, selon des
etapes nécessaires, êue toulows paus parfaitement donateurs, comment

1. Ultédeurement, Hussetl a retouché ce titre en ]e transformant en <<


pensées pour une
Phénoménologie génétique )}. -- Rem. de I'éd. ''"---' '" " ru''"" r
68 69
RÉDU(:'nON TNTERSUBJECTIVE PKEMiÊKr pÉRJODE : 1905-1920

le noême, le noyau noématique se présente à cheque étape. Comment le


moí, en tant que moi prêtant attention, procédant à des renvois, etc
opere dons la donation originelle et dans les donations poursuivies à par.
dr des originem, en I'occurrence, comment se présentent les couches de
caractérisations noématiques du noyau. Mais, dons les enchaínements qui
sont animés par I'umté de l intention, ou bien dons les enchainements qui
se constituent comme unité, I'unité trouve son ancrage selon les lignes de
la motivation. La genêsephénoménologtque. Ordre de fondation des éta.
pes constitutives.Possibilité de séparationunilatérale: les stadesinfé.
rieurs seraient possibles du point de vue de la conscience, si les Stades voou et ce mouvement peut également fréquemment correspondre à un
supétieurs fâisaient défaut. Abstraction. <(On peut se représenter que les
vécus se déroulent de telle sorte qu'aucun remplissement, aucune décep-
tion n'aient heu, qui repose sur d'autres remplissements. )>
Eü: n:i==i:u==,==: 1;4
premter cas, le mouvement se déroule de façon arbitrahe dons le sens.du
Un type d'aperception de la forme la paus simple. Un complexe MA ãésir(modiâcation ahté à ce propôs : le
deneutr . peux
, :.I'action :.....
est une
...
fusionné. Si M se déroule(librement) dons un enchainement familiar action possible). Mais I'agir effectif motiv;.paul le futw la conscience du
ordonné, i] en va de même de A de façon afférente, et si M se déroule le-peux'effectivement : ]'ai déjà fait une telle chose, et aucune expenence
d'une maniêre remarquable,A atteint un point culminant sur un mode conuaire ne parle centre elle. ,
optimal. O, I'objet, est proüilé en A, et donné en tant que possibilité dis- «Je peux cela)>,<<je saiscomment cela fonctionne >>,comment fonc
ponible de la saisieoriginale, donné en tant que lui-même, et sur un mode nne une telle chose, I'ai déjà vu une telle chose, des déroulements : des
optimal, Ao I'est dons le soi complet, à savoir en original. L'objet est tou- modem
de comportements
de ce type m'ont déjà été donnésdons
jours donné continüment, et A elle-même ne I'est pas toulours continü- I'expérienceantérieui'e, je me retrouve aisément dons de telles chores, Íai
ment ; AO, AI .: ne sont pas des reproductions ou des signosde I'objet. une connaissance de choses semblables, qui est issue de mon expérlence.
En Ao se manifeste I'objet <(tel qu'il est >>,« complêtement )>(au cas oü il Aussi y a-t-il dons la pratique, dons la saíste d'enchainements.théori-
ne contient tien de non-vu ou bien de vu sur un made imparfait), pour ques, etc un exercice, qu'il s'agissede calcul? de jeu au piano ou bten de
autant que, tant qu'on a de lui un oP/àw#i»,et dons le parcours optimal, il I'appréhension d'enchainements langagtersdisons dons une langue étran-
se constitue de la Eaçonla plus parfHte. Synthêse intentionnelle de I'objet gêre,de la saisiede la languepoétique(indépendammentde toute abs-
en tant qu'idée sur un mode motivé. traction des formes qui la caractérisent),etc., du caracterede familiarité,
Origine de cette synthêse.Tthéoriede I'origine en tant que genêse de dégager le semblable, de I'indication du semblable.
idéale. Si une série de MI, M2... se déroule en coexistence avec une série ÁppdbeK'ion «'lousa«te dH donné« conho«é«,ent» à «e teve app'éb'"'iom 'iW
de AO, AI..., et de telle maniêre que M est une série de mouvements sembiabíe.

(d'activités) lebreset convertibles et que la série des A est alors <(par Souvenir dons I'enchaínement du souvenk, souvenir qui suígtt ainsi
suite )>codonnée. Cela ne sufflt pas, mais c'est un début. que son horizon, horizon rempli -- horizon vede.
[355] Nous posons pa' avance : premiêrement, en tant que possibilité Enchaínement de la coappartenance, I'un rappelle I'nutre dons
originelle à adjoindre, il y a le fãit que des activités libres se déroulent dons I'existence, et enchaínement de la continuité de I'existence. Coexistence
des systêmes et, à vrai dize, à partir de positions-zéro(de complexes-zéro) temporelle, suite temporelle. Intent:tons vides en tant que tendances aux-
70 71
REDUC'nON INTERSUqE(:l'lVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

queres je puas.céder; elles se remphssent dons des <<images


» qui se blable. >>Le A' adopte, en vertu de ]'ana]ogtsadon avec A, ]a tendance
déroulent condnüment à nouveaux frais. ' '
versB' : il s'agit d'unel0/7pPe
onk/#eZZp
d# ma#z,aõa/z,qui est ici intuitivement

n ç='çi=:: ; n
mais être entouré de tendances qui sono analogues aux tendances propres
n aperçue,et qui est une forme rationnelle originelle. Si tel n'était pas le cas,
il n'y auraitaucunepossibilitéde fonder une théorie de I'expérience,et
cheque forme de motivation aurait un caractere circulaire. Je puis égale-
au souvenir. Le A entre ên scêne, et entre en scêne seion une perspective ment clari6ier pow moi, par analoge, le souvenir du passé et la fondation
semblable issue du passé, et selon une perspective de coexistence. causalequi y est afférente, et puas,je possêde, comme dons toute clarté
J'attends que cela continue semblablement.Je.p/ü en cela me remémo:.. authentique, une rationahté, j'ai de << clahes raisons >>.
[e prototype, i] surgit avec la conscience de I'analogíe et, dons la cona. Ou bien, cette clarté fMt défaut, et c'est pourquoi la thêse analogique
cience, <<cela me rappelle cela>> à titre d'a aáKO ; et <len vertu de est encore une thêse analogque. N'y a-t-il pas là une impossibilité
I'analogie )>,il continue également à se dérouler plus avant de façon sem- d'essence,que d'attendre B <<danales circonstances données par A >>,sons
blable Mais cela n'est pas nécessaire.ll est sunplementattendu]356], que les <(circonstances
>>soient des circonstancesmotivantes? Une
mais avec le caractere de la familiarité. Dons I'attente se loge un moment quente et, en général, une position de quelque chose de non donné ne
intentionnel,qui trouve son remplissementdonsles souvenirsde cas peut pas tombei du ciel. Elle doit être une attente << sur la base de>>.
analogues. Chequefondation, cheque motivation fondationnelJe, cheque position
Nous avons ici : l / la raison ; 2 /la genêse. J'attends .par aea'iWZ, d'une existence <(sur le fondement de >>renvoie (en quoi elle est une posi-
I'opere une posit:ion par analogie en tant que codonné, comme étant là tion de I'existence, une position de fMt) à une<<expérience antérieure >>,il
avec (et éventuellement p/ades processus d'attestation en tant qu'étant là, doit y avoir une appréhension analogtquequi reconduit le fondement du
que I'on peut en apporter la preuve), étant donné que I'ai donné pr®ter à. un posta
antérieurement, dons des enchaínements de cette sorte, dons des possibi- Cela semble fou, mais c'est pourtant la vérité simple. Simplement, il
lités réelles de cette sorte, quelque chose de semblable.Le <(étant donné )> ne faut pas interpréter ce .pmP/rfpour ainsi dirá comme une causalité,ce
est une fondation rationnelle et, réahsépleinement, il s'agit d'une intui- qui n'exclut pas que la causalité renvoie, dons ses formes complexes, à de
tion origineile, d'un arZ?originel de Zazaira#.Un premiar acte de la raison telles.paíánotivations. Comment <<naif )>,depuis cet êue-ensemble, la co-
est le souvenir intuitif(le souvenir en général est un acto stratiõé de la rai- appartenance? C'est la grande question. ll faudrait tout d'abord établir
son ; je veux dirá à présent que même une visée <(à vede >>possêde en tant simplement la chose suivante : des enchaínements d'attente, même hypo-
qu'acte de la raison une <<tenue», aussi quelconque soft-elle, et que toute thétiques dons le <<
si >>et le <(parce que... alors >>,sono nés consciemment,
<<
fode )>contient des éléments de raison), mais 'un acte de la raison est possêdent leur [357j genêse dons les enchaínements de I'expérience. lls
également de cette sorte : le souvenir renvoie au souvenir, ou bien, coné- possêdent en eux-mêmes, s'ils apparaissent sons souvenir clair, une
lativement, a rappelle Z'et motive sa coexistence. ll s'agit d'une fomte teneur intentionnelle qui renvoie au souvenir; leur existencedons la
synthétique originelle: constituée dons un acre originel, qui est ici un acte conscience n'est pas possible sons un souvenir <(correspondant >>qui soit
de souvenir,et qui détient un droit originel. Et, derechef:<(Danaun tel que naus puissionsmême prendre conscienceque cette teneur de
enchahement de souvenirsainsi constitué(rationnellement légitimé), il y conscience ne pourrait apparaitre si le souvenir était entiêrement
a eu un enchaínementde cette sorte A -- B qui était donné>>.
<<Cet A' rap' dépourvude toute légitimité, s'<il> n'était pas, dons son type, }ustifié.
pede,A, à tigre d'a aúEO, selon la colncidence de I'a azia avec I'axaZga#,
un B' appartient à A', et lui appartient en sus dons un enchaínement sem- 1. En latia donsle texte. /7Vd7:7
72 73
REDUCT10N INTERSUqECTIVE PRBMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

Quemque soit le point vers lequesje me dirige(et je me dirige bien vens


quelque chose)?cela doit attester une expénence passée.ll se peut que N'16
I'expérience soit une expérience illusoire (I'expérience passée), mais le
souvenu ne peut pas être totalement une expérience illusoire.
Une telle genêse n'est pas une genêse causale au seno des sciences de <LA SUHEC'l'lVITÊ NA'lURALÍSÉE ET LA SUBJEC'i'iVt'iÉ PURE,
la nature. Elle signifie simplement que la conscience présente de Cheque ET LES TOPES CORRELATIFS D'EXPERIENCE : LA RÉFLEXION PURE,
forme aperceptiverequiert une conscience.P.zxíá
dont la forme soit cor. L'EMPATHIE PROPREMENT DI'lB ET L'EMPATHIE IMPROPRE.

rélative. Tant que naus accomplissons une aperception quelconque, LA RÉDUC'HON TRANSCENDANTALE À L'nqTERSUBJECT:rVITÉ>
naus savons que la conscience passéene peut être perdue, qu'elle <<agit )> (i«'- 1920y
sw la conscience futwe dons le même flux égolque, qu'ene I'influence.
Mais on ne peut en dure paus. ll s'agit d'un a .pàan psychologique,
fondement de toute psychologie biologique, ne leur appartenant pour- ( Contetlti í> Investigaüons itlDovtatltes, wliêes les ílties atlx antros, concemant
tant pas mtrinsêquement, puisqu'eHe exclut ce qui est Spéciâlquement la doutrine & la Qbêre ori#nai# de I'expérietice et la tbé07ie de I'ell@athie.
humain, etc. DévehPpées
à tigre dejatidementPoKrçlaH©erla di#éreticeettM la sx:hf\ecüatê
Et, en ouve, i] y a ]à quelque chose de merveilleux : la légalité aprio- ç\amx&sêe etl tant qiie tbême d'une Roolo$e et d't+ne psDcbolo$e entendHes comme

rique de la genêse,le renvoi, à rebours, de chequemotivation expérien- :de:«« d: h namr., et d'«e PD.boh@e(p"""'ll') '"t'"d«e ""''"':' scx.'.'"
delle présente à la conscience passée, à laqueHe elle est ré&rée à tive àe YespfEt, ainsi qt+ed'Htie scietne de I'esPrit.
d'origine ontique, va de paio avec la naüo#.La conscience n'est pas un flux La distinction entre empathieà proprement parler et empathie
arbitraire de fâits qui pounaient, de façon contingente,être autres.La impropre est particuliêrement importante. Geü-ã e /e dwe rammf I'l@a/É/e
conscience antétieure motive des possibilités de la conscience ultérieure. apmel)üve passivo, commeconstit14üonde Pat+he.à tigre de pré-donnée, celle-h en tattt
'z.pàon,de sorte que la conscience ultérieure, pour autant qu'elle possêde q«ejotldement(commeje dis ici) qKi retidpossibk fonte socialité.: t'ipre qKaiment en et
au moins le caractere de I'aperception(de la thêse) empidque Uanscen- auec['at+tre(de$açoti partiçHliêremetit adiue), être qKasimetit]439] (]ffedé,pensei auec
dante, est nécessairement motivée, dana sa facticité, par une conscience IHi, agir auec It+i, etç. Dottaüon proPrement elite de I'aHtn, exPérietice epppatbiqHe pvo-
antérieure correspondente. Cette motivation a ]a propriété d'un acte de la pnment elite. Sinos, êgalement, beaacou+ de remarques isoléesitpQortantes sur l?être-
raison,la position motivée est une position rationnelle. Élucider I'origine obeülà pTopre«eentParler(isso de I'aperç@tioti), alors qHe la :Kbeçtiuité.con«ête ne
<< génétique >>,cela revient aussi à élucider la raison de la position donnée ; pewtfotlder aacntie apercq)üon poKr I'attitKde dirigÉeuers I' üQérietice origttiaire, pHts-
I'instance génétiquement fondatrice est aussi radonneHement fondatrice.
à ceci prós que le poids des fondements rationnels doit être dégagéde 1. Husserl remarque à propor du texte correspondant à ce numéro :.{( Prévu pour.le
Cours de 1920 sur I'étl)ique, réélaboté le 28 luin, mais naturellement pas lu. » Loas du semesue
façon clave et précise. d'été 1920. Husserl a fàit un Couro intitulé « Introduction à I'éthique »..Pendant ce Cours, il
Mais encore faut-il montrer que des aperceptions médiates, compli-
quées(à titre de motivations expérientielles systématiquement graduées),
si nous les clariâons pour nous et les attestons dês lors selon lew bens,
sciencesde a sature et les sciencesde I'esprit(94 pagessténographiées) porte la cite.A IV. 22.
doivent nécessairementrefléter les types d'enchainementde I'expérience Naus redonnonsdanaI'appendiceLIV [non traduit ici mêmel une pa'tie de cette digression,
antérieure, à« I'appréhension analogique >>desquels ils prennent généti- qui ne fut pas lue durant ie Couro. Rem. de I'éd.
quement leur source. Tout devient à présent compréhensible. 2. Inséré ultéúeurement : « primordiale >>.-- Rem. de I'éd.
74
75
RÉDUClloN INTERSUqE(:l'lVE PREMIERE pÉRIODE : 1905-1920

;?itzlza aa
}éueloppenents à prados dii paralhlisme.
=ottçlHsion : stmctKraüott des sdences.
i"«'''l
ce soft des systêmesd'organes sensoriels,d'organes tactiles, d'orgmes
vjsuels, etc. qui sedéplacent librement, qui, en dépit de toute I'expérience
physique, possêdent le caractere d'organes fonctionnels. Et on pourr=t
encore inüoduire beaucoup de choses, parmi lesquelles, par exemple, le
Eãitque ces da/nsensiblessont de leui: câté les supports de sentiments
:*:.a=s:=.:::=n=:;lT'"»''
.,.:!=ü!=u='tl, *'""'"*'
"',.
«
entendus comme des sensations de plaisir et de douleur ; que la chair, en
vertu de la particularité dont elle a I'exclusive, à savoir d'avoir une mobi-
lité libre, est un a«a#e au regard de la causalité psychophysique qui, pm-
tant de psychique, agit vers I'extérieur, dons le monde physique extérieur
.Vt . L' exl)érietice Ps)cboPhDsiqKeqHi col@wnd trois deg'és, à la chair.
alnsi qHe soft Covvélat: la p%re natHre déspiritKalisée, Néanmoins, nous avons déjà introduit quelque chose de nouveau.
ZOatitdes suyetsà ütre annexe>
Une vie égolque, une passivité et une activité égolques, la représentatton,
le sentiment, la volonté, etc., à titre d'états psychiques et d'actes égolques
spécifiques font partie de la chair. La vie éuangêre du corps .(Zz/óOet de
I'âme n'est objet d'expérienceque z,laI'expérience somatologique et psy-
chologique, laquelle présuppose de son câté I'expérience physique et, à
vrai dize, elle n;est objet d'expérience que dons la forme de I' ú?e/z@a/g/e
,»i
Assurément, celle-ci ne rend jamais accessible ce psychique éuanger dons
une perception véritable, mais elle possêdepourtant le cmactêre d'une co-
enence.L'être humain étranger,en tant que tout, fàit I'objet d'une
expérience, et n'est pas seulement quelque chose de pensé : sa vie psy-
chique, tout autant que son soubassement somatologtque, est cosaisi. Sons
ce type d'expéíiencearÜf#el&il n'y aurait pour nous ni semblables,ni ani-
maux dons le monde environnant.Nous saisissonsaussi ces types
d'expérience en les démantelant en tant qu'expériences puxes
Tout bien considéré, naus possédons dono, à tive de {<pune nature
déspirituahsée>>,1/ 1a nature physique et 2/ en eUe,z'ázles chairs qui
sont disperséesen elles, une nature ordonnancée somatologiquement, et
spéci6iquement psychique. Tout ce qui est propre à ces stades supérieurs
possêdeà présent un ordre spatial ainsi qu'une extension spatiale, qui
sont médiatiséspar les chairs physiques.
J'ai parlé de <<
nature déspidtuahsée>>; pourtant, il y a en elle, à tigre de
composante partielle, des êles humains, donc des sujets égolques, leurs

1. L'indication de contenu précédente date safesdoure de 1927. -- Rem. de I'éd. 1. Cf. p. 451 sq., la discussion plus précise des deux stades de I'empathie
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77
RÉDucTioN INTERsuqEcrl\n PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

ce vécu de I'expérience, qui vit dons la conscience expérientiene, qui


accompht dons cette vie une donation de sens sous le titre de la <<chair

üü::==T::====:L::=:==:==:L:.:n:
don est Plus élevée, etc. Ce moi n'est pas un être humain, i] n'est pas un
objet psychique et charnel, il est précisément un moi et riem d'auge, et sa
vie consciente est une vie consciente, un je-me-represente,)e-auge,]e-
veux, et rien d'nutre. ll s'agtt du sujet dons les expériences duques tour les
objets, tous les objets possibles ont acquis leur seis en général en tant
qu'objets existant en ce senopow.lui, et s'attestant continüment dons ses
expériences. Aussi ce moi est-il objet d'expérience pour lui-même,
[442] non pas dons une expérience psychophysique, mais dons I'expé.
= \ 2. L'e:©éTietne rWexiue duje-sóis» ríence'
' insigne du je-suis, une expérience que je puis pareiEement saisir à
mon tow dons une nouvelle réflexion, et de telJemaniêre que je recon-
nais que moi, le je-suis, me suis en cela saisi moi-même. Et je me saisis
dons cette expérience du <<je suis >>(percevant, pensant, ressentant, vou-
lant), non pas comme étant dais I'espaceet dons le temps ob-lectif: c'est
le monde entier, doté de ses formes que sont I'espace et le temps, qui est
objet dons mes expériencesdu monde, selon le caracterenorma de
I'expériencedont le seis est posé'

< Và. Le caradêw médias de I'expérietne ck soi-mime


en tant qu'êhe btimaiR, et laje-sóis étrangerwatts sa Tqleúon P re>

Mais ne puas-jepas pourtant fãire I'expérience de moi-même en tant


qu'être humain dons le monde? Et, derechef,je fãis bien I'expérience
d'hommes éuangers et, par là, d'auües moi ; aussi fMs-je I'expérience de
moi-même et des autres de façon objecdve. Assurément, répondé-le,
moi, le je-suis,je vis donsune perceptionexpérientiene,
et la chair
étrangêre s'y couvepour moi confomlément à son sens,elle y est

1. Cf. appendice <LVTIT>.


1. C'est là qu'a lieu, sur un made inexprimé, I'accomplissement de la réduction phénomé
2. 1] s'agit du moi uanscendantal de la vie transcendantale. nolo#que : c'est-à-dureque I'accomplis I'attitude réductive sana organisation méthodique
réflexive expresse.
78 79
RÉDU(:'nON INTERSUqE(:TIVE PREMIÊRE pÉR]ODE : 1905-1920

fique d'un type différent.

< \ 4.. 1..' connaiss«ce


dHje-sóisét'"ger
par I'intenfnédiaindePexpérietice animal(pgcbopbsiqHe)
Le caraçtên absolH de la prime de cottnaissance par el@atbie>

ma cbair.

Uuv, a u -- " t en accord avec cette aperception objec-


qu'aperception & re róale es , , .,. ..;.,. 1. '.
tive qu'ilr- accomplir de son câté, sous la fomle conélative de la
médiateté, en référence à sa chair et à sa vie psychique ; le même êue
tous
humain spatio-temporel nous est en cela .légttimement. donné à
'r"'
deux,entantquepurssu)ets ' . égolques.Etilenvademêmedecetroi-
. . . .. '...
siême être humain que nous reconnaissonstour deux êue un être
humain et, auparavant encore, de I'ensemble de la natura. Nous, en tant
que moi qui avonsconnaissance
I'un de I'auge par I'empadlie,nous
80

RÉDU(:TION tN'iBKSUqKC'laVE PREMIÊRE PÉRIODE : 1905-1920 81

L'expérience <<
pwe >>au seno de I'expérience <(naturelle» donne
I'expériencepsychophysique,
et elle est I'objet(le monde en tant que
domaine) des sciences de la sature.
L'expérience égoTqueabsolue est simplement I'auto-expérience du
moi de I'expérience. Y correspond Zpraxaí#m aóroZwde Za.prüede ra aàja re
par é/Pa/É/f. Qu'est-ce que cela sigmnie ?
Lorsque I'ai quelqu'un d'nutre en face de moi, il m'est donné dans
I'élémentde la donation de sensde I'expériencepsychophysique(ani-
male) que I'ai de lui. En tant qu'expérience, eHelégitime I'existence de la
chose physique qu'est la chair étrangêre, ou bien eHe en est la position
légidme, conformément au sons de cette expérience en tant qu'unité
d'expérience possible,<<Uanscendance>>identique dont la prétention est
constamment assígnéeà une expérience ouverte ultérieure. De la même
maniêre,I'existence de la corporéité charnelle somatologtque de I'nutre, et
de I'égolque en lui, fait d'une certame maniêre I'objet d'une expérience
sur un mode uanscendant. Â savoir, le coposé, le somatologíque étranger
et I'égolque de la sphêre égoíque spécinlquesont coposés sur le mode de
I'indiqué, de I'exprimé dons I'expression. ll s'agtt là d'une prétention
assignéeà une expérience ultérieure. Et, de plus, il y ressortit aussi un cer-
tain enchainementempidque(donc, aperceptif.donateur de sens)entre
le <<psychique)>et le physique, qui possêde son caractere propõe
d'ouverture, ses indéterminations ouvertes, lesquelles renvoient à des
expériencesultérieures. Or, qu'en est-il pourtant du ma/ zazZ@
é Z#i-máwe
?
11ne s'a@tPas d' Ktl moi cotistitKésar Hn madetratlscendant,mais d' Hn moi ittdiqKé
via ü an íre da ff de/'/edcuúa#.Le moi lui-même(le moi absolu)n'est pas
un moi <<constitué >>, et la vie égolqueoriginelle ne I'est pas paus(I'<<être
subjectif)> des da/a de sensations, des acres dons le tempo phénoménolo-
gtque est déjà un moi constitué, un moi constitué, non pas de la sphêre
objective, mais de la sphêre <<immanente )>).
de I'objectivadon empqueseondtun(polo égolque pur, mais du sujet(personne]) spidtuel et pul
[446] L'expérience psychophysique(anima]e) confere au moi, qu'elle
amêneà la donation sur le mode d'une indication origineUeissue de
I'expérience et, en ce seis, sur le mode particuher de I'indication, le sons
de quelque chose qui est indiqué à même la chore physique z'/ades événe-
ments; c'est à cela que tient le fãit que le moi est entrelacé à la chose et à
ses événements chosiques sur le mode d'une << causalité >>proprement
82
RED
UCHON IN'rERSUBJEC'lT\rE
PREMIÊRE pÉRIODE: 1905 1920
83

tif. nous avons alors encore I'ensemble du domaine de la motivation de


I'acte, de la causalité particuliêre de I'acte, qui appartient à un sulet agis-
sant et correspond au point centra] ]ui-même.(12uoique le moi entre dons
diverses ap"ceptions naturelles (externes) et internes (qui transcendent
I'empirie), celui-ci demeure pourtant quelque chore d'absolu. de donné
de íaçon absolument évidente dans I'autosaisie et, par ]à, d reste ]e noyau
d'un seno d'appréhension qui I'entoure, qui lui confere une certame
cmacténsttque transcendente, qui est à son tour une prétention transcen-
3E:,,==.:::!.':.:=1='===: dente, assignéeà I'enchaínement ouvert de I'expéliencei. La chore est
analogue dons I'empathie m /a/if a /axóü.

< \ G. La d014ble aUitade watts I'etl®atbie.


La réductiotiititers bleMueo

Je puas adopter en eUeune doxóZe


a//12bdr
:
l /D'une pare, je me situe iwr Z#10/ de /'ó:,pó'ne#rp.páW;@xe je pose le
monde spatio-temporel?Je pose cette chair physique et pose I'être psy-
chique en tant qu'il lui est empidquement' lié, mmme' coappartenant
emplnquement avecla chair par le biais de la causalitéempidque, ne Eã-
santréeHementqu'un avecelle. De même que Jepose la chair, en tant
qu'ellepossêdeun<(ensoi>>e
.i.;.... ..
' ' ' ''"''''
. . npmque,entantqueluiappartientunpsy-
chique correspondant, je pose le psychique et, par ]à, ]e moi de I'âme l;t
tant qu'il est conditionné par le charnel(et inversement).
2/,Dais I'auge finitude, I'être humain là-bas est à vrai dize, précisé- l
ment, I'être humain qui estlà-baspour moi, mais7eme.rií#eexrülllpemee/ .íwr
Z#la/ dpZz.palz#oepáh@g#f.paré:8@a/gü : je pose purement le' sujet égoklue
indiqué et sa vie, ainsi que sessenopositionnels en tant que sens poslüon-
84

RÉDU(xrON INIBRSUqECTl\n
PREMIERE PERIODE : 1905-1920
85

l
86

RÉDU(X[0N IN'lERSUqE(:T'lVE PREMIERE PERIODE : 1905-1920


87

ãS:lÜE:;==S=:'E;=
: ,: : égalementlà, et ne fãit qu'un avec I'autre. Rien n'est modi6lé par le fàt
que je pratique des sciencesde la natwe quelles qu'elles soient. La ques -
se pose seulement de savoir dons quel type d'expérience Je prends
positlon sur un made théoíique en tant que je' suiscelui qui a tel projet, à
uavers quelle expériencem'est donné un sol umtaire d'expérience; par
É=::=':a;:*:::m::,UJ=. consêquent, en tant que scienti6lque dont I'objet est la nature physique :
expénencedes choses.L'auge expérienceest naturellement aussi pré-
sente.Ma chair, la chair de chaquenutre, son moi sont là, et ma chair est
opérante, opérant en tant que percevante(c'est la fonction des orga-
nesdelaperception),etmon
. : . .. .
' '
ioi opere en tant que moi
''' ''''
qui fàt des expé-
nences, qui pense, etc. '
Certamesidéessont ici construiteset penséescomme si ces idées
directrices, comme I'idée d'une nature en soi, comme s'il n'y avut
là aucun sujet, comme si personne n'y était agissant, etc. En premier lieu,
il en résulte(également, d'un point de vue historique, à I'epoque
moderne) le positionnement théorique dons la nature physique en tant
que nature simple et, en second ]ieu, la science psychophysique de ]a
sature. Pour la premiêre, ce quaest en jeu, c'est la poursuite conséquente
desvérités, qui sont desvérités purement Physiques[451] et qui détemü.
nent objectivement la sature Physique dans son être-en-soi ; pour la
deuxiêmel I'enleu est la nature psychophysique, donc les animaux et les
hommes, la <<détermination objective )>de leur être psychophysique.
Tout d'abord : qu'est-ce dono, une chair, ou encore, comment se
détemline telle ou fede chair, que possêde-t-elleen teimes d'états char-
nels, en temles de propriétés charneHespermanentes?J'en viens ici à
I'appartenancedes champô.tactiles, etc. à'la chair physique, aux dépen-
dances des moments sensibles qui surgissent en elle à I'égard des événe- ri

ments de la nature charnelle Physique, à tous les enchaínements empiri-


ques ou bien situés dans la sphêre du milieu phénoménologique fat
d'événements physiques. ll convient naturellement de s'en tenor au bens
de l expérienceelle-même.Je ne possêdeune unlté apercepüveimmé-
diate dais la perception originelle proprement dite de ]a chair(cede de ma

F==n,== : : :':==:,:;;àiÊli
des événements Physiques charnels, dans les phénomênes de localisation.

l
88

RÉDUCnoN IN'rtRsuqE(:l'lVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 89

légitime ; il en va de même pour la couche des dépendances psychophysi-


ques:. ll faut ensuite prendre a.pàodconscience du fãit que la subjectivité
ne saurait pour autant être par là épuisée,pas plus que le moi lui-même et
sesacresvivants, le moi qui agit, qui accomplit des actes en un Bensspéci-
6ique.Ne pénêtre dons la nature que tout ce qui est<(réalisé >>. Je parle ici
d'une spirituahté <<réahsée)>: si I'acte est accompli, quelque chore est
alors<<réalisé>>
; il s'agit de quelque chose qui ressortit à la temporahté
immanente, puis qui constitue la dimension habituelle, etc.

<. \ %.Les limites dH paralLélisme ps)cbopbDsiqi4e


le caractereãê onçertant ã moi>

Si I'ai bien compris, on ne peut laisserle pmallélisme se déployer que


s'il y a dons la forme de la corporéité charnelle physique une couche de la
nature physique, daquelleest I'indication, sur un mode physique, de toute
<<
spidtuahté
réalisée
>>(etquicréeainsiune<<
expression
)>inconnue)
; le
parallélisme ne se déploie donc que si, sonsque les príncipes d'énergie ne
soient perturbés, des directions de la déchmge d'énergie peuvent toulours
à nouveau êtxepowsuivies et, par là, formei des événements physiques
nature[s dons [a typique et ]a particu]arité desqueHes ]e spiritue] s'annonce
dans sa causahté, qui empiête sur le physique(rét:roagissant sur les régula-
tions des multiplicités constituintes). En soi, la nature physique n'est pas
unlvoque [453]; elle n'est univoque qu'à titre de <<nature qui part à
I'abandon>>.En contemplantla natwe, on ne peut pas prédire à pmtir
d'elle-même,c'est-à-dureen suivant purement I'aperception natwelle, ce
qui va donner heu à une avancéedons la sphêre spéci6iquement spirituelle
du moi(dons le moi actif et le moi affectif). Seultout ce qui est sensible
est fermement ammé à la corporéité chmnelle(les /üza de sensations dons
leis champssensibles); et toute passivité,toute motivation passiveet
toute motivation active qui vire à la passivité, ainsi que sesrésultats à titre
d'habitus, possêdent leurs paraUêles,et si ces paraHêlesétaient connus, ils
pourraient égalementindiquer ce que I'activité a e#de spirituel. lls pour-

1. Cela fournit aussi des régulations associatives externes


91
90
RÉDUCT10N TN'lBRSUBJECTIVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

raient indiquei empiriquement comment se déploie précisémentun


déroulement d'aperceptions.empiriques, ainsi qu'une conclusion empi-
rique. Mais ce que fãit le moi(non pas ce qui se fomle passivement en lui
s'il ne fàt rien), on ne peut pas le déployer ainsi, celan'est pasempiáque-
ment prédessinéde cette maniêre(par des conclusions causalesempiri-
ques),et cela ne peut pas I'êüe. Je peux seulementle prédire en me pla-
çant sur ]e so] de ]a spiritualité, plus précisément, de tememaniêre que je
comprends par aprês que le moi étranger, indiqué de façon à vrai dize
empanque, est un moi.
Mais ce moi fãit pourtant I'objet, digais-je,d'une indication empi-
rique, puisqu'il convient de prendre en considération avec exactitude le
fàt que, à vrai dize,le moi s'inscrit dans I'aperception empirique(psycho-
physique)en tant que subjectivité égolquedotée d'un milieu spidtuel ; est
à prendre en considération le fMt que, pourtant, la question se pose de
savoir ce qui est I'objet d'une indication en étant réglé sur un mode psy-
chophysique,en en fàsant partie d'une maniêreréglée,laquellepré-
dessineI'horizon de façon typique, ce qui donc s'inseredonsI'aper-
ception empidque. Aussi ai-je alors, comme à propor de cheque apercep-
tion empirique, mes horizons ouverts, qui sont indéterminés et peuvent
être pausprécisémentdéterminésen vertu d'une structuretypique. l,h
I'analogisation de I'empathie, un moi doté de sa dimension subjective est
prédessiné,y comprasquelques déterminités qui sont indiquées sur le
modo de la détermination empirique. Ce qui, dons la corporéité charnelle,
dépasseles moments indicateursdu donné factual,par oü, si la chose
était connue, se manifesterait la spidtuahté, à savoir ce qui lui <(corres-
pond )>immédiatement, etc., seule une recherche scientifique portant su
I'expériencepeut nous I'enseigner.Mais ce n'est pourtant là qu'une
esquissepréalable conforme à I'expérience antérieure: de quel type elle
est, cela doit être évalué et, par là même, doit êüe évalué ce que
I'expériencepeut embrasserde I'esprit. Mais ne puas-jepas voar par
avance que, quemque soir ce qui est rattaché à la chair, [454] quel que soft
ce qui s'inscrit dons la rêgle des dépendances psychophysiques(des moti-
a
vations passivesdons lesquelles elles se constituent), le moi, pourtant, d',d'
n'est pas en ceia un fMt de cette sorte, bien plutât, il y est toulours <(pré-
1 . Tout cela n'est pas assez clair, et les lignes principales doivent êue retravaiUées-
supposé >> ; ne puis-Je pas, de la même.maniêre, voir que ce qui procede
92 93
RÉDU(:nON INlbRsuqEC'mn PREMIÊRE pÉRIODE: 1905 1920

< \ S> 1:'etlQatbie pvoPrement elite eH tant que source


i'Hn DPe jotldamental et piore d'e>périetice. El@atbie et re-souuenir

Tece est / /@a/g/f .pm@n?me / dlZ?,et aussi motivée par I'extérieur


qu'eUe soft, elle a pourtant en elle quelque chose de propõe'.

n)s :iH$il#
va de même si je suis en même temps un moi actuei qui vit dans le passé et

=;n:=;': !:=:f.== Ü::: IfH


passéne sont des objets, pour ainsi dure,même une <(image du souveM »,
voire I'objetd'une expétience ' ' ' ''' ''-- "'

8 n:i$
p;-c-" -..: .- .cequtpourrmtconduireàunerégressionà

Hg#!

i;lá.H:l:ãEIR:Ul$i: B %MllB Ü
en général, d'êles humains en général, etc
94

RÉDU(:TloN nçTKKsuUECTivE PREMIERE PERIODE : 1905-1920 95

sensationspropres, sur des modes d'appalitions propres des objets de


mon monde environnant, ÓJla réflexion sur moi-même dans le je-suis, et
: \ '\.b> Lz moi comme suyet d'acres et comme« stlbstatice>>
sur ce qui procede de mon moi en tant qu'acte,sur mon agir égolque,sw
mon être-affecté,sur ma maniêrede réagir, de me laisserdéterminer:). Le
psychologue en science de la nature possêde son champ dons I'enchai-
nement empidque entre la corporéité charneUeet le codonné: de la sub-
jectivité passive' [458], ainsi que dons les enchahements au sem de ]a sub-
lecüvitê.
Par aiUeurs, ce qui est prédonné dons I'empathie proprement dite que
I'éprouve à I'égmd du moi, de ses acteset de son bien, devient le thême
de I'expériencepersonnelleproprement date; c'est sur elle que repose
toute sciencede I'esprit en tant que sciencepersonnelleet sciencedes
ceuvres personnelles4.

< \ VL> CotlQbments: <.ma coQoréité cbameLh


en tant q14e
p'emigre donnéePs)cbopbsiqKe.E:>$1oratiotl,
en sciencede la natura, poHant snr PêtrebKmaiti,
it exploraüon« inteme» dessuyets>

" «..;:,l:.::Z:ZIZ"p" '"""'««:"?'*«« Mais, dons ce que I'ai écrit aupmavant,il y a pourtant des points
'" Z'"/ gw%"pánb«m .Ü, l:=Z=ãC'@aígÜ.p«p,, essentiels auxquels je n'ai pas renvoyés.
L'aperception naturelle, que nous nommons I'aperception de la
chose, I'expérience nat:urelle, constitue la chore en tant qu'unité causale
réejle
e

L'aperception de I'a#zma# constitue I'unité psychophysique de la


chair et de la subjectivité. Du câté de la subjectivité, nous avons la même
chore que ce que je trouve en réduction phénoménologtque dons la << per
ception interno >>: je trouve là le moi et mon flux des phénomênes situés

# En latin dons le texte. /:!\(d Z7


1. 0n a néanmoins besoin ici d'une terminologie correcte l
2. 1nséréultérieurement: <(sur un madepassif>>. Rem.de I'éd.
3. <<passive )>rayé ultéíieurement. -- Rem. de I'éd
4. Voilà qui est insufHísant.Nous n'avons ici que I'opposé : I'empirique sur un mode asso-
1. Celles de l hdication empirique passive.
ciatif ce qui est proprement essentiel,ses motivations, les acteségolques, etc., le moi en tant
que source,etc.
96
97
RÉDUCTION IN'ltRSUqE(:'l'lVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

à tour les degrés, des <<


vécus )>passifs et actifs, ou bien, de mes vécus et

..''
,===:g:':=.:=;=1.===.1:==,.:,:=
.;ÜIÊ!
< \ '1'5> ,44oHcüoti d'aches tlotes
<L'être de la snbeMuité eti tant qtl'êüe-en-soi et êm-PoKr-soi,
ptéalabb à PapercQtioti naturalisante de FenQatbie. Détev7ninatioti
de [a natKre et comprébetisionde ]a SHbjediuitê>

La nature physique est la couche infétieure du monde de I'expé-


rience : I'expérience est I'expression d'une connaissanceimmédiate et qui,
à vrai dure, se déroule sur un modo intuitif(dons la conscience de la cor-
poréité en chair et en os : de la perception). Les couches d'appréhension
sont démantelées,qui proviennent de toutes sortes de sentiments, en
I'occwrence. d'évaluations, de volitions.
D'un point de vue phénoménologque, il s'agit de la configwadon
inférieure de ['apercepdon objective, sur ]a base d'un matériau de sim-
ples affections sensibles.L'aperception opere sur le mode d'une associa-
uon passive(en tant que motivation), elle est facteul d'entrelacement.
D'nutre part, I'élémentde I'mbitraire, ou bien du <(je peux " correspon'
dant en font partie et, sur un mode développé, I'élément du <(je
bouge[460] les yeux, etc. >>subjectif. du <(je modifie )> kinesthésique, ce
qui fãit défaut dons des entrelacementsde sensationsfondés simplement
par associatton.
La nature <est> le royaume de I'aperception objective en général et,
au-dessus de la nature physique, s'édi6ie une nature psychophysique.
L'élément de I'arbitraire concerne ici à vrai durela chair, mais,d'une par,
le fãit que je puisse la toucher(me toucher moi-même, également toucher
un auge), pm quoi, alors, tel et tel ü/#m sensible se met en place ; d'autre
part, le fàit que je puissedéterminer I'nutre à produire arbitrairement des
énoncés: le puaslui adresserla parole, le peux me mettre sur son che-
min, etc. et )'observealors comment il se comporte, par quoi mon cons-
tar est naturellement d'ordre empata)ique.
L-a subiechuitê Ratnralisée est h stibjeMüité qHi s' est enHa#e watts i4tn apercQtion
o@er#pe. <<
Subjectivité»peut tout d'abord être entenduecomme le moi,
:á IE l F m .'=uE:UR=::flR
::: qui est le sulet d'aperceptionsobjectives, qui possêdedes aperceptions
I'éd. Inséré ultérieurement : « non pas selon une liaison associativeexterne, mais)>.- Rem.
1. 22 j\lh 1920
98
RÉDU(X10N INTERSUqECTIVE PREMIÊRE PERIODE : 1905-1920
99

objectives en tant que <(vécus )>. Par rapport à cela, une subjectivité
disons, moi-même, peut avoir des aperceptions objecdves, et c'est en prends, du café, etc Ma <(vie psychique)> est dons une Imge mesure
elles qu apparait la nature Physique ; en liaison avec elle, un autre moi et la dépendantede ma chair, et c'est égalementle casde ma subjectivitéen
=ie egoique, une auge <(âme )>peut apparaítre dans I'unité d'une apercep- général, qui comprend ainsi les aspects subjectifs et autres, et qui, naturel-
psychophysique : moi en tant que I'apparais objectivement de façon lement, ne se donde pas comme quelque chore d'<(objectif>>,mais
psychoPhysique. ' commema we et, en cela, comme mon stock de multiples appari-
üons, etc.
A examiner les choses de pausprós, la chore n'est pas, comme à pro-
pôs de I'aperception.purement Physique, un quelque chose de transcen- Ma vie psychiquepossêdeson unité de vie, mais elle n'est paspour
dant qui n'est consdtué que par I'aperception, et exclusivementpar eHe moi un <(objet)>'.Dons tous les cas,eHeest pour moi une unité donnée

l jlz iaT=Ei=:.;üü dons la réflexion, en tant qu'udté des phénomênesque je parcours dons
le souvenir; je puis en cela opérer des réflexions internes dans différentes
directions, m'abandonner dans le présent à telle ou telle excitation exté.
I'aperception d'eHe-même, et cette unité (qui en son êüe est l,'conscience rieure qui m'af6ecte, puas,à nouveau, réfléchir, mais jamais je n'accêde ]à
de son être) peut ' J)/!on n'être donnée pour un auge, pour ainsi dize paul ã mon âme comme à un « objet )>,et je ne veux par là en aucune maniêre
dize dé)à : comme un objet externe. Assurément, il est difâicile de déter-
[461] Tout d'abord, pour ce qui me concerne, dans la vision intérieure miner ce que cela sigmfie. Un ü/wm de sensationsest un objet dos, d

=''%E; 'U=a'iflâ
'l:t;:: ==:::=':;=1=: s'agit d'un étant, d'un objet immanent. Une chose est un objet, c'est un
étant,qui peut être détemiiné, substrat desprédicats qui lui reviennent de
Eaçonâxe ; seulement, le mode de donation qui est le sien est transcen-
r. l objectivité, comme c'est le cas de la nature), et I'ai là une
.L-. '. . d'apercepti
forme particuhêre . 'n, qui constttuepourmoi,''''' '' J - 'u w''
en tantqu'objet dant, il a un stock dê réserve,il est doté d'horizons indéterminés que ]e
remarquablede mon monde environnant subjectif. une chore physique n'ai pas simpleme.nt à exphciterz. Le subjectif.[462] saisi de façon interne
dotée d'appartenance sensorielle,etc., pm quoi ]es da/a des cha"J's de dons son unité universelle de vie, n'est ni I'un, ni I'nutre. ll n'est pas donné P - V

sensaüons ne sont pas non plus des unités consdtuées, mais des données de façon dose, dons une perception adéquate,femiée et ímmanente.
/mma e /?i. A cela s'ajoutent, se groupant paus avant 'autour d'elles des comme c'est le cas d'un zúz/#Msensible. ll ne peut pas, pm príncipe, être
relations issues de I'expérience entre mes senlíments, mes affects. mes donné ainsi. Aussi est-il donné de façon uanscendante. Mais il ne doit pas
assoctatlons,ma mémoke, le flottement de ma penséedisons lorsque je êüe donné comme I'est un objet chosique,de telle sorte que je pourrus,
comme cela ressortit au sens de la chose, voir aprês coup ce que )e pour-
rais, à y regarder de paus prós, amener à plus ample détemlinadon, etc.

1. 0bjet ne doit pas icí signifier déjà : un subsuat identique sur le plan intersubjectif.

Í
100 REDUCnoN IN'lERSUBJE(=r:rVE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 101

Assurément, il y a là aussi des difãcultés. Mais le zãz/#msensible est un elle est pour moi<<objet d'expérience>>',en tant que non-moi, en tant
objet temporel qui dure dons le temps immanent, il est identifiable sur un qu'elle est quelque chose dons mon monde environnant. Or donc, ce
mode individuel et dons son individualité comme étant le même à sa sujemétranger, étant donné que sa chair possêdeen soi des propriétés
peace temporelle, dons sa durée temporelle. ll en va de même pour I'objet expérientielles qui sont pour lui des propriétés externes et, à vrai dure, des
de la nature.Mais je ne suis pas pour moi-même un objet temporel, je dépâts de causalités externes, ce sujet est <objet d'expériences> relative-
possêdeun flux inâni de vécusdonsle tempsphénoménologique,
et ment à I'objet<( chair étrangêre >>.
même ce flux n'est pas un objet temporel femié, et celui-ci est déjà une Le sujet éuanger est <(connu )>en tant qu'objet<( z,ü I'expérience
transcendance particuliêre de la donnée'. Mais alors, un tel tempo transcendente )>, z,/a une indication dont la régulation est associative,
phénoménologique,entendu dons toute sa plénitude, n'est pourtant pas laquelle devient une indication par causalité(éprouvant la causalité à tra-
le sujet et la vie du sujet : il ne fàt qu'y appartenir en sus. Aussi le flux de vers une aperception). Le sujet étranger est à vrai dize un objet en tant
la conscience est-il une transcendance entiêrement propre:. Certes, le moi que sujet humain, ce qui revient à dize : il est e# iafz. Cependant, le sujet
et la vie égolque n'existent que sur le made de la primede conscience de
)
s01
1. Elle est une vie <<
nutre >>que <<la mienne >}et, par là, chacune acquiert un être-pour-soi
En tout cas, c'est là, avant toute chore, une différence : I'objet est oti dais une mise en relief réciproque ; se trouve donné le fondement d'une formation d'une unité
expérientiene,en I'occurrence, d'une aperception d'un nouveau tape.
gineUement
un non-moi(il n'est pasune subjectivitémonadique).Moi) 2. En tant que subjectivitéhumaine,la subjectivité est à vrai dureun objet, en soi ; cela
qui connais,c'est dans la réflexion que je me saisismoi-même oe suisun signifie qu'elle est telle pour cheque suÍet dont eUe est I'objet possible, pouvant face I'objet
d'expérienceet pouvant êue identi6léecomme identique par un nombre important et quel-
pele égolque), et je saisis ma vie dons son unité ; je ressaisisdes objets conque de sujets. Mais la subjectiüté humaine est précisément aussi une subjectiúté, et c'est en
comme étant différents(directement). Si je ressaisisma chair, je ressaisis cela que reside le fãt qu'elle est en soi et tour soi, et qu'eUe est ce qu'elle est pour elle-même.
un objet et, lui étant rapporté, des zãz/aimmanents qui possêdentà leur La chose est simplement un objet, I'objet est objet pour un sujet. L'homme est aussi objet, mais
q cet objet possêdeen lui-mêmeun sujetpow lequelil est objet : il s'agit d'un objet qui possêde
tour une objectivité et, en outre, je ressaisisdes composantes empiriques précisémentune intériorité, un moi. Mais,plus encore,chequeobjet renvoie à une subjecdvité
intrinsêquesde I'objet qu'est la chair, lesquellesne sont pas purement indétemlinéeou bien à une pluralité ouverte de subjectivitésen lesquellesil se constituí, et
celle-ci n'est en général pas un objet(ce qui serait un non-sons). L'objectivité humaine ne
objectives, mais à la bois objectives et subjectives; en d'autres termes reconduit pas seulement à une plurahté ouverte de sujets, mais aussi à un sujet précis parmi
elles déposent dons I'objet(dons la chait), à titre de propriétés, leurs tous, et ce sujet constituant estI'âme humaine elle-mêmedans son être-en-soi et son être-pour-
soi et, en cela,cela fãt paltie de cet être ipsélque qu'eHefosseI'expélience des choses et, pamú
influences sur ma vie psychique, sur les reladons empiriques qu'elle enfie
elles, de la chair elle-même pü une aperception propre, et qu'elle fosseI'expérience d'elle-même
tient avec elles. Compmé à mon intériorité, rien ne se dépose là dons le et de ses semblables,etc. -- dana son intégralité et avecces expériences,et ce, à titre d'âme de
meme seis. cette chair. Le moi se ressaisitlui-même donsla réflexion(interno), il fãit I'expédencede lui-
même dons une aperception objective(extérieurement), comme étant dépendant de sa chai!,
3est se%lemetlt
auecI'el@atbie qt4ejepossêde
k débutd't 7ieoheMuaüondela úe comme ne fàisant qu'un avec elle ; il fãit I'expérience externe d'autres êtres humains, à titre de
.Pgrúzg#e ; la chair étrangêreest appréhendéeen tant que chair, elle est moi propõe qui en fãt I'expérience objective à leur maniêre, en tant qu'êtres humains, etc. ;
intérieurement, il en fHt I'expérience en üvant dons une empathie interne. Moi, en tant qu'âme
I'indication]463] d'une vie égoiqueempiriquementassignéeà la chair d'une chair, le suis rapporté à une chore existente,à ma chair, je suis liée à elle en étant localisé
(dons une transcendance ressaisie sur un made réflexif. et dont le style est donsI'espace,membre du monde, du monde objectif. Mais tout ce monde objectif est un
indiqué). Cette vie égolque étrangêre est objective pour celui qui connaít, ç<phénomêne )>dons la subjecdvité pune, dans la mienne et dons cede des auues. Tout cela est
difGicileet merveiHeux,
et pourtantcompréhensible.
Si je pensetout celaà fond(naivement)
dais une atitude expérientielle objectivo, le monde et, e#Z#4toutes les âmes égolques, chacune
étant une vie propõe, existent avec des aperceptions prédessinées, effectives et possibles, et
1. Mais le monde entier n'est pas non plus un objet dansle temps,etc avec d'autres vécus. D'un point de vue transcendental, le monde y est posé de façon intention-
2. Mime la sature inâinie et le monde objectif en généralsont une transcendanceentiêre- nelle et ii peut êüe connu, et il s'agit en même temps de son être véritable. Dans la donation
ment propre, en comparaison avecla transcendmce des chores individuelles. salve du monde, les âmes sont des pal:desconstituantes. Mais si j'évalue cela de pausprós et si
102

RÉDU(:'nON INTERSUqE(:'l'lVE
PREMIÊRE PÉRIODE : 1905-1920
103

H4#g$Enns ::çu
1. 1nséré dtérieurement : e{Objectivée de façon intersubjecdve )>.-- Rem. de I'éd 1. <{r...] L'immersion danaJ'intétioriéiieur'lnenert pas que I'on pose une sature, Je puas
aussioperei une réducüon » a e.e ral: de associatif>>.-- Rem. de I'éd.
104 RÉDU(:nON IN'lERSUBJE(:TIVE

connaissanceexterne. La conversion de cette causahtéexterne en motiva-


tion, puis, alors seulement, I'ensemble de la motivation restante, conRre
déjà à I'âme une connaissanceinterne. ll est absurde <de> vouloir expli-
quei la conversion à la motivation t'fa la causalité. C'est précisément
I'essenceparticuliêre de la subjectivité que je connais à travers la raipP#. DEUXIÊME pÉRIODE 1921-1928
óe íla# de la motivation et la description des contenus eux-mêmes. Toute
connaissance causale, même la connaissance psychophysique, est seule-
ment I'index de la motivation et ne possêde qu'à ce titre une signiâcation
psychologique'
[138]
N'7
1. La suite se trouve à I'appendice L;Vlll <voir aussi I'appendice LIXA [non traduits ici
même, /qz/ 7].

