ENCYCLOPÉDIE MÉDICO-CHIRURGICALE 13-000-M-80

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Anatomie et histologie de la moelle osseuse
PA Bryon
R é s u m é. – L’anatomie et l’histologie de la moelle sont dominées par sa fonction essentielle : elle est le site de l’hématopoïèse depuis la fin de la vie fœtale. Chez l’enfant, la totalité de la moelle osseuse est hématopoïétique; mais durant l’enfance, il se produit une transformation adipeuse progressive de la moelle des os longs, de telle sorte que chez l’adulte la moelle hématopoïétique active est confinée dans le squelette central et dans les extrémités proximales du fémur et de l’humérus : même dans ces territoires hématopoïétiquement actifs, approximativement 50 % de la moelle est formée de graisse. La moelle adipeuse est capable d’une reconversion à l’hématopoïèse et dans de nombreuses maladies, il se produit aussi une expansion de l’hématopoïèse dans les os longs. L’hématopoïèse médullaire est extravasculaire : les cellules en cours de différenciation sont localisées en dehors des sinus de la moelle. Les cellules matures sont libérées en traversant la paroi des sinusoïdes pour gagner la microcirculation médullaire. La production régulée des cellules sanguines dépend des interactions entre les cellules souches progénitrices hématopoïétiques et les différents constituants du stroma médullaire. Bien que non évident sur les coupes histologiques, ce stroma forme un microenvironnement adapté à la croissance des cellules souches et à la différenciation hématopoïétique. Il est composé de cellules stromales (fibroblastes, adipocytes, ostéoblastes), d’un réseau microvasculaire (cellules endothéliales), et de leurs produits (matrice extracellulaire et facteurs de croissance hématopoïétiques). La cellule stromale fibroblastique exprime la fibronectine, le collagène de type III, mais non le facteur VIII et l’antigène épithélial membranaire (EMA) (marqueurs des cellules endothéliales). Les cellules stromales paraissent être d’origine mésenchymateuse se différenciant vers un type cellulaire proche des cellules musculaires lisses des parois vasculaires. Les molécules d’adhésion cellulaire jouent un rôle essentiel dans les interactions entre les cellules stromales et hématopoïétiques médullaires ainsi que dans le trafic cellulaire à travers l’endothélium : les molécules VCAM-1 (vascular cell adhesion molecule-1) et VLA-4 (very late antigen-4) sont impliquées dans la régulation du trafic cellulaire entre la moelle et le courant sanguin. La caractérisation de la structure histologique du stroma médullaire peut être intéressante dans la compréhension de différentes hémopathies.

Introduction
La moelle osseuse, malgré sa dispersion anatomique, présente une unité d’organisation justifiant la réunion des territoires intraosseux multiples sans lien de continuité en un même organe hématopoïétique. Cet organe assure la différenciation des cellules sanguines grâce aux particularités de sa vascularisation et à sa richesse en cellules stromales, cellules mésenchymateuses stimulant l’hématopoïèse. Les connaissances sur l’histophysiologie de la moelle osseuse ont été renouvelées par les cultures à long terme de cellules souches hématopoïétiques et par l’identification de nombreux facteurs de croissance et de molécules d’adhésion cellulaire permettant de mieux comprendre les interactions entre les cellules hématopoïétiques et les cellules du stroma médullaire. Peu évident sur les frottis de myélogramme et les coupes histologiques de moelle osseuse, le

stroma est pourtant la structure essentielle de l’hématopoïèse : hautement organisé, il forme les niches adhésives pour le logement et la survie à long terme, la prolifération et la différenciation des cellules souches hématopoïétiques. L’exploration anatomique de la moelle a été renouvelée par les progrès des scintigraphies et surtout de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’analyse histologique est actuellement perfectionnée par l’essor de l’immunohistologie avec la disponibilité de nombreux anticorps monoclonaux utiles en hématologie.

Développement embryonnaire et fœtal
L’hématopoïèse fœtale chez l’homme est caractérisée par plusieurs stades (fig 1). Le stade primitif mésodermique, durant les 5 premières semaines de la gestation, correspond à la différenciation au sein du tissu conjonctif embryonnaire des îlots sanguins primitifs de Wolf et Pander, foyers de différenciation intravasculaire érythroblastique apparaissant à partir du 16e jour dans le sac vitellin, puis du 22e jour dans le mésoblaste. Le stade hépatosplénique s’étend du troisième au sixième mois fœtal. Des îlots hématopoïétiques périvasculaires, apparus progressivement depuis la sixième semaine dans le foie, et plus accessoirement dans la rate, produisent des érythroblastes de taille plus réduite que celle des cellules primitives. Les

© Elsevier, Paris

Paul-André Bryon : Professeur des Universités, praticien hospitalier, laboratoire d’hématologie, pavillon E bis, hôpital Édouard Herriot, place d’Arsonval, 69 437 Lyon cedex 08, France. Toute référence à cet article doit porter la mention : Bryon PA. Anatomie et histologie de la moelle osseuse. Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris), Hématologie, 13-000-M-80, 1998, 10 p.

