Vous êtes sur la page 1sur 10

Le Ménestrel : journal de

musique

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


. Le Ménestrel : journal de musique. 1867-02-17.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des
reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public
provenant des collections de la BnF. Leur réutilisation s'inscrit dans le
cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
- La réutilisation non commerciale de ces contenus ou dans le cadre
d’une publication académique ou scientifique est libre et gratuite
dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien
de la mention de source des contenus telle que précisée ci-après : «
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France » ou « Source
gallica.bnf.fr / BnF ».
- La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait
l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la
revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de
fourniture de service ou toute autre réutilisation des contenus
générant directement des revenus : publication vendue (à l’exception
des ouvrages académiques ou scientifiques), une exposition, une
production audiovisuelle, un service ou un produit payant, un support
à vocation promotionnelle etc.

CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de


l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes
publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation


particulier. Il s'agit :

- des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur


appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés,
sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du
titulaire des droits.
- des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques
ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la
mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou
autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces
bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le


producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code
de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont


régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre
pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de
son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions


d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière
de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions,
il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet
1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter


utilisation.commerciale@bnf.fr.
{„C4-3^eA^£E-iVi2. PARAIT TOUS LES DIMANCHES Dimniicîic 17 Février 18(57.
(J_,es Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)

MUSIQUE ET THEATRES
J.-L,. I-IEUGEL, Directeur
COLLABORATEURS DU .JOURNAL :

MM. TH" ANNE, H. BARBEDETTE, HENRI BLAZE DE BURY, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD,
OSCAR COMETTANT, G. DUPREZ, DE GASPERINI, L. GATAYES, LÉON HALÉVY,
B. JOUVIN, E. LEGOUVÉ, MARMONTEL, A.MÉREAUX, A. DE PONTMARTIN, PROSPER PASCAL,
ALPHONSE ROYER, G. DE SATNT-VALRY, P. RICHARD, J.-B. WEKERLIN et XAVIER AUBRYET

Adresser FRANCOà M. J.-L. FI1ÎUGEL, directeur du MÉNESTim., 2 his, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et lions-postes d'abonnement.
Un an, texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant 20 iï.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et do Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Etranger, les frais de poste en sus.

SOMMAIRE-TEXTE l'année 1822, Hérold jouait le personnage de rIr-


A cette date de
résolu, une comédie oubliée, de Dcstouehes. Il laissait marier une
femme qu'il aimait, et il demandait en mariage (pour se dédire en-
I. Hiinou), fa vie cl ses oeuvres 3e partie, 2e article), B. Jocvix. — II. Semaine théâtrale,
suite), une jeune fille qu'il n'aimait pas. Si on l'eût laissé libre
GUSTAVE BERTRAND.—III. Tablettes du pianiste et du chanteur, inélhode de clianL du

GossERYATOtiu: (chapilre III, section IV). —IV. Nouvelles, soirées et concerts.


d'épouser à son gré, regrettant celle qu'il avait quittée pour celle
.
qu'il avait choisie, il. eût été capable de s'écrier, comme le héros de
Destouches :
MUSIQUE DE CHANT
''.' Nos abonnés à la musique, de CHANT recevront avec le numéro do.ee jour J'aurais mieux, je crois, d'épouser Célimène.
A UNE FLEUR
Son journal est fort amusant à consulter sur la fièvre matrimo-
',• mélodie de G. BIZKT, poésie Ù'ALFIUÏD DE MUSSET; suivra immédiatement: 11 fui', niale qui le prend et le quitte. Un moment, il est tout de flamme
froid àws les bois, nouvelle mélodie de J.-B. WEKERLIN.
;
pour voler à l'autel; l'instant d'après, il fait un retour sur sa santé,
qui est faible, il additionne son revenu, qui est mince, il découvre à
PIANO l'horizon matrimonial un beau-père qui poudroie, une belle-mère
publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de PIANO:
Nous qui flamboie, et il s'empresse dédire serviteur à la fiancée. « J'ai de
SOUS LES SAULES, idylle de L.-L. DELAIIAYE; suivra immédiatement: UNE ROSE,
;
«
grandes confidences à te faire, mon cher petit livre! loi, ma res-
;. mazurka de J.-L. BATTMANK.
« source
dans mes malheurs ! toi," le journal officiel de mes prospé-
«
rites! Or donc, je te dirai que M1Le S..., que je voulais épouser,
s'est mariée à l'improviste, sans me laisser le temps de demander
HÉROLD
<

« sa
main.... Si ma mère eût parlé, on me l'eût accordée; mais elle
«
s'est tue, et la demoiselle m'a dit, en parlant de son futur : « C'est
«
le premier qui m'ait demandée en mariage, et je l'épouse. »
SA VIE ET SES OEUVRES Pour se consoler d'avoir perdu MUo S...., Hérold veut se marier
sans perdre de temps ; l'occasion se présente d'épouser une jeune
TROISIÈME PARTIE
fille de seize ans, « blonde et jolie; » il n'a qu'un mot à dire, il le
dit, et le consentement des grands parents ne se l'ail pas attendre.
Vous 'croyez notre homme sur des roses : il est sur des épines!
il O.u'ai-je fait? s'écrio-l-il, unobélise énorme I et je viens de lâcher
>
Hérold tempérait
une imagination mobile et inquiète par une rai- d'y remédier par un manque de parole qui doit chagriner des per-
«
son iroide et un sens juste et pratique des nécessités de la vie. Tour qui n'ont cherché qu'à m'élre agréables.
.

« sonnes >•

a tour soulevé par la poésie de l'art et retenu par la prose de l'exis- 11 écrit donc au père et à la mère de la jeune fille que ses (rente
tence, il ressemblait à
un aérostat chassant sur son ancre : l'imagi- ans sont beaucoup trop âgés pour épouser quinze ans et demi. Son
nation était capricieusement secouée et entraînée; mais la raison refus, mal compris de la-famille, est accepté comme un ajournement.
finissait toujours
par fixer sur le sol ce ballon qui aspirait à monter Il ne dispute point, trop heureux de reprendre sa liberté, et il achève
vors lous les nuages. L'artiste, le front dans la gloire, rêvait
aux sa partition du Muletier, qui, selon son expression, va le « remettre
lieanx opéras qu'il voulait écrire, tandis
que l'homme, la main dans à la merci de.ces vilains journaux. » Un peu plus bas nous lisons:
>
escomptes, apportait ses épargnes au Trésor, et, bien différent de Je me suis abonné successivement à chaque journal pour enTrou-
«
•'fan qui
« mangeait son fonds avec son revenu, » accroissait peu « ver un
qui me convînt : je n'en reçois plus aucun. »
Peu le capital, avec les rentes. De retour en France et dans l'an-
11
Le Maleiier est joué le 12 mai 1823, et le musicien écrit dans son
née qui précéda le succès du Muletier, le revenu modeste du musi- journal, à la date du 17 : « Parlons un peu de mon Muletier. Sifflé un
l'icn atteignait et dépassait
un peu 2,000 francs. Ce n'était pas encore peu le premier soir, il s'esl relevé. J'ai un éloge unanime des
«
a ' médiocrité dorée
»
chantée par le poêle latin; mais c'était déjà,
- •>
journaux, -ci js ne trouve pan de femmo comme je veux. »
'U0(-' la dignité de la vie Hérold, en prenant sa part des sifflets qui accueillirent les lon-
et le repos de l'esprit, le droit d'avoir du
; talent sans mourir de faim.
.

gueurs du. poème, fait acte d'extrême courtoisie envers son collabo-
90 LE xMENESTREI.