À 'HTRE D'INTRODU(:'HON À LA DOCTRINE DE L'EMPATHIE


LA POSSIBILITA D'IMAGINAR D'AUTRES MOI L'UNIVERS
D'AUTRES SUJETS ÉGOÍQUES POSSBLES

(POURTANT INCOMPATTBLESLES UNS AVEC LES AUTRES)


1,24 LA TRANSPOSI'HON EN IMAGINA'HON DE MON MOT
<sans doure 1921>

<.CotltenK :> éualKation soigneHsede h l)ossibilité, poHr moi, de me tratl@oser


aillet+rsenimagnaüon et,jinalement,à noHueat+,
intenogationportant sur la maniêre
dotit üs moi qKej'imagine, qwi tte sotttPoH#atlt qtle mesmod$caüons,peHuetltPame-
nir à arie çon@ossibilitéet, par là, à une coexistence
possible.-- Tratisposttiotl en tma-
@natiotl & meti moi, de celKi qKeje Sóis, et ce qReI'onPeitt aPPrendn d s)stême des
autrespossibilités de mon mat, bsqKellessonodespossibilités bi#ées.-- Commetit ks
possibilités égotqHes,qHi, datasla trattQositioti en inla#ttaliott de mota moi, sontPar
cottséqnetit hcom4)ahbles selos Hti recoHtiremetttindiuidHel, peKuent-elas dwettir Hti
time de l)ossibilités copo)aübles ? Commetit Htn pl#ralité de SHyetségolqHes est-elle
bossible?
11est évident que, moi qui suis, et qui suis de façon évidente, I'murais
aussi pu êue auuement, vivre autrement, posséder d'autres objets à tive
d'objets du monde environnant, accomplir d'autres actes, manifestei
106
REDU(:110N IN'lBRSUBJE(:'laVE DEUXIÊME PÉRIODE : 1921-1928 107

d'auues uaits de caractere. Par le biais de cette transposition en imagina- possêdedons une présence originaire), que, au lieu de penser ou de vou-
tion de mon moi naít une indéfinité de moi concreta possibles(de mona- loir ceci, je pense ou veux nutre chore, là oü, derechef. la pensée est ma
des),et ceux-ci fonnent ici un systêmede possibilitésincompatibles S'il penséeoriginaire, dont I'ai consciencecomme une penséeen tant que
n y a qu'#/zexe Zeréahtéeffective, comme la mienne: moi, qui suis à pré- temeprésente. Ce qui est transposé en imagination est incompatible avec
sent effectivement là, et qui suis absolument indubitable, chequenutre ce qui est reçu comrne étant effectivement présent(comme existant de
réalité est une transposition en imagination, qui est attestée par la réalité façon immanente), les diversespossibilités, à tigre d'incompatibilités,
effective comme étant nécessairementnuUe. Toutes ces possíbihtés égol. sépmentles moi concrets possibles,mais les relient sous la forme de
quem,cespossibihtés de monades concrêtes se situent [139] dons des re]a- I'exclusion nécessairede I'être-effectif. pm quoi le moi coincide conHic
tions de recouvrement nécessake (il en va de même si I'imagine une sw- tueHement avec le moi.
rouge, puas, si I'imagine tout le systême des surfaces que I'obtiens, si Comment le conHit et cette cohcidence sono-ilsabohs,et la compati-

=:===:=:='1=:'= ! :1.i : : :l!==,==


ces possibilités incompatibles peuvent se rassembler de cette maniêre
bihté produite ? Mieux, si deux moi]140] sont séparés,chacun possêde
son existenceen soi et pour soi, et tous deux ne peuvent avoir aucun
vécu en commun. Mais, s'ils ne peuvent avoir aucun vécu en commun,
dons une unité de transformation, si je pense que chacune est distribuée
comment les mandes environnants qu'ils ont chacun constitués pour
dons un ordonnancement approprié, non pas sur I'ensemble de la durée
eux-mêmes, qui leur sont donc donnés dons des expériences multiples à
mais sur une phase de la durée). Et ce recouvrement est un recouvrement
tive d'unltés con6im)ées de façon conséquente, peuvent-ils êUe auUe-
de I'incompatibilité.
ment qu'entiêrement sépmés,c'est-à-dizeêtre des mondes environnants
« Un >>moi, une possibilité de cet:te sorte est en général et essentielle-
purement subjectifs ? Comment les chairs, de part et d'nutre, peuvent-
ment prêsentonginairementpour lui-même avectout ce qu'il vit. Son elles être réciproquement objets d'expérience,et comment les suÍets de
vecu antêneur est à nouveau originairement présent pour lui sous la pmt et d'nutre peuvent-ils alors, en outre, exister I'un pour I'nutre ?
fomle du souvenir rétrospectif. Pour cheque vécu(être tmmanent), I'êüe Nous pounions également proposer le développement suivant :
(I'êüe individuel doté de son site temporel individuel) coincide avec cheque moi ne I'est pas seulement, mais il est aussi pour lui-même un fãit
l être-présent au moi ou avec I'être-ayant-été-présent'au moi ; il est doté de I'ensemb]ede son substratvital, et i] possêdedes fàits qui se
I'identité de souvenirspossibles, en vertu de la présentation qui institue transcendent eux-mêmes en teimes d'unités constituées siennes,pour lui,
son existence. ll appardent à I'essence de cheque instance immanente de en tant qu'unités de sesexpériencespossibles, unités que nous nommons
ne pouvoir être présente deux bois dons deux présents sépmés.S'y rat- le monde environnant des choses. Gamme/ mo/ .pe#/.-l/exü/er.paxr ##
tache le fàit que cheque monade n'est présente origmairement qu'eUe- a #? ma/? Pm le biais du savoir? Mais un savoir légitime présuppose
même, n'est elle-même qu'en étant pour elle-même: cheque moi mona- I'expéúence.J'ai de moi-même une expériencede moi-même.J'ai égale-
dique est seulementen tant que moi-sujet de sesvécus,de son monde ment une expériencedes choses.Comment puis-je sur cette base avoir
environnant, de ses affections et de ses acdons.
une expérience médiate et un savoir des autres moi, lesquels ne sont pas
Un moi n'estpour lui:même que donsla fomnedu ólZgíío,
à titre de pow moi, aPnad, des objets effectifs d'expérience possible, à savoir, ne
íuEiíode cet qgaet, s'il y a deux moi, I'un ne peut être donné pour I'autre peuvent être donnés de façon originale en tant que moi(de façon pré
sous cette forme, la vie de I'un ne peut être présentée ou représentée sente puis remémorée) ? Un moi est là pour moi : cela signiâe nécessaire-
(remémorée) pour .I'nutre. Si je me transpose en imaginadon, dors ment aussique son monde envifonnant, objet d'expérienceet d'expé-
j'unagine que, à la peacede ce que je vis effectivement, un nutre le vit(le rience possible, est là pour moi. Mais la même chore qui est constituée
109
108 RÉDU(=TiON INTERSUqE(:'l'lVE DEUXiÊME pÉRIODE : 1921-1928

pour lui, I'auge, peut-elle aussiêtre constituée pour moi? Si cette identité
demeure, il faudrait qu'elle puisse être connue, mais comment peut-elle Appendice XVlll
I'êue sonsque celui qui connait ait donné comme étant ainsi constituésle
<LA TRANSPOSITION EN IMAGINATION DE MON FLUX
monde environnant constitué dons I'un des moi fãsant expétience et
ce[ui qui est constitué dana ]'nutre, c'est-à-dure sans qu'i] ait par consé- DE CONSCTENCE
ET LA POSS]BILTTÉ
D'UNE PLURALI'lÉ DE MOl>
quent I'expérience de I'un et de I'nutre moi et de leurs vécus, de ses expé- (sons doute 1921)
rienceset desunités qui y soft objets d'expérience?Un üoisiême moi de
ce type présuppose déjà la solution du problême que nous cherchons en
ce moment à résoudre. Si nous fãsons colncider ce troisiême moi avec [143]
I'un des deux, la question se pose de savoir comment un moi peut
<.Contetlü > liaisons dotlt h léHalité est essenüelle,q14ifontParüe & la qKes-
s'assurerdu monde environnant de I'nutre et le trouver identique au sien,
safesdevenir au préalable le bien de I'auge. üoti & la tranQosiüoti etl imagjtiaüon de mon JIHX de consdence,7espeMuemetit,
leis
d'esseHçede h coexistetiçe et de la s ccessiot: ü uécHS(soKuettirs, rétm4'ectto T, 'Taxi'
En dehors d'une expérience directe de I'nutre, par príncipe impos-
sible, qu'est-ce qui peut m'en donner une expérience indirecte ? rlaüotls 1), qtii deuraietitPo uoirjaiw parte de ['titiité d'Htt .PHX de pécKS.Problêmes
L'expérience est soit un vécu originairement autodonateur,soit un vécu jondameRtaKX de la ücMtie .ies boriqotis. Si les bonRons dois'ent ê#e aPwps comme
des yéms détenllzitlés- il tt'J a entre eHX anc n çon#it à proprementParbr, etc.
codonateur doté d'un vécu autodonateur. ll y a, soir présentation]141]
directe, soit apprésentation.Peut-on imaginer une apprésentationdont Probbme : en çbaque lied de son.Pgx de uéc s, cbaqwemoiPetlt s'ima@tiertoKS les

I'objet soit un nutre moi? De quoi pourrait avoir I'air une apprésentation uémspossibles : on peat se trattQoser eti ima@nation dons Hti vém qwelcotlqHe.
de ce type ? [14q ll semble donc que le problême à prendre en considération soft
Je vois bien que ce mode de considération n'offre pas un résultat cor- de savoir dons quelle mesure ce qui survient de façon continue, successi-
lect. ll conuietit toKt d'adora de présenter directemewt Fopéraüotl de I'enOatbie et, vement dons le flux est fortuit. Et I'ensemble du flux individuel est pour'
3nst+ite,iLjai4drait évaLKerwatts qKeLLe
mesura cede aPPrésetltation, talk qu'eLle est tant un fãit, en dépit de la motivation qui traverseI'unité du flux. Aussi
e$ectt4ée,
comQondà FtlniqHePossibilitêPour qu'ttn autnPwisseeústerpour an atltn, tout ce qui est hy]étique est-i] par exemple fort:uit: il peut être motive
et, ne fãisant qu'un avec cela, pour que son monde environnant puisse être pat la conscienceantérieureet son substrat hylétique précédent Mais
identiâíable avec le mien, pour que drive aussi se constituem,en sus de peut-on dirá des da/a hylétiques eux-mêmes que cette moüvatlon
I'apprésentation
d'un moi étrangeret de I'originedu conceptaZZ?r,
une doxique n'est jamais une motivation nécessaire,qui seratt caractênsee
natwe commune, un espaceidentique doté de chosesidentiques. le fãit que la teneur essentielledes lapa antérieurs de temps serait,
dons I'unité de la consécution, incompatible avec la teneur essentielle du
lapa de temps suivant ?
Ou bien, mieux encore,peut-on dize que ce qui suit est une loi origi-
naire du flux des vécus et de son temps immanent?' Des incompatibihtés
concrêteset qui touchent à I'essencesonodes incompatibilités de la l
coexistence(de I'êt:re-en-même-tempo).Cheque portion du flux de cons-

1. Une telle loi otiginaire a-t-il une vabdité? Cf. la réponseplus loin
110
RÉDUCTION ÍN'iBKSUqECTiVZ DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 lll

mêmemoment, verte, ou encore un son élevé comme étant, au même


moment, fãible (dons une coexistence de durée), de même, nous ne pou-
vons pas non paus,dons une succession,imaginer un segment du flux sons
une certame unpression, si nous nous représentons pour commencer un
segment adjacent accompagné d'une reproduction correspondante.
Le premier conflit, I'incompatibilité dons la coexistence, se trans-
forme en compatibilité si nous transfomaonsle vert et le rouge en une
successionet, à vrai dize, puisqu'il s'agit de la même étendue lorsque
I'étendue verte devient une étendue rouge ; la question se pose alors de
savoir s'il faut que le devenir soit un devenir constant, ou bien s'il peut y
avoir un saut effectivement discret, ou encore s'il ne s'agtt pas d'une
simple idée-limite, qui reste elle-même exclue.
Cette derniêre incompatibilité se transfomie en compatibilité si nous
insérons quelque part dons le segment vede de I'impression correspon-
dente une impression de cette sorte, avec la pensée qu'il s'agir de modifier
ce segment par ]a pensée.Mais, même auparavant, la modiâlcadon n'était
que mentale. Nous pouvons teus autant que norassommes penser nutre
ment mentalement ; naus mettons la chose en place dui'ant le conflit.
11tt'J a doncl)as de loi origtttaiw de ce qHi a été mis en phce an préalable. E.n
cheque lieu et en cheque segment de mon flux de vécus, je peux intérieu-
rement m'lmaginer <<toutes les chosespossibles>>,mais cela ne veut pas
düe que, effectivement ÓnaZhr9, tout y est possible, à savoir, en ayant
égard à ce qui, dons le flux, précêde et suis. Mais, que veut donc dize
<<
toutes les choses possibles >>?TI y a donc des possibilités <<mentales >>,
desreprésentations possibles en soi, préalablement à la question de savoir
s'il y a des possibilités dons I'enchaínement umtaire d'un flux(de la possi-
bilité réelle). Nous pmlons de possibilités de cette sorte dons les cas'habi-
tuels oü des objets ou des processus, etc. peuvent être exphqués comme
étant possibles(puisque toutes les évaluations de cette sorte ne valent pas
simplement pour le temps interne, mais aussi pour le temos objectif) .
Tout ce qui peut être représenté
de façon intuitive(ce qui peut être
quasimentperçu) est <(possible )>,quoique la représentation puisse setrou-
ver en conflit avec une expérienceactuelle : il est impossible que ce qui
entreen conflit soit là en même tempo,mais chequepalXiedu conflit est
pour elle-même possible. Ainsi, cheque successionque I'on se représente
112
RÉDUCnON INTERSUqE(:T'lVE
DEUXIÊME PERIODE : 1921-1928
113

'4 K;llE;===.==$:
: :.=uf,i=n=:=s:tí
:i«"
114
REDUC'nON IN'lBRSUqE(:TIVE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 115

être concordant jusqu'à un moment critique choisi, et énonce son ega


iwm se découvre plus avant toujours en tant qu'étant évidemment le
même, tant que la concordance [148] est suf6lsante.Mais, à partir d'un
certain seuil, le moi demeure le même moi en chacune des ramiHcations
de la possibihté idéale : il demeure numériquement le même. Mais le moi
qui a vécu auparavantjusqu'à ce seui],peut, aprêsqu'i] se soft développé
le long de I'une de ceshgnes, et qu'il dose: je suis le même, mais j'ai entre
:l=1=':=::1=.:==:=.:='==:'!:==f'--...«Ó ;;H temps continué à me développer de telle ou telle maniêre, peut simple-
ment dize : I'muraispu antérieurement, à partir de ce seuil, me développer
11faut toulours prendre en considération la différence entre la trens.
enfie temps autrement,par exempled'aprês telle ou tece ligne. Si tel
l .''"Z==W:==.:=i= 1::::Xli'':t==lt seuil plutât que tel auge était autrefois apparu, cela aurait produit en moi
des conséquencesd'un nutre tape, et ]e sereis devenu tel ou tel auge.
d'arriêre-planalides), et la transposition' en imagination complêtement Pour cheque développementindividuel, des ca.r2i?@/á'xí
se produisent, à
expli.cite, qui seule atteste le bens global, la teneur et le subsuat des
possibilités. savoir des événementsqui, donsle ílux de vécus de I'individu pais
purementpour lui-même,auraientpu être tout à fàit différents.Et,
d'une maniêre générale, tout possêde ses répercussions propres, et
[dentité dK moi et ks di#ênntes possibilités de I'êtn-aHtre.
détermine par conséquent le développement. Tout ce qui, conscient et
IK déoelQpemetit dt+ moi
<<
inconscient)>,est déterminant quant à I'évolution dons la sphêre psy-
chique inférieure et supérieure, voilà un champ de problêmes des plus
Je peux me modiâer en penséeet modiâer en penséemon flux unportants.
vivant un nombre indéâniment multiple de.bois.Mais, quand puis-je y
conservei une repr-fsentation concordante de moi, et quand est-ce un
La dissolHüott de la réalité e#ectiiie d' Hn moi
recouvrement conflictuel, entaché d'absurdités, et quand le même moi par la trattQositiovl en ima@naüott de ce mime moi
n'"t-ü d'" que le «ien «ü le «cou««ment condctuei i.#/ ,'á, ZoÜ selosdespossibilitésmnltipks
Z'eíTe#cr
d?/'a#í#z/'## ma/ ef dz ía#Wxx zü ra Jàp r?,' en font parte en sus les (despossibilités iticoti©aübles bs i4tiesavesles antas)
boisdu développement,de la reproduction, etc. D'aprês cela un moi et
En tout cas,il y a des lois d'essencepour le devenir d'un moi, et pour
son flux peuvent emprunter différents chemins de développement à par-
le contenu d'une vie égoíque umtaire. S'y rattachant de prós, il y a des lois
iu crua polnt, et ce moi peut être touché par diversessensations,r
détemlinent à partir de là son expérience. Si nous suivons ces d =FEéreíll::s d'essencepour les .poli/óx&2úd'une vie égolque unitaire, I'a .pdaú de
lignes, nous acquérons à Chequebois un moi concordant, et il est en I'unicité, et des bois d'essence d'une unicité de cette sorte pour tous les
degréset les couches d'enchaínementstemporels. l)ês que ce qui a été
même temps évident que le même moi, qui se trouve en tant que moi
pensé de façon unitaire du fãit du conõit se décompose, nous n'avons
Pausun moi unitaire, mais plusieurs moi en recouvrement conHictuel.
pour lequel chacun doit être considérédons une sphêre vécue de la
:i l ;==ã=B==BH:=u'nns concordance : un moi peut si I'auge moi n'existe pas. Cheque mimehors
jeu du moi qui est à I'origine du conHit donne lieu à un moi concordant,
116

RÉDU(XION nqlERSUqECTl\n
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928
117

Par aillewts, la possilÜlité de l)IHsieKrs moi

i:lul@llz'=::;ui:'â
=:=H'B,,
E''n"'Po" moi,j'an«i,PK «.e motive;» '

[150]
S Pplémetit 4ds co P

4 propôs de h cloçMttedes boviqons et des T@dsenlaüotts


d prol)nmetltparler pides.ll n'J a pas decon$t
ettM de siriQles boriqotts, ils fusionttent eti boriRotts aPParettts, etc.

1. De nombreuses possibilités de mon moi.


118
RÉDU(XTON iNrEKsuqK(xrvt DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928
119

Mais il faut clarifier cela plus soigneusementet pausproprement.

Les coKches datas I'édyicaüon dt+ jlKX de la cottsdence.

Cottcbe de la natKn, concbede la Qiriti4alité la plKS éhuée.


:-a tranQosiüon en imagitiaüon watts la couçbede la natnre.
attisi q«e datash coacbela plKS éleuée

Aussi la transpositionen imaghation d'une chore sensibleet de


la chore réelle ne concerne-t-ellepas en même temps le moi per-
121
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928
120 REDU(:HONIN'ltRSUBJECTIVE

[400]
sonnel dons son substrat spéci6iquement personnel, ou bien, en tout cas,
N'21
il y a là une indépendance relative. Mais il faut aussi considérer cela de
paus prós.
LA RÉDUCTION PHÉNOMÉNOLOGIQUEÀ L:'4L7ZR EGO
ET À L'INTERSUBIECTTVITÉ. <LE LIEN SOCIAL
ET INSTINCTIF DESSU)ETS,
Appendice XXll
EN TANT QU'UNI'rÉ PUIUMENT SUBJE(]'TVE
DONS L'EXPERIENCE PUREMENT PSYCHOLOGIQUE>l
À PROPOS
DE LA TRANSPOS]TION
EN IN{AGINA'HON
DE MON MOI
<se rattachantau texte du numéro précédent,
(milieu des années 1920)
data du 10 janvier 1927>

[160]

Etant parvenuslà oü nous sommesà présent,il faut être prudent.


Assurément, ce n'est pas comme si des transpositions en imagination de
mon moi, au moyen desquelles je pourrais recevoir d'autres moi concrets,
précédaient et pouvaient précéder I'empathie.
Transposer en imagination n'importe quelJeportion de ma vie, est-ce
que cela produit dé)à le moi, à la place de ce moi que je suis, comme si
j'étais un nutre moi? ll faudrait bien que, par conséquent,je <(pense à
fond >>cette portion de 6lction.
Si les autres me sont dé)à donnés, I'acquiers assurément pour cheque
nutre ne serait-cequ'une pente portion d'être personnel dons la vie per-
sonnelle ; I'acquiers aussi un hotizon d'être, indé6iniment ouveft et
accompagné de pulsations vitales inconnues, etc., qui possêdent toujours
le mode <<nutre >>.
Mais si les autresme sont de fàit donnés et, pm là, à titre de possibili
tés, je puis alors me transposeren imagination, etc.
Par ailleurs, si I'une des motivations résulte de I'empadlie, et peut être
une motivation essentielle,on veut durepar là que, ce que I'acquiers
moyennant la transposition en imagination, ce ne serait pas un systême
de puxes possibihtés, qui sont en elles-mêmes puxes. Ce sont peut-être là
H$$$h:ll :H $
des pensées qui valent la peine d'êue méditées.
ú,=:::#:= =Tn:fq{,ÇS;;'!ígsL:TE:-". '. '',--.-«.. -"
123
RÉDU(:TIONINTERSUBJECTIVE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928
122

essencereprésentationnelletout d'abord três indéterminéedevient de


paus en plus patfãite et, au cours de ce processus, I'atteins aussi,de façon
tou[ows p[us parfãite, saÍ401] sub]ectivité pune à titre de thême consé-
quent, et ce, seus réduction phénoménologique constante. (Ultérieure-
ment, je üre beaucoup de profit de la connaissance de I'éUanger en vue
de la connaissance que I'ai de moi-même.) Si je pense ainsi par rapport à
I'ensemble du monde animal tel qu'il se déroule, le possêdedons
I'expérience pure exclusivement ses sujets purs et, de même, je ne pos'
sêde pas moins chacun de ceux qui considêrent tous les hommes et les
animaux suivant la même méthode.
Pourtant, les hommes et, dons une moindre mesure, les animaux ne
vivent pas simplementisolés : ils ont une vie íaaüZe.
Toute sociahtéselaisse
eUe-même thématiser sous le point de vue de I'expérience purement sub
jective, et elle fournit en cela davantage qu'une simple somme de puas
sujets isolés. Du sem de mon attitude exclusivement dirigée vers le pwe-
ment subjectif, je ne pose pas seulement mon sujet pw paul moi-même,
mais aussi les sujets éuangers avec lesquels I'ai hé amitié, avec lesquels i'ai
constitué une association, avec lesquels je suis hé socialement en tant que
nous sommes teus citoyens, etc. ; dons la mesure oü ils sono là pour moi en
tant que sujets et, étant réduits, en tant que puré sulets, ils sont avec moi
cela fàt manifestement partie de la socialité -- unis à moi à travers des
relations conscientes,et celles-ci sont également, moyennant la réduction
phénoménologique,réduites à des relations purement subjectives.Si je
m'engagevis-à-vis d'un autle à réahsertour lui quelque chose qui a fàit
I'objet d'un souhaitde sa part ou d'une exigenceintérieurede ma part;
I'engagement en question íhit panie, en tant qu'il s'agit d'un acte égolque
qui est mien, de ma subjectivité et, réduite phénoménologiquement, de ma
subjectivité pune.Natuurellement,il en va de même de la tendance volon-
take habitueHe qui procede de cet acte, il en va de même de ma décision
même que la consciencequ'il a que je suis et que je reprends a mon
durable jusqu'à nouvel ordre, qui s'exerce dons tel ou tel nouvel acte, à
savoir dons ces actes oü I'action considérée est délibérément par moi compre savolonté et I'accomplis est une relation réciproque qui passe de
lui à moi.
assumée. Fait naturellement également partie de ma subject:ivité pune la
conscience que I'nutre se trouve bien là dons tel ou tel enchaínement
objectif, qu'il se rapporte de son câté à moi-même de façon consciente, 1. Qui m'apparait, qui se présente en moi sw un modo égologique -- c'est trop vate dit.
qu'il pose une exigence correspondente vis-à-vis de moi.
125
124 REDU(:TION INTERSUHEC'l'lVE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928

Le ]ien social se constitue par conséquent dans des actes qui passent
de I'un à I'autre sur le mode d'un va-et-vient, actes que moi-même et
I'nutre portons à I'unité dons le cadre d'une action réciproque, qui,
<comme> les actes subjectifs individuels, passent consciemment de I'«a
à I'a#pr«o et serecouvrent en empiétantI'un sur I'nutre.Ma volonté est
consciemment en même temps dons la volonté de I'nutre, et inversement.
C'est paniculiêrement clair dons I'exemple de I'instauration d'une relation
maítre-serviteur. Le serviteur ne se tient pas seulement dans son quant-à-
soi, fãisant telle et telle chose et, à son tow, le maít:rene se tient pas dons
son quant-à-soi, ayant en lui-même un souhait et une volonté de fàire
telle ou telle chose, et de le voir fãit par un nutre. Non : au lieu d'une lux
taposition, nous avons affaire à une inuication de la ]403] socialité, qui
fàt à I'évidence partie du sens des termes« maitre )>et <(serviteur )>qui
I'expriment. L'action du serviteur n'est pas une action isolée et simple-
ment privée, mais une action dons la conscience de I'accomplissement de
I'exigencevolontaire de son maítre ; I'ordre du maitre est une volonté qui
se projette à I'intérieur de la subjectivité du serviteur et, étant accomplie
pm le serviteuf, il s'agit d'une volonté qui va effecdvement au but. Mais
cette situation est connue de part et d'nutre paul le maitre et le servitew.
Aussi le maitre dit-il três justement en considérant I'action du serviteur :
telle est ma volonté. Et inversement, le serviteur dit : teve est la volonté
de mon maítre. .Ainsi, dans une socialité donnée, une subjectivité s'avance
au-delad'elle-mêmeà I'intérieur d'une nutre subjectivité: la vie indivi-
duelle du sujet ne reste pas en eHe-mêmemais se trouve liée consciem
ment et dons une certitude expétientielle à cede d'un nutre, par quoi des
actes corrélatifs se rapportant réciproquement I'un à I'nutre y sont affé-
rents pour chacun. Naus pouvons aussi dize la chose suivante : dês que
11 I'expérience intersubjective, qui se déroule dons ma subjectivité pune, a
jeté un pont entre moi et I'nutre qui existe à présent pour moi, et dês que,
en lui, une expérienceconsciente,en miroir, a jeté un pont vensmoi, dês
ce moment-là, ne fãisant à présent tous les deux plus qu'un, nous n'avons
pas seulement connaissance I'un de I'nutre, mais naus nous connaissons
aussi en tant que, nous connaissant I'un I'nutre réciproquement, dês ce
moment, des actesde toute sorte, mentaux, d'amour, de haine, de sou-
hait, de volonté, etc. entrent en scêneen naus liant réciproquement I'un à
126
RÉDUCUON INIBRSUqECTrvE DEUXIÊME pÉRIODE: 1921-1928 127

ne dévoile son intersubjectivité essentielle qu'en s'accomplissant. En cela,


il faut prendre garde au fãt que cette passivité fàt eUe-même paJ:tiedu
cadre de la pune subjectivité et peut être explorée en tant que telle sous
réduction phénoménologique.
En outre, je voudrais encore indiquer que tout rassemblementinter-
subjectif est certes un ensemble de sujets, d'une certame maniêre une
subjectivité composée de sujets individuels -- de la même maniêre qu'un
ensemble physique est ## objet physique, composé d'objets physiques qui
en soft les parties. Mais, d'auge part, toute intersubjectivité n'est pas une
personnahté composée de personnes individuelles. Exprimé pausprécisé-
ment : cette cenüatlon égolque qui est propõe au sujet individuel peut
(mais ne doit pas) posséder un a aáEa effectif dons I'intersubjectivité
dont [a formation est communautaire. ]] conviendrait de ne par]er d'une
personnalité sociale que si nous pouvons, à café des sujets individuels,
puler aussid'une sorte de centration égolque et d'une habitualité subsis
tente de la communauté centxée.Une association, une humanité citadine,
uniâée par le gouvernement de la vice, un peuple dons un État, uniíié
moyennant une Constitution et un gouvernement unitaires, voilà des
exemples de personnahtés de rang supérieur. Car, en un seis effectif et
non paspour ainsi dize impropre, une volonté étatique fãt partie de I'Etat
ou, mieux, du peuple dons I'Etat,[406] distincte de cheque vo]onté indivi-
duelle des citoyens, et cette volonté étatique est une otientation sociale
permanente de la volonté et, somme toute, une orientation de I'acte, se
déployant effectivement sur le mode d'un óaó//wíet, centré égolquement,
de façon analogique au moi individuel. L'État est d'une certame maniêre
un moi étatique. Mais, dons une société dont ]es ]iens sont lâches, pm
exemple dons une société de danse, une telle personnahté surplombante
fMt défaut, et il en va de même des bens provisoires qui se créent dons le
cadred'une action et d'une opération commerciales,ou bien dons le cas
d'une opinion fàsant I'unanimité,d'une sympathieconcertée,etc.,
quoique le <<nous >>,mais précisément de façon momentanée, indique un
processus d'égolcisation.
Dons I'altitude oü nous considéronsle monde seus un angle pure-
ment objectif et concret, nous avons obtenu la structure universelle du
monde qu'est la nature, selon une attitude naturelle abstraite. Dons
128

RÉDU(TIONIN
ERSUBJEC'l'rvE
I'attitude absuaite DEUXIÊ=
l.b l ERIODE : 1921-1928

129
130
RÉDU(;nON INTBRsuHE(:rTVE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 131

Appendice Llll

<IMMANENCE ET TRANSCENDANCE DONS LA SPHÊRE ORIGINALE


coMMENT LA TRANSCENDANCEvÉR]TABLE ET AUTnKNTiQun,
LA TRANSCENI)ANCE iNTKRSUBJECTiVE, EST ELLE POSSIBLE?>
(à propos des Cours de janvier et de février 1927)

[439]

Nous avons discuté des modalités.


Dons la sphêre originale. La chair et les choses externes, le moi dons
sesaffectivités et ses activités. Le moi fàt des expériences ; des objets
apparaissent dons son champ de perception, affectent le moi, at:tirent son
at:tention ; le moi se tourne vers eux : un plaisir naít, pour ainsi dure en
veMi d'un affect qu'exerce la chore sur un plan esthétique; ou bien, le
souvenir revient d'un regmd différent, pardculiêrement beau, que I'ai
porto sw les chores,[440] lequel n'a pourtant pas directement à voir avec
I'attention : par exemple, lorsque le regmd seporte sur une montagne, on
se souvient du point de vue qu'il offre, lequel exige néanmoins de grun-
per au sommet, etc. Un certain nombre d'activités sont par conséquent
requises. De même pour les activités qui reconíigurent les choses. Toutes
Avant que nous poursuiwons avec ces idées et que naus amenions les activités et les orientations de I'intérêt extrêmement multiples qu'un
par ]à l ensemble de la üéorie des Structures du monde de I'expérience moi peut exerceret mettre en action tombent par conséquentdons le
pune â un niveau supérieur, il nous faut encore compléter et pmfãire cette domaine de I'expérience originale, de ce qui est spéciâquement égolque.
Les acteségolquesde I'évaluationet de la volonté font également
apparaítre les différences, ou bien les différences analogues de certitude,
ainsi que leurs modalités. Des certitudes qui posent des valeurs, le proces-
sus d'évaluation par lequel s'instaure le doute, le biffage par lequel est
posée une valeur. La certitude délibérée, le vouloir résolu, le processus par
lequel s'instaure le doute dons le vouloir, le fãit d'être en accord avec une
décision, d'être en safaveur prole davantage que I'abolition de la volonté.
Z)ei ar/eí.Po.r/üa##e4
une consciencepositionnelle et une conscience
#exM. En fàit partie tout le domaine de I'imagination. Se prometer en ima
133
132 REDUCTION INTERSUHECTIVE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928

gination à I'intérieur d'une conscience,s'y perdoe.Le fàit dc rêver que I'on j441] La sphêre originale contient le moi en tant que pele: pele
accomplit des actes, mais il s'agit d'un rêve : on vit en imagination. ll opposé à tous les objets qui existent pour lui, qui peuvent toulours â nou
s'agir ici de présenti6lcations, mais pas de souvenirs, d'attentes, etc. qui veau être identiHiés et attestés ; mais il est aussi peu un pele vide, un point
sont positionnels, parce qu'en ces présentifications, le présentifié est d'identité que I'est I'objet. L'objet est quelque chore d'identique, mais il
donné ontiquement ou bien dana une modaiité d'être en tant que vrai- s'agir de I'identité des détemlinations identiques. Le moi est quelque
semblable, douteux, nul ; plus exactement, toutes les modalités de ceNi- chore d'identique, mais il s'agit de I'identité des píises de positions, des
tude apparaissentici, mais sur le mode du comme-si qui les modifient habitualités perdurantes. Asswément, il varie dons ses décisions, les-
toutes profondément. La conscience vede fait partie à titre égal de la posi- quellescondnuent à valoir jusqu'à nouvel ordre pour le moi, et le déter-
tionalité et de la neutrahté. Réílexion double dons la présenti6ication ima- minent lui-même. Mais, dons tour son comportement, c'est-à-dure,dons
geante; en fàit partie le moi de I'imagination doté de sa perception ima- le changement de ses habitualités, il possêde un style, il conserve un
geante, etc. Moi comme-si, <qui> n'est pas mon moi passé,mais mon caractere pemlanent.
double
moi modi6téenimagination. A présent, la division entre /mm e r e/ /nn íre#damre:une
Ge g / eí/ reíio/ # à Za.penr@#o#
peut aussi être neutralisé, être élevé du sphêre d'être est pour le moi constitué, cede de ses vécus, de son flux de
modo de la positionalité à celui de I'imagination ou de la neutralité, vécus, c'est-à-dize, en un sonspaniculier, la sphêre immanente du temps,
comme lorsque, en percevant quelque chose, je me figure nutre chose, la temps fluant de ma vie. D'nutre part, des unltés transcendentes,un
pas ce qui est perçu ici, ce que je pose dons sa modahté d'être sur le mode monde transcendantsont constituées,et le moi lui-même en tant que
de I'accomplissementcomme certitude ou comme modalité de la certi- personnalité, qui est de même une transcendance. À propos de cheque
tude, mais que je le traite comme une image artistique forgée par objet de I'expérience,nous disdnguonsentre ce qui fãit I'objet d'une
I'imagination. Ce qui apparaít présentement est correct, mais cela ne me expérience et I'umté de I'expérience, ce qui est purement et simplement
concerne en riem : cela fait pourtant apparaitre quelque chose comme s'il perçu dons I'activité perceptíve, pour ainsi durela chose coq)oreHe, et ce
existait, et il s'agit alors d'une imagination perceptive. La neutralisation y qui est donné sur un mode subject:ifdons le moment donné.
est opérée à dessem: ce qui est véritable, comme si cela n'était pas, Un objet est transcendants'il est, en tant qu'objet temporel, perçu de
comme pow une image, comme dons la contemplation esthétique d'un tece sorte' qu'il n'est à proprement perçu que selon un câté, selon une
paysage.Aussi s'agit-il d'une modiütcation qui traverse toute conscience. partie de ses déterminations constitutives ou bien, ce qui revtent au
La répétabilité. Se perdre soi-même en imagination: I'imagination même, si un entrelacement inséparable d'intention anticipatrice et de
authentique. Modi6ícation d'att:ilude : je suis conscient de moi-même et remplissement fàt partie de sapercept=ion,si donc, étant toulours donnée
de ma sphêre du présent. en chair et en os, cette perception amêne à la positionalité davantage que
La modi6lcationde I'atitude : d'une imaginationint:uitive(au bensle ce qui est à proprement parler perçu, donc, précisément,z,/aI'anti-
plus large), on prélêve un étant, à savoir une possibilité de représentation, cipadon. Une donnée transcendenterenvoie par copséquent toulours
une possibilité au seno part:iculier du terme ; est possible ce qui se laisse plus avant à un remplissement possible, ou à un remplissement qui a été
représenter sons question d'aprês son être ou son non-être, sons prise de possible antérieurement.
position véritablement positionnelle'. Des sphêresd'êue de deux types, disé-je. Tout être transcendant pos'
sêde son mode de donat:ionimmanent de moment en moment, ã savoír
1. Le titre fàt encore défaut : intuitions reliées les uses aux autres et disjointes, fermement loas de cheque maintenant. Tout est inscrit dons I'unité de I'immanence,
exigéessur le mode de la positionalité, arbitraires et contingentes sur le mode de la neutralité. c'est-à-dizede la vie concrête de la subjectivité : tout ce qui est unmanent
134
RÉDU(:TioN INIERsuqE(:'rlVE DEUXIEME pÉRIODE : 1921-1928 135

y a sa place, dons le présent et dana les passés immanents, qui possêdent orienté auuement son expérience; il se confirmera ainsi à I'avenir, et
en tant qu'ordre des presents leur ordre temporel âxe. Les objets trans- conârmerait quelles directions de I'expérienceI'emprunterais également.
ts apparaissent dons I'immanence, ils sont posés, éventuellement Mais le monde possêde aussi une certitude présomptive en ceci qu'il anti-
prévisés à vede puasadviennent à la perception, mais, alors, de façon tou- cipe sur et présuppose le couro de I'expérience future, et que le couro en
lours preso.mpüve,
quoiquesur le mode de I'auto-appadtíon.Dons la question demeure davantage concordant, comme, rétrospectivement, i] le
sphêre originale, nous possédons sons le time de <(monde corporel >>,ie serait tou)ouro resté. Mais i] s'agit d'une présomption qui n'est en aucun
« chair propre et de réalité extériewe >>un monde transcendant. touJours à casnécessaire.Pourtant, rien ne prole en faveur du fait qu'elle soit jamais
nouveau perçu et pourtant présumé. Son caractere propõe réside dons le déçue; le cours antérieur de I'expérience a été tel que cette présomption
fàt que chaquepresomption se trouve à nouveau remplie dons une per- formellement similaire a fãt partie de cheque phase,et le cours a conta
ceptíon originale. Tout ce qui est chore, pour autant qu'elle n'est pas nué à s'écouler de telle sorte qu'elle s'est toulours à nouveau con6umée
perçue,.estperceptible ou a été perceptible. Toutes les chores sonodes elle-même en tant que présomption. Aussi ai-je une ceü:itude présomp
objets de perception possible. En tant que telles,<eHes> sont des corré. tive que le monde est -- assurément,tant que je vis comme je vis. La pre-
lats de systêmesperceptifs, qui tantât apparaissenteux-mêmeseffective- miêre cerdtude : je suis, je vis, est absolument inbiffable.
ment dons le contexte de I'immanence, tantât sont motivés par les corré- Une dewdêwe
ün .rre#da#re
: la transcendanceproprement date.Avec le
lats apparmssants.[442] Même quelque chore de nouveau qui fàt par monde de I'expérience originale, posé de façon présomptive dons la sub
hasmd
..--*l.
lrruption dans I'expéri '
J'..... . .
' '"" '-- '-'' r-
ence est quelque chose d'apparaissant qui jectivité fluente immanente, I'êü'e propre de la subjectivité n'est pas üans
procêde d'une motivation, issu d'une insdtuüon originaire antérieure Si gressé; un certain style de savie est simplement prédessiné sur un made
nous pensonsau moi avec son déroulement de da/a de sensationset présomptif. La subjectivité pune est pour elle-même absolue, et tout ce
même d:'ap!)rehensions telles qu'elles sont en ma possession, et si je qui fMt I'objet d'une expérienceoriginale, jusqu'au présomptif. en fâit
m'unagine accordant tout cela ensemble, comme c'est le cas dons mon partie, pour autant qu'il possêde le caractere de ce qui doit êue rempli z,àz
expenence universelle, donc à I'Etérieur de ma vie qui s'écoule de façon une expérience originale. Mais/'e/z@a/É/e conduit également au-dela de
immanente sur un mode végétatif. il est clair que tout est réabsépour me cette sphêre originale, eHe conduit à d'autres moi et à d'autres expétiences
contraindre à poder que ce monde apparaissant est véritable. Je peux tout otiginales,elle transcendedonc le moi propre et son immanence,ainsi
au paus m'abstenir de toute primede position, mais Jepuis aussi le EMe à que le cmactêre intentionnel du stade original. Comment une telle trans-
propor de.I'immanence. Par ailleurs, il est clair que I'être du monde est cendance,véritable et authentique, est-elle possible, et comment mon
lui-même incluí pour moi de façon punedons le contenu de cette vie. et mondeva-t-i] pouvoir adopterun seis nouveau,par quoi i] deviennelui
que cet être est inséparable de moi-même en tant que sujet de cette vie. Je même un monde authentiquement transcendant, intersubjectif rlÜiz/ürge#-

ne saurals mettre en doute le fãt que J'ai bien de façon conséquente :« qekti««) ]
tece expérience, et que I'y conârme toulours à nouveau ce qui est
objet d'expérience, mais ce dernier est alors lui-même inséparable de
I'expérience. "' ''
Le monde est I'idée d'une objectivité intentionnelle qui s'est toujours
à nouveau conârmée dons I'expérience concordante antérieure du moi
sujet de I'expérience, qui se serait à nouveau cona'mée et manifestée avec
d'autres détemlinations dons la libre expérience de ce moi s'il avait
TROISIEME PERIODE 1929-1935

N'20

<CONSTITUT10N DU 'lEMPS INTERMONADIQUE


SOUVENIR RÉTROSPECTIFET EMPATHIE>
(20-22septembre1931)

Contexte interne à I'âme (transcendental,en I'occwrence), temps


interne à I'âme. Aussi : 1/ temporalisation et temps à I'intérieur d'une
{<monade >>qui est un <<monde >>pour soi ; 2 / contexte intermonadique
et temps intermonadique en tant que tempo de degré supérieur : le monde
des monades.
Si nous prenons en vue le contextedes âmes avec la question de
savoir si, en admettant que, par abstraction, on mette hors circuit les
chairs, ce contexte subsiste encore à t:itre de contexto purement fondé
dons I'essencedes monades psychiques, il convient de réfléchir à la chose
suivante :

je suis ici corporellement et je vois le corpo là-bas. En tant que chair,


ce corps fait I'induction suivante: je suis un nutre doté d'un psychisme.
Charnellement, nous sommes tour deux séparés,extérieurs I'un à I'nutre,
nos âmes sont séparées,chacune étant située en un lieu. Mais on n'a pas
encoredit par là que nos âmesne peuvent pas posséderun contexte
d'essence qui leur soit propre, ni même qu'elles doivent nécessairement
138

RÉDUC'nON IN'lERSUqE(:Tive TROISIEME PERIODE : 1929-1935


139

tuées,dons seshabitudes, etc. Tout y possêde <<


son temps )>,c'est-à-dure
sa durée, son commencementet son intemiption à I'intéríeur de la tota.
hté ; cede-ci, en tant qu'eHe est remphe quant au contenu, est nécessaire-
ment remplie sons lacunas : elle est la monade elle-même, I'âme concrête
elle-même, à vrai dize prise purement en soi et pour soi, abstraction fãte
de son corp:':La totalité que le teime de monade est censéexprimer cor-
respond .aufãit que cheque totalité de cette sorte possêde sa fome totde.
c'est-à-dure son temps total, dons leques tour 'les tempo parüculiers,
c'est-à-dureles positions temporelles et les durées temporelles en tant
qu'elles sono celles de cette monade(respectivement, des événements de
savie), trouvent à slnscrire. En d'autres termes, la <(durée de vie >>.
pm@m-
we#/ells7/z/leZZ#
j une âme monadique, ne peut être une portion d'un tempo
paus.
'nglobant, ne peut être mise bout à bout avecles duréesde üe
d'autres monades : eUene peut être appréhendée comme si elle était une
simple durée à I'intérieur d'un temps universel dons lequesd'autres mona-
des,toutes les monades auraient ]eur dwée propre. Le tempo monadique,
en tant que fomle universeUede sesmoments réunis de façon concrête,
se déploie..paus,avant de façon continue et, à vrai dirá, selon'«n déploie
ment vlvant, nécessairementrempli de contenus vitaux continua. ll s'agtt
d'un flux vivant et concret, e -'"' ' ' "e'"
;-..c-.. r.;- - .. .: . : tout ce que [339] 1'on peut imagtner s'y
insérer, fãit partie d'une seule et même monade, du même moi vivant
dons la vie de cette monade. Le tempo du íllux de ma vie et celui de mon
voisin sont donc séparéspar un abíme,et mêmece derme,tour en étant
lmagé, en dit encore trop peu Dês I'instant oü ce tempo-cl ne femit paus

:: f : =:'=:=:w'lÊ;=iÜÊEI
11
11
Ç
essentieHe),
nous serions tous deux ## moi doté d'une vie, d'un Hux de
vécus,d'un pouvoir,etc. '
11
Et la chose est paraHêle concernant ce fãit que ]e suis ici charnelle-
ment et I'auge là-bas. De même que I'ici ne peut ievenir un ]à-bas de telle
sorte que ce core)s-cihumain(organique) deviendrait un nutre. de même.
li mon âme ne peut devenir celle de I'auge, ou bien encore : la duahté des
11 chairs corporelles va de paio avec la duahté des âmes' à savoir, avec la
dualite des tempo de ]a vie qui s'écoulent, lesquels'ne fomlent et ne peu-
vent jamaisformer un seustemps,une fomle qu'il conviendrait de rem-
140 141
RÉDUCT10N INTEKSUHE(:VIVE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

plir avecles moments de vie de I'une et de I'nutre âme. Les âmes sont. soft universenement fondée. Powtant, si une telle forme leur est propõe,
elles par conséquent simultanées, se succêdent-elles, ne coexistent-elles il est par avance clair, d'aprês ce qui vient tout fuste d'être développé à
dons le temos qu'en étant liées aux cotos, donc z,ü leur we/Éexü+au tempo propôs de la nature, qu'elle présupposerait alors une haison mutuelle de
universel de la nature? Certes, chaque corpo possêde aussi le tempo qui toutesles âmesqui soit fondéedonsleur essencepropre, et dont elle
lui est proprement essentiel, mais il est ici évident que ce temps ne peut seraitla forme concrête. Concernant la nature, la liaison unÍverselle a déjà
avoir que le sensd'une durée situéeà I'intérieur du tempoglobal de la été produite moyennant la structure extensionneUedes corporéités iso-
nature, de I'espace-temps. ll n'y a qu'##e nature, et eHe n'est <en> vérité lées : elle a été fondée dons son essencepropre, de telle sorte qu'une cau-
concrête que dons une telle umversalité. Les corps naturels individuels ne salité universelle a entrelacé tous les corps, lesquels n'étaient pourtant des
sont que relativementconcrets; ils ne sont ce qu'ils sont qu'<en tant corpo entiêrement consdtués que z'/aleur être-pour'soi se constltuant
quem corpo à I'intérieur de la totalité des core)s,de la nature totale. lls dons des propriétés causalespermanentes. Qu'est-ce qui y correspondrait
existent à cheque bois dons ]eur contenu extensif. mais ce contenu. à titre pour les âmes? En tout cas,il va de soi que, s'il y avait ici une forme tem-
d'extension spatio-temporelle remplie, n'est pas encore entiêrement porelle umverseUeet concrête pow la totalité des âmes qui sont par ail'
déterminée en tant que cotps, lequel possêde bien plutât son quoi exten- leurs dons leur essencepropõe isolées, celle-ci, puisque chaque âme pos-
sionnel respectif à tive d'état causal.Le corps est ce qu'il est dons des sêdeson temps à tigrede« monde>>pour soi, devrait êtle un temps de
« conditions >>données, il possêde aussi sa forme causale et, à cheque bois, gangsupérieur.Pour cette forme, dont la fondation est plus élevée,les
sespropriétés causalesindividuelles. L'unité de la nature est I'unité que monades individuelles et, en veMi de cela, les tempo qui en font indivi-
possêdenttour les corps en tant que substratsde propriétés causales: ils dueUement panie(les durées de vie), seraient un <<contenu temporel >>,un
« perdurent >>dons le changement de leur état extensionnel en étant ces plein ; aussi les contenus des différentes monades, ainsi que les monades
mêmes corps, et ce, en vertu de leur maintien dans la régulation causale elles-mêmes,tout autant que leur durée de vie, powraient coenster sur
dons le cadre des circonstances causales,circonstancesqui sont elles- les modos de la simultanéité et de la succession temporelles, et ce, confor-
mêmes les coíps présents. Dons I'enue]acement causal de tous les corps mément au sons d'un tempo universel.
avec tous les autres,la nature, I'univers des coíps]340] possêdeson En fàt, si I'on approfonditquelquepeu la façon dont les êtl'es
caractere concret dana une causalité universelle, mais eHe possêde préci- humains, d'aprês le sens de I'expéíience du monde, coexistent dons le
sémentpar là une forme concrêteindividuelle, celle de la totalité con- temps en tant que sulets égolques, concrêtement, la façon dont il en va
crête, I'espace-temps.Aussi le temps, entendu comme une coexistence ainsi des âmes humaines, des sujets égoTquesdons leur caractere de
universelle,n'est-il donc pas une forme vida sonssigniâcationdons vivants, on se rend compte que ce n'est pas pour ainsi dh'e ]a ]iaison psy-
laquelle on pourrait deter une messe quelconque d'éléments particuliers. chophysique des âmes et des corps qui rend sede possible une temporali-
L'unité d'un temps universel n'a de bensqu'à titre de forme unitaire d'une sation des âmes et de leurs contenus psychiquesde vie, mais que c'est
totahté, qui n'est pas une forme concrête en tant que totalité vede,mais en dons [es âmes e]]es-mêmes[341] que se trouve fondé, depuis elles-
tant que totalité d'objets d'un contenu proprement essentiel. mêmes, un contexte proprement psychique et une forme de coexistence
Or, certainement, les âmes sont de façon médiate, par leur incarna- proprement psychique, la forme d'une plurahté des âmes, c'est-à-dize,
tion, partie prenante de cette forme. Mais, naturellement.cela ne leur précisément, un êue-ensemb]e possib]e de ]'une et de ]'nutre et, éventuel-
conRre pas encore une forme temporelle proprement essentielleet qui lement. à nouveau d'autres âmes,etc., et Hlnalementune forme totale, une
forme qui rend possibleune totahté,une totalité par suite indé6iniment
* En grec dons le texte. Me/»oai signiõe panicipation/7V.d Zy. ouverte ( <(indéfinité )>). En considérant les chores de façon plus précise,
142
RÉDU(XION nqTERsuqE(:TIVE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935 143

psychique ; mais, en tant que telles, elles ne sont précisément pas simple-
ment en soi et pour soi : elles n'existent pas seulement dons leur tempo
ralité monadique. Elles sont aussi,et de façon essentielle,dons une rom-
w##a#4 dons une connexion actuelle et potentielle dont le commerce,
I'échangedons ses multiples formes n'est qu'un cas particuher. Au lieu
d'un échange,naus poumons parler d'une rencontre ; les âmes ne sont
pas seulementpow soi : elles se rencontrent. Mais il se trouve que cela
est fondé en elles-mêmes ; chacune dons son essence possêde dé)à la
fomle eidédqued'une« substance
)>,d'une personnalité,au titre d'un
moi qui, dons sa vie, est en<<relation )>avec d'autres sujets égolques du
même ordre, ainsi qu'avec leur vie. En tant qu'âme, elle n'est concrête
qu'à traversla structurequi est la sienne,par le fãit qu'elle n'existeque
sur un mode égoique, au sens oü elle rencontre d'autres moi(relation
qui peut ensuites'inverter)et échangeavec eux,peut entrei aveceux
dais une dynamique communautaire selon les diverses modemdu
commerce.
Le mode originaire de la np#ro/n?est /e/ Pa/ó/f. Dons la perception de
soi-même, dons I'être-présent original pour moi-même, ce qui est origina
lement présentifié est le moi dons ma vie propre. En fMt également partie
le moment vital de I'empata)ie.A travers elle, je me rapporte à un
deuxiême moi et à sa vie : il est à travers elle immédiatement là pour moi
en tant qu'nutre moi, et il s'a(cesseà moi. ll s'adresseà moi comme un
nutre moi, pm le simple fMt que, avant tout échange avec lui, je ne tais pas
seulementeaÓío I'expérience de sa vie, mais, pour autant qu'elle existe
pour moi effectivement(donc, donsla sphêrede I'intuitivité, et, en tout
cas, de la déterminité), I'y ai part, je la perçois avec lui, I'y crois avec lui, je
augeavec lui -- donnant mon assentiment, récusant, me réjouissant, crai
gnant avec lui, etc. Tous les modes de cet être-ensemble sont des modem
d'une dynamique communautaire originaire, dons laquelle, vivant ma vie
(primordiale,proto-originale),je z,üpourtant en même temps la vie de
celui qui coexiste pour moi dons I'empathie, la vie de I'nutre; une umté de
vie <est> donc produite, ainsi qu'une union du Je et du Tu par le moyen
de I'empathie. Tout d'abord, la communauté de vie, accompagnée de la
dynamique communautaire égoique, concerne seulement ce qui fomle
une communauté sur un mode actuei et de façon particuhêre ; mais, allant
144
RÉDU(:TloN INIERSUWEcrT\u TROISIEME pÉRIODE : 1929-1935 145

phase aprês phase avec ce qui y est remémoré, que nous entendons
comme étant ce qui a été présenté dons un flux antérieur. Si la colnci
dencejoue un rale constituant à I'égard de la simultanéité temporelle, ne
faudrait-il pas <alors> fàire I'expérienced'un en-même-tempsà la peace
d'un I'un-aprês-l'auge? Cependant,nous Faudra-t-ilrépondre, [344] 1a
cohcidence entre le souvenir rétrospectif en tant que vécu présent et le
vécu remémoré pour lui-même ne constitue pas encore la coexistence de
la fonte du I'un-aprês-l'nutre.
Tout d'abord,chacunde cesvécusest
indépendant; chacundonsson intuitivité est un vécu dons un champ
concret de vécus ; pausprécisément, chacun se situe dons le champ d'un
présent fluant concret, de mon présent originairement fluant, respective-
ment, du présent total coprésentiâtéà travers le vécu présentiâíé.Mais,
quoi qu'il en soit, cela n'est pas suf6lsant.D'une part, il est manifestement
essentiel qu'un présent possêde avec lui son horizon de passé et un hori-
zon à venir, et que cheque présent remémoré possêde avec lui un horizon
de remémoration. Et, d'nutre part, chequeprésent vivant remémoré pos-
sêdeun horizon futur qui s'estdéjàrempli donsle flux continu du passé.
Qu'il en est ainsi, on peut le déduire de I'horizon qui fMt partie de cheque
souvenir rétrospectif, respectivement, de son actualisation à son tour pré
sentifiante. S'y ajoute le fãit que le souvenir rétrospectif est essentielle-
ment un vécu potentiel : en fht panie le <(je peux toulours à nouveau me
souvenir de te]]e ou te]]e chose, reproduire ]e souvenir >>; mais i] s'agit
toulours d'une production nouvelle de souvenirs rétrospectifs, dons les
quels le même présent est toujours à nouveau présentifié, à un nouvel
endroit de mon présent vivant continüment fluant(dons I'unité de conti-
Sot+uenirrétrospedifet emPatbie nuité d'une veiUe).Ce n'est qu'en ayant la possibilité de répéter et, ainsi,
d'identifier, et en ayant conscienceque <<je peux à mon gré toulours à
nouveau procéder ainsi >>,que I'acquiers quelque chose d'identique quant
à sa validité et la perpétuation de sa validité ; en verte de la coíncidence
avesdes présentsvivants tou)ours à nouveau différents, constituant cer-
tes, étant donné qu'ils débordent les uns dons les auues, I'umté d'un pré-
sentvivant englobant(ce présentà I'intérieur duquel je produis les répéti-
tíons), une telle identité se caractérise safesdoute par sa coexistence avec
chacunde ces présents,mais cependant,eHeest une identité diferente,
non présente. Aussi le moi de ce présent présentiâié et non présent est-il
146