L’hématopoïèse médullaire deviendra prépondérante à partir du sixième mois. Le stade médullaire commence vers le quatrième mois fœtal.0 6. Cette involution est centripète. de la crête tibiale ou des apophyses épineuses chez l’enfant.0 2. À la naissance. extrémités supérieures du fémur et de l’humérus. soit 3 390 g pour un adulte de 65 kg (la moelle rouge correspondant à la moitié. avec mesure du poids de la moelle par immersion des pièces osseuses dans l’eau. Cependant. côtes. débutant dans les extrémités des membres et s’accentuant à partir de l’âge de 7 ans (fig 2). Les données quantitatives absolues sont beaucoup plus difficiles à obtenir. de la topographie des pièces osseuses et de la pathologie. est rouge et active. Ainsi. À l’aide d’une telle méthode. en valeur relative. il existe une involution adipeuse progressive.3 × 109 8. la moelle de la totalité des cavités osseuses.6 × 109 15 × 106 1 Principaux stades de l’hématopoïèse au cours du développement embryonnaire. des variations de volume du contenant osseux. Custer. Une mesure isotopique pratique de la cellularité médullaire en clinique humaine a été faite en mettant en relation le turnover des cellules du sang circulant et de la moelle. car les espaces médullaires chez le nouveau-né sont réduits en raison de l’abondance du cartilage et de l’épaisseur des travées de l’os spongieux. avec un volume de 6. la lignée granuleuse neutrophile représente en moyenne 38 % des cellules médullaires.8 dans les page 2 aplasies médullaires. il monte à presque 50 % vers la fin du premier mois. granulocytes. exprimant le pourcentage ou le nombre de cellules par millilitre.6 7. dans les os longs du fœtus humain. liée à un accroissement trop important du volume des cavités osseuses par rapport à celui des cellules de la moelle hématopoïétique.0 Production (cellules/kg/j) 3. Données topographiques La richesse médullaire varie avec l’âge et avec la topographie osseuse.13-000-M-80 ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE Hématologie Tableau I. des séquences analogues apparaissent dans les régions endostales [24]. avec une proportion moyenne ou faible de cellules adipeuses. celles-ci sont prépondérantes dans la moelle jaune inactive. la lignée éosinophile 3. Cette involution adipeuse peut être appréciée par des méthodes histologiques quantitatives. Les méthodes isotopiques (après injection de radiofer et comptage de la radioactivité dans un échantillon médullaire) évaluent plus précisément le nombre de cellules nucléées : 2. Types cellulaires Série rouge Érythroblastes Réticulocytes Série granuleuse Pool prolifératif Pool postmitotique Mégacaryocytes Nombre (cellules/kg) 5. on peut noter une décroissance du compartiment cellulaire et une augmentation du compartiment adipeux de la moelle avec l’âge (fig 3) [6]. la moelle hématopoïétique n’est présente que dans certains os seulement : vertèbres. A B Corrélations entre le volume adipeux médullaire (exprimé en pourcentage du volume médullaire total). soit un volume moyen total de 500 mL pour les trois lignées myéloïdes (érythroblastes. En effet. granulocytes et les mégacaryocytes paraissent encore peu nombreux. expliquent la difficulté d’appréciation de la richesse médullaire en pathologie.0 × 109 0. Dans les os plats. qui est plus marquée à la partie centrale des os. – Cellularité et temps de transit des principales lignées cellulaires dans la moelle (d’après [14]). besoins de l’organisme. la cellularité myéloïde. en 1926.0 × 109 3. maladies hématologiques). réticulocytes.5 %.85 × 109 0.1 x 109 cellules par kilogramme de poids total. a calculé le volume de la moelle comme variant de 1 320 à 4 192 mL et Pegg la cellularité totale moyenne de la moelle : 8. 3 Données quantitatives Les données quantitatives relatives. ajoutés à la grande dispersion de la moelle.8 5. soumise à de nombreux facteurs de variations (âge. le début de l’ossification et la pénétration des ébauches osseuses par les axes vasculoconjonctifs : à leur contact. Entre ces deux extrêmes.8 mL/kg. en 1932. Ces facteurs. Les plasmocytes représentent moins de 2 % des cellules médullaires.2 × 109 2. os iliaque. À partir des ces résultats. par la dissection de 13 cadavres. il apparaît une involution adipeuse de nombreux territoires médullaires. avec la résorption du cartilage. La part de l’hématopoïèse splénique reste réduite par rapport à celle du foie. À chacun de ces stades. il existe tous les intermédiaires en fonction de l’âge. son développement autour des vaisseaux artériels centraux de l’os est secondaire à la constitution d’un réseau local de cellules stromales médullaires qui paraissent venir de l’adventice des artères [15]. os du crâne. La distribution topographique de la moelle . sternum. 2 Variations de la quantité de moelle rouge dans les diverses pièces osseuses en fonction de l’âge. Il y a de 5 000 à 20 000 cellules nucléées par millilitre chez le sujet normal. cellules granuleuses et mégacaryocytes. Cette involution adipeuse s’explique en partie par une augmentation du volume des espaces médullaires avec le vieillissement du fait de la diminution du volume osseux (fig 4) : elle est particulièrement marquée dans les ostéoporoses. puis des érythroblastes et des mégacaryocytes. Chez l’adulte. même dans les os où l’hématopoïèse est active. Mechanik. l’âge et le volume de l’os spongieux (d’après Courpron). Données macroscopiques. se différencient d’abord les granulocytes. puis descend progressivement pendant les 2 premières années pour atteindre un taux moyen de 16 %. dépend aussi. la cellularité médullaire totale est multipliée en moyenne par 1. soit 1 690 g). D’après cette méthode. a trouvé que la moelle représente en moyenne 4.0 × 106 5. et jusqu’à l’âge de 4 ans.7 dans les polyglobulies primitives de Vaquez et divisée par 2.1 × 109 Temps de transit (j) 5. dans la moelle osseuse humaine (tableau I) [14]. sont obtenues chez l’homme grâce à la ponction du sternum ou de la crête iliaque chez l’adulte. mesurant le pourcentage de volume occupé par les adipocytes par rapport au tissu médullaire total dans une pièce osseuse donnée. précisant la quantité totale des érythroblastes. mégacaryocytes).85 × 109 2. Le pourcentage des lymphocytes varie avec l’âge : de l’ordre de 12 % le premier jour de la vie.1 x 10 9 /kg de poids selon Skarberg. sacrum. Chez l’adulte. l’hématopoïèse se développe secondairement à l’apparition préalable de cellules stromales et de cellules souches hématopoïétiques.6 % du poids du corps. Après 4 ans. à l’exception des phalanges terminales. la lignée érythroblastique 22 %. quantitatives et topographiques Données macroscopiques L’aspect macroscopique de la moelle est variable : la moelle rouge active est riche en cellules myéloïdes et en vaisseaux sanguins.

