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Premier cycle

ONDES

Michel PEREZ

AMERINSA — Deuxième année


Edition 2009/2010
2
Table des matières

1 Introduction 5
1.1 Définition d’une onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les quatres types d’ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Plan du manuscrit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Oscillateurs 7
2.1 Rappel mathématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Oscillations forcées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Système à deux degrés de liberté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

3 Propagation des ondes mécaniques 15


3.1 Propagation dans une chaîne d’oscillateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Equation de d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.3 Solution générale de l’équation d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.4 Impédance d’une onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.5 Application : ondes dans une tige (sujet 4) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

4 Ondes sonores 27
4.1 Expérience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.2 Equation de propagation unidimensionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.3 Cas tri-dimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.4 Impédance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.5 Puissance et intensité sonore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.6 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.7 Propagation d’une onde impulsionnelle dans un fluide . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.8 Effet Doppler, onde de choc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.9 Le mur de la caténaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

5 Ondes électromagnétiques dans le vide 43


5.1 Equations de Maxwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
5.2 Retours sur les champs électriques et magnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
5.3 Propagation des ondes électromagnétiques dans le vide . . . . . . . . . . . . . . . 52
5.4 Énergie d’une onde électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
5.5 Energie et intensité lumineuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

3
4 TABLE DES MATIÈRES

5.6 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

6 Ondes électromagnétiques dans les milieux infinis 67


6.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
6.2 Milieux conducteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
6.3 Milieux diélectriques homogènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

7 Ondes dans les milieux limités 83


7.1 Polarisation par un ensemble de lames. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
7.2 Application : couche anti-reflet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.3 Application musicale de la corde vibrante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
7.4 Un peu de musique ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

8 Milieux diélectriques non-isotropes 99


8.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
8.2 Retours sur les équations de Maxwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
8.3 Milieux uniaxes ou biréfringents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
8.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106

9 Interférences et diffraction 111


9.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
9.2 Quelques expériences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
9.3 Calcul des figures de diffraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Chapitre 1

Introduction

Qu’est-ce qu’une onde ? Pourquoi et comment se propage-t-elle ? Voila les questions aux-
quelles nous allons nous intéresser. A travers de nombreux exemples concrets (vagues, son,
corde vibrante...), nous allons essayer de comprendre et de modéliser la propagation des ondes.

1.1 Définition d’une onde


Commençons par une définition simple d’une onde :
Une onde est une modification de l’état physique d’un milieu matériel ou immatériel,
qui se propage à la suite d’une action locale avec une vitesse finie, déterminée par les
caractéristiques des milieux traversés.
Ainsi, la condition nécessaire pour observer des ondes est le couplage entre deux éléments
voisins du milieu ou système Une onde ne transporte pas de matière, mais de l’énergie.

1.2 Les quatres types d’ondes


Quatre grands types d’ondes peuvent être observés dans la nature :
– les ondes mécaniques : systèmes de ressorts, corde vibrante. Le couplage entre force et
déplacement donne lieu à la propagation des ondes.
– les ondes à la surface d’un liquide : vagues. Le couplage a lieu entre la pesanteur et la
tension superficielle.
– les ondes électromagnétiques : ondes radio, lumière. Le couplage entre les champs ma-
gnétique et électrique permet la propagation des ondes.
– les ondes matérielles : électrons, neutrons. Toute particule en mouvement peut être
considérée comme une onde. La relation de De Broglie associe à une particule en mou-
vement, de quantité de mouvement p, la longueur d’onde λ = h/ p (h est la constante
de Plank).

1.3 Plan du manuscrit


Dans ce manuscrit, nous avons essayé de partir du plus simple au plus compliqué.

5
6 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

– Le chapitre 2 introduit les phénomènes de transfert d’énergie nécessaires à la propaga-


tion d’ondes par l’intermédiaire des oscillateurs mécaniques ou électriques.
– Le chapitre 3 introduit les ondes mécanques : à partir de la relation de la dynamique,
l’équation de propagation d’une onde mécanique sera posée.
– Toujours avec cette même relation de la dynamique, cette fois appliqué à un volume de
gaz, les ondes sonores seront décrites au chapitre 4.
– Les ondes électromagnétiques seront traitées au chapitre 5 : cette fois, c’est à partir des
relations de Maxwell que la propagation sera modélisée.
– Après avoir introduit le concept de superposition de deux ondes, nous introduirons
rapidement les phénomènes d’interférence et de diffraction au chapitre 9.
– L’influence du milieu de propagation sera étudiée au chapitre 6. Nous nous intéresserons
dans ce chapitre à l’interaction entre la matière et une onde électromagnétique.
– Enfin, nous prendrons en compte les limites du milieu de propagation au chapitre 7.
Les conditions aux limites permettent de traiter de nombreux problèmes qui vont de la
transmission d’une onde à travers une paroi aux instruments de musique.
Chapitre 2

Oscillateurs

On considère une masse reliée à un élément fixe par l’intermédiaire d’un ressort. Le sys-
tème n’a qu’un seul degré de liberté. Notons ψ l’écart de la masse à sa position d’équilibre. La
relation fondamentale de la dynamique appliquée à cette masse donne :

d 2ψ
M = −Kψ (2.1)
d t2

2.1 Rappel mathématique


Soit l’équation différentielle du second ordre :

y 00 + b y 0 + c y = Acos(ωt ) + B sin(ωt ) (2.2)


On commence par résoudre l’équation homogène associée (équation sans second
membre). Le nombre et la forme des solutions d’une équation différentielle du second ordre à
coefficients constants sans second membre (y 00 + b y 0 +c y = 0) dépendent du signe du discrimi-
nant de "l’équation caractéristique" de l’équation différentielle ; cette équation caractéristique
est : r 2 + b r + c = 0.
Si le discriminant est nul, les solutions sont de la forme : (C1 et C2 : constantes)
‚ Œ
b
y(t ) = (C1 t + C2 ) exp − t (2.3)
2a
Si le discriminant est strictement positif, les solutions sont de la forme :

y(t ) = C1 exp (r1 t ) + C2 exp (r2 t ) (2.4)


Avec : C1 , C2 : constantes, r1 et r2 : les deux racines de l’équation caractéristique.
Si le discriminant est strictement négatif, l’équation caractéristique admet alors deux ra-
cines complexes conjuguées : λ + ıµ et λ − ıµ, avec λ et µ réels : les solutions sont de la
forme :

y(t ) = exp(λt ) [C1 cos(µt ) + C2 sin(µt )] (2.5)

7
8 CHAPITRE 2. OSCILLATEURS

M
a0

M
a0 + s

FIGURE 2.1: Oscillateur mécanique.

Pour résoudre l’équation complète, on cherche une solution particulière sous la forme :

y1 (t ) = α cos(ωt ) + β sin(ωt ) (2.6)


On trouve finalement :

A(c − ω 2 ) − B b ω B(c − ω 2 ) − Ab ω
α= β= (2.7)
(b ω)2 + (c − ω 2 )2 (b ω)2 + (c − ω 2 )2
Exercice: Détermination du mouvement de la masse

On pose ω0 2 = K/M . D’après le paragraphe précédent, on trouve :

ψ(t ) = C1 sin(ω0 t ) + C2 cos(ω0 t ) (2.8)


˙ = 0. La
Pour trouver C et ϕ, on étudie les conditions aux limites : ψ(0) = ψ0 et ψ(0)
solution qui satisfait à ces conditions est donc :

ψ(t ) = ψ0 cos(ω0 t ) (2.9)

Exercice: On considère toujours l’oscillateur mécanique décrit à la figure 2.1, mais on rajoute
maintenant une force de frottement visqueuse d’amplitude 2M λψ̇. On impose à t = 0 un
déplacement ψ(0) = ψ0 , décrire le retours du système à l’état d’équilibre.
2.1. RAPPEL MATHÉMATIQUE 9

La relation de la dynamique appliquée à la masse s’écrit cette fois :

M ẍ = −Kψ − 2M λψ̇ (2.10)


Ce qui se ramène à :

ψ̈ + 2λψ̇ + ω02 ψ = 0 (2.11)


Le discriminant de cette équation différentielle vaut 4(λ2 − ω02 ).
Æ
Si λ > ω0 : l’équation caractéristique admet deux solutions : r1,2 = −λ ± λ2 − ω02 . Le
retours à l’équilibre est donc une relaxation apériodique d’équation :
‚ Œ ‚ Œ
t t
ψ(t ) = ψ10 exp − + ψ20 exp − (2.12)
τ1 τ2
Æ
avec τ1,2 = (λ ± λ2 − ω02 )/ω02 .
Æ
Si λ < ω0 : l’équation caractéristique admet deux solutions : r1,2 = −λ ±  ω02 − λ2 . Le
retours à l’équilibre est donc une relaxation périodique (oscillation amortie) d’équation :
!
t
ψ(t ) = ψ0 exp − cos(ωt ) (2.13)
τp
Æ
avec τ p = 1/λ et ω = ω02 − λ2 .

Exercice: Effectuer un parallèle avec les circuit RLC et retrouver l’équation du courant (On
traitera le cas ou R2 << L/C ).

L’équation du courant dans un circuit RLC est :

di 1
Z
L + Ri + id t = 0 (2.14)
dt C
On peut poser ω02 = 1/(LC ) et τ = 2L/R, et sachant que q=di/dt :

d 2q 2 dq
+ + ω02 q = 0 (2.15)
dt 2
τ dt
Compte tenu de la condition R2 << L/C , le discriminant de l’équation caractéristique
vaut −4ω02 . La solution générale de l’équation du courant est donc :
t
 
q(t ) = q0 exp − cos(ω0 t ) (2.16)
τ
La constante q0 dépend des conditions initiales. On trouve une équation similaire pour
i.
10 CHAPITRE 2. OSCILLATEURS

K k K
M M
x 10 + ψ1
e1
x 20 + ψ2

FIGURE 2.2: Oscillateurs mécaniques couplés.

2.2 Oscillations forcées


On reprend maintenant l’oscillateur simple décrit à la figure 2.1. On lui soumet une force
excitatrice F (t ) = f cos(ωt ). L’équation du mouvement devient :

d 2ψ
M = −Kψ + f cos(ωt ) (2.17)
d t2
Exercice: Trouver la solution de cette équation

f
ψ = ψ0 cos(ωt ) ψ0 = (2.18)
M (ω0 − ω 2 )
2

2.3 Système à deux degrés de liberté


On considère maintenant deux oscillateurs mécaniques couplés comme représenté à la
figure 2.2.
Il faut écrire le système de forces subies par le mobile de la part des ressorts. Ainsi, le
premier mobile est soumis au forces :

F1 = −Kψ1 e1 et f1 = +k(ψ2 − ψ1 )e1 (2.19)


et le deuxième mobile, aux forces :

F2 = −k(ψ2 − ψ1 )e1 et f2 = −Kψ2 e1 (2.20)


Le système d’équation couplées est donc :
¨
M ψ̈1 = −Kψ1 − k(ψ1 − ψ2 )
(2.21)
M ψ̈2 = k(ψ1 − ψ2 ) − Kψ2
2.3. SYSTÈME À DEUX DEGRÉS DE LIBERTÉ 11

Exercice: Résoudre le système précédent. A t = 0 ; les deux mobiles sont sans vi-
tesse, ψ1 (0) = ψ10 , et ψ2 (0) = 0. On posera u = ψ1 + ψ2 , v = ψ1 − ψ2 . On trai-
€ Š € Š
tera le cas suivant : k << K (on rappelle que : cos a + cos b = 2 cos a+b
2
cos a−b
2
et
€ Š € Š
cos a − cos b = −2 sin 2 sin 2 ).
a+b a−b

Le système précédent devient :

M ü = −K u

(2.22)
M v̈ = −(K + 2k)v
Ce qui donne :

u(t ) = u01 cos(ω1 t ) + u02 sin(ω1 t )



(2.23)
v(t ) = v0 cos(ω2 t ) + v02 sin(ω2 t )
Avec ω1 2 = K/M et ω2 2 = (K + 2k)/M . On trouve ensuite ψ1 et ψ2 :

ψ1 (t ) = (u(t ) + v(t ))/2



(2.24)
ψ2 (t ) = (u(t ) − v(t ))/2
Pour trouver les constantes Ce qui donne finalement :

ψ1 (t ) = ψ0 /2(cos(ω1 t ) + cos(ω2 t ))

(2.25)
ψ2 (t ) = ψ0 /2(cos(ω1 t ) − cos(ω2 t ))

Dans le cas (2) k << K, on a : ω2 = ω1 1 + 2k/K ≈ ω1 (1 + k/K). Si on pose Ω =


p

(ω1 + ω2 )/2 et ω = (ω1 − ω2 )/2, on trouve finalement :

ψ1 (t ) = ψ0 (cos(Ωt ) cos(ωt ))

(2.26)
ψ2 (t ) = ψ0 (sin(Ωt ) sin(ωt ))

On va considérer par la suite, l’oscillateur couplé décrit à la figure 3.2. On soumet à la


paroie de gauche un déplacement forcé d’amplitude ξ (t ) = ξ0 cos(ωt ).

Exercice: Donner l’équation du mouvement et la résoudre (cas K = k).


12 CHAPITRE 2. OSCILLATEURS

0.5

0 20 40 60 80 100
t

–0.5

–1

FIGURE 2.3: Oscillateurs mécaniques couplés : k = K/10.

Le déplacement ξ (t ) imposé est similaire à une force f (t ) appliquée sur le premier mo-
bile. L’équation du mouvement est donc :
¨
M ψ̈1 = −K(2ψ1 − ψ2 ) + f cos(ωt )
(2.27)
M ψ̈2 = K(ψ1 − 2ψ2 )
On effectue le même changement de variables u = ψ1 + ψ2 et v = ψ1 − ψ2
Comme précédemment, on trouve :

M ü = −K u + f cos(ωt )

(2.28)
M v̈ = −3K v + f cos(ωt )
On résout ce système :

u(t ) = u0 cos(ωt )

(2.29)
v(t ) = v0 cos(ωt )
Avec :

f f
u0 = v0 = (2.30)
M (ω0 − ω )
2 2
M (3ω0 2 − ω 2 )
Ce qui donne finalement pour les amplitudes des mouvements des mobiles 1 et 2 :

‚ Œ ‚ Œ
f 1 1 f 1 1
ψ10 = + ψ20 = − (2.31)
2M ω0 2 − ω 2 3ω0 2 − ω 2 2M ω0 2 − ω 2 3ω0 2 − ω 2

Ces variations sont représentés aux figures 2.4 et 2.5.


2.3. SYSTÈME À DEUX DEGRÉS DE LIBERTÉ 13

4 4

3 3

y2 y2

1 1

0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
omega omega

FIGURE 2.4: Représentation de ψ10 FIGURE 2.5: Représentation de ψ20


14 CHAPITRE 2. OSCILLATEURS
Chapitre 3

Propagation des ondes mécaniques

Pour illustrer la propagation des ondes mécaniques, on peut utiliser un onduloscope :


ensemble de masselottes reliées entre elles par des ressorts (voir figure 3.1. Si l’on écarte de sa
position d’équilibre une masselotte située à l’extrémité de l’onduloscope, on observe que la
perturbation va se propager le long de la chaîne d’oscillateurs.
Le but de ce chapitre est de modéliser cette expérience pour trouver les types d’ondes
(forme, fréquence,...) qui peuvent se propager dans une chaîne d’oscillateurs mécaniques.

3.1 Propagation dans une chaîne d’oscillateurs


On va considérer maintenant une chaîne de N oscillateurs et on va caractériser les ondes
qui ont lieu dans cette chaîne.
L’équation du mouvement du nieme mobile est :

M ψ¨n = Kψn−1 − 2Kψn + Kψn+1 (3.1)


Cette équation est appelée équation de propagation de la déformation. On comprend in-
tuitivement la propagation d’un déplacement de proche en proche grâce au système de ressort

FIGURE 3.1: Onduloscope : les masses (jaunes) sont reliées entre elles par des ressorts.

15
16 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES

K K K K
M1 M2 M2 MN
ψ1 ψ2 ψ3
e1

a 2a 3a Na

FIGURE 3.2: Oscillateurs mécaniques couplés.

liant les masses entre elles. Ce déplacement est une onde. Attention, il ne faut pas confondre
la vitesse de l’onde à celle des masses. On va maintenant essayer de calculer quelle forme ces
ondes peuvent prendre et comment elles se déplacent.

3.1.1 Solutions harmoniques


L’équation de propagation peut s’écrire :

ψ¨n = ω0 2 (ψn−1 − 2ψn + ψn+1 ) (3.2)


On se base sur les résultats observés expérimentalement sur l’onduloscope 1
1. si l’on regarde une masse, on la voit osciller sinusoïdalement en fonction du temps,
2. si on prend une photo de l’onduloscope à un instant donné, la perturbation s’emble être
bien décrite par une sinusoïde fonction de la variable d’espace (x dans notre cas).
On va utiliser la notation complexe. On pose :

ψn (t ) = ℜ(ψ∗n (t )) (3.3)
Les deux observations présentées plus haut se traduisent à travers les deux hypothèses
suivantes :

ψ∗n (t ) = A∗n e ± ωt et A∗n = A0 e ± nφ (3.4)


On réinjecte ψ∗n (t ) dans l’équation de propagation (equation (3.2)). On obtient finale-
ment :

−ω 2 = ω02 (e ± φ + e ∓ φ − 2) (3.5)
Dans le cas où ω < 2ω0 , elle peut alors être mise sous la forme :

ω 2
‚ Œ
cos(±φ) = cos(φ) = 1 − 2 (3.6)
2ω0
Ce qui donne une relation entre ω, ω0 et φ, appelée relation de dispersion :
1. L’onduloscope est une sorte d’échelle de péroquet dans laquelle chaque bareau oscille librement autours d’un axe fixe ;
tous les bareaux étant liés entre eux par des petits ressorts
3.1. PROPAGATION DANS UNE CHAÎNE D’OSCILLATEURS 17

1.8
ω
1.6 =φ ω φ 
ω0 = 2 sin  
1.4
ω0 2
ω 1.2

ω0 1

0.8

0.6

0.4

0.2

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
φ
FIGURE 3.3: Représentation de la relation de dispersion : ω/ω0 en fonction de φ. La droite représente le cas où
φ  1.

φ
‚ Œ
ω = 2ω0 sin (3.7)
2

Si a est l’écartement entre deux masses, on a peut poser φ = ka (k est alors appelé nombre
d’onde). La solution générale de l’équation différentielle de propagation est donc une combi-
naison linéaire des deux solutions particulières trouvées plus haut :

ψ∗n = A+ e (ω+nka) + A− e − (ω+nka) (3.8)

Et pour ψn (t ) :

ψn (t ) = A+ cos(ωt + nka) + A− cos(ωt − nka) (3.9)

Les fréquences d’oscillation libres de la chaîne d’oscillateurs décrivent une bande de fré-
quence allant de 0 à 2ω0 /(2π).
Exercice: Que se passe-t-il si ω > 2ω0 ?
18 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES

L
θn
K K
M M M

Ψn-1 ψn Ψn+1
FIGURE 3.4: Pendules couplés.

Pour répondre à cette question, il faut reprendre l’expression de A∗n :

A∗n = A0 e ± nk
∗a
(3.10)
On suppose alors que k ∗ est lui-même complexe. On réinjecte alors ψ∗n (t ) dans l’équa-
tion de propagation (equation (3.2)). On obtient finalement :

−ω 2 = ω02 (e ± k a + e ∓ k a − 2)
∗ ∗
(3.11)
Soit r1,2 = e ± k a , les solutions de cette équation. On peut écrire :

ω 2
!
r2 + −2 r +1=0 (3.12)
ω02
Si le discriminent ∆ est positif (ω > 2ω0 ), on a deux racines réelles dont l’une est supé-
rieure à 1 (car le produit des deux racines vaut 1). Ceci correspond à deux ondes : l’une
va diverger avec n, ce qui est physiquement inacceptable, et l’autre va s’atténuer avec n.

Exercice: On considère la chaîne de pendules couplés décrits à la figure 3.4. Donner la relation
de dispersion des ondes pouvant se propager dans cette chaîne. On utilisera les notations suivantes :
ω02 = K/M et Ω20 = g /L.
3.1. PROPAGATION DANS UNE CHAÎNE D’OSCILLATEURS 19

Le théorème du moment cinétique appliqué à la nième masse donne :

M L2 θ¨n = −M g Lθn − K L2 (θn − θn−1 ) + K L2 (θn+1 − θn ) (3.13)


L’équation différentielle se met sous la forme :

θ¨n = −Ω20 θn + ω02 (θn+1 − 2θn + θn−1 ) (3.14)


On cherche une solution de la forme :

θn∗ = A0 e nka e ωt (3.15)


On tombe sur l’équation suivante :

ω2 Ω2
!
e ka + −2− + e − ka = 0 (3.16)
ω02 ω02
Ce qui donne directement :

ω 2 − Ω20
cos(ka) = 1 − (3.17)
ω02
La relation de dispersion est donc :
‚ Œ
ka
ω = 2
4ω02 sin2 + Ω20 (3.18)
2

3.1.2 Vitesse de propagation


Si on considère l’onde ψn (t ) = A− cos(ωt − nka), on remarque que cette fonction dépend
du temps et de la position x = na considérée. En fait cette onde s’écrit ψ(x, t ).
Exercice: Déterminer la vitesse ou célérité de l’onde c

A l’instant t et à la position x, le déplacement vaut A− cos(ωt − k x). Elle prendra tou-


jours la même valeur en x + ∆x et en t + ∆t si ωt − k x = ω(t + ∆t ) − k(x + ∆x), ou
encore ∆x/∆t = ω/k. Cette dernière expression donne la vitesse de l’onde :
ω
c= (3.19)
k

L’onde est donc le déplacement d’une fonction sinusoïdale le long de l’axe e1 à une vitesse
vϕ . C’est une onde progressive.
Attention, il ne faut pas confondre la vitesse de l’onde c et la vitesse de déplacement
des masses ψ̇. Pour mieux comprendre la différence entre ces deux vitesses, on peut prendre
20 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES

l’image du mouvement du bouchon d’un pêcheur au passage d’une vague. La vitesse du bou-
chon dans son mouvement vertical est liée à ψ̇, alors que la vitesse de la vague est liée à c.

