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Cours de Promotion Sociale Saint Luc Liège

Cours de Mr SOHET

BUREAU D’ÉTUDES DU GÉNIE CIVIL


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SYSTÈMES DE TERRASSEMENT ET DE GÉOTECHNIQUE


D’après le cahier des charges type (CCT) qualiroutes, le terrassement est désigné comme le terme
désignant les opérations relatives au déblai et au remblai.
On distingue:
terrassement général: terrassement d'ensemble comportant le déplacement en masse des
matériaux ;
terrassement particulier: terrassement de faible volume par rapport au terrassement général
et exécuté séparément de celui-ci.
Tout chantier devant être exécuté dans un site affecté d’une pollution historique ou dans un terrain
(potentiellement) pollué doit au préalable être assaini suivant les modalités reprises au décret relatif à la
gestion des sols du 18 février 2009 et ses arrêtés d’application.
L’entrepreneur doit prendre les précautions nécessaires afin de ne pas contaminer les terres lors du
chargement, transport et déchargement. Si malgré les précautions prises par l’entrepreneur, les terres
venaient à être polluées, celles-ci devront être décontaminées à ses frais.
En ce qui concerne les terres d’apport, l’entrepreneur fournit des terres qui sont compatibles aux
normes reprises dans l’annexe 1 du décret selon la destination d’affectation reprise à l’annexe 2 du
décret. Afin de vérifier la compatibilité de l’apport avec le site de mise en œuvre, le bon de fourniture
attestera l’origine d’excavation.
Avant de commencer les travaux de terrassements, il est nécessaire de vérifier s’il ne faut pas d’abord
exécuter des travaux préliminaires nécessaires pour assurer le bon déroulement des opérations.

TRAVAUX PRELIMINAIRES
RABATTEMENT DE LA NAPPE AQUIFERE

Les eaux de pluie ou de surface (ruisseau, étang, ...) pénètrent


dans le sol jusqu’à ce qu’elles rencontrent une couche
imperméable (de l’argile, par ex.). L’eau s’accumule
lentement au-dessus de cette couche imperméable et le sol Source : FFC constructiv ; techniques de terrassement, notions de base
finit par être sature d’eau. Le haut de cette couche de sol
saturée est appelé nappe phréatique ou nappe aquifère (ou
encore niveau phréatique, niveau de la nappe phréatique).
La nappe phréatique ne forme presque jamais une surface
plane. Cela est du aux inégalités du terrain et aux différents
types de sol sous-jacents. Un sol laissera passer l’eau plus vite
que l’autre. Le niveau de la nappe phréatique fluctue aussi sous
l’effet de la quantité de précipitations, de la saison, de
l’évaporation par les plantes, etc.
Comment parvient-on à connaître le niveau phréatique?
En creusant un puits ou un bassin.
En posant des piézomètres.

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Rabattement provisoire
Le rabattement de la nappe aquifère par puits filtrants, aiguilles filtrantes et/ou par pompage comprend:
les dispositifs de rabattement, calculés par l'entrepreneur sur base des documents de marché,
assurent la continuité de l'opération en cas de défectuosités locales ;
les travaux d'installation, le lançage, le fonçage ou la mise en place des puits et aiguilles, le
fonctionnement des installations et leur surveillance, l'évacuation des eaux, le démontage des
installations et la remise en état des lieux ;
la vérification du niveau de la nappe, par piézomètres ou par puits.
Le rabattement par puits filtrants sert à rabattre
temporairement et localement le niveau de la nappe
phréatique d’environ un demi-mètre sous le fond d’un
puits ou d’une tranchée à garder au sec notamment pour
la pose d’égouts publics, la construction de caves, de
parkings souterrains, etc.
Il est possible de pomper l’eau depuis la surface du sol, à

Photos et schémas : FFC constructiv ; techniques de terrassement, notions de


l’aide d’une pompe à pistons, jusqu’à une profondeur
d’environ 7 m. Cette méthode s’appelle aussi ‘drainage
par le vide’.
On pose des tubes d’aspiration en matière synthétique
(puits filtrants) tous les 3 à 10 m le long de la tranchée
ou du puits. Ces tubes sont mis en œuvre par forage ou
par lançage hydraulique (avec l’aide d’une lance). Ces

base
tubes sont munis d’ouvertures dans leur dernier mètre.
L’espacement des puits filtrants dépend de:
la capacité de la pompe à pistons ;
la profondeur de la nappe phréatique ;

la quantité d’eau à pomper ;


la perméabilité du sol autour du tube. En
cas de mauvaise perméabilité du sol, on
peut enrober le tube de gravier fin ou de
gros sable.

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En surface, les différents puits filtrants sont raccordés à un collecteur.


Le collecteur est branché sur une pompe. La pompe est généralement une pompe à pistons auto-
amorçante. Il s’agit le plus souvent d’une pompe diesel silencieuse ou d’une pompe électrique.
L’emplacement de la pompe doit être bien choisi. La pompe doit être aisément accessible pour contrôler
le niveau d’huile et ajouter du carburant. Une pompe de réserve est souvent présente en cas de
défaillance.

Photo et schéma : FFC constructiv ; techniques de terrassement, notions de base


La hauteur pratique d’aspiration n’étant possible que jusqu'à 7 m environ, la profondeur est donc
limitée. La hauteur de refoulement limitée du système de pompage impose que l’on cherche d’autres
solutions pour les fouilles plus profondes.

Il existe deux possibilités:


assécher par paliers ;
pomper depuis le tube.

Une pompe est plus apte à refouler qu’a


aspirer. S’il faut aller au-delà de 7 m de
profondeur, une solution souvent utilisée
consiste à accrocher une petite pompe
immergeable dans le puits filtrant. La
hauteur de refoulement dépend de la
capacité de la pompe.

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Schémas : FFC constructiv ; techniques de


terrassement, notions de base
Rabattement définitif
Pour les installations définitives de rabattement, l'étude et le calcul sont faits par le pouvoir adjudicateur.
Les prestations de l'entrepreneur se limitent à la fourniture, la mise en place et l'épreuve de
fonctionnement du dispositif ainsi qu'à toutes les obligations résultant de la garantie.
Si l’on comprime un sol saturé d’eau, ce sol réduira de volume sous l’effet de la charge ; cependant, il
n’est pas possible de comprimer un liquide (l’eau, dans ce cas). L’eau devra donc s’écouler et cet
écoulement ne pose généralement pas de problème dans un sol sableux.
Par contre, un sol argileux est peu perméable à l’eau. L’eau interstitielle ne peut s’échapper que très
lentement, raison pour laquelle le processus de compression dure plus longtemps et lors de
l’assèchement de cette eau interstitielle il ne restera que des vides en lieu et place de l’eau, ce qui n’est
vraiment pas l’idéal pour reprendre les charges. Plus l’argile est molle, plus il faut en exprimer (extraire
d’un corps le liquide qu’il contient) d’eau et plus il faudra de temps avant que le tassement final soit atteint.
Une charge appliquée sur ce sol est surtout supportée par l’eau interstitielle (non compressible). On
parle alors d’une ‘eau comprimée’. Les grains de sol vont se mettre à ‘nager’ et ce sol est donc
extrêmement peu fiable. Cette situation peut entrainer un glissement brutal de tout le terrain.
TERRASSEMENTS POUR LOCALISATION D'INSTALLATIONS EXISTANTES
Suite à l’accord préalable du fonctionnaire dirigeant, l’entrepreneur vérifie par voie électronique et/ou
par fouille de reconnaissance, la localisation des installations souterraines dans la zone où des
détériorations peuvent être provoquées par l’exécution des travaux.
Photo : FFC constructiv ; techniques de terrassement, perfectionnement

Repérage par voie électronique


Ce repérage est exécuté avec des appareils agréés permettant
la détection d’installations souterraines, sans terrassement,
quelle que soit la nature du sol rencontré et la profondeur des
installations souterraines.
Il existe différents appareils pour détecter les câbles et
conduites enterrés. Le principe est toujours le même: on se
déplace avec un receveur perpendiculairement au sens du
câble, mais cela suppose la présence de métal dans le câble ou
dans la gaine.
Si ce n’est pas le cas, il est possible d’envoyer un signal dans le
câble et essayer de le capter à l’aide d’un générateur de

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signaux à écran pendant que le signal parcourt le câble. On détecte ainsi plus facilement les câbles et
conduites.
La profondeur maximale à laquelle on peut détecter des câbles avec précision est de 3 mètres.
Il existe aussi des récepteurs à système GPS incorporé, qui facilitent davantage la détection des câbles.
En ce qui concerne les conduites qui ne contiennent pas de métal, il existe un câble de signalisation
détectable qu’on introduit dans une conduite synthétique. C’est un système flexible de petit diamètre.

Photos : FFC constructiv ; techniques de terrassement, perfectionnement


On peut utiliser un générateur de signal pour ajouter un signal à un objet
conducteur d’électricité. Soit nous plaçons le générateur au-dessus de la
conduite, soit nous raccordons la conduite à une
pince du générateur. Nous pouvons régler
l’intensité du signal et lire le résultat sur l’écran.
Nous captons ensuite le signal à l’aide de notre
récepteur et nous détectons ainsi l’emplacement
de la conduite.

Repérage par fouilles de reconnaissance


Par fouille de reconnaissance, il faut entendre un terrassement localisé
destiné à découvrir une installation souterraine. Le remblayage éventuel est
effectué avec des matériaux de même nature que ceux découverts. Le terrassement se fait dans des
terrains de toutes natures et avec les moyens adéquats pour ne pas endommager les installations
souterraines ; pour ce faire, le terrassement par aspiration est une bonne alternative à la solution
classique qu’est la pelle hydraulique.

Fouille de reconnaissance réalisée sur le site de l’ancien hôpital de Bavière à Liège et réalisée par l’entreprise AB TECH

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La fouille de reconnaissance par aspiration est constituée


d’une installation d’aspiration ressemblant à un très gros
aspirateur de poussières monté sur un camion et
permettant d’aspirer de nombreuses matières
différentes telles que vase, terre, pierres, eau, boue, ...
Cette technique s’utilise aussi pour dégager des
conduites existantes, ainsi que pour creuser de nouvelles
tranchées. Par exemple, si nous devons creuser une
tranchée dans une rue commerçante, nous pouvons
utiliser cette technique afin qu’il n’y ait pas de terre ou
de boue sur le trottoir. Il y a même moyen d’enlever
des pierres de dimensions limitées à l’aide de cette
technique.

Image et photos : FFC constructiv ; techniques de terrassement, perfectionnement


Principe de l’installation

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Quels sont les avantages d’un système par aspiration ?


Déblai plus rapide que par la méthode manuelle ;
chargement immédiat de la matière dans un conteneur à déchets ;
possibilité d’aspirer des endroits hors d’atteinte pour une pelle hydraulique,
commande hydraulique à distance.

Photo : FFC constructiv ; techniques de


terrassement, perfectionnement
Les inconvénients sont la taille limitée du conteneur à déchets
ainsi que le prix.
Une fois que tout a été aspiré, nous pouvons vider
immédiatement le réservoir à déchets dans un conteneur
destiné à la décharge, sans que personne n’entre en contact
avec les déchets.

QU’EST-CE QUE LE SOL ?


Le sol est un ensemble de grains minéraux dégradés et/ou de grains organiques, dont les interstices sont
remplis d’eau et d’air. Le matériau non dégradé s’appelle ‘roche’.
Les sols peuvent se classer en trois catégories :
Sols minéraux: sable, argile, gravier, galets, ... Ils sont formés par la désagrégation des roches
sous l’effet des agents naturels. Il s’agit d’une combinaison de gel, dégel, soleil, pluie, vent, etc.
qui fracturent peu à peu la roche. Exemple de scenario: des blocs de rocher se détachent dans
les glaciers, roulent vers la vallée et sont charriés par les rivières. Au début de la rivière, les
fragments de pierre sont plus gros (gravier) puis ils perdent du volume tout en durcissant (gros
sable, sable fin et enfin limon) ;
sols organiques: humus, tourbe, vase, boue, ... Ces sols ne sont pas utilisables comme sols de
construction, car ils continuent à se dégrader ;
sols artificiels: à l’heure actuelle, on crée de plus en plus de sols artificiels. On part de déchets
de démolition (brique, béton) concassés et tamisés en vue de leur réutilisation. On parle alors
de sable de concassage, de briquaillons, etc. Les sols artificiels peuvent généralement servir de
sols de construction.
Pour le CCT Qualiroutes, les sols sont classés suivant l’origine comme suit :
les sols naturels qui sont les matériaux constitutifs des terrains naturels ;
les sols artificiels qui sont les matériaux d’origine minérale résultant d’un procédé industriel
comprenant des modifications thermiques ou autres ;
Les sols recyclés qui sont des sols résultant de la transformation de matériaux inorganiques
(inertes) antérieurement utilisés dans la construction.
Le sol peut être classé selon trois structures qui peuvent influencer la portance :
Les sols meubles qui comprennent notamment le gravier, le sable, le limon, l’argile, la vase, la tourbe,
etc., mais aussi les roches friables ou délitées qui ne répondent pas aux définitions du sol rocheux ou du
sol compact, reprises ci-après.
Par convention, le sol est dit « rocheux » lorsque, après désagrégation préalable, il compte plus de 20%
d'éléments rocheux homogènes supérieurs à 20 cm. Par élément rocheux, il y a lieu d'entendre toute

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pierre dont la dureté d'une face fracturée est supérieure à celle de l'ongle dans l'échelle de Mohs.
[Inventée en 1812 par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs, l’échelle de Mohs permet de déterminer la dureté
relative des minéraux à partir de dix minéraux bien définis de dureté variable. Cette échelle (non linéaire) est graduée
de 1 à 10 (1 correspond à la dureté la plus faible et 10 la dureté la plus forte). Le principe de cette échelle repose sur

Photo : http://www.igeotest.com/fr/geotecnia_terrestre/ensayos_sdmt.asp
le fait qu’un minéral ne peut rayer un autre que si sa dureté est supérieure. Sur l’échelle de Mohs, le talc obtient une
de 1, le diamant !une valeur de 10 et l’ongle 2,5.]
Le sol rocheux se constate avec la mesure in situ de la vitesse sismique des ondes longitudinales ; hors
nappe aquifère, la limite inférieure de la vitesse sismique du sol rocheux
est fixée conventionnellement à 800 m/s. La Vs (vitesse d’onde s) est
une propriété fondamentale de tous les solides.
Par convention, le sol est dit « compact » lorsqu’il compte plus de 40%
d'éléments rocheux homogènes supérieurs à 50 cm après désagrégation
préalable à l'aide de moyens tels que le marteau piqueur, l'explosif, la
fraise, le mortier expansif ou tout autre moyen spécifique adapté, en
accord avec le fonctionnaire dirigeant. Hors nappe aquifère, la limite
inférieure de la vitesse sismique du sol compact est fixée conventionnellement à 1700 m/s.
Les grains de sol peuvent se présenter sous trois formes:
ronds: formés par l’eau ou le vent ;
anguleux: produits par des forces mécaniques, par ex.les glaciers ;
brisés: produits par une explosion ou par concassage.
La taille des grains de sol peut varier énormément. Cela va de cm à des millièmes de millimètre en
passant par des mm. On rencontre souvent l’unité ‘micro’. Micro veut dire un million de fois plus petit.
Par exemple :
1 µm (micron) = 0,000001 m = 0,001 mm ;
1 µg (microgramme) = 0,000001 g ;
2000 µm = 2 mm ;
50 µm = 0,05 mm.
On retrouve de l’eau et de l’air entre les grains de sol et si les pores sont entièrement remplis d’eau, on
parle de sol saturé (d’eau). Si les pores sont entièrement remplis d’air, on parle de sol desséché.
La forme et la taille des grains de sol et le rapport eau/ air entre les grains ont une grande influence sur
les propriétés du sol.
Pour preuve, il n’y a pas moyen de construire un château de sable avec du sable tout à fait sec de même,
il n’y a pas non plus moyen de construire un château de sable avec du sable gorgé d’eau.
Enfin, il est important de ne jamais oublier que les propriétés de l’argile sont tout à fait différentes de
celles du sable.
Le terrassement est défini par le CCT Qualiroutes comme étant le terme désignant les opérations
relatives au déblai et au remblai ; de même, il définit comme suit le déblai et le remblai :
déblai : opération comprenant l'excavation de matériaux suivant le profil prescrit et leur
chargement ;

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remblai : opération comprenant le transport, le déchargement, l'épandage par couches et le


compactage suivant le profil prescrit, de matériaux provenant d’un déblai, d'un dépôt (dans ce
cas, l’opération comprend également la reprise de dépôt), d'une fourniture ou d’une démolition
sélective.
Pour le CCTB 2022 (Cahier des Charges Type Bâtiment), le poste "terrassements et fouilles" concerne
tous les travaux nécessaires pour la réalisation des fouilles et tranchées jusqu’à la profondeur souhaitée
ainsi que tous les remblais autour des fondations et/ou caves des bâtiments à ériger.
En résumé, déblayer est l’opération qui consiste à retirer de la matière du sol, et remblayer est
l’opération qui consiste à déposer de la matière sur le sol.