RÉDU(:'HONIN'
EKSUBJECTIVE
TRO]SIÊME PÉRIODE : 1929-1935
147
148
149
RÉDUCT10N INIBRSUqECTIVE TROISIEME pÉRIODE : 1929-1935

du centre qu'est I'impression originaire, se modiãant constamment à pm-


tir de la phase originairement impressionneHe entendue comme source et
bode origtnaires, selos un <<tarissement de I'écoulement >>,se<(recou-
vrant >>constamment en s'atténuant jusqu'à <<
1'obscurcissement>>com-
plet, jusqu'à I'absenced'intuitivité et de rehef? Aussi I'obscur, <(1'in-
conscient >> tombent-ils en dehors du cadre du<< phénomêne originaire >>.
Pourtant, en tant que tel, il ne s'agt pas de rien, mais, ainsi qu'on le volt
par aprês: I'écoulement s'accroít plus avant dons son style constitutif.
Obscura, il peut« à nouveau >>être éveillé, devenir à nouveau intuitif sur
le mode et donsle cadrede la clarté explicite et de la mise en relief: il
s'agit du présent origtnairement phénoménal, entendu comme présent
presentiâé, modifié(en tant que raEiía/wm du souvenir réuospectif enfant
à présent en scêne à titre de <<vécu )>).
Mais, parler d'écoulement obscur continu et de la possibilité qu'a cet
écoulement de redevenir intuitif, cela a-t-il une nutre signiâcation que le
fâit que le pouvoir de cette constitution, de cette temporahsation font
partie du présent vivant et de son moi actuellementvivant? Ou plutât,
cela fàt partie de la temporalisation qui a depuis longtemps fait son
uuvre et qui peut éga]ementcontinuer à se déployer]348] sur le mode
d'un progrês continu de I'expériencedéjà développée,qui peut potentiel-
lement toujours à nouveau être réactivée sous ]a forme de la coníirma-
tion. Mais la temporalisation, la formation de I'expétience, la constitution
possêdent des facettes différentes. Le moi lui-même est constitué en tant
qu'unité temporelle. ll s'agtt de I'unité ontique, dé)àacquise en tant que
même,de façon primaire et originairement phénoménale,un ,o ú# m moi situé et permanent(et acquisetoujours pausavant dons I'acquisition
dota de sesdeux orientations : I'écoulement qu s'accmit et qui tarit doté continue) : c'est le moi identique de ma vie temporelle, en tant que moi
de tous mes passés,dont I'existence est identique, en tant que moi de ma
vie se déroulant et continuant encore à présent à s'écouler à I'intérieur de
la forme unitaire continuedu tempo,vie qui constituí en soi et pour soi
en poursuivant I'écoulement -- un passétoulours nouveau à titre de
passé durable.
Le .prúe#/ est la <<réalité effective absolue >>; il est, au seno le plus
propre, la réalité effective en tant que réalité originairement producuice.
À ce tive, il s'ontiâe lui-même donsun mode temporel et, en se tempora-
lisant originairement, il possêdeI'être temporel à titre d'acquis ontique ; le
150
RÉDU(:nON INl=RsuqE(:Tl\n TROISIEME I'ERIODE : 1929 1935 151

trouve encore pour moi dans le champ. Continüment porté vers une
nouvelle vivacité plus originaire, il se peut que la vivacité antérieure ait
presquetotalement sombré, oui, qu'elle ait totalement sombrée, maisje la
saisispar aprês comme étant dirigée à rebours en tant que<<ayant été tour
)unteencore là )>,et en tant que <<
encore dons le champ >>,ayant entiêre-
ment sombré dons I'obscurité de << 1'inconscient>>mais comme fãsant
encore partie du ílux, et puis, comme la même qui, précisément, rend
seule encore à nouveau intuitive la nouvelle illustration intuitive. Et.
inversement,à présent,panant de ce qui a été à nouveau éveillé et intui-
tionné, je puas à nouveau me laisser continüment portes dons la reproduc-
tion et accomplir à mon tour les activités, etc., aller ainsi de présent en
présent, et reconnaitre cheque présent continuellement antérieur comme
celui qui vient tour fuste de sombrer, qui est devenu de moins en moins
clair, et qui se donne pourtant encore comme un flux et un reflux. Le
souvenir réuospectif n'est pas nouveau, mais il ne I'est qu'à tive de
mode; il fàt simplement retour sur ce qui a été vécu et éclaire une por-
tion du flux en üain de sombrer.
Le présentva à la rencontredu futur, les bus ouverts.Dons son
écoulement continu, dons son intentionnalité, le présent originairement
fluant accêdeau futur. Ce qui apparaíten tant que maintenmt donsla
non-intuitivité, c'est le devenir-intuitif du remplissement,le rendre-
intuitifqui fãt le présent originairement impressionnel et le rempht. Mais
ce remplissement originairement fluant n'accêdevéritablement au futur
qu'en sombrant dons les modes rétentionnels, moyennant un recouvre
ment et à travers I'opération du souvenir rétxospectif. Le présent et le
futur ne sont obtenus que par souvenir rétrospectif. ainsi que le pouvoir
qu'ils ont de revenir, dons lequel le procês fluant du remplissement et, en
général,de la temporalisation la plus originelle peut êue touJows à nou-
veau répétée. Partant de chaque présent remémoré, Je puas continuelle-
ment,continuantà vivre donsle flux, donc vivant donsle futur.
m'avancei dons le futur, lequel est déjà devenu pourtant passé, n'est
pas [350],indéterminé,n'est pas un futur vedemais fãt déjà partie de
I'acquis. Étant acquis, il est à présent, dons le souvenir rétrospectif. le
p'?cês fluant dons lequel la protention ne devient pas simplement, origi-
neHement,une impression originaire, mais dons lequel celle-ci devient
152

RÉDUC'nON IN'lERSUqECTTVE
TROISIÊME PÉRIODE : 1929-1935
153

tant qu'unité synthétique. Ou bien : I'anticipe une synthêsesystématique


aux facettesmultiples dana le <{Je peux me mouvoir dons ce systême
kinesthésiquefamilier, y parcourir à mon gré des chemins familiers et.
par là, laisser se dérouler les apparitions qui y sont continüment afféren-
tes>>1Aussi obtené-je des synthêsesconcordantes continues, qui soft à
adjoindre continüment les unemaux auues et à uniâier dons diverses
directions familiares et, corrélativement, I'unité synthétique d'une seule
N'28 et même chose, cede qul existe sur un mode concordant, qui existe dons
ses propnétés Concordantes. Je vais peut-être tombei ici ou là dons la
discordance,je ne pourrais peut-être pas maintenir I'être-ainsi et même
I'être; mais je vais pouvoir, en veMi d'une anticipation de stadesupé-
tieur qui se véri6tetoulours elle-même de façon concordante, c'est-à-(;i,e
)
dons le couro des [445] apparitions qui se déroulent busque-là de façon
concordante,surmonter en les cortigeant toutes les discordancesdu
stade infédeur.

En ce bens,je. me Houve dé)à dons une aperception três complexe


à partir, de daquelleje vais encore insister sur I'aperception qui fende
essentiellement
]'identité de la même chose dons la' multiplicité de
sesmodemde donation orientés, ou bien, saisie de façon plus complete,
I'idendté du champ de la perception de la chore et, ainsi, du monde de
la p.erception(du présent du monde) au sem même du change-
ment continu des modemd'apparition <(otientés
>>.Ce qui pour soi
27janvier 1932 vaut dé)à pour chaque kinesthêse organique et pour le déroulement
d'apparltions qui lui est afférent, vaus dons I'ensemble pour I'apercepüon
totale du champ relativement à la totalité des kinesthêses orgamques
ainsi que de I'apparition totale qui lui est afférente(de I'apparttion du
stade fondé supérieur),.à savoir de I'apparition totale du champ. ll s'agit
dure appatition relative à la kinesthêse de <cla marche», dons le
déroulement possible de laqueHeelle se transforme condnüment à
tire d'apparition totale malgré la constitution de I'umté synthétique.
Dons cheque expérience mo']entanée du monde environnant(et,'"'' -'"'
tour
d abord, dons cheque perception), Je possêde mon état, que Je puas
conünueHement modiâler en marchant. C'est là seulement que se aonde
se ra lportP=Rdu .docurnent manuscljt, on ne peut parvenir à savoir à quemtexte cette phrase I'aperception de cet état en ta ' ' '' ''""
it que position spatiale, de ce changement
conünu en tant que mouvementspatial,de ma chair pourvue de ses
154

RÉDU(X10N INTERSUqECTTVE 155


TROISIÊbIE pÉRIODE: 1929-1935

organes de percepdon, entendue comme un cotPS spatia] comine sêde>, en tant qu'être humain, pour moi, en vertu de la pose de position
accomphe dons ma pl:imordialité de façon actuelle dons I'expérience, la
validité d'être de <<se tenir " là-bas '' >>,ou bien d'être <(en mouve-
ment dons le mode d'orientation >>,et dons I'appréhension interne de la
station debout, de la marche, par là, de la parole, etc. ll n'est pas seule
ment un objet dons le monde spatio-temporel, comme )e le suis moi-
même en tant qu'homme de chair, et comme, en tant que tel, je fds pal:tie
du présent du monde, mais, de même que je suis en tant que moi tourné
vers le monde des objets, de même il est mon cosujet et, en tant que tel, il
est pour moi, et pour moi de telle maniêre que je ne suis pas molas co-
sulet pour lui qu'il ne I'est pour moi. Mais, dans une pareille expérience,
beaucouptient à I'être-objet considéréecomme être humain et à la
maniêre dont on se trouve soi-même en tant qu'objet avec I'nutre -- préci
sément, ce que la drfa hàd##re,»
qui s'accomplit apporte avec elle dons
['nó]
I'apprésentationconduite de façon active : je suis <<pour ainsi dke )>en
I'nutre, qui observe dons telle ou teve direction, qui auge,qui produit tel
Erre utl cosnget ou tel énoncé, qui accomplit en lui tel ou tel acre(comme si j'étais lui), qui
subit I'affection, qui est motivé tantât de telle maniêre, tantât de teme
nutre, etc. Tout cela, sons doute, possêde également son aperception
objective : il s'agit d'une aperception qui est un acte psychique, un eãireet
un subir psychiques de cet homme dont la réalité est spatiale, qui est loca-
lisé sur un mode secondairedons sa corporéité charnelle et qui ne fãit
qu'un, sur un mode psychophysique,en tant que flux d'événementspsy-
chiques, avec les processus de la chair, de même que I'nutre personne ne
fãit qu'un, sur un modo psychophysique,en tant que personne et en tant
que substrat d'habitudes habituelles, de traits de caractere, d'orientations
habitue[[es de [a vo]onté (d'intérêts), [447] avec ]e corpo dont ]'identité,
dans son individuahté organique, est organique. Mais, d'nutre part, cela
tient au recouvrement de mon moi primordial avec mon moi apprésenté,
tout comme au mode de I'apprésentationde la primordialité modiâée
qu'est I' <(nutre moi )>,que je sois dons ce recouvrement.parte.pxe#a#/zde
cheque validité et de I'ensemble de la validité, qui, dons la primordiahté

:: iG l H;]B] :lU: l::l: apprésentéeest présentiãéecomme étant celle de I'nutre. L'activité


d'apprésentation, en tant que mode expérientiel d'appropriation de
I'étranger, est de façon inécusable une prise de possession ou bien une
156
157
RÉDUCnON INTERSUqECTIVE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

(vier) oblet d'aperception, actif sur le plan charnel, parlant éventuelle-


ment, mü par tel ou tel projet, etc. est présentifié.Tout cela possêdele
mode de <<
ce qui est passé>>,de <(ce qui est passé sur le modo perceptif>>,
qu'il y soft ou non prêté attention,de <(ce qui a été primordial >>.(Enen
parlant ainsi à présent, I'infléchis mon regmd attentionnel et thématisant
sur ce qui n'était pas thématisé, je procede à une reproduction qui ne
relêvepas simplement du souvenir, j'accomplis précisément une attitude
modifiée et ce, pourtant, à I'intérieur de la validité umtaire.) En repens'nt
maintenant simplement à la promenade d'vier, sur le mode de ce qui a été
pour ainsi dureperçu<' une nouvelle bois >>,sur le mode d'une promenade
réahsée<<
à nouveaux frais)>,je coincide avec mon moí percevant remê-
moré ; en I'occurrence, colncider ainsi avec mon moi remémoré, cela cor-
respond au souvenir rétrospectif qui s'efface, qui se dissipe lui-même.
Manifestement, il y a là le fait que, pour moi, le moi qui se remémore, pn'
mordiamet actuei, tout ce qui réside dons le souvenir réu'ospectif est en
covalidité -- il s'agit du cas normal du souvenir réuospectif qui s'est dis-
sipé lui-même. Aussi, tout cela est non seulement de I'ordre de la <<repré-
sentation>>,ainsi que I'on est habituellementporté à séparerla simple
représentation et la <(reconnaissance>>; le moi propõe d'auuefois n'est
pas seulementpour moi dons une certame vahdité et, e /a / gwe/?/,en
validité, de sorte qu'il se soft donné en tant que se promenant selon le
-# sowvettir rétroQecü{, recouuremenl régunede la perception, qu'il se soft donné sur un mode charnel dons les
}tPaHic+aüon, etl I't;cmnettce auecmoi-mime rues en compagnie de ces choses,des hommes, des animaux, etc. Mais on
n'a pas encore dit par là que le suis, en tant que moi actuellement présent
dons mon présent primordial, pan:ie prenante de cette cel:titude d'être.
Pourtant, précisément, ]orsqu'i] y a coTncidence, i] s'agit de la norme
Dons tour cela, le puis me trouver <<
en désaccord avec moi-même >>.J'ai
par exemple confondu(c'est ainsi que I'autoanalyse ultérieure I'atteste)
deux promenades passées,ou bien, je les mélange ; je ne portas pas ces
vêtements, mais d'autres vêtements, )e(]isais à celui que I'ai rencontré,
non pas cela (ce qui faisait partie de I'nutre situation), mais ceci, etc. Ou
bien, je me souvenaisclairement et sereinementque I'ovais alors <(salué
M. X... )>,mais il ressortait de cela que le I'ovais d'emblée confondu,
d'aprêsmon impression générale,avecM. Y-. Je me souviens donc à pré-
sent, mais, avec ]a certitude aperceptive de]449] mon moi passo avec
158 159
RÉDU(:T10N INTERSUqECITVE TROISIÊME pÉR[ODE: 1929 1935

PlusPn Sonséquent,le recouvfement avec un auge, par. contraste avec la

sêde nécessairement pour lui-même une durée continue etcz ' I'

APodicüdtéde I'êtn-idettüqi4e <de» 1'ega

iwi'.T==': x:) $ã#!g":.


De la même maniêre, il ne convient pas d'en appeler fomieHement à
I'apodicticité du je-suis, mais il faut bien davantage qu'elle soir un âH
160
TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935 161
RÉDU(:TloN tNTEKsuqecTivK

sessionacquisede tece ou te]]e choseen tant que vécu, te] ou tel acte,
motif. mais aussi la possession de convictions habituelles qui ont été fon-
dées,etc., mais eles ne concernent pas mon être et, à vrai dhe, concrête
ment, mon être qui vit ef6ectivementet a effectivement vécu sa vie,
auquel )e cherche et puis aussi chercher un accês possible, qui possêde et
a possédéses habitus, etc. Et cela, de façon continue dans la fomie du
temps en tant que temps égoique.
Et qu'en est-il du futur égologque? Naturellement, tout celavaudrait
pour [e souvenir prospectif. en prenant garde à ]a ]imitation que subit dé)à
également,à propor du souvenirréuospectif. I'invatiance apodictique. À
propor de cette derniêre, je possêde à vrai durepour cheque souvenir un
continuum possible de souvenirs ]452] dont la cel:titude füt auparavant
apodictique et qui s'étend jusqu'au maintenant actuei, dont I'être ipséique
s'étend jusqu'au maintenant, à titre de souvenir ident:ique, qui est et a été
de façon continue; pourtant, i] ne s'agit pas de la certitude d'une vie
égoTquequi peut arbitrairement s'étendredons un passéégolque, sur un
mode indéfini. Aussi possédé-jeà vrai dire égalementune certitude apo-
dictique pour mon être-futw, mais pas sur le mode d'une possible exten-
sion arbitrake. Et même d'une maniêre essentieHementdifférente, qui
correspond à la différence essentielleentre le souvenir prospectif et le
souvenir réuospectif. Je possêde ici seulement I'apodicticité selon
daquelle,vivant à présent, je possêde encore un futur, mais non pas
I'apodicticité selos laquelle, produisant un souvenir prospectif quel-
conque, une attente anticipatrice, le possédaisune certitude apodictique
d'aprês laquelle, si je deveis m'iUusionner relativement à mon vécu futur,
je devrais précisément posséder au heu du vécu anticipé un nutre vécu. ll
y a placeici pour la possibihtéde la mort, qui ne peut pourtant pas être
représentée dons I'autoconsidération égologtque, qui ne peut posséder
aucune intuitivité conforme au vécu, dons la mesure oü elle ne fàt sens
pour moi qu'en passantpar la compréhension des autres. Simplement, il
reste qu'il n'y a pas d'apodicticité pour la nécessité d'une <<vie>>
s'écoulant, et seule demeure I'apodicticité auophiée selos laquelle je pos-
sêdene serait-cequ'un futur, un futur proche: une protention. La vie
présente est essentiellementet à proprement pmler une vie qui va à la
rencontre de ce qui survlent et qui possêde, en tant que vie présente
162 RiDUCT10N IN'lERSUqE(TIVE 163
TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

fluente, son advertir fluant, qui, fluant, se remplit en tant que vie dans le nécessairementdéfaut, puisque le monde ne s'est JamaisdésiUusionné
maintenant : cheque présente entrée en scêne est caractérisée de façon donsson mode d'expérience(moyennantcorrection particuliêre),sons
apodictique en tant que remplissement de ce qui advient maintenant.
quoi il ne se serait jamais constituí comme monde existant de façon évi-
iente, ce monde dana leques}e vis et dons lequel nous vivons.
L'anticipationqui a cours donsI'êue de I'univers mondam en tant que
29janvier 1932 moment essentiel de son sens est apodictique durant I'expérience, durant
le couro de ma vie éveillée dons le monde. ll y a là pour moi apodicticité
Qp'eti est-il à pHsetlt de la cerütudeaPodiçtiquede Pautre, qKi a polir moi à du souvenir prospectif en présupposant que je laisse inintenogée ma
Ebaqaefois ualidité star le made d'Kne aPPrésentation ? \.a Dtêsea«excaüon XDptb- vie future, à titre de vie dont le devenir ontologtque va déjà de soi.
sentative par empathie n'a manifestement pas la vertu d'un souvenir Or, il ne faut pas omettre ici cette présupposition, et il faut remar-
réüospectif. Mais n'y a-t-il pas pourtant une apodicticité selon un paral- quer, à titre de complément(également à ce qui a été dit paus haut) que,
lêle authentique avec I'apodicticité de I'«o, à savoir une apodicticité pour exprimé sur un mode immanent, mon passé primordial esquisse au préa-
un univers de cosujets de mon «o, alors que I'apodicticité de I'être de cet lable mon futur primordial, et pas simplement ce qui advient sur le
univers ne signiâie pourtant pas I'apodicticité d'un <(contenu >>de cet uni- mode d'une protention immédiate. Cela veut dureque I'esquisseanalo-
vers, à savoir, pour n'importe quel sujet transcendentalisolé de cet uni- gtque préalable d'une vie future et d'un htur mondam, primordial et
vers, excepté le mien ? vlvant et s'étendantau loin, et qui continue à s'étendre,apparaít selon
Tant que, dons mon présent f]uant, ]e monde en soi ressortit à une nécessitéinécusable et de façon tout à fãit confomie, naturellement,
une [453] validité par vériâcation, ou bien, si je me considere,idéa]isant, au passéégologique
: d'un point de vue primordialet mondam,il
comme un moi qui se mondanéise en être humain, et que le me bens sous s'agirait d'un monde issu d'une correction. En cela, la vahdité d'êue est
cette hypothêse, alors, en fãit partie le Eàt que, quelle que soit la maniêre inécusable, et la possibilité füt:ure de vérification est inécusable -- selon
dont je m'illusionne, en particulier à propos de I'existence de mes sembla- [e mode]454] <(être, éventue]]ement peut-être apparence, mais appa'
bles,il convient pourtant d'accepternécessairementune humanité cons rence corrigible en un être correspondant>>-- aussi bien au regard du
tituée de mes semblables en tant que réahté mondaine effective et possi souvenir prospectif <(immanent >>que de ce qui y est constitué dons une
bilité réelle ouverte. Mais faut-il que je soisun moi humain ? -Alorsque je expérience transcendente. Et pourtant : si le monde est constitué en tant
me considere ainsi, alors que je fàis I'expérience du monde, je n'ai pas que monde intersubjectif, je suis prêt(à cheque instant) à recevoir la
toute ]iberté de croire ou de ne pas croire, de douter ou de ne pas dou- brique éventuellequi mett=raân à ma vie future. Une telle apodicticité de
ter, etc.; je me bens dons I'apodicticité, malgré la possibilité du non-être I'anticipation renvoie à la nécessitéabsolument conuaignante de devoir
de cheque élément mondam paniculier, alors que je fãis I'expérience de croire, de laisservaloir, de devoir juger et d'avoir assuréen cela en
devoir laisservaJoir I'être du monde. -AJorsque je fãis I'expérience de généralun sol ]udicatifet un sol pratique,maisil ne s'agttpas de
cheque élément particulier, je peux également sons paus le mestre en I'apodicticité au bensde I'impossibilité d'imaginei, de se représenterle
doute, mais, étant susceptible d'être mise en doute, il est déjà coaperçu, non-êüe de ma vie future dons le monde.
dons la mesure oü cheque désiHusionvis-à-vis de I'expérience effective(et 11en va de même pour nous, si je possêde dé)à le <(nous >>en validité
des désiDusions de cette sorte ont souvent été des vécus) est transférée en expériendelle -- et il en va également de même pour le monde objectif issu
tant que possibihté à cheque auge expérience et en fãit une désillusion de nutre expérience, tant que cette expérience communautalre continue ã
modabsable,c'est-à-dureaperceptive. Mais un motif de cette sorte fãit se dérouler dons une autovéri6ícation vivente, ainsi qu'ene se déroule pré-
164
RÉDUC'nON INTERSUqECTl\rE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935 165

cette représentiâication et cette <(répétition >>active, et il s'agit d'une répé-


tition d'une expérience égolque. Je pense, je fãis, alors que je ne fãis pas
I'expérience de cette chore, mais de telle nutre chose, que je fàis, non pas
ceci mais cela, etc.:. Le moi, en tant que moi du présent, reproduit un
moi[515] d'un monde environnant et d'une action qui s'y déroule, d'une
expérience, etc. ; ce moi n'est pas le moi maintenant effectif et, à vrai dure.
Appendice XXXll à tive de moi dons I'expérience, dons le Eãire, lesquels soft des expé-
riences reproduites, à titre de moi danale caractere de la présenti6lcation
caracterequt pénêtre tout ce qui est reproduit et confere à I'activité le
EMPATHIE ETSOUVENIR
caractêre<< de ce qui se répête >>:.
(novembre-décembre 1932)
Le moi en tant que moi du présent.En procédant à une reproduction,
je suis didgé vers le passé,verá ce dona le moi reproduit fãit quasiment
[514] I'expérience, vers ce qu'il ressent, fãt, etc. sur le mode de la présentinica-
tion, ce que, précisément, je désigne, moi qui me souviens, par ces temies :
« cela, I'en ai fãit I'expérience, cela, je I'ai fãt, etc. >>,et ce, en vertu d'une
Empat:hieet objectivation de I'autre comme existant, comme réalité uniâcation identitaire entre le moi existant maintenant et accomplissant
dons le monde spatio-temporel.
dons le maintenant tel ou tel made de conscience, et le moi reproduit. En
].ors de I'accomplissement de I'empathie eHe-même, de I'empathie tant que premier moi, je suis didgé, je suis activement didgé, en

Bll ;a : =:i=:.='==i Ü:l


pl::prfment date, s'accomplit en moi une motivation, dons laquelle - c'est I'occurrence affecté par le monde environné présenté dons son mode
d'appafitions et, dais mon activité, I'en ai arÜI a&Zzfconscience en tant que
monde environnant sur le mode subjectiforiginal qui est issu de cette acti-
ce que l ai fàt, ni de <(moi-même >>
en général au seis habituei, mais je me vité sur le mode du comment dons la direction de I'attention portée, du
« souwens >>de <(lui», de ce dont I'auge a fãit I'expérience, de ce qu'il a comment de I'être-saisi, de I'êue-explicité, dons le comment de I'êue-
re senti voulu, ou encoreje me souviensde lui donssa vie, laqu 'e .st évalué(de la valeu0, du made d'action -- et il se tient objectivement devant
moi en tant qu'il évolue sur le plan pratique dons ses degrés d'actions. Si je
me souviens, le suis en tant que moi présent didgé par le souvenir vensce
vers quoi I'étais {<autrefois >>
didgé en étant présent, et qui senomme main-
moi, et ce, ce qui n'est pas:tout à fãt sanaraison, sur un made perceptif ? tenant pour moi le passé, le remémoré.
Dons I'un de mes souvenirs habituels, on dit qu'est par ex(mple remé- Vivant dons le présent, Jepuis, à partir de ce vers quoi je suis dhigé,
réfléchir sur moi-même en tant que moi, comme lorsque je dis, je fãis une
B llTB =: :;; :: ; ÊÜ EI
danalequesl ai discuté avecun collêgue et me suis mis d'accord aveclui
expénence, je pense, etc. Je peux aussi réfléchir dons le souvenir, c'est-à-

sur tel ou tel point? etc. Se souvenir(le souvenir étant entenducomme 1. Le sutgissement en tant que g#aíiiwe#z'
présent <<
à nouveau ». ]] y a équivocité, comme
souvenir intuitií), c'est <(répéter» sa vie <(antérieure >>en présendâant la y avait maintenant présentation, et une gwaiFprésentationqui fãit du passéun passémien.
2. Actiüté qui se répête : le souvenir n'est pas quelque chose qui me üent subitement à
vie du maintenant qui s'écoule. Mais I'antéíieur n'a de sens que dguis I'esptit
166 167
REDU(:'nON IN'lBRSUqE(:TIVE TROISIÊME PERIODE : 1929-1935

dureme didger en tant que moi présent vensmon moi passé,par quoi je lequel )'ai conscience de quelque chore d'ontiquement présenté sur un
suis pourtant codirigé de façon secondaire et médiate vers mon moi pré- mode modiâé, qui s'écoule avec son présent ontique modiíié. La modi6tca-
sent(mais non de façon ptimaire et proprement dite). NaturellemenE je tion en tant que modi6icationdela présentationest tout uniment modifica-
n'ai pas omis le fâit que, si je suis didgé réflexivement verá moi-même en tion d'un <(moi qui vit concrêtement,
qui présenti6ie
maintenant,et qui a
tant que moi du óz:giro
auparavant non réflexif. I'accomplis dé)à à nouveau donscette présentation conscience de posséderun présent ontique )>.Moi,
un rabi/u,à propor duquel il pourrait y avoir réflexion, et dont le moi le moi qui présentiíie sur le mode ontique, je possêde sur des modemdivers,
pourrait être réfléchi, etc. Cela rentre naturellement aussidons le cas de mais étant conscient inséparablement de moi, mon présent ontique, ma
âgure dusouvenir. présentiâication ontique en tant que je me souviens muntenant, en outre,
Lorsque je me souviens,je suis un moi en accomplissement, qui ne moi donsle souvenir,à savoir,le moi présenti6léen lui en tant qu'il pré-
réfléchit pas (même si I'ai accompli une réflexion), dillgé sur le mode de sentequasiment son gwmFprésentontique et, par là, ce g#aí/-présent,à
I'accomphssement verá le passé,mais pas vers le moi passé en accomphs- savoir I'ontique dont je me souviens maintenant'
sement, lequel n'est pas <<thématique >>. Moi en tant que moi actuei, le moi non modifié et <<portant en moi >>,
Je suis dons I'actuahté fluente concrête de I'à-cheque-bois,je suis un à titre de moi original propre, toutes les modi6ícations, je coincide avec le
moi permanent, mais un moi qui est précisément dons I'être-maintenant moi dons la modificadon ; dons la présentiâlcation, en tant que je suis pré-
en flux. J'ai en cela constamment conscience d'un présent ontique fluant sentiâlant,je vis sur le mode suivant ;<<comme si je vivais à nouveau de
et, sous la forme d'un noyau, d'un présent constamment perceptif sur le pan en part un présent " passé" )>,comme si I'étais à nouveau le moi qui
mode de I'originarité. Aussi, vivant concrêtement dons le mode originai- <(a été)>présenté,et précisément,
par là, le vis maintenantde façon
rement permanent du maintenant, je suis constamment [516] <<présenti- actue[[edons un <(comme si je vivais à nouveau >>,comme si ]e voyms a
ãant >>sur un mode ontique, constamment dons une vie présentiõiante. nouveau telle ou telle chose, comme si je pensais, ressentals à nou-
Mais, étant toulours dana I'être-présent fluant, je suis éventuellem.nt veau, etc. Précisément, par là, moi, <le moi> qui présentiâe sur un mode
aussi un moi présentiâlant, un moi remémorant, un moi ayant des attentes ontique et <le moi> qui présentiâe quasiment sur un mode ontique,
antícípées, etc. naus colncidons et, à vrai dize, il s'agit d'une colncidence identitaire : je
Arrêtons-nous au cas du souvenir réüospecdf. Lorsqu'il apparaít, le suis le même, celui qui perçoit maintenant et celui qui a perçu " auü'e-
suis tour à la bois conscient, sur le mode de la présentation, de mon présent fois >>,le même, celui qui possêdemaintenant un monde environnant
ontlque, et conscient, sur le mode de la présendâlcation,de mon passé ontique présenté]517] et celui qui a auuefois, dons le maintenant d'alors,
ontique. Comment cela est-il possible ?J'ai conscience du passéontique en possédéun monde environnant présenté, mais qui est le mé»emonde
tant que présent passé, en tant que made de modi6lcation du présent. Sur le passoque le monde présenté, par quoi les réahtésindividuelles soft les
mêmes, tantât perdurant encore sw un mode inchangé, tantât perdurant
mode de la présentation ontique, ce qui est conscient, c'est le présent pur et
simple, sw le modo de I'originarité; suf le mode de la présentiâícation, ce
1. 0n distingue entre le moi passo, remémoré, la conscience égoíque en tant que. posses'
qut est conscient, ce n'est pas le présent pur et simple, mais le présent
sion passive du monde dons I'être-actif et le subir, et le moi présent en tant que moí qui sesou-
modifié sur le mode de I'être, remémoré, qui se nomme alors passé. Mais le üent de ce qui est passé,qui possêde un souvenir, qui se rapporte malntenant au moi reme-
présent est le présent dons la présentation fluente, et ainsi, le présent modi- moro, etc. De même, on distingue entre le moi présent,concrêtement en tant que moi prêsenfê
soi(possédantle présent du monde sur le made perceptif et le passodu monde sur le
Gléréside dons la modification de la présentation fluente; c'est-à-dure que made [emémorant), leque! n'est pas seulement le moi qui a conscience de lui même en tant que
moi, le moi actuei du maintenant fluant, )e suis présentiniant,de telle sorte moi présenté maintenant, mais qui a aussiconscience en tant que moi passo,et précisêment ce
que je vis à présent de part en part un mode de conscience modifiant, dons moi passéet, de mime, le moi en tant que moi de la chair présentéedu monde présenté
168
REDucHON ÍNTnKsuBJncTivK 169
TROISIÊME pÉR]ODE : 1929-1935

encore dons le changement. Moi en tant que moi du monde présenté, Je


modification par déroulement de I'activité, daquelleprésenti6íeen soi de
suis un homme du présent, pour autant que )e rêgne dons la chair pté-
façon continue une activité, non pas un être-actifprésent et unitaire, mais
sentée et que je suis à üavers elle actifet pratique dons le monde présenté.
continuellement,phase aprêsphase,le souvenir d'une activité, une modi-
Je suis le même dons le même monde qui perdure, pour autant que je
Htcationde I'acdvité, qui est une présentiâcation de I'activité surgissantà
rêgne à présent dana la même chair qui perdure et que I'y ai aupmavant
regne, et que )'ai ã travers ce rêgne antérieur exercé une influence dons le présent de façon originale.
La présentification comme la présentat:ion ressortissent au moi, mais
monde au moyen d'actions qui se situent dons le monde présenté mainte-
nant et qui sous-tendentI'action présente. ne sont pas spéci6lquement des <(processus )>égoTques.La présentation et
la présentincation -- à distinguem,la présentation du présent du monde, la
Mais je suis un moi existant maintenant à I'état de veiEe de façon ori-
ginairement modale et, dans ce maintenant, Je suis en activité ; être un presentification d'un présent du monde présentifié, d'un passédu monde,
d'nutrepart, [518] la temporalisationdu présent,et du passéet du futur,
moi consiste à être-affecté en tant que moi par ce qui existe ontiquement,
et êue aussitât actifen se dirigeant vers telle ou telle chore. Dons la vie de qui fãt parte du flux originairede ma <<conscience>>en laquellemoi, en
tant que moi, je possêdeun être présenté; moi, en tant que moi du flux
[a conscience présente, ]e moi se dirige activement verá ce qui est pré-
originaire, doté de toutes mes présentations et présenti6ícations ontiques,
sentésur un mode ontique, venstelle ou telle choseissuede son champ ce tout et, en lui, cheque moi individuel se temporalisant comme présent,
présent. Si un passé ontique <<surgit >>,1'activité peut concerner le présent
passé,etc. ; moi comme ce moi originairement modal, je suis le moi du
ou bien le passé,ou encore, les deux ensemble (et il en va de même pour
présent du monde, dons la mesure oü, dons mon maintenant origtnaire-
d'autres sphêres de présentintcation). En pénétrant activement dans le
ment modal, ou bien dons une durée à présent constituée, je fãis partie de
p'ssé concerné, il est plus custe de durequ'il est déjà conscient avant que,
la chak qui est ontiquement présenteà moi, en tant que moi qui rêgne en
<(y penetrant>> par mon acavlté, je ne <<1'éveiBe>>
depuis le présent
elle et est rapporté au monde présent ; précisément en tant que moi mon
ontique : il est obscurément conscient, et ne devient intuidf de façon
vivente que lorsque je m'y dirige maintenant sur un mode actif-- le caras dain, je présentiGieen même temps, comme étant le même moi régnant
maintenant dons la chair, un passé mondam et, en lui, mon rêgne passé
tire vivant de ]' <<à nouveau >>--, et, dons ce passé, je possêde à nouveau
dons la même chair ontique. En tant que ce moi-ci, je suis pour tout exis-
un champ du présent dons lequel je suis à nouveau didgé activement verá
tant mondainement pour moi, je suis le moi qui possêdeontiquement sa
telle ou telie chore, la percevant, la méditant, m'en occupant d'une
chair, présente, passéeet future. Et cet:te possession renvoie à I'auto-
maniêre ou d'une nutre. ]] peut aussi y avoir à I'intérieur de cet<( à nou-
constitution dons la genêseconstante de la temporahsadon du monde, à la
veau >>modi6lant un auto'e <<à nouveau >>ou même un « à nouveau >>d'un
conscience fluente dotée de sesprésentations et de sesprésenti6ications à
<<à nouveau >>.Comme en mathématiques, I' <<
à nouveau >>est une indica
tour les stades et dons toutes les synthêses, au comportement du moi qui y
don anticipée modi6iante avant une pmenthêse, modifiant I'ensemble
intervient de façon synthétique, à sesaffections et à sesactions, identifica
dons la pmenthêse,par quoi, dons cette même parenthêse,I'indication
bons, biffages, modahsations la création du monde pour moi, ce moi,
anticipée et une parenthêse à laqueUeelle se rapporte peuvent également création du monde qui inclut que je me constitue moi-même comme moí
apparaítre une nouvelle bois,et ce, sur le mode d'une répétition mbitraire.
de I'habitualité constante et du pouvoir de celui qui rêgne dons la chair et
Pénétrant activement dons le souvenir rétrospectif. je possêde donc
qui fMt I'expérience du monde, etc.
I'activité à présent actuelle,c'est-à-dizeoriginairement modale, à titre de
Mais, sous le rapport du souvenk de cheque stade, nous avons à pré
vie de la conscience originairement modale en activité et, e/zreü, I'activité
sent une simple reproduction(également la reproduction de I'act:ivité), et
par remémoration ; dont c'est le bens d'être propõe d'être maintenant une
la coaction, la <( sympathie >>.
171

TROISIÊb4E PER10DE : 1929-1935


RÉDU(;'nON IN'lBRSUHE(;l'lVE
170

Appendice XXXlll

<À PROPORDE LA 'l'RANSPOSI'HON EN IMAGINATTON


DU MOI ET DU MONDE : LE PRIMAT DE LA REALITÉ EFFECTIVE
PAR RAPPORT À LA POSSIBILITA. LE MOI
DONS L'AUTOCOMMUNAU'HSA'HON ET L'AUTOCONSERVA'HON>
(17 v'ü 1933)

[518]

.ru=;\: {.=c=c
á:«aZ=:.:":
1:=====:'í
==:

() e
ínontement y
173
172 TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935
KEnucTioNiNTEKsuBJKca'ivE

Les acquis-- I'édification de I'univers ontique que I'ai acquis moi- Avec cette autoanalyse,]e bule sur diversosprésentificationset, en
même. Corrélation entre le moi qui se conserve lui-même et mon [520] elles, sur le présentifié en tant que tel, parmi lesquelles les empathies. Plus
propõe monde acquis, corrélation entre I'être au seno de I'auto: exactement, on distingue les souvenirs en tant que présenti6lcations
conservation, de la communauté avec moi-même, et I'être au bens de ce <<
puxes et simples )>,et les présenti6tcations empathisantes, qui se rappor'
qui existepour moi, I'êt:reau sensdu üro#,»et de la totalité(finie) des tens aux premlêres. À Uavers les souvenirs, mamêue, situé dons la succes-
a#/a ayantun devenir fluant qui procedede mon activité et de mon sion temporelle, se constítue dons les modes du passe, du présent, du
htm. En moi-même en tant qu'e2o,le trouve mon moi(le pele auquelest
affectivité. Mon monde primordial le monde abstrait de ma propre
tradition, de la tradition primordiale réduite,en laquelleJeme conserve rapporté toute la vie et tout I'être égologtques,ainsi que tour ce qui sy
moi-même de façon pune dons I'autocommunautisation et, en eHe,dons constitue) temporalisé en tant que moi passé,présent et futur, et comme
étant continüment le même, qui, constamment présent, a été antênewe-
I'aspiration intentionnelle à la concordance avecmoi-même : toujours en
combat avecmoi-même à titre de moi identique des contradictions, des ment, tout uniment et de façon continue, et será dons des modes conti-
modahsations. nueUementdifférents. La vie correspondant à son moi modal temporel
fãit partie de cheque modalité temporelle ' tout cela pais ensemble,le
même moi, la vie devenue elle-même au cours du tempo, muntenant
propõe,ature. Dons I'empatllie se constitue et est constamment consü-
Appendice XLI tué un coprésentd'éuanger, qui ne possêdeson sonsd'être qu'en se pré'
sentantIJi-même sur le mode de I'empatlúe(de façon similaire à.ce qui
<SOUVENIR ET EMPATHIE est conforme au souvenir). Ce qui est éüanger est le moi étranger doté de
EN TANT QUE PRÉSENTIFICA'BONS SE TEMPORALISANT ELLES-MÉMES la vie égoTqueétrangêre, des actes égolques, des unités d'êue en validité
(MONADISA'110N) DU MOI ABSOLUMENT UNÍQUE, 0RIGINEL. de I'e2o, etc.
SPAI'iALísAnoN TEMPORElIE MONAniQUE L'rgaexiste donc constammentpour lui-même dons son champ .trans-
ET SPATIALISA'HON TEMPORELLE DU NfONDE NATUREL> cendental universel, de telle sorte qu'il est dais la vie transcendantale se
(<1916>-1917) maintenant-fluant le seuset unique pele qui possêdesesunités de vahdité
dons cette vie et qui, en cela, se possêde également lui-même en tant que
ce moi. Sa vie est ainsi constanlment une vie constituinte des unités de
[588] vahdité, si bien que, dons le flux, le moi possêdedes souvenirs et des
empathies,tour deux]589] en tant que présentificationsqui, d'une cer
Réduction à moi-même en tant qu'e2o,dons ]a pleine concrétion de la taine maniêre, se temporahsent elles-mêmes.En elles, I'qgase presente
vie dons la vahdité qui m'appal:tient(et de ce qui y a validité en tant comme tempordisé(en tant qu'unlté de validité), en tant que moi qui
qu'exlstant, y compus tout ce qui s'y véri6ie en tant qu'<<existant >>),ce qui possede son passé et son htw, et, e# mébe /r/PI un royaume (un
a validité étant pourtant purement entendu comme le corrélat dons la vie r-'''-' ' de coexistence
<(espace») demoi étrangers .(devenant
.. pour ainsi
.,. :.dize.
constituinte. Mais cette vie est eUe-même conservée dons I'univers de ce étrangers/àeux-mêmesdons les empathies),de telle sorte que I'horizon
des moi étrangersqui a une covalidité coappartient nécessnrement au
qui a pour m.oi validité. Ce que je suis, cela y est compris, cela s'explicite antérieur et a
dons mon agir phénoménologtsant, leques m'appartient à nouveau à moi- présent à cheque bois actuei, mais aussi à cheque présent
meme venir, c'est-à-dize,en tant qu'horizon copasséet cofutur, en cheque mode
174 175
REDUCTloN INIBRsuBJE(:Tive TROISIÊME pÉRIODE : 1929 1935

particuher. À travers cette autotemporalisation, c'est-à-dureà trav.,s cette


cheque monade implique chacune de façon intentionnelle et implique le
monadisation entendue comme autoexplicitation de I'egodons une plura- tout entier, le seul et même tout monadique pour tous, en lequel tous sono
lité monadique et, à vrai dure,dans la totahté ouverte à llnâni en une spa- là à titre de membres.Et pourtant, il ne faut pas oublier que tout cela?ma
dalité temporelle monadique, I'egaconstitue en tout premier heu le monde propõe temporahté mienne(primordialey et ma coexistence monadíque
de la naturalité ; il le constitue de telle maniêre qu'en lui est constituée une
qui ressortit à chequeposition temporelle, la temporahté spatialemono
nouveHe spatialité temporelle, dons ]aque]]e ]es monades sont mondani-
dique et le <(monde )>lui-même, qui se présente à moi et à cheque monade
séesen tant que sujetspsychiques,rapportéesde façon psychiqueà ]a comme étant orienté, sont impliqués en moi, en I'egoconcret de la réduc-
nature identique qui leur est commune à tour sur le made de la connais-
tion en tant qu'qp oú#ne]. Un fe]ego esth íe#Z[590] eg). a# selzfabsal#,q#i
sance, et chacun d'entre eux est rattaché de façon âxe à sa chair et ne Eãt "'a«tonse a«cine plHralisation «nsée, qHi, e4H«-é d' jaçon plHS trancbée,I'exclHt
à cheque bois qu'un, de façon insépmable, avec sa chair. Par conséquent, ramme # ê d# ie#i. L'implication signifie que I' <(être suprême» .de I'ega
en ouse, I' <<
humanisation >><de la> nature et des hommes eux-mêmes n'est lui-même rien d'nutre qu'une activité constante et originellement
est entendue comme signi6lcation, spiritualisation et constitution du fluente de constitution, et de constitution de divers umvers graduels
monde historique.
d'étants(de<<mondes )>),à chacun desquelsappartient une vajidité d'être
L'«o absolu et ma vie, en laquelle JepossêdeI'univers de ce qui existe actuelle et habituelle dons des modes de I'horizontalité qui y est afférente ;
pour moi, y comprasle moi et cette vie, constitué pour lui-même comme cesmodes conduisent de façon concordante à la validité des univers indi-
existant,et à vrai dire comme existant de façon prímordiale'; à cet égmd, vidués c'est-à-dure<(spatio-temporels )>,dons I'actuahté des opérations de
un univers de I'étranger est constitué dans I'être primordial: et, à vrai dure
remplissement et, à vrai dure,à uavers les conections, dons les modes de la
en tant que coexistant ayant le senoaóvfega,et en tant qu'existant de façon modalisation.
monadique dons la fomle d'être temporahsée de I'egaet de I'aZz?fegopn-
mordiaux3, et ce, avec les comonades en tant qu'autres en connexion La
connexion constituéeest eHe-mêmeà son tour opérante pour la constitu-
tion du monde, dons ]eque] ]es sqets sono des umtés constituées procédant Appendice L
de cette constitution. Dons I'analyse phénoménologísante de mon être en
tant qu'egaque je suis, en lequestout étant comprend, en tant que cons- EMPATHIE ET SOUVENIR RÉTROSPECTIF <EN TANT
tttuêe, ma vie qui consdtue, effectue et fHt I'être concret, y comprastous QU'ORIGINALI'IÉ TER.TIAIRE ET SECONDAIRE. LE RECOUVREMENT
les stades des étants de ]'autoconstitution, de ]'autoconsdtution en tant DONS LA DIFFÉRENCE. MODIFICA'HON DE MA CENTRA'HON>
qu'egatemporahsé; à vrai dire, cet egoest temporahsé sw un mode primor- (janvier 1934)
dial', et il est temporalisé dons une coexistence(dana un espacemona-
"'.
dique), en daquelleje suis une monade dais le tour monadique, en quoi