3.2 Equation de d’Alembert


Pour donner une description continu du phénomène de propagation à partir de la des-
cription discrète présentée plus haut, on va faire tendre l’écart entre les masses vers 0, c’est
à dire considérer que la distance a est très inférieur à la longueur d’onde λ des ondes qui se
propagent. Dans ces conditions, on a :

∂ψ a2 ∂ 2ψ
– ™
ψn+1 (t ) = ψ(x=(n+1)a,t ) = ψ + a + + ◦(a 2 ) (3.20)
∂x 2 ∂ x2 x=na,t

∂ψ a2 ∂ 2ψ
– ™
ψn−1 (t ) = ψ(x=(n−1)a,t ) = ψ − a + + ◦(a 2 ) (3.21)
∂x 2 ∂ x2 x=na,t

L’équation de propagation discrète prend donc la forme :

∂ 2ψ
ψ¨n = ω0 2 (ψn−1 − 2ψn + ψn+1 ) = ω0 2 a 2 (3.22)
∂ x2
Exercice: retrouver la relation de dispertion et l’expression de la vitesse de l’onde dans
l’approximation des milieux continus.

On se sert de la définition du nombre d’onde k = φ/a et de la position x = na. En repre-


nant les deux hypothèses précédentes (ψ∗n (t ) = A∗n e ± ωt et A∗n = A0 e ± nφ ), on retrouve
alors la nouvelle relation de dispertion :

ω = ω0 ak (3.23)
et l’expression de la vitesse de l’onde :

c = ω0 a (3.24)

On obtient finalement l’équation de propagation appelée équation d’Alembert :

∂ 2ψ 1 ∂ 2ψ
− =0 (3.25)
∂ x2 c2 ∂ t2
La vitesse c est la vitesse de propagation des ondes.
3.3. SOLUTION GÉNÉRALE DE L’ÉQUATION D’ALEMBERT 21

3.3 Solution générale de l’équation d’Alembert

Nous allons maintenant essayer de trouver une solution générale à l’équation de d’Alem-
bert.

Exercice: Monter que ψ(x, t ) = f (t − x/c) + g (t + x/c) est la solution générale de l’équation
d’Alembert. On posera u = t − x/c et v = t + x/c.
22 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES

Écrivons la différentielle de la fonction d’onde :


∂ψ ∂ψ ∂ψ ∂ψ
dψ = dx + dt = du + dv (3.26)
∂x ∂t ∂u ∂v
Dérivons une fois par rapport à x puis t :

∂ψ ∂ψ∂ u ∂ψ∂ v ∂ψ1 ∂ψ1


= + =− + (3.27)
∂x ∂u∂x ∂v∂x ∂uc ∂vc
∂ψ ∂ψ∂ u ∂ψ∂ v ∂ψ ∂ψ
= + = + (3.28)
∂t ∂u ∂t ∂v ∂t ∂u ∂v
Dérivons une fois par rapport à x puis t :

∂ 2ψ 1 ∂ ∂ψ ∂ψ ∂u ∂ ∂ψ ∂ψ ∂v
– ‚ Œ ‚ Œ ™
= − + + − + (3.29)
∂ x2 c ∂ u ∂u ∂v ∂x ∂v ∂u ∂v ∂x
∂ 2ψ ∂ ∂ψ ∂ψ ∂u ∂ ∂ψ ∂ψ ∂v
‚ Œ ‚ Œ
= + + + (3.30)
∂ t2 ∂u ∂u ∂v ∂t ∂v ∂u ∂v ∂t
Ce qui donne :

∂ 2ψ ∂ 2ψ ∂ 2ψ ∂ 2ψ
– ™
1
= −2 + (3.31)
∂ x2 c2 ∂ u2 ∂ u∂ v ∂ v2
∂ 2ψ ∂ 2ψ ∂ 2ψ ∂ 2ψ
= +2 + (3.32)
∂ t2 ∂ u2 ∂ u∂ v ∂ v 2
L’équation d’Alembert se transforme donc en :

∂ 2ψ
=0 (3.33)
∂ u∂ v
Intégrons par rapport à u :

∂ψ
= G(v) (3.34)
∂v
Intégrons par rapport à v :

ψ(u, v) = f (u) + g (v) (3.35)


3.4. IMPÉDANCE D’UNE ONDE 23

x x+ dx

e1

Ψ(x ) Ψ(x+ dx )

FIGURE 3.5: La tranche entre x et x + d x est déformée de manière non uniforme.

3.4 Impédance d’une onde


On considère ici une seule onde se déplaçant dans le sens des x positifs : ψ = f (t − x/c).
On va exprimer les dérivées partielles de ψ(t , x) par rapport à t et x :

∂ψ ∂ψ∂ u ∂ψ1
= =− (3.36)
∂x ∂u∂x ∂uc
∂ψ ∂ψ∂ u ∂ψ
= = (3.37)
∂t ∂u ∂t ∂u
On a donc une relation liant les dérivés premières de ψ :

∂ψ ∂ψ
= −c (3.38)
∂t ∂x
Reprenons notre chaîne de ressorts avec a << λ. On considère qu’entre la position x et la
position x + ∆x on a n ressots (∆x = na). La raideur de n ressorts de raideur K en série est
K/n. On a donc :

K K ψ(x + ∆x) − ψ(x) ∂ψ


F= (ψ(x + ∆x) − ψ(x)) = na = Ka (3.39)
n n ∆x ∂x
En reprenant les relations liant les dérivées premières de ψ, on donne :

∂ψ 1 p
F = Ka = Ka ψ̇ = K M ψ̇ = Z ψ̇ (3.40)
∂x aω0
p
La variable Z = K M est appelée impédance, par analogie avec l’électricité. De manière
générale, l’impédance est le rapport de la cause (tension, contrainte, force) sur la conséquence
(intensité, vitesse).

3.5 Application : ondes dans une tige (sujet 4)


On considère un barreau cylindrique de module d’Young E. Le module d’Young est définit
par σ = E" avec σ, la contrainte et " la déformation.
La déformation ε d’un solide est donnée par le rapport de son allongement sur sa lon-
geur initiale. Un allongement négatif correspond donc logiquement à une contraction. La
24 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES

contrainte est par définition la force exercée de part et d’autre d’une section quelconque d’un
matériau. Par convention, on fixe la contrainte positive dans le cas d’un matériau en traction 2 .
On définit ψ(x, t ) comme étant l’écart à la position d’équilibre.
Exercice: Établir l’équation liant la déformation " à une dérivée première de ψ.

x + d x + ψ(x + d x) − x − ψ(x) − d x ∂ψ
"= = (3.41)
dx ∂x

Exercice: Effectuer la relation de la dynamique et en déduire l’équation de propagation des


ondes longitudinales dans le barreau. On utilisera le module d’Young E et la masse volumique ρ
avec profit.

La force exercée sur le côté gauche est égale à −σ(x + ψ(x))S et celle exercée sur le côté
droit est égale à +σ(x + d x + ψ(x + d x))S (voir la définition de la contrainte). Le bilan
des forces donne donc :

S [σ(x + d x + ψ(x + d x)) − σ(x + ψ(x))] (3.42)


∂σ ∂ψ ∂σ ∂σ
– ‚ Œ ™
= S σ(x) + d x + ψ(x) + d x − σ(x) − ψ(x) (3.43)
∂x ∂x ∂x ∂x
∂σ ∂ψ
– ™
= Sd x 1+ (3.44)
∂x ∂x

Si les oscillations ont la forme ψ = ψ0 cos(ωt − k x), l’ordre de grandeur de ∂ ψ/∂ x


est de 2πψ0 /λ. On considère donc que l’amplitude de vibration des particules est très
inférieur à la longeur d’onde de la perturbation. C’est l’approximation acquoustique.
On a alors pour la relation de la dynamique :

∂ 2ψ ∂ε
ρ =E (3.45)
∂ t2 ∂x
∂ 2ψ 1 ∂ 2ψ
− =0 (3.46)
∂ x2 E/ρ ∂ t 2

Exercice: En déduire la vitesse v de propagation des ondes dans l’aluminium de module


d’Young E = 69 GPa et de densité ρ = 2, 7 g/cm3 . Comparer cette valeur avec celle de la
littérature (v = 6300 m/s).

2. On remarque que, contrairement à la définition des forces (vecteur définissant le module et le sens de la force),
contrainte et déformation sont ici des scalaires définis relativement.
3.5. APPLICATION : ONDES DANS UNE TIGE (SUJET 4) 25

s
E
v= = 5055 m/s (3.47)
ρ
Cette valeur est inférieure à celle de la littérature car les effet de Poisson ne sont pas pris
en compte. Ils sont en fait incompatibles avec l’hypothèse de la propagation d’une onde
plane.

Exercice: Donner l’expression de l’impédance Z du matériau.

L’impédance est donnée par σ = Z ψ̇. 0n a la relation suivante entre les dérivées pre-
mières de ψ :

∂ψ ∂ψ
= −v (3.48)
∂t ∂x
D’où :

E∂ψ
σ =− = − ρE ψ̇ = −Z ψ̇
p
(3.49)
v∂x
26 CHAPITRE 3. PROPAGATION DES ONDES MÉCANIQUES
Chapitre 4

Ondes sonores

4.1 Expérience
Reprenons ici une expérience très simple : on visualise sur un oscilloscope : (i) la ten-
sion d’alimentation d’un haut-parleur, (ii) la tension générée par un microphone situé à une
distance d = 34 cm du haut parleur. Le schéma du montage et la tension visualisée sont repré-
sentés sur la figure 4.1.

GBF

Oscilloscope

FIGURE 4.1: Mesure de la vitesse des ondes sonores.

Exercice: Sachant que la distance haut-parleur/micro est mesurée avec une incertitude de
1 cm et que la précision sur la mesure du temps est de 20 µs, calculer la vitesse du son.

d
v= = 327 m/s (4.1)
t
∆d ∆t
‚ Œ
∆v = v + = 22 m/s (4.2)
d t
On a donc v = (327 ± 22)m/s . La mesure est correcte car la valeur mesurée plus préci-
sément est d’environ 340 m/s.

27
28 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

4.2 Equation de propagation unidimensionnelle


Par la suite, nous allons voir comment se propage le son et ce que représente les signaux
observés sur l’oscilloscope.
Nous allons traiter uniquement le cas unidimensionnel : toutes les variables (le déplace-
ment ψ ou la vitesse v des molécules d’air, la surpression p,... ne dépendent que du temps t et
de l’abscisse x.
Pour décrire la propagation des ondes sonores, on a besoin de trois équations :
– la loi de comportement du gaz (loi reliant les variations de pressions aux variations de
volume)
– l’équation de conservation de la masse
– la relation de la dynamique
Pour cela, imaginons une onde sonore qui se propage dans un tube de section constante
S. Nous allons étudier le comportement du gaz qui se situe, au repos entre les position x et
x + d x. Soit ψ(t , x), l’écart d’une section de la colonne à sa position d’équilibre.

x x+dx

e1
Ψ(x ) Ψ(x+dx )
FIGURE 4.2: Propagation des ondes sonores dans un tube.

4.2.1 Loi de comportement : un peu de thermodynamique


Soient ρ0 , P0 et T0 les caractéristiques du fluide au repos. La présence d’ondes induit de
faibles variations de ces grandeurs. On pose : µ = ρ − ρ0 et p = P − P0 . On admet que le
déplacement d’une onde se fait sans déperdition d’énergie. On utilise donc le coefficient de
compressibilité isentropique χS :

1 ∂V
‚ Œ
χS = − (4.3)
V ∂P S
On peut donc écrire :

µ = ρχS p (4.4)
On utilise aussi parfois le module de compression κ qui est lié à χS par : κ = 1/χS .
4.2. EQUATION DE PROPAGATION UNIDIMENSIONNELLE 29

Exercice: Dans le cas adiabatique (isentropique), on a PV γ = C s t e. Donner l’expression de


χS .

‚ Œ
1 V 1
χS = − − = (4.5)
V Pγ Pγ

4.2.2 Conservation de la masse


On peut exprimer la masse de l’élément de fluide compris entre x et x + d x au repos :

d m = ρ0 S d x (4.6)
Lors du passage de l’onde, ce même élément de fluide (de même masse) va être déformé
(voir figure 4.2) :

d m = ρS(d x + ψ(x + d x) − ψ(x)) (4.7)


La conservation de la masse (le nombre de molécules d’air compris entre les deux sections
situées à x et x + d x au repos reste constant) implique :

∂ψ
– ™
ρ0 = ρ 1 + (4.8)
∂x
Que l’on peut aussi exprimer de la façon suivante :

∂ψ
µ = −ρ (4.9)
∂x

4.2.3 Relation de la dynamique


La dernière étape consiste à établir la relation de la dynamique à notre tranche de fluide :

∂ 2 ψ(x) ∂p ∂ψ
– ™
dm = −S [P (x + d x + ψ(x + d x)) − P (x + ψ(x))] = −S d x 1+ (4.10)
∂ t2 ∂x ∂x

Si les oscillations ont la forme ψ = ψ0 cos(ωt − k x), l’ordre de grandeur de ∂ ψ/∂ x est
de 2πψ0 /λ. On considère donc que l’amplitude de vibration des particules est très inférieur à
la longeur d’onde de la perturbation. C’est l’approximation acoustique. Ce qui donne finale-
ment :

∂ 2 ψ(x) ∂p
ρ0 =− (4.11)
∂t 2
∂x
30 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

4.2.4 Equation de propagation


En combinant les trois relations précédentes : (i) loi de comportement du gaz (équa-
tion (4.4)), (ii) conservation de la masse (équation (4.9)), (iii) relation de la dynamique (équa-
tion (4.11)), on retrouve finalement l’équation de propagation :

∂ 2 ψ(x) 1 ∂ 2ψ
− =0 (4.12)
∂ x2 c s2 ∂ t 2
On reconnaît ici l’équation d’Alembert. La vitesse de propagation des ondes sonores est
donc :

1 κ
È
cs = p = (4.13)
ρ0 χ S ρ0
Exercice: Donner l’expression de c s en fonction de γ , R (constante des gaz parfaits, T0
(température) et M (masse molaire). Calculer la vitesse des ondes sonores dans l’air à 0◦ C et à
25◦ C. On donne Mai r = 29 g/mol, γ =7/5.

s È
γ P0 γ RT0
cs = = (4.14)
ρ0 M
A 0◦ C, c s = 331 m/s et à 25◦ C, c s = 346 m/s.

Exercice: Déterminer l’équation de propagation de la surpression p et de la vitesse


v = ∂ ψ/∂ x dans la colonne de fluide

En combinant la conservation de la masse (équation (4.9)) et la loi de comportement


(équation (4.4)), on a :

∂ψ
− = χs p (4.15)
∂x
En dérivant par rapport à x la relation de la dynamique (équation (4.11)), on retrouve :

∂ 2p 1 ∂ 2p
= (4.16)
∂ t2 ρ0 χ S ∂ x 2
L’équation de propagation des vitesses se retrouve simplement en dérivant l’équation de
propagation en ψ par rapport au temps :

∂ 2v 1 ∂ 2v
= (4.17)
∂ t2 ρ0 χ S ∂ x 2
4.3. CAS TRI-DIMENSIONNEL 31

4.3 Cas tri-dimensionnel


L’équation de propagation établie dans la section précédente est basée sur un cas particulier
de propagation unidimensionnel (dans un tube) : toutes les variables ne dépendaient que du
temps et de l’abscisse x. Nous allons nous intéresser brièvement ici au cas ou le milieu de
propagation est illimité.

4.3.1 Equation de propagation


L’établissement de l’équation de propagation repose sur un calcul de mécanique des
fluides : au lieu d’utiliser la relation de la dynamique, on utiliser la relation de Navier-Stokes
qui est son équivalent pour les fluides. Les détails de ce calcul ne seront pas développés ici, on
trouve finalement pour l’équation de propagation :

1 ∂ 2ψ
∆ψ − =0 (4.18)
c s2 ∂ t 2
où ∆ est l’opérateur laplacien :

∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
∆ f (x, y, z) = + + (4.19)
∂ x2 ∂ y2 ∂ z2

4.3.2 Onde Plane


L’équation de propagation tri-dimensionnelle admet comme solutions possibles :

ψ1 (x, y, z, t ) = ψ01 cos ωt − k · r



(4.20)

ψ2 (x, y, z, t ) = ψ02 cos ωt + k · r



(4.21)
r est un vecteur de composantes (x, y, z). k est le vecteur d’onde : sa norme donne le
nombre d’onde et sa direction donne le sens positif de propagation de l’onde : l’onde 1 se
propage suivant k alors que l’onde 2 se propage suivant −k. Ces ondes sont appelées ondes
planes car l’ensemble des points équiphases est tel que k · r =cste, ce qui est l’équation d’un
plan.

4.3.3 Onde sphérique


L’équation de propagation tri-dimensionnelle admet aussi comme solutions possibles :

cos (ωt − k r )
ψ3 (x, y, z, t ) = ψ03 (4.22)
r
cos (ωt + k r )
ψ4 (x, y, z, t ) = ψ04 (4.23)
r
32 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

r est la distance au point O. Ces deux dernières relations sont les équations de propagation
d’ondes sphériques de centre O. L’onde 3 correspond à une onde qui diverge de O vers l’infini
et l’onde 4 correspond à une onde qui converge de l’infini vers le point O.

4.4 Impédance

On rappelle que l’impédance de l’onde est défini comme le rapport de la cause (ici, la
surpression p) sur la conséquence (ici, la vitesse v).
Exercice: Donner l’expression de l’impédance d’un milieu portant une onde acoustique.

On utilise le fait que les équations de propagation admettent u = t − x/c comme solu-
tion. Cela donne :

∂ψ ∂ψ
= −c s (4.24)
∂t ∂x
p
avec c s = 1/ ρ0 χS . On utilise alors la loi de comportement (équation (4.4) et la conser-
vation de la masse (équation (4.9)), ce qui donne :

ρ0
È
p= v (4.25)
χS
p
On trouve finalement Z = ρ0 /χS = ρ0 κ.
p

4.5 Puissance et intensité sonore

On définit la puissance P de l’onde par unité de surface (en W/m2 ) :

p2
P = pv = Zv 2 = (4.26)
Z

L’intensité sonore I (en dB (décibel)) est définit de la façon suivante :


‚ Œ
P
I = 10 log10 (4.27)
P0

avec P0 = 10−12 W/m2 .


Voici quelques exemples d’intensité sonore auxquelles l’oreille humaine peut être soumise :
4.6. APPLICATIONS 33

P (W/m2 ) I(dB)
Seuil d’audibilité 10−12 0
Chuchotement 10−9 30
Conversation 10−6 60
Circulation automobile 10−3 90
Concert de rock 1 120
Avion au décollage 103 150

4.6 Applications
Exercice: Quelle est la fréquence de vibration d’une onde harmonique se propageant dans
l’eau (vitesse de phase 1500 m/s) avec la longueur d’onde de 10 cm ?

v
f = = 15000 Hz (4.28)
λ

Exercice: Calculer le rapport de la vitesse de propagation des ondes sonores dans l’air et dans
l’eau (χS (ea u) = 6.10−10 Pa et ρai r = 1.3 kg/m3 ). On donne vai r = 331 m/s et vea u = 1500 m/s.
Conclure

ρai r χS(ai r )
s
vea u
È
= ≈ 3, 7 (4.29)
vai r ρea u χS(ea u)
On retrouve bien le rapport mesuré !

Exercice: Un bateau A explose. Le détecteur sonar d’un bateau B capte un signal correspon-
dant à cette explosion 4 secondes avant que les marins sur le pont de B n’entendent cette explosion.
Quelle est la distance qui sépare les bateaux A et B ? Les vitesses de propagation des ondes dans
l’air et dans l’eau sont vai r = 330 m/s et vea u = 1500 m/s.

t2 − t1
d= = 1700 m (4.30)
1/v2 − 1/v1

Exercice: La vitesse du son dans l’air dans les conditions normales de température et de
pression est de 331 m/s. Sachant que la densité de l’air est alors de 1.29. g/l. Déterminer la valeur
de l’impédance spécifique de l’air dans ces conditions.

Z = ρv = 428 rayl (4.31)


34 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

Exercice: Montrer que dans le cas d’une onde sphérique de la forme p = p(r, t ), l’équation
d’onde (4.16) admet pour solution générale :

f (r − v t ) f (r + v t )
p= + (4.32)
r r

La forme tri-dimensionnelle de l’équation d’une onde acoustique est :

1 ∂ 2p
∆p = (4.33)
cs 2 ∂ t 2
∆ est l’opérateur laplacien : ∆ = ∂ 2 /∂ x 2 . En coordonnées sphériques, le laplacien d’une
fonction f (r, θ, ϕ) vaut :

1 ∂2
∆ f (r ) = (r f (r )) (4.34)
r ∂ r2
L’équation de l’onde vaut donc :

1 ∂2 1 ∂ 2p
(r p) = (4.35)
r ∂ r2 cs 2 ∂ t 2
La fonction F = r p obéit à l’équation d’Alembert, on a donc :

f (t − r /c s ) g (t + r /c s )
p(r, t ) = + (4.36)
r r

Exercice: Un source acoustique ponctuelle rayonne une onde parfaitement sphérique diver-
gente. La puissance acoustique rayonnée par la source est P s . Quelle est la puissance moyenne par
unité de surface, appelée aussi intensité, à 1 m, 10 m et 100 m ? Sachant qu’à 500 m de la source,
l’intensité reçu est égale à 10−4 W/m2 , à quelle distance de la source ressentira-t-on une intensité
supérieure au seuil de la douleur (1 W/m2 ) ?

Ps
P= I1 = 8.10−2 P s I10 = 8.10−4 P s I100 = 8.10−6 P s (4.37)
S
È
I500
r= r500 = 5 m (4.38)
I
4.7. PROPAGATION D’UNE ONDE IMPULSIONNELLE DANS UN FLUIDE 35

4.7 Propagation d’une onde impulsionnelle dans un fluide


D’après un exercice tiré de [1].
On considère une onde acoustique progressive se propageant dans un tuyau à parois rigides
de longueur infinie, de section constante S = 100 cm2 et contenant un fluide parfaitement
élastique (onde 1D, milieu non dispersif). La position le long du tuyau est repérée par l’axe
(O x), parallèle à ce tuyau. La masse volumique du fluide au repos est égale à 2 × 103 kg/m3 .
Les images du déplacement des particules en fonction de la position x, prises au instants
t1 = 0.01 s et t2 = 0.02 s sont représentés sur la figure 4.3.
Déplacement u ( µm)

10

-10

-20

1 2 3 4 5 6 7 8 9

Position x (m)
FIGURE 4.3: Déplacement des particules.