Photos : FFC constructiv ; techniques de terrassement, perfectionnement


Concrètement, le sable est un matériau granulaire inerte (forme de grain) dont les dimensions varient
de 0 à 6,3mm de diamètre.
L’argile n’est pas formée de grains mais de petits feuillets microscopiques qui adhèrent les uns aux
autres. Si plus de 25% de particules de sol sont inférieures à
2µm (= 0,002 mm), on parle d’argile. Les particules d’argile
ne se distinguent pas à l’œil nu.
Sur le terrain, on reconnait l’argile comme un sol cohérent,
souple et gras, très plastique (malléable) à l’état humide.
Comme un sol très dur à l’état sec. En comparaison du sable,
l’argile est peu perméable à
Photo : http://www.brignais.com/Retrait-
gonflement-des-sols-argileux_a1900.html

l’eau et durant les périodes


sèches, l’argile retient l’eau
plus longtemps. Si l’argile finit par sécher, elle se rétracte
énormément et de grandes fissures se forment dans le sol.
Sa masse volumique apparente varie de 1400 à 2000 kg/m3 (selon la
densité et la teneur en humidité).

La terre glaise qui est généralement de couleur jaune ou brune, se


compose de particules plus grandes que l’argile. C’est la proportion
entre les teneurs en argile (particules < 2µm), en grains intermédiaires (particules de 2-50 µm) et en
sable (particules entre 0,005 et 2 mm) qui est déterminante. La glaise grasse contient beaucoup d’argile.
La glaise maigre contient beaucoup de sable (jusqu’à 60%) et porte le nom de sablon.

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Comme les particules de terre glaise sont très petites, la glaise ressemble à l’argile. La glaise est un peu
rugueuse quand on la triture entre ses doigts. Un morceau de glaise humide que l’on secoue dans sa
main devient brillant parce que l’eau en est extraite ; sa masse volumique apparente varie de 1400 à
2000 kg/m3.

Photo : http://www.ithaka-journal.net/climatefarming-
L’humus est un mélange de sable et/ou d’argile et de résidus

pour-une-agriculture-durable?lang=fr
végétaux et animaux en état de décomposition (terreau). (En latin,
humus veut dire ‘terre, sol’.) Sa couleur est brun fonce à noir.
C’est la couche supérieure de 30 a 50 cm d’épaisseur ou poussent les
plantes; on la distingue nettement à l’œil nu. L’humus ne convient
pas pour les constructions. Sa masse volumique apparente est de
1450 kg/m3.
Photo : FFC constructiv ; techniques
de terrassement, perfectionnement

La tourbe résulte de la décomposition de plantes mortes dans le sol.


C’est un sol spongieux, très humide, pauvre en oxygène, forme
d’une accumulation de matière organique. Les résidus végétaux sont
généralement encore clairement identifiables. Sous forme séchée,
elle peut servir de combustible.

Foisonnement et tassement
Un sol remanié, c’est à dire la terre provenant du creusement d’un trou, occupe généralement un plus
grand volume qu’à l’état non remanié. Cette augmentation de volume s’appelle ‘foisonnement’.
Le foisonnement est l’action inverse du tassement et dépend de la nature du terrain.
L’application du coefficient de foisonnement est essentielle pour le calcul des volumes de déblai à
évacuer par véhicules hors chantier.
De plus si le remblai n’est pas compacté de manière mécanique, il est important de calculer le volume
initial de déblai à mettre en place qui, par tassement naturel, doit atteindre le profil désiré.
Il arrive aussi que le déplacement de sable humide (à forte porosité) provoque un tassement, c’est à
dire que la quantité de sol provenant de l’excavation occupera un volume plus petit. Si nous fouillons le
sol sous le niveau de la nappe phréatique, il se peut que l’assèchement provoque un tassement plus
compact. Un tassement plus compact veut dire un plus petit volume. Si nous fouillons un sol non
remanié, les couches situées en profondeur subissent une moindre contrainte et vont donc gonfler. Si le
sol est très gonflant, nous devrons déblayer d’avantage que le profil théorique.
Lorsque nous travaillons le sol, nous devons essayer de réduire le plus possible les vides entre les grains.
Si nous ne le faisons pas, le sol va s’affaisser progressivement au fil du temps, sous l’effet d’un processus
naturel et des contraintes qui y sont exercées. Cet affaissement s’appelle ‘tassement’.
L’action de tasser volontairement un remblai s’appelle un compactage artificiel du sol.
On appelle compactage artificiel toute forme mécanique de compactage par compression, corroyage
(action d'agglomérer la terre d'un talus, d'une digue à l'aide d'un rouleau compresseur afin de la rendre étanche),
vibrage ou pilonnage (ou une combinaison de ces formes). En cas de remblayage en construction
routière, il est important de très bien compacter le sol immédiatement.
L’objectif principal du compactage est de réduire le nombre de cavités remplies d’eau ou d’air dans le sol.

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Masse volumique du Coefficient de Masse volumique du


Type de sol
sol en place (kg/m³) foisonnement remblai (kg/m³)

Argile sèche 1900 1,35 1400


Argile humide 2000 1,40 1430
Calcaire 2400 1,60 1500
Gravier sec 1800 1,15 1600
Gravier mouillé 2100 1,05 2000
Limon sec 1900 1,35 1400
Limon mouillé 2000 1,40 1400
Terre (75%) et roche 2000 1,25 1600
Terre (50%) et roche 2200 1,30 1700
Terre (25%) et roche 2400 1,25 2000
Roche (tout venant) 2600 1,70 1600
Sable sec 1700 1,10 1500
Sable mouillé 1800 1,05 1700
Schiste 2700 1,70 1600
Terre végétale 1400 1,60 900
Scories 1700 1 1600
Tourbe 700 1,30 500

Par exemple, des terres de déblais sont à évacuer ; le cubage a été estimé par l’architecte dans son métré
à un volume de 153m³ d’argile humide.
Le coefficient de foisonnement de l’argile humide étant de 1,40 le volume réel à évacuer sera de :
153 × 1,40 = 214,2m³
Le foisonnement est donc de : 214,2 – 153 = 61,2m³ soit 40% de 153
lamap.org/fr/page/20370/pourquoi-ca-tient

Angle de cohésion interne φ


φ (fi) c’est l’angle de pente du talus naturel d’un sol non
remanié à l’état parfaitement sec, la masse du sol étant
Photo : http://www.fondation-

en équilibre. Il s’agit d’une valeur théorique,


déterminée en laboratoire.

Un tas de sable sec forme spontanément un tas conique avec un


angle de talus qui lui est propre et qu’il est impossible de
dépasser, quelle que soit la quantité de sable.

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Si l’on construit le tas sur un fond d’eau, les remontées

lamap.org/fr/page/20370/pourquoi-ca-tient
capillaires, en introduisant un peu de cohésion, permettent de
dépasser cet angle. © Romain Anger et Laetitia Fontaine.

Photo : http://www.fondation-
Quelle est la force qui détermine les valeurs de
l’angle critique et de l’angle de repos ?
En l’absence de toute cohésion (rien ne colle les grains les
uns aux autres), comme dans du sable sec, c’est tout
simplement le frottement des couches de grains les unes
sur les autres. Les premières recherches sur les lois du frottement sont très anciennes. Elles remontent à
Léonard de Vinci. Ce dernier, grand constructeur de machines, avait remarqué que l’angle au-delà
duquel un objet posé sur une surface se met à glisser ne dépendait pas de la manière dont l’objet était
posé. En d’autres termes, pour faire glisser un livre sur une table, peu importe qu’il soit posé à plat ou
sur la tranche, bien que l’aire apparente de contact soit très différente. Cette observation tomba dans
l’oubli et ce furent Guillaume Amontons, à la fin du XVIIe siècle, qui la redécouvrit, puis Charles
Augustin de Coulomb, au XVIIIe, qui fit le lien avec l’angle limite qu’un talus est capable de prendre
sans s’ébouler. La loi principale du frottement est désormais liée au nom de ce dernier.
La loi de Coulomb s’applique de la même manière à une couche de grains qui glisse le long d’un talus. À
mesure que l’angle de talus se redresse, la composante du poids de la couche superficielle le long de la
pente – la composante tangentielle – augmente tandis que la composante perpendiculaire à la pente
diminue. Lorsque l’avalanche se déclenche dans un tas de sable sec, la tangente de l’angle de talus est
exactement égale au coefficient de frottement des grains. Si les grains collent les uns aux autres, le talus
pourra prendre un angle plus raide avant que l’avalanche ne se déclenche. En pratique, c’est de cette
manière que l’on définit et que l’on mesure la cohésion d’un matériau granulaire : c’est l’excès de
composante tangentielle – excès par rapport au tas sec – qu’un tas peut supporter sans qu’une avalanche
se déclenche.
L’eau est-elle une colle ?
Comment une petite quantité d’eau confère-t-elle au sable la cohésion nécessaire pour faire de petites
parois verticales ? Peut-on considérer l’eau comme une colle ? Et d’abord, qu’est-ce qu’une colle ? Deux
minutes de réflexion permettent d’aboutir à la conclusion que deux conditions doivent être respectées
pour qu’une substance puisse être considérée comme une bonne colle.
La première, est que la substance en question doit être capable d’établir des liaisons avec les deux
surfaces à coller. Si elle n’arrive pas à s’accrocher aux surfaces qu’elle est censée coller, comment une
colle pourrait-elle être efficace ?
La seconde condition, moins évidente, est qu’une bonne colle doit consommer beaucoup d’énergie
lorsqu’on essaie de la déformer. L’énergie que l’on dépense pour séparer deux surfaces collées, tant que
la colle s’accroche, n’est pas déterminée par la force des liaisons colle-surface. C’est plutôt la viscosité
de la colle elle-même qui compte, car c’est elle qui détermine la force à appliquer pour étirer la couche
de colle. Et cette viscosité dépend surtout de la taille des molécules dont la colle est constituée. Les très
longues molécules frottent plus les unes contre les autres et sont plus difficiles à désenchevêtrer que les
très petites.

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Des deux points de vue qui précèdent, on peut conclure que l’eau est une colle relativement médiocre.
Certes, elle établit des liaisons avec les grains de sable, mais ce sont des liaisons relativement faibles (des
liaisons hydrogène et des liaisons de Van der Waals, pour les spécialistes). Par ailleurs, les molécules
d’eau sont petites et quasi sphériques et l’eau n’est pas très visqueuse. Étirer la goutte d’eau qui ponte
deux grains de sable ne coûte pas beaucoup d’énergie. Étirer une goutte de miel en coûterait bien plus
(faites l’expérience entre votre pouce et votre index). La conclusion à en tirer est que pour faire un beau
château de sable, il vaut mieux prendre de l’eau dans laquelle on aura dissous une substance qui la rend
plus visqueuse, comme une bonne dose de sucre par exemple ou, mieux encore, des polysaccharides,
tels que ceux vendus pour les coureurs de marathon.
Si l’eau est une colle médiocre, comment arrive-t-elle à assurer la cohésion des châteaux de sable ? Elle
s’en tire grâce à sa propriété la plus connue : elle mouille ! Plus exactement, elle mouille bien le sable
(et d’autres minéraux aussi) grâce aux liaisons – faibles mais bien réelles – qu’elle peut établir avec la
silice du sable. Lorsqu’une goutte d’eau est posée entre deux grains de sable, elle tend donc à s’étaler
sur les deux grains à la fois. Mais cette tendance est contrecarrée par la cohésion de l’eau elle-même. Les
liaisons des molécules d’eau entre elles sont plus fortes encore que celles que ces molécules peuvent
établir avec le sable. Il en résulte un état d’équilibre avec une goutte pontante ayant une forme
caractéristique de diabolo (voir la figure ci-dessous). La goutte adopte une courbure étirée vers les deux
grains et les liaisons entre molécules d’eau sont en tension. En d’autres termes, la goutte est en
dépression par rapport à l’air environnant. C’est Pierre Simon de Laplace qui, le premier, a relié la
dépression dans le pont liquide à la courbure du ménisque (la frontière entre l’eau et l’air). Le résultat
est très simple : plus le ménisque est creusé, plus la dépression est forte, et donc plus la cohésion est
grande.
Deux grains sphériques reliés par un pont
liquide mouillant (de l’eau par exemple). Les

lamap.org/fr/page/20370/pourquoi-ca-tient
flèches jaunes indiquent les forces d’étalement de
l’eau sur la surface des grains. Ces forces mettent
les molécules du pont liquide en tension et

Photo : http://www.fondation-
génèrent une dépression dans le pont, tout en
provoquant la courbure de la frontière entre
l’eau et l’air (le « ménisque »). La force de
cohésion qui tire les deux grains l’un contre
l’autre se calcule en multipliant la dépression
par la section médiane du pont liquide, dans le
plan perpendiculaire à la figure (la flèche noire)

NOTIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉQUILIBRE DES TALUS


Lorsque l’on doit exécuter des terrassements, on sait à priori que si rien ne s’y oppose, les talus qui se
constitueront dans les régions dénivelées prendront naturellement la pente correspondant à l’angle φ.
Revêtements et soutènements
La connaissance de l’angle ϕ du talus naturel d’une terre est une donnée expérimentale précieuse car
pour tout travail de terrassement, elle permet d’apprécier à l’avance, d’une part l’importance du
volume de terre à déplacer, d’autre part les ouvrages qui seront éventuellement nécessaire pour
stabiliser les talus ; elle permet enfin d’étudier ces ouvrages.

13
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En effet, si le talus qu’on entend réaliser doit faire avec


l’horizontale un angle α inférieur ou égal à l’angle φ (Fig.1) Fig.1
aucune précaution particulière ne devra être prise pour
stabiliser ce talus ; au contraire, si l’angle α est supérieur à
l’angle φ il y aura lieu de soutenir le talus par un ouvrage.
Il va de soi que plus l’angle α grandit, plus il est nécessaire
d’augmenter l’importance du dispositif de soutènement du talus. C’est ainsi que lorsque l’angle α n’est
que très faiblement supérieur à l’angle φ, on peut généralement se contenter soit d’augmenter
simplement la cohésion de la terre située au voisinage de la surface du talus, soit de retenir la terre en
revêtant le talus d’une couche mince de pierres ou de maçonnerie ; dans les deux cas on dit qu’on réalise
un revêtement (Fig.2).

Fig.2 Fig.3

Par contre, si l’angle α est nettement supérieur à l’angle φ, le procédé du revêtement n’est pas
suffisant, il faut recourir à un ouvrage capable de s’opposer en force au glissement de la terre tendant à
prendre son talus naturel.
On dit dans ce cas qu’on réalise un soutènement qui s’oppose à la poussée de la terre et stabilise celle-ci
(Fig.3).
Valeurs de l’angle φ des terres
Nous savons maintenant que la valeur de l’angle φ est essentiellement variable avec la nature du sol ; il
faut ajouter que cette valeur varie également avec le degré d’humidité de cette terre.
Lorsqu’on a l’intention d’effectuer des travaux de terrassement, il est du plus grand intérêt de
connaître, d’une façon aussi précise que possible, l’angle φ des sols qui seront travaillés ; on déterminera
la valeur de cet angle au besoin par des essais de laboratoire effectués sur des échantillons prélevés sur
place. Mais il faut retenir que les résultats de laboratoire doivent être utilisés avec prudence et
discernement. En effet, il ne faut pas perdre de vue d’abord que de tels résultats sont généralement
entachés d’une légère erreur due notamment aux conditions dans lesquelles ont été effectués les
prélèvements des échantillons, ensuite que chaque résultat n’est valable que pour un sol ayant
exactement la composition de l’échantillon essayé, or la composition d’un sol peut varier même pour
des points très rapprochés, enfin que le degré d’humidité du sol ayant une grosse influence sur son angle
il importe, avant tout, d’apprécier ce que sera pratiquement ce degré d’humidité, appréciation souvent
délicate.
Afin de fixer les idées, voici dans le tableau ci-dessous, quelques valeurs de l’angle φ pour certains sols
de composition bien caractéristique.