[641]
)}'l'« de Eaeondfrimordiale»transformé ultérieurement en {(de façon immanente pour
L'être-pour-moi de I'nutre dons I'empathie, qui opere comme percep.
2. <(primordial» transfomlé ultérieurement en« immanent >>. Rem. de I'éd.
3. <{primordiaux }>rayé ultéiieurement. -- Rem. de ]'éd. tios de I'nutre. De façon immédiate, dons I'expression de sa corporéité
4.« sur un made primordial >>remplacéultérieurementpar <(sur un modo immanent».
Rem. de I'éd.
1. « primordiale >>ultétieurement rayé.
176 177
Knnu(:ViONiNTEKsuBJECTivu TROISIEME PERIODE : 1929-1935

telle que je la perçois, il indique la maniêre dont sa corporéité(la même) M'imaginei transposé n'importe oü dons I'espace correspond à une
est donnéeen tant que chair et, à partir de là, son monde environnant modiâication du souvenir ; de même, cheque coprésent d'une réahté est
<est> avecmon monde environnant co-indiqué, se recouvrant de façon un souvenir transformé qui peut basculer en attente anticipée et en
synthétiquedons les différents modemd'apparitions, ainsi que son com- action, à titre de pouvoir et d'action égolques de réalisation et qui peut,
portement dons ce monde et, sur le mode de I'horizon, son être, qui reste par là, basculeren une perception, une perception future.
dons une indétermination ouverte. Dons I'empathie, la chair étrangêre est présente : elle est là-bas dons
Avec la présentiíicationpar empathie,il en va de même qu'avecle une donation originalement perceptive.Elle m'indique une modiâication
souvenir de ma propre vie dons le passé.Ajors que je vis à présent une vie du souvenirde moi-mêmeà dtre de présentconcret(avecce que
originale(originairement originale) dons le présent, qui se déroule sur le j'ai d'originairement
originalet de secondairement
original)..Donsle
made de la perception de façon originairement originale, de tece sorte comme-si de ]a modification, je suis ]ié à I'indication du corps de la chair
que je peux à cheque bois )eter dessusun rapide coup d'ceiapour la ressai- étrangêre, je ne suis pas un ]e imaginant librement, il ne s agit pas d'une
sír, apparaít au moment mime un souvenir présent du présent de la vie simple imagination qui s'aboht elle-même en tant que telle à travers la
passée'.Manifestement, le moi présent et le moi passé colncident par là réalité effective du vécu. Avec cheque üansformation, avec cheque
même sur le made de I'identité, ce moi en lequesle présent <(effectif)> en mouvement du corps dons le là-bas, se Houve indiqué un comme-si
généra[et ]e présent présenti6iése recouvrent sous la forme d'une syn- j'étais là, comme si je déplaçaisma main là-bas?mais cela est fermement
thêse et dana leur différence même et, en cela, le moi est identiquement le indiqué, si bien que, par là, I'attente anticipéed'un nouveau mouvement
même. La chair perdurant à I'identique, ]e champ perceptif te] qu'il est de la maia est esquisséepar avance sur le mode de I'indication, pouvant
donné sur un mode original, cela rappene le champ présenti6lépar rap- éventuellement se remplir. En tant que modification du souvenir, il
port â ce qul s'en écarteréciproquement et se recouvre alternativement, s'agit d'un mode de validité. Le moi indiqué, présenti6ié,le moi-comme-
de sorte que je peux me transposer soft en I'un, soft en I'nutre. Pourtant, si et existant,estun .zx/ne
moi ; I'être de I'auge,savie, son passéfãit de
souvenirs,etc. est mon propre êtxemodifié en comme-si,de même
ce qui est recouvert reste pour moi un souvenir présent et se trouve prêt,
par mon revirement d'attitude, à devenir int:uitif. 27ex z,ade má#ede qu'une autouansformation de I'imagination(ou du souvenk) est en
/'e/P@a/g/e.
Dons mon présent concret, I'nutre est présentiâé dons une ori- recouvrement constant avec mol.
ginalité secondú'e et à proprement parler /e/!ü/m, tertiaire parce que, à Quant à I'empathie, la chair étrangêre est <<tout d'abord >>une simple
présent, i] faut, dons mon présent comme, d'nutre part, dons ce qui est chose corporelle et, par là, le noyau chosique se trouve en général mis en
présentifié en tant qu'nutre,[642] compter avec tout ce qui re]êve du sou- relief donsla colporéité charnelle,et mis en équivalenceeffective avec
tous les autres coqs qui ne sont pas des chairs. Cela signifie pounant une
venir(souvenir rétrospectif. souvenir partagé,souvenir prospect:if).Nous
modification de<<ma >>centration de toutes <<mes)>affections et actions,
possédons à nouveau une synthêse du présent original (au seno le plus
Imge) avec le présent présentiãé par empathie, un recouvrement dons la de toutes mes activités à double face, de mes perceptions, actions et de
différence. Si I'on explicite, c'est comme si I'étais transposé dais ma chair
leurs modi6icationsantérieuresen tant que souvenirsmiens. Mais, en
de I'ici au là-bas et que je régnais là-bas sur un made charnel dons mes cela, ma <chair> est un corpo comme tout nutre et, ainsi, elle est mise en
possibilités. relief comme chacun des hommes qui sont différents de moi ; à présent,
elle est le noyau et le lieu de passagede I'aperceptionempathisantede
1. Le souvenir est une originalité<{ secondaire )>.Mon présent concret s'articule lui même. ['nutre, en ]aque]]e ]e suis là pour elle. Recouvrement de la primordialité
dons son otiginalité, en ce qui est originairement original et ce qui est secondairement original présentiíiée avec la mienne, la primordialité originale, recouvrement de
178 TROISIEME pÉRIODE : 1929-1935
REDUC'nON iNTEKSUqK(:'i'iVE 179

mes choses primordiales situées dons I'entourage avec celles qui sont pré- kinesthêse de la marche (les kinesthêses de la poursuite du mouvement).
sentiâées là dons le comme-si(comme si elles étaient orientées autour de Ce corps interno contient dé)à une équivocité : il est une unité d'organes,
ma chair, et que I'étais dé là-bas, etc.). Là, je parle toujours de moi. En chacun étant mü sur un mode kinesthésique et sensible. Sur un modo
quoi consiste donc ce que I'on a souvent nommé la coincidence égolque, kinesthésique,
c'est-à-dure
que ]e mouvementest en même tempsun
celle du pele égoíque?Là, je chercheà duremaintenant: il ne s agit de mouvementactif. Tout existant sur le mode externe est I'unité de
rien d'nutre que de la centration charnelle de toutes les]643] <(actions >>au déroulements d'apparitions et d'autres déroulements d'apparitions qui
double seno du terme. Dais le souvenir, je parle d'auto-identi6ication ou peuvent en fãire systématiquementperde. Les déroulements d'appa-
de l identité du pele égolque; il en va de même danaI'imagination. Mais ritions <sont> actifs en verte des direcdons üues de I'activité, et on peut
la rétention n'est-eHe pas tout d'abord(au stade primordial) une modiâ- les épouser. La chair <est> en même temps un coíps, articulé de telle ou
cation continuelle dons laquelle la chair et la cenuation de la chair est en cedemaniêre, et eHeest précisément un organe et un systême d'organes à
modification constante et, par là, en recouvrement? En cela,la chair se travers les kinesthêsesactueHeset potentieUesqui en font à proprement
conserve à I'identique, comme point identique de réíérence des actes pmler partie.
comme zéro de I'orientation. En ce qui concerne I'empathie, eHerepose Tous les intérêts qui surgissentde façon instinctive sont des intérêts
sur le fãt que ]'ai un champ primordial de perceptions ; je suis donc doté mondains ; les kinesthêses charnelles sont en eux antérieures, et sont des
de la faculté(I'exerce un pouvoir sur les kinesthêses)d'amener à une éléments constitutifs de cheque direction de I'acte. Si la chair devient eHe-
autodonation parfãite toutes les apparitions chosiquesparticuliêres <en même un objet en tant que coq)s, un élément quelconque qui fonctionne
I'occurrence, lesa chores, tout d'abord en tant que choses de surface au par ailleurs en tant qu'organe, mais à présent objectif, une kinesthêse est
cepos-. c'est-à-dizeque je peux me rendre partout. Un espacechosique alors à son tour antérieure, elle-même localisée dons la dimension corpo
primordial .estdé)à constitué : je peux me représenter,m'imaginei être à relle de I'organe que I'on dita en cela foncüonnant pour elle. Aussi, tout
chequeendroit, c'est-à-durem'y être rendu. ll y a donc continuité de la changement des modemd'apparitions]644] des corps et de leur unité d'à
modiâicadon du présent perceptif. de la modiâcation continue du souve- cheque bois,le corpo lui-même dont je fàis I'expérience et en tant que tel,
nir, en laquelle ma chair est la même et en laqueUela synthêse d'idendté sont rapportés à des kinesthêses,et celles-cine font elles-mêmesqu'un,
se déroule également #ü les apparitions de I'entourage qui sont à I'arliêre- de façon unique, avec le corpo de chair.
plan, .ce qui signiâe des potentialités des fonctions charneUesqui activent Mais cela signi6te-t-il aut:re chose que le fãit que tout changement
ces objets d'amêre-plan. mondam d'apparitions est constamment rapporté, sur un mode particu-
Comment apparaít à présent I'empathie? Au cours du mouvement lier, à la chair, respectivement, aux kinesthêsesqui sont localisées en eHe?
bi-face de ma chair là-bas, là oü se trouve le cotps de chair étranger,le Si ]'on ajoute à ce]a]'empathie, nous gagnons le monde intersubjectif.
recouvrement par ressemblance s'avêre être conduit comme étant = con et celui-ci <m'apparaít> sur un mode primordial ; en vert:u de ses modem
gruent )>et, ne íãisant qu'un avec lui, le transfert aperceptif doté de la vali- d'apparitions, il est rapporté à ma chair et à mes kinesthêses,et rapporté
dité d'être anticipatrice.Nous possédonspar là une deuxiêmeprimordia- en même tempo à cheque auge sujet qui peut m'apparaitre lui-même, à
lité, mais qui est orientée autour de la chair étrangêre.
'Entre en seskinesthêses,à sa corporéité. Je possêdeun monde corporel et, en lui,
des chairs.
considération pour ma chair le fãit qu'<elle> n'est pas constituée
d'emblée en tant que colps parmí les cotps : les colos externes sono en soi
antérieurs, et le corps.propõe est aperçu comme corpo interne qui n'est
pas encore mü dons I'espace,mü comme des coq)s externes, dons la
Section IV

ANTHROPOLOGIE
INTRODUCTION

Le problême de I'anthropologte se sande en cinq questiona princi-


pales, dont les trois premiêres sont ici dominantes, dont les deux den)iê-
res demeurent latérales :
1/ son abord épistémologtque, oü I'anthropologie est cernée en tant
que <(sciencede I'esprit )>Za/aíeeí#,incluant histoire, psychologieet socio-
logie, et opposée aux dites<<sciences de la nature >>:
2/ 1'expériencede la communauté, dons sa dimension tout à la bois
constitudve(I'émergence du <<Nous») et différenciée : les types de com
munauté, en relation avec la société, le droit et la famille ;
3/ la dynamique de la normalité et de I'anomahe, relayée par la dis-
tinction mobile du familier, propõe,intime, natal et de I'étranger,et
illusuée par les quatre alguresanormales que sont I'animal, I'enfantje fou
et le primitif;
4/ ]a dimension historique générative de I'être humain en commu
nauté ;

5/ le statut du langage : expression, communication, échanges ver-


baux

PREMIÊRE pÉRIOOE (1905-1920)

Trois fixes s'y dessinent, qui recoupent les trois premiêres questions
(épistémologique, communautaire, et de la normahté), ce qui confere à ce
184
INTRODUCTION 185
ANTHROPOLOGIE

IE il:$;R E
óO Normalité intersubjective :

===.=';.fE,:= normalisation et harmonie préétablie ;


bien commun et multiplicité orthologique des sujets;
difKrences entre systêmesorthologiques : I'optimalisation (I'odorat
/ProblémaüqKe @istémologzqme du chien, ]'ceiade I'aigle) ;
de Za a/#ne #/ d? /'epn/(;ppendice XVII) distinction entre la vérité expérientielle de I'intersubjectivité normale
et la vérité logique de I'objectivité mathématique : différence dons le
aO Science de I'esprit/science de la nature. processus d'identiíication.
óO Distinction entre motivation et causabté.

2./ Ontolo@e sociale et sociolo@edesce'btiue.


.e status des di#éretltes commutiautés DEUXIÊME pÉMOOE (1921-1928)

(appendices XVlll, XIX et XX)

Durant cette deuxiêmephase,la problématiqueproprement épisté-


ou empathíque et le savoir réHeúf. anent, qu'il soit perceptif. affectif mologique disparait. Ne subsiste que ]es deux autres questiona, ceHesde
la nomlalité et de la communauté, qui s'y Uouvent approfondies en direc-
. .Z==ie:.'U:='='=H:,'k'E=.=:EHà=:?=f tion, d'une part, d'une étude des sujetsanormaux, d'nutre pan, des diffé-
rentes formes d'empathie communautaire, qu'eles soient sociale, éthi-
que, personnelle ou historique.

=á;==;.:;= ,=.====::m=:=.T=n= 1 / Z)eí J#ge/x


a ama x (appendices Xll et XIII)

norme utidique, diffétence e el communauté ecclésiale: proximité de la aOAperceptíons normale et anormaJe.


óO Présentation de trois types de sujets <(anomlaux)> : 1'enfant.
I'animal, le fou. l
)/ Nonpplalitéet attomalies: dt4 Solipsisme
à rintersubediuité Qexte,n' '14Ü rOLa folie : inscription anormale dons mon monde normal.
aO Normdité intrasubjective : aOL'animalité : déformation d'un être humain, d'oü, par contraste,
optimalisation de la nomialité.
eg Apparence d'humanité : exemple de la poupée de bois ou de cite,

;;;:l:;$r: l=1;:HH==:iJ'==:=t: une empathie anormale

ES i nn:n:::.:;:=:-
187
186 ANTHROPOLOGIE INTRODUCTION

2./ DesjoT7}ns de commnnauté: de la commatlaKtê nat wlk


et immanente de vie aax çomm nautês institzées 'rROiSiÊME pÉRloDE(1929 1935)

(textesn'; 9 et 10: (2mef#gfü/l et ll)

aODifférentes formes d'empathie ; Pour ce dernier moment, on a retenu autant de textes que pour les
affective ; <(se réjouir avec I'nutre )>, <<souffh avec I'nutre >»,<<avoir deux premiers momento réunis. Ces exuaits sont fournis, détaiBés et
et 10 du
peur, être triste avecI'nutre >>; transport émotionnel, portant non pas importants, 'ce qui témoigne, dons la foulée des textes n" 9
sur ce que ]'nutre éprouve, mais concernant le fàit qu'il éprouve ; volume 14, d'un afiem)issement évident de la problématique anta'opo'
influence spirituelle : d'esprit à esprit, se tendre la main pm-delà le
tempo, se rencontrer par-dela la mort : a) Platon : << Ma vie et celle de
Platon ne font qu'un : je perpétue le travail de savie. >>Colncidence de
n:#.= ::.:'==uT=
;==.=Ç4
tardivement i] est vrai, les thêmes de I'historicité et de la communicatlon.
la conscience avec la conscience ; P) Aristote : << Ses pensées anté De paus, même les questions initiales y sont abordées seus un nouveau
rieures agissent sur moi. >>
Empathie pour une personne passée: mon low, essentiellement génétique, voire génératif, puisque la communaute
acte transcende le sien, mais tout à la bois s'y ressowce ; est appréhendée depuis la constitution émergente du Nous et son histo-
délibérée : a) asymétrique, unilatérale : le maiue et le serviteur ; riahsation,et la normalité à partir de I'extensionindéõnie des horizons
P) réciproque : exaucer des souhaits. proches en direction des hoíizons lointains. L'empadlie: elle-même se
trouxe reconsidérée sous I'angle de sa genêse et de ses limites, .dons le
#O Distinction ente'e la communauté natureUe et la communauté souf-
contexte de I'expérience animale et de I'expérience humaine de la
conventionnelle:
france. Cette troisiême période s'avêre par conséquent riche de dévelop-
communautés naturelles d'action : de I'amour, par aspiration com pements novateurs en matiêre de réflexion sur la genêse et les limites de
mune, du désir, de la jouissance, de I'éd)ique (chrétienne), de la I'humain.
famille (exemple du repôs pais en commun, base de la socialité), des
générations entre elle ;
v Ln consütatioti de la normalitê et des attomalies:
communautés conventionnelles instituées : du mariage, des collectivi-
b parüciPaüoti des sqets anollpzaHX à la constitKüoti dK mottde
tés, des associations, politique.
(texte n' 10, appendice VII)
rO Communautés provisohes : linguistique, scientiíique, artisdque,
commerçante. aO Question directrice : comment puis-je,.à partir de moi, index de la
aODifférence entre communauté et société (F. Tónnies). normalité, savoir qu'un nutre sujemest normal? Critêres : perception par
eORale essentielde la personne, et du hen entre personnes,portées empathie, style d'essence concordant, fomle ontologique commune.
pm des convictions, une culture, une disposition, un óaó/í#íÓZex/i9,
une ó9 Constitution du <(Nous>>: passagedu deux(le face à face), à la
éthique raisonnable, et au développement in6ini, par difHrence, d'une pluralité, puasà I'indé6inité ouverte. : .. . ..;..
part, d'avec le su)et de la nature, qui connait des excitations, des besoins, 'r9 Constitudon des anomalies: I'enfant comme connaissantpartiel et
possêdeune pulsion et un instinct comme les animaux, d'nutre part, incomplet du monde, le fou, le malade.
d'avec ]es choses,perdurant sur un mode substantiel.
188 189
ANTHROPOLOGIE INTRODUCTION

2./ Historicité et gÉnérativité


b/Jt4sqt.' oü ua Fe,Watbie ? Son }ouvoir et se$limites
(texte n' 10, appendice Vlll, n' 23, appendice XLVll, appendice LVI)
(appendices XXXI et XLVll)
aOAbstraction de I'historicité et concrétude de la générativité.
ó9 La générativité comme génération: naissance, mort comme évé- aO Communauté immanente, sympathique, natwelle, qu'elle soft
sexuelJe,animale ou maternelle : sociahté non instituée ; panage des sen-
nements eidétiques et non comme fãits contingents, relation des parents
timento : pitié, souffrance ; être partie de ce que I'nutre ressent, non de
et des enfants (monde environnant), des vivants et des morta (tradition) .
r9 Mondanéisation, auto-objectivation, historiahsation et incarnation I'objet de son sentiment.
de la subjectivité transcendantale. óOJusqu'oü va I'empathie avec les animaux ? Communauté familiêre
instinctive avec les animaux supérieurs.
dOSingularité de I'histoire individueUe de chacun, ainsi que son ins-
cription dons des souvenks ancesuaux (croix du mérite, symboles reli-
gieux), oü le présent se Houve originairement transgressé par la tradition uUI U&Ç3 ÜÇÜ bÇ.? +ÇÜ UIIVPa&

vlvante.
/íaa Xlll /í#a X]V HHaV{
5/ CommatlaKté auecsoi-mime et commt4tlai4té
auecles autres
ixtension indé#ttie de I'boriRon commnnantaire Beil.XVll Beil.Xll n' lO
Beil. XVlll Beil.Xlll Beil.Vll
(n'' 24, 27, appendice XXXI) Beil.Vlll
Beil.XIX n' 9
Beil.XX n' lO n' 23
aOLa communauté intima inüapersonnelle avec le moi passé et le n' 14 n' 24
moi imaginé, parallêle à la communauté du monde de la vie : três belle n' 27
comparaison métaphorique, filée, du parcours d'une vie avec la ran- n' 29
n' 30
donnée et le voyage : <<bebes vues >>, << beauté de leur enchaínement >>. Beil.XXXI
ó9 L'élargissement concentrique des horizons à partir de mon monde Beil. XLVll
primitif natal et familier : bel exemple de la chambre et de I'ouverture. à Beil.IL
Beil.LVI
partir de là, des horizons progressifs de la ruelle, du jardin, des maisons,
de la ville, etc. ; deux modes d'élargissement de I'horizon : 1 / à partir du
«dehors >> : fãmiher/étranger; 2/à partir du <<dedans >> : souvenirs
rétrospectifs. AKtres tentesa$éretlts au tbême

Traduits aiEeurs:
4/ 6omm /rnóa é/ eWx?lx/a(n' 29 et appendice LVI)
]2eem11, 1912-1915 (trad. fr. par E. Escoubas, Paria, PUF, 1982)
aO Communauté de la communication (paroles adressées et reçues) et Traduction par D. Franck du texte <(Phénoménologie et anthropo'
communautéinfralangagiêre(souvenirs rétrospectif et prospectif). logie>> (prononcé par Husser] ]es ], ]O et 16 juin 1931). 1] a été publié
óOPhénoménologie de I'expression : l/ langagtêre: adresseverbale ; dons sa version originale dons le H#a XXVll, et traduit en fiançais dons
2/ corporelle et charnelie : signification spirituelle de I'aloure,du com la revue JDB/ZoíaPó/r,
dons un numéro spécial intitulé <(Edmund Hlusserl.
portement et des mimiques. Notes sur Heidegger >>,Pauis, Minuit, 1993, p. 57-74.
190
ANTHROPOLOGIE

-- En cours d'é(ütion :

Kluwer Dordrecht. g SammexxemeT/?f


/927, édition par M. Weil,

,=.:=;=lngl;l=.==n.:S:,ZE==: PREMIÊRE pÉRIODE 1905-1920

[90] Appendice XVll

REFLEXION SUR LE RAPPORT


QU'ENTREIIENNENT LA DEUXIÊME VOIE,
LA VOIE PSYcmoLOGiQUK,ET LA TRolslÜME yOIE,
CELIE DES SCIENCESDE L'ESPRIT,
QUI EST LA VOIE D'ACCÊS<À LA CONSCIENCE
PURE.
LA COMPRÉHENSION DE ]..A MOmATION SPIRITUELLE
ET DE L'KNcnAiNKMKNV DE MO'l'lVATloN
DES ESPRITSINDIVIDUEIS>
<environ 1910>t

Dons la deuxiêmevoie:, je pars de I'attitude donsles sciencesde la


natwe'. La science naturelle veut être une science de la nature, d'une

1. Les pages manuscrites de I'appendice qui suit se trouvent aujourd'hui aux Archives-
Husserl, dispersées seus diverses cotes dons de nombreux 6euiEetsde manuscíits. Mais à
I'origine, ils auraient dü, avec d'autres feuilles encore, Eormerun contexte unitaire(cf. les
Remarques critiques). -- Rem. de I'éd
2. A titre de premiêre vote d'accês à la conscience pune, c'est la voie cartésienne qui est
présupposée(cf. ,fíaíie/Zb## ]] et ]]]). -- Rem. de I'éd. '
3. <Friedrich> Jodl : I'esprit s'enracine dons la natwe ; il est soutenu, porté pu eJle. lí est
lui-même un &agment de la nature. Cf. aussi, en outre, les sciences de I'esprit : de même qu'à
pfopos .desobjets scientiRlques,
la sature et I'esprit, de même n'y a t il pas non plus
d'oppositions exclusives à propos des méthodes de traitement, des sciences juridiques et'des
scienceshistoriques. Toutes les sciencesconstituent une série.
192 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE PÊRIODE : 1905-1920 193

maniêre généra[e,de ]'ensemb]e de ]a nature, qui inc]ut ]es simp]es corpo vécus intentionne[s, et ceux-ci, pour ]e chercheur en sciences de ]a sature,
matériels et les Zaa,<<
les êtres psychiques >>.Et la science de la nature veut, interviennent comme des fàts de I'objet de la natuíe qu'est I'être humain,
donstous les domainesde la sature qui fomie une unité, concevoir I'étant exactement comme, pow ]e physicien, c'est la propriété de I'eau que
comme nécessaire,c'est-à-dizecomme déterminé de façon légaleet uni- d'avoir un point d'ébullition et un point de fusion qui dépendentde la
voque. L'étant individuel est conçu dans sa maniêre d'être comme la par pression de I'air. L'état psychique fãit partie de la nature humaine ; cela
ticulaíisation d'une loi exacte.Si nous regardons les chosesde plus prós sigmnle qu'il est I'une de ses propriétés causales : dons le changement des
ainsi que I'on peut et que I'on est censé le fàire nous butons sur I'idée états, I'être humain est ce qu'il est, déterminablede façon univoque
de la réahté totale, à laqueHe tout objet des sciences de la nature se subor d'aprês des loas causales.
donne. Tout ce qui est effectivement réel quant à sa nature, ou bien ]9i] Ceci étant présupposé, i] est aisé de voir que les états psychiques qui
tout ce qui est réel, est dépendant d'une nutre réahté effective ; les dépen peuvent être effectivement donnés dana I'expérience doivent êüe obser-
dancesconcernent des parties de ]a réa]ité effective, e]]esconcernent ]a vés, décrits, classifiés, tour d'abord absüaction fãte de leur fonction cau-
réalité effective dons sa liaison avec des réalités effectives disjointes ; sale. Et, de là, je passe à la doctl:ine eidétique de I'êue humain(de I'être
chaque réalité effective s'inscrit dons un systême dont les éléments vont humain causal),à ]a doctrine eidétique de la conscience pune.
ensemble de fede sorte que cheque modification d'un élément entraíne .E# (IDPoí/áa à re#? z,o/e le propose que nous adoptions I'at:titude sub-
avec elle des modiâcations fonctionnelles dons d'autres éléments. et ce, jective'. Je considere les relations égolques des êtres dotés de conscience.
d'aprês des lois Rues (dons la nature physique, des lois de forme mathé- Je considere les êtres humains en tant que sujets ayant des raE//aáa#eíet je
matique). Des ent:relacementsde cette sorte traversent le monde entier et considere ]e monde en tant que monde, tel qu'il est pour des sujets, /#/
lui conRrent une unité substantielle causale, c'est-à-dure réelle. Tout ce gx'/Zx Ze dera z,re#/ et -- ils sont familiers de cela --, tel qu'ils pourraient le
qui est, est -- tel qu'il est -- référé à des <<circonstances>>,etc. découvrir dons une << expérience>>plus large(étant donné qu'il est un
La science de la nature veut mettre en évidence les loas de ces dépen- objet intentionne]). [92] Moi-même, en observant les fãits qui se rappor-
dances et fournir les méthodes pmticuhêres qui avec elles en résultent, tent à ces relations, je m'y associe tellement que I'integre tout cela dons le
déjà z'ü leur fondation méthodique, <et ce, aâin> d'effectuer, pour monde que je trouve intuitivement en décrivant, et que je possêdede
cheque fàt concret de la nature dons son entourage concret, I'analyse concert avec les êtres humains décrits, etc., en tant qu'il est #oaemonde
causale,c'est-à-dize, aíin de rapporter ainsi le contenu concret à des com- environnant commun, et que nous tFouvonstous en tant que monde
posantes précisesdes circonstancesdont fãit partie ce fãit, ou bien avec intuitif c'est-à-dure,plus avant, en tant que monde intuitionnable.
lesqueHesil coappai:tient causalement, de sorte que la subordination à la
loi et I' <<explication >>
des sciencesde la natwe puissent êtle à travers elles Je pose à présent d'autres moi, les esplits, et ce, naturellement, au
réalisées. moyen d'une interprétation interne. Des moi auues sont des moi comme
Aussi ['être humain est-i] éga]ement,avecsa vie psychique,nature, et moi-même, et des sujets ayant leurs taxi/a#o#eí,ayant en face d'eux-mêmes
cette nat:urequi n'est par aiEeursriem d'isolé, pas paus qu'aucune nutre un monde (ce même monde) : la chair qui est la leur est un champ de loca-
partie de [a nature, pose ]e prob]ême de ]a ]oi nature]]e, de ]'ana]ysecau lisation de leurs sensationset de sendmentsissus des seno, respecdve-
fale et de I'explication causale.Cela, la psychologie en tant que sciencede ment, de leurs pulsions, tout autant qu'organe de sa volonté. Je suis moi-
la nature veut le mettre en ceuvre.
1. {<Attitude subjective >> n'est plus d'une lisibilité univoque dons le manuscrit
Si nous partons de là, cela fHt aussipartie de la úr#a/#r?l»de I'être I'expression a été bifEéeultérieurement et remplacéepar <(1'attitude égologique, personnaliste >
humain, parmi d'autres chores, que de <<penser >>6raK//a/0,
de posséder des -- Rem. de I'éd.
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE PÉRIOI)E : 1905-1920 195
194

même orienta dons mes raE/ü#a eí vers ces moi qui sono des sujets ayant maniêre dont il est le corrélat de I'esprit, sur le mode sur lequel il est posé
des raE/ía#aeíet, à vrai dure,dons des actes oü le prends position, oü je res- et évalué, etc., par le moi en tant que non-moi, possêde lui-même un carac-
sens de I'amou, de la pitié, etc., dons des actes de communication et des tere de spiritualité :]93] le non-spirituel est un mode qui, précisément en
actes rendus possibles par la communication (les présupposant), de com- tant que corrélat, fàt essentiellementpartie de la spiritualité.
mandement, etc. De la même maniêre, un substrat de pareilles íuE/ía#oeí En outre, il faut ajouter que les chairs soft des choses et possêdent
de cette sorte, référé à leurs .íoa/et à moi-même appartient aux autres sulets leurs propriétés objectives, propriétés auxquelleson peut s'intéresserdu
égoiques(aussi, dons I'interprétation interne, suis-je motivé par le fàit que point de vue des sciencesde la nature. Dons I'attitude présente,nous
dexons àke '. lescbairsjotit parte dt{ mondeQiritKel,de \a mime malüête,
je dois précisément intelpréter cela pour eux). Les relations -- les relations
vlvantes --, qui sont produites par ces actes enfie tons les su)etsspidtuels, d'une part, que d'autres choses en font intrinsêquement partie en tant
s'expriment par le fãt que cheque moi, chaque<(esprit >>se smt appaüemr qu'elles ont une signification spirituene, recevant grâce à I'esprit un carac-
tere signiíiant. Mais, d'auge part, les chairs sont particuhêres, et il leur
en tant que membre à un monde <<spirituel >>,et sesait en mime temps être
le sulet d'un monde de choses qui lui fãit face. En cela, les autres esprits
échoit d'emblée un caracteresigm6lantqui les distingue de toutes les
sont pour moi des vis-à-vis d'un tout nutre ordre que les choses.Les cho- autres chores. Toutes les chairs ne sont pas seulement des supports de
res éDinge9me font face en tant que choses objectives (ISacóe#0, les espnts sensations, etc., et des <<organes )> de I'esprit : elles sont des {( expres-
me font face en tant que je les aborde, ou bien en tant qu'ils sont abordas, sions >>de I'esprit et de la vie de I'esprit et, en tant que telles, elles sont des
supports de signi6lcations, des suppons de signiíications dons toute inter-
en tant que je les aime, ou bien en tant qu'ils m'aiment, etc.Je ne vis pas de
prétation interne qui est condition de possibilité de la vie socialeen tant
façon isolée,je vis aveceux une vie commune, une vie quúa une unite, en
dépit même de tout ce qui peut séparer ces subjectivités. Les choses sont
que vie de la communauté.Enâm, le fãit qu'eles soient des chairs,des
organes entre aussi particuhêrement en considération, dons la mesure oü
inerteset n'acquiêrentune spiritualité que dêslors qu'on leur confere une
les chairs, de leur fMt même, sono des objets remarquables d'évaluation et
valeur, qu'on en fãit usage, etc., et, à cet égmd, elles acquiêrent à leur tour
de traitement(d'évaluation de ma chair et de la chair étrangêre), et elles le
une signi6lcation spirituelle commune dês loas qu'on leur conRre
ensemble une valeuf, ou bien qu'une valeur doit leur êü'e attribuée en sont eu égard à la relation au spirituel. Le simple fãit qu'elles soient des
organes de la volonté leur confere une signiâícation volontaire originelle
commun, qu'on doit en fãire usageensemble,qu'elles servent à une action
commune,'etc. Je peux donc prendre les choses comme des choses objec- (qui ne reposeseulementsur I'inteíprétation interne), et leur confereun
caractere de spiritualité.
tives, mais je peux aussi les prendre comme les substrats des actes spiri-
tuels, comme ce qu'elles signi6ient pour les esprits, comme ces choses aux- Nous sommesalors dansI'attitude de la spiritualité si nous ne pre-
nons pas les choses,les chairs, les sujets consciente comme des chores
quelles les espíits conRrent une signification. Je peux ainsi les prendre
exclusivement comme étant conscientes à titre de corrélats de la cons- objectives, qui sont objectives, mais si nous posons les esprits en tant
cience socia]e, avec ]es prises de position sociales positives et négatives qu'esprits, comme ces moi que nous connaissons en tant que sulets pour
des chosesobjectives, mais pas en tant que chores objectives, que nous
(éventuellement, également, avec la mise en suspens des prise:l de posi-
t:ion), en tant qu'affections. En tant que telles, elles font partie du monde découvrons aussi à cheque bois dons I'/ pfr#a iwé que nous posons dons
I'inspecdon interprétauice interne sur le mode des <<esplits étrangers)>;
de I'esptit. Le monde de I'esprit est un monde d'esprits, c'est-à-dire une vie
et si, en outre, nous prenons les choses et les chairs exclusivement
unitaire, spiàtuelle commune d'esprits individuels. Mais le moi n'est pos-
<comme> ce qu'elles se donnent dons la relation de corrélation avec les
sible qu'en tant que moi rapporté à quelque chose, et toute I'égolté ou la
esprits, en tant que chores pour le moi ou bien pow une communauté de
iritualité est rapportée au non-moi, au non-spirituel, qui cependant, de la
196 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 197

moi, en tant qu'objetsde valeur, en tant qu'objetsjuridiques,en tant


son argumentation. Si je fàs une démonstration erronée, I'en comprends
qu'ceuvres,en tant que livres, etc., et que, de la même maniêre, nous pre
la motivation si je construis la situation dons laquelle s'inscrit la motiva-
Dons ]es chairs comme des organes du moi, et comme des <(expressions >>
tton, et síje montre quere est I'erreur dons daquellese trouve celui qui fãt
de leur vie spiàtuelle, il est clair qu'il s'agit là d'une atitude tout à fâit dif-
la démonstration.Une exphcationcausale,qui indique pour queresrai-
íérente, que s'avêrent là pour nous des objectités, des thêses bien part=icu- sons I'erreur devrait intervenir, n'a rien à fãire ici.
liêres, et des sciences bien particuliêres : les sciencesde I'esprit.
Or, les enchaínements de motivations ressortissent certainement
En quel sensla <<
nature>>
fãit-ellepartiede la sphêrede I'esprit?
aussià la psychologie, précisément en tant que fáts de la nat:uJ:eobjective,
Manifestement, tout d'abord comme en fãt part:ie la sature dont naus
spatio-temporeUe, qui soft à fixei et à expliquer de façon psychologique.
parlons si nous pmlons d'une promenade dons la nature, d'une joie
Et si les enchaínements eidétiques dominent ici le cours des motivations
ressentir à la contemplation de la nature, etc., en quoi personne ne pen-
dera à la nature au sons de la science de la nature. possibles,seusles titres de validité et de non-validité, d'évidenceet de
non-évidence, de motivations embrouillées et claires, etc., cela concerne
de prós le psychologue,si véritablement les essencesdes états de cons-
Or, je puasavoir un intérêt pour un être humain, purement en tant cience entrent en ligne de compte et dans la mesure oü elles entrent bien
qu'il est le lef/ 2eZama//paóa#,donc m'intéresser à sa vie psychique, non
en ligne de compre, mais précisément da i Z#meíwr?aà il veut expliquei les
pas en tant que fait de ]a nature, mais comme une vie dons ]aqueUe]e moi
fàts réels dons leur existencepour I'êue humain réel dons des circons-
se laisse motivem,et seulement dons la mesure oü il se laisse motivem, et
tances données. C'est considérer les chores de façon essentiellcment dif-
m'intéresser à un nutre moi, seulement dons la mesura oü il doit être [94]
férentes [que] lorsque I'on prend ]'être humain en tant que sulet de la
pais en considération d'aprês ]es motivations qui surgissent en lui'.
motivaüon, et purement en tant que tel, et <que> 1'on pose la question
L'apparition de motivations ne doit pas être expliquée causajement, tout
de savoir comment il se laisse motivempar la sature, dona il a conscience
aussipeu que leur fléchissement.Si quelqu'un ne parvient pas à achever
qu'elle est en opposition avec ]ui, ]a natura dont i] a idée dons tel ou tel
une démonstration parce qu'il reçoit un télégrammequi I'appelle à auge
vécu et, par sessemblables, qu'il appréhende de telle et telle maniêre, etc.,
chore, il y a là un processus de motivation. ll en va tout autrement dons
ainsi que, tout autant, par les institutions sociales, etc.
I'exemple oü c'est I'éclair qui frappe la maison et le fait s'évanouir. Le
<<hasard)>véritable I'a dons le dernier exemple interrompu, alors que, La forme desjugementsque I'on a ici produit correspond à I'évidence
dons le premier exemple, une motivation a entiêrement croisé I'nutre. La à desjugementsobjectifs. On dit : <(Jeme suislaissédétemiiner par mon
cause ne dit ici riem qui exigeât une explicatíon réelle et causale. Elle ami, I'ai fait cela parco qu'il a íàit cela, etc. >>Mais, en vérité, les motiva-
renvoie cortes à un fàt réel mais seulement dons la mesure oü la cona tíons ne sont pas des causahtés: je ne me suis pas laissé déterminer par
cience de ce fãit est un élément de I'enchaínement de la conscience en mon ami, mais par la représentation que I'ai de cet ami, par ce que je
lequel subsistela motivation, et dana la mesura oü il faut prendre cons- <<
pense
>>
delui,etcequeje<<
pense
>>
desonact:ion
; et<(déterminer
>>
ne
cience de ceci qu'une continuation et un achêvement des enchaínements signiâíe pas ici <(causer )>au bens de la nature, mais motiver : un [95] <(je
de la motivation de la démonstration sont incompatibles avec une cons- p'nse >>a été moüvé par un nutre « je pense >>'
cience de cet:te sorte, c'est-à-durepermet de ro/IPr?#zõ?
qu'il n'achêve pas
--l' Cf. T. ljPPS, Zel$adeder/)9rÓaZ@P,
2' éd.(1906), P. 29. Mieux : ma primede position
1. Le sujetde la motivation : n'est-ce pasle sujetdu comportementintentionnel vis-à-vis m.. mottvée par mon ami en tant que tel, que )e perçf?is,que je me représente,'que j'imagine de
teve et telle maniêre, que I'apl)réhende de telle et teve maniêre ; il est le corrélat' ' ' de
des objectités déjà constituées(et constituées naturellement au niveau inHdeur), précisément
vis-à-vis du <<
monde environnant >> ? mon vécu, te] qu'i] est présenté pausavant de façon tout à fãt justo. Nous pouvons égdement
dize que la motivation possêde deux versants, noétique et noémadque ' -''' -õ
198 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE PÉRIODE : 1905-1920
199

Pourtant, la maniêre de s'exprimer n'est pas sonslégitimité. Car, dons


paix, etc., que comme le représentant du gouvernement, il craint la per-
I'attitude de la motivation, je suis pour ainsi duretourné vers le jugement sonne en tant que mandataire.]] éprouve aussi la coutume, I'éghse,etc.,
(non pas vers la consciencequi auge),verá S est p et, d'nutre part, verá comme une puissance.
I'nutre jugement, vers I'état-de-chore visé de façon présomptive. Ou bien, Du point de vue objectif de I'historien et du sociologue,les êtres
je suis towné vers la décision selon laquelle, cela, je veux le fãire, cela doit humains sont réels : il y a entre eux des relations véritablement nouées de
al:tiver, parce que X a fãit telle et telle chose l Voilà cet homme insuppor- telle et telle maniêre, telle ou teve objectité sociale existe véritablement. et
table qui descend-- je m'empresse de I'éviter l Le postier arrive je vais à
la tâche est de les décrire de façon générale dana une observation]96]
sa renconüe.
concrête et éventuellement comparative, de suivre la description de leur
Sur le plan descriptif. cela signi6ie: il a vu le postier arriver et(c'est enchaínementfactuel, de mestre en évidence des classesgénéralesde
pourquoi), attendant une lettre, il est venu aussitât à sa rencontre, ou concepts et des rêglesgénérales,etc. : comme dons toute morphologie.
bien. il s'est décidé à venir aussitât à sa rencontre. Dons le cas d'une des-
Si la communauté humaine doit être décrite / ro#mp/o de íaçon histo-
cription complete, nous nommerons les actesde conscienceavec leurs rique dons son devenir et sa dépendance à I'égard des autres communau-
corrélats. La réalité s'inscdt dês loas dons des relations de motivation,
tés (car même les objectités sociales possêdent lew <{causahté)>)
pour autant qu'elle est précisément un objet qui ressoNit à la consciente. . ''
I'intention didgée vens la rama/ÍZe#iü#des enchainements internet erige
Les êtres humainsinfluent les uns sur les autres: non pas simplement en
que I'on s'immerge dons la conscience des hommes particuhers qui y ont
tant que nature physique, mais cependant en tant que réahtés naturelles ;
part: ]usqu'àpouvoir précisémentressentirexactementaprêscoup leurs
maisils le font du fãit que desmotivations sont produites moyennant une motlvations, jusqu'à amenerà la donation leurs conceptions, leurs expé-
entente mutuelle'. Les réalités peuvent donc entrer en relation particu- riences présumées, leurs imaginations superstideuses, pm lesquelles ils se
liêre les uses avec les autres z,ü des motivations. Or. cette << action >>
laissent<( déterminer )>,guüder, attirer ou repousser. Les <<
enchaínements
appartient aussià la psychologie. Mais, si le sociologue et I'historien décri- véritables >>consistent là dons ]e fãit que, dons ]es conditions données
vent, reconstruisent, étudient de façon générale I' <(action >>des hommes telles ou teres représentations,etc., ont été provoquées dons les êtres
dons la vie pratique et communautaire, ils ne veulent pas déterminer les humains (<(sur un made conceptuel)>) et, par là, telle ou t.lle ré,ction
causalités de la nature ; ils veulent fournir une compréhension des enchaí-
ont été motivées,qui ont déterminé le cours du développement.
nements de modvations qui ont eu lieu.(ll resterait encore à détenniner
paus précisément le concept, ici problématique, de motivation, étant
Quelque chore de tout à fãit général d'un point de vue légal concer-
donné que je saisis cependant le concept de motivation de façon si géné- nant ce qui dois être dit de la motivation s'inscrit ensuite natureHement
rale qu'il embrasse toutes les sphêres du phansique.)
dons la science de la nature homologiquement psychologique, et la doc-
L'homme ne <{se >>laisse pas <(déterminer >>seulement par I'auge indi-
trine générale de I'essencede I'esprit en général dois lui servir de fonde-
vidu humain(effectif ou imaginé), mais aussipar les objectités sociales, ment. De même, tout être psychique qui apparaít dons la vie et dons
qu'il appréhende et ressent comme des objectités agissantes,comme des
I'histoire est concrêtement soumis à I'explication propre aux sciencesde
puissances détemiinantes. ll craint le <(gouvernement )> et exécute les la nature.De leur point de vue, I'histoire fonctionne donc comme une
ordres, il ne regmde tel ou tel homme particulier, le gardien de la
collection de matétiaux en vue d'exphcations psychologiques'. En vertu
1. La phrase précédente a été paustafd uansformée de la maniêre suivante : {(Les êtres de la particularité de la dimension spiritue]]e, i] en résulte pm contre qu'un
humains ''influent" les uns sur les autres; non pas comme nature : ils le font du fãit que des
motivations sont produites pm une entente mutuelle. >>
1 . Tnséré ultél'ieurement : d'explications psychologiques au seno des sciences de la natura
200
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 201

type de <(psychologie )>est possible qui ne s'intéressepas à une détemu-


Si tout dons le monde est déterminé d'aprês son existence spatio-
nation des sciencesde la nature, non pas du fãit d'une fãiblessequel- temporene,tour enchaínementdes motivations de cette sobe est' eapla
conque de la connaissance,d'une paressethéotique, mais pour des rai-
un élément d'un enchaínement causal nécessaire,et en príncipe alors seu-
sons eíie##rZZei;eUe s'intéresse bien davantage à la conscience en soi et à
lement un élément, étant donné que, par exemple, la proposiuon conclu-
sesparticularités d'essence,tout autant qu'aux esprits, aux individuo dotés
sive du jugement motive la prémisse judicative, mais on ne voit jamais
d'esprit, aux enchainements spirituels. Dons la sphêre de I'<< humanité >>
que la prémisse judicative, selon son existence, et prise exactement tece
proprement dize, la causalité psychophysique est quelque chore d'abso-
qu'elle entre en scêne dons ]e contexte des motivations, exige la proposi-
lument non perdnent. Les sciencesde I'esprit, en tant que sciencesqui tion conclusive du jugement en tant qu'existence temporene objective-
traitent de I'espíit dons ses propriétés particuliêres, veulent précisément
ment successive,et ensuite, au sens de la causahté authentique dons un
<explorer> 1'esprit, les esprits individuels, et le contexte spirituel inter- site temporel à déterminer objectivement2. Mais si, à présent, le chercheur
nàS='i\!\ae\ . L' aüüité ititersHbjeüue de moüuaüotl et I' êhe-moüué intersi4byeüEfest tltl
en sciencesde I'esprit, en tant qu'historien, sociologue, etc., suissimple-
)stême proPrement dit de relaüons ititersnbjectiues et, ett cela réelLes,des ittdiuidi4s
ment les motivations et étudie simplement les contextes intersubjectifs
Éels, ainsi qu'Kn s)stême etl soi tios d'<{ acüotls)> aü se%sbistorique et sociolo@que. des <(actions )>humaines réciproques, des déterminations motivantes. et
Cette action et cet être-agl n'ont pas le bensde la [97] position spatio-
mostre les dépendances issues du monde des choses, umquement dans la
temporelle dont la déterminationest univoque - de I'existantréelle-
ment et de <la> transformation de I'existant. mesureoü ce demier est donné intuitivement, i] n'est pas pour ainsi dize
un mauvais chercheur en sciences de la nature qui se contente précisé-
A propor du systême des actions de cette sorte, le temps objectif. le ment de constructions imparfãites, incomplêtes.
temps. de la natura psychophysique déterminée par des pendules, par
I'état du soleil, etc., n'inteí:vient absolument pas. Bien plutât, seul entre en La sciencede I'esprit examineI'esprit par rapport à r?g#/ /' /u zed'##
hgne de compte le temps qui appartient de façon immanente aux esprits .paz#/d#z,xeP/rz/xeZ La nature, le monde spatio-temporel, tour cela dem,xx?
et aux déroulements de leur conscience,et qui fàit I'objet d'un échange .país cela n'est pas phénoménologíquement mis hora jeu. Mais I'intérêt
par empad)ie.Ce qui est modvant précêde ce qui est motivé : dans tous scientifique est porté à explorer les différentes maniêres dont le sulet
les cas oü il est <(par suite >>question en un senoréel d'un esprit motivant. egoique serapporte au monde, lequel est un monde e# z,xede sa représen-
Que, si le motivant est donné, le motivé drive être donné à sa place dons tation, de son jugement, de son évaluation, de sa volonté, de son action
cet individu déteminé par sa chair en tant qu'objet de ]a nature et dons ]e [98] les différentes maniêres dont il se rapporte aux choses, à ses sembla-
temps déterminé de façon nature]]e, i] n'en est ici absolument pas ques- bles, avec lesquels il entretient un commerce et avec qui il partage le
tion. Mais entre en dignede compte le íãit que, si I'enchaínementdes monde des choses comme un monde environnant formant une unité :
motivations est établi, lorsque quelqu'un fàit quelque chose parce que cheque être humain fait partie du monde environnant de I'autre. En géné-
son maítre le lui a commandé, I'événement <(agtt >>dons le disciple, a sa ral, les chores qui sont pour moi le monde envirorinant sont également
cause dons I'ordre du maitre : I'événement apparaít suite à I'ordre'. des choses du monde environnant de I'nutre ; en tout cas, ]e peux précisé-
ment avoir en vue des relations de cette sorte, dons lesquelles ces choses

1. Husserl avait tour d'abord raturé aprês coup le paragraphe précédent, puis il a cepen-
dant à nouveau effacé la sature et noté cecil <<
cela est fuste si, pour I'ensemble de la discussion
] a en vue, non pas I'histoire dons tous les sens du teime, mais seulement les actions historiques I'éd. est» ultétieurement remplacépu « peut être objectivement saisien tant que ». -- Rem.
spiritueHesd'espát à esptit. >> Rem. de I'éd. ' ':
2. Dons I'être monadique individuel ne rêgne précisément aucune univocité.
202
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920
203

[98] AppendiceXVlll

IA DONATION 0'0qECTiTÉS
ET DE CONFTGURAllONS SOCIALES CONCRÊTES.
ET IA CLARIFICATION DES CONCEPTS QUI S'Y RAPPORTENT.
ONTOLOGIE SOCIALE ET SOCTOLOGIE DESCRIPTIVE
<autour de 1910>

Si, dons une sphêre déterminée, pmce qu'elles me sont données.


m'est procwé un accêsà des concrétions détemlinées, à des mariages,
des fãmiDes,des coutumes Eamilialesdétemlinés, à des]99] amitiés,'des
associaüonset des coutumes associativesdétemlinées, des cerclespro-
6essionnels,des Cotporations détemiinés, des religions et des coutumes
déterminées,
etc., je puis indirectementformar en moi-mêmesur le
mode descriptif -=pzaI'empathie -- des représentationsintuitives toujours
Les acres consütt üjs de la socialité, les antes de {{ Communicatioti }> plus exceptionnelles,ou bien des représentationsfelativement intuitivos.
pamellement intuitives des autres,ou bien encore, Jepuis comprendre la
description. ]] se peut que la compréhension soft tout d'abord vague,
quoiqu'elle soit suffisanteen vue de la compréhension,par exemplela
lecture du journal; mais .la compréhension peut ensuite, si les concepts
possêdentleur fuste fondement intuitif. si les mots sont reliés à des dis-
posiao?s correspondentes,donner le tour à un approfondissement,à la
possibilité d'une compréhensioninterne, d'une élucidation et d'une clad.
fication qui amênent pour moi I'objet social concerné à une donation
lntuitive, conformément à son essence.Je possêdeensuite Zeú if#.r,»/#üF
ápeme/ /ÜÜé d# ra rP/ íaóüz/fp remélJe comprends en vivant pleinement
les groupes de motivations <(sociales>>qui font partie d'une objectité
socialede cette sorte et, en particulier,'je comprendscette objectité
sociale dons sa fonction sociale englobante en poursuivant précisément
les enuelacementsde ces enchainements,ce qui reconduit à son tour à
des enchaínements de motivations volontaires et d'autres motivations
qui y sont rattachées.En cela, le regard n'est pas ancré dons les vécus
dana lesquels je m'absorbe de façon empadlique, dons la' dimension
204
ANTHROPOLOGIE PREhllÊRE pÉRIODE : 1905-1920 205

