Vous êtes sur la page 1sur 24

Une nouvelle lecture de l'histoire de l'art

Mathématiques - Histoire de l'art - Ésotérisme - Arts plastiques

MÉTHODOLOGIE
Étude des Œuvres
Géométrie avec les yeux
La composition dans l'art

------------ Yvo Jacquier --------------------------------------------------------------------------

GÉOMÉTRIE COMPARÉE
------------------------------------------------------------------------------------- Avril 2014 -----

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 1 on 24


INTRODUCTION

L'obsession des preuves


La Géométrie Comparée est une discipline qui étudie la composition
des oeuvres d'art dans l'histoire. Son approche est résolument
scientifique. Cette attitude peut surprendre dans un domaine réputé
pour sa subjectivité. Mais l'art est-il uniquement subjectif ?

La géométrie est par nature scientifique et si elle entre dans un


processus de création, elle pose nécessairement la question de la
science. La musique nous renseigne... Les règles de l'harmonie ne
s'opposent pas aux motivations de l'inspiration : elles la portent. Les
domaines les plus enclins à la subjectivité admettent une part de
logique. La psychologie est par exemple intimement liée à la
physiologie. Pour preuve sa pharmacopée. L'art serait-il le seul
domaine qui échapperait au cadre de la science ? Il faut être bien naïf
pour le prétendre, ou mal informé.

La géométrie comparée a forgé sa discipline au fil de l'étude.


Aujourd'hui il y a lieu de l'appeler méthodologie. La fiabilité des résultats
(en termes de mesure et de définition) est la première préoccupation de
toute étude scientifique. Cette fiabilité dépend du sérieux investi par
une méthodologie exhaustive et pertinente. Voici ses différents aspects.

Définition - Qu'est-ce que la Composition ?


La géométrie de composition fait partie des éléments concrets de la
peinture. L'on peut se passer de cette phase de préparation, autant que
des esquisses ou des essais de couleur - de façon plus générale des
projets qui préfigurent l'oeuvre finale. Cependant une définition
objective de la peinture doit intégrer cette possibilité.

La composition est un ensemble de traits liés entre eux par une logique
mathématique, qui servent de guide au dessin final. Le crayon de
l'artiste ou de l'architecte vient chercher ces lignes et ces repères sont
comme le bois de coffrage dans le bâtiment : il se laisse digérer par le
chantier au fur et à mesure de sa progression, jusqu'à disparaître.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 2 on 24


Ensuite, il y a lieu de distinguer différents types de compositions. Les
pratiques ne forment pas un langage uni, même si elles se sont parfois
investies ensemble à l'intérieur des mêmes oeuvres (Renaissance).

La géométrie sacrée
La pratique la plus ancienne est la géométrie sacrée, celle des
constructeurs de cathédrales et des iconographes. Elle se manifeste au
tout début du néolithique. Durant l'antiquité Pythagore accorde les
formes venues d'Égypte, et les nombres venus de Mésopotamie. Si la
géométrie sacrée s'applique à une représentation du monde,
“figurative” , son principe n'est pas réaliste : elle ne cherche pas à
représenter le réel tel qu'il est (plus exactement tel qu'on le voit), mais
tel qu'en est l'esprit. L'absence totale de sources à ce sujet est l'objet
d'un développement dans d'autres articles.

La géométrie sacrée se caractérise par un quadrillage. Toutes les


lignes de la composition peuvent s'y accrocher. L'unité du quadrillage
est la “raison philosophique” de cette pratique, qui permet de lier les
figures aux nombres et ainsi leur donner un sens intelligible. Le
quadrillage sert à construire, à démontrer, à retenir les figure aisément.

Le triangle 3-4-5 (ou triangle sacré) porte à lui-seul toutes les valeurs
numériques de la symbolique : les entiers de 1 à 7 complétés du
nombre d'or et de la racine de trois. La géométrie sacrée se pense avec
les yeux, et elle préfère la logique des angles au calcul de peur
d'effrayer les nombres... Son corpus théorique est enfin reconstitué. Il
est totalement autonome et cohérent et il anticipe le système
hypothético-déductif d'Euclide.

Autre fait remarquable : le quadrillage peut comme les figures dépasser


le cadre du tableau, de façon impressionnante. Ce cadrage n'en devient
pas pour autant illogique. L'oeuvre est conçue comme “une part du
discours céleste” tenu par la géométrie. Pour les Anciens, la géométrie
sacrée est la langue de(s) Dieu(x). Les sages se relient à des
fondamentaux (propriétés mathématiques) pour définir leur vocabulaire,
et les figures géométriques sont indéformables. Les valeurs qui en
résultent ne sont pas négociables. Ainsi, quand les Anciens
comprennent grâce au théorème de la diagonale (Pythagore bien avant
l'heure) que la hauteur de l'intersection d'une vesica piscis mesure √3
fois le rayon des cercles, il mettent immédiatement en ordre les notions
d'un “3 céleste et féminin”, et d'un “4 terrestre et masculin”. En cela, ils

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 3 on 24


corrigent l'inversion de nombreux mythes archaïques, où le ciel est
masculin et la terre féminine.

