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Introduction :

Le droit fiscal est une branche du droit public dont l’objet est l’étude des règles juridiques
relatives à l’impôt. Il règle les rapports fiscaux qui s’établissent entre le fisc doté de nombreuses
prérogatives de puissance publique et les débiteurs de l’impôt bénéficiant de garanties. En effet,
il existe, en matière fiscale, deux acteurs principaux. D’une part, le fisc qui est l’acteur du majeur
système fiscal, il bénéficiait des prérogatives de puissance publique. D’autre part, le contribuable
(les ménages et entreprises) qui peut se définir comme débiteur de l’impôt, il contribue et finance
les charges publiques.

Donc la problématique qui se pose est de savoir s’il y a un certain équilibre entre
l’administration fiscale doté des prérogatives de puissance publique et les contribuables soumise
à cette puissance.

Le législateur Marocain accorde plusieurs garanties aux contribuables pour faire face aux
excès éventuels de l’administration durant toute la procédure fiscale. Ils bénéficiaient des
garanties générales (Chapitre 1), et des garanties au cours de la procédure du contrôle fiscal
(Chapitre2).
Première partie : Les garanties générales accordées aux contribuables

Dans cette première partie on va traiter d’abord les garanties constitutionnelles et


juridiques dont ils bénéficiaient les contribuables «  section 1 », et ensuite le droit d’ester en
justice et la possibilité de restitution des droits indûment perçus « section 2 ».

Section 1: les garanties constitutionnelles et juridiques réservées aux contribuables

Dans cette section nous verrons successivement que le contribuable bénéficie des
garanties tant constitutionnelles (A) tant juridiques (B).

A- Les garanties constitutionnelles


La constitution marocaine vient d’accorder certaines garanties au contribuable pour faire
face aux excès de l’administration fiscale à savoir :

Le principe de l’égalité devant les charges publiques (1), et le principe de la légalité de l’impôt
(2)

1- Le principe de l’égalité devant les charges publiques:

Le principe de l’égalité devant les charges publiques est inspiré du principe général de
l’égalité des citoyens devant la loi. La constitution marocaine de 29 juillet 2011 énonce
clairement dans son article 6 alinéa 1 que : «  la loi est l’expression suprême de la volonté de la
nation. Tous, personnes physiques ou morales, y compris les pouvoirs publics, sont égales
devant elle et tenus de s’y soumettre ».

En effet, l’égalité devant l’impôt ne signifie pas seulement que l’impôt soit la
conséquence de la légalité de l’impôt, mais elle découle aussi du principe d’égalité devant les
charges publiques, principe fondamental de droit public. Ce qui implique que "Tous les
contribuables qui se trouvent dans la même situation définie par la loi fiscale doivent être
soumis au même régime fiscale"1.Toutefois, l’égalité devant l’impôt ne signifie pas que les
contribuables doivent se soumettre au même régime fiscal, et par conséquent, supportent les
mêmes charges fiscales. Mais, la portée du principe est loin d’être absolue. Car, il n’empêche pas
non plus des traitements différencies.

1
Rachid EL MOUSSAOUI, Droit Fiscal Marocain, 2ème Ed., 2016, p.27.
A cet égard, il existe deux conceptions 2 : la conception classique dont l’égalité devant
l’impôt devait se traduire par le principe de la proportionnalité des impôts qui consiste à
appliquer des taux proportionnels à tous (sans prendre en considération le principe de la
personnalisation de l’impôt). Et la conception moderne qui consacre la progressivité, et selon
cette conception, la charge augmente à mesure que les capacités financières des contribuables
augmentent (La charge fiscale varie en fonction de l’importance du revenu, elle augmente
avec l’augmentation du revenu grâce à l’application d’un barème progressif).

En dépit de ce qui précède, on a constaté que l’égalité devant l’impôt ne signifie pas
forcement que les contribuables supportent les mêmes charges fiscales, mais au contraire ils
s’acquittent des charges fiscales en proportion de leur capacité contributive. C'est-à-dire que le
prélèvement de l’impôt s’opère en prenant en considération la capacité contributive du
contribuable.