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Valeur de l’angle φ
Désignation de la nature du sol
Sol sec Sol mouillé
Pierres cassées, cailloux et éboulis 45° à 50° 35° à 40°
Gravier 35° à 45° 25° à 35°
Sable gros 30° à 35° 20° à 25°
Sable fin 25° à 30° 15° à 20°
Sable extra-fin 20° à 30° 10° à 20°
Sable fin argileux 30° à 40° 20° à 30°
Terre végétale 35° à 45° 25° à 35°
Argile – Marne 40° à 50° 30° à 40°
Terres fortes (argile mélangée de sable, pierrailles, gravier) 45° à 55° 35° à 45°

NOTIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉQUILIBRE DES TALUS


Les revêtements naturels

Photo : http://www.neoverda.fr/semences/176-
Ces revêtements sont constitués par des plantes dont les
racines retiennent la terre située au voisinage immédiat

vegetalisation-talus.html
de la surface du talus, donnant ainsi à cette terre une
grande cohésion. Les plantes les plus couramment
utilisées à cet effet sont : le gazon, la luzerne, le genêt,
le lierre, etc...
De tels revêtements offrent l’avantage de l’économie :
leur réalisation est en effet peu coûteuse et leur
entretien est pratiquement nul. Ils présentent par
contre le petit inconvénient de ne pas avoir une efficacité immédiate, un certain délai étant nécessaire
pour que les plantes forment des racines.
D’une façon générale, les revêtements naturels ne sont utilisés que pour de faible ou de moyenne
hauteur : on leur reproche avec raison de ne pas offrir de grandes garanties de stabilité.
Les revêtements artificiels
Les perrés Fig.4
Ces revêtements sont constitués par des blocs de pierre,
plus ou moins équarris, disposés au contact les uns des
autres, sur la surface du talus. Le poids des pierres s’oppose
au glissement de la terre et stabilise ainsi le talus. De tels
revêtements prennent le nom de perrés.
Si les pierres sont posées à même la terre et bloquées par
les seuls contacts qu’elles ont entre elles, on dit que le perré est à pierre sèches (Fig.4). Si les pierres
sont posées à bain de mortier et en quelque sorte maçonnées, on dit que le perré est maçonné (Fig5).
Les dimensions des pierres utilisées pour la réalisation des perrés dépendent de la hauteur et de
l’inclinaison des talus quelles stabilisent ; ces dimensions augmentant évidemment avec l’importance du
perré.

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Fig.5 C’est l’épaisseur du perré qu’il importe avant tout de


proportionner aux efforts qui agissent sur le
revêtement, puisque celui-ci résiste à ces efforts par sa
masse.
Cette épaisseur ne descend généralement pas au-dessous
de 0,20m pour les perrés de très faible importance, et
ne dépasse que rarement 0,50m pour les grands perrés.
Les perrés moyens (4 à 5m de hauteur) ont
généralement de 0,30 à 0,40m d’épaisseur.
On précisera qu’il s’agit d’épaisseurs moyennes. En effet, les pierres ne doivent pas avoir toutes la
même épaisseur ; certaines d’entre elles, qui sont judicieusement disposées sur la surface du perré,
doivent présenter une épaisseur nettement plus importante afin d’assurer l’ancrage du revêtement.
Bien entendu, les perrés de grande hauteur sont constitués par des pierres dont l’épaisseur moyenne va
en diminuant de la base au sommet.
L’eau est l’ennemie des perrés, aussi faut-il s’efforcer de faciliter au maximum l’évacuation de celle qui
peut éventuellement imprégner la terre du talus. Les perrés à pierres sèches ne posent, à ce point de
vue, aucun problème, l’eau trouvant facilement son passage dans les interstices des pierres.
Par contre, les perrés maçonnés s’opposeraient dangereusement à l’évacuation de l’eau imprégnant les
terres si on ne prévoyait pas des ouvertures, appelés barbacanes, pratiquées dans la maçonnerie à la base
du perré (Fig.6).
Quelle que soit la nature du perré, un fossé maçonné doit toujours être prévu à sa base pour recevoir et
évacuer les eaux (Fig.7). La présence de ce fossé ne doit jamais avoir pour effet de diminuer la résistance
de la fondation du perré, qui doit être
particulièrement soignée puisqu’elle
supporte tout le poids du revêtement.
Les perrés lorsqu’ils sont bien conçus et
correctement construits, sont très
efficaces ; ils assurent en effet une parfaite
stabilité aux talus qu’ils revêtent ; ils
présentent par contre l’inconvénient d’être
assez coûteux, surtout les perrés
maçonnés, et de nécessiter des travaux
d’entretien. Fig.6
Les perrés peuvent aussi servir d’ouvrage
de stabilisation des berges, mais alors leur
conception diffère de la retenue de talus
puisqu’ici ils vont devoir lutter contre
l’érosion et tenir compte de l’infiltration
de l’eau.
Lorsque le perré est provisoire et sert de
stabilisation de berge ; on le qualifie de Fig.7
bâtardeau.

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Digue
réalisée
en
perrés

(http://www.vercheenne.fr/nos-ouvrages/ouvrages-genie-civil/digues-perres/)

Les gabions
Leonardo da Vinci invente le gabion pour réaliser les travaux de
soutènement du château San Marco de Milan. Le mot provient
de l'italien gabbione, qui signifie « grosse cage ».
Comme pour la stabilisation des berges d’un cours d’eau, on
peut recourir à des gabions afin de revêtir des talus inclinés.
Les gabions sont des paniers parallélépipédiques en treillis
métalliques garnis de matériaux pierreux et qui peuvent être
empilés les uns sur les autres pour soutenir des massifs de http://www.ardoisieres.be/gabionsfr.html

terre.
Les revêtements en béton armé
Il est souvent avantageux de remplacer les perrés par des revêtements en béton armé qui, bien que
relativement minces, sont cependant très résistants. L’emploi du revêtement en béton armé est
particulièrement indiqué lorsque la fondation du perré s’avère difficile. En effet, un tel revêtement ne
nécessite pas une fondation solide et stable comme le perré, car il est relativement léger et élastique.
Le revêtement en béton armé est
essentiellement constitué par une
dalle mince en béton, armée de
barres de petit diamètre ou de métal
déployé. Cette dalle s’appuie sur des
pieux en béton armé de petites
dimensions, disposés à la base du
revêtement et plus généralement
répartis sur toute la surface du talus.
Les figures 8 et 9 représentent deux
types de revêtements de ce genre.
La figure 8 représente le revêtement
d’un talus de berge de rivière ; on
remarquera que les pieux sont ici
Fig.8
placés, en file, à la base du
revêtement et qu’ils sont protégés
contre les affouillements de l’eau par
des enrochements.

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La figure 9 représente un
revêtement où les pieux sont ici
répartis sur la surface du talus.

Fig.9

Les murs caissons


Ce revêtement est constitué par la superposition de bacs évidés en béton préfabriqué, posé avec un
certain décalage dans le plan
vertical.
Les bacs sont remplis de terre et la
partie visible de la cloison est
plantée de végétation.
Photo : http://www.tensar.de/

La végétation sert, par souci


esthétique, à dissimuler la cloison en
béton et permet, le cas échéant, de
capter une partie des bruits issus de
la voie de communication.
Exemple : merlon de séparation
entre la ligne T.G.V. et l’autoroute
entre Louvain et Ans.

LES MURS DE SOUTÈNEMENT


Les murs de soutènement en maçonnerie : généralités
Pour réaliser des talus à très forte pente et, à fortiori pour tenir des terres à la verticale, on est obligé de
recourir aux murs ; ceux-ci prennent alors le nom de murs de soutènement.
Autrefois, de tels murs étaient toujours massifs afin de résister par leur masse à la poussée des terres,
poussées provoquée par le prisme de terre qui se détacherait du terrain si le mur n’existait pas. Ce
prisme dont la face CE (Fig.10) fait l’angle ϕ avec
l’horizontale, a tendance à glisser sur cette face.
C’est le poids du mur et éventuellement le poids
de la terre reposant sur le talon arrière du mur,
quand ce talon existe, qui s’oppose au glissement
du prisme. Pour cette raison, les murs de
soutènement massifs sont également appelés Fig.10
murs poids.

18
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Profils des murs poids


Voici ci-après les profils les plus courants des murs poids.
Murs à parement extérieur vertical

Fig.11 Fig.12 Fig.13

La figure 11 montre un mur d’épaisseur constante.


La figure 12 montre un mur d’épaisseur variable à parement intérieur incliné.
La figure 13 montre un mur à parement intérieur à redans. Ce type de mur est généralement réalisé
lorsque l’ouvrage est constitué d’une maçonnerie de béton ; sa forme en effet facilite le coffrage.
Murs à parement extérieur courbe

La figure 14 montre un mur de grande hauteur à parement Terre


extérieur courbe. Ce mur est destiné à retenir des terres de remblayée
remblai disposées sur un terrain résistant ; cette particularité
permet de décrocher le parement intérieur du mur qui vient ainsi
s’appuyer sur le bon terrain par un redan disposé quelques mètres Terrain en
au-dessus de la fondation de l’ouvrage. place

Fig.14

Murs à parement extérieur incliné

La figure 15 montre un
mur incliné d’épaisseur
constante.
La figure 16 montre un Fig.15 Fig.16 Fig.17
mur incliné d’épaisseur
variable.
La figure 17 montre un
mur incliné à parement
intérieur droit.

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Mesures de protection contre les eaux


Une condition essentielle à la bonne tenue de tels ouvrages est la nécessité d’assurer le drainage du
remblai rapporté après la construction. Autant que possible, on maintient sèche la couche de terre
contigüe au parement par un procédé tel que celui représenté à la figure 18 ; un tapis drainant est posé
sur le talus vierge, des tuyaux
d’évacuation sont prévus au
travers du mur, un corroi
imperméable (lit de terre glaise
ou béton pilonné dont on revêt le
fond et les parois d'un réservoir,
d'un bassin, d'un canal, etc. pour
assurer l'étanchéité) évite
l’accumulation d’eau à la
base.
Cette méthode offre Fig.18
cependant l’inconvénient de
ramener les eaux d’infiltration au pied du mur avec les dangers qui en résultent comme la remontée
capillaire possible le long du mur et dégradations probables en cas de gelée prolongée.
Les murs de soutènement en béton armé
A l’origine, les murs de soutènement en béton armé comportaient toujours des contreforts ; aujourd’hui
par contre on donne la préférence aux murs sans contreforts parce que leur exécution est plus facile,
notamment en ce qui concerne les coffrages, et que leur prix de revient est de fait moins élevé.
Un mur à contreforts est essentiellement constitué (Fig.19):
d’un voile mince vertical appelé rideau qui retient la terre ;
d’une dalle horizontale relativement mince, appelée
semelle sur laquelle les terres sont remblayées ; Fig.19
de murs verticaux transversaux de faible épaisseur,
appelés contreforts, disposés de place en place qui
assurent la liaison du rideau avec la semelle et
confèrent ainsi une grande rigidité à l’ensemble ;
d’une poutre longitudinale appelée bêche,
généralement placée de la semelle et destiné à raidir à
raidir celle-ci et à assurer l’ancrage du mur dans le
sol ;
enfin, d’un débord de la semelle en avant du rideau destiné à augmenter la stabilité du mur.
Un mur sans contreforts est essentiellement constitué (Fig.20) :
d’un mur mince vertical, d’épaisseur variable, la variation d’épaisseur étant obtenue par un fruit
donné soit au parement extérieur seulement, soit aux deux parements ;
d’une semelle régnant de part et d’autre du mur et dont l’épaisseur est constante ou variable
quand les efforts sont importants. La partie avant de la semelle est appelé patin et la partie
arrière talon.

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Le mur est encastré sur la semelle ce qui lui permet de résister à la poussée des terres tendant à le
renverser. La semelle est armée pour résister au moment de renversement du mur et assurer une bonne
répartition des charges sur le sol.

Fig. 20
A
B
La figure 20A montre la section adoptée pour un mur de faible hauteur, la figure 20B montre la section
adoptée pour les murs de moyenne ou de grande hauteur.

La figure 21 montre un
élément de mur de
soutènement en L,
d’une longueur
effective de 2 - 4
mètres avec palier,
insérable d’un seul
côté, à charger au côté
base ou à charger des
deux côtés, extrait du
catalogue
Vanbockrijck
béton

Fig. 21

21
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Aujourd’hui, les murs de soutènement sont généralement


exécutés en béton armé car de tels murs sont légers et
économiques : leur forme, en effet, permet toujours de tenir
compte d’une partie des terres retenues pour assurer leur
stabilité (fig. 22).

Fig. 22

Photos: http://www.vanbockrijck.be/fr/projet
Stabilité des murs
La vérification de la stabilité d’un mur de soutènement en
béton armé et la détermination des caractéristiques à donner
aux différentes parties du mur se font comme pour les murs
poids à partir de la connaissance de la poussée des terres.
Il existe à cet effet de nombreuses théories, toutefois, pour les
murs de hauteur modeste (5 à 6 mètres au maximum) on
utilise généralement des règles semi-empiriques établies par le
grand spécialiste TERZAGHI (KARL VON TERZAGHI, né le 2 octobre
1883 à Prague et mort le 25 octobre 1963 à Winchester, est un
ingénieur civil et géologue autrichien, considéré comme le «père» de la
géotechnique et de la mécanique des sols) qui donnent d’excellents
résultats. Ces règles permettent de calculer les forces
horizontale et verticale développées par la poussée des terres
et agissant dans le plan vertical passant par l’extrémité du talon
de la semelle (Fig. 23), ici le plan de trace VV’. On observera
que la hauteur H prise en compte dans les calculs, va de la base
V de la semelle au point d’intersection V’ du talus par le plan
vertical.

La force horizontale agit au tiers inférieur de la hauteur


H. Il suffit de calculer les valeurs du poids du mur et du
Fig. 23 poids du prisme de terre reposant sur le talon ainsi que la
position des forces représentant ces poids pour être en
mesure de vérifier la stabilité du mur et de calculer les
efforts agissant dans les différentes parties du mur. A cet
effet, on peut utiliser la méthode analytique ou la
méthode graphique. On notera qu’on ne tient pas compte
de la butée des terres situées en avant du mur.

22
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Lorsque les murs de soutènement sont de grande hauteur on utilise


des murs à semelle intermédiaire, celle-ci ayant pour but :
de réduire la poussée des terres ;
Fig. 24
d’augmenter la stabilité de l’ouvrage.
Un tel mur (Fig. 24) bien que d’une largeur réduite a une bonne
stabilité grâce à la semelle intermédiaire qui assure un ancrage efficace
dans les terres soutenues.
Les murs de soutènement en terre armée
Ces murs sont constitués par des écailles cruciformes en béton
préfabriqué formant la peau extérieure.
Vue en perspective de la face extérieure du mur.
Les écailles sont reliées et imbriquées les une dans les autres par un
système de goujons en acier galvanisé placé verticalement. Un joint
permet une souplesse d’adaptation aux légers mouvements qui se
produisent en cours de mise en place.
Chaque écaille est
reliée par des
boulons à haute résistance à 4 tirants en forme de plats
crantés, en acier à haute résistance galvanisé à chaud.
Ces plats sont disposés horizontalement dans la mase
des terres à soutenir. Les forces de frottement qui se
développent entre le sol de remblai et les tirants
permettent d’équilibrer la poussée des terres.

armee.com/intranet/internetTA.nsf/Web/indexfr.htm
Photos : http://www.terre-

23
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Photo :http://www.gramme.be/unite9/pmwiki/uploads/PrGC0
607/Constructiondemursdesoutenement.jpg

terre armée.
Vue en 3D d’un système de soutènement en

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l’exécution d’un soutènement en terre armée


Photo de pose des plats de retenue lors de

Vue 3D : http://www.archiexpo.com/prod/reinforced- Plan : http://www.terre-


earth/reinforced-earth-retaining-walls-130659-1450579.html armee.com/intranet/internetTA.nsf/Web/indexfr.htm
24
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Les travaux de terrassements prévus pour asseoir des ouvrages doivent impérativement tenir compte de
la portance des sols. Cependant il arrive parfois que la charge de l’ouvrage soit telle qu’elle exige une
amélioration de la portance. Comment ? Par la consolidation des sols regroupant des techniques
permettant d’augmenter la portance d’un sol en modifiant son arrangement granulaire.
L’injection
L’injection consiste à faire pénétrer dans un milieu naturel (roches, sols) plus ou moins perméable, un
matériau pompable (liquide, émulsion, mortier) appelé coulis d’injection.
L’injection s’effectue généralement par des forages réalisés dans le milieu à traiter et a pour but d’en
améliorer la résistance mécanique et/ou d’en réduire la perméabilité.
Les coulis d’injection sont en général des liquides ou des suspensions caractérisés par leur densité, leur
viscosité, leur rigidité, et qui durcissent au bout d’un temps appelé temps de prise. Le coulis est poussé
par un injecteur sous une certaine pression d’injection.
Le coulis pénètre dans le milieu en emplissant les vides naturels intergranulaires ou les fissures, sans
modification du volume de ce milieu injecté.
Dans les sols granulaires, les forages sont généralement équipés de tubes et l’injection est constituée par
un coulis d’argile et de ciment. Les pressions et les débits d’injection restent faibles.
En milieu rocheux, les forages sont réalisés en rotation et non tubés. Les coulis permettant d’obturer les
fissures sont des mélanges d’eau et de ciment injectés sous des pressions plus élevées. L’injection
commence par un coulis dilué puis se poursuit par phases successives en augmentant le rapport pondéral
ciment/eau.
Injection à trou ouvert sous pression, en remontant
Cette technique n’est utilisée qu’en cas d’injection de couches rocheuses, et est à proscrire en terrains
meubles.