Question: Quelle est la vitesse de propagation (célérité) des ondes dans le tuyau ? En déduire la
valeur numérique du coefficient de compressibilité κ et celle de l’impédance acoustique spécifique
du fluide Z. Sachant que la source a commencé à émettre à l’instant t = 0, déterminer la position
de cette source le long de l’axe O x.

La vitesse de propagation est c = 5/0.01 = 500 m/s. Or, c 2 = 1/s q r t ρ0 χS = κ/ρ0 ,


p
p
d’où κ = c 2 ρ0 = 0.5 GPa. L’impédance Z vaut : Z = ρ0 κ = 106 rayl. La source se
trouve à -1 m.

Question: Représenter le déplacement des particules en fonction du temps à la position


x = 3 m.

Nous sommes en présence d’une onde progressive selon x croissant de forme générale
f (t − x/c). Le front avant de l’onde atteint la position x = 3 m au bout de 4/500 =
8 × 10−3 s, son passage dure 3/500 = 6 × 10−3 s.

Question: En déduire l’évolution de la vitesse de déplacement des particules à cette même


position, puis celle de la surpression p dans le fluide.
36 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

Déplacement u ( µm)
10

-10

-20

0.006 0.008 0.01 0.012 0.014

Temps (s)

FIGURE 4.4: Déplacement des particules à 3 mètres.

On a les relations : v = ∂ u/∂ t et p = Zv

Surpression ( kPa )
Vitesse v (m/s)

0.01 10

0 0

-0.01 -10

0.006 0.008 0.01 0.012 0.014

Temps (s)
FIGURE 4.5: Vitesse et surpression des particules à 3 mètres.

Question: Déterminer l’énergie acoustique totale transportée par l’onde.

L’énergie totale de l’onde est l’intégrale de la puissance instantanée transmise en fonction


du temps à une côte x donnée :

∂u 2
Z t =0.014 ‚ Œ
E= ZS dt (4.39)
t =0.008 ∂t
L’intégration peut s’effectuer sans calcul à partir du graphique donnant la vitesse des
particules :

E = 106 .10−2 [(2 × 10−2 )2 × 2 × 10−3 + (0, 5 × 10−2 )2 × 4 × 10−3 ] = 9 mJ (4.40)


4.8. EFFET DOPPLER, ONDE DE CHOC 37

4.8 Effet Doppler, onde de choc


Un mobile M émet un signal sonore de période T en se déplaçant sur une droite y = l à la
vitesse v. La célérité des ondes acoustiques est c. A l’instant t , l’angle (O x, O M (t )) est noté
θ, supposé peu varier pendant une période.

ey
M(t) M(t+dt)
l
br

e ex

Question: A quelle période T 0 le signal sonore est-il perçu par un observateur immobile
au point O lorsque M s’éloigne ? Lorsque M se rapproche ? Que se passe-t-il à l’instant où θ = π/2 ?

Le signal émit à t par M tel que O M = r arrive en O à l’instant t 0 = t + r /c. Le signal


émit une période après arrive en O à l’instant t 0 +T 0 = t +T +(r +δ r )/c. Par différence,
il vient :

δr
T0 =T + (4.41)
c
Pendant une période, le mobile s’est déplacé de vT . Si on admet que vT << r , on a :
vT cos θ = δ r , ce qui donne finalement :
 v ‹
T = T 1 + cos θ
0
(4.42)
c
Si le mobile se rapproche de l’observateur, on trouve après un raisonnement similaire :
 v ‹
T = T 1 − cos θ
0
(4.43)
c
Quand θ = π/2 : T 0 = T .

Question: Dans le cas où l = 0, à quelle vitesse doit rouler une voiture de pompier dont la
sirène émet les notes Sol-La pour qu’une oreille absolue détecte La-Si ?
38 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

On a une augmentation de fréquence, doncpla voiture se rapproche. Pour passer de Sol-


6
La à La-Si, on augmente d’un ton (un ton= 2) donc :
 v ‹−1  v‹
f = f 1−
0
= f 1+ (4.44)
c c
D’où la vitesse v :
€p
6
Š
v=c 2 − 1 = 150 km/h (4.45)

Le mobile M est un avion, en vol supersonique à la vitesse v constante. Le bruit émis par
M à l’instant t est perçu par l’observateur immobile en O à l’instant t 0 . t 0 étant fonction de t ,
on pose t 0 = f (t ). A l’instant t = 0, M passe sur l’axe (O, y).
Question: Expliciter la fonction t 0 en fonction de t et tracer un graphe. Que se passe-il quand
d t /d t =0 ?
0

On a la relation : t 0 = t + O M /c, ce qui donne :


1p
t0 = t + l 2 + v2t 2 (4.46)
c
Quand d t 0 /d t =0, le son émis par l’avion pendant un instant d t arrive instantanément
dans les oreilles de l’observateur : "BANG"

25

20

15

10

5
–10 –8 –6 –4 –2 0 2 4 t 6 8 10

Question: Calculer l’instant t00 où l’observateur perçoit le bang, l’instant t0 où l’avion émet
le son perçu à t00 , et la position de M au moment où l’observateur perçoit le bang (l = 2000 m,
4.8. EFFET DOPPLER, ONDE DE CHOC 39

v = 5000 m/s, c = 340 m/s).

Le bang est émis quand d t 0 /d t =0. On calcule f 0 (t ) :

d t0 v2t
=1+ p (4.47)
dt c l 2 + v2t 2
On trouve t0 :

−l /v
t0 = Æ = −3, 71 s (4.48)
v 2 /c 2 − 1
Puis t00 :


t00 = v 2 /c 2 − 1 = 4, 31 s (4.49)
v

Question: Quelle est la durée d’émission τ des sons entre t00 et t00 + τ 0 ? (AN : τ 0 =0,1 s).

Il faut inverser la fonction t 0 = f (t ). On trouve :


q
2
−t + (v/c) t 02 − t00
0

t= (4.50)
v 2 /c 2 − 1
Le temps τ recherché est donné par : τ = t − t0 pour t 0 = t00 + τ 0 . On trouve finalement
τ = 1.1 s. Le son émis pendant 1,1 s est perçu par l’observateur pendant 0,1 s, d’où le
"BANG" ! ! !

Question: Soit M0 la position de l’avion au moment où l’onde de choc est perçue en O.


Déterminer sin θ0 , où θ0 est l’angle entre O x et O M0 . En déduire l’ensemble des points recevant
l’onde de choc à un instant donné.

On a :

l c
sin θ0 = q = (4.51)
2 v
l 2
+ v 2 t00
L’angle θ0 est indépendant de l , donc le cône de sommet M et d’angle 2θ0 est l’ensemble
des points qui perçoivent l’onde de choc en même temps.

Question: Quel est le lien entre les deux parties de cet exercice ?
40 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

FIGURE 4.6: Utilisation de l’angle du cône de choc pour déterminer la vitesse d’un avion. Ici l’angle 2α = 60◦ , donc
la vitesse de l’avion vaut Mach 1,15 ou 1407 km/h (d’après http ://id-net.fr/ brolis/sp/son/mur2.html).

L’angle θ est définit de la même façon dans les deux études : il correspond à la position
de l’avion en t0 :
−v t0 c
cos θ = Æ =− (4.52)
l 2 + v 2 t0 2 v

Si on reporte cette valeur dans la formule de l’effet Doppler, on obtient T 0 /T = 0, ce


qui est équivalent pour l’onde de choc à d t 0 /d t = 0.
4.9. LE MUR DE LA CATÉNAIRE 41

4.9 Le mur de la caténaire


D’après un article de R. Lehoucq et J. M. Coutry paru dans Pour la Science, 286, août 2001.
(Illustration Bruno Vacaro).

La motrice d’un TGV est alimentée en courant électrique par l’intermédiaire du panto-
graphe, un bras articulé conçu pour soulever le câble électrique suspendu au-dessus du train
(la caténaire). Après le passage du TGV, la déformation imposée par le pantographe engendre
des oscillations de ce câble, d’autant plus nocives que la vitesse du TGV est proche de la vitesse
de propagation des ondes mécaniques dans la caténaire : à cette vitesse l’onde est stationnaire
par rapport au train et les déformations de la caténaire détachent celle-ci du pantographe, ce
qui coupe l’alimentation en électricité. Nous allons essayer de calculer la vitesse limite des
TGV compte tenu de ce phénomène. On représente schématiquement le passage de l’onde
dans la caténaire par le schéma suivant :

x x+ dx
Caténaire
α ey
Ψ(x+ dx )
Ψ(x ) ex
Question 1 : Les ondes mécaniques observées dans la caténaire sont-elles longitudinales
ou transversales ?

Question 2 : On appelle α(x, t ) l’angle que fait la caténaire avec l’horizontale et ψ(x, t ) la
déviation verticale de la caténaire de sa position d’équilibre. On supposera par la suite que α
est un infiniment petit d’ordre 1 (sin α ≈ α et cos α ≈ 1). Donner l’expression reliant α et ψ.

Question 3 : On fait l’hypothèse que la caténaire n’a pas de raideur, aucune force ne
s’oppose à sa déformation. La seule force à prendre en compte est sa tension qui est tangente à
42 CHAPITRE 4. ONDES SONORES

la caténaire et qui a pour module T (x, t ). Établir un bilan des forces projeté sur l’horizontale
et monter que la tension est en fait une constante que l’on appellera T0 .

Question 4 : Soit µ la masse linéique (en kg/m) de la caténaire. Établir la relation de la


dynamique sur une portion de caténaire et en déduire l’équation de propagation de l’onde
dans le câble. Donner l’expression de la vitesse de propagation cette onde ?

Question 5 : Par un raisonnement purement dimensionnel établir (ou vérifier) l’expres-


sion de la vitesse de propagation de l’onde.

Question 6 : Une caténaire de TGV est constituée d’un câble profilé de cuivre pur d’une
section de 150 millimètres carrés, soutenu par un câble porteur en bronze (la densité du cuivre
est de 8,9). Elle est mise sous une tension de 2 600 décanewtons. Calculer la vitesse de propa-
gation des ondes.

Question 7 : Un bon captage de l’électricité n’est possible que si le TGV ne dépasse pas
70 pour-cent de la vitesse de propagation des ondes le long de la caténaire. Est-il possible de
franchir la barre symbolique des 500 km/h ?

Question 8 : Le 18 mai 1990, la rame 325 a pu atteindre la vitesse record de 515,3 ki-
lomètres par heure. Conformément à ce qu’avaient prévu les ingénieurs, la caténaire ne se
souleva pas plus de 30 centimètres. Quelle a été, selon vous, l’idée des ingénieurs de la SNCF
pour permettre un tel record ?
Chapitre 5

Ondes électromagnétiques dans le vide

Nous avons vu précédemment qu’une onde se propage quand deux grandeurs sont cou-
plées (pression et déplacement dans le cas des ondes sonores, contrainte et allongement dans le
cas des ondes mécaniques...). Nous allons maintenant présenter les ondes électromagnétiques,
résultant du couplage entre champ magnétique et champ électrique dans le vide.
Après une présentation des équations de Maxwell replacées dans leur contexte historique,
nous reviendrons sur l’origine physique des champs électriques et magnétique en unifiant ces
équations avec la relativité restreinte. Enfin, nous verrons quels types d’ondes pourront se
propager dans le vide.

5.1 Equations de Maxwell


Le couplage entre les champs électriques et magnétiques est décrit par les équations de
Maxwell. Mais d’où viennent ces équations ? Et tout d’abord, que sont champs électriques et
champs magnétiques ?

5.1.1 Champs électriques et magnétiques


Les champs électriques et magnétiques ne se manifestent que par leurs effets sur les charges.
L’effet des champs sur les charges est introduit très tôt dans l’enseignement car on peut expri-
mer cet effet par une expression très simple liant la force F exercée par ces champs (E et B) sur
une particule de charge q se déplaçant à une vitesse v :

F = qE + qv ∧ B (5.1)
Cette formule permet de poser de très beaux problèmes aux étudiants, mais masque un
phénomène très important : ces champs sont eux-mêmes créés par des charges (en mouvement
ou non). C’est justement ce qu’expriment les équations de Maxwell.

5.1.2 Equation de Maxwell-Gauss


En 1832, en se basant sur de nombreuses expérience d’électrostatique, Karl Friedrich Gauss
a proposé une loi, appelée maintenant théorème de Gauss qui relie le champ électrique E aux

43
44 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

charges qui lui ont données naissance. Ce théorème indique que le flux du champ électrique
à travers une surface fermée Σ est égal à la charge situé à l’intérieur de cette surface divisé par
ε0 .

Qi n t 1
I
E · dS = avecc ε0 = · 10−9 F/m (5.2)
Σ ε0 36π
En reprenant les travaux de Gauss, Maxwell a exprimé cette expression sous une forme
différentielle (forme locale), où ρ est la densité de charge volumique :
ρ
div E = (5.3)
ε0
C’est l’équation de Maxwell-Gauss.

5.1.3 Equation de Maxwell-Ampère


On savait depuis le début du XVIIIème siècle que le fer pouvait être aimanté par la foudre
et qu’il y avait donc une relation entre l’électricité et le magnétisme. Or, en 1820, le Danois
Christian Oersted découvre que le courant électrique en provenance d’une pile dévie une
boussole placée à proximité. Oersted ne tente pas de quantifier sa découverte ; c’est André-
Marie Aampère qui le fera. Une semaine après avoir entendu une description des travaux
d’Oersted, il a déjà complété l’essentiel de la théorie de l’électrodynamique, c’est-à-dire des
phénomènes impliquant des courants électriques.
Ampère observe même le phénomène de l’induction (courant induit dans un circuit par la
variation du champ magnétique qui le traverse) mais ne songe pas à l’analyser en détail.
Dans sa théorie, Ampère propose une loi 1 , appelée maintenant théorème d’Ampère, qui
relie la circulation du champ magnétique le long d’un contour Γ au courant enlacé par ce
contour :
I
B · d l = µ0 I e n l (5.4)
Γ

Comme précédemment, Maxwell a exprimé une forme différentielle de cette équation


(forme locale), où j est le vecteur densité de courant volumique :

rot B = µ0 j (5.5)
Si l’on prend la divergence des deux termes de l’égalité précédente, on trouve :

div j = 0 (5.6)
car l’analyse vectorielle nous montre que la divergence du rotationnel est nulle.
Par ailleurs, si on fait le bilan des charges qui rentrent et qui sortent d’une cube d’arrêtes
d x, d y et d z, on trouve :
1. Théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques, uniquement déduite de l’expérience (1827)
5.1. EQUATIONS DE MAXWELL 45

j x (x + d x) − j x (x) jy (y + d y) − jy (y) j z (z + d z) − j z (z) ∂ρ


div j = + + =− (5.7)
dx dy dz ∂t

Les deux équations précédentes sont contradictoires ! Maxwell a alors eu l’idée géniale
de rajouter un terme (que nous appellerons A à l’équation locale d’Ampère pour lever cette
contradiction :

rot B = µ0 j + A (5.8)
En prenant la divergence de l’équation précédente, on trouve :

∂ρ
0 = −µ0
+ div A (5.9)
∂t
Maxwell a alors utilisé l’équation de Maxwell-Gauss (équation (5.3)) :

∂ (ε0 div E) ∂E
– ™
div A = µ0 = div µ0 ε0 (5.10)
∂t ∂t
Ce qui donne finalement :

∂E
rot B = µ0 j + µ0 ε0 (5.11)
∂t
C’est l’équation de Maxwell-Ampère.

Courant de déplacement : quel déplacement ?


Maxwell a baptisé le deuxième terme de cette équation d’un nom tout à fait curieux : le
courant de déplacement (displacement current). En fait, ceci est dû au fait que beaucoup de
ses idées sur les champs électriques et magnétiques étaient erronées : il croyait par exemple à
l’existence d’un milieu (l’éther) dans lequel les champs électriques et magnétiques étaient des
sortes de contraintes, par analogie avec la mécanique. Il croyait aussi que les courant de dépla-
cement étaient associés à des déplacements de l’éther (d’où le nom). Malgré cela, le formalisme
de Maxwell reste valide car il était exclusivement basé sur l’expérience.
Alors, pourrait-on dire, pourquoi l’effet d’une variation du champ électrique sur le champ
magnétique n’a pas été mis en évidence expérimentalement ? La réponse est que l’effet de ce
nouveau terme de l’équation de Maxwell-Ampère était beaucoup trop petit pour être observé
au XIXème sciècle ! Pourquoi se compliquer la vie avec ce terme : nous allons voir qu’il est à
l’origine de la propagation des ondes électromagnétiques !

5.1.4 Equations de Maxwell-Flux


En cette même année 1820, Jean-Bapstiste Biot et Félix Savart déterminent la valeur du
champ créé par une portion dl d’un conducteur parcouru par un courant constant I en un
point de l’espace situé à r de dl :
46 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

µ0 r
d B(r) = I dl × (5.12)
4π r3

où µ0 est une constante appelée la perméabilité du vide(par définition du S.I.(Système


international d’unités), µ0 = 4π · 10−7 H/m (Henry/mètre).
A partir de l’équation précédente, on démontre que le champ B est à flux conservatif :

div B = 0 (5.13)

C’est l’équation de Maxwell-flux.


On peut démonter aussi que la loi de Biot et Savart permet d’obtenir le théorème d’Am-
père, ce qui est remarquable car ces deux découvertes datent de la même année !

5.1.5 Equation de Maxwell-Faraday

La découverte manquée d’Ampère, l’induction, n’allait pas être manquée par l’Anglais Mi-
chael Faraday. La découverte principale de Faraday est l’induction électromagnétique : le fait
qu’un flux magnétique variable induise un courant électrique dans une boucle de fil fermée.
Ainsi, non seulement l’électricité en mouvement peut-elle produire un flux magnétique, mais
l’inverse est vrai aussi. Faraday n’était pas mathématicien et ne formalisa pas ses découvertes
autant qu’elles auraient pu l’être. Il utilisa cependant les notions de champ magnétique et de
champ électrique, les concevant comme des lignes de force qui s’étendent dans l’espace.
C’est encore Maxwell qui prolongea les travaux de Faraday sur les fondement de l’électro-
magnétisme et les décrivit en termes mathématiques :

∂B
rot E = − (5.14)
∂t

C’est l’équation de Maxwell-Faraday.

5.2 Retours sur les champs électriques et magnétiques


Le génie des équations de Maxwell (et leur créateur) a été de décrire, par un formalisme très
concis, une quantité énorme de résultats expérimentaux obtenus dans différents domaines :
électrostatique, magnétisme, induction magnétique...
Par contre, jusqu’au début du XXème siècle, ces quatres équations ne sont que l’expression
de nombreux phénomènes expérimentaux : il n’existe aucune théorie en amont pour "unifier"
ou expliquer tous ces phénomènes.
Grâce aux travaux de Lorentz, puis d’Einstein, nous allons voir que ces équations sont en
fait la conséquence directe de la loi fondamentale de l’électromagnétisme et de la relativité
restreinte avec sa transformation de Lorentz.
5.2. RETOURS SUR LES CHAMPS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES 47

5.2.1 Loi fondamentale de l’électromagnétisme

La loi fondamentale et universelle de l’électromagnétisme (appelée aussi loi de Coulomb et


formalisée en 1780 par Charles de Coulomb) relie la force F exercée par une particule chargée
sur une autre particule chargé (de charges q1 et q2 ) situés à une distance r :

1 q1 q2
F= u (5.15)
4πε0 r 2

u est un vecteur unitaire dont la direction est donnée par la droite reliant les deux charges
et est orienté pour que deux particules de charges opposées s’attirent.
Cette loi est appelée fondamentale car elle est à la base de tout l’électromagnatisme, et
universelle car elle est valable partout et tout le temps, en d’autre mots, quel que soit le
référentiel.

5.2.2 Le champ électrique

Le champ électrique E est définit directement à partir de la force exercé sur une particule
de charge q :

F = qE (5.16)

Le théorème de Gauss est une conséquence directe (après une démonstration assez com-
pliquée) de cette définition.
Exercice: A partir du théorème de Gauss appliqué à une particule de charge q 0 , retrouver la
relation fondamentale de l’électromagnétisme.

En présence d’une seule particule, par symétrie de révolution, le champ électrique est
radial (E = f (r )). Le théorème de Gauss est donc équivalent à :
Qi n t
I
E · d S = E4πr 2 = (5.17)
Σ ε0
A l’aide de la relation F = qE, on retrouve bien la relation fondamentale de l’électroma-
gnétisme.

Exercice: A partir de l’expression locale du théorème de Gauss appliqué à une particule de


charge q 0 , retrouver la relation fondamentale de l’électromagnétisme.
48 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

En présence d’une seule particule, par symétrie de révolution, le champ électrique est
radial (E = f (r )). L’expression locale du théorème de Gauss est donc équivalente à :

∂ ρ
‚ Œ
1
div E = 2 E(r )r =
2
(5.18)
r ∂r ε0
On intègre cette expression par rapport à r et on retrouve bien la relation fondamentale
de l’électromagnétisme.

Exercice: Retrouver l’expression de la circulation du champ E le long d’un contour fermé.

Le champ E est le résultat de la superposition des effets de toutes les charges en présence.
Pour une charge i, on sait que Ei = f (ri ). D’après l’expression du rotationel en coor-
données sphériques, on a rot Ei = 0. Cela donne bien rot E = 0. Le théorème de Stokes
indique que :
I Z Z
E · dl = rot E · d l (5.19)
l Σ

Comme rot E = 0, on a bien une circulation nulle le long d’un contour fermé.

Exercice: Retrouver l’expression de la discontinuité du champ électrique à la traversée d’une


nappe orienté perpendiculairement à (O x) de charge surfacique σ.

