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LES QUALIFICATIONS PROFESSIONNELLES DU

TRAVAILLEUR
La qualification professionnelle est l’aptitude du salarié à exercer un emploi. La
qualification professionnelle est déterminée au regard des fonctions réellement
exercées par le salarié.

Certaines qualifications nécessitent l'obtention d'un diplôme. D'autres peuvent


s'acquérir par l'expérience. Ce sont généralement les conventions collectives qui
définissent les grilles de classification des emplois. En l'absence de disposition
conventionnelle, la qualification professionnelle est déterminée par l'employeur
et le salarié au moment de l'embauche.

S’adaptant aux structures concrètes du monde du travail la loi et surtout les


conventions collectives, ainsi que la pratique professionnelle, établissent une
distinction théorique entre quatre catégories de travailleurs : ouvriers/
employés/ agents de maîtrise, techniciens et assimilés/ cadres.
Mais c’est en fait sous l’angle des salaires que les conventions collectives
déterminent à l’intérieur de chaque groupe les diverses qualifications dans la
profession.
L’article 47 de la convention collective interprofessionnelle traite des catégories
professionnelles. L’article 73 de la même convention énonce les différentes
catégories d’emploi.
Ces classifications apparaissent très souvent dépassées et inadaptées à la suite
de l’évolution des techniques (ancienneté des conventions).
Aussi c’est dans le cadre de l’entreprise et au moment de l’embauchage que
s’opère la qualification du travailleur en fonction directe du poste auquel il est
affecté, sans correspondance nécessaire avec ses diplômes ou ses titres
découlant des emplois antérieurement tenus.
La qualification effective est donc essentiellement contractuelle, ce qui signifie
qu’en économie libérale, l’employeur demeure maitre de la structure de son
entreprise, de la hiérarchie et de la qualification des emplois offerts que les
techniques modernes s’efforcent de déterminer scientifiquement en fonction de
divers critère : connaissance, responsabilités, condition de travail…
Aussi certaines conventions collectives instituent des commissions paritaires de
qualification dont la mission est d’évaluer les postes de travail de l’entreprise.

1. LES OUVRIERS
Un ouvrier est une personne qui, en échange d'un salaire, effectue un travail
manuel pour le compte d'un employeur principalement dans les domaines du
bâtiment, de l’industrie, de l'artisanat ou de l’agriculture.
La notion d'ouvrier se caractérise, outre les domaines évoqués plus haut, par :
- un faible pouvoir de décision dans l'entreprise,
- peu de diplômes,
- des tâches techniques de production,
- des conditions de travail parfois difficiles.
Les ouvriers sont classés dans des catégories professionnelles et échelons
établis par profession.

1ière Catégorie : Manœuvre ordinaire


C’est celui à qui est confié des besogne élémentaires ne nécessitant ni
connaissances professionnelles, ni adaptation.

2ième Catégorie : Manœuvre spécialisé

Travailleur à qui est confiés des travaux ne nécessitant qu’une initiation de


courte durée ou effectuant des travaux simples.

3ième Catégorie : Aide-ouvrier


Travailleur connaissant une partie seulement d’un métier nécessitant une
certaine formation préalable, acquise par l’apprentissage ou la pratique du
métier, ne possédant pas l’habilité et le rendement exigé des ouvriers
spécialisés.

4ième Catégorie : Ouvrier spécialisé


Ouvrier d’habilité et de rendement courants, exécutant des travaux qui exigent
des connaissances professionnelles certaines. Sont à classer dans cette catégorie
les ouvriers titulaires d’un CAP et débutant dans le métier ; l’ouvrier justifiant,
après essai professionnel, de la qualification requise pour cette catégorie.

5ième Catégorie : Ouvrier professionnel


Ouvrier exécutant des travaux qualifiés exigeant des connaissances
professionnelles étendues. Sont à classer dans cette catégorie les ouvriers
titulaires d’un CAP et comptant au moins deux années de pratique dans leur
spécialité ; la convention collective des auxiliaires du transport classe dans cette
catégorie les titulaires d’un CAP débutant ; les ouvriers pouvant être assimilés
aux précédents en raison de leur valeur professionnelle acquise par une longue
pratique du métier ou après un essai professionnel.

6ième Catégorie : Ouvrier qualifié


Ouvrier exécutant des travaux particulièrement qualifiés, nécessitant une
connaissance complète de sa profession, une formation théorique et pratique
approfondie.
Est à classer dans cette catégorie : le titulaire du Brevet d’Enseignement
Industriel pendant une période de perfectionnement de 6 mois au maximum ;
l’ouvrier possédant plusieurs CAP ou niveau équivalant à justifier par essai
professionnel.