Phansiologique:, mais dons la dimension objective: qui s'y constitue. Si je est le fàt que je trouve cela beau et aimable, et tout nutre le regard porto
me represente une amitié, I'éprouve empathiquement la maniêre dona je sur I'évaluation esthét:ique,sur le fàt d'aimer, etc. Et il en va de même
me tourne vers I'auge avec ce sentiment, et lui vensmoi, avec queminté- :daÊxemeat ã. 'çentpaikÃe. Cest ache cbose que de plonger ellOatbiqKement eti
rêt J'accompagne tous ses énoncés, comme si je lui demandais quelque laKtre et de ressentir d'aprês Ini sesposiüons de oaLei4r,sesposiüons uohntaires, et
chore, la maniêre dont il me I'accorde volontiers, dont toute intuition et d'atrai par e rzWz-maxdam.í/'e/2@a/gü, et d'attdbuer alors à I'nutre une cons-
toute position de valeur quelles qu'elles soient que I'un met en ceuvre. et cience dotée de tel ou tel acte.
rêciproquement, trouve en ]'nutre(telle qu'il I'appréhende) un écho, etc. ;
Tout cela est sons doute )uste. Mais, pm ailleurs, qu'est-ce que cela
et tout cela est pensé comme étant I'annonce de sentiments durables.
signiâe? Cela veut seulement dirá que ce qui est mis en évidence et ana-
d'orientations durables du cceur,de dispositions volontaires. de fomla-
tions du cmactêre. etc. lysé au bens phansiologique: en tant qu'acte, est quelque chose qui n'est
donné que dons la réflexion phansiologique et est en fãt étranger à la
Mais ne me rep'ésenté-Jepas par là même des sentiments,des voli- conception habituelle, quelque chore que le psychologue lui-même ne
tions, etc., les miens et ceux des autres ? L'objectíté sociale que je nomme
volt pas en rêgle générale, ou bien n'aperçoit pas, alors que le psychique
ici amitié ne présente-t-eHepas un ensemble, un collectif d'êtres humains
au seno habituei, ce qui torne autoui: de la perception, du jugement, de
qui ont tel ou tel caractereet se comportent cn Conséquencede telle ou
telle maniêre dons leurs sendments, leur volonté, leur action. etc. ?3
I'amour, du souhait, de la volonté sert égalementde rêgle pour
I'interprétation des objectités sociales.
On pourra répondre à cela : oui, d'une certamemaniêre, non, d'une
En effet, si naus comprenons ces<(actes>>au senshabituei, il est par
nutre maniêre.En effet, si I'appréhendeI'nutre comme étant doté de
exemple tout à fMt fuste qu'une amitié ne soit rien d'nutre qu'un coUectif.
voJonté, I'éprouve pour lui de I'empathie, et je I'appréhende comme pre- pour ainsi dirá un couple d'êtres humains, qui ont tel et tel trair de carac
nant fede ou telle décision. Si je I'appréhende comme aimant. comme
tire et teve ou telle disposition acquise, <(en vertu >>desquelles, soit ils réa-
appréciant, je I'appréhende comme cet Zune paul ]eque] teve ou telle
lisent effectivement tel ou tel type « d'accord >>dons le jugement, dons le
chose a de la valeur, pour lequestelle ou 'telle chore est belle et
sentiment, dons les actes de la volonté, soft ils ont une attente I'un vis-à-
aimable,etc. Mais la rÕ&)aa#qui porte sur <<1'acte>>d'évaluationest
vis de I'nutre,donsla mesureoü ils comptenten tant qu'amasI'un sur
quelque chose de différent, et avoir pour projet cette chose qui a de la I'nutre, et les dispositions à I'acre, les actes eux-mêmes en font aussi
valeur est une nutre affMe ; un « acte» de volonté dons I'atd;ude de la
partie, actesen lesquels ils se savent réciproquement íãits de teve sorte,
réflexion phénoménologiqueest quelquechore de différent. et la déci- disposés de teve sorte.
sion qui est I'objet de la volonté est encore une auge affMe. Tout ,utre
C'est ce que I'on peut dure.Car que signi6te: Mon vis-à-vis perçoit ?
Hé bien,<<un objet lui fàit face de tel et tel câté >>.
Ce que cela signi6íe,je
1.« Phansiologique )>ultérieurement remplacé par <<
noétique )>. Rem. de I'éd. le sais três bien, non pas en opérant une réflexion et en amenantpour
2. Inséré aprês coup : <(Noémadque ». -- Rem. de i'éd.
moi à la donation réflexive I'acte au sensphansique, mais simplement en
accomplissantla consciented'une perception et en vivant en elle (ou
bien en vivant en imaginationdonsune perception).De même,quel-
qu'un veut quelque chose, c'est-à-dize qu' <<il est décidé >>.Ce que cela
signifie, je ]e sais üês bien, je me souviens pour ainsi durede moi-même

1. <<Phansiologique» remplacé aprês coup par <<noétique )> Rem. de I'éd


206
ANTHROPOLOGIE PREMIERE PERIODE : 1905-1920 207

prenant une décision, par quoi la décision m'est donnée intuitivement


veaude nouveaux membros,et que nous parlons alors du méhecercle
s une relation que I'entretiens avec moi-même, sansque je doive par- d'amas.Nous avons alors une iaaúél Un cercle littérú'e reste identique,
ticuliêrement [lOl] réfléchir. On pourra somme toute posei la question demeureidentique dons son objectité si d'autres membres sont adoptés
de savoir si, derdêre ce fàit de posséderune perceptton comme telle, et que d'autres se retirent. C'est aussi le cas d'une société de loisirs en vue
<<d'avoir quelque chose en face de soi )>,ou encore, <(de trouver aimable.
de <<la détente >>,d'une coopérative d'achats, etc. ll y a là paus qu'un col-
précieux ce qui me fãit face, etc. )>,il y a en général encore quelque chose
lectif. pausqu'une umté individuelle collective : il y a UHté dons la mesure
ã Houver et à pensei.
oü les membresen questionsont liésles uns aux autresz,üdesrelations
Or, il faut aussiconsidérerla chore suivante: un matiage,une amitié, conscientesfonctionnelles rattachéesà desindividus déte=unésl
ce sont des unités collectives' qui <<
naissent >>de relations<< psychiques >>
Cela est particuliêrement important pour des sociétés de cette sorte,
de cette sorte entre plusieurs personnes et les hent entre elles à 'un niveau
comme pour I'Etat. Ou encore, bien paus,une société possêde, pendant la
supérieur. Nous avons là les personnes qui sont hées les unem aux auUes ;
durée de son existence, toulours davantage de membres, mais, durant ce
nous avons ]eur ]ien, et ce ]ien <<consiste >>
en dispositions et en actes affé-
tempo, elle peut de temps en temps intégrer de nouveaux membres et
rents, en lesquelsla personne A se rappone par des antesà la personne B,
[102] en abandonner(en perdoe) d'autres ; mais e]]e peut aussi demeurer
en lesquels celle-ci se rapporte aussi à son tour en des actes correspon-
constante avec ses individualités. Un cerclelittéraire peut subsister cin-
dants, et ce, à vrai dize, de telle maniêre que toutes deux sont à leur tour
quante ans(c'est imaginable), et de telle façon que personne n'cst nouvel-
également conscientes de cette relation réciproque, ou bien peuvent
lement adopté, que personne ne se retire et que personne non plus ne
I'être. ll en va ausside même là oü deux hommes sont provisoirement hés
meurt. Elle pourrait subsistermimeans et longtemps à volonté de cette
par un travai] commun, ou bien deviennent provisoirement amis, etc.
maniêre, si les circonstances le pemiettent.
0..es dispositions importent ]à aussi de façon essentieUe,dana la mesure
[[ en va autrement de ]'État. ]] appartient à son essence, s'i] doit se
oü I'un ne doit pas toulours continueHement pensar à I'autre lors du tra-
vail commun, et donsla mesute oü, entre le rendez-vouset la mimeen conserveridentique à lui-même durant toute la durée de son temps, que
cheque représentant du<<gouvernement >>,cheque fonctionnaire occupe
ceuvre, i] y a un temps qui est formé de dispositions sédimentées, etc.)
Par ailleurs, tous les bens sociaux ne sont pas des unités fondées de une <<
position >>qui dois être occupée. Si le fonctionnaire meus:t,un nutre
cette sorte ; aussi sont-ils identiquement supprimés si les membres déter- est nommé. Et si cela ne devait pas valoir rigoureusement pour le particu-
lier, cela vaut pour les autorités, les corporations particuliêres, qui détien
minés de I'ensembles'en retirent ou bien disparaítre,etc. Un mariage
n'existe paus si un conjoint meurt, il ne demeure pas le même matiage si le
nent les fonctions essentiellesde I'État. Maintenant,on dirá que la
<(forme du gouvernement >>change constamment dons I'État prus-
conjoint vivant se remarie. ll en va de même de I'amitié. La chore est déjà
différente si un cercled'amasperd un de sesmembreset adopteà nou- sien, etc. Mais nous devons dize que, tant que I'Êtat demeure inchangé, ce
que nous avonsdit vaut. L'unité de I'Êtat est une unité dui'ableet, de
même que, à propos d'une chose, nous avons le regos et le mouvement,
1. Husserl a plus tard rempiacé.<< coUectif» par ç(nouveUesobjectités de degré supérieur )} la non-transformation et la transformation quahtatives, de même en va
et remarqué à ce propor : <<.Ces.objectitésde degré supérieur ne soft pas fondées dons les t-il pour un Etat. De même que, malgré la transfomaation, demeure pour-
objets de la nature que sont les chairs dotées d'une conscience de façon annexe, mais. cela est
sons jacent,.I'homme en tant qu'être égoique m'est déjà donné à moi qui suis danaI'attitude des tant conservée une essence continue, et que, par ailleurs, cette essence,
sciencesde I'espdtlen tant qu'objet.de mon entourage : il est une chair qui exprime un esprit, i]
-- Rem. de I'éd 1. 1)e la même maniêre qu'une chair estla même en dépit du changement matériel. Ce qui
confere I'unité, c'est la fonction psychophysique qui consiste à être porteur d'un moi conscient
208
ANTHROPOLOGIE
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920
209

nous procédons en pensée delafu# rnmóüa/o;a, un procédé apriorique est


p"'m'wssous-jacent:nous
"
' ' ''''""'
prenons a.pàa» conscience des possibilités
par lesquellesnous nous rattachons précisément aux limites de I'empi-

H
)ntolo#e sodate et sociolo@edescripüue
nque et de ses légalités, légalités dont nous pourvoyons par aiEeurs
I'essencedesélémentscombinatoires. ' '

avec les autres. Or: on peut unagtner de multiples combinaisons et de


multiples variétés de communautés sociales,que I'on peut prendre en
'
Dons la sphêre sociale, les unités fondamentales du calcul, ce sont les
hommes pardcuherset lesactespar lesquelsils entrent en relation les uns

considérationd'apresleur essence.Qu'il soir utile de considérera pnod


toutes les possibilités de cette sorte, cela reste prob]ématique.]:n tout
ca$ i],est important d'examiner a.P»a» les formations principales et les
vaHétésprincipalesde I'idée de société,étant donné que toutes les
réflexions générales concernant la valeur de la société doivent être
conduites depuis la connaissance de I'essence de celle-ci. Là oü
I'aspiration pratique à I'idéalisation, I'élévation de la communauté
humaine dois avoir un but fuste, les possibihtésapdoriques des buts doi-
1-. -vens
être considérées et évaluéesidéalement de façon générale. L'analyse
des objectités socialeset la comparaison des diverses formadons qui sont
soft donnéesempiiiquement, soit modi6léesidéellement, conduit aux élé.
ments fondamentaux ultimes de ces objectités et, à vrai dize. étant donné
que, naturellement, les éléments absolus sono des êtres humains, on a en
tête des relations ultimes élémentairesqui existent entre les hommes et
qui, courant d'homme à homme, peuvent former la société. Et il convient
d'étudier les relations qui courent immédiatement d'homme à homme.
pamu lesquellesles formes les plus primitives de société, ]es Formes les
pauspmches de relat:ion et de haison de ces configurations primidves
avecles con6lgurationsd'un degré supériew, par quoi naít purement et
llmplement une société<(organiséede façon plus complexo». On peut
ici, en partant du bas, des faits, progresser, pais passei à la Considération
de I'essence,..esquisser
,{. i'....... ''
. par coiséquent, moyennant '''"une''-saisie
----ub-nuv"
analytique
de
ú-..-I'essence
1.. - et une
' haison
. apri "'' ''--
. )riquedel'essence,uneontologtesystéma--''
tique des données sociales, ad ' ' ''''o'' '/"'--'"
...;.... i'.... . , )pt(lrpar ailleurs un procédé mixte, pour-
suivre I'essencedes formations données,leur construction, leursrrela-
Uons, esquisserpar là des constructions systématiquesintermédiaires à
211
210 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

titre de possibiHtés, construire natureHement, en foncdon de ce qui est qu'un qui <<doit >>si je veux de lui telle ou telle chose, qui s'y est <{engagé >>
possible, des systêmes de ces idées sociales et, par là, moyennant une
librementou bien moyennantrétribution. Et je suis paul lui son maitre,
avec des caractéristiques corrélatives.
explication apportée à la compréhension, amener à son tow tour le
Comment cet êue-maitre/serviteur est-il donné? Je perçois Johann,
donné empirique à une compréhension essentielle.
Nature[[ement, suivent a]ors ]es ücóef d'##e /güde de /'úoZw#o#,[104] mon serviteur. Par là, je ne le perçois pas encore e ü / gxeservlteur, si
tout d'abord la genêse historique des formations sociales et des produits I'on peut udliser ici le terme <<
percevoir >>.
ll s'agit d'une attestation,d'un
sociaux, et également leur compréhension interne. <<remplissement>>.Or, I'attestation réside dans la reconnaissancede B
Une telle compréhensionprésupposela compréhensionpsycholo- selon daquelleil est prêt à suivre ma volonté au regmd de teres et telles
gique habituelle'. Je comprends un homme si je connais son caractere actions, prêt à exécuter telle ou teve obhgation qu'il a contractée ;
(individuel et, de façon générale,humain) et si je puis à tout moment I'attestation reside éventuellement simplement en ceci que Johann
inférer des ckconstancesla maniêredont il agirá,pourquoi il ágil ainsi indique précisément, dons I'exécution de mon ordre, qu'il se subordonne
en ce bens à moi. Mais, bien entendu, cela ne tient pas aux actes momen-
ou bien a agi ainsi. Je comprends le mode d'action : les enchainements
des motivations sono pour moi clairs, et ils sont dons I'empathie clairs tanés et passagers.Je ressens à propor d'autrui tour autant des vécus
actuels que des d@oíiüa#í, des quahtés de son cmactêre, et une te)]e
pool moi'.
empathiene peut se confimler que dana d'autres empathies: tour doit
êüe concordant.
Un groupe de personnes, qui soft liées les unes aux autres de façon
[105]
idendque, peut êue contenu dons une idée et exister en tant qu'unité dons
lew rapport mutuel, paul autant qu'on les appréhende,dwant dons le
temps, comme d@oil/ainzídeJu#rão#í,lesquellesles placent les uses par
rapport aux autres dons une relation toujours à nouveau identique, ou Appendice XIX
rendent possible le maintien de<( la même>>relation. Si je prends par
exemple la relation du maít:re et du serviteur, le maítre veut et le serviteur
<COMMUNAUTE ET NORME>
<(doit >>par exemple accomplir telle ou telle action pour le maítre. ll s'agit <1910>
d'une relation entre deux consciences: A veut telle et telle chore de B, il
attend que cettevolonté deviennepour B un motif déhbéréde fãire ce
que veut A. Et la relation est durable : cela ne tient pas à la particulafité de
la reladon entre les deux consciences, mais, en vertu de la disposition, les Nous considérons I'idée de la société comme une<< associauon >>

deux personnes soft ainsi mises en relation. Et ce n'est pas simplement à d'hommes, tout d'abord comme un concept essentieldons le commerce
proprement parler cela. Mon servitew : je I'appréhende comme quem réciproque des hommes qui sont en relation les uns avec les autres,qui,
dons cette relation, agissent <(radonnellement >>et, en agissant, réalisent
ce qui est rationnel, à savoir ce qu'il y a de mieux, le mieux possible.
1. Pourtant, la compréhension des dépendancesqui se rapportent aux objets sociaux Nous devons ensuite distinguemles cas oü, dons le commerce réciproque
n'est absolument pas une compréhension psychologique, mais I'intuition de ces objectités et de
leurs dépendances.Mais là, il faut un peu réfléchir des individus, les individuo particuliers, en agissant, s'avêrent êue dépen-
2. Comp]ément essentie]dons ce qui suit <cf. appendice X]X>]traduit ici même], en par dants les uns des autres, et oü sutgissent globalement, en vertu de ces
ticulier ceci: le simple commercene fãit pas encoreune unité, I'objectité socialenaít relations oü intervient la volonté, des <<
opérations >>qui sono pour mnsi
d'exigences et de confie exigences.
212 ANTHROPOLOGIE PREMIERE PERIODE : 1905-1920 213

dureconsidéréeselles-mêmes comme des opérations globales, dons la pas de rapports de droits et de devoirs : ce qui dons la langue ressortit au
mesure oü ]es résultats forment une unité, et dons la mestre oü les nom.
droit et au devoir fMt partie de la sphêre de la« coutume >>.
breux actes vo]ontaires et ]es individus qui y sono enuelacés dons la
La langue délimite une unité d'échange,une camaradcrielangagiêre.
société sont partie prenante de ces résultats. ll en va ainsi de la langue, La coutume crée un premier degré d'unité juridique, on pourrait dure, de
de ['art, de ]a httérature, de ]a coutume, etc., d'une certame maniêre. tout
I'umté éthique, une unlté contraignante de devoirs, lesquels circonscri-
en fãit partie, toutes les formations de la culture sociale.À proprement vent de façon normative la volonté de I'individu pat:ticulier et son action
parler, il ne convient donc pas de parler de <(cas>>.Ce qui me vient à opêrent la distlnction entre ]e permis et ]e défendu. ]] s'agtt donc d'une
I'esprit par opposition, c'est le fàit que, dons de nombreux groupes, régulation volontaire uni6iée,qui est reconnue par ]es individuo et est
quoique pas dons tous, il y a une ome roam a#/a/np;c'est le fàit que, d'ordre supra-individuel. Son support, c'est le peuple. Mais il ne s'agit pas
dons cheque individu social, on a cette norme la i Zei.yexx.-Du point de de dormes juridiques proprement dites, car ce ne sont pas des normes
vue de [a coutume, ceia signi6leque <{]'on se conduit de telle maniêre coercitives. Celui qui ne répond pas au salut qui lui est adressé,qui ne
qu'i] faut pairetelle chose>>.C'est-à-dureque, ce n'est pas que chacun « remercie )> pas est un lustre. On peut à vrai dure s'exprimem ainsi : si
agisse ainsi ; cela ne signi6ie pas non p]us que c'est ]e plus souvent
l aborde quelqu'un poliment, je suis en droit d'attendfe une réponse polme
comme cela, mais que cela doit être ainsi, c'est requis. Qui requiert cela ? de sapart, un remerciement en réponse à un salut poli, etc. Mais c'est une
<<
La >>coutume. ll ne s'agit pas d'une exigence subjective. Ce n'est pas maniêre impropre de parler. Qui se moque de la coutume est un
seulementque je ressente cela comme << fuste >>de me conduire ainsi et <<
lustre >>,il mérite et encourt une réaction de mépris, le <<blâme >>éd)ique.
de me conduire ainsi à I'égmd de moi-même : il s'agit d'une conduite Certes? ]es rêgles éthiques sont des commandements <<catégoriques >>,
vis-à-vis des autres, et te]]e qu'i]s ont ]e <{dmit )>de I'exiger de moi, ils mais e]]es possêdent ]eur autorité exclusive dons la <. conscience morde >>.
doivent à fuste tive I'attendre de moi, de même que, dons une situation Les rêgles juridiques sont des rêgles coercitives, c'est-à-dure que ce
similaire, I'ai cette attente vis-à-vis d'eux. Et cela ne se réRre pas à des sono des Dormes que chacun, appartenant à la communauté juddique,
auues précis, mais i] s'agit de rêgles du comportement mutuel qui vaJent reconnait comme obhgatoireset se tfouve contraint, moyennant des
pour chacunet pour dessituationsdu commercesocialen lequel chacun sanctions, d'observei. Para]]ê]ement aux normes de ]a volonté ont couro
peut se situei. On exigecela, une conduite s'ensuit, et une telle conduite
des dormes qui sanctionnent la transgression des normes du permis et du
a le droit d'exigemla contrepartie. ZI/#e##/# d' xÜe ref e/ df ro#/n?-ex rrJ défendu, et ]a communauté Juridique est I'unité qui se constitue moyen-
IKi trauerseKtI'ensemblede la coram na té sociale,qui sottt etl toat premiar lieKjor- nant des rêgles de cette sorte, issuesdes deux types corrélatifs. La compé-
natrices de la commnnat+té,
nn s)stêmede deuoirset de droits, aéent Pt+nité,par tence juridique et les devoirs juridiques, respectivement les sanctions luti-
)PPosiüotl à la single réttniott d'ittdiúdKs<< en commerce>>
les uns auecles autres.
diques font pude de I'unité étatique, et cette umté est précisément une
11en va dé)àdifféremment avec la langue.<<On >>s'exprime de cette unitéjuridique.
maniêre,on parte de cette maniêre dons ]a communauté populaire. On Le droit n'estpasune formation culturelle,qui naif, en tant qu'auvre
fãit cela tout naturellement, personne ne suis ici un devoir ressenteni ne communautalre,comme un simple résultat de I'action concertéedes
ressent une prétention légitjíne par rapport à celui qui prend la parole. hommes en commerce les uns avec les autres, comme c'est le cas de la
C'est seulementsi, dons une culture plus raf6mée,une langue littéraire langue, de la littérature, de ]'art, etc. : i] s'agit d'un ]ien communautaire
éminemment estimée,ou bien ]a langue d'une classecultivée devient la nxe, qui crée une umté en produisant I'unité d'une consciencevolontaire.
ma/7»e,
que naít a]ors une re]ation de ce type. ]] faut s'exprimemainsi. La I'unité des droits et des devoirs, etc. L'État, dit /)Za/a#,est I'être humain en
grammaire ['exige, [106] ]e bon goüt ['exige, etc. Mais i] ne s'agit pouftant grand. En fãit, I'unité de la volonté est là, c'est-à-dize que la loi est une
214 215
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

exigence volontaire qui est émise pour chacun, un ordre auquel chacun a Cessa/ü relatifs à des États avecleis validités sont subordonnés au
dü se soumettre et auquel chacun se sent lié, et la sanction n'est pas
quelque chose qui est exercéede façon mbitraire à I'encontre de I'individu
particuher, mais quelque chore que celui qui entrave le droit reconnait
comme un mal qui lui échoit, comme une expiation de la transgression peuple et d'un État(coutume et droit) ordonnés à des sources pui:ement
qu'il a commise. étlt)iques.Comment une communauté humaine doit-elle .être? Doit-elle
Etat et Eglise sont três proches. L'Éghse est un rêglement luridique être liée de façon unitaire, comment dois-elle I'être? Le devoir interroge
du comportement de I'homme envers Dieu et ses représentants sur la valeur absolue et la valeur suprême. Quelles sont les fomies de com-
Terre ; I'Etat est un rêglement juridique du rapport des hommes entre munautés particuliêres qui sont recevables, voire nécessaires? Comment
eux, pour autant qu'il n'est pas ressenteconsciemmentcomme un i;i..m. ;t 1. m,d,g., Í'; «;-i,*i-;, .t.., d.i«.-t-.H'; êu. ..d.«:é;,
ensemblede relations juridiques par rapport à Dieu. Les deux peuvent réglés, etc.?
« colncider >>,dons la mesure oü le chef de I'Êtat est en même temps le [107]
dépositaire de la puissance ecclésiale, ou bien êue dist:incts. Ensuite,
I'Eglise peut [10'Q instaurer une communauté de croyants (et une com-
munauté juridique) qui recoupe des communautés étatiques.
Egliseet Etat ont leur parallêledonsla rehgionet la coutume.Par Appendice XX
coutume, on peut entendre le comportement éthique des hommes les
uns vis-à-vis des autres, des normas comportementalesqui se réfêrent LES SOCIÉTÉSET COMMUNAU'lÉS HUMAINES
uniquement au rapport que I'entretiens avec mon semblable.Mais, dês <sans doure 1910>

que le comportement se rapporte à Dieu ou à des foices divines ou


démoniaques qui, éventuellement, commandent également le comporte-
ment que I'ai envers le prochain, le prescrivent et me menacent de sanc- Xaã#á gmó/a/@#eí,
vie commune motivée par des instincts originels,
tions, nous avons alors une religion et une coutume religieuse. Mais peut- par une atürance obscure envers les semblables, par le désir que les âutres
on parler sétieusementen ces termes? Difficilement. Dieu exige des soient là, et par le fãit qu'ils me manquent lorsqu'ils ne soft pas là
<<
usages sacrés >>.Ce sono des devoirs dont la transgression est sanc- Sodáú#u#rüa eüí: le rassemblement se fãit parce que I'on se met
tionnée. Aussi avons-naus ici dé)à des relations Juridiques. On peut sons d'accord sur un but commun, voulu par tour, communément plus
doute fãire beaucoup de recherches à ce propos et ptocéder à des caracté ag:éable, ou à réaliser plus pmfhtement. À vrai dure,il s'agit d'un but,pa-
risations scienti6iques. piro/n. Société touristique, cercle httéraire. Association en vue de
La communauté humaine est en tant qu'étatique(et ecclésiale)une I'adoption du droit de vote pour ]es femmes, etc.,[108] .enquoi le but est
unité qui se constitue moyennant des a/7eí et, à vrai dize, des Dormes considéré comme accessible,et comme atteint dons un horizon temporel
dont la vahdité a un cmactêre conscient, qui contlaignent I'action des oroche.
hommes, qui circonscrivent les volontés de I'individu particulier d'aprês Associations, communautés, naífemÓZeme
/l po/o /afwi. But associatif,
les sphêres de ]a vo]onté ]ibre, en opposant ces vo]ontés à ]'interdiction. qui est voulu par tous, qui correspond à une aspiration de la<<commu-
Les dormes valent, elles possêdent une validité sentia (ressentie, nauté >>.Convention. Chacun prend en charge <<sa part )>de réahsation.
reconnue). Mais une convention en vue d'un but à atteindre ensemble n'est pas une
216
ANTHROPOLOGIE
PREMIERE PERIODE : 1905-1920
217

moins claire des valeurs communes, qui sono nées naturellement dons la
vie communautaire, et qui ont été délibérément exhaussées, sdmulées par
maints membres du peuple dana le passé Une communauté populaire
possêdeune mémoire communautaire,un savoir d'auvres communautai-
res, d'exigences communautaires, de valeurs communautaires. Tous ceux
qui ont üavai]]é à ]a propriété communautaire idéale sont sortis de la com.
munauté populaire(laquelle est une communauté d'origine et se trouve
liée par les bens procédant de sent:iments ancestraux [109] : ce qui est un
nutre point important) et sont stimulés les uns par les autres; les ceuvres
deviennent une propriété communautahe, et la propriété suprême motive
alors les suivants à réahserdes ceuvresplus importantes, qui deviennent à
leur tour une propriété communautaire, etc. Dons le peuple, c'est la valori-
sation de ce qui est devenu communautaire qui vit, pour autant qu'une
valeur s'y trouve ; y réside par ]à, vivente, la Joie prise à entretenir ces
valeurs, à I'usage soigneux de la langue, aux belles inflexions <(dons
I'esprit >>de la langue. On s'attache à la beauté, qui est ainsi perpétuée. De
cette mamêre, pour toutes ]es formations de valeurs communautaires, naít
un systême de la rxawn?que le peuple a appris avec âierté à estimer comme
sa pos.sessionet son bien famiher. Y étant afférent, il y a le lien que crée
I'histoire, il y a le souvenir des grande hommes, qui sono<(les enfants >>du
peuple, le souvenir de leurs grandes ceuvres,qui deviennent un modêle
pour de nouvelles ceuvres,pour les intentions délibérées que I'on a d'être
digne des grande hommes du passé. Mais les grands hommes sono de
grands chefs ; et ceux qui se laissent guider, la masse, étant gutdés, se fon-
dent dons les grandes ceuvres,lesquelles ne sono pas simplement I'affMe
du chef: elles proâtent à la communauté, reçoivent ou améhorent la
TT A+ 'W VIL 4VXXLla valeur de leur vie, etc. ; aussi chacun est-i] également âer que I'association
communautaire du peuple, hée à I'unité de la conscience populaire, s'est
ainsi laissé déterminer dons I'action communautaire :

-- antérieur à la culture, le peuple : concentlation volontaire uniíiée.


commencement de /'Eza/, subordination aux maítres, qui créent
I'ordre dons la vie communautaire du peuple ;
-- relation du peuple et de la famille, origine, multiplicité des oligines hées
par une langue communautaire, aussi éclatée soir-elle en dialectes ;
218
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920 219

science fãmihale, üadidon familiale, conscience de ]'origine, tradi- Si tous les citoyens étaient pour ainsi dure extem)inés et s'il ne restait
que leurs enfants mineurs, il n'y aurait plus d'État. À moins que les
enfants aient été éduqués de telle maniêre que, par un enseignement his-
torique, etc., on ait pu leur inculquer à nouveau la conscience nationale, et
qu'i]s aient acquis ]a vo]onté de reprendre en charge ]a tradition de
I'ancienEtat. Mais il y aurait là rupture : la tradition ne serait pas trans-
mise naturellement, mais à nouveau adoptée délibérément sur un mode
radonnel.
Z,-Éü/ de #a/wrp,/ /:É/a/ de ra z,eáa#. Le second : I'État né de façon

$lP$Ü artiRlcielle d'un rassemblement national, d'une association qui forme


I'Êtat. Le premier : un Etat né d'une communauté natureUed'origine, né
en tant que communauté oü la volonté est subordonnée à une autorité, le
chef de la hgnée, le despote, le tyran, etc.
[360]
N 14 il

<NORMAII'lÉS SOLIPSISTEET INTERSUqEC'HVE,


ET CONSTITUnON DE L'OSJK(:l'ivi'rÉ>
(enfie 1915 et 1917)

< \ 'k . Conditionnalité Ps)cboPbOsiqae


et causalité cbameLle cbosique dons FaMtt de soliPsistO'

À présent,il me faut seulementparler de I'aperceptionpersonnelle


dons le moi solipsiste et dons son flux de vécus, puas, seulement, de
I'ceuvre de I'empathie, qui présupposemanifestement puasrequiert tou-
jours à nouveaula réflexion. Ou bien, ce qui revient au même,je meus
partout hors circuit les couchesd'appréhensionqui procêdent de I'ceuvre
de I'empathie, c'est-à-dureque je me considere,ma chair, mon entourage
immanent et transcendant,tel que je le trouve ou peux le t=rouvefdons
<( 1'attitude interne >>.

11est certain, d'aprês les présentations précédentes, que, avec le moi


personnel, naus ne transgressonspas la sphêre de I'attitude interne, si
220
221
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

Assurément, il y a là précisément des difnicultés, et il faut se représen-


ter les chosestelles qu'elles ont déjà un rapport avec I'empadiie. En tout
cas.nous sont donnéesdes causalitésanaloguesentre la chair et d'auues
chores, comme entre les choses entre elles. Si je place un morceau de fer
sur un corps mou élastique, ce dernier cede et le premier s'y imprime, de
façon tout à fait semblable à ce qui se passe si je le place sur ma cuisse et
sur d'autres organes semblables. Un coup de ma main sur la table est ana-
logue, et possêdeun effet analogueau coup d'une chore sur cette mime
tzble : il est simdaire dons sa consistance.Si nous nommons cescausalités
descausalitésphysiques,la chair possêdeun type de réalité physiqueà
titre d'unité d'expériencede causalitésde cette sorte,respectlvement,en
tant que support de propriétés causales: il en va de même pour d'autres
choses, pour des chores externes.
Mais, ne faisant qu'un avec les relations causalesqui existent entre des
choses et notfe chair, des relations de condltion entre des choses et le
domaine de la subjectivité nous sono données [362] dons I'attitude solip-
siste, à savoir une causalité psychophysique. Le corps lourd n'exerce pas
seulementune pression sur ma chair en un sons physique : dons la sphêre
subjective s'y rattache également la conséquence non physique de la sen-
sation de pression et, éventuellement, de douleur ; le réchauffement phy-
sique de ma chair par un corps chaud entraíne avec lui la sensation de
chaleur; le recouvrement de mes yeux par un corps produit à tigre de
conséquence non physique la disparition des aspects de la chose donnés
auparavantsur le mode perceptif, etc.
Par ailleurs, nous fãisons I'expérience que nos activités sublectives
-- délibéréeset arbiuaires -- possêdentune signiõtcation et produisent un
effet dons I'espace des chores. Ainsi, certains déroulements kinesthési-
ques subjectifs, caractérisés phénoménologíquement comme des tendan-
cesqui s'écou]ent, acquiêrent ]a sigm6ication suivante : <(]e bouge la main,
les yeux, etc. >>; et, dons le cas oü le mouvement est délibéré : <(le bouge la
main intent:ionnellement, je la placa déhbérément dans une position pré'
déterminée, je heurte la boule de biHard, je produis par elle -- nutre événe-
ment physique -- le mouvement d'une deuxiême boule >>,etc.
Naus trouvons ici des entrelacements particuliers : A/dons la
mesureoü, d'une part, des vécus subjectifs, à savoir certains da/a sensi-
222

ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

<S2.La pclssibilité de I' attomalie dons I' e>Périe71ce


sol$siste.
Le SDstême
des percQtions oHbolo@ques>

À cela s'ajoutent les nouvelles conditionnahtés psychophysiques, sous


le titre de conditions perceptives anormales, de coíporéité charneHe anor-
male, de maladie corporeUe.
Encore une bois, pour qu'un monde concordant puisse en général
être constituí, les chores qui apparaissentet la chair doivent, donsdes
relations causalesspatio-temporelles qui s'accordent les uses les autles,
paireI'objet d'une expériencedonsI'unité de I'expériencedu su)et,qui se
développecontinúment de façon génétique; en particulier, la chair fãit
dons de multiples circonstancesI'objet d'une expérienceen tant
qu'organe de perception, ou bien en tant que systême d'organes de per-
ception. Dons le sensde ce qui a été développé plus haut, y est afférent
un subsuatoriginaire de conditionnalitéspsychophysiqueset, en même
temps, un systême de causalités entre la chair et les choses, qu'elle perçoit
loas du fonctionnement perceptif de sesorganes.
Si un monde, en tant que réahté effective, doit être là durablement
pour le sujet (ce qui présuppose par conséquent une concordance dons le
cows üe 'çexDêúetKeb, Pêh-constitt+é duns une jortlze déteTrlzinéeet watts un
fa áe a@@e dZZr/7#üéen
fãit par conséquentaussipartie]364] e#band.2Za
r0/7#Za&ax
de Zaróa/r e/ d# ma deex/é»exr.Mais cela n'exclut pas que la rêgle
soir en partie transgressée,c'est-à-dizeque I'on fossela part des choses
entre la conditionnalité psychophysique anormale et celle qui est nor-
male. ll n'est pas nécessaireque toute causalité possible quelconque enfie
chair et chose ait des conséquencespsychophysiques, qui s'inscrivent
dons le domaine des perceptions subjectives conditionnées de façon psy-
chophysique, des aspects qui lui apparaissent, etc., des perceptions cons-
tituant correctement la rêgle normale ou la réahté ef6ective du monde.
Comment cela est-il possible, étant donné, pourtant, que le discours
portant sur la transfomiation quelconque, causaleou réeHe,de la cotpo-
réité charnelle, et ce, dons le contexte de la nature chosique réeUeet chm-
nelle, .P/ú/@Paíesa vérité? Cela présuppose que ce monde se constitue
légitimement pow ]e sujet avec une üansformation causalequelconque
224

ÂNTHROPOLOGIE
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905 1920
225

de la Colporéiormdenelle, pm conséquent sur un mode Concordant dans


constancesde donation avec une main et avec I'nutre : le même morceau
de bois, etc.
Assurément, ce thême -- la chair en tant que systêmed'organes per-
ceptifs, en tant que perception tactile ídula main -: requiert une analyse
phénoménologique paus.précise. Aussi I'unité de I'expérience du monde
est-elletoulours à vrai dire une expériencedes chores externeset de la
chair, mais de ]a chair en relation avec les chores externes selon des arte.
culations particuliêres de I'ensemble du systême de I'expérience, leques
correspond aux exp'essions Suivantes : Je possêde avec cette chair des gT-
/àwefd'a«a ef íe ío»ga,et je possêde une expérience des choses et des
''g'"s ;'nso:leis e«:-mêmes «ü le t«t, la «i;ion, etc., «' moW""/'",.»-
/!a ewe/ zÊIa«a rí d#rle#.r»,par quoi les organesdesseis sont en mime
tempo ope'ants, et sont réciproquement, les uns pour les auues, objets de
{<1'activité perceptive )>: par.I'activité tactile, visuelle réciproque, les mem-
bres de ma chair et ]eu activité dons la perception sont ]à pour moi
Pour autant que, à présent, tous les organes peuvent coagir ie eaçon
nomlale et conTbuer au systême g]oba] de I'expérience du monde, l/íw@/
à I'expérience qui perdure que I'un des organes entre effectivement en
acuon, tandis que d'autres peuvent demeurer au repor. Et il est ainsi pos-
sible que quelques organes, moyennant certames transfi)mlations cau-
salesd'un type inhabituel, lesqueHessont dons I'expétience des données
qui se produisent par I'intermédiaire d'autres organes, aient des consé-

F===H:'=;:==':=':::h=T'=Ü!
I'expériencenormale et correctement constituinte. - ''
Les activités percepüves, considérées pwement en tant que relations
Plrysiquescausales(la facette purement physique de I'action tactile.
olfactive,«isuene,etc.)nego
..-- i. .i..:. . .
'
rt pas
' ' ' '""" '"-''
des relations causales quelconques
entre la chair et les chores qui doivent être perçues, mais il s'agit]366] de
causahtésd un gente typique. Mais la chair, en tant que chose comme
une autre(eHe est ainsi constituée) permet encore une inânité de causaH-
tés au-delà d'eHe, à savoir toutes ces sortes de causalités qui appartien-
nent en général aux choses Physiquement constituées. Si ce qui est
lyPlque est par conséquent transgressé, des conséquences psychophysi-
ques demeurent possibles, qui s'écartent des conséquencestyptques.
226 227
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE: 1905-1920

Mais ce qui est typique est ici ]a liaison de groupes réglés de sensations ception serait orthologique, qui ne recevrait pas de biffage du déroule-
appréhendables et appréhendés en tant qu'apparltions chosiques norma- Ment percepdf futur : ce serait donc une /z#f.
les. Aussi ce qui est atypique conespond-il à d'auues groupes de sensa- Tant que nous tenons un sujet qui contient face à lui le monde spatio-
tions, éventuellementencore appréhendablesen tant qu'apparitions cho- temporel identique en tant que monde réel identique, il nous faut lui atui-
siques, mais tels qu'ils créent de façon atypique une rupture dons la buer depuis le départ un systême de perceptions onhologiques. cl
çl
concordancede I'expériencede la nature.La questionreste ouvefte de En cela, il faut prendre grade au fMt que, dons I'intervalle, correspon' q

savoir si ]a rupture est telle que, par suite de la constitution organique dant à une interruption, desperceptionsqui, powtant, sont à leur tour :1

modiíiée du membre concerné de la chair, il n'y a plus aucune sensadon. éliminéespar biffage ou bien requiêrent un bifEagefutur, peuvent surgir d

ou bien des sensations teres que I'on ne peut paus les appréhender de façon orthologique selos des perdes, des couches, pour autant qu'il y a :1

comme des apparitions chosiques,etc. quelque chose comme une modiGícation, une différence dons la détermi-
Le systêmedes perceptions onhologtques:(par opposition aux per- nation de ce qui est identiquement perçu, qui peut être requis par le couro
ceptions hétérologiques), respectivement des appariüons orthologiques perceptif ultérieur. Si le monde, le monde perçu, le monde dont on fht
q
C
(aspecto?choses visuelles): c'est-à-durede perceptíons teres qu'elles pos- I'expérience, dure toulours en tant que monde, le sujet doit toujours pou'
q
sêdent dans le systême de I'expérience concordante leur placa motivée, et
possêdent pm conséquent toulours en partie (dons telle chore) leur carac-
volt percevoir de façon condnüment orthologique, ou bien doit pouvoir
duire un uait continu de I'onhologie qui procede des extensions l
tere de remphssement ou bien, ce qui revient au même : des perceptions onhologiques antérieufes; et seulesdes perceptions isolées,et éventuel-
{Jwstes». lement, seulesdes couches de perceptions peuvent être concernées,sur le
Cheque perception qui surgit dons un enchaínement de perceptions mode du biffage, par les perceptions ultérieures.
possêde le caractere de la justesse au regard de I'extension de I'enchaí- EtitreEaçemetlt de perc@üotis üs cboseset de cotidiüotinalités psyçbaPhDsiqHes
:
nement perceptif qui la précêde, car c'est seulement relativement à cette chequeperception,orüologique ou hétérologíque,est en relation de
extension que sa thêse doxique peut surgir en étant motivée. Les appari- conditionnalité psychophysique. On peut alouter : moyennant la connais-
tíons se nomment alors orthologiquessi elles sont desapparitionsper- sance expérientieHe de cette conditionnalité, tout ce qui est hétérologique
cepdves d'un enchaínement de cette sorte, par quoi le concept de percep- s'inscrit dons un systêmeüz«/ qui est o!:thologique en un bensélmgi, et
tion est codéterminé pm la daxn. qui englobe toutes les perceptions
La question se pose alors de savoir si cette Formation de concepts est Tel est I'enleu : dons cheque systêmede perceptions ortl:iologiques
nécessaireet possêde une valeur. Des apparitions perceptives peuvent d'un sujet, on Houve des perceptions orthologiques de la chair qui est en
swgir dons des perceptions biffées, en tant qu'illusions, en tant relation psychophysique avec les choses extérieures à la chair, ou bien de
qu'hallucinations ; elles avêrent par là même leur caractere hétérologtque. la chair qui a part aux fonctions perceptives avec les choses extérieures à
De même, le concept de la perception hétérologtque peut seulement vou- la chair. et se trouve en cela rattachée à une causalité réelle, si bien que les
loir durequ'une perception antérieure, dons sa durée continue, ou bien en effets réels des chores dons la chair ont leurs conséquences psychophysi-
veMi de cette derniêre, [36'Q se trouve déva]uéepar ]e cours ultériew des ques dons [es apparitions perceptives. La chair]368] fonctionne de façon
perceptions, reçoit un bifEageen matiêre de dax#. Dons I'absolu, une per- absolument orthologique'(ou bien, fonctionne <(normalement >>eu égard
à la perception), dons cheque cas oü et tant qu'elle fonctionne en toutes
1. Proposé :bien plutõt, tout comme paus tard <voir plus bas p. 379> : adgafi/óe'hg fl antes organiques, de 'sorte que les perceptions, respectivement les
ne p ) Pourquoi une perception présente ne peut-elle pas'êue biffée par une percepuon anté- apparitions, dépendantes d'un point de vue psychophysique, sont ortho-
l 228

7tNTHROPOLOGIE
PREMIÊRE PÉRIODE : 1905-1920
229
logíques. Mais eHe peut fo

que, à míuntes transformations réelles de la corporéité charnelle, qui


intenomp'nt sa normalité(laquelle est un type), se rattachent des anoma-
lies[369] .psychiques et, tout d'abord, des apparitions non orthologiques
puas:ânalement, le déficit de toutes les apparitions, peut-on en condure
que les chores ne sont pas telles qu'elles apparaissent, plus précisément,
que ]es chores données dons les apparitions Orthologiques ne sont pas
telle qu elles apparaissent,et que les apparitions non Orthologiques ont
fina ement tout autant de légitimité que les apparitions orthologíques ?
Celles-ci seréférant à un type de la corporéité charnelle normale, ceHes-là
à un type de la corporéité charnelle ano,mole ?l

11faut être três prudent et réfléchir précisément à ce qui est indiqué par
avance dons le bens des concepts qui entrent en Jeu, et ce, d'aprês leur ori-
gine. À prendre en considération les appanüons concernées ne sont pas
orthologiques.pane g 'elles se réfêrent d;un point de vue psychophysique à
une certame organisation de la chair, que I'on dirá nomlale, comme si le
Plil:!d,"='.p':'F'R'": qF'-'à.::j;"«, « u..«,i. li;l.Ü:l;:' ;;
quelconque ó/p7ki/iíe dons le fãit qu'elle est Conditionnée d'un point de vue
psychophysique par certains processus réels dana la chair réel e d'une cer-
tame orgamsationque I'on dita normale. -B/e#ax ro /za/np
.' un monde se
constitue en tant que réalité effective dons le temps et I'espace, de sorte
que ]es systêmes d'apparitions orthologiques s'inscrivent dana une cer-
jaíne régulation, une régulation psychophysique, ce]]e de ]a corporerté
charnelle Coconstituée, et s'inscrivent à vrai dure dons une condidonnahté
réglée de relations causa.lesde la chair et des choses extérieures à la chair.

::; H ':===z'=:
a:lF===.=::i; par quoi une certame organisation typique réelle de la chair est une présup'
position; si bien que, en outre, lesmodiâcatíons réeHesde cette o''' -
tíon et, par là, de la causalité qui conditionne la conditionnalité entraínent
au conditionnel avec elles d'autres apparitions et des Conséquences diffé -
rentes dais la sphêre de la subjectivité. '' '
Les reLationsPs)cboPhDsiqt+es
ne joumissetlt domesatls doure auctlne occasion
E:Ja':lE:::E:'l=i:
L::«Z:l== -un' ««Ü"'»
" uy.t\.l$i.tb
aPParitionsl>
d.«t.ti«i.l;'a'';:il:='."
'"" ..,. -"
d poititde UHede la tbéoriede la conttaissance,
de rtetKe sux Xe

;::G ;=%.L';.!'===
=::X=i'=== .li.,===-.:';Z::=';:1=H!:=.TR:,::=:;'=1;':=11=,=:.;U8:,
230
ANTHROPOLOGIE 231
PREMIÊRE pÉRIODE: 1905-1920

RG;l,='Elegi;lU:'TIHU
vaus pour ainsi dize pour la forme quahtative,qui est fondée et co-
déterminéepar [a forme spatia]e,et i] en va de même pour toutes les
chores sensibles.
1"-.
r
b.

< \ â.. Passageà h communa14té


üs suyets. l b
Les condiüotis ü possibiZité d'un monde ititersuUedifb' s:
h
en elle-même. ' ' "'õ- r

Qu'en est-il si nous passons du sujet sohpsiste au sujet en communi- tl.


conséquent,les moments des chores sensiblesreviennent tour à
cation inscrit dons une communauté de sujets ? b
fãit naturellementaux choseselles-mêmes,par quoi nous devonsnous
Pensonsà deux ou p]usiews sujets,chacun étant [371] un sujet solip-
à ces choses sensibles-là qui possêdent le cmactêre des données
sisted'un monde réel spatio-temporel, constitué dons sa genêsepropre. '\

opl:nales, ou bien, pour .autantqu'eles le possêdent.Mais c'est là que Puis, cheque sujet possêde son systême orthologique de perceptions, sa (:

réside le relativisme authentique des apparitions, qui se situe dans chair, son monde physique extérieur à la chair et sa conditionnalité psy-
I'essencede la donation de la chose. Ou bien, exprimé tout d'abord dif-
chophysique.On pourrait alors estiver tout d'abord légitime la réflexion
n
n:=:=Z=i=su;t=.'ÜllgãÜ=Ü suivante': en soi, cela n'a aucun sens de parler du fait que le monde
spatio-temporel d'un sujet donné est le même, ou bien n'est pas le même

pn
qui font essentiellement panie de la chose de I'expérience. La chore elle.
que celui de I'nutre. Cheque monde de cette sorte est constitué dons la

!in;:@iÊ8$
même») est une idée, qui inclut en elle des indéfinités ouvertes. D'un
genêsede son sujemen tant qu'umté de írí apparitions, chacun est consd-
tué en tant que monde temporel doté des deux horizons ouverts du passé
et du htur. Pour chequemonde, son tempo objectif est constitué de telle
sorte que, aussi loin que s'étende I'expérience actuelle, il coincide d'une
sommet ou d'un massif. il se peut bien que je me procure à vol d'oiseau
certamemaniêre compréhensible avec le temps phénoménologtque du
etenchangeantdefaçona
.--r...... : - . , ' ' ' ''
:ipropriée de Place une <(image)> unitake
-'---vau
sulet,etc. En outre, il est imaginableque ces mordes, non seulement
d'aprês leur forme ontologique générale(causale spatio-temporelle), mais
d'aprês leur contenu déterminé, soient entiêrement identiques, et il est
6nalement aussi imaginable que les sulets, d'aprês leurs substrato subjec
momento nouveaux des choses sensibles : et ce cadre est une /zúüW-Úz% tifo globaux,leur évolution globale, soient aZ'faZ#we
/ /de /lg ei.
nécessauement un à peu prós, qui ne livre pas une forme géométrique Cependant,interviennent à présent des réflexions dons lesquellesil
fixe, daquelle serait toujours à ' ' ' ''"''' õ""''''UU'
....l;-u,,. ..;. . . nouveau remplie différemment de façon norasfaut éveiBerdes doutes quant à la possibihté de continuer à avoir de
telles pensões,doutes qu'il naus faut par aprêslevei.
La possibihté est équivalente à la simple possibilité de se représenter,
et équivalente à la possibilité de percevoir, à savoir, à tigre de pure possi-
vaut toujours la mêmechore, à tigrede schêmesqui offrent eux-mêm.s
leur tour un cadre pour I'inscription de nouveauxschêmesEt ceia 1. Et elle s'avérera
légitime,cf. p. 376
233
232 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

bilité de se représenterune perception,puis une connaissance. Je peux


certainement me représenter un sujet solipsiste (abrégé: S) en relation
avecson monde spatio-temporel, dota de sa chair dont I'expérienceest
solipsiste au point-zéro de I'orientation, de seschoséités sensibles et de
ses apparitions chosiques qui procwent ]'orientation, etc. Cette représen
tation peut se déployerà titre de «simple reptésentation>>,donc donsla
puneneutra]ité, par conséquent, sons]a moindre liaison aves des thêses
actuelles,pm quoi ce monde représenté est mis en relation avec mon
monde effecdf : je ne fãis aucune hypothêse qui déterminerait les << cho-
res perçues par I'nutre >>à I'intérieur de la représentation neutre, en tant
que je peux en fàire I'expétience,puis le trouver par conséquentdons
mon espace d'expérience, aussi hypothétique cela soit-il et aussi contra-
dictoire cela soit-il]372] avec mon monde, comme je fMs si I'imagine
dans ce monde une choséité spatiale qui n'est pas effectivement là, qui est
donc en contradiction avec I'existant.
Or, il est cependant remarquable que ce <<
monde de la simple repré-
sentation>>,ce monde quasiment perçu de cette sorte(originairement
donné), auquel le sujet sujet de ce monde -- se réfêre quasiment origi
nairement, ce sujemqui, dons des quasi-réflexions, est amené à un regard
objectivant, ne peut pas semble-t-il être transformé en une perception
effective du monde et en une connaissance du monde.
Puis-je, sujet de mon monde environnant, sujet qui vit ces multiplici- ãlt: h:=:';,i:Z=.':=';======:=m
tés d'appaiitions et íbit à présent I'expérience de son monde objectif. pos-
séder un nutre sujet dons une donation originaire, respectivement, ses
multiplicités d'apparitions, son monde objectif. etc. ?
it i,u=ü: :1
soir eüe s'aboht parce qu'elle est conuadictoire avec moi, avec la
1:4H
Dês que je fâs mienne une chose du monde environnant de I'nutre, teneur SI, soit, sinon, elle se t:louve identique à SI ; et, ensuite, je ne pos'
selos ]e mode de donation qu'elle a en apparaissantet qui fait partie de sêdenaturellement pas non plus deux mondes spadaux réels, mais seule-
I'auge dons la multiplicité perceptive orthologique, ce n'est pas simple- ment un, précisément le mien. .
ment une chose semblable qui est donnée dons mon monde spatial, mais <l/> Exprimé de façon plus générale : Un S ne peut pas connalue
une chose ide iüg e. L'ensemble du monde spatial de I'autre, respective- un nutre S dons une expérience originaire, donc z'/a<(la perception >>; un S
ment, ]e systêmeglobal des apparitions et des perceptions orthologiques B:.=LL.:.:.t :.
«-l:,í.,. l..i-«êlm', ..«:úu. :« «é'';,«,.!ii;=-:1,"
de I'nutre serait le mien. La transformation de la représentation neutre en à uavers ses aperceptionsun monde spatio-temporel, Zel/e# est macces-
perception transforme le systême constituant du monde représenté en un sible pour tout nutre S (si un tel sujet devait existem). . , .....:-..
constítué
systêmeconstituant de mon monde et, par là, transforme le monde lui- 2/ Si un sujet était sujemd'un flux de conscience, qui n'a
même en mon monde. Ce qui appartient à mon monde est prescrit une aucunmonde spatio-temporel, un nutre sujet quelconque de cette sorte,
234
ANTHROPOLOGIE 235
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

pKSRiSE:Rl=.Ê:=n.==: }attte, siparPrinciPe nti suyetdoitpouuoir en connaíhe iin aHtre. l.e süXet êna=r\get,
pouvons-nous dire également, ne peut par príncipe êü-e objet originaire
d'expérience,ne peut par príncipe )amaisI'avoir été ; il ne peut par prín-
cipe pas fãire partie du domaine de ce que I'ai auparavant perçu ou que
C
i'amais pu percevoir, et il en va de même pour I'avenir. Car cela est déjà
inclus dans nos considérations antérieures à tive de conséquence. Reste C
b
seulementle fãt qu'il s'annonceà uavers des donations dons mon S
h
domaine subjectif. dons mon monde environnant, c'est-à-dizequ'f/
J'a##o#re.pdr
a@@úe íaõa#.Naturellement, nous sommes alors conduits à '\

une annonce dons un maintenant, étant donné que cheque mahtenant


passéest un maintenant qui a été, et cheque maintenant htur un mainte-
nantquivaavoirlieu. '\

[375] En se rattachant à quelque chose qui a été objet d'expérience,


quelquechosequi ne I'a pas été peut être posé comme coprésent,et
I'apprésentation a alors lieu. Mais ce qui est apprésenté dois à présent être
tel qu'il n'aybmaã été, n'estyamair, ni ne sera7amzü pour moi objet de per-
ceptionpossible: il en va de mêmepour un sujet étrangerdoté de son
domaine subjectif concret.
Dé2#r&o /nn lre da /aZede Zaróa/r.' qu'est-ce qu'un sujet peut appré
senter? L'apprésentation présuppose que, même si ce qui est apprésenté
n'a pas déjà été objet d'expérience et, à vrai dize, dana I'enchainement de
I'expéfienceavec celui qui apprésente,quelque chose d'analogue a fMt
I'objet d'une expériencedans un contexte analogue. Si une apprésenta-
tion doit s'ensuivre de façon continue dons le présent otiginairement
constant(sile moi étrangerdoit pouvoir être là pour moi de façon
dwable), celui qui apprésente doit existempour moi de façon durable. Par
conséquent, il est seulement possible que, dons mon domaine d'expé-
rience, un objet soit constituí en tant qu'exü/r re d#nnZ'Ze,
et que I'ensemble
de ma subjectivitésoit donnéeen se rattachant.à cet objet dons
I'expérience.(Ainsi, le temps objectif lui-même fãit I'objet d'une déduc-
tion transcendantale.) Un tel objet, qui dure objectivement, et I'ensemble
de la subjectivité en soi, originairement perçue, ne peut être qu'un objet
constitué de façon transcendente : nous le nommons ürma rgafr» (Ch). Si
à présent, de façon analogtque, un sujet éuanger.pexf anea@Pnáíe#/á.il doit
y avoir dons mon domaine d'expérience d'autres objets Ch', etc., sembla-
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237
ANTHROPOLOGIE PREMIERE pÉRIODE : 1905-1920

D'aprês ces mêsesau point transcendantales importantes, naus pou'


vons du reste bien dire que leur point de départ fut correct'; en effet, cor-
recte fut I'afh'mation selon laquelle deux su)ets solipsistes pou'raient êue
constitués en tant que su)ets de moldes spatio-temporels, de telle sorte
que cesdeux mondes, même en étant entiêrement semblables, n'auraient
rien à voir I'un avec I'autre, de telle sorte que cela n'aurait aucun sens de
pmler à leur propos de chosescommunes.
Cest seí4bmetlt
si detix sqetssonodonsune remarquable{( bar7tioniepvéétablie
)>
rtlaüvement à leurHenêse, de sorte que cbacun dois cotlsütHer eH 1%i-même<{ des cbairs
ítra7igeres)>,et de Jade que cbacKnPe t et dois ks conceuoir qdans une-vê \eica6on
constante dons I'expérience continue) e# Za / g e rga/rx de i#ge/T #ra#Kerx et,
q
allant de paio avec cela, c'est seulement si le déroulement des apparitions
chosiquesest coordonné dans les deux sujets, jusqu'à rendre possible une F
L
empata)ie réciproque de cette sorte, g e /e mande d# /'## der Íw#b/l eJ/ e mê e
telas le monde de taHtíe et üce 'íexs%..
' On pourrait poser la question suivante : ne serait-il pas possible que
des chaks éuangêressoient constituéespour un sulet dons son monde,
sonsque soft en vérité présentaucun être humain étranger?Bien
entendu, cela est possible, ainsi que le montre I'exemple de I'être humain
et de la poupée. Mais ce n'est pas seulement le faux qui, dons le couro de
I'expérience de la chose, est véritablement attesté comme faux, etc. : est
également attestée comme telle la coexisteóce apprésentée du sujet éuan-
ger. Car la chair n'est pas seulementune chose simplement matérieHe,eHe
ne réagit pas seulement sw le piam physique. Elle a un comportement, qut
dépasseI'être et la uansformation physiques simples(réelle et causale).
Simplement, la dimension physique abandonnée à elle-même, dépourvue
d'esprit est une <<machine >>qui s'arrête, et là oü la dimension physique a
le style de déroulement d'un organisme humain vivant, un sulet doit y
être adjoint en sus.