On applique l’expression locale du théorème de Gauss à un élément de volume de la


nappe :
E2 − E1 ρ
div E = = (5.20)
dx ε0
On en déduit la discontinuité du champ (n est le vecteur normal à la surface) :
σ
(E2 − E1 ) · n = (5.21)
ε0

5.2.3 Le champ magnétique


L’origine physique du champ magnétique apparaît lorsqu’on applique la théorie de la relati-
vité restreinte à la loi de Coulomb. Sans rentrer dans les détails, on peut imaginer l’expérience
fictive suivante :
Un fil est parcouru par des courants d’électrons et de trous allant en sens opposé à la
vitesse v− avec des densités λ+ = λ− . Une charge négative se déplace à la vitesse v− dans le
5.2. RETOURS SUR LES CHAMPS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES 49

qV - V- B

F = qV - ∧ B
V-

V+
FIGURE 5.1: La charge négative est attirée par le fil.

même sens que les électrons du conducteur. Si on se base sur le principe de Coulomb, le fil
étant globalement neutre, aucune force n’est appliquée sur la charge. Par contre, la théorie
de la relativité restreinte, nous dit que pour un observateur placé dans un référentiel qui se
meut avec la charge négative, les dimensions d’objets mobiles par rapport à ce référentiel se
contractent. Pour la charge négative, on aura donc λ+ > λ− . En appliquant le principe de
Coulomb, il apparaît une force qui va attirer la charge négative vers le conducteur. Cette force
est appelée force magnétique.
Exercice: Comparer qualitativement cette force magnétique à la force F = qv ∧ B.

Le champ B créé par le courant est donné par le théorème d’Ampère. Il est représenté
sur la figure 5.1. La force F est la force magnétique ; elle est bien orientée en direction
du fil.

Une étude quantitative de la force magnétique nécessite des calculs assez longs mais sans
grande difficulté mathématique 2 .
Exercice: A partir des expressions des champ électriques et magnétiques tiré du texte "Charges
en mouvement", retrouver l’équation de Maxwell-Ampère.

2. Voir le texte intitulé "Charges en mouvement"


50 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

On part de l’expression de la force exercée par l’électron 1 sur le 2. Sachant que F = q2 E,


on a :
q2  ur
E= 1 − β2 (5.22)
4πε0 s3
On a l’expression du champ B :

1 − β2 ur
B= qv ∧
2 1 1
(5.23)
4πε0 c s3
Ce qui se transforme facilement en :
v1
B= ∧E (5.24)
c2
∂E
rot B = µ0 j + µ0 ε0 (5.25)
∂t
On va calculer le rotationnel de B sachant que :

rot (A ∧ B) = Adiv B − Bdiv A + (B · grad )A − (A · grad )B (5.26)


On a donc :
v ‹ v v1  v1  v1 ‹
1 1
rot ∧ E = 2 div E − Ediv 2 + E · grad 2 − 2 · grad E (5.27)
c2 c c c c
Les termes div (v1 ) et (E · grad )v1 sont nuls, il reste donc :

v1 ρ 1 ∂E
rot (B) = + (5.28)
c ε0
2
c2 ∂ t
Avec v1 ρ = j et c 2 ε0 µ0 = 1, on obtient finalement l’équation de Maxwell-Ampère.

Exercice: Comment obtient-on l’équation de Biot et Savart ?


5.2. RETOURS SUR LES CHAMPS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES 51

On imagine un fil conducteur de section S comprenant un grand nombre de charges


mobiles de vitesse moyenne v (n est le nombre de charges par unité de volume). L’in-
tensité I s’écrit : I = ne S v. Sur un élément de volume orienté de longueur dl, on aura
nS d l charges. La force magnétique appliquée sur ces charges vaut :

nSdle I
F= ∧ B = I dl ∧ B (5.29)
ne S
De manière générale, on a : I dl = qv. On reprend alors l’expression du champ magné-
tique avec les approximations suivantes 1 − β2 ≈ 1 et s ≈ r , et on trouve :
µ0 u
dB = I1 dl1 ∧ (5.30)
4π r2

Le paradoxe du changement de référentiel


Une charge se déplace à la vitesse v dans un référentiel R. Soit R0 , le référentiel dans lequel
la charge est immobile. On utilise les changements de repères suivants, qui découlent de la
transformation de Lorenz, pour exprimer les champs E et B dans les référentiel R et R0 :

E0 = γ (E + v ∧ B) (5.31)
 v ‹
B =γ B−
0
∧E (5.32)
c2
Æ
Les notations suivantes sont utilisées : β = v/c et γ = 1 − β2 . Comme en général
v << c 2 , on effectue souvent les simplifications suivantes :

E0 = E + v ∧ B (5.33)

B0 = B (5.34)
D’après les formules de changement de repère précédentes, le champ magnétique dans le
repère R0 est égal au champ magnétique dans le repère R. Or, (1) dans le repère R0 , il ne peut pas
y avoir de champ car la particule est immobile, et (2) dans le repère R, il existe obligatoirement
un champ magnétique créé par la particule en mouvement. Paradoxe...
En fait l’origine du champ magnétique et d’ordre relativiste. Son existence découle de la
transformation de Lorentz qui permet de passer d’un repère R à un repère R0 mobile par
rapport à R. Après force calcul, on peut trouver la formule générale de changement de repère
pour les champs E et B. Elle est donnée dans le Berkley (Vol 2, p. 213).
Une tentation, un peu hâtive, consiste à négliger le deuxième terme de la dernière équa-
tion en prétextant que : v << c 2 , ce qui nous ramènerait aux équations de changements de
repère (??) et (??). En fait, le champs B est un infiniment petit du deuxième ordre par rapport
à E (µ0 = 1/(c 2 ε0 ), ce que la formule F = qE + qv ∧ B masque complètement en comparant
52 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

des forces dont l’ordre de grandeur est complètement différent. B est donc du même ordre de
grandeur que vE/c 2 . En fait dans notre exemple particulier, on a exactement :

v
B= ∧E (5.35)
c2

Ce qui implique bien B0 =0. L’équation de changement de repère (??) est donc erronée.
Pour aller plus loin dans les domaines de la relativité et des champs, on pourra consulter les
ouvrages de la collection Berkley [10] et le cours de R. Feynmann [3, 4].

5.3 Propagation des ondes électromagnétiques dans le vide

Nous avons vu que les équations de Maxwell, et/ou la relativité restreinte nous indiquent
qu’il existe un couplage entre E et B analogue au couplage force/vitesse de la corde vibrante, au
couplage surpression/vitesse dans les fluides,... Ceci va nous permettre d’établir des équations
de propagation du champ électro-magnétique.

5.3.1 Equation de Maxwell dans le vide

Dans le vide, il n’y a ni charges, ni courants, les quatres équations de Maxwell peuvent
donc s’écrire :

div B = 0 (MΦ) (5.36)

∂B
rot E = − (MF) (5.37)
∂t

div E = 0 (MG) (5.38)

∂E
rot B = µ0 ε0 (MA) (5.39)
∂t

5.3.2 Équations de propagation

Exercice: Sachant que rot (rot A) = grad (div A) − ∆A, retrouver les équations de pro-
pagation des champs électrique et magnétique dans le vide. Donner l’expression de la vitesse de
propagation de ces champs.
5.3. PROPAGATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE 53

On a :

∂B ∂ 2E
‚ Œ
rot (rot E) = rot − = −ε0 µ0 (5.40)
∂t ∂ t2
Dans le vide, on a finalement :

∂ 2E
∆E − ε0 µ0 =0 (5.41)
∂ t2
Le calcul est le même pour B ; on peut le mettre sous la forme :

1 ∂ 2B
∆B − =0 (5.42)
c2 ∂ t2
La vitesse de propagation c = 1/(ε0 µ0 ) est la vitesse de la lumière par définition.

On retrouve la même forme d’équation de propagation que pour les ondes sonores : c’est
l’équation d’onde tri-dimensionnelle. Attention, le laplacien est maintenant vectoriel.

5.3.3 Ondes planes progressives

Exercice: En faisant le changement de variable suivant : X = t − (r · u)/c et Y = t + (r · u)/c


(r = OM, M , un point de coordonnées (x, y, z), et u un vecteur unitaire quelconque), montrer
que E(X , Y ) = f (X ) + g (Y ) ( f et g deux fonctions quelconques) est solution de l’équation d’onde
tri-dimensionnelle.
54 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

On peut exprimer X et Y de la façon suivante :


x u x + y uy + z u z x u x + y uy + z u z
X =t− Y =t+ (5.43)
c c
Comme E est une fonction de X et Y :

∂E ∂E∂X ∂E∂Y ∂E1 ∂E1


= + = −u x + ux (5.44)
∂x ∂X ∂x ∂Y ∂x ∂X c ∂Y c
∂E ∂E∂X ∂E∂Y ∂E1 ∂E1
= + = −uy + uy (5.45)
∂y ∂X ∂y ∂Y ∂y ∂X c ∂Y c
∂E ∂E∂X ∂E∂Y ∂E1 ∂E1
= + = −u z + uz (5.46)
∂z ∂X ∂z ∂Y ∂z ∂X c ∂Y c
∂E ∂E∂u ∂E∂v ∂E ∂E
= + = + (5.47)
∂t ∂X ∂t ∂Y ∂t ∂X ∂Y
Dérivons une deuxième fois par rapport à x, y, z et t :

∂ 2 E u x2 ∂ 2 E ∂ 2E ∂ 2E
– ™
= 2 −2 + (5.48)
∂ x2 c ∂ X2 ∂ X∂ Y ∂ Y2

∂ 2 E uy ∂ 2 E ∂ 2E ∂ 2E
™
= 2 −2 + (5.49)
∂ y2 c ∂ X2 ∂ X∂ Y ∂ Y2
∂ 2 E u z2 ∂ 2 E ∂ 2E ∂ 2E
– ™
= 2 −2 + (5.50)
∂ z2 c ∂ X2 ∂ X∂ Y ∂ Y2
∂ 2E ∂ 2E ∂ 2E ∂ 2E
= +2 + (5.51)
∂ t2 ∂ X2 ∂ X∂ Y ∂ Y2
L’équation d’onde tri-dimensionnelle se transforme donc en :

∂ 2E
=0 (5.52)
∂ X∂ Y
On voit immédiatement que E(X , Y ) = f (X ) + g (Y ) est solution de l’équation précé-
dente.

Exercice: Trouver l’ensemble des points tels que X ou Y soient constants à un instant donné.
En déduire à quoi correspond la solution du type : E(X , Y ) = f (X ) + g (Y ) ?
5.3. PROPAGATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE 55

A un instant donné, X ou Y sont constants si OM·u est constant. L’ensemble des points
M qui vérifient cette équation est un plan de normale u. Tous les points qui sont sur un
plan de normale u auront donc le même champ électrique. On appelle ce type d’onde,
des ondes planes. X représente une onde qui se déplace dans le sens de u et Y dans le
sens inverse de u.

Une onde plane est définie par extension comme une onde pour laquelle la phase est
constante pour tous les points appartenant à un plan donné.

Exercice: On a un champ de vecteur de la forme A(x, y, z, t ) = A(t − (r · u)/(c)). Donner les


expressions de div A et rot A.

On pose X = t − (r · u)/(c). On a :

∂ Ax ∂ Ax  u x ‹ ∂ Ax ∂ Ax
= − et = (5.53)
∂x ∂X c ∂t ∂X
On a donc pour les expressions de div A et de rot A :

∂ Ax ∂ Ay ∂ Az u ∂A
div A = + + =− · (5.54)
∂x ∂y ∂z c ∂t
u ∂A
rot A = − ∧ (5.55)
c ∂t

Exercice: Réécrire les quatre équations de Maxwell en les intégrant par rapport au temps.
56 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

Grâce aux équations précédentes, on a :

u ∂E
− · =0 (MG) (5.56)
c ∂t
u ∂E ∂B
− ∧ =− (MF) (5.57)
c ∂t ∂t
u ∂B
− · =0 (MΦ) (5.58)
c ∂t
u ∂B ∂E
− ∧ = ε0 µ0 (MA) (5.59)
c ∂t ∂t
On intègre par rapport au temps :

u·E=0 (MG) (5.60)

u
B= ∧E (MF) (5.61)
c

u·B=0 (MΦ) (5.62)

E = −cu ∧ B (MA) (5.63)

Pour une onde plane progressive, les champs E et B sont perpendiculaire à la direction de
propagation de l’onde, et sont perpendiculaires entre eux : le trièdre (E, B, u) est trirectangle
et direct.

5.3.4 Ondes Planes Progressives Monochromatiques (OPPM)

Le cas des ondes monochromatiques est un cas particulier pour lequel la fréquence des
ondes est constante. On parlera souvent de leur pulsation ω. Comme dans le cas des ondes
sonores, on utilise avec profit la notation complexe :

E∗ = E∗0 exp (ωt − k · r)


 
(5.64)

Exercice: Calculer div E, rot E et ∆E et retrouver les quatre équations de Maxwell.


5.3. PROPAGATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE 57

div E∗ = − k · E∗ (5.65)

rot E∗ = − k ∧ E∗ (5.66)

∆E∗ = −k2 E∗ (5.67)


On en déduit les quatre équations de Maxwell :

− k · E∗ = 0 (MG) (5.68)

k ∧ E∗ = ωB (MF) (5.69)

− k · B∗ = 0 (MΦ) (5.70)

− k ∧ B∗ = ε0 µ0 ωE (MA) (5.71)

L’équation de Maxwell-Faraday donne facilement la relation entre le champ magnétique et


le champ électrique d’une OPPM de pulsation ω et de vecteur d’onde k :

k ∧ E∗
B= (MF) (5.72)
ω
La relation de dispersion reste la même que pour les ondes sonores :

ω2
k =
2
(5.73)
c2

5.3.5 Polarisation des OPPM


Dans ce paragraphe, nous choisissons une direction de propagation parallèle à l’axe z.
L’équation du champ électrique est donc :

E∗ = E∗0 exp [ (ωt − k z)] (5.74)


Ceci peut s’écrire en notation réelle :

E x = E x0 cos(ωt − k z + Φ x ) (5.75)

Ey = Ey0 cos(ωt − k z + Φy ) (5.76)


Si on se place à z fixé, on peut donc écrire (à un décalage temporel près) :

E x = E x0 cos(ωt ) (5.77)
58 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

Ey = Ey0 cos(ωt − ϕ) (5.78)

Plusieurs cas particuliers peuvent se rencontrer : (1) si ϕ=0 ou π, on a une polarisation


rectiligne ; (2) si φ = ±π/2, on reconnaît l’équation d’une ellipse (si, en plus, E x = Ey , on a
alors une polarisation circulaire).

5.4 Énergie d’une onde électromagnétique


L’énergie volumique e en présence d’un champ électro-amgnétique est donnée par :

ε0 E 2 B2
e= + (5.79)
2 2µ0
L’énergie W contenue dans un volume d τ est donc :
Z
W= edτ (5.80)
τ

Exercice: Calculer la puissance p rayonnée par les parois du volume τ. On donnera le résultat
en fonction d’un vecteur Π = (E ∧ B)/µ0 .

La puissance p est la variation de l’énergie contenue dans le volume τ :

∂ ε0 E 2 B2 ε0 2E ∂ E 2B ∂ B
Z ‚ Œ Z ‚ Œ
p =− + dτ = − · + · dτ (5.81)
τ ∂ t 2 2µ0 τ 2 ∂ t 2µ0 ∂ t
D’après les équations de Maxwell :
Z ‚ Œ
E B
p =− · (rot B − µ0 j) − · rot E d τ (5.82)
τ µ0 µ0
Comme div (A ∧ B) = B · rot A − A · rot B :
Z Z
p = div Πd τ = Π.dS (5.83)
τ S

Le vecteur Π est appelé vecteur de Poynting. Ceci nous conduit à postuler que le flux du
vecteur de Poynting à travers une surface S (non fermée) est égal à la puissance électromagné-
tique transportée à travers cette surface.
Exercice: Calculer de deux façons différentes l’énergie électromagnétique d E qui traverse une
surface S pendant un instant d t et en déduire la vitesse de l’énergie v :
5.4. ÉNERGIE D’UNE ONDE ÉLECTROMAGNÉTIQUE 59

On considère une zone de l’espace dans laquelle se déplace de l’énergie à la vitesse v. Le


volume d’énergie qui va traverser une surface S pendant un instant d t est S v d t . Dans
ce volume, il y a une énergie < e > S v d t , où < e > est la moyenne dans l’espace et
dans le temps de e. D’autre part, l’énergie électromagnétique qui traverse une surface S
pendant un instant d t est évaluée à l’aide du flux moyen du vecteur de Poynting. On
trouve finalement :
Z 
d E =< e > S v d t = Π.dS d t (5.84)
S

La vitesse de propagation de l’énergie est donc donnée par :


〈Π〉
v= (5.85)
<e>

Exercice: Calculer Π dans le cas d’une OPPM qui se propage suivant u dans le vide.

Dans le cas d’une OPPM, on a B = n/c ∧ E :

E2 cB 2
Π= u= u (5.86)
µ0 c µ0

Exercice: Calculer < p >, la valeur moyenne de p dans le vide pour une OPPM. En déduire
la vitesse de propagation de l’énergie.

< E2 > E02


Z
< p >=< Π · d S >= S= S (5.87)
S µ0 c 2µ0 c
La densité moyenne d’énergie < e > est donnée par

ε0 E02 E02 ε0 E02


< e >= + = (5.88)
4 4c 2 µ0 2
La vitesse de propagation de l’énergie est donc donnée par :
<p>
v= =c (5.89)
<e>S
On retrouve bien que l’énergie se déplace à la même vitesse que les ondes. Ce résultat
peut sembler évident, mais nous verrons par la suite que ce n’est pas toujours le cas.
60 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

5.5 Energie et intensité lumineuse


En optique, on a l’habitude de parler d’intensité lumineuse, ce qui n’est autre que la puis-
sance moyenne véhiculée par l’onde électromagnétique. L’intensité I vaut donc :
® ¸
B∧E
I =< Π >= (5.90)
µ0
Exercice: Si on note a0 l’amplitude du champ électrique (a0 en notation complexe), donner
l’expression de l’intensité lumineuse dans le cas d’une onde plane progressive monochromatique
dans le vide.

Pour une onde de pulsation ω et de nombre d’onde k, l’intensité vaut :


® 2¸
kE kE2 a02 a0 a0 ∗
I =< Π >= = = p = p (5.91)
ωµ0 ωµ0 2 µ0 /ε0 2 µ0 /ε0

5.6 Applications
5.6.1 Superposition de deux ondes planes progressives monochromatiques
On considère deux ondes électromagnétiques O1 et O2 planes progressives, monochroma-
tiques de même fréquence (nombre d’onde k), polarisées rectilignement et se propageant dans
deux directions u1 et u2 du plan (O xy). u1 et u2 , vecteurs unitaires, sont symétriques par
rapport à l’axe (O x)(voir figure 5.2). On pose θ = (O x, u1 ), α = k cos θ et β = k sin θ.
Au point M (r = OM) de coordonnées (x, y, z), les champs électriques de ces ondes ont
respectivement pour composantes :
   
0 0
E1 =  0 E2 =  0 (5.92)
   
 
E0 cos(ωt − k1 r) E0 cos(ωt − k2 r)
Question: Déterminer les composantes des vecteurs d’onde k1 et k2 et celles des champs
magnétiques B1 et B2 de O1 et O2 .

Question: Donner l’expression, en fonction de α, β, x, y et z, du champ électrique ~ε de


l’onde résultante de la superposition de ces deux ondes.
5.6. APPLICATIONS 61

u1

z e x
e

u2

FIGURE 5.2: On superpose deux ondes se propageant suivant u1 et u2 .

Question: Décrire l’onde résultante : planéité, uniformité, direction de propagation, vitesse


vΦ et polarisation.

Question: Calculer en M la valeur moyenne dans le temps < ε2 > du carré du module de ~ε.
Quelles sont les surfaces où < ε2 > reste constant ?

Question: La fréquence se trouve dans le domaine du visible. L’œuil étant sensible à < ε2 >,
décrire ce que l’on observerait sur un écran placé perpendiculairement à (O x). Donner la
périodicité spaciale i des phénomènes observés.

Question: Calculer en M les composantes du champs B résultant.

Question: Quelle est en général pour un point M quelconque de l’espace la polarisation de B ?


En quels points cette polarisation est-elle particulière ?
62 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

Question: Déterminer en M , en fonction de α, β, x, y et z, les composantes du veteur de


Poynting résultant P.

Question: Calculer la valeur moyenne dans le temps du flux du vecteur de poynting à travers
une portion de plan perpendiculaire à (O y), puis d’une portion de plan perpendiculaire à (O z).
Conclusion ?

Question: Calculer la puissance moyenne < P > qui traverse un rectangle plan de surface
S perpendiculaire à (O x) et dont les côtés l x et ly sont très supérieurs à la périodicité i défini
précédement.

Question: Calculer la valeur moyenne dans l’espace et dans le temps de la densité d’énergie
w. En déduire la vitesse de propagation v g de l’énergie. Quelle relation peut-on établire entre v g
et vΦ la vitesse de l’onde résultante proposée précédement.

5.6.2 Un deuxième exemple de superposition


Une OPPM électromagnétique de pulsation ω se propage dans le vide. Son vecteur d’onde
est :

k1 = k1 cos αex + sin αez



(5.93)
Elle est polarisée rectilignement, le champ E étant parallèle à (O y) :

E1 = E0 cos ωt − k1 · r ey

(5.94)

Question: Représenter graphiquement cette onde. Que vaut k1 ? Quel est le champ magné-
tique associé à cette onde ?
5.6. APPLICATIONS 63

La relation de dispersion des OPPM donne k1 = ω/c. Le champ magnétique associé à


cette onde est donné par la relation de structure :

(cos αex + sin αez ) ∧ E1


B1 = (5.95)
c
Soit :

x cos α + z sin α
‚ ‚ ŒŒ
E0
B1 = (− sin αex + cos αez ) cos ω t − (5.96)
c c

B1 k1

E1 = E0 ey

y _ x

Une deuxième onde, de même fréquence, amplitude et polarisation, dont le vecteur d’onde
est :

k2 = k2 cos αex − sin αez



(5.97)
est superposée à la première. Ces deux ondes sont en phase à l’origine du système de coor-
données cartésiennes utilisé.
Question: Représenter graphiquement cette onde et exprimer le champs électrique de l’onde
globale. La superposition des deux OPPM est-elle une OPPM ?