La correspondance entre les formes et les nombres est sujette à de


multiples et incessantes vérifications. Les symboles se veulent par
vocation universels, ils ne peuvent en aucun cas être “personnels” ou
subjectifs (ce qui serait un contre-sens). Les mouvements platoniciens
et néoplatoniciens s'inscrivent dans cette logique, qui deviendra
Humanisme à la Renaissance. Cette culture se réfugie au final dans
l'encyclopédie symbolique que constituent les Tarots, sous la direction
de Durer. L'artiste entend protéger ce savoir des erreurs du
matérialisme, et il met au point un Projet Didactique qui explique pas à
pas le fonctionnement de la géométrie sacrée et du langage de l'image.
Depuis la Renaissance, cet art est progressivement tombé dans l'oubli.

Le système perspectif
La perspective permet une représentation sinon fidèle, au moins
vraisemblable, de ce que l'on voit à l'oeil nu. C'est un instrument pour le
peintre et l'architecte (dans ce second cas le plan doit être mesurable
pour la technique). Curieusement, la qualité de la perspective dans l'art
s'apprécie selon le critère “subjectif” du vraisemblable, même si sa
constitution est parfaitement mathématique... Ensuite, en dépit de
diverses conventions, les lignes de la perspective ne portent pas de
valeurs symboliques. Ce système se veut foncièrement neutre, pour
servir un seul but : le vraisemblable. Le choix de l'auteur se résume à la
place de l'oeil qui observe, et pour couronner le tout cet oeil est
borgne ! Cette branche des mathématiques se développe en tant que
telle au cours de la Renaissance, c'est à cette époque qu'elle reprend
de façon magistrale le cahier des charges des systèmes empiriques qui
la préfigurent (par exemple la “fenêtre de Durer”).

Pour les artistes de la Renaissance, ce système n'est pas concurrent


mais complémentaire à celui qu'ils pratiquent déjà (la géométrie
sacrée). Ils conjuguent les deux systèmes sur les mêmes oeuvres avec
le résultat que l'on sait. Mais après cette phase paradoxale, la
géométrie sacrée amorce un déclin pendant que la science s'épanouit.
L'homme, initialement tourné vers le ciel (géométrie sacrée) se tourne
vers la matière (en cela la perspective est liée à la science).

En dépit de sa complexité, la perspective ne produit rien en termes de


symbolique. Sans le quadrillage, aucune valeur ne saurait s'établir, tout

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 4 on 24


juste quelques proportions très relatives. Les mesures physiques de
l'architecte ne remplacent pas celles de l'esprit du constructeur antique.
Le matérialisme du XXe siècle nous a amené à confondre les deux, à
confondre mesure et calcul, et une pensée unique s'est installée :
« L'art est subjectif parce qu'il est subjectif, la preuve : il est subjectif ».

La “perspective inversée” est un concept placébo particulièrement


intéressant en termes de psychologie. Une idée reçue veut que les
artistes et les architectes n'aient jamais cherché que le système
perspectif. Avant lui, il n'y aurait eu que des pratiques empiriques et des
tentatives maladroites. C'est ainsi que, pour justifier les équations
insolubles que posent les oeuvres du moyen-âge, les penseurs ont
inventé le principe d'une perspective inversée, qui ne cesse de se
référer à la sacro-sainte perspective. On peut rapprocher cette dérive
fâcheuse de celle dont l'écrit est victime. Car il est devenu l'alibi d'une
sorte de colonialisme historique, sans que l'on se pose la question de
sa véritable vocation...

Au moyen-âge, la perspective dite “cavalière” est présente dans de


nombreuses représentations. Dans certains cas, elle est intégrée au
système de la géométrie sacrée, dans d'autres cas elle s'approche à
moindre coût de la perspective. Plus près de nous, le peintre Escher fait
une utilisation particulièrement savante du système perspectif, qu'il
détourne de sa mission initiale : nous assurer la réalité... Durer l'avait
précédé dans cette voie !

L'art des diagonales


Après la Renaissance, les artistes tentent de rebâtir une pratique de la
composition comparable à la géométrie sacrée, largement oubliée. Ils
cherchent des formes qui ne se contentent pas du cru respect de la
réalité - apanage d'une perspective qui manque de libido artistique. Une
discipline répondant au nom “d'art des diagonales” se développe alors,
qui comprend une utilisation rudimentaire du nombre d'or, sans pour
autant réintègrer les relations symboliques de la géométrie sacrée.
Cette pratique particulièrement empirique cette fois, appuie ses lignes
géométriques (diagonales) directement sur le cadre du tableau. Ce
cadre devient le référentiel clos de l'oeuvre. Wikipedia : « Un certain
nombre d’artistes refusent les règles académiques (art des diagonales)
au nom de la liberté créatrice ou de leur croyance. En particulier chez
les surréalistes, au nom de l’instinct pour l’Art Naïf ou au nom du refus

