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Watchman Nee

Le terrain de l'Eglise
Watchman Nee

Le terrain
de l'Eglise

« Le Fleuve de Vie »
Le terrain
de l'Eglise

Paroles adressées aux frères et soeurs à


Shanghai, en date du Ier avril 1950;
publiées dans le journal « The Open
Door », le 30 juin 1950.

Qu'est-ce que le véritable terrain de l'Eglise? Ce


sujet est très important puisque le Seigneur nous a
montré explicitement dans la Bible que l'Eglise a
un terrain bien défini. Je suppose que nous recon­
naissons tous que la bénédiction de Dieu, le Saint­
Esprit de Dieu, la lumière divine, et même la vie d u
Seigneur Jésus, sont dans l'Eglise. Nous mettons
généralement l'accent sur la vie du Seigneur dans
des individus; mais en réalité, sa vie est dans
l'Eglise. Parce que Dieu a confié tant de choses
spirituelles à l'Eglise, il est important de voir si ce
qu'on appelle communément «Eglise», est vrai­
ment l'Eglise ou non. Si c'était à nous, en tant
qu'individus, que Dieu avait donné beaucoup de
choses spirituelles, le problème ne serait pas· si
grand. Mais dans la Bible, Dieu nous montre que
c'est dans l'Eglise qu'il a mis toutes les choses spi­
rituelles. Ainsi donc, il est très important de savoir si
le groupe auquel j'appartiens est l'Eglise ou non.
Quelle perte considérable vais-je éprouver en ayant

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de la communion avec des frères et soeurs qui ne
sont pas l'Eglise!
Prenons un exemple: certaines soeurs, qui tra­
vaillent au laboratoire de l'hôpital, utilisent des pla­
ques de verre pour les examens bactériologiques.
Cependant, vous ne pourriez employer ces plaques
pour servir une boisson à un frère qui vous rendrait
vis
. ite. Les plaques de verre ont leur emploi au labo­
ratoire, mais elles se révèlent inutiles pour servir des
boissons. Votre hôte n'est ni une cigale, ni un pas­
sereau; il ne peut donc se satisfaire de quelques
gouttes d'eau servies sur une plaque de verre. Vous
devez lui servir à boire dans un verre. Il existe de
nombreux services qui ne peuvent être rendus par
l'une de ces plaques. Mais un verre, composé de
nombreuses plaques, peut facilement résoudre le
problème de la soif.
Une surface plate a une capacité bien moindre
qu'un objet à trois dimensions. Nous ne cherchons
pas ici à annuler l'apport spirituel d'individus de­
vant Dieu. Un individu peut se réjouir d'un grand
nombre de réalités spirituelles, et il peut parfois
rassembler de brillantes connaissances dans ce do­
maine. Mais Dieu a placé davantage de choses spi­
rituelles dans l'Eglise; ainsi, la personne qui les
recherche seule ne peut les obtenir. Cela ne signifie
pas qu'un individu ne bénéficie d'aucune bénédic­
tion, mais qu'il ne peut les obtenir par sa recherche
individuelle. Les richesses de Dieu sont aujourd'hui
dans l'Eglise - un objet à trois dimensions comme
notre verre. Vous, en tant qu'individus, devez deve-

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nir une partie de ce verre avant de pouvoir toucher à
l'eau vive. Seule l'Eglise peut contenir les nom­
breuses choses spirituelles.
Nous devons voir clairement devant Dieu, qu'un
grand nombre de choses spirituelles se réalisent
dans l'Eglise; elles ne peuvent être atteintes par des
personnes isolées. La parole du Seigneur « sur ce
rocher je bâtirai mon Eglise» est très claire et mer­
veilleuse. Le résultat, c'est que« les portes du séjour
des morts ne prévaudront point contre elle». Cette
promesse-là est pour l'Eglise, et non pas pour des
individus. Il s'avère souvent difficile pour des
croyants isolés de résister à l'ennemi, mais sitôt que
l'Eglise paraît, Satan est vaincu. De nos jours, des
individus reçoivent des bénédictions, mais leurs
bénédictions sont limitées. C'est seulement dans
l'Eglise que les bénédictions sont illimitées et ri­
ches. Ainsi, dès que quelqu'un se sépare de l'Eglise,
sa bénédiction devient limitée et la présence de Dieu
avec lui est aussi restreinte Ge ne dis pas «annulée»,
mais «limitée, restreinte»). De plus, une telle per­
sonne devient incapable de goûter à nombre de
choses spirituelles devant Dieu. Veuillez m'excuser
de parler de façon si directe. Spécialement durant
les dix dernières années, j'ai observé attentivement
les gens pour voir s'ils savaient ce qu'est l'Eglise.
C'est étrange, mais beaucoup de frères qui connais­
sent le Seigneur depuis vingt ou trente ans ne con­
naissent pas l'Eglise de Dieu. Même ce qu'ils
avaient déjà obtenu s'est petit à petit estompé, et ce
qu'ils pensaient avoir n'a pu être gardé intact. Pa-

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rallèlement, il .y a les frères et soeurs qui connais­
sent l'Eglise de Dieu; la conséquence est qu'ils
s'approprient les richesses de la Tête et sont capa­
bles de progresser continuellement.
J'espère donc que tous les jeunes frères et soeurs
remarqueront qu'un chrétien ne doit pas seulement
être préoccupé par son propre gain, mais doit aussi
savoir si les frères et soeurs avec lesquels il a de la
communion, sont l'Eglise. Souvenez-vous que cha­
que personne n'est qu'un individu. Deux personnes
peuvent être l'Eglise, ou alors simplement deux
individus. N'allez pas supposer que cinq cents per­
sonnes qui s'assemblent sont l'Eglise, ou que mille
réunies forment automatiquement l'Eglise. Cela
peut ne pas être vrai. Loué soit le Seigneur: mille
personnes peuvent être l'Eglise! Pourtant, mille
personnes peuvent n'être que mille individus, de
sorte qu'il n'y a que plus d'individus, mais pas
encore l'Eglise. C'est là la grande différence. Les
enfants de Dieu aujourd'hui réalisent qu'une per­
sonne ne peut, à elle seule, être l'Eglise, mais ils ne
reconnaissent pas que mille personnes peuvent
n'être que mille individus, qui ne sont pas l'Eglise.
Souvenez-vous, s'il vous plaît, que dix mille per­
sonnes peuvent rester dix mille individus, et ne pas
être l'Eglise. L'Eglise, aux yeux de Dieu, a des
exigences. Ainsi donc, en tant qu'enfants de Dieu,
nous devons prêter une attention toute spéciale au
terrain de l'Eglise.

