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Le Ménestrel : journal de

musique

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


. Le Ménestrel : journal de musique. 1867-07-07.

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j084-3re ANNEE — 1\° 32. PARAIT TOUS LES DIMANCHES Dïmanclic 7 Juillet 1807.
(Les Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)

KM. BARBEDETTE, HENRI BLAZE DE BURY, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD,


THre ANNE, H.
OSCAR COMETTANT, G. DUPREZ, A. DE GASPERINI, LÉON GATAYES,
B. JOUVIN, E. LEGOUVÉ, MARMONTEL, A. MÉREAUX, A. DE PONTMARTIN, PROSPER PASCAL,
ALPHONSE ROYER, G. DE SAINT-VALRY, P. RICHARD, J.-B. WEKERLIN et XAVIER AUBRYET

Adresser FRANCO à M. J.-L. HEUGEL, directeur du MÉNESTREL, 2 bis, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et Bons-postes d'abonnement.
Un an, texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant 20 fr.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et de Piano, 30 fr., Paris et Province.— Pour l'Étranger, les frais de poste en sus.

SOMMAIRE-TEXTE Ponchard, le doyen de la compagnie, lisait, dominé par son émo-


tion, des vers improvisés par M. Léon Halévy à la mémoire de
l'illustre mort. En voici un fragment :
I, HÉROLD, sa vie et ses oeuvres (3e partie, 13e et dernier article), B. JOOVIN. — II. Semaine
théâtrale, GUSTAVE BERTRAND. — III. Exposition universelle : distribution des récompenses
Jeune d'âge et vieux de succès,
au Palais de l'Industrie, OSCAR COMETTANT. — Nouvelles et annonces.
Il meurt à quarante ans...
Et son dernier accord fut son dernier soupir.
MUSIQUE DE CHANT Hérold, prends ton essor vers une autre patrie I
Tu trouveras là-hnut, réunis par le sort,
Nos abonnés à la musique de CHANT recevront avec le numéro de ce jour: Cimarosa, Weber, ces enfants du génie,
le Rondeau du Billet, chanté par MllB ARNAUD dans Comme toi morts au printemps de la vie,
L'OIE DU CAIRE Et comme toi triomphant de la mort !
.

opéra posthume de MOZART, paroles de VICTOR WILDER. Le lundi, 21 janvier, eurent lieu avec une grande pompe les fu-
nérailles du musicien. Ce fut un deuil public. Je laisse la parole à
PIANO un biographe, à un témoin, qui fut l'un des plus chers, des plus
fidèles amis d'Hérold, le pianiste Chaulieu :
Nous publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de PIANO :
la Mla
'des Hirondelles, de Mignon,
par EMILE DESGRANGES. « Un immense cortège, composé 'd'amis et d'artistes dans tous les
genres, réunis aux musiciens de l'Opéra-Comique et de l'Opéra,- le con-
duisit à l'église de Neuilly. On y exécuta plusieurs morceaux, la plupart
tirés de ses ouvrages (c'est M. Panseron qui s'était chargé de cet arrange-
HEROLD ment). La prière de Zampa produisit un tel effet que l'attendrissement fut
général.
« De l'église de
Neuilly, le cortège se dirigea par les boulevards au
SA VIE ET SES (EUVRES cimetière du Père-Lachaise, où la place d'Hérold était marquée non loin
de Méhul, son maître et son ami. Une circonstance indépendante de la
volonté des ordonnateurs du convoi l'empêcha de passer devant le théâtre
TROISIÈME PARTIE où le musicien avait acquis toute sa gloire, et où l'attendait un dernier
hommage.
XIII « L'Académie, qui se disposait à le recevoir dans son sein, se fit repré-
senter en costume aux funérailles d'Hérold par l'auteur de Montana. Le
Hérold vécut encore un mois et quatre jours après la grande vieux Berlon apporta la palme verte des Immortels pour la déposer sur la
soirée du Prévaux-Clercs. Il mourut, dans sa maison des Ternes, le tombe du chantre du Pré-aux-Clercs. Berton devait prononcer un dis-
samedi 19 janvier 1833. Le mal, accéléré par les fatigues du travail cours d*adieu, mais son émotion fut telle, qu'il ne put franchir la grille
et l'émotion du triomphe, était sans remède; mais le musicien n'a- du cimetière. En venant, au nom de l'Institut, rendre les derniers hon-
git pas accompli sa quarante-deuxième année, et son dernier ou- neurs à Hérold, le vieillard fut pris d'une émotion subite en se rappelant
vrage attestait la jeunesse et la virilité du talent : on se refusait à que, six mois auparavant, il avait conduit au môme cimetière son fils,
croire que la main ferme qui venait d'écrire un chef-d'oeuvre fût
Henry Berton, mort du choléra. »
celle d'un mourant. Égoïste dans son. plaisir en fêtant l'opéra nou- Le biographe ajoute que plusieurs discours furent prononcés sur
veau, Paris semblait peu accessible aux sérieuses inquiétudes que la tombe d'Hérold par MM. Fétis, Saint-Georges et Planard. Je relève
donnait à sa famille et à ses amis l'état alarmant de la santé du ici une légère inexactitude. Ce dernier, fort souffrant, ne put accom-
compositeur. Cette mort trop prévue, hélas ! fut donc un coup de pagner son illustre collaborateur. Le discours qu'il avait préparé
: « Sur un bruit
foudre. Quelques journaux essayèrent d'en douter parut seulement dans les journaux.
«fâcheux et mal à propos répandu, dirent-ils, le théâtre de A quatre mois de distance de cette douloureuse cérémonie, le
' l'Opéra-Comique a fait, hier, relâche. J Le jour même où parais- 16 mai, l'Opéra-Comique représentait Ludovic. C'était un dernier
sait cette note, les acteurs de l'Opéra-Comique, à la fin du
spéc- hommage d'admiration pieuse envers le grand musicien que la
ule, entouraient le buste d'Hérold recouvert d'un long crêpe, et France venait de perdre. La partition de Ludovic, dont l'ouverture
250 LE MENESTREL

et les quatre premiers morceaux seulement étaient entièrement Un grand-prêtre peut chanter à la manière ancienne, et d'autres
à la m
achevés, avait été retrouvée dans les papiers d'Hérold. Le poëme, de derne.
couleur un peu sombre mais dramatique, était de M. de Saint- .*.La musique d'église doit prier pour ceux qui l'écoutent, dit Salier"
a
,*, Plus la salle est grande, moins il faut de travail d'orchestre.
Georges. M. Halévy avait accepté l'honneur et le péril de mettre en Pense
à ce qui fait de l'effet à Milan et à Naples.
ordre les mélodies esquissées et de terminer l'ouvrage sur le plan
,*, Dans un opéra-comique, se mettre dans la position d'un homme
présumé du maître : tâche ingrate et délicate ! M. Halévy s'acquitta mii
semblable à César, dicterait à quatre femmes en même temps et les invile'
de ce soin, qui voulait la main d'un véritable artiste, avec respect, rait ensuite à relire ; elles chanteraient toutes ensemble, ou en
conscience et habileté. Ludovic obtint un grand succès. Je n'exami- autrement. Cela peut bien faire en musique.
canon ou
nerai point quelle part il convient de faire dans ce succès à la ,*, Pourquoi, dans un grand opéra, ne pas mettre un choeur fugué
reconnaissance du public et au voisinage éclatant du Pré-aux- Hsendel? Pourquoi ?— Parce que c'est difficile.
à la

