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CHAPITRE 1.

GÉNÉRALITÉS - ÉQUATIONS GÉNÉRALES 2

Chapitre 1

Généralités - Équations générales

Ce chapitre est consacré à des rappels et des compléments de mécanique des milieux continus (MMC)
applicables à la mécanique des fluides, ainsi qu’aux équations et théorèmes qui en résultent.
L’hypothèse fondamentale de la MMC est la continuité du milieu caractérisée par l’emploi de fonctions
représentant le modèle, supposées continues dans les domaines auxquelles elles s’appliquent.

1.1 Généralités
1.1.1 Théorèmes généraux
Le modèle de la mécanique des fluides utilise fréquemment les opérateurs vectoriels et tensoriels. Rappe-
lons ici leurs définitions et les théorèmes les plus employés sans démonstration.

1.1.1.1 Définitions des opérateurs vectoriels et tensoriels

Les différentes définitions seront données dans les bases cartésiennes (e1 ,e2 ,e3 ), cylindrique (er ,eθ ,ez ) et
sphérique (er ,eθ ,eϕ ).
Remarques : Nous utiliserons la convention d’Einstein pour l’indice muet, c’est-à-dire que les indices
répétés dans un même monôme signifient une sommation de 1 à 3.
La dérivée par rapport à un axe du repère est notée indifféremment ∂i ou ,i .
– Le vecteur gradient d’une fonction scalaire
gradf = f,i ei (1.1)
f,θ
= f,r er + eθ + f,z ez (1.2)
r
f,θ f,ϕ
= f,r er + eθ + eϕ (1.3)
r r sin θ
– Le scalaire laplacien d’une fonction scalaire
∆f = f,ii (1.4)
1 1
= (rf,r ),r + 2 f,θθ + f,zz (1.5)
r r
1 1 2 cos θ
= f,rr + 2 f,θθ + 2 2 f,ϕϕ + f,r + 2 f,θ (1.6)
r r sin θ r r sin θ
– Le scalaire divergence d’une fonction vectorielle
divF = Fi ,i (1.7)
Fr F θ ,θ
= + F r ,r + + F z ,z (1.8)
r r
1 1 2 cot θ
= F r ,r + F θ ,θ + F ϕ ,ϕ + F r + Fθ (1.9)
r r sin θ r r
1.1. GÉNÉRALITÉS 3

– Le vecteur rotationnel d’une fonction vectorielle

rotF = εijk Fk ,j ei (1.10)


1 1
= ( Fz ,θ − Fθ ,z )er + (Fr ,z − Fz ,r )eθ + [(rFθ ),r − Fr ,θ ]ez (1.11)
r r
1 1 cot θ 1 1
= ( F ϕ ,θ − F θ ,ϕ + Fϕ )er + ( Fr ,ϕ − Fϕ ,r − Fϕ )eθ
r r sin θ r r sin θ r
1 1
+(Fθ ,r − Fr ,θ + Fθ )eϕ (1.12)
r r
– Le vecteur divergence d’un tenseur du second ordre symétrique

div(F) = Fij ,j ei (1.13)


Frθ ,θ Frr − Fθθ Fθθ Frθ
= [Frr ,r + + Frz ,z + ]er + [Fθr ,r + + Fθz ,z + 2 ]eθ
r r r r
Fzθ Fzr
+[Fzr ,r + + Fzz ,z + ]ez (1.14)
r r
∂Frr ∂Frθ 1 ∂Frϕ 2 cot θ
= [ + + + ( Frr − Fθθ − Fϕϕ ) + Frθ ]er
∂r r∂θ r sin θ ∂ϕ r r
∂Fθr ∂Fθθ 1 ∂Fθϕ 3 cot θ
+[ + + + Frθ + (Fθθ − Fϕϕ )]eθ
∂r r∂θ r sin θ ∂ϕ r r
∂Fϕr ∂Fϕθ 1 ∂Fϕϕ 3 cot θ
+[ + + + Frϕ + 2 Fϕθ ]eϕ (1.15)
∂r r∂θ r sin θ ∂ϕ r t

– Le tenseur gradient d’une fonction vectorielle

gradF = Fi ,j ei ⊗ ej (1.16)
 