I. Le forage du trou est effectué sur toute sa hauteur.


II. Un obturateur simple est ensuite descendu en tête de
la tranche inférieure à traiter (préalablement

Photo et schéma : http://www.spiefondations.com/content/principe-


déterminée), l’injection est réalisée, puis l’obturateur
est remonté en tête de la tranche immédiatement
supérieure.
III. L'injection du coulis se poursuit ainsi par passes
de-realisation-injections

successives en remontant.
IV. Le coulis est injecté à une pression pouvant varier de 5
à 20 bars.

25
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Injection à trou ouvert sous pression, en descendant


Lorsque le forage n'est pas stable sur toute la hauteur
(terrains meubles ou roches décomprimées), il peut être
nécessaire d’injecter à l’avancement, en descendant.
Le forage est réalisé sur une hauteur prédéterminée, on
branche un obturateur simple en tête et on injecte la
passe à une pression variant de 5 à 20 bars.
Après durcissement du coulis, on refore à travers la
zone préalablement injectée, puis à travers une nouvelle
tranche de terrain vierge et on branche l’obturateur
simple, soit en tête de forage, soit en tête de la seconde
tranche, et on injecte.
On continue ainsi jusqu’à la profondeur déterminée
pour le forage.
Cette méthode est la plus sûre et s’applique dans tous

Schémas : http://www.spiefondations.com/content/principe-de-
les cas de figure, mais elle présente l’inconvénient d’être
relativement lente en exécution.

realisation-injections
Forage équipé et injection sous pression à
l'obturateur double
Le forage est réalisé sur toute la hauteur de traitement,
puis rempli d’un coulis spécial dit « coulis de gaine »
dans lequel on plonge un tube à manchettes (clapets en
caoutchouc espacés régulièrement, en général de 33
cm).
Après prise du coulis de gaine, on vient injecter le
terrain en plaçant un obturateur double à l’intérieur du
tube et en le positionnant successivement au droit de
chaque manchette, l’ordre d’injection des manchettes
pouvant être quelconque.
Le coulis est injecté avec une pression pouvant varier
de 5 à 20 bars au droit de chaque manchette et pénètre
dans le terrain par "claquage du coulis de gaine".
Après chaque injection, le clapet concerné se referme,
empêchant ainsi le coulis de refluer à l’intérieur.
Ce dispositif permet de réaliser des injections
sélectives.

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Principaux matériaux d'injection


Selon les objectifs à atteindre, les méthodes d'injection, les maillages de forage, la perméabilité des
terrains, plusieurs types de matériaux sont utilisés:
Mortiers liquides: à base de ciment, de matériaux inertes (sablon, cendres, etc.) et d'eau,
généralement utilisés pour les remplissages gravitaires.
Coulis instables: mélanges de ciment et d'eau, généralement utilisés pour l'injection des
fissures de roches, d'ouvrages en béton ou en maçonnerie.
Coulis stables: mélanges de ciment, d'argile traitée (type bentonite) et d'eau, généralement
utilisés dans les sols granulaires ou les fissures larges.
Produits chimiques : gels à base de
silicate de soude, de résines, etc.
Coulis HP (Haute Pénétrabilité, brevet
Spie fondations), destinés à l'injection des
matériaux finement poreux ou finement
fissurés.
Saint-Vulbas (01) – centrale nucléaire de Bugey :

Schéma et photos : http://www.spiefondations.com/content/principe-


injection des sols d’assise ; chantier réalisé par
l’entreprise Spie fondations.

de-realisation-injections
Moselle (57) - LGV Est, phase 2 : injection de vides de
dissolution ; chantier réalisé par l’entreprise Spie
fondations.

Le Jet Grouting
Le jet grouting est un procédé utilisant un jet de fluide à haute énergie pour restructurer un terrain et le
mélanger avec un agent de cimentation liquide afin de former un "béton de sol" in situ.

27
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Il s’agit donc d’une technique de mélange hydrodynamique terrain/coulis visant à former un "béton de
sol" in situ dans la masse du terrain.

Le jet grouting fait appel à trois actions physiques séparées ou


combinées selon le type de jet utilisé :
une action de déstructuration du terrain par un jet à
très forte énergie ;
une action d’extraction d’une partie du terrain ;
une action d’incorporation d’un agent de cimentation
(coulis de ciment en général).

Le traitement se déroule le plus souvent comme suit :


réalisation d’un forage de petit diamètre (100 à 200
mm) sur la hauteur à traiter ;
dans ce forage, mise en vitesse d’un jet de fluide envoyé

Schémas et photos : http://www.spiefondations.com/content/principe-


par une pompe à haute pression vers plusieurs buses de
petit diamètre (1 à 10 mm) situés au pied du train de
tiges de forage ;
remontée lent des tiges pour former une colonne de

de-realisation-injections
béton de sol.
Pendant la phase jet, les volumes en excès du mélange sol-ciment (appelés "rejets") doivent ressortir
librement en tête de forage et être évacués du chantier au fur et à mesure.
Il existe trois types de jet :
Le jet simple ; la déstructuration et la cimentation du sol sont obtenues
par un jet à haute énergie de coulis de ciment.

Le jet double ; la déstructuration et la cimentation du sol sont obtenues


par un jet à haute énergie de coulis de ciment enveloppé d’air.

Le jet triple ; la déstructuration du sol est obtenue par un jet à


haute énergie d'eau enveloppée d’air, la cimentation étant
assurée simultanément par du coulis de ciment jaillissant d'un
orifice placé symétriquement et légèrement plus bas.

Il est ainsi possible de réaliser, non seulement, des éléments cylindriques de "béton de sol" appelés
colonnes de béton, mais aussi des éléments plans appelés panneaux.

28
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STABILISATION DES PAROIS ROCHEUSES


Il n’y a pas que les sols qui peuvent être stabilisés, lorsque les roches comportent des fissures, les eaux
peuvent s’y introduire ce qui est susceptible, à la suite des phénomènes répétés de gel et de dégel, de

Image: http://www.bienconduire.be
provoquer une rupture dans la masse rocheuse. Certains fragments peuvent
alors se désolidariser et dévaler le long de la paroi, ce qui constitue un danger
certain lorsqu’une voie de communication ou toute autre construction est
située en contrebas.
Sur les voies routières, ce risque est annoncé par la présence d’un signal A 19.
En vue d’éviter les éboulis, il y a lieu de prendre des mesures de protection
dont la première consiste à peigner le rocher c’est-à-dire à faire tomber tous les blocs et les cailloux en
position instable.
Il est aussi possible d’installer sur la surface de la paroi un filet de protection constitué par des câbles en
acier scellés dans le rocher.
Un procédé plus radical consiste à projeter une pellicule

Photo : http://www.eurodrill.lu/en/fiche-
de béton sur la surface rocheuse. Cette méthode porte
le nom de GUNITAGE.

detail/gunitage/1626
Après réalisation, le versant traité présente un aspect
fort peu esthétique mais à la longue les mousses
réinvestissent la paroi en lui rendant une apparence plus
naturelle.
On peut ainsi compléter le dispositif de protection par
un épinglage du rocher, autrement dit par la mise en
place de tirants d’ancrage.

Les tirants d’ancrage


Un tirant d’ancrage est un dispositif capable de transmettre les forces de traction qui lui sont appliquées
à une couche de terrain résistante.
Cas d’utilisation
Les tirants d’ancrage sont utilisés essentiellement
dans les cas suivants :
lorsqu’il est nécessaire d’assurer la
stabilité d’une paroi rocheuse ou d’un
talus susceptible au glissement ;
lorsqu’on exécute des fouilles profondes
dont le blindage est réalisé par des
palplanches, des parois moulées, des
pieux sécants, ...
Le tirant peut être horizontal, incliné ou vertical
(ancrage de radier).
L’ancrage est soit définitif, soit provisoire s’il
s’agit d’un blindage de fouille lors d’une phase
d’exécution.

29
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Constitution
Les ancrages sont en général composés par :
une tête d’ancrage qui transmet les forces de traction de l’armature à la structure à ancrer par
l’intermédiaire d’une plaque d’appui ;
une partie libre qui est la longueur d’armature comprise entre la tête d’ancrage et le début du
scellement ;
une partie scellée qui est la longueur d’armature sur laquelle la force de traction est transmise au
terrain environnant par l’intermédiaire du coulis de scellement.

sols.org/sites/default/files/recommandations/TA95.pdf
Schéma : http://www.cfms-
L est la longueur totale de l’ancrage. LL est la longueur libre effective de l’ancrage.
LST est la longueur de scellement du tirant. LSA est la longueur de scellement de l’armature.
La capacité d’un tirant varie de 200 à 2000 kN mais peut atteindre dans certains cas 15000 kN.
Les longueurs totales dépendent des caractéristiques du projet et vont en général de 15 à 25 m mais
peuvent aller jusqu’à 60 m ; la longueur de scellement dépend de la nature du terrain.
A titre, indicatif on peut retenir :
Sable lâche : 20 à 40 kN/m Sable dense : 60 à 120 kN/m
Argile raide : 20 à 60 kN/m Argile dure : 40 à 90 kN/m
Schéma : http://www.ffgb.be/Business-Units/Bored---

Craie altérée : 60 à 100 kN/m Craie saine : 100 à 150 kN/m


Micro-Piles/Anker.aspx?lang=fr-BE

Rocher : 150 à 300 kN/m

Procédé d'exécution tirant d'ancrage - Suivant les prescriptions de la norme NBN EN 1537 : Ground anchors

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LES TYPES DE FONDATION


Quelque soit la construction envisagée, le choix du type de fondation s’effectue en fonction des deux
critères suivants :
La charge à transmettre au sol, qui dépend des dimensions et du poids propre de l’ouvrage mais
aussi des surcharges que ce dernier peut accepter ;
La profondeur à laquelle se trouvent les couches de terrain offrant une capacité portante

Schéma : http://abc.maconnerie.pagesperso-
orange.fr/pages-maconnerie/fondations-semelle.htm
suffisante pour reprendre les charges évoquées ci-
avant.
C’est ainsi que, lorsque la couche de terrain résistante est peu
profonde et que les charges à transmettre au sol restent
modérées, on exécute une semelle de fondation.
maconnerie/adherent/glossaire/pages/glossaireF.html
Schéma : http://www.abc-maconnerie.com/forum-

Lorsque le sol est compressible, on adopte


plutôt un radier général.

Ces fondations sur semelle ou sur radier sont dites SUPERFICIELLES.


Si la couche résistante du sol se trouve assez bas, on adopte alors un système de fondations dites
PROFONDES.

Lorsqu’il est encore économique d’atteindre le bon sol en déblayant les couches qui la recouvrent, on
réalise des faux puits.
Si des problèmes d’épuisement d’eau sont à craindre ou
si une déstabilisation des constructions voisines risque
Photo : http://www.sofranel.eu/sofranel/location/location-
d’apparaître lors du creusement des puits, on adopte
une autre solution, plus facile à mettre en œuvre, qui
consiste à incorporer dans le sol des pieux en bois, en
materiel-espace-vert/enfonces-pieux

acier ou en béton selon une direction verticale ou


faiblement inclinée vis-à-vis de celle-ci (jusqu’à 1/3).
Ces pieux vont transmettre les charges provenant de la
construction aux couches de terrain situées en
profondeur.

Dans le domaine du génie civil, beaucoup d’ouvrages à


construire ayant un poids propre élevé, il est souvent
nécessaire de recourir à ce type de fondation profonde
sur pieux.

31
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Les fondations profondes sur faux puits


Les faux puits sont creusés selon la même
technique que les puits classiques, c’est-à-dire en
déblayant les terres avec une pelle hydraulique
munie d’un grappin rond et en blindant la fouille ;
de plus il est possible d’utiliser des tubes de
guidage d’un diamètre qui varie entre 1 et 2
mètres. Dans les sols avec peu de cohésion on
insère le tube de guidage lors de l’excavation du
faux puit. Ce tube va soutenir la paroi et faire
office de blindage.
Lorsqu’on arrive au bon sol, on procède au
remplissage par du béton soit avec une pompe à béton soit en directe à partir du camion à béton tout en

Photo : http://www.noterman.be/Puits_fondation.html
ôtant le blindage au fur et à mesure.
Après le bétonnage on peut prévoir
une armature de liaison pour des
constructions futures.
Les faux puits ont au minimum un
diamètre ou une largeur de 0,80 à
1,20 m et sont espacés de 6 à 7
mètres et profond jusqu’à 12
mètres.
Ils sont reliés à leur partie
supérieure par une semelle qui
Fouille mécanique avec tube de guidage
assure la transmission des charges.
Avantages
Les puits de fondation sont des fondations peu chères.
Le grand diamètre des faux puits permet de porter des charges lourdes.
Désavantages
Les puits de fondation ne peuvent être construits sous la nappe phréatique.
Les fondations sur faux puits sont limitées en profondeur.
Lors de l’excavation des puits de fondation la terre peut se relaxer. Il va de soi que les puits de
Photos : http://www.cvr.be/fr/projets/projet/hasseltsestraat-

fondation de seront jamais construits à proximité de constructions existantes.


(machinalement)

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Faux puit réalisé en fouille manuelle

Photos : http://www.cvr.be/fr/projets/projet/gare-
moensberg-(manuellement)
FONDATIONS PROFONDES SUR PIEUX
Les pieux, ou aussi appelés inclusions verticales, sont des éléments de fondation apparentés à des
colonnes. Les pieux sont partiellement ou totalement enfouis dans le sol, et servent à transmettre les
efforts appliqués sur les fondations.
Cas d’application
Les pieux sont utilisés lorsque le sol n’est pas suffisamment résistant, stable ou homogène pour assurer
une stabilité à la structure.
Si le sol possède une couche plus dure mais en profondeur, les pieux seront disposés de telle
façon à ce que les charges de la structure soient transmises à cette couche.
Si le sol ne possède aucune couche suffisamment solide pour soutenir le bâtiment, les pieux
transmettront les efforts au sol par frottements sur la surface des pieux.
Les pieux sont aussi couramment utilisés dans d’autres domaines d’application, comme la
construction sur pilotis, la construction marine, la construction de ponts, la réparation de
fondations par micro pieux, ou encore à titre préventif pour prévenir les dommages dus aux
activités sismiques.
Classification des pieux selon le mode de travail
La transmission des charges au sol peut s’opérer de plusieurs manières selon la nature du terrain et la
profondeur de la couche résistante :
I. par appui directe sur le bon sol ;
II. par frottement latéral sur les terrains traversés ;
III. par combinaison des deux modes précédents.
I. II. III.

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Classification des pieux selon le mode de mise en œuvre


Il existe deux grandes méthodes d’exécution des pieux, chacune d’elles faisant appel à du matériel
spécifique de génie civil.
Pieux battus
Les pieux en bois et en acier, ainsi que la plupart des
pieux en béton sont mis en place par battage.
Cette technique consiste à soumettre la tête du pieu à
l’action répétée des chocs.