Clercs. Il est à présumer qu'ils ne nuisirent pas à la partition. Dans ,*, Pourquoi ne pas se permettre quelquefois des récitatifs à
quatre voix
quelle proportion cette fille posthume d'Hérold appartenait-elle à comme Haendel, quand cela serait en situation? —Même réponse
m
son père et à son parrain? Je l'ignore absolument. Je n'ai point pour les choeurs.
sous les yeux l'opéra de Ludovic, je n'ai pas été mis dans le secret
du travail auquel s'est livré le musicien qui, deux ans plus tard, de- On a voulu faire d'Hérold un artiste inquiet, malheureux, jaloux.
vait écrire, sans reprendre haleine, la Juive et l'Éclair : je me borne Les biographes, à cet égard, se sont copiés l'un l'autre. C'est
une
à rapporter, 'sans la garantir, une tradition qui attribue à Hérold tradition de toute fausseté. M. Jal, dans son excellent dictionnaire
l'ouverture et quatre morceaux dans le premier acte de ce drame critique des dictionnaires historiques, publié cette année chez Pion
lyrique. n'a point su se garder d'une vieille redite. Il écrit, en parlant d'Hé-
rold : « Je l'ai beaucoup connu depuis son retour de Rome ; c'était
Je trouve à mon tour, dans les papiers d'Hérold, des notes jetées « un
homme d'un esprit fin et caustique, qui avait la faiblesse de
à bâtons rompus, et réunies par leur auteur sous ce titre qui en fait z n'aimer point le succès d'autrui. » M. Jal, qui reprend les autres,
assez bon marché : Cahier rempli de sottises plus ou moins grandes, aurait grandement besoin d'être repris. Il fallait une preuve à l'ap-
rassemblées en forme de principes par moi. Dans ces pensées ou pui de son dire : d'ordinaire il n'y manque point ; mais cette fois il
boutades sans liaison, le musicien est sérieux en dépit de son titre. jette sa petite malice et passe à autre chose. Comme ancien journa-
Il a beaucoup réfléchi sur son art, il l'aime, il le respecte, il le liste, le procédé est peut-être excellent ; comme biographe, il ne vaut
voit en grand, et, sans attacher à ces coups de plume une impor- rien.
tance exagérée, il esquisse une théorie du beau en musique. La Hérold a lutté toute sa vie contre les mauvais poèmes, jamais
théorie a des lacunes, le plan manque, les développements'font dé- contre le succès. N'étant encore que pensionnaire de l'école de
faut. On sent que les notes écourtées sont tombées sur le papier Rome, il avait débuté avec éclat sur la première scène de l'Italie. De
où elles sont restées comme des points de repère : Tentre-deux et retour en France, il n'avait pas tardé à s'y faire un nom avec l'opéra
le sous-entendu nous échappent. Ça et là pourtant quelques idées populaire de la Clochette. Depuis Marie, il occupait une place'assez
justes, nettes, élevées, se détachent avec un sens précis. C'est, for- grande parmi les maîtres français pour coudoyer sans mauvaise hu-
mulé en maximes, un cours de composition idéale ; le musicien se meur « les succès d'autrui. » A deux reprises il avait sauvé le théâtre
rend compte des procédés de l'art et en cherche de nouveaux. Sui- avec Zampa et le Pré-aux-Clercs. 11 s'était marié selon son gré; il ai-
vons-le dans ce travail curieux, quoique malheureusement bien in- mait passionnément sa femme ; la naissance de trois enfants, au bout
complet : de quatre ans de l'union la plus, fortunée, lui avait fait goûter (ce
n'est pas assez dire), savourer les joies de la paternité : c'était donc
.*, Voir tout en grand, ne penser aux détails que lorsque le plan est un homme parfaitement heureux. Le point noir dans ce tableau
bien fixé. Penser aux auditeurs que l'on doit avoir. Se mettre à la place riant, ce fut le mal terrible dont il se vit mourir, et, il faut bien le
d'un grand homme et se demander ce qu'il devrait penser de telle ou telle dire, mourir avec désespoir!
chose. Se préoccuper d'écrire pour les voix, ni trop haut, ni trop bas. Que
les'chants partent de l'âme pour arriver à celle des auditeurs. Très-gai dans sa première jeunesse, son caractère, avec les an-
,*, Tâcher de prendre un juste milieu entre la musique vague de Sac-
nées, avait tourné au sérieux, à la rêverie ; mais les réflexions pro-
chini et la vigueur de Gluck. Penser souvent à Mozart, à ses beaux airs de fondes et le travail de l'art avaient sans doute plus de part a' ce
mouvement. changement que les circonstances matérielles de l'existence. Si son
,*. Pencher toujours du côté du chant sans platitude. caractère avait glissé à la mélancolie, c'est que son génie s'était re-
,*, Bien examiner le caractère de la scène : si la langueur, ou la vigueur, plié sur lui-même. Fils, époux et père, Hérold se délassait dans ses
ou la tendresse, ou'la mélancolie, ou la joie, ou la tristesse doivent pré- devoirs et sa tendresse des fatigues comme des périls de la vie d'ar-
dominer dans tout le morceau. tiste. Il avait la gloire, il avait le bonheur : la vie seule, qui eût été
,*. Dans un crescendo commencer par un grand lointain. belle et bonne, lui a manqué.
,*, Dans tous les arts, et particulièrement en musique, depuis quelque
Une anecdote va nous montrer le musicien dans son intérieur, son
temps, on est très-habile pour finir, polir, et l'on ne s'attache pas au plus doux nid des Ternes. Sa maison de la rue de Berry était louée; mais
important qui est un beau plan. Les détails sont tout. Cela ne vaut rien.
la locataire ne payait point. Le terme d'octobre venait d'écnoir le
,*. Quand les paroles ne disent rien ou disent peu de chose
— ce qui jour même où un troisième enfant naissait à notre musicien. La lo-
arrive souvent — il faut faire un joli chant dans l'orchestre avec les vio-
lons, à l'italienne, le répéter dans plusieurs tons, bien moduler, entre- cataire arrive aux Ternes ; elle n'apportait point l'argent de son
couper de quelques bonnes phrases à l'unisson. Cela fait beaucoup d'effet, loyer, hélas! Elle venait compter à son propriétaire les embarras de
surtout dans les morceaux d'ensemble, ou quand il y a des sorties ou des sa triste position. Un créancier la faisait saisir pour unedettecriarde.
entrées. Hérold, après avoir écouté la pauvre femme, monte à sa chambre.H
,*, Les compositeurs actuels ne cherchent du nouveau que pour finir les en redescendait au bout de quelques instants, se dirigeant vers le
phrases ; c'est le contraire des Italiens. Éviter l'un et l'autre. jardin où l'attendait sa locataire en larmes. Dans l'escalier, il ren-
,*, Du chant le plus que possible.
contra sa mère et sa belle-mère (celle-ci vit encore et n'a pas cesse
,*, Déclamer juste et fortement.
d'habiter la maison de la rue Demours). Hérold tenait un des coins
,*. Trouver des motifs qui arrachent les larmes.
de sa redingote qui formait poche et dans lequel sonnaient les pièces
.*, Commencer un air de fureur par un largo de huit mesures et atta-
de cent sous. La somme était ronde, et je vous demande si la pauvre
quer après. locataire, qui était seulement venue demander du répit, ouvrit,
.*„ Dans le récit, une enharmonique agréable, suivie d'un chant bien
coulé et joli. toute surprise et toute joyeuse, de grands yeux et de grandes mains
,*, Les grandes douleurs se taisent, a dit Sénèque. Ainsi Héro voyant en la recevant! A la question que lui avait adressée sa mère suri es-
flotter le corps de son amant se taira. — Si l'on ne va à l'Opéra que pour calier, Hérold s'était contenté de répondre : « Maman, je suis con-
entendre de la musique, il vaut mieux aller au concert. Le musicien tra- tent! t>

gique doit chanter partout, mais partout convenablement à la situation.


