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Dossiers pédagogiques de la

radio et de la télévision
scolaire. Ecole élémentaire

Source gallica.bnf.fr / Réseau Canopé


Centre national de documentation pédagogique (France). Auteur
du texte. Dossiers pédagogiques de la radio et de la télévision
scolaire. Ecole élémentaire. 1982-03-01.

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ministère de l'éducation nationale

dossiers pédagogiques de la radio et de la télévision scolaires


Les Rendez-vous du jeudi

ne seront pas au rendez-vous


de la rentrée de Pâques.
Vous avez été nombreux
à manifester votre sympathie,
à nous envoyer des travaux d'élèves
et nous étions très heureux
d'avoir ce dialogue avec vous.
Des restrictions budgétaires
nous obligent à supprimer
notre rendez-vous.
Nous vous présentons nos excuses.
LE RÉSEAU DU CNDP LE RÉSEAU DU CNDP
CRDP (ex.AJACCIO) — Cddp (ex. Avignon) — Cldp (ex. Montluçon). CRDP (ex. POITIERS)— Cddp (ex. Metz) — Cldp (ex. Brest).

AIX-MARSEILLE CAEN GRENOBLE NANCY-METZ POITIERS ROUEN


31, boulevardd'Athènes, 21, rue du Moulin-au-Roy, 11, avenue du Général-Champon, 99, rue de Metz, 54000 Nancy 6, rue Sainte-Catherine, Adresse postale 3038 X,
13232 Marseille Cedex 1 14034 Caen Cedex 38031 GrenobleCedex Tél. : (8) 335-07-79 86034 Poitiers Cedex 76041 Rouen Cedex
Tél. : (91(91)91-92-17 Tél. : (31) 93-08-60 Tél. : (76) 87-77-61 Tél. : (49) 88-11-70 Implantation2, rue du Docteur-Fleury,
Alençon Annecy Bar-le-Duc 76130 Mont-Saint-Aignan
Avignon École normalemixte,
84000 Avignon
8, rue Frédéric-Mistral, 29, rue de l'Écolenormale, 2, rue des Aravis, BP 830, 74016 Annecy Angoulême Tél. (35) 74-16-85
61000 Alençon Tél. : (50) 23-79-36 55000 Bar-le-Duc 23, rue Fontaine-du-Lizier,
Tél. : (90) 86-49-12 Chambéry Tél. : (29) 45-32-73 Évreux
Tél. : (33) 29-58-77 BP 347, 16008 AngoulêmeCedex
Digne Saint-Lô 289, rue Marcoz, 43, rue Saint-Germain,
27000 Évreux
Épinal Tél. (45) 92-16-60
22, rue des Charrois, École Jules-Ferry, 73018 Chambéry Cedex Tél. (32) 39-00-91
04000 Digne Tél. : (79) 69-50-72 Rue de l'École normale,
rue des 29' et 35' Divisions, 88025 Épinal Cedex La Rochelle Rouen
Tél. : (92) 31-05-87 50000 Saint-Lô Privas Rue de Jérichoprolongée, (CDDP de la Seine-Maritime).
Tél. : (29) 34-22-36
Gap Tél. : 133) 57-52-34 23, avenue de la Gare, 17028 La Rochelle Cedex 2, rue du Docteur-Fleury,
14, avenue Maréchal-Foch,
05000 Gap. BP 713, 07007 Privas Metz Tél. : (46) 34-13-82 76130 Mont-Saint-Aignan
CLERMONT-FERRAND Tél. : (75) 64-04-15
Tél. : (92) 51-36-84 15, rue d'Amboise, Ile du Saulcy, Tél. (35) 74-16-85
Valence BP 66, 57003 Metz Cedex
Saint-Denisde la Réunion 63037 Clermont-Ferrand 36, avenue de l'Écolenormale, Niort
10, rue Jean-Chatel, Tél. : (73) 91-86-90 Tél. (8) 730-35-02 4, rue Camille-Desmoulins,
BP 21-10, 26021 Valence Cedex STRASBOURG
97489 Saint-Denis de la Réunion Aurillac Tél. : (75) 44-55-85 79009 Niort Cedex
NANTES Tél. : (49) 79-42-65 23, rue du Maréchal-Juin,
Tél: (19-262) 21-35-97 100, rue de l'Égalité, LILLt: BP 279-R7, 67007 StrasbourgCedex
AJACCIO 15013 AurillacCedex 3, rue Jean-Bart, Chemin de l'Herbergement, Tél. : (88) 61-49-94
Tél. : (71) 48-60-26 BP 199, 59018 Lille Cedex BP 1001,44036 Nantes Cedex
8, coursdu Général-Leclerc,
BP 836, 20192 AjaccioCedex Le Puy Tél. (20) 57-78-02 Tél. (40) 74-85-19 REIMS Colmar
Tél. : (95) 21-70-68 et 27-72 2, rue Mouton-Duvernet, Arras 47, rue Simon, BP 387, École normale, 12, rue Messimy,
BP 132, 43012 Le Puy Cedex Angers 68025 Colmar
Bastia 39, rue aux Ours, 62022 Arras 14, rue de la Juiverie, 49000 Angers 51063 Reims Cedex
Tél. : (71)09-26-82 Tél. : (21) 21-60-10 Tél. (26) 85-66-63 Tél. : (89) 23-30-51
Boulevard Benoîte-Danesi, Moulins Tél. : (41) 66-91-31
20200 Bastia 03000 Moulins
Dunkerque
2, rue Pape-Carpantier, GroupescolaireKléber, Laval Châlons-sur-Marne
Tél. 195)31-17-92 Tél. : (70) 46-07-66 boulevarddu 8-Mai 1945, 25, rue de Maillarderie,
53000 Laval École Henri-Dunant, TOULOUSE
Montluçon rue Calmette, 3, rue Roquelaine,
AMIENS 59240 Dunkerque Tél. (43) 53-56-08 51000 Châlons-sur-Marne
03100 Montluçon
45, rue Saint-Leuet 1, rue Baudelocque, 29, av. Jules-Ferry, Tél. : (28) 69-38-72 31069 ToulouseCedex
Tél. : (26) 64-52-96
BP 2605, 80026 Amiens Cedex Tél. : (70) 05-14-25 Valenciennes Le Mans Tél. (61)62-54-54
Tél. (22) 92-07-08 Vichy 6, rue Jehan-de-Liège, 31, rue des Maillets, 72000 Le Mans
GroupescolairePierre-Coulon, Tél. : (43) 81-43-70 Charleville-Mézières Albi
Beauvais 59326 Valenciennes 18, rue Voltaire, 97, boulevard Soult,81013 Albi Cedex
allée des Ailes, 03200 Vichy Tél. : (27) 30-08-70
22, avenue Victor-Hugo, BP 427, 08109 Charleville-Mézières Tél. : (63) 54-26-97
T'a; (70) 31-50-40
BP 321, 60030 Beauvais Cedex LIMUUC9 NICE Tél. : (24) 57-51-58
Tél. : (4) 445-25-30 CRETEIL 23, avenue Alexis-Carrel 117, rue de France, Auch
Laon Cité administrative, 87036 Limoges Cedex BP 227, 06001 Nice Cedex Chaumont Centre administratif,
Avenue de la République,
02000 Laon annexe du Rectorat, routede Choisy, Tél. : (55) 01-32-50 Tél. : (93) 87-63-30 20, rue Haeusler, 52000 Chaumont rue Boissy-d'Anglas, 32007 AuchCedex
Tél. : (23123-25-02 94000 Créteil Guéret Tél. : (25) 03-12-85 Tél. : (62) 05-24-89
Tél. :(1) 207-60-22, poste21 2 bis, avenue de la République,
BESANÇON ORLÉANS-TOURS Cahors
Créteil 23000 Guéret
11, rue de la Convention, CollègeLouis-Issaurat, Tél. : (55) 52-35-56 55, rue Notre-Dame-de-la-Recouvrance,Troyes 48, rue Montaudié, 46010 CahorsCedex
BP 1153, 25003 Besançon Cedex BP 2219, 45012 Orléans Cedex Adresse postale Tél. : (65) 35-16-87
quartierdu Palais, Tulle Inspectionacadémique de l'Aube,
Tél. : (81 83-41-33 94000 Créteil Tél. : (38) 62-23-90
rue Raymond-Poincaré. Rue Sylvain-Combes, services pédagogiques, Foix
Belfort Tél. :(1) 207-86-35 et 27-37 BP 214, 19012 TulleCedex Blois 30, rue Mitandier,10025 TroyesCedex 31 bis, avenue du Général-de-Gaulle,
Tourdes 4-As, rue de l'As-de-Carreau, Melun Tél. : 1551 26-32-88 39, rue des Écoles, 09008 Foix Cedex
90009 BelfortCedex École normale, rue de l'Hôpital,
77000 Melun
Liun 41000 Blois ImplantationÉcole Michelet, Tél. : (61 ) 65-08-48
Tél. : (84) 28-50-27 47-49, rue Philippe-de-Lassalle, Tél. : (54) 78-04-34 10, rue Saint-Martin-ès-Aires,
Lons-le-Saunier ro; (fi) 452-52-28 69316 Lyon Cedex 1
Montauban
Bourges 10000 Troyes. 65, avenue de Beausoleil,
1, rue Anne-Franck, DIJON Tél. (7) 829-97-75 Tél (25) 72-28-00
BP 324, 39015 Lons-le-Saunier de Montmuzard, 9, rue Édouard-Branly,
18000 Bourges BP 751, 82013 Montauban Cedex
Campus universitaire Bourg-en-Bresse Tél. : (63) 03-51-18
Tél. (48) 24-54-91
Tél. : (84) 47-22-86 bd Gabriel, BP 490, 21013 DijonCedex 6, rue Jules-Ferry,
BORDEAUX Tél. : (80) 65-46-34 01000 Bourg-en-Bresse Chartres Rodez
RENNES
75, coursd'Alsace-Lorraine, Auxerre Tél. (74) 21-21-36 1, rue du 14-Juillet, 28000 Chartres 92, rue d'Antrain,
1, boulevardFrançois-Fabié,
33075 BordeauxCedex École normaled'instituteurs, Saint-Étienne Tél. : (37) 35-69-88 12000 Rodez
BP 158, 35003 Rennes Cedex
Tél. : (56) 81-12-92 25, avenue Pasteur, 89000 Auxerre Jardindes Plantes, AlléeMichel-Ange, Tél. : (65) 68-13-53
Tél.:(86) 52-57-14 42100 Saint-Ëtienne Chateauroux Tél. (99) 36-05-76
Agen 1, rue Jeanne-d'Arc. Tarbes
48 B, rue René-Cassin, 47000 Agen Mâcon Tél. (77) 25-20-91
36000 Chateauroux Quimper 5, rue Georges-Magnoac,
Tél. : (53) 66-55-86 et 52-60 2, rue Jean-Bouvet, 71000 Mâcon MONTPELLIER Tél. : (54) 22-24-24 2, place de La-Tour-d'Auvergne, BP 205, 65013 Tarbes Cedex
Bordeaux Tél.:(85) 38-71-77 Alléede la Citadelle, 29000 Quimper Tél. : (62) 93-07-18
Nevers 34064 MontpellierCedex Tours
(CDDP de la Gironde), Tél. : (98) 55-31-04
75, coursd'Alsace-Lorraine, 1 bis, rue Charles-Roy, 58000 Nevers Tél. : (67) 60-74-66 1, rue Gutenberg, 37000 Tours
33075 BordeauxCedex Tél. : 186) 61-45-90 Carcassonne Tél. : (47) 05-42-94
Saint-Brieuc VERSAILLES
Tél. : (56) 81-12-92 FORTDE FRANCE 56, avenue du DocteurHenri-Gout, 41, avenue du Roule,
30, rue Brizeux, 22000 Saint-Brieuc
Mont-de-Marsan École normale, bâtimentIV, 11012 Carcassonne 92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : (68) 47-05-02 PARIS Tél. : (96) 61-90-31
École du Peyrouat, Pointe des Nègres, BP 529 ou 677, 37-39, rue Jacob, 75270 Paris Cedex 06 Tél 11) 745-53-53
BP 401, 40012 Mont-de-Marsan 97262 Fort-de-France Cedex Mende Tél. : (1)260-37-01 Vannes
Avenue du Père-Coudrin, Évry
Tél. : (58) 75-43-11 Tél. : (19-596) 71-85-86 48005 Mende 6, avenue de Lattre-de-Tassigny,
Tél. : (66) 65-10-32 Pour toutescommandes, 110, Agora, B.P. 163,
Pau Cayenne BP 1110, 56008 Vannes Cedex 91006 Évry Cedex
3, avenue Nitot, BP 299, Boulevard de la République, Nîmes Librairiedu CNDP, Tél. : (97) 63-21-37
58. rue Rouget-de-Lisle,
30000 Nîmes 13, rue du Four, 75270 Paris Cedex 06. Tél. : (6) 078-30-90
64016 Pau Cedex BP 762, 97305 Cayenne
Tél. (59) 30-23-18 Tél. : (19-594) 31-24-90 Tél. : (66) 67-85-19 Tél. : (1)634-54-80 Neuilly-sur-Seine
Perpignan Brest
Périgueux Pointe-à-Pitre Salle de documentation 108, rue Jean-Jaurès, 41, avenue du Roule,
École normalemixte, 39, rue Paul-Mazy, Cité scolairede Baimbridge, Place Jean-Moulin, 92200 Neuilly-sur-Seine
29, rue d'Ulm,75230 Paris Cedex 05. 29283BrestCedex
24000 Périgueux BP 378, 97162 Pointe-à-Pitre 66020 Perpignan Cedex
Tél Tél. : (1) 329-21-64 Tél. : (98) 80-42-11 :
Tél. (1) 745-53-53
Tél. : (53) 08-98-00 Ttil (10-590) 82-09-56
sommaire
École élémentaire n°7
Émissions du 1er au 18 mars 1983

N.B. - Des modifications dans l'horaire et les dates de diffusion sont toujourspossibles;il
est donc conseillé aux utilisateurs de consulter le programme des émissions paraissant
dans les hebdomadairesspécialisés, dans certains quotidiens et au B.O. Voir également
sur T. F. 1, tous les jours, de 11 h 15 à 11 h 40, le magazine « T. F. 1 Vision plus » (procédé
Antiope) qui vous informe sur les programmes du jour.

Calendriers-programmes des émissions du CNDP 5


Radiovision 13

TÉLÉVISION TF i « émissions élèves >

LES RENDEZ-VOUS DU JEUDI


en direct
émissions destinées aux élèves et aux enseignants
des écoles élémentaires et maternelles

w 14 h - 14 h 35 :

3 Lettres des îles Baladar » de J. Prévert


mars : Le théâtre du jeudi «
10 mars: Animation musicale (à l'Opéra)
17 mars : Les robots

• 14 h 35 -14 h 45 : en alternance
Jeux d'images et des sons
3 mars : La suite des images et l'espace
17 mars La suite des images et le temps
Jeux de pages et de plumes
10 mars (titre non précisé)

e 14 h 45 - 14 h 50 : Vidéo Trafic
3, 10 et 17 mars : jeux sécurité routière

• 14 h 50 - 15 h : Cat et Cat et 2 (préélémentaire - c.p.)


3 et 17 mars : Le regard du geste (1 et 11) 19
10 mars : Prenez le pli 20
..........................................
Passé récent (c e.)
lundi 14 h 05 - 14 h 25

7 et 14 mars Les usines meurent aussi (1 et 11) 21

L'enfant et son corps (c.m.)


-
mardi 14 h 05 14 h 25
15 mars Histoires de coeurs 27

Activités d'éveil autour d'un thème (c.m.)


mardi 14h05 14 25 - h
1er mars Les énergies A la découverte de l'énergie solaire au camp d'été de
Cornus 41

8 mars : L'homme et sa nourriture : Le futur de vos assiettes 53

Éveil à dominante sciences sociales (c.m.)


vendredi 14 h 05 - 14 h 25
4 mars Les jours de la vigne 25
11 mars De vigne en vin 26
18 mars Une unité de production laitière La Jugonnière 49

RADIO «
émissions élèves »

Contes et musiques pour mes petits enfants (préélémentaire - c.p.)


mardi 15 h 20 - 15 h 35 (M.A. - France-Culture)
-
vendredi 15 h 20 15 h 35 (M.A. - France-Culture) 2e diffusion
1er et 4 mars Le poulain qui voulait attraper la Lune 59
8 et 11 mars Le petit têtard têtu 61

15 et 18 mars : Le poisson rouge qui voulait voir la mer 63

Rencontre avec la poésie (c e. - c.m. 1)


mardi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)
vendredi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture) 2e diffusion
1er et 4 mars : Blaise Cendrars : Iles .................................... 69
Rencontre avec la poésie (c.m.2 - 6e - 5e)
mardi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)
vendredi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)2e diffusion
8 et 11 mars Stéphane Mallarmé Renouveau 65
Incitation à l'expression (c.m.)
mardi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)
vendredi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)2e diffusion
15 et 18 mars : Coquillages du bizarre 17

Les enfants d'Orphée


Animaux du monde
1er niveau (enfants de 6 à 9 ans)
mardi 14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique)
1el et 8 mars En Asie (1 et 11) 71
15 mars : En Océanie 73
22 mars : Animaux du monde 75
2e niveau (enfants de 9 à 11 ans)
vendredi 14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique)
4 et 11 mars En Asie (1 et 11) 71
18 mars En Océanie 73
25 mars : Animaux du monde 75

Émissions spéciales vacances de printemps 76

DOSSIERS PÉDAGOGIQUES AUDIOVISUELS

Radiovision (c e.)
lundi 15h20 15- h 35 (M. A. - France-Culture)
14 mars Lueurs, ombres, traces, trames... les photogrammes (RVE 69) .. 14

Radiovision (c.m. - 6e - 5e)


lundi 15 h 20 50 (M.A. - France-Culture)
- 15
h

7 mars : La longue histoire du pétrole (RV 274)


......................... 14

Radio-éveil (c.m. - 6e - 5e)


lundi 15 h 35 - 15 h 50 (M.A. - France-Culture)
14 mars : Une société nationale : ELF - ERAP
RADIO «
émissions enseignants »

Atelier de pédagogie (préélémentaire et élémentaire - information des


maîtres)
lundi 17 h 30 -
18 h (M.A. - France-Culture)
7 mars L'école un lieu de lecture parmi d'autres 77

14 mars Une année passe sur notre coin nature 8i

mardi 17 h 30 (M. A. - France-Culture)


- 18 h
1er mars Enseignement du français aux enfants créoles (sans fiche)
8 mars Des enfants en situation de projet 85
15 mars Un patrimoine urbain faune et flore 89

TÉLÉVISION TF1 « émissions enseignants »

MAGAZINE DES ÉCOLES


(préélémentafre et éiémentaire - information des maîtres)

mercredi 11 h -
12 h
2mars
à vélo, pompe à vide
— Dossier éveil aux sciences physiques : Pompe .. 93
L'enceinte à vide 93
— Le coin des techniques :
— Le coin des livres : Les
affreux jojo et ies petites pestes (sans fiche)

Dossier : Les activités manuelles techniques ........................... 101

Publicationbimensuelle du Centre national de documentationpédagogique


Abonnement annuel 55 F
Directeur de la publication J. Guilhem
Réalisation CNDP
Copyright CNDP 1983 — CPPAP N° 227 AD
sciences

vigne.

MARS dominante

la
de

4 1 à
T.F.
jours

Éveil
VENDREDI
Les

25 (c.m.)

h
-14
sociales
05
h
14

écolesde (c.e. (préélémentaire PERSONNELS

Balador» (vidéo-trafic)
sons l'espace. NATIONALE
JEUDI
des

(élèves de
MARS DU lies
et et (1). h
INFORMATION

h 2 DES
1983
C.N.D.P. 1
T.F.
-15
RENDEZ-VOUS
des
jeudi
d'images
images
routière
et
Cat
18
geste
- question.
L'ÉDUCATION
FORMATION

3 h
14 du
Lettre

des
et du
30
h
JEUDI Sécurité 17

/h
Cat
théâtre Jeux
regard
en
mars «
suite

/ /
élémentaires)
collèges
LES -15 LA
Télévision
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Le La Le DE
35
Prévert.
45 50
DU h c.p.) POUR

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-c.m.)
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-
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des
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février
physiques.
information

MARS écoles

des sciences
26
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T.F.
-
élémentaire
Magazine

MERCREDI
du aux

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Éveil

-h
12 mentaire
maîtres)

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Auver-Grandval.

ordinaire.
L'AVENIR thème
«
FÉVRIER régionales « (réseau de
MARS (réseau de Cornus.
d'un
découverte
30 peu barrage
LIBRE
30 511
h publics)
A
1 h jour
l'Auvergne
Étude
F.R.3
-
16
10
T.F.
FACE -
6e
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lundi 7 mars 1983 de 15 h 15 à 15 h 45 lundi 14 mars 1983 de 15 h 15 à 15 h 30 lundi 18 avril 1983 de 15 h 20 à 15 h 50 lundi 25 avril 1983 de 15 h 20 à 15 h 35
sur France-Culture M.A. sur France-Culture M.A. sur France-CultureM.A. sur France-CultureM.A.
Après avoir évoqué brièvement la formation même des gise- On appelle photogramme toute photographie positive obte- Rondes, ovales, carrées, triangulaires, étoilées,hexagonales, Chambéry est une ville moyennecomme beaucoup d'autres,
ments pétrolifères (la « longue histoire » au sens géologique nue à l'aide d'objetsposés directement sur du papier photo pentagonales,biscornues,en surplomb, en pente, en cuvette...
du terme), l'émission montre l'ancienneté d'utilisationde exposé à la lumière. Ce papier photo étant ensuite développé comme la vôtre peut-être.
Place du Marché, des Tilleuls, de la République, de l'Hôtel-
certains produits pétroliers : normalement. de-Ville, de la Cathédrale, de la Gare, du Château, de la Exemplaires, sans doute, les métamorphoses de Chambéry
— avec les jaillissementsnaturels de gaz et de pétrole s'étalait Liberté, de la Poste... ont été vécues en maints endroits de France d'une manière
Les photogrammes permettent de réaliser des photographies semblable,sinon identique.
une boue noirâtre, le bitume, dont on se servit pour des usages sans avoir besoin de se servir d'un appareil photo. C'est une
Elles ont toutes les formes. Elles portent les noms les plus
variés, activité très riche en ce sens qu'elle met en œuvre de nom- variés. Elles existentdepuis que se sont constitués les premiers C'est pourquoi vous ferezcertainementbien vite la transposi-
mais évoque surttout la révolution énergétique et chimico- breuses pistes de découvertes possibles composition d'une villages. Elles sont répandues sur tous les continents... tion en évoquant le passé de votre ville avec les enfants, avec
industrielle introduite au siècle dernier, et qui se poursuit : image, étude des transparences des objets à la lumière, Elles sont là, présentes dans notre vie quotidienne, insépara- leur famille, avec leurs grands-parents.
bles de notre décor habituel, au point que nous finissons par
— l'ère du pétrole commence avec la deuxième partie du recherchede matériaux...
ne plus les voir, sauf exception (dépaysement d'un voyage,
Nous avons voulu montrer :
XIXe siècle c'est l'usage de la lampe à pétrole et le besoin en
Pour réaliser ce dossier, nous avons suivi un atelier de photo- par exemple). — Le cadre de la vie quotidienne au début du siècle et ses
graisses et en lubrifiants pour les moteurs des machines à transformations subies ou maîtrisées.
vapeur (en concurrence avec d'autres graisses et huiles, grammes qui s'est déroulé avec des élèves de grande section Et cependant les placesjouent un rôle majeur dans la vie du
d'une école maternelle. village ou de la ville. Rôle qui peut varier notablement selon — Les facteurs des métamorphoses de la ville : développe-
notamment de baleine qui donne son essor à l'industrie les cas. ment des transports, industrialisation, conflits mondiaux,
pétrolière; De façon à « avoir la technique avec soi et non contre soi » architecture nouvelle,équipement urbain.
(C. W. Hayter) la démarche suiviea commencé par une initia- Notre propos est d'inciter les enfants à explorer leur environ-
— au début du XXe siècle, c'est la naissance des moteurs à tion scientifiquerapide à certains phénomènes photographi- nement, à y jeter un regard critique. Nous les invitons ensuite Les enfants pourrontaisément se reporter à leur environne-
explosion et l'essor foudroyant de l'automobile, puis de à inventer leurs propres places, celles qui leur semblent ment quotidien et rechercher : comment est-ce maintenant?
l'avion, qui a donné une impulsionspectaculaire à l'industrie ques (action de la lumière,maîtrise des produits chimiques...) répondre aux divers besoins des hommes d'aujourd'hui(vie Qu'est-ce qui a changé? Pourquoi?
de façon à aboutir à la création plastique utilisant les sociale,culturelle...). Des places où l'on se sente bien...
pétrolière (au moment où le gaz et l'électricité assuraient photogrammes.
l'éclairage); L'émission de radiovision a été réalisée avec le concours de
Georges Puchal, responsable de l'Atelier d'initiation à l'ar-
— et vers le milieu du XX1 siècle, la chimie ouvre une nou- chitecture de la Caissenationale des monuments historiques,
velle voie royale au pétrole (différenciationdes produits).
et des élèves de Mme Bailly (CM 2).
Juàà %<1>M,<d'â^=^(êMè <d<ê, immàâ,
le lundi à 15 h 20 sur France-culture (M.A.)

4 octobre RVE 62 Siu-Ming, petit Chinois de la mer


11 octobre RV 268 De Paris à Lyon... jusqu'au TGV
18octobre RVE 63 Les animaux en hiver
8 novembre RV 269 L'homme préhistorique : au temps des chasseurs
15 novembre RVE 64 Sur les traces du vent
22 novembre RV 270 Gustave Eiffel : ingénieur, constructeur, savant
29 novembre RVE 65 Jouets d'Afrique : Au Cameroun
6 décembre RV 271 A l'écomusée du Creusot : une ville industrielle, hier
13 décembre RVE 66 Les âges de la vie : une noce bressane au XIXe siècle
10 janvier RV 272 Mythe et réalité : l'homme et les loups
17 janvier RVE 67 En feuilletant de vieux catalogues
24 janvier RV 273 Les moulins d'hier à demain
31 janvier RVE 68 Autour d'un nénuphar
7 mars RV 274 La longue histoire du pétrole
14 mars RVE 69 Lueurs, ombres, traces, trames... les photogrammes
18 avril RV 275 Une place pour les places
25 avril RVE 70 Les métamorphoses d'une ville moyenne : Chambéry
2 mai RV 276 L'homme et l'environnement : l'aménagement du massif du Mont-Blanc
9 mai RVE 71 A l'assaut du ciel : montgolfières et ballons libres
16 mai RV 277 Signes et symboles

cycle élémentaire cycle moyen

LA RADIOVISION?
Une grande souplesse d'utilisation
Avec la radio : charme du rendez-vous attendu.
Avec le disque : un « ensemble documentaire » disponible à tout moment.
Dans les deux cas, une exploration des diapositives et du livret avant l'écoute du message sonore fait germer de
multiples questions auxquelles l'émission répondra, tout en faisant naître de nouvelles interrogations.
Un échange d'expériences
Envoyez-nous des comptes rendus, des suggestions et des projets afin que la radiovision reste proche des préoccupa-
tions de chacun de vous. Quels sujets vous ont particulièrement plu? Quels sujets aimeriez-vous voir traiter?

Adressez vos envois à :


CNDP-DMES / Radiovision
BP 359 - 92541 Montrouge cedex
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Cat et cat et 2

Le regard du geste (I et II) liberté du dessin et de certaines


techniques cinématographiques,
avec Jean-Claude Cotillard
comme le fondu enchaîné, l'élipse
Le dessin d'humour, la bande des- ou l'accéléré.
sinée et les cartons, donnent aux Ce style de jeu, par la fascination
situations et aux personnages mis qu'il opère projette avec force et
en dessin, un relief particulier dû à humour l'expression d'une émo-
l'exagération des mouvements, la tion, d'un état, d'un désir, d'une
coloration des mimiques, l'éclate- inhibition.
ment des traits réalistes. A l'époque de l'image, c'est un tra-
Le travail gestuel de Jean-Claude vail excessivement parlant pour les
Cotillard s'inspire à la fois de cette enfants.

télévision LES RENDEZ-VOUS DU JEUDI


jeudis 3 et 17 mars 1983
14 h 50 - 15 h (T.F.l) préélémentaire - c.p.
CNDP - École élémentaire n" 7. 19X2-19XJ
Cat et cat et 2

Prenez le pli transmettre le solfège du pliage,


mais simplement de sensibiliser les
Quand on parle pliage, on pense enfants à cette forme de création.
immédiatement à fa « cocotolo-
gie »; ce pliage traditionnel répète Jean-Claude Correa, président
sans cesse les mêmes objets (salière, fondateur du mouvement français
bâteau, chapeau de gendarme...) et des plieurs de papier (MFPP) fera
fait seulement appel au savoir-faire. découvrir l'art du pliage.
Aujourd'hui un regard neuf est
posé sur l'art du pliage (cf. origami Si vous êtes intéressés par cet art et
au Japon). Cet art a sa grammaire, que vous désiriez prolonger les
premiers pas évoqués dans l'émis-
son solfège qui nécessite un itiné- sion, prenez contact avec le MFPP
raire au cours duquel l'enfant
30, rue des Vinaigriers 75010 Paris,
pourra développer des qualités Tél. (1) 203.61.14.
précieuses pour sa structuration.
Dans cette émission réservée au Il existe également une revue éditée
pliage, il ne sera pas question de par le MFPP : Le Pli.

télévision LES RENDEZ-VOUS DU JEUDI


jeudi 10 mars 1983
14 h 50 - 15 h (T.F. 1)
préélémentaire - c.p.
CNDP - Ecole élémentaire n" 7. 19X2-19X3
Les usines meurent aussi (1 et II)

Ces deux émissions sont destinées L'approche de l'histoire au C.E. constitue le champ d'observation,
aux élèves du cycle élémentaire, s'opère par une sensibilisation au sans médiation d'un récit, d'une
dans le cadre des activités d'éveil à passé, en préalable à toute approche explication autre que celle du fil
dominante historique. Elles sont rationnelle de contenu historique. directeur de l'émission. La part de
complémentairesde la série « Images Cette sensibilisation passe essen- commentaire est pratiquementnulle,
de la vie rurale aujourd'hui-autre- tiellement par des découvertes, des l'intervention extérieure est limitée
fois », réalisées et diffusées par le étonnements, des émotions, des à quelques phrases de liaison, à
CNDP ces dernières années. Elles rapprochements avec ce que l'en- quelques questions posées dans les
ont toutes deux été tournées dans la fant a déjà rencontré dans son interviews. Ces émissions n'expli-
ville de Montluçon (Allier). expérience propre. Ce sont donc quent pas une situation, elles pro-
des attitudes qu'il s'agit de faire posent un certain regard, font sur-
naître dans un premier temps, sur gir un réel.
Les objectifs : lesquelles s'appuieront ensuite des
L 'approche de l'histoire réflexions plus approfondies. Pour Il appartient ensuite à l'exploita-
atteindre cet objectif avec de jeunes tion pédagogique d'analyser les
au C.E. enfants, le fil directeur retenu est la informations sous-jacentes, de les
Il s'agit de mettre en œuvre les découverte du passé à partir de nourrir de renseignements com-
orientations rénovées de l'initia- l'environnement proche. plémentaires, de parvenir à une
tion à l'histoire au cycle élémen- Les émissions mettent l'accent sur
approche explicative.
taire, telles qu'elles sont définies des traces du passé urbain, sous des
dans les textes officiels du C.E. Ces C'est l'attitude d'éveil chez l'enfant
orientations ont été longuement formes diverses : traces concrètes,
qui sous-tend la conception de
souvenirs, etc. Elles mettent aussi
analysées dans la présentation péda- toute cette série d'émissions sur le
gogique des deux séries destinées en évidence des modes de transmis- passé proche dans notre environ-
sion : le souvenir collecté, la conser-
au cycle élémentaire « Images de vation des traces au sein du milieu nement. Elle est en même temps
la vie rurale, aujourd'hui-autre- indicative de l'attitude et du rôle du
lui-même.
fois », « Tiennon, paysan du XIXe maître : créer des situations de
siècle ». Les dossiers d'accompa- découverte, aider l'enfant à réagir,
Une situation de découverte
gnement des trois dernières années ressentir, s'exprimer, l'amener à

[texte_manquant]
ont diffusé ces analyses. Nous ne
reprenons ici que les grandes lignes.

télévision
lundi 7 mars 1983
Par l'image, l'enfant est mis direc-
tement en contact avec le réel qui
passer de l'interrogation à la réfle-
xion et à la recherche.

