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Création d’un atelier de couture et broderie

pour les femmes et les jeunes filles du village de Tafraoute N’Gaboune, Maroc

Mission du 8 au 20 Avril 2013

Association Imoudal pour le Développement Association BackUp Rural

Association Guilde du Raid

Rapport de mission 30 Avril 2013

Isabelle Haack et Agnès Lehuen


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Remerciements

Cette mission-initiée par les Associations Imoudal (Tafraoute N’Gaboune, Maroc) et BackUp Rural
(Poissy France) et soutenue par la Guilde du Raid- n’aurait pu se dérouler sans l’aide de leurs
différents membres :

Pour l’Association Imoudal pour le Développement: Hassan Anchoum (Président) et Abdellah


Bounit (porte-parole de l’association et instituteur au village), ainsi que tous les autres membres qui
nous ont aidé dans notre vie quotidienne (Ali, Ahmed et tous les autres….)

Pour BackUp Rural : Rekia Chakrid (Présidente)

Pour la Guilde du Raid : Vanessa Gilles, responsable des missions courtes

Enfin rien n’aurait pu arriver sans l’enthousiasme des femmes et jeunes filles du village, et le
chaleureux accueil de tous les habitants.

Un remerciement très spécial à Fatima N’Gaboune, en vacances au village et qui s’est prise d’intérêt
pour l’aventure. Elle nous a consacré plusieurs après-midis et nous a grandement aidées grâce à sa
connaissance des villageoises, son excellente maîtrise du français et ses qualités pédagogiques,
puisqu’elle enseigne dans une école d’Agadir.

Un autre remerciement spécial à Clément Civeyrac, bénévole auprès des enfants de l’école depuis six
semaines, qui nous a donné de précieux conseils sur la vie villageoise et avec lequel nous avons
partagé un quotidien particulièrement amical.

F De gauche à droite : Hassan, le président d’Imoudal pour le Développement, Isabelle et


Agnès, les bénévoles, Abdel, le porte-parole de l’association et instituteur au village

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Contexte :

Depuis le mois d’octobre 2012, les associations BackupRural et Imoudal, ont envoyé/accueilli une
dizaine de bénévoles dans le village de Tafraoute N’gaboune, au sud du Maroc, dans la région de Sidi
Ifni, au cours de plusieurs missions destinées à l’éveil et au soutien scolaire des enfants scolarisés
dans le village. Ces missions, qui ont déjà fait l’objet de plusieurs rapports, ont été positives pour les
enfants et très appréciées par les bénévoles.

Lors d’une visite de membres de BackUp Rural au village, il est apparu que les femmes et jeunes filles
souhaitaient développer des activités génératrices de revenus.

La vie au village est encore très traditionnelle, les femmes remplissent les tâches qui leur sont
assignées (ménage, cuisine, éducation des jeunes enfants, soins du bétail et tâches agricoles
diverses). Elles sortent peu du village, mais ont une vie sociale intense entre elles, les activités des
deux sexes étant complètement séparées en dehors du foyer.

Pourtant, des éléments de modernité sont bien présents : télévision, téléphone portable, éducation
secondaire et supérieure en progression (quelques étudiantes résidaient au village lors de notre
mission, qui correspondait au temps des vacances scolaires marocaines)

Lors des discussions précédentes avec les membres de BackUp Rural, il est apparu que sur une
population d’environ 300 personnes (60 foyers), une vingtaine/trentaine de femmes et jeunes filles
souhaitaient développer des compétences artisanales et produire des objets commercialisables. Elles
ont exprimé le désir d’acquérir une forme d’autonomie financière et également d’être valorisées
socialement.

Dans un premier temps, l’objectif retenu a été la mise en place d’un atelier de broderie/couture. Les
membres de l’Association Imoudal (9 hommes) ont soutenu ce projet et demandé à BackUp Rural de
le mettre en place avec l’aide de bénévoles françaises. La Guilde du Raid a diffusé une annonce sur
son site et le projet a pu démarrer au mois d’avril 2013 avec deux bénévoles (Isabelle Haack - 56 ans
et Agnès Lehuen - 64 ans) qui seront suivies en juillet par deux étudiantes de l’école Duperré- Ecole
supérieure des Arts Appliqués de Paris (section textile).