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 5 on 24


de la Culture l’Art Brut. Les tenants des règles “géométriques” qualifient
alors les seconds de “littérateurs”, les seconds qualifiant les premiers
de “géomètres” ! ». Ce débat est virtuel dès lors que la géométrie
sacrée est littéralement ignorée par les deux parties. Curieusement, les
surréalistes s'acharneront à trouver la composition des Tarots... En
vain ! Les fondements de l'art des diagonales ne convainquent pas tous
les auteurs, et il est l'objet de sévères attaques. On met en cause
notamment une méthode d'observation calquée a posteriori sur les
oeuvres. Les documents qui exposent cette pratique sont souvent
abscons, voire absurdes... Certains peintres célèbres la citent
néanmoins dans leurs écrits, et il ne peut pas y avoir de si belle fumée
sans feu. Enfin, comble de la confusion, la géométrie sacrée écope en
partie des doutes qui affuble l'art des diagonales.

Les autres géométries de composition


Nous survolerons bien des tentatives car elles ne sont pas
indispensables au déroulement de ce texte. Citons au passage les
excentricités de Malevitch, qui prend les figures pour objets (inversant
contenu et contenant, comme on inverse signifié et signifiant). Il y a
aussi la géométrie psychologique de Kandinsky, qui ne marche que
dans ses rêves (fort beaux d'ailleurs). La démarche analytique de
Mondrian se révèle beaucoup plus payante, car suffisamment modeste
pour être à la portée d'un homme seul. Escher enfin (déjà cité) trouve
une brèche dans cet académisme bourgeois qui entend s'encanailler
avec les bout-dehors du primitivisme. Il fait du mystère un abîme...

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 6 on 24


MÉTHODOLOGIE

1 - Les systèmes de composition


Toute forme de pensée s'organise selon la notion de système(s). Le
langage en offre l'exemple : les mots sont tenus entre eux par des liens
logiques, ils s'organisent selon des structures, ce qui leur permet de
produire du sens. Et ce indépendamment de la capacité d'un lecteur à
les déchiffrer, à les traduire et à les interpréter.

Dans le cas des arts et de l'architecture, la composition fait appel à des


figures géométriques. Elles se tiennent entre elles selon des liens
objectifs que les mathématiques appellent “propriétés”. Une structure
est un ensemble de figures ET ce qui les relie. C'est cette combinaison
qui produit du sens. On a tendance à considérer les figures
géométriques selon leur apparence extérieure. La géométrie sacrée
implique également les lignes internes (comme les bissectrices, les
cercles inscrit et circonscrits), sans lesquelles les liens entre les figures
seraient triviaux et arithmétiques. On peut comparer les systèmes de
composition avec les avions de la première époque, à cela près que
certaines structures sont dignes des avions les plus modernes (elles
ont échappé pendant cinq siècles aux radars de l'histoire !).

Nous aurions pu placer le quadrillage en tête de ce panel, mais cette


conscience du système est justement nécessaire pour l'établir...

2 - Le quadrillage
L'identification du quadrillage est l'étape majeure dans toute étude. Les
figures se construisent, se démontrent, et se retiennent grâce au
quadrillage. Dans la pratique, la complexité des systèmes de
composition est un atout pour la définition de cette grille.

Le quadrillage sert aussi de diapason pour tout mesurer, il porte l'unité.


La conversion des nombres en formes est la base de la représentation
symbolique. Celle-ci convertit des valeurs abstraites (grandeurs) en
espaces d'expression (surfaces peintes) selon des segments (diamètre,
longueur d'un côté, distance).

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 7 on 24


N.B. : les angles ont beaucoup d'importance, mais ils se rapportent aux
nombres; par exemple : le grand angle de la diagonale d'un double-
carré fait deux fois le petit angle de la diagonale d'un rectangle doré.

Le “crash test” est l'opération qui consiste à changer l'unité de la grille


de 5‰ et à regarder ce que cela produit dans sa confrontation à
l'oeuvre étudiée. Dans la quasi totalité des cas, l'impact est désastreux.
Les figures se détachent de l'oeuvre ou de leur système sans pour
autant qu'il soit possible de les remplacer par d'autres propositions. Ce
point de détail est une affaire de métier, comme la peinture...

3 - Les marges de précision


Elles expriment selon un canon scientifique la précision avec laquelle
on observe les formes géométriques de la composition sur l'oeuvre, ses
objets (ou sur le plan d'architecture, qui a lui-même ses marges). En
d'autres termes, c'est la fourchette de tolérance qui permet de faire
glisser les formes du dessin dans celles de la géométrie.

De toutes les notions développées, c'est la plus “scientifique”. Une


équation théorique est d'autant plus vraie que les résultats observés se
rapprochent de ce qu'elle prévoit. Si les marges de l'observation sont
trop grandes, la vérification devient irrecevable. Prenons un exemple
concret, plus exactement une boutade : à 1 224 km/h près, la vitesse
du son peut être considérée comme nulle. Mais à 1 km/h près, cette
vitesse du son est de ~ 1 224 km/h. Plus la marge est serrée, plus
l'observation est crédible, intéressante. Plus la marge est large et plus
cette observation est “subjective” pour ne pas dire frivole. Or c'est
justement le cas de beaucoup de propositions en histoire de l'art. On
peut tout vendre avec des mots, mais pas tout acheter...