PASSÉ RÉCENT

lundi 14 mars 1983


-
14 h 05 14 h 25 (T.F.I) cours élémentaire
CNDP - École ctcmcnluirc n" 7. 19X2-19X3
Une incitation à la recherche média (image fixe ou animée). Des sites industriels
dans l'environnement de l'enfant Comme tel, il s'ajoute à l'ensemble
Les émissions sont des documents de la documentationdont peut dis- — Les paysages
Ils concernent les XIXe et début du
de sensibilisation, conçus pour être poser une école. En apparence, il
peut apparaître en contradiction XXe siècles, tels qu'ils apparaissent
des points de départ. Au cours à travers une vue cavalière des
d'enquêtes ultérieures pourront s'a- avec le souci de valoriser le contact
direct. En fait, il prend en compte années 1850. Il s'agit d'abord des
jouter la collecte et la mise en forme hauts fourneaux des usines Saint-
de témoignages recueillis par les une réalité : l'éloignement, les dis-
tances, l'absence dans le milieu Jacques aujourd'hui détruits, sur
enfants eux-mêmes, directement l'emplacement desquels un terrain
auprès de leur entourage ou par proche de certaines sources, les dif-
ficultés de déplacements. vague est destiné à recevoir un
enquête organisée par le maître, ou vaste projet d'équipement culturel.
encore à partir d'autres produc- L'originalité cependant et la raison
tions audiovisuelles. De telles acti- Il s'agit aussi de cette petite usine
d'être essentielle tiennent au fait datant de 1845, dans laquelle fonc-
vités constituent des occasions de
comparaison, de transfert, de réem- que les caractères même du média tionne aujourd'hui un atelier de
(reportage filmé) permettent d'abor- petite métallurgie. C'est la plus
ploi particulièrement nécessaires à der chaque forme de document
la pratique de l'éveil. Pour le maître ancienne, d'une architecture typi-
dans son contexte, qu'il soit spatial, que de l'époque, dont la dimension
enfin, elles permettent d'évaluer humain, technique... ce qui permet
chez l'enfant l'existence et les formes réduite et la reconversion partielle
difficilement la documentation habi- expliquent la meilleure conser-
d'une sensibilisation au passé. tuelle. La perspective sous-jacente vation.
est celle de l'ethnologue qui, rappe-
Une initiation au documenthistorique lons-le a considérablement enrichi D'autres aspects caractéristiques
celle de l'historien. du paysage industriel ancien sont
A l'école élémentaire, quel que soit évoqués, sans faire l'objet des
l'âge de l'enfant, il importe, à cha- mêmes analyses (usines reconver-
que fois qu'on le peut, de privilégier e C'est un document historique, ties en garage pour autocars, ancien-
le contact direct avec le document au second degré, dans la mesure où
authentique. Plus les enfants sont certains passages deviennent un ne verrerie, installations de la gare
jeunes, plus celui-ci se doit d'être de véritable reportage sur des survi- en particulier).
nature concrète, permettant de vances, plus ou moins précaires, Leur aspect et leur architecture
mettre en place une attitude d'in- dans le cadre de vie et les activités sont également caractéristiques et
terrogation sur le réel. La méthode des individus. L'ensemble des sé- peuvent servir de référence pour
pédagogique se fixe comme objectif quences met d'ailleurs l'accent sur des recherches semblables dans le
de familiariser l'enfant avec la ces problèmes de disparition, de milieu de l'enfant.
notion de document historique sous reconversion et de conservation.
toutes ses formes, en particulier — La fonction
l'objet banal, courant (outils, ustensi- Pour presque tous, elle ne corres-
les divers...) et non seulement pond plus à la fonction d'origine,
l'unique, l'extraordinaire objet d'ad- Le contenu des émissions l'ensemble des activités métallurgi-
miration. ques. Celle-ci est évoquée à travers
A ce propos, l'ensemble de la série
Il porte sur certains aspects de deux exemples d'entreprisesactuel-
l'évolution d'une ville industrielle les. L'atelier de fonderie d'une
peut être l'objet d'une double ancienne où sont encore présentes petite entreprise permet de retrou-
lecture.
des traces des usines du XIXe siècle ver des gestes et un outillage tradi-
0 C'est un document pédagogi- et des formes d'habitat qui leur tionnels dans la ville de Montluçon
que, un document de substitution sont liées. Le noyau central médié- même. D'autre part l'aciérie d'Im-
qui propose un contact indirect val ne fait pas l'objet d'une étude phy (Nièvre) permet une évocation
avec diverses formes de documents particulière; il est simplement pré- de ce que furent les usines et les
historiques, par l'intermédiaire d'un sent comme évocation. forges de Saint-Jacques.
A chaque fois, le témoignage et les industriel du XIXe siècle et du Gozet), véritable ville dans la ville
souvenirs apportent des informa- début du XXe siècle. autour de sa place entre la maison
tions sur le travail lui-même et sur des syndicats et l'église (toutes deux
les problèmes de disparition d'en- Il s'agit de : construites sous le signe de l'archi-
treprises et de reconversion. — l'empreinte du canal sur le pay- tecture métallique ).
sage urbain actuel ; Dans le même temps l'accent est
Des aspects du paysage urbain — la vie dans la cité Dunlop, mis sur les transformations, les
L'accent est mis essentiellementsur caractéristique des cités ouvrières aménagements en cours, dont cer-
la découverte de diverses traces du tournant du siècle; tains marquent la disparition com-
subsistantes dans le paysage actuel, — les traces du principal faubourg plète de ces paysages urbains.
et sur leur relation avec le passé ouvrier de Montluçon (la Ville Monique Presle
Les jours de la vigne

De novembre à septembre-octobre, La fin du printemps et l'été, jus-


hors la période des vendanges et de qu'en août, sont consacrés aux
la vinification, le vigneron a de rognages manuel et mécanique,
multiples travaux à effectuer pour aux labours, et surtout aux très
entretenir ses vignes : ce film (durée nombeux sulfatages à l'enjambeur
20 minutes), conçu comme un et à l'hélicoptère.
reportage conduit sur une année, Fin août, la vigne est prête. Si le
évoque l'entretien permanent de la
vigne ; à partir de novembre,c'est la temps le permet, la vendange sera
prétaille (ici sous la neige), l'arra- bonne!
chage des vieilles vignes, le greffage Le deuxième film qui peut (sous sa
en prévision des plantations. Dès forme filmique, puisqu'à la télévi-
mars, les activités s'accélèrent : on sion, il sera présenté après De vigne
taille, on attache, on plante, soit en vin) être vu avant ou après le
qu'il faille remplacer les ceps trop premier, est réalisé chez le même
vieux, soit qu'il s'agisse de planter propriétaire-récoltant. Il faut donc
une nouvelle vigne (ce qui est une envisager leur utilisation éventuelle
opération longue et fort délicate). en complément l'un de l'autre.

télévision ÉVEIL A DOMINANTE SCIENCES SOCIALES


vendredi 4 mars 1983
14 h 05-14 h 25 (T.F.l) cours moyen
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
De vigne en vin

Comme le titre le dit clairement, ce Quels soins faut-il lui apporter à


film de 20 minutes, réalisé chez un tous moments jusqu'à ce qu'il soit
propriétaire-récoltant de Morey- enfermé dans les tonneaux, puis
Saint-Denis, montre le travail du plus tard mis en bouteilles? Ici, plu-
vigneron du début des vendanges tôt qu'une succession d'opérations
(ici celles d'octobre 1980) à l'habil- techniques souvent difficiles à expli-
lage des bouteilles. La première quer en peu de temps, le film évo-
partie (environ 10 minutes) est que les phases principales de la
entièrement consacrée aux ven- vinification : fermentation - chap-
danges : comment vendange-t-on? talisation - pressage - mise en
A quelle période et pourquoi? Qui tonneaux.
sont ces vendangeurs, etc. La Le texte est entièrement dit par le
seconde partie montre la cuverie et vigneron, dont on entendra aussi
la cave; comment fait-on le vin? de nombreuses interviews.

télévision ÉVEIL A DOMINANTE SCIENCES SOCIALES


vendredi Il mars 1983
14 h 05-14 h 25 (T.F.l) cours moyen
CNDP - École élémentaire n" 7, 1982-1983
Histoires de cœurs
« La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres »
G. BACHELARD
La formation de l'esprit scientifique

Parmi les fonctions biologiques


A la suite des premiers documents de cette série (1), nous susceptibles d'illustrer l'évolution
avons estimé important de proposer un éclairage sur la historique des idées, des concepts,
construction de la connaissance du corps humain. des représentations faites sur le
corps humain, le complexe circula-
Cette émission se propose de présenter : tion/respiration nous a semblé un
des meilleurs exemples pour rendre
— Quelques
repères historiques qui ne seront pas un compte de ce cheminement. Néan-
résumé d'une des histoires possibles de la biologie et de la moins, cette approche n'est pas
médecine, mais des éléments d'information et de réflexion sans poser un certain nombre de
autour de quelques « grands chercheurs qui ont jalonné problèmes aux plans physiologi-
cette longue marche de la découverte du corps humain ». ques, psycho-affectifet historique.

— Des
informations sélectionnées qui tenteront d'illustrer
l'évolution des théories et concepts élaborés à propos d'une Ob Au plan physiologique :
fonction complexe : la circulation associée à la respiration.
Une fois encore nous sommes
— Le
témoignage de nos sources de documentation : confrontés à l'abord biologique du
bibliothèque, musées, témoignages historiques des bâti- vivant qui peut difficilement se dis-
ments... (2) penser de l'approche analytique se
traduisant par un découpage en
Trois aspects qui ne manqueront pas de susciter : fonctions, plus ou moins artificiel.
— un entretien dans la classe;
Cette démarche présente des diffi-
— la nécessité d'organiser les opinions et le recours à des cultés :
informations complémentaires;
l'expression de représentations, point de départ d'un — Comment ne pas réduire l'or-
— ganisme à une mosaïque d'organes
véritable travail d'éveil.
sans lien entre eux? Le cœur pour-
rait d'autant plus se prêter à cette
possibilité d'un organe vivant iso-
(1) Çf dossier de l' École élémentaire n° 3, 1982-1983.
lément que les enfants ont pu assis-
(2) A Paris Musée de l'histoire de la médecine — Musée de l'assistance publique — Musée
national des techniques — Bibliothèque des facultés de médecine et anciennes écoles de
ter à des images diffusées par les
médecine: 15, rue de la Bûcherie; 5, rue de l'École de médecine, Paris. — Palais de la média de greffes et de réimplan-
Découverte. tations.

télévision L'ENFANT ET SON CORPS


mardi 15 mars 1982
14 h 05 - 14 h 25 (T.F.l) cours moyen
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
— Comment ne pas verser dans un Comment s'étonner dès lors que ce que; mais « une histoire épistémo-
finalisme qui fait qu'un organe est « patrimoine » si dense participe au
logique » risque d'introduire des
« conçu pour » une fonction? soubassement culturel, psycho- jugements de valeur inopportuns
— Ou encore donner dans cette affectif des enfants. (sur ce que tel scientifique « auraît
assimilation à un objet technique : Aussi, peut-être là plus qu'ailleurs, dû » faire, sur ses « erreurs »)...
le cœur est une pompe « pour » dans une pratique pédagogique, il
aspirer et chasser le sang. s'agira de rectifier — au sens, de
Bachelard — ces notions vécues, — De quelle histoire de la
biologie
— Comment nous défaire de la et de la médecine parle-t-on?
bijection un organe une fonc- ces représentations basées sur l'ex-
tion, l'anatomie comparée nous périence de la vie quotidienne pour Cette question nous renvoie non
enseignant qu'une même fonction dégager progressivement des pas à une mais à des histoires pos-
peut être assurée par des organes concepts plus objectifs aptes à se sibles de la médecine et de la biolo-
divers selon les espèces? structurer, constituant la base de la gie. Choisira-t-on une histoire qui
culture fournie par l'école. étudie l'évolution des idées scientifi-
lb Au plan psycho-affectif: ques; le développementdes concepts
lb Au plan historique : et théories ; une histoire se souciant
Parmi les obstacles à l'édification de l'insertion sociale de la science,
des connaissances, il convient de Rendre compte de l'évolution des
de l'influence exercée par les
revenir sur les représentations idées, des concepts, des représenta-
besoins sociaux et les idéologies;
confuses, plus ou moins structu- tions physiologiques et anatomi-
une histoire de la gestuelle de l'acte
rées, organisées en un ensemble de ques du corps humain revient à médical — le plus simple des gestes
connaissances pas toujours très interpeller l'histoire des sciences, médicaux comme l'incision de la
cohérent. plus précisément l'histoire de la
biologie et de la médecine, deux peau ne se fait pas aujourd'hui
Ces représentations seront d'au- comme du temps d'Hippocrate;
tant plus prégnantes qu'elles sont disciplines dont les marges interfè-
rent souvent. une histoire événementielle où l'ap-
véhiculées par des termes « cœur, parition datée d'une instrumenta-
sang » — particulièrement chargés Déjà Auguste Comte était con- tion tel le microscope risque par
affectivement au point qu'elles sont vaincu « qu'on ne connaît bien une
son caractère trop factuel, de pro-
difficilement imaginables par science que lorsqu'on connaît son
histoire ». pager l'idée qu'une technique,
l'adulte — « quand on saigne, on qu'un médicament sont nés de la
peut mourir si le sang se vide » — Cependant au-delà de la difficulté pensée géniale d'un seul homme
car elles renvoient souvent à l'his- due au manque de repères chrono- alors que l'histoire réelle a pu
toire personnelle des enfants. logiques pour des enfants du CM demander des années d'expérimen-
Elles sont liées à un héritage cultu- deux questions demeurent : tation de la part de chercheurs qui
rel « avoir le cœur gros, avoir un sont passés sous silence; une his-
— Une histoire de la biologie et de
cœur en or », mais aussi au cours de la médecine — Comment? toire de l'instrumentation (objets
l'histoire, le cœur est support de destinés à tenir, couper, joindre,
courage : sous la Grèce antique, Une des difficultés majeures qui se pénétrer, écarter, recueillir) en liai-
« avoir le cœur au ventre » et même présente est d'écrire une histoire son avec l'évolution de la métallur-
support de l'intelligence au XIIIe sans interpréter les connaissances gie, l'ornementation... ; une histoire
siècle nous offrant l'expression si passées à travers les connaissances des thérapeutiques ; une histoire des
chère à notre institution scolaire présentes, de façon déformante. découvertes « brillantes » ; une his-
« savoir une chose par cœur ». P. Thuillier pose le problème dans toire des erreurs qui serait aussi
Cet héritage est renforcé aujour- Jeux et enjeux de la science : stimulante que celle des conquêtes
d'hui par les média et la publicité : « Une histoire purement descrip-
et des découvertes effectives.
c'est le cœur isolé, en forme de cœur tive risque de laisser échapper le
symétrique des cartes à jouer. dynamisme de la pensée scientifi- Autant d'approches possibles.
HISTOIRES DE CŒURS (suite)
Quelques considérations pédagogiques
.

prenant en compte des éléments


épistémologiques de l'histoire des sciences
Alors que la plupart des manuels cune des parties pour la fonction Descartes codifie la méthode déduc-
scolaires de l'enseignementélémen- qui lui est naturelle ». (Aristote, La tive à priori dans les sciences
taire présentent toujours, « par partie des animaux). théoriques (fondées sur l'intuition
nécessité pédagogique », des don- c'est-à-dire la connaissance directe
nées et informations de certitudes et — Des principes méthodologiques:
Ces principes sont des représenta- par la raison et non l'expérience).
d'objectivité quasi absolues, des Celle-ci ne va pas servir les sciences
résultats apparaissant comme défi- tions plus ou moins métaphoriques expérimentales qui utilisent en
nitifs, il nous apparaît nécessaire de d'un ensemble de phénomènes. A
titre d'exemple, on peut retenir la outre le raisonnement par induc-
représenter la science comme une tion. Les principes de ce raisonne-
recherche qui conduit aussi bien à théorie de Galien sur l'irrigation du
ment seront énoncés par C. Ber-
l'erreur qu'à la vérité relative, sang et d'Harvey sur la circulation. nard dans Introduction à l'étude de
recherche qui n'est jamais achevée, La physiologie prendra une orien- la méthode expérimentale.
qui doit surmonter des obstacles tation scientifique lorsqu'elleaban-
toujours renaissants et qui est liée à donnera la représentation du sang Dans son Traité de l'homme, Des-
qui « irrigue » l'organisme pour cartes « suppose » que l'homme est
une conception du monde histori-
quement déterminée. passer à l'image plus féconde de la une machine, une sorte d'auto-
« circulation » sanguine.
mate : le cœur et les artères sont
Nous nous proposons d'illustrer « comme des soufflets de ces orgues
« Dans quelques perspectives fina-
ces quelquespoints à l'aide d'exem- liste ou mécaniste que le biologiste qui poussent l'air dans les portes
ples présentés dans le film ou en vents ». Il sera l'un des défenseurs
se soit d'abord placé, les concepts
marge du sujet traité, comme sup- utilisés primitivement pour l'ana- de la théorie circulationniste
port d'éléments de réflexion pour lyse des fonctions, des tissus, d'Harvey.
l'enseignant, voire d'éléments d'en- Au siècle de Descartes vont s'édi-
tretien avec les enfants. organes ou appareils, étaient in-
consciemmentchargés d'un import fier et coexisterdeux discours sur le
pragmatique et technique propre- corps :
A propos des théories ment humain... La réalité du — Un discours médical où avec la
Iln'existe pas de théories scientifi- concept biologique de circulation pratique de l'autopsie, de l'anato-
ques reposant sur des principes
présuppose l'abandon de la com- mie, le corps est réduit à une méca-
tous bien établis et parfaitement modité du concept technologique nique, un assemblage d'organes et
cohérents entre eux. L'histoire des d'irrigation ». (G. Ganguilhem, La réprimé dans sa dimension érotique.
connaissance de la vie).
sciences montre que la pensée
L'épistémologiecritique doit avoir — Un discours religieux prenant
scientifique est orientée par des pour cibles toutes les instances sen-
principes de deux ordres : méta- pour objet de mettre en lumière et sibles du corps jouissance pour en
physique et méthodologique. d'analyser ces principes implicites faire un « découpagephysiologique
ou explicites. de la chair » dans le système de la
— Des principes métaphysiques : Il est à noter que le désir de théori- confession.
La théorie d'Aristote dont l'in- ser semble inhérent à la médecine
fluence va s'étendre jusqu'au XVIe occidentale et n'apparaît pas dans A propos de l'erreur
siècle s'appuie sur des principes la médecine de l'Égypte ancienne et
substantialiste, finaliste, cosmolo- de l'Assyrie. et de la vérité
gique. Pour accéder à la connaissance, les Les systèmes explicatifs n'ont de
« Le corps tout entier existe en chercheurs ont usé de démarches valeur que jusqu'à la découverte
quelque sorte pour l'âme, et cha- scientifiques. d'une autre cohérence, d'un nou-
veau paradigme qui supplante le savoir » car selon ces auteurs, l'an- saisisme » (Broussais soutint la
précédent. L'histoire des sciences tériorité chronologique serait une théorie, qui s'avéra fausse, selon
est ainsi faite de rectifications suc- infériorité logique pour reprendre laquelle tous les phénomènes mor-
cessives. Les diverses représenta- les expressions de Ganguilhem. bides et les tumeurs ont pour point
tions de la distribution du sang de départ l'inflammation)alors que
dans l'organisme sont significatives Des idéologies et des mythes le cléricalisme empruntait le pas au
à cet effet. vitalisme.
Les découvertes sont toujours liées
Aujourd'hui encore en raison des
— La vérité : notion délicate
éga- à une conception du monde histo-
lement dans ce domaine. Toute idéologies politiques, l'histoire de
riquement déterminée. La science
vérité n'est-elle pas précaire? la médecine et de la biologie est
est toujours historique et le déve- différente à l'Est et à l'Ouest de
Combien d'hommes de sciences loppement des innovations intel-
comdamnés hiers sont réhabilités lectuelles doit prendre en compte
l'Europe et trop souvent la tenta-
aujourd'hui? tion est grande de généraliser à
les conjonctures historiques.
l'Europe une « histoire nationale »
La génération spontanée n'était- Ainsi, le développement de la bio- de la médecine : pour un Allemand,
elle pas évidente jusqu'à ce que Pas- logie et de la médecine « modernes » la chirurgie du XVIe siècle est
teur en démontre son impossibilité? nés en Europe aux XVIe et XVIIe représentée par Brunschweig, pour
« La science
elle-même, est loin siècles est en relation étroite avec un Français par A. Paré et pour un
d'être toute entière scientifique, au un type de société post-féodale : Anglais par Glowes.
sens où ce mot qualifie un savoir développement de la technique
parfaitement objectif ne laissant (navigation — architecture — Par ailleurs, à l'idéologiese rattache
aucune place à la contestation ». imprimerie), promotion des ingé- le mythe.
(R. Blanche, L'épistémologie). nieurs, des artistes... A. Sauvy dans Mythologie de notre
— L'erreur:
elle a été fréquem- Ces découvertes peuvent induire temps démontre l'existence de deux
ment liée historiquement à la rela- chez certains chercheurs de vérita- mythes antagonistesauquels adhè-
tive postérité-causalité, car la suc- bles idéologies ou philosophies de rent pessimistes ou optimistes :
cession chronologique de deux faits la vie : mythe de la décadence des
n'impliquent pas que ceux-ci soient Carrel dans L'homme cet — Le
— A. esprits pessimistes qui est essentiel-
liés. Ainsi par exemple l'idée inconnu va conclure à la nécessité lement l'expression d'une nostal-
actuelle selon laquelle « les antibio- de la prière et l'existence de Dieu à gie. C'est le rêve universel de l'âge
tiques fatiguent » ne prend pas en partir de ses cultures de cellules d'or, et d'aucun verront l'avenir
compte le fait que la maladie pour d'embryon de cœur de poulet. sombre de la science : les vieux
laquelle on administre des antibio- Monod dans Hasard et néces- principes de la médecine hippocra-
tiques est peut-être responsable de — J.
sité inclinera à l'option d'un socia- tique disparaissent... Nous entrons
la fatigue. lisme mondial à partir de la décou- dans l'ère d'une déshumanisation,
« On
doit étudier les erreurs et les verte de la structure de l'ADN. d'une robotisation... Ces propos ne
échecs avec autant de soin que les L'histoire montre que ces idéolo- sont pas nouveaux, la description
réussites. Les erreurs d'un Des- gies peuvent entraîner dogmatisme, de cette décadence est celle de
cartes, d'un Galilée ; les échecs d'un sectarisme et peuvent s'opposer à la Caton pour ses contemporains.
Boyle et d'un Hocke ne sont pas mythe du progrès de la partie
réflexion scientifique. — Le
seulement instructifs, ils sont révé- de l'humanité optimiste. Seront
lateurs de difficultés qu'il a fallu Ce fut le cas de Galien et de son alors cités pour exemples : les bien-
vaincre, des obstacles qu'il a^ fallu influence sur tout le Moyen Age; faits de la connaissance scientifi-
surmonter ». (A. Kouré , Études celui d'Aristote et de sa pensée
que, de la médecine et ses applica-
d'histoire de la pensée scientifique ). vitaliste. tions, une meilleure nourriture, les
C'est en refusant l'héritage erroné Le XIXe siècle nous offre une que- victoires sur les maladies infec-
des prédécesseurs qu'on succombe relle d'idéologies dans laquelle le tieuses, le rôle de l'aseptie, l'anti-
libéralisme s'approprie le « Brous- septie, les anesthésiques...
au « mirage d'un état définitif du
Une avancée non régulière Outre les freins déjà retenus à cette — Le manque de technicité:
évolution, il faut noter : L'invention du microscope à la fin
Le « progrès » n'apparaît pas
du XVIe siècle et perfectionné au
linéaire, mais comme une suite de — Un acharnement des idées adver-
ruptures. V. Hugo en exaltant la saires : cours du XVIIe siècle va permettre
science a bien pénétré son caractère Pour justifier les descriptions diffé- d'approcher les phénomènes in-
qui est en perpétuel mouvement : times de la vie : seront découvert les
rentes du cœur entre Galien et
magnifiquequi se détruit Vésale, certains médecins galénistes vaisseaux sanguins et les globules
« servante
sans cesse en s'élaborant ». iront jusqu'à envisager une modifi- rouges entre 1660 et 1675.
cation de structure entre temps... — Les obstacles épistémologiques :
La vitesse de dispersion des idées et
techniques est variable : Vésale accusé faussement d'avoir Selon Bachelard, la connaissance
Les principes de la circulation du pratiqué la vivisection sur l'homme scientifique se constitue contre la
fut contraint d'aller faire un pèleri- connaissance commune qui est
sang sont beaucoup plus lents à dif- immédiate et même contre une
fuser que l'antiseptie. nage en terre sainte. Il mourut au
L'anesthésie a conquis le monde cours du voyage. connaissance scientifique anté-
rieure, c'est-à-dire, contre des obs-
plus rapidement que la transfusion M. Servet et ses démêlés avec Cal- tacles épistémologiques qualifiés
sanguine. vin le menèrent au bûcher. de tels parce qu'ils sont a-histo-
Ainsi, l'histoire de la médecine et riques récurrents, indépendants des
— Un certain rôle de l'église :
de la biologie a connu des périodes A Sumer : qu'un phénomène patho- conditions techniques de la science,
de stagnation : logiquesurvienne et l'on invoque la et qu'ils se manifestent à l'esprit
qui s'est garga- transgression d'un principe reli- humain dès que celui-ci tente d'ap-
— Le Moyen Age préhender la nature.
risé de discours théoriques, de gieux. Cette notion ne semble pas
schémas, de doctrines philosophi- exister dans la médecine égyptienne — L'interdisciplinarité
ques a oublié le primat de la clini- et hippocratique. Enfin si diverses disciplines ont
que et de l'observation pratiques. A participé de la connaissance de
cette même époque, la médecine En Europe : l'Inquisition et ses l'homme et plus particulièrement
arabe pratiquait les autopsies avec multiples méfaits... de la fonction de circulation-respi-
Avicennes.
« La religion a indéniablement une
ration au cours de l'histoire,
La médecine et la biologie ne sont place dans l'histoire des sciences. aujourd'hui plus que jamais une
devenus expérimentales qu'à partir Mais il faudrait un bilan plus com- interdisciplinarité paraît indis-
du moment où un va-et-vient s'est plet, qui fasse mieux ressortir les pensable.
établi entre les hypothèses et le profits et les pertes; qui analyse Rappelons pour mémoire, la parti-
contrôle pratique de l'expérience. avec plus de précision les diffé- cipation de la médecine, de la bio-
rentes manifestations de la religion logie, de la physique (de la mécani-
— La Renaissance (la Bible, la théologie, les décisions
« La Renaissance a donc marqué officielles de l'Église, etc.) et qui
que des fluides naquit un procédé
de mesure de la pression artérielle),
un tournant capital dans l'histoire permette de mieux distinguer les actuellement des mathématiques et
de la médecine. Malheureusement,
cas où la Bible a surtout servi à ses satellites : statistiques, infor-
une fois encore, certains des pas justifier ou à amplifier des courants matique, permettant de mieux cer-
hardiment franchis ont été suivis nés en dehors d'elle ».
d'un recul ou du moins d'un long ner l'épidémiologie, l'évaluation
arrêt. Sauf en anatomie, la plupart (P. Thuillier, La science moderne entre des méthodes quantitatives.
le diable et le bon Dieu).
des faits observés et des théories Si important que puissent être les
émises doivent être redécouvertes — Les modèles de représentation : méthodesquantitatives, souhaitons
par la suite ». Tel le modèle de « l'irrigation » de que celles-ci ne prennent pas le pas
Bariéty-Coury, l'organisme par le sang avant sur le qualitatif en exerçant une
Histoire de la médecine, l'image plus féconde de la « circu- nouvelle « religion tyrannique » : la
« Que sais-je? », éd. PUF. lation ». « quantomanie ».
Quelques repères historiques

