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1. Essai de définition
La structure peut se définir comme l'ensemble des dispositifs par lesquels une entreprise répartit,
coordonne et contrôle ses activités afin d'atteindre ses objectifs stratégiques. Organiser consiste à
mettre en œuvre des moyens pour atteindre des objectifs. Par conséquent, structurer est une nécessité
pour les organisations.
Choisir une structure revient également à déterminer le niveau de spécialisation du travail et le degré
de centralisation du pouvoir.
Le dirigeant détermine le degré de spécialisation (les activités sont plus ou moins subdivisées
en plusieurs tâches distinctes) et le mode de spécialisation (par type d’activité, par clientèle,
par technologie, etc.).
La centralisation fait référence au degré de rétention du pouvoir par le gérant. Une direction
centralisée désigne un dirigeant qui prend la décision seul. A l’inverse, une organisation
décentralisée correspond à un dirigeant qui délègue une partie de son pouvoir de décision à ces
collaborateurs.
L’entreprise peut se structurer de différentes façons occultant une grande diversité de configuration.
Dans la réalité les structures sont souvent hybrides mais se référent souvent à une forme dominante.
Les structures simples (structure hiérarchique)
Selon le principe d'unité de commandement décrit par H. Fayol La structure hiérarchique renvoie à un
processus de décision de type « top, down » : le dirigeant concentre les pouvoirs (top), tandis que tes
autres membres de l'organisation se répartissent le travail d'exécution (down). Chaque personne de
l'organisation est ainsi subordonnée à un seul supérieur hiérarchique. Cette structure correspond à un
organigramme pyramidal :
La structure hiérarchique est courante dans les petites entreprises, notamment artisanales. Un artisan
plombier dirige ainsi un ou plusieurs autres plombiers, qui encadrent des débutants et des apprentis.
Il dirige aussi un commercial et un responsable administratif et comptable.
La structure simple est donc particulièrement adaptée lorsque l'entreprise emploie peu de salariés qui
peuvent alors être en lien direct avec le dirigeant. Elle se caractérise par une division de travail peu
formalisée. La capacité du chef à superviser, à contrôler et à coordonner est un facteur clé de succès.
Dans ces structures la supervision ainsi que le contrôle se fassent directement et la coordination est
généralement informelle.
La structure fonctionnelle
La structure fonctionnelle est construite à partir du critère de découpage par fonctions de l'entreprise
(production, marketing, administration). Cependant, le principe d'unité de commandement ne régit pas
cette structure et une personne peut être la subordonnée de deux autres personnes appartenant à des
fonctions différentes.
L’organigramme fait ainsi apparaître les fonctions clés de l'entreprise :
La structure fonctionnelle est une structure relativement simple, qui s'adresse surtout aux entreprises
de taille moyenne à importante ou à des organismes publics peu complexes.
Le sommet hiérarchique ou la direction générale délègue une partie essentielle de ses responsabilités à
une technostructure fonctionnelle qui définit les règles de fonctionnement de la production. En bas
d’échelle, on trouve les opérationnels qui fond appliquer les règles et les instructions établies par la
technostructure.
Le problème de cette structure est qu’elle est adaptée au modèle de production de masse et que la
flexibilité à l’égard de l’environnement externe n’est plus posée.
La structure staff and line
Également appelée hiérarchico-fonctionnelle. Quand la taille augmente, le dirigeant doit être
accompagné d'un état-major qui l'aide à prendre les décisions et à conseiller chaque entité.
Deux modes de liaisons coexistent alors dans cette structure :
- la ligne hiérarchique (line) adopte l'organisation de la structure hiérarchique : les décideurs donnent
ainsi des ordres aux subordonnés ;
- la partie fonctionnelle (staff) détient un rôle de conseil et/ou de support pour la direction.
L’entreprise conserve ainsi l'unité de commandement, mais la structure prend appui sur les organes
spécialisés qui aident à la prise de décision.
Cette structure est très développée pour les organisations de taille moyenne : la direction peut rester en
lien direct avec les différentes fonctions, tout en s'appuyant sur des compétences spécifiques
nécessaires au développement de l'entreprise.
La structure divisionnelle
Dans les grandes entreprises, il devient nécessaire de décentraliser les pouvoirs et de constituer des
ensembles homogènes. Ce découpage peut s'organiser par types de produits, de marchés, de zones
géographiques ou par activités.
Par exemple, les fromageries Bel (qui produisent et commercialisent notamment les produits « La
Vache qui rit ») ont adopté une structure divisionnelle géographique à trois niveaux. Le premier
niveau découpe l'entreprise en deux zones : Europe et international. Ces deux zones sont ensuite elles-
mêmes divisées : la division Europe est ainsi découpée en sous-divisions France, Europe du Nord,
Europe de l'Est, Europe du Sud. Enfin, ces sous-divisions sont structurées par pays. Deux éléments
sont donc au centre de la structure divisionnelle : la taille et la décentralisation.
La structure matricielle
La structure matricielle est applicable dans un environnement peu stable et complexe. Cette forme
combine les deux structures différentes : fonctionnelle et divisionnelle. La plupart du temps, les
fonctions sont représentées verticalement, tandis que les lignes horizontales renvoient à des produits,
des activités, des zones géographiques ou des projets.
La structure matricielle est très développée dans les multinationales, qui ont besoin de combiner un
mode de fonctionnement homogène au niveau du groupe et différencié selon les marchés.
Une bonne structure doit s’adapter à l’environnement dont dépend l’entreprise. Les facteurs de
contingences sont des éléments internes ou externes à l’entreprise qui vont influencer de manière
déterminante sa structure.
a. la taille
Plus la taille de l’entreprise augmente plus elle est formalisée. Les tâches y sont spécialisées et
différenciées, la communication devient plus complexe à gérer et les niveaux de hiérarchie élevés.
b. Par technologie (Woodward).
La technologie c’est l’ensemble du processus productif qui va de l’approvisionnement en matière
première jusqu’à la distribution des produits fini. La technologie impose un certain mode de division
des tâches et de coordination entre les différentes unités. Selon Woodward :
- Pour une production unitaire ou en petite séries, la structure type est une structure simple (ou
entrepreneuriale selon Mintzberg)
- Pour une production en grande série, c’est la structure fonctionnelle ou organisation mécaniste de
Mintzberg la plus adaptée.
- Pour une production en continue, la structure type est une structure divisionnelle ou matricielle.
c. La stratégie.
Alfred Chandler a démontré que la structure suit la stratégie ce qui veut dire que lorsqu'une entreprise
opte pour une nouvelle stratégie, la structure de la même entreprise est modifiée. Mais, la relation
entre structure et stratégie n'est pas dans un seul sens structure peut également influencer la stratégie.
d. L’environnement (facteur externe).
Selon Lawrence & Lorsh, la structure est liée à l’environnement. En effet, l’environnement peut être
incertain, instable ou complexe. Ces deux auteurs montrent que l’élargissement des marchés conduit
les entreprises à mettre en place des structures divisionnelle ou matricielles pour adapter leurs produits
aux spécificités de ces nouveaux marchés (voir le cas des « Domaines Royaux, Essor ».
Michel Crozier a montré que les manifestations de résistance au changement sont liées aux stratégies
d’acteurs et leurs divergences d’intérêt (stratégies individuelles). Plusieurs facteurs de résistance au
changement sont ainsi mis en évidence dans le schéma suivant.
Ainsi, les dirigeants doivent anticiper ce phénomène en associant, si possible, les acteurs concernés au
processus de changement et en développant, dans tous les cas, une communication appropriée afin
d’expliquer les objectifs et les modalités du changement.