rateur, M. Paul de Kock. La critique, comme il le dit lui-même, enragés. Vendôme esl donné, le vendredi 5 décembre, devant une
m :

gnifique assemblée : le Roi, Monsieur, Msr et Mme la duchesse d'Ancou*


donna à sa partition un suffrage unanime. Elle loua dans sa musique
variété, couleur locale bien saisie, lême, etc., etc., toute la Cour. Une loge, splendidement décorée, avaitéf
« la grâce, la verve, la une > et
construite à l'amphithéâtre. Un enthousiasmeinexprimable; des cordons
ne lui trouva que le défaut « d'être trop travaillée et de viser au ros- bleus et des cordons rouges au parterre ; succès complet : voilà les résul-
«
sinisme par des réminiscences. >
L'un des deux reproches ne me
tats de cette soirée. Quelques jours après, présentés au ministre de h
semble pas très-clairement exprimé. A l'époque où fut joué le Mule- maison du roi, le maréchal marquis de Lauriston, nous avons reçu de
tier, ce qu'une critique incompétente ou tout au moins trop superfi- bouche l'assurance du plaisir que notre ouvrage a fait à la
sa
"famille'
cielle baptisait avec méfiance de ce mot, une musique trop travaillée, royale. »
peut se traduire hardiment par une harmonie piquante et neuve et
une mélodie originale. Les hommes de goût et les hommes du mé- Viennent des détails assez curieux sur la représentation de Yen-
tier surent apprécier une ouverture qui décelait la main d'un maître, dôme aux Tuileries :
et le morceau symphonique du sommeil des Muletiers, avec sa note
de cor qui exprime, chez l'amoureux Henriquez, le battement du « Mardi, 16 décembre, notre Vendôme a été donné au théâtre des Tui-
leries devant Sa Majesté. Le roi, à la fin du spectacle, a voulu que nous
coeur. Mais ces beautés^étaientperdues pour cette portion du public lui fussions présentés
qui saluait d'un rire grossièrement approbateur la chanson deFlan-
« Nous nous rangeons dans le salon que S. M. doit parcourir. La
drinos, écrite à regret par le musicien dans la mesure et dans le loge du Roi s'ouvre ; le duc d'Angoulême en sort, précédé et suivi de
goût de la muse chansonnière de l'Opéra-Comique. quelques maréchaux. Il nous salue rapidement. Vient ensuite Monsieur'
.

Quant au reproche de transporter et de populariser à Feydeau des même cérémonial. Les Princes ne s'arrêtent pas quand ils précèdent lé
procédés applaudis à Favart, Héroldleméritaitaumème titre qu'Àu- Roi. Le Roi paraît, assis dans son fauteuil. S. M. dit à ceux qui font rou-
ber. J'ai démontré à plusieurs reprises, en étudiant les oeuvres des ler le fauteuil : « Arrêtez! » On ne l'entend pas et il répète plus fort :

deux maîtres rivaux de la jeune école française, que leur talent, qui se « Arrêtez ! arrêtez ! » Cette fois on l'entend. Nous nous approchons. Le
cherchait, s'était trouvé pour tous deux et avait jeté les premières premier gentilhomme de service annonce : « Les auteurs de Vendôme],
vives étincelles au contact du génie rossinien. Quand leur chaude S. M. nous dit avec beaucoup de grâce : « C'est un très-beau spectacta
admiration, dont ils n'essayaient plus de faire mystère, neleseûtpas C'est charmant ! Je suis fort content. » S. M. s'éloigne ; les duchesses
d'Angoulême et de Berry la suivent et nous saluent, comme ont fait le
jetés sur le chemin de l'imitation, la modèles y eût entraînés malgré
Princes.
eux; car la mode s'impose avec la même autorité dans les arts, les
lettres et les chiffons. Un novateur crée un patron poétique ou mu- « J'ai su que, pendant la représentation, au moment où Dérivis chante;

sical, comme un tailleur de la fashion crée un patron d'habit : ses stances (qui ont produit beaucoup d'effet à l'Opéra), S. M.'se tournant
vers la duchesse d'Angoulême,- lui a dit tout haut : « C'est très-bien, cek\>
hommes graves, hommes frivoles, tous endossent l'habit, s'ils ne le et que la duchesse a répondu par une inclination et un mouvement qui
portent pas tous avec la même bonne grâce ! exprimaient, la plus vive satisfaction. Après cela, nous nous sommes reti-
Quatre mois après le succès in Muletier, le 8 septembre, l'Académie rés fort contents. Une chose singulière : je ne crois jamais avoir été si
royale de musique représenta le petit acte de Lasthénie. Cette comé- triste que pendant cette soirée, qui finissait si honorablement pour moi.
die froide, toute en conversations amoureuses d'une fadeur à la Une présentation au Roi, un costume de cour, une préoccupation invo-
Dorât, était tirée d'un chapitre des Voyages d'Ànténor en Grèce, de lontaire... Et pourtant je n'étais pas ému au moment où le Roi allait pas-
M. de Lantier. Le collaborateur d'Hérold, M. de Chaillou, fonc- ser devant moi! tandis qu'il m'a semblé que mes trois collaborateurs',
tionnaire instruit et homme du monde aimable, avait rimé MM. Empis, Ménéchet et Auber, étaient dans la plus, .vive agitation. Au-
jourd'hui, je lis dans tous les journaux la scène d'avant-hier soir, et j'en
sans prétention et gardé l'anonyme : par là il déférait à l'arrêt suis bien aise. »
du public qui, le premier soir, n'accueillit pas sans protestations ce
marivaudage grec. Adolphe Nourrit joua, aux côtés de son père, le Le roi fit remettre à chacun des quatre auteurs de Vendôme u
rôle modeste de Cléomède, tandis que celui-ci, par droit d'ancien- Espagne, par les mains de M. de Blacas, une épingle en diamant,
neté et de paternité, faisait le personnage du brillant Alcibiade. Monsieur, de son côté, chargea M. de Maillé de leur donner en son
L'embonpoint excessif de Nourrit père fit sourire dans les légèretés nom, en accompagnant cette gracieuseté des compliments les plus
du jeune débauché. Ce fut l'éclair de gaieté de la représentation. flatteurs, un joli cachet de montre.
Hérold avait été peu échauffé par un sujet qui n'offrait au musi- Voilà bien des honneurs, bien des compliments, bien dû cérémo-
cien ni passion ni situations. Tout en l'accusant de « viser au rossi- nial, sans compter les cadeaux, pour un badigeonnage musical qui
nisme, » on loua, clans sa partition, un beau trio : Se peut-il qu'ainsi devait avoir juste la durée de ces arcs-de-triomphe, brossés en décor
l'on outrage? le choeur final, et surtout un duo délicieux pour deux d'Opéra, qui ornent la place de la Concorde les jours de grandes
femmes, Lasthénie et Hyparete, chanté par M,1Ies Grassari et Sain- fêtes officielles ! Les princes croient beaucoup honorer les arts lors-
ville. Hérold, clans son journal, dit peu de mots de son ouvrage : qu'ils donnent la banalité de leurs sourires à ces mascarades dorées
«
Lasthénie a été assez mal accueillie du public. Des expressions de la poésie et de la musique, qui ont défilé devant eux sans être ni
«
triviales ont fait rire les spectateurs. La seconde représentation a regardées ni écoutées, et qui rabaissent le poète et le musicien! El,
«
été très-bien ; d'heureux changements dans le poëme nous ont ce qui est plus triste encore, les artistes ainsi récompensés ont
<
valu la faveur de ce même public. Nous voici à la sixième repré- l'humilité de mettre toutes les joies de l'orgueil à savourer de telles
«
sentation chambrée toujours complète, s
.-
récompenses! C'est dans les deux soirées mémorables de la Muette et
Vendôme en Espagne succéda à Lasthénie, et sur la même scène. de Zampa qu'Auber et Hérold eussent mérité de voir s'ouvrir devant
Cet opéra de circonstance avait été improvisé pour saluer, dans une leurs renommées le palais des Tuileries, et d'être traités en souve-
fête publique et royale, le duc d'Angoulême de retour de son expé- rains par le Souverain. Mais, en France, sait-on jamais rien faire'
dition d'Espagne. Vendôme en Espagne fut représenté à l'Opéra, propos?
devant la famille royale, le 5 décembre 1823. MM. Ménéchet et Em- B. JOUVIN.
[Lu suite au prochain numéro).
pis avaient écrit le livret, et Hérold et Auber fleurdelisé la musique.
Droits de rcuroduction et de traduction résetvés.
Mais le génie des deux jeunes maîtres n'était, ce soir-là, qu'un pré-
texte à enthousiasme officiel. La foule se pressait à un autre spec-
tacle; des places de parterre avaient été vendues à la porte 200 francs.
L'opéra fut fort applaudi et peu écouté; la claque de la salle se fit
entendre bruyamment dans les journaux. Hérold raconte à sa ma-
nière cette solennité. Il faut lui laisser la parole :

