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UNIVERSITÉ SAINT-ESPRIT DE KASLIK

FACULTÉ PONTIFICALE DE THÉOLOGIE

« Sur la vaine gloire et la bonne éducation des enfants »

Travail préparé par :


Mirab SLEIMAN EL HAKIM

Présenté au
R.P. Elie Azzi
Dans le cadre du cours :
Histoire de l’Eglise Antique

KASLIK-LIBAN
2008-2009
Le contexte social et intellectuel. Tolérance du paganisme et de la culture
païenne ? (A partir de la description du comportement social des chrétiens).

Jean Chrysostome traite dans sa lettre le problème de la vaine gloire qui


constitue un grand danger pour la société chrétienne. Il considère que
l’Eglise est en combat pénible et continu avec le démon qu’est la vaine
gloire. Il utilise des figures de style pour expliciter mieux ses idées sur la
vaine gloire, il dit qu’elle est un démon caché dans les habits d’une jeune
prostituée, qui, une fois ayant séduit l’homme, révélera sa vérité et
s’emparera de lui. Il faut donc être prudent et discerner, il n’y a que Dieu qui
peut faire sortir l’homme victorieux de son combat avec la vaine gloire, à
condition que ce dernier ne revienne pas la rechercher car Dieu n’aura plus
pitié de lui. D’après ce que Jean Chrysostome nous présente, nous pouvons
constater la grande influence du paganisme sur les chrétiens de son temps,
les chrétiens trouvent du plaisir dans les activités païennes qui représentent,
selon Chrysostome, la vaine gloire. Donc, le paganisme, malgré qu’il soit
refusé par l’Eglise comme source de vaine gloire, est encore toléré parmi les
fidèles, c’est la première raison pour laquelle Chrysostome a écrit cette
lettre. Les fruits de la vaine gloire sont cendre, poussière et malheur. Le
théâtre et les jeux constituent le plus grand danger contre les chrétiens, car
ces derniers dépensent leur argent pour les plaisirs offerts dans les jeux et le
théâtre, ainsi, les fidèles oublient le Christ et ne lui offrent plus des
offrandes, même les plus modestes, ils préfèrent dépenser leur argent sur des
plaisirs éphémères. De même, Chrysostome s’adresse aux gens qui
recherchent la vaine gloire dans la possession de choses inutiles en soi et
superflues, mais utilisées juste pour la simple considération des foules.
Enfin, il est bon de dire que le contexte social et intellectuel des chrétiens au
temps de Chrysostome est très confus et influencé par la culture païenne de
sorte que les chrétiens ne diffèrent plus des païens, ils tombent dans le piège
de la vaine gloire et des plaisirs personnels loin des vertus chrétiennes qui
constituent la véritable gloire. Chrysostome rappelle aux fidèles le sens de la
gloire chrétienne et dit que la dignité ne consiste pas dans le fait de porter de
beaux vêtements, mais c’est d’être entouré de belles actions.

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Les fondements de l’éducation des enfants selon Chrysostome (Fondements
théologiques ou philosophiques ascétiques ?)

La bonne éducation des enfants est une nécessité et une garantie, selon
Chrysostome, pour que l’homme devienne maître de son esprit et de son
corps et, pour que par suite, il puisse sortir gagnant de son combat avec tous
les maux sociaux. L’éducation de l’enfant a pour but d’élever un athlète
pour le Christ, qui craint Dieu. Chrysostome dit que l’âme de l’enfant est
une cité dans laquelle vivent des caractères divers de citoyens, ainsi, le
devoir des parents consiste à exiler par des lois strictes les mauvais citoyens
de cette cité. Ces lois doivent être appliquées dans une première étape sur les
portes du corps qui sont : les yeux, la langue, l’ouïe, l’odorat et le toucher, à
travers lesquelles les pensées sont influencées par le mal ou par le bien. A
partir de ces points, Chrysostome explique en détail, aux éducateurs que sont
les parents, comment se comporter vis-à-vis des différentes portes du corps
de l’enfant. Ensuite, dans une deuxième étape, après avoir été rassuré de la
bonne conduite des portes, vient le tour des citoyens de la cité qui sont le
thymos, le désir physique et la raison, tous les trois doivent être canalisés
vers les bonnes vertus et égarés du risque de se transformer en vices.
Les fondements de l’éducation des enfants ont alors une tendance ascétique
stricte qui interdit tout contact avec la culture païenne considérée comme un
mal pour l’âme. Cette éducation ressemble quelque part au système
philosophique ascétique, mais, bien plus ici, elle s’enracine dans les
fondements théologiques, du fait que le but de l’éducation est de semer dans
l’âme de l’enfant la crainte et l’amour de Dieu. Ainsi, l’auteur trouve avec
beaucoup d’optimisme que l’écoute des récits bibliques, le détournement de
l’enfant vers les belles choses de la nature, l’évitement de la rencontre avec
des belles filles et le bon témoignage des parents suffisent contre
l’atmosphère corrompu de la société. En plus, il considère que la diffusion
des vertus telles que la tempérance, la maîtrise de soi et la sagesse dans
l’âme de l’enfant, à travers l’enseignement, le jeûne, l’abstention, les
promesses et la sanction, s’il est nécessaire, a pour conséquence d’assurer la
protection de l’enfant de tout mal, et de le faire apparaître comme un
honnête homme. En conclusion, l’apprentissage de l’enfant à être un bon
chrétien assure la dominance du bien sur le mal.