2- La légalité de l’impôt

Le principe de la légalité de l’impôt prend une signification particulière en droit fiscal.


En effet, si en droit administratif, il signifie la soumission de l’administration au droit, pour ce
qui nous concerne, il vise l’idée selon laquelle l’essentiel des règles qui forment le droit fiscal est
posé par la loi. C'est-à-dire que les règles applicables en matière fiscale relève du domaine
législative et que les actes pris par l’administration fiscale (les actes d’établissement, de
recouvrement et de contrôle) soient conforme à la loi. Ce principe à valeur universelle, il est
consacré par la déclaration de 1789 qui dispose que : « tous les citoyens ont le droit de constater
eux même, ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir
librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la
durée ».

En droit marocain, le principe de légalité résulte de deux sources. D’une part l’article 39
de la constitution qui précise que : « Tous supportent en proportion de leur facultés
contributives, les charges publiques que seule la loi peut … créer et repartir ».

2
Ibid. p. 28.
Il ressort de cet article trois idées essentielles : la première est que tous citoyens, quelles
soient personnes physiques ou morales, sont tenues de contribuer au financement des charges
publiques. La deuxième : Est que la contribution doit tenir compte de la capacité du
contribuable ; c'est-à-dire que la charge fiscale s’acquitte en fonction des moyens économiques
dont il dispose le contribuable. La troisième idée est que la création et la répartition des charges
fiscales sont réservées exclusivement à la loi. C’est le contenu de la deuxième source à savoir
l’article 71 de la constitution qui inclut dans le domaine de la loi et donc de la compétence du
législateur "le régime fiscal et l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impôts".

Ces deux articles renvoient par les citoyens ou plus exactement de leurs représentants et
qui constitue le fondement du principe de la légalité en matière fiscale qui assoit une compétence
exclusive et large du législateur en matière fiscale 3. Dans un autre sens, la légitimité de l’impôt
résulte de son acceptation, par mandat, par le contribuable, à travers le parlement qu’il a élu.
C’est ce que les fiscalistes appellent « le consentement à l’impôt ». En France, par exemple, la
charte du contribuable énonce dans, son préambule, qu’il n’ya pas de démocratie sans
consentement à l’impôt.4

En effet, la fiscalité relève exclusivement du domaine législative et que seul le parlement


peut créer l’impôt. Toutefois, l’exclusivité du parlement dans la création des normes fiscales est
critiquée. D’abord, le gouvernement intervient, par le biais du pouvoir réglementaire dont il
dispose, pour édicter des normes juridiques, sous forme des décrets applicables aux impôts.

Ensuite, le parlement vote seulement les lois fiscales mais c’est le gouvernement, plus
concrètement la direction des impôts, qui est à l’origine des initiatives fiscales « 99%des
propositions viennent du gouvernement et 1/% par le parlement !? ». C’est elle aussi
(l’administration fiscale) qui fabrique et interprète les lois fiscales.5

B- Les garanties juridiques

3
Rachid EL MOUSSAOUI, op.cit., p.26.
4
Rachid LAZRAK, Impôt et Contrôle politique, Ed. n° 2258, Publié le 19/04/2006.
5
Rachid EL MOUSSAOUI, op. cit., p.27.
Les lois fiscales d’autant qu’ils touchent la situation financière du contribuable
nécessiteront une interprétation stricte « 1 », et elles sont soumises au principe de la non
rétroactivité de la loi fiscale « 2 ».

1- L’interprétation stricte de la loi fiscale

Vu la gravité de l’impôt et son impacte sur le patrimoine du contribuable, il est exigé que
l’interprétation du texte fiscal soit stricte et non pas large comme dans certaines matières. En
effet, les lois fiscales doivent s’interpréter strictement. Comme l’écrivait un auteur Français, 6
« la loi est ce que le législateur a dit et non ce qu’il voulait dire ». En outre, il n’est pas admis en
matière fiscale d’interpréter les textes par analogie, tout en respectant le principe selon lequel,
« Pas d’impôt pas d’exonération sans texte ». Car l’analogie crée une règle nouvelle et distincte,
ce qui est totalement au contraire au principe de l’égalité de l’impôt.7

Si le texte fiscal est ambigu ou obscure, le principe impose de l’interpréter dans l’intérêt du
contribuable8. Cette garantie est accordée au contribuable pour établir un certain équilibre entre
lui et l’administration fiscale.

