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École des Ingénieurs de la Ville de Paris – Cours de Mécanique des Fluides Incompressibles

Contrôle – Année 2020

École des Ingénieurs de la Ville de Paris


Cours de Mécanique des Fluides Incompressibles
Énoncé du contrôle – 4 mai 2020

Cet examen se réfère à des événements passés, mais les données ont été simplifiées. Les résultats
proposés ici ne peuvent donc pas être utilisés pour des travaux d’ingénierie. Il s’agit d’un simple
exercice.

Tous les documents de cours (livres, notes de cours, bureaux d’études, exercices...) sont autorisés.
On utilisera pour tout le contrôle :

- masse volumique de l’eau : ρ = 1000 kg/m3


- accélération de la gravité : g = 9.81 m/s2
- viscosité cinématique moléculaire de l’eau : ν = 1.0 × 10−6 m2 /s

Ce travail est à réaliser individuellement, en rendant votre copie, vous déclarez sur l’honneur
que vous n’avez pas communiqué, par quelque moyen que ce soit, avec une tierce personne
(camarade de classe ou autre) pour réaliser ce devoir.
Toute triche sera pénalisée d’un 0.
Ce devoir correspond à un examen d’une durée de 3 heures. Le rendu (copies prises en photo)
est à déposer sur Moodle le 4 mai avant 23h59 afin de ne pas pénaliser les élèves ayant une
mauvaise connexion.
Le contôle est composé de 2 parties indépendantes et est noté sur 31 points.

Première partie
Oxygénation de la Seine – Présentation
générale
Dans les années 1990, un rapport environnemental du SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour
l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne) avait signalé la dégradation de l’état écologique
de la Seine, qui hébergeait de moins en moins d’espèces de poissons. L’une des causes identifiées
de cet état était la prolifération des bactéries pendant les périodes de forte chaleur et pendant
les orages. Ces bactéries consommaient trop d’oxygène, mettant les eaux de la Seine en anoxie.
À partir de 1993, 5 ı̂lots de survie ont été mis en place pour limiter la mortalité des poissons en
insufflant de l’oxygène dissous dans la Seine. Ils sont situés sur les communes de Rueil Malmaison,
Colombes, Ile Saint-Denis, Issy-les-Moulineaux et Nanterre (voir Figure 1). Aujourd’hui, plus
de 35 espèces de poissons peuplent la Seine, qui a retrouvé un meilleur équilibre grâce à ces ı̂lots.
L’objet de cet examen est d’en étudier le fonctionnement.

Le contrôle comprend quatre section :


Section I.1 Contrôle du détendeur ;
Section I.2 Taille des bulles d’oxygène ;
Section I.3 Ascension des bulles d’oxygène ;
Section I.4 Évolution du taux d’oxygène.
On peut les traiter indépendamment, mais on recommande de les aborder dans l’ordre.

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Figure 1 – Carte de la Seine et position des ı̂lots de survie (extrait d’un rapport du SIAAP).

A C1
C3 La Seine
C2
Stockage Détendeur
d’oxygène
liquide hs =5.6m

Tubes d’alimentation
en oxygène gazeux C6 B

Dispositif d’insuflation
C4 C5 d’oxygène (DIO)

Figure 2 – Principe de fonctionnement d’un ı̂lot de survie. La Seine est vue en coupe transver-
sale. On ne voit qu’une seule des 16 conduites, qui cache les 15 autres.

On considère pour simplifier que la Seine est rectiligne de section rectangulaire, avec une pro-
fondeur uniforme hs = 5.1 m. L’eau de la Seine, en présence de sédiments en suspension, a une
masse volumique ρ = 1010 kg/m3 et une viscosité ν = 1.30 × 10−6 m2 /s.

Un système d’injection d’oxygène est composé d’un réservoir de stockage en oxygène liquide sous
pression et d’un détendeur (il n’y a pas besoin de pompe) alimentant 16 conduites identiques,
chacune de longueur L = 6.9 m et comportant chacune 8 coudes à 90◦ . Ces conduites débouchent
chacune sur un dispositif d’insufflation d’oxygène (DIO). À la sortie du détendeur (section A de
la Figure 2, l’oxygène gazeux est à une pression indéterminée pA avec une masse volumique
ρg = 1.25 kg/m3 et une viscosité cinématique νg = 1.50 × 10−5 m2 /s.
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I.1 Contrôle du détendeur [5 points]


On désire expulser un débit d’oxygène QO2 = 1200 m3 /h à la sortie du détendeur, pour l’injecter
dans les 16 conduites qui amènent l’oxygène sous une hauteur d’eau hs . Les conduites sont de
section circulaire de diamètre D = 0.08 m, et leurs parois présentent une rugosité ζ = 0.000 06 m
(tuyaux en PEHD).