Fr ,r (Fr ,θr−Fθ ) F r ,z
 
=  Fθ ,r (Fθ ,θr+Fr ) F θ ,z  (1.17)
F z ,θ
F z ,r r F z ,z
 
Fr ,θ −Fθ F r ,ϕ Fϕ
F r ,r r r sin θ + r
F θ ,ϕ Fϕ cot θ
=  Fθ ,r (Fθ ,θr+Fr )
 
r sin θ − r  (1.18)
F ϕ ,θ F ϕ ,ϕ Fr Fθ cot θ
F ϕ ,r r r sin θ + r + r

1.1.1.2 Propriétés des opérateurs

div(rotF) = 0 (1.19)

rot(gradf ) = 0 (1.20)

rot(f F) = f rotF + gradf ∧ F (1.21)

div(f F) = f divF + gradf · F (1.22)

div(gradf ) = ∆f (1.23)

rot(rotF) = grad(divf ) − ∆F (1.24)


1.1. GÉNÉRALITÉS 4

1.1.1.3 Théorèmes généraux

On note D un domaine fluide de frontière ∂D. Soit dV un élément de volume entourant un point M du
domaine, et dA un élément de surface de ∂D entourant un point P où la normale à la frontière est n –
voir figure ci-dessous –.

– Le théorème de la divergence et ses applications


Si Fijk (M,t) est une fonction continue sur le domaine D, alors :
Z Z
Fijk ,k dV = Fijk nk dA (1.25)
D ∂D

• Le théorème d’Ostrogradsky :
Z Z
divF dV = F · n dA (1.26)
D ∂D

• Le théorème de Green :
Z Z
gradf dV = f n dA (1.27)
D ∂D


Z Z
rotF dV = n ∧ F dA (1.28)
D ∂D


Z Z
divF dV = F n dA (1.29)
D ∂D

– Le théorème de Stokes :
Z Z
F(M,t) dM = rotF · n dA (1.30)
C S

– Le théorème de l’intégrale nulle :


Z
f (M,t) dV = 0 ∀d ⊂ D ⇐⇒ f (M,t) = 0 ∀M (1.31)
d

1.1.2 Grandeurs caractéristiques des milieux continus


Une particule matérielle d’un milieu continu est définie par :
– des variables cinématiques : les composantes (U1 ,U2 ,U3 ) du vecteur U,
– des variables thermodynamiques : la pression p, la température T et la masse volumique ρ.
Le domaine D est caractérisé par :
• sa masse m(D,t) :
Z
m(D,t) = ρ(M,t) dV (1.32)
D
1.1. GÉNÉRALITÉS 5

• son torseur cinétique : C(D,t) :


 R
R(D,t) = DRρ(M,t)U(M,t) dV
C(D,t) = (1.33)
MO (D,t) = D ρ(M,t)OM ∧ U(M,t) dV

• son énergie cinétique T (D,t) :

Z
1
T (D,t) = ρ(M,t)U2 (M,t) dV (1.34)
2 D

• son énergie interne E(D,t) :


On notera e(D,t) l’énergie interne par unité de masse :

Z
E(D,t) = ρ(M,t)e(M,t) dV (1.35)
D

• son entropie S(D,t)


On notera s(D,t) l’éntropie par unité de masse :

Z
S(D,t) = ρ(M,t)s(M,t) dV (1.36)
D

remarque : on peut définir l’enthalpie massique par la relation : h = e + ρp .

1.1.3 Actions extérieures et intérieures


1.1.3.1 Les actions extérieures

Les actions extérieures au domaine D sont de deux types :


– à distance,
– de contact.
Elles peuvent être d’origine mécanique, thermique, électrique, chimique . . . Nous ne prendrons en compte
que les deux premières.
• Les actions mécaniques :
– actions à distance : Elles sont caractérisées par une densité massique de force f (M,t). En général, cette
densité dérive d’un potentiel et on peut écrire :

f = −grad(U (M )) (1.37)

Dans le cas des forces de pesanteur, on peut écrire :

U (M ) = gh (1.38)

dans laquelle g est l’accélération de la pesanteur et h la hauteur du point M par rapport à une référence.
– actions de contact : Elles sont représentés par une densité surfacique d’effort T(P,t) sur la frontière ∂D
du domaine ;
– puissance mécanique des efforts extérieurs : Elle s’écrit :
Z Z
Pm = ρf · U dV + T · U dA (1.39)
D ∂D

• Les actions thermiques :


