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Le dépistage de la violence conjugale :

Une intervention infirmière

Le dépistage de la violence conjugale est une activité clinique qui fait partie de la pratique
professionnelle de l’infirmière et, par conséquent, du plan thérapeutique infirmier.

Il s’inscrit dans le cadre de l’évaluation de le situation de santé des personnes. Il fait appel au
jugement clinique de l’infirmière et, comme toute intervention dans ce domaine, doit s’appuyer sur
certains principes.

Principes sous-jacents à toute intervention de dépistage de la violence conjugale :

-Assurer la sécurité et la protection des personnes vivant une situation de violence conjugale et des
enfants qui y sont exposés ; rencontrer la personne seule.

-Respecter les choix , les décisions et l’autonomie des personnes ; prendre le temps nécessaire pour
établir un climat de confiance.

-Assurer la confidentialité

-Faire preuve de jugement clinique lors de toute intervention auprès des personnes victimes de
violence conjugale et des enfants qui vivant dans un tel contexte.

-Intervenir en interrelation avec les autres membres de l’équipe interdisciplinaire et en


complémentarité avec les autres ressources disponibles.

Le dépistage de la violence conjugale comprend quatre activités essentielles :

*L’évalution des facteurs de risque et des indices de violence conjugale

*L’évalation des risques pour la sécurité de la personne qui sont liés à la violence conjugale

*L’intervention immédiate

*La documentation
L’intervention immédiate :

L’infirmière qui soupçonne ou obtient la confirmation qu’une personne est victime de violence
conjugale doit intervenir pour répondre à ses besoins immédiats et assurer sa sécurité et celle de ses
enfants, s’il y a lieu. La nature des interventions vraie selon la gravité de la situation, les décisions
prises par la personne et les besoins qu’elle exprime. Dans toute situation, il est important que cette
dernière sache que ses décisions seront respectées et qu’elle pourra obtenir tout le soutien
nécessaire. L’intervention immédiate devrait comprendre les actions suivantes :

*Ecouter la personne, linciter à exprimer ses sentiments, à parler de sa situation, de ses projets
et lui faire comprendre qu’elle n’est pas responsable des comportements de violence de l’autre
personne ;

*Renseigner la personne sur la violence conjugale afin de lui faire prendre conscience de sa
situation ; par exemple, lui expliquer ce qu’est la violence conjugale, son escalade, ses effets sur la
santé et ses répercussions possibles sur les enfants. Lui donner l’information sociojudiciaire pour
qu’elle puisse prendre une décision et porter plainte. L’information doit aussi porter sur les
ressources disponibles et sur la façon d’y avoir accès ;

*Donner les soins et les traitements requis et assurer le confort de la personne ;

*Assurer la sécurité de la personne et, s’il y a lieu, celle des enfants, entre autres en souligant les
moments plus à risque(ex : au retour à la maison, pendant un incident de violence ou lors d’une
décision de quitter la maison) et enélaborant avec elle des scénarios de protection. Il importe aussi
de rappeler à la personne, voire de la convaincre, qu’elle peut porter plainte parce que la violence
conjugale est un crime contre la personne qui doit etre puni ;

*Assure le suivi nécessaire surtout si la personne décide de retourner vivre acec son partenaire.Il
est essentiel de garder la porte ouverte et, si possible, de prévoir des activités de suivi. Le réseau
social de la personne peut etre évalu afin de l’amener à briser son isolement et à trouver le soutien
dont elle a besion.

*Orienter la personne vers les ressources appropriées dans le milieu de la santé (services de santé
et services sociaux, équipes ou intervenantes spécialisées), de la justice(services policiers, avocats)
ou du milieu communautaire (maisons d’hébergement pour femmes en difficulté, centres de
femmes, groupes de soutien) et l’aider dans ses démarches immédiates, s’il ya lieu.

Quelques éléments d’un scénario de protection

-trouver une façon de quitter les lieux rapidement et un endroit pour etre en sécurité (voisins,
famille,amis) ; avoir un code pour alerter un voisin ou un proche.

-Prévoir des façons de se protéger en cas d’impossibilité de quitter la maison(éviter la cuisine, la salle
de bain, le garage, les pièces avec escaliers ou les chambres sans fenetre et les endroits ousont
rangées des armes).

-Montrer aux enfants comment aller chercher de l’aide.


-Avoir à la portée de la main sa carte d’assurance maladie, de l’argent ou une carte de crédit, les clés
de le voiture, la médication essentielle, s’il ya lieu, et une liste de numéros de téléphone utiles.

-Mémoriser le numéro de téléphone d’une maison d’hébergement.