,*. Pourquoi ne pas employer plusieurs styles dans un grand ouvrage ? 11 y a quelques années, le fils du compositeur voyageait en Italie;
LE MENESTREL 251

•is'arrête a Milan, il entre à la Scala et lit trois noms écrits en lettres Les répétitions ont commencé au théâtre des BOUFFES-PARISIENS.
MOZART,.ROSSINI, HÉROLD. C'est-à-dire l'Allemagne, l'Italie Ce qu'on a déjà dit des intentions de la nouvelle administration se con-
j'or :
rtla France
enlacées et représentées en musique par trois de leurs firme. Voici le petit manifeste de la direction : « Le théâtre compte se
glorieux fils. Que pourrions-nous ajouter à cet hommage rendu faire une place parmi les théâtres, de genre, ses voisins, précisément en
olus
mémoire et au génie d'Hérold par la nation la plus jalouse de sa faisant ce qu'ils ne font plus, en exploitant le genre qu'ils semblent avoir
la
;,
abandonné. Ceux-ci ne jouent plus que de grandes pièces remplissant
suprématie dans l'art?
seules toute la soirée ; le théâtre des Bouffes essayera de se faire une sorte
B. J0UV1N. de spécialité des petites pièces; il tentera de remplacer ainsi le dévelop-
Droits de reproduction et ('e traduction réservés. pement et la grande proportion par la variété et la diversité. La nouvelle
FIN. direction croit qu'il y a encore un public pour les pièces dont l'action res-
serrée n'exclut pas la portée comique, et pour un répertoire qui, sans re-
pousser l'élément musical, ne s'installe pas au premier plan.
« Quant à la troupe, troupe d'autant plus difficile à improviser qu'elle
est vouée au genre comique, elle ne pourra guère se produire tout d'abord
qu'à l'état d'ébauche, mais elle sera particulièrement composée d'éléments
jeunes, vaillants, résolus, parmi lesquels le public choisira ses favoris du
lendemain, après avoir reconnu à côté d'eux quelques favoris de la
SEMAINE THEATRALE veille. »
L'ouverture des nouveaux Bouffes-Parisiens aura lieu le 1er août.
Nous avons raconté avec les plus grands ménagements la déplorable
La représentation-gala préparée à I'OPÉRA pour jeudi a été décomman- scène qui s'est produite au THÉÂTRE-LYRIQUE. NOUS recevons pourtant à
dée, en raison du
deuil officiel qui ajourne toutes les fêtes.
ce sujet la lettre suivante ; elle est adressée au directeur du Ménestrel :
Le baryton Devoyod va continuer dans la Favorite ses débuts, si heu-
l'Africaine. MUe Bloch chantera le rOle de Léonore. Les costu- i Paris, 3 juillet 1867.
reux dans Monsieur,
mes sont
complètement neufs : c'est une surprise que les abonnés atten- «

daient depuis longtemps. « Le Ménestrel du 30 juin dernier renferme un article contre lequel je
ne puis m'empêcher de protester, et bien que mon nom n'y soit pas écrit
Le vice-roi d'Egypte assistait lundi à la représentation de l'Étoile du en toutes lettres, la transparence est telle que vous ne voudrez certaine-
JYoï'd Le vice-roi est allé complimenter Mme Cabel dans la loge même de ment pas m'en contester le droit.
la cantatrice. « Il s'agit de la scène qui a eu lieu au Théâtre-Lyrique il y a peu de
La direction de I'OPÉRA-COMIQUE vient de décider que, à partir du jours, et au sujet de laquelle M. Gustave Bertrand n'hésite pas à dire net-
1er juillet? les artistes et employés de ce théâtre, dont les appointements ne tement son avis. Il y a tout d'abord une contradiction qui me frappe.
dépassent pas 2,000 fr. par an, recevront, jusqu'à la fin de l'Exposition, M. Bertrand prétend que la question qui s'est élevée entre M. Carvalbo et
une augmentation mensuelle de 10 °/0. moi est une question purement commerciale. En est-il bien sûr? Et s'il a
On annonce une bonne nouvelle : MUc Marimon serait engagée à l'Opéra- raison, pourquoi s'en occupe-t-il et en occupe-t-il aussi le public? S'il
Comique pour créer le principal rôle dans le nouvel opéra de M. Auher. m'arrivait d'avoir une discussion avec mon épicier, — ce qui serait, pro-
Il est aussi question, à ce théâtre, de l'engagement de MUe Singelée. prement, une question commerciale, — est-ce que M. Bertrand aurait ja-
mais la pensée de me faire comparaître à la barre du Ménestrel?
indisposition de Michot a failli empêcher samedi dernier, à la der-
« Pareillement, M, Bertrand, qui, à ce qu'on m'assure, est un homme
Une
nière heure, la représentation de Roméo, lorsqu'un jeune ténor de pro- d'esprit et de coeur, n'y va pas par quatre chemins pour déclarer que l'idée
vince,!. Blura, s'est déclaré prêt à jouer le rôle. On a fait une annonce que de provoquer en duel M. Carvalho, était une idée insensée. Je demanderai
lepublic a bien voulu agréer, et le hardi débutant s'est, dit-on, tiré de l'a- d'abord à M. Bertrand s'il connaît bien exactement tous les griefs que je
venture assez honorablement. puis avoir contre M. Carvalho, tous les procédés dont je me liens pour
personnellement offensé? Et quand il les connaîtrait, en vertu de quoi a-t»
La lettreque voici nous dispense de rapporter les projets fantastiques il qualité pour apprécier la façon dont j'entends en tirer satisfaction? Il y
qu'un journal avait rêvés tout haut au sujet de la salle Ventadour :
a des gens qui réclament devant les tribunaux la réparation des offenses
« Monsieur le rédacteur, qu'ils reçoivent, il y en a d'autres qui ne la veulent tenir que d'eux-mê-
« tout à fait inexact que j'aie cédé à qui que ce soit la direction, l'exploi-
Il est mes ; comme on dit, cela dépend du caractère, et ne regarde personne. En
tation ou le privilège du Théâtre-Impérial-Italien. faisant ce que j'ai fait, j'ai donc agi de la manière qui me paraissait conve-
« Je viens donc, en conséquence, monsieur le rédacteur, vous
prier de vouloir nable pour ma dignité, et je ne vois guère que la justice à qui j'aie à ren-
Wen démentir, dans
votre plus prochain numéro, cette nouvelle, donnée par un dre compte de ma conduite.
journal de province. « J'aborde
maintenant un autre ordre d'idées. M. Bertrand s'étonne que
D'avance, veuillez en recevoir mes remerciments et l'expression de mes
1
ce qui s'est passé soit arrivé précisément à M. Carvalho, au directeur qui
sentiments distingués.
a le plus fait pour les jeunes compositeurs. M. Bertrand s'est trompé, il a
BAGIER. »
«
sans doute voulu dire : au directeur pour qui ont le plus fait les jeunes
L'ODÉON reprendra demain,- lundi, le-Marquis de Villemer, son plus compositeurs. Est-ce que ce n'est pas, en effet, aux jeunes compositeurs
Nu succès depuis longtemps. MUe Lia Félix est engagée pour le rôle de que le directeur du Théâtre-Lyrique est redevable de la subvention que lui
accorde l'État? Quelle reconnaissance leur en lémoigne-t-il? M. Carvalho
Caroline de Saint-Geneix, créé
par MUe Thuillier. Un jeune premier,
nomméReynald, qui vient de Bruxelles, relèvera le rôle du marquis; s'est obligé à faire représenter chaque année un ouvrage d'un prix de Rome.
Cela constitue à la fois et la cause et la compensation des cent mille francs
Berton
rentre en possession de celui du duc d'Aléria.
Dimanche dernier, clans notre compte-rendu de la reprise à'Âthalie, à qu'il reçoit par an ; or, depuis la saison 1863-1864, il a reçu quatre fois
l'Odéon,
nous avons omis de citer parmi les jeunes personnes chargées cent miHe francs; combien a-l-il fait représenter d'ouvrages de prix de
des soli
dans les choeurs de Mendelssohn, MUo Emilie Fourche, qui pour- Rome? Un seul, la Fiancée d'Abydos, de M. Barlhe, le 31 décembre 1865.
vut a enlevé les premiers applaudissements. Il ne faut pas compter les Pêcheurs de perles, de M. Bizel; M. Carvalho a
fait jouer celte pièce uniquement parce que c'était dans ses convenances,
Le VAUDEVILLE tient l'heureuse promesse qu'il nous avait faite de pas- et il l'a fait jouer en septembre 1863, c'est-à-dire avant d'être subven-
ser en revue les plus célèbres
ouvrages de son répertoire. Après la Dame tionné.
"Mcamélias, voici la Famille Benoiton, dont le succès, à peine éteint, « Mais il y a d'autres jeunes
compositeurs que les prix de Rome ! Sans
se|,a facile à réveiller. 270 représentations avaient à
peu près assouvi la contredit, et je n'ignore pas que le Théâtre-Lyrique a joué des opéras de
euriosité parisienne il faut maintenant
: que les étrangers y passent, sans MM. *"
oublier la province,
qui n'a connu la pièce de M. Sardou que par des in-
'erprèles de quel titre tous ces auteurs
second ordre. MUe Fargueil, Parade, Félix, Delannoy, Saint- Seulement, M. Bertrand sait-il bien au juste à
Germain
et MUe Laurence, sont toujours là pour mener la comédie. ont été accueillis par M. Carvalho?
lle Cellier
a remplacé MUe Jane Essler et se fait applaudir. Les toilettes
Rageuses Je ne veux pasm'élendre davantage sur ce sujet. Le procès que j'in-
sont aussi bien portées qu'elles l'avaient jamais été par «
lIk's Cellier,
Davril et Ollivier, et ce petit monstre de Fanfan Benoiton tente à M. Carvalho devant le tribunal de commerce portera la lumière la
"devient la plus complète sur certains faits de l'administration du Théâtre-Lyrique.
coqueluche du public,
252 LE MENESTREL