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Préparation de la Mission
Conscientes que nous passerions très peu de temps au village (2 semaines) et que c’était un délai
très court pour apprendre à coudre et à broder à une vingtaine de femmes/jeunes filles, nous avons
accordé un temps important, en amont, à la préparation de la mission.

L’état de nos réflexions était à peu près le suivant, avant notre départ :

1) Objectifs :

Nous connaissions toutes deux l’artisanat marocain, grâce à de précédents voyages. Cet artisanat est
très riche (poteries, tapis, babouches, couvertures tissées, vêtements traditionnels, objets en fer
étamé, bijoux), mais la partie textile est plutôt restreinte : des housses de coussin, un tissu de soie
« végétal » qui sert à faire des sacs et des étoles, et de la broderie de Fès (motifs bleus/multicolores
sur des sets de table, des napperons ou des nappes- très coûteuses).

Après ce constat et des discussions avec Rekia Chakrid de BackUp Rural, nous avons pensé qu’il
serait intéressant :

- de créer des objets qu’on ne trouve pas encore/souvent au Maroc


- de développer un répertoire de motifs en s’appuyant sur la tradition berbère (Amazigh), avec
une touche contemporaine, à même de plaire à la clientèle touristique
- de commencer par des motifs au point de croix, très faciles à apprendre et très à la mode

Pour avoir l’une et l’autre déjà pas mal voyagé et nous être intéressées aux différents artisanats
locaux, nous sommes arrivées à une première liste d’objets possibles à réaliser :

- sac pour ranger son petit linge, ses chaussettes, des bijoux, des babouches
- sac de ville à bandoulière
- étui pour téléphone mobiles
- étui à lunettes
- sac de rangement pour tablettes numériques
- housse de coussin
- set de table et serviette
- trousse de toilette
- trousse à crayons
- bavoirs

Pour le premier séjour, nous avons décidé de travailler sur les petits sacs et s’il restait du temps
sur les housses de coussin ou les sets de table.

Nous espérions que chaque femme de l’atelier puisse réaliser au moins un objet vendable, à la
fin de notre séjour, tout en sachant que ce premier atelier était vraiment exploratoire et
dépendait beaucoup de la manière dont nous pourrons nous accommoder des différentes
contraintes.

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2) Identification des contraintes :

Incertitudes sur les participantes à ce premier atelier :

- Combien de femmes se présenteront pour participer à cet atelier (entre 10 et 30 selon


BackUp Rural)
- Combien savent déjà coudre/broder
- Capacité d’apprentissage variable
- Problème des femmes de + de 40 ans (si elles ne savent pas lire - le plus probable- elles ne
savent pas non plus qu’elles ont besoin de lunettes pour coudre ; mieux vaut peut-être
privilégier l’apprentissage des jeunes filles/ femmes ?
- Présence indispensable d’une traductrice (Rekia Chakrid s’en est occupée)

Contraintes techniques et financières :

- 1 seule machine à coudre donnée par BackUp Rural


- Nécessité de s’en tenir à des fournitures de base (tissu, fil et coton à broder) sans utiliser de
fermetures éclair et autres fournitures coûteuses
- Rekia Chakrid a récupéré un grand nombre de pelotes de coton perlé à broder DMC, avec
seulement 5 couleurs disponibles, que nous n’aurions pas nécessairement choisies, mais qu’il
faut absolument utiliser avant d’en acheter de nouvelles.
- Nous utiliserons différents coupons de tissu (dons ou achat sur les marchés en France)
- A cause de l’épaisseur du coton à broder et de l’inexpérience des femmes, nous envisageons
des motifs assez simples, à broder sur de la toile « tire-fil » qui peut s’appliquer sur des tissus
de différentes épaisseurs.