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Deux exigences de base

Aujourd'hui, permettez-moi de mettre en lu­


mière deux points; tous deux doivent exister avant
qu'on puisse parler <l'Eglise. Le Nouveau Testa­
ment nous révèle clairement deux exigences de
base: premièrement, 1 'autorité du Saint-Esprit;
deuxièmement, la limite de la localité.

A. L'autorité du Saint-Esprit

Nous devons prendre garde à ceci: là où il n'y a


pas le Saint-Esprit, il n'y a pas <l'Eglise. L'Eglise
n'est absolument pas Witness Lee, ni Yu-Tse Chang,
et pas non plus Ching-Hwa Yu; l'Eglise ne doit être
que le Saint-Esprit; en d'autres mots, l'Eglise, d u
début à la fin, ne peut avoir qu'une seule autorité,
qu'une seule puissance et une vie unique, qui est
celle du Saint-Esprit. Il n'y a qu'une seule vie d u
Saint-Esprit, qu'une seule puissance d u Saint-Esprit,
et il n'y a qu'une seule autorité du Saint-Esprit.
Par exemple, il y a plusieurs frères aujourd'hui
qui sont d'un certain âge. Frère Tu pourrait se dire:
« Il y a vingt ans que je suis dans l'Eglise, je po.u r­
rais bien être l'auteur d'une proposition ou d'une
initiative.» Vous constatez ici l'intervention d ' u n
facteur extérieur. Quand Frère T u surgit, le Saint­
Esprit n'est pas là, et l'Eglise n'est pas non plus
présente.

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Souvenez-vous, je vous prie, que là où le Saint­
Esprit est absent, l' Eglise l' est également. L' Eglise
est un Corps au travers duquel l' Esprit du Seigneur
peut exprimer ses désirs sans rencontrer d' obstacle.
Comme le Seigneur a utilisé le corps qui lui fut
donné par Marie quand il était sur terre, ainsi, au­
jourd' hui, utilise-t-il l' Eglise dans le Saint-Esprit.
L'.Eglise, dans son état le plus élevé, est toujours le
Corps de Christ. En d' autres mots, seul ce qui est
capable d' exprimer la pensée du Saint-Esprit peut
être appelé l' Eglise.

Seul le Saint-Esprit a l'autorité

J' aimerais continuer en m' adressant d' abord


aux frères plus âgés. Vous savez ce qu' est l' autorité,
et vous dites aux plus jeunes frères de s' y soumet­
tre. Maintenant, la question capitale est la suivante:
Quand vous obéissez à l' autorité, à quelle autorité
vous soumettez-vous? Permettez-moi de vous dire
que les plus âgés qui parlent de leur propre chef
provoquent autant de confusion et de troubles que
les plus jeunes qui s' expriment librement. Seule
l' autorité du Saint-Esprit est l' autorité. Comment se
fait-il alors que les frères plus jeunes doivent se
soumettre aux plus âgés? C' est parce que les frères
aînés ont plus appris devant Dieu et connaissent
davantage l' autorité divine; par conséquent, le
Saint-Esprit peut couler plus facilement au travers
d' eux. Ils sont comme des canaux au travers des­
quels l' eau a coulé pendant des années sans ren-

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contrer d' obstacle. Les jeunes frères doivent obéir
aux aînés, non parce que ces derniers sont l' autorité,
mais parce qu' il est facile au Saint-Esprit de parler
par eux. Le Saint-Esprit peut aisément couler au
travers d' eux, parce qu'ils ont travaillé pour le Sei­
gneur pendant plusieurs années. J' apprends à me
soumettre aux aînés parce que l' autorité du Saint­
Esprit est investie en eux. S'il arrivait une fois que
je n' obéisse pas, je perdrais rapidement l' autorité
du Saint-Esprit en moi. Nous n' élevons en aucun
cas l' autorité des frères aînés; ce que nous élevons,
c' est l' autorité du Saint-Esprit qui coule librement
par eux. En d' autres mots, la seule autorité que
nous reconnaissons dans l' Eglise, c' est celle du
Saint-Esprit. II n' existe aucune autorité qui pro­
vienne de certains individus. Les anciens n' ont pas
l' autorité, les frères aînés non plus, et ceux qui sont
spirituels pas davantage. Seul le Saint-Esprit a
l' autorité. C' est ce qu' on appelle le Corps de
Christ.

Un canal pour l'autorité du Saint-Esprit

J' ai vu récemment ce qui est arrivé à la main


d' un frère qui avait porté, plusieurs années aupara­
vant, un objet très lourd sur une longue distance.
Après cela, sa main avait été quelque peu endolorie.
Puis son état s' était empiré. A l' heure actuelle, il ne
la bouge que difficilement. Ce frère s' est finalement
exclamé: « Mon corps entier m' appartient, à
l' exception de cette main; ce membre me paraît

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appartenir à quelqu' un d' autre et lutter contre
moi. » Auparavant, je n' avais jamais entendu quel­
qu'un s' exprimer de la sorte. Je suis une personne
souvent malade, et je sais que chaque fois que je
ressens un de mes membres, c' est le signe qu' il est
atteint d' une maladie. Quand le corps humain est en
parfait état, nous n' avons pas conscience de
l'existence de notre corps. Si nous sentons nos
poumons respirer, c' est certainement qu' ils sont
malades. Quand nous sentons notre coeur battre,
c' est certainement qu' il n' est pas en bon état. Jus­
qu' à dix-neuf ans, je n' ai jamais eu conscience de
mes dents; mais le jour où je les ai senties, je n' ai
pas fermé l' oeil de la nuit! Le corps a des réactions
toutes naturelles et spontanées. Il n' est pas harmo­
nieux dans le sens qu' il ressent son existence; il est
plein d' harmonie au point qu'on dirait qu' il
n' existe pas. Vous ne sentez peut-être pas au­
jourd' hui que vous avez des doigts; et vous trouve­
riez ma question bien étrange si je vous demandais:
« Sentez-vous que vous avez des doigts? » Mais si

l' un de vos doigts était cassé, vous vous sentiriez


mal à l' aise toute la journée. Sitôt que l' un de vos
membres se fait ressentir, c' est que quelque chose
ne fonctionne pas normalement. Le corps est ma­
lade quand il ne peut utiliser l' un de ses membres.
Le Saint-Esprit doit détenir toute l' autorité dans
l' Eglise; le Corps entier se mouvra alors comme il le
désire, sans que le Saint-Esprit ne rencontre
d' obstacle. Sitôt qu'il se heurte à une opposition
dans un certain membre, le Corps tout entier tombe