Dans la pratique, les fichiers d'étude mesurent plusieurs milliers de


pixels. Cette réalité conditionne l'exigence à laquelle il est possible de
prétendre. Dans la majorité des cas : quelques pixels. Voilà le critère
qui naturellement s'impose pour valider les observations. Dans le cas
du plan au sol des pyramides de Gizeh, les mesures sont le résultat
d'un multiple arpentage effectué par des archéologues prestigieux, dont
un physicien a fait la synthèse. L'étude de géométrie sacrée a produit
des résultats qui tous entrent dans les marges de précision du plan.
Fait remarquable :le système de composition déduit chaque figure de la
précédente, cela ne permet donc pas de rattraper son erreur...

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 8 on 24


Dans le cas des tarots de Marseille, la précision est statistique. Toutes
les lames majeures respectent un seul et même système de
composition. Les déformations des cartes liées à l'usure et à la recopie
multiple du modèle initial, l'imprécision des traits de gravure, tous ces
aléas sont compensés par l'essai répété 22 fois des mêmes triangles.

Le champion de la précision est sans conteste Albrecht Durer. Il est


parfois nécessaire de convertir les angles selon un triangle de
Pythagore car les outils de mesure des programmes informatiques
offrent une précision au dixième de degré, insuffisante ! Dans son
Autoportrait à la Fourrure, l'artiste montre du doigt un cercle de
composition lié au nombre d'or. La rencontre est exacte, faisant fi du
temps et des déformations du bois qui porte ce geste magique.

Un aspect technique mérite d'être abordé. Le trait d'un dessin offre en-
soi une marge de précision par son épaisseur, cependant il est bon de
se rappeler de l'intention des auteurs, particulièrement de leur bon sens
et de leur honnêteté. La vérité est au coeur du trait. Au même chapitre
l'on peut classer les tempéraments culturels. Ainsi pour obtenir la
précision requise, Durer l'Allemand usera de la loupe et de sa
légendaire virtuosité, Rublev le Slave agrandira les formats en pensant
à juste titre que tout est relatif, enfin les Celtes de Kells cacheront leurs
marques de composition dans la floraison de leurs entrelacs. Les trois
types de culture engendrent ici trois attitudes distinctes face à la même
problématique, pour un résultat qui chaque fois est probant.

4 - La comparaison des oeuvres


C'est à cette démarche que la Géométrie Comparée doit son nom. La
comparaison des oeuvres dans l'histoire a engendré les plus grands
progrès, accompagnés des preuves les plus fiables. La pratique de la
Géométrie Sacrée démontre sa très grande unité depuis son “origine
observable”, au néolithique. Comment s'en étonner ? Les figures ne
changent pas de logique mathématique, et les valeurs numériques n'ont
pas choisi leur signification au hasard.

On retrouve les mêmes systèmes d'organisation dans des oeuvres très


éloignées dans le temps et l'histoire. Ainsi la Maison à la cloche de
Prague (XIVe siècle) choisit un motif entrant dans la composition du
temple d'Eanna (Civilisation d'Uruk, Mésopotamie, IV e millénaire AEC).

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 9 on 24


Au XVIe siècle, Durer s'empare d'un système entier de composition
hérité de Rublev et sa « Sainte Trinité » (Moscou, 1420/28 AD). Sept
triangles astrologiques, de type 3-4-5, sont tenus sur leur quadrillage
par une homothétie.

L'utilisation d'un même système complexe dans des oeuvres aussi


étrangères l'une à l'autre est particulièrement intéressante. Il est
difficilement concevable qu'un tamis aussi fin puisse coller de façon
arbitraire à deux sujets que tout sépare. Ils faut en toute logique que les
oeuvres aient ce système de composition en commun.

5 - La clé de la composition
C'est l'aspect le plus salutaire de l'étude. Après une reconstruction
minutieuse, une figure émerge souvent. Elle relie toutes les autres et
démontre des propriétés uniques, surprenants sur le plan
mathématique. Il s'agit d'une clé de composition. Et contrairement aux
systèmes qui peuvent se déplacer d'une œuvre à l'autre, comme des
standards, cette clé a un caractère unique telle une signature de
l'artiste. Pendant longtemps, les artistes ne signaient pas leurs œuvres,
sans doute pour cette raison. La géométrie est dans l'esprit des
Anciens, la langue de Dieu... NB: Durer imposera son cartouche pour
éviter le pillage de ses gravures.

6 - Les marques de composition


C'est l'aspect le plus simple, et le plus convaincant de l'étude. Un
certain nombre de signes sont placés sur les oeuvres, qui n'ont pas de
statut : ils ne participent pas au discours narratif, ne jouent aucun rôle
esthétique, et ils ne sont pas davantage lisibles selon les codes de
l'écriture. En résumé, ils n'ont aucun sens, alors que leur précision
réclame un réel effort de la part de l'artiste.