I.1.a [2 points]
Calculer la vitesse débitante dans une conduite, puis le coefficient de perte de charge linéaire λc ,
enfin la perte de charge linéaire ∆Hlin entre la sortie du détendeur (point A sur la figure) et le
DIO (point B). Que vaut la vitesse de frottement u? ?

I.1.b [1 point]
Calculer les pertes de charges singulières ∆Hsing pour un tronçon. On prend en compte les pertes
dues aux coudes, avec un coefficient de perte de charge singulière ξc = 0.294 pour chacun, et la
perte due à la sortie des conduites vers le DIO avec un coefficient de perte de charge singulière
ξs = 1.

I.1.c [2 points]
On considère que la pression dans la Seine est hydrostatique. Donner la différence de charge
entre la surface libre et la section de sortie du DIO (notée B sur la figure) en fonction de la
hauteur d’eau (on néglige les mouvements du fluide) et de la pression atmosphérique. Donner la
charge en A, situé dans l’une des 16 conduites. Exprimer littéralement la pression pA à maintenir
en A en fonction des données du problème. Calculer numériquement pA − patm (la surpression à
maintenir en A).

I.2 Taille des bulles d’oxygène [5 points]


On considère l’un des 16 DIO, qui reçoit donc un débit en oxygène QO2 /16 (les DIO sont tous
à la même profondeur). Ce débit est libéré par N orifices de diamètre d0 (à déterminer) espacés
régulièrement sur une plaque en céramique. On note A0 l’aire d’un orifice et Atot = 4.75 m2
l’aire totale de la plaque. La densité d’ouverture sur la plaque est Φ = N A0 /Atot = 10%. Le
diamètre d0 permet de contrôler la taille des bulles.

Le procédé d’oxygénation de l’eau consiste à maximiser les surfaces de contact entre les bulles
de gaz (riches en oxygène) et l’eau (pauvre en oxygène). Cela permet d’augmenter le transfert
d’oxygène dans l’eau. Une partie de l’oxygène des bulles se dissout ainsi dans l’eau. L’idéal est
d’avoir un écoulement laminaire à la sortie des orifices. Les bulles formées ont alors un diamètre
uniforme db .

I.2.a [1 point]
Le nombre de Reynolds au passage d’un orifice est défini par :
d0 U0
Re0 = ,
νg

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où U0 = Q0 /A0 est la vitesse d’éjection de l’air au niveau d’un orifice, avec Q0 = QO2 /(16N ).
Évaluer le diamètre d0 de telle sorte que Re0 = 10.

I.2.b [2 points]
On sait d’expérience que la taille des bulles db formées aux orifices dépend, entre autres, du coef-
ficient de tension superficielle entre l’eau et l’oxygène gazeux σ = 0.0728 N/m et de la différence
de masse volumique ∆ρ = ρ − ρg entre l’eau et l’oxygène gazeux (car les bulles sont sujettes à
une force de flottabilité, c’est-à-dire à la somme du poids et de la poussée d’Archimède). Dans
ce régime, on admet que db ne dépend pas du débit d’oxygène ni des viscosités.

Montrez par analyse dimensionnelle que db vérifie une relation de la forme :


db
= F (π0 ) ,
d0
où π0 est un nombre adimensionnel égal au rapport de σ et d’un produit de grandeurs que l’on
écrira littéralement (on rappelle la définition du Newton : N = kg.ms−2 ).

I.2.c [1 point]
Pour estimer la taille des bulles, on réalise des expériences en laboratoire où l’on fait varier π0 et
où l’on mesure db /d0 . Les résultats de ces expériences sont représentés sur la Figure 3. Déduire
de ces expériences que le diamètre des bulles sera db = 0.007 19 m dans le cas présent (précisez
la valeur de π0 ).

102

101
db /d0

100

Exp.
10−1
10−1 100 101 102
π0

Figure 3 – Résultats expérimentaux de mesure de db /d0 en fonction de π0 .