Le champ électrique de la deuxième OPPM est :

x cos α − z sin α
‚ ‚ ŒŒ
E2 = E0 cos ω t − ey (5.98)
c
On peut alors calculer le champ électromagnétique total :

ωz sin α x cos α ‹‹
‚ Œ  
E = 2E0 cos cos ω t − ey (5.99)
c c
64 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

B2
E1 = E0 ey
k2
y _
x

Question: Monter (en posant une condition sur α) que le champ obtenu est semblable à celui
de l’onde se propageant dans la cavité du LASER ?

Si on pose α = π/2, π/a = ω/c, z 0 = z + a/2 et E00 = 2E0 , on obtient :

πz
‚ 0Œ  cπ ‹
E = E0 sin
0
cos t ey (5.100)
a a
Ce qui correspond bien à une onde stationnaire de mode m = 1.

5.6.3 Orientation des queues de comètes


En observant la comète de Hale-Bopp en avril 1997, on a pu constater que le nuage gazeux
appelé queue, qui accompagne une comète est derrière la comète quand celle-ci s’approche du
soleil et devant quand elle s’en éloigne. Pourquoi ? ? ?
Question: A une onde incidente plane progressive et monochromatique de fréquence ν,
on associe un faiseau de photons. L’onde se propageant dans la direction (O x), les photons se
propagent dans la même direction à la vitesse c. On rapelle qu’un photon de fréquence ν possède
une énergie hν et une quantité de mouvement de norme p = hν/c (h est la constante de Planck,
h = 6, 62 × 10−34 J/s). On appelle < e > la densité d’énergie de l’onde électromagnétique. Quelle
densité pariculaire n de photon peut-on attribuer à l’onde incidente. Exprimer n en fonction de
< e >, h et ν.

<e>
n= (5.101)

Question: On définit < P > comme étant la pression de radiation de l’onde incidente, c’est
à dire la pression exercée par les photons lors de la collision avec une surface réfléchissante. En
considérant des collisions parfaitement élastiques, évaluer l’accélération d’un photon pendant
5.6. APPLICATIONS 65

le temps d t que dure la collistion, en déduire la force exercée par la surface, puis proposer une
relation entre < P > et < e >.

Pendant le temps d t , la vitesse du photon passe de c à −c. Son accélération est donc :
2c
a= (5.102)
dt
La relation de la dynamique donne alors une estimation de la force F1 lié au choc d’un
photon :

mad t = m2c = 2 p = F1 d t (5.103)


Le nombre de photons qui percutent une surface S pendant un instant d t est :

N = nc S d t (5.104)
La pression de radiation < P > s’exprime alors par :

F1 2 p/d t
< P >= N = nc S d t = 2nhν = 2 < e > (5.105)
S S

Question: Proposer une généralisation de l’expression précédente dans le cas d’une incidence
oblique d’angle θ par rapport à la normale.

On a cette fois a 0 = a cos θ et N 0 = N cos θ, ce qui donne finalement :

< P 0 >=< P > cos2 θ (5.106)

Question: Evaluer la force F projetée suivant (O x) subie par une particule sphérique de rayon
a placée dans un tel faisceau lumineux.

π/2
πa 2
Z Z
F= < P > d S cos θ = < P > cos θad θ2πa sin θ =
3
<P > (5.107)
0 2

Question: Cette particule a une masse volumique µ. Calculer sa taille limite pour que la
force de radiation due au rayonnement solaire soir égale à la force de gravitation. On donne
µ = 3 × 103 kg/m3 , la constante de gravitation G = 6, 67 × 10−11 m3 /kg/s2 , la masse du soleil
M = 2 × 1030 kg, et la puissance rayonnée par le soleil < PS >= 4 × 1026 W.
66 CHAPITRE 5. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LE VIDE

La puissance totale émise par le soleil est :


N
< PS >= hν = nc4πr 2 hν = 2 < P > cπr 2 (5.108)
dt
L’équilibre des deux forces donne :

πa 2 < PS > 4/3πa 2 µM G


= (5.109)
2 2πr 2 c r2
Ce qui donne finalement pour a :
3 < PS >
a= = 0, 2 µm (5.110)
16πµM Gc
La queue des comètes est constituée de particules de très petite taille (inférieures à
0,2 µm) pour lesquelle la force de radiation est plus forte que la force gravitationnelle.
Ce qui explique le phénomène observé et présenté au début.
Chapitre 6

Ondes électromagnétiques dans les


milieux infinis

6.1 Introduction
Pour comprendre et modéliser la propagation des ondes électromagnétiques dans les mi-
lieux, on utilisera les équations de Maxwell dans leur forme générale :

div B = 0 (MΦ) (6.1)

∂B
rot E = − (MF) (6.2)
∂t
div D = ρ (MG) (6.3)

∂D
rot H = j + (MA) (6.4)
∂t
Les vecteurs excitation magnétique H et déplacement électrique D ont été défini dans le
cours d’électromagnétisme. Dans un milieu de polarisation P et d’aimantation M, on a :
B
D = ε0 E + P H= −M (6.5)
µ0
Exercice: Montrer que les effets de la force magnétique sur les électrons sont négligeables par
rapport à ceux de la force d’origine électrique.

On calcule le rapport de ces deux forces :



|v ∧ B| |v kE/ω| vk v
= = ≈ 1 (6.6)

|E| |E| ω c

67
68 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

6.2 Milieux conducteurs


La particularité des milieux conducteurs est la relation qui existe entre le champ apliqué E
(cause) et le courant induit par ce champ (conséquence) j : j=γ E. Comme cela a été vu en élec-
tromagnétisme, cette relation peut revêtir un caractère générale en considérant γ complexe.
Le cas particulier où γ est réel correspond au régime permanent : cas où l’inertie des charges
mobiles est négligeable devant les variations du champ E (approximation des régimes quasi
permanents). Cette notion va être approfondi dans les deux exemples suivants.

6.2.1 Milieu métallique


On considère un matériau métallique de conductivité γ dont les propriétés diélectriques et
magnétiques sont celles du vide. On va s’intéresser à la propagation éventuelle d’ondes planes
progressives et monochromatiques de vecteur d’onde parallèle à e z .
Question: A partir de l’équation de la conservation de la charge électrique et des équations
de Maxwell, donner l’équation différentielle décrivant les variation temporelles de ρ (pour les
conducteurs usuels γ ≈ 106 S/m) .

L’équation de conservation de la charge est :

∂ρ
+ div j = 0 (6.7)
∂t
Dans un milieu métallique, on a j = γ E. On obtient donc :

∂ρ ρ
+ =0 (6.8)
∂t τ
avec τ = ε0 /γ ≈ 10−17 s.

Question: En déduire que l’on est dans l’approximation des régimes quasi permanents si
le métal est perturbé par des ondes électromagnétiques allant du visible ( f ≈ 1015 ) aux ondes
hertziennes ( f ≈ 105 ).

Il faut comparer le temps de réponse précédement calculé (τ = 10−17 s) et la période


du champ électrique excitatoire (T > 10−15 s). Pour les fréquences indiquées plus haut,
l’approximation des régimes quasi-permanents est bien valable. Ce qui signifie que les
électrons répondent quas-instantanément et collectivement à la perturbation du champ
électrique.

Question: Montrer que le vecteur E ne peut pas avoir de composante suivant k = ke z (on
calculera rot rot E de deux façons différentes) et en déduire que la charge locale ρ est nulle.
6.2. MILIEUX CONDUCTEURS 69

On s’intéresse à la propagation d’ondes planes progressives et monochromatiques. Nous


avons vu que pour tout vecteur A(ωt − k.r), rot A = − k ∧ A donc :

rot rot E = − k ∧ (− k ∧ E) (6.9)


D’après les équations de Maxwell-Ampère et Maxwell-Faraday, on trouve :

∂ 2E ∂E
rot rot E = −µ0 ε0 − µ0 γ = −µ0 E(−ε0 ω 2 + γ ω) (6.10)
∂t 2
∂t
Soit E⊥ et Ek les composantes du champ E respectivement parallèles et perpendiculaires
à la direction de propagation. Les deux relations précédentes donnent :

−µ0 (−ε0 ω 2 + γ ω)(E⊥ + Ek ) = −k2 E⊥ (6.11)


La projection de cette relation vectorielle sur un axe parallèle à k donne Ek = 0 donc le
vecteur E est perpendiculaire à k = kez . Ceci signifie que E z = 0 et que E x et Ey sont des
fonctions de z et du temps t . On peut alors calculer la divergence de E :

∂ Ex ∂ Ey ∂ Ez
div E = + + =0 (6.12)
∂x ∂y ∂z
Or, div E = ρ/ε0 , ce qui montre bien que ρ = 0. Le déplacement des électrons se fait
latéralement au déplacement de l’onde, et ce, sans accumulation de charge !

Question: Montrer que l’un des deux termes de l’équation de Maxwell-Ampère est négligeable
par rapport à l’autre. En déduire l’équation différentielle vérifiée par le champ E.

On a une onde plane progressive : E = E0 cos(ωt − k x). On va calculer le rapport des


modules des deux termes µ0 j et µ0 ε0 ∂ E/∂ t :

∂ E
ε0 ∂ t ε ωE ε0 ω
0 0
= = ≈ 10−4 (6.13)
|j| γ E0 γ
On calcule alors rot rot E de deux façons différentes et on obtient :

∂E
∆E = µ0 γ (6.14)
∂t

Question: On s’intéresse à des solutions particulière de l’équation précédente sous forme


d’OPPM se propageant suivant (O z) et dont le champ électrique est polarisé rectilignement
suivant (O x). Montrer que cette équation est satisfaite pour un vaecteur d’onde complexe sous la
forme k = ±(1 − )/δ. Exprimer δ en fonction des données de l’énoncé et donner l’expression du
70 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

champ électrique en fonction de z et t .

Le champ électrique est de la forme : E(z, t ) = E0 exp [ (ωt − k z)] ex . Pour que ce
p k = − µ0 ωγ . Ce qui
2
champ soit solution de l’équation de propagation, il faut que
p
donne : k = ± µ0 ωγ exp(− π/4) = ±(1 − )/δ avec δ = 2/(µ0 ωγ ).
Le champ électrique peut donc se mettre sous la forme :
 z‹  z‹
E = E0 exp − cos ωt − ex (6.15)
δ δ
L’onde est atténuée au cours de sa propagation dans le sens des z positifs. Pour γ → ∞
(conducteur parfait), il n’y a plus d’onde.

0.5

0 0.0001 0.0002 z 0.0003 0.0004 0.0005

–0.5

–1

FIGURE 6.1: Représentation de l’onde pour les valeurs correspondant au cuivre.

Question: Donner la vitesse v de l’onde pour le cuivre (γ = 5.107 S/m) à la fréquence de


1 MHz.

L’onde se propage avec une vitesse :


s

v = ωδ = (6.16)
µ0 γ
La vitesse de l’onde dépend de sa fréquence. C’est une onde dispersive. Dans le cas du
cuivre, l’onde se déplace à la vitesse de 447 m/s, ce qui est très inférieur à c.

Question: Donner la valeur de l’excitation magnétique H(z, t ) = B/µ0 . Pour une valeur de
6.2. MILIEUX CONDUCTEURS 71

z, calculer le déphasage entre E et H ainsi que le rapport de leur amplitude. Comparer ces résultats
avec ceux obtenus pour une onde plane dans le vide.

On calcule d’abord rot E :

∂   z‹  z ‹‹
rot E = − E0 exp − cos ωt − ey (6.17)
∂z δ δ
E0  z ‹•  z‹  z ‹˜
rot E = − exp − cos ωt − − sin ωt − ey (6.18)
δ δ δ δ
E0  z ‹•  z‹  z π ‹˜
rot E = − exp − cos ωt − + cos ωt − + ey (6.19)
δ δ δ δ 2
p
E0 2  z‹  z π‹
rot E = − exp − cos ωt − + ey (6.20)
δ δ δ 4
Comme rot E = −µ0 ∂ H/∂ t , on a :
p
E0 2  z‹  z π‹
H= exp − cos ωt − − ey (6.21)
δµ0 ω δ δ 4
Les vecteurs E et H sont bien perpendiculaires, mais les champs sont déphasés de π/4
(E est en avance). Le rapport de leur amplitude vaut :

|E| δµ0 ω µ0 ω v
È
= p = = µ0 p 6= µ0 c (6.22)
|H| 2 γ 2

6.2.2 Milieu contenant des électrons libres


L’objectif de ce sujet est d’étudier la propagation des ondes électromagnétiques dans un
milieu contenant des électrons libres, comme par exemple un métal et un plasma.
Un métal contient des cations qui occupent, aux oscillations thermiques prés, des positions
fixes aux noeuds de son réseau cristallin, ainsi que des électrons libres dont le mouvement
d’ensemble dans un champ appliqué explique la conductivité électrique des métaux. Un gaz
ionisé, ou plasma, contient les mêmes constituants, à la différence prés que les cations sont
cette fois libres. Toutefois, comme les cations sont plusieurs milliers de fois plus massifs que
les électrons (m p /me ≈ 1836), on peut considérer valablement que les cations d’un plasma
n’entrent pas en oscillation sous l’influence d’une sollicitation de haute fréquence (ondes EM).
Dans ces conditions, nous allons comparer le comportement d’un plasma très dilué, tel que
l’ionosphère, avec celui d’un métal. L’ionosphère est une région de l’environnement terrestre
située à une altitude supérieure à 50 km. Dans cette région, la haute atmosphère est ionisée de
façon sensible par le rayonnement solaire (principalement par les composantes ultra-violettes
72 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

qui sont plus énergétiques). La densité d’électrons varie avec l’altitude autour d’une valeur
moyenne de 1011 électrons/m3 , et chute la nuit. Le plasma reste globalement neutre.
Il existe cependant une différence notable entre métal et ionosphère : dans l’ionosphère, la
densité d’électrons libres est très faible par rapport à celle d’un métal (n ≈ 1028 électrons/m3 ).
Ainsi, on pourra négliger les collisions entre les charges alors que ce n’est pas le cas dans un
métal.

Détermination de la conductivité du métal et de l’ionosphère

Question: Écrire la relation de la dynamique qui régie le mouvement des électrons (de charge
−e) sous l’effet d’un champ E, dans les 2 cas, métal et ionosphère. Dans le cas du métal, on
fera intervenir une force de frottement due aux collisions des électrons avec le réseau cristallin :
F f = −mv/τ 0 où v est la vitesse d’ensemble des électrons et où τ 0 est une constante qui a les
dimensions d’un temps.

dv v e
=− E
− (6.23)
dt τ0 m
Dans le cas de l’ionosphère, la force de frottement est nulle (τ 0 → ∞).

Question: Le champ E étant sinusoïdal, donner la relation entre v et E en utilisant la


notation complexe.

On a E = E0 exp( ωt ) et v = v0 exp( ωt ), ce qui donne pour v0 :

e E0 /m
v0 = − (6.24)
1/τ 0 + ω

Question: Dans le cas de l’ionosphère, montrer que l’on obtient une conductivité imaginaire
pure.

La conductibilité γ est définie par j = γ E, mais elle vaut aussi j = −nev. On trouve donc
l’expression générale pour γ :

ne 2 /m
γ= (6.25)
1/τ 0 + ω
Dans le cas de l’ionosphère, on retrouve bien :

ne 2
γ = − (6.26)

6.2. MILIEUX CONDUCTEURS 73

Question: Calculer la conductivité dans le cas du métal. Sachant que pour un métal, τ 0 est de
l’ordre de 10−14 s, montrer que l’on retrouve la conductivité réelle de la loi d’Ohm, à condition
de rester dans un certain domaine de fréquences pour l’onde. Montrer qu’il existe un domaine de
fréquence dans lequel on retrouve la conductivité imaginaire pure de l’ionosphère.

Dans le cas du métal, il faut comparer ω à 1/τ 0 =1014 s−1 . Pour ω  1014 s−1 , on retrouve
une conductivité réelle (loi d’Ohm) et pour ω  1014 s−1 , on retrouve le résultat de
l’ionosphère.

Etude de la propagation des ondes dans les deux milieux


Dans le domaine de fréquences où la conductivité du métal est réelle, la propagation des
ondes a déjà été étudiée (sujet 10). Nous allons donc nous intéresser au domaine de fréquences
pour lequel l’expression de la conductivité du métal et de l’ionosphère est identique. Nous
considérerons que la polarisation du milieu due aux électrons restés liés aux noyaux des ions
est négligeable. Dans cette partie, nous allons considérer la propagation d’une onde dont le
champ électrique est de la forme : E = E0 exp( (ωt − k z))ex .
Question: En utilisant les équations de Maxwell, établir l’équation différentielle du second
ordre vérifiée par le champ électrique dans le milieu. On admettra pour cela que ρ = 0 (milieu
localement neutre).

On calcule rot rot E de deux façons différentes et on obtient :

∂E ∂ 2E
∆E = µ0 γ + µ0 ε0 (6.27)
∂t ∂ t2

Question: Montrer que la relation de dispersion peut se mettre sous la forme :


k 2 = ω 2 /c 2 (1 − ω 2p /ω 2 ) et déterminer la pulsation ω p , appelée "pulsation plasma".

L’équation de propagation implique la condition suivante sur k :

−k 2 = ωµ0 γ − µ0 ε0 ω 2 (6.28)
Mais comme γ = − (ne 2 )/(mω), on a finalement :
 
ω 2 ω 2
p ne 2
k 2 = 2 1 − 2  ω 2p = (6.29)
c ω mε0

Question: Dans le cas où ω < ω p , préciser le signe de k 2 . En déduire l’expression du champ


E. L’onde peut-elle se propager dans le milieu ? Justifier votre réponse.
74 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

Si ω < ω p , k est imaginaire pur, l’onde prend donc la forme :

E = E0 exp(−k z) cos(ωt ) (6.30)


C’est une onde stationnaire amortie qui ne se propage pas ! On appelle cette onde une
onde évanescante.

Question: Même question dans le cas où ω > ω p .

Si ω > ω p , on a donc une équation de propagation classique :

E = E0 cos(ωt − k z)ex (6.31)

Question: Dans le cas où l’onde peut se propager, donner l’expression de sa vitesse de phase.
La comparer à la vitesse de propagation de l’énergie.

La vitesse de phase est :


ω c
vϕ = =Ç (6.32)
k ω 2p
1 − ω2
La vitesse de phase est supérieure à c ! ! ! En fait, on peut calculer la vitesse de propagation
de l’énergie grâce à l’expression du vecteur de Poynting Π et celle de la densité d’énergie
e. La vitesse de propagation de l’énergie vaut :
Ç 2
ω
Π 1 − ω2p
ve = = 2c <c (6.33)
e ω 2p
2 − ω2

Question: Faire un tableau récapitulatif où vous préciserez, dans les différents domaines de
fréquences mis en évidence pour l’ionosphère et pour le métal, les principaux résultats obtenus
relatifs à la propagation des ondes électromagnétiques. Prendre en compte également les résultats
du sujet 10 du fascicule de TD.
6.3. MILIEUX DIÉLECTRIQUES HOMOGÈNES 75

ωτ  1 1/τ  ω < ω p ω > ωp


Ondes Hertziennes métal (IR→UV) Ionosphère (GO)
ne 2
γ = γ0 γ = −  mω
q q
k = (1 − )/δ k =  ω 2p − ω 2 /C = k 00 k = ω 2 − ω 2p /C = k 0
E = E e (− δ ) cos ωt − z E = E e (−k z ) cos (ωt )
z € Š 00
0 δ 0 E = E cos(ωt − k 0 z)
0
vϕ = 2ωµ0 γ0  c Pas de vitesse de phase vϕ = È
c
ω 2p
1−
ω2

Question: Calculer la fréquence f p de l’ionosphère, avec n = 1011 électrons/m3 de masse


m = 9.11 × 10−31 kg. Deux stations radio émettent depuis la Terre sur des longueurs d’onde de
1376 m (RMC grandes ondes) et 2,85 m (France Info - modulation de fréquence). Laquelle peut
espérer une réflexion sur l’ionosphère pour avoir une plus vaste audience ?

La fréquence f p de l’ionosphère est égale à 2,84 MHz. La fréquence des ondes émises par
RMC est de 0,218 MHz. L’onde ne se propage pas, mais rebondit sur l’ionosphère. Ce
qui n’est pas le cas des ondes émises par France Info (105,6 MHz).

Question: Calculer la fréquence f p de l’argent pour lequel n = 5, 8.1028 électrons/m3 et du


césium (métal de couleur rouge) pour lequel n = 0.86.1028 électrons/m3 . Conclusions ?

La fréquence f p de l’argent vaut 2,16.1015 Hz. Elle est située dans l’UV. Les ondes situées
dans le domaine du visible sont réfléchies (application : miroirs). La fréquence f p du
césium vaut 8,32.1014 Hz. Elle est située dans le violet (λ = 0, 36 µm).

6.3 Milieux diélectriques homogènes


6.3.1 Equations de Maxwell
Les vecteurs excitation magnétique H et déplacement électrique D ont été défini dans le
cours d’électromagnétisme. Dans un milieu de polarisation P et d’aimantation M, on a :
B
D = ε0 E + P H= −M (6.34)
µ0
Les équations de Maxwell-Gauss et Maxwell-Ampère peuvent donc s’écrire :

div D = ρ (MG) (6.35)


76 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

∂D
rot H = j + (MA) (6.36)
∂t
Ces équations sont vérifiées dans le cas général et doivent donc être prise comme point de
départ pour tous les problèmes d’électromagnétisme du vide ou des milieux.

6.3.2 Equation de propagation


Dans de nombreux milieux, si le champ électrique n’est pas trop fort, l’approximation
linéaire suivante entre la cause (E) et la conséquence (P) est valable :

P = ε0 χe E (6.37)
Le paramètre χe est la susceptibilité diélectrique. On a donc la relation générale entre les
champs E et B (ε r est la permittivité diélectrique relative) :

D = ε0 ε r E ε r = 1 + χe (6.38)
Exercice: Sachant que les milieux diélectriques sont non chargés (ρ = 0) et isolants (j = 0),
retrouver les équations de propagation des champ E et B(on négligera les propriétés magnétiques
du matériau).