Avant définir, que M. Bertrand me permette d'en appeler à sa loyauté qui limite le droit de réponse et interdit particulièrementaux journau
«
d'homme et d'écrivain. Il prétend, dans l'article auquel je réponds, d'introduire des tiers dans les discussions de cette nature. Tous ces faits
connue
que j'ai qualifié moi-même ma conduite dans une lettre publiée par le retrouveront dans le procès, et c'est là leur vraie place.
Figaro, et où j'avoue que, dans la chaleur de la discussion, je n'ai pas été, Je ne sais s'il y aura définitivement à faire autant de restrictions que i»
maître de me conduire en homme bien élevé. Voici textuellement mes croit M. Dautresme au compliment très-général que nous adressions à b
expressions : « Il n'a pas dépendu de moi de conserver l'attitude d'un direction du Théâtre-Lyrique; mais n'esl-il pas de notoriété publique que
homme bien élevé ; ce sont les propres pa rôles de M. Carvalho qui m'ont M. Carvalho a joué un très-grand nombre de nouveaux compositeurs dès
a
poussé à l'extrémité que vous savez. » avant la subvention, et qu'aucun autre directeur n'a, en somme, autant
«
Ce n'est pas à un littérateur qu'il est nécessaire de faire remarquer la produit d'artistes?
«
nuance, délicate peut-être, mais précise, qui existe entre les deux versions Avant-hier; vendredi, S. M. le sultan a honoré de sa présence la repré-
et qui ne permet pas d'accepter l'une ou l'autre indifféremment. sentation du Trouvère et de Giselle, à l'Opéra. L'affiche portait: par ordre
Je ne requiers pas l'insertion de cette lettre dans le plus prochain nu-
« et le ballet de Giselle a été joué en entier exprès pour cette circonstance'
méro du Ménestrel; elle est si naturelle et si légitime, que vous ne man- et pour la première fois depuis un an.
querez pas de me l'accorder sans difficulté.
« Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée. À l'Opéra-Comique, Son Altesse impériale ottomane honorait de sa pré-
la représentation de l'Étoile du Nord.
« LUCIEN DAUTRESME, sence
«
Compositeur de musique, 7, rue Montholon. » GUSTAVE BERTRAND.