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malade. Le Saint-Esprit peut utiliser toute personne
qui est sous son autorité. Quand chacun se tient sous
son contrôle, il n' y a alors aucun obstacle dans le
Corps, tout va si facilement. Le Corps est en bonne
santé lorsque l' autorité opère sans difficulté. Quand
tout le monde peut être utilisé par le Saint-Esprit,
celui-ci a alors l' autorité et tout est si simple, si
spontané. L' autorité complète du Saint-Esprit est le
terrain de l' Eglise où se trouve le Corps de Christ.
A l' heure actuelle, un groupe peut renfermer à la
fois des frères et des soeurs qui sont sous l' autorité
du Saint-Esprit et d' autres qui ne le sont pas. Vous
pouvez voir immédiatement que le terrain de
l' Eglise est absent à cet endroit. Le terrain de
l' Eglise, c' est le Saint-Esprit. Si le Saint-Esprit est
blessé, le terrain de l' Eglise est perdu. Aujourd' hui,
le Corps de Christ ne découle pas du fait que tous
les frères et soeurs prennent une décision. Ce n' est
pas parce que mille six cents personnes ont toutes
levé la main pour voter une résolution, qu' elles
forment forcément l' Eglise. La question, ce n' est
pas qu'il y ait mille six cents personnes, mais si oui
ou non l' autorité du Saint-Esprit a été respectée. Il
n' y a pas de terrain de l' Eglise là où l' autorité d u
Saint-Esprit est absente. C e n'est que lorsque cha­
cun se soumet à l' autorité du Saint-Esprit que
l' Eglise a son terrain.
Qu' est-ce que le corps? C' est cet organisme que
vous pouvez utiliser comme bon vous semble et
dans lequel vous pouvez vous déplacer à votre
guise. Il n' a aucun conflit, il n' a absolument au-

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cune difficulté.. Il fait tout ce que vous désirez de
lui. Ce qui lutte contre vous n'est pas le corps. Il
faut que l'Eglise locale se soumette au Saint-Esprit
pour qu'elle puisse être manifestée. Quand ce genre
de soumission se manifeste, l'Eglise est manifestée.
Ainsi, souvenez-vous que si un frère aime parler et
prendre des décisions par lui-même, l'autorité du
Saint-Esprit est compromise, le Corps de Christ subit
des dommages et l'Eglise aussi. Par conséquent, il
n'y a pas <l'Eglise à cet endroit. Ce n'est pas parce
qu'on a posé une enseigne dans un certain endroit,
qu'il y a forcément l'Eglise. Mais si les frères et
soeurs renoncent à leurs propres pensées pour se
soumettre à l'autorité du Saint-Esprit, et si cette
autorité peut se manifester sans rencontrer
d'obstacle, alors on a une Eglise.
Vous qui servez Dieu et qui assumez une respon­
sabilité dans !'oeuvre du Seigneur, vous avez besoin
de vous souvenir de ceci: après vingt ou trente ans,
et même après cinquante ou soixante ans, alors que
tous vos cheveux blanchissent, vous n'êtes toujours
qu'une personne qui transmet l'autorité; vous en
êtes le canal ou le porte-parole. Vous-mêmes n'êtes
pas l'autorité. Au moment où vous devenez
l'autorité, tout est fini. Les frères et soeurs qui oeu­
vrent pour le Seigneur doivent pleinement savoir ce
qu'est l'autorité du Saint-Esprit. N'ayez pas la pen­
sée suivante: « Aujourd'hui, au moins aujourd'hui,
je peux donner un conseil. » Laissez-moi vous dire
que vous allez essuyer un échec. Le Seigneur ne
vous a jamais octroyé l'autorité de faire vos propres

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propos1t10ns. Vous ne pouvez être que le canal de
l' autorité, mais pas l' autorité elle-même. Même si
vous vivez jusqu' à l' âge de cent ans, et que vous
avez suivi le Seigneur durant tout ce temps, ne pen­
sez pas que vous puissiez suggérer quelque chose.
La sensibilité de mon esprit peut être plus aiguisée,
je peux avoir plus de lumière, toucher les principes
divins de base, parce que mon esprit a été entraîné,
parce qu'il a appris quelque chose, et parce que je
suis familiarisé avec la Parole de Dieu; dès lors,
l' autorité du Saint-Esprit peut sortir plus facilement.
Nous utilisons l'autorité pour servir les frères et
soeurs, non pour les gouverner. L' autorité n' est
qu'une partie de notre service. J' espère que tous les
conducteurs dans les réunions de maison vont pren­
dre note de ce point-là. L' autorité est en relation
avec votre ministère, et elle n' est qu'un seul de vos
nombreux ministères. Elle n' est pas là pour gou­
verner les autres mais pour les approvisionner. Dans
un certain domaine, des frères peuvent ne pas voir,
mais je vois; peut-être qu' ils ne comprennent pas,
mais je comprends. Dès que je comprends le désir
du coeur de Dieu, je le leur explique en disant:
« Frères, vous ne devriez pas agir ainsi; je sais que

cela ne marchera pas. Si vous le faites, vous violerez


l' autorité de Dieu; ainsi donc, renoncez à cette af­
faire. » Cela, ce n'est pas exercer l' autorité pour
gouverner les frères, mais pour les nourrir et les
servir. Nous apprenons devant Dieu à être les ca­
naux de l' autorité du Saint-Esprit pour approvi­
sionner les frères. Nous ne régnons pas sur eux.

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Nous apprenons à laisser sortir l' autorité de Dieu en
tant qu' approvisionnement et n' essayons pas
d' établir notre propre autorité.
Qu' importe le genre de position d' un frère;
qu'il soit ancien, apôtre ou diacre, s'il établit sa
propre autorité ou s' il la manifeste, il perd et ruine
tout le terrain de l' Eglise. Celui-ci est établi sur
l' autorité du Saint-Esprit. Sitôt que cette autorité est
outragée, il n' y a plus de terrain de l' Eglise.
Quand l' Eglise entière se soumet à l' autorité du
Saint-Esprit, c' est comme si le Seigneur utilisait son
propre corps qui lui fut donné par Marie tandis
qu'il était sur terre; c'est comme si lui parlait,
écoutait et marchait, selon ses désirs. Le corps que
Marie prépara au Seigneur ne pouvait être plus ap­
proprié. Son fonctionnement était si harmonieux, si
uni; il n' y avait aucune difficulté, aucun conflit. Les
mains ne se révélaient pas inutilisables au moment
où il en avait besoin; les yeux pouvaient entrer en
fonction lorsqu' il le désirait; sa langue n' était pas
blessée quand elle était nécessaire; sa tête pouvait
penser quand il voulait l' utiliser. L' Eglise, de la
même manière, peut aussi atteindre ce point: il y a
l' Eglise, mais c' est comme si elle n' était pas là; seul
Christ est là. Le Seigneur peut se mouvoir sponta­
nément et passer au travers d' elle librement. C' est
tellement harmonieux, tant dans 1' unité que dans la
spontanéité, que c' est comme si le Seigneur ne ren­
contrait pas le moindre obstacle. L' autorité du
Saint-Esprit passe par l' Eglise si librement et si
harmonieusement que c'est comme s'il n' avait pas

