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Le Ménestrel : journal de

musique

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


. Le Ménestrel : journal de musique. 1924-07-25.

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ï 4604- *
86e Année. - N° 30. Paraît tous les Vendredis Vendredi 25 Juillet 1924.
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IF FIMF^TUFI
!V! J0URNALi HEBDOMADAIRE MUSIQUE ET THÉÂTRES
LE 1Y1CI TIL,I3 1 t\L.Li ______ Bureaux : 3bi", rue Vivienne, Paris (ae)
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i
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TEXTE ET MUSIQUE DE CHANT (-6 morceaux de chant, un tous les quinze jours, et prime au i" janvier) 40 fr.
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UNE GRANDE MÉCONNUE l'aide de Dieu, la confiance, encore hésitante cependant
de l'homme, se manifeste par une légère accélérationdu
(LA MUSIQUE ANGLAISE) mouvement. La trame musicale devient moins serrée et
le dédoublement du choeur apporte de la lumière dans
HENRY PURCELL l'antienne jusqu'alors si sombre.
Qu'il nous soit permis de citer un autre — un dernier
(Suite.) (0 exemple de la préoccupation constante qu'a Purcell de
donner une traduction musicale aussi fidèle que possible
de son texte. Dans l'antienne Thcy that go down to the
sea in ships, le solo de basse a pour point de départ Yitt
au-dessus de la portée; couvrant deux octaves, il des-
cend à Y ut au-dessous. Peut-être y a-t-il là l'application
excessive d'un principe excellent en soi. Peut-être y
a-t-il là quelque chose d'un peu artificiel. En cela, d'ail-
leurs, Purcell n'innovait rien (1).
Purcell a dépassé tous ses compatriotes par la com-
plexité de son système harmonique.
Quand il écrit à cinq ou à six voix, on rencontre chez
lui des groupements de notes qui paraissent durs tout
d'abord, mais qui se résolvent tout naturellement dans
l'accord suivant. Dans le psaume,Jehova, quant multisunl
hostes! au passage Ego cubui et dormivi, citons l'accord
de quinte et sixte qui tombe sur le mot cl, avec un mi
bémol ajouté au deuxième soprano. Ce mi bémol offre
quelque chose d'insolite. En réalité, il n'est qu'une note
de passage aboutissant au fa de l'accord suivant et déjà
entendu dans l'accord précédent.
On pourra se rendre compte par maint passage de l'an-
tienne O God, thou hast cast us out, à quel point Purcell
est en avance sur son temps, par l'usage qu'il fait des
retards et des anticipations.
On rencontre fréquemment dans Purcell l'accord de
septième diminuée; les accords de neuvième et surtout
de quinte augmentée ne sont pas rares. Quelquefois
ces accords de quinte augmentée sont des appogiatures
d'accords parfaits, comme à la troisième mesure du
morceau d'orchestre qui prélude à l'air du Génie du
Froid. Plus loin, dans le choeur, nous trouvons, à la
neuvième mesure, deux accords de quinte augmentée
successifs, dont le second conduit à un accord de triton
qui lui-même se résout en un accord de sixte. Les
auteurs du xvne siècle ne prodiguent pas les accords de
quinte augmentée! Purcell, lui, ne les redoute pas.
Ici s'impose une comparaison entre le choeur du
Froid chez le musicien anglais et celui qui ouvre le
quatrième acte d'Isis, opéra que Lully fit représenter
pour la première fois à Saint-Germain-en-Laye, devant
LouisXÎV, le cinquième jour de janvier en l'année 1677.
Les deux choeurs offrent des ressemblances frappantes.

André Pirro et M. Henri Quittard fournissent sur ce point


(1) M.
des indications intéressantes, le premier dans sa notice historique
et critique sur Heinrich Schûtz, le second dans sa notice histo-
rique et critique sur Giocomo Carissimi (Concerts spirituels, —
Édition de la « Schola Cantorum »).

339 —
LE • MÉNESTREL

Tous deux, étrangers à l'intrigue, commentent des textes n'éprouvait pas de difficultés à faire un canon recte et
qui ont une grande analogie ; tous deux ont pour inter- rétro, exercice d'école, si l'on veut, mais exercice dont
prètes des gens transis de froid, vivant dans des régions seuls les musiciens qui ont une forte culture ou des
hyperboréennes; tous deux enfin consistent en une suc- dons naturels peuvent venir à bout. L'oeuvre de Purcell
cession mélodique de croches harmonisées verticale- offre maint exemple de l'ingéniosité de son écriture.
ment. Purcell connaissait-il l'oeuvre de Lully? Cela est Nous signalerons, entre autres, le beau canon avec
possible, vraisemblable même... Si frappantes que soient double augmentation à la quinte et à l'octave supé-
les ressemblances entre les deux choeurs, les différences rieures par lequel commence la Sixième Sonate pour
ne le sont pas moins. Le choeur de Lully est à trois deux violons, basse et clavecin.
voix (i) : haute-contre, ténor et basse; il est très court; Assurément, il y a des duretés dans l'oeuvre de Pur-
il ne comporte que douze mesures qui se répètent en un cell. On y rencontre des fausses relations choquantes