Autrefois, ceux-ci étaient provoqués par une masse


tombante appelé mouton dont la chut était guidée par
des montants ou jumelles.
Actuellement, le battage est réalisé par des moutons
diesel ou hydraulique.
L’enfoncement du pieu engendre un refoulement
latéral du sol, ce qui permet un accroissement de la
densité du terrain avoisinant le pieu.

Units/Piles/Geprefabriceerde-betonnen-heipaal.aspx
Schéma : http://www.ffgb.be/Business-

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Pieux forés
Certains pieux en béton coulé sur place sont réalisés par forage.
Cette méthode consiste à extraire les terres à l’emplacement qui sera occupé par le pieu.
Dans le cas d’un terrain pulvérulent, les terres avoisinantes doivent être soutenues provisoirement durant
l’excavation, alors qu’en présence d’un terrain cohérent cela n’est pas nécessaire.
Le creusement s’effectue grâce à une
tarière (sorte de vrille), un grappin ou
un trépan lorsque que le terrain est très
dur.
Le trépan est un outil comportant des
dents saillantes très dures en carbure de
tungstène permettant de disloquer les
terrains rocheux.
Photo : http://wikipedia.orange.fr/wiki/Fichier:Tete-
de-foreuse-p1010272.jpg

Ce mode de réalisation évite les vibrations causées par le battage


et est par conséquent beaucoup plus utilisé en milieu urbain ou
à proximité d’autres constructions.

Classification des pieux selon le matériau constitutif


Pieux en bois
Ces pieux sont constitués par des grumes provenant de différentes essences : chênes, mélèzes, sapins, bois
exotiques,...
On a différencié quatre phases particulières lors du battage d’un pieu, de la chute de la masse frappante
jusqu’à l’arrêt de l’enfoncement du pieu dans le sol sous son impact :
la première phase consiste à soulever la masse frappante jusqu’à atteindre son énergie
potentielle maximale (Fig.25a) ;
la masse frappante rentre ensuite en contact avec la tête du pieu et lui transmet son énergie. Des
pertes énergétiques liées au frottement de la masse sur les rails du guide et dans l’air surviennent
lors de sa chute (Fig.25b) ;
le choc entre la masse frappante et le pieu s’accompagne d’une perte d’énergie liée à l’impact,
aux vibrations du pieu transmises dans le sol et aux propriétés élastiques du casque. Pour limiter
les pertes énergétiques, l’établissement britannique BRE (Building Research Establishment) a
inventé un casque hydraulique expérimental assurant la transmission de l’ensemble de l’énergie

35
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de la masse frappante au pieu et permettant d’ajuster les coups de la masse en fonction des
ondes transmises dans le pieu (Fig.25c) ;
le pieu travaille en frottement et en pointe dans la quatrième phase et s’enfonce dans le sol
(Fig.25d).

Fig.25

ouvertes.fr/docs/00/87/89/72/PDF/doc00016003.pdf
Schémas : http://tel.archives-
Il a été déterminé que les caractéristiques des contraintes de compression axiales suite au choc de la
masse frappante sur la tête du pieu dépendaient principalement du module d’élasticité et de la densité du
bois. La contrainte de compression axiale dans le pieu en bois s’accompagne également d’une contrainte
de compression transversale lors de l’impact entre la masse frappante et la tête du pieu.
On distingue trois configurations différentes lors de la propagation de l’onde de compression axiale dans
le pieu (Fig.26) :
l’onde se propage dans le pieu jusqu’à la pointe, provoque un déplacement du pieu dans le sol
puis est réfléchie avec une amplitude plus faible suite à une perte d’énergie lors du déplacement
du pieu (Fig.26a) ;
si l’onde de compression est supérieure à la résistance du pieu, ce dernier se fissure en tête. La
réduction des contraintes en tête du pieu peut être assurée par la mise en place d’un casque
(Fig.26b) ;
si la résistance du sol est Fig.26
trop faible et l’amplitude de
l’onde réfléchie trop
importante, le fût se fissure
(Fig.26c) ;

36
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Protections en pointe du pieu


Les protections en pointe des pieux dépendent de la nature des sols dans lesquels ils sont battus :
dans les sols fins (sols limoneux ou argileux), les bâtisseurs brûlaient les pointes des pieux afin
d’augmenter leur dureté et leur résistance ;
dans les sols granulaires plus compacts (sols sablo-graveleux), les pointes des pieux sont munies
d’un sabot métallique permettant d’obtenir une meilleure pénétrabilité dans le sol.
La Figure 27 illustre les différents modes de rupture des pointes lorsqu’elles n’étaient pas protégées,
ainsi que l’état d’une pointe d’un pieu prélevé sur une ancienne digue de la Saône (à Auxonne) et datée
de 1673. La pointe présente seulement quelques fissures.

ouvertes.fr/docs/00/87/89/72/PDF/doc00016003.pdf
Schémas et photos : http://tel.archives-
Fig.27

Les pointes des pieux sont armées de


sabots métalliques pour limiter les
risques de rupture lors de la phase de
battage.

Protections en tête du pieu


Les têtes des pieux battus
étaient généralement
frettées (Fig.28), c'est-à-
dire cerclées avec un
anneau de fer chaud. En se
refroidissant, l’anneau de
fer se resserrait et venait
comprimer les fibres du
bois et ainsi augmenter
leur résistance. Fig.28

37
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La frette était située à quelques centimètres sous la surface des têtes, afin d’éviter tout contact avec la
masse frappante lors du battage
Fig.29

ouvertes.fr/docs/00/87/89/72/PDF/doc00016003.pdf
Dans la pratique actuelle, les têtes des pieux en bois
sont protégées par un dispositif différent du frettage. Un
casque métallique est fixé en tête du pieu et a pour

Schéma : http://tel.archives-
objectifs principaux de fournir une surface libre lors du
contact entre la masse et le pieu et d’uniformiser la
transmission de l'énergie fournie lors de l'impact dans
toute la tête du pieu.
Le casque doit alors être adapté à la tête du pieu afin de
maintenir un alignement concentrique entre la masse
frappante et le pieu.
Ce type de protection est utilisé aux Etats-Unis (Fig.29)
: un amortisseur en plastique vient en complément du
casque et est fixé à la masse frappante afin d'amortir les chocs lors du battage.
Avant leur mise en œuvre, les pieux doivent être enduits de bitume ou d’un produit fongicide et
insecticide et lorsqu’ils sont placés dans l’eau, les pilotis doivent être noyés sur toute leur hauteur.
Atouts environnementaux du pieu en bois
Le bois est un matériau renouvelable, son faible poids par rapport à celui de l’acier ou du béton conduit
à limiter l’énergie fossile consommée lors de sa transformation en produit de construction et à faciliter la
manutention lors de sa mise en œuvre.
Le bois constitue une ressource de proximité, permettant ainsi de réduire les émissions de dioxyde de
carbone générées par le transport des matières premières.
Le bois est également un matériau recyclable dans la mesure où les déchets rejetés lors de sa
transformation en produit de construction peuvent être valorisés en énergie (sous forme de
combustibles) ou recyclés dans l’industrie du papier ou dans la fabrication de pièces composites.
Les données fournies par la base carbone de l’ADEME [Agence De l’Environnement Et de la Maîtrise de
l’Energie] permettent d’estimer, à partir d’un calcul simple, les émissions de dioxyde de carbone liées à
la fabrication de pieux en acier, en béton (ferraillé) et en bois de 5 m de longueur et 30 cm de diamètre.
Le transport des granulats ainsi que des grumes de la zone de débardage jusqu’à la scierie dans laquelle
les pieux en bois sont usinés est pris en compte. La distance est évaluée à 60 km, ce qui suppose dans la
pratique d’utiliser des bois locaux. Les résultats obtenus montrent que la fabrication d’un pieu en bois
émet environ 30 fois moins de CO2 que la fabrication d’un pieu en béton et 300 fois moins que celle
d’un pieu en acier.
Une étude réalisée en 2007 par le British Research Establishment (BRE) a démontré que les fabrications
du béton et de l’acier émettent respectivement en moyenne 173 kg/m3 et 15313 kg/m3 de CO2,
contre 141 kg/m3 de CO2 pour la taille et l’usinage du bois.
Reynolds et Bates ont comparé les coûts de réalisation de trois types de pieux battus (béton, acier et
bois) lors d’un projet en 2008 nécessitant la mise en œuvre d’une centaine de pieux dans de l’argile
molle à ferme. Chaque pieu devait supporter une charge de 110 kN. Les résultats de cette étude ont
montré que le coût de fabrication d’un pieu en bois, ramené au mètre linéaire, était respectivement
inférieur de 30 et 66 % à celui d’un pieu en béton et en acier.

38
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Pieux métalliques
Le pieu métallique est un système de fondation simple généralement constitué de profilés métalliques de
type H ou tubulaires directement fichés dans le sol.
Des éléments de grande longueur sont battus à l’aide d’un mouton à air comprimé. En fonction des
charges à reprendre et profondeurs à atteindre, plusieurs éléments peuvent être soudés bout à bout.
Adapté aux sols fins, la mise en œuvre des pieux métalliques battus est rapide et peu contraignante. Les
pieux métalliques battus sont souvent utilisés pour réaliser des soutènements de type parois berlinoises.
Les dimensionnements sont fonctions des efforts à supporter (prise en compte des phénomènes de
corrosion, des déplacements latéraux…). Ce type de pieu travaille en frottement latéral et en pointe.
Cette technique n’est pas adaptée aux terrains ayant été remblayés avec des blocs (refus de battage
prématuré).
Exécution :
a. Battage dans le sol
d'une poutrelle jusqu'à la
profondeur à atteindre ou
jusqu'au refus.
b. Si la profondeur à
atteindre dépasse la longueur
commerciale du profilé, des
éléments de poutrelle peuvent
être regreffés les uns aux

Photos : http://www.temsol.com/pieux-battus/
autres.
Les profilés sont le plus
souvent du type H (voir
catalogue des fabricants).
La profondeur n’est limitée
que par la résistance au
battage (éléments
éventuellement greffés les uns
aux autres).
Dans les cas spéciaux, les
profilés peuvent être
recouverts avant battage d'un
enduit approprié en vue
notamment, soit de réduire le
frottement négatif, soit
d'assurer leur protection
contre les agents agressifs de
certaines couches du sous-sol.

39
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Pieux en béton
Les pieux en béton sont de loin les plus utilisés.
Ils sont confectionnés, en général, au moyen d’un béton répondant aux caractéristiques suivantes :
donnée de base A C30/37 ou plus ;
donnée de base B2 EE2.
Les armatures sont en général de nuance S 500.
Pieux mis en œuvre par refoulement de sol.

nedam/pieux-a-tube-battus-61452-152836.html
Pieux battus préfabriqués

Photo : http://www.archiexpo.fr/prod/ballast-
Les pieux préfabriqués sont soit en béton armé, soit en
béton précontraint. Ils sont généralement confectionnés
en usine ; toutefois, l'entrepreneur peut soumettre à
l'approbation du fonctionnaire dirigeant une demande
de préfabrication des pieux sur chantier.
Le béton utilisé pour les pieux préfabriqués en béton
armé est de classe de résistance C 30/37 et de classe
d’environnement EE3.
Le béton utilisé pour les pieux préfabriqués en béton
précontraint est de classe de résistance C 40/50 et de
classe d’environnement EE4.
Les armatures passives seront conformes aux NBN A 24-301, NBN A 24-302, NBN A 24-303 + A1 et
aux PTV 302, PTV 303, PTV 307.
Les armatures de précontrainte seront conformes aux NBN I 10-001, NBN I 10-002 (+ Erratum), NBN
I 10-003 (+ Erratum), NBN I 10-008, PTV 311, PTV 312, PTV 314.
La nuance des armatures est BE 500 S, BE 500 TS ou DE 500 BS.
Les pieux sont réceptionnés provisoirement dans les zones de stockage proches de leur fabrication.
Tout pieu détérioré, fissuré ou abîmé lors du transport, de la manutention et du levage est refusé.
Pendant le battage, la tête des pieux préfabriqués est protégée d'une coiffe métallique avec intercalation
d'une pièce en bois dur.
L'entrepreneur peut introduire, à tout moment et sans Photo : http://www.archiexpo.fr/prod/terratest/pieux-
augmentation de prix, moyennant approbation du
fonctionnaire dirigeant, un autre système de protection
a-tube-battus-61449-152121.html

de la tête des pieux.


Si la tête du pieu se désagrège pendant le battage sous le
niveau prévu pour le recépage, l'entrepreneur répare à
ses frais la partie endommagée.
S'il s'avère qu'après le battage d'un pieu, celui-ci soit
fondé à une profondeur supérieure à la longueur
théorique initiale, le pieu est rallongé dans sa partie
supérieure jusqu'au niveau d'assise de la semelle de
fondation.
L'élancement géométrique d'un pieu préfabriqué, c'est-à-dire le rapport entre la longueur totale du pieu
et sa dimension transversale, est inférieur à 60.
La longueur peut atteindre 28 mètres.

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Les pieux préfabriqués sont en béton


armé ou précontraint, de haute
résistance.
Ils présentent en général une section
carrée de l’ordre de 20 à 40 cm de côté
ou, parfois, une section circulaire ou
polygonale (le plus souvent
octogonale).
Les pieux préfabriqués sont battus
jusqu’à la profondeur nécessaire par
moyen d’un mouton diesel ou mouton
hydraulique.
Les charges admissibles sont en fonction
des caractéristiques du sol, aussi bien
celles au-dessus que celles au-dessous la

Photos : http://dgft.eu/fondations/photos/page/3
pointe du pieu.
La résistance à la compression
admissible est en fonction des
caractéristiques du fût et des
matériaux.
La résistance à la traction admissible est
en fonction de l’armature, le diamètre
et la longueur du pieu.
La résistance à la flexion admissible est
en fonction de l’armature et du
diamètre et est variable en fonction de
la charge sur l’axe.
La résistance aux moments de tête de
pieu est en fonction de la résistance
horizontale du sol et de la résistance à
la flexion du pieu, armature, etc.
L’inclinaison maximale vis-à-vis de la
verticale est en fonction du matériel,
du sol, des armatures appliquées et
peut aller jusqu’à 30°.
Quelques données techniques :
charge: jusque 10 à 170 T ;
section: 22 – 25 – 29 – 30 – 32
– 35 – 40 – 45 – 50 ;
longueur: 4 m jusque 25 m ;
inclinaison: 30°, dépend de la section, la longueur et armatures ;
longueur maximale : 28 m.

41
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Pieux battus moulés dans le sol.

Un tube en acier, obturé à la base, est battu dans le sol.


Lorsque la profondeur requise est atteinte, les armatures sont mises en place dans le tube. Celui-ci est
rempli de béton.
Le tube est remonté progressivement au fur et à mesure du bétonnage.
Battage du fourreau

1. Mouton à chute libre battant sur un bouchon de béton ou de


gravier.

Schémas : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC


2. Marteau Diesel battant sur la tête du fourreau provisoire
fermé à la base par une plaque.

Exécution de la base

Exemple 1.

Exemple 2.

42
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Mise en place de l’armature

Pas de traction à reprendre.

Traction à reprendre.

Schémas : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC


Exécution du fût

Béton de consistance S1.

Béton de consistance S2 ou S3.

Le béton utilisé pour les pieux battus moulés dans le sol est de classe de résistance C 30/37 et de classe
d’environnement EE3.
Le béton des pieux moulés dans le sol est soit damé, soit vibré. La base élargie peut être réalisée soit à
l'aide d'une plaque préfabriquée placée en base du tube de battage, soit en façonnant directement un
bulbe de béton par damage dans le terrain avoisinant.
Les pieux sont bétonnés de telle sorte qu'à tout moment le niveau du béton dans le fût reste toujours
supérieur à la base du tubage, pour éviter toute introduction d'eau ou de terres lors du bétonnage.
Pour des pieux constitués d'une base moulée dans le sol, la remontée du tubage ne peut dépasser 500
mm lors de la formation du bulbe de base.
Les pieux sont bétonnés jusqu'à une hauteur suffisante, de l'ordre de 60 cm au-dessus du niveau d'assise
de la semelle de fondation.