1. Zow/z?Zzpeut manifestement être déduit transcendantalement. 1. Cf. plus haut p. 371


239
238 ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

à uavers des jugements de comparaison(des équations de couleurs, etc.),


(\ E). La mKlt»licito ortboLo@qt+e
des aQects
:H tant qHe biett commüti de loas les suyets, et I'attor7}zalite» Or, nous avons jusqu'à présent privilégié un ómi(üz/, qui est lui-même

L'identité du monde intersubjectif repose sur I'objectivité inférieure


des aspecto et des choses sensibles constitués en cheque subjectivité (les-
quels sont des umtés de multiplicités d'aspecto).L'nutre possêde, dans
un nutre mode de donation, les mêmes chores de I'expérience, c'est-à- :ãã=:::=;n:==J=v==:;=
s.,l=:=
'cas normal est le cas selon lequel cheque sujemcommunautaire possêde
dire qu'il fàt I'expérience d'autres aspects des mêmeschoses, mais qui
en fmt sur le plan communautaire la même multiplicité orthologique
sont individuellement les mêmes que celles que I'auge(ainsi qu'il le pose l
tour d'abord sur la basede I'empata)ie)
posséderaitdons I'espaceen dapparítions(la muldplicité d'aspecto et, pm là, chacun possedeZ#mébe
changeant de <<place >>.Mais nous possédons tous deux exactement les subsuat originaire en matiêre de conditionnalité psychophysique.
mêmes chores sensibles,les mêmes déroulements motivés des chores Néanmoins, I'empathie peut subsistem,respectivement peut demeu-
rer en subsistant, si la subjecdvité empathisée -- du câté du monde envi-
sensibles en tant qu'états chosiques réels, les mêmes réalités chosiques.
i mKlt$1idté in#nie des aQectspossibks (motiués) (dela mult$1icité ortbolodqae l) ,onnant spaüal - n'est pas tout à fàit la même, si elle n'apparaíl:pas de
de façon
st d'tIRe certamemattiêrele bien commnnde tons les suyets.h. pulül acne, Üia- íaçon tout à íãit similaire à ce que nous présupposions et .ni
cun possêde nécessairement, dons son expérience, d'autres membres et tout à fãit similaire à ce qui se trouvait motivé dons la simple empathie.
d'auues déroulements, et cela, <(simultanément )>pour un seuset même Pour moi, un monde réel dwant de façon continue dons ses fonnes de
temps objectif commun, auquel ont <(part>>les individus. Un sujet ne .éahtéest constituí moyennant un systêmeconcordant, à savok ortholo-
sensibles. La
peut pas avoir en même tempo deux aspectsde la multiphcité ortholo gique de perceptions, respectivement, d'aspects, de choses
gtque, mais une pluralité]378] d'aspects, répartie dana différents sujets, même chose vaut pour un nutre sujet communautaire ; mus son systeme

peut et doit être simultanée,s'ils font en même temps I'expérience des orthologtque n'a pas besoin <d'>être exactement <(le même>>que le
mêmes choses. mien. Nous nommons <(humamté normale >>une plurahté d'hommes en
communication, pour laquelle, <(en rêgle générale)>,les sulets pos.sêdent
Cheque sujet communautaire est naturellement d'emblée un sujet
psychophysique; tout d'abord, chacun possêde un substrat originaire de é wál?e[379] systêmeorthologique, et pour laquelle des sujets dotés d'un
conditionnalité psychophysique ; chacun possêde, référé à sa chair, ses systême orthologiquement déviant sont des <(exceptions >>.Le<<en íêgle
genérale)>renvoie au fãit que les hommes, pour s'entendre avec d'autres
multiphcités de sensationset, par là, des aspects,etc. La chair de cheque
sujet communautaire ü// a .pda» être du même type sensible; il s'agit hommes, présupposent habituellement la même orthologie(ils peuve=t telle
d'une condition de possibilité de I'empathie, et cela est sansdoure relati- donc, à cet égard, se façonner des habitudes z/lala régularité d'une
vement constant pour chacun des sujets,et ne se modiâe que progressi- érience), et que des cas difíérents ne sufvlennent .normalement qu à
vement. Des transformations anormales,dont fãit I'expérience,dans la titre de déviations par rapport à la rêgle. Pourtant, cela n'exclut pas que
ã;'.;;;=,Éi:«-Ü fa.'Ü;;, qü «-'é':' p'":bl' "":' "mp""';" pl"
nature, la chair d'un su)et,peuvent entraíner avec eles des conséquences
de différentes sortes, mais anormales et réglées, et cela aussi peut fãire précisedes systêmesonhologiques, mettent également e.nrehef des dif-
I'objet d'une empathie, pour autant que rêgnent là des rêgles générales, Letences en gana nona)te -Àinsi, I'o#bohgje identiqHen'est-elleetl gÉtiéral
alors que des différences individuelles peuvent indirectement s'annoncer qH'Hne idée.
240 241
ANTHROPOLOGIE PREMIÊRE pÉRIODE: 1905 1920

Mais comment les êtres humains peuvent-ils parvenir à une entente tõt pmler du íãit que le général,d'un point de vue typique, ce qui relêve
donc former une humanité,s'ils ne constituentpas un seul et même de la moyenne, est une mesure compréhensible, par opposition a quot
monde, et comment peuvent-ils constituemun seuset même monde s'ils naus trouverions mis en relief I'infranormal et le supranormal.
l possêdent des systêmes orthologiques différents ?' Comment peuvent-ils
éprouver de I'empathie pour difKrents systêmesorthologiques? Cela ne int:uitive posée nalvement dons I'empathie(cette communauté est
contredit-i] pas la possibilité de I'empathie ? motivée en vertu de I'apercept:ion)s'annonce à travers la non-concor-
Manifestement pas, étant donné que nous connaissonstrês bien et dance d'énoncés que chacun oriente par rapport à son expérience directe
comprenons aisément les choses à partir de notre expérience empa- - en particulier, de jugementscompmatifs. Les conditions de I'entente
thique. ll doit naturellement existemune certame orthologte, provisoire et
r--- ' ' '
soft déjà remplies, si /'apare es
Econstituénormalement,laformespatiale
. . ,:..
interchangeable.Mais cela n'empêche pas que I'un ne voie pas les cou- et les composantes intíinsêques dons une certame mesure, pour ainsi dke
leurs, que !'nutre voie nomaalement les couleurs, et que subsistent de tou- selon ## seno, alors qu'elle fãit défaut pour I'auge, ou bien ne sufGit pas
tes parts desdifférences que I'on peut démontrer dans la conception des tout à fãit, etc. .
coloria. Et il en va de même dons les orientations les plus diverses de la Tout d'abord, les anomaliesqui se présentent comme des contradic-
l sensibilité. Naturellement, cheque sujem,également celui qui ne voit pas tions des expériencesque font différents sulets des mêmes choses(qui
les couleurs, possêde néanmoins, par conséquent, lo# orthologie : il cons- apparaissentdonc comme dotées de compo:antes mtnnsêques qui se
titue bel et bien son monde de I'apparition, et ce monde qui y apparaít est contredisent : pow des sujets différents) sont résolues sur le sol de la nor-
le z,ézlía&/e
monde. Assurément, il est anormal au sensqu'on a dit. Mais il malité : ce dont <(tous )>les hommes font I'expérience (et, à vrai dize: de
serait nomlal si la plupart des sujetsle ressentaientcomme tel. Tout ,u façon concordante, orthoesthétique, chacun pour soi et tour s'accordant
paus, on pourrait objecter que, en comparant les différents systêmes ensemblede façon réciproque), c'est ce qui est vrai ; si certains le trou-
orthologiques, nous trouvons des différences du mieux au pire; le gí/êwe vent ailleurs, c'est qu'ils ont I'esprit de travers(leur sensibilité est défec-
aP/Ima/pose une préséance, à savoir qu'il présente la paus grande partie de tueuse, comme le mostre I'expérience). Mais on ne peut pas.en restemlà.
la <(chosevéritable>>,la richessela plus grandedes différencesqui lui D une part, chacun fãit de façon concordante I'expérience de ieí choses
reviennent. C'est pourquoi, nous, étant normaux, nous distinguons, en atiales, et doit, dans I'empadlie qui se conGinnetouÍours à nouveau,
tant que nous sommes, d'un point de vue sensible,les plus parfaits, ce poser d'autres êtres humains, qui font pareiEement pour ?oi, de façon
que I'anormal confond s'il est assignéà sa propre expérience,à son sys- concordante, I'expérience des mêmes choses et, dons une large mesure,
tême de I'orthoesthésie:. ]380] C'est assurément fuste : mais nous ne pou- les énoncés et les énoncés préalables sont de part et d'autres en accord,
vons pourtant pas orientei le concept du normal en fonction des indivi- avant tout relativement à 'la spatialité et aux conséquences causales.

dus isolés, étant donné qu'il y a bel et bien, de íãit, touJows à nouveau du D'nutre part, demeurent les désaccords. Mais une seule et même chose ne
« supra'normal >>tout autant que de I' <<
infra-nonnal >>,et nulle part des peDEpas posséderdes propriétés qui ne s'accordentpas' Les chosessont
limites 6uesque nous poumons fixei concrêtement.Nous pourrions plu- identiques, elles possêdent les mêmes propriétés, les mêmes proPnêtes
spatio-tempore]]es, mais]381] des propriétés sensibles changeantes, qui
1. Ne dois je pas parler d'aspecto od»oiígc8@ef, d'orthoesthésie ? sont de leur câté dépendantes des suÍets et des chaL's des sujets. Pourtant,
2. Cela sembletout d'abord être un. complément important au concept de normalité I'idée de la même choséité continue à tenor ferme, et à tenir complête-
Mais, même en tant qu'idée, I'oPJzm//m est bien à peine uti]isab]e. Ou bien peut-i] êue délimité ?
L'ceil de I'aigle? L'odorat du chien, etc. ? Le nombre des bens? Ou bien, doit-on ici supposer
ment dermeà partir du point de vue de la sature mathématique physique,
une << idée .fna#.fr?#Za/z/a/e
>>au sens kantien ?
et de la dépendance de toutes les choses sensibles en tant que <(simples
242 243
ANTHROPOLOGIE
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

apparitions )>des véritables choses(de la nature mathématique) de la sub-


[382] Les sulets ont aussi reçu, avec le monde <<objectif» le monde
jectivité changeante, médiadsée par la causahtédes choses avec la chair
(toutes deus étant considérées d'aprês leur être-en-soi).

= \ G. L'objeMuité matbématique Logiqt+e


:ti tant qu'i71tersHqeçtioité
ttécessain,
l)ar oPI)ositionauecla maltQlicité gie et à SI'ammblêmes' tionnalité psychophysique, des relations
ie di#êretlts s.)stêmese) érientiels ortboh@qwes des suyetsisolés> íonctionnelles qui mettent en relation la réahté charnelle et les événe-
mentsde la sphêre subjective, en particuher les mutations des appariüons
Cela conduit donc à une nouveHeconcepdon, qui ne peut plus être à chosiques et I'ensemble de leurs systêmes orthoesthésiques, cette
prfsent une nouvelle<( aperception >>,un nouveau degré de perception, de ampleur surgit seulement sil dons I'expérience, de multiples transforma-
même que, alors, le concept de présentation, respecüvement, d' <(appan- nons causalesde la corporéité chmnelle normale, avec leuís conséquen-
tion >>
possêde à présent un seno nouveau. Le premier sens est le suivant : cespsychiques afférentes, sont objets d'expérience. En pardcuher, tout le
apparition = Zargo.íe.rei/ÓZedonnée de façon intentionneHe sous de muld- domaine de la pathologie, de I'hétéroesthésie pathologique. .
ples aspects, perçue de eaçon sensible ; le deuxiême sens est celui-ci : ce La constitution de la nature matérielles'accomplit tout d'abord en
qui est identiqueet à détemlinerdonsson identique; ce qui, tout en reladon avecla corporéité charnelle normale, donc pour des sujets nor-
n étant pas perçu de façon sensible,est pourtant conscient comme étant maux. Le regud ne porte pas alors, dois-on dize, sur le plan psychophy-
identique pour de multiples données chosiques sensibles,ou bien pour sique. La chak est touiours là en tant que chore, et le moi est là en tant
divers sujets.Chequesujet constitue son monde, tout d'abord son monde que moi, mais une modi6ication de la position proprement dite du regard
intuitif sensible ; mais chacun a un monde différent. Mais, pour chacun, a est requisepaul que I'on se situe sur le plan psychophysique.Comment
va[idité un monde de ]a natura scienti6lque,qui s'annonce dons le monde donc y venir si, à travers I'expérience d'anomalies, I'attention portée suí
sensibleintuitif et qui se Houve donné en s'annonçant dans les propriétés I'expériencediferente de su)etsdifférents se trouve inflédlie, de sorte
quantitatives.Ce qui est tour d abord donné en tant que monde pur et que les choses se présentent différemment à cheque bois en fonction de la
simple dons la perception sensible ptimaire, et ce qui vaus comme exis- corporéité charnelle et de la transformation de la colporéité char-
tant purement et simplement avec le substrat <(dont on fàt I'expérience nene,etc.? Tant que tout se déroulenormalement,les schêmes,les
sensible )>,cela vaut à présent en tant que {<présentation )>subjective du choses sensiblesont bien entendu poul nous validité comme étant les
monde ; cheque sujet dois placer sous son monde subjectif un monde en choses elles-mêmes, respectivement, comme étant des états réels et cau-
soi : la nature mathématique. saux donnés des chores. Par aprês, nous disons : ce soft simplement des
On a donc une constitution de degré supérieur, qui n'est pas exigée {( apparitions >>, c'est ainsi qu'appmaissent les choses pour le sujet
par les anomahes au sons de déviations pathologiques quelconques, mus concerné.[383]Est-ce qu'il y a'là une mutation essentiellede I'appré-
par les différences de systêmespercepttfs ot:thoesthétiques.Mais cette
constitution s'accomplit. à .travers une úr.pe#íÚ}»qui doit revendiquer une
validité intersubjective, à titre de penséesituée sur le sol de I'expérience
intersubjective. :à.=.:;!.i;==':=:.=.:.#':Ü'i:
tion univoque exacteest fixé
=:$,f5=;=:iil'l'tJT.:\:i:li=::S
244
ANTHROPOLOGIE 245
PREMIÊRE pÉRIODE : 1905-1920

expériences,acquéi:ir une vérité concernant la physique? Si quelqu'un


était si anormal qu'il n'ait absolument aucune sensation de chaleur, ou
bien si anormal qu'il n'ait absolument aucun seno de la vision, jusqu'oü
peut-il aller safesse reposer máeíia/r?me/ sur d'autres qui possêdent de
tels seis ?
l 1] est c]ak que ]es sciencesdesctiptives se réfêrent à une certame nor-
mahté,et qu'elles n'élaborent donc pas une objectivité en soi. Mais elles
ne //é/?m/#e#/pas non paus la nature normale de I'homme à laqueUe elles
se réfêrent. Et e]]es n'en ont pas non p]us besoin. Mais qu'en est-i] de la
description des normahtés et des anomahespsychiques, par quoi
I'ensemble de la sature descriptive fàt alors pai:tie de la normalité en tant
qu'environnement respectif, et pm quoi une mutation de cet:tenature fãit
partie de I'anomalie, mutation qui n'est assurément pas accessibledirecte-
ment au normal et ne peut êue caractériséeque de façon indirecte ?
Une communauté de sujets, qui constitue un monde communautaire.
Chequesujet a ía# systêmeorthologique d'apparitions, io# monde intui-
tif; et i] se peut que ]es systêmesdiffêrent. Mise en relief des désaccords
des jugements comparatifs, lesquels ne sont prononcés qu'à I'intérieur de
chequemonde environnant subjectif, aves chequenutre, moyennant leur
communicadon. Expériences différentes, avec de fortes déviations, des
pathologies.
Pourtant, les sujets continuent à pmler d'un monde, et y dennent bon,
cont:inuent à le connaitre. -b ma de ei/ ##. Les apparitions du monde(les
systêmesorthologiques) sont divers, s'avêrent être dépendants de la cor-
poréité chmnelle, qui seule apparait elle-même, et apparaít diversement.
Si le monde doit être un, e# ía/, par rapport à toutes les apparitions
subjectives,et s'il doit donc être possible d'aborder objectivement des
vérités valables, qui ne peuvent plus être attirées dons le relativisme de la
subjectivité, que cheque être raisonnable doit nécessairement reconnaitre,
il doit y avoir des substrats de déterminations chosiques qui sont accessi-
bles d'une maniêre semblable à cheque sujet, et qui sont par là #ér?iíafm-
mem/communs à tous les sujets,c'est-à-dure,qui sont par príncipe indé
pendants de la relation subjective<< fort:uite >>,daquelle, si un sujet en fãit
partie, implique tous les autres. L'espace, le temps et tous les concepts
purement logiques en font ici partie.
246
ANTHROPOLOGIE

DEUXIEME PERIODE 1921 1928

[119]

Appendice Xll

N'OTES:APERCEPTION NORMALE
ET APERCEP'llON' DES ANOMALIES :
ENFANT. ANIMAL MODIFICATIONS DE LA FOLIE
<sans doute autor de 1921>

Comment I'empattlie peut-ene s'effectuer à propos de I'enfant nou-


veau-néet desanimaux inférieurs? Comment la chair de I'enfant est-elle
appréhendée comme chair, et le moi de I'enfant pourtant pas comme le
moi d'un monde environnant spatial? Doit-on dureque celadépendra ici
des couches différenciab]es de ]a constitution de ]a cotporéité charnelJe
en tant que teve? Mais le degré le plus bas de la constitution de la chose
ne contient-il pas déjà la présupposition de la spatiajité ?
Si I'aperception de la chair est une aperception médiate qui présup
pose dé)à que je possêde moi-même une chair complêtement constituée,
dotée d'un monde extérieur spatial complêtement constitué, et si je puis
déjà appréhender des chairs étrangêresen tant que]120] chairs d'être
humainsen un bensnormal, la question se pose de savoir comment je
puis encore continuer à maintenir des chú-s étrangêres en tant que telles,
en les interprétant par le biais d'une subjectivité humaine(et animale)
anomlale.
249
248
ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928

Comment ma pune subjectivité, qui de fãit est du type de la subjecti-


vité <<
normale >>,peut-elle se modifier de telle sorte que le monde spatial Appendice Xlll
soit perdu de vue, ou qu'e1lesoft imaginabledais une genêsedons
NORMALITÉ ET ESPÊCES ANIMALES
laquelle la spatialité n'est pas encore constituée ? Si I'ai comme point de
départ I'intersubjectivité clari6íée,constituée dons une empathie normale <manifestement, St. Mãrgen, 1921>
à title de communauté d'êtres humains normaux, cheque sujemhumain
est ensuite modifiable dons sa .P:prgêde telle ou telle maniêre. Quelles
variations sont possibles pour que je doive encore apercevoir une chair (Centena > an préalable : h coQorêité cbamelle ttorTtlale et la uie l)s)cbiqt+e
étrangêreen tant que chair, respectivement,pour que je doive réahser üomale, tour cbaqHeoqane, l)otlr Pettsemblede la corporéité cbamelle etPoKr claque
une aperception animale plus générale, respectivement I'aperception ,.p:" ; to«t ét«;««ãé,é h" p'i"ta' "' ««;üt«q..t, Pa. ®ü'l égaleT'"t\.d«
humaine, à titre de <<modi6ication )> de I'aperception normalement poitltde uae transcetldatital. Le problême de h nécessitétranscetidatitale d't+n gstême
humaine, c'est-à-dize que je puisse la vériíier de façon conséquente OQatüqKeet pgcbiqne etl éuolution.
comme une aperception d'objets psychophysiquesdons le monde envi- Normalité. Un monde est constitué en tant qu'univers d'expérience
ronnant?
spatio-temporelle possible, relativement à une corporéité charnelle : un
L'aperception<<
être humain ahéné>>,mais égalementI'aperception systêmeconstitutif de I'expérienceest développéet de toutes pmts
« animal aliéné >>,fãit aussi panie de cette sphêre de problêmes extraordi familier..
nalrement importante. D'une certame maniêre, I'enfant et I'animal sono Dês loas, nous avons, relativement à différents organes perceptifs,
des <<anomalias >>,et ils font pourtant partie, à leur tour, du systême du des différences de présentation. Les mêmes déterminations chosiques
monde normal ; I'être humain normal se développe à un stadenormal de (intuitives, appartenant au phantâme) se présentent.dons divers <<seis >>,
son évolution en partant du stade inidal normal qu'est I'embryon, etc. moyennant divers organes ; en général, les modes de donation se diffé-
Mais cheque être normal de cheque stade et cheque délimitation possêde rencient para[[ê[ement,et sont']121] hés par une indication mutuelle.
son horizon d'anomaliaspossibles. Mais. non seulement les présentations optiques, haptiques, etc., sono dif-
Le problême fondamenta[ est donc ]e suivant : ]'aperception qu'est férentes (la chose, selos la détermination concernée, se donde différem-
« I'objectité anormale>>,1'animdité anomiale, I'être humain anormal. les ment à tel seis ou à tel Zune), mais à I'intérieur du même seis, il y a à
objets culturels anormaux, etc., leur médiation intentionnelle, qui réside nouveau des différences, dons la messe oü, dons le domaine du toucher
donsleur bensmême, le fãit qu'ils réfêrent à rebours, donsleur sens,à par exemple, les organes tacdles spéciâiques(les .divers doigtsl les
I'aperception normale correspondente. livres, etc.) ne sont en rien absolument en accord sur le plan quahtatif. et
dons la mesure oü le damalme
de la difHrenciation est pour chacun distinct.
Maintes choses ne se présentent pas à un seno, qui se présentent à I'aut=re ;
ce qui se présente au doigt tactüe ne se présente pas.au pied tactile, on
perd alors beaucoup, etc. Dons le systêmenormal, cheque présentauon
possêde ses horizons, également des horizons tels qu'ils renvoient pour
ainsi dize aux seis paranêles(aux organes pmticuhers à I'intérieur d'un
type de sens) et à leur savoir optimal. C'est la raison pour laquelle je passe
du toucher avec le dos de la main ou le pied, au toucher avec les extré-
250
251
ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928

Jusqu'alors, nous nous sommes imaginés seuls..À présent, I'enfie en


relation avec les autres, la constitution intersubjective surgit, et il en va
2insi : abstraction falte des anoma]ies que je puisÍ122] éprouver à I'égard
de I'nutre sur le mode d'une empathie intuitive et qui font partie du sys-
tême de la constitution, ce systêmequi a pour moi constitué le monde
dont je fãis I'expériencenomtale et anormaleen tant qu'unité de
I'expérience concordante, je découvre là des daltoniens, etc., ou bien, je
suismoi-mime« daltonien >>,et je reconnais que les auues sont capables
de voir les couleurs. J'effectue une constitution élargie à I'pide de la repré-
sentation <(indirecte >>.ll appartient au monde de ne pas seulement se pré-
senter systématiquement de telle et telle maniêre dons mon systême cons-
titutif originel, et ce, en relation avec les conditions charnelles, mais de se
présenter pour chacun également de diíférentes mamêres, et il est I'unlté
de toutes les présentations effectives et possibles de cette sorte. En fait à
son tour partie I'idée de la déterminationcorrecte, que nous pouvons
tous acquérir ensemble.Mais il ne s'agt plus d'une intuition pour chacun
d'ent=renaus, et il est a .pào» tou)ours possible que de nouveaux sujets
entrent en scêne dons ce contexte et fassent encore entrei dons
I'expérience quelque chose de nouveau dons les choses.
Une telle expérienceconcerne ici toujours les <<
qualités >>,les tenews
des phantâmes, sur I'expérience desquelles repose toute expénence cau-
sale.'Le même monde peut demeurer maintenu de façon concordante
pow dessujetstoujours <(supérieurs)>qui reçoivent toulours <(de lui >>des
déterminations, et je ne peux jamais dize, une subjectivité qui connaít une
telle épreuvene peut jamaisgire qu'il soit absolument certain qu'un sulet
quelconque ne fosse,pZ#íI'expérience de teneurs de déterminations, éven-
tuellement de facettes entiêres du monde jusqu'ici cachées,et à vrai dize
telles que leur appartiennent une corporéité charnelle << supéíieure >>.
Que reste-t-il donc d'une expériencenomiale du monde en relation
avec la corporéité charnelle normale? Naus possédons originellement
«le monde intuitif>>sur un mode constitutif. doté d'un horizon vague,
dons ses modiâcations possibles en corrélation avec les modiãcations de
la corporéité charnelle, aussi bien sur un plan solipsiste dons la forme des
transfomlations anormalesde ma chair et de sa fonction charnelle que,
1. En latin dons le texte. r=?\(ZZy
également,sur un piamintersubÍecdf: ce sont des modi6ícationsque je
252
ANTHROPOLOGIE 253
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928

noJmahté complete, et pourtant se modifier par déviation d'avec ]e type


normal, et ce, dons des types anormaux qui lui sont adjoints(correspon'
dant aux conditions de vie anormales externes qui y sont afHrentes), de
même est-ce également le cas dons une certame proportion sur le plan
psychique.ll y a donc un systêmede <(visions du monde» anormales,
déterminé en tant que systêmehumain des anomahespossibles(mon
Systêmehumain de corporéité charnelle percepdve anormale en fãit
partie à tit:re de corrélat)- On doit présumer que c'est la même chose
pour cheque espace animale.
Dons le cadre de ce parallélisme,I'a@/íw#m
biophysique(par opposi-
tion aux déviations) correspond à la constitution de la vision normale du
monde, de même que la santé est pour ainsi dureI'aP/ímxm.ll se situe dons
la ligne de la téléologie organique. L'anormahté possêde sesdegrés selos
I'inflexion de la téléologie. Ce qui vaut pour I'ensemble des êtres vivants,
vaut pour les organesparticuherset les systêmesd'organes,ainsi que l

pour les systêmesde leur normalité et leur anomahe.


Or, nous voyons que I'être du monde est lié à la coexistencede cor-
poréités charnelles normales, qui de fãit forment un systême graduel,
comme nous le voyons en observant les espêcesanimales,mais comme
c'est également prescrit /dea#/er,dons la mesure oü fãit partie a ,P»adde
I'idéed'une constitutlon nomiale d'un monde la possibibtéque soient
présents en lui des êles de type humain(ou bien des bêtes) qui possêdent
une intuition plus riche et meilleure de ce même monde, et d'autres qui
ont de leur câté une intuition moindre.Tous ces êtres sont par degrés
rapportés à ce monde, dons une expéíience concordante ; tout le monde
a des anomalies,qui ont en chacunleur inscription. Mais n'y a-t-il pas
aussi,comme il y a d'autres folies, une folie de I'intellect, incluant une
folie de la perception, c'est-à-dizeque le sulet concerné ne peut pausen
généralconserverdons sesperceptions un monde unitaire ?
Quelles possibihtés avons-nous ici? Est-il possible que, étant seul, je
me souvienne, lorsque je réaccêdeà la normalité, de ma folie perceptive ?
Une autoconservation
est-ellepossibleà propos d'une fere de cette
sorte ? Pour ainsi durez,ü le som apporté aux autres? On présupposeen
cela[124] qu'il y a bien un monde.Dons quelle mesurela folie est-elle
compatible avec I'existence du monde? Natwellement, tout dépend de la
254 ANTHROPOLOGIE 255
DEUXIEME pÉRIODE: 1921-1928

réponse à la question de savoir ce que la corrélation de I'être du monde


pas une, en I'occurrence: une ap.parenced et pas t:n homme véd
et, tout d'abord, de la natura, contient en elle, et ce que la connaissance table, et pas un être psychophysique véritable:. Une empathie se confirme
possible du monde contient en elle. Si des êtres humains normaux exis- alors toujows à nouveau,il s'agit d'un homme, mais un homme anormal,
tent dons le monde, somme toute, des êtres normaux qui possêdent une et des anomahesde la sensibihtélui appartiennent dé)à, etc., qui]125]
intuition, un monde sous réserve-- est constituépour eux de façon s'annoncent à leur maniêre dons le cadre de I'empathie, daquellen'est plus
concordante, et un monde dons lequel ils vivent eux-mêmes.Mais une elle-même par conséquent normale. Ensuite, la question est de savoir
telle constitution possêde différents degrés, également en tant que consti- quelles anomalies de I'empathie sont possibles, queres modi6ications
tution normale ; et chaque degré possêde au-dessusde iui d'autres degrés autorisent le remplissement de I'empathie tout d'abord accomplie sur un
en tant que possibibté ouverte. Ce dont I'être concerné ou I'espêce mode normal à travers le caractere décept:if des attentes, sons que, pour
concernée font I'expérience, c'est de <<leur )>monde, un monde objectif autant, elle cessed'être encore une empathie.
subjectif. et d'eux-mêmes en tant qu'espaceanimale en lui, à leur maniêre. On avait là présentela chair d'un homme dons son type spécifique.
dotés de leurs horizons ouverts. Une espaced'inteHigencesupérieure Le problême refait surface si nous suivons I'analogte de I'espace orga-
trouve là pour elle un monde plus richement déterminé et, trouvant dons nique et, pois, également, dons cette série, si nous posons la question des
son monde I'espaceinférieure, eHereconnaít sa supériorité et comprend limites et du minimum d'empathie possible, en I'occurrence, des teneurs
par aprês,autant qu'e]]epeut, ]a forme de la donat=iondu monde en tant de I'empathie, éventuellement, du systême dos des teneurs qui sont
que donation de I'espaceinürieure, dotée de teneursde détermination objets possibles d'empathie, auxquels nous assignons, de façon corres-
beaucoup plus pauvres, quoiqu'elles appartiennent normalement à une pondente à une espaceorganique normale et à son comportement nor-
espacenomlale de type inférieur. Si I'homme se t:louve faceà un fou. une mal, une intériorité normde, et ce, d'aprês les folies de cheque espace.de
telle anormalité peut elle-même s'inscú'e dons le systêmed'expérience cette sorte. N'est-il pas ici nécessaire, pour obtenir e / /fP/úiz#a# g#e/'ox
normale de I'homme(I'anormalité qui, selon la possibilité, peut être .pew/ú@pná»e
der Jãe i!#g eme#/,de pénétrer dons le royaume des modiâca-
d'emblée appréhendée en tant qu'anomaalité charnelle, en tant qu'anor- tions idéalement possibles des donations solipsistes propres de I'inté-
malité parallêle d'aprês I'analogie d'autres pathologies). Mais la question riorité elle-même, et de construirá ici des types, de distinguemici des cou-
se pose de savoir ce que la possibilité d'accomplir encore en général une ches. de modiHler les couches, des couches fondauices en fonction de
empathie présuppose en tant que minimum. leur caractere détachable unilatéral possible, d'apprécier leur relative
indépendance,comme les Anciens I'ont déjà fàit de façon assuréemus
EnOatbie ttor77zate et attoTplzale
abrupte avec la distinction des parties de I'âme: ?
lia etl tant qu' e>Périencepnrement somatologque)

Ne devons-nous pas distinguir entre I'empathie normale et I'empathie 1. ,d Non-confirmationpar abolition de I'empathe,biffage. de I'âme apprésentée
;
#yNon confirmation par détermination différcnte. Mais naus avons.ici fait ressortir un cas pm .
anormale ? Dons I'empathie normale, J'appréhende la chair en tant que dcuher. La {<percepdon >>normale apprésentative(complêtement intuitive) consiste.en cecij
chair d'un homme, et I'apprésente un a a/i a de ma subjectivité et de mon I'auueestperçuentantqu'ilp . tel ou tel monde environnant,
erçoit .. . et en. cela
,-. reside le...J..-::..
fãit que je
monde environnant intuitif-- simplement <<en le voyant depuis là-bas >>,et
celui-ci peut continuer à se conHumer dons le cours continu de I'empathie.
iEglEh:t=::P;üh;! x
ment. Mais, assurément,peut-on <<voir >>cela ?
:$ ::n:ii:=n=:u=
Si I'apprésentation ne se confirme pas, cela ne signi6le pourtant pas qu'il ne 2. Auparavant : le fondement de tout cela est I'empathie somatologtque et?bel et bien, ne
s'agit pas d'une chair, mais pour ainsi dize d'une poupée de bois ou de cite faisant qu un avec elle l k:mpathie du monde environnant des chores. n y a là déjàjes couches
sensibilité des seno. sensibilité des sentiments, sensibibté des pulsions ; le moi affectif, le moi
et autres chores semblables, quelque chose qui rappelle la chair et n'en est actif
256
ANTHROPOLOGIE DEUXIEME PERIODE : 1921-1928
257

jipe«x c07q)rettdnpar aPd?, anssi loitl queje quis $rot.uer & Pel@atbie, cela est
pHcisémetttdétentiinépar les mod$cations idéelLesdK !»e ori@naire qu'est I'être
óxwa/#: moi, qui suis un être humain, I'effectue une empathie normale à
titre de perception d'autrui; ainsi, le corps de chair étranger semblable est
safespaus. compJété Pm le même substrat de seis complémentaire, qui
apparbent à mon corps dons des circonstances correspondantes, et avec
L'aPwcQüon üs <.bêtes>>
1,Hs"pj'oseãga lesmodiâcations possibles qui appartiennent au mien.
na proPw aPerçQtjoti en tant qKemoi-hamme.
Ma chair dons I' <(expérience interne >>,dons I'expérience sohpsiste,
i tigre d'aPercQüon Ori@tiain
c est donc I'aperception originaire, et elle procure la norme nécessaire.
Toute nutre chore est une modi6ication de cette dorme. Chequemodiâ-
cation, qui apparaít dons I'expérience dans de nombreux exemples, déâ-
nit alors un nouveau type, un type normal relativement à ses modiâca-
tions anomlales. Comment cela se passe-t-il dons la sphêre purement
physique des choses? ll n'y a là aucunechore originaire qui soft cons-
ciemment distinguée, et aucune normahté ou bien aucune anomalie. ll .n'y/
a pas de choses anorma]es? mais i] y a des cristaux anormaux, des sapins,
des robes anormales,etc. ? Des types empiriques, purement Physiques.
Tout cela est important pour la clariâcation de I'idée des genreset des
especes empinques.
Je suis, et je suis personnellement en relation avec mon monde envi-
ronnant, et il y a là une nature in6inie qui est présomptive dons
I'expérienceà présent concordante, mais qui est donnée dons une cetti-
empidque et se conâínne continüment. Dons ce monde, je Houve
ma chair, qui se rapporte à lui, opérante, dans sesmodes de donation. et
je trouve d'autres hommes et aussi des animaux, normaux et anormaux.
normaux et fàsant I'expériencedu même monde sur des modes corres-
pondants normaux. l)ans la perception, je trouve là les hommes
normaux dans une empadlie nomlale en intuition apprésentative, intui-
tionnables selos leurs deux câtés, compréhensibles, et donnés sur le
made de la certitude empirique en tant qu'êtres comme moi ; les autres
êtres sono donnés dons une intuitivité partieHe et analogíque, éloignée et
tmpropre. ' '

Queres sont les nécessitésd'essence,si je considere I'existence de ces


<êtres> <dont> je fãis I'expérience comme des cas exemplares de puxes
possibilités? Queres modi6tcationssonopossibles? Une sature physique
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 259
258 ANTHROPOLOGIE

peut-elle]1 27] être conservée,quoique modifiée, mais qui soft pourtant Cela, certainement. Mais la situation de part et d'auge n'est pas essentiel-
bien une nat:urephysique,si toutes les <<
âmes>>sont biffées, etc.? Nous lement modiãée. La concordancede la simple expérience dons son
fásons partia du monde, du monde véritable dont naus avons déroulement augmente constamment la force de I'anticipation et élmgit
I'expérience et que naus posons avec raison ; les hommes en font partie, en même temps constamment le volume de la constitution.
dont i[s font ['expérience,
et ]eursexpériences
eles-mêmes
en font La pensée,la science augmente la force de I'anticipation de façon tout
partie ; leshommes en font pal:tie,qui réfléchissentsur lui, qui projettent à íãit incomparable, et il en va de même du volume de la constitution ;
sw lui des sciences.Nous txansmuons le monde en un monde possible, si chacunde ses pas possêdela force paul ainsi dured'indéânités de
nous modiíions les hommes de telle sorte qu'ils ne pensent plus logique- I'expériencevéritable, et ouvre la voie, sur un plan constitutif. à de nou-
ment, qu'ils ne sont pas orientés vers une vérité et une science objectives. velles indéâinités. Mais cela reste nécessairement une anticipation. Ce que
Nous, qui les üansformons ainsi en pensée,nous appartenonsau monde nous pouvons seulement düe, c'est la chose suivante : si I'on pose qu'il
véritable, dons lequel nous proletons alors une imagination d'un monde existe un monde, celui-ci n'est imaginable que si une monade en fàisant
en pensée possible. Que fãisons-naus alors de la colporéité charneHe partie est posée, dons lequel les conditions de I'expérience concordante
humaine? Pouvons-nous pensar un monde absolument sons êtres possible de ce monde, et de la connaissancepossible de ce monde sont
réahsées.
humains, et imaginei une intuition du monde safescorporéité charneHe
humaine ?, etc. U#e monade ? Mais, peut-être, un systême de monades, qui se trouve
Et si nous considérons et découvrons la possibihté d'un monde, selos dons I'unité d'un enchaínement de développements, qui réalise par degrés
laquelle il doit être constitué sur un modo int:uitif. il doit être pourtant et selon son développement les différentes intuitions possibles d'un seul et
constitué de façon intuitivo selon différents stades,éventuellement en même monde [1281; cette monade s'élêveà I'humanité et, finalement, à
même temps, par quoi les différents êtres qui ont une intuition, et dont I'humanité dotée d'une intelhgence et d'une science toulours plus grande,
I'intuition correspond aux différents stades,peuvent devoir se trouver qui possêdeune présentation si riche du monde, une faculté rationnelle si
dons une intuition possible. Mais, si le monde intuitionné, et int:uitionné à développée qu'elle peut connaítre scientiãquement ce qu'est en vérité le
difíérents stades,existe, il doit pourtant pouvoir êüe connu dons sa monde à tous égards; elle peut en même temps comprendre par aprêstou-
vérité. Imaginons un <<homme >>,mais qui n'aurait jamais encore pensé et tes les monades z,ü I'empathie, et z'/aI'étude phénoménologique eidétique
qui ne ferait qu'avoir une intuition: Voulons-nous appeler cela un des possibihtés de la conscience, et les trouver indiquées de maniêre pré
homme, sujet de son monde environnantintuitif. fãsant en lui-même cise z,/aleur ordonnancement dans le monde, de telle sorte qu'elle est en
I'expériencede lui-même sur un mode chmnel, et se trouvant là, etc., mesure de réahser ]'être véritable du monde d'aprês toutes les intuitions
possibles (dons sa connaissance de I'expérience) .
ayant éventue[[ement autour de ]ui des animaux inférieurs, ]es compre-
nant, et de même vis-à-vis de sessemblables ? La possibilité idéale sufült- Une monadene peut existir qu'en se développant,et il ne peut y
elle pour que I'on puisse iwag/ er que ces <<
hommes >>sont des hommes avoir de pü/o d# ma dequ'à titre de produit de développementde cette
absolument pensants? La vision empidque du monde suf6ít-elle,et ce qui monade. Le monde véritable, tel qu'il est réahséint:uitivement, n'est ima
s'accordecontinüment avec eHe sur le plan empirique? N'y a-t-il pas ginable qu'en sedéveloppant dons I'autodéveloppement de la conscience.
d'abord la penséeactive et la raison active, qui procede activement à ses L'être véritable n'est qu'un index de la conscienceet de chequecons-
projets, qui expérimente, observe, théorise, qui, façonnant I'êue véritable cience monadique existante,un index du développement possible, qui
en le mettant en relief. connaít avant toute nutre chore I'être véritable n'est pas simplement possible en imagination, mais possible en réa
d'un monde et déíhit, doit défàire le non-êue comme étant irrationnel ? lité -- une rêgle du développement. Cheque consciente possêde nécessai-
260
ANTHROPOLOGIE
DEUXIÊME PÉRIODE : 1921-1928
261

dante de ceci qu'un monde ne peut êüe en général constitué qu'en ne fã-
sant qu'un avec un systême d'évolution d'animaux et de monades anima-

tmnscendantdes? eHe qui doit cependant remplir des condidons

<{Notre )>monde possêde sa st:ructure détemiinée. La subjectivité est


en [129] lui oblectivement dons la forme de la subjectivité animale et

HF ;?'==m=:=::'=ÊgHHI
apparaissent en cela en tant qu'âmes, dans leques des monades anciennes
262 ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME PÉRIODE:1921-1928 263

une telle idéede I'animalité, et qu'est-cequi se laisseici fonder à partir des geantes, i] y avait soit un changement chaotique, soit un changement
raisons transcendantales de la possibihté de la connaissance? réglé.Prend-on alors conscienceque, dons le dernier cas, un monde
Un monde à qui, de toute éternité, pour des raisons empiriques devait se constituer et que, alors, Zemonde aurait dü être constitué depuis
cognidves, ferait défaut la connaissance, pourrait-il exister? Cela suf6i- longtemps, et que, dons I'auto:ecas, un monde n'aurait jamais pu se cona
rait-il de dure,en vertu d'un fondement transcendental : s'il y a un monde tituer, étant donné que le monde comprend, passée,I'existence de tout ce
doit-il être un monde organique, dons lequel les organismos sont porteurs qui est spirituel à titre d'élément psychique, et qu'un monde est constitué
d'âmes? Mais le degré d'organisation peut être assaz profond, et et doit être constitué avec un tempo infini des deux câtés ?
I'organisation elle-même peut éternellement se situer à des degrés infé Mais ce ne sont là que destentativesd'amorce pour ainsi dirá arbitrai-
rieurs ; on n'a aucunement besoin de quelque chore comme un dévelop res.D'aprês Leibniz, i] y a des monadesqui dorment, qui, si je comprends
pement : ]es organismes de notre monde possêdent par hasard les pro- bien, ne doivent pas être des monades de chair. Un monde se construit
priétés fondamentalesde la reproduction, de [130] 1'ontogenêseet de la avec des possibihtés intuitivos, mais il ne s'agit pas d'une eidétique systé
phylogenêse. La chair signifie seulement un systême d'indications du psy- matique, qui seule pourrait nous aider.
chique, mais qui n'a pas besoin de s'étendre plus loin, etc. Une chair doit On ne dirá pas que I'existence du monde exige que, à cheque époque
e[[e être une chose dont ]e matériau est changeant, qui se conserve sim- de son être, ü y ait des hommes, et même des sujets à la connaissance
plement en tant qu'individualité typique? Une telle individuahté ne peut- supérieure ; les hommes de science eux-mêmes sont supérieurs aux hom-
eUe pas non plus si elle n'est pas née n'être pas périssable (naítre étant mes dépourvus de science.
entendu au senod'une naissanceorganique d'une nouvelle individualité), Mais la possibibté d'un monde, que I'on peut constituir intentionnel-
quoique, par ailleurs, toute individualité organique de cette sorte soit tou- lement, qui est un monde environnant identique d'expérience possible
lours /# .í/a/a#a.rre#d
et se conserve sur un modo typique, durable comme pour les su)ets, n'exige-t-elle pas une unité du couro de développement de
un arc-en-ciel ?
leur subjectivité, qui ne peut Jamaisfàire défaut, d'aprês quoi le monde
Mais ne peut-on pas déduire a.pàad dons des propositions formeUes possêdeun commencementà titre de commencement d'évolution pour
jusqu'oü celadoit s'étendre/m#uma? On pourrait tout d'abord seprêter à [es sujets,puis ]'ensemb]ede ]a typique du déve]oppement organique et
pensei qu'il soit tour à fãit possible qu'un monde ne contienne que des psychophysique, doté d'individuaJités toulours nouveHes? Mais le com-
<<animaux >>inférieurs et, à vrai dize, de toute éternité, et que ces animaux mencementpeut lui-même être la mort d'une évolution antérieure(une
perdurent éternellement, si précisément le monde doit être admis comme période du monde).
éternel. Mais il y a là déjàproblême. Faut-il qu'un monde soit éternel ? La [131] Le Dieu Créatew doit-i] fãire ]'épreuve de toutes ]es possibi]ités,
conscience, la spiritualité doivent-elles durer éternellement, à savoir éter- et cette mimeà ]'épreuve est-elle quelque chore comme la constitution du
nellement, si le monde est éternel, si la nature est éternelle? Ce sont là, monde« véritable >>,poui: leques les périodes du monde sont les <<appari
sommetoute, des problêmes de tempo et d'infinité. bons )>? Mais i] faut à présent mestre de I'ordre dons ces processus trens
Je disais: chequesujet est en évolution, et son monde est le produit cendantaux de la pensée 11] doit pourtant être possible d'articuler scienti
de I'évolution ; aussiun staded'évolutíon doit-il précéderI'expériencedu Riquement [e fait, ]a possibihté idéa]e et ]a nécessité ]
monde. Mais les vazahylétiques ont dü êüe dé)à là. Si elles étaient dé)à là à
I'infini, elles ont été soit inchangées,
soit changeantes. Si elles ont été
inchangées,il n'a pu y avoir une évolution du sujet: le sujet devait par
conséquentdom)ir, être une monade qui dort. Si elles ont été chan-
264
ANTHROPOLOGIE DEUXIEME PERIODE : 1921-1928
265

[165]
N'9
nous « causent du ma] >>.
Je peux me laisser déterminer par d'autres, sur le
mode de I'àlyííaáo#.Je.peux vouloir les arder ÜJafa ,pwZrza##eZb ll y alia
« amour matemel >>pulsionnel, un <(amour des parents )>,un som pulsion-
ESPRIT COMÀ{UN 1. - PERSONNE. nel qui, en s accomplissant, est en même temps une joie partagée à fMe
ENSEMBLE DE PERSONNES.
du bien; natureHement, il s'agt également, de ' façon' immédiate,
'''--o-- -'d'une
COMMUNAUTÉS PERSONNEIEES D'AC'HON. compassion pulsionnelle éprouvée à I'égard de leur Souffrance. À un exa.
COMMUNAUTÉ - SOCIÉTÉ men plus précis, il ne s'agit pas d'une joie partagée, que J'éprouve devant
(F'jbourg, 1921) leur joie, au seno oü je me réjoukais de ce dont ils se réjouissent, mais
/ = -VUV U) XX4HU
d'une joie éprouvée au fàt qu ils se réjouissent, d'une tnstesse ressentie
p'rce qu'ils sont vistes. Mais il s'agit également d'un amour envers eux-
mêmes,d'une joie éprouvéeparcequ'ils sonolà, d'une joie à vivre
ensemble avec eux, d'une joie éprouvée à percevoir leur existence.
l:prouvee envers eux-mêmes tels qu'ils sont donnés dons I'empathie dont
le fãisI'expenence,
dais leur vie et leur actionégolques
-- une oie
genérale, ce qui n'exclut pas que I'on prenne ombrage d:'une action partl-
culiêre, qu'eHe soir appréciée négativement, que I'on' aiUe à son
socialité qt+eet socialité (en détail). Deooir, reQotlsabilité,jotictiotitiaire d'time
encontre, etc. Joie éprouvée envers le sujet en tant que sujet idenüque qu
evolue danale monde environnant, qui manifeste une qualité propõe dons
les modes de ce comportement. L'amour détermine un intérêt à arder
<SI I'éüanger, la haine un intérêt à nutre à I'étranger, à I'anéantir.
Le suyetP Lsiotinel auattt et afãs enQatbieo
- Ce ne sont pas encore des arz?ríoóza#x,et aucunement des acresde
I'amour social proprement dit.