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à passer par elle. Il y a l' Eglise quand l' autorité du
Saint-Esprit peut passer par elle complètement.
Chaque fois qu'il y a une résistance ou un obstacle,
ce n' est pas l' Eglise. Quand le Saint-Esprit ne peut
se mouvoir, quand des individus font surface, cela
signifie qu'il y a un problème et que l' Eglise est
endommagée en sorte qu' on ne peut même plus
dire qu'il y ait une Eglise.
De nos jours, dans les groupes qui se réclament
du nom du Seigneur, tant de choses proviennent
d' une opinion humaine, de la décision d' u n
homme, des méthodes d' hommes, d e l' organisation
d' un humain, du nom d' un homme et de la tradi­
tion humaine. Je ne désire pas en dire plus à ce su­
jet. Dès que nous fûmes appelés par le Seigneur, il y
eut un terrain fondamental: nous devions obéir à
l' autorité du Saint-Esprit, l' établir dans l' Eglise, et
détruire la nôtre. Je demande au Seigneur de me
pardonner de dire cela, parce que l' autorité d u
Saint-Esprit n' a pas besoin d' être établie par u n
homme. Excusez-moi d' utiliser l' illustration sui­
vante dans l' intérêt des jeunes frères: si demain, je
mets un tigre en liberté dans les rues, sera-ce néces­
saire d' envoyer des gardiens pour le protéger? Non,
le tigre n' a besoin d' aucun gardien; il peut se pro­
téger lui-même. Le Saint-Esprit pareillement, n' a
pas besoin de notre soutien. L' autorité du Saint­
Esprit est dans l' Eglise; elle n' a pas besoin de notre
zèle pour l' établir. La seule chose requise, c' est que
les enfants de Dieu veuillent librement se consacrer
et s' abandonner, en sorte que l' autorité du Saint-

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Esprit puisse s'exprimer continuellement. La ques­
tion maintenant, c'est de savoir si oui ou non nous
sommes disposés à nous consacrer. Quand les en­
fants de Dieu désobéissent, l'autorité du Saint-Esprit
ne peut se manifester. La question capitale au­
jourd'hui est la suivante: nous sommes-nous consa­
crés de façon adéquate?
. J'espère que nous nous consacrerons nous­
mêmes à nouveau devant Dieu en ce qui concerne
l'autorité du Saint-Esprit. Nous devons prier:
« Seigneur, tu es la Tête de l'Eglise. Accorde-moi la

grâce de ne pas être quelqu'un qui te fait obstacle


ou qui te résiste; fais que je n'aie rien en propre ... »
Vous devez réaliser que chaque fois que vous ame­
nez quelque chose de vous-même dans l'Eglise,
quelle qu'en soit la valeur, vous ajoutez à l'Eglise
un élément qui provoque un obstacle. Mon corps ne
peut être constitué que de mes propres membres. Je
ne puis permettre aux choses des autres de s'ajouter
à mon corps. Même les meilleures choses des autres
ne peuvent être ajoutées à mon corps. Ce qui cons­
titue mon corps doit être de moi. Les affaires des
autres sont certainement précieuses, mais une fois
qu'elles sont ajoutées à mon corps, elles peuvent
constituer un poison. Je dois apprendre devant Dieu
à ne pas apporter mes propres affaires dans l'Eglise.
Quelques-unes d'entre elles sont peut-être très bon­
nes, mais si elles ne sont pas du Saint-Esprit, elles ne
doivent pas être amenées dans l'Eglise. Si elles
l'étaient, l'Eglise perdrait son terrain. Dans l'Eglise,
il n'y a qu'un seul Saint-Esprit, qu'une seule auto-

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rité, qu' une seule puissance; il y a une communion,
un nom unique. Tout ce qui entre dans l' Eglise et
qui n'est pas du Saint-Esprit, ruine le terrain de
l' Eglise; et il n' y a plus <l' Eglise. Ce qui n'est pas
initié par le Saint-Esprit n' est pas l' Eglise. Plusieurs
personnes peuvent fonder une mission évangélique
à Shanghai; elles peuvent y établir une institution,
créer une maison de la Bible ou une école biblique.
La faute ici est mineure. Mais personne ne peut
instituer une Eglise. Si vous n' êtes pas capable
d' obéir au Saint-Esprit, et si l' autorité humaine et
les choses de l' homme font surface, il n' y a pas
<l' Eglise. Si le Saint-Esprit n'est pas l' initiateur, ce
n'est pas l' Eglise. Je ne sais pas si vous avez vu le
sérieux de la chose. Il est possible que quelques-uns
d' entre nous, sous la conduite du Saint-Esprit, fon­
dent une usine; mais c' est impossible d' agir de la
même manière avec une Eglise. Que vous soyez
croyant ou incroyant, que vous ayez la vie de Dieu
ou non, vous ne pouvez fonder <l' Eglise.

Ce qui n'est pas initié


par le Saint-Esprit n'est pas l'Eglise

C' est là une affaire très sérieuse. Aucun être hu­


main ne peut décider d' établir une Eglise, car, à la
base, il ne bénéficie pas de l' autorité du Saint­
Esprit. Et s'il n' y a pas l' autorité de l' Esprit, il n ' y
a pas <l' Eglise. Quelle que soit la situation, vous ne
pouvez fonder <l' Eglise si ce n' est pas le Saint­
Esprit qui en est l' initiateur. Nous devons nous de-

17
mander premièrement: qu'en est-il du commence­
ment? Si le Saint-Esprit n' engendre pas l' Eglise,
nous n' avons pas à le faire. Nous devons nous sou­
mettre à la force puissante du Saint-Esprit et nous
mettre sous l' autorité de Dieu; nous devons être
complètement restreints et ne pas chercher notre
propre liberté. Nous devons laisser l' autorité d u
Saint-Esprit passer librement à travers chacun
d' entre nous.