d'heureuses
second couplet; il est éminemment vocal... N'oublions péché véniel pour le temps — il y en a
pas que Lully était italien. Le choeur de Purcell est à aussi. L'affection de notre musicien pour les anticipa-
quatre parties : soprano, alto, ténor et basse; il est fort tions, pour les frottements de secondes est souvent pour
développé; les trilles qui font chevroter les croches du nous une source de plaisir; ces frottements caressent
texte musical en rendent moins aisée l'interprétation; nos oreilles modernes.
mais ce qui, plus que tout, différencie les deux choeurs, En vérité, nos oreilles qui se sont familiarisées avec
c'est leur harmonisation. Les harmonies de Lully sont une succession toujours plus rapide des tonalités, qui
simples, consonantes; celles de Purcell sont plus com- arrivent même à ne plus s'effaroucher de la polytonie,
plexes, plus âpres; aussi le caractère général des deux pourront trouver le système harmonique de Purcell
choeurs est-il très dissemblable. L'un est aimable en sa peu compliqué. Si toutefois on examine son oeuvre, non
forme humoristique; l'humour de l'autre est, avons- seulement à la lumière de la critique historique, mais
nous dit plus haut, d'un sombre coloris et plaintive- en lui-même, on est amené à constater que l'écriture du
ment expressif. L'oeuvre de Lully est d'une pureté toute musicien anglais ne manque pas de hardiesse et cette
classique; celle du musicien anglais est plus pitto- hardiesse contribue à lui donner une singulière saveur.
resque, plus romantique, — plus imposante aussi. La En résumé, si, par le caractère dramatique et souvent
palme revient, selon nous, à Purcell. Cela dit sans la décoratif de ses compositions, Purcell est le précurseur
moindre intention de l'exalter au détriment d'un maître de Hsendel, par sa recherche, couronnée de succès, d'in-
dont les titres de gloire ont été excellemment établis par génieux effets sonores, il nous prépare à la pleine jouis-
maint musicographe, notamment par M. Henry Pru- sance des prodigieuses combinaisons harmoniques du
nières (2). Si Purcell a imité Lully, il a su néanmoins maître des maîtres, J.-S. Bach.
être original et rester personnel. Lully n'en a pas moins, Signalons en passant une jolie cadence et bien an-
probablement, le mérite d'une heureuse trouvaille scé- glaise qui se rencontre dans l'oeuvre de Purcell, parti-
nique. culièrement dans le choeur we hâve sacrificcd du Roi
Purcell dépasse ses contemporains par l'imprévu Arthur. Elle consiste dans l'emploi de l'accord de sixte
de ses modulations. Certes, il lui arrive parfois, comme sur la dominante se résolvant sur l'accord parfait.
aux compositeurs de son temps, de ne pas s'aven- Quelquefois, cet accord de sixte s'agrémente d'une sep-
turer au delà des tons voisins. Certaines de ses pièces tième. C'est sous cette forme qu'il se présente dans la
pèchent par l'abus des cadences parfaites dans le ton seconde Ballade de Chopin.
initial (les versets antiennes Thy word is a lantern, Be L'orchestre que Purcell avait à sa disposition était,
merciful unto me...) ; mais quand il lui prend la fantai- on le conçoit, pauvre en comparaison de nos orches-
sie de moduler, il s'en donne à coeur joie. Il semble tres. Par l'usage qu'il fit de la trompette et que, selon
prendre plaisir à étaler les couleurs de sa palette harmo- toute apparence, il introduisit dans l'église, grâce
nique, comme, par exemple, dans le Sicul crat de son aux dialogues qu'il établit entre les instruments à vent
psaume Beati omnes qui timent Domimtm. Ce frag- et les instruments à cordes, il obtint des effets nouveaux
ment commence en mi bémol; bientôt, nous serons en très heureux. Dans les ensembles où les voix, mises au
la majeur, ton éloigné du ton initial. On a alors la service de nobles inspirations, s'entrecroisent avec art
vague impression que Purcell n'a pas un but bien fixe et se mêlent à l'orchestre, il communique à l'auditeur
et qu'il se laisse mener par sa plume. Nous arrivons à l'impression de la puissance.
une nouvelle étape en mi majeur; à partir de là, il Purcell a abordé tous les genres et a réussi dans tous.
nous achemine avec beaucoup d'habileté à la cadence Ses Sonates pour deux violons et clavecin, bien qu'elles
finale en ut mineur du psaume, en passant par les tons occupent une place modeste dans son oeuvre, sont des
dW, de fa et de sol mineur. modèles de grâce à laquelle se mêlent souvent des ac-
Purcell réserve des surprises à l'auditeur. Dans le cents de profonde émotion. Quant à ses pièces pour clave-
Roi Arthur (scène du Froid, récitatif de Cupidon), sur cin, elles forment une collection pleine de charme. Son
les paroles : Dans ces espaces mornes, je fais surgir du Ground en mi mineur révèle une fine sensibilité. ISAlle-
sol des coeurs brûlants d'amour, nous nous attendons à mande, en ut, de la cinquième Suite est une page fort
une cadence en la mineur; c'est au ton de ré mineur que gracieuse. Le prélude de la même Suite fait pressentir
le musicien nous conduit; l'effet produit est fort la huitième Invention à trois voix de Bach, et la Toccata,
agréable. en la majeur, par son allure générale, par son accent
Purcell fut, lui aussi, un virtuose de l'écriture. Il pathétique, annonce le style du maître d'Eisenach.
connaissait à fond toutes les ressources du contrepoint, En résumé, Henry Purcell est le musicien le plus
complet de l'école anglaise. En lui s'unissent ses traits
(i) Ch. Gounod a donné un arrangement à quatre parties du les plus caractéristiques, ses plus précieuses qualités.
choeur de Lully (Paris, Alphonse Leduc). Aussi avons-nous cru devoir lui ménager une place
(2) Lully, par Henry Prunières (Édit. Laurens). particulièrement importante dans cette étude.
LE • MÉNESTREL

Dans l'échelle des valeurs artistiques, quelle place J ne se laissa jamais cependant contaminer par la corrup-
attribuer à Purcell par rapport à Haendel avec lequel il tion de son époque.
a certainement des affinités? Si irrésistiblement attirés Nous lisons au commencement du deuxième volume
que nous soyons vers Purcell, malgré la sympathie de YOrpheus Britannicus :
fervente que la générosité de sa nature musicale éveille A conqu'ring sweetness in his Visage dwelt,
en nous à son égard, bien que les nuances fines et déli- His Eyes would warm, his Wit like lightning melt.
cates de son génie le rapprochent singulièrement de Pride was the sole aversion of his Eye,
notre temps, bien qu'enfin mainte de'ses compositions Himself as Humble as his Art was High.
eût pu être signée Hoendel, Haendel néanmoins lui Une douceur conquérante se peignait sur son visage,
est supérieur par la force expressive. Il y a un degré de On était réchauffé par son regard, son esprit passait comme l'éclair.
puissance que Purcell ne dépasse pas. La puissance
de Haendel paraît illimitée. Celui-ci avait, au moral
L'orgueil était la seule chose qui offusquât son oeil.
comme au physique, une robustesse que n'avait pas Lui-même était aussi modeste que son art était élevé.
celui-là. Soit que Purcell se soit laissé accaparer par ses
relations mondaines, par les auteurs dramatiques, par Les biographes racontent que Corelli, ayant quitté
les grands personnages de la Cour, soit que, pour sub- Rome pour rendre visite à Purcell, fut informé de sa
venir à l'entretien de sa famille, il ait été obligé de céder mort en cours de route. 11 ne jugea pas utile de pour-
à leurs sollicitations, soit encore que sa fin prématurée suivre son voyage.
ne lui ait pas permis d'arriver au terme de son évolu- (A suivre.) Henri DUPRÉ.
tion, faute de temps, plutôt que faute de dons naturels,
il ne poussa pas toujours jusqu'au bout les effets artis-
tiques qu'il concevait; il ne développa pas toujours, Le Mouvement musical en Province
comme Haendel, jusqu'à l'extrême limite, l'idée qu'il
portait en lui. Beaucoup de ses compositions donnent
l'impression d'une esquisse géniale, mais, malgré tout, Brest. — Huitième Conférence d'éducation artistique. —
d'une esquisse. Cette réserve faite, nous ne sommés que La dernière conférence-concert de la saison avait pour
plus à l'aise pour déclarer que, parmi les multiples sujet « Beethoven ». Les 5oo fauteuils de la salle des Arts
qualités sur lesquelles repose la gloire de Purcell, il en étaient occupés. M. Guillemain, le conférencier, y fut très
applaudi.
est une qu'il posséda au plus haut point : la tendresse. Les principales oeuvres pour piano, violon et violoncelle
Il y avait dans sa nature quelque chose, non pas du génial musicien reçurent une interprétation remar-
d'efféminé (car sa mélodie a, comme la démarche d'une quable de MM. Guillermit, Pepper et Fresnel.
jeune fille anglaise, une allure très décidée), mais quel- Signalons surtout le célèbre Septuor par les artistes et
que chose de féminin. Cette tendresse pénètre tout son les meilleurs solistes de la musique de la Flotte, MM. Buret,
oeuvre; elle le rend infiniment attrayant; elle crée une Texier et Gret.
atmosphère dans laquelle l'âme se sent réchauffée; tou- L'andante et le finale de la Cinquième Symphonie termi-
tefois elle laisse aussi dans le coeur un sentiment de naient cette séance qu'un orchestre de choix rendit avec un
douce mélancolie, dès que se sont tues les voix qui bel ensemble.
interprétaient ses mélodies. Salle des Fêtes. — A l'occasion de l'Exposition de pein-
Des hommages furent rendus à la mémoire de Pur- ture des Amis des Arts,'qui a duré tout le mois de juin,
cell. L'honneur insigne d'être inhumé dans l'Abbaye de quatre matinées musicales ont été données. Grande afflu-
Westminster lui fut accordé. Sa dépouille mortelle fut ence à chaque séance. Les meilleurs professeurs de la ville
s'y sont fait entendre. Signalons des exécutions artistiques
déposée sous l'orgue même dont il avait été pendant de la Marche héroïque de Saint-Saëns, par un orchestre
quinze ans le glorieux titulaire. Voici l'inscription gra- sous la direction de M. Guillermit, des Trios de Widor,
vée sur la pierre tombale : Beethoven par MmG Delaunay, MM. Pepper et Fresnel,
professeurs à l'Ecole de Musique.
_