– actions à distance : Le rayonnement r(M,t) – densité massique – est de ce type. Dans tous les cas
étudiés dans ce cours, il sera supposé nul.
1.2. CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS 6

– actions de contact : La conduction thermique est une action de contact. On définie la densité surfacique
de taux de chaleur traversant une frontière ∂D en un point P : Φ(P,n,t).
Avec l’hypothèse que Φ dépend de P , t et de la normale n, on peut démontrer l’existence d’un vecteur
flux thermique ou courant de chaleur q(P,n,t) tel que :
Φ(P,n,t) = −q(P,n,t) · n (1.40)
– puissance thermique (taux de chaleur) recue de l’extérieur par le domaine D :
Z Z Z
Pt = ρr dV − q · n dA = [ρr − div(q)] dV (1.41)
D ∂D D

1.1.3.2 Actions intérieures

Les actions intérieures sont représentées par le tenseur des contraintes σ(M,t), qui permet de déterminer,
pour tout point M et la normale n, le vecteur contrainte T(M,n,t) :
T(M,n,t) = σ · n ou Ti = σij nj (1.42)
En mécanique des fluides, on distingue les contraintes de pression des contraintes visqueuses et on écrit :
σ = −pI + τ (1.43)
I : tenseur unité (composantes : δij , symbole de Kronecker),
τ : tenseur des contraintes visqueuses,
p : pression
– puissance des efforts intérieurs : elle s’écrit :
Z Z
Pi = − σkj Uk,j dV = − σgrad(U) dV (1.44)
D D

1.2 Cinématique des milieux continus


1.2.1 Variables de Lagrange et variables d’Euler
1.2.1.1 Variables de Lagrange (a1 ,a2 ,a3 ,t)

Les variables de Lagrange (a1 ,a2 ,a3 ,t) définissent le point matériel dans un état de référence. La variable t
représente le temps. Dans la majorité des cas, les ai sont les coordonnées de la position du point matériel
dans sa configuration initiale (t = 0).
Avec cette description, toutes les inconnues du problème (coordonnées (x1 ,x2 ,x3 ) de la position du point
matériel à un instant t, vitesse, pression,. . . ) s’écrivent en fonction de (a1 ,a2 ,a3 ,t). En particulier, les
composantes de la vitesse Ui d’un point matériel à un instant t donné s’écrivent en supposant que les xi
sont exprimés en fonction de (a1 ,a2 ,a3 ,t) :
xi = xi (a1 ,a2 ,a3 ,t) x = x(a,t) (1.45)

∂xi (a1 ,a2 ,a3 ,t) ∂x(a,t)


Ui = U= (1.46)
∂t ∂t

1.2.1.2 Variables d’Euler (x1 ,x2 ,x3 ,t)

Les variables xi sont les coordonnées d’un point représentant la position du point matériel à l’instant t.
Avec cette description, on peut étudier l’état actuel du milieu sans s’intéresser à une particule matérielle
déterminée.
La différence entre les deux descriptions est donc, que du point de vue de Lagrange, on décrit les variations
de la vitesse, de l’accélération, de la température,. . . d’un point matériel particulier, alors que selon le
point de vue d’Euler, on décrit ces mêmes quantités dans une région spatiale donnée sans individualiser
les particules matérielles. C’est cette dernière description qui est la plus utilisée en mécanique des fluides.
1.2. CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS 7

1.2.2 Gradient de la transformation


Considérons un point matériel P qui, à l’instant, se trouvait au point M0 de coordonnées ai , et qui se
trouve à l’instant t au point M de coordonnées xi . Considèrons un point matériel P 0 infiniment voisin de
P (dP = PP0 ). Soit M00 , infiniment voisin de M0 la position initiale de P 0 ; et soit M 0 infiniment voisin
de M (continuité de la transformation) la position de P 0 à l’instant t. On a :

dx = MM0 = F da da = M0 M00 (1.47)


∂xi
avec Fij = ∂a j
. Le tenseur ((gradient F)) (ou application linéaire tangente) permet de décrire la transfor-
mation géométrique au voisinage du point matériel P . Les lois de transformation de l’élément de volume
et de l’élément de surface sont :

dV = JdV0 J = det(F ) (1.48)


−t
dSn = JdS0 F n0 (1.49)

Le scalaire J est le jacobien de la transformation 1.45. La continuité de la transformation implique que


−t
J est strictement positif et fini. Le tenseur F est l’inverse du transposé de F .