B. La limite de la localité

L' existence d' une Eglise dépend encore d' u n


second principe. Sans lui, i l n' y a pas non plus de
terrain de l' Eglise. Vous allez probablement me
demander: « Si nous exprimons tous l' autorité du
Saint-Esprit et vivons en nous soumettant à elle,
n' est-ce pas une raison suffisante pour fonder
l' Eglise?» Non, ça n' est pas suffisant. La Bible
nous montre clairement deux choses qui doivent
exister pour établir l' Eglise: la première, c' est
l' autorité du Saint-Esprit; la seconde, c' est la limite
de la localité. Si vous ne voyez pas ce deuxième
principe, vous ne pouvez comprendre le terrain de
l' Eglise. Trouvez-vous cela étrange? Avez-vous le
sentiment de tomber du ciel pour vous retrouver sur
terre? Oui, en effet, l' Eglise est aussi sur terre. La
partie céleste concerne l' autorité du Saint-Esprit; la
partie terrestre se rapporte à la limite de la localité.
C' est un point merveilleux de la Bible. La Bible
nous montre clairement que l' Eglise fait absolu-

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ment partie d'une localité, comme l' Eglise à Jéru­
salem - Jérusalem est un endroit; l' Eglise à Corinthe
- Corinthe est un endroit; l' Eglise à Antioche - An­
tioche est une ville; l' Eglise à Ephèse - Ephèse est
un port de mer. Dans la Bible, le terrain de l' Eglise
est la ville où elle se trouve. Toutes les Eglises pren­
nent la ville comme leur limite.
Ici, il y a un point spécial; prêtez-y toute votre
attention s'il vous plaît. Si les frères et soeurs à
Shanghai, par exemple, désirent se tenir sur le ter­
rain de l' Eglise, ils ne peuvent se tenir que sur le
terrain du Saint-Esprit et de Shanghai. Ils doivent se
tenir sur le terrain du Saint-Esprit et de Shanghai,
car Shanghai est la localité où ils habitent. Si vous
quittez la localité, vous perdez immédiatement le
terrain de l' Eglise. Laissez-moi vous donner une
illustration.

L'Eglise et les Eglises

1 Thessaloniciens 2: 1 4 parle « des Eglises de


Dieu ... dans la Judée ». L' Eglise mentionnée dans
ce verset est au pluriel, en grec, en français et en
chinois. Il s' agit des Eglises en Judée. Pourquoi est­
ce au pluriel? C' est parce qu'en ce temps-là, la Ju­
dée était une province romaine. Comme une pro­
vince englobe beaucoup de localités, il y a donc
plusieurs Eglises. C'est la raison pour laquelle il est
parlé des Eglises en Judée, et non de l' Eglise en
Judée. Dans les Ecritures, il n' y a que l' Eglise lo­
cale; il n' y a pas <l' Eglise provinciale. Ceci était

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aussi vrai pour .la Galatie, province qui regroupait
plusieurs localités; c' est pourquoi il est écrit « aux
Eglises de la Galatie» (1 Cor. 1 6: 1 ). Ephèse est un
port de mer, une localité; l' Eglise à Ephèse est donc
au singulier (Apoc. 2:1). Ce point est très clair dans
la Bible. Philadelphie, par exemple, était une ville;
une seule Eglise existait donc en ce lieu (Apoc.
3 : 7 ). L' Asie, appelée aujourd' hui l' Asie Mineure,
était une grande province; ainsi donc, la Bible dit:
«aux sept Eglises qui sont en Asie» (Apoc. 1 : 4, 1 1 ).

Une seule Eglise dans une localité

Il y a une chose que nous devons tous reconnaî­


tre: l' Eglise ne peut pas être mélangée au monde;
ainsi donc, l' Eglise catholique romaine est dans
l' erreur. Un pays n' a pas sa propre Eglise; l' Eglise
anglicane (c' est-à-dire l' Eglise de l' Angleterre ou
l' Eglise épiscopale) n'as pas sa raison d' être. Une
province n' a pas <l' Eglise, et une race non plus.
Dans la Bible, seule la plus petite unité administra­
tive a une Eglise - seule une localité ou une ville a
une Eglise. L' Eglise d'une localité ne peut s' unir à
l' Eglise d'une autre localité pour devenir une
Eglise; à une ville ne peut correspondre qu' une
seule Eglise, comme un homme ne peut être uni
qu' à une seule femme. Ainsi donc, à Antioche, il y
a l' Eglise à Antioche, et pas les Eglises à Antioche
(Actes 1 3: 1 ). Il serait faux de parler des Eglises à
Antioche. Selon l' arrangement de Dieu, une localité
ne peut correspondre qu' à une seule Eglise, jamais

20
à plusieurs Eglises. Dans la Bible, vous ne trouvez
jamais les Eglises à Corinthe, ou les Eglises à Antio­
che. Mais la Bible dit: «l'Eglise à Antioche »,
«l'Eglise à Corinthe» (1 Cor. 1:2), «l'Eglise à
Philadelphie »; chacune d' entre elles est mention­
née au singulier. Il n' y avait pas des Eglises à An­
tioche, des Eglises à Corinthe, ni des Eglises à Phila­
delphie.
L' aspect spirituel de l' arrangement de Dieu pour
l' Eglise, c'est l' autorité du Saint-Esprit; et son as­
pect extérieur, c'est la limitation de la localité.
Quand l' Eglise à Corinthe tendait à se scinder en
quatre divisions, Paul a immédiatement repris les
frères en leur reprochant d' être divisés et charnels.
Quand les Corinthiens allaient se diviser en plusieurs
petites Eglises, l' une de Paul, l' autre de Céphas, une
autre encore d' Apollos et la quatrième de Christ, le
Saint-Esprit a dit que cela était charnel. A chaque
ville, à chaque localité ne peut correspondre qu' une
seule Eglise. Chaque fois que plus d' une Eglise
apparaît, c' est une division, c' est une secte, c'est ce
que Dieu rejette. Du point de vue de Dieu, l' Eglise à
Corinthe devenait charnelle. Pourquoi? Parce qu' il
ne peut y avoir qu' une seule Eglise dans une loca­
lité; une deuxième ne peut jamais être fondée dans
la même localité. Quand une Eglise est déjà établie,
la seconde est alors une division; elle est charnelle.
Il ne peut jamais y avoir plus d' une Eglise dans une
localité. Quelqu' un dira qu' il désire approvisionner
les autres en nourriture spirituelle, mais la nourriture
spirituelle n' est pas une raison suffisante pour éta-

21
blir une Eglise.. Quelqu' un dira qu'il désire aider
les autres à comprendre la Bible, mais aider les au­
tres à comprendre la Bible ou enseigner les autres à
connaître le Saint-Esprit ne constitue pas un motif
suffisant pour fonder une Eglise. Quelqu' un dira
que nous avons besoin de renouvellement, et qu' il
faudrait fonder une Eglise pleine de nouveautés.
Récemment, quelqu'un a fondé l' Eglise du Renou­
veau, dans le seul but d' apporter un renouveau.
Mais amener des nouveautés ne constitue pas non
plus un motif pour établir une Eglise. Les hommes
ne peuvent fonder <l' Eglise, parce qu'ils ne possè­
dent pas le terrain pour cela. Paul n' avait pas le
terrain pour établir l' Eglise; Céphas et Apollos ne
l' avaient pas non plus. Ephèse avait le terrain pour
fonder une Eglise, mais Ephèse, ce n' est pas Paul!
Corinthe pouvait avoir une Eglise, mais Paul
n' équivaut pas à Corinthe; Céphas et Apollos non
plus d' ailleurs. Ils n' avaient pas le terrain et ils
n' étaient pas qualifiés pour établir une Eglise, parce
que chaque Eglise doit correspondre à une localité.
Il est impossible de fonder une Eglise s'il n' existe
aucune localité qui y soit appariée. S'il n' y a au­
cune localité, il n' y a aucune Eglise. Il est donc très
clair que Dieu prend la limite de la localité comme
terrain.