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I.2.d [1 point]
On cherche à préciser ce qui précède par un calcul théorique. Une bulle se détache quand la
somme F des forces qui s’exercent sur elle est nulle. On donne la force due à la tension de
surface qui retient la bulle : Ft = P0 σ, où P0 est le périmètre des orifices, de forme circulaire.
En déduire l’expression exacte de F. Comparer à la Figure 3.

I.3 Ascension des bulles d’oxygène [5 points]


Dans cette partie, on cherche à prédire la forme du panache de bulles d’oxygène pour estimer
la concentration en oxygène en aval des DIO. On assimile les bulles d’oxygène à des sphères ri-
gides de diamètre db = 0.007 19 m et on suppose qu’un régime permanent d’ascension est atteint
rapidement après le détachement de la bulle de l’orifice.

I.3.a [1 point]
db wb
On suppose que le nombre de Reynolds des bulles Reb = est compris entre 900 et 105 ce
ν
qui donne un coefficient de traı̂née indépendant de Reb : Cd = 0.47. En équilibrant les forces
que reçoı̂t une bulle, calculer leur vitesse d’ascension wb . Commenter.

I.3.b [2 points]
Pendant leur ascension, les bulles se déplacent également horizontalement à la vitesse de l’eau
de la Seine. Montrer que, quel que soit la distribution verticale de la vitesse horizontale de l’eau
u (z), les bulles atteignent la surface avec un déplacement horizontal ` = hs Us /wb , où Us est la
vitesse débitante de la Seine (la moyenne de u (z) sur la colonne d’eau).

I.3.c [2 points]
On suppose que u (z) obéit, sur toute la colonne d’eau, à un profil logarithmique rugueux en
fonction de z, de rugosité ζs = 2 cm et de vitesse de frottement u?,s = 0.075 m/s. Que valent
Us et ` ? (On peut intégrer en partant de z = 0, sachant que lim (z ln z) = 0).
z→0

I.4 Évolution du taux d’oxygène [5 points]


On s’intéresse à présent au taux d’oxygène dissous dans l’eau. On fait les hypothèses suivantes :

— Pour simplifier, on suppose que l’oxygène est uniformément réparti sur la largeur de la
Seine. On s’intéresse donc à la concentration moyenne sur une section de la Seine : C (x, t)
(voir Figure 4).
— On suppose qu’en amont d’un ı̂lot (situé en x = 0), l’eau de la Seine est complètement ap-
pauvrie en oxygène : C (x < 0, t) = 0.05Csat , où Csat = 12 mg/L est le taux de saturation
en oxygène dans l’eau.
— L’oxygène dissous se comporte comme un traceur passif, et obéit donc à une équation
de convection-diffusion 1D munie d’un terme puits P (x, t) représentant la consommation
d’oxygène par les poissons et les bactéries, et un terme source S (x, t) qui correspond à
l’enrichissement de l’eau en oxygène par les bulles venant d’un ı̂lot :
 
∂C ∂C ∂ ∂C
+ Us = KT − P (x, t) + S(x, t),
∂t ∂x ∂x ∂x
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où KT le coefficient de diffusion turbulente, qu’on admettra constant égal à KT = u?,s hs .


— Pendant la traversée du panache des bulles x ∈ [0, `], l’eau s’enrichit en oxygène, on a :

 Csat − C (x, t)
, 0≤x<`
S(x, t) = τS
 0, x ≥ `,

où τS = 20 s est un temps caractéristique d’oxygénation de l’eau (si vous n’avez pas
calculé ` à la section précédente, prenez ` = 16.8 m).
— En aval de la zone d’oxygénation (x ≥ `), l’oxygène est consommée selon une loi de la
forme : 
 0, 0≤x<`
P (x, t) = C
, x ≥ `,
τP

où τP = 25 mn est le temps caractéristique de consommation de l’oxygène par les poissons


et bactéries.
— Le régime est permanent et homogène dans la Seine, de vitesse débitante Us = 1.468 218 941 m/s.

hS

DIO DIO

LS

C (x)

x
` X +`

Figure 4 – Schéma de principe pour l’étude de l’évolution du taux d’oxygène. En haut : vue
de profil, au milieu : vue de haut, en bas : allure typique de C (x).

