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Fiche

Pathologie
N°1
La réaction sulfatique sur ouvrages de Travaux Publics
Travaux publics et ouvrages d’art
et de Génie Civil

La réaction sulfatique sur ouvrages


de travaux publics et de génie civil
On différencie :
• La réaction sulfatique externe : les
sulfates proviennent du milieu exté-
rieur : sols (schistes houillers, sols
marno-calcaro-gypseux), eaux sou-

1.Le constat
  terraines séléniteuses, eaux de mer,
matériaux environnants (déchets, en-
grais…), atmosphère. La réaction pro-
Les ouvrages de travaux On observe alors des marqueurs gresse du parement vers le cœur de
publics (remblais traités, distinctifs de la réaction qui sont l’ouvrage. Les ouvrages peuvent alors
VRD, routes, autoroutes, l’apparition, à plus ou moins long être réparés par piquage et purge avec
couches de structures de terme (quelques semaines à plus de la mise en œuvre d’un produit de ré-
chaussées…), ou de génie 10 ans), d’un réseau de fissuration, paration adapté.
civil (piles de ponts, barrages, de gonflements, de colorations de • La réaction sulfatique interne : les
plateformes bâtiments…) parement, mais aussi de corrosion sulfates proviennent de l’ouvrage lui-
peuvent, aujourd’hui encore, ou de ruptures d’armatures induites même (de ses constituants) : ciments,
être le siège de gonflements. par l’entrée d’eau et d’oxygène dans granulats (gypse, pyrite, matériaux
La réaction sulfatique l’ouvrage.
de recyclage contenant du plâtre…).
fait partie des réactions
Elle affecte l’ouvrage dans sa masse
chimiques connues pouvant
entrainer l’altération des et relève en général d’une cinétique
caractéristiques mécaniques plus rapide que la réaction sulfatique
du matériau hydraulique 2.Le diagnostic externe. La réparation s’avère ici plus
constitutif de l’ouvrage compliquée et la principale action
concerné. consistera à protéger l’ouvrage des
La réaction chimique venues d’eau. La réaction peut causer
la dégradation totale de l’ouvrage.
La réaction sulfatique peut avoir des ori-
gines diverses qui dépendent des réactifs en La pathologie sur le matériau
présence et de leur quantité, de leur prove- béton
nance et concomitance, du type de matériau
concerné (bétons, sols traités à la chaux, Le béton utilisé pour des ouvrages d’art
graves traitées ou non…). Elle dépend aussi ou des ouvrages de travaux publics est
des paramètres liés à l’environnement (forte plutôt concerné par la réaction de type
humidité, zone de marnage, infiltrations ou externe, plus rarement aujourd’hui, par
venues d’eau,…). celle interne, sauf incident, suite à une
La réaction a pour cause l’action des sulfates analyse erronée sur les matériaux de
en excès sur les aluminates contenus dans la constitution. On peut observer :
pâte de ciment en présence d’eau. Elle gé- • une coloration de parement qui
nère, par combinaisons ioniques, des miné- accompagne souvent la pathologie.
raux sulfatés de type ettringite secondaire ou Si le lessivage par la pluie tarde, une
thaumasite qui occasionnent expansions et poudre blanche (minéraux sulfatés) est
fissurations des ouvrages. Elle ne prend fin observable sur les lèvres des fissures
qu’à épuisement d’un des réactifs. Ces miné- • un faïençage intéressant seulement
raux néoformés sont détectables et obser- la partie très superficielle du parement
vables en analyse de laboratoire. La réaction • une microfissuration ou fissuration,
est du type : parfois de plus d’un mètre de lon-
gueur et jusqu’à quelques millimètres
C3A + 3(CaSO4, 2H2O) + 26H2O --> d’ouverture, linéaire ou maillée. Une
Aluminate Gypse eau

C3A, 3CaSO4, 32H2O


ettringite
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La réaction sulfatique sur ouvrages de Travaux Publics
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A consulter