L'Antiquité orientale Les Égyptiens reconnaissaient le cadavres humains. Cet acte consi-
rôle vital des poumons et voyaient déré comme un véritable sacrilège
Au pays des pharaons... dans le foie non seulement la était puni de mort.
Les connaissances anatomiques citerne originelle du sang, mais La doctrine hippocratique consi-
«
des peuples de l'Orient ancien aussi un organe nécessaire à la gnée dans une vaste « encyclopédie
étaient très limitées. Elles se rédui- digestion; ils ont peut-être même médicale » : le Corpus Hippocrati-
saient à ce que les devins de Més- entrevu la place du cœur et des vais- cum, repose sur un certain nombre
opotamie avaient pu relever au seaux dans la circulation sanguine, de principes. Nous pouvons en
cours de l'hépatoscopie dont ils facteur de la vie. retenir quelques-uns :
tiraient des présages, à ce que les Tous ces aperçus physiologiques
embaumeurs égyptiens avaient su s'estompaient à vrai dire dans — La
théorie des quatre humeurs :
observer au cours de l'éviscération d'obscurs systèmes phylosophico- Le corps serait composé de quatre
des défunts. religieux comme celui qui affirmait éléments l'air, l'eau, la terre, le feu
Le fruit de leurs observations, sou- que le « souffle de la vie » entre par correspondant aux quatre hu-
vent inexactes ou mal interprétées, l'oreille droite, celui de la mort par meurs : le sang chaud et humide, le
était maigre : il n'en est guère l'oreille gauche (papyrus Ebers). » phlegme ou pituite froid et humide,
résulté de conceptions valables ou (Bariety et Coury, Histoire de la équivaient de Ja lymphe et des
cohérentes sur le fonctionnement médecine, «Que sais-je? », éd. secrétions nasales (qu'on croyait
du corps humain. P.U.F. p. 26-27). venir du cerveau) c'est-à-dire des
secrétions incolorés de l'organisme,
Les Babyloniens prêtaient à la la bile noire froide et sèche, et la bile
salive un pouvoir créateur : négli- jaune chaude et humide.
geant presque totalement le cer- La médecine gréco-romaine
veau, ils attribuaient un rôle majeur Hippocrate (460-377 av. J.-C.), père
La santé résulte de l'équilibre de ces
au foie considéré comme la source quatre humeurs, la maladie, de leur
de la médecine : l'époque hellénique
et le réceptacle du sang : cette pré- « dyscrasie »
c'est-à-dire de leur
éminence accordée au foie inspi- A cette époque, médecins et philo- déséquilibre : « Il y a essentielle-
rera plus tard aux Grecs le mythe sophes essayent de pratiquer l'ana- ment santé quand ces principes
de Prométhée et pèsera sur presque tomie. Leurs connaissances demeu- sont dans un juste rapport de
toutes les théories physiologiques rent rudimentaires et progressent mélanges... il y a maladie quand un
qui seront émises jusqu'au XVIIc lentement; elles doivent beaucoup de ces principes est soit en défaut,
siècle ; on en trouve encore le reflet à l'inspection des viscères animales soit en excès, ou s'isolant dans le
de nos jours dans certaines convic- que pratiquent les augures. corps, n'est pastombiné avec tout
tions ou expressions populaires. Hippocrate a laissé quelques écrits le reste ».
Les Hébreux attribuaient une sur l'anatomie sans jamais semble- (Hippocrate -
médecine grecque,
grande importance aux reins. t-il avoir pratiqué de dissections de De la nature de l'homme).
(traité cœur. Syennesis de Chypre et Dio- trois cavités dans lequel se forme le
— La théorie du microcosme
« des semaines
») : gène de Crète ont également rédigé sang. C'est le siège des sentiments.
des tableaux du système vasculaire.
Dans cette théorie, l'homme est en — les poumons sont des soufflets
petit (microcosme) la reproduction Le dernier connaissait le fonction- destinés à tempérer le feu vital du
de l'univers (macrocosme). nement et le rôle du pouls. cœur à l'aide du pneuma.
Cette idée était également envisa- Si Hippocrate a peu contribué à la — le cerveau est exsangue et
connaissance de l'anatomie, hor- contribue également à refroidir le
gée par Empédocle (490, 430 av.
mis d'avoir localisé le siège de l'in- cœur.
J.-C.) qui pensait que le sang était
la fusion la plus parfaite entre les
telligence dans le cerveau, son De ces conceptions erronées du
grand mérite aura été d'établir le stagirite nous conserverons des
quatre éléments de la nature, le diagnostic par l'observation, l'in-
cœur étant le centre de l'appareil terrogation, l'écoute, la palpation,
expressions populaires : « avoir bon
respiratoire. Il était ainsi convaincu coeur » — avoir le cœur gros »,
«
la percussion, l'inspection des pro- réminiscence d'une époque où le
que le cœur était le centre de la vie. duits émis par le malade en vue de
Cette réflexion alchimiste sera décider d'une thérapeutique. Cette cœur était alors le siège des
passions.
reprise et prolongée par Paracelse médecine présente' un caractère
(1493-1541) premier médecin homéo- humain en prenant désormais en Ces idées vont imprégner tout le
pathe, et le conduira à comparer le compte non seulement la maladie Moyen Age, prendre souvent le pas
cœur au soleil, le cerveau à la lune... mais également le malade et son sur les conceptions d'Hippocrate et
de la coction : entourage. de Galien et perpétuer ses erreurs
— La théorie avec une véritable tyrannie.
La digestion est expliquée par « la Il semble par ailleurs avoir été
coction » des aliments dans l'esto- conscient de ses limitas et de sa fail- « La médecine grecque ne relève
mac sous l'action de la chaleur libilité en raison entre autre du pas de progrès essentiel sur les
animale. Si la maladie provient de manque de moyens scientifiques et connaissances médicales et chirur-
la « crudité » des humeurs, la coc- d'une emprise excessive de la gicales des Égyptiens, antérieurs
tion et l'élimination de celles-ci religion. d'un millénaire aux différents
rétablissent la santé. Il est à noter la «
pèresde la médecine. En ce qui
»
prégnance de cette mentalité pré- Aristote (384-322 av. J.-C.) père de concerne la spécialisation, le déve-
scientifique relevée par l'épistémo- la logique et fondateur de la biologie loppement réalisé en Grèce paraît
logue Bachelard, dans « la forma- même inférieur à celui qui prit nais-
Philosophe d'une intelligence remar-
tion de l'esprit scientifique » jusque quable et fils de médecin, Aristote sance sur les bords du Nil. D'un
dans des temps récents au point où autre point de vue, il nous faut tenir
ne peut renoncer à ses prétentions les Grecs en haute estime, car jus-
la marmite de Papin avait été sur la médecine et la biologie, il sera
nommée « digesteur de Papin ». qu'au XIXe siècle de notre ère
considéré comme le véritable fon-
aucun perfectionnement décisif n'a
- Quelques idées sur le
circulatoire-respiratoire » :
« système dateur de la biologie en temps que
discipline scientifique.
été apporté soit à leur pratique soit
à leur théorie médicale.
Dans une composition intitulée Du Bien qu'empruntant ses connais- D'une manière générale, la science
cœur, il décrit les ventricules, les sances à des dissections animales grecque est allée aussi loin qu'on
grands vaisseaux et leurs valvules. faites personnellement et à de
nombreuses observations, il se lais- peut l'attendre de ceux qui ne dis-
Dans Le traité de la maladie sacrée, posent ni d'instruments d'observa-
il ne semble pas distinguer les
sera rapidement emporter par ses tion et de précision ni de méthodes
idées à orientations animistes et expérimentales. Elle eût donné
veines des artères : finalistes et abandonnera la voie de
arrivent au cerveau de davantage, si la religion ne l'avait
« Des veines l'objectivité. harassée, tandis que la philosophie
tout le corps, nombreuseset menues
mais deux grosses, l'une du foie, La philosophie stagyrienne affir- n'avait garde de l'encourager ».
l'autre de la rate... ». Il attribuait à mera alors que : (W. Durant, Histoire de la civilisa-
tion, La vie de la Grèce ).
la respiration le rôle de refroidir le — le cœur est un organe chaud à
Hérophile et Érasistrate : deux pro- créateur de l'anatomie
le véritable Galien (130-200) « Un médecin grec
moteurs de l'anatomie - l'École en fournissant des descriptions à Rome »
d'Alexandrie et les dissections exactes du corps.
humaines Originaire de Pergame (Asie
Il rajeunit la théorie hippocratique mineure), Galien pratique la méde-
« Ainsi, vers la fin du IVe siècle av. en la libérant de la théorie confuse cine et la chirurgie à Rome et eut
J.-C., malgré l'élan prodigieux mais des humeurs mais en conservant le pour clients consuls et empereurs
sans lendemain que lui avait recours à l'observation et à l'expé- (dont Marc Aurèle).
imprimé Hippocrate, la médecine rience.
Bien qu'ayant pratiqué de nom-
se retrouvait stagnante. Fort éloi- Il distingue les veines des artères, et breuses dissections animales sur
gnée des hautes spéculations intel- montre que celles-ci (y compris des singes et porcs, il apparaît sur-
lectuelles dont elle continuait à l'artère aorte) contiennent du sang
faire l'objet, elle était en mal d'un
tout comme un bon compilateur et
et non de l'air. Il précise le rôle du rassembleur des découvertes de
nouveau bond en avant. Celui-ci cœur dans le mécanisme des pulsa- l'anatomie grecque.
eut lieu dans Alexandrie hors de la tions et se sert d'une horloge à eau
Grèce classique trop éprise de pen- pour mesurer la fréquence du e A Hippocrate, il emprunte la
sée pure. pouls. Par une étonnante intuition, théorie des 4 humeurs qu'il pro-
il affirme que la respiration s'effec- longe par celle des 4 tempéraments;
Grâce à sa situation privilégiée aux tue dans, les tissus et organes. suivant la dominance de l'une de
confins de l'Orient et du monde ces humeurs, il distingue le san-
grec, grâce au libéralisme éclairé Malheureusement, son ouvrage De guin, le phlegmatique, le bilieux, le
des Ptolémées, à la diversité ethni- l'anatomie a été perdu et il faudra cholérique. Ses principes de santé
que et religieuse de sa population, à attendre le XVIe siècle pour redé- désignent aujourd'hui encore le
l'éclectisme intellectuel de son élite, couvrir ses connaissances. galénisme.
grâce surtout à la richesse docu- Érasistrate'son contemporain phy-
mentaire de sa célèbre bibliothè- siologiste retenait la théorie selon Les expressions actuelles : « Se faire
que, la grande cité hellénistique laquelle les artères contenaient une de la bile », « se faire un sang d'en-
constituait un centre très favorable cre », être mélancolique » (éthy-
sorte d'air appelé « souffle vital ». «
mologiquement : bile noire), attes-
à la recherche scientifique ». (His- Cette affirmation s'appuyait sur le
toire de la médecine, op. cit.). fait qu'à la mort, les artères se tent de la survivance parcellaire de
Cette génération qui suivit Aristote vident de leur sang au profit des cette théorie.
(au 3e siècle av. J.-C.) est alors illus- veines qui abandonnent leur tonus. e Influencé par Aristote, il conserve
trée par deux médecins : Hérophile le principe des causes finales.
Cependant, il fut le premier à
et Érasistrate qui eurent par Ptolé-
mée Soter le privilège inouï de dis-
découvrir que veines et artères e Il reprend et remanie la théorie
avaient toutes comme point de des 3 pneuma (esprits) d'Érasis-
séquer des cadavres humains. départ où comme point d'arrivée le trate : esprit naturel (dans le foie),
J. Beaujeu explique dans son His- cœur et non le foie (où se forme le esprit vital (dans le cœur) esprit
toire générale des sciences cette sang) comme on le croyait. Il décri- animal (dans le cerveau).
liberté particulière par : vit les valves cardiaques et nomma
Admis d'abord dans l'estomac,
La tradition égyptienne de l'em- en particulier, la valvule tricuspide. «
« les aliments sont ensuite conduits
baumement qui avait habitué les Il envisage la circulation ainsi :
par des vaisseaux au foie où ils se
esprits à l'excision des cadavres. Le sang arrive dans le cœur droit transforment en pneuma physique
Plusieurs auteurs anciens, dont pour être distribué dans tout ou esprit naturel c'est la « sanguifi-
Celse, auraient même accusé Éra- l'organisme. cation ». Par la veine cave, cet
sistrate d'avoir pratiqué la vivisec- Parallèlement à ce réseau, l'air est esprit remonte au cœur droit qui le
tion sur des condamnés à mort ». véhiculé au cœur gauche par les fait passer dans la veine cave supé-
Hérophile qui fut l'un des fonda- poumons et veines pulmonaires et rieure. Une partie de ce sang pénè-
teurs de l'École d'Alexandrie devint réparti dans les mêmes organes. tre dans le poumon par l'artère
défenseur : Je préfère encore me le corps humain avec la plus grande
pulmonaireoù il se purifie avant de «
vérité vont eux aussi se pencher sur
revenir au cœur par la même voie tromper avec Galien, que suivre
dans sa circulation un charlatan l'anatomie : Léonard de Vinci,
(mouvement de flux et de reflux). Michel Ange, Raphaël ont pratiqué
Enfin, toujours dans le cœur droit, comme Harvey ».
Ces erreurs grossières liées aux des dissections.
une infime partie de ce sang tra-
verse, par des pores minuscules, la digressions métaphysiques, à l'abus En particulier, Léonard de Vinci
paroi interventriculaire et passe du raisonnement à priori, à des fut le premier à étudier quantitati-
dans le ventricule gauche. Là, il se assimilations anatomiques hâtives vement les muscles en les mesurant.
mélange à l'air venu des poumons (disséquant des singes et non des Un nouveau mode d'expression
par la veine pulmonaire et se trans- hommes), seront affirmées d'une prend jour; le dessin en perspec-
forme en esprit vital ; lequel est façon despotique jusqu'au XVIIe tive; squelette, muscles, système
ensuite distribué aux organes par siècle où Harvey découvrira la cir- nerveux, réseau sanguin, organes,
les artères, Le sang artériel qui culation du sang. sont observés et dessinés minutieu-
arrive au cerveau y rencontre de
La médecine médiévale sement. Il étudie la configuration et
l'air venu par les narines et qui le la mécanique du cœur. Il reconnaît
transforme en un troisième pneuma, Les découvertes médicales et scien- les quatre cavités cardiaques, décrit
l'esprit animal. Les nerfs condui- tifiques sont inexistantes durant parfaitement les valvules et expli-
sent cet esprit animal dans tout le cette période où la philosophie sco- que le rôle modérateur interven-
corps ». (G. Gohaut, Biologie et lastique régit toute la pensée, où la triculaire.
biologistes). foi et la science restent intimement André de Vésale (1514-1564), méde-
Ainsi donc est appréhendée la mêlées, où la dissection des cada- cin de Charles Quint, auteur de De
«
circulation » du sang pour Galien : vres humains est interdite. humani corporis fabrica (la struc-.
— Les
artères ne contiennent pas «La médecine a stagné pendant ture du corps humain).
d'air mais du sang artériel. mille ans parce que les médecins du Vésale reprend toutes les bases de
La paroi interventriculaire est Moyen Age se sont grisés de sché- l'anatomie humaine.
percée de micro-pores qui permet- mas, de constructions philosophi-
e Il n'affirme rien qu'il n'ait
observé
tent une communication. ques et de théories, oubliant le pri-
circule pas; il est mat de la clinique pratique tel que au cours de ses dissections de cada-
— Le sang ne l'avait prôné Hippocrate, repris vres humains (et non de singes
animé de mouvements de va-et-
vient, veines et artères distribuent par des médecins de langue arabe comme Galien) dissections désor-
comme Rhazès ». (J.-C. Sournia, mais autorisées, qu'il pratique
parallèlementesprit naturel et esprit lui-même.
vital aux organes, sans communi- Histoire et médecine).
cation entre eux.
Vésale et l'école d'Oxford : e Il va vérifier les erreurs du passé,
fussent-elles couvertes par l'auto-
Comme Aristote, il assimile la dis-
tribution du sang à partir du cœur à un rénovateurde l'anatomieà la rité quasi sacrée de Galien.
l'irrigation d'un jardin par des Renaissance
e Il vitupérande contre ses confrères
canaux. Au siècle obscur du Moyen Age qui écrit-il dans La Fabrica : « Se
L'oeuvre gigantesque de Galien succédera une tentative de libéra- contentent honteusement de suivre
apparaît alors comme un tissu de tion de la tutelle des anciens. servilement Galien, sans jamais
vérités nouvelles et d'erreurs L'ébranlement spirituel et la diffu- s'écarter de la largeur d'un ongle de
grossières. sion des connaissances grâce à ses opinions ».
l'imprimerie seront favorables au Ainsi, il doutera de l'existence des
Ces vérités nouvelles feront de lui développement des sciences de la
« le
dernier grand biologiste de médecine au cours de cette période pores interventriculaires du cœur,
l'Antiquité classique ». Il va jouir ce qui permettra moins d'un siècle
qu'est la Renaissance. plus tard, de mieux comprendre le
d'une autorité pendant tout le
Moyen Age. La foi aveugle dans la Les artistes de la Renaissance ita- mécanisme de la circulation du
médecine de Galien fera dire à un lienne qui cherchaient à représenter sang :
« La cloison est constituée par ce distance. Leur ouverture se trouve dente, de la ligature des veines du
qu'il y a de plus compact dans la du côté de la racine des veines, bras qui se traduit par la turges-
substance du cœur. Je ne vois donc c'est-à-dire vers le cœur. Dans le cence au-dessus du point de stric-
pas comment la plus petite goutte sens opposé au cœur, elles se tion, par une étude quantitative.
de sang pourrait passer de la moitié ferment ».
droite du cœur à la moitié gauche à Il observe qu'en une heure, le ven-
travers la cloison qui sépare les — Un disciple : Fabrizzi établit le tricule gauche envoie dans le corps
ventricules ». rôle des valvules des veines. par l'artère un poids de sang triple
du poids du corps.
Cette attitude courageuse, objec-
tive, peut orthodoxe lui valut des Harvey imprégné de la pratique de
adversaires virulents. Harvey : un physiologisteéclairé Galilée pose les jalons d'une
méthodologie quantitative : phéno-
Pour justifier les descriptions diffé- Toute la physiologie du XVIIe siè- mène nouveau et fondamental dans
rentes entre Galien et Vésale, cer- cle sera focalisée sur la découverte l'histoire de la recherche scien-
tains médecins galénistes iront jus- de la circulation du sang. tifique.
qu'à envisager une modification de Deux chercheurs vont participer à
structure entre temps. De cette interrogation centrale :
cette découverte : M. Servet et « d'où vient et où peut aller tant de
Ceux-ci l'accusèrent faussement W. Harvey.
d'avoir pratiqué une vivisection sang », il formule l'idée d'un circuit
fermé possible.
humaine. Il fut condamné à mort tb M. Servet (151 1-1553)
par l'Inquisition. Philippe II com- « Je me suis demandé si tout ne
mua cette peine en un pélerinage à Il fournira la première description s'expliquerait pas par un mouve-
Jérusalem dont il ne devait pas ren- de « la petite circulation » dans son ment circulatoire du sang? ».
trer vivant. ouvrage : Restitutio Christianismi. Il repratique l'expérience de la liga-
L'apport de Vésale est tel que cer- « Le passage du sang de la moitié ture pour donner cohérence à la
tains historiens actuels de l'anato- droite du cœur à la moitié gauche somme d'observation et d'expéri-
mie n'hésitent pas à distinguer une ne se fait pas, comme on le croit mentations : le cœur fonctionne
période d'avant Vésale et une généralement à travers la cloison, comme une pompe qui permet au
période de Vésale à Bichat, faisant mais par une voie plus remarquable sang unique (et non les trois types de
du siècle de la Renaissance celui de et plus longue qui le fait passer à sang de Galien) de circuler en per-
l'anatomie. travers les poumons ». manence, dans la même direction.
Déjà le cardiologue Sénac au début Cette théorie devait soulever une
du XVIIIe siècle déclarait : • W. Harvey (1578-1657) polémique virulente :
Vésale a découvert un nouveau Médecin anglais de Jacques I"', il va — G. Patin doyen de la faculté de
«
rédiger sa théorie circulationniste médecine de Paris qualifie la circu-
monde ». lation de « fausse, impossible,
en 1628 dans son manuscrit : Exer-
citatio Anatomica de Motu Cordis absurde, inutile ».
Les successeurs de Vésale
Saguinis in Animalibus. — Molière et Boileau vont stigma-
Un de ses élèves: Colombo tiser avec talent la tendance tradi-
Les affirmations de Harvey s'ap- tionnaliste.
découvre expérimentalement la puient d'une part sur l'observation
« petite circulation » en prouvant d'animaux variés — dont les biches — Un des défenseurs du médecin
que les veines pulmonaires du parc royal de Windsor — et anglais : Descartes. Il codifie la
contiennent du sang et non de l'air. d'autre part sur l'expériencequanti- nouvelle doctrine iatro-mécanique
DaI1s son ouvrage : Sur les valvules tative. en rapportant tous les phénomènes
de l'organisme à-des actions méca-
des veines il écrit : « A l'intérieur La gloire d'Harvey est sans doute niques. Il commettra dans ce
des veines sont de petites mem- d'avoir complété l'expérience déjà domaine des erreurs d'interpréta-
branes, disposées de distance en réalisée par Fabrice d'Aquapen- tion magistrales.
Désormais, la circulation du sang lb Quelques rappels sur les concep- contrôler expérimentalement cette
est comme « cette chose magnifi- tions de la respirationavant Lavoisier théorie de phlogistique. Il réalisera
que, écrit le professeur Richet, le Platon : la fonction du poumon est des essais d'une précision remar-
circuit perpétueldu sang, des artères de rafraîchir le coeur : quable sur le processus de la com-
aux veines, des veines au cœur, du « Les dieux imaginèrent de greffer
bustion : il chauffe différentes subs-
cœur aux poumons, des poumons sur le cœur le tissu du poumon qui tances à haute température, les pèse
au cœur et aux artères ». est mou et dépourvu de sang et qui, avant et après la combustion, et
découvre que les produits sont plus
en outre contient en lui des cavités
Deux découvertes complémentaires percées comme celles d'une éponge lourds après l'opération.
vont étayer la thèse circulation- afin que, recevant l'air et la boisson
niste : il rafraîchit le cœur ».
Sa conclusion est évidente : les
capillaires : produits absorbent uniquement de
— Celle des vaisseaux
renfermant des globules rouges. Aristote : la fonction du cœur sera « l'air » et n'en cèdent pas.
de rafraîchir cœur et cerveau. Il bénéficia de la découverte du
Grâce à l'invention d'un instru-
chimiste Priestley sur l'air
ment nouveau, le microscope (Jan- Descartes présente une théorie déphlogistiqué ».
sen) et son perfectionnement (Leeu- similaire. «
wenhoek), les investigationsdevien- Le phlogistique étant un gaz qui
Le vrai usage de la respiration est
nent plus précises. «
d'apporter assez d'air frais dans le provoque la combustion, il lui vint
Malpighi montre sur des poumons poumon pour que le sang qui y à l'esprit qu'il s'agissait là du gaz
de grenouille que des artères aux vient de la cavité droite du cœur, où que les produits en combustion pré-
veines le sang ne passe pas par « des il a été raréfié et comme changé en levaient dans l'air. L'air devait
pores de la chair » mais par des vapeurs, s'y épaississe et conver- donc être composé de ce gaz et d'un
vaisseaux capillaires. Il fit l'anato- tisse en sang derechef, avant que de autre. Il donna au premier le nom
mie des tissus et créa l'histologie. retomber dans la gauche, sans quoi d'oxygénium (oxygène) et définit la
vaisseaux chylifères il ne pourrait être propre à servir de combustion comme étant la com-
— Celle des nourriture au feu qui y est ». (Dis- binaison d'un corps avec l'oxygène.
nommés (veines « lactées »).
cours de la méthode).
Cette définition est encore utilisée
Ces vaisseaux qui avaient déjà été aujourd'hui.
Les fonctions du corps se rame-
vu par Hérophile et Érasistrate
n'avaient pas été pris en considéra- naient à une interprétation méca- Il conduisit des expériences qui
tion. Cette redécouverte faite par nique formulée en termes de physi- établissent les échanges gazeux
Aselli évacue le schéma de Galien que et chimie. La respiration sem- s'opérant pendant la respiration.
qui faisait transiter les aliments par blait être une combinaison de
le foie, où s'élaborait l'esprit naturel. l'expansion, de l'aération et de la Il se demanda s'ils n'avaient pas
contraction. lieu dans les poumons et s'attaqua
La théorie du phlogistique : avec le physicien Laplace au pro-
Lavoisier : l'apport d'un blème de la chaleur animale : pla-
On pensait que la matière contenait
çant des cobayes dans un calorimè-
chimiste (1743-1794) en proportion plus ou moins grande tre, il mesura la quantité de chaleur
un produit mystérieux appelé dégagée.
Les physiologistes du XVIIIe siècle « phlogistique ». En cas de com-
vont bénéficier des progrès de la bustion, la matière devait céder une La respiration est donc une com-
physique et de la chimie à cette partie de son « phlogistique » à l'air «
bustion, à la vérité fort lente, mais
époque. environnant. d'ailleursparfaitementsemblable à
Lavoisier complètera le dyptique celle du charbon; elle se fait dans
circulation-respiration en décou- lb La conception de Lavoisier
l'intérieur des poumons, sans
vrant 150 ans après Harvey le Lavoisier devait combattre des dégager de lumière sensible, parce
mécanisme de la respiration. mythes bien ancrés. Il entreprit de que la matière du feu, devenue
libre, est aussitôt absorbée par « Cette œuvre sans précédent dans Je fus aussi surpris que satisfait
l'humidité de ces organes; la cha- le domaine de la chimie et de la d'entendre les battements du cœur
leur développée dans cette combus- physique » — Guyénot — avait été d'une manière plus nette et plus dis-
tion se communique au sang qui réalisée grâce à l'expérimentation tincte que je n'avais jamais fait ».
traverse les poumons et de là se opposée à la spéculation. L'époque contemporaine va quitter
répand dans tout le système animal. le domaine de l'anatomie macros-
Si Harvey a révolutionné la physio- copique pour s'engager dans celui
Ainsi était expliqué le processus logie cardiaque au XVIIe siècle,
respiratoire et l'origine de la cha- de l'anatomie microscopique.
Lavoisier, dans sa conception étayée
leur animale qui n'était plus un feu par l'expérimentation rigoureuse L'avènement de la radiographie, de
obscur et inné du cœur que la respi- aura fait rayonner cette discipline l'électronique et de l'informatique
ration avait pour mission de tem- au XVIIIe siècle et porté un coup dans les procédés d'enregistrement
pérer ». (Guyénot) quasi fatal aux théories vitalistes. et de traitement des images, les
techniques de microscopie électro-
Cette théorie fut rapidementaccep- nique, dotent désormais biologistes
tée et mettait un terme à celle du Laennec, l'inventeur d'une et médecins de moyens d'investiga-
phlogistique. technique tion extraordinaires du corps
humain : radiographies — scinti-
Malgré ses nombreuses découvertes L'auscultation, qui consiste à graphie — échographie — thermo-
et une demande de délai pour ache- recueillir à l'oreille grâce à un stéto- graphie — scannographie — micro-
ver ses travaux de chimie et sa scope tous les bruits normaux et chirurgie...
contribution à l'élaboration du sys- pathologiques, au niveau du tho-
tème métrique, Lavoisierfut envoyé rax, apparaîtra comme le propaga- « Si les moyens et techniques ont
à l'échafaudpar un tribunal révolu- teur de la méthode anatomo- changé, la médecine ne saurait
tionnaire en 1793 : il était fermier clinique : oublier qu'elle reste en définitive
général. faite par l'homme pour l'homme.
« Je fus consulté en 1816 pour une Elle se doit certes de poursuivre
# Le siège de la respiration jeune femme qui présentait des avec persévérance, espoir et fierté
Pour Lavoisier, le siège de la respi- symptômes de maladie du cœur. sa marche en avant ; mais elle ne
ration est le poumon. Grâce aux L'âge et le sexe de la malade m'in- se montrera à la hauteur de ses
travaux de Spallanzani sur la respi- terdisait l'examen par application légitimes ambitions et de ses
ration animale, ce lieu d'échange de la main. tâches futures qu'en sachant
sera précisé dans Mémoire sur la regarder de temps à autre en
respiration. Je vins me rappeler un phénomène arrière et s'inspirer de son édi-
d'acoustique fort connu : si l'on fiant passé pour assurer son
Le siège de la combustion n'est pas applique l'oreille à l'extrémitéd'une avenir si riche de promesses ».
lepoumon, mais l'intimité des tis- poutre , on en entend très distinc- (Bariéty et Coury, Histoire de la
sus où l'oxygène est véhiculé par les tement un coup d'épingle à l'autre médecine, op. cit.).
hématies. bout.
Bibliographie proposée

Pour une approche épistémologique : — G. CANGUILHEM : Idéologie et — F. JACOB: La logique du vivant


C. BACHELARD La formation de
rationnalité dans les sciences de la vie (Gallimard-- 1970).
— (VRIN 1977).
l'esprit scientifique (VRIN).
— M. FOUCAULT Naissance de la
clinique (PUF - 1962). Histoire de la médecine :
Ouvrages de méthodologie : —
BARIÉTY ET COURY : Histoire
C. BERNARD: Introduction à la Histoire de la biologie : de la médecine (« Que sais-je? » PUF).
médecine expérimentale (Garnier- — J.
THEODORIDÈS Histoire de la
— Gérard WALKER : Histoire
de la
Flammarion). biologie (« Que sais-je? » PUF 1977). médecine (Marabout).
— C. SINGER : Histoire de la biologie — P.
DUMAITRE : Médecine et méde-
Histoire générale des sciences : (Payot - 1934). cins (Magnard - 1977).
CANGUILHEM : La connais- — J. ROSTAND : Esquisse d'une his-
HIPPOCRATE: Médecine grecque
— G. —
(NFR/Idées - 1964).
sance de la vie (PUF - 1965). toire de la biologie (Gallimard - 1962).
j BEAUJEU -.Histoire générale des — G.GOHAU : Biologie et biologistes — J.-C. SOURNIA : Histoire et méde-
sciences (PUF). (Magnard - 1978). cine (Fayard - 1982).
A la découverte de l'énergie solaire
au camp d'été de Cornus

Dans le cadre de l'action pédagogi- L'objectif poursuivi est de motiver


que d'ensemble menée conjointe- les élèves « spectateurs pour un
ment par l'Agence française pour la temps », de les inciter à entrepren-
maîtrise de l'énergie et le Centre dre à leur tour, en classe, des activi-
national de documentation péda- tés : expériences, manipulations,
gogique, cette émission constitue montages... à propos de l'énergie
un complément au livret de l'élève solaire — et pourquoi pas ensuite
Créons — l'un des quatre livrets des autres énergies ! Il ne s'agit pas
inclus dans le « coffret pédagogi- d'un modèle, mais d'une incitation
que » diffusé par l'Agence. à « faire », à créer, selon une
démarche expérimentalequi inclut
naturellement la métrologie : sen-
Tournée à Cornus (Aveyron) au sibilisation, travail en équipe,
cours d'un camp d'été sur l'énergie réflexion, recherche, réalisation,
solaire organisé par l'Association expérimentation, mesure, analyse,
nationale sciences techniques jeu- critique, réalisation d'un nouveau
nesse pour les 10-12 ans, l'émission projet « amélioré »... C'est donc
se présente sous forme d'un repor- l'aspect technologique, scientifique
tage illustrant des activités menées — assez souvent
sacrifié au niveau
par les enfants sous la conduite de de l'école élémentaire — qui est ici
leurs animateurs. valorisé.

télévision ACTIVITÉS D'ÉVEIL AUTOUR D'UN THÈME


mardi 1" mars 1983
-14 h 25 (T.F.1)
14 h 05 cours moyen
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
Contenu de l'émission Précisons de suite que l'émission ne' évidence les phénomènes élémen-
Exploitation possible représente pas l'ensemble des acti- taires de rayonnement, d'absorp-
vités menées au cours d'un séjour tion, d'effet de serre que l'on
Elle montre plusieurs ateliers tra- de trois semaines. Elle aborde retrouvera plus tard.
vaillant sur des réalisations diffé- essentiellement la deuxième phase, On peut pour cela utiliser quatre
celle de la réalisation des projets, bols semblables avec des volumes
rentes (ou menant des expériences)
des maquettes. d'eau identiques dont on mesurera
concernant l'énergie solaire :
comment la capter, la transformer, Il va de soi que la phase initiale les élévations de température lors
la conserver, l'utiliser... Il s'agit de destinée à faire connaissance avec d'une exposition aux rayons
réalisations simples, répondant aux le soleil au cours d'une première solaires.
préoccupations de l'enfant de cycle approche : étude du rayonnement La comparaison des élévations de
moyen, menées par les enfants eux- et des mouvements du soleil, de la température — utilisation de ther-
mêmes, à l'aide de matériaux cou- météo locale, simples réalisations momètres à alcool — permettra de
rants mais qui n'en mettent pas récupérant la chaleur... doit précé- souligner l'importance de la cou-
moins en évidence des notions de der cette étape de réalisation plus leur noire dans les phénomènes
physique élémentaires; la prise de élaborée. A ce niveau, l'émission d'absorption; le noir transformant
conscience des phénomènes, de aborde précisément un aspect qui les rayons lumineux en chaleur,
leur importance, de leurs implica- nous paraît essentiel : la découverte selon l'expression même des enfants
tions, allant de pair avec la des principes de base liés aux cou- (qui interprètent parfois : « le noir
manipulation. leurs et qui permet de mettre en attire les rayons du soleil... »)
gb L'expérience avec construction
d'une maquette de distillateur
solaire : de l'eau saumâtre ou du
café donnant de l'eau douce après
évaporation et condensation; mise
en évidence de l'effet de serre avec
absorption par le noir.

Ce croquis de réalisation possible


est emprunté à la revue Jeunes
années, n° spécial 146, mars 1982
consacré au solaire. Mais les élèves
peuvent en imaginer d'autres, eux-
mêmes, comme dans le film.

0 L'expérience avec construction


d'une maquette de sèche-fruits
devenue cuiseur (fonctionnanttrop
bien elle avait « brûlé » le tilleul mis
à dessécher !).
On a pu alors, au bout d'une heure,
obtenir un œuf au plat; tempéra-
ture relevée dans l'appareil : 70° C.
Un des objectifs de l'équipe a
consisté à rendre l'appareil de plus
en plus performant.

Mise en évidence de l'effet de serre,


de la conduction, de l'isolation.
4b Maquette d'un capteur parabo-
lique réalisé à l'aide d'une plaque
d'aluminium fixée sur un gabarit en
bois. Mise en évidence des phéno-
mènes de réflexion et de concentra-
tion (combustion de papier ou cuis-
son de merguez placés au foyer). La
réalisation de cette maquette est
précédée d'un exercice : jeu sur la
réflexion de la lumière et la concen-
tration avec une dizaine d'enfants
munis d'un miroir.