Plaudite, felices Super i, tanto kospitc ; noslris jyjmes Belhommet et Moaligou, cantatrices de valeur, se
Proefitérât, vestris additur Me choris.
Invida nec vobis Purcellum terra reposcat, sont fait entendre dans diverses oeuvres de Fauré, Tré-
Questa decus sedi deliciasque brèves. misot, Chausson, etc.
Tarn cito decessisse, modos cui singula débet Théâtre Municipal. — Les Amis des Arts donnent en ce
Musa, prophana suos, religiosa sitos ? moment une revue qui obtient un gros succès. Cette revue
^ mit, Io ! et vivat, dum vicina organa spirant, qui a pour titre Oh! Ys ! est en général bien écrite et
Dumquc colet mimeris turba canora Deum ! agréablement charpentée.
Acclamez, bienheureuses créatures célestes, si grand hôte ! Salle des Arts. — Le concert donné par Gontran Arco.uët
un
Il présidait à nos choeurs; il vient renforcer les vôtres. Que la et E. Jullien fut un beau succès pour les remarquables
terre jalouse ne vous réclame pas Purcell, tout attristée qu'elle artistes. M.-C. GUILLERMIT.
est de ce que la gloire et les délices soient ici-bas de si brève
durée Se peut-il qu'il soit mort si prématurément, celui auquel Le Mont=Dore. — On fait ici entre les cures de l'excel-
chaque. Muse doit des accents, la Muse profane, les siens, la Muse lente musique. Un septuor classique composé d'artistes
sacrée, les siens aussi ? Il vit ! Oui ! Et qu'il vive, tant qu'à proxi-
mité l'orgue résonnera, tant que, par des chants harmonieux, la remarquables où nous relevons les noms de M. Pandolfo
toule honorera Dieu ! (pianiste), Georges Bouillon (violon solo), M. Petit (premier
violon) et Demay (deuxième violon) fait connaître les oeuvres
On attribue ces distiques à Dryden. des grands maîtres. Au dernier concert, M. Georges Bouil-
La femme de Purcell fut inhumée lon fit apprécier son talent tout de charme et de nuances
en 1706 près de
son mari, par permission spéciale du Doyen. dans la Chaconne de Vitali et dans Y Aria de Bach.
contemporains du maître reconnurent tous Lille. — Les concours du Conservatoire ont été suivis
1 aménité de
sa nature, sa modestie, sa foi artistique, cette année, comme les années précédentes, par un nom-
1 élévation de
son génie et aussi sa franche jovialité. breux public qui n'a pas ménagé à ses préférés les applau-
Purcell était ce qu'on appelle
un joyeux compagnon; il dissements les plus chaleureux, et quelquefois les plus