1.2.3 Dérivées particulaires


L’utilisation des variables d’Euler pose un problème de dérivation. En effet, considérons une grandeur
h que l’on suppose attachée à un point matériel M et dont on veut étudier la variation par rapport
au temps. Si on décrit h(a1 ,a2 ,a3 ,t) en variables de Lagrange, la dérivée par rapport au temps est la
dérivée partielle classique par rapport à t. Si on écrit h(x1 ,x2 ,x3 ,t) en variables d’Euler, il ne suffit plus
de faire une dérivée partielle par rapport à t puisque les xi dépendent de t (on s’intéresse à un point
matériel particulier), on introduit alors la dérivée particulaire (ou totale) qui tient compte de la variation
temporelle des xi :
dh ∂h ∂h ∂xi
ḣ = = +
dt ∂t ∂xi ∂t
∂h
= + gradh · U (1.50)
∂t
dans laquelle U est la vitesse de M . On démontre en particulier que :

J˙ = JdivU (1.51)

Il est souvent nécessaire de connaître la dérivée particulaire d’une fonction vectorielle et d’une intégrale
de volume. Nous vous donnons ci-après les formules correspondantes :
dF ∂F dFi ∂Fi
= + gradF · U = + gradFi · U (1.52)
dt Z ∂t Z dt ∂t Z
d ∂f
f (xi ,t) dV = (xi ,t) dV + f U · n dA (1.53)
dt D D ∂t ∂D
Z
∂f
= (xi ,t) + div(f U) dV (1.54)
D ∂t

1.2.4 Trajectoires, lignes de courant, lignes d’émission, débits


1.2.4.1 Trajectoires

Un point matériel dont on suit le mouvement au cours du temps, décrit une trajectoire (lieu des positions
d’une particule). En coordonnées de Lagrange, la trajectoire d’une particule est donnée par les relations
1.45. En coordonnées d’Euler, les trajectoires s’obtiennent en intégrant le système différentiel suivant au
cours du temps :
dx1 dx2 dx3
= = = dt (1.55)
U1 (xi ,t) U2 (xi ,t) U3 (xi ,t)
1.2. CINÉMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS 8

Pour matérialiser une trajectoire, il suffirait, par exemple, de considérer une particule solide en suspension,
de même masse volumique que le fluide et de photographier l’écoulement avec un temps d’exposition
suffisamment long.

1.2.4.2 Lignes de courant

À un instant t fixé, les lignes de courant sont les lignes tangentes au vecteur vitesse U. Ils s’obtiennent
en intégrant le système suivant, où t est considéré comme un paramètre.
dx1 dx2 dx3
= = (1.56)
U1 (xi ,t) U2 (xi ,t) U3 (xi ,t)

Pour décrire une trajectoire, il faut suivre une particule matérielle au cours du temps, alors qu’une ligne
de courant est définie à un instant donné ; sur une ligne de courant il y a une infinité de particules
matérielles.
Une surface de courant est l’ensemble des lignes de courant qui s’appuient sur une courbe C. Lorsque
cette courbe est fermée, la surface de courant s’appelle un tube de courant. Si l’aire d’une section droite
d’un tube de courant est élémentaire, le tube de courant est un filet de courant.

1.2.4.3 Lignes d’émission

Une ligne d’émission relative à un point M , est l’ensemble des positions à l’instant t des particules qui
sont passées ou qui passeront par le point M .

1.2.4.4 Débits à la traversée d’un tube de courant

Considérons une section S d’un tube de courant, on a :


• débit massique Z
qm (S) = ρ(M,t)v(M,t) · n dS
S

• débit volumique Z
qv (S) = v(M,t) · n dS
S

1.2.4.5 Écoulement stationnaire

On dit que le mouvement du fluide est permanent ou stationnaire si la vitesse U et toutes les caractéris-
tiques du milieu en un point ne dépendent que de xi (pas du temps t). Dans ce cas, lignes de courant,
lignes d’émission et trajectoires sont confondues.

