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Phonétique, phonologie et remédiation

phonétique en FLE
(VLF6U2)

Année 2020

Étudiant: ANGELO NEVES DE CASTRO Frederico


N° étudiant: 21916017

Enseignants: MOHAMED EMBARKI (CM)


ABDERRAHIM AMRANI (TD)
1) Donnez une brève introduction présentant la langue
japonaise (5 à 10 lignes, mais pas de plagiat, citez vos
sources).

La langue japonaise est la langue la plus parlée au Japon, bien qu’il n’y ait
aucune mention faite, comme Heinrich et Galan (2010) l’ont écrit, à un statut officiel
de la langue dans la constitution du pays. La langue nippone fait partie de la famille
japonique, celle-ci représentant un groupe minoritaire parmi ceux qui réunissent les
autres langues du monde. Nombreuses sont les questions posées par rapport à
l’origine du japonais, mais il est possible de dire, entre autres que les caractères
idéographiques appelés de kanji mettent en évidence une influence chinoise. Quant
à la structure, elle est une langue dite agglutinante et son écriture, au-delà de kanji,
est composée des formes syllabiques, plus précisément des formes moriques
nommées katakana et hiragana.
Ainsi, cette langue se distingue par ses caractéristiques particulières qui la
font unique et riche concernant son histoire, sa structure, son écriture et sa
grammaire.

2) Dégagez un maximum de paires minimales à partir de ce


corpus

Tous les sons soulignés sont des phonèmes


2.1) [yen], [den], [sen], [nen], [ben], [ten], et [men]
2.2) [kaso] et [kaho]
2.3) [dan], [zan], [pan], [wan], [han], [ran] et [gan]
2.4) [sɯ:] et [sɯ]
2.5) [soɾa], [toɾa] et [soba]
2.6) [wat͡ɕi], [kat͡ɕi], [hat͡ɕi], [ha:t͡ɕi] [kɯt͡ɕi], [hat͡ɕi:]
2.7) [mat͡sɯ] et [mit͡sɯ]
2.8) [miɾɯ], [kiɾɯ], [maɾɯ], [koɾɯ], [kɯɾɯ], [toɾɯ] et [noɾɯ]
2.9) [oɾɯ], [iɾɯ] et [ɯɾɯ]
2.10) [ko:ko], [koko], [koko:], [ko:ko:], [so:ko:], [so:ko], [soko:]
2.11) [kɯni] et [kɯt͡ɕi]
2.12) [dozo], [rozo] et [domo]
2.13) [neɾɯ], [nɯɾɯ], [noɾɯ], [toɾɯ], [jorɯ] et [koɾɯ]
2.14) [mi:͡tsɯ] et [mit͡sɯ]
2.15) [aka], [asa] et [ika]
2.16) [ɕid͡zɯ] et [ɕi:d͡zɯ]
2.17) [jobɯ], [jomɯ] et [joɾɯ]
2.18) [ɯt͡ɕi] et [it͡ɕi]
2.19) [fɯmi] et [sɯmi]
2.20) [sɯteki] et [sɯte:ki]
2.21) [kome] et [kame]
2.22) [rikɯ] et [rokɯ]
2.23) [tamago] et [tamaɾo]
2.24) [sɯt͡ɕi] et [kɯt͡ɕi]
2.25) [sageɾɯ] et [nageɾɯ]
2.26) [kaze], [kabe] et [kame]
2.27) [hid͡ʑi] et [mid͡ʑi]
2.28) [nad͡ʑɯ] et [nakɯ]
2.29) [hoso] et [heso]
2.30) [saɾɯ], [sɯɾɯ] et [maɾɯ]
2.31) [hon] et [hen]
2.32) [t͡sɯt͡sɯ] et [kɯt͡sɯ]
2.33) [kat͡sɯ] et [kɯt͡sɯ]
2.34) [haɾa] et [ha:ɾa]
2.35) [jɯki] et [jɯ:ki]
2.36) [jome], [mome] et [tome]
2.37) [aɾɯ], [oɾɯ], [iɾɯ] et [eɾɯ]
3) Faites l’inventaire des phonèmes présents dans ce corpus