Dans un milieu diélectrique linéaire, les équations de Maxwell peuvent s’écrire :

∂B ∂E
div B = 0 rot E = − div E = 0 rot B = µ0 ε0 ε r (6.39)
∂t ∂t
Ce qui nous amène aux équations de propagation suivantes :

εr ∂ 2E εr ∂ 2B
∆E − =0 ∆B − 2 =0 (6.40)
c2 ∂ t2 c ∂ t2
On retrouve les mêmes équation que dans le vide en remplaçant ε0 par ε = ε0 ε r .

Exercice: On définit l’indice n d’un milieu diélectrique par le rapport de la vitesse d’un onde
électro-magnétique dans le vide sur la vitesse de cette onde dans le milieu. Donner une relation
entre n et ε r .

La relation de dispersion est alors :

ω2
k 2 = εr (6.41)
c2
p
Ce qui donne n = εr .
6.3. MILIEUX DIÉLECTRIQUES HOMOGÈNES 77

6.3.3 Modèle de polarisation

Nous allons tenter de construire un modèle de polarisation d’un milieu diélectrique en uti-
lisant les équations simples de la mécanique classique. Ceci constitue une aberration pour les
puristes de la mécanique quantique, mais nous verrons que les résultats obtenus tant qualitatifs
que quantitatifs ne sont pas ridicules...
Ce modèle est basé sur l’interaction élastique entre chaque électron et son noyau
(constante d’élasticité k = ω02 m). Les phénomènes dissipatifs sont pris en compte par l’inter-
médiaire d’une force de frottement proportionnelle à la vitesse de déplacement des électrons
(f = −mv/τ).
Question: Après avoir effectué un bilan des forces, donner l’équation différentielle qui régit
le mouvement des électrons et la résoudre.

L’électron est soumis à la force de rappel élastique, la force de frottement et la force de


Lorentz due au champ E créé par l’onde.

d 2r 1 dr q
= −ω02 r − E + (6.42)
d t2 τ dt m
Cette équation se résout en introduisant un déplacement r complexe r = r0 exp( ωt ) :
qE τ
r0 = (6.43)
m τ(ω02 − ω 2 ) + ω

Question: Sachant que le déplacement de N charges q de moment dipolaire p = qr crée une


polarisation P = N p, donner l’expression de la polarisation P.

N q 2E τ
P= (6.44)
m τ(ω02 − ω 2 ) + ω

Question: Exprimer la susceptibilité sous forme χe = χ1 − χ2 et donner les expression de χ1


et χ2 . (on posera Q = ω0 τ et χ0 = N q 2 /(mε0 ω02 )
78 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

On a P = ε0 χe E, ce qui donne :
χ0
χe = 2
(6.45)
1− ω
ω2
ω
+  Qω
0 0

On obtient donc pour χ1 et χ2 :

1− ω
2

ω02
χ1 = χ0  ‹2  2 (6.46)
ω2 ω
1 − ω2 + Qω
0 0

ω
Qω0
χ2 = χ0  ‹2  2 (6.47)
ω2 ω
1− ω02
+ Qω0

Question: Calculer la puissance moyenne dissipée P . En déduire la signification physique de


χ2 .

® ‚ Œ‚ Œ∗ ¸
m d r0 d r0 1Nm
P = N < | f | · |v| >= N − = ω 2 r02 (6.48)
τ dt dt 2 τ
Or :

ε0 χe N q2
r0 = E0 Q = ω0 τ χ0 = (6.49)
Nq mε0 ω02
Donc :

1 N mω0 ε2 |χ |2
2 0 e
1
P = ω 2 2
E0 = ωε0 χ2 E02 (6.50)
2 Q N q 2
La partie imaginaire de la susceptibilité (χ2 ) correspond aux pertes d’énergie.

Question: Donner l’allure des évolutions de χ1 et χ2 en fonction de ω.

Les pertes sont maximales à la résonance du système.

Question: Que se passe-t-il si plusieurs types de charges (molécules, ions, électron) peuvent se
déplacer sous l’action du champ électrique ?
6.3. MILIEUX DIÉLECTRIQUES HOMOGÈNES 79

FIGURE 6.2: Modèle de polarisation : représentation de l’allure de la susceptibilité diélectrique (partie réelle : χ1 et
partie imaginaire : χ2 .

A chaque type d’oscillateur correspond une zone d’absorption. Entre ces zones, la dis-
sipation d’énergie au sein du milieu est faible.

r1 Ions Électrons

Molécules

0 t0i t 0e t
r2

0 t0i t0e t

FIGURE 6.3: Modèle de polarisation à résonances multiples : représentation schématique pour le verre.

Question: Donner l’expression générale de l’indice du milieu n. On donne pour les électrons
d’un verre f0 = 1014 Hz, Q = 104 et χ0 = 0, 01. Tracer l’évolution des parties réelles et imaginaires
de n en fonction de la pulsation réduite ω/ω0 .
80 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS

L’indice du milieu est définit par :


p
n= ε r = 1 + χe = 1 + χ1 + χ2
p p
(6.51)

Question: Donner la forme générale de l’équation de propagation. Décrire le type de propa-


gation dans les quatres cas suivants : (1) n est réel supérieur à 1 ; (2)les parties réelles et imaginaires
de n sont de l’ordre de 1 ; (3) n est imaginaire pur ; (4) n est réel inférieur à 1.

De l’équation de d’Alembert, on déduit directement l’équation de propagation :


 ω ‹  ω ‹
E = E0 exp − ℑ(n)z cos ωt − ℜ(n)z (6.52)
c c
(1) onde dispersive dont l’indice varie en A + B/λ2 (Cauchy) ; (2) onde amortie ; (3)
onde évanescente ; (4) onde dispersive de vitesse supérieur à c (la vitesse de l’énergie est
inférieure à c).

40

20

0 6.28e+14 6.3e+14 6.32e+14 6.34e+14


omega
–20

–40

FIGURE 6.4: Parties réelles et imaginaires de n.

Question: Discuter la courbe précédente (n = f (ω/ω0 ))en terme de propagation des ondes
électromagnétique dans ce milieu.

On observe 4 zones : (1) ω/ω0 < 1 : n est réel et supérieur à 1 ; l’onde se propage
dans le milieu dont l’indice varie en A + B/λ2 (Cauchy) ; (2) 1 < ω/ω0 < 1, 001 : n est
complexe, l’onde est amortie ; (3) 1, 001 < ω/ω0 < 1, 005 : n est imaginaire pur, l’onde
est évanescente ; (4) ω/ω0 > 1, 005 n est réel et inférieur à 1 ; l’onde se propage dans le
milieu. La vitesse de l’énergie est toujours inférieure à c.
6.3. MILIEUX DIÉLECTRIQUES HOMOGÈNES 81

6.3.4 Intensité lumineuse


L’intensité lumineuse est la valeur moyenne du vecteur de Poynting projeté dans la direc-
tion de propagation :
® ¸
B∧E
I =< Π >= (6.53)
µ0
Exercice: Calculer l’intensité lumineuse d’une onde plane progressive monochromatique qui
se propage dans un milieu d’indice n

Pour une onde de pulsation ω et de nombre d’onde k, l’intensité vaut :


® 2¸
kE kE2 a02 a0 a0 ∗
I =< Π >= = =n p =n p (6.54)
ωµ0 ωµ0 2 µ0 /ε0 2 µ0 /ε0
82 CHAPITRE 6. ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES DANS LES MILIEUX INFINIS
Chapitre 7

Ondes dans les milieux limités

Après le vide et les milieux illimités, nous allons étudier le comportement d’une onde au
passage d’un milieu à un autre à travers deux exemples : d’une part, la polarisation d’une onde
électromagnétique par réflexion et transmission à travers un ensemble de lames ; et d’autre
part, les vibration d’une corde aux extrémités fixes.

7.1 Polarisation par un ensemble de lames.


7.1.1 Objectifs
L’objectif de cet exercice est (1) d’observer la lumière réfléchie et transmise à travers les
lames de verre, en étudiant l’influence de l’angle d’incidence et de la polarisation du faisceau
incident ; et, (2) d’interpréter les résultats.

LASER Polariseur Lames de verre

FIGURE 7.1: Expérience de polarisation par un ensemble de lames de verre.

7.1.2 Matériel
– Laser He-Ne émettant un faisceau de lumière non polarisée.
– Lames polaroids : le fonctionnement de ces lames sera décrit dans le module Optique.
Pour ces manipulations, on admettra que le faisceau de lumière transmis à incidence nor-
male à travers une lame polaroid est polarisé rectilignement. On pourra donc facilement
changer l’orientation de la polarisation, par rotation de la lame autour de la direction de
la direction de propagation de la lumière.

83
84 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

– Lames à faces parallèles de verre (n = 1, 5) 1 , en particulier un ensemble résultant de


l’empilement d’une dizaine de lames de verre.

7.1.3 Questions préliminaires


A partir des équations de Maxwells et des conditions aux limites qui en découlent, nous
allons démontrer les lois de Descartes et essayer d’évaluer les coefficients de transmission et
de réflexion de l’onde électromagnétique.

Equations de Maxwell

Exercice: Retrouver les quatres équations de Maxwell décrivant les relations entre champs
électriques et magnétiques dans les milieux diélectriques.

On reprend les équations de Maxwell dans le vide en remplaçant ε0 par ε0 ε r :

div B = 0 (MΦ) (7.1)

∂B
rot E = − (MF) (7.2)
∂t

div E = 0 (MG) (7.3)

n2 ∂ E
rot B = (MA) (7.4)
c2 ∂ t
A ces quatres équations, il faut ajouter les conditions de continuité de la composante
tangentielle de E et du champ B car µ0 = µ1 = µ2 .

Lois de Descartes

Question: A partir des équations de Maxwell et de la continuité de la composante tangentielle


de E, donner la relation vérifiée en tout point M0 (r0 = OM0 ) de l’interface entre les deux milieux

La continuité de la composante tangentielle impose que :

” —
E01T exp (ωt − k1 · r0 ) + E001T exp (ωt − k01 · r0 ) = E02T exp (ωt − k2 · r0 )
   

(7.5)

1. L’indice de l’air est assimilé à celui du vide.


7.1. POLARISATION PAR UN ENSEMBLE DE LAMES. 85

N
k1 i1 i’
n1 1
k’1

k2

n2

i2

FIGURE 7.2: Les rayons réfléchit et transmis sont dans le plan (k1 , n).

Question: En déduire que les rayons réfléchis et transmis sont dans le plan (k1 , N).

La relation précédente se transforme facilement en :


” —
E01T + E001T exp (k1 − k01 ) · r0 = E02T exp (k1 − k2 ) · r0
 
(7.6)
Cette relation doit être vérifiée pour tout point M du plan de l’interface. Ce qui entraîne
forcément :

(k1 − k01 ) · r0 = (k1 − k2 ) · r0 = 0 (7.7)


k1 − k01 et k1 − k2 sont donc colinéaires à N, ce qui implique que k01 et k2 sont dans le
plan (k1 , N).

Question: Donner la relation liant les composantes tangentielles des vecteurs d’onde des
ondes incidente, réfléchie et transmise.

Sachant que k1 · T = k1T , k01 · T = k01T et k2 · T = k2T , la relation précédente implique :

k1T = k1T
0
= k2T (7.8)

Question: Donner la relation entre les trois angles d’incidence, de réflexion et de réfraction.
86 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

Sachant que les relations de dispersion des milieux 1 et 2 donnent :


ω ω
k1 = k10 = n1 k2 = n 2 (7.9)
c c
En comparant les deux relations précédentes, il vient immédiatement :

i1 = i10 n2 sin i2 = n1 sin i1 (7.10)

Coefficients de réflexion et de transmission

Pour évaluer les coefficients de réflexion et de transmission, on va se placer dans deux cas
particuliers : (1) le champ E est dans le plan d’incidence ; (2) le champ E est perpendiculaire au
plan d’incidence.
question : Effectuer un schéma pour chacun des deux cas considérés.

z z
E1 E1
B1 k’ 1 k’ 1
k1 B1 k1
B’ 1
E’ 1 E’ 1 B’ 1
y y
x x
E2
E2
B2 B2
k2 k2

FIGURE 7.3: On se place dans deux cas particuliers : (à gauche) le champ E est dans le plan d’incidence ; (à droite) le
champ E est perpendiculaire au plan d’incidence.

Question: Dans le cas où E est dans le plan d’incidence, donner les deux relations liant les
champs E et B incidents, réfléchit et transmis.

E01 cos i1 + E01


0
cos i1 = E02 cos i2 (7.11)
Comme B = n/c Ex, on a pour le champ B :
0
E01 n1 − E01 n1 = E02 n2 (7.12)

Question: Soit r12 le coefficient liant les champs électriques réfléchit et incident (E001 = r12 E01 ).
Soit τ12 le coefficient liant les champs électriques transmis et incident (E02 = τ12 E01 ). Donner les
expressions de r12 et τ12 .
7.1. POLARISATION PAR UN ENSEMBLE DE LAMES. 87

Le système formé par les deux équations précédentes se résout facilement :


2 cos i1 sin i2 2 cos i1 sin i2
τ12k = = (7.13)
sin i1 cos ß1 + sin i2 cos ß2 sin(i1 + i2 ) cos(i1 − i2 )
sin i1 cos ß1 − sin i2 cos ß2 tan(i1 − i2 )
r12k = − =− (7.14)
sin i1 cos ß1 + sin i2 cos ß2 tan(i1 + i2 )

Question: Dans le cas où E est perpendiculaire au plan d’incidence, donner les deux nouvelles
relations liant les champs E et B incidents, réfléchit et transmis.

E01 + E01
0
= E02 (7.15)
Comme B = n/c Ex, on a pour le champ B :

−E01 n1 cos i1 + E01


0
n1 cos i1 = −E02 n2 cos i2 (7.16)

Question: Donner les nouvelles expressions de r12 et τ12 .

Le système formé par les deux équations précédentes se résout facilement :


2 cos i1 sin i2
τ12⊥ = (7.17)
sin(i1 + i2 )
sin(i1 − i2 )
r12⊥ = − (7.18)
sin(i1 + i2 )

Question: En utilisant le vecteur de Poynting, donner les expressions des coefficients de


réflexion R = P10 /P1 et de transmission T = P2 /P1 .

La puissance traversant une surface S0 de l’interface entre les deux milieux est :

1 E 2n
P = 〈Π〉 · NS0 = S0 cos i (7.19)
2 cµ0
On a donc :
0 Œ2 Œ2
E01
‚ ‚
E02 n2 cos i2
R= T= (7.20)
E01 E01 n1 cos i1
88 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

7.1.4 Essais en réflexion

Observer la lumière réfléchie par une lame de verre à une incidence non normale pour
deux orientations de la polarisation de la lumière incidente, respectivement perpendiculaire
et parallèle au plan d’incidence. Vérifier que pour un angle d’incidence particulier, l’intensité
réfléchie s’annule pour l’une de ces polarisations.
Noter cette polarisation et évaluer l’ordre de grandeur de cet angle d’incidence remar-
quable. Interpréter ces différents résultats en relation avec le cours.

Observation : Pour la polarisation dans le plan d’incidence, le rayon réfléchit s’éteint


pour un certain angle.
Ceci est revient à poser r12k = 0, donc i1 + i2 = π/2. En utilisant n1 sin i1 = n2 sin i2 , on
trouve la valeur de cet angle appelé angle de Brewster :
‚ Œ
n2
i1B = tan−1
= 56, 3◦ (7.21)
n1

7.1.5 Essais en transmission

Pour l’angle d’incidence remarquable déterminé précédemment, observer la lumière trans-


mise à travers une seule lame, puis à travers l’empilement de plusieurs lames. Pour l’empile-
ment de lames, constater que cette lumière transmise dépend fortement de la polarisation de
la lumière incidente. Repérer la polarisation pour laquelle la lumière transmise est considéra-
blement atténuée.
Interpréter qualitativement ce résultat et en particulier l’influence du nombre de lames.
Proposer ensuite une méthode quantitative permettant de calculer l’évolution de la lumière
transmise en fonction du nombre de lames pour les deux types de polarisation.
Pour une lumière incidente non polarisée, comment faudrait-il opérer pour rendre obser-
vables par l’oeil les modifications subies par la lumière réfléchie ou transmise ?
7.1. POLARISATION PAR UN ENSEMBLE DE LAMES. 89

Observation : Pour l’angle de Brewster, un faisceau polarisé perpendiculairement au


plan d’incidence est transmis par une lame avec une intensité moindre qu’un faisceau
polarisé parallèlement.
Le faisceau transmis par une lame voit successivement 3 milieux. On calcule la puissance
transmise pour les deux types de polarisation.
‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
E03 E03 E02
= = τ23k τ12k (7.22)
E01 k E02 k E01 k
Ce qui donne :
‚ Œ
E03 2 cos i2 sin i1 2 cos i1 sin i2
= × (7.23)
E01 k
sin(i2 + i1 ) cos(i2 − i1 ) sin(i1 + i2 ) cos(i1 − i2 )

On calcule de même :
‚ Œ
E03 2 cos i2 sin i1 2 cos i1 sin i2
= × (7.24)
E01 ⊥
sin(i2 + i1 ) sin(i1 + i2 )

La puissance transmise vaut :


‚ Œ2
n2 cos i2 E03 2 n1 cos i1
‚ Œ ‚ Œ2
E02 E03
P3 = = (7.25)
E01 n1 cos i1 E02 n2 cos i2 E01
Si on considère que E01k = E01⊥ , on peut calculer le rapport des puissances transmises :
!2
P3⊥ E03⊥
= = cos4 (i1 − i2 ) (7.26)
P3k E03k
Pour l’angle de Brewster, on obtient finalement :
P3⊥  π‹
= cos4 2i1B − = sin4 (2i1B ) = 0, 73 (7.27)
P3k 2
90 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

Observation : L’observation précédente est accentué quand on met plusieurs lames em-
pilées.
Si on met p lames empilées :
! !p
P3⊥ P3⊥
= (7.28)
P3k Empilement P3k Une lame

Si on met p = 8 lames, on obtient :


!
P3⊥
= (0, 73)8 = 7, 7.10−2 (7.29)
P3k Empilement

La lumière ressort donc polarisée dans le plan d’incidence. On peut arriver aux mêmes
conclusions en inversant le polariseur et les lames.

7.2 Application : couche anti-reflet


Sur une surface de verre d’indice n, on dépose une couche uniforme non-absorbante d’in-
dice n1 et d’épaisseur e. En incidence normale, les facteurs de reflection et de transmission en
énergie sont :

I0 IR
Air, indice 1

R1 T1 Couche anti-reflet
Indice n1 …
R2 T2

Verre, indice n IT

‚ Œ2
n1 − 1
R1 = T1 = 1 − R1 (7.30)
n1 + 1
‚ Œ2
n1 − n
R2 = T2 = 1 − R 2 (7.31)
n1 + n
7.2. APPLICATION : COUCHE ANTI-REFLET 91

Exercice: Calculer l’intensité transmise IT en fonction de R1 , R2 , n et d’un déphasage φ que


l’on précisera.

Pour calculer l’intensité transmise, il faut d’abord calculer l’amplitude transmise en te-
nant compte des réflexions multiples. On a donc besoin des coefficients de réflexion (r1
et r2 ) et de transmission (τ1 et τ2 ) en amplitude. Ceux-ci sont reliés à R1 , R2 , T1 et T2
par :

R1 = r12 R2 = r22 (7.32)

n
T1 = τ12 n1 T2 = τ22 (7.33)
n1
L’amplitude totale aT est donc donnée par :
Š2
aT = a0 τ1 τ2 + a0 τ1 τ2 r1 r2 e φ + a0 τ1 τ2 r1 r2 e φ + ...
€
(7.34)
où φ est le déphasage introduit par la double réflexion et la distance en plus parcourue
(φ = π + 2π(2n1 e/λ0 )). On a donc :
È  
T1 T2 1
aT = a0   (7.35)
n φ
p
1 − R1 R2 e
L’intensité transmise est donnée par :
naT a ∗ naT aT∗ I0
IT = p T = (7.36)
2 µ0 /ε0 a02
Ce qui donne finalement :

(1 − R1 )(1 − R2 )
IT = (7.37)
1 + R1 R2 − 2 R1 R2 cos φ
p

Exercice: Calculer l’intensité réfléchie IR en fonction de R1 , R2 , n et φ

On évidemment :
R1 + R2 − 2 R1 R2 cos φ
p
IR = 1 − IT = (7.38)
1 + R1 R2 − 2 R1 R2 cos φ
p

Exercice: Peut-on annuler l’intensité réfléchi ? A quelle(s) condition(s) ?


92 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

Annuler l’intensité réfléchie conduit à poser :


Æ
R1 + R2 − 2 R1 R2 cos φ = 0 (7.39)
Ce qui conduit à :
Æ Æ Æ Æ 2 Æ
R1 + R2 − 2 R1 R2 + 2 R1 R2 (1 − cos φ) = R1 − R2 + 2 R1 R2 (1 − cos φ) = 0
(7.40)
La seule façon d’annuler cette équation est d’avoir simultanément :
Æ Æ
R1 = R2 ET cos φ = 1 (7.41)
p
La première égalité est réalisée pour n1 = n et la deuxième pour :

λ0 λ
e= = (7.42)
4n1 4
On appelle alors cette couche une couche quart d’onde.

7.3 Application musicale de la corde vibrante


7.3.1 Ondes stationnaires
Nous allons étudier l’existence et la propagation des ondes dans une corde tendue fixée à
ses extrémités de longueur L et portée par l’axe x. Nous utiliserons les résultats montrés pour
la corde de longueur infinie (exercice sur la caténaire).
Question: Rappeler l’équation de propagation d’une onde transverse dans une corde tendue
(tension T ) de masse linéique µ.

La relation de la dynamique projetée perpendiculairement à la corde donne l’équation


de d’Alembert :
s
∂ 2ψ 1 ∂ 2ψ T
− c = (7.43)
∂ x2 c2 ∂ t 2 µ

Question: Quel est l’ensemble des solutions de l’équation précédente ?

Tout combinaison linéaire des fonction f (t − x/c) et g (t + c/c).