7ième : Catégorie (anciennement hors catégorie)


Ouvrier d’habilité exceptionnelle exécutant manuellement des travaux de haute
valeur professionnelle et notamment ceux ayant le caractère de travaux d’art.
Généralement le salaire de base de cet ouvrier ne peut être inférieur au salaire
de base de l’agent de maitrise 1er Catégorie.

2. LES EMPLOYES

Ils sont généralement classés en sept catégories et possèdent un minimum


d’instruction.

3. LES AGENTS DE MAITRISE, LES TECHNICIENS ET ASSIMILES

L’agent de maîtrise est l’agent chargé de façon permanente de diriger,


coordonner et contrôler le travail d’un groupe d’ouvriers ou d’employés dans
l’exécution de travaux dont il assume la responsabilité à l’égard de l’employeur
sans intervenir manuellement de façon courante. Ses connaissances
professionnelles théoriques et pratiques sont acquises soit dans une école, soit
par la formation pratique et sont fonction de la nature et de la technicité des
travaux dont il assure la conduite. Sont assimilés aux agents de maîtrise, les
techniciens et collaborateurs, qui sans exercer un commandement ou un
contrôle, ont des fonctions exigeant des connaissances et comportant des
responsabilités comparables à celles des agents de maîtrise. Les agents de
maitrise sont généralement classés en cinq catégories (M1 à M5).

4. LES CADRES, INGENIEURS ET ASSIMILES


Il n’y a probablement pas de réponses satisfaisantes à la question : « Qui sont
les Cadres » ? Vu de l’extérieur, ce mot qui est emprunté au vocabulaire militaire
(les gradés « encadrant » la troupe), semble avoir un contenu bien déterminé.
Ainsi, lorsqu’un agent de maitrise dit qu’il va « passer cadre », il sait qu’il existe
pour lui une frontière qui sera bientôt franchie ; mais les difficultés surgissent
dès lors que l’on cherche à dire ce qu’est le cadre.
Les dispositions particulières aux Ingénieurs, assimilés et cadres (Annexe IV de
la convention collective des entreprises du Bâtiment et des travaux publics du 6
juillet 1956) prévoient à l’article 3 que sont considérés : « …Comme cadres
(Position 3 et Supérieures) : les employés possédant une formation
administrative, juridique, commerciale ou financière et exerçant, par délégation
de l’employeur, un commandement sur des collaborateurs de toute nature
(ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs, collaborateurs
administratifs et commerciaux). « Seront également rangés dans cette catégorie
les collaborateurs qui, sans exercer de commandement, auront des
responsabilités équivalentes… »
En ce qui concerne les statuts de l’Association des cadres Ivoiriens du secteur
Privé, ils disposent en leur article 2 que : Sont considérés comme cadres, les
employés qui répondent aux conditions suivantes :
- Posséder une formation technique, administrative, juridique, commerciale ou
industrielle, résultant soit d’études sanctionnées par un diplôme des écoles
spécialisées ou d’une université, soit d’une expérience professionnelle
équivalente ;
- Occuper dans le secteur privé ivoirien une fonction comportant des pouvoirs
de décision et de commandement ou des responsabilités équivalentes. »
Paradoxalement, les notions de « pouvoirs de décision, de commandement, de
responsabilités. » ont pour inconvénient majeur d’englober dans la catégorie des
cadres un grand nombre de travailleurs et de lui donner un degré de généralité
tel que le contenu perde toute réalité, car une partie des agents de l’entreprise,
pour n’être pas cadre, possède, chacun à son niveau, de nombreuses
responsabilité ! A l’inverse, nombreux sont les cadres qui se plaignent justement
de rester dans l’ignorance sur les décisions concernant la politique à long terme
de l’entreprise.
Le cadre, c’est donc l’intellectuel dans un monde de manuels, le créateur dans
un univers d’exécutants ; mais c’est aussi « le chef » par rapport aux autres
«subordonnés » ; c’est « l’allié des propriétaires dans le monde des
prolétaires»…
Les cadres sont : soit techniques, soit administratifs, soit commerciaux.
Des définitions ci-dessus citées, il ressort que la qualité de cadre exige
normalement deux conditions :
1ière Condition : la formation
Elle est plus souvent constatée par un diplôme universitaire ; ce sont les cadres
sur titres. Mais il arrive que la formation soit acquise par expérience
professionnelle reconnue par l’employeur.

2ième Condition : l’exercice d’un commandement


Le cadre exerce par délégation de l’employeur un commandement sur les
collaborateurs ou assume une responsabilité équivalente (ingénieur de
recherche, conseil juridique, médecin d’entreprise).
En généralement, la rémunération des cadres est discrètement fixée par contrat
individuel. C’est ici que la notion de liberté contractuelle prend son véritable
sens. Cette rémunération cependant tiendra compte de l’organigramme de
l’entreprise, de la place qu’occupera le cadre dans cet organigramme, de son
expérience professionnelle.

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