43
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Pieux tubés battus aux endroits difficiles à atteindre


Ce type de “pieu tubé” est composé de plusieurs pièces placées l’une sur l’autre, raccordées par des
soudures électriques.
Le calandrage du refus se fait par un mouton chute libre, qui tombe à l’intérieur du pieu, la hauteur
dépend des données mécaniques des sols et des circonstances de travail.
Le pieu peut être muni d’une base élargie métallique ou d’un pied élargi en béton préfabriqué.
Une variante éventuelle est possible en appliquant une base élargie, réalisée par des boîtes remplies avec
du béton.
Ensuite on remplit le pieu avec du béton BENOR en ajoutant une armature.
L’utilisation se fera là où le battage par mouton diesel normal créera trop de dégâts, par exemple juste à
côté de bâtiments ou en tant que technique de rénovation.
En résumé :

Schema:http://www.memoireonline.com/08/09/2478/m_Trait
1. Présentation du tube terminé soit par une plaque
métallique (Fig. 30), soit par un bouchon en béton

ement-du-sol-par-colonne-ballastees1.html
(Fig.31) ;
2. battage du pieux jusqu’à la profondeur nécessaire à
l’aide d’un marteau de battage hydraulique ;
3. mise en place de l’armature ;
4. remplissage du tube de battage avec le béton
jusqu'au niveau du terrain pour empêcher une
rupture hydraulique de la base ;
5. retrait du tube de battage à l’aide d’un vibrateur de
retrait sous vibrations permanentes ;
6. la plaque de base ou le bouchon en béton reste
Fig.30
dans le terrain et sert de pied pour le pieu.

PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC


Schéma : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS

Fig.31
33030

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Pieu battu moulé dans le sol, à base élargie moulée et fut en béton damé (alpha).
Exécution :
I. Battage de deux tubes coaxiaux dénommés fourreau (tube extérieur) et mandrin (tube
intérieur). Le mandrin, d'une longueur inférieure d'environ 60 cm à celle du fourreau, porte à
son extrémité inférieure un disque annulaire formant dame qui coulisse dans le fourreau avec un
jeu réduit. Un disque métallique perdu est placé sous le fourreau afin d'empêcher toute entrée
de terre lors de l'enfoncement (Fig. 32). Les extrémités supérieures des deux tubes étant
amenées au même niveau, le mandrin est rempli complètement de béton (Fig. 33, phase 2) et
l'ensemble est battu dans le sol (phases 3 et 4) jusqu'à la profondeur désirée.
II. On procède à l'extraction partielle du mandrin. Le béton qu'il contient se déverse dans l'espace
libéré à la partie inférieure du fourreau (phase 5).Le mandrin est à nouveau rempli
complètement de béton (phase 6) et, tandis que le fourreau est extrait lentement, on soumet le
mandrin aux coups répétés du mouton de manière à refouler dans le sol le plus de béton
possible et à élargir de ce fait la base du pieu (phase 7). Le mandrin est ensuite extrait de
man1ere à réaliser sa vidange complète (phase 8) et il est ensuite à nouveau rempli de béton
(phase 9).
III. Le bétonnage du fût se réalise en faisant agir sur le mandrin le poids statique du mouton tout en
procédant à l'extraction simultanée du fourreau (phase 10). On continue à opérer de la sorte
jusqu'à l'achèvement complet du pieu (phases 11 à 14).

Fig.32

Principe de l’équipement :
1. mouton ;
2. casque de battage ;
3. fourreau ;
4. mandrin ;
5. armatures ;
6. dame annulaire ;
7. plaque de base ;
A. accrochage de l'armature à la
plaque.

Schéma : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS


PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC

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Phases d'exécution

Fig.33

Schémas : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC

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Pieux vissés moulés dans le sol

Schéma : http://www.ffgb.be/Business-
Un tube métallique, dont la base est

Units/Piles/Atlas.aspx?lang=fr-BE
pourvue d'une tarière hélicoïdale, est vissé
dans le sol. Lorsque la profondeur requise
est atteinte, les armatures sont mises en
place dans le tube. Celui-ci est rempli de
béton. Le tube est remonté
progressivement au fur et à mesure du
bétonnage. Le béton utilisé pour les pieux
vissés moulés dans le sol est de classe de
résistance C 30/37 et de classe d’environnement EE3.
Un pieu ne peut être exécuté à proximité immédiate d'un pieu récemment bétonné et qui n'a pas encore
atteint un durcissement suffisant.
Les pieux sont bétonnés de telle sorte qu'à tout moment le niveau du béton dans le fût reste toujours
supérieur à la base du tubage, pour éviter toute introduction d'eau ou de terres lors du bétonnage.
Les armatures longitudinales sont réparties équitablement sur toute la section du pieu. L'entredistance
de ces armatures ne peut excéder 300 mm.
Pieu vissé avec refoulement, moulé dans le sol (pieu sécant)
Exécution
a. La foreuse montée sur
chenilles est conduite à
l'emplacement exact.
b. Les quatre vérins hydrauliques

Schéma : CSTC Contact 2012/4 page5


soulèvent la machine jusqu'à ce
que le fourreau soit vertical.
c. Les moteurs hydrauliques
amènent la tête de forage au-
dessus du fourreau, L'effort
vertical est fourni par deux
vérins placés sur la tête de
forage, qui au moyen de
mâchoires poussent ou tirent sur
le tube de forage, selon que la vis est enfoncée ou relevé.
d. La pointe perdue, pourvue d'une butée unidirectionnelle, est placée sur la vis.
e. Les tubes et la vis sont reliés par des couplages étanches spéciaux de façon à empêcher la pénétration
de l'eau du sol et de la boue dans le tube.
f. On visse ensuite jusqu'à la profondeur souhaitée.
g. Lorsque cette profondeur est atteinte, on met en place, à l'aide d'une flèche de grue, l'armature et
ensuite le béton dans le fourreau et le réservoir supérieur.
h. On relève la vis, en tournant en sens inverse, La pointe préfabriquée en acier se détache et reste dans
le sol, Le béton s'écoule progressivement du tube et remplit le trou de forage.

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i. Comme on bétonne toujours jusqu'au niveau de

PROFONDES ET D’INFRASTRUCTURES du CSTC


Schéma : NIT 129 PROCEDES DE FONDATIONS
Vis de forage : la partie
travail, la pression latérale du béton dans le trou de
grisée représente la pointe
forage est à tout moment supérieure à celle du sol, perdue.
de sorte qu'il n'existe aucun danger de
rétrécissement ou de striction dans le pieu 1 = ∅ min. du pieu ;
fraichement moulé, Dans les couches
2 = ∅ max. du pieu.
intermédiaires sans consistance, il se produit plutôt
des renflements.

La foreuse à chenilles

Le tube

Photos : http://www.temsol.com/pieux-battus/

La vis

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Fonction de la paroi de pieux sécants.


Une paroi de pieux sécants est constituée
Pompe à béton
de pieux ‘sécants’ formés dans le sol
exécutés avec un tube de forage. Un
soutènement par pieux sécants s’utilise
pour des blindages de fouille à côté d’une
construction existante. Les pieux sont
réalisés à partir du niveau actuel le plus
proche possible contre le mur existant.
La paroi de pieux sécants peut être calculée
pour prendre des charges verticales de la
construction. En fonction des dimensions
et du type de fondation de la construction
mitoyenne le déplacement horizontal peut
être évité par la réalisation d’ancrages
Les pieux sont réalisés avec une tarière
continue, qui est munie à la base d’une tête

Photos : http://www.temsol.com/pieux-battus/
de bétonnage spéciale et avec un tube de
forage sur toute la longueur.
Une double table de rotation fore la tarière
et le tube en même temps à la profondeur
demandée, la tarière et le tube tournant
dans des directions opposées.
Pendant la réalisation des pieux les terres
sont forées partiellement et transportées
dans le tube et expulsées (les terres forées
doivent être évacuées du chantier chaque
jour par l’Entrepreneur général).
Le tube de forage (autour de la
tarière) est nécessaire afin
d’éviter la décompression du sol
et le refoulement latéral pendant
le forage et bétonnage. Le
bétonnage se fait par la tarière
continue. Pendant le bétonnage
l’ensemble de forage est retiré
éventuellement en rotation dans
la même direction du
mouvement de vissage. Les
pieux secondaires sont prévus
avec une cage d’armature sur
toute la longueur.

Finition de la paroi de pieux sécants avec du béton projeté.

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Pieux forés avec apport de boue bentonitique


Ces pieux sont exécutés sans tube de fonçage. La stabilité du puits de forage est assurée par l'apport d'un
fluide à propriétés thixotropiques, appelé boue bentonitique.
Cette boue bentonitique est chassée graduellement par le béton versé dans le puits de forage.
L'entrepreneur précise dans une note, à soumettre à l'approbation du fonctionnaire dirigeant, les
caractéristiques de la boue bentonitique.
Celle-ci mentionne notamment:
la viscosité ;
la teneur en eau libre ;
la teneur en sable (max. 5 %) ;
le pH ;
la masse volumique (min. 1060 kg/m³).
Le béton est amené à l'aide d'un tube plongeur jusqu'au fond du puits. L'amorçage du bétonnage est
particulièrement soigné. Des précautions contre la liquéfaction du béton sont prises.
Le bétonnage du pieu est réalisé sans interruption. Le tube plongeur est retiré au fur et à mesure du
bétonnage. La base de celui-ci reste à une profondeur suffisante (au moins 1 m) dans le béton frais pour
éviter toute introduction de boue en cas de coupure d'alimentation de la pompe à béton.
La pression du béton en base du tube plongeur est toujours supérieure à celle exercée par le béton frais
et la boue sus-jacente.
L'évacuation de la boue bentonitique non utilisée ne peut se faire via des égouts publics.
1 Implantation des murets guides (a) ou de 1 2 3 4 5 6
préforage et mise en place de la virole.
2 Mise en œuvre de la boue.
3 Forage sous charge de boue.
4 Recyclage de la boue, mise en place des
armatures partielles ou totales, bétonnage au

Schéma et photo : http://w4-web188.nordnet.fr/tech_pieux_pebfalb.html


tube plongeur.
5 Tube plongeur relevé par éléments, fin du
bétonnage.
6 Extraction de la virole(b) contrôle de l’arasage
du béton.

Pieux dégagés et servant de soutènement

Photo : http://www.frankigeotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%20Retaining%20Walls-
Utilities/Diaphragm%20wall/BU2-001-Inst-chart-diaphragm-wall-LINK.jpg

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Les pieux vérinés


Ils sont utilisés dans le cadre d’un renforcement de fondations
d’ouvrages dont la stabilité est mise à mal par l’affaiblissement
de la portance du sol. L’édifice tend alors à s’enfoncer.
Les pieux sont mis en place par vérinage jusqu'à la profondeur
à atteindre, d'éléments de pieux préfabriqués en béton ou en
acier.
Ce mode d'exécution provoque le refoulement du sol qui peut
cependant être moindre pour les profilés métalliques.
Le mode de fonçage constitue un essai de pénétration où on ne
mesure que l'effort total.
La réaction d'appui est fournie le plus souvent par la
construction à consolider ou, dans le cas de nouvelle
Pieu construction, par un lest prévu à cet effet.

1- Les éléments de tube sont


enfoncés au moyen d’un vérin
hydraulique (vue latérale) ;

Photo et schéma : http://www.franki-geotechnics.be/Business-Units/Piles/Mega-paal.aspx


2- les éléments métalliques
sont soudés les uns aux autres
au fur et à mesure du
fonçage (vue latérale);
3- le fonçage est poursuivi
jusqu’à l’obtention d’un effort
au vérin correspondant à la
capacité portante du pieu
majorée du coefficient de
sécurité choisi (vue latérale) ;
4- les éléments métalliques
sont remplis de béton (vue
latérale);
5- le pieu est placé sous la
pré-charge éventuelle désirée
(vue de face) ;
6- le pieu vériné est terminé
(vue latérale).
Le pieu Méga représente une alternative de haute qualité pour la reprise en sous-œuvre classique,
applicable dans des conditions particulières difficiles.
C'est un pieu vériné constitué d'éléments cylindriques courts - en acier ou en béton - pressés dans le sol
à l'aide d'un vérin hydraulique. La structure supérieure tient lieu de support.

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Parois moulées
Une paroi moulée (mur emboué) est un écran moulé dans le sol, réalisé par la mise en place de béton et
d'une armature d'acier dans une tranchée creusée à l'aide d'une benne d'excavation sous fluide de
support (boue thixotropique comme la bentonite par exemple).
Procédé d'exécution
Suivant les prescriptions de la norme NBN EN1538:1999
1- Réalisation des murets-guide et creusement du (premier) panneau avec grappin – remplissage en
continu de la tranchée avec le fluide de support.
Excavation de la première passe, suivie de celle de la deuxième. La charge de la suspension
bentonitique est de telle sorte qu'elle présente à tout moment une valeur d'au moins 2.00 m par rapport
à la nappe phréatique dans les différentes couches aquifères sur toute la hauteur de la paroi, et davantage
si la nappe est sous pression.
2- Excavation du ‘merlon’ ou passe centrale située entre les 2 passes précédents.

Schema et photo: http://www.franki-geotechnics.be/Business-Units/Retaining-Walls---Utilities/Diepwand.aspx


1
2
3
4

3- Équipement du panneau dès que le forage a atteint la profondeur prescrite: immersion des
cages d'armatures et mise en place temporaire des joints métalliques munis de lames water-stop en
PVC.
4- Bétonnage de chaque panneau par tubes plongeurs
immergés dans le béton et récupération de la boue
bentonitique.
5- Enlèvement du joint, la lame water-stop reste en place.

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Domaine d'application
la paroi moulée remplit soit la fonction de paroi étanche, soit celle de mur de soutènement ou
fait fonction d'élément porteur vertical ;
paroi de soutènement et d'étanchéité pour des fouilles importantes et complexes ;
des panneaux de parois moulées peuvent être réalisés en paroi continue ou en éléments
porteurs ;
reprise de charges verticales élevées ;
soutènement d'excavations profondes à proximité immédiate de constructions existantes ;
projets de tunnels et de parkings en environnement urbain, murs de quai.
L’épaisseur de la paroi varie de 500 jusqu'à 1500 mm (0.50 m, 0.60 m, 0.80 m, 1.00 m, 1.20 m et 1.50
m) ; la profondeur de paroi standard descend jusqu'à 35 m, exceptionnellement jusqu'à 55 m et plus.
La hauteur du soutènement peut dépasser les 20 m.

20Retaining%20Walls-Utilities/Diaphragm%20wall/Ref-dia-wall-TO-USE-adam-013-GIMP.jpg
geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%
Photo : http://www.franki-

Paiement
La longueur d'une paroi à prendre en compte pour le paiement est la longueur utile augmentée d'une
longueur forfaitaire de 0,50 m ou 1,00 m pour tenir compte de la hauteur à recéper au niveau de la
semelle de fondation.
La fourniture et la mise en œuvre du béton des parois font l'objet d'un poste séparé du métré payé au m3
(produit de la section nominale par la longueur utile des parois).
L'amenée, l'installation, l'amortissement, l'entretien et le repli de tous les équipements de chantier
nécessaires à la réalisation des parois font l'objet d'un poste forfaitaire du métré.

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Paroi d’étanchéité
La paroi (ou l'écran) d'étanchéité est un voile étanche composé de coulis ciment-bentonite, fabriqué sur
place et éventuellement armé de palplanches pour assurer une stabilité structurelle.

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%20Retaining%2
0Walls-Utilities/Diaphragm%20wall/Ref-dia-wall-TO-USE-adam-013-GIMP.jpg
Photo et schéma : http://www.franki-
Domaine d'application :
voile de retenue d'eau pour isolation de pollution, telles que sites de décharges de déchets,
empêchant la propagation de la pollution via des courants d'eau souterrains horizontaux ;
limitation du rabattement, c.à.d. quantités et zone d'influence dans des grands projets
d'infrastructure tels qu'aqueducs, murs de quai et accès à des tunnels.
Spécifications techniques :
profondeurs d'étanchéité usuelles jusqu'à 35 m,
occasionnellement jusqu'à 50 m ;
aucune fonction de soutènement; les
caractéristiques géotechniques du sol doivent
donc répondre à celles d'un terrain stable ;
l'étanchéité / perméabilité et la résistance à la
compression du voile sont déterminées par la
composition du mélange ciment-bentonite, en
fonction de l'utilisation ;
exécution possible avec une membrane de
plastique HDPE (plastique composé de
polyéthylène haute densité) ;
éventuellement armé de palplanches en acier
pour assurer une fonction de stabilité
structurelle.