2- La non rétroactivité de la loi fiscale

Le principe de la non rétroactivité de la loi fiscale est parmi les principes


constitutionnelles, consacrés par le législateur, pour protéger les individus. En effet, La
constitution marocaine dans son article 6 dernier aliéna stipule que «  la loi ne peut avoir un effet
rétroactif ». Toutefois, ce principe a des exceptions en matière fiscale, surtout lorsque la loi de
finance modifie le taux d’imposition, dans ce cas la loi peut avoir un effet rétroactif. Il en est de
même pour les lois interprétatives.

Section 2 : Le Droit d’ester en justice et la possibilité de restitution des


sommes indûment perçus.

6
Michel Vander LINDEN, le Principe de légalité de l’impôt et l’interprétation des lois fiscales, Pacioli, n° 327, IPCF-
BIBF, 2011.
7
http://rachidelbouni.over-blog.com , ‫الملزم الضريبي المغربي‬
8
Ibid.
Tout d’abord nous allons aborder le centre névralgique autour duquel tourne cette section
et qui est : le droit d’ester en justice (A), en suite nous allons nous approfondir au niveau de la
possibilité de restitution des sommes indûment perçus (B).

A- Le droit d’ester en justice


Consacrant le principe universel de la déclaration des droits de l’homme, selon lequel,
toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions compétentes contre les actes
violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi 9. Ce
principe a valeur constitutionnelle puisqu’il est consacré par la constitution marocaine dans son
article 118 qui prévoit que « L’accès à la justice est garanti à toute personne pour la défense de
ses droits et de ses intérêts protégés parla loi. Tout acte juridique, de nature réglementaire ou
individuelle, pris en matière administrative, peut faire l’objet de recours devant la juridiction
administrative compétente. »

L’importance de cette garantie est de permettre aux contribuables d’attaquer par voie de
justice les excès éventuels de l’administration fiscale, et ce dans le but d’introduire un certain
équilibre entre eux. Autrement dit, le Droit d’ester en justice est un droit reconnu aux
contribuables pour faire face aux actes administratifs, jugés illégales, pris par l’administration
fiscale. Toutefois, le contribuable ne peut recourir au juge administratif qu’après épuisement des
recours internes. C'est-à-dire que le contribuable est tenu d’abord de faire un recours gracieux
devant l’administration fiscale, ensuite devant la commission locale de taxation, et enfin devant
la commission nationale du recours fiscal. Si le contribuable n’est pas satisfait de la décision
prise par l’administration fiscale ou à défaut de réponse de celle-ci dans le délai imparti, il (le
contribuable) peut intenter l’action devant le juge administratif compétent.10
Il faut noter que la réclamation faite par le contribuable ne fait pas obstacle au recouvrement
immédiat des sommes exigibles et, s’il y a lieu, à l’engagement de la procédure de recouvrement
forcé, sous réserve de restitution totale ou partielle desdites sommes après décision ou
jugement11. «  Payer d’abord et on verra !? »

9
Article 8 de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.
10
Voir le Code General des Impôts.
11
L’article 235 du Code General des Impôts.
B- La restitution des sommes indûment perçus

En principe, l’impôt est un prélèvement opéré à titre définitif ; c'est-à-dire que l’impôt
payé au trésor ne saurait faire l’objet de restitution sauf quelques exceptions limitées.12

En matière d’impôt sur les sociétés, l’article 17 du code des impôts précise que « Si le
résultat définitif de la liquidation fait apparaître un bénéfice supérieur au total des bénéfices
imposés au cours de la période de liquidation, le supplément d’impôt exigible est égal à la
différence entre le montant de l’impôt définitif et celui des droits déjà acquittés. Dans le cas
contraire, il est accordé à la société une restitution partielle ou totale desdits droits.». En effet,
L’excédent d’impôt versé par la société au titre des acomptes provisionnels est imputé d’office
par celle-ci sur le premier acompte provisionnel échu et, le cas échéant, sur les autres acomptes
restants. Le reliquat éventuel est restitué d’office à la société par le ministre des Finances ou la
personne déléguée par lui à cet effet dans le délai d’un mois à compter de la date d’échéance du
dernier acompte provisionnel.