Sans doute il vaudrait mieux ne rien ajouter à la lettre qu'on vient de


lire, et laisser à nos lecteurs le soin d'apprécier. Qu'on me permette
pourtant de reprendre très-succinctement les points principaux de la
lettre de M. Dautresme.
L'a contradiction, signalée d'abord par lui, n'a jamais existé, que dans
son esprit. Autre chose serait de traiter une question commerciale dont
les éléments m'échappent, autre chose était de dire en passant, et même
conditionnellement que, si la question est telle, s'il s'agit d'une pièce reçue
et non jouée, c'était l'affaire du tribunal de commerce. L'à-propos de cette
EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867
observation est douteux.
M. Dautresme semble nous contester le droit de relater et de commen-
ter un fait. L'exemple choisi par lui est-il si heureux? est-il si probant? Si DISTRIBUTION DES RECOMPENSES
M. Dautresme avait maille à partir avec son épicier, le fait pourrait être
rapporté dans le Moniteur de l'épicerie; je n'y vois nulle objection. Il AU PALAIS DE L'INDUSTRIE
s'agit aujourd'hui d'un incident dont s'est ému le monde musical : ce fait
vient de lui-même « à la barre » du Ménestrel, comme dit M. Dautresme.
D'autres en avaient parlé avant nous, et moins discrètement. On a appelé celte cérémonie la Fête de la Paix.
Et d'ailleurs, fussions-nous les premiers, à qui M. Dautresme fera t-il Quand donc toutes les fêtes seront-elles des fêtes de la paix?
croire qu'en recherchant un scandale en pleine répétition, devant le Mais je n'écris pas ici pour faire de la politique et de l'économie sociale,
personnel du théâtre, il avait compté sur le secret? Quand de propos déli- et c'est de musique, exclusivement, qu'il faut nous occuper.
béré l'on fait un bruit pareil, comment prétendre qu'il n'y ait pas d'échos? La musique, d'ailleurs, jouait en cette circonstance un des rôles les plus
M. Dautresme m'a fait l'honneur de me rendre visite, et a pris la peine importants. Et cela devait être, puisqu'il a été écrit que la musique adoit- '
de me raconter minutieusement son histoire. Il ne m'appartient pas d'en cit les moeurs et entretient dans les coeurs de doux et paisibles senti-
publier un seul détail ; et maintenant que l'affaire est portée en justice, la ments.
discussion sur le fond est interdite. Mais je puis du moins rappeler à Voir le grand Turc'et entendre l'hymne dédié par Rossini à Napoléon III
M. Dautresme qu'après l'avoir écouté très-attentivement, j'ai persisté à et à son vaillant peuple (vaillant est un peu bien guerrier pour une fêtede
trouver qu'une telle affaire n'aurait dû se régler que devant les tribunaux. la paix), voilà la great attraction pour les 17,000 personnes qui se pres-
Je lui ai dit qu'il n'y avait pas un seul débat d'intérêts qui ne comportât des saient dans l'immense palais des Champs-Elysées.
récriminations, des impatiences, des colères même, et qu'à ce compte les Que de fleurs, que de rubans, que de soie, que de dentelles, que d'or et
milliers de procès qui se portent chaque jour aux tribunaux pourraient que de diamants du côté de la plus faible et de la plus gracieuse moitié de
tous devenir affaires d'honneur. Je lui disais que le duel ne se comprend notre espèce ! Que d'habits brodés, de chapeaux à trois cornes, de croix et
que dans les cas où tout autre recours est impossible, et qu'ici c'était préci- de bariolages honorifiques du côté de la plus puissante et de la moins gra-
sément le cas contraire; que jamais enfin l'opinion publique, arbitre su- cieuse moitié de l'humanité ! Les gens comme votre très-humble serviteur,
prême et irrécusable en fait d'honneur, n'admettrait qu'un compositeur en simple habit noir et en cravate blanche, avaient l'air nu et presque indé-
tirât l'épôe pour une partition non jouée, pas plus qu'elle n'admettra, cent. Mais que faire? On ne pouvait pas par décence, et pour ne passe
d'autre part, qu'un directeur se dispense de ses engagements, en se fiant à si i gulariser, emprunter une croix d'honneur à son voisin, ce voisin en
la solidité de ses poings ou à son habileté de bretteur. eût-il trois, comme le personnage de la chanson de Béranger. C'est dom-
Mais, dit M. Dautresme, je suis seul juge des procédés qui m'ont fait mage, vraiment, car on a l'air piteux ou insolent quand on se trouve ainsi
perdre patience, et personne n'a qualité pour contrôler ma conduite. Per- décoré de sa poitrine nue, suivant l'énergique expression de Jules Barbier,
mettez, monsieur. Vous étiez seul juge avant le fait aujourd'hui notoire, au milieu de tant de poitrines si diversement décorées.
et votre « jugement » aurait bien dû vous arrêter. Mais l'esclandre une A midi, toutes les estrades étaient garnies, « que c'était comme un bou-
fois accompli, je voudrais bien savoir comment vous pourriez vous y quet de fleurs. » On admirait les décorations, dont le principal mérite,»
prendre pour empêcher l'opinion publique de retenir et de juger un fait mes yeux, étaient de s'harmoniser parfaitement avec les vitraux du bâti-
dont vous l'avez mise en possession. Cela ne regarde personne, dites-vous; ment. Une heure sonne, et le chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société
pardon ! Pour les faits proprement dits et le droit, cela regarde les tribu- des Concerts, M. Georges Hainl, surmonté de M. Jules Cohen, qui gesti-
naux; pour la question de moeurs et l'appréciation des procédés, cela re- culait derrière lui sans qu'on pût savoir pourquoi, donna le signal du
garde tout le monde ; et c'est de quoi tout le monde se mêle tous les jours départ « à son vaillant peuple » d'instrumentistes et de chanteurs. Us
à propos de tout, M. Dautresme comme les autres. Ce qui ne veut pas être étaient là douze cents, qui faisaient du bruit comme quatre cents. Aq»<"
jugé n'a d'autre ressource crue d'éviter la publicité : M. Dautresme peut-il cela tenait-il? Un acousticien que je ne veux pas nommer, pour ne pas
dire qu'il l'a évitée? être soupçonné de faire une réclame, critiquait vertement la distribution
Nous lui donnons acte bien volontiers du rétablissement textuel de la des forces musicales. Ses raisons paraissaient justes, mais il sera toujours
citation que nous avions faite de mémoire. Les témoignages précis du procès bien difficile, je crois, de produire un effet vraiment musical dans une
nous apprendront si M. Carvalho a été un seul instant provocateur dans salle de cette dimension, quel que soit d'ailleurs le nombre des exécu-
cette déplorable scène, et l'on jugera si la nuance involontairement créée tants. La musique a besoin d'être entendue de près, et les instruments 3
par nous changeait de beaucoup l'état de la question. Mais enfin il s'agis- longue portée sont des instruments qui ne portent pas.
sait d'une citation, et toute citation doit être exacte. Vous connaissez tous, artistes ou amateurs de musique qui melis^»
La direction du Ménestrel s'est vue obligée de supprimer un paragraphe l'ouverture d'Iphigénie en Tauride, de Gluck. Je ne vous dirai de la re-
de la lettre où étaient relatées de prétendues transactions de M. Carvalho marquable coda ajoutée par notre tant regretté maître Halévy. qu'un met;
soit avec M. Dautresme, soit avec d'autres personnes. Il faut obéir à la loi, elle est trop longue.
LE MENESTREL 253