Les macrophages apparaissent nécessaires à la maturation des cellules hématopoïétiques. Réseau vasculaire médullaire La vascularisation est l’élément central de la microstructure médullaire. Elle a précisé les variations morphologiques avec l’âge de la moelle des vertèbres [56. au contact des travées de l’os spongieux. l’hématopoïèse est un processus dynamique avec des interactions complexes entre les cellules hématopoïétiques et les cellules du stroma. amas cellulaires cohésifs correspondant chacun à un groupe de cellules hématopoïétiques en cours de différenciation. la moelle hématopoïétique humaine est distribuée de manière plus évidemment hétérogène. 2. les sinusoïdes assurant leur fonction. sinus central. Ces méthodes permettent de suivre l’extension de la moelle active dans les cas de besoins accrus (hémorragies. capables de transmettre la sensation de douleur lors de l’aspiration du myélogramme. arbre sinusoïdal . 5. 1. et irriguées par un réseau anastomotique de capillaires sinusoïdes et structurées par un réseau de cellules fibroblastiques. 1. corticale . réseau sinusoïdal . Les lymphatiques sont absents dans la moelle. Elle permet donc de préciser la topographie de la moelle active et la chronologie de la conversion de la moelle rouge en moelle jaune avec la croissance. Ainsi. du pelvis [10]. L’IRM a servi ainsi à démontrer que la conversion de la moelle rouge en moelle jaune survient dans les os de la face avant ceux du crâne [60]. travée osseuse. hématopoïétique peut être également appréciée par des méthodes isotopiques : scintigraphies après marquage des érythroblastes (fer ou indium) ou des macrophages médullaires par des colloïdes radioactifs (technétium) ou comptages externes. artériole médullaire . en particulier sur les globules rouges (fig 8). Dans chacune de ces logettes. centrées sur un groupe de sinusoïdes anastomosés. du sacrum [13]. 6 Représentation très schématique de l’unité structurelle élémentaire médullaire: cellules hématopoïétiques en cours de différenciation autour du même bouquet de sinusoïdes contournés anastomosés. Capillaires périostés . satellites des plus gros sinus. Macrophages médullaires et îlots érythroblastiques Les macrophages. Ces capillaires sont fréquemment anastomosés dans la région de l’endoste avec des capillaires issus du réseau périosté et traversant obliquement la corticale par les canaux de Havers. hémolyses) et dans les syndromes myéloprolifératifs. 3. avec fréquemment des hématies en voie de lyse. 26]. cavités médullaires. Le réseau vasculaire médullaire a surtout été étudié par injection vasculaire avec microradiographie des os longs des rongeurs : les observations ne sont que partiellement transposables aux os hématopoïétiques spongieux de l’homme. 7. sinus contourné . Abondants. Unité structurelle élémentaire hématopoïétique . 5 Microvascularisation médullaire : remarquer l’« arbre sinusoïdal » formé par un bouquet de sinusoïdes contournés anastomosés. structurées par un réseau de cellules stromales et disposées de manière adjacente. et sa réduction en cas d’aplasie. du fémur [72]. prolongées par des capillaires le plus souvent situés dans la corticale osseuse et qui se transforment en sinusoïdes lorsqu’ils pénètrent à nouveau dans la moelle. 2. À 80 ans. page 3 Unité structurelle médullaire La moelle hématopoïétique peut être interprétée comme la juxtaposition d’unités élémentaires. ils phagocytent les noyaux expulsés par les érythroblastes matures et ils peuvent envoyer des prolongements traversant l’endothélium émergeant dans la lumière des sinus pour exercer une action phagocytaire. 6. 4. 63]. une partie du sang artériel irriguant la moelle a préalablement irrigué l’os. sinus droit . artère afférente . Chaque bouquet de sinusoïdes contournés se jetant dans le même segment de sinusoïde droit est le lieu privilégié des migrations cellulaires transendothéliales (fig 5). Le réseau vasculaire médullaire est doublé d’un réseau nerveux périvasculaire avec des fibres myélinisées et non myélinisées vasomotrices. du genou [64]. entre artère et sinus veineux. l’organe médullaire apparaît composé d’unités élémentaires : chaque unité correspond au groupe de cellules descendant d’une ou plusieurs cellules souches totipotentes. du sternum [78]. B. sous la même dépendance de facteurs de croissance diffusés localement et agissant sur les cellules de l’environnement immédiat par paracrinie. et la libération des cellules matures [45]. 1. autour d’une artériole et entourées par des sinus (fig 6) [42]. sinus veineux médullaire . Ils sont comparables à ceux des autres organes hématopoïétiques : leur cytoplasme est riche en lysosomes primaires et en enclaves phagocytaires. Ils phagocytent les cellules hématopoïétiques avortées et apoptotiques. Les artères nourricières de l’os donnent des ramifications centrales. la masse osseuse est développée. au contact d’un réseau de cellules stromales. d’où une architecture histologique en damiers par juxtaposition de zones hématopoïétiques actives et de zones peu actives accentuant la microstructure discontinue médullaire. Structure de la moelle hématopoïétique L’hématopoïèse médullaire est localisée dans des logettes extravasculaires. Ainsi. en cordons. À 20 ans. Ces unités structurelles élémentaires restent plus difficiles à mettre en évidence sur les coupes histologiques. L’IRM permet aussi l’évaluation de la moelle inactive adipeuse par rapport à la moelle active rouge grâce à l’étude de la conversion adipeuse de certaines pièces osseuses avec l’âge (rapport graisse/eau). la raréfaction osseuse entraîne une augmentation du contenant osseux responsable de la dilution adipeuse de la moelle. adhérant à un même réseau de cellules de soutien situé autour du même réseau de capillaires sinusoïdes anastomosés. A. Os cortical et spongieux . 3. bien que faisant partie des cellules du microenvironnement médullaire. grains. mais l’analyse morphométrique de coupes de biopsies médullaires montre que la moelle hématopoïétique humaine a une structure de type fractal. et non de la cellule souche stromale. la taille de chaque unité structurelle élémentaire étant déterminée par la dimension de l’espace de diffusion locale des facteurs de croissance nécessaires à l’hématopoïèse [41]. Dans certaines situations pathologiques. partiellement délimitées par les adipocytes et les travées de l’os spongieux. situées en dehors et à proximité des vaisseaux. 5. 2. adhérant à un réseau de cellules du tissu de soutien [2]. puis dans les sinus centraux et dans les veines émergeant de l’os. Les ponctions-aspirations de la moelle osseuse hématopoïétique humaine (myélogrammes) montrent ces unités élémentaires sous forme de .Les sinusoïdes qui prolongent les capillaires (diamètres de 50-75 µm) sont d’abord contournés et présentent de multiples divisions et anastomoses. 4.Hématologie ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE 13-000-M-80 A 4 B Schéma illustrant l’augmentation du volume des cavités osseuses médullaires en fonction du vieillissement. les cavités sont donc relativement moins grandes qu’à 80 ans. puis des artérioles dirigées vers la périphérie des cavités osseuses. en particulier érythroblastiques et lymphoïdes [3. des amas de ferritine ou d’hémosidérine (fig 7). Ils sont collectés dans les sinusoïdes droits. souvent disposés à proximité des sinusoïdes en position adventicielle. permettant le passage des substances stimulantes et de cellules souches. dérivent de la cellule souche hématopoïétique.