— 33i
LE • MÉNESTREL

surprenants. Mais hâtons-nous de dire que ceux-ci ont été Lyon. — Distribution des prix du Conservatoire. — La
rares et qu'en général le public ne s'est pas trop trompé sur distribution des prix du Conservatoire National de Musique
la valeur des candidats. vient d'avoir lieu salle Rameau devant une assistance plu-
Contrairement aux choses de l'an dernier, où les pianistes tôt restreinte. M. le docteur Locard, l'éminent critique,
ont été faibles et les violonistes très intéressants, ce sont présidait. A ses côtés étaient M. Emmanuel Lévy, premier
ceux-ci qui, dans le Concerto en mi de Bach, se sont adjoint représentant M. le Maire de Lyon; le commandant
montrés inférieurs, tandis que les pianistes femmes, dans Rullière, délégué de M. le général gouverneur; M. Wit-
la Première Ballade de Chopin, et les hommes, dans la kowski, directeur du Conservatoire et de la Société des
Troisième Sonate de Schumann, se sont plus particulière- Grands Concerts; MM. Garnier, Monmain, Vautier, mem-
ment distingués, tant au point de vue technique que bres du Comité d'enseignement.
comme interprétation. M. le docteur Locard a fait une causerie fort spirituelle
Les chanteuses ont été couvertes de fleurs et de récom- par laquelle il traça les grandes réformes qui, selon lui,
penses, tandis que leurs camarades hommes obtenaient à s'imposent dans l'enseignement du Conservatoire : intro-
grand'peine deux seconds prix et un accessit. La classe duction dans les programmes de la gymnastique rythmi-
de vioioncelle, dirigée avec zèle par M. Darcq, a eu un très que; prééminence du solfège; développement de la culture
beau concours avec le Deuxième Concerto de Boccherini. générale.
Les classes'd'alto et de contrebasse et, en général, toutes Sur ce dernier point, l'aimable conférencier insista tout
celles d'instruments à vent ont fait honneur à l'enseigne- particulièrement et montra quelles fautes peut commettre
ment, ainsi que celle de déclamation où l'on travaille dans Werther le ténor qui n'a pas lu le roman de Goethe
beaucoup et où on a à lutter contre l'accent du terroir qu'il et quels horizons sont ouverts à l'artiste qui doit interpré-
est difficile de déraciner. ter Tristan lorsqu'il connaît la correspondance de Wagner
Voici le résultat de ces concours pour les classes supé- et de Mathilde Wesendonck.
rieures. Cette nomenclature ne comprend que les pre- « Travaillez donc, termine le D 1' Locard, vous qui abor-
miers et seconds prix. dez la carrière artistique pour y trouver un complément
SOLFÈGE. aux agréments de la vie,travaillez, et, si vous voulez parve-
Premiers prix : Mlles Hauvenhagel, Lobet, Neuville, nir aux joies incomparables qu'elle procure, faites l'effort
Verrept, Breckpot; MM. Robillard, Dhaene. nécessaire pour y arriver. »
Le conférencier, très applaudi, céda la parole à M. Dé-
Secotids prix : Mlles Vasseur, Mallet, Van de Wcestyne,
Semet, Bacqueville; MM. Morel, Blanquart, Dorny. cret, qui obtint la première récompense au concours de
déclamation dramatique, pour la lecture du palmarès dont
CHANT.
voici quelques extraits :
Premiers prix : Mlles Bouquillon Flourcat, Herbaut,
Catrice, Martin. SOLFÈGE (chanteuses).
Seconds prix MM. de Leu, Vercamen. Deuxièmes prix : Mlle Legros (à l'unanimité), élève de
:
M. Caras-Latour; Mme Béalet, élève de M. Caras-Latour,
DÉCLAMATION.
Premiers prix Billaut. et MUe Humbert, élève de M. Revel-Monroz.
: Mlle Léman; M. Premier accessit : MUe Mouilleseaux (à l'unanimité),
Seconds prix : M1Ies Vianou, Doyennette, Hertaut; élève de M. Revel-Monroz.
M. Scouvemont.
PIANO. CLASSE DE HAUTBOIS.
Premiers prix : Mlles Paris, Liem, Van de Wcestyne, Professeur M. Bridet.
Delhaye. Deuxième prix : M. Pierre Geoffray (à l'unanimité).
Seconds prix : MlleTop;MM. Noussier, Cordier, Viart. Deuxièmes accessits ex oequo : MM. Demèple et Ara-
VIOLON. gnette.
Second prix : M. Vasseur. PIANO (degré supérieur).
ALTO. Premiers prix : Mllcs Prudhon et Girodet, élèves de
Premier prix : M. Vasseur. M. Trillat; M. Arnous, élève de Mme Ganche-Bouvaist.
VIOLONCELLE. Deuxièmes prix : MUes Joute, élève de M. Trillat, et
Premier prix Deffay (rappel), élève de M'"° Ganche-Bouvaist.
: M. Blareau; Mlle Dubois.
Second prix M. Robillard. Premiers accessits : Mlles Deriveaux, Perret (rappel),
:
CONTREBASSE.
Picard, élèves de Mmo Ganche-Bouvaist; MIles Durand
(rappel), Faudray, Coste, Saulnier, élèves de M. Trillat.
Seconds prix : M. Primtens; Mlle Verrept.
Deuxième accessit : M1Ie Hatton, élève de M. Trillat.
FLÛTE.
VIOLON SUPÉRIEUR.
Premier prix : M. Geysen. — Second prix : M. Jacquin.
HAUTBOIS.
Premiers prix : M. Juniet (à l'unanimité), élève de
M. Guichardon; M. Dubost, élève de M. Guichardon.
Second prix : M. Debrceck.
Deuxième prix : MM. Giovanelti et Reynaud, élèves de
CLARINETTE. M. Crinière.
Seconds prix : MM. Delépine, Camelot, Woets. Premier accessit: M. Sgambatto (à l'unanimité), élève de
BASSON. M. Guichardon.
Second prix : M. Defer. Deuxième accessit : M"° Vincent, élève de M. Guichar-
SAXOPHONE. don.
Second prix : M. Hache. Morceau imposé : Troisième Concerto de Saint-Saëns.
COR. ALTO.
Second prix : M. Breekpot. Deuxième prix : M. Nahon (à l'unanimité), élève de
CORNET. M. Gay.
Premierprix: M. Camille. — Second prix : M. Kokelacre. Premier accessit : Mlle Peyrard, élève de M. Gay.
TROMPETTE. VIOLONCELLE (supérieur).
Premier prix : M. Cornille. — Second prix : M. Koke- Premier accessit : MM. Groslézat et Antoni, élèves de
lacre. M. Ugo Bedetti.
TROMBONE. CHANT (élèves hommes).
Premier prix : M. Vaflard.
— Second prix : M. Deccene. Premier accessit : M. Legros (à l'unanimité), élève de
Laure G. Mme Claessens.