Il en est de même en matière d’impôt sur le revenu ; c'est-à-dire que Lorsque le


montant des retenues effectuées à la source et versées au Trésor par le débirentier excède celui de
l’impôt correspondant au revenu global annuel du contribuable, celui-ci bénéficie d’office d’une
restitution d’impôt.

En matière de Taxe sur la valeur ajoutée, la demande en restitution des contribuables


est prescrite à l’expiration de la quatrième année qui suit celle au titre de laquelle l’imposition,
objet de la demande en restitution, a été payée. La demande des contribuables est adressée au
ministre chargé des Finances ou à la personne déléguée par lui à cet effet qui statue sous réserve
du recours ouvert devant les tribunaux.

En matière des droits d’enregistrement, les demandes en restitution de droits indûment


perçus sont recevables dans un délai de quatre (4) ans à compter de la date de l’enregistrement.
Ne sont pas sujets à restitution, les droits régulièrement perçus sur les actes ou contrats
ultérieurement révoqués ou résolus par application des articles 121, 259, 260, 581, 582 et 585 du

12
Rachid EL MOUSSAOUI, op. cit., p.11.
dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913), formant code des obligations et contrats. En cas de
rescision d’un contrat pour cause de lésion, ou d’annulation d’une vente pour cause de vices
cachés et, au surplus, dans tous les cas où il y a lieu à annulation, les droits perçus sur l’acte
annulé, résolu ou rescindé ne sont restituables que si l’annulation, la résolution ou la rescision a
été prononcée par un jugement ou un arrêt passé en force de chose jugée.

Compensation :

En sens unique lorsqu’un contribuable demande la décharge, la réduction, la restitution


du montant d’une imposition ou le remboursement de la taxe, l’administration peut, au cours de
l’instruction de cette demande, opposer à l’intéressé toute compensation, au titre de l’impôt ou
taxe concerné, entre les dégrèvements justifiés et les droits dont ce contribuable peut encore être
redevable en raison d’insuffisances ou d’omissions non contestées constatées dans l’assiette ou le
calcul de ses impositions non atteintes par la prescription.13

En pratique, la restitution ne se fait pas d’office par l’administration fiscale, mais à la


demande du contribuable, tout en respectant les délais prescrites, sous peine de forclusion.14

13
L’Economiste, Contentieux: La mécanique administrative et judiciaire, publié le 04/08/2006.
14
http://rachidelbouni.over-blog.com , ‫الملزم الضريبي المغربي‬
Deuxième partie : Les garanties accordées aux contribuables soumis à
contrôle
Dans cette partie nous verrons, comme son nom l’indique, les garanties accordées aux
contribuables avant et pendant le contrôle (section1), en suite nous traiterons les garanties
accordées aux contribuables après le contrôle (section2).

Section 1 : Les garanties accordées aux contribuables avant et pendant le


contrôle
Il serait judicieux dans cette première section de traiter séparément les garanties
accordées aux contribuables avant le contrôle (A) et celles accordées pendant le contrôle (B).

A- Les garanties accordées aux contribuables avant le contrôle


Le contribuable bénéficie pendant cette phase d’un droit à la prescription « 1 »  et d’un
avis de vérification « 2 »  et l’obligation de la formalisation de début des travaux de contrôle par
le biais d’un procès verbal contresigné par les deux parties « 3 »

1- Le droit à la prescription

Les déclarations fiscales peuvent présenter des erreurs. Le fisc doit donc disposer des
prérogatives pour vérifier la sincérité des déclarations et redressement des erreurs et irrégularités
constatées.15 L’administration fiscale dispose alors d’un droit de reprise « c'est-à-dire qu’elle a la
possibilité de réparer les omissions, insuffisances, commise dans l’établissement », et un droit
de communication « qui lui permet de relever tout renseignement utile en vue de l’assiette et du
contrôle de l’impôt ». Toutefois, l’administration fiscale est tenu de respecter les délais prescrites
par le code général des impôts afin qu’elle puisse exercer le droit de reprise sous peine de
forclusion. Autrement dit, le non respect par l’administration des délais légaux entraine la
déchéance de son droit au contrôle et au redressement. Le droit à la prescription est une garantie
réservée au contribuable pour faire face aux excès de l’administration dans l’exercice dans son
droit de reprise.