Il ne peut y avoir qu'une Eglise à Shanghai

A Shanghai, nous avons une Eglise qui ne se


tient pas sur un terrain de dénomination, ni sur un

22
terrain de sectarisme, et pas non plus sur quelque
autre terrain, mais sur le terrain de Shanghai. C' est
l' Eglise à Shanghai. Supposons que je me dispute
avec Frère Chang; ainsi je le laisse avoir des réu­
nions à Nan Yang Road, et moi je cherche un lieu
de réunions à North Szechwan Road. C' est comme
si vous allez au sud, et que je me dirige vers le nord;
nous sommes complètement opposés l' un à l' autre.
A Szechwan Road, je prêche l' Evangile et des gens
sont sauvés. La salle de réunions à Nan Yang Road
peut contenir deux mille quatre cents places; à
Szechwan, j'en construis une plus grande qui con­
tient deux mille six cents places. Et là, je prêche
aussi l' Evangile. Mais laissez-moi vous dire ceci: il
est possible que j' en amène beaucoup au salut, je
peux donner des messages, édifier les saints, mais je
ne peux jamais devenir l' Eglise. Pourquoi? Parce
que Shanghai, en tant que terrain de l' Eglise, a déjà
été attribuée à d' autres. Je ne suis donc pas qualifié
pour établir une nouvelle Eglise, puisqu' il ne peut y
avoir qu'une seule Eglise à Shanghai.

Une Eglise peut être établie dans une localité


où il n'y a encore aucune Eglise

Prenons un exemple: à l' heure actuelle, personne


n' a encore pris position pour établir une Eglise sur
le terrain de la localité à Pi-Chieh, dans la province
de Kweichow. Si quelqu' un désire fonder une
Eglise, il peut aller à Pi-Chieh et le faire; ce sera
correct parce qu'il ne peut y avoir qu' une Eglise

23
locale dans une localité. Dieu appelle division toute
Eglise qui s'ajouterait à cet endroit. C'est exacte­
ment comme une femme qui s'unit à un homme. Si
elle épouse un homme célibataire, elle est sa femme.
S'il a déjà une femme, comment peut-elle devenir
sa compagne? Elle ne peut être la compagne que
d'un homme qui n'a pas de femme. Tout le Nou­
veau Testament nous dit ceci: l'Eglise est locale.
Nous devons voir que l'Eglise est locale. Dans les
Epîtres, il est parlé de l'Eglise à Corinthe ( 1 Cor.
1 :2), l'Eglise à Cenchrées (Rom. 1 6: 1 ). Dans
l'Apocalypse, il est fait mention des sept Eglises qui
sont en Asie (Apoc. 1 :4 ). Dans chaque localité, il
n'y a qu'une seule Eglise. L'Eglise ne peut donc
échapper à la localité; elle ne peut en être indépen­
dante. Rappelez-vous, s'il vous plaît, qu'une Eglise
ne peut être établie que dans une localité où il n'y a
pas <l'Eglise. S'il y a déjà une Eglise dans une lo­
calité, nous ne pouvons que nous joindre à elle;
nous ne pouvons en établir une nouvelle. Si vous en
fondez une autre, c'est une division, une secte, donc
quelque chose que Dieu condamne. Quelle est la
différence entre une femme qui est l'épouse d' un
homme et une concubine? Tout est semblable, sauf
la position. Seul le terrain est différent; tout le reste
est pareil. Bien qu'extérieurement elles puissent
paraître semblables, quelque chose manque à l'une,
c'est le terrain.

24
Qu'est-ce que la division?

La division signifie être sans le terrain; et être


sans le terrain, c' est quelque chose que Dieu con­
damne. Veuillez m' excuser d' utiliser à nouveau Pi­
Chieh en Kweichow comme exemple. Quelle est la
différence entre votre visite à Pi-Chieh pour y prê­
cher l' Evangile, y sauver des gens et édifier les
saints, et votre visite à North Szechwan Road à
Shanghai pour y faire la même chose? Extérieure­
ment, il n' y a aucune différence. Ce n' est pas que
personne ne peut être sauvé quand vous prêchez
l'Evangile à North Szechwan Road; ni que personne
ne peut recevoir la vie éternelle si vous prêchez
l' Evangile à North Szechwan Road; le résultat ne
sera pas non plus que les gens à North Szechwan
Road abandonneront leur expérience du salut. La
vérité de l' Evangile est toujours la même et les mes­
sages peuvent être donnés très clairement, en sorte
que tout semble être identique. Mais vous ne pouvez
établir une nouvelle Eglise à North Szechwan Road.
Si vous vous rendez à cet endroit pour y fonder une
Eglise, vous établirez une division. Les messages
que vous donnez à Pi-Chieh en Kweichow peuvent
être exactement semblables à ceux que vous libérez
à North Szechwan Road, mais dans ces deux locali­
tés différentes, il y a deux terrains différents. A Pi­
Chieh en Kweichow, c' est une Eglise, tandis q u' à
North Szechwan Road, il s' agit d' une division. Le
même message est donné dans ces deux localités,
mais quelle différence! Supposons qu� vous établis-