332
LE •
MÉNESTREL

Deuxièmes accessits : M. Fouret (à l'unanimité), élève de bons résultats pour qu'on regrette de lui voir conserver
M. Sylvany, et M. Girard, élève de M. Lubert. cette voie. Mais on ne peut s'empêcher de regretter aussi
Rappel de deuxième accessit : M. Bo, élève de qu'il soit tenu ainsi à distance de la scène, où chacune de
Mme Claessens. ses apparitions est un si joli et si véritable succès.
(Élèves femmes). Mlle Dalmas, Mlle Michaël, MM. Audiger, Carie et Rivet
Deuxième prix : MUe Jullian (à l'unanimité), élève de complétaient l'interprétation.
M. Crétin-Perny. L'orchestre était dirigé par M. Ferdinand Rey, qui a
Rappel de deuxième prix : MIle Nott, élève de M. Lubert. vite retrouvé sur son orchestre, un instant abandonné par
lui pour celui de Toulouse, son autorité intelligente.
Premier accessit : M,le Castaing, élève de M. Crétin- Dans tous ces ouvrages, la mise en scène est assurée par
Perny. M. Galas. Il convient d'y insister un peu. Le caractère
Deuxièmes accessits : Mlles Sauvebois, élève de M. Crétin-
spécial de cette vaste scène de plein air rend assez difficile
Perny; Aroud, élève de M. de Lestang Genetier, élève de la présentation des ouvrages qui sont faits évidemment
Mme Claessens.
DÉCLAMATION LYRIQUE. pour des théâtres ordinaires. Le décor naturel du Théâtre-
Sylvain, formé d'une petite colline montant au fond de la
MUe Juilland, deuxième prix (rappel) à l'unanimité ; scène en une pente rapide et couronnée de pins tordus par
Mlle Clunet, premier accessit àl'unanimité; M. Bo, deu- les vents de l'hiver, est d'un pittoresque qui ne manque
xième prix (rappel) à l'unanimité; M. Legros, premier
accessit. pas de cachet. Mais il va de soi qu'il faut renoncer à re-
DÉCLAMATION DRAMATIQUE.
produire ici le cadre habituel de la plupart des actes. Ce
qui fait le grand mérite de M. Galas, c'est justement d'avoir
(Elèves femmes). bien compris ce caractère spécial et de se borner à une
Deuxième prix : M1Ie Collet. mise en scène extrêmement sobre et pour ainsi dire syn-
Premiers accessits : Mlles Prudhon (à l'unanimité), Perrin thétique, qui suggère, à défaut de pouvoir la préciser,
et Marchand. l'atmosphère de chaque ouvrage.
Deuxièmes accessits : Mllcs Gaudin et Laroche. Distribution des prix au Lycée Musical. — Cet impor-
(Élèves hommes). tant établissement, qui est dirigé avec une si belle intelli-
Premier accessit : M. Décret (à l'unanimité). gence et une si remarquable activité par M"10 Cyprien, tient
Deuxièmes accessits : MM. Ravier et Durand (à l'unani- dans la vie musicale marseillaise une place considérable.
mité), Mazet et Longeret. On peut en donner une idée en signalant que le nombre
La séance artistique qui termina la cérémonie permit de ses élèves, pour l'année 1923-24, dépassa six cents;
d'applaudir : M. Bouvard (premier prix d'orgue); M. J. les diverses classes de piano, à elles seules, ont plus de
Martinon (première mention unanimité, classe de violon deux cents élèves. Il y a certainement bien peu d'établisse-
intermédiaire) ; Mue Bruckert (première mention unani- ments privés qui puissent s'enorgueillir de pareils résul-
mité, classe de clavier); Mlle Juillaud (deuxième prix de tats : ils disent assez la satisfaction des familles assurées
chant à l'unanimité) ; M 110 Prudhon (premier prix de piano); de trouver là un enseignement méthodique de toutes les
Mlle Girodet (premier prix de piano) ; M. Dubost (premier branches de la culture artistique donné par les meilleurs
prix de violon); Mlle Marchand (premier accessit de décla- professeurs.
mation) ; M. Décret (premier accessit à l'unanimité de Les pouvoirs publics, d'ailleurs, ont reconnu le mérite
déclamation dramatique). J. B. du Lycée Musical, qui est favorisé des subventions de la
ville de Marseille, du département et même de l'Etat.
Marseille. — Les représentations du Théâtre-Silvain. — Les concours de fin d'année ont eu lieu ces dernières
La troupe italienne, si applaudie dans le Barbier de Séville, semaines, et la distribution des récompenses s'est faite
dans Rigoletto, dans la Traviata, a fait ses adieux au pu- vendredi dernier au Grand Casino, dont la vaste salle était
blic marseillais dans la Tosca. Cette soirée avait attiré trop petite pour les élèves, leurs familles et leurs amis...
Emile DE VIREUIL.
encore plus de monde que jamais jusqu'à présent. C'est
que, pour des raisons qu'il serait intéressant d'examiner de
près — si on en avait la place
— l'oeuvre de Puccini est
toujours assurée d'un énorme concours de spectateurs UNE GLOIRE FRANÇAISE DE L'ART LYRIQUE
ravis, surtout dans le Midi, malgré le mépris que les cri-
tiques musicaux ne cachent pas pour elle... Mon avis,
c esi que la vraie raison de ce succès persistant et universel
J.=B. FAURE ]

de la Tosca, quoi qu'on puisse dire sur sa musique, réside


dans le caractère dramatique du livret que l'on méprise
un peu trop dans les oeuvres lyriques. Qui, mieux que notre confrère Henri de Curzon,
Dans la représentation de jeudi dernier, le ténor Marini eût pu retracer, d'une plume élégante et alerte, la vie
fut le triomphateur de la soirée. Sa voix éclatante et géné-
reuse, d'un beau timbre riche et d'un style admirable, se et la carrière de cette « gloire française »? Nul, assu-
déploya avec souplesse dans les airs du chevalier. rément! et ce volume sera lu avec attention et intérêt
Mme Mellis, qui chantait le rôle de la Tosca, fut aussi par tous ceux qu'émeuvent les souvenirs lointains des
obligée de bisser la prière, qu'elle donne avec de beaux grands soirs de l'Opéra.
accents lyriques et émouvants. Le baryton Morelli fit ap- Faure fut le plus modeste des artistes. Des articles
précier un bel organe vibrant et expressif. écrits à sa louange il n'avait rien voulu conserver. « Je
L'orchestre était dirigé par M. Felice Melli, un bon Ita- crois, dit un biographe, s'il eût pu faire boire à la pos-
lien de Marseille qui dut, à la fin, monter sur la scène, térité un philtre d'oubli, qu'il n'y eût pas manqué... Une
avec les artistes, pour répondre aux applaudissements de fortune ne l'aurait pas persuadé de livrer sa voix aux
la foule.
Samedi, une belle représentation de Werther avait en- phonographes... » Comme tout cela semble anachro-
core rempli le vaste amphithéâtre. Ce fut un triomphe nique!
pour le ténor Tranloul. Le grand chanteur aima dès ses premiers ans l'art des
Dans le reste de l'interprétation, je signalerai M. Figa- « jouissances sonores ». A treize ans il entrait au Con-
rella, que nous voyons trop rarement monter
sur les servatoire et peu après au Théâtre-Italien, avec
planches... Certes, son activité, qui déploie si heureuse-
se
ment dans le professoral, donne dans ce domaine de trop (1) Par M. Henri de Curzon (Librairie Fischbacher).

333 —
LE • MÉNESTREL

25 francs d'appointements mensuels, — quatre fois à Paris : la Favorite, la Ga\^a ladra, les Huguenots...
moins que le lieutenant de la Dame Blanche. La maî- enfin Guillaume Tell qui lui mérite cet éloge de Fioren-
trise de la Madeleine, d'autre part, lui en accorde trente. tino : « Il chante, il ne crie jamais... Il chante le rôle de
Hélas! voici la mue... La voix suave de l'enfant s'éva- Guillaume avec une rare énergie, une chaleur, une puis-
nouit. Heureusement, celui-ci, que de bonne heure sance admirables; il le chante tel qu'il est écrit, sans rien
avait passionné la contrebasse, s'acharne à dompter ce ôter ni rien ajouter, avec tout le dévouement et le res-
majestueux instrument. Il y réussit, se fait engager pect qu'on doit aux chefs-d'oeuvre. » Quelle leçon pour
dans un orchestre de bal de barrière. Ci : i fr. 5o de gain tels de ces acteurs et chanteurs qui, pour ne citer qu'un
journalier, plus une bouteille de vin. L'orchestre de exemple, empoissent le Barbier de Séville de leurs gro-
POdéon fut la récompense de tant d'efforts, ce qui porta tesques et sottes variantes, tolérées, sinon approuvées,
les appointements à soixante-quinze francs par mois. par des imprésarios ignorants !