Chant du soir, de Félicien David, est une des plus poétiques et des était Ponchard, le chanteur de l'Opéra-Comique; l'autre Sainle-Foy, le
colorées compositions de ce poëte coloriste musical par excellence. Ce comique du même théâtre; le troisième Soumis, l'excellent accompagna-
'"ceau
n'est pas nouveau. Il fut écrit après une réunion de Saint-Simo- teur; le quatrième (chef des carillonneurs), c'était Bazile. A M.Salmon
uns Ménilmontant. Un des assistants avait parlé sur la pondération incombait la délicate mission de donner le signal de tirer le canon. On
à
S'sastres, l'infini des mondes et le mouvement universel. Le futur auteur peut impunément, dans une masse d'exécutants, faire ce qu'on appelle
nfcgrt, inspiré par cette conférence, écrivit, en rentrant chez lui, une fausse rentrée; mais le moyen de cacher une fausse note quand cette
,
ravissante, qu'il appela tout d'abord la Danse des astres. Ài-je note est un coup de canon ?
oiiepaffe
hesoin de dire que le Chant du soir a été vivement applaudi de tous ceux Au reste, l'emploi des cloches n'est pas une nouveauté en musique, pas
j aiment la bonne musique? Voilà un aimable, un vrai compositeur qui plus que celui des coups de canon, et même des chaises à casser pour
ouecartes sur table et paye mélodie comptant! marquer la mesure, une ingénieuse invention de Musard. Dans la Flûte
Enfin un mouvement de toute
l'assemblée annonce l'arrivée du cortège enchantée, de Mozart (qu'il ne faudrait pas confondre avec Musard), le
impérial. compositeur allemand avait écrit primitivement une partie importante
On salue l'Empereur, l'Impératrice et le Prince impérial, et on lorgne pour le glockenspied, qui n'était autre chose qu'un instrument à clavier,
respectueusement le Sultan. formé d'un jeu de cloches. Au second acte de Guillaume Tell, Rossini lui-
Les femmes le trouvent noble et beau, et l'on comprend à leur physio- même a employé une petite cloche en sol haut, pour accompagner le choeur
nomie qu'elles n'ont pour
les blanches esclaves du harem qu'une commi- fameux : Voici la nuit, et Meyerbeer fait sonner une cloche grave en fa,
sération très-mitigée. pour donner le signal du massacre des huguenots, dans l'opéra de ce
Le chef d'orchestre —
toujours surmonté de M. Jules Cohen — lève et nom.
abaisse sa baguette, et l'hymne
du grand maître, encore inconnu et déjà Quelques lignes encore, et nous aurons rapidement terminé ce rapide
[ameux, fait son
entrée triomphale dans le monde de l'harmonie qui est compte rendu.
son
empire. L'auteur des paroles de l'hymne est M. Émilien Pacini, à qui nous
On comprend qu'une oeuvre nouvelle de Rossini, dans la circonstance devons quelques bonnes traductions de livrets étrangers.
présente, avec trois orchestres, des choeurs nombreux, des cloches et des Après la distribution des récompenses, à mesure que le cortège impé-
de canon, Excusez du peu! (1) — était bien de nature à exciter rial défilait devant les sections étrangères, les orchestres militaires ont
coups —
vivement la curiosité des dilettanti. exécuté l'air national de chacun des pays représentés à cette imposante
Répétons ici ce que nous avons dit ailleurs (2), que l'illustre composi- manifestation, une des plus magnifiques assurément et des plus sympa-
teur ne s'est point
montré au-dessous de lui-même dans cette composition thiques qui aient jamais eu lieu en Europe.
à coups de canon.
Rossini n'assistait pas à celte séance. Ce n'est pas lui qui se dérangerait
L'oeuvre débute par le chant d'un pontife que, eu égard aux vastes pro- pour entendre sa musique. Pendant qu'on l'acclamait sous cette chaude
:
portions du local, il a fallu faire chanter par douze basses-tailles. La mé- et splendide cage de verre des Champs-Elysées, il respirait philosophique-
lodie de ce solo, écrite dans le ton de fa et à quatre temps, est large, ment l'air frais et embaumé sous ses ombrages de Passy.
grandiose, simple et du plus bel effet. Elle offre celte particularité très- OSCAR COJIETTANT.
remarquable, que la phrase n'est pas carrée, suivant le terme technique,
c'est-à-dire qu'au lieu de procéder par périodes de quatre mesures, elle
P. S. Dimanche prochain nous donnerons la liste des récompenses dé-
procède par périodes de trois mesures. L'harmonie en est riche et le
cernées aux fadeurs d'instruments et aux éditeurs de musique, et nous
chant se termine par une cadence d'un caractère magistral et toute nou-
reprendrons le cours de notre examen des méthodes. M. Lecoispellier, qui
velle, que nous regrettons de ne pas pouvoir noter à cette place pour nous adresse une réclamation, recevra notre réponse dans le même
l'agrément de nos lecteurs. numéro.
Au pontife qui invoque le Dieu tutélaire, afin qu'il « entende la prière
des Français pendant la paix et pendant la guerre, » succède un choeur
.
(peuple, soldats, etc.) qui reprend à l'unisson le chant du pontife et répète
la même invocation.

Après cet ensemble, le pontife chante cinq nouveaux vers dans le


même sentiment, et la mélodie du début reparaît renforcée par les trois
orchestres, mais sans cloches et sans canon, ces engins harmonieux étant
réservés pour la fin.
Un choeur de vivandières accompagné par les orchestres militaires NOUVELLES DIVERSES
chante, en mesure à deux-quatre, un allegretto qui ne brille pas par la
nouveauté, il faut en convenir. Toutefois ce mouvement qui paraîtrait
ÉTRANGER
vulgaire, exécuté dans un local ordinaire et par un petit nombre de musi-
ciens, se trouve parfaitement approprié à l'immense palais des Champs-
Elysées, et ennobli
en quelque sorte par la masse des exécutants. Ce n'est On dit à Berlin que M1Ie Lucca est engagée pour deux mois à l'opéra de
plus bientôt qu'un rhythme vigoureux dont les vibrations
par couches Saint-Pétersbourg, du la décembre au 15 février, et que la brillante cantatrice
symétriques s'étendent au loin et forment comme une atmosphère sonore, recevra, pour 16 représentations qu'elle y doit donner, SU,000 fr., sans pré-
dont tous les
coeurs sont joyeusement imprégnés. Rossini, avec ce tact judice d'un bénéfice garanti à 10,000 fr. — Les nouvelles de ce genre doivent ins-
pirer des réflexions dramatiques aux jeunes couturières... et à d'autres encore.
admirable qui est
un des caractères de son génie, ne s'est point trompé.
On
ne doit pas en effet écrire de la musique pour dix-sept mille personnes Vogl, et,
— Le roi de Bavière vient de donner une épingle en brillants au ténor
comme on écrit une barcarolle à deux voix pour un salon. L'auteur de à M1Ie Thoma, un très-beau bracelet monté en pierres fines, pour la manière dis-
Guillaume Telia composé cette fois
comme on peint des décors pour la tinguée dont ces artistes ont interprété Lohengrin. MUe Mallinger a reçu un
salle de l'Opéra. bouquet accompagné d'une lettre bienveillante de Sa Majesté.
vivandières se taisent, le pontife invoque une derrière fois le Très-
Les
Haut, et — Le journal de musique Niederrheinische-Musikzeitung, fondé à Cologne
celte invocation prépare les terribles effets de cloches et de coups par le professeur Bisschoff qui le soutint avec talent jusqu'à sa mort, a cessé de
de
canon sur ces paroles assez belliqueuses pour une fête de la paix : paraître depuis le 1er juillet.

De nos héros dans les combats Le petit théâtre d'Ems a dû représenter hier au soir le vaudeville bien connu

Aide au vaincu gloire au vainqueur !
1
de Môlesville, la Permission de dix heures, tourné en opérette à l'intention de
M. Offenbach. A cette représentation devait assister le roi de Prusse, arrivant à Ems
Ce
une petite affaire que le choix des cloches, au nombre de
n'a pas été au milieu d'une illumination.
Siatre, dont deux devaient donner la note tonique et les deux autres la
Hollande, on aurait exécuté une sym-
dominante. C'est — On raconte que, dans une ville de
un compositeur extrêmement zélé, M. Jules Cohen (déjà phonie nouvelle, dans ïallegro de laquelle les instruments à vent se sont trouvés
nommé deux fois), qui,
en présence du prince de Leuchtenberg,président à une mesure de distance des instruments à cordes, et cela pendant 100 mesures,
honneur de l'exposition
russe, a choisi dans l'Exposition même ces sans que l'on s'en soit rendu compte... On imagine l'effet harmonieux que cela
11

Wre cloches de provenance française, russe, italienne et hongroise. pouvait produire !