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La barrette
C’est une colonne en béton armé moulée dans le sol où la tranchée creusée est maintenue ouverte au
moyen d'un fluide de support (coulis à base de bentonite).

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%2
0Retaining%20Walls-Utilities/Diaphragm%20wall/Ref-dia-wall-TO-USE-adam-013-GIMP.jpg
Schéma: http://www.franki-
Procédé d'exécution (suivant les prescriptions de la norme NBN EN1538:2008)
1. Creusement d'une tranchée entre des murets guides et remplissage de la tranchée avec un fluide de
support.
2. Forage sous boue bentonitique par exemple au moyen d'un grappin hydraulique, jusqu'à la profondeur
d'assise.
La charge de la suspension bentonitique est de telle sorte qu'elle présente à tout moment une valeur d'au
moins 2.00 m par rapport à la nappe phréatique dans les différentes couches aquifères sur toute la
hauteur de la paroi, et davantage si la nappe est sous pression
3. Dessablage ou remplacement de la suspension de bentonite, mise en place de la cage d'armatures et
bétonnage au tube plongeur (un ou plusieurs en fonction de la dimension de la barrette).
4. Fin de la phase de bétonnage et extraction du (des) tube(s) plongeur(s).
5. Barrette terminée.
Domaine d'application
S’exécute en combinaison avec des parois moulées, permet la réalisation d'ouvrages “top and down”,
possibilité d'arrêter le bétonnage au niveau requis, même sous le niveau de la plate-forme de travail.
La fonction portante autorise le report de charges verticales concentrées élevées, d'efforts horizontaux et
de moments de flexion à grandes profondeurs d'assise avec la possibilité d’assoir dans des couches plus
résistantes ou rocheuses.

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La congélation de sol
La technique de la congélation de sol est une stabilisation à caractère provisoire d'un terrain aquifère au
moyen de murs de glace. Le principe est de transformer l'eau interstitielle en glace, assurant ainsi une
liaison étanche et résistante entre les grains du terrain.
La technique est utilisée pour assurer un renforcement et une étanchéité lors d'excavations souterraines,
galeries ou fouilles urbaines.
Procédé d'exécution
1. Exécution de forages encaissant l'ouvrage à construire, sur la hauteur des couches aquifères.
2. Mise en place de tubes congélateurs (tubes réfrigérants) fermés à la base, équipés de tubes intérieurs
plus petits ouverts dans leur partie inférieure. Les tubes sont installés tous les mètres environ dans le
terrain à congeler.
3. Mise au froid par circulation d'un liquide à basse température (frigoporteur) entrant le tube intérieur
et remontant en empruntant la chaleur au terrain encaissant.
4. Congélation progressive et radiale du sol autour des tubes jusqu'à formation d'une paroi de glace

pg/BU%20Retaining%20Walls-Utilities/ground%20freezing/TO-USE-freezing-soil.jpg:
geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20j
étanche et stable, correspondant au critère de congélation fixé (épaisseur calculée).
5. Phase de maintien: la paroi est maintenue durant les travaux à réaliser.

Schéma : http://www.franki-
Domaine d'application
Terrain aquifère ou humide nécessaire, mais pas de courants d'eau importants ;
Fouilles complexes dans des environnements et des situations très difficilement accessibles ;
Protection pour passage de galerie, puits, galerie de liaison entre tunnels, etc.
Spécifications techniques
La congélation de l'eau souterraine augmente la résistance du sol gelé reprenant ainsi les efforts
nécessaires pour la réalisation de l’excavation.
Un liquide de refroidissement circule dans des tubes forés dans le sol, entraînant la congélation
de l'eau retenue dans le terrain.
Technique onéreuse (maintien de la surface gelée durant toute la durée de l'excavation).
Détermination et connaissance de la conductivité thermique.

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pg/BU%20Retaining%20Walls-Utilities/ground%20freezing/TO-USE-freezing-soil.jpg:
geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20j
Photo http://www.franki-
Chantier congélation de sol de la société FRANKI FOUNDATION BELGIUM : liaison souterraine entre les tours
Dexia et CIR, Bruxelles (Belgique) - 2004 & 2005
Pieu foré tubé de grand diamètre
Le pieu foré de grand diamètre avec tubage louvoyé est un pieu cylindrique en béton moulé dans le sol.
Il est réalisé par forage préalable sous la protection d'un tube de guidage provisoire, éventuellement sous
surpression d'eau.
Principe d'exécution (suivant les prescriptions de la norme NBN EN1536:1999)
1. Mise en place et forage du premier tube de forage.
2. Louvoyage du tube guide de forage, muni d’une couronne de forage, dans le sol.
3. et 4. Progression du forage à l’aide d’une benne circulaire à l’intérieur du tube et ajout d’éléments de
tubage afin d’éviter l’éboulement du terrain dans le trou de forage.
Création d’une surpression d'eau dans le tubage (delta h) en cas de forage dans des sols non cohésifs sous
le niveau de l'eau souterraine.
5. Atteinte du niveau d'assise, nettoyage du front de forage et pompage de l'eau de forage. Réalisation du
pieu: descente de la cage d'armature et bétonnage, éventuellement au tube plongeur s’il y a présence
d’eau.
6. Pendant le bétonnage, remontée progressive du tubage de soutien provisoire sous une garde suffisante
de béton.

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geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%203%20Bor
ed%20p%20microp/l%20diam%20bored-temp%20casing/BU2-005.1-large-dia-bored-pile-temp-casing.jpg
Photo et schéma : http: http://www.franki-
Domaine d'application
Pieu solitaire.
Convient pour des charges ponctuelles
concentrées élevées, des efforts horizontaux et
des moments de flexion.
Assise ou encastrement possible dans des
couches plus résistantes ou rocheuses.
Percement d'obstacles dans le sous-sol, qui
empêchent l'application d'autres techniques.
Très grandes profondeurs d'assise (jusqu'à > 50
m).
Niveau de coulage (= arrêt bétonnage) sous le
niveau de plate-forme de travail possible
(« contrebas »).
Travaux d'infrastructure, projets industriels
importants, grands immeubles.
Spécifications techniques
Large gamme de diamètres standards de 600 à
1500 mm.

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Forage stable par le cuvelage provisoire assurant la tenue du forage et évitant une décompression
du sol.
Bétonnage avec tube plongeur pour éviter la ségrégation du béton.
Possibilité d'arrêter le bétonnage au niveau requis, même sous le niveau de la plate-forme de
travail.
Le pieu définitif est armé.
Exécution éventuelle avec inclinaison limitée.
Capacité portante utile atteignant 13800 kN.
Pieu foré de grand diamètre sous fluide thixotrope
Procédé d'exécution
Suivant les prescriptions de la norme NBN EN1536:1999
1. Implantation, centrage du tube de forage provisoire (virole) sur le centre du pieu et préforage.
2. Après fonçage du premier élément de tube, ce dernier est rempli de bentonite (fluide de support).
3. Continuation du forage sous réalimentation et chargement de la boue jusqu'à la profondeur d'assise ;
le niveau de la boue bentonitique se situe au moins 2 m au-dessus de la nappe phréatique.
4. Au niveau de l'assise: nettoyage du front de forage, évacuation et recyclage du fluide de support. Mise
en place de l'armature.
5. Substitution de la bentonite par du béton ; bétonnage au tube plongeur.

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%203%20
Bored%20p%20microp/l%20diam%20bored%20thixotropic/BU2-006-large-dia-bored-p-thixotropic.jpg
6. Fin de la phase de bétonnage et après le retrait du tube plongeur, début de l'extraction du tubage.
7. Extraction du tubage (virole) et vérification du contrebas final (contrôle de l’arase béton).

Schéma http: http://www.franki-

Domaine d'application
Pieu solitaire.
Convient pour des charges ponctuelles concentrées élevées, des efforts horizontaux et des
moments de flexion.
Assise ou encastrement possible dans des couches plus résistantes ou rocheuses.

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Percement d'obstacles dans le sous-sol (où l'utilisation des techniques classiques n'est pas
possible).
Très grandes profondeurs d'assise (jusqu'à > 50 m).
Niveau de coulage (= arrêt bétonnage) sous le niveau de plate-forme de travail
possible (« contrebas ").
Travaux d'infrastructure, projets industriels importants, grands immeubles.

Spécifications techniques
Diamètres de 620 à 1980 mm.
Forage stable par / grâce à la surpression du
fluide de support (eau, bentonite,
polymères, …).
Le pieu définitif est armé.

0Bored%20p%20microp/l%20diam%20bored%20thixotropic/BU2-006-large-dia-bored-p-thixotropic.jpg
geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/BU%203%2
Bétonnage au moyen d'un tube plongeur.
Possibilité d'arrêter le bétonnage au niveau
requis, même sous le niveau de la plate-
forme de travail.
Capacité portante utile atteignant 24050
kN.

Photos http: http://www.franki-


Exécution de pieux à base élargie possible.

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Le pieu énergétique
Description
Un pieu énergétique -
également appelé pieu
échangeur de chaleur - est un
pieu équipé d’un tube ou
réseau de tubes de manière à
pouvoir échanger de la chaleur
avec le terrain.
Ce pieu assure une double
fonction : celle de reporter en
profondeur les charges d'une construction et celle d’échangeur de chaleur avec le terrain.
Les pieux énergétiques sont mis en œuvre soit avec refoulement du sol (voir 'Procédé d'exécution'), soit

Photo et schémas : http://www.franki-foundations-group.be/Business-Units/Piles/Energiepaal.aspx


réalisés par excavation du sol.
Le fonctionnement de l'installation se déroule sur un cycle annuel, avec une extraction de la chaleur du
terrain pendant la saison de chauffage en hiver (injection de froid) et une extraction de froid pendant la
période de climatisation, en été (injection de chaleur dans le terrain).
Procédé d'exécution
1, 2. & 3 : Pendant la
phase de vissage, un tube
de guidage est foré jusqu'à
la profondeur d'assise
exacte au moyen d'une
tarière à refoulement de
sol.
4 : Durant la phase de
dévissage, le béton est
pompé au travers de l'axe
creux de la tarière,
extraite simultanément
avec un mouvement de
rotation.
5. & 6 : L'armature, munie d'échangeurs de
chaleur intégrés en HDPE, est ensuite mise en
place dans le pieu bétonné (voir photo ci-
contre). Un fluide caloporteur, souvent de l'eau
claire uniquement, circule dans un réseau en
boucle entre les pieux et une pompe à chaleur
(PAC), afin de pouvoir échanger la chaleur ou le
froid du terrain.

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Le tableau ci-dessous, résume les avantages et inconvénients des différentes techniques de mise
en œuvre des pieux

Tableau : CSTC-Contact – N° 16 – Décembre 2007 – page1


Essais et contrôles géotechniques sur les pieux
Essais de mise en charge statique des pieux
L’essai de mise en charge statique d’un pieu de fondation se déroule sur une durée de quelques heures et
consiste à appliquer sur ce dernier une charge croissante en traction ou en compression. Durant cet
essai, le déplacement de la tête du pieu est notamment observé.
Essais et contrôles géotechniques sur les pieux
Cet essai peut tout d’abord servir de test de vérification. Dans ce cas, la charge exercée sur le pieu
équivaut à 150 % de la charge de service et le pieu n’est pas instrumenté. Cet essai, généralement réalisé
par l’entrepreneur, fournit des informations relatives aux déplacements attendus avec une charge de
service.
L’essai de mise en charge statique des pieux peut
également être utilisé pour le dimensionnement
des fondations sur les chantiers de plus grande
envergure. Les résultats de l’essai servent alors à
la fois à dimensionner et à optimiser le projet.
Dans certains cas, cet essai est en outre
obligatoire (p. ex. en cas d’incertitude quant aux
conséquences de la technique de mise en œuvre, au
comportement du pieu dans un certain type de sol ou
aux charges spécifiques). L’essai doit alors être
effectué jusqu’à la rupture géotechnique. De
plus, outre le déplacement de la tête du pieu, la
déformation de ce dernier à diverses
profondeurs (raccourcissement lors d’un essai de
compression et allongement lors d’un essai de
traction) est également mesurée.
Photo : essai de chargement statique (CSTC Contact 2012/3)

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Toutes les mesures sont enregistrées de manière automatique et continue. Celles-ci permettent non
seulement de déterminer le déplacement de la tête et de la base du pieu, mais également d’évaluer la
répartition de la charge dans le pieu et, enfin, de savoir dans quelle mesure les différentes strates du sol
déterminent la capacité portante du pieu.
Les essais dynamiques, généralement plus rapides et moins coûteux, peuvent remplacer les essais
statiques. Toutefois, selon l’Eurocode 7, ces essais doivent toujours être calibrés par des essais statiques.
Essais d’intégrité
Bien que les essais d’intégrité ne fournissent pas d’information directe quant au dimensionnement des
fondations, ils permettent néanmoins de détecter d’éventuels défauts des pieux qui risqueraient
d’affecter leur stabilité, notamment :
une discontinuité dans le béton ou une mauvaise qualité de celui-ci ;
un rétrécissement du fût ;
une profondeur d’assise qui ne correspond pas à la profondeur attendue.
Le choix d’un essai d’intégrité se fait en
fonction du type de fondation (pieu foré,

Schéma : essai de chargement statique (CSTC Contact 2012/3)


barrette, paroi moulée dans le sol) et de la
géologie du sol. Les méthodes les plus
couramment utilisées sont les méthodes
impulsionnelles (génération d’un choc
mécanique) et les méthodes soniques
(émission d’une onde ultrasonore).
D’une manière générale, les méthodes
impulsionnelles sont plus rapides et moins
coûteuses que les méthodes soniques, mais
leur domaine d’application est plus restreint
(cf. tableau).

Tableau des limites d’utilisation des méthodes impulsionnelles (CSTC contact 2012/3)

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Compactage dynamique
Le compactage dynamique ou le compactage par chocs est un compactage depuis la surface effectué au
moyen d'une masse importante pilonnant avec une grande énergie la surface du terrain.
Procédé d'exécution
Dans le compactage par chocs, l’application de la chute libre et répétée d'un poids important tombant
d'une grande hauteur et provoquant un choc à la surface du terrain est un moyen efficace de densification
de sol.
L'énergie forte de l'impact est transmise depuis la surface aux couches plus profondes du sol par
propagation d’ondes de compression ou ondes
longitudinales ('compression waves’) et d’ondes
de cisaillement ou ondes transversales ('shear
waves’).

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/B
U%203%20Bored%20p%20microp/dyn%20verdichting/BU2-007-dynamic-compaction.jpg
Le compactage dynamique est appliqué en plusieurs
phases de pilonnage suivant un quadrillage défini au
préalable. L’inter-distance de ce maillage est
réduite à la passe suivante, où l’on compacte aux
points intermédiaires du quadrillage précédent.
Entre les passes, on procède à des tests de

Schémas http: http://www.franki-


contrôle géotechniques dont les résultats
détermineront les étapes de compactage
suivantes.

Le degré de compactage est contrôlé moyennant une étude de sol complémentaire:


Essais de sol (sondage) réalisés avant et après le compactage

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Domaine d'application
Convient pour améliorer des couches
susceptibles aux tassements (réduction
des tassements).
Adapté pour le traitement de terrains non
cohésifs à viabiliser.
Traitement d’ouvrages de grande surface
ou de terrains remblayés.
Bâtiments industriels et projets

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/B
U%203%20Bored%20p%20microp/dyn%20verdichting/BU2-007-dynamic-compaction.jpg
d’infrastructure.
Reprise de charges réparties.
Spécifications techniques
Assure le compactage de sols lâches non
saturés non cohésifs.

Photos http: http://www.franki-


Avec ou sans incorporation de matériaux.
Les vibrations peuvent être surveillées et
le procédé peut être adapté afin de
garantir une amplitude de vibration
maximale.
La masse du pilon et la hauteur de la
chute dépendent des données du projet.

Compactage par résonance ou vibration


Description
Le compactage par résonance ou le
vibrocompactage est effectué par vibration d'un
profilé métallique spécialement conçu.

L’effet de résonance dans les couches de sol augmente


l’effet de la densification par vibration, engendrant une
liquéfaction localisée du sol permettant la diminution du
volume du sol (réarrangement du squelette granulaire en
un état plus dense par élimination des vides remplis d’air)
et améliorant les caractéristiques mécaniques du terrain.