«Choisi par le gouvernement, avec Auber, pour faire la musique de


Vendôme en Espagne, grand opéra, à l'occasion du retour du duc d'An-
goulême, nous travaillons, Auber et moi', depuis deux mois comme des-
LE MÉNESTREL 91

reuse; il ne manque pas de mérites : je lui préférerais pourtant les cou-


SEMAINE THEATRALE plets de Sardanapale, dont une phrase au moins est fort élégante, mais
que la voix de Monjauze a malheureusement trahis.
Il faut citer ensuite le grand air de Salmenôs, essayant de ranimer le
n
Sardanapate,ojikra. en trois actes de M. BECQUE, musique de M. JONCIERES.
BE-LvniQUE : courage du roi et de ses officiers, et déplorant d'avance la ruine de la dy-
ÉATBE-ITALIFX : début de MUc Harris; représentation au bénéfice de M. Alary ; la Lo- nastie de Nemrod et de Sémiramis. Le finale du deuxième acte, qui com-
T
xia •'rails, opéra-bouffe en un acte. — FANTAISIES-PABISIENXES: Le Sorcier, comédie à mence bruyamment après l'assassinat de Salmenès, est plein d'effets wag-
NOUVELLES.
ariettes, de PHILIDOB, — nériens; l'harmonie est traversée de fusées volant dans tous les sens; il
y a des suites d'accords tout à fait désobligeantes à l'oreille; la dernière
Nous avons promis de revenir sur Sardanapale, et nous tenons parole. reprise est cependant-pleine d'entrain, et le grand maître de la musique
Disons d'abord que la plupart de nos confrères nous ont paru sévères
de l'avenir trouverait sans cloute trop de mélodie en tout cela.
le librettiste. La déplorable qualité des livrets est un fait tellement Au dernier acte, enfin, une longue invocation à Baal, que Cazaux a fait
pour
coutumier, qu'on en vient à les déclarer mauvais de prime-abord et de applaudir, — un air de Myrrha, qui entre sur de fines et délicates harmo-
confiance. M. Becque nous paraît avoir tiré bon parti de l'oeuvre de By- nies de violons, — un duo beaucoup trop long, et trop fréquemment coupé
ron, qui avait grand besoin d'êlro remaniée pour l'adaptation musicale. par les appels des trompettes qui annoncent les progrès de la révolte au
La jeune Grecque inventée par Byron nous est ici présentée dans une
dehors, — enfin un choeur très-court pendant l'apparition momentanée,
circonstance plus pathétique; Myrrha va être sacrifiée sur l'autel deBaal, mais vraiment féerique, du bûcher sur lequel Sardanapale a groupé autour
,
quand le roi passe, admire sa beauté et la sauve : la flore Athénienne, de lui toutes ses femmes et tous ses trésors.
forcée de choisir entre la mort et le harem, préfère la mort; mais on la Nous avons dit les mérites de l'interprétation, et surtout l'appoint con-
force à vivre en dépit de sa vertu ; elle assiste, toujours pure, aux orgies du
sidérable apporté au succès par M 110 Nilsson. Sardanapale était monté avec
palais et n'avoue son amour qu'après la défaite du roi et au moment de infiniment plus de soin que Déborah, et cette inégalité seule a pu contri-
partager sa mort. Les contrastes du drame sont habilement distribués. —
buer dans une proportion incalculable à la différence de leur destinée.
Un bon début de librettiste est aussi précieux qu'un bon début de mu- On lit dans l'Entr'acte :
sicien.
Une décision importante vient d'être prise par M. Perrin, directeur de
Nous avons dit l'impression générale que laisse la partition de M. Jon- i.
l'Opéra. Les fonctions de directeur de la musique, occupées jadis par Halévy,
cières. On y retrouve tous les effets connus des maîtres les plus divers qui puis par Girard, viennent d'être rétablies. Le directeur de la musique a toute
se partagent la faveur ou la curiosité du public Les idiotismes de la fac- autorité sur les artistes du chant, sur les choers et sur l'orchestre. Il peut, quand
ture italienne y coudoient les réminiscences de Meyerbeer et de Gounod; il le juge convenable, prendre le bâton de chef d'orchestre. Il [fallait pour ces
Verdi et Donizetli y font des politesses à Wagner. L'influence de ce der- importantes attributions un artiste consommé, un musicien érudit. Le choix ju-
nier se fait reconnaître à certaines suites harmoniques dune dureté ex- dicieux de M. Perrin s'est porté sur M. Gevaert, et ce nom a été accueilli avec la
trême, à certaines combinaisons de timbres qui sont parfois heureuses, à plus grande sympathie par tout le personnel de l'Opéra. »
l'emploi abusif et souvent non-motivé des effets suraigus des violons laissés Assurément le choix est excellent, mais ne pouvait-il l'être davantage
bien à découvert, et de quelques autres particularités qui sont autant de en tombant sur un musicien français? Il me vient à l'esprit cinq ou six
petites signatures du musicien de l'avenir. noms aussi autorisés que celui de M. Gevaert. Enfin !... il est écrit que nos
Il y a d'ailleurs bien du travail dans tout cela; le compositeur a saturé compositeurs ne seront jamais prophètes en leur pays.
les accompagnements de petits dessins ingénieux; il s'y perd lui-même et
nous excède. Si les deux derniers actes ont moins brillamment, réussi que L'OPÉRA-COMIQUE donnera, le lundi 25 février, la première repré-
le premier, ce n'est peut-être pas qu'ils fussent inférieurs, c'est que l'on sentation de l'oeuvre nouvelle de M. Victor Massé. Nous rappelons que le
commençait à se fatiguer d'un style très-composite et surchargé d'inten- poëme est de MM. Eugène Labiche et Delacour. Il gardera le titre sous le-
tions. quel il avait été répété. Voici la véritable et complète distribution des
C'est d'ailleurs par là que les débutants pèchent presque toujours : ils rôles du Fils du Brigadier : Emile, Montaubry; — le Brigadier, Crosli ;
veulent frapper coup à chaque instant; il leur faut des effets à tout prix,
— Bittermann, Sainte-Foy; — Benilo, Prilleux; — Frédéric, Leroy; —
et comme ils se défient encore un peu d'eux-mêmes, ils en demandent aux Calalina Mlle Girard ; — Thérèse MIlc Marie Roze ; — Catherine
, , ,
maîtres et aux oeuvres en vogue. La nécessité est d'autant plus impérieuse Mllc Révilly.
qu'on s'est donné tout d'abord un moule plus vaste à remplir. Nous ne L'indisposition de Couderc se prolonge. Il souffre d'une irritation des
cesserons de répéter que cette condition de débuter en quatre ou cinq actes, bronches et de la gorge. On lui commande le repos pour quelque temps.
pi de plus 'en plus passe en coutume, et qui semble au premier abord un Les représentations de Mignon, à l'Opéra-Comique, auront lieu lundi,
privilège magnifique, ne sera jamais pour les jeunes artistes qu'un guet- mercredi et vendredi de la semaine prochaine. Les jours adoptés jusqu'à
apens. Mis en demeure de combler ce gouffre béant, ils font comme ce fon- présent pour cet opéra, ontôlé changés, à cause du bal des artistes drama-
deur qui, craignant que le métal ne vînt à manquer pour l'achôvemen t tiques, qui sera donné le samedi 23, et qui forcera le théâtre de faire relâche.
de l'oeuvre nouvelle, jetait, dans la fournaise tous les vases, toutes les Le public y aurait perdu une représentation de l'oeuvre d'Ambroise Tho-
statues, tous les objets d'art qui lui tombaient sous la main. Faut-il mas, et c'est ce que l'administration a voulu éviter.
s'étonner après cela si l'alliage quelquefois s'achève mal, s'il trahit par La cantate de M. Emile Pessard sera décidément exécutée à l'Opéra-
endroits la présence de métaux disparates, et si môme la fusion, restée im- Comique le jeudi 21 courant; elle aura pour interprèles MM. Caron et
parfaite, laisse voir les formes mal effacées des oeuvres connues qu'on y a Ponsard, de l'Opéra, et Mllc Peyret.
fait servir pêle-mêle?
J'ai trop longuement insisté sur les défauts généraux d'une partition qui MUl! Harris a fait, samedi dernier, un assez heureux début au THÉÂTRE-
a aussi de grands mérites. L'amalgame dont nous venons de parler est fait ITALIEN. — Heureux, mais nullement au point d'inquiéter la Palti, comme
avec une certaine audace, avec une certaine verve qui marque l'individua- l'assuraient d'avance des réclames imprudentes. Ne peut-on désormais an-
lité Tout le monde n'imiterait
pas ainsi. Notre premier mot sera notre noncer le début d'un artiste, sans lui donner à l'avance les proportions
dernier mot aussi le musicien n'est d'un événement? M1Ie Harris nous vient d'Amérique, comme la Palti ;
: pas encore fait, mais çà et là le tem-
pérament d'artiste s'est vivement affirmé. elle a eu, dit-on, le même professeur ; elle est mignonne; elle a seize ans,
Au premier acte,
on a remarqué tout d'abord de beaux récits du grand- et une voix de soprano sfogalo qui n'est pas encore bien robuste ni bien
prêtre et un duo d'une allure entraînante entre ce même personnage et le posée dans le médium, mais qui a de charmantes qualités dans le registre
satrape rebelle qui doit conduire la révolte. L'air de Myrrhâ, menée au aigu. Elle fait joliment le trille et vocalise déjà très-habilement. Elle a
supplice et jetant surtout bien enlevé son rondo final.
un dernier adieu à la pairie lointaine, m'a .paru moins
original, mais il est chanté Dimanche a eu lieu la représentation au bénéfice de M. Giulio Alary,
par Mlle Nilsson. Les chants funéraires des
Prêtres sont interrompus d'une manière piquante, maestro al cembalo du théâtre. On jouait un opéra bouffe en un acte, dont
par les airs de danse et
de fêle qui la musique est du bénéficiaire et le livret emprunté au répertoire du comte
annoncent le passage du roi Sardanapale. Le couplet, finissant
en trio, j'allais dire le madrigal du roi offrant à la jeune fille le salut et Giraud de Rome. La Locanda gratis est une vieille farce assez réjouis-
'e bonheur dans
son sérail, a beaucoup de grâce et a été bissé. Le finale sante. Il y a un traître qui tient une jeune fille séquestrée dans une mai-
est bien fait. Tout le premier acte annonçait
un succès. son déserte dont il est intendant, et qu'il s'amuse à peupler de fantômes,
Le rideau
se relève sur une fin d'orgie; les choristes, épuisés de vo- pour empêcher son maître de la louer. Un poêle famélique, Eutichio (pro-
uPté, apparemment, murmurent à peine. Les bayadères
nous réveillent noncez Eoutikio) de la Castagnara, obtient d'y loger gratis. Il lire un coup
.
en'ui, et leurs airs de danse de pistolet à l'intendant qui veut jouer au fantôme. La belle prisonnière
nous ont paru d'une originalité bien labo-
reuse. L'air de Myrrha, qui est est délivrée par la même occasion : il se trouve qu'elle est aimée du jeune
une invocation aux Muses et à l'amour
lhre de la Grèce, été propriétaire et qu'elle l'épousera.
a pour MUe Nilsson le prétexte d'une ovation chaleu-
92 LE MENESTREL