Ces signes sont en fait des repères qui nous permettent de reconstituer
la composition. Le meilleur exemple est donné par Rublev, quand il met
un rectangle au front de l'autel de sa « Sainte Trinité », au lieu des
habituels citations de la Bible ou du monogramme du Christ. En fait, le
rectangle intègre un rectangle vertical doré : il suffit d'étendre les lignes
jusqu'à la terre pour le reconstituer. Rublev affirme par ce signe que
son travail est tout de géométrie.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 10 on 24


Une place particulière doit être réservée aux signes du Tympan de
Conques. Les deux lettres G qui figurent aux inscriptions des linteaux
sont en effet de véritables leçons de Géométrie ! Leur cas est, jusqu'à
plus ample informé, unique en leur genre. —> Voir Annexe I

7 - L'interprétation des oeuvres


On juge un arbre à ses fruits. L'interprétation est le meilleur champ de
récolte de la Géométrie Comparée.

En géométrie sacrée, la composition porte la symbolique grâce à des


nombres qui deviennent figures géométriques sur leur quadrillage (sans
oublier les liens). Dans le sens inverse, la reconstitution du sens initial
d'une oeuvre est possible en s'appuyant sur sa composition. Première
remarque : la représentation, l'art de représenter les sujets, ne trahit
jamais le cadre mathématique qui les accueille. Ainsi, par exemple, les
représentations du Christ n'adoptent jamais la forme particulière de la
vesica piscis, c'est l'apanage de Vénus. Les mandorles du Seigneur
choisissent une expression géométrique proche. Par exemple,
l'amande peut mesurer trois fois la distance qui sépare les centres des
cercles jumeaux. En revanche, la Vénus de Botticelli respecte une
parfaite vesica piscis (La naissance de Vénus). Dans ce cas l'amande
transforme la Déesse en sirène...

La Vierge de Vladimir et le plan au sol des Pyramides de Gizeh sont de


véritables cas d'école. La lecture des compositions permet de
reconstituer les bases des deux religions où elles s'inscrivent. Ces
brillants exemples d'universalité sont au-delà de l'oecuménisme.

L'interprétation symbolique des oeuvres est un exercice à double


tranchant. L'anticipation ou la préméditation peuvent en effet orienter
l'étude jusqu'à la fausser. Pour éviter toute dérive, il est nécessaire de
considérer la géométrie comme un langage à part entière, et non
comme le reflet du langage ordinaire. Pour l'instant, l'histoire ignore le
fonctionnement réel de la symbolique : son approche relie la part
narrative des oeuvres à des concepts spéculatifs et ce langage littéraire
ignore les réalités picturales. On voit ainsi le statut du symbole se
confondre avec celui de l'allégorie. Or pour le symboliste, l'allégorie est
une image sans cervelle, qui au mieux trouve son salut dans la
prosopopée : il lui faut une voix off pour échapper à la déchéance !

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 11 on 24


COMPLÉMENTS MÉTHODOLOGIQUES

La méthode de la double preuve


La Géométrie Comparée s'appuie officiellement sur les sept points de
méthode que nous venons d'exposer. C'est déjà beaucoup dans un
domaine où jusque lors il n'y avait rien sur ce plan. Cependant au fil des
douze années d'étude, un certain nombre de stratégies ont renforcé
cette nouvelle approche. Il n'est pas possible de les mettre dans la liste
parce qu'à l'inverse des précédentes, leurs résultats ne peuvent pas
être constatés de façon rigoureuse. Pour autant, ces phénomènes de
recherche ont participé de façon active à la plupart des découvertes.

Les grands systèmes produisent des harmoniques. On connaît bien ce


paradoxe en musique, quand on entend des notes qui ne sont pas sur
la partition. Quand on entreprend de reconstituer la partition originale, il
nous faut savoir à quel type de note on a affaire. Chaque constat
géométrique est assimilable à une ou plusieurs notes. Celles qui ne
sont que des harmoniques se distinguent de celles qui construisent le
système en cela qu'elles ne produisent pas d'harmoniques à leur tour. Il
nous faut donc “poursuivre” le discours de la géométrie, et regarder s'il
s'en cache un autre. Si c'est le cas, si l'on découvre (avec une grande
surprise) une série d'observations qui jusque là échappaient alors oui,
les figures identifiées sont à la base de la composition. On arrive ainsi à
isoler les poutres maîtresses de la charpente...