En pathologie humaine. Lumière du sinusoïde . hématie phagocytée . au contact des adipocytes et des autres cellules du stroma médullaire.13-000-M-80 ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE Hématologie 9 A. 2. 5. endothélium . appareil de Golgi . 3. 69. Dans la moelle osseuse humaine normale. 7 Compartiment prolifératif myéloïde endostal et périendothélial Les régions endostales. 4. Compartiments histologiques médullaires Les cellules myéloïdes sont juxtaposées dans les territoires extravasculaires situés entre les vaisseaux et l’endoste. les localisations médullaires des lymphomes malins et des syndromes lymphoprolifératifs s’effectuent préférentiellement dans certains de ces compartiments : juxtatrabéculaire. 4. . présence d’une petite artériole centrale excentrique. macrophage. les cellules des diverses lignées hématopoïétiques ne sont pas tout à fait mélangées au hasard : suivant leur type. Les cellules réticulaires adventitielles des sinusoïdes stimulent aussi l’hématopoïèse. promyélocytes) dans des zones éloignées des capillaires sinusoïdaux et de l’endoste. et en particulier à l’énucléation du noyau. 1. En pathologie humaine. B. L’interaction entre le macrophage et les cellules érythroblastiques peut commencer dès le stade de progéniteur érythroïde CFU-E (erythroid-colony forming unit) et BFU-E (erythroid-burst forming unit). prédominance de petits lymphocytes avec de rares mastocytes et plasmocytes. Au cours des régénérations médullaires. les cellules prolifératives sont donc préférentiellement localisées non seulement dans les régions proches de l’endoste. interstitiel. Localisation anormale centromédullaire dans les syndromes myélodysplasiques. Localisation normale des précurseurs myéloïdes immatures au contact de l’endothélium et de l’endoste . Chez la souris. hématies digérées . enfin concentration dans la lumière de certains sinusoïdes [26] (fig 10). puis localisation au contact des macrophages phagocytant les cellules lymphoïdes apoptotiques. 1. on observe aussi un compartiment lymphoïde périartériolaire sous forme de nodules lymphoïdes de morphologie assez constante : diamètre moyen de 300 nm. par envahissement des zones d’hématopoïèse myéloïde. en cellules souches et en cellules stromales stimulant l’hématopoïèse [24] . 3. matériel interstitiel argyrophile. La mise en évidence immunohistologique des cellules souches CD34+ et des cellules proliférantes à l’aide des anticorps Ki-67 ou anti-PCNA (proliferating cell-nuclear antigen) (PC10) [7. B Différences morphologiques ultrastructurales entre un macrophage (A) et une cellule réticulaire fibroblastique (B). page 4 L’hématopoïèse lymphoïde peut aussi se distribuer sous forme de compartiments. L’adhésion des érythroblastes au macrophage stimule la prolifération des érythroblastes et paraît nécessaire à la terminaison de la maturation érythrocytaire. juxtatrabéculaires. formée par un macrophage entouré d’érythroblastes à divers stades de maturation. 9] . phagolysosomes . 2. et de même les cellules endothéliales stimulent l’hématopoïèse en synthétisant des facteurs de croissance capables d’entretenir la granulopoïèse et la mégacaryocytopoïèse [47] . la régénération du tissu stromal se développe à partir des zones endostales et précède la réapparition des cellules hématopoïétiques. alors que les autres zones médullaires correspondent plutôt à un compartiment de maturation. On a suspecté dans cette interaction diverses molécules : – la fibronectine [3. elles ont des liens de proximité avec certaines structures médullaires. 3. Les anticorps monoclonaux contre VLA-4 et contre VCAM-1 dissocient les îlots érythroblastiques cultivés en présence d’érythropoïétine : ces intégrines paraissent donc jouer un rôle dans la formation des îlots érythroblastiques [52]. – une protéine de 30 kDa isolée à partir de la membrane cytoplasmique des macrophages et des érythroblastes [20] . 8 Phagocytose des globules rouges dans un sinusoïde médullaire par projection intraluminale d’une expansion d’un macrophage. et correspondant normalement à des zones de maturation dépourvues de cellules immatures [70] (fig 9). l’étude de la lymphopoïèse B in situ après injection intraveineuse d’un anticorps anti-B permet de reconnaître une distribution en plusieurs compartiments : amas de précurseurs lymphoïdes B à proximité de l’endoste en association étroite avec les prolongements des cellules réticulaires stromales. dans les syndromes myélodysplasiques. Après ablation mécanique de la moelle par curetage chez l’animal. nodulaire. capillaire . au contact de l’endoste des travées de l’os spongieux (fréquemment observé pour les localisations médullaires des lymphomes folliculaires). Compartiments lymphoïdes Les macrophages médullaires ont des rapports privilégiés avec les érythroblastes : l’îlot érythroblastique est une structure remarquable de la moelle osseuse. une lésion décrite sous le nom d’ALIP (abnormal localization of immature precursors) correspond à la localisation inhabituelle de précurseurs en foyers de plusieurs cellules (myéloblastes. ergastoplasme . 2. 76] permet de mieux repérer les compartiments prolifératifs myéloïdes médullaires. adhérant très fortement à lui. 1. intravasculaire à l’intérieur des lumières des vaisseaux sanguins (fig 11). l’alpha-intégrine VLA-4. mais non par les réticulocytes et les globules rouges. 1. est exprimé par les érythroblastes. réalisant des amas plus ou moins volumineux de cellules lymphoïdes. squelette de fibres argyrophiles plus marqué que celui de la moelle adjacente. travée osseuse. Sur les coupes histologiques de moelle osseuse. 5. – la molécule VCAM-1 dont le récepteur homologue. Lysosomes primaires . Les ostéoblastes des surfaces endostales stimulent la prolifération des progéniteurs hématopoïétiques [65]. apparaissent plus riches que la moelle centrale des os en précurseurs hématopoïétiques. mais aussi dans celles proches de l’endothélium.