Puis le contrebassiste devient organiste et s'attire une Après une agreste promenade, en selle sur la Mule
de ces grotesques prédictions dont furent gratifiés entre de Pedro, Faure soulève, dans la Muette de Portici, les
autres Verdi et Bizet : « Ah ! c'est vous, l'organiste, dit masses populaires et l'enthousiasme des auditeurs.
Auber au jeune Jean-Baptiste ; eh bien, vous feriez Puis viennent le Moïse de Rossini et cette Africaine
joliment mieux de rester où vous êtes : vous n'avez pas dont l'histoire tient du roman d'aventures et qui obtint
une tête de chanteur ! » le foudroyant succès que l'on sait ; et enfin Don Juan et
La voix revient, splendidement transparente. Le Con- les Noces de Figaro.
servatoire rouvre ses portes au chanteur; il en devient Après le dramatique Don Carlos de Verdi, qui certes
pensionnaire et revêt l'uniforme réglementaire. Enfin, eût dû être l'objet d'une reprise, « car la partition est
il débute à l'Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion de celles qui doivent rester », nous arrivons à YHamlet
de Galathée. Le succès fut complet et s'accentua encore d'Ambroise Thomas, qui « est peut-être le principal des
dans le second début qui eut lieu dans le Caïd. Dès titres de Faure à l'exceptionnelle renommée qui s'attache
lors, les rôles les plus divers montrent tour à tour la à son souvenir», et au Faust de Gounod,dans lequel
souplesse d'un talent étonnamment varié. Citons la le célèbre baryton incarnait, selon Théophile Gautier,
Tonelli, Haydée, le Chalet, le Songe d'une nuit d'été, «un diable de haute et grande mine», appartenant
l'Étoile du Nord, où « plus que jamais sa voix parut « visiblement à l'aristocratie des mauvais esprits... »
belle et sympathique ». Suivent diverses créations dont Seul Wagner — dont il avait dû créer le Tannhauser
chacune porte l'empreinte d'un art original et réfléchi, en 1861 — ne figure point parmi les maîtres qu'inter-
sans parler de ces cantates de prix de Rome qui trop préta Faure. « Il est superflu d'insister sur ce qu'un
souvent servent à la fois de berceaux et de sépultures à artiste comme lui a perdu à la proscription momentanée
d'imaginaires génies mort-nés. des chefs-d'oeuvre de Richard Wagner,... et nous aussi!
L'organe vocal de Faure, avec son extraordinaire Quel superbe Wotan, quel délicieux Hans Sachs il eût
faculté de été!...»—Notons qu'il prit part au grand festival en
Passer du grave au doux, de la force à la grâce, l'honneur de la mémoire de Berlioz qu'organisa Reyer,
du baryton au ténor, émerveillait les connaisseurs : en chantant l'air « Voici des roses... », non pas comme
le font en général nos Méphistos à l'eau... de roses,avec
« Sa voix, écrivait un critique, est sonore, brillante, la suavité d'une berceuse de nursery, mais avec « l'in-
énergique. Il phrase et vocalise à merveille. Il nuance, cisive âpreté » à laquelle collabore si bien l'accompagne-
il colore, il a du style et de l'expression. Et il ne crie
jamais] N'est-ce pas un homme rare? » Et cette rareté ment des cuivres.
Glissons sur la Coupe du Roi de Tuléde Diaz etsurla
obtint une consécration officielle: à l'âge de vingt-six ans Jeanne d'Arc de Massenet, mais donnons un souvenir à
le voilà professeur au Conservatoire. Mais, ayant peu
la Lucrèce Boraria de Donizetti et à YOtello de Rossini.
de goût pour l'enseignement, il le quitta trois ans plus
tard pour revenir au public. La reprise de Jocondc fut, Et ce sont maintenant les périodes crépusculaires : tour-
grâce à lui, couronnée d'un éclatant succès. Enfin, une nées, concerts, retraite enfin... Nul artiste sans doute
création importante lui échut avec le rôle d' Hoël dans ne fut plus scrupuleux que celui-ci. Il eût pu dire, avec
le Pardon de Ploè'rmel dont maintes pages figurent
Don Salluste :
parmi les plus remarquables qu'aient écrites ce Meyer- Je ne veux pas tomber; non, je veux disparaître...
beer si décrié aujourd'hui par un certain clan de com- Que de belles pages pourtant à feuilleter dans ce
positeurs dont le plus inspiré serait bien incapable de livre d'or Saint-Saëns, Alphonse Duvernoy avec ses
1

rivaliser avec l'ouverture de ladite partition. Certes, il vibrantes partitions de la Tempête et de Sardanapale,
n'y faut pas « chercher une grande élévation de style, ni Wagner et Berlioz, Max Bruch, Benjamin Godard;
une étude de caractères, mais c'est une charmante pasto- enfin Gounod avec ses deux trilogies sacrées, si pure-
rale, empreinte d'une grâce aimable et facile, avec des ment, si profondément religieuses: Rédemptionet Mors
parties d'un comique très réussi, sans charge, des cl Vita.
pages dramatiques et d'un sentiment sincère, des Les deux derniers chapitres de cette belle étude sont
impressions, enfin, très heureusement pittoresques ». consacrés à Y Art vocal et à Y OEuvre musicale du grand
Ainsi le juge fort équitablement l'érudit biographe de chanteur et à une esquisse biographique de sa fidèle
notre héros. compagne. On lira avec un vif intérêt ce volume,
Celui-ci épouse la charmante Caroline Lefebvre, illustré de portraits nous présentant Faure de
« également exquise comme chanteuse, comme comé- 18 à 80 ans; et outre l'attrait du sujet principal on y
dienne et comme femme... Peu de figures sont aussi rencontrera un tableau de la vie lyrique à Paris et à
séduisantes de noblesse et de modestie. » Puis survien- Londres, tracé avec la compétence et l'autorité qui
nent les triomphes de Covent Garden, qui se reprodui- caractérisent tous les travaux de notre sympathique
sirent d'année en année. Et une nouvelle série de succès confrère. René BRANCOUR.

334
LE • MENESTREL

Le Mouvement musical à l'Étranger HOLLANDE


M. Sem Dresden vient de terminer un Quatuor à cordes
qui sera exécuté pour la première fois, au cours de la sai-
ANGLETERRE son prochaine, par le Quatuor Hollandais.
Le Dominion Artists' Club a lancé des invitations pour un — Une nouvelle section de la société musicale « Toon-
kunst » vient d'être créée à Zaandam.
Billy Picnic. La Société d'Opéra dirigée MM. Ch. de Vos et
Le billy, paraît-il, est un ustensile hybride qui tient de — « » par
Désiré Pauwels annonce, pour l'ouverture de sa prochaine
la bouillotte et de la casserole. saison, Maryke de Nimègue de M. Eugène d'Albert, Jules
A ce pique-nique participeront trois cents chanteurs, César de Hoendel et Boris Godounow de Moussorgsky.
instrumentistes, acteurs, danseurs, peintres, sculpteurs,
écrivains et journalistes. — L'administration du Concertgebouw a fait paraître le
Un acteur renommé, le Néo-Zélandais Shayle Gardner, prospectus de la saison 1924-1925. Outre les concerts Mahler
dont nous avons parlé, il y est question d'un cycle sympho-
sera le speaker de la réunion. nique, au cours duquel sera exécutée la Huitième Sympho-
Représentations de la B. N. O. C. au His Majesty's