Zucchini, qui fait le poète, est merveilleux de poltronnerie etd'épou- € Patti n'a donc pas demandé la mention que vous critiquez, et je doisbn
M 110
vantements. Il est bien secondé par Agnesi, MUo Castri et M 110 Zeiss, qui outre déclarer que MUl? Patti m'a exprimé tous les regre's de sou absence et
s'est révélée dans un rôle bouffe. La musique du maestro Alary est agréa- s'est mise à mon entière disposition pour la réparer. — Je vous prie, Monsieur
blement coulée dans le moule bien connu de la faclure italienne. Il est le rédacteur, de vouloir bien insérer cette rectification dans votre plus prochain
numéro. Agréez, etc.. »
inutile d'analyser en détail une partition improvisée qui n'avait pas l'am-
bition de vivre plus d'un soir. A la fin, le maestro bénéficiaire est venu Mentionnons enfin l'heureuse reprise du Sorcier, de Philidor,
aux
saluer avec les artistes... à l'italienne! FANTAISIES-PARISIENNES. Voilà donc une des premières productions,
un
Mlle Palti n'a pu prêter à celte soirée leçon cours qu'elle avait pro- des incunables de notre Opéra-Comique, alors qu'il s'essiyait naïvement
mis, et promis gratuit. Le journal le Camarade s'étant égayé à ce sujet, avec le nom modeste de comédie à ariettes sur les petites scènes delà
le maestro Alary a cru devoir lui adresser la lettre que voici : foire Saint-Laurent! Je ne vous dirai pas que l'opérette du bonhomme
Monsieur le Rédacteur, je viens rectifier une erreur g'ave que vous avez Philidor semble écrite d'hier, mais elle porte assez gaillardement ses
n
commise dans votre numéro du mardi là février, sous la signature d'Arthur cent ans, et sa naïveté ne manque pas de saveur. Mlle Bonelli est char-
Pougin, relativement à la représentation faite à mon bénéfice. — Dans cet article mante en ingénue de village, et MUe Decroix pleine d'entrain clans un
vous'attaquez MUe Patti, et l'accusez d'avoir voulu que l'affiche portât la mention rôle de mère. Geraizer a bien chanté l'air du Sorcier. Du reste, celle
de son concours gratuit. exhumation ne s'est pas faite sans quelque apprêt : M. Jules Adenis a
«
Voici la vérité : C'est par erreur que l'affiche portait les mots de « concours retouché le livret, M. Ferdinand Poise la musique ; c'est une édition
gratuit, « au lieu de « concours gracieux; » il.y a d'autres artistes au Théâtre- revue: jusqu'à quel point diffôre-t-elle de l'édilion-princeps?
Italien qui chantent au cachet, et non au mois; c'est pourquoi l'affiche devait
porter les mots i concours gracieux, s GUSTAVE BERTRAND.

TABLETTES DU PIANISTE ET DU CHANTEUR


MÉTHODE DE CHANT DU CONSERVATOIRE

Rédigée par MM. CIIEBDBINI, rapporteur ; MÉIIUL, GOSSEC, GARÂT, PLANTADE, LANGLÉ, RICHER et GUICHARD, avec la collaboration du membre de l'Institut GUINGUËNÉ,
et du chanteur-professeur italien BERNARDO MEKCOZZI.

DEUXIEME PARTIE un effet semblable à celui qui résulte d'un éclat de rire (1). Celle manière'
traitant (le la pratique de la méthode d'exécuter la Roulade est appelée chevrotter. Ce défaut, une fois contracté,
-est très-difficile à corriger.
Dans une Roulade montante, la force des sons doit augmenter graduel-
SECTION IV lement ; on suivra l'ordre inverse dans une Roulade descendante. Ceci est
DES AGRÉMENTS DU CIIANI1 une conséquence de ce que nous avons déjà fait remarquer au sujet delà
:
§ 1er. De la Roulade. force graduée des sons, au commencement de la Section troisième du pré-
La Roulade, ainsi que le Trille, sont, parmi les agréments du chant, sent chapitre. Nous observons, toutefois, que.malgré cetle règle, le son qui
ceux dont l'exécution est des plus difficiles. commence une Roulade doit être attaqué avec force, afin de servir d'im-
La légèreté de la voix est la première qualité qu'on exige pour la Rou- pulsion aux autres sons, lesquels devront être nuancés ensuite selon la
lade : les élèves qui ne posséderont pas naturellement un te^avantage, règle.
doivent se le procurer à,force de travail. Les élèves, en commençant à exercer les Roulades, doivent les exécuter
..

En faisant une Roulade,: aucune des parties de la bouche ne doit re- lentement, afin d'en assurer l'intonation et les moyens qui les rendent
muer ; celle-ci doit êlre~à l'égard des Roulades, dans la môme position qu'à parfaites ; ils en accélèrent progressivement le mouvement, à mesure que
l'égard des gammes. ces mêmes moyens s'affermiront en se développant. '.
Les sons qui forment la Roulade doivenl être en même temps liés et
martelés par le gosier, et en articulant les sons de cette manière on doit § 2. De la petite note ou Appoggialura (2)
éviter de donner à l'expiration une sorte d'activité trop sensible. La PETITE NOTE est un agrément du chant que les Italiens appellent
La moindre atteinte portée à celle règle produirait dans une Roulade APPOGGIATURA. Elle se marque de la manière suivante :

L'APPOGGIATURA peut être appliquée au-dessu-s comme au-dessous de la un intervalle tantôt d'un TON, tantôt d'un DEMI-TON.
GRANDE NOTE. Quand elle est posée dessous, elle forme généralement un intervalle de
Lorsqu'on la pose au-dessus, elle peut former, avec la note qui la suit, DEMI-TON.

EXEMPLE.