Dans le même ordre d'idée on peut


également utiliser un déflecteur de
phare de voiture pour fabriquer un
mini-four solaire (les mieux adap-
tés à cet emploi sont, paraît-il, les
phares de 2 CV ancien modèle...). Il
sera alors intéressant de faire saisir
aux élèves la réversibilité de l'utili-
sation : au lieu de produire un large lampe, on part — fonctionnement pour aboutir à un très petit point de
faisceau lumineux à partir d'un en sens inverse — d'un large étale- concentration au foyer, là où se
petit filament incandescent de ment des rayons parallèles du soleil trouvait le filament de la lampe.
Vers d'autres horizons... — Par ailleurs EDF propose de Activités énergie solaire
Le soleil tous azimuts nombreuxdocumentsgratuits : bro-
chures illustrées et dossiers de dia- L'ANSTJ réalise son objectif en
Cette émission n'épuise pas, bien positives sur des thèmes multiples. organisant :
sûr, toutes les possibilités d'activités Pour les brochures s'adresser à — des séminaires et des journées
concernant l'énergie solaire. On AFID-BP 8209 75421 Paris d'études ;
pourrait aussi aborder, l'action du cedex 09 qui diffuse L'Index de
— des séjours de vacances d'initia-
soleil sur les végétaux (photosyn- documentationsur les énergies édité tion aux sciences et aux techniques
thèse), l'utilisation des cellules chaque année par EDF. Pour les pour les jeunes de 10 à 19 ans ;
solaires (cellules photovoltaïques), diapositives, s'adresser à EDF,
le cadran solaire, le prisme (spectre Direction de l'équipement - Divi- — des stages de formation et des
week-ends techniques pour les
solaire), l'héliotrope... sion information et communica- animateurs de clubs et des centres
tion, 3, rue de Messine 75007 Paris. de vacances;
0 Toutes les pistes d'investigation
possibles sont explorées dans notre tb L'ANSTJ (Association — des classes déplacées et des acti-
nationale sciences techniques jeu- vités d'éveil en milieu scolaire;
courte bibliographie :
comprendre les
nesse) grâce à laquelle l'émission a — des stages pour les enseignants
— « Jeux pour pu se faire à Cornus, vous appor- et les normaliens pour les activités
énergies » dans Jeunes Années d'éveil à dominante scientifique,
n° 140, mars 1981.
tera également son concours effi-
cace dans de nombreux domaines... (écoles d'été, stage PAE aca-
solaire » dans Jeunes Mais tout d'abord qu'est-ce que démique...);
— « Spécial
Années n° 146, mars 1982. l'ANSTJ? — des échanges internationaux de
Une excellente documentation, de L'Association nationale sciences
jeunes, (Tunisie, Québec,
Suisse...);
très nombreuses illustrations, une techniques jeunesse est constituée
multiplicité de schémas et de cro- selon la loi de 1901. Son objectif — un suivi des clubs scientifiques
quis avec explications pour cons- principal est le développement des qui en font la demande par des
truire et comprendre... dans ces activités scientifiques et techniques visites régulières d'animateurs, en
deux numéros de la revue Jeunes dans le domaine scolaire et extra- liaison avec des laboratoires et les
Années, publiée tous les trois mois scolaire. Pour cela, elle : régions... ;
par les Francs et Franches Cama- — coordonne, stimule, soutient et — de nombreux salons et exposi-
rades, 10-14, rue Tolain, organise les loisirs scientifiques et tions en collaboration.
75020 Paris. techniques des jeunes ; Elle publie des lettres de liaison
— Guide de la France
solaire avec — prend en charge les procédures régulières et des comptes rendus de
des exemples de réalisations indivi- de sécurité des expériences, en par- ses principales actions (Petit Râ)
duelles et collectives, des adresses ticulier dans le domaine aérospatial ;
Elle peut en outre vous aider par :
utiles, des informations générales.
— contribue à la formation pré- — la diffusion de documents d'in-
Le solaire à l'école » dans professionnelle des jeunes; formation générale et de notes
— «
Action solaire n° 7, sept-oct. 1982. techniques;
— collabore avec les établissements
Des rubriques, des idées, des cro- d'enseignement primaire et secon-
quis directement utilisables par les — des conseils pour aborder les
daire pour la réalisationde travaux premiers problèmes techniques.
élèves ; notamment pour des tra- à caractère expérimental ;
vaux pratiques et des réalisations L'adresse :
— prépare des animateurs et des
en classe. éducateurs aux méthodes de déve- Coordination énergie solaire
Ces deux dernières revues sont édi- loppement des projets scientifiques de l'ANSTJ
tées par le Comité d'action pour le et techniques, leur apportant ainsi 17, avenue Gambetta
solaire, 8, rue de Richelieu 75001 un outil supplémentaire pour leur 91130 Ris-Orangis
Paris, Tél. (1) 296.24.77 action. Tél. 906.82.20
Une unité de production laitière :
La Jugonnière

Intentions pédagogiques ID La première séquence nous fait Denis, le fermier, rejoint sa femme,
Une ferme normande axée sur la assister à la traite mécanique des il observe ses laitières, questionne :
production laitière, telle est La vaches. Elles sont rassembléesdans la production moyenne et constante
Jugonnière aujourd'hui : comment le parc à traire et viennent se placer de lait est le meilleur garant de la
elle l'est devenue en deux généra- d'elles mêmes, quatre par quatre, santé des vaches.
tions, comment l'exploitation et les sur les deux quais de traite qui se La traite du matin s'achève, il faut
bâtiments se sont adaptés à sa nou- font vis-à-vis. Après avoir lavé les
pis des vaches qui sont à sa hauteur, nettoyer soigneusement la salle.
velle vocation, tel est le sujet de Dans la laiterie attenante, le lait est
l'émission. la fermière branche les trayeuses,
recueilli dans un tank réfrigéré
aussitôt après, elle tire sur des poi-
fourni par le collecteur qui a passé
gnées rouges et vertes qui libèrent,
Contenu de l'émission dans les mangeoires individuelles, contrat avec le fermier; vidé tous
les jours ou tous les deux jours
La ferme est située près de Saint- des rations d'aliments concentrés,
Lô, au cœur du bocage normand à selon la saison, il visualise, par son
appelés « bouchons » à cause de
deux kilomètres environ d'un vil- leur forme : trois kilos d'aliments contenu, l'essentiel du revenu de la
ferme. Denis jauge : le calcul est
lage. La maison d'habitation dresse concentrés, un kilo de soja pour simple actuellement, en octobre
sa façadeclassique et sévère, elle est Malaga... Princesse ou Oseille qui 1982 le litre de lait est payé 1,60 F
en granit, au milieu des champs. auront des rations adaptées au
Une pelouse bordée de superbes til- volume et à la qualité de leur lait. au producteur.
leuls l'isole du chemin d'accès, à Ce dernier, recueilli dans de grands 0 La deuxième séquence est
droite les bâtiments fonctionnels, à ballons en verre placés sous les consacrée au troupeau. Après la
gauche un pré, une vache et son quais de traite est mesuré et analysé traite, les vaches sont mises au pré.
veau que le fermier surveille de sa une fois par mois par le contrôleur Le pâturage est rationné à l'aide de
fenêtre; il vient juste de naître, à laitier : la diététique bovine est une clôture électrique que le fermier
l'ombre de la haie. science exacte. déplace. Le vaste champ montré

télévision ÉVEIL A DOMINANTE SCIENCES SOCIALES


vendredi 18 mars 1983
14 h 05 -14 h 25 (T.F. l) cours moyen
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
dans l'émission couvre une superfi- 12 m de long et situés à 14 m l'un de proche de La Jugonnière. Le chef
cie de 2,5 hectares; il faut une l'autre. Ces trois mesures donne- d'agence qui s'est occupé du dos-
semaine pour qu'il soit pâturé en
totalité, et il faut vingt et un jours
ront le cubage du silo terminé. Pour
le confectionner des tracteurs munis
sier de Denis Osouf est interwievé
des plans de la ferme, des installa-
;
environ pour que l'herbe repousse. de fourches et de rabots ramènent tions, des acquisitions illustrent ses
En Normandie, les vaches restent le maïs broyé, d'autres le tassent, propos. Il précise les conditions
sept mois dehors d'avril à fin octo- parcourant la surface en tous sens, dans lesquelles un jeune agriculteur
bre début novembre. Elles vivent un fermier, inlassablement, ense- qui s'installe peut obtenir des prêts
ensuite en stabulation libre ayant à mence le maïs, plante énergétique bonifiés : il faut justifier d'une qua-
mais carencée en sels minéraux de lification professionnelle, être aidé
leur disposition des abris et de la
nourriture : blé ou maïs ensilés, tout ce qui lui manque : phosphore, au départ par un apport familial,
calcium, magnésium... Ici encore, tenir une comptabilité de gestion...
fourrage et eau.
tout est dosé, il en faut 5 kg par lb Les trois dernières séquences
Denis se promène au milieu du tonne de fourrage brut... Le volume sont consacrées à la maison, à la vie
troupeau, composé en majorité de atteint, le silo est couvert par des privée.
vaches blanches largement tachées bâches de plastique qui doivent
de noir, observant le moindre signe Nous pénétrons dans la salle com-
bien adhérer et ne pas emprisonner
d'inappétence, supputant la proxi- d'air, source de putréfaction. Cette mune, ici vit la famille, ici se réunis-
mité d'un velage... Tout est bien ce année le maïs est bon, il est sec, il ne sent une ou deux fois par an les
matin, il reprend le chemin de la fermiers que nous avons vu à l'œu-
jute pas, son taux de matières
ferme et croise son père. Tous les sèches est élevé, la ration quoti- vre pour la récolte du maïs. Avec
jours M. Osouf vient en voiture du Denis et Patricia, sa femme, ils met-
dienne des vaches sera fixée en
village proche où il réside à La conséquence. m tent tout en commun, leurs résul-
Jugonnière qu'il a habité pendant tats, leurs réussites et leurs échecs.
trente-sept ans. Il apporte son aide
Pour maintenir les bâches, on dis- La fermière reçoit aujourd'hui le
bénévole, sans trop de nostalgie pose un millier de pneus sur la conseiller agricole qui l'aide à pré-
mais avec beaucoup de souvenirs surface. parer son bilan. Tous deux exami-
qui vont ponctuer les séquences 0 Une séquence complémentaire
nent la comptabilité de l'exploita-
suivantes, mettant en évidence les tion, décident de la future réunion
de celles qui précèdent se déroule de « mise en commun ». Cette
changements survenus depuis huit dans le parc de stabulation avec le
ans, depuis que Denis a repris la transparence étonne beaucoup.
troupeau. Denis Osouf a modifié la M. Osouf père. De son temps, ni
succession de son père. composition de son troupeau en
emprunt, ni confidence, pas ques-
lb Deux séquences s'enchaînent fonction des résultats escomptés. tion de dévoiler les profits et les
montrant la récolte du maïs et son La race française, frisonne, pie- pertes, « on se cachait » dit-il.
ensilagedans le parc de stabulation noire, offrait plus de garantie sur le
plan génétique, un meilleur rende- Tout est-il si différent, le souci de la
libre. Plusieurs fermiers s'entrai- rentabilité qui a changé la composi-
dent pour cette coûteuse corvée — ment qualitatif que la race nor-
mande. Il s'en explique avec son tion du troupeau et sa conduite —
la location de la moissoneuse- stabulation libre en pâturage
broyeuse se monte à 600 F de père tandis que la caméra détaille
les bâtiments-abris, le troupeau, rationné — imposé la présence de
l'heure. maïs hybride à la place de l'herbe
toutes ces transformations qui ont
Le maïs récolté dans le champ est demandé un gros effort d'investis- omniprésente, a-t-il aussi modifié
recueilli dans des remorques trac- sement. Le jeune fermier, il avait 23 le comportement de l'éleveur vis-à-
tées qui se déplacent parallèlement ans à l'époque, a reçu de son père vis des bêtes? Il semble que non.
à la moissonneuse. Une fois rem- six vaches. Le reste, il a dû emprun- Une belle séquence nous montre le
plies, elles sont acheminées vers le ter pour l'avoir. fermier veiller au bon état sanitaire
parc et vidées dans un emplace- du troupeau, soigner de jeunes
ment limité par deux murets de lb La séquence du crédit agricole a veaux, et même pratiquer un
1,80 m de haut se faisant face sur été tournée à Percy, petite ville vêlage.
Le tissu de la vie quotidienne mêle Pâques et à la Saint-Michel (29 sep- emprunt et dépose son dossier au
des temps forts :
ensilage, traite, tembre), il est indexé sur le prix du Crédit agricole de Percy. Les admi-
vêlage... aux temps plus calmes de beurre et de la viande, il représente nistrateurs de la caisse locale, des
la vie familiale, aux joies des loisirs. l'équivalent de 970 kg de beurre agriculteurs, des commerçants, des
Le cadre de vie est beau, des enfants plus 1 940 kg de bœuf, soit alors artisans locaux connaissent les
jouent sur la pelouse que les poules 16 587 F. familles, les terres affermées, le
explorent; sous les tilleuls des jeune couple qui s'installe. Ils don-
Les bâtiments comprennentla mai-
chiens se poursuivent, une ponette nent un avis favorable, le dossier
son qui englobe une laiterie au rez- est transmis à la caisse régionale de
se promène en liberté. Les soirs de-chaussée, des chambres à grains
d'automne, le fermier part à la Saint-Lô qui se range à cet avis
au premier étage, sur la grange les autorisé et accorde des prêts...
chasse. L'émission se termine sur bâtiments d'exploitation, au char-
ces images où les pas du chasseur, roi — une charretterie, le pressoir à La suite est montrée dans l'émis-
son trajet incertain soumis au flair cidre. sion constitution d'un troupeau
:
des chiens nous mènent de chemins homogène et performant, adhésion
Au-dessus les greniers renferment
creux profonds et ombragés aux le fourrage et la paille. à une coopérative d'utilisation de
trouées sur les champs bordés de matériel agricole, mise en commun
haies vives, image classique du Dans la cour, un tas de fumier et de des résultats obtenus, partage et
bocage inchangé, même si les l'autre côté de la cour le poulailler, entraide pour les grands travaux
chaumes roux des maïs rompent le four à pain encore utilisé à ce saisonniers.
l'uniformité des verts pâturages. moment-là.
Derrière la maison, le jardin pota- La Jugonnière aujourd'hui
Informations complémentaires ger, le verger. Le troupeau est Même superficie, mais 8 hectares
constitué de vaches normandes
de maïs au lieu de 2 hectares, 2
L'émission reflète une situation blanches aux taches brunes résis-
hectares de blé, 5 hectares de Ray
donnée à un moment donné, mais tantes, bien adaptées au climat Grass ensilés ou pâturés rationnés,
désirant sensibiliser les élèves à des pouvant passer tout l'hiver dehors 15 hectares de prairies naturelles, et
notions simples de rentabilité éco- en pâturage permanent donnant à
nomique en milieu rural, on a la fois un lait riche en crème et une un rendement bien meilleur : 5 000
litres de lait par vache et par an, 40
choisi de rendre perceptible l'évo- viande de bonne qualité. M. Osouf
laitières, soit 200 000 litres de lait.
lution des structures. vend du lait, de la viande, les veaux,
les génisses.
Denis Osouf espère atteindre, par
Sur une même superficie, deux chif- amélioration génétique, une pro-
fres la résument : L'installation d'un jeune agriculteur duction de 8 000 litres annuels; la
1974 : M. Osouf père cède la ferme même race obtient aux États-Unis
à son fils. Il a 28 vaches qui produi- Elle est facilitée — sous certaines des rendements de 18 000 litres
sent chacune 3 700 litres de lait par conditions — par l'obtention de annuels par bête.
prêts bonifiés du crédit agricole.
an. Denis, lorsque son père lui cède la Le fermage de cette année se monte
1982 : Le fils a 45 vaches qui pro- à 30 000 F environ, soit, comme
000 litres à l'unité ferme, a l'âge requis, il a suivi les
duisent 5 toujours, le prix de 970 kg de
annuelle. cours d'une école de formation beurre et de 1 940 kg de viande.
agricole, a travaillé avec son père,
La Jugonnière en 1974 reçoit de lui l'apport indispensable Une fois le fermage réglé, les prêts
15 parcelles jointives d'une superfi- à un bon démarrage : un petit trou- remboursés, les engrais, les traite-
cie totale de 30 hectares entourant peau de six vaches. Enfin et surtout ments, les aliments concentrés
les bâtiments — privilège rare dans l'exploitation couvre un nombre achetés, une fois réglées les cotisa-
un pays de bocage faiblement d'hectares suffisant pour être jugée tions à la coopérative et à la cham-
remembré. Osouf père l'exploite en viable (16 hectares au minimum bre d'agriculturepour bénéficierde
fermage depuis 1937. Le bail est de sont exigés dans la Manche). Denis l'aide du conseilleragricole, et réglé
9 ans, il est payé deux fois l'an, à Osouf calcule le montant de son également le salaire d'un ouvrier
agricole deux jours par semaine, il Le fumier a disparu, une tonne à aventurier, mais très informé, le
reste à Denis et Patricia Osouf la lisier, propriété des coopérateurs, producteur de lait aujourd'hui se
valeur du salaire minimum garanti, est entreposée à la ferme, chacun doit d'être un éleveur attentif et un
multiplié par deux et demi. On ne l'emprunte quand il cure son parc bon gestionnaire, partisan résolu
peut pas comparer ces chiffres avec de stabulation. d'une productivité réfléchie.
une quelconque comptabilité anté- Suggestions d'utilisation
rieure, M. Osouf père n'en tenait Les anciennes étables ont été
pas, mais il avait lui-même repris la ouvertes sur le parc, elles consti- Initier les élèves aux notions mises
ferme à la suite de son père et on tuent un abri. La stabulation libre en évidence dans l'émission :
peut mettre à son actif l'accroisse- et le froid à la ferme, qui permet un Qu'est-ce qu'un fermage? Pour-
ment du troupeau, la modernisa- ramassage sans horaire fixe, ont quoi les baux sont-ils de 9 ou 18
tion de l'outillage : tracteur, semoir, considérablement amélioré les ans? Denis Osouf essaie en ce
l'achat en toute propriété de 7 hec- conditions de travail. Un groupe- moment même de reconduire son
tares de terre. Enfin n'oublions pas ment de remplacement de traite bail pour cette longue durée, il veut
qu'il a pu élever six enfants et leur permet aux fermiers de prendre des acheter un tracteur plus puissant et
donner à chacun, au moment de vacances... vie plus facile donc vie échelonner son prêt.
leur installation, « six belles vaches moins aléatoire. Grâce au contrô-
normandes » ! leur laitier et au conseiller agricole, — Faire réfléchir les élèves aux
transformationsdu monde rural, le
les rations alimentaires sont éta- fait que les baux soient indexés sur
Alors vit-on mieux à La Jugonnière blies vache par vache à l'automne;
aujourd'hui qu'hier? Le père et le le beurre et la viande pour des pro-
fils en conviennent. on fait un bilan fourrager : il y a ducteurs de lait est révélateur.
tant de tonnes de maïs dans le silo,
Les bâtiments ont changé d'em- tant de foin, tant d'ensilaged'herbe, — Que penser enfin des revenus
ploi. Dans la maison, la salle com- ce total doit s'équilibrer avec les agricoles qui n'atteignentpas, pour
mune que l'on voit dans l'émission, besoins calculés du troupeau. S'il ce couple de fermier, ceux d'un
si chaleureuse avec sa grande che- est insuffisant on sait quelle quan- couple d'ouvriers hautement
minée, ses poutres, l'armoire nor- tité de maïs doit être achetée. Par qualifiés?
mande cossue et immuable qui n'a exemple : parfois une année de Denis Osouf est à la fois salarié et
jamais quitté la ferme depuis l'arri- mauvaise récolte demande la sous- son propre patron. Trouve-t-il dans
vée du premier Osouf à La Jugon- cription d'un emprunt « calamité ». l'exercice de ses responsabilités la
nière, est devenue une pièce à vivre ; Le Crédit agricole, au vu des résul- possibilité de choisir comment
une cuisine fonctionnelle et tats obtenus, l'accorde et continue conduire son exploitation et la
moderne a été aménagéederrière la d'aider l'agriculteur raisonnable- liberté raisonnée dont il jouit est-
maison. La laiterie adjacente est ment. Dans l'équilibre fragile de elle une compensation au manque à
devenue salle de bains, buanderie, l'économie rurale européenne, il gagner qui caractérise les revenus
reserre avec congélateur, etc. Les faut veiller à ce que les charges de agricoles — hormis bien entendu,
chambres spacieuses occupent une l'exploitation ne s'élèvent pas plus ceux de la grande propriété?
partie du premier étage. que la production. Ni passéiste, ni J. Codou
Notre planète compte actuellement Le futur de vos assiettes
quatre milliards d'hommes; en l'an
2000 on en prévoit six milliards et
huit en 2025. (*)
De nos jours 15% de l'humanité problèmes actuels susceptibles de 2) une fonction métabolique, en
mange trop (pays développés) et nourrir sa réflexion, et de faire tant qu'enzymes, hormones ou
800 millions d'hommes, de femmes, prendre conscience que nous anticorps;
d'enfants vivent dans un état de sommes tous à bord d'un même et 3) une fonction énergétique, acces-
sous-alimentation ou de malnutri- unique vaisseau spatial qui a pour soire, en tant que composés
tion chronique. Le quart des enfants nom terre; c'est en commun, que énergétiques.
habitant les pays en voie de déve- nous devons donc modeler notre
loppement souffre de cette malnu- avenir. L'émission ne se propose en L'apport protéique détermine la
trition aiguë responsable de la mort aucun cas d'apporter des solutions croissance, la morphologie, les per-
de 35 000 d'entre eux chaque jour. définitives ou de dicter des règles de formances physiques et intellec-
conduite. tuelles ; il contrôle les réactions aux
Ces deux éléments — explosion agressions, le comportement so-
démographique et faim dans le cial...
monde — fourniraient à eux seuls Pas de vie sans protéines
matière à réflexion; mais le pro- Si une combinaison d'acides ami-
blème de l'alimentation de demain Rappelons que les besoins nutri- nés est à l'origine de toute protéine,
tionnels de l'homme sont satisfaits
n'est pas seulement d'ordre philo- il faut savoir que dix de ces acides
sophique et planétaire, il nous à partir d'aliments que l'on classe, aminés — sur les vingt types sus-
concerne directement, au niveau de outre l'eau, les vitamines et les sels ceptibles d'entrer dans la constitu-
minéraux, en trois grands groupes :
notre existence: les mutations les aliments riches en glucides (ou
tion des protéines — sont réputés
socio-économiques du XXe siècle indispensables parce que l'orga-
(urbanisation, élévation du niveau sucres), riches en lipides (ou grais- nisme ne peut les synthétiser.
de vie, croissance démographique, ses) et ènfin riches en protides (ou
mode et rythme de travail...) ont matières azotées composées en Tout le problème est là; l'homme
imposé des bouleversements et la majeure partie de protéines que doit donc trouver dans sa nourri-
révolution industrielle a gagné le nous fabriquons à partir de vingt ture et à une fréquence assez élevée
secteur alimentaire. sortes d'acides aminés). Sans entrer
dans le détail d'une étude appro- ces dix acides aminés indispensa-
Notre objectif est donc de sensibili- bles : valine, leucine, phénylala-
fondie des protéines on notera nine, méthionine, cystine, lysine,
ser l'enfant à un certain nombre de cependant auprès des élèves que
population mondiale double à inter-
tryptophane,thréonine, isoleucine,
(*) La celles-ci sont indispensables à tout arginine.
valles de plus en plus rapprochés s'il a fallu être vivant ; il n'y a pas de vie sans
1500 ans pour que la population de la terre
double une première fois et passe de 200 à protéines. Elles sont, après l'eau, le La composition en acides aminés
400 millions d'humains, 300 ans ont suffi compartiment le plus important. indispensables est un critère de la
pour qu'elle double une seconde fois, 100 Elles exercent trois fonctions essen- qualité d'une protéine et c'est donc
ans pour la troisième fois et 65 ans seule- tielles dont deux fondamentales : la combinaison de protéines venant
ment pour la quatrième. Pour la cinquième 1) une fonction plastique, en tant de sources différentes qui pourra le
qui verra l'humanité passer de 3200 à 6400
millions, chiffrequi sera atteint en l'an 2000, que constituants des cellules et des mieux correspondre aux besoins
il aura suffit de 35 ans. (UNICEF). tissus; nutritionnels du moment.

télévision ACTIVITÉS D'ÉVEIL AUTOUR D'UN THÈME :


« L'homme et sa nourriture »
mardi 8 mars 1983
14 h 05 -
14 h 25 (T.F.1) C.M.
(précédente diffusion le 8 décembre 1981)
CNDP - École élémentaire n" 7, 1982-1983
Ces besoins varient selon l'âge, ment variables de protéines ainsi développement, l'apport protéique,
l'état de santé, les activités ; on éva- qu'il apparaîtdans le tableausuivant. constitué en majeure partie de pro-
lue à 1 g de protéine par kg de poids L'alimentation de l'homme dans les téines végétales, est nettement insuf-
corporel les besoins moyens quoti- pays industrialisés couvre large- fisant : 7 à 9 g par jour et par habi-
diens d'un adulte. ment ses besoins en protéines avec tant qui permettent tout juste de
plus de 70 g par jour. En effet, la survivre avec une consommation
viande — dont la consommation moyenne de viande de 10 à 15 kg
Les sources de protéines exagérée ne cesse de croître ainsi par an et par habitant. (Attention,
1 g de viande consommé n'est pas
que nous l'avons vu au cours d'une
Les protéines nous sont apportées émission précédente — représente l'équivalent de 1 g de protéine). Les
par des produits tant d'origine à elle seule un apport important nutritionnistes sont en général
animale (viande, poisson, lait, œuf) puisqu'on en consomme 120 kg par d'accord pour constater qu'un bon
que d'origine végétale (céréales, an et par habitant aux USA ; 100 kg équilibre alimentaire, pourrait être
légumineuses). Tous ces produits en France; 57 kg en URSS. Par composé par moitié de protéines
renferment des quantités extrême- contre dans les pays en voie de animales et de protéines végétales.

Stratégie autour Puis en vertu d'une toujours plus pourra se prolonger indéfiniment.
des protéines : grande efficacité technique, il a Il y a rupture de plus en plus mani-
le grandproblème du moment franchi d'une manière insensibleun feste entre un accroissement démo-
seuil : il donne désormais à ses graphique non maîtrisé et des
animaux une nourriture qui fut la potentialités en ressources alimen-
sienne (blé, manioc...) et dont une taires limitées et inégalementrépar-
A travers les siècles, l'homme a partie toujours plus grande de ties. Il est urgent de trouver des
conquis sa nourriture. De la période l'humanité se trouve aujourd'hui solutions ; l'utilisation des protéines
de la chasse et de la cueillette, il est cruellement dépourvue. Les spécia- végétales dans l'alimentation
passé à celle de l'agriculture et de listes des problèmes d'alimenta- humaine en sera-t-elle une? La
l'élevage. Son intelligence et son tion, les chercheurs de l'INRA (Ins- recherche de sources de protéines
savoir-faire l'ont conduit à utiliser titut national de la recherche agro- nouvelles et une meilleure utilisa-
le relais des animaux domestiques nomique) qui ont prêté leur con- tion de celle que nous connaissons
pour transformer les végétaux qu'il cours pour réaliser l'émission ont ne sont-elles pas déjà au
ne pouvait lui-même assimiler. conscience que le statu quo ne programme?
Afin de souligner l'ampleur mon- c'est certain. Et, sauf événement problème : « on élève un animal, on
diale du problème et sa dimension imprévisibleaujourd'hui - maispas lui donne des protéines à manger et
économique nous empruntons à tout àfait impossible - un seul pro- on mange l'animal; c'est un
l'hebdomadaire Le Point (n°226- duit jouera, dans cette alimenta- tème fort peu efficace. Dans ce
17 janvier 1977) un article intitulé tion, un rôle aussi important que le modèle d'une agriculture intensive,
Les maîtres du soja gouverneront le pétrole dans l'énergie : le soja ». les rendements sont médiocres... ».
monde et qui donne la mesure : «... Et de montrer qu'il y a déjà un demi
l'Occident, effaré, regarde une fois siècle que les USA ont compris ce
de plus son avenir couler des puits Il faut en effet environ 5 kg de pro-
problème et engagé un formidable téines végétales pour obtenir 1 kg
de pétrole des États du golfe Persi- pari avec le soja — le dollar vert
que. Sans se douter un seul instant — de protéines animales avec le pou-
base de l'alimentation animale dont let. 7 kg de protéines végétales pour
qu'une autre bataille, l'une des plus ils détiennent le quasi-monopole et 1 kg de protéines animales avec le
gigantesque bataille de tous les qu'ils ont imposé au reste du
temps, se déroule en pleinjour. Son monde. Ce pari ils l'ont gagné. porc et 20 à 30 kg pour 1 kg avec les
enjeu, c'est le plus vieil enjeu de bovins, soit respectivement 20 pour
toute l'histoire des hommes : la Aujourd'hui, nous en sommes à la cent, 15 pour cent et 4 pour cent de
nourriture. La question se pose seconde étape de la conquête : rendement.
brutalement : qui nourrira et com- après le porc et le poulet il y a
ment, les cinq ou six milliards d'in- l'homme... N'est-il pas alors tentant de rac-
dividus que comptera la planète à Le gaspillage des protéines courcir le cycle de transformation
la fin du millénaire... la plupart des de manière à passer, selon le
aliments de l'an 2000 n'ont pas Cette constatation de M. Davin schéma ci-après, du cycle 1 au cycle
encore été inventés. Ils le seront (INRA) nous conduit au cœur du 2.
LE FUTUR DE VOS ASSIETTES(suite)
-
La lutte contre cette forme de gas- nir des protéines pures. Technique l'URSS, la Pologne, la RDA, le
pillage conduit à envisager d'ex- qui offrirait la possibilité de Japon.
traire des végétaux les protéines recomposer des aliments répon- Mais une prise de conscience inter-
directementassimilables par l'hom- dant aux besoins spécifiques de nationale s'est manifestée : avant
me. Du point de vue économique l'homme. Idée de « démontage » et même qu'une réelle exploitation ait
c'est une solution qui a ses mérites : d'« assemblage » des matières pre- commencé,un programme interna-
dans l'état actuel des techniques, le mières composant les aliments; à tional de recherche sur le krill a été
kilo de viande de bœuf coûte six partir d'une architecture de base il mis sur pied. Pendant l'été austral
fois plus cher par exemple que le s'avèrerait possible de créer des 1980-1981 une douzaine de nations
kilo de protéines de soja. Et la produits alimentaires nouveaux. (dont la France) ont participé à une
viande contient 80 % d'eau ! Ceci L'émission présente également des expéditiond'étude scientifique dans
n'est d'ailleurs pas révolutionnaire, exemples de recherches et d'utilisa- l'Antarctique; l'objectif est d'im-
font remarquer les chercheurs : il y tion de ressources protéiques portance si l'on veut apporter une
a des siècles que les pays d'Extrême- nouvelles : réponse aux deux questions :
Orient consomment des protéines
végétales (le soja en particulier) à • Comme aux fromageries Bel où — Le monde
étant ce qu'il est en
un procédé déjà mis au point, 1981 peut-on se désintéresser tota-
toutes les sauces... assurant ainsi
instinctivement leur équilibre qua- consiste à produire des protéines lement d'une ressource qui se
litatif et quantitatif en protéines. lactiques à partir du petit lait — mesure en dizaines de millions de
nom commun du lactosérum — tonnes?
Des remèdes possibles sous l'action d'une levure. Cette Combien de krill pourra-t-on
L'émission illustre, par une sé- séquence permet d'aborder la —
pêcher sans bouleverser gravement
notion importante de fabrication le milieu antarctique?
quence tournée aux Grands Mou- de protéines à partir de micro-
lins à Fèves d'Aix-en-Provence, un
exemple de technologie permettant organismes (champignons; bacté- 0 Comme le développement de
d'extraire des protéines végétales à ries ; levures) cultivés, élevés pour- l'aquaculture qui conduit à maîtri-
partir de graines de fèves pour les rait-on'dire sur des déchets agro- ser les techniques nécessaires à
utiliser ensuite dans la préparation alimentaires ou des résidus indus- l'élevage de certaines espèces mari-
triels, produits non consommables nes. L'aquaculture, née du déficit
de certains aliments. Les protéines
végétales remplacentalors 30 % des par l'homme. de la pêche, fait apparaître l'image
protéines animales; ces aliments de « fermes marines » susceptibles
sont déjà utilisés en France dans la 0 Comme la pêche du krill, cette de révolutionner notre approvi-
restauration collective qui compte petite crevette molle de 5 cm de sionnement en produit de la mer.
actuellement 14 millions de repas long (Euphosia Superba) qui vit en
abondance dans les eaux de l'An- Les ressources de la mer s'épuisent,
par jour. Dans le futur on prévoit tarctique. On estime, en évaluant victimes à la fois de surexploitation
que cette « alimentation de ser- et de pollution. Comme en agricul-
vice » représentera 80 % de la par exemple ce que consommait au
siècle dernier la population de ture, l'ère de la cueillette doit céder
consommation totale. le pas à la récolte... et la capture à
baleines aujourd'hui décimée, qu'il
On peut aller encore plus loin en devrait être possible de récolter l'élevage.
remplaçant intégralement les pro- annuellement de 100 à 150 millions Il s'agit bien de « cultiver la mer ».
téines animales par les protéines de tonnes sans surpêche... soit deux Créé en 1967, le Centre national
végétales ; c'est ce qui a été réalisé fois la production de toutes les res- d'exploitationdes océans (CNEXO)
en France de manière très élaborée sources vivantes marines actuelle- gère des organismes de recherche
au niveau du laboratoire avec le ment exploitées (poissons, crusta- tel que le Centre océanologique de
soja par les établissements Rhône- cés, algues...). Riches en protéines, Bretagne ainsi que des stations de
Poulenc. celles-ci représentent 65 %en poids développement chargées de faire
La rechercheactuelle conduit à ten- sec du crustacé, le krill est actuel- passer du stade des études en labo-
ter de séparer les protéines, d'obte- lement pêché industriellement par ratoire à l'exploitationsur le terrain.
La production aquacole dans le 0 Sans doute faudrait-il encore Pour obtenir
monde entier est de l'ordre de six citer parmi les sources possibles de de plus amples informations
millions de tonnes. Elle est compo- protéines les algues et parmi elles, et documentations :
sée de 3,5 millions de tonnes de les algues spirulinesdont le stade de
poissons d'eau douce (plus de la recherche est actuellement achevé
UNICEF: 35, rue Félicien-
moitié), 400 000 tonnes de poissons en France et qui pourraienttrouver —
David, 75781 Paris Cedex 16.
d'eau de mer, 16 000 tonnes de- un développement industriel sous
crustacés, un million de tonnes de un climat adapté. Il est vrai que Comité français contre la faim :
mollusques et un million de tonnes c'est au Japon, où l'on fait preuve —
42, rue Cambronne, 75740 Paris
d'algues. D'ici l'an 2000, la FA 0 sans doute d'un goût particulier Cedex 15.
espère multiplier par cinq ou dix ce pour les algues, que la consomma-
qui ne représente encore que 10 % tion humaine y est la plus déve- Institut des corps gras —

des ressources vivantes aquatiques. loppée. Groupe d'étude des protéines végé-
Puisque les prises mondiales de tales (GEPV) : 10 A, rue de la Paix,
pêches fournissent 70 millions de 75002 Paris.
tonnes à l'heure actuelle.
En conclusion bien sûr, au CNDP
C'est dire le prix de l'effort qui reste — Et
à accomplir si l'on compte sur
DAP/DDE : Série L'homme et sa
Le « futur de vos assiettes » n'ap- nourriture: 31, rue de la Vanne,
l'aquaculturé pour résoudre le pro- partient pas au domaine de la fic-
blème de la faim. En France, les 92120 Montrouge où nous essaie-
espèces élevées en mer fournissent
tion, il concerne avant tout les rons de répondre à votre demande.
consommateurs eux-mêmes et la
300 à 350 tonnes au total, dontplus prise de conscience des problèmes
de la moitiépour les truites (230 ton- réels. Mais dans quelle mesure
nes). La part du saumon est de
saurons-nous maîtriser notre psy-
80 tonnes seulement. Le reste est chologie, nos habitudes alimen-
réparti entre le bar (10 tonnes), les taires en un mot notre culture face
crevettes japonaises ou pénéïdes aux nécessaires innovations que la
(J tonne), le turbot et la sole. simple subsistancede l'homme peut
(CNEXO) un jour imposer? Albert Bayard

des Grands Moulins a


Nous tenons à remercier tous ceux qui ont collaboré à la réalisation de cette émission et en particulier les établissements
Fèves d'Aix-en-Provence,des fromageries Bel à Sablé, de Rhône-Poulencà Paris et Lyon; les chercheurs
du laboratoire d ichtyologie du
des Nations Unies pour
Muséum d'histoire naturelle ainsi que de l'Institutnationalde la recherche agronomique ; le CNEXO ; l'UNICEF (Fonds
l'enfance), le Comité français contre la faim.
Le poulain qui voulait
attraper la lune