-Quitter rapidement la maison si sa vie est menacée, ne rien apporter et aller à l’ndroit le plus près
pour obtenir de l’aide.
L’évalation des facteurs de risque et des indices de violence conjugale

L’infirmière peut détecter les personnes qui vivent dans un contexte de violence conjugale, en
portant attention aux facteurs de risque réels ou potentiels, aux blessures physiques, aux signes,aux
symptome et aux comportements qui y sont liés ainsi qu’aux probléme de santé ou aux malaises que
présente la personnequi la consulte. C’est son jugement clinique qui la guide dans l’évaluation de la
situation de santé de la personne.

Quelques facteurs de risque de violence conjugale

*Etat de vulnérabilité

*Consommation de drogues et d’alcool

*Séparation ou divorce récent ou prévu

*Grossesse

*Faible niveau de scolarité

*Statut socio-économique

*Antécédents familiaux de violence conjugale

*Antécédents personnels de violence conjugale

La détection précoce de la violence conjugale peut se faire au moyen d’un dépistage systématique ou
d’un dépistage visant uniquement les cas suspects et ce, à l’aide de divers outils.

Quelle que soit la méthode utilisée, il importe avant tout de procéder au dépistage et, à tout le
moins, de poser des questions directes, lorsqu’on a des raisons de croire ou de de soupçonner que la
personne est victime de violence conjugale ou qu’un enfant vit dans un tel contexte. Ilest reconnu
qu’une personne est plus susceptible de révéler l’existence de la violence si on l’interroge à ce sujet.

Exemples de questions à poser à la personne :

*Vous arrive-t-il de vivre des conflits avec votre partenaire ?

*Comment vous y prenez-vous pour régler ces conflits entre vous ?

*Qu’arrive-t-il quand vous ou votre partenaire etes en colère ?

*Y a-t-il des situations ou vous avez peur de votre partenaire ?

*Des personnes ont parfois des blessures comme la votre parce que quelu’un les a frappées.
Quelqu’un vous a-t-il frappée ?

Quelques indices de violence conjugale

Blessures physiques
*Traumatismes multiples, à divers stades de guérison, à la tete, au visage, au cou, à la gorge, aux
seins, au thorax, à l’abdomen ou au dos, souvent bilatéraux et concentrés dans des régions cachées
par des vetements ;

*liens douteux entre la description de l’incident et le type de blessure ;

*Délai de consultation inexpliqué

*Antécedents de blessures et d’accidents comportant des imprécisions ou des détails qui éveillent de
soupçons.

Problèmes de santé et malaises

*Problèmes somatiques : asthme, troubles , insomnie, fatigue ;

*Douleurs chroniques : cou, dos, région pelvienne, migraines ;

*Problème de santé physique : arthirte, infections transmissibles sexuellement, ulcère peptique,


syndrome du colon irritable ;

*Problèmes de santé mentale : peur, anxiété, sentiment d’insécurité, perte d’estime de


soi,dépression, stress, comportement suicidaire ;

*Consommation de médicaments, de drouges et d’alcool, problème liés à la grossesse(saignement,


fausse-couche, anémie, faible gain de poid).
L’évaluation des risque pour la sécurité de la personne

L’infirmière qui soupçonne ou obtient la confirmation qu’une personne est victime de violence
conjugale doit nécessairement déterminer la degré de dangerosité de la situation, afin d’assurer la
sécurité de cette personne et de prendre les mesures appropriées.Elle doit évaluer de façon
rigoureuse les risque encourus, notamment :

*Les risques d’homicide, car plus le nombre de facteurs de risqued’homicide est élévé, plus la
sécurité de la personne est menacée ;

*Le risque de suicide, car plusieurs indices de violence conjugale sont aussi des indices de risque
suicidaire ;

*Le risque pour la sécurité des enfants,car la violence conjugale entraine souvent la maltraitence des
enfants.

Risques liés à la violence conjugale

Risque d’homicide

*peur du partenaire et peur de retourner à la maison ;

*Blessures corporelles grave, housse de la fréquence et de la gravité des blessures ;

*Menaces de mort proférées par l’agresseur ou menaces avec une arme, en particulier une arme à
feu ;

*Présence etaccessibilité d’une arme dans la maison ;

*Séparation récente ou envisagée ;

*Consommation d’alcool ou de drouges.

Risque de suicide

*Antécédents de tentatives de suicide ;

*Désir exprimé de vouloir mettre fin à ses jours, scénario suicidaire ;

*Présence de signes tels que dépression, anxiété, agitation, comportements agressifs, abus de
médicaments, d’alcool ou de drouges ;

*Consommation de tranquillisants ou d’antidépresseures prescrits.

Risque pour la sécurité des enfants

*Maltraitance ou menace de battre ou de tuer les enfants ;

*Enlèvement ou menace d’enlèvement des enfants ;

*Blessures avec divers objets ;

*Abus sexuels sur les enfants ;


*Tentatives antérieures de protéger les enfants contre l’agresseur ;

*Perte de contrôle de la victime face aux enfants.