L'Appoggiatura vaut ordinairement la moitié de la valeur de la noie


dont elle est suivie, et cette valeur est prise sur celle de celle note même. Les mêmes.traits avec l'Âppoggiatura préparée
Lorsque l'Appoggiatura est préparée, sa valeur, qui doit être égale à la
moitié de la note qui la suit, est de rigueur.
On l'appelle Appoggialura préparée quand elle est précédée d'une
grande note située au même degré qu'elle.
EXEMPLE.
(1) Dans cette méthode défectueuse d'exercer les Roulades, qui malheureusement ne s est
une trop propagée, surtout parmi les chanteurs modernes en France, 0:1 voit précisément",
différence qu'il y a entre la bonne et mauvaise manière de chanter.
(2) Le mot APPOGGIATUIII, dérivant du verbe APPOCGIAKE, qui veut dire APPUYER, on i<"
conséquomment appuyer et fixer ta voix sur la PETITE NOTE, et la couler sur la CHANDE NOTE.
Si l'on effleurait la PETITE XOTE sans y fixer la voix, le trait serait manqué, et l'on risquera,
de chanter faux
LE MENESTREL

UAppoggiatura en-dessus doit être articulée avec plus de force que On pratique aussi dans le chant un trait qui s'exécute en ajoulaui une
Appoggiatura en-dessous; mais l'une cl l'autre doivent être plus forte- petite note à ['Appoggialura, cl auquel on peut donner le nom de double
Y

ment prononcées que la noie à


laquelle elles sont appliquées (1). petite note ou double Appoggialura.

EXEMPLE

d'exécuter ce trait avec grâce et avec goût, il faut appuyer la voix


Afin Il n'est pas d'usage de marquer cet agrément tel que nous l'avons donné
sur la première petite note, détacher celle-ci de la seconde par une expi- dans l'exemple précédent, car il s'indique toujours par la simple petite
ration extrêmement légère, qu'à peine on doit entendre, et glisser rapi- note; le maître qui a du goût et de l'expérience doit faire senliraux élèves
dement la voix sur la troisième pour arriver à la grande note. les endroits oit celte double Appoggialura peut être employée.

AUTRE EXEMPLE DE CES TRAITF

qui, pour la première fois, se faisait entendre ici. Jamais depuis Liszt, dont il est
NOUVELLES DIVERSES l'élève, jamais aucun pianiste n'avait produit un tel effet parmi nous. Dans
un concerto de Beethoven et la fantaisie de Liszt sur Don Juan, M. Tausig a dé-
ployé tant de vigueur et de précision, un fini si parfait dans toutes les qualités
ÉTRANGER
réclamées par l'art du piano, que le public s'est trouvé entraîné. Comme chan-
teuse, on a entendu, à ce concert, M 11" Marie d'Edelberg, de Moscou, dans l'air:
On prétend que Tamberlick deviendrait prochainement directeur de la scène « En vain j'espère », de Robert-le-Diable, et les variations de Bode La jeune débu-
italienne de Saint-Pétersbourg pour laquelle une subvention importante lui tante s'est fort bien tirée d'affaire dans ces deux morceaux difficiles.
serait donnée,
— Nous avons beaucoup d'estime pour le mérite personnel de M. Ghislanzoni,
— L'opéra de M. Abert, Astorga, n'a pas obtenu à Carlsruhe la réussite
qu'il qui rédige d'une plume brillante la Gazzetta musicale di Milano; aussi est-ce avec
avait rencontrée à Stuttgart ; sa ville natale. C'est peut-être un peu la faute du un empressement véritable que nous nous rendons à un désir exprimé par lui
libretto, lequel manque d'intérêt. Grand succès, en revanche, dans la même ville dans son numéro du 10 de ce mois. «La Gazette musicale de Milan, avions-nous dit,
de Carlsruhe, pour Vlphigénie en Aulide, de Gluck. prendM.Boqueplanà partie, pour une boutade de l'un de ses derniers feuilletons,
où notre spirituel écrivain affirmait que « la musique italienne était passée de
— On écrit de Darmstadt à la Gazette de Cologne : mode,etc.,etc. » Dans son article défensif, [aGazzetta fait remarquer que,parmi
« Les Nazaréens à Pompéi, grand opéra romantique de C. Gollmick, mu-
les artistes italiens eux-mêmes, il ne manque pas de gens qui décrient les OJlivres
sique de J. Muck,
a été représenté sur notre scène avec un-vrai luxe et a su italiennes. Disons à notre confrère milanais, si un tel aveu peut le consoler, que
justifier l'éloge qu'on en faisait à l'avance. La pièce est tirée du roman de Bulwèr
:
les Derniers jours du Pompéi. Le compositeur
le. fait est encore bien plus ordinaire en France, et que les ennemis les plus
a eu l'honneur d'être rappelé à la
fin des 3e et 4e actes, ainsi qu'à la chute du rideau. L'oeuvre de MM. Gollmick et acharnés que rencontrent nos partitions françaises contemporaines, sont des
Français : cela est triste ; mais il y a longtemps qu'il en est ainsi, et nous n'espé-
Muck est assez intéressante
pour réussir sur d'autres scènes; elle ne pèche guère
lue par certaines longueurs dans les premiers actes. Il sera facile de remédier à rons pas voir s'éteindre l'envie. Disons-lui aussi que l'écrivain combattu par lui
cet inconvénient. M. Bocker, chargé du principal rôle, important et difficile, s'en ne s'est guère jusqu'ici montré ennemi de la musique italienne, à laquelle, d'ail-
l;st acquitté d'une manière fort remarquable. La mise en scène est très-riche. Le
leurs, on a fait de tout temps en France une si belle place, souvent au détriment
tableau final représentant la destruction de Pompéi, est couronné par une apo- do nos compatriotes. Ce n'est pas en ces matières que nous exerçons le chauvi-
théose dont le triomphe du christianisme fait le sujet. nisme. » — Voilà, sans en retrancher rien, ce que M. Ghislanzoni a lu dans le
Ménestrel.
— LEIIV.IG.— U fallait une circonstance exceptionnelle pour animer jusqu'à Comment y a—t—il pu voir un mot désobligeant pour lui, ou qui le compromit,
'enthousiasme le public ordinairement si calme de
ces concerts du Gewandhaus. ainsi qu'il semble te craindre, auprès du lecteur français? Il n'était même pas
^

Cette circonstance s'est


présentée avec l'apparition du pianiste Tausig, de Berlin, nommé, et nous ne discutions pas son article ; nous en avions pris seulement
occasion pour les remarques médiocrement réjouissantes ci-dessus reproduites.
U) Si la petite
_0iUlans l'autre
note est trop ou trop peu appuyée, elle manque son effet soit dans un cas, .— Donnons pleine satisfaction à M. G.hislanzoni, en reconnaissant qu'il n'a mis
; et si elle est d'égale force que la GIIANDE NOTE, elle perd toute l'expression
.doit avoir. Ceux qui n'observeraient pointées nuances ne donneraient pas il cet agré-
ait l'expression dont il est susceptible, et leur manière de l'exécuter produirait un eil'ct
en cause M. Roqueplau (pie pour son opinion individuelle; laquelle, dit-il, « ne
peut pas être, et n'est pas celle de la France, nation éminemment hospitalière ci
Cl«ix, puisqu'il serait
ou trop mou ou trop exagéré. juste appréciatrice de ce qui est beau. »
94 LE MENESTREL

— Nous lisons dans la


Lombardie : — La Commission des auteurs et compositeurs dramatiques a décidé qu'rn,
« Hier au soir, le
théâtre de la Scala a été menacé, d'une grève qui aurait pu lettre de félicitations serait adressée à M. Gide, l'éloquent défenseur des droit!
amener la fermeture du théâtre. MM",es les choristes ont refusé de chanter, en de la propriété littéraire en Suisse. M. Gustave Chaudey, avocat, membre'/
prétextant que l'entreprise et la direction avaient violé le règlement de l'école conseil judiciaire de la Société, qui avait été chargé spécialement de conduir
populaire de chant à laquelle elles appartenaient, parce qu'on les surcharge de cette affaire, a été vivement remercié aussi par la Commission. Il ne faut n'af
répétitions au lieu de leur donner l'instruction qu'elles ont droit de recevoir. oublier un de nos confrères, M. Marc Monnier, auteur genevois, quia soutenu 1