0 Texte du conte proposé — «Cette fois, elle n'est pas loin, elle ne se méfie pas.
Je m'en vais l'attraper».
Il la voyait immobile, énorme, juste derrière la haie qui
bordait le pâturage. Alors, il prit son élan, et se mit à
LE POULAIN QUI VOULAIT ATTRAPER LA LUNE galoper, à galoper, dans sa direction.
Mais quand il arriva à la haie, croyant déjà qu'il la
Il était une fois... tenait, malheur de misère, il s'aperçut que cette mau-
un gentil petit poulain qui vivait des jours heureux dite lune était maintenant derrière la haie suivante...
entre ses parents, ses frères et ses sœurs. Alors, il reprit son élan et galopa de nouveau. Mais,
Il disposait d'une grande prairie à l'herbe grasse et malgré tous ses efforts, à mesure qu'il avançait, la lune
savoureuse qui s'étendait au bord de la forêt, ainsi que semblait reculer avec un petit air de se moquer de lui.
d'une écurie bien chaude pour se mettre à l'abri en cas Tant et si bien que, hors d'haleine et un tantinet vexé,
de mauvais temps. notre poulain dut renoncer à sa poursuite.
Notre poulain avait donc tout ce qu'il fallait pour être
heureux, d'autant plus que, par-dessus le marché, il — «Bah! demain je l'aurai cette maudite lune», se
disait-il pour se consoler, en rentrant à la maison.
était très gâté. Ses parents lui passaient tous ses
caprices et lui donnaient tout ce qu'il désirait. Et le lendemain, dès la nuit venue, il fit un grand détour
Mais, malgré cela, ce diable de petit animal n'était pas dans le bois, pour surprendre la lune par derrière, en
satisfait. Il lui manquait encore quelque chose. pensant dans sa petite tête de petit cheval
Presque chaque soir, il voyait la lune se lever dans le — « Cette fois, elle ne me verra pas arriver et je l'aurai
ciel et cette belle boule jaune comme de l'or le fasci- sûr et certain».
nait. Son rêve était d'attraper la lune... Mais quand il sortit du bois, malheur de misère, la lune
Tout d'abord, il n'en avait parlé à personne, et un soir était toujours aussi loin. Il recommença sa poursuite en
que la lune était particulièrement ronde et brillante, faisant le moins de bruit possible. Peine perdue, la lune
juste au-dessus de l'horizon, notre poulain se dit était inattrapable.

radio CONTES ET MUSIQUES POUR MES PETITS ENFANTS


mardi 1er mars 1983
vendredi 4 mars 1983 (2ediffusion)
15 h 20 - 15 h 35 (M.A. - France-Culture) préélémentaire — c.p.
(précédente diffusion les 2 et 5 décembre 1980)
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
— «Je n'y arriverai jamais tout seul», se disait-il. «II ibTexte et références
faut que j'en parle à mes parents». du poème présenté
Et le soir suivant, il demanda à son père et à sa mère
de l'aider à attraper la lune. Ceux-ci furent fort surpris CHANSON
de cette proposition. Mais comme ils ne voulaient pas
le contrarier, finalement ils acceptèrent. Oh j'ai j'ai
vu, vu
— «Alors, voilà», dit le poulain. «Comme la lune se Compère qu'as-tu vu?
sauve dès que je m'approche, nous allons la cerner. j'ai vu une vache
Toi, papa, tu vas faire un grand détour vers la droite. qui dansait sur la glace
Toi, maman, vers la gauche. Et moi j'irai tout droit. Et, à A la saint-Jean d'été
mon signal, nous nous précipiterons tous vers la lune. Compère vous mentez.
Et, foi de petit poulain, cette fois-ci, elle ne pourra pas
nous échapper». Ah j'ai vu, j'ai vu
Ainsi fut fait. Et, au signal, tous les trois se mirent à Compère qu'as-tu vu?
galoper comme convenu... J'ai vu une grenouille
Mais, quand ils se rencontrèrent, malheur de misère, la qui faisait la patrouille
lune était toujours aussi loin, hors de leur portée. le sabre au côté
Compère vous mentez.
— «Cette fois», se dit le poulain, «je crois bien que
c'est fini. Je n'attraperai jamais la lune... Et il était très Ah j'ai vu, j'ai vu
malheureux...» Compère qu'as-tu vu?
Or, voilà qu'un beau soir, un petit garçon qui jouait au Ah j'ai vu un loup
ballon dans le pré voisin, avec un gros ballon jaune, Qui vendait des choux
d'un magistral coup de pied, envoya son ballon par-des- sur la place labourée
Compère vous mentez
sus la haie. C'était au moment où la lune se levait...
Et le petit poulain, qui n'en croyait pas ses yeux, stupé-
fait, vit, tout à coup, le ballon tomber à ses pieds
Ah j'ai vu, j'ai
vu
Compère qu'as-tu vu?
— « La lune La lune ! Elle est tombée !... Cette fois je la j'ai vu une anguille
tiens». qui coiffait une fille
Et, fou de joie, il se précipita sur le ballon et, à toutes pour s'aller marier
pattes, l'emporta. Compère vous mentez
Et, depuis ce temps-là, notre petit poulain est tout heu- Anonyme
reux et tout fier d'avoir attrapé la lune. Il la garde pré-
cieusement dans une cachette connue de lui seul. Et,
très souvent, il va la contempler... 0 Discographie
Il n'y a qu'une chose qui le tracasse un peu. Bien que la
lune soit prisonnière dans sa cachette, chaque soir, elle Fragments musicaux extraits de
se lève quand même au-dessus de l'horizon. Bizarre!...
— MAHLER Symphonie n° 3, CBS 75065/66
— «Mais", se dit notre petit », il y a peut-être
poulain — HUMMEL Concerto pour mandoline et orchestre, ERATO
deux lunes... » STU 70700

O Bourgeois
Le petit têtard têtu

0 Texte du conte présenté Sa maman grenouille lui avait pourtant bien expliqué
qu'il ne devait jamais quitter la mare, sous peine d'être
dévoré par d'autres méchants animaux ou de mourir
faute de pouvoir respirer s'il sortait de l'eau.
Mais, malgré tous ces sages conseils, notre têtard têtu
LE PETIT TÊTARD TÊTU avait de plus en plus envie de courir le monde, et, un
beau matin, pendant qu'on ne le voyait pas, il
Ilétait une fois... s'échappa.
un petit têtard qui vivait bien tranquille, dans une jolie Et le voilà parti comme un grand. A grands coups de
mare bordée de joncs et couverte de larges feuilles de queue il se mit à nager; il passa de la mare dans le
nénuphars, en compagnie de mignonnes grenouilles ruisseau qui y prenait sa source et tout heureux il se
vertes. laissa entraîner par le courant.
Vous savez sans doute — et si vous l'ignorez, je vais Et il allait, il allait, il allait... et le ruisseau s'élargissait
vous l'apprendre — que les têtards sont des enfants de et serpentait au milieu de belles prairies couvertes de
grenouilles qu'on appelle ainsi, parce que leur corps fleurs de toutes les couleurs et bordées de rangées
n'est formé que d'une énorme tête prolongée par une d'arbres verts.
large queue aplatie qui leur sert de rame pour nager, Ici, plus de roseaux, plus de nénuphars, mais une belle
car ils vivent uniquement dans l'eau, comme les pois- eau claire qui l'entraînait; plus de grenouilles non plus
sons. mais de petits animaux argentés et vifs qui nageaient
Plus tard, ils se transforment en grenouilles et ils peu- en frétillant. Notre têtard n'avait jamais vu de poissons
dans sa mare, car, vous l'avez compris, il s'agissait de
vent alors sortir de l'eau quand ça leur plaît et gamba- poissons.
der tout à leur aise dans la prairie.
Toutes ces choses nouvelles enchantaient notre impru-
Je dois vous dire aussi que notre têtard était un enfant dent petit ami qui s'éloignait, s'éloignait de plus en
terrible qui ne pensait qu'à partir à l'aventure. plus.

radio CONTES ET MUSIQUES POUR MES PETITS ENFANTS


mardi 8 mars 1983
vendredi 11 mars 1983 (2" diffusion)
15 h 20 - 15 h 35 (M.A. - France-Culture) préélémentaire — c.p.
(précédente diffusion les 26 et 29 janvier 1982)
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
Quand le soleil se mit à descendre vers l'horizon, notre causée, vilain garnement!... Mais... quelle jolie gre-
têtard commença à regretter sa mare natale et ses nouille tu es devenue! »
parents. Alors il fit demi-tour et essaya de remonter la
rivière, mais le courant était trop fort pour lui. Notre Et notre nouvelle petite grenouille, bien guérie de s'en
pauvre ami se sentait de plus en plus fatigué. aller à l'aventure, pour quelque temps, reprit sa vie
Et voilà que trois grosses truites sortant brusquement tranquille loin des truites à l'abri des joncs et des nénu-
de sous les racines l'entourèrent, menaçantes. Diable! phars.
Cette fois, ce n'étaient plus de petits poissons et notre
têtard fut fort effrayé.
— «Voila qui va me faire un excellent souper! » dit la
plus grosse des truites en faisant claquer sa large
gueule.
— «Malheur de malheur! cette fois, je suis perdue»
pensa le têtard. Mais comme c'était un brave petit
enfant de grenouille il ne voulut pas se laisser dévorer
sans résister. Alors, de toutes ses forces, il se mit à
.desTextes et références
poèmes proposés
nager vers la rive.
Mais la grosse truite le suivait, sans se presser. Elle CHANSON DE LA PLUIE
jouait, comme le chat avec la souris, sachant bien
qu'en fin de compte il ne pourrait pas lui échapper.
A dos de mule
Ce en quoi elle se trompait, la grosse truite, car, arrivé A dos d'oiseau
près du rivage, d'un effort désespéré, notre têtard prit A dos de libellule hulot
son élan et hop! il sauta sur la berge. La truite qui ne A dos de rat-mulot
pouvait en faire autant s'arrêta net, complètementahu- A pas de campanule
rie. Le têtard semblait sauvé. A bras de mélilot
Sauvé! Sauvé! C'est vite dit car voilà que dans l'herbe S'en va la pluie à bulles
où il se tortillait, notre têtard commença à étouffer, S'en va la pluie sur l'eau.
puisque, je vous l'ai déjà dit, les têtards ne peuvent pas
vivre dans l'air. Il étouffait de plus en plus et ne pouvait Maurice FOMBEURE
même pas sauter dans l'eau où la truite le guettait tou-
jours. Alors il pensa avec regret que sa belle aventure
était finie et qu'il allait mourir là, tout seul.
POISSON
Et c'est là que l'histoire devient prodigieuse. En effet,
au moment où il commençait à perdre connaissance, le Les poissons, les nageurs, les bateaux
miracle se produisit. Notre têtard se mit petit à petit à Transforment l'eau.
respirer, à respirer de plus en plus librement..., sa large L'eau est douce et ne bouge
queue disparut comme par enchantement et quatre que pour ce qui la touche.
pattes lui poussèrent.
En se regardant dans l'eau, il s'aperçut qu'il était Le poisson avance
devenu, devinez quoi?... Une mignonne petite gre- Comme un doigt dans un gant,
nouille. Alors, fou de joie, respirant un bon coup, il se Le nageur danse lentement
planta sur ses jeunes pattes et s'éloigna en faisant de Et la voile respire.
grands sauts, comme il l'avait vu faire à ses parents.
Et ainsi, remontant le long de la rive, il rejoignit sa Mais l'eau douce bouge
Pour ce qui la touche,
, mare natale à la tombée de la nuit. Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateau
Ses parents, fous d'inquiétude, cherchaient partout qu'elle porte
leur petit têtard qu'ils croyaient perdu. Alors, il sauta Et qu'elle emporte.
dans l'eau et leur dit
— « Ne cherchez plus. C'est moi, votre
petit têtard. J'ai
bien changé, n'est-ce pas?...» Paul ÉLUARD Les animaux et leurs hommes, les
— « C'est toi, petit
polisson? Quelle frayeur tu nous as hommes et leurs animaux, éd. Gallimard.
Le poisson rouge qui voulait voir la mer

IDTexte du conte présenté

LE POISSON ROUGE QUI VOULAIT VOIR LA MER — Il est fou, pensait son frère. Mais de toute façon,
inutile de se faire de souci. Il ne risque pas de s'en
II était une fois... un petit poisson rouge qui s'ennuyait aller.
ferme dans son bocal.
Or, un jour que le bocal était particulièrement bien
Certes, son petit maître le soignait bien et l'admirait à rempli, notre petit poisson prit sa petite valise, sauta
longueur de journée. par-dessus bord et... se retrouva sur le carrelage.
Certes son frère poisson était très gentil avec lui et fai- Il n'était pas très rassuré, il étouffait et se demandait
sait le clown tant qu'il pouvait pour le distraire. bien comment il allait se tirer d'affaire.
Mais malgré tout notre poisson s'ennuyait de plus en En se tortillant, il réussit cependant à sortir de la pièce,
plus. Il tournait en rond, il baillait, il maigrissait. Son
bocal était vraiment trop petit pour lui et... il voulait sans lâcher sa valise, bien sûr, et, alors qu'il était à
bout de souffle, il aperçut un oiseau qui voltigeait par
voir la mer. Son frère avait beau lui dire et lui répéter : là :
Mais nous sommes bien ici. On nous nourrit cor- oiseau! appela-t-il hors d'ha-

rectement, on nous admire, et patati et patata... — Petit oiseau! Petit
leine, viens à mon secours, sinon je vais mourir...
— Ça ne
fait rien, répliquait notre poisson. Je veux L'oiseau s'approcha :
aller voir la mer...

radio CONTES ET MUSIQUES POUR MES PETITS ENFANTS


mardi 15 mars 1983
vendredi 18 mars 1983 (2e diffusion)
15 h 20 - 15 h 35 (M.A. - France-Culture)
préélémentaire — c.p.
(précédentediffusion les 2 et 5 février 1982)
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
— Petit poisson! Qu'est-ce qui t'arrive? Que puis-je Mais, quelques jours plus tard, il fut brusquement
faire pour toi? secoué dans tous les sens, roulé, coincé, tourné et
retourné. Cela dura longtemps, longtemps et il croyait
— Il faudrait que tu m'emportes très vite dans la bien que cette fois sa dernière heure était arrivée.
rivière.
Et voilà que tout à coup le calme revint, une vive
— C'est bien facile, dit l'oiseau. Et du bout de son bec, lumière pénétra dans les entrailles de la baleine et
il saisit notre poisson, s'envola en le tenant solidement
notre poisson, émerveillé, revit le ciel bleu au-dessus
et au bout de quelquesinstants le déposa délicatement de sa tête.
dans le ruisseau.
C'était un pêcheur qui avait capturé la baleine et lui
— Ouf! dit le poisson. Ça va mieux.
avait ouvert le ventre d'un grand coup de couteau.
Et il se laissa paresseusementemporter par le courant. pêcheur fort
— Tiens! un poisson rouge! s'exclama le
étonné. Comme il est petit! Comme il est joli! Met-
Et ce fut un merveilleux voyage. tons-le dans une boîte. Je pourrai toujours le vendre
Pendant des jours et des jours, gobant au passage un en rentrant...
moustique par-ci, un moucheron par-là, il descendit la
rivière au milieu des rochers a pic et des forêts pro- Et c'est ainsi que notre petit voyageur revint au port et
fondes puis le fleuve serpentant parmi les verts pâtu- se retrouva dans un aquarium à la vitrine d'un mar-
rages. chand de poissons rouges.
Et il arriva enfin à la mer. Et, un jour, son ancien petit maître qui passait par là
s'arrêta brusquement :
Quel spectacle, mes amis. Notre petit poisson ne se
lassait pas d'admirer cette immense étendue d'un bleu — Oh! un poisson qui ressemble à celui que j'ai perdu
éclatant sur laquelle le soleil faisait étinceler l'écume et que j'aimais tant. Chic! Je l'achète.
des vagues.
Et, croyez-moi si vous voulez, mais notre petit poisson
Mais il n'était plus question de se laisser emporter par rouge qui voulait voir la mer, se retrouva bientôt, et
le courant. Maintenant il fallait nager, nager et encore oui, dans son ancien bocal, à côté de son frère qui
nager au milieu de poissons inconnus dont certains n'en croyait pas ses yeux.
n'avaient pas l'air commode du tout.
— Alors, tu t'es bien promené? Lui demanda celui-ci,
Et bientôt les côtes disparurent et notre pauvre petit le premier moment de stupeur passé.
poisson se trouva perdu au milieu de l'immensité. Tant
et si bien qu'il commença à regretter son bocal qu'il — Oh oui! la mer, tu sais, c'est vraiment magnifique.
avait trouvé trop petit et où il aurait bien aimé se repo- Mais, entre nous, pour un poisson rouge, rien ne vaut
ser... encore son bocal...

Et un jour qu'il rêvait justement de son bocal perdu


tout en nageant machinalement, il se trouva soudaine-
ment aspiré dans un grand trou noir au fond duquel
grouillaient quantité de poissons de toutes espèces.
. Discographie
Fragments musicaux extraits de
— Où suis-je, s'écria-t-il, à moitié mort de peur. musique vocale
— Musique pour le camp du drap d'or,
— Tu es dans le ventre de la baleine, lui
répondit-on, et instrumentale de l'Europe au XVIe siècle, Florile-
et tu n'es pas près d'en sortir... gium musicum de Paris, CBS 75977.
Catastrophe! C'est pour le coup que notre pauvre petit des Vosges, spécial instrumental, Jean
— L'épinette
ami regretta sa folle expédition. François Dutertre, Le Chant du Monde, LDX74 536.
1, RCA Victor 730659
— Cette fois, je suis perdu,
pensa-t-il. — Fats Waller Volume
Et il était très malheureux d'autant plus que par-des-
sus le marché, il venait de perdre sa petite valise.
Renouveau
Stéphane Mallarmé

Le printemps maladif a chassé tristement L 'homme


L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide, Né à Paris en 1842, dans une famille de fonctionnaires
Et, dans mon être à qui le sang morne préside de l'enregistrement, il sera, une fois bachelier, à 18 ans,
L'impuissance s'étire en un long bâillement. surnuméraire chez un receveur de l'enregistrement à
Sens, pendant une brève période.
Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
1862 : Mallarmé fait un bref séjour à Londres.
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau, 1863 : Ayant obtenu un certificat d'aptitude pour l'en-
Par les champs où la sève immense se pavane. seignement de l'anglais, il est nommé chargé de cours
au collège de Tournon, dans l'Ardèche.
Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las, Le métier d'enseignant n'a rien d'exaltant pour lui, qui
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve, a vocation de poète et non de pédagogue. De plus les
Mordant la terre chaude où poussent les lilas, chahuts organisés par -les élèves pendant les heures de
cours, ne sont pas pour le lui faire aimer.
J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève... A ces désagréments s'ajoutent les difficultés maté-
Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil rielles, les soucis domestiques, le mistral qu'il supporte

De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil. mal. Il n'en écrit pas moins quelques poèmes.
1866 : il est nommé au lycée d'Avignon.
1871 : il est nommé au lycée Fontanes (Condorcet) à
Poésies complètes Paris, puis au lycée Janson-de-Sailly en 1884, et au
Poème publié dans le livret Chant et Poésie n° 2, 1982-1983. collège Rollin en 1885.

radio RENCONTRE AVEC LA POÉSIE


mardi 8 mars 1983
vendredi 11 mars 1983 (2e diffusion)
15 h 35 -15 h 50 (M.A. - France-Culture) cours moyen 2 - 6e
-
5e
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
Jusque vers 1884, Mallarmé reste un poète peu connu, 1893 : à 51 ans il obtient sa mise à la retraite, ce qui va
apprécié seulement d'une élite. Mais cette même année lui permettre de se consacrer à son œuvre.
il est révélé au public par Verlaine dans les Poètes 1898 : dans sa propriété de Valvins, il meurt subitement
maudits et par Huysmans dans A rebours. Considéré d'un spasme de la glotte.
comme son maître par la jeune école symbolique, il
recevra dans son appartement de la rue de Rome un
grand nombre de disciples charmés par ses propos sur Le poète
la poésie et sur la musique.
Mallarmé fut « un magicien du langage », un « maître
La fille du poète, Geneviève, évoquera plus tard la de l'hermétisme ». Bon nombre de ses œuvres sont obs-
simplicité de ces réunions :
cures, à peine accessibles à des initiés. Pourquoi tout ce
« Tout de suite après le dîner, on préparait la petite salle à mystère dans la plupart de ses compositions? Mallarmé
manger, car beaucoup, bien qu'ayant pour la plupart en a donné lui-même l'explication, et ce, dès sa prime
Paris à traverser, arrivaient tôt. On pliait sur elle-même jeunesse, dans un article publié par la revue l'Artiste, en
en demi-cercle la table ancienne Louis XVI, afin de don- 1862:
ner plus de place, on y disposait le vieux pot de Chineplein sacrée et qui veut demeurer sacrée s'enve-
de tabac dans lequel chacun puiserait tout à l'heure, le « Toute chose
papier à cigarettes, un bouquet. Tout autour de la table on loppe de mystère... »
rangeait les chaises serrées entre elles, car la chambre Il se fait une très haute idée de la poésie de même que la
était petite et les coups de sonnette nombreux. On arran- religion, l'art, la poésie sont sacrés :
geait la suspension de la lampe dont un volant de crépon « Il n'y a de vrai,
d'immuable, de grand et de sacré que
japonais adoucissait la clarté. Lilith, sur un coin de l'anti- l'art ».
que buffet, regardait ces arrangements. On sonnait, père Il conçoit donc le travail du poète comme « un exercice
ouvrait la porte lui-même, ou moi s'il parlait... tout de rigueur et de concentration ». D'où, à la fois, une
Lilith c'est la chatte, fille de la chatte de Banville et exigence toujours plus grande à l'égard de ce qu'il pro-
petite-fille de celle de Théophile Gautier... » duit, et une hésitation croissante à composer une œuvre
G. Michaud : Mallarmé, qui ne serait pas parfaite.
éd. Hatier. Est-ce à dire que ses premiers poèmes sont obscurs?
Nullement.
Habitués et hôtes de passage sont maintenant réunis Certaines de ses premières œuvres se comprennent aisé-
«
autour de la table. Sous son propre portrait peint par ment et ont souvent « l'allure baudelairienne »... Il est
Manet, debout contre le grandpoële defaïence, Mallarmé vrai que Mallarmé a été influencé par l'auteur des Fleurs
laisse les paroles s'échapper de ses lèvres en même temps du mal, mais aussi par Edgar Poë, et comme ce dernier,
il fut préoccupé par une recherche de la suggestion et
que la fumée de sa pipe. La voix, dira Jean Ajalbert,
donc d'une technique pour « peindre non la chose mais
« monte, planant d'un vol somnambulique, d'un essor
exalté de notre souffle ». Peu de dialogue dans un silence l'effet qu'elle produit ».
recueilli, on écoute improviser le « MaÎtre ». Cette Mallarmé a largement usé du symbole, traçant ainsi la
improvisation n'a d'ailleurs pas le moindre caractère de voie au mouvement symboliste. Il déclarait à ce pro-
pédantisme. Émaillée de fantaisie et de plaisanteriesjail- pos : « Nommer un objet c'est supprimer les trois-quart
lissantes, elle bondit de sujet en sujet, tout à tour légère ou de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à
profonde, chatoyante ou fulgurante, mais toujours peu : le suggérer voilà le rêve. C'est le parfait usage de ce
impalpable. » mystère qui constitue le symbole : évoquerpetit à petit un
G. Michaud, op.cit. objet pour montrer un état d'âme, ou, inversement, choi-
sir un objet et en dégager un état d'âme par une série de
Mallarmé est prématurément usé par ses continuels déchiffrements ».
soucis d'argent, et par son métier de professeur, « son Cité par Suzanne Bernard,
bagne », qui a toujours paralysé sa vocation de poète. Il Le poème en prose de Baudelaire à nos jours,
ne lui reste que les nuits pour écrire des poèmes, au
point que peu à peu il perd complètement le sommeil. Librairie Nizet.
Un exemple : le poème l'Azur, qui date de 1864, contient Le poème
déjà toute la « symbolique mallarméenne ». Il a pour
thème l'impuissance créatrice : le poète, épris d'idéal, Dès l'âge de 20 ans, Mallarmé rêvait d'inventer une
ne parvient pas à créer l'œuvre parfaite dont.il rêve. poésie entièrement nouvelle qui fut à l'abri d'une lec-
Découragé, il tente de fuir cet idéal pour se tourner vers ture frivole. Depuis, on peut dire que chacun de ses
un objectif plus prosaïque, mais il ne parvient pas à se poèmes a constitué une tentative en ce sens.
débarasser de son obsession il est « hanté » par
lequel symbolise son idéal : Dans une lettre à son ami Cazalis, Mallarmé disait, à
« l'Azur »
propos du poème Renouveau : « C'est un genre assez
« La sereine ironie de l'éternel azur accable le poète » ; nouveau que cette poésie où les effets matériels du sang,
l'Azur, tel un personnage éminent observe avec un des nerfs, sont analysés et mêlés aux effets moraux de
« mépris navrant » «
l'âme vide » du poète en proie au l'esprit, de l'âme »...
« remords atterrant »
de la stérilité. Son « ennui », plutôt
Mallarmé a pris conscience de sa vocation poétique et
son impuissance, ne trouve devant lui que le vide : « Les aussi de son aspiration à un idéal si haut qu'il est
grands trous bleus que font méchamment les oiseaux ». inaccessible. D'où cette angoisse due à la difficulté de
Pour se délivrer clame que son idéal n'existe plus :
il concilier les deux, et son impuissance à écrire « je passe,
! Il veut goûter
au « bonheur com- déclare-t-il, parfois trois jours à équilibrer d'avance les
« Le Ciel est mort »
mun de la foule » : parties (d'un sonnet) pour que le tout soit harmonieux et
s'approche du Beau. » Il dit encore : « Après trois mois
« Vers toi, j'accours
! donne ô matière
L'oubli de l'idéal... d'impuissance,je m'en suis enfin débarrasséet mon pre-
A ce martyr qui vient partager la litière
mier sonnet est consacré à la décrire, c'est-à-dire, à la
Ou le bétail heureux des hommes est couché...
maudire ».
»
Ainsi écrit-il le poème Renouveau où, à travers un bau-
L'idéal est plus fort que le poète : delairisme persistant,l'on perçoit cette fois un son et un
« En vain!
l'Azur triomphe! »... mouvement nettement mallarméen.
« Je suis
hanté. L'Azur! L'Azur!...
Après l'hiver lucide, saison de travail, vient le prin-
Ce poème est déjà une œuvre difficile. Mais Mallarmé temps maladif, saison de l'impuissance, c'est-à-dire de
l'attente, de la rêverie vague et paresseuse, puis de la
va bientôt dépasser ce stade « purement littéraire ». lassitude et enfin de la chute.
Influencé par Hegel (le Néant ou Non Être n'est autre
que l'Être en son état premier. La Vie universelle a pour Pourquoi ce ton presque désespéré? c'est que, pour la
fonction de le révéler à lui-même), il va bientôtdonner à première fois, Mallarmé s'est avisé que son rêve, ce
ses œuvres une dimension métaphysiqueet utiliser une « rêve vague et beau » n'avait rien à
voir avec l'idéal
langue de plus en plus savante et inaccessible. véritable. D'un côté la songerie facile d'un adolescent
qui écoutait complaisamment les sollicitations de son
La transposition poétique » va lui permettre d'aller tempérament et s'abandonnait à la douceur de visions
«
au-delà de ce qui est ». parfumées; de l'autre, l'exigence de son caractère qui,
«
tout en « creusant une fosse à (son) rêve », voudrait
Ajouter à cela une syntaxe hardie, aux phrases dislo- s'élever vers un Azur inaccessible ».
quées, aux ellipses déconcertantes, aux rapprochements (G. Michaud, op.cit).
inattendus d'images :
exemple :
« ...un clair croissant
perdu par un blanche nue Ce thème de l'impuissance est le plus constant, le plus
... Trempe sa corne calme en la glace des eaux, sincère de l'inspiration mallarméenne, et on le retrouve
...Non loin de trois grands cils d'émeraude roseaux » dans presque tous les poèmes. Il s'agit là d'une impuis-
(Las de l'amer repos) sance d'exécution et non d'une stérilité de pensée. Et le
et l'on comprendra mieux la nécessité de laborieux printemps est reponsable de cet état, de cet engourdis-
déchiffrementspour appréhender la poésie de Mallarmé. sement du poète, découragé devant sa page blanche.
« Renouveau est le poème du son « an ». Il le parcourt «..J'erre après un rêve vague et beau
comme le gémissement du corps geignant, à intervalles Par les champs où la sève immense se pavane »...
égaux et à des places symétriquesd'abord, en rectangle « Ta tête se pavane avec d'étranges grâces... »
dans la première strophe, en triangle dans la seconde, à la (Le beau navire)
commande du vers dans la troisième, pour se multiplier en
désarroi vers la fin du poème ». Ce poème de jeunesse ne présente aucune difficulté
E. Noulet, majeure de compréhension ; il n'en sera pas de même de
ceux de l'âge mûr si obscurs qu'ils exigeront un patient
L'oeuvre poétique de Mallarmé, déchiffrement.
éd. Droz,