Les artistes
qui ont eu l'honneur de tenir les cloches à cette solennelle — GENÈVE— La distribution des prix, au conservatoire de cette ville, a eu lieu
fsecution
ne doivent pas être confondus avec de vulgaires sonneurs. L'un samedi dernier 29 juillet, devant une affluence considérable, et sous la présidence
de. son fondateur M. F. Bartholomy. Le rapport et l'exercice musical des élèves
(') Extrait du titre de cet hymne. ont constaté la marche progressive de l'institution et les beaux résultats obtenus
m Le Siècle. par une organisation excellente.
254 LE MENESTREL

On annonce la prochaine apparition, à Milan, d'un nouveau journal qui c'est la destruction de l'ordre des Templiers, à laquelle se mêle une
— ni
s'intitulera : Il Mondo artistico, et traitera de musique, littérature, beaux-arts, etc. d'amour, qui, loin de paraître une superfétation et de nuire à l'élévation du •"* •

Il aura pour directeurs MM. A. Fano et le Dr Filippi. contribue puissamment à en rehausser le grand caractère dramatique. Je nY
Un nouvel opéra du maestro Braga, sur un libretto de M. Ghislanzoni, Gli le droit d'en dire davantage pour le moment.—Comme il est beaucoup

Aventurieri, est annoncé comme devant être donné au théâtre San Carlo, de facile de donner lecture d'une partition que d'un poëme, M. Prosper Pascal m ^ •

tfi
Naples, dans le courant de l'automne prochain. La basse bouffe, Alexandre faire entendre que des fragments de sa musique ; mais nous en ayons
ente TI"
Botlero, y tiendra probablement le principal rôle.— D'autre part, le compositeur assez pour nous faire une idée de la manière dont il a traité son sujet
A

Petrella, prépare en ce moment, à Livourne, une Giovanna di Napoli. apporté le même soin et la même conscience à la partition qu'à la pièce oit *
trouve pas plus de roueries, de superfëtalions, de formes conventionnelles da

Une correspondance de Parme, adressée à la Gazette Musicale de Milan,


— l'une que dans l'autre, et je n'ai rien à objecter aux principes de composition
rend compte d'un grand concert de musique classique commençant par l'ouverture ann
de la Gazza Ladra, de Bossini, se terminant par celle des Vêpres Siciliennes, a suivis. Aussi son talent ne s'en est-il trouvé que mieux à l'aise : des nielodi
de Verdi, et signale comme ayant eu les honneurs du bis, la Schiller-Marche, charmantes, fraîches, souvent originales, des morceaux d'un style large et
éne
de Meyerbeer, un Adagio, de Mendelssohn et VHymme à Suinte-Cécile, de Ch. gique : voilà de quoi recommander amplement l'oeuvre de M. Prosper Pascal
'
Gounod, le tout fort bien exécuté sous la direction de M. Ferrarini. Le correspon- l'attention de qui de droit.»
dant parmesan insiste sur le grand effet produit par VHymme de Gounod, que le — Il vient de paraître chez l'éditeur Rlchault, le premier volume de musicm»
public a failli ne pas laisser achever pour le faire recommencer plus vite.— religieuse de L. Chérubini (oeuvres posthumes). Nous croyons devoir reproduire
Allons il faut espérer que, peu à peu, nos chers voisins d'outre-monts cesseront
1 la préface de ce volume qui donnera une idée claire de cette publication impor-
tout à fait de croire que les Français n'entendent rien à la musique. tante. « Les amateurs de musique religieuse ont gardé le souvenir des oeuvres
composées par Chérubini pendant une période de quinze ans, de 1815 à 1830
pour l'ancienne chapelle royale. Depuis la mort de l'auteur, la collection de ces
compositions est demeuré -, pour la plus grande partie, à l'état de manuscrits iné-
dits. En présence du mouvement musical qui se produit en France et à l'étran-
PARIS ET DÉPARTEMENTS
ger, et qui tend à s'accroître encore, des oeuvres si appréciées à leur origine ne
sauraient rester plus longtemps à l'usage de quelques-uns seulement. Je considère
donc comme un devoir de les livrer à la publicité.
Nous avons le vif plaisir d'annoncer que le prix biennal de 20,000 fr , dont « Dans l'entreprise de cette édition qui formera plusieurs volumes, je m'appuie
il a beaucoup été parlé depuis quelques semaines, est définitivement décerné à sur l'amicale et dévouée coopération de M. Edouard Rodrigues, auquel sont dus
notre compositeur Félicien David, par la majorité des suffrages des cinq académies déjà de louables efforts pour la propagation de la musique classique, et notam-
donnant ainsi leur sanction au choix, fait par l'académie des Beaux-Arts, de ment d'une traduction française de divers oratorios de Hoendel. Quant à la révi-
l'auteur du Désert, d'IIcrculanum et de Lalla Rouck. sion des réductions pour piano ou orgue, des accompagnements d'orchestre, étla
Quatre fauteuils sont actuellement vacants à l'Académie des Beaux-Arts; parfaite conformité de l'impression avec les manuscrits originaux, je m'ensuis