1.2.5 Mouvement du fluide


Le mouvement du fluide autour d’un point M est caractérisé par le tenseur gradient des vitesses :

L = gradU = Ḟ F −1 = D + W Lij = Ui ,j (1.57)

D partie symétrique de L est le tenseur taux de déformation ; il caractérise la vitesse de déformation du


fluide :
1
Dij = (Ui ,j + Uj ,i ) (1.58)
2

W partie antisymétrique de L est le tenseur taux de rotation ; il caractérise la vitesse de rotation du


fluide :
1
Wij = (Ui ,j − Uj ,i ) (1.59)
2
1.3. PRINCIPES DE LA MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS 9



W étant antisymétrique, on définit le vecteur correspondant Ω que l’on appelle vecteur tourbillon :
1
W · dM = Ω ∧ dM Ω= rotU (1.60)
2
Si on considère un point M 0 infiniment voisin de M , la vitesse de M 0 s’écrit :

U(M 0 ,t) = U(M,t) + |Ω ∧ {z


MM}0 + D
| · MM
0
{z } (1.61)
| {z }
translation rotation déf ormation

L’accélération a d’un point M étant la dérivée totale de la vitesse U, on a :


dUi ∂Ui
ai (M,t) == + gradUi · U (1.62)
dt ∂t
dU ∂U
a(M,t) = = + gradUi · U (1.63)
dt ∂t
dU ∂U U2
a(M,t) = = + grad( ) + rotU ∧ U (1.64)
dt ∂t 2

1.3 Principes de la mécanique des milieux continus


1.3.1 Principe de la conservation de la masse (PCM)
La masse m d’un domaine fluide quelconque D, que l’on suit au cours du temps reste constante :
dm
=0 (1.65)
dt
En explicitant la dérivée particulaire de m, on obtient l’équation globale de conservation de la masse :
Z Z
d ∂ρ
ρ dV = ( + divρU) dV = 0 (1.66)
dt D D ∂t

Cette équation devant être vérifiée pour tout domaine D, le théorème de l’intégrale nulle permet d’obtenir
l’équation locale de conservation de la masse dite équation de continuité :
∂ρ dρ
+ divρU = + ρdivU = 0 (1.67)
∂t dt
•Si le fluide est incompressible : ρ = ρ0 , et

divU = Ui ,i = 0 (1.68)

•Si l’écoulement est stationnaire : ∂t = 0, et

divρU = ρdivU + gradρ · U = 0 (1.69)

Remarque : Compte tenu de la relation 1.67, la dérivée particulaire d’une intégrale de volume où ρ est en
facteur s’écrit :
Z Z
d df
ρf dV = ρ dV (1.70)
dt D D dt

1.3.2 Principe fondamental de la dynamique (PFD)


Ce principe exprime la conservation de la quantité de mouvement : la dérivée particulaire du torseur
cinétique est égale au torseur des efforts extérieurs.
dC
= Fext (1.71)
dt
1.3. PRINCIPES DE LA MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS 10

Sachant que :
 dR
R dU
dC dt = DR ρ dt dV
= dMO d(OM∧U) (1.72)
dt dt = D ρ dt dV

et
 R R R
Rext = RD ρf dV + ∂D σn dA
R = D ρf + divσ dV
Fext = (1.73)
Mext = D ρOM ∧ f dV + ∂D OM ∧ (σn) dA

L’équation de la résultante s’écrit, d’une manière globale :


Z
dU
(ρf + divσ − ρ ) dV = 0 (1.74)
D dt

Le domaine D pouvant être quelconque, on aboutit à l’équation locale dite équation de la quantité de
mouvement :
dU
ρf + divσ = ρ = ρa (1.75)
dt
ou, en notation indicielle
dUi
σij ,j + ρfi = ρ = ρai (1.76)
dt
L’équation des moments aboutit à la symétrie du tenseur des contraintes.
Théorème de l’énergie cinétique : La dérivée totale de l’énergie cinétique d’un domaine D est égale
à la somme des puissances des efforts extérieurs (mécaniques) et intérieurs.
Ce théorème s’obtient en multipliant scalairement l’équation 1.75 des deux cotés par U et en intégrant
sur un domaine D :
Z Z Z Z
d U2
ρ dV = ρf · U dV + U · (σn) dA + trace(σD) dV (1.77)
dt 2
| D {z } |D {z∂D } |D {z }
dT Pm Pi
dt