grâce à leurs caractéristiques morphologiques et moléculaires. la fibronectine. macrophage . à la prolifération et à la maturation des cellules hématopoïétiques. a été très étudiée : les cellules stromales régulent l’hématopoïèse soit en réagissant directement (contacts de cellule à cellule) avec les cellules hématopoïétiques. endoste . cellules adventitielles. désignées par des appellations diverses (fibroblastes. une réduction de l’expression des molécules d’adhérence cellulaire (VCAM-1) pourrait être responsable du trouble de la lymphopoïèse et du retard dans la reconstitution d’une fonction immunitaire correcte [12]. 4. Dans le tissu myéloïde de la souris. Elles expriment aussi des molécules de la matrice extracellulaire comme la laminine. ostéoblastes. les récepteurs d’adhésion de surface de la membrane cellulaire comme les bêta-1 intégrines VLA-1 et VLA-5. ou le génotype. 5. 10. soit en sécrétant des molécules régulatrices qui modulent l’hématopoïèse de manière positive ou négative. cellules interstitielles médullaires. paratrabéculaires. localisation intravasculaire. Les cellules du stroma. 1. au réseau de cellules stromales médullaires. La greffe de cellules souches allogéniques chez l’homme ne s’accompagne pas de greffe du composant fibroblastique du stroma médullaire [50]. myofibroblastes. à l’inverse des lignées hématopoïétiques qui proviennent du donneur [53]. cellules pré-B . Les intégrines de type alpha-4 bêta-1 et les molécules d’adhésion vasculaire de type 1. Os . cellule stromale fibroblastique . les fibroblastes ne dérivent pas des cellules du clone myéloïde [73]. VCAM-1 : vascular cell adhesion molecule-1 . fibronectine. localisations paratrabéculaires . La molécule endoglin peut être utilisée par les proérythroblastes (à l’exclusion d’autres cellules de l’hématopoïèse) pour une interaction avec les intégrines des cellules stromales. Ces cellules. 7. a. ne sont pas facilement observables sur les coupes histologiques de la moelle normale [51]. Au cours des myélofibroses associées aux hémopathies myéloïdes. Il est toujours bien confirmé que le caryotype. Elles sont dépourvues d’antigènes hématopoïétiques et n’expriment pas les antigènes macrophagiques. cellules souches . Il s’y associe des molécules de la matrice extracellulaire (collagène. etc) sont allongées. capables de reconstituer toutes les lignées hématologiques chez un hôte irradié. et avec les progéniteurs plus différenciés de chaque lignée. formant la trame sur laquelle adhèrent les cellules hématopoïétiques [8]. avec des prolongements cytoplasmiques de faible épaisseur seulement observables avec des techniques spéciales. ou sur frottis de moelle et de mieux préciser leur morphologie : leur noyau est ovale. s’insinuant entre les cellules hématopoïétiques avec un réticulum granulaire assez développé. etc). Diverses molécules contractiles les caractérisent : actine alphaSM. b. cellules réticulaires stromales. jouent un rôle important dans les interactions entre les cellules stromales et les cellules hématopoïétiques. Les immunomarquages à l’aide d’anticorps monoclonaux dirigés contre le récepteur du facteur de croissance nerveuse (nerve growth factor receptor) permettent de marquer ces cellules. détruisant les cellules hématopoïétiques [25]. Le nombre de ces cellules augmente après irradiation. c. Des cellules actine positives sont observées sur les coupes page 5 Stroma ou tissu de soutien médullaire Caractéristiques communes des cellules stromales Les cellules stromales délimitant et structurant les logettes hématopoïétiques sont de plusieurs types : cellules réticulaires fibroblastiques. 8. 2. Elles sont dotées d’un système de microfilaments contractiles de 6 à 9 nm de diamètre visibles en microscopie électronique. etc. Les anticorps dirigés contre VLA-4 et VCAM-1 inhibent l’interaction entre les cellules blastiques formant des colonies in vitro et les cellules du stroma [43]. 12 Les cellules stromales médullaires (1) adhèrent aux cellules hématopoïétiques (2) par l’intermédiaire des molécules VCAM-1 (3) (sur les cellules stromales) et VLA-4 (4) (sur les cellules hématopoïétiques) (en partie d’après [25]). d. cellules B matures . myéloïdes et lymphoïdes. adipocytes. en particulier de l’intima artérielle sousendothéliale [40]. Cellules réticulaires fibroblastiques de la moelle hématopoïétique Les fibroblastes médullaires. Des modifications des intégrines à la surface des cellules stromales médullaires peuvent expliquer certaines anomalies de l’hématopoïèse : à la suite des transplantations de moelle osseuse chez l’homme. Les pathologies hématologiques myéloïdes humaines permettent d’illustrer la différence d’origine entre les cellules hématopoïétiques et stromales médullaires. chaînes lourdes de myosine musculaire lisse. et les récepteurs homologues VLA-4 jouent un rôle dans l’adhérence des cellules hématopoïétiques. du glycogène et des microfibrilles (fig 7). VLA-4 : very late antigen-4. Finalement. les protéoglycanes [51]. laminine. les cellules stromales VCAM-1 positives forment des amas irréguliers plus abondants dans les régions subostéales. en plus de leur rôle dans l’hématopoïèse. localisation interstitielle . 3. sur coupes à congélation ou en paraffine. artère. À la différence des cellules endothéliales. bien que jouant un rôle majeur dans l’hématopoïèse. 11 Principaux types architecturaux des localisations médullaires des lymphomes malins. et des cytokines ancrées sur les membranes cellulaires et la matrice extracellulaire [39] . elles n’expriment pas le facteur VIII ni aucun autre marqueur endothélial. 6. Des jonctions cellulaires de type gap junction ont été observées entre leurs prolongements cellulaires. Elles dérivent d’une cellule souche différente de la cellule souche totipotente hématopoïétique. Localisations nodulaires . longeant la face non luminale des cellules endothéliales (fig 13). sont aussi responsables de l’adipogenèse médullaire et de l’ostéogenèse. capillaires . ce qui les apparente aux cellules musculaires lisses. sinusoïde . Les molécules VLA-4 et VLA-5 des cellules hématopoïétiques peuvent aussi reconnaître la fibronectine des cellules stromales. L’interaction des cellules stromales avec les progéniteurs hématopoïétiques les plus primitifs. Elles expriment aussi la molécule CD44 (récepteur des hyaluronates).Hématologie ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE 13-000-M-80 10 Sites de maturation médullaire des lymphocytes B (en partie d’après [26]). protéoglycanes. où les cellules hématopoïétiques blastiques apparaissent VLA-4 positives (fig 12). Certaines cellules réticulaires fibroblastiques médullaires présentent une différenciation musculaire lisse. elles forment un réseau à mailles larges de cellules connectées procurant les cytokines et les protéines de la matrice extracellulaire nécessaires à la production. leur cytoplasme est peu abondant avec de longs dendrites s’insinuant entre les cellules hématopoïétiques. Les processus de multiplication et de différenciation cellulaires exigés par l’hématopoïèse nécessitent un contact étroit entre les cellules du tissu de soutien et les cellules souches hématopoïétiques. cellules endothéliales. 9. La microscopie électronique les met en évidence sous forme de bandes cytoplasmiques rubanées et étroites. Les molécules d’adhérence . des fibroblastes médullaires des sujets receveurs de greffe de moelle allogénique est celui du receveur. VCAM-1 sur les cellules stromales.