Question: On s’intéresse au cas particulier des ondes harmoniques. A partir de la condition


aux limites en x = 0 et en utilisant la notation complexe, montrer que l’onde peut se mettre sous
7.3. APPLICATION MUSICALE DE LA CORDE VIBRANTE 93

la forme ψ(x, t ) = F (x)G(t ). De quel type d’onde s’agit-il ?

L’onde peut se mettre sous la forme :

ψ∗ (x, t ) = a0∗ exp [ (w t − k x)] + b0∗ exp [ (w t + k x)] (7.44)
avec a0∗ = a0 exp( ϕa ) et b0∗ = b0 exp( ϕ b ). La condition aux limite en x = 0 implique
b0∗ = −a0∗ . Ce qui donne finalement :

2a0 sin(k x) sin(ωt + ϕa ) (7.45)

Question: A partir de la condition aux limites en x = L, quelle restriction supplémentaire


obtient-on ?

Cette condition implique que sin(kL) = 0. Ce qui donne :


π 2L
k = kn = n λ= (7.46)
L n

Question: Trouver l’ensemble des fonctions ψ(x, t ) qui satisfait l’équation de d’Alembert et
les conditions aux limites.

C’est une combinaison linéaire de toutes les fonctions possibles trouvées à la question
précédente :

X  n‹  nc ‹
FG = 2a0n sin 2πx sin 2πt + ϕ0n (7.47)
n=1 2L 2L

1 1
0.8
0.6
0.5 0.5
0.4
0.2

0 0.2 0.4 x 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 x 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 x 0.6 0.8 1
–0.2
–0.4
–0.5 –0.5
–0.6
–0.8
–1 –1

FIGURE 7.4: Modes propres d’une corde fixée à ses extrémités : à gauche n = 1, au centre n = 2, à droite n = 3.
94 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

7.3.2 Analyse harmonique


Question :Montrer que le déplacement ψ peut se mettre sous la forme :
∞ •
X   x ‹˜
ψ(x, t ) = An cos(nω0 t ) + Bn sin(nω0 t ) sin nω0 (7.48)
n=1 c
Exprimer An et Bn en fonction de a0n et ϕ0n .

Quels que soient ϕn et G0n , on pourra toujours transformer G0n sin(2πt nc/(2L) + ϕn )
en An cos(nω0 t ) + Bn sin(nω0 t ).

Question: Montrer qu’il est nécessaire de connaître la position et la vitesse initiale de la corde
à t = 0 pour déterminer les coefficients An et Bn . 2 .

On calcule ψ(x, 0) et ∂ ψ/∂ t (x, 0) :


X∞ •  πx ‹˜
ψ(x, 0) = An sin n (7.49)
n=1 L
∂ψ X∞ •
πc  πx ‹˜
(x, 0) = n Bn sin n (7.50)
∂t n=1 L L
On reconnaît ici les termes d’une décomposition en série de Fourier. Le cours de ma-
thématique nous donne les amplitudes An et Bn :

1 L
Z  πx ‹
An = sin n ψ(x, 0)d x (7.51)
L −L L
1
ZL  πx ‹ ∂ ψ
Bn = sin n (x, 0)d x (7.52)
nπc −L L ∂t

7.4 Un peu de musique !


On va s’intéresser aux notes de musiques émises par une guitare. Ces notes correspondent,
en fait, à la superposition de plusieurs harmoniques (voir questions précédentes). On définit
la fréquence d’une note par la fréquence de l’harmonique fondamentale. On considère une
guitare dont les cordes en acier (densité 7.8) font 65 cm de longueur.
Question: Pour passer d’une note à la même note à l’octave supérieur, il faut multiplier la
fréquence par 2. De plus, la gamme classique comprend 12 notes par octave (d o1 , d o1 ], r e1 , r e1 ],
P∞   R λ20  
2. On rappelle que si f (x) = 1
an sin n 2π
λ
x , alors an = 4
λ0 0
f (x) sin n 2π
λ
x dx
0 0
7.4. UN PEU DE MUSIQUE ! 95

mi1 , f a1 , f a1 ], s ol1 , s ol1 ], l a1 , l a1 ], s i1 , d o2 , ...). Comme l’oreille est sensible au logarithme de


la fréquence, par quel coefficient faut-il multiplier la fréquence pour passer d’une note à l’autre ?

Il faut multiplier la fréquence par 21/12 .

Question: Quelle est la fréquence de la corde de guitare n◦ 1 (la plus grosse) qui donne un mi1
(la note l a3 a une fréquence de 440 Hz).

Le l a3 a une fréquence de 440 Hz, le l a2 de 220 Hz, le l a1 de 110 Hz. Pour passer de l a1
à mi1 , il faut baisser de 5 demi-tons. La fréquence du mi1 est donc de :
110
f1 = 5
= 82, 4 Hz (7.53)
2 12

Question: De combien le guitariste déplace-t-il sont doigt sur la corde n◦ 1 pour passer du mi1
au f a1 , puis du mi3 au f a3 ?

La vitesse de l’onde sur la corde vaut c = 2L f . On a donc : L mi1 f mi1 = (L mi1 − ∆L) f f a1 .
Ce qui donne= ∆L = L mi1 (1 − f mi1 / f f a1 ) = 3.6 c m.
De même, on a : L mi3 = L mi1 f mi1 / f mi3 = L mi1 /4. Ce qui donne, un déplacement de 9 mm
pour passer du mi3 au f a3 .

Question: A partir de la question précédente, donner une explication sur l’utilité d’avoir
plusieurs cordes sur le manche.

Plus les notes ont une fréquence élevée, plus le déplacement sera petit. La précision des
doigts ne sera plus suffisante pour faire les notes aiguës. Il faut donc “zoomer” dans ce
domaine... en rajoutant une (ou plusieurs) cordes dont la fondamentale est plus élevée.

Question: Déterminer la tension nécessaire à la corde n◦ 2 (la1 ) de diamètre D = 0, 55 mm


pour que celle-ci soit parfaitement accordée ?

T1 = (L f l a1 D)2 πρ = 60.6 daN (7.54)


96 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS

7.4.1 Timbre du piano, de la guitare et du clavecin

Le timbre d’un instrument de musique est la répartition des différentes harmoniques exci-
tées. Pour les instruments à cordes, celui-ci ne dépend que des conditions aux limites (la forme
de l’excitation). Nous négligerons ici l’effet de la caisse de résonance de l’instrument.) 3
Sur le schéma suivant, on peut voir les types d’excitation des cordes du clavecin, de la
guitare et du piano.
Question: Commenter.

Pour le piano, le marteau de longueur b va frapper la corde et lui transférer sa quantité de


mouvement sur toute sa longueur b . On fait donc une hypothèse sur la dérivée première
du déplacement : ∂ ψ/∂ t (x, 0) = u0 pour a < x < a + b .
Pour la guitare frottée à doigts nus la forme de la corde peut être représentée en prenant
comme conditions initiales ψ(0, x) = 4h/L2 x(L − x).
Pour le clavecin, la corde est abandonnée sans vitesse suite au pincement ponctuel. La
corde peut alors prendre la forme d’un triangle.

Ψ(x ,0) Ψ (x ,0) ∂Ψ/ ∂ t (x ,0)

h h u0
x x x
a L L/2 L a a+b L
Clavecin Guitare Piano

FIGURE 7.5: Conditions aux limites des cordes de différents instruments.

Question: Discuter qualitativement de la richesse en harmoniques des différents instruments.

La richesse en harmonique des contions de solicitation de la corde : pour la guitare, on


est proche d’une solicitation sinusoïdale, ce qui donnera lieu à très peu d’harmoniques.
Pour le clavecin, la fonction triangle peut être reconstruite avec une petite dizaine d’har-
monique. Alors que pour le piano, il faut beaucoup d’harmoniques pour reconstruire
un signal carré ; son timbre est plus riche.

Question: Démontrer-le à partir du calcul des amplitudes des différentes harmoniques.

3. Il faut alors implorer le pardon aux musiciens car cette hypothèse supprime "l’âme" de l’instrument !
7.4. UN PEU DE MUSIQUE ! 97

Pour le clavecin, les coefficients Bn sont nuls (vitesse initiale nulle). Les coefficients An
sont donnés par :

2 a  πx ‹ x h 2 L  πx ‹ h(L − x)
Z Z
An = sin n dx + sin n dx (7.55)
L 0 L a L a L L−a
Finalement :  πx ‹
2h L2
An = 2 2 sin n (7.56)
n π a(L − a) L
Pour la guitare, les coefficients Bn sont nuls (vitesse initiale nulle). L’analyse de Fourier
donne les coefficients An nuls pour n pair et pour n impair :

32h
An = (7.57)
n 3 π3
Pour le piano, les coefficients An sont nuls (déplacement initial nul). Les coefficients Bn
sont donnés par :

2
Z a+b  πx ‹
Bn = u0 sin n dx (7.58)
nπc a L
Finalement, pour b  L :

2u0 b  πa ‹
Bn = sin n (7.59)
nπc L
On remarque que pour la guitare la décroissance des harmonique se fait en 1/n 3 , le son
émis par la guitare est alors très pur, presque sinusoïdal à la fréquence du fondamental.
Dans le cas du piano, les harmoniques décroissent en 1/n, nettement moins vite que
celles correspondants aux cordes de guitare et de clavecin. Le piano émet des sons dont
le taux d’harmonique est très important. Le son du piano présente beaucoup de chaleur,
son timbre est plus riche.
98 CHAPITRE 7. ONDES DANS LES MILIEUX LIMITÉS
Chapitre 8

Milieux diélectriques non-isotropes

8.1 Introduction
Les milieux non-isotopes sont des milieux pour lesquels la propagation des ondes n’est pas
la même dans toutes les directions. L’origine physique de cette différence réside dans la struc-
ture atomique ou moléculaire des matériaux qui constituent ces milieux (polymères avec leur
longues chaînes marcromoléculaire parfois orienté, cristaux dont l’édifice cristallographique
présente une forte anisotropie...). La conséquence de cela est que le champ électrique E n’est
plus colinéaire à l’excitation électrique D. Dans un premier temps, nous allons revenir sur
les équations de Maxwell est ce que cette nouvelle condition implique sur la propagation des
ondes dans un tel matériau. Nous traiterons ensuite le cas des milieux birefringent qui sont les
milieux anisotropous les plus simples.

FIGURE 8.1: Certain cristaux dédoublent les faisceaux lumineux à cause de leur anisotropie.

8.2 Retours sur les équations de Maxwell


Les équations de Maxwell sont bien évidemment conservées, la nouveauté réside ici dans
le fait que D 6= εE. Pour les milieux diélectriques (absence de charges et de courants), on a :

99
100 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES

div B = 0 (MΦ) (8.1)

∂B
rot E = − (MF) (8.2)
∂t

div D = 0 (MG) (8.3)

∂D
rot H = (MA) (8.4)
∂t

Les vecteurs excitation magnétique H et déplacement électrique D ont été défini dans le
chapitre 6. Ils sont liés à E et B par :

B
D = [ε] E H= (8.5)
[µ]

où [µ] et [ε] sont respectivement la perméabilité et la permitivité du milieu considéré.


Dans un milieu anisotrope, ces grandeurs ne sont plus scalaires mais matricielles ! Nous avons
déjà vu que dans les milieux diélectriques, seul la permitivité ε différait de celle du vide, la
perméabilité µ restant très proche de sa valeur dans le vide µ0 . Nous allons ici conserver
cette hypothèse. Ce qui a pour conséquence que le milieu est isotrope pour la perméabilité et
anisotrope pour la permitivité, ce qui donne :

ε11 ε12 ε13


 
B
D =  ε21 ε22 ε23  E H= (8.6)
 
ε31 ε32 ε33 µ0

Dans un repère (e1 , e2 , e3 ) approprié, la matrice des permitivités est diagonale 1 , ce qui
donne :

D = ε1 E1 e1 + ε2 E2 e2 + ε3 E3 e3 (8.7)

Exercice: En posant l’hypothèse d’une solution progressive aux équations de propagation (du
type t − r · s/v), donner les équations de Maxwell.

1. On appelle e1 , e2 et e3 les vecteurs propres et ε1 , ε2 et ε3 les valeurs propres de la matrice des permitivités
8.3. MILIEUX UNIAXES OU BIRÉFRINGENTS 101

On a alors :

B·s=0 (MΦ) (8.8)

s ∧ E = vB (MF) (8.9)

D·s=0 (MG) (8.10)

s ∧ H = −vD (MA) (8.11)


où s est un vecteur unitaire orienté dans la direction de propagation (s est colinéaire au
vecteur d’onde k) et v est la vitesse de l’onde selon la direction s.

Exercice: Montrer que les vecteurs E, E et s sont alors dans le même plan.

En utilisant H = B/µ0 et les équations Maxwell-flux et Maxwell-Ampère, il vient :

s ∧ (s ∧ E) = −v 2 µ0 D (8.12)
Comme a ∧ (b ∧ c) = (a · c)b − (a · b)c, il vient :

v 2 µ0 D = E − (s · E)s (8.13)
On en déduit donc que s, D et E sont coplanaires. Insistons sur le fait que le champ E
n’est plus perpendiculaire à la direction de propagation !

8.3 Milieux uniaxes ou biréfringents


On va s’intéresser maintenant aux types d’ondes qui peuvent se propager dans un milieu
diélectrique non-sotrope uniaxe, c’est à dire un milieu pour lequel ε11 = ε22 = ε1 et ε33 = ε3 .
On a donc pour D :

D = ε1 E1 e1 + ε1 E2 e2 + ε3 E3 e3 = ε1 E + (ε3 − ε1 )E3 e3 (8.14)


A partir de cette équation, on voit donc que peuvent se propager deux types d’ondes :
1. une onde pour laquelle le champ E n’a pas de composante suivant e3 (E3 = 0). Soient
D0 et E0 les vecteur excitation et champ électrique de type d’onde. Dans ce cas, D0 et E0
sont colinéaires entre eux et aussi à s, c’est pourquoi, nous appellerons cette onde “onde
ordinaire”.
2. une onde pour laquelle E3 6= 0. Soient D” et E” les vecteur excitation et champ électrique
de type d’onde. Nous appellerons cette onde “onde extraordinaire”.
102 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES

Comme dans un milieu uniaxe, seul l’axe e3 est fixé 2 , nous choisirons par la suite l’axe e1
tel que e1 , e3 et s soient dans le même plan.

8.3.1 Onde ordinaire : D0 et E0


Exercice: Montrer que dans ce cas E0 est perpendiculaire à la direction de propagation.

Par définition, D0 = ε1 E0 (équation (8.14) avec E3 = 0, D0 perpendiculaire à e3 ). D’après


les équations de Maxwell D0 est perpendiculaire à la direction de propagation de l’onde
s, donc E0 l’est aussi.

Exercice: Calculer la vitesse de propagation de l’onde ordinaire et en déduire l’indice du


milieu correspondant à la propagation de cette onde.

D’après la relation (8.13) découlant des équations de Maxwell, on la la vitesse de l’onde


ordinaire :

1 c ε1 p
È
v =p
0
= avec no = = εr (8.15)
ε1 µ0 no ε0
où no est l’indice de l’onde ordinaire dans le milieu considéré.

Exercice: Donner la direction de propagation de l’énergie.

L’énergie se propage selon la direction donnée par le vecteur de Poynting :

E0 ∧ B0 D0 ∧ B0 D 0B 0
Π= = = s (8.16)
µ0 ε1 µ0 ε1 µ0
L’énergie se propage selon s.

8.3.2 Onde extraordinaire : D” et E”


Exercice: Montrer que D” est donc porté par l’intersection du plan (e3 ,s) et du plan perpendi-
culaire à s.

D’après les relations (8.13) et (8.14), on voit que les vecteurs D”, E”, e3 et s sont copla-
naires. De plus, d’après les équations de Maxwell, D” est perpendiculaire à s. Le vecteur
D” est donc porté par l’intersection du plan (e3 ,s) et du plan perpendiculaire à s.
2. On peut montrer qu’il existe un seul vecteur propre lié à la valeur propre ε3 , mais une infinité de vecteurs propres liés
aux deux valeurs propres identiques ε1
8.3. MILIEUX UNIAXES OU BIRÉFRINGENTS 103

 A.O.
s

D’’
γ
n ’’
n

D’ n = n ’

FIGURE 8.2: D” est donc porté par l’intersection du plan (e3 ,s) et du plan perpendiculaire à s et D0 est perpendiculaire
à D” et à s. L’axe e3 est appelé axe optique. Dans cette figure, e1 et e2 ont été choisis tels que s soit dans le plan (e2 ,e3 ).
Dans ce cas, D0 est alors porté par e1 et D” est perpendiculaire à e1 .

Exercice: Montrer que D0 est perpendiculaire à D”.

Nous avons vu dans le paragraphe précédent que D0 était perpendiculaire à e3 et à s,


il est donc perpendiculaire au plan (e3 ,s), or D” est dans le plan (e3 ,s), donc D” est
perpendiculaire à D0 .

Exercice: Soit γ , l’angle que fait la direction e3 avec la direction de propagation s. Calculer
l’indice de la vitesse de propagation de l’onde extraordinaire.
104 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES

D’après les équations de Maxwell, on a :

ve2 µ0 D” = E” − (s · E”)s (8.17)


De plus, on a :

D” = ε1 E” + (ε3 − ε1 )E”3 e3 (8.18)


On projette ces deux dernières équations suivant e3 , ce qui donne :

ve2 µ0 D3 ” = E3 ” − (s · E”) cos γ (8.19)


et :

D3 ” = ε3 E3 ” (8.20)
D’autre part, d’après 8.18 :
1 ε3 − ε1 ε3 − ε1
s · E” = D” · s − E”3 e3 · s = − E”3 cos γ (8.21)
ε1 ε1 ε1
Ce qui donne :

ve2 µ0 ε3 ε1 = ε1 − (ε3 − ε1 ) cos2 γ (8.22)


Et finalement :

cos2 γ sin2 γ
!
1
ve2 = + (8.23)
µ0 ε1 ε3

Exercice: En posant no2 = ε1 /ε0 et ne2 = ε3 /ε0 , en déduire l’indice n” du milieu correspondant
à la propagation de cette onde.

L’indice n” vaut donc :


1
n”2 =  ‹ (8.24)
cos2 γ sin2 γ
no2
+ ne2

x2 y2 2
Exercice: Soit ", l’ellipse qui est l’intersection de l’ellipsoïde d’équation no2
+ n 2 + nz 2 = 1 et du
o e
plan perpendiculaire à la direction de propagation s. Montrer que n” est donné par la longueur de
l’axe de l’ellipse " porté par D”.
8.3. MILIEUX UNIAXES OU BIRÉFRINGENTS 105

Un point M de coordonnées (x, y) appartient au plan perpendiculaire à s si :

y sin γ + z cos γ = 0 (8.25)

Ce point appartient aussi à l’ellispoïde si :

x2 y2 z2
+ + =1 (8.26)
no2 no2 ne2
Enfin, ce point appartient à l’axe de l’ellipse " porté par D” si :

x =0 (8.27)
car D” est dans le plan (e3 ,s) et nous avons choisi e1 et e2 tels que e3 , e2 et s soient dans
le même plan. L’indice n” est finalement donné par la distance O M :
1
n”2 = y 2 + z 2 =  ‹ (8.28)
cos2 γ sin2 γ
no2
+ ne2

Exercice: Montrer que l’énergie de l’onde extraordinaire ne se propage pas selon s.

L’énergie se propage selon la direction donnée par le vecteur de Poynting :


E” ∧ B”
Π= (8.29)
µ0
Or, comme E” n’est pas colinéaire à D”, l’énergie ne se propage pas selon s.

Quand une onde de direction de propagation s arrive sur un milieu uniaxe (ou
biréfringent), on décompose les oscillations vectorielles de l’onde incidente
d’excitation électrique D en deux composantes :
– une composante D00 , perpendiculaire à s et dans le plan (e3 ,s), qui est
appelée onde extraordinaire ;
– une composante D0 , perpendiculaire à s et à D”, qui est appelée onde
ordinaire.
L’onde ordinaire se propage selon s à une vitesse vo donnée par l’équa-
tion 8.15 et l’onde extra-ordinaire se propage selon une direction générale-
ment différente de s avec une vitesse ve (selon s) donnée par l’équation 8.23.
Les directions de D0 et D” sont appelées lignes neutres du milieu.
106 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES

V A x P

x
a0
E y z y

P A
FIGURE 8.3: Mise en évidence de l’effet Kerr. Une cuve contenant du nitrobenzène est placée entre polariseur et
analyseur croisés.

8.4 Applications
8.4.1 L’Effet Kerr
On considère un cuve transparente à faces parallèles remplie de nitrobenzène et dans la-
quelle plongent les armatures d’un condensateur plan dont la longueur l des armatures est de
10 cm. La cuve est placée entre polariseur et analyseur croisés. L’ensemble est éclairé par un
faisceau parallèle de lumière monochromatique (de longueur d’onde λv ), se propageant selon
(O z) (voir figure8.3). L’axe du polariseur est à 45◦ des axes (O x) et (O y). Soient uP et uA les
vecteurs unitaires donnant les directions des axes du polariseur et de l’analyseur. Si un champ
électrique de module E et appliqué aux bornes du condensateur, le liquide contenu dans la
cuve devient biréfringent et est caractérisé par une différence entre les indices des ondes or-
dinaire et extraordinaires ∆n = βλv E 2 (β est une constante égale à 2.5 × 10−12 m/V2 ). On
supposera que l’ellipsoïde associée au milieu devenu biréfringent est allongé selon l’axe op-
tique.
Exercice: En l’absence de champ électrique entre les armatures du condensateur, indiquer
quelle est la nature de la lumière reçue par l’analyseur et préciser l’intensité transmise par celui-ci.

Lorsque E = 0, le milieu est isotrope, la lumière ressort donc de la cuve polarisée rec-
tilignement (selon la direction du polariseur). Comme l’analyseur et le polariseur sont
croisés, l’intensité transmise par l’analyseur est donc nulle.

Exercice: Expliquer l’origine physique de la biréfringence du nitrobenzène.