Phonèmes consonantiques
/f/, /d/, /s/, /n/, /b/, /t/, /m/, /h/, /p/, /r/, /g/, /w/, /ɾ/, /k/, /t͡ ɕ/, /z/, /j/, /d͡ʑ/ et /t͡s/

Phonèmes vocaliques
/ɯ/, /ɯ:/, /i/, /i:/, /e/, /a/, /a:/, /o/, /o:/

4) Identifiez les variantes de phonèmes

Variantes libres

Dans le corpus mis à disposition il n’y a pas de variantes libres du fait de


l’inexistence des transcriptions phonétiques qui à la fois ne possèdent ni la même
signification dans la langue ni des sons différents qui entre elles se trouvent dans le
même entourage phonique.

Variantes combinatoires

Selon Troubetzkoï (1949), lorsque deux sons proches quant à leur articulation
ou dans une optique acoustique n’apparaissent jamais dans le même voisinage
phonique, ils sont nommés « variantes combinatoires ». Ainsi, dans le corpus
analysé les variantes combinatoires suivantes et leurs occurrences ont été
constatées:

[t] avant [e], [e:] et [o]

a) /t/ ͡
[tɕ] avant [i] et [i:]

[t͡s]
avant [ɯ] et [ɯ:]

[s] avant [o], [ɯ], [e], [a], [ɯ:], [o:]


b) /s/
avant [i] et [i:]
[ɕ]

[h] avant [o] et [a]


c) /h/

avant [i:]
[ɕ]

• Concernant la voyelle [i], [h] et [ɕ] apparaissent au même endroit


toujours devant [i] dans la transcription phonétique( [hid͡ ʑi], [hiɾɯ:], [hiza] et [ɕid͡zɯ],
[ɕiɾi] )

[z] avant [a], [e] et [o]

d) /z/ d͡z
avant [ɯ:]

[dʑ͡ ]
avant [i]

avant [o]
[d]

e) /d/
d͡z
avant [ɯ:]

[d͡ʑ] avant [i]

• Il est possible de constater la présence de la voyelle [ɯ] qui apparaît après


[d͡z] (dans deux transcriptions phonétique) et [d͡ ʑ] (dans une transcription phonétique
seulement).
5) Proposez un tableau contrastif (français/japonais) pour les
consonnes et pour les voyelles

a) Tableau contrastif des systèmes phonologiques français et


japonais pour les consonnes (phonème commun / français / japonais) :

Bilabiale Labio- Alvéolaire Palato- Alvéolo- Palatale Vélaire Uvulaire Glottale


dentale alvéolaire palatale

Occlusive p b t d k g

Nasale m n ɲ

Affriquée
͡ ts ͡ tɕ d͡ʑ

Fricative fv sz ʃ ʒ h

Approximante l j

Aproximante ɥ w
labialisée

Battue ɾ

Vibrante r ʀ
b) Tableau contrastif des systèmes phonologiques français et
japonais pour les voyelles (phonème commun / français / japonais)

Antérieure Antérieure Centrale Postérieure Postérieure


n. labialisée labialisée labialisée n. labialisée
Fermée i y u ɯ

Mi-fermée e ø o

Moyenne ə

Mi-ouverte ɛ œ ɔ

Mi-ouverte ɛ̃ œ̃ ɔ̃
nasale
Ouverte a ɑ

Ouverte ɑ̃
nasale

• Concernant la langue japonaise, les phonèmes sont calqués sur les paires
minimales dégagées du corpus analysé dans le présent travail.
6) Donnez une transcription phonologique et phonétique de
l’enregistrement en français du locuteur japonais.