« La grève a été conjurée par la détermination de la direction de payer aux cause des auteurs avec une grande énergie et qui a publié une brochure renia,,
choristes 1 fr. pour les soirées où elles ne chantent pas. » quable : La propriété littéraire et les droits des auteurs dramatiques à Genève
correspondance de Rome: (VEntr'acte.)
— On lit dans une
« La
première danseuse du théâtre Apollo a reçu à la tempe, en rentrant — Les membres du. comité de la Société des compositeurs de musique ont
chez elle, après la représentation, un coup de pierre qui l'empêche de paraître reconstitué leur bureau de la façon suivante : président, M. Reber ; — vice-pré.
sidents, MM. Gevaert et Vogel; — secrétaires, MM. Poisot et Ortolan; — biblio-
en public »
thécaire-archiviste, M. Wekerlin; — trésorier, M. Wolff. — M. Emile Durand
On signale le début à Messine d'une jeune cantatrice qui serait, dit-on, membre suppléant, a été appelé au comité en remplacement de M. G. Kastner'

destinée à marquer dans la carrière. De temps en temps il se fait de ces décou- nommé à l'unanimité vice-président honoraire.
vertes « d'astres dans le ciel de la musique », dont ensuite on n'entend plus parler.
Espérons que l'on parlera beaucoup de MUo Edwige Riccapjeri, pseudonyme qui — On annonce la prochaine arrivée à Paris de M. Gye, l'habile imprésario de
cacherait une personne d'excellente famille, supérieurement douée pour le Covent-Garden, qui vient faire connaissance avec Mignon, Don Carlos et Roméo
chant dramatique.
— Grand concert encore chez Rossini. On y a entendu : — pour la partie ius.
M. Vizentini, l'intelligent directeur de notre théâtre, vient de trumentale, Sighicelli, Schuloff et le jeune Bonnay; — pour la partie vocale:
— GAND. —
monter avec grand soin le Crispino des frères Ricci. Le Docteur Crispin a gaie- mesdames de Grandval et Marie Battu. Sighicelli a exécuté avec beaucoup de
ment réussi parmi nous, grâce surtout à la façon très-brillante dont la prima- charme et de douceur, la Berceuse, de Reber, l'air en mi de Mayseder et une
donna, Mme Balbi-Verdier, en a chanté et joué le rôle principal. Il y a en effet fantaisie de Rossini, intitulée : Un mot à Paganini; Schuloff, deux morceaux è
aujourd'hui, chez Mme Balbi, une cantatrice à succès, doublée d'une fine comé- piano de sa composition ; madame de Grandval, plusieurs mélodies médites dont
dienne. Elle est en pleine possession de la faveur du public. Celui-ci fait voir elle est l'auteur; madame Marie Battu, accompagnée par Rossini, un air de
Moïse. Puis est venu ce charmant petit virtuose qui s'appelle le jeune Bonnay.
par des applaudissements qu'il ne lui marchande pas, à quel point il regrettera
Il a joué, sur son étrange instrument de bois, une série de variations très-
son départ. Mme Balbi-Verdier est, dit-on, demandée par plusieurs directeurs à
à la fois et notamment par M. Letellier, de Bruxelles, trop habile homme pour brillantes sur le thème du Carnaval de Venise, et une valse. Rossini, qui aime
n'avoir pas apprécié notre jeune chanteuse. MM. Warnots et Depoitiers ont fait beaucoup cet enfant intéressant et lui reconnaît un sens musical extraordinai-
leur devoir en conscience dans le Docteur Crispin : ce sont de vaillants artistes ; rement développé, l'a félicité et embrassé à plusieurs reprises avec une tendresse
mais le genre bouffe n'est pas celui qui sied le mieux à leur talent... qu'il ne prodigue guère. Maintenant, bambino Bonnay, te voilà sacré artiste;le
maître t'a donné l'accolade ! — Deux chansonnettes gaiement enlevées parMale,-
Le concert au bénéfice de M. Adolphe Samuel, le chef d'orchestre des
— zieux ont dignement terminé la soirée. [Figaro.) '-•'•'
Concerts populaires de Bruxelles, de qui nous parlions dimanche dernier, reste
fixé à dimanche prochain, 24 février. Son programme est fort attrayant, le voici : Mlle Teresa Carreiïo, dont nous avons signalé les débuts à Paris, il n'y a pas"

•1° Fest ouverture, de Robert Volkmarm; 2° Andunte varié du 5e quatuor, de encore un an, reparaît parmi nous pour y retrouver le succès qui l'a tout d'abord
Beethoven, exécuté par tous les instruments à cordes; 3" Marche Turque de accueillie. Elle rencontre, d'ailleurs, les plus précieuses sympathies : «Les judi-
Mozart, orchestrée par Prosper Pascal ; 4° Ouverture de Hamlet, de Stadtfeld ; cieux encouragements de la princesse Mathilde n'ont jamais manqué ,dit le journal
5° (Mceressiilk und gluckliche Fahrt) [Mer calme et heureuse traversée), ouverture la France, à qui les méritait : aussi ses habitués du dimanche n'ont-ils pas èti
de Mendelssohn; 6" Romance en fa, de Beethoven, pour le violon, avec accom- surpris de voir s'approcher du piano, conduite par M. Gounod, une inconnue
pagnement d'orchestre, exécutée par M. Colyns; 7° Variations et marche de la qui ne le sera plus demain, une enfant de treize ans, mais paraissant en avoir
Suite, n° I, de F. Lachner. dix-huit, le visage très-beau, très-fièr, très-énergique... Cette inconnue, cette"
enfant, cette artiste, c'est la fille de M. Manuel A. Carreiïo, ancien ministre dei
GENÈVE. — Une seconde audition du programme de la Société de Chant du
— de la république de Venezuela, lui-même homme distingué, mais ayant perd»,
Conservatoire, avait lieu samedi dernier, dans la salle Bartholony, devant un pu-
toute sa fortune. La jeune protégée de M. Gounod a été couverte d'applaudis-
blic extrêmement nombreux. sements, auxquels sont venus s'ajouter des éloges qui seront pour elle un appui
Chacun a pu apprécier l'ensemble et la justesse avec lesquels les différents dans la vie, dont elle va commencer si jeune le rude apprentissage. » La fan-
morceaux ont été exécutés. Nous ne citerons ici que la scène finale de Loreley taisie de Liszt, sur la valse de Faust, a donné l'occasion à la nouvelle artiste de'
(choeurs et soprano solo), rendue d'une, façon telle que nous pensons que l'opéra
montrer tout le brillant de son exécution.
inachevé de Mendelssohn rencontrera difficilement de plus dignes interprètes
chez des amateurs. Ce beau résultat est dû surtout au zèle et au talent incontes- — Le-Struensée de Meyerbeerest à l'étude à l'Athénée, et y sera très-prochai-
table du professeur, M. Landi. L'orchestre a fort bien joué l'ouverture KEgmont nement exécuté. La direction compte également y faire entendre le grand oratorio:
et VAdélaïde de Beethoven, ainsi que l'andante, et le finale de la symphonie en Naaman, de Costa, que le célèbre chef d'orchestre compositeur viendrait
ut, de Mozart. diriger lui-même, et dont les soli seraient chantés par les sommités artistiques
présentes à Paris.
Mme Schumann est à Londres où elle a partagé le succès de Joachim, au