La biréfringence est due au fait que les molécules polaires du nitrobinzène s’orientent
sous l’action du champ électrique ET que le milieu n’est pas linéaire (la polarisation n’est
pas proportionnelle au champ). Il s’agit d’une biréfringence provoquée par la présence
d’un champs électrique : c’est l’effet Kerr.
8.4. APPLICATIONS 107

Exercice: Donner la direction des lignes neutres associées au milieu et préciser l’indice de
réfraction associé à chaque ligne neutre.

L’onde ordinaire est polarisée selon (O y) (indice no ) et l’onde extraordinaire est polari-
sée selon (O x) (indice n” = ne ).

Exercice: Donner l’expression du déphasage φ entre l’onde ordinaire et l’onde extraordinaire


en fonction de β, E et l .

Le déphasage φ entre l’onde ordinaire de nombre d’onde k 0 et l’onde extraordinaire de


nombre d’onde k” vaut :
ω 2π
φ = l (k 0 − k”) = l (n” − n 0 ) = l ∆n = 2πl βE 2 (8.30)
c λv

Exercice: Pourquoi le dispositif ainsi réalisé peut-il être appelé lame quart d’onde lorsque
E = 106 V/m ?

D’après les données de l’énoncé, on trouve φ ≈ π/2. La cuve déphase les ondes de π/2,
c’est à dire un quart de longueur d’onde.

Exercice: L’onde issue du polariseur est de la forme aP = a0 cos(ωt )uP . Donner l’expression
de l’amplidude, puis de l’intensité de l’onde issue de l’analyseur en fonction de a0 , I0 et φ.
108 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES

Les ondes ordinaire et extraordinaire sont, à l’entrée de la cuve, de la forme :


a0
ao = p cos(ωt )ey (8.31)
2
a0
ae = p cos(ωt )ex (8.32)
2
A la sortie de la cuve, elles sont de la forme :
a0
ao = p cos(ωt − k 0 l )ey (8.33)
2
a0
ae = p cos(ωt − k”l )ex (8.34)
2
On projette sur la direction uA de l’analyseur. L’onde est alors de la forme :
a0 
aA = cos(ωt − k”l ) − cos(ωt − k 0 l ) uA

(8.35)
2
Ce qui donne finalement :

k 0 + k” φ
‚ Œ ‚ Œ
aA = −a0 sin ωt − l sin uA (8.36)
2 2
Pour avoir l’intensité transmise, on élève au carré et on prend la moyenne :

φ
‚ Œ
IA = I0 sin2
(8.37)
2

Exercice: Quelle modification faudrait-il apporter au dispositif pour fabriquer un interrup-


teur optique ?

Il suffit de doubler la longueur l . Pour un champ E nul, on a IA = 0 et pour un champ


E = 106 V/m, on a φ = π, ce qui donne IA = I0 . Si cette modulation sert par exemple à
transmettre de l’information il faut qu’elle puisse être rapide. Les temps de réorientation
de petites molécules sont de l’ordre de 10−8 à 10−10 s selon la viscosité du liquide.

8.4.2 Spectre cannelé


On place une lame de quartz 3 parallèle (i.e. taillée parallèlement à l’axe optique), d’épais-
seur e =4 mm, entre polariseur et analyseur croisé. L’axe du polariseur est à 45◦ des lignes
3. Le quartz est un matériau biréfringent
8.4. APPLICATIONS 109

FIGURE 8.4: Spectre de la lumière issu d’un dispositif contenant une lame de quartz placée entre polariseur et analy-
seur croisés.

neutre de la lame. On éclaire la lame avec de la lumière blanche. A la sortie de l’analyseur, on


place un prisme pour analyser la lumière.
Exercice: Interpréter le spectre observé à la figure 8.4

L’intensité issue de l’analyseur est donnée par :

φ
‚ Œ
IA = I0 sin2
(8.38)
2
avec φ = ∆n 2π λv
e. Pour certaines longueurs d’ondes l’intensité va s’éteindre, d’où le
spectre cannelé observé à la figure 8.4.

Exercice: En observant attentivement le spectre de la figure 8.4, on compte N =50 raies noires
entre le bleu (λBv = 0.4 µm) et le rouge (λBv R = 0.8 µm). En déduire la valeur de la biréfringence
∆n du quartz.

Entre l’extinction dans la limite du bleu et celle dans la limite du rouge, on compte
N=50 extinctions :

φB = φR + 2πN (8.39)
Ce qui donne :
N
∆n =  ‹ (8.40)
e λ1B − λ1R
v v

Ce qui donne ∆n = 0.01.


110 CHAPITRE 8. MILIEUX DIÉLECTRIQUES NON-ISOTROPES
Chapitre 9

Interférences et diffraction

9.1 Introduction
Nous avons vu que lorsque deux ondes se superposent, on additionne leurs amplitudes.
Cette idée très simple est à la base du phénomène d’interférence.
A travers quelques expériences, nous allons découvrir et tenter de comprendre ce qu’est la
diffraction : phénomène des plus mystérieux et néanmoins fascinant car il ouvre la porte sur
la physique quantique !

9.2 Quelques expériences


Nous allons présenter dans cette section quelques expériences, ainsi que les images qui en
résultent pour essayer de mieux comprendre ce qu’est la diffraction.

9.2.1 Diffraction par un trou


On réalise le montage décrit à la figure 9.1 : une onde plane issue d’un LASER (longueur
d’onde λ = 0.8 µm) éclaire un trou circulaire de 0.1 mm de diamètre . On observe sur un
écran placé à une distance L = 2.5 m (L  (d , X , Y )) “l’ombre” du trou, appelée figure de
diffraction.
On constate alors que la figure observée sur l’écran (figure 9.2) présente une allure bien
différente de l’ombre à laquelle on aurait pu s’attendre. D’une part, on observe une tache
centrale dont la taille est beaucoup plus grande que l’ombre portée du trou (quelques cm pour
un trou de 0.1 mm). D’autre part, on observe des anneaux circulaires autours du trou.
Si on réalise la même expérience avec un trou carré, on observe un figure tout aussi étrange
avec une tache centrale en forme de carré et des taches “satellites” situés sur les axes du carré
(voir figure 9.2).
Pour comprendre comment un si petit trou peu donner lieu à une tache centrale aussi
grande, on peut évoquer le principe d’incertitude d’Heisenberg 1 !
1. Le terme “incertitude” est le terme historique pour ce principe. Le nom de principe d’indétermination est parfois
préféré car le principe ne porte pas sur l’ignorance par l’expérimentateur de grandeurs, mais bien sur l’impossibilité de les
déterminer, et même d’affirmer qu’une détermination plus précise existe.

111
112 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

y Y

d
L

x X

Onde plane Σ Plaque trouée Écran

FIGURE 9.1: Expérience de diffraction par un trou circulaire. Une onde plane issue d’un LASER éclaire le trou. On
observe sur un écran placé à une distance L  (d , X , Y ) “l’ombre” du trou, appelée figure de diffraction.

3 cm 4 cm

Trou circulaire Trou carré


FIGURE 9.2: Figures de diffraction résultante de l’expérience décrite à la figure 9.1. On observe une figure beaucoup
plus complexe que la simple “ombre” du trou : l’optique géométrie atteint n’est plus valable !
9.2. QUELQUES EXPÉRIENCES 113

On ne peut pas déterminer avec une précision infinie la position r et la vitesse


(ou quantité de mouvement p = mv) d’une particule :

∆r · ∆p < h (9.1)

où h est la constante de Planck.

Appliquons ce principe au photon en projetant la relation d’Heisenberg sur une direction


ex appartenant à la plaque. En le forçant à passer à travers le trou, on impose un ∆x = d , ce
qui implique pour la quantité de mouvement :

h
∆ px = (9.2)
d
Or, la quantité de mouvement d’un photon vaut p = hν/c, ou ν est la fréquence du pho-
ton. L’angle de déviation maximal à la sortie du trou vaut donc :

∆ px λ
tan θ = = (9.3)
p d
On peut dont prédire une tache de taille λL/d = 2 cm sur l’écran. Bien que ce ne soit pas
la valeur exacte, on trouve un ordre de grandeur tout à fait correct !

9.2.2 Diffraction par deux trous


On réalise maintenant la même expérience que précédemment, mais en perçant deux trous
01 et 02 séparés de 1 mm sur la plaque (voir figure 9.3). On appelle O le milieu de O1 O2 .
On observe toujours sur l’écran une large tache centrale pourvue d’anneaux, mais cette
fois la tache centrale est striée verticalement. Rappelons que les deux trous étaient placés ho-
rizontalement. Pour comprendre l’origine de ces stries, on peut se place en un point M (X , Y )
de l’écran et dire que l’amplitude aT 2 de l’onde reçue est la somme des amplitudes des ondes
qui proviennent de chacun des trous :

aT = a0 cos(ωt − k01 M + ϕ) + a0 cos(ωt − k02 M + ϕ) (9.4)


Ce qui donne :

aT = 2a0 cos[ωt − k(01 M + O2 M )/2 + ϕ] cos[k(O1 M − O2 M )/2] (9.5)


Connaissant la position des trous et l’écart entre la plaque et l’écran, on peut calculer
facilement les distances 01 M et O2 M . Ce qui donne pour O1 M − O2 M :
Æ Æ
O1 M − O2 M = L2 + (X + a/2)2 + Y 2 − L2 + (X − a/2)2 + Y 2 (9.6)
Sachant que L  (X , Y ), on peut faire un développement limité à l’ordre 1 de l’expression
précédente :
2. a peut désigner ici aussi bien le champ électrique que le champ magnétique.
114 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

1 cm

y Y

x X
a

Onde plane ! Plaque trouée Écran

FIGURE 9.3: Expérience de diffraction par deux trous circulaires placés à une distance a et figure de diffraction
résultante. Les ondes issues des figures de diffraction de chaque trous interfèrent.

(X + a/2)2 + Y 2 (X − a/2)2 + Y 2
‚ Œ ‚ Œ
aX
O1 M − O2 M = L 1 + 2
−L 1+ 2
= (9.7)
2L 2L L

Ce qui donne finalement pour l’amplitude aT :

aT = 2a0 cos[ωt − k(01 M + O2 M )/2 + ϕ] cos[kaX /(2L)] (9.8)


Nous avons vu dans le chapitre?? que l’intensité lumineuse, noté ici I , ou puissance est
donnée par :

I ∝< aT2 >= I0 cos2 (kaX /(2L)] (9.9)


où I0 est l’intensité au centre de l’écran. Nous remarquons que l’intensité est modulée en
fonction de X , comme observé expérimentalement. De plus, nous pouvons calculer l’inter-
frange théorique (λL/a = 2 mm) qui est en parfait accord avec celle mesurée sur la figure 9.3.

9.2.3 Diffraction par deux trous : cas des particules


On réalise maintenant la même expérience que précédemment, mais au lieu d’éclairer la
plaque par une onde lumineuse on la bombarde avec un faisceau d’électrons (voir figure 9.4).
En plaçant un détecteur sensible aux électrons à la place de l’écran, on observe le même type de
figure que celle de la figure 9.3. Bien qu’ayant une masse, les électrons se comportent comme
des ondes : on peut les faire interférer !
Au cours des dernières décennies, les progrès des cannons à électrons sont tels que l’on
peut maintenant envoyer les électrons sur la plaque un par un. Après une série d’impact sur
9.3. CALCUL DES FIGURES DE DIFFRACTION 115

Y
y

x X

Canon à
électrons Plaque trouée Écran

FIGURE 9.4: Expérience des fentes de Young (double slit experiment). Cette fois, on n’éclaire plus la plaque trouée
avec de la lumière, mais avec des électrons, que l’on peut même envoyer un par un.

le détecteur, on remarque sur la figure 9.5 que l’on observe encore une figure d’interférence
avec des franges : ce qui signifie que l’électron interfère “avec lui-même”, ou dit autrement,
que l’électron passe par les deux trous à la fois.
Une telle réalité, certes incontestable car prouvée par l’expérience, est très difficile à faire
admettre à notre esprit : comment peut-on être à deux endroit à la fois ? ? ?
Fort de ces résultats, une équipe de brillants chercheurs des années 90 ont voulu “piéger”
cet électron qui se trouvait à deux endroits en même temps : il suffit de mettre un détecteur à
proximité de chacun des trous pour savoir par lequel il passe, ou pour le prendre en “flagrant
délit de dédoublement”.
La figure 9.6 montre la courbe de diffraction obtenu alors que les détecteurs ne sont pas en
service : on observe bien une figure d’interférence. Par contre, si les détecteurs fonctionnent,
on arrive bien à localiser l’électron : il passe soit par un trou, soit par l’autre. Mais, à ce
moment-là, on s’apperçoit que la figure de diffraction n’existe plus ! ! ! Le simple fait d’observer
par quel trou passe l’électron, le “force” à se matérialiser dans l’un des deux trou et l’empêche
ainsi d’interférer avec lui-même !
Ces résultats sont difficile à concevoir par notre esprit. On peut même dire qu’ils sont
impossible à comprendre ! Ils représentent pourtant la base d’une jeune science qui n’a qu’un
petit siècle : la physique quantique.

9.3 Calcul des figures de diffraction

Nous allons maintenant découvrir comment prédire les figures de diffraction observées
lors des expériences décrite dans la section précédente : (i) tache centrale et anneaux pour la
diffraction par un trou circulaire ; (ii) tache centrale et taches satellites pour la diffraction par
un trou carré (ou rectangulaire).
116 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

(a) (b)

(c) (d)

(e) (f)

FIGURE 9.5: Lieu des impacts des électrons sur l’écran lors de l’expérience des fentes de Young réalisée avec des
électrons envoyés un par un. Chaque électron “interfère avec lui-même”.
9.3. CALCUL DES FIGURES DE DIFFRACTION 117

(a) (b)

FIGURE 9.6: Pour savoir par quelle fente passe l’électron, on peut mettre un détecteur à proximité de l’une des
fentes. Le détecteur permet bien de préciser par quel fente est passé l’électron, mais sa présence modifie la figure de
diffraction qui ne présente alors plus d’interférence !

9.3.1 Principe d’Huygens-Fresnel


Le principe d’huygens-Fresnel permet une analyse quantitative des phénomènes de diffrac-
tion. Son énoncé est le suivant :

Soit (Σ), une ouverture plane éclairée par une source ponctuelle S monochromatique
de longueur d’onde λ. On découpe (Σ) en éléments de surface d σ(P ) centrés sur un
point courant P . Pour le calcul de l’éclairement en un point M : (1) chaque élément de
surface d σ(P ) se comporte comme une source ponctuelle fictive, émettant une ondelette
dont l’amplitude complexe instantanée en P est proportionnelle à l’amplitude complexe
instantanée de l’onde émise par S en P , et à l’élément de surface d σ(P ) ; (2) les sources
fictives sont cohérentes.

Ce principe ne découle d’aucune théorie ! Il découle de l’interprétation des expériences


observées. Nous allons l’utiliser par la suite pour tenter de prédire quantitativement l’intensité
observée sur l’écran lorsque l’on fait diffracter des objets.

9.3.2 Cas de la diffraction à l’infini


On réalise l’expérience de diffraction à l’infini dite diffraction de Fraunhaufer décrite à la
figure 9.7 : on éclaire à l’aide d’un faisceau LASER une plaque percée d’un trou Σ de surface S.
On place ensuite une lentille convergente (de distance focale f ) et un écran situé dans le plan
focal image de la lentille. Ainsi, à chaque point M (X , Y ) de l’écran correspond une direction
de propagation u à la sortie du trou. Sur la figure 9.7, on a représenté ce qui est observé sur
l’écran dans le cas d’un trou rectangulaire.
118 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

P.
.M
H x
O ..
y

Faisceau
LASER Lentille Ecran

FIGURE 9.7: L’expérience de diffraction à l’infini.

9.3.3 Calcul de l’amplitude diffractée


L’onde incidente arrive perpendiculairement au trou. Le théorème de Malus indique que
la différence de phase entre les points P et M est la même que celle qui existe entre les point
H et M .
Exercice: Préciser les coordonnées du vecteur unitaire donnant la direction de propagation de
l’onde qui arrive en M (X , Y ) (on se placera dans le cas où (X , Y )  f ).

Le vecteur u est le vecteur unitaire parallèle à la direction qui va du centre de la lentille


au point M . Ses coordonnées sont donc : u = (X / f , Y / f , 1).

Exercice: Donner la différence de marche entre l’onde secondaire qui va de O à M et celle qui
va de P à M .

La différence de marche entre ces deux ondes est :


xX yY
O H = OP · u = + (9.10)
f f
.

Exercice: En utilisant le principe d’Huygens, donner l’expression générale de l’amplitude


totale aM au point M (X , Y ) résultant de la diffraction due à l’ouverture (Σ) de l’onde incidente
d’amplitude a0 .
9.3. CALCUL DES FIGURES DE DIFFRACTION 119

L’amplitude totale est la somme des amplitudes de chacune des ondes secondaires émises
par tous les points P du trou.
Z
aM = a0 exp [ (ωt − kP M )] d xd y (9.11)
Σ

Soient x et y les coordonnées de P dans le plan du trou. L’amplitude est alors :


– ‚ Œ™
xX yY
Z
aM = a0 exp [ (ωt + kO M )] exp k + d xd y (9.12)
Σ f f
On pose généralement α = X / f et β = Y / f , ce qui donne finalement :

Z  
aM = a0 exp [ (ωt − kO M )] exp  (αx + βy) d xd y (9.13)
Σ λ

Exercice: Donner l’intensité résultante IM au point M en fonction de I0 = IM (0, 0).

L’intensité IM est définie comme : IM ∝< aM2 >. Au centre de l’écran, α = β = 0,


l’intégrale vaut alors S et IM est alors donné par :
2
1 2π
 Z  
IM = I0 exp  (αx + βy) d xd y (9.14)
S Σ λ

9.3.4 Cas d’un trou rectangulaire

Exercice: Soient a et b les dimensions du trou suivant (O x) et (O y) respectivement. Calculer


l’intensité lumineuse diffractée au point M (X , Y ).
120 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

L’intégrale calculée précédemment devient :


 a b
2
1 2π
Z 2
Z 2
 
IM = I0  exp  (αx + βy) d xd y  (9.15)
ab − a2 − b2 λ
On peut séparer les deux facteurs de l’intégrale :
 Z a Z b  2
1 2 2π 1 2 2π
  
IM = I0  exp  αx d x exp  βy d y  (9.16)
a − a2 λ b − b2 λ
L’intégration se fait alors facilement ( !) :

 ” — ” — 2  ” — ” — 2
exp  λ
α
2π a
2
− exp −  λ
α
2π a
2  
exp  2π
λ
β b
2
− exp −  2π
λ
β b
2 
IM = I0 

λα

λβ

  

(9.17)
On reconnaît ici l’expression de la fonction sinus :
2  2
πβb
sin παa

sin
IM = I0  παaλ   πβbλ  (9.18)
 
λ λ

9.3.5 Cas d’un trou circulaire

Exercice: Quelle est la figure de diffraction à l’infini d’un trou circulaire de rayon R ? On
R1p
donne 0 1 − u 2 cos(mu)d u = (π/2)(J1 (m)/m) où J1 est la fonction de Bessel d’ordre 1
(J1 (0) = J1 (3, 83) = J1 (7, 02) = J1 (10, 2) = 0 et J10 (0) = 0, 5).
9.3. CALCUL DES FIGURES DE DIFFRACTION 121

FIGURE 9.8: Figure de diffraction tracée avec Maple.


122 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION

> restart;
> a:=1; b:=2; m:=0.05;
a := 1
b := 2
m := :05
> II:=(alpha,beta)->`if`(sin(alpha*a)^2/(alpha*a)^2*sin(beta*b)^2/(beta
> *b)^2>m,m,sin(alpha*a)^2/(alpha*a)^2*sin(beta*b)^2/(beta*b)^2);
sin( a)2 sin( b)2 sin( a)2 sin( b)2
II := ( ; ) ! `if`(m < ; m; )
2 a2 2 b2 2 a2 2 b2
> II(1,1); a; b;
1 sin(a)2 sin(b)2
if ( sin(1)2 sin(2)2 < :05; m; )
4 a2 b2
1
2
> plot3d(II(alpha,beta),alpha=-10..10,beta=-10..10, numpoints=2000,
> style=PATCHNOGRID, orientation=[0,Pi/2℄,shading=zgreys ale);
> plot3d(II(alpha,beta),alpha=-10..10,beta=-10..10,
> numpoints=3000,shading=none);

FIGURE 9.9: Commandes Maple pour tracer la figure 9.8.


9.3. CALCUL DES FIGURES DE DIFFRACTION 123

Par raison de symétrie, la figure est forcément de symétrie circulaire. On ne va calculer


l’intensité que suivant une direction. L’amplitude totale diffractée dans la direction u =
(0, sin θ, cos θ) vaut donc :
ZR
1  p 2
aT = (ωt 2 R − h2d h

exp − k · PM) (9.19)
πR −R
2

exp (ωt − k · OM)


 Z R
 p 2
aT = k 2 R − h2d h

exp · OP (9.20)
πR 2
−R

avec PO = (0, −h, 0), ce qui donne :

exp (ωt − k · PM) 2πh sin θ p 2


 Z R – ™
aT = exp −  2 R − h2d h (9.21)
πR 2
−R λ
On pose m = 2πR sin θ/λ et u = h/R, ce qui donne :

exp (ωt − k · PM)


 Z 1
p
aT = exp [− mu] 2 1 − u 2 d u (9.22)
π −1

Si on exprime l’exponentielle complexe avec les fonctions sinus et cosinus, on remarque


que la partie imaginaire de l’expression est une fonction impaire, qui, intégrée de −R à
R, va être nulle, il reste donc :

exp (ωt − k · PM)


 Z 1
p
aT = cos(mu)2 1 − u 2 d u (9.23)
π −1

On reconnaît la fonction de Bessel. Ce qui donne :

 J1 (m)
aT = 2 exp (ωt − k · PM)

(9.24)
m
L’intensité vaut finalement :

J1 (m) 2 2πR sin θ


‚ Œ
I = 4I0 avec m= (9.25)
m λ
On a donc I (θ = 0) = I0 et l’intensité s’annule pour sin θ = 1, 22λ/(2R), résultat
confirmé en TP !
124 CHAPITRE 9. INTERFÉRENCES ET DIFFRACTION
Bibliographie

[1] J. C. Baboux and A. Vincent. Cours de physique : Ondes. Villeurbanne : INSA, 2001.
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