Incertitudes sur la commercialisation :

Il nous apparait que notre « cible » est celle de touristes occidentaux au Maroc ou de clients en
France. De tels objets ne correspondent ni au goût actuel, ni aux capacités financières des
Marocains (nous nous donnons un objectif de 10 €/ sac brodé)

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Réalisation de la Mission

Nous avons réalisé la mission en deux semaines de 4 demi- journées de travail chacune : les femmes
ne sont pas disponibles le matin pour venir à l’atelier , ce qui est préférable, car nous avons passé
toutes les matinées à préparer leur travail (découpe de tissus, d’échantillons, préparation des
fournitures pour chaque groupe, recherche de nouveaux motifs, puis piqure des sacs, préparation
des cordons de coulisse etc….).

L’atelier de broderie s’est tenu dans une salle de classe de l’école, puisque la construction de la salle
de l’association Imoudal n’était pas terminée, lors de notre passage. Les membres de l’association
ont aménagé le local selon nos demandes dès le dimanche soir à notre arrivée : grand nettoyage,
installation de tapis au sol, et mise à disposition de deux grandes tables pour la préparation du travail
(découpe du tissu, assemblage des sacs, présentation des fournitures).

L’atelier, installé dans une salle de classe particulièrement agréable

Nous avons décidé de tenir un journal de bord quotidien -qui a servi à la rédaction de ce compte
rendu- ainsi qu’un cahier de présence pour mesurer l’assiduité des femmes sur la période de la
mission.
Le nombre de femmes/jeunes filles a varié de 18 à 32 selon les séances, mais nous reviendrons sur
cette fréquentation dans l’analyse des résultats.

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1) Première semaine (8-12 avril)

Exceptionnellement, et à notre demande, les femmes sont venues le lundi matin afin de discuter
des objectifs de cette mission. Nous avons pu également leur proposer des objets et des motifs à
réaliser et leur présenter les obligations financières d’un tel projet : si nous leur apportions les
fournitures pour la première mission, il fallait ensuite garder la moitié de la recette éventuelle
pour l’achat des fournitures complémentaires.
Elles en ont accepté ce principe et nous ont dit qu’elles souhaitaient gagner un peu d’argent
« pour elles ».
Les villageoises les plus âgées ne parlent pas le français, certaines ne disent que quelques mots
mais il y a heureusement plusieurs jeunes filles –dont quelques étudiantes en vacances- qui font
la traduction.

Lundi après-midi : on distribue des échantillons de tissu à broder et des motifs sur papier, à
reproduire après avoir fait une ligne de points de croix. Certaines n’ont jamais enfilé une aiguille,
d’autres ont quelques connaissances de couture. Certaines n’arrivent pas à faire une ligne de
point de croix régulière et nous leur enseignons le point arrière, plus simple. D’autres encore-
comme nous le craignions- ne voient pas bien et malgré les lunettes/loupes que nous avons
apportées, n’arrivent pas à se débrouiller. Cependant, 4 ou 5 arrivent à reproduire un motif
simple.

Première ligne au point de croix sur échantillon

Nous sommes aidées – pour la traduction et pour les instructions à donner - par une enseignante
en vacances au village (Fatima N’Gaboune), qui a vécu en France et qui nous sera d’un grand
secours pendant toute la durée de notre séjour. Elle nous assistera souvent au cours des deux
semaines, très contente de cette possibilité d’émancipation offerte à ses tantes et cousines du
village.

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Mardi après-midi : on commence à distinguer les compétences et à repérer une dizaine de
brodeuses qu’on pourra mettre à la réalisation dès la semaine suivante. Certaines commencent
même à innover en modifiant les motifs, et en reproduisant d’elles-mêmes des lettres de
l’alphabet Amazigh, ce qui nous réjouit.
A la fin de la journée, nous décidons de former 3 groupes :
- mauvaise vision : surfilage des sacs
- brodeuses qui n’auront pas de problème
- un groupe incertain dont on ne sait si leur capacité à broder est perfectible ou sinon, nous leur
ferons faire des frises au point arrière