concert populaire du 4 février, l'un des plus beaux que l'on pût entendre. L'émi- — M. Koempel, de Weimar, violoniste des plus habiles et dont la réputation
nente pianiste a joué seule la sonate en ré mineur, de Beethoven, qui lui a valu était venue jusqu'à nous, se fait entendre aujourd'hui, pour la première fois,
d'interminables applaudissements, sans préjudice de ceux qui ont accueilli le trio aux Concerts Populaires. — A la bonne heure! assistons au défilé des artistes nos
en mi, du même maître, supérieurement rendu par elle et par ses partenaires voisins: est-ce une préface lyrique pour l'Exposition universelle?
Joachim et Piatti. Mme Schumann a exécuté encore, eu compagnie de Joachim,
deux romances de son mari. — Même succès le 9 février, avec la sonate en ut — Samedi, 9 février, la Société Sainte-Cécile, dirigée par M. Wekerlin, a fêté,
de Beethoven, et le quintette de Schumann. ' par un grand concert, sa 3e année d'existence. Les maîtres classiques compo-
saient à eux seuls presque toute la première partie du programme. Nous citerons
la sonate (op. S7) de Beethoven, jouée par MI,e Joséphine Martin avec, une énerçiii
toute masculine, énergie qui formait un heureux contraste avec la grâce et la
douceur qu'elle avait apportées précédemment dans l'exécution de deux mor-
PARIS ET DÉPARTEMENTS ceaux de sa composition. Dans l'air de Lotti, Mme E. Bertrand a su faire appré-
cier son style de bonne école et son goût parfait de musicienne. Mêmes éloges à
faire pour l'interprétation du duo de Demetrio (op. de Zarchi, 1787), où lés vois
Si nous sommes bien informé, la Commission supérieure de l'Exposition de Mmes Barthe et Bertrand ont lutté de délicatesse et de sentiment dramatique. 1
universelle, présidée par M. Le Play, vient de prendre une décision d'un Un intérêt particulier s'attachait à la sonate (en la) de Mozart, chantée avec des
grand intérêt pour nos jeunes compositeurs. Il s'agirait de réaliser une idée dont paroles de M. P. Fôval, par Mme Barthe Banderali; la cantatrice a obtenu un'v#
l'honneur revient à M. Ernest L'Épine, — celle d'admettre les musiciens à expo- ritable succès avec cette innovation, où l'arrangeur a eu le bon goût dé s'effacer
ser publiquement leurs oeuvres, ni plus ni moins que les peintres et les sculpteurs ! pour donner l'oeuvre intacte de Mozart. Toute la seconde partie du programme'
— Pour arriver à ce but, un orchestre, des choeurs et des chanteurs solistes se- était consacrée à M. Ed. Fournier et à son Entretien sur la chanson; l'orateur,
raient tenus à la disposition des compositeurs pour faire entendre leurs productions partant de l'époque latine, traversant le moyen âge, effleurant les mazarimics,
qui seraient médaillées tout comme des tableaux : ils pourraient concourir pour la et s'étendant sur la physionomie de la chanson à l'époque de Molière, a vive-:
scène lyrique, la symphonie, la sonate, les choeurs, la simple mélodie. La salle de ment intéressé le public avec des anecdotes, inconnues pour la plupart des audi-'
théâtre de l'Exposition universelle s'ouvrirait une fois par semaine à cette inten- teurs. Cette conversation était vivifiée par des exemples chantés par. les artistes
tion. L'idée d'exposition ou plutôt d'exécution d'oeuvres musicales jugées au con- du concert; parmi ces vieux airs, on en remarque de fort jolis, tels que la Beh
cours a été largement développée par M. Ernest L'Épine, il y a déjà quelques ceuse de la Vierge, la Chanson de Ronsard, le Vau-de-vire, de Basselin, vigoureih
années, dans le Constitutionnel et le Ménestrel. Depuis quelques mois, le Comité sèment enlevé par Archaimbaud, et un curieux fragment de la Cuisine en musi-
de l'Expositionuniverselle se préoccupant de sa réalisation pratique, M. Ambroise que, où l'on voit le cuisinier Le Bas mettre à toute sauce les flonflons qui cou-
Thomas avait été consulté à ce sujet, et nous sommes heureux d'être des premiers raient de son temps. Nous allions presque oublier le premier morceau du pn>\
à annoncer la réalisation aujourd'hui très-probable d'un projet qui intéresse si gramme, te Coin du feu, charmant quartetto di caméra, de M. Wekerlin :CB'
vivement l'avenir des compositeurs. quatuor vocal a fait le plus grand plaisir.
LE MÉNESTREL 95

Jeudi dernier a eu lieu chez notre collaborateur, M.


de Gasperini, une — LILLE. — M1Ie Dupuis, MM. Edouard Lyon, Nathan et Arnold viennent de
_••; tout intime, dans laquelle plusieurs artistes distingués ont bien voulu se donner en cette ville un concert dont les journaux disent grand bien. Le Voyage
^•""'entendre.
Nous signalerons surtout MM. Galvani, Agnesi. Pancani et Zuc- aérien, de Nadaud, chanté fort remarquablement par M. Lyon, a vivement im-
prodigué les meilleurs morceaux de leur répertoire. MM. G. pressionné l'auditoire. Ces mêmes artistes vont donner successivement des con-
r •
qui ont
White, Langhans, Trombetta et Lebouc ont exécuté le beau quintette, certs à Douai, Cambrai, Condé et Bruxelles.
fvffer
^cliuniann,
une entente irréprochable des détails et de l'ensemble do
— Une correspondance de l'Avenir National donne les détails suivants sur
avec
puissante composition. M. G. Nadaud a dit deux de ses plus fines chansons.
1

toujours, couverts de gloire. On n'a pas plus une opérette inéditereprésentée à Agen : « On a accueilli avec une faveur marquée
MM Lionnet frères se sont, comme le Caporal et la Recrue. On a rappelé ses trois interprètes. L'opérette en un acte,
de "aietë, plus de sentiment, plus d'esprit. de M. Lacoustôre, fusilier au 77° de ligne (qui chantait lui-même le rôle du
Les troischarmants morceaux : Au loin, Brise du soir et la Rondinella, du caporal), a été on ne peut mieux exécutée. Au point de vue de l'art, cela sent
__
belge Joseph Grégoir, instrumentés par Edouard de Hartog, qui ont naturellement un peu le débutant; mais il y a des choses charmantes, et ce qui
,njSte
Menu un si légitime succès en Hollande et en Allemagne, et que l'on dira pro- prouve que ce soldat (du reste lauréat du Conservaioire de Toulouse! est aussi
Minement aux Concerts populaires do Bruxelles, vont être également exécutés bon harmoniste que bon musicien, c'est que les récitatifs et l'accompagnement
soùs
aux concerts dirigés par Arban. sont ce qu'il y a de meilleur dans son opérette. M. Lacouslère a maintenant à
peu
l'étude, à Toulouse, un second opéra. »
Le temps est aux conférences, et le public commence à y prendre goût.
__
M Georges Pfeiffer et quelques artistes bien connus du monde musical parisien, — Un de nos meilleurs professeurs-compositeurs, M. B. Colomer, vient de
ont eu l'idée
d'associer aux séances de musique de chambre qu'ils se proposent donner chez lui une soirée où il a fait entendre ses compositions, parmi lesquelles
donner, l'élément conférence, et ils ont invité M. de Gasperini à se joindre à il faut citer : Venise, esquisse mélodique ; un Caprice élégant, fort bien écrit ;
de
La séance se composera de deux parties. Dans la première, — une causerie ainsi que Pleurs et Sourires, fantaisie qui a particulièrement charmé l'auditoire
eux ,
M. de Gasperini parlera
de l'auteur ou des auteurs dont les noms figureront une sonate, pour piano et violon, exécutée par l'auteur et M. F. Giraud, a fait res-

programme de la séance, insistant surtout sur l'oeuvre qui va être exé- sortir les qualités du compositeur; le scherzo, notamment, est plein de verve cl
au
cutée. La seconde est réservée à l'exécution musicale.—MM. Georges
Pfeiffer, de finesse; il a été redemandé. M. B. Colomer a terminé cette charmante séance
White Lebouc, Trombetta et M. de Gasperini annoncent trois séances à la salle par son entraînant Galop des Postillons.
Plevel, pour les mercredis 20 janvier, 6 et 20 mars. Ces séances sont consacrées :
— MUe Chaudesaigues a donné, dimanche dernier, une matinée musicale dans
la première à Haydn et Mozart, la seconde à Beethoven, la troisième à Mendels- les salons de M. Lebouc, avec le concours de MM. Norblin, Lebrun, Maurice
sohn et Robert Schumann. Dufresne et Francis Thomé. Entre autres morceaux, M1Ie Chaudesaigues a déli-
Le journal de Nice, du 9 février, se répand en éloges sur les concerts que cieusement chanté une nouvelle mélodie de Marmontel, intitulée : Dans les prés,

notre violoniste Alard vient de donner à Nice et à Monaco. De retour à Paris, et les couplets du Bouffe et le Tailleur, de Gavcaux, avec les variations de
Alard a retrouvé dimanche dernier, Salons Pleyel, en compagnie de Franchomme Mm" Cinti-Damoreau. Le duo déjà célèbre do Mignon, « légères Hirondelles, »
et de Louis Diémer, les mêmes bravos enthousiastes. chanté par la bénéficiaire et M. Dufresne, a été bissé à la demande générale. Une
dernière séance populaire de musique de chambre, Henry Fissot a opérette de Verconsin et d'Adolphe Blanc a joyeusement terminé la séance.
A la