Cette stratégie entre dans l'intimité la plus profonde de l'étude. De


façon officielle, il serait plus facile de la cacher que de se livrer à une
explication qui peut paraître confuse à bien des lecteurs. Cependant, il
est utile de montrer que cette approche scientifique n'a rien à envier à
la vision subjective de l'histoire de l'art. L'intuition, la sensibilité et le
sens spéculatif ont leur place dans les préoccupations du chercheur en
géométrie sacrée.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 12 on 24


Le corpus de la « Géométrie avec les Yeux »
Ce chapitre est mis à part de la méthode, et pour cause : c'est un
résultat de l'étude; sans doute le plus apprécié des mathématiciens. La
Géométrie Sacrée se comporte comme une science appliquée avant
l'heure, et son outil théorique est une géométrie pré-euclidienne. Elle se
construit sur un quadrillage et évite le calcul. Pour autant, son corpus
est mathématiquement cohérent, il n'a rien d'empirique. On y découvre
nombre de propriétés qui avaient échappé aux manuels scolaires,
notamment la définition originelle du nombre d'or, sans Pythagore ni
calcul, ainsi que ses quatre manifestations dans le triangle 3-4-5.

Ce cours de mathématiques est l'objet d'un article, en collaboration


avec Jean-Paul Guichard de l'IREM :
http://www.jacquier.org/Yvo_Jacquier-Geometrie_egyptienne-2014.pdf

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 13 on 24


LEXIQUE

Composition
La composition est un ensemble de traits liés entre eux par une logique
mathématique, qui servent de guide au dessin final. Le crayon de
l'artiste ou de l'architecte viendra chercher ces lignes, et ces repères
sont comme le bois de coffrage dans le bâtiment : il se laisse digérer
par le chantier au fur et à mesure de sa progression jusqu'à disparaître.

Figure géométrique et structure géométrique


Les figures peuvent être envisagées séparément, comme c'est la
"tradition" dans l'histoire, mais elles deviennent véritablement
intéressantes quand elles se lient entre elles pour former un réseau,
une trame plus complexe capable d'assumer, et de donner un sens à
l'oeuvre qui se bâtit sur elles.

Géométrie comparée
La géométrie comparée est la discipline qui étudie les oeuvres
construites avec une géométrie, notamment sacrée. Sa méthodologie
consiste à comparer les oeuvres entre elles pour mettre en évidence
des structures communes.

Géométrie sacrée
La pratique la plus ancienne de la composition est la géométrie sacrée :
celle des constructeurs de cathédrales et des iconographes, et bien sûr
des peintres. Si la géométrie sacrée s'applique à une représentation du
monde, “figurative”, son principe n'est pas réaliste : on ne cherche pas
à représenter le réel tel qu'il est (tel qu'on le voit). Le dessin respecte en
effet les lignes de figures géométriques. Celles-ci sont construites sur
un quadrillage, qui permet notamment de les mesurer, et ainsi de les
traduire par les nombres en langage humain.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 14 on 24


Par exemple 3 céleste et 4 terrestre •> Voir “Géométrie avec les yeux”

À ce jour, l'étude montre qu'aucune oeuvre majeure, depuis le


néolithique jusqu'à la Renaissance (et même au-delà avec J-D Ingres),
n'échappe à la pratique de la géométrie sacrée.

Géométrie avec les yeux


Cette géométrie se construit sur un quadrillage, qui lui permet d'éviter le
calcul (de peur d'effrayer les nombres), pour mesurer les figures. C'est
la part “active” de la géométrie sacrée, l'autre étant l'art des nombres,
avec lequel elle dialogue en coulisses. L'ésotérisme des nombres est
également appelé Kabbale.

Nombre d'or
Le nombre d'or est aujourd'hui conçu comme le résultat d'un calcul - la
proportion d'un rectangle parfaitement harmonieux. Il est noté φ (la
lettre grecque Phi), avec φ = (1+√5)/2. Cependant ni cette harmonie, ni
les propriétés que produisent ce nombre ne sont à l'origine de sa
définition. La toute première version, bien avant le calcul, est purement
géométrique ! Elle s'exprime par les angles, avec les yeux. Il suffit de
couper en deux le grand angle de la diagonale d'un double-carré pour
obtenir le petit angle de la diagonale d'un rectangle doré. Ce constat est
à la fois une définition, une méthode de construction et une propriété
remarquable.

Perspective, ou système perspectif


C'est un des systèmes de composition, parmi d'autres comme la
géométrie sacrée. Les deux peuvent participer à la préparation d'une
même oeuvre, comme c'est souvent le cas à la Renaissance. La
perspective permet de reconstituer avec logique ce que voit l'oeil d'un
spectateur à travers une fenêtre qui devient alors tableau.

Cette pratique a trouvé ses règles mathématiques au cours de la


Renaissance après une approche intuitive et surtout pratique (cf. le
“perspectomètre à oeilleton” de Durer). Signalons que des critères
physiques encadrent la perspective naturelle, tel le champ visuel. Pour

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 15 on 24


autant ils ne sont pas forcément respectés. Durer nous en donne la
preuve avec Melencolia. Elle dépasse largement le champ visuel
humain. Serait-ce la vision d'un Ange ?

Projet Didactique de Durer


C'est la toile de fond de cet ouvrage. Durer réalise, au début du 16e
siècle, un ensemble d'images pour nous expliquer le fonctionnement de
sa culture, le langage de l'image. Depuis les associations primaires des
symboles à la façon d'un puzzle, jusqu'aux systèmes de composition
les plus sophistiqués de la géométrie sacrée.