Mercredi après-midi : continuation de l’apprentissage, une dizaine de femmes brodent, sur des
échantillons de tissu, les motifs que nous avons envisagés pour les sacs définitifs.
Nous commençons à espérer pouvoir produire des objets « vendables »

Jeudi : jour de congé (voir plus loin)

Vendredi après-midi : fin de l’apprentissage sur échantillon et discussion avec les femmes sur
l’organisation de l’atelier de la semaine prochaine, qui préfigurera la suite de leur activité quand
nous serons parties :
- Trois groupes sont formés : surfileuses, « friseuses » (réalisatrices des frises), et
brodeuses
- Nous insistons sur le fait que toutes les femmes sont nécessaires à la réalisation des sacs
et qu’un sac n’appartient à personne en particulier, car il nécessite l’intervention des 3
catégories de compétences
- En conséquence, la recette éventuelle devra être partagée entre toutes, en fonction du
temps qu’elles auront passé au travail (le temps étant compté à la demi-journée, pour
simplifier).
- Nous nous donnons un objectif de 20 sacs à réaliser.
Tout le monde est très content à la fin de cette première semaine, les femmes de leurs
progrès et nous de leur ténacité dans l’apprentissage. Nous trouvons que les brodeuses ont
généralement un bon sens de la symétrie et ont vite acquis les compétences nécessaires
(comptage des points, motifs en biais).

Fin de première semaine d’atelier : échantillons d’apprentissage

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2) Deuxième semaine (15 -19 Avril)

Lundi après-midi : les femmes arrivent, très heureuses de reprendre le travail et nous aussi
devant leur enthousiasme. Nous commençons à faire travailler 12 femmes sur les sacs, toutes sur
le premier motif (un motif géométrique repris d’un tapis berbère complété par deux motifs
amazigh).

Premier motif géométrique brodé sur une toile « tire-fil » appliquée sur le tissu

Discussion sur où et comment vendre les sacs : aucune femme ne pourra être présente fin juin sur
un stand artisanal au grand « Moussem » (fête traditionnelle) de Sidi Ifni et elles ne souhaitent
pas en confier la vente à des intermédiaires masculins. On s’oriente vers une vente en France.

Mardi après-midi : les femmes commencent à arriver de plus en plus tôt et à repartir de plus en
plus tard. L’organisation du travail devient plus simple pour les bénévoles, chacune des femmes
connaissant son rôle dans l’atelier. L’une des femmes (qui a apporté une seconde machine à
coudre donnée par des européens, mais dont elle ne sait pas vraiment se servir) prend une
première leçon avec Isabelle.

Le matin, nous avons eu une longue conversation avec Hassan, le président de l’association sur la
suite de l’activité : il faut trouver une ou deux chefs d’atelier (deux jeunes filles semblent faire
l’unanimité), stocker les fournitures sans qu’elles soient abîmées par les enfants de l’école,
stocker les deux machines à l’abri de la poussière, trouver un jour où les femmes pourront venir
travailler (dimanche après-midi) et parler commercialisation.

Hassan est d’accord sur les propositions qui nous ont été dictées par les femmes et en conclusion
d’une conversation avec Clément, le bénévole présent sur place : il est dommage de ne pas
essayer de vendre quelques sacs au Maroc, auprès de touristes de Sidi Ifni, pour faire comprendre
aux femmes que tout le commerce ne réside pas dans un « mortel » rapport Nord/Sud. Le
raisonnement est un peu spécieux, puisque les acheteurs seront des touristes du nord, mais au
moins, la démarche mérite d’être tentée.

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Clément a proposé de démarcher directement auprès des touristes de Sidi Ifni, avec les bénévoles
qui continueront à se succéder au village jusqu’en juin.

Mercredi après-midi : Les femmes travaillent vite, trop vite, avec parfois des erreurs de
positionnement des motifs et surtout dans les frises, réalisées par les moins compétentes, mais
rien de grave. Nous distribuons les sacs au fur et à mesure des arrivées, afin qu’aucune femme ne
puisse dire « c’est mon sac ». L’esprit de coopération se met en place, on voit les plus habiles
aider leurs camarades, reprendre les erreurs, etc…

Concentration et détermination !