mais aucun d'eux n'appartient à la section de musique. remis aux soins érudits de M. Vaucorbeil. Je suis heureux de consigner ici même
la commission des concerts his- ce témoignage de ma gratitude pour ces honorables amitiés dont le dévouement
— Le bruit se confirme que les membres de s'unit au mien dans l'accomplissement de l'oeuvre consacrée à la mémoire de mon
toriques, n'ayant pu s'entendre pour les mesures financières avec la commission
supérieure de l'Exposition universelle, ont tous donné leur démission, M. Fétis, père. Salvador CHÉRUBINI.
en tête, qui est immédiatement parti pour Bruxelles. — M. Hector Berlioz a reçu la triste nouvelle de la mort de son fils qui com-
lequel on ne s'est pas expliqué, a fait remettre mandait uupaquebot des messageriesimpériales. C'est, bien loin de son père, sur
— Un cas de force majeure, sur les mers d'Amérique, que ce jeune homme, d'une intelligence distinguée, a ter-
à demain, lundi, le grand festival du Palais de l'Industrie, préparé d'abord et
annoncé pour jeudi dernier. miné sa carrière trop vite brisée : il n'avait guère plus de trente ans.
festivals orphéoniques ont commencé vendredi dernier, au
— Les grands — On disait, ces jours derniers, que notre célèbre romancier Alexandre Dumas,
Palais de l'Industrie. Dans cette première séance M. Georges Hainl, n'avait guère cédant aux instances californiennes de M. Ulmann, l'imprésario cosmopolite,
moins de 8,000 chanteurs à diriger ; deux autres réunions solennelles auront lieu s'était laissé engager pour faire sa partie dans une série de concerts-lecturesen
cette semaine pour la continuation de ces fêtes du chant choral : l'une aujour- Amérique. MM. Wieniawski, le violoniste, Jaëll, le pianiste,, et la cantatrice,
d'hui, dimanche, à 2 heures, l'autre, à 2 heures également, mardi prochain. MUe Artot, entreraient, pour la partie musicale dans cette combinaison. Nous ne
,
l'on n'a pas, ainsi qu'on l'avait annoncé d'abord, exé- garantissons pas tout à fait l'authenticité du renseignement.
— C'est avec raison que
cuté, au festival du palais de l'Industrie, la cantate couronnée de M. Saint-Saëns. — Plusieurs de nos jeunes artistes violonistes et violoncellistes auraient, dit-on,
L'effet en eût été compromis dans une si vaste enceinte. L'oeuvre du lauréat se le projet de fonder, l'hiver prochain, des séances de musique de chambre en pe-
trouverait placée en des conditions bien meilleures à l'Opéra où il est question tit comité, ainsi qu'il convient en effet à ce genre de composition, dont les auteurs
de la faire prochainement entendre. n'ont jamais en vue un nombreux auditoire. MM. Poëncet, Régnier, Delabordeet
leurs amis sont dans le vrai en voulant agir ainsi : nous leur souhaitons de ta
— Le jury du concours pour le prix de composition, dit prix de Rome, se
composait, cette année, de M M. Auber, président; Barbereau, Ernest Boulanger, coeur un auditoire d'élite et un plein succès.
Félicien David Duprato, Gautier, Labarre et Maillart (M. Berlioz, absent). Les — Une fort belle bague en diamant a été envoyée ces jours derniers par l'em-
,
concurrents étaient : 1° M. Salvayre, ayant pour interprètes, Mlle Mauduit, pereur de Russie, à M. Delibes, second chef du chanta l'Opéra, qui avait orches-
MM. Bosquin et Gailhard, pour accompagnateur M. Edmond Duvernoy ; 2° M. Go- tré l'air russe national dont fut saluée l'entrée du Czar, le soir de la représenta-
dard, cantate chantée par MUe Roze, MM. Léopold et Henri Ketten, accompagna- tion de gala.
teur M. Krûger ; 3° M. Maréchal, par MUb Girard, MM. Ismaël et Nicot, accompa- — Le 3 juillet, a été célébré, en l'église Saint-Thomas-d'Aquin, le mariage
de
gnateur M. Chauvet ; 4° M. Bernard, par M,le Hamackers, MM. Castelmary et MUe Eugénie Mathieu, avec M. Yan' Dargent, le peintre et dessinateur bien connu.
Laurent, fauteur accompagnait son ouvrage. — Le jury n'a pas cru devoir dé-
cerner de prix. — Il y a eu le jeudi 27 juin, à Versailles, une grande solennité musicale en
l'église Saint-Symphorien : c'était la fête do la crèche. Les soli et les choeurs ont
— Les examens des classes du Conservatoire impérial de musique et de décla- été chantés par la Société chorale d'amateurs, fondée et dirigée par notre excel-
mation sont terminés. Les concours à buis clos d'harmonie et de contre-point et lent professeur Guillot de Sainbris. Le Noël de Gounod, un choeur de M. César
fugue, vont commencer. Les concours publics auront lieu, selon l'usage, dans Franck, V Hymne à Sainte-Cécile, avec Sarasate, et la première partie de la Créa-
ta grande salle, sous la présidence de M. Auber. Ils dureront au moins une tion, d'Haydn, ont paru particulièrement goûtés des pieux assistants.
semaine, et la distribution des prix arrivera dans les premiers jours d'août.
— Nous avons déjà eu occasion de parler avec éloges de M110 Marie Godbert
— Le musée du Conservatoire do musique vient de s'enrichir de deux instru- (de Laval), lorsqu'elle s'est fait entendre à la chapelle de l'Exposition. Dimanche
ments curieux et précieux. L'un est un orgue portatif à tuyaux, construit on dernier, cette jeune et belle personne a chanté de nouveau à la satisfaction de
Chine vers le vne siècle, c'est à dire à l'époque où les orgues étaient encore in-
tous. — On nous assure que MUo Godbert doit venir à Paris, l'hiver prochain,
connues en France, et ce ne fut que vers l'an 757 que l'on s'en servit à Com- donner quelques concerts.
piègne pour la première fois. Le second instrument est un clavecin qui fut cons-
truit pour Marie-Antoinette, en 1790, par Pascal-Taskin. Ce clavecin, orné d'in- — Nous lisons dans le Journal des A rts, des Sciences et des Lettres, à la date
crustations, est très-beau et très-remarquable à tous les titres. du 1er juillet : « Dans la matinée musicale du 9 juin 1869, M. Collin a joué sur
le cor une fantaisie de Gallay. Il a mis beaucoup de goût et de sentiment dans
— Plusieurs de nos confrères du grand format s'occupent, par anticipation, de
l'opéra les Templiers, dont M. Prosper Pascal, qui en a composé la partition après ses modulations. C'est sur le nouveau cor Sax, à quatre pistons indépendants,
qu'il a joué ce solo. Cet instrument, qui n'avait pas encore été entendu en pu-
en avoir lui-même écrit le poëmc, vient de donner quelques auditions intimes.
Us ont raison : un travail de ce genre fait honneur à qui a pu le réaliser, et la blic, offre plusieurs avantages qui doivent assurer son succès. Nous apprenons
chose est doublement intéressante si l'auteur a réussi, comme l'on s'accorde à le avec plaisir que M. Collin a été appelé à remplacer à l'Opéra M. Mohr, indispose,
reconnaître dans le cas présent. — Nous pourrions citer, à ce sujet, ce qu'a dit en et qu'il a parfaitement tenu la place de premier cor dans Don Carlos et dans pli'
si bons termes M. do Gasperini dans la Liberté ; mais nous voulons nous borner au sieurs autres de nos grands opéras. » M. Collin est élève de M. Mohr, professeur
passage suivant d'un feuilleton que nous choisissons exprès parmi les moins ha- au Conservatoire.
bitués à l'indulgence ; c'est au journal ie 'Temps que nous l'empruntons : «Le poëme — Demain, lundi, à la salle Herz, soirée dramatique par Mlle Héricourt.
des Templiers, dit M. JohannèsWeber, est un des meilleurs que j'aie entendus. Une
action simple et intéressante, des personnages bien caractérisés, des vers bien J.-L. HEUGEL, directeur.
,
faits : voilà en peu de mots la pièce de M. Prosper Pascal... Le fond de l'action, PARIS. — TYI>. CHARLES DE MOURGUES FRÈRES, RU1! 8. — Û7C8.
J.-J. ROUSSEAU,
LE MENESTREL 255

concert des Champs-Elysées est le greut attraction de la saison. L'or-


le
" gt excellent, les programmes sont
variés, et les solistes Lalliet, Gobert,
* Lacoste, Damaré sont tous cinq des virtuoses hors ligne. Le mardi et le
^drédi
Jours de concerts extraordinaires, le jardin Besselièvre est le rendez-
Vfl\
de toute l'aristocratie et étrangère.
parisienne
pué CATELAN. — Pour répondre à la vogue qui
s'attache à ce magnifique
l'administration a décidé que les entrées seraient libres au Théâtre des
rn
'!, ,rs'Dimanche

prochain, grand concert; bal d'enfants, avec tombola; fan-
et deux
représentations avec ballet et opérettes, au Théâtre des Fleurs, par
le artistes des bons théâtres de Paris.
En vente chez MARCEL COLOMBIER, 85, rue de Richelieu.
En vente au MÉNESTREL, 2 bis, rue Vivienne.
sou u\h ivran no i nu Li