'l \ 2> .ides sociat4x et relaüons.


'=Le r@Portje- TK>

l/Je fãis quelquechore intentionnellement


paul que I'nutre le
remarque, et en espérant (donc, également intentionneHement) que
I'nutre va se comporter de telle et tece maniêre.Mais cela ne fãit pas
encore un acte social. ll sufât que I'nutre ne remarque pas mon intention.
(Je
nemetourne
pasvers
lui.)' '"' '
2/Je fãis quelque chore en espérant que I'autre, remarquant que I'ai
...=.=i= ;1:'1=1:=J:=" «..,:.:';=':,=:'::,:Z,=';=':,
= cede intention, le fosse à son tour. Est-ce que je me tourne déjà vens lui ?
Je me tourne verá lui si I'ai en premier lieu I'intention de lui 'ummx zgaer
266
ANTHROPOLOGIE DEUXIEME PERIODE : 1921-1928 267

quelque chose. Je lui annonce quelque chose; si ma femme pose une


mouvement qui sert d'indication à un nouveau mouvement auquel je
voulais I'amener à prêter attention. Des moyens de cette sorte, destinés à
éveiHerun intérêt pour une objectité présente dons I'entourage externe du
Je-Tu, s'ils se présentent souvent de façon identique comme appropriés,
ons un nutre exemple : des bohémiens qui placent des branches à un
sont le paus souvent employésdes deux câtés et íinissent en outre par
==':'==:n:=T==.=t=Ú;::=jàl
u être également compris comme étant intentionnellement produits pm
I'nutre aux 6ms d'une<<indication >>.Le cas échéant, I'autre comprend
Communications immédiates ou, mieux, ío#/a4r1 6'q rammenre
a/Zg. aussila chore suivante : <(Jevois là-bas telle et teve chose et je I'indique à
#a/n qui se produit e#a?mo; e/ /o/, dons I'empadiie dont je fãis I'expédence
I'nutre,de façon à ce qu'il le voit aussi.)>L'intendon que I'ai de lui falte
onginelle : nous possédonsle vécu originemdu face-à-faceréciproque et
voar,ma volonté, seréalisepar le moyen de I'indication]1 68](1'indication
je lui <<dis >>quelque chose, je m' <(exprime >>,1'accompHsun mouvement
<étant> le chemin), daquelleest pour moi une action qu'il doit appré
exp:ssif ou bien I'énonce quelque chore tout haut, ou encore, k: Eàs
fender, comprendrecomme un moyen par lequesle veux I'orienter.
: H\::=:'::=:. :===.1=,==:==ilã'i.:i
cer quelque chose ; mais I'expression de cette intention (comme lors d'un
J'influe pm conséquent sur I'nutre, et pas seulement en général, mais dons
le cadre de I'empathie qui, s'accomplissant simultanément et réciproque-
ment, met en « contact >>un Je et un Tu ; et, en outre, sur ce mode pani-
appe]) peut se distinguer de ce qui dois ultérieurement être alors' mani-
culier sur lequel mon influence(c'est-à-dure ma volonté ou bien mon
festé et commumqué. Paus précisément, ce qui s'ensuit à présent est indi-
que en tant que<<c'est ainsi et ainsi)>,<(tu dois fãire cela>>,etc. Le fãit aspiration pulsionnelle à << déterminer >> 1'autre, à le <( mouvoir >> spirituel-
lement, à le détemiiner à cette aspiration ou à cette volonté) doit être per-
communiqué est le contenu de mon intention, da#/I'nutre prend connais-
sanceet, àvrai dize,de mon intention qui lui est manifestée.La fonte de cepdbleà I'nutre et fàt elle-même partie du <(chemin )>,du moyen de la
détermination.
Normalement, il s'agitlà d'un moyen qui produit un effet ; naturelle-
ment, pas toulours comme dons le cas de la peur devant I'ennemi, de la
frite qui s'ensuit,etc.
. Comment se produit le /z@bo#le-Z#,qui est pourtant le rapport per-
sonnelactifausensprécis? ' ' '''r-''r Un nutre cas est la communication descriptive(dons la situation du
« contact») : des expressions,des réflexes corporels ÓZp/ó#rá0
naturels de
1 / Enoncé sous forme imagée : tous les deux, lui et moi, <(nous nous
processus externes, d'événements physiques ou animaux deviennent des
regmdons
meme dons les yeux >>,il me comprend, me perçoit,
moment. ' ' je le perçois
' ' au
indications naturelles de ces processus eux-mêmes, y rendent attentifs le
partenaire,s'il ne les a pas vus lui-même, servent alors -- produits inten-
2/Je me tourne vers toi et te communique quelque chore : je fãis tionnellement et souhgnés devant I'nutre, auquel on les rend particuhêre-
I'expérience de quelque chore et, par un <(signe )>,je rends I'nutre attentif
ment visibles -- d'indications, et en même temps d'indications de facettes
à cela qui fãt tout autant parte de son domaine d'expédence prodle Un
et de parties particuliêres du processus.
certaín mouvement de la main et du doigt, ]e fãt de deterun morceau de
Puis, il y a des communications de souvenirs rétrospectifs et de cho-
bois dana une certame direction, etc., éveille ]'attention, ]' <(oriente» dons
res non présentes. En outre : le fàit de communiquer avec des absents, le
cette direction dons laquene a heu quelque chore pour I'autre'(comme
fàit, en I'occurrence,qu'ils communiquentavec nous, c'est-à-dizedes
pour mol auparavant), et I'intérêt glisse natureUement, de lui-même, du
communications, à distance dons le temps, avec d'autres. Ma volonté pré
268 269
ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME PERIODE : 1921-1928

sente concerne ici une compréhension füture de mon expression, qui est Pm conséquent semblable à la simple communication, à ceci prós que
communique de façon durable des choses sensibles,ainsi qu'une primede cette derniêre devient le moyen d'accomplissement d'une action ulté-
connaissance füture(donc, un comportement actif) de )'nutre et ce, à vrai rieure(par rapport à la primede connaissancequi a lieu dons la commum-
dize, dons un futur <<
tardif>>qui se situe à I'extérieur de la sphêre du cation, laquelle est également déjà une act:ion)
prêsent. S'il ne veut pas, le peux vouloir le contlaindre, et compter sur le fãit
Je et Tu ne sont pas <(en contact )>.Par delà la distance temporelle, ils qu'i] sait cela,ou bien, je peux égalementlui communiquer cela,et, de
se tendent ]a main en esprit ; ]e moi passé est le sujet d'un acre de com- même qu'il évite par ailleurs des circonstances externes qui amênent de la
mu-ication : il est le sujet donate-' ; le sujet ultériew, fütw, est le sujet souffrance, i] peut ici fâire de même, il peut s'accorderà ma volonté ; la
récepteur. Mais il ressordt également à la situation que le moi, ayant à pré- volonté que )e lui communique est éventuellement le motif de savolonté
sent une telle volonté, instaurepar là une réflexion volontaire,une durable généraleà fbiire<(en général )>une bois pour toutes ce que le veux,
volonté habitueHe permanente et que, du moins en général, il<( dent >>
à sa comme7e peux vouloir en général qu'il s'accorde à moi, dons la mesura oü
volonté. Et c'est ainsi qu'il est entendu. Le réceptew appréhende par le possedeen général,présumément,des moyens de contrainte. Nait
exemple le donateur comme non-présent, mais dons le présent d'un alors la relation maiue/sel.viteur en tant que relation personnelle durable,
homme qui vit, qui voulait alors lui laisserÍ169] accueillir une telle com- en tant que relation durable z'/aun óaó//wlunjversel procédant de person'
munlcation, et z,e#/e rar?qu'i] ]a reçoive; il en va ainsi si aucun motif con nes qui étaient entrées en contact, ou dons une relation active, s'étatent
traire ne parte en faveur d'une modification de la volonté, de la réflexion. tendas la main en esprit sur un mede médiat.
Notons également que, même quelqu'un qui est décédé que I'on sait Si la relation est instaurée, cheque act=ion en ]aque]]e e]]e]170] se
être décédé et quelqu'un de vivant se tendent la main en esprit. ll peut y manifeste est caractérisée comme procédant de ]'entrelacement des
avoir communication de I'un à I'nutre : elle va de celui qui était autrefois volontés qui s'institue entre les de#x personnes. Je commande, moi en
vivant à celui qui, récipiendaire, vit maintenant. tant que maítre, il s'y range« par devoir>>,ayant conscience de s'être sou-
mis, d'être soumis et, sous le rapport de I'action, ayant conscience de fãüe
son devoir.
<S3 Lx communautél)raüqi4e
dela uolontê> Avec la dpwamde,
nous avons une relation provisoire ; la communica-
tion de mon souhait agita, je I'espere, en tant que motif de ma volonté ;
Jusqu'à présent, nous avons eu affaire à une simple commumcadon i'ai le souhait et I'espoir, dirigé verá 1ui,que, lorsque celui à qui cela
de fãit; il y a dé)à là une certame communauté de la volonté et une cer- s'adresse en prendia connaissance, cela <le pousse à s'engager à sa
tame compréhension interne. Mais il y a encore une nutre ra/2g)
g» ilo suites. Le souhait détermine son aspiration, sa volonté, son actton ; par
:nteme,pratique eti UH sonsprêcis, tltie commttnai4té
pratique de la uolotlté,sàon là, il n'est pas encore didgé vers ]ui, mais i] I'est par la communication par
laquelle le Tu est déterminé, dons la situation du contact, pas simplement laquelle s'accompht, avec elle, la prise de connaissance,et ce, dons le
à effectuer une primede connaissance,mais à exécuterune action d'une contact entre Teet Tu.
nutre nature, en quelque sorte une action externe, une action qui influe Et, au lieu d'un contact immédiat, peut tou)ours se produire une
sur le monde environnant physique ou spirituel. Le souhait, ou encore la détemlination à distance, pat quoi la communication elle-même peut
volonté qu'advienne telle ou telle chose, se trouvent annoncéset éven- avoir lieu avec le contact des sujets entre eux, comme avec un souhait ou
tueUementcommumqués sur un mode descriptif par celui qui en est à une volonté présentsqui se portent dons le futur, ou bien la communica-
I'origine, dans I'espoir qu'il va motivem celui à qui il s'adresse. La situation tion peut elle-même être une communication à distance.
271
DEUXIÊMIE pÉRIODE:1921-1928
270 ANTHROPOLOGIE

La communauté de la volonté, la compréhension intimo peut ensuite


être également rlía@70g#e,
et aboutk à un accord réciproque. J'exauce ton
souhait si tu exaucesle mien, je fãis cela pour ton bien si toi, de même, tu
fãis cela pour mon bien. En outre: nous souhaitonstous deux que
quelque chore se produise, naus prenons une décision << ensemble)>,1'en
produis une partie, toi I'nutre, etc. SI et S2 veulent le même O, mais pas
chacunpaul soi; SI veut O tel qu'il estpareillement voulu par S2; 1a
volonté de S2 fàit partie de ce que veut SI, et inversement.Le fait que
SI produise !a partie PI et S2 la partie P2, cela se trouve compris dons la
volonté des deux, et cela est compraspow tous deux en tant que
<(moyen >>(ausons Imge), ou bien en tant que cela fMt partie de la réahsa-
tion, et auparavant, cependant, de I'intention.

<S4.L' acqt4isition de la conscientepersottnelle de soi


ü«: la «I'tio«Je-Tu>

Le pele de toutes les affections et de toutes les actions qui est néces-
sakement présent dons [e sulet que ]'on imagine so]ipsiste, ]e sujet de ]a
motivation qui traverse I'ensemble du flux des vécus, qui est en tant que
tel le sulet constant d'une aspiration dons ses modahtésmultiples, dep/e/
[171] ma;et, par là, ## í##e/perxo##e/,
acquiert pm là une órra#iae#rf».per
JO eü ú?de10/», dons la relation Je-Tu inscrite dons la communauté
d'aspiration et de volonté qui est rendue possible par la communication.
Dons I'empathie, le moi prend déjà ra íófe#rfde lui-même en tant qu'il est
le sulet de sa vie et le sulet de son monde environnant, et le moi étranger
est conscient en tant qu' <<auge moi )>,par rétroréférence au sujet propõe
qui se réfléchit comme tel(c'est-à-dure,pourtant, tout d'abord seulement
en tant qu'nutre pele subjectif d'une nutre vie, qui, dons d'autres modes
de donation, etc., est référé au même monde environnant). Moi, en tant
que sujemde ]a motivation, I'entre à présent dons ]a relation originaire- sur les buts intermédiaireset sur le but 6mal.
ment sociale du Je et du Tu ; non pas seulement .àóó#d#I'auge en tant
qu'nutre, car je le motive, et il me motive ; et, dons le rapport privilégié
qui produit la relation du Je et du Tu, celle qui a lieu à travers des actes
sociaux, il y a une unité d'aspiration et de volonté spéci6iquequi englobe
272
ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 273

<.\ 5. L'amour» inauthentiques: les amoureux ne se mettent pas simplement d'accord en


vue d'une quelconque entreprise communautaire particuliêre, ce qui
pourrait également, entre autres choses, survenir. Avant cela : ils ne pro
Jmoii/.pexxoa#e/--une réflexion durable, un ó,ról/#rpratique durable, sa
cêdentpas simplement I'un I'nutre à des communications réciproques,
ne mettentpas <simplement>
en ceuvreune communauté
de la
connaissancerelativement à leur entourage commun, etc. Mais, du fãit
qu'ils sono liés par une communauté d'amour, toute I'aspiration de I'un
pénêue universellement dons I'aspiration de I'auge, respectivement y a
pénétré, et inversement. A cela tient le fMt que, dês que le contact entre
les amoureux s'actualiseet que I'un, aspirant à quelque chose, prend
consciencede I'aspiration de I'nutre, il cherche à accueillir explicitement
(dais le cas authentique) I'aspiration dons la sienne, prend part éventuel-
lement à la volonté d'autrui, intervient de façon serviable.Et si I'nutre
préíêre régler lui-même les chores, ce que I'auge íãit cependant de lui-
même n'est pas simplement sa chose à lui, mais aussi la chose de I'aimé :
il réaliseégalementen lui son souhaitet sa volonté, non pas pour lui
même,lui-même en tant que moi isolé, mais pour I'amour de I'autre,
pmce que cet nutre est en tant que sujet de sa vie et de son aspiration
tout à fãit adopté dons le cadre de I'intentionnalité de I'aimé entendue
comme aspiration. Même dons les activités de la vie de chacun des
amoureux, qui se déroulent en dehors de tout contact, dont I'nutre, dons
une três grandeproportion, ne sait donc absolumentrien, la volonté de
I'nutre vit de façon imphcite. Étant amoureux, je sais que, quemque soft
ce que )e pense, ce que je sens, ce à quoi I'aspire, ce que je fãis, tour cela
va nécessairement<< dons le bens >>de I'aimé : tour cela lui fãit justice ;
non seulement,il ne peut rien me reprocher et ne peut reconnaitre tour
cela que comme étant en ce seno fuste, mais, dons la mesure oü I'y
aspire, cela va également dans le sens de son aspiration. Ce sens
s'actuahserait s'il était là ; il y prendrait part avec joie, il m'assisterait
volontiersde tout cceur,et là oü celaseraitexclu ou bien non souhaité.il
s'hvestirait volontiers et aves amour dons la situation à laquelle I'aspire,
et saurait,par approbationde la volonté, rendreactif son moi et son
aspiration égolque dons le mien(la vie et I'aspiration implicite, inauthen-
tique de I'aimé dons I'aimée). Nous [174] pouvons dize : les amoureux ne
vivent pas I'un à cõté de I'aut:reet I'un avec I'nutre, mais I'un en I'nutre,
274
ANTHROPOLOGIE
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921-1928 275

actueUement et potentiellement. lls portent aussi ensemble toutes sonnelle(I'éthique négativeva à I'encontre de mon souhait et de ma
les responsabilités,sont viésde façon solidaire, même dons le péché et
la faute. volonté). Je vis dedans, ]'approuve, je [175] me réjouis (ou bien m'at-
tàste). Mais la communauté éthique est une amitié éthique, une relation
ét!)ique entre chrétien et chrétien, etc.

(\ G. L'amotlrétbiqtle»

< \'l. .z\wouF et commutla té d'agouro


Mais la question sepose de savoir si cet amour n'est pas un caslimite
et représente véritablement le concept d'amour dons toutes sessignifica- L'amour du prochain, qui consiste simplement dons le som aimant
tions La description de cet amour est peut-être un amour pêcheur, ou apporté à I'auge, à son être et à son devenir éthiques, est un souci des
bien inclut en lui tout amour pêcheur. Nous pensons ici nat:urellement à
auues, des communautés, de I'ensemble de I'humanité, mais cela ne forge
I'amour infini du Christ pour tous les hommes, et à I'amour humain uni-
pas une relation communautaire,un lien personnel, respectivementune
versel que le chrétien doit éveiHer en lui-même, et sana lequel il ne peut association de personnes.
être un véritable chrétien. Dons nobre description de cet amour, il n'a pas 11 naus faudra alors distinguer entre /'amoxr et Za rama #a## d'amoxr,
été question d'éthique. Les parents aimants élêvent leurs enfants, mais ils I'interpénétrat:ionaimante des personnes par ailleurs sépmées,et ce, en
n'accueiUentpas pour autant, sur le mode que I'on a décrit plus haut, vue d'une personnalité communautaire.
toute la vie et toute I'aspiration de I'enfant dons leur propre vie et leur L'amour chrétien est tout d'abord. selon toute nécessité.un amour
propõeaspiration. Un ami est troublé si son ami déchoit de son << soi tout simp]e. Mais i] est ]ié à I'aspiration(qui est nécessairement motivée
authentique)>.Le chrétien qui pratique I'amour de I'ennemi, n'aime pas, par I'amour) de devenir une communauté d'amour dons la plus grande
en celui qui lui est hostÊe,le mal, et la mauvaiseacdon n'est pas ce qu'il proportion possible.Pm conséquent,
une aspirationà <(entrei en rela-
approuve volontairement. ll y a dons chaque âme humaine -- fere est la tion >>avec les hommes, à s'ouvrir à eux et à les ouvlir eux mêmes, etc.,
croyance -- une vocatton, un noyau porté vers le bien, qui doit se déployer tout ceia se]on une possibihté pratique dona ]es limites sont édliques, et
de lui-même. ll y a, incluí en chacun, un moi idéal, le <<
véritable >>moi de
qui sont par là elles-mêmesposéespar I'amour éthique.
la personne, qui ne se réalise effectivement que dons la <(bonde )>action.
Cheque homme éveiaé(éveiHé éthiquement) peacedélibérément son moi
idéal en lui-même, et ce, à time de <(tâche infinie )>.Et cela produit alors < \ %. l;'oh@ne de lapersotitlalité dana h socialité.
des fomaes communautailes ét1liquespanicuhêres, selon que, pour les L" co«-m«a«téd. hjoKis'anca,dK «in,
deus qui sono viésI'un à l nutre, aucun des deux n'est éveiEé éthiquement, le r as en comman et lafamiLLe»
ou bien que I'un I'est et I'nutre pas, ou encore que tous deux le sont. Et d
en va alors de même à propos d'une pluralité'de sujets personnels. Par Les modalités de comportement personnel qui sous-tendentle juge-
conséquent, aimant véritablement(éthiquement), I'mime et je üs délibéré-
ment éthique, I'approbation et la désapprobation, sont antérieures à
ment dons l âme gemlinale, dons le sulet gemiinal, naissantd'autrui, qui I'éthique. Toutes les modahtés de comportement de cette sorte ne sont
accêde à I'éthique ; ou bien, je vis dons le sujet qui combat, lutte, s'éveihe
pas des modahtés de componement d'un sujet en général(du sujemsouf-
à la maturité, et qui déploie son action de façon hbrement éthique dons frant), mais précisément, d'un sujet .perxam#eZ
L'angz#e de Za .perKa# ##
tout ce qui jailht de son óaóüwréthiquepositif à titre de vie édlique per- réside dons I'empathie, et dons les aríri iaóúzx qui surgissent en outre.
276
ANTHROPOLOGIE DEUXIEME PERIODE : 1921-1928 277

C'est une chose. Le subjectifn'est pas alors prósen compte, quoiqu'il soit
là pour moi. Comme lorsque la chair est tuée, mangée en vue d'un plaisir
des sens, etc.
Mais I'âme et le sujet sont là. Et la question se pose de savoir com-
ment leur existenceme motive. Exerçant une influence sur la corporéité
charneHe,je dois par là même déterminer I'âme, et produire en elle un
désir ou une peine sensibles.Traitant la chair étrangêrecomme un objet
de plaisir, je peux par là même [177] produire également un désir dons ]a
subjectivité étrangêre, ou bien une répulsion, une douleur. Et comme,
dons la jouissance sexue]]e, ce]]e-ci ne peut avoir ]ieu seule, et que les deux
partenalres ne peuvent pas non plus, en jouissant, prendre conscience
chacunpour soi de la jouissance; ils peuvent bien plutât être là I'un pour
I'nutre, jouissant I'un avec I'nutre et I'un par I'nutre, et aspirant à la lo-is-
sanceI'un de I'nutre ; aspirant tout uniment, dans cet état de quasi-füsion,
à la jouissance, ils peuvent former I'##ãá d'### rama a # dela /Jlaxre.
L'nutre et son consentement, son accord du moins, n'est pas seulement le
moyen de la jouissance(ce n'est donc pas seujement la chair éuangêre,
mais le sujet étranger qui offre sa corporéité charne]]e -- dona i] est seus
maítre et donne lebrecours à son désir) ; gxeI'nutre ait paa à une acti-
vité, qu'une unité de ]a volonté les rassembletour deus et entraíne une
unité d'action commune, que tous deux jouissent d'un désir unitaire, tel
est I'objet de la jouissance : il importe donc à chacun que I'nutre jouisse.
Mais il peut aussi se fâire que I'on ait aucun égard à la subjectivité
étrangêre, que la jouissance soit obtenue contra son gré, que lui soft de ce
fãt imposée une peine, qu'elle soft même anéantie. La strate de la joie et
de la valeur suprêmestombe alors non seulementd'elle-même,mais
intervientà sa peaceun élémentnégatifdont on peut se demanders'il
n'entraine pas un conHit de valeurs, qui non seulement diminue la valeur
mais I'abolit. On doit alors prendre la chore suivante en dignede compte :
être de façon conuaignante à la mera de I'nutre(être par conséquent sou-
mis à la volonté d'autrui), obtenir la jouissanceconfie ie gré de I'auge,
sonsque se produise par ]à même ne serait-ce qu'un consentement con-
uaint, une soumissionde la volonté. ll peut se falte que, venant de la
partie contrainte, il n'y ait à vrai dureaucun souhait, mais que, en se sou-
mettant, le désir naisse, que le souhait soit éveillé, puis la satisfaction. ll
279
278 ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉR]ODE : 1921-1928

peut se falte qu'il n'y ait aucun désir, mais de la peine, qui peut être prime
en considération a6m d'éviter une peine pausgrande. ll peut se fãire que la
peine soit supportée(acceptée), mais pas <<primeen considération )>,6ma-
lement, que la peixe ne soit pas même supportée, mais que I'on y résiste
en se hérissant contle elle. Lorsque I'on endure quelque chore, on le fàit à
vrai dize aussi de mauvaisegrâce, mais I'endurance contient cependant
aussi une acceptation du cceur qui fait défaut lorsque I'on se hérisse de
façon ininterrompue et intransigeante.ll en va de même pour le désir
chmnel, qui est lié à la propagation et à la conservation de I'espace,mais
qui[178] ne concerne pas I'acte lui-même (chez les animaux, le fàit de
1. sentir, de lécher les petits, etc.); le fMt que I'éducateur obhge les enfants à
'«" +u« se lavei, à senettoyer, qu'il les empêcheou les pousseà fàire telle ou telle
chore, pm quoi d les met en coldre ou leur fàit de la peine.
[' Le som instinctif apporté à la corporéité charnelle, qui self par avance
r à la conservation de la santé et, naturellement, au bien de I'âme : chez les
êtres humains, cela se fàit de façon instinctive et, pourtant, avec une
intention délibérée.Lorsque I'enfant grandit, il apprend à comprendre
['exigence, i] apprend ]a nécessité de ]a propreté, etc., i] apprend à se sou-
mettre, à tolérer, à obéir, et finit par apprendi:eà vouloir lui-même hbre-
ment, et à aspirer passivementde lui-même à ce qui lui était aupmavant
imposé, il apprend même à comprendre la valeur de la santé,et il en retire
même une excitation momentanée, une acceptation et un confort
momentanés.
Le comportement envers les enfants, qui ne peuvent pas être traités
« comme des adultes >>,qui sono considérés, valorisés, aimés au regard de
leur évolution future.
Le comportement enversles animaux en tant qu'êles instinctifs non
raisonnables,et envers des animaux supérieurs,qui se rapprochent du
stade de I'être humain.
Des êtres humains développés en reladon avec des êtres humains
développés.
La relation provisoire de la communication.
Aspiration instincdve à êtl'e ensemb]e avec des membres du ]ignage
immédiat(la famiUe), les modem de partage à I'ceuvre dana la socialité. Le
repôs commun. Nous supposons que chacun, ayant autrui pour commen-
280
ANTHROPOLOGIE
DEUXIEME PERIODE : 1921-1928 281

apporte aux enfants, le som que I'homme apporte à la more en tant


qu'épouse et en tant que more des enfants, etc.
Le manque de som natural, par omission, par égolsme momentané,
par déraison,etc., conduit à la í71ãg#e,
puasà Zaíomma/la.pexxo##fZb, à
I'ordre, etc. Na# /e dez,a/r..
le<<il doit>>,et, du câté de celui qui fãit
['expérience de ]'exigence et ]a reprend en chmge, ]e <<Je dois )>.ll ne
manque pas au pare de famille de motins de <<je dois >>,en I'occurrence,
préalablement au jugement que I'on peut poster soi-même; il est par
exemplesensible à son propre manquement, et I'ordre donné à cona.e-
Des associations de personnes qui naissent de façon naturelle et ins- temps porte atteinte à scs proches et à ]ui-même. Toute ]'action dont il
était [ui-même objectivement ]'auteur, et dont i] grade le souvenir, est blâ-
tincdve Ga famille, et ce qui naít de ]a famiUe), transfomlées par I'histoire.
mable, et lui aussi I'est en tant qu'il est son instigateur. ll se décide à exé
Des associationsinstituées arti6lcieHementdana des buts quer:on-
ques, des groupements, des associations finalisées. ' cuter d'autres ordres, des ordres meiHeurs,qui possêdent le caractere,
J non seulement des ordres boni6íés, mais des ordres l:xlkú.
:baque membw de h.lamiLk estun suyetwQotlsabh, un süÀet qüx possêà.e un
{<je dois égolque>>décíit de façon générale et déterminé de façon particu-
=.\ 9. Socialitéetétbiqt+e. liêre, et qui fàit intérieurementpartie de cette généralité.Ce <(}e dois
Llfotictiotl dons la commmnauté et k deuoir. égolque )>permanent ÓZaó//#egl
désigne ici le devoir qui naít naturellement,
Commanauté et sociéte» et celui-ci possêde[181] un contenu généra]qui dé]imite de façon géné-
rale le devoir en tant que contenu de bens,comme dons le cas particuher
du devoir déterminé de façon palbcu[iêre. Si nous disons que ]e pare, ]a
more, etc., ont telle ou teve fonction, nous appréhendons alors la famille

;:'«R# iflHH:l comme un lied personnel qui porte en lui-même une valeur communau-
taire en tant que but, c'est-à-dize un but anal communautaire, un but final
qui est le but de cheque membro de la famille, par quoi chacun possêde
en même tempo ses buts particuliers, compras dons la totalité du but glo-
bal. Chequemembrepossêdela fonction d'aider à la réalisationdu but
familial par la réahsation de sesbuts particuliers et, dons cette mesure, il
possêde également cette fonction, il est le sujet concerné du but. Z)elafu#
.g&énn4les buts sont naturellement délimités, et c'est ce que désignent les
expressions
correspondantaux fonctionsde pare, de 6Hs,etc. Chacun
possêde sa fonction et, par là même, celle de remplir ses devoirs, sa fonc
tion, et ce, de façon la plus pmfàte possible.
Dons la communauté familiale qui se développenaturellement, nous
La fonction et le devoir (le <(Je dois >>)sont-ils essentiellement dis-
voyons aisément que la premiêre chose, c'est le som naturel que la more
tincts? La Joxóüo#désignela destjnation pratique du sujet, I'ordon-
282 DEUXIÊMEPÉRIODE:19211928 283
ANTHROPOLOGIE

nancementà un but et, à vrai dure,du point de vue d'un but particulier, Comparer, concernant les concepts de rama a # e/ deíaãéâqTõnmes,
qui seft un but englobant concernant I'ensemble de I'association sociale qui ne conçoit pas la communautécomme une communautéde la
ici, de la fãmiUe.La fanliEe elle-mêmene possêdeen soi et pour soi volonté(volonté entendue dons mon senoprécis). Communauté linguis-
aucunefonction: elle n'en a pour ainsi dureque donsla vie du tique, communauté fãmihale, communauté conlugale, communauté du
peuple, etc. Mais, dons la famiUe, le pare remp]it ]a fonction de ]a tête, la peuple. Une communauté linguistique n'est pas un lien entre personnes,
femme la foncdon de I'épouse et de la more, etc. Dons I'expression du qui produit un tout de personnesmais,en revanche,un mariageI'est,
dwaã'et du/e ÜÜ on entend résonner la négation. L'écart par rapport au même s'il s'agit d'un mariage <(moderne >>.Un État est une totahté de per-
devoir perturbe ]a concordance de ]a volonté et conditionne ]a réaction sonnes, quoique tour le monde ne se connaisse pas, comme c'est déjà le
de blâme. cas dons un groupement important. La mamêre dona se.pnuZ#üun lien
Dons des roam a /ú / íá/ ár úra/IWaeÜme#/,»
sur le mode de entre personnes doit assurément.pregamlo# .pa/m/de zi@a dons une
]'équivalence et de la subordination(maitre et serviteur, groupement, empathie actuelle et un accord actuei, ou encore, dons une subordination
société de construction), les fonctions, respectivementles devoirs, sont qui est née naturellement mais qui s'est instaurée avec le statut d'un
assuméesvolontairement sur la base de I'accord, ou bien, comme dons la contact ou d'une communication personnelles. Mais il faut ensuite
relation d'esclavage,imposéespar force au subordonné.Mais I'enchai- prendre en considération les institutions oü les personnes forment une
nement des volontés, I'unanimité des volontés 6omaentaussi ici le lien unité en empruntant des chemins indirects, par quoi les personnes restent
personnel. Ce dernier est à proprement parler rompu si les membros se « inconnues >>.Mais ce sont à cheque bois des communautés de la volonté
refüsent à accomph' leur devoir(que ce soit bien ou ma], volontiers ou à de personnes paniculiêres qui, en tant que sujets volontaires, se com
contrecceur et avec négligence). L'enclave qui s'est échappé n'est paus prennent de façon intime quoique médiate.
vraiment esclave(exception frite de la question juridique, qui, ici, ne joue Une communauté lingutstique n'est pas un lied personnel enversun
pas.encore). [182] Une révo]te d'esc]avesinterrompt la relation maítre- tout qui repose sur I'unité d'une position de but née arbitrairement, ou
esclave. La contrainte, dite <(répression de la révolte >>la rétablit. et bien à partir de<<conditions naturelles>>,communauté qui a eu une expe'
I'expressjonconvient, pour .autant que la nouvelle relation est compnse riencede liaison de I'unité d'un but et d'un coordonnancement
de la
fonction et du devoir. ll en va de même d'une communauté corporatlve
comme la peípétuation de I'ancienne. L'esclave reconnaít le Je dois, et
reconnaít égalementle Je dois dana I'aprês-coup,felativement à la j183], 1acommunautéqui est produite par I'unité d'une éthique, d'une
période de tempo oü il a été interrompu. forme de développement, etc. Finalement: il y a I'unité d'un peuple, d'une
Transformations des communautés de personnes qui sono nées natu- race,etc. Si le peup]e est ]e peup]e d'un]itat, i] convient alors de distin-
rellement(ou bien, des personnalitésde gangsupérieur)z,üla métamor- guer entre I'untté étatique et les formes de I'éthique qui constituent I'umté
phose en une communauté de la vo]onté. Dons ];État : une communauté de la communauté.
Nous mentionnons
ici la face,pour autantque la
de la volonté qui concerne tour les citoyens de plein droit. Ceux qui n'ont communauté de I'ó ó//xl physique externe va de paio avec des traits com-
pas encore le droit de votei, ceux qui n'ont pas encore part aux fonctions munautakes de cette sorte. Sinon, elle n'en fàit pas partie.
étatiques fomlent une armée de jeunes qui grandissent, qui se subordon- La communauté ne signintepas I'identité des espêceset des fomies
nent volontiers aux hommes mürs, et qui, dons cette mesure,6ont partie d'actions personnelles, I'identité de modes de pensée, d'opinions,
de la communautéde la volonté. Mais ils ne peuvent pas, avec leur d'activités scientifiques, etc., mais il s'agit de personnes quú sont en com
volonté, inílluer de concert sur la constitution de'l'État. Cependant,cela munauté,qui, sousun tel rapport, forment I'unité d'un contexted'action
est insufHlsant et requiert des réflexions propres- spirituelle, que, en particuher,I'action soft ou non partout visible. Au seno
284
ANTHROPOLOGIE DEUXIEME PERIODE : 1921-1928 285

[192]
N'lO

ESPRIT COMMUN ll.


UNITÉS PERSONNElIES DE RANG SUpÉRIEUR
ET LEURSCORRÉLATSD'ACTION
(Belnau, 1918, ou bien St. Mârgen, 1921)

<\ \> Acres commKtlaataires,


aMons dons ia commanaHtésoãale

1/ 0@e/i<(spirituels >>,qui sont nés d'actes subjectifs, d'activités sub-


jectivos,leur « être>>,leur réalité(objets c«Iturels): ad à titre de rédité
donnée et temporeUe, identiâlable sur un mode intersubjectif et, à vrai
dize,relativement à une communauté humaine donnée normale ; &Oà titre
de réahtérationnelle.Les sciencesde I'esprit en tant que sciencesdes
objets spirituels en général.
2/ Les sujetseux-mêmes,
et les unité socialessubjectivesde rang
supeneur.
Constitution parallêle de sujets communautaires et d'opérations com
munautaues.
.Hr/ei rama z /a/n?i.Évaluations communautaires, auparavant, repré-
sentations communautaires et convictions communautaires, devoirs pra-
tiques communautaires, en I'occurrence, décisions communes, etc.
En tant que membre de la communauté, cheque sujet individuel pos-
sêde ses représentations, ses convictions, ses évaluations, ses volitions
(décisions),ses actions. Mais, dons le contexte communautaire, I'ai des
convictions(de même que, auparavant,des représentations) durables,
nées sur la base de mon expérience et, éventuellement, de I'expérience
médiatisée par les autres, que je peux en même temps appréhender
comme étant les convictions des auues: c'est-à-dizequ'ils ont égale-
ment, je le sais,des convictions (qu'il s'agissede convictions qui sont
nées en eux-mêmes, qu'il s'agisse de convictions transmises, éventuelle
ment, de convictions que je leur ai seustransmises),qui]193] sont en
286

ANTHROPOLOGIE
[)EUXIÊME PÉRIODE: 1921-1928
287

<S2.>
=onsütKtiotl d'Knités persoKnelles de degé síQéhet+r

: =Hn;'==.:=:==;=
:E::::

L
288
ANTHROPOLOGIE
DEUXIÊME pÉRIODE : 1921 1928
289

tive respective,qui s'inscrit dons le systêmedes actions qui se succêdent


les unes aux autres et sont motivées pm I'umté du but. également une propriété égolque pemlanente, une ,bexúrejativement
durable, à pmtir de laqueHe,à leur tour, des actes ayant ce contenu ont
coutume d'apparaítre dons des circonstances appropriées. Mais I'ai la
convicüon que re #'ei/.parma/et que, e#rfa? óo'ü, je ne suis pas tel que je
suis dons mes<< proptiétéS >>. ' ' ''' n-- '

A la suite de mes opérations pardcuhêres, ]'accomphs des [196] opé-


rations globales. Cheque opéraüon est un paire,elle est éventueHement
une ceuvre exténeure ; mais, même si naus disons qu'elle est passée, que
]ai agt, que I'ai opéré, chacune demeure pourtant ü m/ #e, possédant la
forme de I'opération qui étab]it ]'objectivité temporeHe.Le fMe ]'auvre,
l
voilà une chame, un systême, une série pausou moins hée d'objectivités,
qui possêdent ]eur appartenance subjective. Elles sont toutes mon
monde pratique de I'action, produites à partir d'un horizon dont font
tou)ours continüment partie des possibilités pratiques. Et mon monde
intuitíf est sous-jacent à cet horizon : il est constitué passivement, en moi
11s'agit là de 6ormations unitaires Spéciâques. et pour moi; il est consdtué objectivement en tant que monde de quis
bons, en tant que nature simple, mais en tant que sature pour mol, ma
nature - mon monde environnant solipsiste.
<S3.> Je.ne peux .être un être humain, je ne peux être une personne si je suis
EbabitKelpropre a14SKyetindividtlel, et Lel)ersotitlel
aveuglément chaque excitation, si je réagis de façon simplement insdnc-
tive sur des modes similaires, si je suis simplement le sulet de disposidons
psychophysiques qui me mênent passivement à des types semblables de
'eactions. Je ne peux être une personne que dons la mesure oü I'ai non
seulement des aperceptions durables et, par elles, un monde qui tient fer-
mement et qui me Eãitface comme un monde étranger au moi, mais dons
la mesure oü je pos:lide des <<convictions >>durables, des convictions que
[ai acquisesmoi-même, que I'ai gagnéespar une action personnelle, pa
des ptises de position actives pattant de moi-même, des évaluations dura-
bles, des volontés durables, durables au seno oü cette identité est pour

==i;=' :: :='=T'::::=='=;ziJ'.=Eiil
durable, une temeorientation âxe de la volonté à laqueHeje dois vétitable-
ment satisfàire,etc. Pourtant, dons le détail, cela nous conduit à cheque
sphêre personnelle et encore si insigni6[ante,dans ]a mesure oü nous
nous y acüvonsprécisémentpersonnellement.Non pas de I'extérieur,
290
ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉR]ODE : 1921 1928
291

mais de I'intérieur et à pmtir du moi,<<la )>conviction, la <<


volonté ,»est
une umté, une unité donnée et directxice, et les opérations personnelJes
les actions, les ceuvres ne peuvent être établies que par sa seule médiatton.
-- ll en va donc ainsi pour un sujet <(individué )>.

<S4.>Constitt+tion d'Ktt monde sensiblecomman


Dons la communauté oü commumquent entre eux des sujets lperson-
w-vvüü
nels, nous n'avons pas seulement une pluralité Collectivede sujets, pas
paus,simplement en général, une unité, dons la mesure oü, précisément,
la commumcation produit une compréhension mutueUe et, par là, la ll 9'q
C conscience, en cheque sujet, que maints autres sujets doivent se fãire face lips]
C les uns les autres en toute indétermination,et avoir en commun un
L monde environnant unique auxquelsils sont tous rapportés dons le
' naus >>,
et dons lequesils se comptent tour, puisquechacun appartient à '= \ 5. La cotlsÜtHtioti dK monde l)ersottnel commuti
chacun à titre de vis-à-vis, possêde sa place,'sa locahsation dons ]a chair
it üs ol)ératiotis Commíi7iautaires.
étrangêre qui ]ui fàt face, etc.
Relatiotis de commtitticaüoti, üniLatéraLeet muttlelle»
11s agit assurément du soubassement fondamenta] qui mérite un exa-
mes plus précis: de même que le sulet individuel possêdeson monde
environnant doté d'horizons ouverts, de même une pluralité de sujets en
communication possêdeun monde environnant commun qui est <<
le
leur )>.Cheque individu possêde sa sensibilité, sesaperceptions et sesuni-
tés durables: la plurahté en communication possêde sons doute égale-
ment, d'une certame maniêre, une sensibilité, une aperception durable et.
à time de couélat, un monde doté d'un horizon d'indétemlination Je
voas, I'entends, je n'ai pas des expériences avec mes seuls sons. mais aussi
avec ceux des auües, et I'autre n'a pas des expériences avec les siens seuls.
mais aussi avec les miens; cela se produit lorsque I'on acquien une
connmssancepar sa transmission.Et cela n'est pas simplement une
mamêre objective de parler, mais un fàt de conscience, pour moi et paul
cheque autre, quelque chore qui est pour moi constamment agissantdons
mon comporteTent, dês le comportement donsla sphêrede ma passi-
vité, de mon affectionet de la simple réception.Nous nousy dirigeons
tour dons notre vie sensible,nous nous ditigeons vers <<
la nutre >>,et cha-
cun ne se dirige pas seulement verá ses expéríences.

f
292
ANTHROPOLOGIE
DEUXIÊME PÉRIODE : 1921-1928
293

1:
(
295
294 ANTHROPOLOGIE DEUXIÊME pÉRIODE : 1921 1928

mêmechose,ou bien celuid'un nutremoi du présentou du fütur unité fondée dons des pluralités, et elle est le substrat d'<<actes >>qui sont
(<(vivant >>à présent ou à I'avenk) eu égard à des actes et à des réflexions des singularités en tant qu'actes, et qui sont des actes permanents, des
plus tmdifs. La temporahté de I'action(dons le htuf) est un fãt essentiel ; actes qui sont eux-mêmes des umtés constitutives de rang supérieur, qui
sêdent leurs soubassements fondateurs dons les actes personnels pu'
I'action personnelle se rapporte à la personnalité dons la continuité ongt-
nairement authentique -- qui est la sienne -- de la durée de I'existence, etc., ticuliers concernés.
mais elle présupposepourtant la continuité du temps, des tempo imma' 11n'y a donc pas simplement analogte si nous parlons par exemple
nents et de I'extension du monde. d'un eV'n/foram : ce n'est pas une simple image, aussi peu que si nous
pulons corrélativementd'une conãguration comme la langue ou les
mceurs, etc. Une faculté a des convictions, des souhaits, des décisions
volontaires ; eUeaccompht des actions : il en va de même d'une associa-
\<.6> La }lHralité despersonnes en commünicatioti
3n tattt qwe SKbshat des acres
tion, d'un peuple,d'un Etat. Et nouspouvons aussiparler de la faculté,
oa des opêrations commt4nai4taires.EQrit coram tl du caractere,de la réflexion en un senséuoit mais d'un degrésupérieur
correspondant.
Mais il convient ici de disdnguer <entre> des personnahtésde rang
[:

Dons I'enchaínement général de la conscience qui peut êü'e institué


E,r de diferentes maniêres par empathie, dons des proportions et des direc- supérieur, des associations authentiques entre personnes, et í//z@Zeme#/des
communautés de communication, des communautés d'action ; une
tions diversos, nous possédons une couche d'une conscience générale,
suprapersonnelle,et à I'opérativité pourtant personnelle,vivant dons tou- langue ne nait pas comme naít une Constitution étatique dons ]'Etat par'
lementaire.
tes les personnes qui y sont partie prenante, s'écoulant à t:ravers elles, ou
bien, plutât, laillissant à partir d'elles et s'écoulant pourtant à travers elles, La nature physique <est> constituée moyennant un <(emplétement>>
comme s'il y avait là une unité de la personne,dotée d'une conscienceet réciproque des sujets personnels appartenant à une communaute en com-
munication. Dons mes apparitions multiples se constituí la même chore à
d'une opération personnelle.En tant que <(sujet)>de I'opération com-
titre d'unité, soit telle chose apparaissante,soft telle auge. Les appantlons
ia personnahté commune, unifée, est d'une part I'a#alaEo# d'un
sujet individuel, mais, d'Zune part, eUe n'en est pas simplement I'aeaZaKo#
: passent et, cependant, celles qui soft passées<(accomphssent quelque
elle est une pluralité liée de personnes, qui possêde dons leur liaison une chose >>,elles sont passéeset, cependant, elles sono encore vlvantes et
unité de la conscience(uneunité en communication). I'intérieur de la constitutivement agissantes.En tant que sujet sensible, le sujet fãt
pluralité de la volonté distribuée dons les personnesindividuelles,elle s'empiéter le présent et le passo.Ce n'est pas comme dons la natufe, oü
possêdeune volonté constituée identiquement pour toutes, qui n'a pas ]es états chosiques passésne sont rien, et oü seul ce qui est présenté est
d'auge lieu, pas d'nutre substrat que ]a pluralité]201] des personnes en véritable et« accomplit >>véritablement quelque chose.
communication ; et i] en va de même pour d'autres actes consütués sacia Mais c'est encore paus important sous d'autres rapports pour le sujet
lement, <(unitairement». Cheque moi est le sulet de I'action, mais chacun en général. Mes décisions passéessont à leur tour viventes lorsqu'elles se
dons sa fonction, et i] en va ainsi de ]'unité ]iée de tout sulet complet. ll reproduisent, et elles ont à présent à nouveau un effet, et de façon immé-
s'agit d'un substrat unitaire ; de même que le moi, la personne sont le diate. Ce n'est pas comme dons la sature, oü un effet temporel continu a
substrat de leurs singulaíités individuelles entendues comme actes, aínsl [ieu et oü chaquemoment coche ]202] en lui-même le dépât de I'effet du
que de leurs actes permanents, de même la pluralité des personnes en moment précédent, et oü cheque <<instant >>temporel est seul réel et com-
communicationest un substrat: elle n'est pas une plurahté,mais une prend en lui toute causahté.Toute conception de I'âme qui se nourrit de
n

296 DEUXIEME PERIODE : 1921-1928


ANTHROPOLOGIE 297

dispositions et laisse seule agr réellement le présent momentané, fdsi6íe conscience étrangêre est #& à son enchainement de consciences constitué
le Eàt fondamenta[ se]on ]eque], par ]e moyen de la reproduction, le passé en tant que flux, et uni6léen un flux commun qui fàt partie sur un mode
lui-même influe sur le présent. Cheque décision continue à exercer paus personnel de la conscience unifiée. En outro : fMt consciemment partie
r avant son ef6et dons le fütur : non pas qu'eHe éveiHe dons I' <<âme )>une de ce flux un caractere, une propriété, un groupe d'actes permanents qui
r transformation continuelle au bout de daquelle entre en scêne I'effet fütur continuent à se développer, un groupe d'opérations communes, d'ceuvres
comme dons la nature, mais la volonté posée <<
comme füture >,devient communes, etc.
présente et se fãit réahsatxice.Le moi passé exerce sur lui-même une La personne communautaire, la spidtualité communautaire (si I'on
influente à distance.
f mimeà restreindre le dermede personne dons tel ou tel sens) est effective-
\

Dons mes apparitions, le monde sensib]e, qui est ]e mien, se constitue ment et véritablement personnelle ; il y a là un supraconcept d'essence,
pour moi et, d'une certame maniêre, en moi comme mon vis-à-vis. Mais qui relie la personne parücuhêre individuelle et la personne communau-
l autrui transgresse ma sensibilité et la sienne et, dons cet empiétement, le taire ; il y a là une analogte,exactementde la même maniêrequ'il y a là
[: monde est là de façon consciente, qui n'est qu'un seusmonde pour nous analogia entre une cellule et un organisme constitué de cellules : ce n'est
deux, et le corrélat de <(nous deux >>,finalement, le corrélat d'une pluraJité pas seulement une image, mais une communauté générique.
ouverte. Et cela se poursuit ainsi avec toutes les objectités. A propos d'un peuple, on parlera à vrai durede I'unité d'une cons-
Même les subjectivités se constituent en tant qu'umtés de différents cienceprovisotre ; mais pourra-t-on parler d'une action communautaire
degrés; là aussi,nouspossédons,quoiquedais un benstout à fdt diffé- qui englobe tous les su)ets égoíques et qui les rassemble en une unité
rent, des mu]dphcités et des unités, ]e sujet permanent de convictions (durable)l Pourtant, la question se pose de savoir si I'umté d'un peuple
permanentes, également des aperceptions permanentes (celles d'un n'est pas I'a#.zZZo#de la personnahté. Par exemple, le peuple s'enãamme
monde objectif), des évaluations, des besoins, des volitions permanents. avec passion, est en quête de formes d'unlté pratique si un groupe au sela
Ce qui offre une multiphcité, ce sont les vécus iso]és qui s'écou]ent ]es de ce peuple est réprimé à cause de sa langue, etc.
uns dons les autres,les pulsations vitales, mais ils se sédimentent en tant
que temporahtés, se soumettent à ]a ]oi de la temporahté immanente qui
consiste à entrer dons des entrelacements <(associatifs >>
immanents. à for- <$7 La constitHtion de la st+bjectiuitê>
mer des aperceptions,à créer avant toute réflexion I'unité et le point de
départ de I'afFection possible(les condit:itenshées de I'activité égolque Dana le bens constitutif de toute vie, oü réside I'origine de tout être,
personneUeet du développement personnel).
nous trouvons que les subjectivités et les objecdvités se constituent paral-
Mais si naus prenons ensuite en considération le fàit que des person- lêlement, et que les subjectivités sont des unités consdtutives aussi bien
nes entrent en relation en se comprenant de façon intime, forment une que le sono leurs objectivités. Ce qu'il y a de merveilleux dons la subjecti-
unité, les personnesqui ont formé une unité sont toulours encoredes vité, le Eãitde pouvoir devenir elle-même<(objet >>,mieux, vis-à-vis,sc
personnes individuelles ; pourtant, formant précisément encore une manifestepar cecique, d'un point de vue subjectif. deux flux d'une conâ-
unité, étant là I'une pow I'auge et sur un mode conscient, chacune ne fãit guratíon constitutive se divisent en derniêre instance dons la conscience
consciemment qu'un avec d'auües, et se trouve circonscrite par elles. pune, qui se rapportent I'un à I'nutre en tant que sujet et objet à un stade
Dons ]a consciente de cheque personne, celle-ci est elle-même une unité. différent, et c'est par là qu'apparaítun concept précis d'objet. Les objets
et toute nutre <personne> est une unité et, en compréhension avec elle, sont en cela : 1/ des rgaíei, à savoir, des impressiona, mais des objets qui
une personne unique ; dans la consciente de chequepersonne [203], 1a proviennent d'opérations personnelleset, face à eux ; i] y a 2/ ]es sulets
a

298
ANTHROPOLOGIE

r
TROISIÊME PÉRIODE 1929-1935
\

[133]
N'lO
t:

<LE MONDE DES NORMAUX ET LE PROBLÊME


DE LAPARTIClpATION DESANORMAUX
à LA CONSTITUTION DU MONDE>
(lO jan«ie. 1931)
300
ANTHROPOLOGIE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935 301