Ce projet d'origine byzantine se retrouve en Italie du nord à la chute de


Constantinople (1453). Il se traduit par une encyclopédie de la
symbolique qui, par ses images pures, entend survive à tous les
dangers qui menacent cette culture. La gravure (par Durer) assurera la
pérennité du projet, et le principe du jeu de cartes, anodin donc discret,
évitera aux éléments d'être séparés.

Aux côtés du jeu de tarots connu sous le nom de “Conver”, Durer grave
sur cuivre quatre Meisterstiche qui servent de support et d'introduction
à son Projet Didactique. Car, au-delà du souci de sauver l'héritage
multi-millénaire de la symbolique, Durer ajoute une dimension
pédagogique particulièrement précieuse aujourd'hui.

Tarots de Marseille
Les tarots sont à leur origine des cartes à jouer, gravées sur bois et
colorées au pochoir*. Elles font leur apparition au cours du 15e siècle
en Italie du nord, puis se répandent en Europe. Un modèle semble
s'imposer parmi de nombreuses propositions, et il s'attachera à
Marseille, ville où les artisans cartiers sont nombreux à le reproduire. Le
mot carte, pour les tarots, a pour substituts arcane (n. m.), et lame (n.
f.). Le jeu se décompose en 56 mineures, 21 majeures (ou atouts) et le
Mat (ou Fou ou encore Excuse).

Les mineures se partagent entre quatre couleurs (Deniers, Coupes,


Épées et Bâtons), et leurs seize figures comprennent Rois, Reines,
Cavaliers et Valets. Les majeures sont numérotées de I à XXI. Elles
sont titrées, excepté la carte représentant la Mort, et désignée de ce fait
comme l'Arcane sans nom.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 16 on 24


Enfin, le jeu de Tarots (terme que l'on trouve parfois au singulier) doit
sa célébrité à l'usage qu'en font les Chiromanciens, diseurs de bonne
aventure ou praticiens de la divination. Le support à la méditation et à
l'initiation spirituelle que constitue cet ensemble d'images est moins
connu, pour autant c'est sur cet aspect que se concentre l'étude.

(*) Les quelques images peintes qui précèdent à ce principe ne sont


que des approches non achevées.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 17 on 24


ANNEXE I
MARQUES DE COMPOSITION

Les Tarots de Marseille

1760 - Nicolas Conver (d'après Durer)

Ces signes réclament un soin et un


effort trop important de la part du
graveur pour qu'ils soient gratuits.

L'un d'entre eux m'a amené à visiter la


Bibliothèque Nationale de France. Le
point du ciel de la Force (lame XI) du jeu
de Nicolas Conver. Ce cercle minuscule
pouvait être ce qu'on appelle une
pétouille, i.e. un accident d'imprimerie.
La loupe permit d'établir le contraire.

Le Livre de Kells
Fin du VIIIe siècle - Irlande

Ce célèbre ouvrage fait plus attention à


la ponctuation des images qu'à celle de
la Bible. En fait le livre ne respecte
absolument pas le texte.

À cette époque, les géomètres fuient


l'Iconoclasme byzantin et ils fixent leur
savoir partout où ils peuvent en occident
(Charlemagne leur fait notamment bon
accueil). L'exposition est “scolaire”.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 18 on 24


« La Sainte Trinité »
1420/28 - Andreï Rublev

Rublev place un rectangle au front de


l'autel de sa « Sainte Trinité », au lieu
des inscriptions habituelles de la Bible,
ou encore du monogramme du Christ.
La ligne supérieure de ce rectangle
délimite un rectangle doré vertical : il
suffit de prolonger les lignes latérales
jusqu'à terre pour le reconstituer.

« La Vierge au Rosaire »
1506 - Albrecht Dürer

Outre leur précision, les indications de


ce maître parmi les maîtres sont
toujours d'une grande clarté. L'effigie de
l'artiste témoigne ici de la validité des
lignes de la composition :

une bissectrice du triangle s'accorde


avec le parchemin que Durer tient dans
ses mains.

« MELENCOLIA § I »
1514 - Albrecht Dürer

Le 4 de la signature forme une croix qui


sert de repère à la composition. Cette
indication permet de tracer un grand
carré et d'en déduire le diamètre du
cercle de l'arc en ciel, en divisant le côté
du carré par φ, le nombre d'or.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 19 on 24


Le Alpha et le Oméga de Melencolia sont
des indications narratives majeures : Durer
fait explicitement référence au Christ et à
ses deux apparitions, sa venue sur Terre (α)
et la parousie du jugement dernier (ω).

Oméga est lié en cette oeuvre comme en


astrologie au signe de la Balance, et cette
balance est tenue par saint Michel au
jugement dernier. L'identité de l'Archange se
dévoile ainsi en quelques mots.

Deux lignes tangentes à α et ω trouvent à


45° le sommet de la tête des anges. Une
construction s'en suit qui trouve l'un des
points de fuite de la perspective...