remporté lès honneurs de la journée avec le Mouvement perpétuel, de Weber,
',
— Les petites fêtes d'artistes paraissent vouloir, cette année, devancer les raouts
qu'il a enlevé avec une rapidité vertigineuse et une netteté éblouissante. On a un peu tardifs du monde. Mme Soulé, qui tient un rang distingué parmi nos
entendu, dans la même séance, un quatuor inédit de Félicien David, oeuvre char- pianistes, à la fois exécutants et professeurs, a réuni l'autre soir, dans son coquet
mante et bien digne de rester au répertoire des vaillants artistes qui l'ont produite appartement de la rue Chaptal, une élite d'amateurs et d'élèves; elle a exécuté
:.en public pour la première fois. différents morceaux avec beaucoup de charme et d'autorité. Le violon de Sivori
Une toute jeune et charmante cantatrice. Mlle Anna Fabre, élève favorite de
et le violoncelle de MIle Hélôna de Katow ajoutaient encore à l'intérêt et à la grâce
— de cette soirée, heureux prélude du grand concert que Mme Soulé doit donner, le
'Mf Gaveaux-Sabatier, a fait ses débuts, dimanche dernier, salle Herz, au con-
27 mars, dans les salons d'Érard.
cert des Orphelins et Orphelines. Elle a partagé le succès de Delle-Sedie et chanté
avec ce maître, ce qui est un double honneur. Dans la partie instrumentale de ce Le 27 janvier, M. Eugène Pauvre a donné, salle Pleyel, une matinée musi-
: —
"be-iu concert, on a rappelé, entre autres virtuoses, M. et MUe Lefébure-Wély. cale avec le concours de Mme Peudefer, de MUe Louise Cantin, de MM. Sighicelli
MM. Sarasale etKetterer brillaient aussi au programme de cette soirée de bien- et Th. Ritter. Dans la scène comique, Végétal, animal et minéral, M. Eugène
faisance. Fauvre, s'est montré d'une bouffonnerie inénarrable ; dans ['Enfant Prodigue, il
—Les frères Guidon, avec leur répertoire si varié de duos, chansons, mélo- a su être, avec la même habileté, amusant et pathétique ; on pleurait d'un oeil, on
-

dies et poésies, obtiennent dans les salons parisiens le plus grand succès. Samedi riait de l'autre. Enfin, dans Mon fils est reçu bachelier et une Vente de gallinacées,
dernier, chez Mme la comtesse de Moustier, où se pressait la meilleure noblesse du tous les spectateurs ontjté pris d'un fou rire; il est impossible de pousser plus
faubourg Saint-Germain, ces jeunes artistes ont à eux-seuls défrayé un programme loin l'art de la bêtise, et, certainement, il faut de l'esprit pour être bête comme
des plus attrayants. Le même succès les a accueillis mardi dernier chez M. Boulé, cela. M"le Peudefer a chanté à ravir le grand air de Faust, la sérénade de Ruy-
en compagnie de M" 10 Peudefer, qui a délicieusementinterprété, entre autres mor- Blas, et la valse des Gardes de la Reine.
ceaux, la romance de Mignon. La soirée s'-est terminée par le récit de Tliéra- — La 4e série de VEncyclopédie théâtrale, qu'on vient de mettre en vente la
à
mène, commenté par Méry, et dit par Saint-Germain avec beaucoup de finesse et librairie des Auteurs, est la [plus intéressante qui ait encore paru. Elle contient,
d'esprit. entre autres choses curieuses, l'analyse de deux ou trois vieux Mystères et quel-
—M.Léonard, dont nous avons déjà parlé dimanche dernier, à propos du ques bonnes observations sur le mot Abus.
concert d'Abbeville, s'est fait entendre à la 2e matinée de Mme Clara Pfeiffer.
Dans le quintette de Schumann, avec Georges Pfeiffer, MM. Lebouc et Lang-
hans, etc ; dans une sonate de Mozart, avec la maîtresse de la maison, M. Léonard
a développé ses grandes qualités de violoniste virtuose; mais c'est surtout dans
la Folia de Corelli (1653)
que, supérieurement accompagné par le piano et le CONCERTS ANNONCES
quatuor, il a excité un véritable enthousiasme; MUe Roulle était chargée de la
partie vocale : elle a supérieurement démontré toute l'excellence de la méthode
.
Damoreau. Aujourd'hui, dimanche, 17 février, à 2 heures précises, 7e concert du Con-
• — Lessociétés philharmoniques de Rennes, Laval et Le Mans ont repris leurs servatoire. Programme :
concerts sous la direction de M. du Rocher. M. Hormann-Léon et MIle Lambelé, 1° Symphonie en sol mineur MOZART.
l'une des élèves de Duprez, 2° Mottet (double choeur sans accompagnement!
que vient d'engager le Théâtre-Lyrique, ont fait les S. BACH.
honneurs de la partie vocale de
ces trois concerts. Dans chaque ville le duo des 3° Fragment du ballet do Prométhée BEETHOVEN.
Hirondelles, de Mignon, été redemandé par acclamations à M. Hermann-Léon et 4° Choeur A!Armide (1866) LULLI.
a
à M1Ie Lambelé. Le solo chanté par M. CARON.
charmante soirée musicale avait réuni, samedi dernier, au Havre, trois S" Symphonie en la BEETHOVEN.
— Une
de nos principaux ariistes parisiens, M. Tagliafico, le jeune Bonnay
et M 11" Mêla. Le concert sera dirigé par M. George-Hainl.
Ce concert, hautement patronné,
a réussi en tous points, et les journaux nous
apportent des détails très-circonstanciés sur le suocès do nos trois virtuoses. Les
morceaux qu'on a fait répéter sont : Non è ver, chanté par M1Ie Mêla ; la romance — Même jour, même heure, an Cirque-Napoléon, 2e Concert populaire (3e sé-
de Pou Sébastien, rie). Programme :
et Pourquoi, chansonnette vénitienne de Ricci, par M. Taglia- Ouverture d'Eurianthe WEBER.
llc«; enfin l'ouverture de Guillaume Tell et le Carnaval de Venise, exécuté
.le xylophone par le jeune virtuose de dix sur Symphonie en si bémol Rob'. SCHUMANN.
ans. Introduction, — Allegro, — An ,'ante, — Scherzo, —Finale.
' — Dimanche 10 février, l'Association philharmonique de Nanles a donné, dans 8e Concerto pour violon SPOUR.
a salle de la Société des Beaux-Arts,
sa seconde séance de musique de chambre. Allegro, — Andante, — Finale.
Le programme
, se composait du premier quatuor de Mozart, du quintette de Exécuté par M. KOEMPKL.
chumann, d'un quintette de Mendelsshon d'un trio de Haydn. Le chaud accueil Ouverture de Coriolan
et BEETHOVEN.
a" l)ar le public à Le Songe d'une nuit d'été
; ces ouvrages, a témoigné combien il était sensible à cet ordre „... MENDELSSOHN.
e beautés élevées
; et délicates, au service desquelles MM. Dolmetsch, Weingaërtner Allegro appassionato, — Scherzo, — Andante, — Marche.
ernard incitent un talent d'exécution qui se perfectionne de jour en jour. L'orchestre sera dirigé par M. Pasdeloup.
96 LE MÉNESTREL

février, salons Érard, à 8 heures et demie précises, soirée i


— Même jour, même heure, au théâtre du Prince-Impérial, 4G, rue de Malte, — Samedi, 23
m,
Concert avec choeurs. Programme : 1° Ouverture do la Gazza ladra, de Rossini; sicale donnée par MUeMongin, avec le concours de MM. Sighicelli, Taffanelj,^
2" Marche des Sylphes, de M. Mansour ; 3° Solo de trombone, par M. J. Jacobs ; tbélemy, Mohr, Mas, Lebouc et Gouffé >

4" Grande fantaisie sur VAfricaine, arrangée par M. Eugène Prévost; 5° le Fre-
Samedi 23 février, grand concert à la salle flerz, organisé par MUe j|rarj,
mrrsbeeg (scène instrumentale), de M. Koemicmann ; 6° Fantaisie sur la Traciuln, —
Descbamps au profit de la colonie pénitentiaire de Nancy.
exécutée sur le hautbois par M, Lalliet; 7° Marche de la Reine de Chypre, d'IIa-
— Mardi,'26
février, à 8 heures 3/4 du soir, salle Hcrz, 48, rue de la. victojp
i'vv: 8° Ouverture de FraDiuvolo, d'Anber.—Chef d'orchestre M. Eug. Prévost.
A. Les Gar'dts-chasse, du Songe d'une nuit d'été, de M. Anib. Thomas; B. l'Or- concert avec orchestre donné par M. Joseph White, avec le concours de Mm'eW
Damorcau et de MM. Delle-Sedie et Cervantes.
gue, de M. !.. de Killé, choeurs chantés par la Société des Enfants de Lutéce, sous
la direction' de M. Gaubert.
J.-L. HEUGEL, directeur.
_ Vendredi,. 22 février 1867, àhuit heures précises, salons Érard, 13, rue du
Mail..Concert donné par KUe Pauline Régnier. l'.VniS. — TVI>. CIIAKI.IÏS DE IHOUUGDES FP.EIUÎS, IlUli .l.-.l. ROUSSEAU, 8.
— 127I|.