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 Les formes de l’intrigue

1. L’intrigue unique : elle présente l’histoire d’un personnage, du


déclenchement de l’intrigue jusqu’à sa résolution. Elle fonctionne selon le principe du
schéma narratif. Cette forme d’intrigue très resserrée est souvent utilisée dans la
nouvelle.
2.  L’intrigue complexe : un lien unit plusieurs intrigues et le lecteur peut
suivre simultanément l’histoire de plusieurs personnages dont les destins se
rejoignent et se croisent. La multiplication des personnages a tendance à rendre
l’intrigue plus complexe. C’est le cas du roman feuilleton.
3. L’enchâssement : il permet de développer des intrigues secondaires à
l’intérieur de l’intrigue principale, lorsque par exemple un personnage raconte sa
propre histoire. Les modes et les niveaux de narration alternent alors. Le récit cadre
est pris en charge par un narrateur premier tandis que les récits enchâssés sont pris
en charge par un autre narrateur.

 Le point de vue dans u récit (la focalisation)

Trois types de focalisation permettent au romancier d’organiser son récit en fonction


du point de vue qu’il choisit d’adopter.

1. La focalisation externe : certains récits placent le narrateur en position de


témoin extérieur à l’action et aux personnages. Le lecteur ne dispose que d’un foyer
de perception restreint, limité aux dialogues et aux gestes des personnages. Ce point
de vue donne une impression d’impartialité et d’objectivité car la réalité décrite se
limite à son apparence extérieure. Il est souvent utilisé dans les débuts des romans.
2. La focalisation interne :
3. Dans un récit à la1ère personne, le narrateur a une perception qui ne va pas
au-delà de lui-même. Le foyer de perception grâce auquel le lecteur prend
connaissance de l’histoire est réduit. La vision est limitée et subjective.
4. Dans un récit à la 3ème personne, ce type de focalisation est utilisé
ponctuellement : le narrateur peut percevoir la scène à travers ou le regard ou les
pensées des personnages.
5. La focalisation zéro : Le narrateur est omniscient, c’est-à- dire qu’il a une
vision d’ensemble, de l’espace et du temps romanesques : il connait tout et fait
partager son savoir au lecteur n’hésitant pas à commenter ou à donner son opinion
sur l’action. Ce point de vue permet au romancier de donner une vision illimitée de
l’intrigue et des personnages. Le lecteur connait alors les pensées et les actes, le
présent et le passé, comme s’il était situé au- dessus de tout. C’est « le point de
Dieu ». Le lecteur sait ce qui se déroule dans un lieu et peut également, dans le même
chapitre ou dans le chapitre suivant, découvrir l’action qui se déroule dans un autre
lieu au même instant.

Texte d’application

Jean Valjean, le héros des Misérables, recherché par la police, s’échappe


caché dans un cercueil, avec la complicité de Fauchelevent, un vieux
jardinier.
Les allants et venants forts clairsemés du boulevard du Maine ôtaient leur chapeau au
passage d’un corbillard vieux modèle, orné de têtes de morts, de tibias et de larmes.
Dans ce corbillard il y avait un cercueil couvert d’un drap blanc sur lequel s’étalait
une vaste croix noire, pareille à une grande morte dont les bras pendent. Un carrosse
drapé où l’on apercevait un prêtre en surplis, et un enfant de chœur en calotte rouge,
suivait. Deux croque-morts en uniforme gris à parements noirs marchaient à droite et
à gauche du corbillard. Derrière venait un vieil homme en habits d’ouvriers, qui
boitait.

Qui était dans la bière ? On le sait. Jean Valjean.

Jean Valjean s’était arrangé pour vivre là- dedans, et il respirait à peu près. C’est une
chose étrange à quel point la sécurité de la conscience donne la sécurité du reste.

Toute la combinaison préméditée par Jean Valjean marchait, et marchait bien, depuis
la veille.

Peu après que Fauchelevent eut achevé de clouer la planche de dessus, Jean Valjean
s’était senti emporté, puis rouler. A moins de secousses, il avait senti qu’on passait du
pavé à la terre battue, c’est-à-dire qu’on quittait les rues et qu’on arrivait aux
boulevards. A un bruit sourd, il avait deviné qu’on traversait le pont d’Austerlitz. Au
premier temps d’arrêt, il avait compris qu’on entrait dans le cimetière.

 Victor HUGO, Les Misérables, 1862.