« Le tympan de Conques » - XIIe siècle

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 20 on 24


La lettre G du linteau

On associe souvent cette initiale kabbalistique à la Gnose. À Conques,


au XIIe siècle, le “G” est tout simplement l'initiale de Géométrie. On
peut y voir le chiffre 6, base de la combinaison des tarots (cf.
Christophe de Cène). La démonstration se concentre ici sur l'art des
formes. Cette figure prend le triangle équilatéral pour vocabulaire de
base et nous explique que quand on retire un carré plein à un rectangle
de proportion √3, le rectangle résiduel est de proportion (1+√3)÷2.

Le nombre (1+√3)÷2 ≈ 1,366 est parent du nombre d'or, noté φ =


(1+√5)÷2 ≈ 1,618. C'est la proportion d'un rectangle qui enferme un
triangle équilatéral surmonté en sommet d'un cercle de même diamètre
que le côté. Cette figure est néolithique avant d'être antique.

Les signes de Conques sont uniques en leur genre. Ils énoncent des
leçons de géométrie. Habituellement, les repères ont un rôle beaucoup
plus limité : ils précisent et confirment les lignes de la composition.

L'on aussi affaire à une signature


géométrique : un schéma non trivial, doué
de propriétés géométriques tout à fait
remarquables. La force symbolique de ce
visuel est réelle, toutes les formes s'y
impliquent : rectangle, carré, cercle et
triangle. Grâce à cette leçon, l'on ne peut
plus concevoir la √3 comme un simple
ratio, un gabarit de proportion.

Précision : les proportions sont les


symptômes de la géométrie, elles
permettent d'identifier les figures. Mais les
systèmes de composition ont une
complexité comme la physiologie, que l'on
ne peut réduire aux symptômes.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 21 on 24


ANNEXE II
PARTENAIRES DE RECHERCHE

Mathématiques (histoire et pédagogie)


Jean-Paul Guichard, des IREM
(Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques)
Professeur agrégé de Mathématiques, il a notamment participé à la
restitution du corpus de géométrie avec les yeux.

Zdenek Halas, DiS., Ph.D.


(Mathématicien, Université Charles de Prague)
Organisateur conseil pour la conférence « Geometry and Art » en 2013

Composition
Thierry Ciblac, Ingénieur TPE, Docteur en génie civil
(Professeur, École Sup. d'Architecture de Paris)
C'est avec lui que le système perspectif de Melencolia a livré ses
preuves, à partir d'une intuition où le sablier devient lanterne...

Archéologie
Geneviève von Petzinger
(Archéologue, Université de Victoria)
Elle apporte les éléments qui sont hors de portée à l'étude : ceux de la
géométrie paléolithique. Un des grand progrès concerne le symbole de
Vénus. La vesica piscis est néolithique.

Littérature et symbolisme
Jakub Hlaváček
(Éditeur praguois, spécialiste de l'ésotérisme)
Il est au centre d'un cercle qui étudie Melencolia.

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 22 on 24


Laurence Bougault
(Professeur de Stylistique, Univ. de Rennes)
Elle s'intéresse à l'héritage des valeurs de Melencolia sur la littérature
du XIXe siècle, notamment Baudelaire. Le temps de Saturne est devenu
le “temps perdu”.

Christophe de Cène
(symboliste, écrivain et astrologue)
Il a reconstitué la logique ésotérique des nombres du système des
Tarots. Sans cette découverte, cette longue recherche sur la géométrie,
parallèle, n'aurait peut-être même pas commencé. Depuis toujours,
nous échangeons nos résultats et fort heureusement ils convergent !

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 23 on 24


ANNEXE III
2014 - PUBLICATION D'UN EBOOK

« DÜRER ET SES TAROTS »

Melencolia, la fameuse œuvre


d'Albrecht Durer, a 500 ans ! Plus
célèbre à son époque que la
Joconde, ses traits cachent plus
d'énigmes qu'un simple sourire.
Melencolia est LA clef d'un
langage, héritier des savoirs
égyptiens, mésopotamiens et
g re cs . A u Mo y e n -Â g e ce t t e
tradition est à Byzance, jusqu'à la
chute de Constantinople, en 1453,
qui marque le début de la
Renaissance. Les artistes italiens
reprennent alors le flambeau et
entreprennent une encyclopédie
des symboles. Cet art de la
composition fait parler la géométrie
du nombre d'or et du triangle sacré
et ses images se combinent à la
façon d'un puzzle. Il faut un
graveur, ce sera Durer.

Quatre gravures et un jeu de cartes, les « tarots de Marseille »,


concrétisent ce projet. Melencolia est le portail d'une civilisation perdue,
qui a choisi l'image pour s'écrire. Dix années de recherche, en
collaboration avec des scientifiques et des symbolistes, restaurent cette
Culture oubliée. Et Durer a tout prévu !

Les informations sur cette parution sont accessibles à l'adresse :


http://www.melencoliai.org/ebook.html

Yvo Jacquier - La Géométrie Comparée, nouvelle lecture de l'histoire de l'art 24 on 24