A présent, le problême est de savoir quem<(rale >>louent les dif&rents façon intentionnelle le bens d'être de cet nutre, et I'amener à la vahdité
types d'êtres psychiques pour la constitution du monde prédonné. Mais, dons cette motivation. Un nutre accessible à la perception détermine une
tout d'abord, oü est le problême ?
couche de vahdité du monde prédonné, à savoir quelque chose qui est
Moi, qui réfléchis et qui me situe sur ]e so] absob de ]a réduction
déjà intersubjectivement mondam, qui est constitué purement par moi
transcendantale,je possêde<(le )>monde, qui m'est prédonné. Comment
sur un mode primordial, et constitué par lui en tant qu'il existe à présent
se clariâe I'accomphssement achevé de la vie consciente qui porte en elle
pou' moi exclusivementà partir de cette motivation. In prochain que
le sens d'êue sur le mode de la visée et de la validité continuelle ? Com. I'aperçois est donc déjà le troisiême, qui pide à la fomiation continue de
ment s'édiRieI'intentionnahtéde la prédonnéeet, en eHe,I'identité du
\
ce monde du premiar <(nous deux >>en un monde pour nous bois(ce qu'il
monde dont [a vahdité et ]a détermination y sont continues ? EHe est dé)à peut falte de son câté en vertu de <1'institution de seno qui ]ui est par moi
édi6lée,je vis en tant que moi éveiRédons ]'intentionnalité actuelle de la
assignée>, le moi qui possêde dé)à un monde commun avec le deuxiême
possessiondu monde, mais je puis I'interroger d'aprês son <<origine >>; je moi en tant que couche), etc. En cela se transforme aussi le bens d'être
peux I'exphciter dons sa fondation intentionneUe,[1341comme compre- des su)ets étrangers et, aussi, de façon continue, mon propre bens d'êüe
nant en lui des implications actueUeset potentieUes; en partant de lui en
\
(en tant que moi pane d'autres semblables). Puas,de même que ]e pos-
tant que genêsevivente, je peux analyserla genêsedont le déroulement sêdedé)à par abstraction I'autre dons le champ de mon monde (qui est
est vivant, mais la genêse qui s'est déroulée et, ainsi, amener pour moi à la tout d'abord -- de façon abstractive monde pour nous deux), il est aussi
compréhension ce monde prédonné de façon vivente dana son omni-
[135] pour moi un cosujet pratique qui a des va]eurs, mais i] est également
temporalité vivente, le sens de son être et de sa maniêre d'être en tant
un objet, I'objet de mes soins, de mes activités, etc. (ll n'est nature que
qu'opération de ma conscience de ce monde.
selon une couche.) Et ainsi, I'admets de nouvelles couches habituelles. et
Avec ma méthode de la réduction primordiale(du monde prédonné à le monde dont je fãis moi-même partie admet de nouvelles couches s'y
la ptimordialité), I'accêdecorrélativement à I'«o primordial et, à partir de rapportant, parmi lesquelles je reçois des <<signiâlcations >>pour I'autre et
là, je continue à construire:je pose une empathe (selon la premiêre origi- lui pour moi.
narité: la perception de I'étranger) ; je pourrais dureque je pose à nou-
Nous avons laissétout cela se dérouler dans le simple champ percep-
veau une empathie.primordiale comme ayant validité, et que I'obtiens tif. NatureUement, la question se pose en ouse de savoir comment
autres ptimordiaux >>.
Je me bens dons le domaine de I'expétience et s'élucide la temporahsation complete, la constitution des hommes en tant
tour d'abord, de la <(perception de I'étranger >>.Demeurant dans la réduc-
que réahtés perdurantes, perdwant à Uavers le tempo, et pas seulement en
tion abstractive,je poursuisce qui esttout d'abordfondé à partir de ma tant que corps et, ne fMsant qu'un avec cela, <comment> la construction
primordialité danale monde qui m'est prédonné, à tive de perception de continue du présent subsistant <s'élucide> pour et à travers tour ces
I'étranger; je poursuis aussi ce qui accêde à la validité. C'est ainsi que, de su)ets qui font partie de ce monde. ll ne faut pas oublier la constitution de
cette façon, je p'ogresse.J'aurais pu accepter aussitât plusieurs autres I'être-ensemble perdurant des hommes entre eux, de I'humanité commu.
dons le champ perceptif. Mais je devrais cependant les amener isolément
nautaire ouverte et de ses articulations, par daquelleseule advient I'umté
à une expérience dont la progression est analyüque, dont la conâumadon d'un monde environnant pratique durable, I'unité d'un monde de la vie.
est détemlinante, pour voar ce qu'un individu accomplit pour lui-même,
Or, il faut expressémentsouhgner une présupposition que I'ai intro-
et de quelle maniêreson être-ensemblecont:ribuealors'au monde qui duite involontairement dons ce parcours oü )'ai procédé à la fondation de
st prédonné,à savoir pour moi sur un mode subjectif. pour autant la construction constitutive de mon monde prédonné. En bref. je prenda
que I'ai dü, à parta de moi-même, à partir de ma primordiahté, formei de
I'nutre dons ]a « 0/7aó#,»,et i] convient à píésent de réfléchir à ce que
n

302
ANTHROPOLOGIE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935
303

qu'il est mon semblable, s'accorde avec moi dons le style général de son
essence,se confimie donc de laçon concrêtement similaire danale couro

R.
304

ANTHROPOLOGIE
TROISIÊME PÉRIODE : 1929-1935
305

;#X:i3ÜIS=u,=u=«=:=n ;===,;;=i==E'==:Z'ã'i:=='T:::=.==:-'
a"-«'"',

[: tituent, ainsi que de leurs opérations communautaires


l,r
306

ANIHROPOLOGIE

)DE : 1929-1935

307
308
ANTHROPOLOGIE TROISIEME PERIODE : 1929-1935 309

« du >>monde, mais une représentation três imparfãite ; ce n'est que peu à «nous>>normal et, ensuite,de chaquecommunautédu nous de cette
peu que ]'u acquis une connaissance du monde qui s'étend toulours paus
sorte, alors que les enfants font seulement partie du monde de ce qui est
présentet de ce qui est à manipulem; il en va de même pour les fous, les
En tant qu'homme mür parmi ]es hommes mürs et les hommes nor-
/

ma[ades,etc. Mais i] est difHci]e de satisfãire par ai]]eurs à tout ce qui co-
(
maux, je développe, moi et, de même, tour ceux qui se situent dons une détermine le monde concret, à la maniêre dont le monde culturel concret
communauté au moins médiate, mon expérience du monde; mais le style se stratiâe en vet'u de ceia ; par ]à, à ]a maniêre dont ]a science, I'art,
du monde de I'expérience, ce style des hommes mürs raisonnables et. ce
I'atúsanat et I'Etat ne comprennent tout d'abord en eux que la normalité,
qui signiâe habituellement la même chore, <<
ce sty]e te] qu'i] est véritable-
la raison relative et la maturité, et puas à la maniêre dont, à nouveau, dons
ment>>, ne se modiâe paus [141] de maniêre fondamentalement essen.
I'historicité concrête, une telle inclusion est perçue comme ne fãisant
l.i tieHe. Asswément, au cours des époques, les <(visions du monde >>,leur
qu'un avec ce qui est exclu.
1. sensd'êüe se modifient, et ce, égalementau sem de notre unité de la
Finalement, comment se constitue un monde de la vie, alors que les
communauté cuJturelle historique. Par conséquent, cela pose à nouveau
des problêmes. hommes mürs n'y sont pas moins sérieusementà metue les uns avec les
lr: autres sur un pied d'égalité ? ll se constitue comme un monde individuel
Remontant à mon enfance, aussi loin que I'en ai d'une certame
de la vie @ar ex., comme un monde culturel européen, comme celui de la
mamêre un souvenir clair, non seulementje me remémore, mais aussi
nation anglaise,etc.), z'ü une [142] structure universe]]e typiquement indi-
rêtroacüvement, I'interprete et je corrige, le paus souvent aussi, assuré-
viduelle ; cheque homme <(normal>>de la culture concernée, à son
ment, je fdsiâe inconsciemment le souvenir par réinterprétation et re-
époque à lui et à son époque à eUe (à chaque bois au présent) la possêde
conâguration de l expérienceantétieure,par aperceptionrétroactive à
partir de I'aperception présente. sur le mode d'une consciencehabitue]]ecomme son espacevital spirituel,
comme une<<forme >>qu'i] concrétise en fonction de sespouvoirs indivi-
L'homme normal, au senodéfini, est une idéalisationde I'homme mür
et, par.là, en un nutre sens(un bensqui doit êüe détemiiné), de I'homme duelset à partir de sa vie personnelle,de façon imparfãte, selondes
normal. degrés innombrables d'imperfection:
Comment se constitue cette structure sienne qui perdure, à laquelle se
Je veux. compr:ndre comment se constitue mon monde en tant que
monde envifonnant humain et, à vrai dure,en tant que monde environnant rattache [e monde de ]a cu]ture qui perdure? Par aiHeurs,elle possêde
aussi <(son temps >>,elle est seulement la structufe {(de son temps >>et,
d'une humanité dont la formation communautaire est vivente, plus préci-
sément, de mon <(naus >>comme monde environnant ou mon(ie de la üe changeant,elle ne se modi6te pourtant à son tour que dons I'unité d'un
style historique, qui constitue pour ainsi dirá la<< substance historique >>
pratique, entouré par un horizon mondam non pratique plus Imge, ou
bien, plus concrêtement, pm un horizon mondam qui contient d'auues d'une culture temporelleuniversene,comme c'est le cas de la culture
humanités et leurs mondes de la vie, et qui íinit par basculer dons un hori- européenne depuis les Grecs anciens jusqu'à aujourd'hui. Celui qui vit à
zon de monde<<
vide)>.Pour cela,J'aibesoini'absü'actions,et un stade présent ne sait riemde cela, mais il peut dévoiler I'histoire qui est la sienne
abstractifest formé par la communautédeshommes mürs et, tout d'abord. comme elle est cede de sa culture, et c'est seulement <à partir de> la
des hommes que je considere véritablement comme <(mes semblables)>. structufe de son présent historique(à partir de la temporalité vivante con-
La stratiâcation qui fãit du monde pour moi un monde effectivement crête, dotée de son passé vivant présent) qu'il peut le fãire.
attestablepour moi ressortit à ce problême. ll s'agit ici de reuacer de
façon générativela communauté des hommes mürs issue de mon 1. Avant toute chose: claque monde culturel possêdeía forme, sa forme qui perdure
dons le changement
310 TROISIÊME PÉRIODE : 1929 1935 311
ANTHROPOLOGIE

Est #0/7?za/
un homme qui a une compréhensionconcrêtede lui- y a une réflexion de cette sorte, éventuellement,une réflexion répétée.
même lorsqu'il use du teime <<
chacun )>,qui fãit partie de la communauté Les buts de la volonté, qui rêglent une polbon de vie en tant que portion
humaine ouverte de ses semblables, lesquels possêdent le même monde préformée, en tant que préforme de quelque chore de souhaité, de voulu.
historique de la vie. Celui-ci est déterminé par la même fomie structu- Nombreux sont en général les chemins possibles, le chemin est diverse-
relle, fami]iêre à tous, mais non dép]oyée.Le nomia] est normal dons et ment indéterminé, également en ceci que I'on ne sait pas encore claire-
en verte de la communauté normale. ment quelles possibilités penséesau préalable sont des possibihtés vérita-
[142] bles,des possibilités dure-peux
11. Autoréflexion portant sur les âns elles-mêmes-- autoréflexion
portant sur I'ensemble de I'horizon de vie possible en tant qu'horizon de
mon pouvoir et, pensé de façon générale, en tant que vie dont la Rinalitéa
Appendice Vll réussi: la question est de savoir quelle vie complete -- partant du pré-
sent --, pensée comme étant dotée de Hmsvisées, serait une vie heureuse,
].,A NORMALITÉ DANS LE DOMAINE une vie que je pourrais revendiquer dons son intégralité.
DU MONDE PERSONNEL (M(EURS,etc.) 1/ L'idéal de la <<béatitude>>.
Une vie dotée de biens positifs dont on
<juiaet-aoüt 1930> iouit, et dotéeà vrai dizedes bienssuprêmes,
ou bien de I'ordon-
nancement humain des biens qui soit le meilleur, du bien suprême.
2/ Réflexion portant sur les hasards, sur la déficience du pouvoir,
<..Contenta :> moi, naus, hs bommes dons <( Fexistence btlmaitte )}, ütls la uie sur [es b[ocages subjectifs de ]a ]iberté en tant qu'e]]e fãit généra]ement
bHmaine. Des bits data h uie et des bits uitaKX, üs idéaux de uie. La uie -- de partie de la vie humaine, sur les blocagesenter-humains,sur les conflits,
I' bomme majeur watts la tlonlzalité. Intemupüon de h tlonlzalité elle-mime, en tattt de la maniêre dont cela apparaít,dona d convient de prendre cela en
qKe cotlQosattte constitnüue de I'eústetlce ttoTtllale. .'l.4iraüon uers nti élaqtssement considération.
possibkment délibéré de h flor?lzalité, d14donaire sar leqKelon peKt cometer. Novtlla- 3/ La vie dons la nomlalité, qui rend possible un prolet, une vie
lité de la natKre. Le noíptlal dons le domaitte du mono üs personnes, dn mottde de h orientée vensune âin. La vie dons I'interruption de la nomialité la vie qui
;nlture. Le \s;a3kvekon
: enjait eLle-mêmeparüe
la ré$eúonstark \!:a3kieh.nn.
Maars. a appris, en vertu d'une nonnalité suprême, à compter aves I'anomaalité
Histoin en tant que réDeúotl$tialisée. DescvWüond%sele ttormaldK mono bKmain en tant que forme générale de la vie.
!ttúrotttlant (for7neittdiuidKeLLe,<(nobre>>monde etluironnant),jorre indiüidt+elle, non 4/ L'aspiration à un élargissementtout à fait possible de la normaJité
Das f017tze essentàeile.
-- la nomlalité en tant que I'on peut d'une certame maniêre la maíuiser.
[143] aO La nature normale la science de la nature, la présomption d'une
légahténaturelle générale, le progrês de la connaissance de la légalité pré-
Les bata dons h úe et ks bits ütaax, idéawx de vie
sumée.La connaissancescientifique de la nature en tant que moyen en
L'homme -- moi -- dons la vie de I'humanité, vivant généralement avec vue d'une »xuxü de la nature.
les auues à I'intérieui: du monde, moi avec mes<<buts vitaux >>,avec les #OLe monde normal de la communauté -- la vie quot:idienne normale
autresqui sont dotés de leurs <<buts vitaux >>,et en opposition avec eux. avec d'autres hommes selon des mceurs normales, dons la nomlahté de
1. L'autoréílexion portant sur lesmeilleurs cheminspour atteindre un I'ordre politique, dons la normalité du sol commun de I'expérience,du sol
but. Les buts soft changeantsdons la vie, donc, pour le but de chacun,il de la tradition commune, des modes communs de jugement et
313
312 ANTHROPOLOGIE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

d'évaluation, du mode prévisible des réactions dons cheque situation maisons<<pmoissiales )>,des lieux de cure, etc. Dons la vie, dons la vie des
typique respective. L'homme dons I'existence nomiale, ne se comportant personnes, des <(communautés >>et des communautés de gang.suPéÂ.,..,
pas seulement de façon typiquement similaüe sous des rapports typique- la IÉflexion joue le rale qui est le sien, qui lui appal:dent à elle-même:
ment normaux comme une chose dons une facticité empiriquement réíllexion suí ce qui se fait, de façon médiate en relation avec les questiona
inductive : I'homme vit dons la norme en étant conscient de celle ci oosées aux anciens. . . .
comme nomle. Le sty]e normal de ]a vie, en tant que style de la vie com- Mais la coutume traditionnelle ou ce qui se fãit est bien connu dans
munautaire,n'est pas seulement un fãit [1441pour lui, mais un devoir- de nombreux secteurs déterminants comme quelque chose qui a lieu dons
être et un être antérieur d'une volonté vitale confomle au devoir. La vie I'Histoire ; certains besoins ont été institués dons le passé à partir d'une
dons sa forme vitale est af6umée, et quoiqu'on ne pense pas à la forme, la occasion détemúnée.
vie individueHe fãit I'objet d'une approbation : elle est afhmée dons sa
FoT'17ze
itidividHelleégoiq e <(nobremonde)>et le \;2:üüKon
forme, pour I'amour de sa forme. L'enfant est élevéà I'intérieur de la
forme de la tradition, et la transgressionde la forme est en outre égale- Description du style normal du monde. environnant humain, du
ment désapprouvéeet blâméepar I' << égolsme>>des individuo, et le type monde en tant que monde de I'expérience, de la nature normale.(avec ses
1::
de blâme fãit lui-même partie de la forme. La forme normale est ce sur régularités normdes, ses habitudes pour ainsi dure),de même, le monde
quoi ['on compte (comme sur ]a fomae norma]e de ]a nature) dana son -'õ"''-- "' de la culture,
nomialpersonneletlemonde . le .monde
. des questions cul-
... .....
mode de donation du monde environnant, maiselle est une forme procé- tmelles en tant que monde des questions dons lequel <(on >>vit: le monde
dant de la volonté. Elle est et doit être, et il a tou)ours dé)àfaLIuque cela des objets-instruments et des objets-fins dons ]e style de ce qui est usuel,
soit ainsi, et celase trouvait en tânt que tel donsla volonté desporeset dons la forme générale du devoir<( éthique >>.ll s'agt d'une partie essen-
desancêtres.Et cela appartientà son seis du devoir et à son sensde la ttelle de la forme individuelle humaine qu'est <<
nutre )>monde et de ses
volonté. ll faut maintenant que cela soit ainsi, parce que cela a toujours articulations fom)eles, de sesstades formels.
été ainsi, pmce que I'on a vécu à I'intérieur de cette dorme. Une telle Le monde des hommes en tant que <<monde >>des personnes, en tant
nomle, pour autant qu'elle a en tant que forme un horizon ouvert indé que personnahté issue d'une dynamique communautaife, ou bien ensont,
tant
terminé, est déterminée plus précisémentlorsque I'on interroge les que pluralité de personnesqui, ayant une ue de.personne,[t4q
anciens, ainsi qu'on le faisant dons des cas de cette sorte. dons leur fami[[e, dons ]eur <(communauté>>,dons leur lignée, etc.,
Tel est le cadre de la nonnalité communautaire humaine. et le cadre inscrites dons un entrelacement mutuel. En fonction de la gradation, il y a
de I'<( éthique )>au sens le plus auge, du Éa/ge,éa#.On trouve également en ent:relacement des personnes. Ce monde est là à tigre de .píúe#/.perla##e/,
eHeles types de la vie normale, personnelle,convenable,les buts profes- oü s'est déposé un souvenir personnel, un passo, une óir/uin sur le mode
sionnels et les formes de vie professionnelle, etc. de la communauté personnene, laquelle n'est pourtant éveiEée qu occa-
Une normalité corrélative, à savoir à titre de corrélat de la vie person- sionneUement et de façon particuhêre, sons ordre, de façon immédiate et
nelle convenable, c'est la fomie convenable du monde environnant com- médiate. à savoir dons les récits(des anciens), à travers les caracténsüques
munautaire ; tel est le monde environnant de cette nom)ahté, façonné de la mémoke de la culture des objets, etc., lesquelspossêdent néanmoms
dons la fomle de la uadition, façonné par les individus comme ce qui est un horizon d'éveil, de dévoilement possibles continus.
convenable, et en partie comme une opération communautake ; la forme La description de la nature mondaine environnante(empidogra
de construction des maisons, des habitations, des étables,etc., la forme psique), ]'histoire de ]a natwe, pareülement, cede du monde enwonnant
de construction des <<
paroisses>>et, en cela,la position et la forme des spéc lnquement personnel, accompagnée du monde des objets formé sur
315
314 ANTHROPOLOGIE TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

un mode personne] : ]'histoire de ]a cu]ture et ]'histoire en général,pour usuel, qui possêde en même temps le caractere du devoir-êue -- assui:é-
autant qu'elle porte sur ce qui est historiquement essentiel,c'est-à-dize ment avec les inflexions du <(ce n'est pas ainsi que I'on fut )>,ce qui, en
sur la fomie individuelledu monde danslequelnousvivons en tant que
personnes, et les co-instaurateurs respectifs de cette forme dons le tempo
" '.HH:::=:omT==U='F==,:: ===;Ht
"i.
ft historiquement accessible,pour autant qu'ils sont ces instaurateurs et
qu'ils continuent à vivre eux-mêmesdons le souvenir en déterminant la
[

tradition (au double bens).


Coutume et histoire(I'histoire, rendue à nouveaupublique par la
réflexion, de la vie de la communauté dons le monde environnant com-
[:. Nous aunons
munautairequi s'y configure et qui se forme toulours nouvellement) sont
respond à ce qui doit être fdt« d'un point.de vue éttlique » rnn ndn nn gnnll
fessions inau-
IE: absolument inséparables. La vénération pour les parenta, les gí:ands-
parents,pour les <(grands>>hommes ressortit à ce qui se fHt ; on vénêre
aussila maniêre dont ils ont vécu leur vie, dont i]s sont intervenus dans ]a ãÜl;'i:Rm:'::=:: :1:
1:: (bourreaux, usuriers). Ce qui est là essentiel et survient généralement,
vie de la communauté. L'histoire le récit de I'histoire, ce que les anciens
r et les ancêtlesracontent de ce que leurs vieux leur ont racontés.etc..
selos une médiation plus Imge, dons la mesure oü ils n'étaient pas là eux
peut tout d'abord demeurer indifíérencié.
11sufEt pour commencerde puder de façon.généraleen teimes de
,:l

mêmes et racontent à partir de leur expérience directe. personne. Mais, à présent, plus exactement : ce qui appanient à une <(per'
On vit en communauté et I'on possêde une expérience segmentée de la
vie des auues; on a par là même égalementI'expérience de notre propre
:lã==/m 'l"=:=:'='ü==,=.::;
.:'=;À'';;:::
I'homme pnvé, etc.,le fonctionnaire de la communauté politique, le non-
vie en tant que vie avec leq autres, de cede des membres de nome propõe
foncdonnaire, etc.) Pourtant, en un sens différent quoique apparente,
famiHe, daquelleest I'expérience la pausriche ; et plus on vieiHit, plus le seg-
ment de vie et le segment communautaire dont on fàit soi-même chacun possêde sa sphêre privée, dons laquelle il n'est pas fonctionnaue.
Vie r'nt à présent les types de caractere des personnes, et le mode de
I'expérience est important, pour autant, assurément, qu'il a la portée de
vie humaine personnelle en tant que vie ânalisée, le monde enúonnant
I'expérience effective. Dons la vie, on augeles autres selou le ,êa/gelo(tout
en tant que champ de mes buts, comme le royaume, le domaine de dota
d'abord), et I'on est soi-même jugé en fonction de cela ; on est três tât
nation en ]eque] le rêgne, en leques ]e pose et réalise les buts de vie que le
moüvé à exercer soi-même son jugement -- le jugement portant sur le
veux façonner pour mot-mime.
passé et, éventueHement, sur I'ee.íewóZe
de la vie passéeressaisie dons le sou-
venir, ou bien vue I'ensembledu passéprofessionnel, vue I'ensembledu NoM monde ettuirottnatit etl tattt qne .for171e
jtidiúdKelle
passé à partir de la maturité, avec daquelle commença la vie << sérieuse >>.
La {(forme>>du monde, donslaquelleI'homme -- I'homme de fàit --
L'autoréflexion et I'autojugement servent à la régulation de la vie, ils plon-
vit sur le mode de la consciencepersonnelleet dont il fãit lui-même
gent dons le passé pour I'amour du fütur, et p]onge dons ]e futur pour
I'amour des possibihtésvitales, des formes téléologtquespossibles,en pane, pour lu.même donssa vie conscientepersonnelle,est une fomle
lesquelles on augeet on évalue, en lesquelles on doit juger et évaluer. individuelle. Exprima plus précisément: moi, le psychologue de I'inté
Naus avonsmaintenantprivi]égié,à ]'intérieurde la forme indivi- riorité,enl'occurrence,lep -
' énoménologue, . :.:en ....
le décris a/Üi#a#í?r, tant

duelle la plus Imge, la forme du Éa/ge,êa/z,


de ce qui est personnellement qu'homme de fãit, étant là moi, et moi dons <(nove )>cohumanité, dons
316
ANTHROPOLOGIF TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935 317

logre nalve de la personnalité et du monde personnel en tant que forme


individuelle.
Cette forme est pour moi, elle est pour chequehomme la forme la
plus Eamiliêre de toutes ; naturellement, elle n'est pas mime en évidence en
t
/

tant que forme théorique,elle n'est pas abstraitesur un mode quel-


t. conque, mais elle I'est à titre de structure d'horizon familiêre, dons
laqueHes'inscrivent tout fãire et toute activité particuliers.
Chacun a orienté cette fomie de façon individuelle à partir de lui-
f même, et I'a remplie au titre de son mo dee z,/nu a#/ personnel, en a fãit
\-

B. I'expérienceen tant que mondepersonnelconnu-inconnu,plus ou


Li moins indéterminé. Une telle forme se décrit dons une généralité plus ou
IJ. moins grandeet, en fonction de cela,égalementdons sa teneur la paus
1:: individuelle.
[171]

Appendice Vlll

PROBLÊME: GÉNÉRA'r'rVITÉ - NAISSANCE ET MORA


EN TANT QU'ÉVÉNEMENTS ETDÉHQUES
DE ]:A CONS'HTUTION DU MONDE
<Début des années 1930>

11faut montrerque la naissance


et la mort doiventvaloir en
tant qu'événementsconstitutifs qui rendent possible la constitution
du monde -- en tant qu'éléments eidétiques d'un monde constitué ;
en I'occurrence, il s'agit de la généradvité qui comprend la naissance
et la mort. Lorsque se construir I'opération de I'empathie en tant
qu'expériencedes auü'eset de moi-même parmi les auto'es,je présente
tout d'abord I'expérience étrangêre ef6ective et possible comme un
mode de la présentification,laquellepossêdeune vahdité d'être, et
comme une expérience modi6íée par rapport à mon expérience originale
primordiale.
318 319
ANTHROPOLOGIE TROISIÊME pÉRIODE : 1929 1935

Tant que le souvenir <<étranger >>coincide avec mon propõe souvenir [3s7]
possible, tant que mon souvenir ne possêdeque les limites de la chute N'23
donsI'oubli, que mon impuissanceà me souvenir n'est qu'un oubh qui
laisse en même tempo ouverte la potentiahté de se souvenir de ce qui füt
oublié, aussi longtemps, on ne satisíãit pas à la constitution du monde. Ce <LE MODO D'ÊTRE HtSTOKiQUE DE L'INTERSUBJE(:TIVITE
serait au fond comme si la générativité, avec la naissanceet la mort, était 'l'RANSCENDANTALE.
un fãit contingent du monde. SON ANNONCE VOILÉE DONSL'HISTOIRE HUMAINE
L'empathie ne fournit originellement qu'autrui, et éventuellement ET DANSL'HISTOIRE NATURELLEt>

f autrui doté des expériences,effectives et possibles,que je partage en (9/12 novembre 1931)


L
partie avec lui, que je pourrais avoir ou que I'muraispu avoir, etc. Son sou-
venir s'étend plus loin dons le passé, pour autant que je puas le com-
prendre, mais, dons une compréhension aprês coup, ce passé remémoré <.Cotitetiw :> acto-obecüuaüot} watts les modos, les stades de h .PtlitHde.
possêdepour moi un seis qui n'exclut pas que les souvenirs soient ou Ebommedais la Ei=üxüàe:l/jinittlde <en tattt qu'> eLleuoileF«in$nitél>
bien aient été possibles pour moi. ll en va de même du fàt que les autfes mondaiReprêdonnée,2/jiKitKde de I'existente bKmaine etl tattt qu'elle uoik la
r peuvent à I'avenir ou bien ont effectivement pénéué dana mon cercle tra$sçenãantalitê.
d'expérience; ces autres, je puis ou je pourrais les avoir pour objets Histoire humaine et humanisation du monde, ra íóe re deío/ 6a /aóx-
d'expérience : mon être <<humain >>pamu les hommes est mon devenir mattisaüon) Le domaitte de I'bistoricité bnmaine, la modalité de I'atlnonce bistoriqKe.
ontologique certain ou probable de concert avec ces autres. Or, la #air- Dons I'bistoricitédK mondeqKia t;aliditéPoKrla cotiscience,
Xegeme mottde,Po r
ía#rf et la mo# entrent pourtant en scêne de façon nouvelle à ce stade de tiot+s @odicüqKe.
I'expérience : elles sono fomiattices du bensdes hommes et du monde. La L'homme dons la situation 6íü2e2# mo dee#z'jnu##a#/9.
ReZaóz'2/á
Z#.p#-
certitude de mon être propre quant au futur, en tant qu'homme parmi setlt-- \loàzan d\rilêxêt. Moi en coram tiaHtéauecmoi-mime, dons mestre oüje
d'autres vivant dons le monde parmi les hommes, et celle de I'être de tout possêdeconstammetttle mime monde, dons leqKelje s«is cottstammettt k mime. Moi en
un chacun admet une limite infranchissable, et il en va de même, corréla- communaHtê auec les awtms, par quoi notaspossêdons toüyours contitiâmetlt, auec la
tivement, de la certit:ude de la remémoration de I'être humain passé et des communauté de LacottscieRce,
HH movtdecommattaKtaire. Moi (et, de mime, la st4beM-
hommes vivant dons le monde.
)itêjoTTnéedejaqotl commi4naHtaiw) cotlsütué en pevttmnencepoi4r moi-mime en tattt
Mais i] importe à présent de meüre rigoureusement en relation eidé- qHemoi bKmaitt.
tique le monde et naissanceet mort(donc la générativité), il convient de ..%odicti ité dH je-sóis(a% "ns natKwUe«-ent b«'ain). 4'''ü'ti.ité dK ""s-
mettre en évidence dons quelle mesure celaÍ172] n'est pas un fãit, dons Óawmel ? -L'a@od üa# ra#d#/f a#À' questiona portant sur I'essence. -t.a gwei-
queile mesure un monde et des hommes sons naissanceni mort sont tioti dela méthode,qHi çotlsisteà extrúre leslaí12zes
dais lejait dK mondeprédonRé
en
impensables. les rec.nnaissant. Comment la libré variatiott est-ellepossible ? Comment cotidtiit-elk
à I'essetne cq)odicüqKe <(monde possible eti gÉtiéral)> ?

1. Pensé comme le début du développement plus précis de la note du 5 .novcmbrc 1931


<cf. le texte precédent n' 22> . Le commencement consistait en une interrogation à rebours de
I'idée d'autoconservation de la personnalité transcendantale totale. ll n'a pas été achevé : n'a été
uaitée qu'une partiam de I'auto-objectivadon.
320
ANTHROPOLOGIE TROISIEME PERIODE : 1929-1935
321

[388]
Et tour ce qui est encore ainsi familiar est voilé, même I'être-humain
propõe, la .colporéité de chair eUe:même et I'être 'égolque propre ; il se
trouve tou)ouro à nouveau dons la ânitude, dana la relativité de la patence
[

et de la latence,en.fonction de chacun.]] s'agtt de ]a structurede


L
l existenceen tant qu'homme, de I'existencedu monde [389] pour lui; et
[a structure de ]a consciencedu monde qui appartient à I'âme y cones-
po:d/ aussi dons la mondanéité; y correspond aussi /u /# ro#aa/llaarp .paJ-
;/ÓZp
d# maná en tant que connaissanceânie dons un horizon de connais-
.f

'b.

ces iníinies, c'est-à-dize dons une relativité dana laquene aucune


l
connaissance n'est achevée. Non pas qu'elle soit incomplête, mais, en se
ânitisant dons son contenu, eHene parvient également à connaítre ce qui
est ]imité sur le made du íãni qu'en horizon et de façon impar:fhte, et ne
parvient ã connaítre que ce qui doit demeurer imparfàt à'l'inâni. C'est
donc la premiêre chose. L'homme dons I'état de la mondanéité vit dana la
prédonnée qui est la sienne ainsi que dans cede du monde, c'est-à dure

a conscíence de ]ae detude on : il vit à I'intérieur d'un tempo inâni dons

-" 2 / Une telle structure de la prédonnée du monde pour I'homme, de


I'hommepour lui-même,c'est à présentlà oü I'homme üt en un second
sonsdons les limites de la âútude, à savoir dons la mestre oü,'nécessaire-
ment, son être transcendental en tant que subjectivité transcendantale lui
demeurevoilé donsla vie natureHeen tant qu'homme ou bien,ce qui
rewent au même, dons la mesure oü ]a subjectivité transcendantalevit
voilée dons son humamté.

"L'être humain est un être inscrit dons ]a 6iútude, mais de telle maniêre
qu'il a en permanenceconsciencede I'inânité. Cette totalité de I'être âni
pour lui-mêmesur ce mode estle voilement de la subjectivitétmnscen-
danta[e.Mais un te] voilement signiâe quelque chose de totalement diffé-
"nt en tant qu'horizon,en tant que voilement donsla prédonnée(à
savoir, de llnconnu conscient à I'inâini dons ]'horizon du connu) En
d'autresteimes, il ne s'agtt pas du voilement (iu monde prédonné en
verti de I'inânité interne et externe dons daquelle il est prédonné. La sub-
)ectlwté transcendantale n'est pas .P/láZo##ádons la mondanéité humaine
et, pourtant, elle est <(voilée >>en elle, dons la mesure oü I'homme, qui, se
<<connaissant )>lui-même et <(connaissant )>le monde et, étant dons cette
322 ANTHROPOLOGIE TROISIÊME PÉRIODE: 1929-1935 323

connaissancehomme pour lui-même, peut accomplir la réduction Uans- de I'être âni au semde I'infinité qui se réfléchit pour ainsi duredansle
cendantaleet briser de part en part sa mondanéité. La mondanéité est voilement de la finitude humaine et, comme peut le dize le moi trans-
pour ainsi dirá un aveuglementqui, préalablement àla réduction phéno- cendental qui interprete en dévoilant(le phénoménologue), s'annonce
méno[ogique, ]ui rend ]'accês au transcendental nécessairement impos- dons le dévoilement.En outre: selos la maniêre dont I'homme
sible, dons la mesure oü il est lié à I'horizon de la prédonnée, mais lui en implique dons sa consciencede soi la consciencede I'être du monde
âte égalementtoute intuition possible.Ayons égardau fàt que toute comme monde humain, dont il implique par conséquent, dons une inten
p'role a/xxrü avec ses images natureHes[390] (fermer, voi]er, etc.) est tionnalité médiate, la conscience de la conscience de soi propõe et de la
une parole frite d'images issues de la mondanéité, et c'est pourquoi toute conscience de I'nutre psychiquement propre à chacun de nos semblables,
parole phénoménologique, pour autant qu'elle doit utiliser la langue natu- j391] 1'implication transcendantde de tous les suJets transcendantaux
relle, modi6le entiêrement son sens.
s'annonce phénoménologiquement en chacun de ceux-ci.
Mais, étant donné que le moi<<éveillé au transcendantal>>dévoile de
L'humanité se trouve corrélativement dons I'autodéveloppement et
façon systématique I'être propre transcendental et I'être de la subjectivité I'humanisation du monde. Cm I'homme est dons la mesure oü il se déve
transcendantde totale qui s'y annonce en suivant le <<nHconducteur >>de
loppe continüment d'un point de vue psychiqueet, par là, en tant que
la mondanéité qui est devenue un<( phénomêne transcendanta]>»,i] crée
personne. L'accomplissement a lieu cependant corrélativement par le fMt
<<de façon productive >>un nouvel hotizon infini et une connaissanceen
qu'il vit de façon continue dons des activités, qu'il produit individuelle-
tant que connaissancede soi du moi transcendentalphénoménologtsant, ment et en communautédes configurations actives, que les produits
mais aussi une connaissance de I'être de I'individualité transcendantale continua des individuo et des communautés sont eux-mêmes constitués
en général, dons sa dimension d'horizon in6ini en soi, horizon << produit >>
de façon consciente comme existants ; ainsi, I'existence humaine possêde
à nouveaux orais moyennant une production nouvelle. Une teve dimen-
touloui:sà nouveau un monde existmt qui contient tour, qui a reçu en lui
sion d'horizon est ]'in6inité de ]'analyse transcendantale évidente qui met et continue à recevoir pausavant toutes ses configurations, ses ceuvres,
en ceuvrele moi phénoménologisant
; il s'agit toulows à nouveaude
sescommunautés ; et, précisément par là, elle s'humanise en tant qu'elle
I'horizon inâlni de ce qui doit encore être accompli en avant de soi. Cet
existepour lui, qu'elle existe pour naus, hommes, et également dons le
horizon demeureen généralvoilé aux autressujets transcendanta«((à bensd'être, compréhensible pour lui et pour les autres, d'un monde envi-
I'exception des sujets transcendantaux éveillés), à savoir voilé par sa ronnant façonné de Eaçonactive par les hommes. L'humanisation est le
mondanéité.
processos pemianent de I'existence humaine, I'autohumanisation, I'être
Par conséquent, I'homme dans sa finitude possêde un monde in6ini, dons la genêsepermanente de I'autoformation, et I'humanisation du
dont i] a une conscienced'horizon, ainsi qu'une in6inité, également en monde environnant. En tant que ce dernier est dé)à humanisé, il exprime
cheque êue particulier, sur un mode spécial dons I'in6inité inaccessible de façon permanente sa genêseantérieure. L'existence humaine, I'être du
pour ]ui-même dons I'être de I'âme.Aussi vit-il dons un dévoilement per- monde humain -- du monde qui existe pour les hommes -- est un être
manentde I'êue mondampropõe, et de tout être en tant qu'être d'une dons une histoire constamment vivante, et un être dons I'histoire sédi-
relativité à I'iníini, dons une inânité ou une dimension d'horizon interno
mentée,qui possêdeen tant que telle son visagehistorique toulours nou-
ou externe. Mais le dévoilement d'une sorte différente que le phénomé veau, lequel doit être examiné par rapport à la genêse,doit être interrogé
nologue accomplit en général pour lui-même et pow tour les hommes en
par rapport à elle. L'histoire de I'êue humain, dons le monde qui est
interprétant la totalité du monde, le dévoilement de I'être üanscendantal
advenu à parta de lui, y compras la croissance de celui qui est né dons le
absolu, mostre que même la vie de cheque moi transcendental est une vie monde, la disparition des mourants, I'enchaínement générat:if et I'histoire

L
324
ANTHROPOLOGIE
TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935
325

11

Le donaire ü I'bistoricité bt+maine


et le t)Pe de connaissance
bistoriqae
\de h çoipQrébension qKekonqKe des dott7iêeshistoàqtns)

1. L'histoire naturelle -- cela manque -- n'annonce pas I'histoire transcendantale.


326
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327

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Les bommes en siüaüon. Rehüuité de h sitnaüoti

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328 ANTHROPOLOGIE 329
TROISIÊME pÉRIODE : 1929-1935

devient famliêre que d'aprês une forme générale,et se détermine paus nomme le tempo historique ; il n'a pas d'nutre monde et n'en aura jamais
précisément, éventueUement paus amplement pm son comportement d'nutre
1]

présent. L'existence humaine, la vie humaine sedéroule pour cet homme Si, pour I'humanité, la science est devenue I'un des produits de
sur le mode de I'horizon, dans la tension constanteet constamment I'activité humaine qui sedéploie sur un mode purement psychiqueet per-
mobile du connu et de I'inconnu,de la proximité et du lointain, par sonnel, à vrai dire une activité communautaire, si cesproduits s'inscrivent
conséquent tou)ours<<dons un monde environnant >>,dons une relativité dons le monde environnant historique comme tous les autfes produits de
de cette mondanéitéenvironnante,ou bien, ce qui n'est qu'une nutre la ]ittérature, de I'économie, etc., le monde, pour tous les scientiniques
maniêre de le dize, dons la relativité de la situation mondaine ; dons cette (qu'il s'agisse des chercheurs ou des étudiants), n'a pas précisément reçu
[
mobilité, il y a une óü/o a/éconstante, la sienne et celle de son monde une détemiination plus large de senoqui soft différente, par ailleurs, du
environnant. De même que celui-ci s'enrichit et se métamorphose en bens nouveau, de I'accroissementde sens, des mutations de seno qu'il
général pm sa vie même, pour lui en paí:ticulier, pour sessemblables qui reçoit dons le cours de la vie continüment active ; ce qui est toulows déjà là
le comprennent en en ayant I'expérience, de même qu'une genêse pour I'être humain naturellementjusqu'ànouvel ordre, danale procês
humaine pemlanente procédant des hommes #aüzíZgü2.pape
Zxp/Úe / z,/z,a/ historique des fomlations de sensqui sont toulours à nouveau mises en
et constitue son historicité de présent, de même, ce présent, aussi loin leu, en particuher tout autant que dons I'ensemble. ll faut prendre en consi-
qu'il s'étend dons la vivacité de la conscience compréhensive respective, dération le fãit que, comme tout est ici le thême de descriptions
est devenu lui-même historique. Dans la vivacité du présent antérieur, il y importantes plus précises,le monde, par conséquent, également,I'homme
a eu sa métamoq)hoje dons un nouveau présent et, à partir de là, dons un et I'humanité à travers I'histoire, est unique pour nous tous et dons cheque
présent toulours nouveau, par quoi, dons le processusde la vie, le présent communication. En tant que monde historique, en tant que monde acces-
passé sombre graduellement dons I'obscurité d'un << inconscient )>,tandis sible à la conscience isolée ou bien sur le mode de I'être ensemble, en tant
que ]e présent respectif contient pourtant en lui-même les óadZoeidu que monde à cheque bois objet d'aperception par I'expérience, à cheque
passéen tant qu'horizons obscurs mais également objets d'interrogation, bois pensé, mythologisé, scientiâícisé, intetprété de façon religieuse, etc., il
naturellement au âHconducteur de I'historicité durable à I'horizon tour change continüment et, pourtant, i] est unique. Que]Jes que soient ]es con-
d'abord vida des ]396] acquis objets de compréhension(par ex., les tradictions importantes qui se manifestent dons le contenu paniculier des
anciens parchemins <(incompréhensibles )>,les monumento on ne sait conceptions du monde, les nâtres et ceHesdes êles humains, des peuples,
plus ce qu'ils signiâent, alors que, fãisant I'objet d'une compréhension des époques que nous comprenons, même si, lors d'un échange, nous nous
quelconque,ils se trouvent néanmoinslà en tant qu'<<índices>>,en tant disputons à propos de la vétité et de I'apparence, c'est bien pourtant Zemé»e
qu'mscnpbons mortuaires, en tant que signesde victoire, etc.). molde le même monde conscient allant pour tous de soi, qui fàit I'objet
d'une appréhension contradictoire, à propos duquel on sedispute.[39'H Si,
Histovicité du monde, qt+i a somme tarte tour noHSiene eústetne.
en tant que scientiâíques,naus établissons la vérité d'une conception du
La scietiçeet i'Listo iàté ã mot&ae monde(d'une <<
représentation du monde )>),si d'aprês cela, nous évaluons
que d'autres conceptions sont une hypothêse mythologique, ou bien sont
L'ensemble du monde concret fàit partie de cette historicité, en tant depuis longtemps scientiâlquementdépassées,cela ne change rien à
que monde environnant à cheque bois conscient sur le mode du présent, I'évidence de I'être de ce mime monde que même les primitifs, ceux qui se
ce monde qui est ]à à cheque présent<< pour >>]'être humain entrant dons trompent toulours, se représentent,et que nous naus représentons,res
la communauté humaine et, ainsi, dons la continuité historique qui se pectivement que nous jugeons simplement mieux. Au sem de cette iden
330 ANTHROPOLOGIE l .rROISiÊME pÉRloDE: 1929-1935 331

:rElI:i:$1Eii
ÊHliil:BR
ors on fãit donc égdement la distinction,l,dons;une re advité constante, autrefois considéré "]e" monde, c'est ainsi qu'i] se présentmt pour m:í,

«,'"u======H;:=.1,=;:=.:ú:==.==:=; disons, en passant,qu'il s'agit toujours nécessairement,et non pas mbi-


1); eüõ'!a'/y z#.pdKe#/ - óo i:a d'í#/yiü' uairement,du mé»emonde -- tel qu'il vaut à chequeboispour nous. La
K L unité du monde dons le cours de son historicité se manifeste déjà à validité peut revêtir la forme de la correction, mais, même avant d'être
11 titre d'éüdencede I'unité du monde environnanta
iiuiiuç çllvilollilant cnaqu.e
pecha tons Drêseíit.
manifeste aqa ã \"v"'e)vp
' -- ' - 'l''> pour "'»')
monde '''était rv-
üv - A--vAAH' nous, r''''"v-
pl:écisémenten tant' I''
que '"'"''
monde
du monde dans le présent üvant, auquelnotre vie présenteest réürée en identique qui se modifie dons des modahtés temporelles et quant au
[ =;'i
'H"' =1';:=:=Z';=:===.:::.=::'1=
'lu "v" vxx l:/i.au\luu ) J:/al ÇÀçtiiJ:piç) pour le coillmerçaílt) c'est la << sal- =;==='==s
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bv"'v"=) 1' "' 8==:.=É====;:;::ÚB.}=-;:
' r'' ' "'"'"'
'z)-wünhvaü+ w w=Auww-v v v -- 'v"'t>'
son» présente,pour le minist=reI'annéebudgétaire,pour le Parlementla du ptésent plus tmdif; et la correction elle-mêmen'est qu'une nouvelle
session, pour cheque homme, enâln, I'umté tout entiêre de sa vie. faitP appréhension de cet homme, qui peut à nouveau être corrigée.

lil compréhensible, un passé <<


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:lÊ=i!':: :l=.='==:1".=='::=..=:=:,:::1=:';
que I'on peut embrasser du regard )> et un
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ll faut prendre grade au fãit que, même cette unité du monde, en tant
«« ''""'
f: futur pressenti servent toujours de médiation relativement à la source mail- qu'unité des mondes humains environnants, n'est elle-même une unité que
lissante du maintenant vivant, qui est en vélité le présent fluant à propõe- parco \ÍLI
[paiç.t; uç ]Jlv
qu'elle l ub
procede de la YIL \-qlllo\,lblll
la vie l\,\.UY\, ÇL
consciente effective possible \]ul
et [/vODlvl\- qui ]/x\-o\-ll
présen-
ment parler à I'état de veiUe. o' çn vçiiLç;iç:prescnt nuant a propre- time à nouveau et qui embrasse du regmd. Ma propõe vie, dons sa dimen-
Mais le moi actif dons le présent actuei englobe, à café de son intérêt sion d'horizon et dans la variation de sesintérêts respectifs et de seshori-
actuel, un horizon particuher de passé et de futur en tant qu'horizon bons d'intérêts, de façon correspondente, dons la variation de sesregards
d'ü/érgz.Quoique, en tant qu'horizon, il ne soit présentifié de façon effec- l remémorants rétrospectifs et anticipateurs, est e# roam a # ra i/a /? az,er
tivement intuitive qu'occasionnellement dana des souvenirs, il forme un faze-má#e: elle accomplit constamment en elle-même et pour elle-même des
' r''" vivant
obscur aniêre-plan '''""' lub v- a çuçunõ\.nl
que -I'on qui, (lans
et quu,
circonscrit CL cette quallte
dais cette quahté oyll"l--',o
synthêses -a--ço
fãtes u-,
de -,-,o séries "'.
ces o-,LI'.,o souvenirs r"'
de ov"Y-'"'' par "'--iu'.,
lesquelles <(le >>monde
constante d'éveil et, en tant que tel, à I'écoute d'un souvenir rétroa;tif et devient conscient à travers tous les présents que I'on doit embrasser du
d'une intuitivité anticipéepossiblesimmédiats,est bien différent de l regard,commece mondede tour cesmodeschangeants,
qui doit valoir

H l:;.:'==ll,:'=:11===.==n='=:: 1
I'arriêre-plan paus large de I'horizon sédimenté de ]a vie qui possêde ses pour moi, ce monde de tous les modemtemporels changeantset de tous les
Üà;; ==.1='.=;=:;=..===.1:=:=;'=:1'=:';=p'; '''"., -":
en jeu un nouvel intérêt dominant crée un nouvel horizon d'intérêt, un toutes les perceptions, tous les souvenirs(les présenti6ícations) e ro'wmx-
nouveau <(présent)>. Dons ]e <<]mge >>présent, le regard, parcourant le
;==,iw:=ú,==;;,:=:;=;::;:;:z;=s======:
"') L'' 'J ''"''"a" "'D peço\-uto vlvanLSpilsses et les mon(les passos,
à savoir ceux qui, autrefois, il y a un an, il y a dix ans, ont eu une valeur
1 ! #a##az,frd'a#@f,présents,passés,futurs, surte mode du souvenir, en com-
==:1==:;:===;:==;:====:=;';;;=.==.
lu ulaulLt.,nana,u\, l auuçlvlo, u\
dureque, dans mon entourage présenté et présentiâé, je fãis I'expérience
rpour mol
nvn et paul nous
vu I'v- ensemble\\A\
Axvuu vxJLavAxzl.Jx\- (depuis
l/ulD lI'enüée dons la.
çiILlçç u2111s fonction, (leDulS
la lollctlon) depuis i desauu\-o
\4\'o autres\ouil
(surle mode \l\,
l\.f xll\.r\l\.P del'x \\<(\.px&ll:/auu\.
empathie/f/ ") u aY\-iLa b'
et,àtravefs
\-ç-) a eux,en bala \lu HU vxxl
tantqu'ils ont
la fondation du commerce, etc.). Voilà ce que I'on dit : <<c'est ainsi que j'ai également pour moi validité, je fãs I'expérience de #xrl entourages, de leis
références au même monde qui a pow nous validité commune, en tant que
- ici'- même].'opas
'", - r'-rvD UL l IHL lçl CL uç la siEuauon, l appen(uce 2çX.V. -- Kem. de I'éd. [nc)n tra
deI'intérêtetde la situaúon, I'appendice XXV. -- Rem.deI'ód.[nontra l
"'uuuç L-iz;rJ xuçnuuç uauõ ixiç piupxçõ õynuiçõço, ÇL uallo lçulo oyuul\'D\,o,
m.. .de ,..,.,..,......--l. . .J .s prop --;yntheses, et ;úú n. -Â-. .eses,
a-"t í'l memcJ ' que Jecocomprends et qui ont pour moi une covahdité. De même que, à
332

ANTHROPOLOGIE
TROISIEME PERIODE : 1929-1935
333

n$1 !:: ====;:.=!is='i:=:


bons ne soft que pardellementdotées d'un seno,'à savoir d'un [400]

La cotlstatlce itlititen'on@Ke cle mora moi


ütis k mondepddotitié en tattt qnepersontte de cbair

monde. l eaudraitici falte entrei en ligue de compre le mode d'être apodictiquedu même
334
ANTHROPOLOGIE TROISIEME PERIODE : 1929-1935 335

"ne ap'rc'ption diversement subjective, je demeure constamment certain


la vahditéininterrompue dons la forme essentiellede I'horizon. d'une
de leur être. ll y a dé)à là une dilíérence happante : ma pf/:ço#m,'dp
Óódr
Eamiliarité relative dotée d'un horizon, qui est par avance un espace de jeu
(disons le bien, à tigre d' <(être psychophysique >>,pour n'encourager de possibilités inâinies quoique délimitées quant au style, des possibilités
aucun trait de pensée qui conduise à I'intétieur de la psychologie moderne)
pour des réahtés dont la mise en jeu nous est librement donnée par avance
est nécessairement là sur le mode perceptif