25
siez la table du. Seigneur à Pi-Chieh en Kweichow:
vous y fondez le souper du Seigneur, la fraction d u
pain. U n jour, vous déplacez cette table d e Pi-Chieh
à North Szechwan Road à Shanghai, et les partici­
pants de Pi-Chieh vous accompagnent dans cette
autre ville. Là, vous étudiez la Bible comme vous le
faisiez, et vous louez le Seigneur comme à votre
habitude. Il n'y a aucune différence dans tout cela.
Mais à Pi-Chieh, vous formiez l'Eglise, tandis qu'à
North Szechwan Road, vous êtes une division.
Quand une femme épouse un homme célibataire,
elle est sa femme; mais si elle se marie avec un
homme qui est déjà marié, elle n'est pas sa femme.
Quand nous nous rendons dans un endroit où il n ' y
a aucune Eglise, nous pouvons e n établir une. Mais
à l'endroit où il y a déjà l'Eglise, nous ne pouvons
en fonder une autre; la seule chose que nous pou­
vons faire, c'est de nous joindre à elle. C'est un
principe de base dans la Bible. Si vous ne vous pré­
occupez pas de la limite de la localité, tout est fini.
Si vous mettez de côté ce terrain fondamental, vous
n'avez aucun terrain.
J'espère que devant Dieu, vous allez comprendre
ces deux points: premièrement, que l'Eglise de Dieu
est établie sur l'autorité du Saint-Esprit et seconde­
ment, que l'Eglise de Dieu est établie sur la limite
de la localité. Le terrain de l'Eglise est établi sur la
conduite du Saint-Esprit. Vous ne pouvez dire:
«C'est le Saint-Esprit qui nous a conduits à nous
réunir à North Szechwan Road». Si c'est la con­
duite du Saint-Esprit, la première chose qu'il va

26
vous reprocher, c'est l'endroit où vous vous retrou­
vez. Par conséquent, vous avez violé et offensé la
première limitation du Saint-Esprit; ainsi donc, vous
n'avez aucun terrain sur lequel vous tenir. Dire que
vous avez le Saint-Esprit n'est pas suffisant; vous
devez encore faire attention à la juridiction de la
localité, qui est établie par le Saint-Esprit. La localité
est la juridiction à laquelle vous ne pouvez jamais
déroger; vous ne pouvez que vous y soumettre.
L'homme n'a aucune liberté dans la juridiction de
la localité établie par le Saint-Esprit.

La limite de la localité
empêche la formation de divisions

J'espère que les frères et soeurs tiendront fer­


mement à ce principe de base pour voir clairement
et radicalement ce que sont les soi-disant dénomi­
nations, Eglises, groupes et organisations. Si un
groupe quelconque n'est pas édifié sur le terrain de
la localité, vous pouvez constater que ce n'est pas
l'Eglise. Etes-vous au clair? Est-ce que cela vous
paraît étrange? Cela me paraît très étrange lorsque je
lis cela dans la Parole. Le fait de sauter de l'autorité
du Saint-Esprit à la frontière de la localité ressemble
à une chute du ciel à la terre de trois mille mètres!
La Bible nous révèle bel et bien que le terrain de
l'Eglise correspond à l'autorité du Saint-Esprit. La
Bible nous montre qu'il n'est pas suffisant d'avoir
seulement le Saint-Esprit; il faut aussi que nous
nous conformions au terrain de la localité. Ces deux

27
choses une fois mises ensemble produisent l'Eglise.
Jetant un coup èl' oeil en arrière, nous constatons
que plus notre vision devient claire, plus nous
louons le Seigneur. Si, dans les deux mille ans
écoulés, les chrétiens avaient été d'accord d'être
limités par la localité, il n'y aurait pas eu ces diffi­
cultés et tant de confusion. Si l'homme s'était sou­
mis à l'autorité de Dieu, ni le catholicisme, ni le
protestantisme n'auraient pu être établis. On
n'aurait pas non plus pu voir plus de 1 00 dénomi­
nations en Chine, ni plus de 600 importantes orga­
nisations et 5000 organisations mineures s'établir
dans le monde d'aujourd'hui. La fondation de
chacune d'elles aurait été empêchée par la limite de
la localité.

La localité ne pourra jamais changer

Excusez-moi d'utiliser des termes politiques.


Une dynastie peut changer, mais une localité ne
change jamais; un parti politique peut changer, mais
pas une localité; une région peut, elle aussi changer,
mais la localité ne change pas. Shanghai a toujours
été Shanghai, et Chang-Chun est toujours resté
Chang-Chun. Pendant la dynastie de Ching, Shan­
ghai était Shanghai; durant l'âge de la République,
Shanghai était encore Shanghai; et même mainte­
nant, Shanghai reste Shanghai. Pendant la guerre
sino-japonaise, alors que le pays devenait presque
une partie d'un autre pays, la localité est restée la
même localité. Tout changera, mais la localité ne

28
changera jamais. Dieu veut que la localité soit le
terrain de l'Eglise. Nous avons l'Eglise à Rome en
tant que localité, mais nous n'aurons jamais l'Eglise
de l'Empire romain. Le nom semble être le même,
mais en fait, il s'agit de deux noms différents.
L'Eglise dans la cité de Rome est reconnue par le
Saint-Esprit; mais ce dernier ne reconnaît pas
l'Eglise de l'Empire romain. C'est la raison pour
laquelle nous devons apprendre devant Dieu à gar­
der le terrain de la localité.
Souvenez-vous s'il vous plaît de ceci: l'Eglise
doit s'édifier sur le terrain de la localité. Depuis
plusieurs années, nous nous tenons sur ce terrain;
tout au long de ces années, nous avons rejeté tout ce
qui n'était pas propre à la conservation de ce ter­
rain; nous avons rejeté toute autre étiquette. Tout
groupe qui ne prend pas Shanghai comme terrain
n'est pas l'Eglise à Shanghai. Le service dans lequel
nous sommes entrés ici est empreint de l'espoir
d'édifier l'Eglise à Shanghai. Si une personne exté­
rieure à l'Eglise pose une question à ce sujet, vous
devez lui montrer clairement qu'intérieurement,
l'Eglise a l'autorité du Saint-Esprit comme son
contenu et qu'extérieurement, elle a la limite de la
localité. L'autorité du Saint-Esprit et la limite de la
localité font une Eglise. S'il n'y a pas l'autorité d u
Saint-Esprit à l'intérieur, ni la limite de l a localité à
l'extérieur, il n'y a pas <l'Eglise.

29
Le terrain de l'Eglise
et les bénédictions spirituelles

Plus le terrain de l'Eglise est défini, plus les bé­


nédictions spirituelles sont riches. Nous avons re­
marqué, spécialement durant l'année précédente et
celle-ci, que Dieu a béni de façon spécifique
l'Eglise qui est sur le terrain. Beaucoup de frères et
soeurs ont commencé à réaliser la différence qui
existe entre le courant d'individualisme et le terrain
de l'Eglise. Comme l'autorité du Saint-Esprit est
dans tous les membres, les amenant à servir Dieu en
coordination plutôt que par des activités individuel­
les, la bénédiction de Dieu est visible. Dans certaines
Eglises locales, le nombre des membres double, o u
s e multiplie cinq à dix fois. A u tout début, i l n ' y
avait qu'à peu près trente membres à Taipei; mais
maintenant, ils sont plus de mille. Nous y avions
envoyé des frères qui avaient travaillé avec beau­
coup de zèle. Dieu a continué à bénir et le nombre
de membres n'a cessé d'augmenter. Pendant que
'
j'étais à Hong Kong , je reçus une lettre d'un frère
qui, je crois, connut l'Eglise à cause de l'incident
suivant: l'Eglise à Taipei s'était attendue à ce que
Frère L. soit le responsable de leur campagne
d'évangélisation pendant le Nouvel An chinois.
Après que la décision fut prise, Frère L. découvrit
qu'il devait venir me voir à Hong Kong pour quel­
que affaire. Les frères de Taipei furent vraiment