a) Transcription phonétique

[//lə/ˈpʁəmjeːminisˈtʁɔʁ/ila/ˈdilə/ava/bɑ̃ˈljø/laˈfhasdɘfɑ̃ˈljø/ɛ/ɑ̃gʁɑ̃ːd/e
ˈmwa//pʁəmeːminisˈtʁə/a//ɑ̃nɛfɛ/desiˈdedəfɛːʁ/eˈtap/tɑ̃ːfɛtkɔ̃ˈmjønə/ɔkɯʁ/tesa/tʁɯ
ˈne/dəlaʁeˈsjɔ̃də//ɑ̃fɛ/̃ ˈdane//]

b) Transcription phonologique

[//ləpʀəmjeminisˈtʀɔʀ/ilaˈdiləavabɑ̃ˈljølaˈfhasdɘfɑ̃ˈljøɛɑ̃gʀɑ̃de
ˈmwa//pʀəmeminisˈtʀəa//ɑ̃nɛfɛdesiˈdedəfɛʀeˈtaptɑ̃fɛtkɔ̃ˈmjønəɔkɯʀtesatʀɯˈnedəlaʀe
ˈsjɔ̃də//ɑ̃fɛˈ̃ dane//]

En quoi la langue japonaise ressemble-t-elle aux langues


du monde ? Par quoi se distingue-t-elle des autres ?

La langue la plus répandue au « pays du soleil levant » est la langue


japonaise, ce qui explique l’homogénéité linguistique que représente l’usage de cette
langue dans le territoire nippon. Afin de bien analyser celle-ci, il est impératif
d’aborder ses caractéristiques qui la diffèrent d’autres langues du monde tout en
examinant des éléments similaires. Les aspects traités dans cette démarche
concernent certes la typologie linguistique, c’est-à-dire des critères morphologique,
phonétique et syntaxique, mais aussi le système d’écriture.
La langue japonaise présente à peine des similitudes avec d’autres vu qu’elle
appartient à une famille particulière : la famille japonique. Pour ce qui est de son
système d’écriture, celui-ci comprend des influences considérables venues de la
Chine. Les éléments chinois qui en font partie sont nommés kanji, soit des
idéogrammes : « Throughout the OJ (Old japanese) period Japanese was written
entirely in kanji which were used logographically or phonographically » (Frellesvig,
2010). Ces représentations sont nombreuses dans la langue nippone et ont pour rôle
d’être la racine d’un mot et de porter son sens. Encore pour l’écriture, les japonais
ont développé deux systèmes dits syllabaires : hiragana et katakana. Le premier
« transcrit toutes les désinences grammaticales et, plus généralement, tout ce qui
n’est pas écrit avec les idéogrammes » (Malherbe, 1995) et le deuxième a été conçu
pour « les mots d’origine étrangère récente, les noms géographiques, les noms
propres étrangers, etc. » (Malherbe, 1995). Il ne faut pas oublier la création d’un
système influencé par les langues occidentales nommé romaji. Celui-ci vise à surtout
translittérer les caractères du japonais en se servant de l’alphabet latin afin de
simplifier la prononciation des mots et des phrases pour ceux qui ne sont pas
familiarisés avec un système d’écriture idéographique.
Au sujet de la typologie linguistique, il est possible de catégoriser le japonais
en fonction de divers critères. En ce qui concerne la formation des mots, c’est-à-dire
la morphologie, la langue nippone s’avère être une langue agglutinante par le fait
qu’il y a l’adjonction de nombreux suffixes et particules ajoutés aux verbes et « à cet
égard, il y a une certaine parenté de système grammatical avec des langues comme
le turc, le finnois, le mongol, etc. » (Malherbe, 1995). Cela diffère d’autres langues
comme le français, l’espagnol et l’italien (langues de flexion), des langues romanes,
qui font partie de la famille indo-européenne et aussi comme le chinois et le
vietnamien (langues isolantes). En phonétique et phonologie, le japonais présente
des caractéristiques intéressantes et à un certain degré uniques. Les voyelles sont
au nombre de cinq, pourtant elles peuvent être brèves ou longues. Cette particularité
est d’autant plus singulière que la longueur des voyelles peuvent distinguer les sens
des mots. Pour illustrer ce phénomène on peut analyser les mots 此 処 , koko (ici),
[koko] et 国 庫 , kokko (trésorerie), [ko:ko]. Quant aux consonnes, il est perceptible
que beaucoup d’entre elles possèdent des allophones (/t/, /d/, /s/, /z/, /h/), ce qui
en général s’avère un phénomène présent également dans d’autres langues comme
le français (le phonème /R/ peut être représenté phonétiquement par [ʁ], [ʀ], [χ], et
[r] sans que cela produise un changement de sens). Le critère syntaxique du
japonais doit aussi être pris en compte puisque l’ordre des mots dans une phrase est
de type SOV (sujet, objet, verbe) et cela met en évidence une distinction par rapport
à beaucoup de langues comme l’anglais, le français et le portugais, certes, mais
aussi une caractéristique commune dans des langues comme le coréen, le latin et le
turc.
En somme, la langue japonaise est unique en elle-même tant par sa structure
générale que par son usage. Il y a certes des différences et similitudes avec d’autres
langues du monde, mais le japonais, étant donné que le Japon est resté isolé
pendant des longues périodes de son histoire, continue d’être une langue à être
analysée de plus en plus, qu’elle que soit l’approche des analyses, c’est-à-dire
diachronique ou synchronique.