ainsi que de l’apparition d’une activité enzymatique de type lipoprotéine lipase [16]. ces structures de remplissage permettent à la moelle de s’adapter aux besoins : leur apparition est rapide lorsque l’activité hématopoïétique diminue. cellule endothéliale . Il existe des différences entre les adipocytes de la moelle et ceux du reste de l’organisme (graisse périrénale par exemple) : les adipocytes médullaires sont plus petits et plus riches en acides gras insaturés. La transformation adipeuse est un processus de maturation qui s’accompagne de l’accumulation de lipides. cellule endothéliale . G-CSF (granulocyte-colony stimulating factor). 74]. ce qui indique une moindre fonction de réserve lipidique. les corps de Weibel-Palade montrés par la microscopie électronique. polynucléaire . 4. microvillosité. 3. Les cellules réticulaires fibroblastiques adventitielles forment une couche plus externe très discontinue. 2. ligand de c-kit (stem cell factor). 2. avec un recouvrement partiel sans ménager d’orifice intercellulaire [67](fig 14. noyaux . zones d’amincissement localisées du cytoplasme endothélial. 66]. microvésicule . L’endothélium est traversé par les cellules souches hématopoïétiques passant du sang dans les niches d’hématopoïèse extravasculaire (homing) et par les cellules sanguines matures passant sélectivement de la moelle dans le sang (diabase) par des orifices transendothéliaux faisant communiquer les territoires extravasculaires et la lumière du vaisseau [45. réticulocyte . cellules réticulaires fibroblastiques adventitielles . BMA120 [36. l’ouverture maximale (1. En cas d’hyperplasie myéloïde. de triglycérides et d’esters de cholestérol. 3. La basale des sinus n’a pas la structure d’une basale normale : discontinue (souvent absente sur de larges surfaces de l’endothélium). diabase et « homing » Une fois l’ouverture constituée. 4. le diamètre de l’orifice atteint son maximum (2. VCAM-1. 4. Des fenêtres à diaphragme peuvent représenter une ébauche d’orifice transendothélial. selectine E. Elles sont plus facilement observables sur les coupes en paraffine que les cellules réticulaires fibroblastiques : les anticorps antifacteur VIII. elle a l’aspect d’une condensation irrégulière d’aspect floconneux. 15 Schéma d’une paroi d’un sinusoïde médullaire telle que la montre la microscopie électronique. la proportion de surface de l’endothélium couverte par les cellules adventitielles baisse rapidement de 65 à 24 % après une injection d’endotoxine. en particulier du point de vue du pourcentage d’acides gras insaturés. provoquant une sécrétion de facteurs de croissance granulocytaires et une hyperleucocytose rapide .5 nm environ de l’extrémité de la cellule endothéliale) [33. des cellules bordant l’endoste. 7. et à l’inverse leur résorption est rapide lorsque la cellularité myéloïde augmente. Elles expriment aussi les molécules ICAM-1 (intercellular adhesion molecule). facilitent leur identification sur les coupes en paraffine de moelle humaine. ou anti-CD31. 7. Basale . BNH9. collagène-réticuline . adipocyte . Chez le rat. 14 Adipocytes Inversement proportionnelles à la cellularité myéloïde. et s’accompagne d’une diminution de la sécrétion de M-CSF (macrophage-colony stimulating factor) par les cellules stromales [71] . 5. Endothélium et barrière médullosanguine Cellules endothéliales Les cellules endothéliales des capillaires sinusoïdes médullaires régulent le trafic des cellules souches et progénitrices hématopoïétiques et la sortie des cellules sanguines matures. Les orifices de migration sont situés dans une zone particulière du cytoplasme endothélial. 1. GM-CSF (granulocyte macrophage-colony stimulating factor) [46]. la méthylisobutylxanthine. 1. L’absence de basale continue et la dispersion des cellules adventitielles favorisent le passage des cellules myéloïdes matures de la moelle vers le sang. La basale n’est pas continue. excepté dans les régions périnucléaires où le cytoplasme plus volumineux est riche en organites (appareil de Golgi) et fait saillie dans la lumière du sinusoïde [66]. cellule réticulaire fibroblastique médullaire. La différenciation des adipocytes médullaires a surtout été étudiée grâce aux lignées de cellules stromales : les adipocytes médullaires dérivent de préadipocytes. 15 Coupe transversale d’un sinusoïde médullaire : un polynucléaire et un réticulocyte traversent la paroi par des orifices dans le cytoplasme des cellules endothéliales. Les cellules endothéliales de la moelle osseuse humaine sont aussi marquées par la lectine Ulex europaeus agglutinine-1 (UEA-1) [37]. 45. des cellules adventitielles des sinus. fenêtre à diaphragme . Pour les polynucléaires. 1. la surface recouverte passe de 30 à 3 % [20]. facteur de croissance d’origine stromale médullaire stimulant l’hématopoïèse [29]. La composition en acides gras des adipocytes varie avec les lignées étudiées. Ainsi isolées. 37. Elle est stimulée par l’hydrocortisone. 15). couramment utilisés en immunohistologie. non fibrillaire. mince de 2 à 3 nm d’épaisseur. travée osseuse .3 nm en moyenne) lorsque le deuxième tiers de la cellule le traverse . Elles n’expriment pas la glycoprotéine endoglin. Migration transendothéliale. l’indométacine et l’insuline. elles sont étudiables plus facilement que in situ : elles restent positives en immunofluorescence page 6 pour le facteur Willebrand et conservent leur marqueur cytoplasmique morphologique caractéristique. membrane basale . suggérant une hétérogénéité des préadipocytes médullaires. variété de cellule stromale ayant une morphologie de fibroblaste. Elles contribuent aussi à la stimulation de l’hématopoïèse par l’élaboration de facteur de croissance : IL6. 55]. 2. 6. Elles expriment la molécule CD34. cellule endothéliale . Cellule adventitielle . jonction de deux cellules endothéliales . Sinusoïde . de biopsie médullaire chez l’homme : ce sont surtout des cellules péricytaires des capillaires. Elles sont étroitement jointives à leurs extrémités.6 nm en moyenne) est atteinte lors du passage du premier tiers du globule rouge. elle garde un diamètre bien inférieur à celui de la cellule qui migre. à la différence de l’endothélium vasculaire de tous les autres tissus [18]. Ces différences . Elles sont isolables et cultivables à partir d’aspirations de moelle osseuse humaine après sélection positive utilisant en particulier la lectine UEA-1. 3. L’inhibition de l’adipogenèse et la stimulation de la lipolyse en culture avec réduction du nombre des adipocytes sont obtenues par l’action de l’interleukine (IL)1-bêta [11] ou de l’IL11. La microscopie électronique montre que les cellules endothéliales forment une barrière endothéliale continue. 8. 5. 5. 6. pseudobasale. La paroi est formée par une couche de cytoplasme de cellules endothéliales sans discontinuité. la lipolyse médullaire reste localisée à la moelle et ne s’accompagne pas d’une lyse de la graisse périrénale. semblent représenter peut-être la première étape de constitution de ces orifices (fig 14). Les propriétés contractiles des cellules réticulaires stromales adventitielles leur permettraient de couvrir et découvrir la surface externe de l’endothélium en fonction des besoins de l’hématopoïèse : elles pourraient dégager plus largement la surface endothéliale en cas d’augmentation de la production myéloïde. certaines cellules stromales des logettes. Des fenêtres à diaphragme. de même après injection d’érythropoïétine. à proximité des jonctions interendothéliales (à 1.13-000-M-80 ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE Hématologie 14 13 Représentation schématique du réseau de cellules réticulaires fibroblastiques stromales structurant les logettes d’hématopoïèse. en particulier dans la moelle osseuse du fœtus [34]. pour les réticulocytes. toutes cellules paraissant avoir des contacts préférentiels avec la série granulocytaire [15].