Théâtre : Siegfried, Parsifal, la Flûte enchantée et YAl- nie de Bruckner, pour fêter le centenaire du compositeur
kestis de Rutland Boughton où le rôle des choeurs a con-
autrichien. De plus on organisera des représentations
servé l'importance qu'il avait toujours dans les tragédies
musico-dramatiques et une série de concerts de musique
de la Grèce antique.
de chambre. Jean CHANTAVOINE.
Cette compagnie annonce une prochaine représentation ITALIE
des Maîtres Chanteurs.
Sir Thomas Beecham conduira l'orchestre. Alberto Gasco écrit dans la Tribuna l'historique des
La Reine, accompagnée de la Comtesse Fortescue Ballets russes devenus plus ou moins cubistes, parisiens,
— internationaux. L'opinion de l'éminent critique est tout
et de Lady Bertha Dawkins, assistait à la première de
Hugh the Drover, l'opéra nouveau de Vaughan Williams entière dans le titre de son étude : « Splendore e Deca-
que les étudiants du Royal Collège of Music ont dernière- denza... »
ment représenté. — Plusieurs journaux affirment que la première de
tournées Turandot ne sera pas donnée à la Scala, mais au Metropo-
— Les artistes anglais ne se bornent plus à des
en Europe. Ils font visite aux dominions et aux colonies de litan de New-York. Le maestro Giacomo Puccini aurait eu
la métropole. un différend avec Toscanini, directeur artistique de la
Carrie Tubb vient d'ouvrir à- Cape-Town une série de grande scène milanaise.
concerts dans l'Afrique du Sud. — La R. Accademia Filarmonica organise sous les aus-
Le ténor John Booth a chanté, dans FAirique du Sud pices du Gouvernement un second concours de lutherie
également, devant des auditoires enthousiastes et capables nationale. Les instruments présentés devront l'être avant
de goûter les grandes oeuvres classiques. Il raconte qu'un le 3o avril 1925.
homme qu'on lui présenta n'avait point reculé devant un Nouveautés :

voyage de trois cents miles pour venir écouter la Sympho- Le maestro Giuseppe Pietri prépare une opérette sur un
nie en ut majeur de Beethoven donnée par l'Orchestre de livret d'Enrico Serretta : Quartetto vagabondo.
Cape-Town. Il Gatto dagli stivali, comédie lyrique en trois actes du
— Sur le poème de Tennyson, Ring out, Wild Bells, maestro G. Mariani, a reçu bon accueil au Dal Verme de
Granville Bantock a composé dernièrement un choeur avec Milan. Le sujet en fut tiré par A. Rossato du Chat botté de
accompagnement de carillon que l'on a exécuté à Bourn- Perrault.
ville.
Au même Dal Verme s'est affirmé le succès de Giocondo
— A Londres :
Récital de Sasha Votichenko, virtuose du tympanon. e il suo Re, opéra primé au concours du Gouvernement,
Récitals des pianistes Lester Donahue et Solomon et du musique du maestro Jachino sur un livret de Forzano
violoncelliste Arnold Trowell. em prunté à YOrlando furioso.
Exécution par le Meredyll Pianoforte Quartet du Qua- Du maestro Adriano Lualdi, critique musical au Secolo
tuor en la mineur d'Herbert Howell. de Milan, le « Colon » de Buenos-Ayres donne un inter-
Maurice LENA. mezzo applaudi : le Furie di Arlecchino.
ESPAGNE Pietro Zampa, auteur d'un opéra, Leonora di Toledo,
Avila. — Don Cecilio Sagarra, professeur de musique écrit en 1922, et de Tilde, représenté en 1919, vient de. ter-
miner un troisième ouvrage, paroles et musique, intitulé :
aux écoles normales de cette ville, adresse un mémoire au Dianira.
gouverneur en faveur de l'enseignement obligatoire de l'art
d Euterpe dans toutes les écoles, instituts, académies, etc. Umberto Giordano annonce un bref opéra en un acte
Le malheur est que, d'affaires marocaines, et trois tableaux, Il Re, en collaboration avec Forzano.
par ces
la suggestion risquera d'être
temps Bellinda. Tel est le titre d'un opéra que le maestro Luigi
peu considérée par le Direc-
toire actuel. En tout cas, elle est digne d'examen. Si l'on Ferrari-Trecate achève sur un livret tiré de la Belle au
pouvait éduquer le goût des masses dès l'école, on en Bois dormant par Fausto Salvatori.
unirait peut-être avec l'odieux café-concert et la carte Au « Malibran » de Venise prochaines représentations
postale en couleur! Le grand
moyen serait d'intéresser les de Guglielmo Oberdan, opéra d'Alberto Consiglio.
enfants au folklore, 'de leur apprendre
tous les vieux airs Et parmi les opérettes attendues : I Canditati di Fanny
charmants ou émouvants de Carminé Guarino, Cuore di Leone d'Ermino Romano,
sur le point de disparaître. Le
contraire est, hélas! ce que l'on fait. Rien'ne ramène les Salomè danqa de Vittorio Vitone, Principessa vagabonda
eçohers aux chants de leurs berceaux (il reste si peu, de Langella, Buon giorno, Ninon ! de Giovanni Sartorio,
en
a ailleurs!) et tout les en éloigne les scies à succès et
:
Stracciona de L. Rizzola et la Voglia Color di Rosa de
tant, tant de papier gâché en vain à publier de la mauvaise Cuscina.
musique, de la musique à « sentiment demande un Mécène pour mon-
goût du Beau dont on ne s'occupe jamais, ». Bref, c'est le — La Scena illustrata
ou presque ter un opéra malheureux qui, malgré sa beauté, serait
point, au début de .l'éducation; Peut-être est-ce la raison resté inédit depuis vingt ans. Lo Staffile soutient cette idée
pour laquelle on voit tant de foules navrantes, navrantes et'présente également à ses lecteurs l'ouvrage en question
ae la pire laideur : celle de l'absence d'expression. et son auteur : Omoni^a, du maestro Litterio Butti.
Raoul LAPARRA. G.-L. GARNIER.