Que pourrez-vous dire à propos de la nature des structures


syllabiques en japonais et en français et quels types
d’erreurs pourrait-on rencontrer chez les japonais
apprenant le français ?

Selon l’approche de la typologie linguistique qui concerne le rythme des


langues, il est possible de noter une distinction fondamentale entre le français et le
japonais : langue syllabique pour la première et langue morique pour la deuxième.
Cela signifie que la syllabe est l’unité rythmique, c’est-à-dire celle qui permet la
production du rythme pour le français, tandis que ce phénomène ne concerne pas
des syllabes dans la langue japonaise : ce sont les mores qui s’en chargent. Cette
différence de structure rythmique et celle qui se rapporte tout autant à l’accentuation
et à la structure phonologique sont des aspects desquels les apprenants japonais du
français doivent prendre en compte et qui créent certains défis à l’apprentissage.
Pour ce qui est d’une langue syllabique, dans ce cas le français, la syllabe
joue le rôle d’unité prosodique de la langue. Elle peut être définie comme une
structure qui « résulte en général de la combinaison d’un noyau vocalique (V) et d’un
entourage consonantique (C) » (Léon & Bhatt, 2005, p. 59). Il est impératif de
concilier le rôle des syllabes avec la phonologie, autrement dit la façon dont on
réalise le découpage des mots doit tenir en compte de la présence des phonèmes et
leur concept : « Devant l'insuffisance d'une base phonétique homogène et
cohérente de la syllabe, la plupart des linguistes la considèrent principalement
comme une unité phonologique de regroupement et d'arrangement
segmentaux » (Meynadier, 2001, p. 102). L’élément syllabique en français possède
quelques règles qui déterminent la façon de découper un mot correctement, par
exemple : il n’y a pas de syllabe qui comporte deux ou plusieurs voyelles, c’est-à-dire
seulement une voyelle est incluse dans chaque syllabe ( /a-e-Ro-pɔR/, /mɛ-zɔ̃/, etc).
En outre, dans la langue de Molière il y a deux types de syllabes qui se diffèrent
selon leur terminaison : syllabe ouverte qui termine par une voyelle prononcée et
syllabe fermée qui termine par une consonne prononcée.
En ce qui concerne la langue nippone, la structure syllabique se diffère de
celle du français. Le concept de syllabe ne représente pas exactement la réalité de
ce qui se passe dans cette langue. Dû à son système phonologique et son écriture,
le japonais est considéré en tant qu’une langue morique puisque les unités qui
donnent le rythme à la prononciation sont les mores. Celles-ci sont au nombre de
103 en japonais standard moderne et sont utilisées surtout par le biais de kana :
hiragana et katakana1. De plus, les types de structure des mores s’avère particuliers
et se diffèrent par rapport à ceux des syllabes en français : CV, consonne-voyelle,
par exemple か /ka/, さ /sa/ et な /na/ ; CyV, consonne-y-voyelle, par exemple きゃ
/kya/, きょ /kyo/ et びゃ /bya/ ; V, voyelle, par exemple あ /a/, い /i/ et う/u/ ; et
/N/, /Q/ et /R/, par exemple « /hoN/ hon « livre », /moQte/ motte « tenir et…
», /koQpu/ koppu « gobelet », /toR/ tou « tour », /maR/ (maa) « eh bien » »
(Labrune, 2010, p. 143). Les trois premiers types de mores sont nommés
d’ordinaires et le dernier est dit spécial, ce qui renforce le caractère d’unité
prosodique pertinente dans la langue.
Ainsi, lorsqu’un apprenant japonais se met à apprendre le français il doit se
rendre compte de la structure générale de la langue cible, c’est-à-dire son aspect
phonétique/phonologique, sa structure de l’écrit, etc. Pour cela il faudrait également
retenir les distinctions qui sont perceptibles lorsque l’exercice de comparaison entre
les langues est réalisé. En ce qui concerne le système vocalique des deux langues, il
est tout à fait discernable le fait que la langue française possède plus de voyelles
que la langue japonaise. Cela peut expliquer la difficulté qu’un apprenant japonais
débutant pourrait rencontrer lorsqu’il essaye de prononcer certains mots comme
« ancien » [ɑ̃sjɛ]̃ et « incohérent » [ɛk̃ ɔeʁɑ̃] puisqu’en japonais il n’y a pas de voyelles
nasales. Celles-ci sont effectivement très prononcées en français et exigent que
l’apprenant japonais soit au courant de leur existence et qu’il puisse suivre des