Quelques femmes ont terminé leur premier motif et nous leur faisons réaliser une nouvelle face
de sac (une fibule et le signe de la nation Amazigh signifiant liberté).

Jeudi après-midi : demi-journée intense pour tout le monde, il faut finir les 19 sacs réalisés,
qu’Isabelle commence à coudre au fur et à mesure. Et demain, c’est la fête !
On y arrive presque, et Isabelle et Agnès finiront les bordures et la piqure des sacs jeudi soir et
vendredi matin.
Discussion sur l’organisation de l’atelier après notre départ : finalement, il y aura une seule chef
d’atelier (Saadia, 20 ans qui a été au collège jusqu’en 5ème). Elle parle français, semble avoir de
l’autorité et être acceptée par les autres. Nous insistons auprès du groupe sur la difficulté de sa
tâche et sur la nécessaire coopération de toutes à la bonne marche de l’atelier.

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Vendredi après-midi : grande fête organisée par les femmes à notre intention, thé, gâteaux,
chants et danses en vêtements traditionnels pour les plus jeunes.
Nous avions demandé à Hassan de préparer des attestations pour toutes les femmes. Elles leur
sont remises solennellement par nous-mêmes et Saadia, à qui nous avons voulu donner un rôle
symbolique lors de cette petite cérémonie, afin de marquer son statut de chef d’atelier.

Les hommes de l’association ne viennent pas se joindre à nous, malgré nos demandes, « pour ne
pas gêner les femmes ». Mais ils viendront tous dans la soirée admirer le travail et nous ne
manquerons pas alors de mentionner l’acharnement et le bon travail de toutes les
femmes/jeunes filles.

Les deux types de motifs réalisés sur différents supports textiles

Samedi Matin : réunion de travail avec Saadia et Hassan. Nous avons rédigé un manuel de
procédures à l’intention de Saadia, pour la continuation de l’atelier. Nous préconisons
notamment une alternance des groupes une semaine sur deux, pour des questions de facilité
d’organisation du travail pour Saadia :

- groupe 1 : les surfileuses et les friseuses (10)


- groupe 2 : les brodeuses (10)

De toute façon, nous n’avons pas assez de tissu pour faire plus de 22 nouveaux sacs (malgré des
achats complémentaires, pendant le week-end passé à Sidi Ifni),et avant l’arrivée de Marion et
Cassandre en juillet prochain ( qui viendront pour d’autres activités textiles avec les femmes).

Enfin, nous n’oublions pas de mentionner auprès du président, qu’il serait intéressant que Saadia
devienne également membre de l’association pour relayer plus simplement les souhaits exprimés
par les femmes du village. A suivre……

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Résultats de l’atelier et perspectives

1) Fréquentation

Le tableau ci-dessous reprend la fréquentation de l’atelier par journée :

Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi


1ére semaine 24 28 32 Congé 25
2ème semaine 27 22 18 21 Fête de clôture

Les variations sont probablement dues à la fréquentation occasionnelle des étudiantes ou des
visiteuses d’Agadir ou de Marrakech ; ainsi, au pic de la fréquentation nous avons reçu :

- 4 étudiantes
- 6 visiteuses

On peut considérer que le groupe stable de villageoises résidentes est de 20 avec la répartition
suivante par tranche d’âge :

- 14-20 ans : 4
- 21-30 ans : 12
- 31-40 ans : 1
- 41-50 ans : 3

Par ailleurs, la répartition par compétences est la suivante :

- Surfileuses : 5 dont 3 ont plus de 40 ans, sans surprise à cause des problèmes de presbytie
- Friseuses : 5 (toutes des – de 30 ans), qu’on doit pouvoir faire progresser, à moins qu’elles
n’aient des problèmes de vision( ?)
- Brodeuses : 10

2) Production et commercialisation:

