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FICHE METHODE MISE EN VOIX

REUSSIR SA LECTURE D’UN TEXTE A L’ORAL de l’EAF ou lors d’un exercice

Un bon orateur connaît par cœur (memoria) son texte, mais vous l’aurez sous les yeux le jour de
l’épreuve de l’EAF. Il faut cependant s’entraîner régulièrement à cette pratique quel que soit le genre
du texte pour la réussir. Pour obtenir les deux points spécifiquement dévolus à la lecture de
l’épreuve orale de l’EAF, il faut :

Annoter son texte au préalable pour pouvoir anticiper.

Chercher le ton qui convient et s’attendre à devoir en changer dans un même texte
s’il le faut, selon les intentions de communication de l’auteur.

S’écouter pour ajuster, se réécouter et modifier jusqu’à obtenir une bonne réception
du message. Faites entendre le sens du texte.

ETAPE 1 : Bien ressentir, bien exprimer


A le bon mouvement
Chaque texte a une couleur et une émotion dominante. Mais on peut affiner son approche en
retrouvant les mouvements du texte. Cette étape vous servira aussi à identifier le plan de votre
analyse.
Les mouvements correspondent :

_ Aux paragraphes

_ Aux strophes

_ Aux phrases.

_ Aux répliques.

Dans « Ode à Cassandre » une phrase = une strophe. Comme c'est


une Ode, il y a trois mouvements ( cela va toujours par trois dans une
ode).

B la bonne intonation

Une fois ces mouvements repérés, demandez_vous ce que vous ressentez en associant à chaque
mouvement :

_ une couleur

_ une émotion primaire ( joie, peur, colère, tristesse) auxquelles s'ajoutent les émotions
secondaires surprise et dégoût, puis anticipation, confiance, honte, fierté, attirance etc.

_ peut-être un sentiment, une perception, une sensation, une réaction … accrochez tout ce
qui peut vous aider

Les sensations sont physiques et instantanées, elles dépendent de nos sens. Mes perceptions sont
notre façon de vivre ses sensations, selon nos valeurs, nos goût. Une émotion, c'est physique, c'est
instantané, cela traduit les sensations et perceptions, mais cela provoque aussi des sensations
physiques et des réactions. Il y a un va_et_vient. La sensation a un élément déclencheur extérieur,
l'émotion est une résultante de plusieurs sensations, c'est une façon de réagir, et elle peut provoquer
des réactions et des actions. Un sentiment c'est ce qui dure, c'est l'aboutissement d'une ou
plusieurs émotions, un trait de caractère c'est permanent , c'est le résultat des émotions, sentiments,
et des réactions engendrées. cf. Fiche jointe ou le le petit guide Le décodeur des émotions chez
First.

_ Un mot-clef « déclencheur » et « intention »

Une émotion a toujours une cause, un déclencheur. SI vous trouvez la bonne émotion, c'est que
vous avez compris le texte : ce déclencheur, vous pouvez l'identifier par...Cette émotion aboutit
souvent à une demande, une volonté de la part de l'auteur, du narrateur, du personnage. C'est
l'intention. C'est le second mot-clef.

C La bonne énergie

C'est comme si vous alliez d'un point A ( mot-clef déclencheur) à un point B ( mot-clef intention)
et que votre impulsion était l'émotion. En général, il y a une énergie qui correspond à chaque
émotion, une tenue du corps, un débit et donc une intonation. Si vous voulez bien jouer cette
émotion, cherchez un souvenir qui vous évoque cette émotion, qui vous la fait vivre . C'est la
technique Stanislavski ( La formation de l'acteur).

Exemple dans « Ode à Cassandre »

Première strophe/premier mouvement = première phrases.


Couleurs dominantes : chaudes, jaune ( soleil du matin) rouge/rose
( la rose)

Émotion : la joie, l'attirance

Mot-clef déclencheur : l'inclinaison, l'amour

Mot-clef intention: INVITATION

ETAPE 2 : Annoter son texte sans trop le surcharger


A Du rythme !
_ Mettez un accent sur les mots à amplifier en suivant les règles d’accentuation de la langue
française (en général sur la dernière syllabe d’un mot ou sur l’avant dernière syllabe lorsqu’il s’agit
d’une finale en e), dans les cas d’anaphores, d’énumérations, accumulations, gradations… ou en vous
fiant à l'analyse des émotions ; certains mots sont justement le mot_clef.