1
Il est intéressant de réfléchir sur l’utilisation répandue du terme « syllabaires » pour designer les deux
systèmes d’écriture japonais (hiragana et katakana) puisqu’ils ne sont pas constitués de syllabes, mais de
mores.
méthodes afin de laisser tomber progressivement le crible phonologique 2 de sa
langue maternelle. Par « crible phonologique » on entend l’influence phonologique
de la langue source sur la langue cible, c’est-à-dire la langue étrangère. Une autre
possible erreur commise par les japonophones concernent toujours les voyelles,
puisque le système vocalique japonais possède grosso modo 5 voyelles alors qu’en
français elles sont dans un nombre assez supérieur: par exemple, en japonais la
voyelle fermée postérieure non arrondie [ɯ] est très présente tandis que le français
ne l’a pas. Par conséquent, l’une des voyelles françaises qui s’approche de [ɯ] est
[u] puisque la seule distinction entre elles est le critère d’arrondissement, autrement
dit la forme plus ou moins prise par les lèvres lors de l’articulation. Il est possible
donc que le mot « fou » [fu] soit prononcé [fw] par un apprenant japonais. Ce fait
peut être expliqué par le concept de « crible phonologique », cité antérieurement.
Quant aux consonnes, elles sont presque toujours suivies d’une voyelle en japonais,
par conséquent il sera demandé à l’apprenant japonais un effort d’écoute et de
compréhension. Il pourrait donc présenter des difficultés en tentant de prononcer, par
exemple le mot « plafond » [plafɔ̃], plus précisément la première syllabe puisque les
sons [p] et [l] ne peuvent pas se produire ensemble dans sa langue première.
En somme, à travers les informations décrites tout au long du texte
concernant les deux langues il est d’autant plus évident les différences entre elles
que les erreurs commises par des apprenants japonais du français, surtout ceux qui
débutent leur apprentissage, possèdent des fondements soutenables. Le système
d’écriture, la structure syllabique, l’appartenance à des familles de langues, l’histoire
et l’évolution sont des facteurs qui se diffèrent d’une langue à l’autre. L’apprenant
japonais donc doit retenir qu’il lui faudra une bonne maîtrise linguistique du français
pour que son apprentissage puisse apporter de bons résultats.

En confrontant les transcriptions phonétique/phonologique de


l’enregistrement en japonais, vous relèverez une erreur de
prononciation relative aux phonèmes vocaliques. Analysez cette
erreur et proposez une remédiation. Dites en quoi consiste la
remédiation phonétique! Expliquez votre démarche!