1.3.3 Premier principe de la thermodynamique (PPT)


Ce principe conduit à la définition de l’énergie interne d’un système et traduit la conservation de l’énergie
totale. Il s’énonce : La dérivée totale de l’énergie interne et de l’énergie cinétique, d’un milieu contenu dans
un domaine D, est égale à la somme des puissances des actions extérieures (mécaniques et thermiques) :

d(E + T )
= Pm + Pt (1.78)
dt
avec la relation 1.77, on a :
dE
= Pt − Pi (1.79)
dt
La forme globale de ce principe est automatique à partir de 1.78 et 1.79 et des relations 1.34, 1.35, 1.39,
1.41 et 1.44. Sa forme locale (équation de l’énergie) est :

de
ρ = ρr − divq − pdivU + τ D (1.80)
dt

1.3.4 Second principe de la thermodynamique (SPT)


Ce principe conduit à la définition de la température absolue T (M,t) et de l’entropie S (relation 1.36) du
système (domaine D). L’entropie caractérise une variation d’énergie due à une variation de température.
1.4. LOIS DE COMPORTEMENT 11

Le principe s’énonce : le taux de production d’entropie est supérieur ou égal au taux de chaleur reçue
divisée par la température.
Z Z
dS r q·n
≥ ρ dV − dA (1.81)
dt D T ∂D T

L’écriture locale de 1.81 est obtenue en utilisant 1.36, 1.29 et 1.70 :


ds q · gradT
ρ ≥ ρr − divq + (1.82)
dt T

1.3.5 Conclusions
Pour déterminer complètement l’état d’un milieu fluide, il faut connaître, en chaque point du domaine :
– la masse volumique ρ,
– la vitesse U,
– la pression p,
– les contraintes visqueuses τ ,
– la température T ,
– le flux thermique q,
– l’énergie interne e,
– l’entropie s.
soit au total 17 inconnues scalaires caractérisant le milieu. Les équations dont on dispose pour déterminer
ces fonctions sont au nombre de 5, et sont indépendantes de la nature du milieu :
– PCM (1.67) : 1 équation,
– PFD (1.75) : 3 équations,
– PPT (1.80): 1 équations.
Il nous faut encore 12 relations pour résoudre le problème complètement : ce sont les lois de comportement
et les équations d’état. Ces relations caractérisent les propriétés physiques intrinsèques du fluide. Elles
ne doivent pas contredire le SPT (1.82).

1.4 Lois de comportement


1.4.1 Comportement mécanique
La loi de comportement exprime la relation entre le tenseur des contraintes visqueuses τ et le tenseur des
déformations D ; on supposera toujours que le fluide est homogène et isotrope. On étudiera essentiellement
les deux comportements suivants :
– fluide homogène :

grad ρ = 0 (1.83)

– fluide parfait :

τ = 0 ⇒ σ = −pI (1.84)

– fluide visqueux newtonien (comportement linéaire)

τ = λdivUI + 2µD (1.85)

avec µ la viscosité dynamique du fluide.


1.4. LOIS DE COMPORTEMENT 12

1.4.2 Comportement thermique


La loi de comportement exprime la relation entre q et grad T . On étudiera essentiellement les deux
comportements suivants :
– Fluide non conducteur :

q=0 (1.86)

– Fluide conducteur linéaire (loi de Fourier)

q = −k grad T (1.87)

avec k la conductivité thermique du fluide.

1.4.3 Équations d’état


Elles précisent les relations entre les variables d’état (c’est-à-dire donnant une information sur l’état d’un
système) caractérisant le fluide.


ρ = ρ(p,T ) ⇒ = χdp − αdT (1.88)
ρ

avec χ = − V1 ( ∂V
∂p )T : compressibilité isotherme et α =
1
V ( ∂V
∂T )p

• fluide incompressible : ρ = ρ0
• gaz parfait : ρp = rT , avec r, constante des gaz parfaits.

s = s(p,T ) ⇒ T ds = hT dp + Cp dT (1.89)

avec Cp , la capacité thermique (massique à pression constante).

e = e(p,T ) ⇒ de = T ds − pdV (1.90)

On démontre que
αT
hT = − (1.91)
ρ

Avec les équations tirées des différents principes, les lois de comportement et les équations d’état, le
processus thermodynamique est complètement défini. Malheureusement dans la majorité des cas, le ré-
solution des équations est très difficile voire impossible ; on est souvent amené à faire des hypothèses
simplificatrices.