- 19 sacs brodés sur lesquels les 3 groupes de compétence ont travaillé alternativement
- La qualité est relativement bonne compte tenu des délais de réalisation, mais devra être
améliorée
- 1 sac est laissé comme modèle à l’atelier
- 5 sacs sont confiés au bénévole pour tentative de vente à Sidi ifni
- 13 sacs sont remportés à Paris

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19 sacs réalisés à la fin de la deuxième semaine de la mission

3) Perspectives

La grande inconnue est naturellement celle de la commercialisation, mais nous serons vite
renseignées puisque Rekia Chakrid mettra les sacs en vente lors d’une exposition artisanale à laquelle
elle participe à Paris le dimanche 5 mai prochain.
Si l’on prend l’hypothèse favorable d’une vente réussie des sacs, l’activité pourra continuer au
village, compte-tenu des éléments suivants :

- Enthousiasme et capacité avérée des femmes


- Plein accord des hommes
- Mise en place d’une organisation qui devrait permettre de pérenniser l’activité
- Arrivée de jeunes étudiantes bénévoles en juillet, dont l’imagination et les centres
d’intérêt (travail sur les textiles locaux et sur la teinture de tissu) apporteront
nécessairement de nouvelles perspectives de développement à l’atelier
- Souhait des deux bénévoles actuelles de revenir à l’automne et même d’amener
de nouvelles recrues

En ce qui nous concerne, et déjà en discussion avec des amies/membres de notre famille qui
pourraient nous accompagner, nous souhaiterions, lors d’une prochaine mission :

- Développer l’apprentissage de la machine à coudre pour rendre les femmes


totalement autonomes dans la production des objets
- Continuer l’apprentissage d’autres points de broderie (point lancé/passé
plat/point de tige) qui permettront de s’affranchir de la texture des tissus (trame
visible nécessaire pour réaliser des points de croix) et donc de broder des motifs
plus élaborés
- Développer éventuellement d’autres catégories d’objets textiles à fabriquer
- Travailler sur la qualité en suivant individuellement chacune des brodeuses

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Réjouissances diverses

Pour terminer ce rapport, il nous faut mentionner les nombreux atouts d’un séjour à Tafraoute
N’Gaboune, au-delà de la mission elle- même.
Tout d’abord, l’environnement est absolument magnifique et très propice à des balades sur les petits
chemins muletiers.

L’un des groupes de maisons ou « Douar » qui constitue le village de Tafraoute N’Gaboune

Mais surtout la gentillesse des habitants, la bonne volonté des membres de l’association Imoudal
pour le développement à nous rendre la vie quotidienne et le déroulement de la mission aussi
agréables que possible, ont rendu le séjour vraiment inoubliable. A ce sujet, il ne faut pas oublier de
mentionner les délicieux repas préparés par l’un ou l’autre des membres de l’association !!!

Outre la grande fête de clôture préparée par les femmes à notre intention, il faut également
mentionner toutes les occasions sociales qui nous ont permis de partager le quotidien des
habitants :

Lors de nos promenades du soir, qui nous menaient dans différentes directions autour du village,
nous avons été invitées spontanément deux ou trois fois à rentrer dans les maisons pour boire le thé
avec les femmes de la famille.
Nous avons été également invitées deux fois à déjeuner ou à diner dans les familles, dont celle du
président de l’association. Nous avons dû aussi refuser une autre invitation à déjeuner, pour cause
de surcharge de travail !

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Enfin, le jeudi de la première semaine, nous avons été invitées à accompagner tout un groupe de
femmes lors d’une grande randonnée dans la montagne. Une vingtaine de femmes/jeunes filles
participaient à cette promenade et nous ont régalées de chants, percussions, thé à la menthe et
gâteaux « maison ».

Thé dans la montagne au cours de la promenade

Difficile de s’ennuyer dans ces conditions, d’autant plus que le week-end au milieu de la mission a été
consacré à une excursion de deux jours, à Sidi Ifni, une localité balnéaire (ancienne enclave
espagnole) très agréable et propice aux balades intéressantes (dans la ville et les environs).

Deux des 5 arches de Legzirah, près de Sidi Ifni

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