2
La définition de « crible phonologique » a été développée par le linguistique russe Nikolaï Troubetzkoï dans
son ouvrage intitulé « Principes de phonologie ».
Le système vocalique de la langue japonaise présente un nombre bien
inférieur de voyelles que celui du français puisqu’elle « est une langue aux voyelles
très relâchées, il n’y a pas d’important étirement des lèvres ni d’importante
labialisation » (Coulange, 2016, p. 66). Ce fait met en évidence les difficultés pour les
japonophones à prononcer des mots qui contiennent les voyelles [u] et [y], par
exemple et les voyelles nasales. En ce qui concerne la locutrice japonaise qui parle
français dans l’enregistrement mis à disposition, il est possible de relever plus d’une
erreur de prononciation, mais l’analyse proposée ici sera faite concernant seulement
une de ces erreurs, plus précisément celle rapportant aux voyelles.
Au moment où la locutrice essaye de prononcer le mot « cours » [kuʁ] dans
«...au cours de sa tournée de la région... » il est perceptible qu’elle n’arrive pas à
bien prononcer le son [u] du français, mais plutôt [ɯ] du japonais, autrement dit on
entend donc [kɯʁ]. Celui-ci est une voyelle non arrondie, au contraire de celle-là.
L’information concernant le niveau d’apprentissage en français de la locutrice n’est
pas donnée, pourtant cette erreur n’est pas surprenante étant donnée qu’à travers le
crible phonologique on a tendance à se servir des sons appartenant à sa langue
maternelle afin d’en produire d’autres en langue cible qui s’avèrent proches. Ainsi, il
est intéressant de proposer une démarche afin de réduire la présence de la voyelle
faisant partie da la langue première au bénéfice de celle de la langue cible.
D’abord, il serait pertinent de réaliser une démarche articulatoire, en d’autres
termes faire connaître à la locutrice comment le son [u] est articulé par l’appareil
phonatoire. Exposer, par exemple, des images de la bouche et des coupes sagittales
des organes de la parole afin de montrer le lieu d’articulation, le degré d’aperture, le
caractère arrondi ou non arrondi, etc. Ensuite, la formulation d’exercices de répétition
de mots qui possèdent le son en question pourrait être utile dans le but de forcer
physiquement les organes utilisés dans la production sonore à s’adapter à ce
nouveau son de la langue étrangère. Dernièrement, des activités afin de discriminer
la voyelle fermée postérieure arrondie d’autres qui sont proches phonétiquement
comme [y] et [o] pourrait également apporter de nouvelles astuces à bien prononcer
les mots de la langue, non seulement les prononcer de façon isolée, mais aussi dans
une phrase.
En conclusion, apprendre une langue étrangère n’est pas toujours un
processus facile et ne peut pas atteindre la perfection du jour au lendemain. Il est
impératif de prendre en compte que certains sons de la langue première peuvent ne
pas exister dans la langue cible. Ceci dit, afin de réussir à prononcer ces sons qui
sont inconnus en langue maternelle on doit suivre des démarches pratiques comme
celles proposées dans ce texte afin d’améliorer tant la perception que la production
par l’appareil auditif et phonatoire, respectivement.

Bibliographie

(Les sources au-dessous sont en ordre d’apparition dans les textes


du présent travail)

Heinrich, P. & Galan, C. (2010). Language Life in Japan:


Transformations and Prospects. Routledge.
Troubetzkoy, N. S. (1949). Principes de Phonologie. Klincksieck.
Frellesvig, B. (2010). A History of the Japanese Language. Cambridge
University Press
Malherbe, M. (1995). Les langages de l'humanité: une encyclopédie
des 3000 langues parlées dans le monde. R. Laffont.
Leon, P. & Bhatt, P. (2005). Structure du français moderne: introduction
à l'analyse linguistique. Canadian Scholars’ Press.
Meynadier Y., (2001), « La syllabe phonétique et phonologique : une
introduction », Travaux Interdisciplinaires du Laboratoire Parole et Langage,
Vol. 20, pp. 91-148.
Coulange, S. (2016). Remédiation phonétique et phonologique en FLE
par une approche multimodale chez les apprenants japonophones. [Mémoire
de master 2 recherche, Université Grenoble Alpe]
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01387387