Le cas du e en poésie : il se prononce devant une consonne et s’élide devant une voyelle
(barrez le e qui ne se prononce pas) Le e de la rime féminine ne se prononce pas.

_ Faites entendre la ponctuation : mettez une seule barre verticale (pause de voix courte)
pour une virgule et une double barre (pause de voix longue) pour la ponctuation forte (. ; ! ? : ) La
double barre en poésie s’utilise pour marquer la césure, et la barre simple pour signaler les accents
secondaires. Allitérations, assonances ou harmonie imitative doivent être mises en valeur, ainsi que
les refrains ou répétitions de mots ou groupes de mots.

_ Analyser les phrases et leur structure : la syntaxe aide à trouver le rythme et les groupes
de mots qu'il ne faut pas séparer...

_ Rythmez votre lecture, alternez rythme rapide ou rythme lent, de façon censée. Quelle
énergie, quel débit, quelle rythme ? C'est l'émotion et l'intention qui vont vous aider à
trouver. Mettez des barres verticales simples lorsqu’il faut faire une pause de voix ou ralentir le
rythme pour le mettre en valeur (rythme binaire ou ternaire…). Lisez lentement les termes d’une
énumération par exemple ou accélérez le rythme lorsqu’il s’agit de faire percevoir de la colère, variez
selon les sentiments exprimés, cherchez ce qui aura le plus d’effet sur le destinataire en respectant
les intentions et le sens du texte

B Une modulation !

Une phrase évolue comme une vague , elle monte, descend, s'éteint ou au contraire explose . Elle
suit un « mouvement » défini par le type de phrase.

_ Respectez l’intonation de chaque type de phrase (faites des vagues montantes ou


descendantes pour vous en souvenir)

L’injonction se dit rapidement et sèchement (insistez sur la double négation d’une


défense : « Ne fais pas cela ! », en détachant les syllabes et en insistant sur le verbe.)

L’interrogation se reconnaît parce que l’on hausse le ton à la fin de la phrase, surtout
dans le cas des questions rhétoriques dont le rôle est d’affirmer ou d’ironiser.

La déclaration (phrase déclarative) s’adapte à l’émotion transmise.

L’exclamation peut être parfois teintée d’ironie, prenez un ton moqueur.

Vous devez donc avoir bien compris le sens du texte pour bien le lire et transmettre le
message.

ETAPE 3 : Entraînez-vous
_ Songez par exemple dans le cas d’un discours ou d’un extrait théâtral à la gestuelle à
adopter, apportez des vêtements adaptés, jouez avec un objet, restez debout

_ Répétez plusieurs fois une même phrase, ou un groupe de mots que vous ne prononcez pas
correctement. Découpez en plusieurs tranches un passage difficile jusqu’à ce que la lecture soit
audible

_ Lisez lentement

_ Enregistrez-vous grâce au logiciel audacity et réécoutez-vous pour entendre ce qui va et ce


qui ne va pas. Faites écouter à d’autres personnes, demandez-leur ce qu’elles ont compris et
ressenti. Recommencez jusqu'à obtenir ce que vous souhaitez.

ETAPE 4 : Soyez une contrebasse et un chef d'orchestre


_On lit avec tout son corps et pas seulement avec sa voix. Le corps est la caisse de résonance.
Sinon, la voix reste perchée : c'est laid et ça fatigue.

_ Travaillez la respiration, pensez aux exercices faits en classe et reportés dans l'espace «
bac oral »

_ Posez votre voix (échauffement possible) parlez fort mais pas trop fort.

_ ARTICULER ( des exercices de diction seront disponibles dans l'espace « bac oral »)

_ Regardez-nous ! Si vous gardez les yeux collés à la feuille, la communication n'est pas faite.
Connectez-vous !

Et enfin, la clef, c'est l'ENVIE. Soyez présent, ancré, centré ( cf. Échauffement théâtre), soyez
connecté, soyez ouvert ( les yeux et le cerveau) soyez prêt à partager.

Si vous êtes enthousiaste, votre lecture sera plus vivante.

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