I.4.a [1 point]
Écrire l’équation de transport de C en régime permanent et en négligeant la diffusion turbulente
dans la zone d’enrichissement (x ∈ [0, `]). Montrer qu’elle admet des solutions sous la forme :
 
x
C (x) = Csat − ∆C0 exp − ,
λS
où λS est une longueur d’oxygénation par la source que l’on exprimera littéralement en fonc-
tion des paramètres de la question, puis numériquement. On exprimera aussi ∆C0 . Commenter.
Montrer qu’avec cette solution la diffusion turbulente est en effet négligeable.

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I.4.b [1 point]
Calculer la concentration en oxygène C` à la sortie de la zone d’enrichissement. Commenter.

I.4.c [2 points]
On s’intéresse maintenant à la zone de décroissance (x > `). Contenu des résultats précédent,
on néglige la diffusion turbulente. Trouver la forme des solutions faisant intervenir une distance
λP qu’on calculera.

I.4.d [1 points]
Évaluer la distance horizontale X telle que C (X) = 0, 05Csat . On estime qu’avec un taux
d’oxygène dissous réduit à 5% de sa valeur de saturation, il est nécessaire de réinjecter de
l’oxygène dans la Seine. Quelle distance doit séparer les différents ı̂lots ? Cela est-il cohérent
avec le plan de la Figure 1, sachant que les méandres à l’aval de Paris ont une amplitude de
12 à 15 km ?

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Figure 5 – Carte.

Deuxième partie
Rupture du barrage de Fundão –
Présentation générale
Dans l’industrie minière, les impuretés sont parfois rejetées dans des barrages de retenue des
résidus sur le site même. Le 5 novembre 2015, à 15h45, la rupture du barrage de Fundão (Brésil)
a entraı̂né une écoulement de V = 32 × 106 m3 de boue issue de l’exploitation d’une mine de fer,
et 19 personnes ont perdu la vie. La coulée de boue s’est propagée et a contaminé le fleuve Rio
Doce, source principale d’eau potable pour des milliers d’habitants du bassin.
Nous allons traiter les premiers instants de cet accident comme une rupture de barrage, tandis
que la propagation lointaine sera assimilée à une crue de rivière. Dans les deux cas, le fluide
concerné est de l’eau boueuse, considéré ici comme un fluide ordinaire aux propriétés identiques
à celles de l’eau.
Pour simplifier, on assimile la rivière Rio Doce à un canal de section rectangulaire L et de pente
I. On fera partout l’hypothèse que h  L (même en phase de crue).

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Figure 6 – Évolution du débit au cours du temps en différents points.

Le contrôle comprend 5 parties, dont la dernière est optionnelle (bonus). Les deux premières
parties sont indépendantes du reste.
Section II.1 Régime normal
Section II.2 Propagation de la crue
Section II.3 Dépôt de sédiments

II.1 Régime normal [5 points]


On s’intéresse d’abord à la partie de la rivière qui s’étend entre des stations G6 et G3 (voir
Figure 5), section dans laquelle on suppose L = 300 m et I = 0.0005. On considère le débit
moyen permanent du Rio Doce, Q0 = 100 m3 /s, et le lit est partout couvert de sable, dont les
grains ont un diamètre d = 0.5 mm et une masse volumique ρs = 2650 kg/m3 .

II.1.a [1 point]
Estimer le coefficient de Strickler en supposant que le frottement est déterminé par les grains
de sable seulement. En fait, on observe que le coefficient de Strickler vaut 20.0 m1/3 s−1 . Com-
menter.

II.1.b [2 points]
Calculer, dans ces conditions, la hauteur d’eau normale hN et la vitesse débitante, U , en sup-
posant un régime permanent homogène. Utiliser un coefficient de Strickler de 20.0 m1/3 s−1 .

II.1.c [2 points]
Y-a-t-il transport de sédiment ? Calculer le débit solide massique Qs .

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II.2 Propagation de la crue [5 points]


Abordons à présent la crue du fleuve. Quantitativement (voir Figure 6), en arrivant au point
G6 de la carte la crue s’est propagée sur une distance xG6 = 213.1 km en un temps tobs
G6 = 40.0
hr, avec QG6,max = 871m3 /s. En arrivant au point G3, la crue s’est propagée sur une distance
xG3 = 412.3 km en un temps tobs 3
G3 = 87.2 hr, avec QG3,max = 554 m .