2- Avis de vérification

Outre la limitation de droit de reprise et de contrôle par des délais précis et stricts, la
vérification ne saurait être opérée sans l’envoi préalable d’un avis de vérification. En effet, la

15
Le Droit Fiscal Marocain, OP,cit, P.195
vérification ne peut se dérouler qu’à l’expiration d’un délai de 15 jours à compter de la
notification, à défaut, la procédure de notification est frappée de nullité. En outre, les
contribuables ont le droit d’être informés de leurs droits et obligations en matière de contrôle.16

Pour ce qui est de la forme de la notification 17, le fisc doit notifier au contribuable l’avis
de vérification soit à l’adresse indiqué par celui-ci dans ses déclarations, soit par lettre
recommandé avec accusée de réception, soit par remise en main propre par l’intermédiaire des
agents assermentés de l’administration fiscale, des agents de greffe, des huissiers de justice ou
par voie administrative. La remise est constatée par un certificat de remise établi en double
exemplaire, sur un imprimé fourni par l’administration. Un exemplaire de ce certificat est remis à
l’intéressé.

Le certificat de remise doit comporter les indications suivantes :

o le nom et la qualité de l’agent notificateur ;


o la date de la notification ;
o la personne à qui le document a été remis et sa signature.

3- Obligation de la formalisation de début des travaux de contrôle par le biais d’un procès
verbal contresigné par les deux parties

La date de début de vérification ne peut commencer qu’après l’expiration de 15 jours à


compter de la notification. Un procès verbal constate la date de commencement de l’opération
établi par l’administration et signé par les deux dont une copie est remise au contribuable. Ce
procès verbal, daté, doit comporter les informations suivantes :

- Le nom, prénom ou raison sociale de l’entreprise vérifiée :


- La date de commencement de l’opération de contrôle ;
- Le nom et la qualité des signataires ;
- Les références de l’avis de vérification.

16
Article 212 du Code General des Impôts.
17
Article 219 du même Code.
B - Les garanties accordées aux contribuables pendant le contrôle

Durant la phase de contrôle, le contribuable dispose d’un droit à l’assistance et conseil


« 1 », d’un droit au respect de la durée de contrôle « 2 », et enfin l’obligation d’information de la
clôture des travaux de contrôle « 3 ».

1- Droit à l’assistance et au conseil

Les contribuables disposent d’un droit de faire appel à un conseil de leur choix pour les
assister lors des opérations de vérification. 18 Autrement dit, le contribuable peut se faire assister
lors des opérations de contrôle par un conseil de son choix ; comptable ou expert comptable en
fiscalité ou avocat. De même, la procédure doit donner lieu à un débat contradictoire qui assure
le respect des droits de défense du contribuable en lui permettant de présenter ses objections et
ses justifications.19

Les procédures de rectifications des bases d’imposition sont des procédures


contradictoires qui garantissent aux contribuables le droit de défense durant toutes les phases de
contrôle fiscale.

2- Limitation de la durée de contrôle

Pour éviter de déstabiliser l’entreprise et gêner son fonctionnement, la durée de


vérification est limitée à 3ou 6 mois selon le chiffre d’affaire .En effet, la durée de vérification
est fixé à 3 mois si le chiffre d’affaire ne dépasse pas 50 millions de dirhams hors taxe sur valeur
ajoutée, et 6 mois si le chiffre d’affaire est supérieur à 50 millions de dirhams hors taxe sur la
valeur ajoutée.