microfibrilles de collagène surtout de type III. pourrait être en plus favorisé par le conditionnement par irradiation créant des lésions des cellules endothéliales et donc des interruptions de la barrière vasculaire médullaire [57]. Certains mégacaryocytes pourraient traverser en totalité l’endothélium. réticulocyte . se fragmentent ensuite dans la lumière des sinus pour libérer les plaquettes. Les noyaux des polynucléaires. Le cas des mégacaryocytes est particulier : la région du cytoplasme située à proximité des sinus émet des pseudopodes (et parfois de longs prolongements dépassant 120 nm) traversant la paroi des sinus (I’orifice de traversée restant de petit diamètre. Sinusoïde . la moelle a un volume fixe : l’augmentation du volume de la lumière des sinusoïdes n’est possible qu’avec la libération d’un nombre de cellules myéloïdes représentant un volume équivalent. Macrophage . Elles ne deviennent abondantes qu’à la suite d’une activation des fibroblastes médullaires dans les myélofibroses. les cellules qui migrent doivent ainsi présenter une déformabilité suffisante. c). Les sinus sont entourés de cellules matures et l’augmentation périodique de leur volume entraîne donc le passage dans la circulation des cellules localisées à leur périphérie. 1. Deux molécules d’adhésion. cependant l’expulsion du noyau en cours de traversée du sinus est parfois possible (fig 16). les noyaux libérés sont phagocytés par les macrophages médullaires. l’érythroblaste est déjà en cours de migration transendothéliale lorsqu’il expulse le noyau (d). 2. homologue de VCAM-1 sur les cellules hématopoïétiques. 16 Passage des réticulocytes à travers l’endothélium d’un sinusoïde médullaire : expulsion du noyau et traversée de l’endothélium (a. Ces prolongements. Dans son enveloppe osseuse rigide. 2. synthétisé par les cellules endothéliales. prolongements cytoplasmiques des cellules réticulaires fibroblastiques. mais aussi de cellules immatures malignes (leucémiques.Hématologie ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE 13-000-M-80 18 Changement de volume des sinusoïdes par glissement réciproque des cellules endothéliales (d’après [68]). page 7 . l’anticorps antisélectine E inhibant cette fixation [25. lymphomateuses. Le stade initial du passage est un amincissement localisé du cytogel endothélial au contact de la cellule qui amorce sa migration : la membrane de la cellule endothéliale est déprimée et vient fusionner avec la membrane endothéliale homologue située du côté vasculaire. probablement par interaction avec VCAM-1 exprimé par les cellules endothéliales [38]. la première étape est l’adhésion des cellules progénitrices aux cellules endothéliales de la moelle qui ont une affinité spécifique pour les progéniteurs hématopoïétiques CD34 + [46]. 1. On a pu étudier in vitro les conditions physiques de ce passage à l’aide de micro-orifices (filtres micropores. est le composant majeur des membranes basales bordant la face externe de l’endothélium des cellules endothéliales. L’expression d’intégrines alpha-4 bêta-1 par les cellules tumorales peut induire leur passage dans la moelle. Pour traverser ces orifices. prolongement mégacaryocytaire dans la lumière d’un sinusoïde. ces molécules sont exclusivement exprimées sur l’endothélium des organes hématopoïétiques de l’adulte et du fœtus. Cette migration transendothéliale implique donc des phénomènes membranaires particuliers. réciproques) [68]. b. est aussi moins abondant dans la moelle que dans les autres organes hématopoïétiques : correspondant à des glycoprotéines associées aux fibrilles de collagène (fig 19). de dimensions d’ouverture sont probablement en relation avec des différences dans la déformabilité des cellules en fonction de la présence ou de l’absence du noyau. seraient en particulier impliquées dans cette fixation. Le passage en sens inverse suppose des phénomènes membranaires du même type. révélées par les colorations argentiques. micropipettes) précisant la déformabilité des polynucléaires et des réticulocytes. permettant le passage de cellules sanguines matures. Le collagène de type IV. Ainsi. Parfois. 17 Passage transendothélial d’une expansion mégacaryocytaire libérant des plaquettes dans un sinusoïde. Ces dilatations paraissent favoriser le passage des cellules de la moelle dans la lumière des sinusoïdes (fig 18). Endothélium . Le passage massif de progéniteurs à travers l’endothélium lors des transplantations médullaires. dans le cas du homing (passage de cellules progénitrices du sang vers la moelle). Il a été montré chez les primates qu’un traitement par un anticorps monoclonal anti-intégrine VLA-4. 4. 2. d’où formation de l’orifice de migration. après transfusion intraveineuse de cellules souches. Les fibres de collagène mature de type I avec leurs affinités tinctoriales typiques et leur ultrastructure caractéristique (striations transversales de 65 nm) sont rares. l’expulsion préalable du noyau trop rigide est indispensable : celle-ci se ferait en moyenne 12 heures avant la migration. sélectine E et VCAM-1. Chez l’homme. Dans tous les cas. Des mouvements des cellules endothéliales favorisent le passage des cellules : l’observation in vivo des sinusoïdes montre des dilatations rythmiques de ces vaisseaux spécialement en cas d’intense activité médullaire. 54]. La molécule PECAM-1 (platelet endothelial celladhesion molecule-1) [CD31] pourrait également intervenir dans ce processus [17]. bordant les sinus et cerclant les adipocytes. qui ont une mobilité amiboïde. 3. mobilisait sélectivement dans la circulation sanguine les progéniteurs hématopoïétiques [44]. Dans le cas des globules rouges. comparable à celui du passage des autres cellules) (fig 17) [33] . Les cellules endothéliales des sinusoïdes peuvent glisser l’une par rapport à l’autre (l’absence de jonctions serrées favorisant leurs glissements Matrice extracellulaire médullaire Collagène et réticuline La matrice extracellulaire est formée par un réseau complexe de molécules synthétisées par les cellules stromales. pore . cellule endothéliale. il forme un réseau de fibres grillagées renfermant dans ses mailles les cellules hématopoïétiques. Le réseau de fibres dites de réticuline. nettement moins abondantes dans la moelle osseuse que dans les autres organes hématopoïétiques et presque exclusivement situées dans les zones périvasculaires des gros vaisseaux. carcinomateuses) libérées à partir de la moelle [58]. Les orifices ne sont pas permanents et semblent provoqués par le contact des cellules matures. monocytes et lymphocytes sont suffisamment déformables pour permettre leur migration transendothéliale (fig 15). Ce réseau correspond à des structures variées riches en glycoprotéines : basales vasculaires. endothélium. 1. Les cellules endothéliales peuvent aussi présenter des sites d’adhésion pour les cellules cancéreuses métastatiques [21].