Bibliographie
Certains vers du poème rappellent certaines pièces des MALLARMÉ : Œuvres complètes (La Pléiade).
— Stéphane
Fleurs du mal de Baudelaire : NICOLAS : Mallarmé et le symbolisme (Librairie
— Henry
« Le printemps
maladif a chassé tristement L'hiver...», à Larousse).
rapprocher de : — G. MICHAUD :
Mallarmé (éd. Hatier).
Le printemps adorable a perdu son odeur »... (Le goût poétique de Mallarmé (Librairie
« — E. NOULET : L'œuvre
du néant) Droz).
« L'impuissance s'étire en un long bâillement » de Baudelaire à nos
— S. BERNARD : Le poème en prose
« Et dans un bâillement avalerait le monde »... jours (Librairie Nizet).
(Au lecteur) Maria Rostini
Iles
Blaise Cendrars

Iles Bien sûr Blaise Cendrars est un poète « qui se pose là »,


Iles mais cette position il ne l'occupe pas n'importe com-
Iles où l'on ne prendra jamais terre ment. Sa poésie est celle d'un homme qui vit les mani-
Iles où l'on ne descendra jamais festations les plus modernes de son époque ; époque —
Iles couvertes de végétations rappelons-le — de grands voyages (en transatlantique,
Iles tapies commes des jaguars en train, en avion), de découvertes scientifiques et tech-
lies muettes niques qui vont bouleverser les façons de voir (TSF,
Iles immobiles développement intense de la photographie et du
Iles inoubliables et sans nom cinéma, usage de l'électricité...),époque de la vitesse, de
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais la machine à écrire, époque qui résonne encore du bruit
bien aller jusqu'à vous des rotatives des imprimeries des grands quotidiens. En
effet l'œuvre poétique complète de Cendrars a été
(Extrait de Feuilles de routes
avec l'aimable autorisation des éditions Denoël)
publiée entre 1912 et 1929.
Dans sa poésie Cendrars emprunte sans arrêt aux élé-
ments de la réalité, sans presque jamais « en rajouter ».
Ces éléments sont souvent décrits froidement, presque
La poésie de Biaise Cendrars scientifiquement. Ce qui donne à cette poésie son carac-
tère vrai ce sont le choix et l'organisation des éléments
Je trempe ma plume qui la composent. Il y a dans ces textes comme un côté
dans la vie et non dans les livres. collage d'éléments préexistants. Le génie de Cendrars a
(Blaise Cendrars) été de reconnaître les éléments pertinents de la réalité
dans laquelle il s'est trouvé puis de les organiser en une
L'écriture poétique de Cendrars fonctionne beaucoup écriture qui coule de source. Cette poésie est si forte
au présent de l'indicatif et à la première personne du qu'elle donne l'impression que tout le monde peut en
singulier : faire autant.
« Iles
inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais Il y a eu à cette époque des dizaines de rimailleurs et, en
bien aller jusqu'à vous » France seulement, parmi les grands poètes : Blaise
Cendrars,Guillaume Apollinaire,Max Jacob et les surréalistes.
Ce « je » de Cendrars signifie que le poète entre de
plain-pied dans la réalité des choses, des êtres, des Quand on lit Cendrars, on est avec lui à l'endroit où il se
événements au cœur desquels il se situe d'emblée. Ce trouve, on vit ce qu'il vit, on voit ce qu'il voit.
« je » ne veut pas
dire que le poète se met orgueilleuse- Sa poésie a un rythme particulier : comme tous les vrais
ment en avant. poètes Cendrars est un musicien; le rythme de chacun

radio RENCONTRE AVEC LA POÉSIE


mardi 1er mars 1983
vendredi 4 mars 1983 (2" diffusion)
15 h 35 15 h 50 (M.A. France-Cuiture)
-
CE - CM1
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
de ses textes est parfaitement adapté à ce qui est dit. travers le monde aimerait aussi aller sur les îles
Blaise Cendrars, né d'un père suisse, travaille avec la immobiles :
même précision qu'un horloger de même nationalité. chaussures par-dessus bord car je vou-
« Je lance mes
Son sens de l'écriture semble inné. La vitesse de celle-ci drais bien aller jusqu'à vous ».
est assurément très rapide.
Le côté incantatoire et direct de ce poème devrait tou-
Cendrars est aux endroits-clés du monde où l'homme cher les enfants. Le texte est simple mais riche par
vit intensément, spectaculairement ou non. Ce poète est l'impact qu'il peut avoir sur l'imaginaire enfantin.
un acteur-spectateur de cette vie moderne; son regard
est à la fois magnifiant et réaliste. A travers l'écriture de
Cendrars, on sent un formidable appétit de vie, la L 'émission
volonté de connaître le plus de sensations possibles, de Elle mettra en ondes de nombreux poèmes de Blaise
rencontrer l'homme sous tous les visages qu'il présente Cendrars issus principalement du recueil Au cœur du
et sous toutes les latitudes. Très tôt la vie de Cendrars monde.
sera placée sous le signe du voyage (il fera une fugue à
16 ans qui le conduira en Russie) et quand il parcourt le Pour cela nous accompagnerons le poète au cours d'un
monde il ne transporte pas ses problèmes avec lui. de ses voyages à bord d'un paquebot. Durant la traver-
sée, Cendrars rencontrera d'autres passagers, seront
« Fuir n'est pas le propre de l'homme, c'est le propre du
robinet » disait Boris Vian. Cendrars est le contraire évoqués son travail d'écrivain, ses conceptions de l'écri-
d'un robinet. Il ne joue pas à être poète, il l'est naturel- ture, ses amitiés...
lement dans sa vie et dans son œuvre puisque l'une et
l'autre s'engendrent réciproquement. Conclusion
Et puis Cendrars poète et aventurier est aussi un très Puissent ce poème et cette émission donner envie aux
grand romancier. Sa démarche ressemble à celle de enfants de s'exprimer par le moyen de leur choix
l'écrivain américain Jack London, bien que d'un style (poème ou texte libre, dessin, ou petite comptine...) sur
très différent. Comme lui il a exercé de nombreux le thème de l'île.
métiers et a rencontré des hommes et des femmes de
toutes conditions. Pour Cendrars comme pour London On peut par exemple demander aux enfants de décrire
tous ces métiers sont vécus comme des nécessités et non une île (déserte où non) qu'ils auraient découverte.
des expériences pour mieux écrire après : Autres questions pouvant servir à l'exploitation de
« La lettre-océan n'a pas été inventée pour faire de
la cette émission :
poésie mais quand on voyage quand on commerce — Connaissez-vous une île? Laquelle?
quand on est à bord quand on envoie des lettres-océans — Comment y vit-on?
on fait de la poésie » — Aimeriez-vousvivre sur une île? Pourquoi?
Biaise CENDRARS, Lettre-océan. Les élèves d'origine antillaise pourraient parler à leurs
camarades des îles de l'archipel antillais.
Jean-Claude QUEROY.
Le texte
Le texte choisi appartient à un recueil intitulé Feuilles de Envoyez-nous des exemples d'exploitation de cette
route, lui même inclus dans un ouvrage plus vaste bap- émission. Nous publierons des extraits de textes
tisé Au cœur du monde. d'élèves ou des exemples de création plastiques sur le
thème de l'ile dans un prochain numéro des dossiers
Ce court poème est constitué de notations rapides. Le École élémentaire.
mot « îles » y est prononcé neuf fois. Le texte entier est Pour cela écrivez-nous à l'adresse suivante :
comme une incantation aux « Iles où l'on ne descendra CNDP/DMES
jamais ». Série « Rencontre avec la poésie »
Il y a dans le texte comme une volonté d'ubiquité du B.P. 359
poète : Blaise Cendrars sur le bateau qui l'emmène à 92541 Montrouge Cedex.
En Asie (1 et II)

Contenu Les variations de l'intensité pour- enregistrent, si possible, et notent


ront être abordées sous un double par un code de leur choix les varia-
Approfondissementde la notion aspect tions de l'intensité.
— :
d'intensité précédemment abordée a) Variations dues au déplacement
dans l'émission Même jeu avec déplacement des
de la source sonore par rapport à
Au jardin II {9 et 12 novembre 1982). « enregistreurs » par rapport à la
l'auditeur et inversement. source immobile.
— Les
variations de l'intensité, le exemples : une moto se rapproche
crescendo, le decrescendo. de l'auditeur avec un crescendo et b) Variation « à la source » :
— bruiter en restant à une même
s'en éloigne avec un decrescendo.
Suggestions de préparation Un promeneur se rapproche d'une place des événements sonores qui
et de prolongement ruche : il perçoit le bourdonnement s'approchent, qui s'éloignent;
— les enfants chantent un son
avec un crescendo. Il repart et le plu-
1
-
Observation phénomène sonore décroit (decres- sieurs fois de suite, plus ou moins
Les enfants observent des phéno- cendo). forte, plus ou moins piano mais
mènes sonores de leur environne- b) Variations dues à une action sans changer de hauteur. Un
ment en fixant leur attention sur exercée sur la source sonore sans meneur de jeu peut indiquer avec
l'intensité : telle personne parle modification de place. L'exemple le ses mains plus ou moins écartées
fort, telle autre a une voix faible, tel plus évident est celui du bouton l'intensité de chaque son;
animal domine par la force de son « volume » du poste de radio. On enfant
— même jeu mais chaque
cri le concert de la nature, tel ins- obtient des crescendo et des des- garde la même intensité d'émission
trument de musique peut produire crescendo à volonté. du son et les différentes nuances
des sons forts, très forts. On com- s'obtiennent en modifiant le nom-
pare, on classe... II - Jeux bre des participants;
On retrouvera les termes de nuances a) Déplacementde la sourcesonore — mêmes jeux avec des sons tenus,
forte et piano déjà utilisés. On ou des auditeurs. En se déplaçant donc avec des crescendo et decres-
introduira le pianissimo (très doux) dans un lieu assez vaste, quelques cendo continus;
le fortissimo (très fort), le mezzo- enfants font voyager un message — les enfants sont
disposés en
piano (moyennement doux) et le sonore (parlé, chanté ou joué) sans rond. Un premier élève lance un
mezzo-forte (moyennement fort). en modifier la nuance. Les autres message sonore dans la nuancepia-

radio ÉDUCATION MUSICALE « LES ENFANTS D'ORPHÉE »


mardi 1er et 8 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique) 1er niveau (enfants de 6 à 9 ans)
vendredi 4 et 11 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique) 2e niveau (enfants de 9 à 11 ans)
CNDP - École élémentaire n° 7. 1982-1983
nissimo, les suivants le reprennent à plus ou moins fort, plus ou moins deux sur une phrase parlée, chantée
tour de rôle de plus en plus fort doux, selon qu'il « brûle » ou non; ou jouée;
puis, arrivés à une nuance fortis-
simo, reviennent progressivement — exploration des possibilités des — créer un paysage sonore avec un'
instruments de la classe. Les sons certain « relief » dû aux nuances. Si
au pianissimo. les plus forts, les plus doux. Décou- la classe possède un matériel d'en-
— on peut compliquer le jeu en verte de l'influence du toucher ou registrement, les enfants étudieront
faisant se superposer les interven- de l'émission du souffle sur les la place des différents éléments par
tions, le joueur n° 2 lançant la for- nuances obtenues; rapport au micro en fonction des
mule sonore avant que le n° 1 n'ait plans sonores souhaités.
— on peut reprendre avec des ins-
terminé; truments ou des objets sonores les — recherche des nuances appro-
— jeu de cache-tampon musical.
jeux vocaux proposés ci-dessus; priées aux chants pratiqués.
On renseigne le « chercheur » avec
— étaler un crescendo ou un
un message sonore (joué ou chanté) decrescendo ou la succession des Hélène Jarry, Jean-Claude Péré
En Océanie

Contenu percussion de sonorité sèche les Chez les plus grands, un troisième
Noires et croches dans la mesure à temps et leur subdivision, soit : groupe pourra ne marquer que les
2/4 et dans la mesure à 3/4. premiers temps de chaque mesure
en maintenant le son sur deux
temps :
Suggestions de préparation
et de prolongement C'est-à-dire quatre croches par
Choisir un chant à deux temps. Les mesure, chacune représentant un
demi-temps.
enfants marquent les temps forts
(1er temps de chaque mesure) puis On pourra superposer deux accompa- En combinant les nouvelles valeurs
les temps forts et les temps faibles gnements rythmiques, un groupe de notes découvertes, les enfants
(revoir la fiche sur l'émission En d'enfants marquant des noires, pourront trouver de nouveaux ry-
forêt I diffusée les 30 novembre et 3 thmes d'accompagnement.
décembre 1982). Les temps peuvent
être marqués corporellement avec Par exemple :
des instruments à percussion sans
son déterminé ou même, pour les l'autre marquant des croches
plus grands, avec sons déterminés
(recherche sur xylophone, métallo-
phone... des notes qui peuvent On peut propo. r aux enfants
accompagner une mélodie très sim- d'installer ce rythme en le répétant
ple). obstinément (ostinato) et d'impro-
viser « par-dessus » une mélodie.
Reprendre le même chant en mar-
quant légèrement, soit corporelle- Les enfants ayant bien pratiqué ces
ment, soit avec un instrument à rythmes pourront aborder la mesure

radio « LES ENFANTS D'ORPHÉE »


mardi 15 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique) 1er niveau (enfants de 6 à 9 ans)
vendredi 18 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique) 2e niveau (enfants de 9 à 11 ans)

CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983


à trois temps. On proposera d'abord les deux ou trois pulsations). En
aux élèves de différencier à travers reprenant la démarche précédente,
des chants, des danses, des pièces les enfants pourront trouver des
instrumentales les musiques qui ostinatos rythmiques dont voici
sont à deux et celles qui sont à trois quelques exemples :
temps. (retour du temps fort toutes

Les pieds frappant par terre, ensem- Enfin, les enfants pourront dégager
ble ou alternativement, les mains les formules rythmiques caractéri-
tapant sur les genoux ou l'une dans sant différentes danses.
l'autre, les claquements des doigts
etc., autant de ressources « percus-
sives » corporelles à exploiter.
Les jeux de devinettes, de succes-
sion, de superposition de formules
rythmiques sont innombrables. Hélène Jarry, Jean-Claude Péré
Animaux du monde

Contenu La barcarolle et la sicilienne pré- Mendelssohn sont des œuvres où


Quelques rythmes propres à mar- sentent des ostinatos rythmiques figurent des barcarolles. Chopin en
caractérisés par un mouvement de composa une et Fauré treize.
quer un balancement. balancement.
A l'origine, chant des bateliers ita- La silicienne, elle aussi caractérisée
Cette émission, la dernière du tri- liens, la barcarolle est souvent sou- par un rythme à 6/8 en balance-
mestre, nous permettra, à travers tenue par l'accompagnement: ment, figure dans le répertoire clas-
notre thème « les animaux du sique, de Bach au XXe siècle
monde » de retrouver des conti- Concerto pour trois clavecins en ré
nents et des pays déjà évoqués. mineur de J.-S. Bach, Concertopour
Nous écouterons des musiques de orgue, op. 4 n° 5 de Haendel, Pelléas
« balancement » venues
des quatre et Mélissande de G.Fauré).
coins du monde et les enfants pour-
ront suivre corporellement les ry- (la mesure à 6/8 est une mesure à Exceptionnellement cette fiche ne
thmes caractéristiques qui les sou- deux temps dite « ternaire » où suggère qu'un répertoire. Il nous
tiennent. chaque temps se divise en trois par- semble que la sensibilisation des
enfants à ces rythmes doit être
Les berceuses sont présentes dans la ties égales. Dans le rythme ci-
approchée corporellement et non
plupart des musiques traditionnelles dessus, la noire vaut 2/3 de temps
mais aussi dans le répertoire classi- et la croche 1/3 de temps.) par une explication théorique.
ques occidental (Berceuse de Cho-
pin, « Berceuse » de L'Oiseau de Obéron de Weber, Othello de Verdi,
Feu de Stravinsky, « Berceuse » de Les Contes d'Hoffmann d'Offen-
Dolly de Gabriel Fauré etc.). bach, les Romances sans paroles de Hélène Jarry, Jean-Claude Péré

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mardi 22 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique)
1er niveau (enfants de 6 à 9 ans)
vendredi 25 mars 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique)
2e niveau (enfants de 9 à 11 ans)
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
r
Emissions spéciales
vacances de printemps

29 mars et 1er avril


Récapitulation des chants et des
œuvres qui ont jalonné le parcours
pédagogique du trimestre.
5 et 8 avril
A l'écoute de voix étranges et
étrangères. Musiques traditionnelles
du monde.
12 et 15 avril
En avant-première, les œuvres et les
chants qui seront abordés au cours
du dernier trimestre.
Hélène Jarry, Jean-Claude Péré

radio « LES ENFANTS D'ORPHÉE »


mardi 29 mars, 5 et 12 avril 1983
14 h 30 -15 h (M.F. - France-Musique) 1er niveau (enfants de 6 à 9 ans)
vendredi 1er, 8 et 15 avril 1983
14 h 30 - 15 h (M.F. - France-Musique) 2e niveau (enfants de 9 à 11 ans)
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
L'école, un lieu de lecture
parmi d'autres

Pour une politique nouvelle Français ne sont capables que d'un Fonctionnalité et
de la lecture déchiffrage oral. Seuls 30 % « li-
« descolarisation de la lecture
sent » c'est-à-dire possèdent une
maîtrise suffisante de la lecture
Apprendre à lire, c'est la première pour pouvoir en tirer, sans effort Ces stratégies, il convient alors de
fonction de l'école. La remplit-elle parasite, tous les bénéfices, à com- leur donner la possibilité de s'exer-
bien? On peut se poser la question mencer par la rapidité avec laquelle cer pleinement, en donnant aux
quand on sait, d'abord, qu'il existe elle permet d'emmagasinerdes infor- enfants, à l'école, des moyens adé-
encore en France un pourcentage mations. quats. Dans cette perspective, l'école
d'illettrés de l'ordre de 10 %, et sur- Quelle conclusion tirer de ce cons- se définit comme un « lieu d'aide à
tout qu'une proportion très impor- tat? Après la phase d'alphabétisa- des lectures extérieures », elle pos-
tante des enfants et des adultes ne tion, il faudrait envisager une phase
sède le privilège de permettre à l'en-
savent pas vraiment lire. Les recher- fant d'affiner ce qu'il a déjà com-
de « lecturisation » qui permette au
ches récentes dans le domaine de la plus grand nombre d'accèder aux
mencé de faire avant l'âge scolaire
psycho-pédagogie de la lecture ont de la lecture, et qu'il est amené à
montré en effet qu'au-dessous d'un comportementsauthentiques de lec- continuer de faire parallèlement à
seuil correspondant à 15 000 ou ture. Cela suppose une transforma- l'école ou en-dehors d'elle. Avant
tion profonde de la pédagogie, de la
20 000 mots à l'heure, le lecteur l'âge du CP, un enfant est déjà lec-
maternelle au lycée.
continue à « entendre les mots dans teur lorsqu'il lit sur la bouteille
sa tête » : c'est-à-dire qu'il ne peut Il ne s'agit donc plus de s'interroger d'eau le mot Évian, lorsqu'il tourne
progresser que très lentement, en simplement sur la valeur de telle ou silencieusementles pages d'un livre
déchiffrant le texte pas à pas. Parce telle méthode de lecture; c'est illustré et s'en conte à lui-même
qu'elle a gardé son caractère oral, moins sur le choix de la méthode l'histoire. Il n'y a donc pas un âge
la lecture, à ce stade, reste un effort que sur ce qui se situe en deçà, ou de la non-lecture et un âge de la
auquel on ne consent pas volon- au-delà, que l'effort pédagogique lecture. Ou encore, que signifie
tiers. Elle devient un plaisir — ou doit porter : c'est sur les stratégies « savoir lire » lorsqu'on constate
peut le devenir — quand le lecteur qui entrent enjeu lorsqu'un enfant qu'un enfant qui ne sait pas lire
oublie le son des mots et passe à une est mis en contact avec de l'écrit utilise l'écrit comme un des élé-
lecture purement optique, où l'oeil (sous les formes variées que prend ments de la situation qu'il vit? Ne
balaie rapidement le texte à la celui-ci : roman, encyclopédies,jour- peut-on penser que cette action qui
recherche du sens. Or, si l'on en nal, affiche, B.D., réclames publici- consiste, à la fois, à prélever et à
croit Jean Foucambert, 70 % des taires, etc.). attribuer une signification dans

radio ATELIER DE PÉDAGOGIE


lundi 7 mars 1983
17 h 30 -18 h (M.A. - France-Culture) préélémentaire et élémentaire - information des maîtres
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
l'écrit est fondamentalement un A la différence du chinois dont cation parmi tant d'autres, (ques-
acte de lecture, et que cet acte est l'écriture est idéographique, le fran- tions, dessin, mime, ou même usage
commis, différemment certes, mais çais est une langue alphabétique. des informations contenues dans le
commis aussi bien par l'enfant de 5 C'est sur le principe alphabétique texte!), si elle apparaît nécessaire
ans que par l'enfant de 8 ans, que (et non sur les processus réels de aux élèves dans certaines situations
par l'adulte? Non seulement l'écrit lecture) que reposent les méthodes de communication, elle reste
est très tôt présent, mais il est un d'enseignement de la lecture : puis- d'abord un obstacle à la compré-
des éléments déterminants de la que l'enfant de 6 ans ne comprend hension. Politiquement, la très fai-
situation avec laquelle l'enfant est pas ce qu'il voit mais comprend ce ble porportion de lecteurs obtenue
en interaction. qu'il entend, il faut lui donner le par cette méthode constitue un obs-
moyen de tranformer ce qu'il voit tacle considérable à toute politique
en quelque chose qu'il entend, il de démocratisation, que ce soit
comprendra alors ce qui est écrit. dans l'enseignement, dans la vie
a) L'oral et l'écrit socio-politique ou dans les do-
Jusqu'aux années 60, on ne faisait
La pédagogie habituelle de la lec- guère de différences entre ces deux maines culturels.
ture s'appuie sur l'opinion selon manières d'entrer en relation avec
laquelle l'enfant doit d'abord ac- l'écrit : on disait qu'une personne b) Qu'est-ce qu'une relation
quérir un savoir technique avant savait lire lorsqu'elle comprenait fonctionnelle à l'écrit?
d'être véritablement en situation l'écrit sans demander comment elle
d'interrogation de l'écrit, de jouis- parvenait à cette compréhension Il ne s'agira donc pas seulement de
plonger les enfants dans un « bain
sance et/ou de maîtrise face à celui- directement ou par la médiation de
d'écrit » comme on l'a dit trop sou-
ci. L'idée commune est donc qu'il l'oral. Pourtant ces deux manières
faut d'abord apprendre à lire avant vent, mais de leur donner l'occa-
ne sont équivalentes, ni dans leur sion de vérifier la nécessité du
de pouvoir lire; et pour apprendre processus, ni dans leur résultat.
à lire, il faudrait rencontrer l'écrit, Quand on explore un texte direc- recours à l'écrit, et des modalités de
non pour sa valeur réelle de moyen ce recours : un enfant est vraiment
tement avec les yeux, la vitesse de lecteur lorsqu'il sait que l'écrit
de communication,mais pour décou- lecture intégrale est toujours supé-
vrir le système de règles qui permet contient ce dont il a besoin, et qu'il
rieure à 15 000 mots à l'heure, et lui faut s'appliquer à l'y trouver.
de coder l'écrit à partir de l'oral : généralement comprise entre 25 et L'apprentissagede la lecture inclut
c'est « l'oralisation ». 50 000 mots. Quand on constitue, donc aussi le choix que fait l'enfant
même silencieusement, un oral inter- des textes (la bibliothèque centre
Or, on ne peut pas apprendre à lire médiaire, la vitesse d'exploration documentaire est pour cela un lieu
sans lire réellement; on ne peut lire de l'écrit est subordonnée à la privilégié) et le type de lecture qu'il
si on n'intègre pas la communica- vitesse d'écoulement et de compré- pratique à leur égard (intégrale
tion écrite dans la totalité de la hension de la parole, entre 8 et
situation que l'on vit, si l'on n'est 12 000 mots à l'heure. En outre
pour un récit narratif, qu'on décou-
vre ou redécouvre, sélective pour
pas dans la nécessité d'attribuer cette démarche longue est difficile
une recherche d'information dans
une signification à l'écrit à partir de et fatigante : le lecteur y rencontre
la situation pour laquelle cet écrit l'obstacle de l'oubli et doit se livrer une encyclopédie ou un journal,
etc.).
fonctionne. Tel est le sens d'une à de fastidieux retours en arrière.
pédagogie fonctionnelle : construire Aussi ne s'y livre-t-on pas long- Ceci implique que l'école propose à
un savoir par la pratique même de temps. On n'a avec les textes que l'enfant des textes qui correspon-
la fonction. Cette construction du des rencontres indispensables.C'est dent à son environnement naturel,
savoir-lire crée, chemin faisant, des un moyen de « survie » dans un des « écrits sociaux » et non des
savoirs annexes, comme, par exem- monde où l'écrit est présent partout « écrits
scolaires » : affiches, jour-
ple, la possibilité de déchiffrer, mais ce n'est ni un moyen de s'in- naux, programmes de télévision,
mais ces savoirs naissent de la pra- former ni une activité de loisir. prospectus, étiquettes, réclamespublici-
tique de la lecture, ils ne la consti- Pédagogiquement,si la lectureorale taires, aussi bien que des livres pro-
tuent pas et ils ne la précèdent pas. apparaît commeun moyen de vérifi- prement dits. Ainsi pourrait être
évité — dans l'attitude des enfants l'école ne vienne pas détériorer par marche : « tiens, on va chercher
et de bien des adultes — le dégoût une« méthode » prétendument épu- dans le catalogue... », « tu vois,
de la lecture, lecture assimilée à rée, simplifiée. A un enseignement c'est écrit là... »).
celle des textes « nobles » réservés à qui prétendrait proposer de l'exté-
rieur des textes de manuels et une La BCD est une aide fondamen-
une élite intellectuelle. tale, de ce point de vue.
méthode de déchiffrage, il faut
Parallèlement, au-delà de l'école, donc opposer une pédagogie qui La systématisation intervient après
devrait être engagée une action de fournisse à l'enfant un maximum
formation permanente du lecteur, coup, comme fixation de la méthode
de situations aptes à le mettre en que s'est d'abord donné l'enfant de
menée simultanément par les ins- situation d'autonomie. L'appren- façon plus ou moins implicite, dans
tances socio-éducatives et cultu- tissage en effet est d'abord une série le cas de succès de sa démarche. La
relles, les associations, les entre- de réponses successives que donne systématisation isole les caractéris-
prises, les municipalités.Les médias, le sujet à des situations probléma- tiques d'une démarche, sans crain-
à commencer par la télévision, tiques, et non une évolution qui dre de créer des situations artifi-
pourraient être mobilisés en faveur partirait d'un rien pour aboutir à cielles (l'important est alors d'in-
de cette action qui s'appuierait former l'enfant sur leur nécessité).
un tout par accumulation. En ce
notamment sur l'utilisation d'un Elle correspond à un entraînement.
matériel informatique (« didac- sens, il implique une modification
d'ensemble du sujet, et son dérou-
ticiel » sur micro-ordinateur). lement devient nécessairement indi- Quelques exemples :
viduel, ne supposant ni une origine — Supports matériels :
précise dans le temps, ni une pro- le fichier (mot et image);
L 'apprentissage et les aides gression linéaire destinée à aboutir la mémoire (où le mot figure dans
à un modèle immuable. Le rôle de son contexte);
On ne peut apprendre à lire sans l'enseignant est donc de favoriser le dictionnaire.
lire réellement, de même qu'on cette construction autonome, ce
n'apprend à parler qu'en parlant, à qui n'empêche que soient égale- — Procédés de systématisation :
1. Identifications discrimination:
marcher qu'en marchant, à nager... ment nécessaires les aides objec-
moyennant toujours des précau- tives que constituent : mot connu à découvrir dans une
tions et des aides. liste ou un texte...
— Les supports matériels et sociaux 2. Anticipation : exercice à trous...
Il faut donc affirmer deux choses : qui favorisent les interactions avec
l'écrit. 3. Rapidité d'exploration : recher-
1. Que l'apprentissage n'attend pas che d'un mot ou d'une phrase par
l'école pour commencer de se — Les activités systématiques. survol, élargissement de l'empan
former. visuel (groupes de mots à lire)...
2. Que l'école peut lui apporter des Il est aisé de deviner que l'ensei-
aides qui en augmententla puissance. b) Les aides et la systématisation
gnement compris comme l'ensem-
L'aide va s'opérer autour d'une ble des aides apportées à l'enfant
a) L'apprentissage activité prise globalement et ayant pour mener à bien ses propres actes
De même que l'enfant n'a pas un rôle fonctionnel dans la vie de de lecture diffère très profondé-
besoin qu'on lui « enseigne » la l'enfant. Le point de départ de ment des interventions qui visent
parole, de même qu'il apprend seul toute aide à la lecture consistera habituellement à construire un sa-
à parler, à condition bien entendu donc d'abord à comprendre ce que voir-lire à travers l'étude de l'écrit.
d'être immergé dans la parole l'enfant essaie de faire, et à le sou- Et là se trouve bien la racine des
adulte complète, dans sa com- tenir dans cette voie. Dans l'inte- différences : ce qui peut sembler
plexité même, de la même façon, raction avec l'écrit, l'aide peut être nécessairedans l'étude de l'écrit n'a
c'est par lui-même, de façon auto- directe (c'est l'enfant qui est con- pas la même réalité dans l'acte de
nome qu'il construit sa compétence cerné), ou indirecte (c'est l'adulte lire : l'écrit est un objet qu'on peut
de lecteur, à condition de se trouver qui, sur un sujet qui concerne l'en- étudier, la lecture est une fonction
dans un environnementd'écrit que fant, entraîne celui-ci dans sa dé- qu'il faut pratiquer.
Le statut de l'enfant, venir, définie par l'adulte. Lire, — F.
RICHAUDEAU : La lecture
le statut de l'école alors, « c'est simple, quand c'est rapide (marabout).
l'affaire de tous ». — « Aides à
l'apprentissage systémati-
sation », écoles expérimentales de la
La pédagogie de la lecture induit Villeneuve de Grenoble Coopéda n° 8
une tranformation du rôle attribué Bibliographie (Association pour la promotion d'ac-
à l'enfant, et du statut de l'école : tions éducatives... 105, galerie de l'Ar-
elle implique qu'on reconnaisse à lequin 38100 Grenoble).
— J. FOUCAMBERT : La manière
l'enfant un rôle social réel, une d'être lecteur (OCDL). — J.
FOUCAMBERT : « Qu'est-ce
place positive dans l'environne- FOU- qu'apprendre à lire ? » article du 22 mai
— BENICHOU, FAUCON, 1980 in L'éducateur.
ment qui est le sien, et qu'on parte CAMBERT, MILLOT, PARENT,
de cette situation pour l'aider à VIOLET : Lire, c'est vraiment simple... — J. FOUCAMBERT : «
Regards sur
l'assumer, pour l'aider à jouer plei- (OCDL). une méthode de lecture », article du 17
nement sa fonction de partenaire enfants novembre 1978 in L'École libératrice.
— F. SMITH : Comment les
social. L'école n'est plus ainsi le apprennent à lire (Retz). — « Micro-ordinateur
Goupil 2 »,pro-
cocon artificiel, le laboratoireoù se comprendre gramme d'entraînement à la lecture.
— Cinq contributionspour Écrire à l'AFL.
formerait, à partir d'une prétendue la lecture, colloque février 80, (AFL
cire vierge, une personnalité à BP 135X35, 75226 Paris Cedex 05). J.-P. Bouton
Une année passe
sur notre coin nature

Le principe de l'émission réside qu'un paysage au fil des saisons va directions d'exploitation et une
dans le choix d'un objectif auquel montrer à l'observateur de multi- liste d'objectifs centrés sur le thème
nous donnerons priorité : comment ples facettes où les intérêts qu'il même de l'émission.
mener un travail en classe sur un saura faire naître seront de nature
même thème tout au long de l'an- différente. Nous insistons sur le caractère non
née. Un objectif difficile à atteindre exhaustif de cette brochure, dont
Cette fiche mettra l'accent sur l'ap- les lacunes sur le plan des contenus
si le sujet choisi ne présentait suffi- proche pédagogique et les pro-
samment de variété. pourront être complétées par
blèmes posés par ce type d'étude à l'examen des nombreux manuels et
L'étude d'un milieu constituera le long terme'; elle n'indiquera, sans publications existant sur l'étude de
cadre de l'activité. Il est certain trop de précisions, que quelques milieu.