Les délais de 3 et 6 mois ne tiennent pas compte des suspensions de la vérification par
défaut de présentation ou refus de se soumettre au contrôle.20

3- Obligation d’information de la clôture des travaux de contrôle

18
Charte du contribuable en matière de contrôle fiscal, Maroc.
19
Rachid EL MOUSSAOUI, op. cit., p.212.
20
Article 212 du code précité
Au terme de l’opération de vérification, l’administration est tenue de notifier au
contribuable un avis de clôture de ladite opération dans les formes prévues à l’article 219 du
code général des impôts.

Section 2- Les garanties accordées aux contribuables après le contrôle


Après le contrôle, plusieurs garanties sont reconnues aux contribuables, ces garanties se
manifestent par l’obligation de notification des résultats de contrôle par l’administration fiscale
(A) et notamment par l’obligation de respect de la procédure à suivre (B)

A- Obligation de notification des résultats de contrôle dans un délai légal


Selon la loi de finance de 2016, l’administration fiscale est tenue de notifier au contribuable
des résultats du contrôle dans un délai de 3 mois à partir de la date de clôture des travaux de
vérification, et ce dans les formes prévues à l’article 219 du code général des impôts.

1- Obligation de motivation des redressements

C'est-à-dire que l’administration fiscale est tenue de motiver les redressements qu’elle a
fait.21

2- Encadrement strict du pouvoir d’appréciation de l’administration:


 Définition par le CGI des irrégularités graves :

Selon le code général des impôts, sont considérés comme irrégularités graves :

1. Le défaut de présentation d’une comptabilité tenue conformément aux dispositions de


L’article 145 ci-dessus ;
2. L’absence des inventaires prévus par le même article ;
3. La dissimulation d’achats ou de ventes dont la preuve est établie par l’administration ;
4. Les erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées, constatées dans la
comptabilisation des opérations ;
5. l’absence de pièces justificatives privant la comptabilité de toute valeur probante ;
6. La non comptabilisation d’opérations effectuées par le contribuable ;
7. La comptabilisation d’opérations fictives.

21
Charte du contribuable en matière de contrôle fiscal, Maroc.
 Garantie de respect de la charge de la preuve

La charge de la preuve se diffère selon les situations suivantes 22:

o Si la comptabilité présentée n’est entachée d’aucune irrégularité grave, la charge de


la preuve incombe à l’administration pour la reconstitution du chiffre d’affaires ;
o Si la comptabilité présente des irrégularités graves, la charge de la preuve incombe au
contribuable ;
o Si la comptabilité est inexistante ou n’a pas été mise à la disposition de
l’administration, la charge de la preuve incombe au contribuable.

B- Obligation du respect de la procédure 23


En cas de procédure normal de rectification des bases d’imposition initiale résultant soit
de la déclaration, soit d’une taxation d’office au titre des impôts, droits et taxes. Il s’agit
d’une procédure contradictoire qui comprend des phases suivantes :

 Phase administrative : elle comprend deux notifications et deux réponses


o La première lettre de notification : les nouvelles bases arrêtées en matière de l’I.S, I.R,
T.V.A, et la base retenue en matière d’enregistrement, doivent être notifiés dans un délai
de 3 mois à compter de la clôture des travaux de vérification. Cette lettre doit comporter
l’assignation au contribuable d’un délai de réponse (30 jours à compter de la réception)
pour faire parvenir ses observations à l’inspecteur.
o Réponse à la première lettre : Le contribuable dispose d’un délai franc de 30 jours à partir
de la réception de ladite lettre pour donner son accord total ou partiel, ses observations ou
propositions sur la base qui lui été notifié. L’examen par l’inspecteur de la réponse du
contribuable peut aboutir soit à l’abandon total des redressements notifiés, soit au
maintien total ou partiel de ces redressements. A défaut de réponse ou de réponse hors
délai, les droits complémentaires sont émis par voie de rôle, sans préjudice de
l’application des sanctions prévues par le code général des impôts.