II.2.a [2 points]
On commence par appliquer le modèle de Seddon (1899) vu en cours. Avec ce modèle, une crue
est caractérisée par l’équation suivante :
∂Q ∂Q
+ Ccrues (Q) =0 (1)
∂t ∂x
(on peut aussi remplacer Q par h dans cette équation). Calculer la hauteur d’eau maximale aux
points G6 et G3, puis les valeurs correspondantes de Ccrues . Avec ce modèle, au bout de combien
de temps le maximum de la crue parviendra-t-il en G6 puis en G3 ? Commenter.

II.2.b [1 point]
En regardant les données de la Figure 6, il semble que l’onde de crue se diffuse, tandis que le
modèle de Seddon devrait conserver les valeurs maximales à mesure que l’onde se propage. Nous
pouvons prendre en compte cette diffusion avec le modèle suivant :

∂Q ∂Q ∂2Q
+ Ccrues (Q) = σ (Q) (2)
∂t ∂x ∂x2
où

Ks2 Lh10/3
σ (Q) = (3)
2Q

ce qui correspond à la solution donnée par Hayami (1951). On souhaite ici linéariser cette
équation. pour cela, donner des valeurs typiques de Q et de h (par exemple en prenant les
valeurs à la station G6). Donner alors une estimation numérique constante du coefficient de
G3 −xG6
diffusion σ. Dans la suite on considérera de même de Ccrues = xtobs −tobs
, notée C̃.
G3 G6

II.2.c [2 points]
2
On considère l’équation des crues diffusante linéarisée ∂Q ∂Q ∂ Q
∂t + C̃ ∂x = σ ∂x2 . Montrer qu’il existe
alors des solutions de la forme suivante :
  2 
A x − C̃t
Q (x, t) = Q0 + √ exp − (4)
 
t 4σt

où Q0 est le débit normal donné dans l’énoncé de la première question. Trouver la position x0 (t)
où√survient le maximum de crue à un instant t donné. En déduire que Qmax (t)−Q0 varie comme
1/ t. Ce résultat est-il cohérent avec la Figure 6 ?

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Figure 7 – Évolution de la concentration au cours du temps en différents points.

II.3 Dépôt de sédiments [6 points]


Finalement, on s’intéresse au dépôt en aval des sédiments portés par la crue. Les grains de boue
en suspension ont un diamètre ds = 2.3 µm et une masse volumique ρs = 2650 kg/m3 . On néglige
les propriétés de cohésion des grains. On a observé des concentrations maximales (moyennées sur
une colonne d’eau) hciG6,max = 418.9 g/L à t = 44.25 hr et hciG3,max = 31.06 g/L à t = 163.25 hr
(voir Figure 7).

II.3.a [1 point]
Calculer la vitesse de chute ws (en régime normal).

II.3.b [2 points]
On admet que la concentration en boue, intégrée sur une colonne d’eau et notée hci (x, t), obéit
à l’équation suivante, démontrée dans la partie V en bonus :

∂hci ∂hci ws
+U = −β hci (5)
∂t ∂x h
où U (x, t) désigne la vitesse au sens de Saint-Venant et β est un paramètre sans dimension
valant 3.0. Tout ici est invariant selon la direction transversale à la rivière (rien ne dépend de y).
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Montrer que les fonctions hci (x, t) = f (x − U t) e−βws t/h sont solutions de cette équation (f est
une fonction arbitraire inconnue, mais positive et présentant un seul maximum). En déduire que
hcimax (t) ∝ e−βws t/h . En choisissant un ordre de grandeur pour h, cette loi vous semble-t-elle
en accord avec la Figure 7 ?

II.3.c [2 points]
La concentration maximale permise aux stations d’épuration est hcipotable = 2.5 g/L (niveau
représenté par la ligne tiretée horizontale sur la Figure 7). Quand peut-on s’attendre à ce que
la concentration maximale dans toute la rivière descende à ce niveau ? Commenter.

II.3.d [1 point]
Calculer l’épaisseur de la couche de sédiment déposée pendant la crue (en cm), aux stations G6
et G3. On considérera que le taux de sédiment déposé par unité de temps est βws hci, et que la
concentration est maximale et constante pendant 48 hr, sans prendre en compte d’autres effets
comme la porosité du lit.

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