1 Note de l'éditeur: au printemps 1950.

30
désolés; ils pensaient qu'eux-mêmes n'étaient pas
capables de mener à bien cette campagne. Frère L.
leur dit : « Pour moi, si je suis présent, cela signifie
simplement qu'il y a un frère de plus; si je suis ab­
sent, il y a simplement un frère de moins». S'ils
étaient l'Eglise à Taipei, avoir Frère L. ou ne pas
l'avoir ne serait qu'une question d'avoir ou de ne
pas avoir un frère. Cependant, s'il n'y avait aucune
Eglise à Taipei et que Frère L. s'en aille, la moitié
de Taipei s'en irait aussi. Néanmoins, le résultat fut
merveilleux! Quelques frères, que vous auriez con­
sidérés comme incapables de prêcher l'Evangile,
annoncèrent l'Evangile contrairement à notre at­
tente. Le résultat fut que plus de mille quatre cents
personnes reçurent le Seigneur. Aux deux réunions
qui suivirent, deux cent vingt-huit convertis furent
baptisés. Cela n'a pas d'importance qu'un frère soit
là ou s'absente, parce qu'il y a l'Eglise. Maintenant,
j'aimerais revenir à la lettre de ce frère. Je suis
vraiment content de sa déclaration: « Je crois que si
nous, les frères, nous apprenions à servir le Seigneur
d'une façon coordonnée, nous serions capables de
recevoir et d'absorber des frères et soeurs, qu'ils
soient trois mille ou dix mille. Quand l'Eglise vient
en existence et commence à fonctionner, elle «St
capable de recevoir cinq cents personnes si cinq
cents nouveaux arrivent, et mille, si mille entrent
dans l'Eglise. C'est l'Eglise de Dieu.»

31
Un vase a besoin de contenir
la bénédiction de Dieu

Quelques-uns d'entre nous prient le Seigneur


pour qu'il nous bénisse comme il a béni l'Eglise à
la Pentecôte. Mais si le Seigneur répondait réelle­
ment à nos prières, s'il nous accordait vraiment la
bénédiction de la Pentecôte, et nous donnait trois
mille ou cinq mille personnes, que ferions-nous? Si
plusieurs milliers de personnes remplissaient tout à
coup notre salle de réunion, nous verrions immé­
diatement que nous ne sommes pas capables de les
accueillir tous. Prenons un exemple: si trois mille
personnes étaient ajoutées en même temps à Shan­
ghai, nous ne pourrions pas les recevoir. Nous ne
saurions pas comment les baptiser, comment les
séparer en plusieurs réunions de maison pour la
Table du Seigneur; nous ne saurions pas comment
entreprendre le travail d'édification et comment
leur rendre visite. Cependant, quand Dieu bénit et
lorsque l'Eglise est forte, nous pouvons facilement
les accueillir; peu importe combien arrivent, nous
pourrons nous en occuper de façon suffisante. Ac­
tuellement, nous sommes à peu près mille cinq cents
frères et soeurs; et pourtant, notre communion n'a
pas encore été suffisante. Que ferions-nous si un
autre millier nous était confié? Il nous serait difficile
de les porter si Dieu nous bénissait de la sorte. Nous
ne parlons pas ici d'organisation, mais d'un orga­
nisme qui peut prendre en charge la bénédiction de
Dieu. Si Dieu nous bénissait en nous confiant trois

32
mille personnes, et que deux jours après deux mille
disparaissent, ce ne serait pas l'Eglise. Si Dieu nous
donnait tant de gens, nous pourrions même ne pas
savoir que certains disparaissent. Si nous ne savons
pas quand des gens arrivent et quand certains re­
partent, ce n'est pas l'Eglise. L'Eglise est un orga­
nisme d'une telle capacité qu'il est capable de con­
tenir la bénédiction de Dieu. Une Eglise est censée
atteindre un tel degré de maturité qu'elle est, lors­
que Dieu la bénit - et même abondamment -, u n
vase qui est capable d e contenir cette bénédiction.
Quand tout le Corps obéit au Saint-Esprit, chaque
membre sert et est béni. C'est au moment où aucun
membre du Corps n'amène ses propres opinions,
mais au contraire où chacun est occupé par le ser­
vice, qu'apparaît l'Eglise de Dieu.
Je vous dis que si vous n'êtes pas prêts à laisser
oeuvrer le Saint-Esprit, celui-ci n'oeuvrera pas.
Vous devez tous vous préparer à !'oeuvre du Saint­
Esprit. Nous devons toujours prévoir plus de place.
Nous préférons laisser le Seigneur amener des gens
plutôt que de le laisser en enlever. Quand le Saint­
Esprit commence à oeuvrer, vous allez constater
qu'il n'y a pas assez de place. Nous devons nous
préparer à l'oeuvre du Saint-Esprit en préparant
une salle de réunion plus vaste et en élargissant no­
tre capacité ; c'est alors que le Seigneur va bénir.
Nous devons préparer les frères et soeurs au service;
le Seigneur pourra alors bénir. Si nous ne parve­
nons pas à ce que chacun serve, alors le Saint-Esprit
n'aura aucun chemin pour oeuvrer parmi nous.

33
Autres publications
de Watchman Nee
Un sacrifice vivant ( 1 35 p.)
La nécessité de témoigner ( 1 3 1 p.)
Tout faire pour la gloire de Dieu (242 p.)
Témoignage de Watchman Nee (79 p.)
Le trésor dans les vases de terre ( 1 7 p.)
Le terrain de l'Eglise (33 p. )
La victoire par le sang de l'Agneau ( 1 7 p.)
L'unité de l'Eglise ( 1 08 p.)
L'Eglise et les Eglises (80 p.)
La séparation de l'âme et de l'esprit ( 1 9 p.)
Deux manières de vivre (26 p.)
Christ notre vie (36 p.)
Christ: le chemin, la vérité et la vie (20 p.)
A la recherche de Dieu (30 p.)
Le Livre des livres (25 p.)
Dieu s'est fait homme (46 p.)

Ces titres peuvent, pour la plupart, être obtenus


en allemand, en anglais, en italien et,
dans une moindre mesure,
en roumain, en polonais, en hongrois et en tchèque
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