22
Charte du contribuable en matière de contrôle fiscal, Maroc.
23
Ibid.
o Deuxième lettre de notification : Au cas où l’inspecteur estime que les observations du
contribuable ne sont pas fondées en tout ou en partie, il lui notifié dans un délai de 60
jours suivant la réception de la réponse du contribuable, les motifs de son rejet partiel ou
total, ainsi que la base d’imposition qui lui paraît devoir être retenue. L’inspecteur doit
informer le contribuable que cette sera définitive s’il ne présente pas un recours devant la
C.L.T ou la C.N.R.F, selon le cas, dans un délai de 30 jours à partir de la réception du
dite lettre (2eme lettre de notification). L’inspecteur est tenu de répondre aux
observations du contribuable, dans un délai de 60 jours, sous peine de la nullité de la
procédure de vérification.
o Réponse du contribuable à la deuxième lettre de notification  : Les redressements acceptés
totalement ou partiellement par le contribuable, ainsi que ceux n’ayant pas fait l’objet de
réponse de sa part donnent lieu à une imposition immédiate. Par contre, la procédure est
poursuivie pour les redressements ayant fait l’objet de recours par le contribuable devant
la commission locale de taxation ou devant la commission nationale de recours fiscal
selon le cas.

 Phase devant les commissions : La loi de finance de 2016 précise que le recours à la
C.L.T ou à la C.N.R.F se diffère selon le cas. En effet, la C.L.T est compétente pour
statuer en cas de vérification de comptabilité des contribuables dont le chiffre d’affaires
déclaré, au compte de produits et charges, au titre de chaque exercice de la période non
prescrite vérifiée, est inférieure à dix millions de dirhams. Et la C.N.R.F est compétente
pour statuer sur les recours24 :
o Relatifs à l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des contribuables prévues à
l’article 216 du code général des impôts, quel que soit le chiffre d’affaires déclaré ;
o Relatifs aux vérifications de comptabilité des contribuables lorsque le chiffre
d’affaires, au compte de produits et charges, au titre de l’un des exercices vérifiés, est
égal ou supérieur à dix millions de dirhams ;
o Pour lesquels les C.L.T n’ont pris de décision dans le délai de 12 mois25.

24
Code General des impôts
25
Code General des impôts.
 La phase judiciaire : Il peut arriver que le contribuable n’accepte pas la décision prise
par les commissions précités, il lui possible de saisir le juge administratif pour y statuer.
En effet, la phase judicaire comprend trois niveaux : Tribunal administratif de première
instance, Cour d’appel administratif et la chambre administrative près la Cour de
cassation.26

26
Direction General des Impôts, Les droits et garanties des contribuables vérifiés au Maroc.
Bibliographie

 Ouvrages

Rachid EL MOUSSAOUI, Droit Fiscal Marocain, 2ème Ed., 2016.

 Articles

Michel Vander LINDEN, le Principe de légalité de l’impôt et l’interprétation des lois fiscales,
Pacioli, n° 327, IPCF- BIBF, 2011.

Rachid LAZRAK, Impôt et Contrôle politique, Ed. n° 2258, Publié le 19/04/2006.

 Textes de loi

Charte du contribuable en matière de contrôle fiscal, Maroc.


Code général des impôts.
Direction General des Impôts, Les droits et garanties des contribuables vérifiés au Maroc.
La constitution marocaine de 2011.
La déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.
Table des matières

Introduction.....................................................................................................................................1
Première partie : Les garanties générales accordées aux contribuables.......................................2
Section 1: les garanties constitutionnelles et juridiques réservées aux contribuables................2
A- Les garanties constitutionnelles....................................................................................2
B- Les garanties juridiques.................................................................................................4
Section 2 : Le Droit d’ester en justice et la possibilité de restitution des sommes indûment
perçus..........................................................................................................................................5
A- Le droit d’ester en justice..............................................................................................6
B- La restitution des sommes indûment perçus................................................................7
Deuxième partie : Les garanties accordées aux contribuables soumis à contrôle.........................9
Section 1 : Les garanties accordées aux contribuables avant et pendant le contrôle................9
A- Les garanties accordées aux contribuables avant le contrôle.....................................9
B - Les garanties accordées aux contribuables pendant le contrôle.....................................11
Section 2- Les garanties accordées aux contribuables après le contrôle..................................12
A- Obligation de notification des résultats de contrôle dans un délai légal....................12
B- Obligation du respect de la procédure .......................................................................13
Bibliographie..................................................................................................................................16
Table des matières.........................................................................................................................17