Objectifs Méthodes de travail Socialisation :


Conceptuels : Tous les objectifs liés
Savoir : — coopération,
à la découverte d'un milieu. — utiliser des documents, — savoir prendre en compte les
réaliser une maquette, observations des autres,

Parmi eux nous en dégagerons — observer, — travail d'équipe.
deux : — synthétiser les observations, Communication.
premier sur lequel il faut les interpréter.
— le —
insister : le respect de la nature; Pratiquer une démarche expéri- Langages
mentale. Savoir :
— être capable de recréer in vitro,
en classe certaines conditions du — utiliser le dessin,
Éveil de la personnalité parlée, la
milieu pour permettre une observa- — utiliser la langue
tion plus fine de phénomènes Curiosité. langue écrite,
biologiques. Responsabilité. — faire des repérages, des mesures,

radio ATELIER DE PÉDAGOGIE


lundi 14 mars 1983
17 h 30 - 18 h (M.A.- France-Culture)
préélémentaire et élémentaire
information des maîtres
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
— lire une carte, Approche pédagogique — travailler sur un milieu familier
— s'orienter sur le terrain, pour l'enfant;
— construire un plan, une ma- Choix du lieu de sortie
quette, —
découvrir qu'une zone de jeux
Le choix d'un milieu proche de
— s'exprimer par les moyens l'école présente de nombreux est en fait un milieu de vie;
audiovisuels.
avantages : — possibilité de noter des chan-
Enregistrer sur magnétophone. gements intervenus hors des temps
Photographier. — il permet des sorties régulières si
elles sont rendues nécessaires par scolaires ou des temps d'obser-
Effectuer un montage audiovisuel. l'exploitation qui en est faite; vation.
Caractéristiques du milieu : nombreuses pour permettre de il est essentiel de bien repérer les
définir les composantes du milieu. durées, les intervalles dans le temps
— recouvrir un espace restreint,
— être bien délimité (mare, mur, De plus l'automne et le printemps global que dure le travail. Le calen-
petit bois, mairie...). étant deux saisons spectaculaires drier présenté ci-dessus peut vous y
aider dans la mesure où il vient s'in-
sur le plan de l'évolution de la tégrer à une frise, par exemple :
Comment amener le sujet nature, elles mériteront des visites
On peut effectuer quelques sorties plus fréquentes. Après le repérage dans le temps, le
dès le début de l'année scolaire vers repérage dans l'espace :
L'hiver gèle plus ou moins les pro- — repérage dans le quartier,
un milieu qui présentera les carac-
téristiques citées plus haut pour cessus biologiques, l'on pourra — détermination d'un itinéraire
profiter de cette période pour aider d'accès,
une promenade ou des activités les animaux en danger, les oiseaux
d'éducation physique. — travail sur carte,
en particulier. — établir un plan du milieu,
Le paysage évoluant rapidement en
Le calendrier des visites pourrait — construire une maquette,
ce début de l'automne pourra ame- être celui-ci : — etc.
ner des questions sur les change- Les données climatiques. Elles
ments subis par la nature en cette — septembre-octobre : découverte devraient permettre de définir les
saison. et connaissance du milieu (visites
nombreuses ainsi que les séances saisons; mais on pourra montrer
Les représentations des enfants sur d'exploitation en classe). que cela manque de précisions; on
le sujet aura des remontées de tempéra-
Puis bloquant les après-midi pen- tures en automne (été de la Saint-
Que pensent les enfants des saisons dant une semaine : Martin) des périodes de froid aïT
et des modifications qu'elles en- printemps (les saints de glace...) La
traînent dans la nature? — fin novembre : observations,
bilan nature ne donne-t-elle pas elle aussi
Deux points intéressant l'ensei- — début janvier : observations, des repères fiables; (départ ou
gnant sont à noter : bilan retour des oiseaux migrateurs,
meilleure connaissance de fin février : observations, bilan débourrage des bourgeons, etc.).
— une —
l'enfant et de ses intérêts; — fin mars : observations, bilan
Quoi qu'il en soit, il est important
possibilité de mesurer les fin avril : observations, bilan
— la —
fin mai - début juin : bilan
de prendre des mesures concernant
acquis au cours de l'activité. — les paramètres climatiques :
terminal.
Comment traiter le sujet — température,
Nous obtenons des inter-périodes — éclairement, ensoleillement,
Lafréquence des visites sur le terrain d'observation variant de un mois à — humidité,
Il serait souhaitable que les enfants
un mois et demi. — longueur du jour.
aient déjà une certaine pratique de Ce calendrier est donné à titre Ces mesures pourront s'effectuer
la détermination des animaux et d'exemple, il est susceptible d'être pendant les semaines réservées à
des végétaux ; cela est réalisable à la modifié en fonction des conditions l'observationet s'intégrer au calen-
fin de l'année scolaire précédente locales. drier présenté plus haut.
(dans le cadre d'un projet au sein de Traiter le sujet Elles pourront avoir leur place
l'école) en insistant sur l'observa- dans la frise, ce qui permettra une
tion des troncs et bourgeons pour Du traitement du sujet proprement
dit, trois grandes phases sont à comparaison directe des données
les végétaux. de différentes périodes.
C'est un investissementqui permet- noter :
tra un gain de temps appréciable au 1) La préparation
début de l'étude du milieu. 2) Le travail sur le terrain
Un objectif important : situer dans
Cela dit, pendant le premier mois et le temps les moments d'activité. Les repères du paysage. Ce sont
demi, les visites seront relativement Dans cette étude à long terme, des éléments essentiels puisqu'ils
permettront des observations sui- lb Quels moyens utiliser? archivé au sein de l'école et permet-
vant des angles constants. Il faudra a) Le magnétophone : il servira à tre plus tard de comparer ce même
choisir pour cela des points remar- recréer le paysage sonore du milieu. milieu à ce qu'il est devenu et noter
quables (arbre isolé, souche, grosse comme cela l'évolution de son peu-
pierre, etc.), et les mentionnersur le b) L'appareil photographique: une
plement et même de ses caractéris-
plan du milieu. série de photographies (diaposi- tiques physiques sur plusieurs
tives) prises suivant des angles et années, et peut-être témoigner de la
Quelles orientations présente le ter- des repères précis et constants peut présence d'un milieu naturel en des
rain par rapport au nord et surtout montrer grâce à un montage que temps peu éloignés.
par rapport au soleil? l'on associera à la bande sonore
l'évolution globale du paysage au
Respect de la nature. cours de l'année.
Une analyse plus fine sera fournie
Des interventions régulières peu-
vent provoquer des dégradations par :
irréversibles sur des micromilieux c) Les dessins et schémas. Conclusions
comme la souche ou sous une d) Les plans d'ensemble codés qui
pierre. Il s'agira d'informer les pourront donner une idée de la
intervenants de ces risques afin de densité de la population et de l'évo- © Une réflexion s'impose sur le
les prévenir. lution de cette population dans les rôle de l'homme dans l'évolution
différentes parties du milieu. des milieux naturels et le danger
3) L'exploitation e) Les traces écrites. qu'il constitue pour leur équilibre
Regroupant tous ces moyens, on biologique.
Les traces de l'exploitation
pourra réaliser un dossier corres-
Une des difficultés du travail : pondant à chaque période précise. IP On pourra étendre le problème
comment conserver les traces et de l'influence des saisons sur la vie
remarques des observations rela- Évaluation de l'homme et, au-delà, penser aux
tives au milieu à des moments don- pays qui ne connaissent pas de sai-
nés pour qu'ils puissent servir de Un bilan terminal devrait repren-
dre en compte l'évaluation effec- sons bien marquées.
références à des comparaisons
satisfaisantes. tuée tout au long de l'année.
Le montage audiovisuel pourrait
fbPour finir, on pourra se poser la
L'objectif de communication des question et revenir sur le titre de
informations aux autres et à soi- constituer un document de choix
l'émission : le temps marque-t-il la
même que l'on s'était fixé, trouve pour effectuer ce bilan terminal.
nature comme il marque les
ici toute sa signification. Le fruit de ce travail pourrait être hommes?
Pour une nédaçoçi? différente
Des enfants
Qu'on fasse à l'école quelque chose
de vrai ! Il arrive qu'on propose à en situation de projet
l'école des activités « intéressantes »
ou agréables qu'on s'y intéresse à la
«
motivation » des enfants (toute
motivation n'est-elle d'ailleurs pas
réelle, y compris celle qui consiste à Ceci signifie seulement que l'école blèmes, et du travail à plusieurs.
vouloir faire plaisir au maître?) : refuse d'être un cocon, où les L'adulte est donc invité à partager
Cependant, définir une situation
authentique de projet, c'est aller
enfants, isolés du corps social, pro- avec l'enfant le pouvoir de déci-
tégés de celui-ci, apprendraient les sion, d'organisation du travail de
plus loin : cela consiste à redéfinir
le rôle de l'école, et celui de moyens pour être plus tard des groupe. C'est dans la réalisation
interlocuteurs réels. C'est tout de d'un travail coopératif ouvert sur
l'enfant.
suite, parce qu'il est d'emblée mêlé son environnement que l'enfant
Un des premiers caractères du pro- aux rapports de force qui structu- peut faire l'apprentissage de ses
jet, c'est qu'il débouche sur une rent le corps social, que l'enfant relations avec les autres en tant
transformation : — production doit être soutenu dans la conquête qu'individu, comme en tant que
d'un objet, d'un document, d'un progressive de ses pouvoirs. membre d'un groupe social consti-
spectacle... — action effective de la tué. Il n'est donc plus un parasite
A la position qu'on adopte sur le
part des enfants sur leur milieu... du monde adulte, mais un être
statut de l'enfant correspond celle social qui a le droit d'exprimer ses
Ce qui rend réalisable ce premier qu'on adopte sur le statut du maî- opinions et d'affronter les autres
aspect du projet, c'est la conviction tre, et des adultes. Dans la classe
selon laquellel'enfant est déjà — en traditionnelle, l'enfant était amené comme de les aider.
tant qu'enfant — un être social, que à investir de façon nécessaire sur le Il ne s'agit donc plus de faire à
sa vie est déjà traversée par les rap- seul adulte présent : le maître. C'est l'école une théorie propédeutiqueà
ports sociaux : par amour (ou haine) du maître que une pratique postérieure : ne pas
« Il n'y a pas un
âge en-dessous l'on travaille (ou refuse de le faire), éduquer en vue de rendre actif.
duquel l'enfant ne serait « rien qu'un puisque de toute façon on ne sait Mais il s'agit au contraire d'un
individu » et à partir duquel l'éduca- pas pourquoi on fait ceci à tel développement direct de l'enfant
tion l'engagerait dans le corps moment ou cela, sinon parce qu'il au contact de la réalité. Le carac-
social ». (En sortant de l'école, l'ordonne ou le demande. En le tère social du projet, c'est que son
introduction). L'éducation alors, mettant en contact dans les activi- origine, ses conditions d'applica-
c'est la prise de conscience, par tés de projet avec une multiplicité tion comme de réalisation se trou-
l'enfant, du rôle qu'il joue, ou peut sociale on ne pense pas lui ôter la vent dans le corps social. Ainsi les
jouer dans son environnement, prétendue sécurité psychologique projets sociaux de production à
qu'il agisse ainsi, depuis sa condi- que donnerait le rapport perma- l'école permettent-ils aux enfants
tion effective, sur « sa vie », celle nent à un adulte-modèle, mais on de sortir des solutions individuelles
des autres autour de lui, son envi- pense lui donner la possibilité qu'ils apportent à leurs conflits,
ronnement matériel. On dit sou- d'une plus grande autonomie, le pour aboutir à des solutions
vent lui donner un rôle d'adulte. sens de la discussion des pro- collectives.

radio ATELIER DE PÉDAGOGIE


mardi 8 mars 1983
17 h 30 -18 h (M.A.- France-Culture) préélémentaire et élémentaire - information des maîtres
CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983
Exemples et écueils la prise de conscience des enfants. rapport à la nécessité des situa-
Ce qui est donc sollicité, c'est la tions; ceci garantit son appropria-
Un exemple souvent proposé : vigilance vis-à-vis des pouvoirs tion véritable. On a souvent
gagner de l'argent (fête à l'école, tout faits et l'imagination pour exprimé la crainte que le savoir ne
braderie, vente de produits fabri-
trouver des « portes de sortie ». s'y appauvrisse, ou au moins ne
qué's à l'école ou récoltés... cf. le diminue en quantité. Cette crainte
restaurant de Vitruve ou le specta- La questionfondamentale est donc
cle de cirque dans En sortant de celle du rôle social de l'école : surtout souligne une écueil : ne pas
l école). Il ne s'agit pas ici, comme qu'est-ce qu'une école en rupture, céder à la tentation de réintégrer
sinon celle qui cherche une position artificiellement « dans le projet
on l'a dit parfois, d'intégration au des éléments jugés indispensables.
»
capital, ou d'adaptation de l'école à nouvelle par rapport aux institu-
la société présente, mais de mettre tions, qui sort de ses murs ou met Ce qui ne veut pas dire qu'on aban-
l'école en prise sur le réel : avoir un les problèmes de l'extérieur à l'inté- donne toute formation instrumen-
rieur d'elle : une pédagogie ouverte, tale, mais qu'on lui donne sa vraie
compte bancaire par exemple, c'est place : il faut « sortir du projet
se rendre gestionnaire d'une réalité, une école communautaire. donner
»
avec ses risques et ses succès. pour se les moyens néces-
On voit bien en quoi le projet n'a saires à le poursuivre. C'est la fonc-
Autres exemples où cette réalité est rien à voir avec le thème, ou le cen-
prise en compte : la prise en charge tionnalité du savoir instrumental
tre d'intérêt, où l'on ne cherche que qui est en cause. Le projet ne
de la santé, là où les parents sont l'unité artificielle des matières. Il
défaillants, le problème de la récu- s ajoute pas aux activités ordinaires
s'agit ici de la création d'un nou- mais les remplace.
pération des papiers à réutiliser,
veau savoir, avec ses modalités pra-
l'aménagement d'espaces stériles tiques. Le projet n'a donc, non — Cette démarche englobante se
dans le quartier, la production de trouve favorisée par l'organisation
plus, rien à voir avec les « méthodes' du travail par cycles (maternelles
livres et leur publication : autant de actives » en tant qu'elles consistent
manières de se situer dans un pro- -apprentissages - moyens) : les
le plus souvent à faire « redécou- apprentissages ne sont pas fait de
blème social et d'en gérer un aspect. vrir » par l'enfant la théorie à partir façon linéaire mais ils prennent le
d'une pratique artificielle agencée
Les difficultés ne résident pas tant temps de leur maturation (et il est
dans les échecs éventuels que dans par l'adulte à cette fin. ainsi fait échec aux « blocages »).
les aspects insidieux que peut pren- Il s'agit bien dans le projet d'une Enfin, on tire des effets positifs de
dre la neutralisation des idées des création, non d'une transmission. l'explication mutuelle entre des
enfants : enfants d'âges différents.
Enfin, c'est par ce moyen que la
— la récupération par des institu- culture populaire peut voir sa place — L'élargissement de l'équipe et
tions : dans l'aménagement du l'hétérogénéité des intervenants (les
reconnue à l'école. divers partenaires sociaux) qui
quartier, proposition de modèles
tout faits où les enfants n'ont plus agissent aux côtés des pédagogues :
qu'à choisir; Principes pédagogiQlle\ si on assume que l'enfant peut maî-
triser des apprentissages, c'est lui
— la séduction par une idée Dans le projet, la prise en charge qui fera la synthèse des informa-
d'adulte : comment un enfant conflictuelle et progressive d'une
procède-t-il lorsqu'il demande à ses tions. Il n'y a pas, à strictement
idée débouche sur une action; une
parents de l'amener chez le série de conséquences s'ensuivent :
parler, de bons et de mauvais péda-
dentiste? gogues. Il y a des partenaires
— Le caractère global du projet coéduquants.
— le blocage du projet : dans la implique le refus de passer d'abord
campagne de ramassage des par la division des disciplines. Il n'y Le fonctionnement pratique
papiers, les enfants ne débouchent a pas d'ordre immuable du savoir
sur aucune action, ils restent les que la recherche enfantine devrait La durée des projets est variable.
« Mohammed ». L'échec pratique maîtriser en allant du simple au Les projets deviennent plus réflexifs
du projet est secondaire, mais ce complexe, selon un programme. La en allant vers des niveaux d'âge
qui est capital, c'est le progrès dans construction du savoir se fait par plus élevés.
Le choix : il est vain d'attendre des tions de projet : elles sont rendues dir » la subvention. Se documenter
enfants une motivation gratuite; il nécessaires par son fonction- sur les activités possibles, sur le
existe en effet des « préjugés » nement, et n'échappent pas à une lieu. Organiser un retour aux
enfantins : et c'est le rôle du projet, chronologie parfois laborieuse sous parents, aux autres élèves.
justement de permettre d'y « voir peine d'être vide.
plus clair ». Pour les maîtres, il
s'agit donc de percevoir un pro- Bibliographie
blème objectif relativement à la r 'améllagentent
situation vécue par les enfants, et des classes vertes — En sortant de l'école, collectif
de le leur proposer. Casterman.
Exemple de projet du cycle moyen,
Parallèlement au projet, les ate- école Pasteur, Saint-Ouen- — Écoles en rupture, éd. Siros.
liers, les clubs fournissent des acti- l'Aumone(95) — Une voie communautaire, éd.
vités de diversion, remplissent les Casterman.
Effectif de six classes, groupées en
« manques » du
projet, et peuvent
trois groupes de vie, comprenant — La pédagogie du projet, Écoles
donner lieu à des mini-réalisations expérimentales de la Villeneuve de
individuelles. chacun des CE2, CM1, CM2. Grenoble, déc. 1980, éd. CEPASC,
Problèmes de la préparation : Coordination des écoles, 95 galerie
Un écueil : le décloisonnement par de l'Arlequin, 38100 Grenoble.
cycles, contre la structuration en — Pourquoi aller en classe verte, à
prétendues classes d'âge (dans une quoi ça sert? — Pour une pédagogie de l'éveil de
donnée on rencontre fré- Francine Best, éd. A. Colin,
« classe » — Qu'est-ce qu'il faut faire? Les (p. 52-72).
quemment un écart de trois ans) et demandes à la mairie, aux centres
la production d'une structure écla- d'accueil. Convaincre les parents.
tée ne sont pas la cause des situa- Gagner de l'argent pour « arron- J.-P. Bouton, CP IDEN, Val d'Oise
Un patrimoine urbain :
faune et flore

Quartier Mouffetard Les moineaux Entre les pavés


de la rue Barrelet-de-Picou :
L'arbre Ils arrivent, se posent. Ils sont pru-
L'arbre est sur le trottoir dents, ils avancent et ils reculent en Nous avons trouvé un petit chemin
L'arbre c'est un marronnier sautillant. Ils picorent et s'arrêtent vert qui n'est autre que de la mousse
il est grand pour regarder à droite, à gauche, entre les pavés. Elle pousse sur le
il a des feuilles autour d'eux s'il n'y a pas autre côté de la rue près du trottoir et il n'y
il a des branches chose à manger. (Quelques-uns vien- en a pas au milieu de la chaussée.
les feuilles sont jaunes nent picorer dans la main.) Elle a pu grandirpar la pluie, dans la
les branches sont marron Ils se poussent, battent des ailes et poussière et le peu de terre qui se
les feuilles tombent s'envolent quand ils sont trop bous- trouve entre les pavés. Elle est verte.
je joue à côté de lui culés. Elle est très courte. pas plus d'un
centimètre. On dirait une petite
au pied de l'arbre il y a du fer. Puis ils reviennent voir s'il reste de la
nourriture. Quand ils ont fini, ils se fourrure verte.
Les violettes frottent le bec, ils font une crotte et
En face de chez moi j'ai s'en vont. Tous ces textes sont extraits de
remarqué un pot de violettes (Gabriel, 7 ans) l'ouvrage de Y. Le Touzey, La
sur le bord d'une fenêtre Nature à l'école, éd. Nathan.
de l'immeuble Le pigeon lève une aile, passe sa tête
j'aime les violettes en dessous de cette aile et dort bien
(Enfants de 7 ans) tranquille toute la nuit.

radio ATELIER DE PÉDAGOGIE


mardi 15 mars 1983
17 h 30 - 18 h (M.A. - France-Culture) préélémentaire et élémentaire - information des maîtres

CNDP - École élémentaire n° 7, 1982-1983


Si tout le monde (sociologues, cher de la nourriture : mésanges, Quelques traits communs
urbanistes, usagers...) s'accorde choucas, etc. à ces espèces
pour admettre que les espaces verts Espèces végétales Certaines d'entre elles s'insinuent à
constituent un équipement social, la faveur des fissures :
nécessaire à l'équilibre nerveux des — Espèces commensales de l'hom-
me (les mêmes que celles des bords — animaux des fentes des plan-
êtres humains, il n'en est pas moins de chemin en milieu rural). chers, anfractuosités des murs, trous
vrai que l'idée traditionnelle « d'es- des vieux arbres, réseaux de caves,
pace vert urbain » est à revoir. — Espèces caractéristiques des sup- égoûts, etc. ;
ports rocheux (flore des vieux
« Espaces verts
urbains », « nature murs). — végétaux des interstices entre
en ville » sont des termes à préciser. les pavés, les bordures de trottoir,
En fait, les écosystèmes urbains — Espèces introduites pour l'agré- le macadam... Graines et poussière
ment et qui peuvent s'être dissémi- constituent lors de leur dépôt une
existent bel et bien, même s'ils sont nées.
peu étudiés et donc mal connus. ébauche de sol.
Intuitivement, chacun le sent bien, Où les trouve-t-on? Quelles relations existent
même si les observations ponc- entre ces populations?
tuelles et morcelées ne montrent Dans les zones bâties : caves, locaux
d'habitation, espaces verts au sens Les végétaux sont le refuge, l'habi-
pas les relations existant entre les large (voir ci-après), milieux aqua- tat, le simple lieu de repos, ou la
différentes composantesminérales,
végétales et animales et les interac- tiques (cours d'eau, étangs...), mais source alimentaire de nombreuses
aussi vieux murs, terrains vagues, espèces animales, oiseaux en parti-
tions avec les activités humaines. culier.
Plus d'un, inconsciemment, appré- interstices...
cie en ville, non seulement « l'es-
pace vert », square ou allée plantée,
mais aussi une 'autre «présence »
végétale. Peut-être est-ce là une des
raisons de l'engouement pour la
maison individuelle avec son jardin
privatif?

Le patrimoine animal
et végétal de la ville
De quelles espèces
se compose l'écosystème urbain?
Espèces animales
— Des
populations animales ayant
trouvé là un milieu favorable :
moineaux, merles, rats, pigeons,
mouches, etc.
— Des espèces
qui se sont mainte-
nues avec plus ou moins de mal et
se sont ensuite adaptées aux condi-
tions difficiles de la ville (fréquen.
tation, pollution).
— Des espèces
itinérantes, pré-
sentes surtout en hiver pour recher-
Le « patrimoine faune » Très diversifiées tant du point de Étape 1
vue des formes, que des dimen- Dans un questionnaireproposé « à
Il est marginalisé par l'homme qui sions, de leur composition et leur priori », les enfants, incités à dire ce
a une vision simplificatrice du phé- entretien. qu'ils entendent, voient et sentent
nomène faune en ville, et distingue :
Végétations des interstices et des sur le chemin de l'école, énumèrent
— les animaux domestiques; les constructions humaines, les
espaces résiduels
— les nuisibles; activités de l'homme dans la rue, les
— ...« le reste » ! — Incontrôlées le plus souvent; animaux domestiques, les éléments
Il existe assez peu d'études, donc — Leur développement est spon- climatiques (soleil, air, vent,
tané; nuages...), et seulement « acciden-
assez peu de données (voir biblio-
graphie). — Elles provoquent des
réactions tellement » arbres, fleurs, oiseaux.
répulsives de la part du public ;
Des expériences de gestion et de
protection de la faune en milieu — Elles sont
parfois les témoins
Pourtant, invités à dire « quel coin
urbain ont lieu par la mise en d'une ancienne occupation du sol ils préfèrent dans la ville et pour-
réserve de parcs urbains comme le (anciens vergers, anciens potagers, quoi? », ils répondent en majorité :
etc.).
parc Bourget à Lausanne (cf. « La « près du jardin public », ou citent
protection de la nature en mileu Peut-on sensibiliser les enfants des endroits où la nature est très
urbain » de S. Monbaron dans à ce « patrimoine faune-flore » présente : « parce que c'est beau »,
Schweizer Naturschutz n° 6, 1978 de la ville? « parce que c'est calme ».
p. 20 à 25) Les réponses sont mises en commun.
Voici, résumée, l'expérience menée
Le patrimoine flore dans une école d'une ville moyenne Puis, après une sortie le long de ce
de l'agglomération parisienne : trajet, la liste se complète : arbres,
Nous distinguerons (d'après l'école Pasteur à Sannois (Val haies, jardin, abeilles...
Legrand, Guille, Radureau, 1978)
d'Oise), avec Mme Belot, directrice
Les végétations des espaces publics de l'école, enseignant en cours Appelés à classer », les enfants
«
Parcs et jardins moyen, et M. Peuch, enseignant en proposent entre autres classements
Artificielles par excellence, ces végé- CEI (tous deux sont CPAEN). possibles :
tations sont le résultat d'un projet
de paysagistes et de travaux d'en-
tretien et de soins importants et
constants.
Mails, plantations linéaires des sols
(le long des avenues, places, rond-
points).
Les conditions de vie de ces espèces
sont souvent bien difficiles : troncs
des arbres mutilés, feuilles malades
de la pollution : poussières obtu-
rant les « pores », gaz nocifs...
Le sol compàcté est asphyxique,
l'espace libre laissé au pied des
arbres est très limité.
Les végétations des espaces privés
Jardins privés, zones agricoles in-
cluses (cultures maraîchères, vigno-
ble...)
les animaux. Pour les autres animaux, l'idée rete- comme moyen le plus adapté pour
— les plantes et nue est la capture de quelques-uns répondre au problème.
Cette perception de la faune et de la pour une mise en élevage qui per-
flore est cependant confuse, poin- mettra de mieux les connaître. Ensuite le travail progresse très
tilliste, réductionniste. vite :
Les autres groupes de travail se identification;
heurtent au problème de l'identifi- —
Étape 2
cation des végétaux, de la façon de — recensement;
Des sorties sont organisées par les noter les végétaux observés, les — cartographie,
prise de photos.
groupes de travail. Chaque groupe masses végétales et leur empla-
ayant la responsabilité de sa mé- Cette étude permet à la classe de
cement.
thode de travail, du matériel qu'il constituer un dossier avec photos,
souhaite emporter en sortie. Ils élaborentalors un procédéd'écri- dessins, textes et la carte des végéta-
ture, de symbolisation de ce qui est tions du quartier, fiches d'oiseaux.
Peu à peu les difficultés surgissent, observé. Après tâtonnement, un Ce dossier est envoyé aux corres-
les problèmessont posés, les besoins procédé cartographique est retenu. pondants d'une petite ville du Sud
se précisent. La discussion sur le code est essen- de la France. Un échange de tels
Un groupe ayant décidé de ne s'oc- tielle car il s'agit de faire un choix documents permet de déboucher
cuper que des oiseaux se trouve de critères : sur d'autres problèmes écologiques :
confronté au problème suivant: — représentation des espèces ;
pourquoi les espèces présentes dans
comment réussir à identifier les les deux villes ne sont-elles pas
— représentation des types de mas-
oiseaux? Et propose : ses végétales (pelouse, friche...) toutes identiques? (étude des fac-
chercher un moyen pour les teurs climatiques).
— de
attirer de façon à les observer plus — ou représentation éventuelle de
combinaison des deux. Dans ce travail nous avions pris
facilement : l'idée du nourrissage
est retenue; Il n'a pas fallu moins de cinq garde d'avoir présent à l'esprit cet
d'utiliser des guides d'identifi- séquences avant que la représenta- extrait de Au péril de la science de
— tion cartographique ne s'amorce Albert Jaquard (p. 88-89) :
cation des oiseaux.
— La nature à
l'école de Y. Le
— les
fabrications de l'homme et — P. Legrand, « Le cadastre vert »,
l'homme; Géomètre n° 7, 1980 Touzey, éd. Nathan
la ville, série « Monde
« Le lent travail d'élaboration d'une — Wilhelm
Kühnelt, « Les espaces — Nature dans
question n'est-il pas infiniment plus verts urbains et leur faune », Neuf animal » (CP - CE), émission télé-
caractéristique de notre activité intel- n° 76, sept. 1978 visée du CNDP du 15 mars 1982
lectuelle que la découverte plus ou Latil, « La nature Éveil aux activités scientifiques,
— Pierre de —
CM, tome 2, éd. Nathan, chapitre
moins rapide d'une réponse. » quand même », Sciences et avenir
(...) Paris végète », Télérama « La vie en ville »
travail de — «
« L'importance de ce lent n° 1575, 19 mars 1980, Signalons« Les journées régionales
maturation, de compréhension, de d'espaces verts en milieu urbain »
pénétration d'un problème » (...) se tenant pour le première fois fin
« Comprendre, c'est aussi
prendre, Pour la classe octobre 1982 à Limoges, avec le
s'approprier; qu'importe dans ce dans la ville, concours de l'Agence de l'arbre et
— Ce que dit la nature
processus, la rapidité? ». éd. Hatier des espaces verts et l'Institut euro-
dans la péen d'écologie de Metz.
Bibliographie — « Les espaces verts
ville », Textes et documents pour la
Pour le maître classe, déc. 1977
Duvignaud-Doin, « L'éco- Écologie urbaine », Textes et
— — «
système urbain », La
synthèse éco- documents pour la classe n° 176, 2
logique (p. 238 à 241) déc. 1976 Maryse Guille
Pompe à vélo,
pompe à vide

Intentions pédagogiques La pression atmosphérique est une Cette interprétation ne figure pas
notion difficile qui ne figure pas au aux programmes du 1er cycle.
Outre les objectifs d'attitudes, ce
sujet permet d'aborder un certain programme de l'école élémentaire.
Mais il nous a semblé que tous les
nombre d'objectifs méthodologi- éléments étaient en place pour en
ques et cognitifs : faire une première approche,
Déroulement de l'exercice
matérialisationd'unefuite d'air : modeste bien sûr. Les enfants sont
— Point de départ
une fuite d'air se matérialise dans mis devant des faits expérimentaux
l'eau par un chapelet ascendant de simples et faciles à expliquer. En Le maître a provoqué l'intérêt des
bulles d'air; outre, elle fait partie de leur envi- élèves de façon simple : une cham-
découverte, rôle et principe bre à air est crevée, il faut la répa-
— ronnement immédiat (bulletin
d'une valve : une valve est une météorologique) et nombreux sont rer. Il n'est pas question que toute
qui permet, dans un sens, la classe travaille sur la même
« porte » ceux qui ont chez eux un baromè-
le passage de l'air ou d'un gaz; chambre à air; des ballons de bau-
tre. Enfin, très souvent, la géogra-
découverte et principe de fonc- phie de 6e utilise dès le premier druche crevés feront très bien l'af-
— faire, d'autant qu'ils seront ensuite
tionnement de la pompe. Compa- cours de l'année scolaire cette à l'origine d'un problème technolo-
raison d'une pompe et d'une se- notion et les enfants sont souvent
ringue; déroutés. gique.