elle peut être utile pour le suivi thérapeutique. secondairement aux injections thérapeutiques de GM-CSF ou M-CSF [77]. l’examen IRM de l’os iliaque montre des modifications significatives (augmentation du contenu hydrique relatif. en particulier le GM-CSF. influençant la prolifération hématopoïétique. comme le GM-CSF. fibrose. tandis que dans l’hématopoïèse lymphoïde. Exploration anatomique et histologique médullaire Les différents moyens d’imagerie (scintigraphie. l’IRM a le grand intérêt de mettre en évidence des lésions focales médullaires. etc. os iliaque) grâce à l’eau marquée à l’oxygène 15 [28]. Dans la moelle murine. complétant le bilan d’extension médullaire dans les maladies malignes avec envahissement médullaire focal. B. La laminine est une glycoprotéine présente surtout dans les membranes basales. La scintigraphie utilisant des anticorps spécifiques anticellules tumorales est potentiellement utile dans les bilans d’extension des tumeurs malignes. la microscopie électronique de balayage a révélé des différences majeures dans la topographie du dépôt de ces molécules : dans l’hématopoïèse myéloïde. par leurs charges polyanioniques. procurant des sites d’adhésion pour les cellules des lignées granuleuses [62. réduction du tissu adipeux). Dans les mêmes conditions d’observation. 48. Composants non fibrillaires de la matrice extracellulaire De nombreux composants matriciels non fibrillaires ont été identifiés à partir de la fraction adhérente des cultures de moelle à long terme : glycosaminoglycanes. de la prostate. de manière similaire aux cellules musculaires lisses vasculaires [32]. technique plus compliquée mais plus sensible pour la détection des lésions cancéreuses : métastases de cancers du sein. régulant les phénomènes de diffusion interstitielle. Imagerie par résonance magnétique nucléaire L’IRM est beaucoup plus performante que les autres moyens d’imagerie pour visualiser la moelle osseuse normale et anormale [1]. comme la fibronectine. cellules adipeuses (moelle jaune). jouant un rôle dans le passage des macromolécules. intégrines en particulier. fibres de collagène de type I. Chez les patients présentant des maladies hématologiques. micro-ondes) et d’amplification du marquage sont recommandées. Tomographie d’émission de positons (PET scan) Encore peu utilisée pour explorer la moelle osseuse. mais adhésive pour les fibroblastes. des agrégats jouant un rôle dans les mouvements de l’eau. procurant des sites d’adhésion pour les cellules hématopoïétiques. plus régulières et rectilignes. Elle peut aussi visualiser certains envahissements métastatiques médullaires. pouvant se fixer aux autres molécules de la matrice extracellulaire. Elle montre avec un excellent contraste les principaux constituants structuraux médullaires : cellules hématopoïétiques (moelle rouge). Le perlecan est un protéoglycane de type héparane sulfate impliqué dans les interactions entre les cellules hématopoïétiques et leur microenvironnement médullaire : cette molécule est antiadhésive pour les cellules hématopoïétiques. aplasique et hypercellulaire. dans une myélofibrose. Elle précise la localisation de la moelle active dans les pièces du squelette. Chez les patients traités par G-CSF ou GM-CSF. Les héparane sulfates de la surface cellulaire jouent un rôle dans les interactions entre cellules du tissu de soutien et cellules hématopoïétiques : l’adhérence des cellules progénitrices aux cellules du stroma est abolie par le traitement avec l’héparitinase [19]. 75]. extension de l’hématopoïèse. la scintigraphie érythroblastique au fer 52 reste recommandée pour l’exploration du tissu myéloïde et sa réduction dans les aplasies médullaires [27] . lymphomes malins. à l’aide du désoxyglucose marqué. le perlecan pourrait jouer un rôle dans la sectorisation de la moelle en compartiments fonctionnels [30]. des bronches. IRM) et les méthodes histologiques permettent de mieux préciser les modifications des principaux compartiments cellulaires de la moelle hématopoïétique humaine pathologique. Son interprétation bénéficie des progrès de l’immunohistologie permettant une meilleure identification des principaux types cellulaires de la moelle humaine. et contribuer à préciser l’involution adipeuse médullaire dans les aplasies myéloïdes et l’hypercellularité dans les syndromes myéloprolifératifs. elle a déjà permis une investigation non invasive de mesure du flux sanguin médullaire et de ses variations topographiques (vertèbres. pouvant guider la réalisation d’une biopsie. Biopsie ostéomédullaire La biopsie ostéomédullaire permet d’analyser la structure de la moelle pathologique. en particulier dans le cas des leucémies à tricholeucocytes [61]. L’adhésion des cellules progénitrices hématopoïétiques au tissu de soutien médullaire par l’intermédiaire des récepteurs de la fibronectine (domaine fixant l’héparine de la fibronectine) inhibe leur prolifération [23] . La scintigraphie médullaire peut aussi être réalisée à l’aide d’anticorps antigranulocytes. La fibronectine est un autre composant majeur de la matrice extracellulaire. Pouvant aussi fixer des facteurs de croissance. Enfin. normale et pathologique [4] . l’IRM peut détecter des différences entre la moelle graisseuse. Enfin. proche parente de la fétuine (alpha-2HS-glycoprotéine). Fibres argyrophiles médullaires dites de « réticuline » observées en microscopie optique à haute résolution (coupes semi-fines. l’IL3. une matrice fibreuse riche en glycosaminoglycanes couvre la couche cellulaire. myélome et lymphomes malins [31. Une application maintenant bien connue de l’IRM est la visualisation de la moelle inactive adipeuse par rapport à la moelle active rouge grâce à l’étude de la conversion adipeuse de certaines pièces osseuses avec l’âge (rapport graisse/eau). Les différentes catégories cellulaires médullaires peuvent être objectivées par l’immunohistochimie : les érythroblastes par les anticorps Scintigraphie médullaire La scintigraphie permet de visualiser la moelle de tout le squelette grâce à des isotopes radioactifs fixés sur une catégorie de cellules médullaires : macrophages avec les colloïdes de technétium 99. et aux facteurs de croissance hématopoïétiques. contraste interférentiel différentiel. De nombreuses autres molécules participent à la constitution des niches adhésives médullaires. Bien que ne donnant pas d’image spécifique d’un diagnostic. objectif × 1 000). intervenant dans l’adhérence des précurseurs hématopoïétiques au tissu de soutien et pouvant se lier aux facteurs de croissance pour faciliter leur action in situ. 49]. Ces macromolécules forment. surcharges de type hémosidérose ou dyslipoïdose. Les méthodes immunohistochimiques utilisant la phosphatase alcaline et le démasquage des antigènes (protéases. 52 ou la transferrine marquée à l’indium 111.13-000-M-80 ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE Hématologie A 19 B A. etc. Elle a également permis de montrer des variations du métabolisme du glucose médullaire. fibreuse. cette couche est dispersée [59]. structures vasculaires. héparanes sulfates. érythroblastes avec le fer page 8 . métastases des carcinomes [22]. Les glycosaminoglycanes sont donc des composants importants de cette matrice intercellulaire. Les fibroblastes médullaires synthétisent une variante de fibronectine possédant le domaine EDa et dépourvue du domaine EDb. stabilisant les fibres de collagène. L’hémonectine est une autre protéine de la matrice. et la fibrose.

l’immunohistologie de la moelle sur coupes à congélation est devenue moins indispensable. chacun à leur échelle. elle garde l’inconvénient d’une vision partielle des phénomènes. L’analyse approfondie de la structure histologique fine du tissu médullaire in situ est encore à développer. L’identification des hémopathies lymphoïdes médullaires est plus précise grâce aux anticorps anti-CD20 (cellules B) et anti-CD3 (cellules T). La détection histologique des micrométastases médullaires des cancers est aussi sensibilisée grâce aux anticorps anticytokératine et antiEMA. les différents moyens d’étude de la structure médullaire permettent. les macrophages grâce à l’anticorps anti-CD68 (KP1). celle des leucémies à tricholeucocytes. appliquées aux coupes histologiques. Ainsi. une meilleure compréhension de la structure tridimensionnelle de la moelle osseuse humaine in situ reste d’actualité : c’est un préalable à l’amélioration des systèmes de production in vitro de cellules hématopoïétiques. permettront dans l’avenir d’élargir ces possibilités d’identification cellulaire. meilleure évaluation de la cellularité médullaire. etc. biopsie dirigée sur un foyer suspect mis en évidence par l’imagerie. puis des colorations à l’aide des méthodes panoptiques hématologiques montrant directement les divers types de cellules hématologiques [5. Cependant. et bientôt la polymerase chain reaction (PCR) in situ. les connaissances sur l’histophysiologie de la moelle restent encore fragmentaires avec un lien encore imparfait entre les observations morphologiques et la mosaïque des données moléculaires. 24] . la biopsie médullaire est pratiquée pour compléter le myélogramme. Une autre voie d’amélioration consiste à réaliser une inclusion en résine des biopsies médullaires sans décalcification. les mégacaryocytes par les anticorps antiglycoprotéine plaquettaire IIIa.Hématologie ANATOMIE ET HISTOLOGIE DE LA MOELLE OSSEUSE 13-000-M-80 antiglycophorine. recherche d’un envahissement focal non démontré par le myélogramme. surtout dans les cas suivants : myélogramme trop pauvre. de bien mettre en évidence la compartimentation anatomique et fonctionnelle médullaire. L’hybridation in situ. Références ® page 9 . En clinique. L’interprétation cytologique des coupes de tissu myéloïde après décalcification et inclusion en paraffine est ainsi améliorée grâce à une telle batterie de colorations immunohistochimiques soulignant les principaux types cellulaires myéloïdes [35]. en particulier grâce à l’anticorps DBA44. Avec ces progrès de l’exploitation des coupes en paraffine. Pourtant. car bien que perfectionnée par les marquages immunologiques et l’hybridation in situ. les cellules granuleuses par les anticorps anti-CD15. myélofibrose.

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