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Procédé d'exécution
Un profilé de conception spéciale (aiguille vibrante) est suspendu à un vibrateur de forte puissance et
enfoncé à la profondeur requise par vibration.
Compactage du terrain sous l'effet des vibrations transmises au sol par le profilé métallique.
Extraction du profilé à la fin de l'opération. Aiguille vibrante

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/
BU%203%20Bored%20p%20microp/resonante%20trilverdichting/Resonant-comp-2.JPG
Photo http: http://www.franki-

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Domaine d'application
Réduction des tassements
Traitement et exploitation
de terrains non cohésifs
(sables).
Traitement d’ouvrages de
grande surface.
Dans des couches de sable
(non cohésifs) saturées
d'eau, les fractions de limon
et d'argile (pourcentage de
fines) doivent être
relativement faibles suivant
les courbes empiriques de
Mitchell.

geotechnics.be/Franki/media/Franki_Media/Products%20sheets%20Piles/products%20jpg/
BU%203%20Bored%20p%20microp/resonante%20trilverdichting/Resonant-comp-2.JPG
Dans les sols non cohésifs non saturés, la distance entre les points de compactage dans le
maillage doit être plus petite que dans des sols saturés.
Spécifications techniques
Compactage profond avec une aiguille vibrante.
Grande efficacité de compactage par augmentation des fréquences des vibrations réglée au

Photos http: http://www.franki-


voisinage ou sur la fréquence de résonance du sol.

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Les palplanches

Photo : http://www.agon-coutainville.com/autre-
Les palplanches sont des profilés métalliques en forme

efficace.htm#1)_PALPLANCHES
de U ou de Z, comportant des rainures latérales
permettant leur emboîtement.
Ces produits sont fabriqués par laminage successif afin
d’obtenir le profil voulu.
Ces palplanches sont enfoncées verticalement dans le
sol, les unes à côté des autres afin de constituer un
rideau de palplanches.
Cet écran peut servir au soutènement provisoire des terres durant l’exécution d’un chantier souterrain ou
de construction de fondation.

Photo : http://www.vercheenne.fr/nos-ouvrages/ouvrages-geotechniques/palplanches/

Les palplanches peuvent aussi être placées en rivière afin de former une enceinte étanche appelée
batardeau, nécessaire pour la construction des murs de quai ou des piles de pont et de barrage.
Types de palplanches
Palplanches en Z Schéma : palplanches, catalogue général 2006 d’ARCELOR

Elles se caractérisent
essentiellement par la continuité de
leur âme et par la position
spécifique de leurs serrures,
symétriques par rapport à l’axe neutre, ce qui contribue favorablement à la valeur du module de
résistance.
Pour répondre aux spécifications propres à chaque projet, différentes formes d’assemblage des profils Z
peuvent être spécifiées à la commande :

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Les palplanches en Z présentent des emboitements situés de part et d’autre du plan médian de la paroi.
Il est recommandé d’utiliser les palplanches en Z enclenchées par paires. La résistance des matériaux
n’impose pas de solidariser les palplanches doubles au niveau de la serrure. Elles peuvent néanmoins
l’être par pinçage à la demande du client.

Schémas : palplanches, catalogue général 2006 d’ARCELOR


Des raccords
permettent, dans la
majorité des cas,
d’éviter l’utilisation
de palplanches
spéciales.
Les pièces de
raccord sont
enclenchées et
soudées sur la
palplanche avec un
retrait d’environ
200 mm de la tête.

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Il existe toute une gamme de palplanches de raccords et d’angles ; il est aussi possible de concevoir des
constructions circulaires par le biais d’une déviation dans les serrures.

Chaque serrure autorise une certaine rotation. L’angle de débattement maximal dépend du profil, de sa
longueur, de la nature du terrain et du mode de fonçage. Il est en général de 5°.
Dispositifs d’ancrage
Les palplanches utilisées comme rideau de soutènement nécessitent presque toujours des appuis en
partie haute, en plus de l’encastrement en pied.
Les batardeaux provisoires utilisent généralement

archi.eu/forum/viewtopic.php?pid=487311
des liernes et des butons à l’intérieur de la fouille
pour en assurer la stabilité. Les rideaux

Photo : http://www.pss-
permanents ou de grande longueur sont souvent
ancrés au moyen d’un rideau supplémentaire
placé à une certaine distance à l’arrière du rideau
principal. D’autres systèmes d’ancrage, faisant
intervenir des tirants injectés ou des pieux, sont
également possible.
Le schéma ci-dessous montre un assemblage type
entre un tirant horizontal et un rideau de
palplanches. On identifie les éléments suivants :

Schémas : palplanches, catalogue général 2006 d’ARCELOR

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Palplanches en U
Plusieurs millions de tonnes de palplanches en U ont été utilisées depuis le début du dernier siècle dans
le monde pour la construction d’ouvrages de toute nature.
Les avantages des palplanches en U sont multiples :
elles constituent une gamme étendue de profils, comportant plusieurs séries qui diffèrent par
leurs caractéristiques géométriques, d’où la possibilité de choisir le profil techniquement et
économiquement le mieux adapté au projet ;
elles combinent une grande profondeur d’onde à une épaisseur de dos importante, résultant de
caractéristiques statiques excellentes ;
elles sont particulièrement aptes au réemploi, grâce à leur forme symétrique ;
elles peuvent être solidarisées par paires en usine (par pinçage), ce qui permet d’améliorer le
rendement et la qualité de mise en œuvre ;
elles permettent une fixation aisée des tirants et des systèmes d’attaches articulés, même sous
l’eau ;
elles présentent une bonne résistance à la corrosion, les plus fortes épaisseurs d’acier se trouvant
au dos des profils.

Pour les palplanches en U, les emboîtements se trouvent dans le plan médian de la paroi.

Schémas : palplanches, catalogue général 2006 d’ARCELOR


Serrure Larssen
Photo: http://fr.wikipedia.org/wiki/Palplanche

Depuis 1902, date de sa création, ce type de serrure à


double recouvrement n’a cessé de prouver son efficacité
dans d’innombrables applications à travers le monde.

Comme pour les profilés Z, les palplanches en U possèdent une gamme d’accessoire et de tirants
adaptés.
Comme les profilés métalliques, les palplanches sont définies selon leurs dimensions, leur masse, leur
moment d’inertie, ...

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Exemple de caractéristiques de palplanche

Profils Oméga d’ARCELOR: les palplanches


Oméga permettent le battage d’un mur continu
dans un espace réduit. En effet, grâce à leurs
boucles inversées les palplanches Oméga

Schéma et tableau : palplanches profilées à froid, édition 2013 d’ARCELOR MITTAL


permettent de diviser l’emprise du mur par deux
en comparaison avec un profil U similaire.
La géométrie des profils Oméga a été optimisée
afin d’obtenir un excellent rapport module de
flexion/poids.

La longueur maximale de fabrication est définie par l’utilisateur et varie en fonction du profilé avec des
maxima allant de 16 à 33 mètres. Des longueurs supérieures sont réalisables à la demande ou encore on
procède sur chantier au soudage de deux palplanches.
Les palplanches peuvent être fabriquées en différentes qualités et formes (Z, U, Oméga, plate, caisson,
mixte, etc.)
Les palplanches sont normalement livrées sans trou de manutention. Sur demande, elles peuvent
néanmoins être livrées avec un trou de manutention au milieu du profil.

Dimensions standard Ø = 50 mm Y = 200 mm


Ø = 50 mm Y = 250 mm
Ø = 40 mm Y = 75 mm
Ø = 40 mm Y = 300 mm
Ø = 2,5 in (63,5 mm) Y = 9 in (230 mm)

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Schéma : palplanches, catalogue général 2006 d’ARCELOR


Durabilité
L’acier non protégé, qu’il soit exposé à l’atmosphère, immergé ou enterré, est soumis à un phénomène
de corrosion qui peut conduire dans des cas extrêmes à des dommages sérieux. Un affaiblissement du
profil ou une perforation localisée sont habituellement considérés comme des problèmes d’entretien qui
peuvent être corrigés ponctuellement. En fonction des exigences de durée de vie et d’accessibilité des
ouvrages, la durabilité des palplanches peut être obtenue par l’une ou par une combinaison de méthodes
suivantes :
protection anticorrosion par application d’un revêtement de peinture ;
choix d’un profil plus épais ou d’une nuance d’acier supérieure, pour une réserve statique plus
importante ;
conception évitant les moments fléchissants importants dans les zones de forte corrosion ;
protection anticorrosion par galvanisation à chaud au trempé. Le procédé consiste à plonger
l’acier, après une préparation de surface adéquate, dans un bain de zinc fondu, ce qui provoque
l’apparition d’une fine couche d’un alliage acier-zinc à la surface de l’acier, avec un revêtement
en zinc pur sur toute la surface. La préparation des surfaces est réalisée par passage dans un bain
de décapage (bain acide) et fluxage (chlorures). Le bain de zinc est à une température de 450°C et
l’épaisseur minimale de la couche finie est de 85 µm, en conformité avec l’EN ISO 1461.
Les taux de corrosion de l’acier varient en fonction de la zone d’exposition.
Classiquement, la protection anticorrosion des palplanches métalliques est obtenue au moyen d’un
revêtement de surface. Une préparation correcte de la surface d’acier est essentielle ; cela va d’un
revêtement primaire après grenaillage jusqu’à la protection par des systèmes complexes multicouches.
Pour des raisons esthétiques, il arrive qu’une couche finale soit appliquée uniquement sur les parties
apparentes des palplanches.
Étanchéité
Les palplanches métalliques proprement dites sont totalement imperméables. La seule possibilité pour
l’eau de s’infiltrer au travers d’un rideau de palplanches est de s’écouler au travers des serrures. Aucun
dispositif d’étanchéité supplémentaire ne s’impose donc pour les applications admettant une quantité
d’infiltration modérée, telles que les rideaux de soutènement provisoires.

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Photo : palplanches profilées à froid, édition 2013 d’ARCELOR MITTAL


Dans les applications nécessitant une
résistance à l’infiltration moyenne,
des matériaux de remplissage sont
utilisés pour étanchéifier la serrure
intermédiaire des palplanches
doubles en atelier et/ou la serrure
libre enclenchée sur chantier.
Les différents mastics bitumineux
disponibles conviennent tout à fait,
mais on notera que leur emploi est
limité aux pressions hydrostatiques
inférieures à 100 kPa.

Dans le cas où une résistance élevée est requise,


ainsi que pour des pressions hydrostatiques allant
jusqu’à 200 kPa, il convient d’utiliser un produit
à base de polyuréthane hydrogonflant. Les
Photo et schémas : palplanches, étanchéité des rideaux de palplanches d’ARCELOR MITTAL

serrures médianes des palplanches doubles sont


étanchéifiées par un polyuréthane à deux
composants. Un rideau conçu de cette manière
est 100 à 1000 fois plus étanche que le simple
rideau de palplanches à serrures Larssen.

Les palplanches sont stockées ou transportées de façon à ce qu’aucune serrure libre emplie de produit
hydrogonflant ne soit en contact avec de l’eau stagnante (risque de gonflement du produit après
polymérisation et perte d’adhérence), il faut donc veiller à toujours les placer « serrure libre étanchée »
dirigée vers le bas.

Une étanchéité à 100 % peut être obtenue par soudage de tous les joints ; on
utilisera alors des palplanches doubles avec une
serrure soudée en atelier. La serrure enclenchée
sur le chantier doit alors être soudé sur place
après terrassement, sur la hauteur accessible.

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Mise en œuvre
Les techniques de fonçage actuelles se classent en
trois catégories : battage, vibrofonçage et
vérinage.
Le battage est sans doute la plus ancienne des
techniques, elle consiste à enfoncer un élément
rigide dans le sol à l’aide d’une masse frappante.
L’exécution se fait à l’aide de moutons diesel,
trépideurs ou marteaux hydrauliques.
Le vibrofonçage applique des vibrations
verticales aux palplanches pour leur permettre de
pénétrer dans certaines couches de sol. Le
principe du fonçage par vibration vise à réduire le

Photos: http://fr.wikipedia.org/wiki/Palplanche
frottement entre la palplanche et le sol, et
s’utilise principalement dans des sols granulaires
ou des sols argileux mous.

Descente des mâchoires du marteau

Photo: http://palplanches.arcelormittal.com/news/more/id/26/name/news/culture/fr

Le vérinage, développé à l’origine comme


système de fonçage silencieux, est largement
reconnu pour l’absence de vibrations pendant
l’installation. Ce système est efficace dans des
sols granulaires peu denses et dans des sols
argileux mous.
La mise en œuvre peut être facilitée par des
techniques d’assistance dont les plus connues sont
le préforage et le lançage. Cette dernière
opération consiste à injecter de l’eau sous
pression en pied de palplanche pendant le
fonçage.

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Stabilité des palplanches


Afin d’empêcher le basculement de la palplanche lors de l’exécution des travaux de terrassement, il est
nécessaire de descendre cette dernière à un niveau plus bas que le fond de l’excavation.
La différence entre le niveau inférieur atteint par la palplanche et le fond de la fouille s’appelle la hauteur
de fiche (h2).

Celle-ci est déterminée en fonction de la hauteur foncée (h1) de la palplanche et aussi selon la nature du
terrain.
Problème du renard
Lorsque la palplanche sert de batardeau ou
lorsque le terrain est aquifère, il y a un risque
d’écoulement de l’eau sous le rideau de
palplanche ; il s’agit du phénomène de renard.
Afin d’éviter cette venue d’eau, il y a lieu
éventuellement d’accroître la hauteur de fiche.

Étaiement ou ancrage
Les rideaux simplement encastrés sont réservés
aux soutènements de faible hauteur (3 à 4 m) et
nécessitent une grande hauteur de fiche.
Lorsque la hauteur du soutènement devient importante, la poussée des terres provoque un déplacement
en tête de palplanche.
Afin d’observer ce phénomène, on doit étayer ou ancrer le rideau.
tecs.com/fr/palplanches/realisation-d-ouvrage-d-art_13

Trois solutions peuvent être retenues :


le soutien est réalisé par des butons horizontaux reliant les
Photo: http://www.palplanches-

deux parois opposées ; cette solution n’est économique que


pour des largeurs de fouilles limitées ;
l’étaiement incliné par des étançons obliques ;
lorsque le rideau sert au soutènement de terre, on peut
éviter l’usage de butons ou des étais, fort préjudiciable au
travail à l’intérieur de la fouille, en assurant la retenue des
palplanches par un système d’ancrage avec des tirants métalliques.

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Dans le cas de batardeau, il est possible de soutenir le rideau grâce à un contrebutage constitué par des
graviers prélevés dans le lit du cours d’eau ou par un enrochement.

http://www.larousse.fr/archives/grande-encyclopedie/page/1630

Récupération des palplanches


Photo: http://www.pajot.com/product/verineur-

Les palplanches servent, en général, de soutènement


au-sol-equipe-de-2-verins/#3

provisoire, mais s’agissant d’éléments coûteux, on


s’efforce dans la mesure du possible de les récupérer.
On utilise un arracheur constitué d’une pince qui
agrippe la palplanche sur une grande surface afin
d’éviter le déchirement du métal.

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Les parois berlinoises


Cette méthode consiste à mettre en place dans le terrain, sur la périphérie de l’ouvrage à construire, des
poteaux verticaux espacés de 2 à 4 mètres les uns des autres et fichés dans le sol plus bas que le niveau du
fond de la fouille.

Photo et schéma : http://www.ffgb.be/Business-Units/Retaining-


Walls---Utilities/Berlijnse-wand-en-paroi-parisienne.aspx
Ces poteaux sont constitués par des poutrelles en acier en forme de H.
On procède ensuite au terrassement de la fouille en blindant la paroi au fur et à mesure de la descente, à
l’aide de plaques en bois, en métal ou en béton préfabriqué, enfilées dans les gorges des poutrelles.
Comme pour les palplanches, le contrebutage est réalisé par des étais ou par des tirants d’ancrage.
Spécifications techniques :
uniquement pour la retenue de terres ;
uniquement si la nappe d'eau se situe plus bas que le niveau d’excavation maximal ;
cohésion temporaire du sol requise pour
permettre l’excavation et la mise en
place du blindage horizontal ;
évacuation des terres: dépend du système
de mise en place ;
ancrages complémentaires si nécessaire ;
profondeur de 12 à 15 m ;
hauteur de retenue de 3 à 6 m ;
largeur de la paroi de 0.20 à 0.40 m.

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