• La durabilité des bétons, JP


fissuration de parement peut accélé- la formation de l’ettringite. Ollivier et A Vichot - Presse de
rer l’apparition d’autres pathologies l’ENPC, 2008.
comme la corrosion des armatures, La pathologie sur les maté- • Recommandations pour la
la carbonatation accélérée (pénétra- riaux de technique routière et prévention des désordres dus à la
tion de CO2), ou une résistance au gel assimilés réaction sulfatique interne, LCPC
amoindrie. (IFFSTAR), 2007 *
• Les réactions sulfatiques,
Les zones les plus fréquemment Ces matériaux, traités ou non aux liants
conditions de formation, structure
concernées par la pathologie sont hydrauliques, sont surtout concernés
et expansion des minéraux
celles exposées aux intempéries et/ par la réaction interne. Parmi eux, on secondaires sulfatés, A Le Roux, S
ou en contact avec des terres ou sols trouve les graves, les sols, les remblais… Orsetti, BLPC 225, 2000
agressifs : (parties basses de piles de intégrés dans des ouvrages tels que les • La réactivité d’un béton vis à
pont, corniches des tabliers, piédroits, autoroutes, routes, VRD, trottoirs. On vis d’une réaction sulfatique
parois en retour, bassins de stations peut observer : interne - essai de performance,
d’épuration, dallages, parties sou- • Un gonflement de plusieurs centi- Méthode d’essai LPC N°66, LCPC
mises à l’action des sels de dévergla- mètres de hauteur intéressant parfois IFFSTAR, 2007*.
çage) et les zones mécaniquement une surface de plusieurs m2. • Les réactions de dégradation
plus fragiles (angles). • Une fissuration pouvant atteindre internes du béton, Etudes et
recherches des LPC, C Larive,
plusieurs dizaines de mètres de lon-
1992.
Cas particuliers : gueur et plusieurs centimètres d’ou-
• Normes NF EN 12620 + A1
verture. (granulats pour bétons)
❖ Bétons étuvés à des températures • Norme NF EN 13242+A1
supérieures à 65°c IMPORTANT : dommages collatéraux. (granulats pour matériaux
Ils subissent, aux jeunes âges, une aug- Les ouvrages de bâtiment ou de gé- traités aux liants hydrauliques
mentation de température importante nie civil situés ou implantés sur les et matériaux non traités pour
dans la masse due à l’exo thermicité zones sinistrées subissent les consé- les travaux de génie civil et la
de la réaction d’hydratation. La mise quences de la réaction sulfatique, ce construction de chaussées)
en solution de sulfates déjà présents et qui augmente des coûts de sinistre • Norme NF EN 13285 (graves
leur remobilisation induit alors une réac- déjà très importants. non traitées –spécifications)
• Norme NF P 18545 (granulats,
tion sulfatique interne avec apparition Par exemple, le gonflement d’une grave
éléments de définition,
d’ettringite secondaire différée (DEF, traitée polluée par du gypse induit une
conformité et codification)
Delayed Ettringite Formation). fissuration sur le dallage situé au-des- • Norme NF EN 206-1/
sus. Les recyclés sont à proscrire sous CN (bétons, spécifications,
❖ Ouvrages contenant des granu- dallage. De même, suite à une présence performance, production et
lats pyriteux ou gypseux de gypse dans les granulats ayant servi à conformité - complément national
La pyrite est un sulfure de fer présent la réalisation de VRD ou de trottoirs, les à la norme EN206-1)
dans certains gisements naturels ou gonflements du VRD soulèvent les bâti- • Norme NF EN 197-1 (ciments,
dans les sols. Son oxydation produit des ments, maisons individuelles et autres composition, spécification,
oxydes de fer ferreux et ferriques et du structures superficielles, créant fissura- critères, conformité des ciments
sulfate de fer instable, se dissociant pour tion et risque d’effondrement. Enfin, le courants)
• Fascicule de documentation
rentrer dans la composition de l’ettrin- gonflement de remblais contenant des
FD P 18-011, (définition et
gite. Coulures de rouilles et poussées de sulfates et traités à la chaux causent l’ef-
classification des environnements
fer sont également observées concomi- fondrement d’un mur de soutènement chimiques agressifs)*
tamment à la réaction sulfatique interne. mitoyen. • Norme NF EN 94-100 (essai
Le gypse soluble, quant à lui, fournit di- d’aptitude au traitement d’un sol
rectement des sulfates qui participent à Cas particuliers : à la chaux)
• Norme NF EN 1744-1, article
10.2 (essai visant à déterminer
les propriétés chimiques des
granulats).**
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La réaction sulfatique sur ouvrages de Travaux Publics
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Ce qu’il faut retenir ❖ Sols traités à la chaux et n’a pas subi de maturation suffisante.
La présence de gypse dans les sols ar-
gileux est fréquente. Le traitement à la
chaux induit une « attaque chimique »
des espèces argileuses. Cette réaction
produit alors des aluminates de calcium 3.Comment réduire les
à vocation liante pour le complexe trai- risques : bonnes pratiques et
réaction
o t e ur de la mitance té. En présence de gypse, les équilibres conseils de prévention
• M co En fonction du contexte :
ue : con ates, chimiques sont déplacés et les sulfates
sulfatiq d e s ulf
cè s disponibles réagissent avec les alumi-
d’un ex tes de calcium
a nates formés pour donner des espèces 1. Avant toute réalisation de couche
d’alumin x en présence
c h a u minérales non liantes de type ettringite. de forme ou de liaison ou de tout trai-
et de de
u . F o rmation xpansifs L’eau étant le moteur de la réaction, une tement de sol ou de remblai en place,
d’ea t é s e
x sulfa
minérau tringite. arrivée d’eau abondante (pluie, excès les entreprises doivent se procurer les
et
du type d’eau de gâchage) sert de déclencheur études géotechniques ou les rapports
à la réaction chimique et peut conduire d’analyses physico-chimique du sol qui
dans certains cas à des sinistres de mettraient en évidence la présence de
grande ampleur. sulfates (gypse, pyrite, anhydrite…) et
les analyser pour valider la solution rete-
❖ Ouvrages réalisés avec granulats nue.
de recyclage 2. Il est nécessaire de préciser dans la
Pour des bétons recyclés ou des maté- commande de matériau(x), le caractère
riaux recyclés traités aux liants hydrau- OBLIGATOIREMENT inerte du matériau
liques, les mécanismes réactionnels sont d’apport (granulat, mâchefer). Les bons
identiques à ceux explicités précédem- réflexes consistent en outre à :
lisation
t la réa e
• Avan e l’étud ment. La réaction procède relativement • Obtenir et consulter la FTP (Fiche
e s t ra v aux et d sol à la présence de plâtre (soluble) issus Technique Produit) du fournisseur et
d u
nique d
géotech onsulter les d’un tri non maîtrisé des matériaux de à lui demander son plan d’assurance
e, c produit
en plac
h e s t e chnique sur le démolition ou de déconstruction. qualité (PAQ).
fic t
fabrican is • Vérifier si les essais de caractérisa-
(FTP) du ’apport (essa IMPORTANT : la réaction sulfatique tion des matériaux sont effectivement
r ia u d e ur
maté n, ten
c a ra c térisatio igilance peut intervenir dans une grave non réalisés. En particulier, les teneurs en
de ev
tes). Un t requise traitée, les aluminates nécessaires à la sulfates et sulfures sont à analyser
en sulfa a ire es
ent IOM
supplém tilisation de M réaction provenant alors de la gangue avec attention. Se référer aux normes
d e l’ u lé s . de ciment qui entoure les granulats de existantes.
lors s recyc
ranulat
et de g recyclage (granulats issus d’un béton ori- • Mettre en œuvre des matériaux cor-
ginel concassé). respondant aux exigences des CCTP
en n’omettant pas le devoir de conseil
❖ Ouvrages contenant des MIOM en cas de doute.
L’utilisation de Mâchefers d’Incinération • Conserver la traçabilité des achats
d’Ordures Ménagères pouvant poten- de matériaux et de tout document
tiellement contenir une quantité impor- (CCTP, rapport d’essais) afin de préser-
tante de sulfures, de sulfates et d’alu- ver ses recours en cas de sinistre.
minates, peut s’avérer problématique • Faire procéder à des essais contra-
quand le lot n’a pas été aéré (lessivage) dictoires, suivant l’importance du
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La réaction sulfatique sur ouvrages de Travaux Publics
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chantier. Les essais de recherche des au maître d’ouvrage, la réalisation d’un