335
LE-MÉNESTREL

ETATS-UNIS vatoire, vient de décerner un prix de 1.000 francs à M. Pierre


Bretagne, de Nancy, pour sa Sonate pour piano et violon.
Mary Mac Cormick chantera l'hiver prochain à Chicago.
Le jazz est en train de conquérir la Chine. — Le Comité du Salon des Musiciens français vient de

Un de prominent chicagoans (parmi décerner les récompenses suivantes pour la saison 1923-1924.
— groupe « » Premières médailles : MM. Albert Dupuis (de Verviers),
lesquels Edith Rockefeller Mac Cormick et John Alden Marcel Gennaro, Raoul Laparra, François Rasse (d'Ostende),
Carpenter) se propose d'alimenter financièrement un théâtre Ch. Scharrès (de Bruxelles).
spécial où ne seraient représentés que des ballets. Adolph Deuxièmes médailles : MM. Fernand Jouteux, Emile
Bohlm en sera le directeur. Nérini, René Rabey.
— La Juilliard Musical Foundation organise à New-
York un Conservatoire qui recevra environ cent boursiers. Troisièmes médailles : M. Georges Berry (de Bruxelles),
Mme Despas, MM. Le Brun (de Bruxelles), Mény de
Ils devront être de nationalité américaine.
Quatre divisions : chant, piano, instruments à cordes, Marangue, Marcel Noël, René Quignard.
composition. Mentions : MM. Marius Perrier et Georges Ritas.
Les élèves feront toutes leurs études à New-York ; ils ne — M. André Laumonier est de retour d'une tournée en
recevront pas des bourses complémentaires pour voyager Egypte et en Syrie où il a fait de bonne besogne de propa-
en Europe, mais le Conservatoire ne s'interdira pas de faire gande française. Il a joué les oeuvres de piano de Darius
appel à des professeurs étrangers. Maurice LENA. Milhaud, Honegger, Poulenc, Auric, Debussy, Ravel, Le
Flem, Vuillemin. Son succès a été des plus vifs.
ARGENTINE Le Théâtre - Sarah-Bernhardt n'a pas fini de faire
—•
Buenos-Ayres.— Une compagnie autrichienne d'opérette, parler de lui : après les démêlés de M. Maurice Bernhardt
sous la direction du maestro Léo Fall, avait commencé la avec la ville au sujet de son bail, voici que les Commissions
saison au Cervantes. Elle a dû suspendre les représenta- municipales se disputent entre elles : la quatrième qui
tions à la suite de sérieux désaccords avec l'entreprise. est, sauf erreur, celle des Beaux-Arts, n'est point d'accord
Elle n'avait pas de public. Insuccès dû à la mauvaise com- avec la deuxième, celle des domaines. Le cahier des
position de la troupe, pauvreté de la mise en scène et prix charges, en outre, est draconien, ce qui fait que les can-
élevé des places. M. E. Garcia Velloso, représentant de didats, qui s'étaient tout d'abord manifestés, si nombreux,
F. Diaz de Mendoza, a ordonné la suspension des repré- reculent épouvantés. De l'art dans tout cela il n'est pas
sentations. Artistes rembarques. Pertes de F. Diaz de question. La municipalité de Paris voit mal le problème :
Mendoza : 2 millions de lires. Messieurs les Conseillers ont, au fond, deux désirs : ils
— La remarquable soprano d'opéra Mme Ninon-Vallin est voudraient, comme le fait le Ministère des Beaux-Arts
arrivée de France. Elle reprendra ses cours au Conserva- pour les théâtres nationaux, disposer chaque soir d'un
toire de chant qu'elle dirige dans notre ville. certain nombre de places : excellente manne électorale.
— La soprano Maria Barrientos donnera prochainement Comme deux fauteuils donnés à propos réchauffent l'enthou-
au Cervantes une série de concerts de lieder avec le siasme politique d'un membre de Comité! Et puis tous ces
pianiste Teran. Le Cervantes sera ensuite occupé par la braves édiles qui, pour la plupart, n'ont comme société
compagnie de ballets russes que dirige Anna Pavlowa. habituelle que le marchand de vins du coin et son impo-
— L'Association Philharmonique Argentine a donné sante épouse ne seraient pas fâchés de trouver dans les
divers concerts de piano, avec le concours de Mme Frièdel coulisses du théâtre municipal quelques silhouettes plus
Hermann et M. Hans Hermann qui ont interprété une série minces, des odeurs plus fines que celles du byrrh ou de la
d'ceuvres de Chopin, Schumann, Max Reger et Saint-Saëns. cassonade. Ces messieurs voient encore l'envers de la
Les artistes ont été chaleureusement applaudis par un scène avec quelques illusions. Nous parierions qu'au
nombreux auditoire. nouveau théâtre il y aura un corps de ballet! Paris n'est,
— Au Théâtre Colon, la compagnie d'opéra de la Scala en somme, quant à son Conseil municipal, qu'une grande
de Milan, engagée par l'imprésario Walter Mocchi et dirigée ville de province.
par le maestro Gino Marinuzzi, a inauguré avec un grand En attendant que ces graves questions soient résolues au
succès la saison officielle. mieux des intérêts électoraux et des appétits féminins de
Elle a présenté pour la première fois l'opéra du jeune ces messieurs, qui sont tristes depuis que le bal de l'Hôtel
maestro argentin, Athos Palma, Naçdah, dont le livret a été de Ville a disparu, il coulera beaucoup d'eau sous le Pont-
tiré du conte de Eça de Queiroz, la Nodriça (la Nourrice), Neuf; mais que les contribuables se rassurent, ils feront
sujet de l'Inde antique. L'oeuvre a eu du succès. encore les frais de l'opération.
J. Soler VILARDEBO. — Mme Jane Catulle-Mendès, qui a publié, au printemps
dernier, un très beau recueil de vers, Poèmes des Temps
heureux, prépare à Saint-Jean-de-Luz, où elle réside en ce
ÉCHOS ET NOUVELLES moment, un nouveau volume, l'Adoration perpétuelle,
— Notre confrère Léo Claretie vient de mourir de
A l'Opéra-Comique : manière tragique. Son corps a été trouvé déchiqueté sur la
Les trois premiers spectacles exclusivement réservés aux voie du chemin de fer, près de Rennes. Accident, crime ou
abonnés, qui seront donnés en octobre, sont les suivants : suicide? C'est un point que le parquet de Rennes cherche
Don Quichotte, avec MM. Vanni-Marcoux, Lucien Fu- à éclaircir.
gère, Mme Lucy Arbell; Werther, avec M. Lucien Mura- Esprit curieux et très cultivé, Léo Claretie avait colla-
tore; Tristan et Isolde, traduction de MM. Lena et Chan- boré à de nombreux journaux quotidiens et à des pério-
tavoine, avec une magnifique distribution, en tête de diques de théâtre. Il laisse plusieurs ouvrages de critique
laquelle figurent : Mmes Suzanne Balguerie et Dolorès de littéraire ou dramatique et des romans. Hélait officier de la
Silvera, MM. Verdier, Vieuille et Albers. Légion d'honneur.'
Doit suivre une reprise de Loren\accio, la belle oeuvre
de M. Ernest Moret, avec Vanni-Marcoux et la plupart des
artistes de la création. NOTRE SUPPLEMENT MUSICAL
Viennent d'être engagés : MUes Gauley et Prazères, (pour les seuls abonnés à la musique)
M. Lignon, lauréats des derniers concours du Conser- Nos abonnés à la musique trouveront, encartée dans ce numéro,
vatoire. la Chanson de la Brodeuse, de Henry Purcell, poésie de Sir
— Le jury du concours de la Société artistique des
Charles Sedley.
Amateurs, que présidait M. Ch.-M. Widor, assisté de JACQUES HEUGEL, directeur-gérant.
MM. Georges Hue et Henri Rabaud, directeur du Conser- MPRIMERIE CHAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS — OEncre Lorilleui).

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