sulfates sont simples à réaliser, avec un essai de performance afin d’estimer le
Ce qu’il faut retenir
investissement minime (voir** rubrique à risque d’expansion. Des niveaux de pré-
consulter). vention et des précautions associées sont
• Utiliser des produits marqués CE et déterminables en fonction de la catégorie
bénéficiant si possible d’une certifica- de l’ouvrage et de la classe d’exposition
tion NF. de l’ouvrage (voir* rubrique à consulter).
3. Le maître d’ouvrage ou le maître Vérifier la teneur en aluminates (< 5 à 7 ec
aître av
d’œuvre doivent être alertés par l’entre- % conseillée selon le retour d’expérience) • Conn la sse
n la c é
prise sur une absence éventuelle de drai- et en alcalins du ciment utilisé. Il existe, précisio n (a gressivit
itio
nage, sur une venue d’eau intempestive le cas échéant, des liants routiers et des d’expos dans lequel
u)
(fuite) ou sur la présence d’une nappe ciments à faible teneur en aluminates du milie sera implanté
e
phréatique non répertoriée. Dans le (PM-ES, ciment au laitier ou aux cendres l’ouvrag hysico-
s e p
(analy
même sens, lors de la mise en œuvre, ne volantes) qui limitent les phénomènes de iq u e ).
chim
pas procéder à des ajouts d’eau intem- gonflement.
pestifs. 6. Si cela est possible et si les conditions
4. L’entreprise doit faire valider la compo- du marché le permettent, l’entreprise doit
sition du ciment demandé dans le CCTP. éviter, en accord avec la maîtrise d’ou-
En effet, de la classe d’environnement (ou vrage ou maîtrise d’œuvre, la réalisation
d’exposition) du milieu (agressivité) dans de pièces massives en béton afin de maî-
lequel l’ouvrage sera implanté découlera triser la température d’hydratation.
la composition du ciment à utiliser.
5. Dans le cas de chantiers prestigieux
ou importants avec bétons, demander
ut
erver to CTP,
• Cons (F T P,C
en t
docum es, rapport
nd
comma ermettant de
is )p urs en
d’essa s es reco
e r v e r
prés .
sinistre
cas de

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