l'air est pesant; Il ne faudrait surtout pas introduire
approche de la pression atmo- les causes de la pression atmosphé-
Recherche de la crevaison
— et transvasement des gaz
sphérique : l'atmosphère appuie sur rique : elle est due aux mouvements
toute paroi, quelle que soit sa désordonnés des molécules consti- La recherche de la fuite est laissée à
position. tuant l'air en fonction de l'altitude. l'initiative des enfants. Le repérage

télévision MAGAZINE DES ÉCOLES


mercredi 2 mars 1983
11 h - 12 h (T.F. 1) préélémentaire et élémentaire - information des maîtres
(précédentediffusion le 6 mai 1982)
CNDP - École élémentaire n" 7. 1982-1983
par immersion dans l'eau connu demande de l'instituteur essayent Et si on inversait
par quelques-uns est rapidement d'imaginer le dispositif adopté sur la jupe de la pompe?
adopté. une valve du commerce (fig. 4). Cette question est un début d'éva-
Le maître a profité de cette situa- luation; comme les enfants sont
tion pour inciter les élèves a récupé- Ils observent ensuite une valve
démontée. assez divisés, ils proposent de faire
rer l'air qui s'échappe du trou : l'ob- ce montage. Le résultat les étonne :
jectif « transvasement » des gaz en tirant la poignée et en obstruant
figure aux instructions officielles, Remarque : Pour démonter une la sortie, ils retrouvent une forte
l'occasion est à saisir. Des difficul- valve, il suffit de dévisser l'écrou de résistance comparable, en agissant
tés bien sûr, pour acquérir cette la valve. Il faudra une pince car le dans les mêmes conditions, avec
technique : les enfants ne pensent filetage a été maté. celle d'une seringue; c'est une
pas à utiliser la cuve à eau et travail- pompe qui aspire, une pompe qui
leraient volontiers dans l'air. Ce fait le vide: une pompe à vide.
travail donne lieu ensuite à une
recherche de compte rendu sur le L'exercice pourrait se terminer là;
Et la pompe, mais la suite permet aux enfants de
cahier d'éveil à partir des schémas.
Certains ne sont pas exempts d'er- comment marche-t-elle? découvrir la pression atmos-
Que contient-elle? phérique.
reurs (fig. 1) et nécessitent un retour
à l'observation, d'autres sont plus L'instituteur demande aux enfants
satisfaisants (fig. 2). de dessiner ce qu'elle contient. Les Découverte
enfants proposent un piston rigide, de la pression atmosphérique
Réparation, nécessité de la valve, semblable à celui d'une seringue
son rôle, invention d'une valve (fig. 5). L'explication du fonction- Expérience avec le bidon
Les trous de la chambre à air et des nement soulève alors un nouveau L'instituteur propose de faire le
ballons sont obturés respective- problème qui va remettre en cause vide dans un bidon d'huile (une
ment avec une rustine et des mor- ce piston rigide : Comment l'air valve a été fixée dans le bouchon du
entre-t-il dans la pompe quand on bidon métallique).
ceaux de papier adhésif. Pour véri- tire le manche? C'est une question
fier si la réparation est bonne, il L'écrasement du bidon est specta-
faut gonfler ces enceintes, avec une clé et sa résolution permettra de
distinguer une pompe d'une serin- culaire et enthousiasme les enfants.
pompe à bicyclette comme le font De façon très classique, ils accusent
les réparateurs. Mais là, surprise, gue. Claire ajoute donc très logi- l'aspiration, et le vide qui attire les
les pompes ne peuvent gonfler les quement une « porte-clapet » à son
piston (fig. 6). Comme pour la parois ! Ils retrouvent là « l'horreur
ballons de baudruche. Plusieurs du vide » chère aux prédécesseurs
tentatives sont sans effet, et le rôle valve, les enfants démontent la
de Pascal. Mais avec l'aide du maî-
de la valve commence à apparaître. pompe et l'observent; le clapet de
Claire est absent. Mais alors com- tre ils en viennent à une meilleure
Les enfants constatent que pour interprétation du phénomène et
gonfler les ballons avec la bouche ment fonctionne-t-elle? La forme
de la «jupe » (fig. 7) en cuir souple envisagent le rôle de l'air extérieur
ils doivent bloquer l'air pendant et de sa pression prépondérante sur
les oriente. Les bords de la jupe
chaque inspiration. Un doigt joue celle qui diminue à l'intérieur. Un
d'abord le rôle de valve entre deux plaquent à la paroi du cylindre de la
élève, le plus fort, essaye d'écraser à
coups de pompe, puis un simple pompe et repoussent l'air vers la la main le bidon et devant son
bout de papier prend le relai chambre à air; dans l'autre sens les
bords de la jupe se déforment et impuissance la classe pressent que
(fig. 3). cette pression n'est pas négligeable.
l'air extérieur peut rentrer au-delà
Que contient l'intérieur d'une valve de la jupe. A ce niveau l'explication
n'est pas tout à fait satisfaisante, Utilisation de l'enceinte à vide seule
du commerce?
car il faudrait introduire les pres- Le maître introduit une petite
Maintenant que son principe est sions de chaque côté de la «jupe » enceinte à vide (cf. annexe) et la
bien compris, les enfants, à la et les comparer. décrit. Le vide est fait : étonnement
des élèves devant l'impossibilité Les enfants sont invités à préciser correspondant. Ils constatent ainsi
d'ouverture du couvercle. Ils justi- ce qui va se passer si le vide est fait. que seules les variations de pression
fient ensuite cette résistance. Ils Ils hésitent et font l'inventaire des sont significatives.
constatent qu'elle s'exerce dans réponses possibles. Ils constatentet
tous les sens. L'ouverture se fait justifientl'augmentation du volume.
sans difficultés dès que l'air pénètre Et quand la valve d'entrée d'air sera Ce qui fut fait
dans l'enceinte par la -2e valve. ouverte, que va-t-il se passer? en dehors du document
L'explication est donnée.
Intérêt du pneumatique
L'air pèse-t-il? Introduction du baromètre Dans une brève séquence, les enfants
Un petit baromètre métallique est réfléchiront sur l'intérêt d'avoir un
Une propriété importante de l'air
facile à découvrir : le poids de l'air. introduit dans le bocal. Les élèves pneumatique. Ils s'intéresseront aux
fermée, comment observent la déviation obtenue dates d'invention du pneumatique :
« L'enceinteétant
savoir si elle est pleine ou vide dans les deux sens suivant la pompe — 1889 Dunlop, vétérinaire à Bel-
»,
d'air? demande le maître, c'est utilisée : normale ou inversée (ne fort, invente le pneumatique collé;
une incitation à utiliser la balance. pas oublier de changer de valve sui- —
1890 Michelin propose le
N'importe quelle balance Roberval vant la pompe). pneumatique démontable.
accuse le déséquilibre. Les enfants constatent que les
baromètres suivent les variations
Un ballon de baudruche de pression. Les enfants sont invi- Pour en savoir plus
dans l'enceinte tés à effectuer chez eux une série de L'eau, l'air, le temps qu'il fait,
Un ballon de baudruche à peine relevés de la pression atmosphé- Guide du maître du CE au CM,
gonflé est introduit dans l'enceinte. rique et du temps atmosphérique coll. Tavernier, éd. Bordas.
ANNEXE

Expériences sur le vide


Pompe à bicyclette
n'importe quelle pompe ne convient
pas parfaitement. Les meilleures
sont les pompes anciennes ou
actuelles qui ont la «jupe » en cuir
maintenue par un écrou.

Certaines pompes dont la jupe est


en plastique peuvent cependant
s'inverser(cf ouvrage cite en biblio-
graphie page 178).

L'enceinte à vide
Principe
Une enceinte close étanche à l'air
(fig. 8),
Deux valves : une pour permettre
la sortie de l'air, à utiliser avec la
pompe à vide, une pour permettre
l'entrée de l'air.

Matériel
Prendre un bocal en pyrex de 3/4
de litre au moins (avec un bocal
petit, la recherche de la pesée de.
l'air est plus difficile).

Attention : ne pas utiliser un bocal Outillage Démontez le couvercle, ce sera plus


pour jus de fruit avec un couvercle Une perceuse. commode. Il faut éviter les projec-
métallique (plus facile à percer bien Une mèche vendue chez les quin- tions, toujours possible si le verre se
sûr) : le verre risque de se briser. cailliers pour percer les carreaux de brisait : pour cela, collez de part et
Deux valves de bicyclette (elles faïence. d autre du couvercle du papier
sont vendues indépendamment de Une paire de ciseaux pour décou- autocollant. Dès que vous aurez
percé sur la moitié de l'épaisseur,
la chambre à air). per les petits joints. changez de côté : ainsi il ne se for-
Une vieille chambre à air dans Une scie à métaux.
laquelle vous pourrez découper les mera pas d'éclats de verre et les
bords du trou seront nets.
petits joints en caoutchouc. Construction Un verrier peut faire ce travail pour
Un raccord de pompe à bicyclette. Perçage de deux trous dans le un prix modique.
Du papier autocollant. couvercle. Fixation des valves.
Les joints en caoutchouc seront
découpés dans une vieille chambre
à air.
Mise en place de la valve d'entrée :
voir le schéma.
Mise en place de la valve de sortie
d'air : avec une scie à métaux, sciez
l'extrémité de la valve, placez-là sur
le couvercle conformément au sché-
ma en la faisant dépasser au maxi-
mum à l'extérieur. Pour pouvoir y
raccorder la pompe à bicyclette,
vous découpez dans un raccord
l'extrémité portant la partie filetée
sur laquelle se visse la pompe : vous
placez le raccord sur l'extrémité de
la valve en la vissant; pour mainte- simple : disposer des petits objets, en secouant l'enceinte avec le vide
nir et assurer une meilleure étan- papier, plume, morceau de craie, à et sans.
chéité, placez plusieurs bracelets de l'intérieur et faire le vide. Les
caoutchouc... ». (Extrait du guide enfants sont étonnés de ne pas les Un nuage-dans un bocal !
du maître cité en référence). voir flotter. En renversant l'en-
De l'air chaud chargé de vapeur
ceinte, ils ne restent pas fixés au
plafond ». d'eau s'élève dans l'atmosphère? A
Différentes utilisations « partir d'une certaine altitude, la
Le vide n'est pas de très bonne qua- L'air intervient sur la vitesse de vapeur invisible se condense en
lité, environ 28 cm de mercure, fines gouttelettes d'eau et le nuage
chute (fig. 9)
mais il est suffisant pour constater se forme. Pourquoi cette condensa-
de nombreux phénomènes. En ôtant l'aimant, le trombone et le tion? Plusieurs raisons peuvent
papier sont libérés. Les chutes sont être invoquées, mais la plus impor-
Pesée de l'air très différentes suivant que le vide tante à retenir est celle concernant
est fait ou pas le refroidissement qui accompagne
Faire l'équilibre avec une tare, puis la détente d'un gaz. Chacun connaît
faire le vide : le déséquilibre est très Un baromètre dans l'enceinte à
vide (cf document) le phénomène inverse : réchauffe-
net (à condition d'avoir une en- ment au cours de la compression,
ceinte d'au moins 3/4 de litre). La température d'ébullition de l'eau très sensible, quand on gonfle la
Écrasement d'un bidon d'huile (cf dépend-elle de la pression ? chambre à air d'un pneu de bicy-
le compte rendu). Il est facile de s'en assurer : enfer- clette : très vite le corps de la pompe
mer de l'eau à 80 °C avec un ther- est chaud. Au contraire, la détente
Ballon de baudruche (cf. le compte momètre. Faire le vide. Observer d'un gaz s'accompagne d'un refroi-
rendu). l'aspect de l'eau et la température. dissement. L'air chaud arrivant
L'air n'est pas la cause de la chute dans une atmosphère raréfiée se
des corps Propagation des sons dans le vide détend : le refroidissementqui s'en-
Influencés par les documents spa- Les sons se propagent dans l'air, suit provoque la condensation de la
tiaux, très curieusement les enfants dans l'eau, dans les solides. Et dans vapeur d'eau. Ce phénomène peut
s'expliquent la chute des corps à le vide? La vérification est facile : être réalisé dans l'enceinte à vide,
partir de la pression atmosphé- accrocher un grelot à un élastique mais il est très relatif et il faut être
rique : « c'est l'air qui appuie et qui tendu entre les deux valves à l'inté- très attentif et vigilant.
fait tomber les corps ». Si cet argu- rieur de l'enceinte. Fermer le cou- — Mettre un peu d'eau dans
l'en-
ment est avancé la vérification est vercle. Comparer les sons obtenus ceinte.
— La fermer.
— Il faudra comprimer de
l'air
dans l'enceinte avec une pompe
normale en utilisant la valve A. La
valve B est fermée. Mais le couver-
cle va se soulever. Il faut donc
l'immobiliser en le bloquant délica-
tement avec un serre-joints et deux
cales en polystyrène expansé par
exemple (fig. 10).
Envoyer deux ou trois coups de
pompe, pas plus. Attendre quel-
ques minutes, en effet, de l'air a été
comprimé et il s'est échauffé.
En appuyant sur la valve A, l'air
comprimé s'échappe.
A l'intérieur de l'enceinte, l'air se
détend, refroidissement et appari-
tion fugitive de gouttelettes d'eau
provenant de la condensation de la
vapeur d'eau.

Fiche rédigée par J.-L. CANAL,


Professeur d'école normale
Les activités
manuelles techniques

Ce dossier présente une documentation complémentaire aux


émissions diffusées sur TF1 dans le cadre du « coin des techni-
ques » du Magazine des écoles.
Il correspond aux émissions ci-après :
— La maquette de l'école A. Malraux à
Bondoufle - 91 (diffusée
les 3 et 10 novembre 1982).
— Fabriquer un matériau, maintenir la
déformation d'un maté-
riau : masques de toile empesée (diffusée le 17 novembre 1982).
(diffusée le
— Le tissage en bandes : métiers à tisser aux cartons
24 novembre 1982).
Les activités manuelles techniques sont des activités par lesquelles on
agit sur les matériaux pour les agencer, les transformer, les assembler
en vue de fabriquer des objets techniques.
Les fabrications, présentées en six minutes, dans le « Magazine des
écoles », peuvent paraître une gageure, mais ne doivent pas faire
penser qu'il s'agirait d'une recette, établie une fois pour toutes. Au
contraire, il s'agit d'un capital de savoirs très divers. Il s'agit de
savoirs portant :
— sur des matériaux,
c'est-à-dire leurs propriétés;
— sur leur mode de
transformation ou de modification de formes;
— sur les liaisons entre les
matériaux, incluant la connaissance de
réponses à des fonctions précises, historiquement élaborées (par
exemple les engrenages).
Il convient de souligner une autre dimension du savoir technique : la
sensibilité à l'invention, soit la capacité à faire évoluer un objet
technique ou à en inventer un (par exemple les nouvelles formes de
sièges incluent l'idée et la pratique d'un nouveau confort du corps et
aussi une nouvelle esthétique). Ce capital scientifique et culturel se
concrétise à un moment donné sous l'impulsion de besoins.
Ce qui est important dans chacune des situations techniques, ici
présentées, c'est de reconnaître, c'est-à-dire déterminer les éléments
de la situation, de les faire varier et de les combiner entre eux. Cette
attitude interrogative vis-à-vis des objets techniques est le compor-
tement technologique que mettent en œuvre les activités manuelles
techniques. Ce sont de telles exigences qui donnent l'autonomie. Ce
cheminement à variables multiples, c'est la voie de la maîtrise, de la
créativité et de l'invention.
La fonction de l'objet technique s'établit en relation avec un besoin ;
elle se situe entre le besoin et sa satisfaction. Le mode de fabrication
retenu est directement conditionné par les possibilités données par
l'environnement social et technique. Ce parcours du besoin à sa
satisfaction n'existe pas à priori : il est à construire. Aucune fabrica-
tion n'est stabilisée et c'est l'objet des activités manuelles techniques
de mettre l'enfant en situation de comprendre et d'agir sur les objets,
ceci avec l'espoir que de lui avoir donné l'expérience de l'invention,
lui fera rejeter plus aisément les situations passives de consommation.
L'identificationd'un besoin, son analyse, la construction théorique
du parcours d'invention constituent les phases organiquement liées
au processus de fabrication : la conception. C'est avec le souci de
rendre l'enfant concepteur de sa fabrication que les documents sui-
vants ont été associés aux émissions.
Marie-Françoise Bris, Colette Dalle, Jean Lecleach
La maquette de l'école A. Malraux
à Bondoufle (91)
CM2 de M. Dumas

Le récit
Une discussion a lieu dans la classe
sur l'opportunité de construire une
maquette de l'école. La décision de
construction est prise vu l'intérêt
que peut présenter une telle réalisa-
tion dans la vie de l'école (utilisa-
tion pour les réunions parents/en-
seignants, pour un travail topo-
logique dans les petites classes,
etc.), vu également les apprentis-
sages possibles pour la classe elle
-même.
Se représenter la forme des bâti-
ments, la traduire en données
objectives (longueurs, angles, ali-
gnements...) pour la restituer de
façon adaptée aux besoins, tel est le
problème.
Ce travail se fait par étapes, dans le
Le récit de l'activité maquette pré- — Conception technologique : étu- cas présent il paraissait intéressant
sentée les 3 et 10 novembre 1982 au des fonctionnelle.Travail sur repré- de commencer par un plan intuitif
cours du « Magazine des écoles » sentations (schémas, dessins). Réfle-
permettant par la suite de choisir
illustre une trame théorique de tra- xion sur les méthodes de mise en les mesures à prendre et de les
vail sur projet de production et œuvre et les possibles de l'atelier. réunir.
peut constituer non un modèle Prévisions d'équipement. Prévisions
mais un ensemble d'indications de débit, devis, commandes. L'observation sauvage a permis de
pour l'enseignant dont la classe est constater que les classes avaient
intéressée par une telle activité. — Réalisation : mise en œuvre, toutes les mêmes dimensions; il
confort du corps dans le travail. était dès lors facile de jouer avec
Retours nécessaires à la conception des éléments identiques de papier
technologique. Réflexion sur l'ou- les représentant, de les disposer
tillage (action, sécurité, mainte- relativement sur un support et de
La trame théorique du projet nance) et les matériaux utilisés. faire les raccordements approxima-
générale : nature et — Bilan : mise en correspondance tifs (fig.l)- L'école commence déjà
— Conception de l'objet et du besoin. Critique. à être perçue comme un assemblage
signification sociale du projet. Pré-
visions d'apprentissages. Ébauches Bilan des apprentissages. Repré- fictif de volumes simples (parallé-
de solutions technologiques. sentation générale de la fabrication. lépipèdes, prismes, etc.).
Ce plan intuitif a été ensuite simpli-
fié par décalcage pour n'en retenir
que le contour (fig.2). Cette repré-
sentation a entraîné la discussion et
le travail dans trois directions :
— on choisit un principe de cons-
truction (fig.3) compte tenu des
possibles de l'école (matériaux,
outils, finances) ;
— on s'organise collectivement
pour travailler. La maquette sera
divisée en trois blocs (fig.4). Deux
maquettes, seront construites;
— on précise les mesures à prendre
et les méthodes pour le faire.

Les mesures sont donc prises et col-


lectées sur les plans. Leur dou-
blage, leur surabondance a perrhis
leur vérification. Pour la hauteur
des bâtiments, plusieurs méthodes
ont été utilisées (l'ombre portée, le
miroir, la photo). Les enfants ont
simplifié certaines mesures après
avoir constaté que les classes avaient
théoriquement la même taille et
que les variations étaient dues aux
incertitudes au moment de la construc-
tion.
L'échelle est retenue après essais
( 1 /75e). Elle est le résultat, d'un
compromis entre l'économie de
carton, la facilité de fabrication, la
lisibilité et l'esthétique de la ma-
quette.
Les enfants possèdent les mesures
et l'échelle, ils passent à la conver-
sion puis au plan de la base de leur
partie de bâtiment. Ce plan de base
sera le document permettant de
trouver la longueur des murs après
tracé des épaisseurs de carton
(fig.5), il sera aussi un essai de tracé
rationnel dans le but d'économiser
le matériau. La feuille du plan de
base sera donc choisie aux mêmes
dimensions que la feuille de carton.
A ce stade les enfants s'essoufflent,
le résultat tarde à venir. Le maître
prend les devants et réalise le corps
de bâtiment dont il avait la respon-
sabilité dans la division du travail.
Il montre sa réalisation quelques
instants, redonnant le sens du pos-
sible à leur activité.
Le tracé est reporté sur le carton, la
découpe intervient. Il est souhaita-
ble de disposer le poste de travail à
l'écart du mouvement pour per-
mettre aux enfants de se concen-
trer. Ajoutons que pour leur sécu-
rité, confort, et précision les outils
doivent être de la meilleure qualité
possible et les tranchants parfaite-
ment affûtés à la pierre à huile.
L'éclaté de la maquette est consti-
tué avec ses éléments repérés, puis
assemblé à l'aide d'une colle vinyli-
que souple selon la technique du
glacis.
La finition ou plutôt l'esthétique
n'a pas été conçue au dernier stade,
elle a commencé au moment du
choix du matériau (carton « bois »
d'aspect mat et de couleur crème).
Cette qualité du matériau a permis
de sculpter la lumière, de révéler
les volumes par des jeux de valeurs.
Ces jeux ont été ponctués par des
photos type de façade de classe faci-
litant la lecture de la maquette (les
enfants ont commandé les photos à
un collègue instituteur de Paray-
Vieille-Poste (91) et lui ont indiqué
la mire dans laquelle l'agran-
dissement devait s'insérer).
Penser l'esthétique ne représente
pas un travail énorme au regard de
l'ensemble, c'est pourtant la phase
qui exalte la qualité du travail, qui
revèle la « personnalité » du collec-
tif, à ces titres elle est très impor-
tante.
Nous voyons donc comment d'une
structure apparemment abstraite et
rigide nous passons à une réalisa-
tion souple favorisant la décision
des enfants à tous niveaux et pre-
nant ses racines dans la réalité phy-
sique et humaine du lieu où se
déroule le travail.
Ce moment ne peut pas être consi-
déré comme le T.P. de mathémati-
ques, il faut le voir plutôt comme
structurant de nombreuses connais-
sances, comme contribuant à don-
ner leur signification à la science, à
l'étude de la langue et de la com-
munication, etc., mais aussi comme
approche de l'invention et de la
production collective sur une base
d'entraide et d'égalité.

Annexe :
Indication du maître sur le travail
parallèle en maths : Droites, per-
pendiculaires, parallèles, mesures
des longueurs, conversion, propor-
tionalité, échelle, division des déci-
maux, triangle, rectangle, codage et
décodage d'un parcours, étalon-
nage d'un pas.

Remarque :
Les dessins 1, 2 et 5 qui accompa-
gnent cette fiche sont la copie des
documents des enfants.

Jean Lecleaéh
École normale d'Étiolles (91)
Fabriquer un matériau
maintenir la déformation d'un matériau
- Masques de toile empesée

La réalisation de masques est de ces — ici on s'en est tenu à l'action de


Un masque c'est encore un autre
projets où l'imaginationdes enfants la main nue pour former l'alter- visage, celui avec lequel on veut
peut jouer à plein; les matériaux nance des creux et des bosses qui effrayer, celui qu'on ne veut pas
sont sans limite et sans exclusive : constitue le modelé facial. être, comme celui auquel on vou-
des maté- drait rassembler, c'est une seconde
— masques réalisés avec Mais la transformation spatiale doit peau.
riaux naturels ou des objets manu- s'accompagner d'une autre trans-
facturés courants ; formation qui touche à la nature De ce point de vue, le visage est une
— masques dont
les matériaux même du matériau : il faut conser- structure dont l'organisation des
exigent des habiletés techniques éléments ne peut varier que dans
ver la déformation. Diverses tech- des limites acceptables pour qu'il
plus grandes et souvent des temps niques peuvent répondre à cette
d'exécutionplus importants (sculp- préoccupation. Ici, il a été retenu de reste identifiable en tant que tel.
tés, gravés...) charger » (alourdir) les fils et de Les surfaces en saillie (front, pom-
«
rigidifier la structure molle de mettes, nez,...) s'organisent par
La fabrication de masques proposée rapport aux creux qu'ils cernent
départ.
ici relève d'une activité de transfor- (orbites, bouche, plis...). Et le
mation appliquée à la matière. La Si la mise en œuvre de masques se modelé du masque doit accentuer
transformation imposée au matériau prête à toutes sortes de recherches les formes, les exagérer pour aller
est une déformation qui s'apparente sur l'agencement et la transforma- dans le sens de la caricature drôle
à un modelage. tion de matériaux et leur associa- ou effrayante.
Le matériau de départ est un tissu tion, l'imagination s'exerce dans les Représenter, modeler, sculpter le
dans lequel les déformations s'exé- limites d'une définition de cet objet visage suppose donc possible cette
technique, c'est-à-dire d'une réponse
cutent facilement parce que l'entre- connaissance : pas seulement au
croisement qui lie les fils, leur aux fonctions du masque. niveau du descriptif, désignation
conserve leur souplesse. Le masque est d'abord un cache (en d'éléments que l'enfant exprime
On façonne de cent façons dans un très tôt par le dessin, mais essentiel-
ce sens, un morceau de tissu posé lement en termes de volumes. Le
tissu, pour lui donner du volume, sur la tête ou maintenu par un
c'est-à-dire passer du plan au volu- serre-tête est une réponse), mais il toucher direct (masses ou surfaces
me. Diverses techniques répondent faut voir sans être vu (le masque se osseuses, espaces interosseux,
à ce problème : porte, on se déplace avec lui : un masses musculaires plus ou moins
tissu lâche répond sans transforma- importantes) permet de prendre
— la main outillée (une
aiguille conscience des éléments de modelé
pour former des fronces, des plis; tion à cette exigence, mais un tissu
que la langue courante nomme peu.
un fil pour les régulariser, les main- un peu serré exige de penser au
tenir dès que la main cessera son regard, par écartement des fils par La réalisation du support (sac
action) ; exemple). bourré et façonné sur lequel sont
fixées les proéminences les plus nient pour la durée du séchage aux besoins recensés et fixe les
remarquables)peut aider cette acqui- (environ 24 h). contraintes de fabrication.
sition.
Les produits amylacés déshydratés C'est l'acquisition de ce comporte-
Une fabrication renvoie à une tech- (empois d'amidon à l'eau) sous dif- ment technique qui constitue le
nique, à un processus opératoire. férentes formes et présentations ou champ des activités manuelles techni-
Une technique est le résultat, l'abou- en association sont à retenir. Les ques.
tissementd'une situation expérimen- enfants découvriront et classeront L'objet des activités manuelles tech-
tée où chaque facteur doit être iden- l'amidon comme épaississant (modi- niques, c'est de renvoyer toute
tifié, étudié dans ses relations avec fiant la consistance des liquides), technique à ses principes, de con-
les autres. comme charge(raidissant les fibres, duire cette interrogation sur les
leur donnant de la « tenue »),
Les matériaux sont en évolution et produits et leurs rapports. C'est
il est vraisemblable que l'extension comme adhésif (assurant le main- cette compréhension de la situation
tien du matériau avec lui-même).
à laquelle on assiste aujourd'hui, se technique qui encourage la recher-
poursuivra. Les matériaux textiles Les produits cellulosiques à réhy- che d'autres modes de façonnage,
drater peuvent aussi être utilisés.
se sont multipliés, remettant en avec d'autres matériaux, d'autres
cause des pratiques et des fabrica- La fabrication ne -renvoie pas à une charges. C'est ce qui permet à l'ex-
tions depuis longtemps établies. recette, même si à terme, pour des ploration d'aboutir motivant les
besoins d'information ou de com- enfants dans l'acquisition d'apti-
Le principe technique choisi pour
munication, on rassemble les savoirs tudes à maîtriser l'environnement
la fabrication des masques est de
sollicités sous cette forme. technique. C'est ce qui autorise à
« charger », rigidifier les fibres du
tissu, non pas instantanément mais Ce n'est donc pas par hasard que emprunter les chemins de l'inven-
tion : répondre à une fonction par
avec un délai suffisant pour le nous laissons ouvert le choix des
modelage. Il -a été retenu des produits et leurs dosages. La déter- un nouvel objet technique.
charges en support aqueux : un mination de ces conditions de
avantage de fabrication et de mani- fabricationappartient au fabricant- Colette Dalle
pulation, un très faible inconvé- concepteur du produit qui répond E.N. de Saint-Germain-en-Laye (78)
Le tissage en bandes
Métiers à tisser aux cartons

Pour relier des fils entre eux afin cet usage. Plus connus sont les des cartons permettent de séparer
d'obtenir des nappes textiles, il galons birmans ou des Indiens divers groupes de fils de chaîne ; ces
existe diverses techniques : le tricot, d'Amérique dont on peut voir les cartons (carrés dans le cas choisi)
le crochet, la dentelle... le tissage. métiers à tisser au musée de l'Hom- sont perforés de 4 trous. Chaque
Le métier à tisser aux cartons est me. trou laisse passer un fil de chaîne
simple dans sa fabrication, pliable différent; lorsque le carré repose
et transportable. Principe de fonctionnement sur l'un de ses côtés, il y a donc
deux fils levés et deuxfils en posi-
Le résultat, ce sont des rubans plus Les fils de chaîne sont tendus dans tion basse.
ou moins larges suivant le nombre un plan entre 2 points fixes (serre-
de cartons utilisés; on peut les L'espace ainsi ouvert entre deux
joints ou autre système); la lon-
assembler entre eux pour obtenir nappes de fils constitue la foule,
gueur choisie pour les fils de chaîne espace dans lequel passera la na-
de plus grandes largeurs de tissu. détermine la longueur maximale du
galon à réaliser. vette, porteuse du fil de trame (la
La technique est ancienne et on a trame, perpendiculaire aux fils de
retrouvé en Égypte des os percés de Afin de lier les fils de chaîne entre chaîne, est donc le fil qui assure la
trous qui ont probablement servi à eux et d'assurer un travail rapide, cohésion du tissu).
Matériel - matériaux il est judicieux d'employer un La technique
Le matériel à prévoir est le matériel nombre de couleurs limité à deux. de tissage proprement dit
Dans cet exposé, il s'agira du blanc
couramment utilisé en classe : Lors du tissage, la totalité des car-
et du noir.
— règle graduée ; tons est toujours manipulée en
— crayon; Préparation du métier à tisser même temps; ce n'est que lors de
ciseaux ou un manipulations entre deux échantil-
— une paire de
cutter; Nous admettrons que les cartons lonnages de galons différents que
auquel s'ajoutent : ont une face blanche et une face l'on pourra modifier la position
noire. relative des différents cartons.
— des serre-joints ou autres sys-
tèmes d'attache. Dans chacun des trous d'un carton La succession des opérations est
Les cartons du métier à tisser (dont passe un fil et un seul. Un carton alors la suivante :
le nombre peut varier) sont réalisés permet de manipuler 4 fils de 1.
— rotation d'1/4 de tour de
chaîne. Ils sont dans un premier tous les cartons (cette opération se
en carte de Lyon (carton fin et
extrêmement résistant qui sert à la temps regroupés par 4 à l'aide de 2 fait en une seule fois sauf si le nom-
fabrication des classeurs a tirette nœuds. Dans cet exemple, il y a 6 bre de cartons est vraiment très
d'écoliers). Ils sont réalisés d'après cartons avec les regroupements de important);
le schéma suivant qui correspond à
fils suivants : 2. — tassage du rang précédent
une bonne maniabilité pour des — 4 fils noirs (avec la main qui passe entre les 2
enfants de fin d'école primaire — 4 fils blancs nappes de fils nouvellement consti-
(CMI-CM2). Pour la commodité tuées);
— 4 fils noirs
du travail et pour repérer facile- fil noir 3. — passage du fil de trame;
ment des erreurs, il y a avantage à — 3 fils blancs, 1

fil noir 4. — retour à 1.


différencier les deux faces avec — 3 fils blancs, 1

deux couleurs différentes par exem- — 3 fils blancs, 1 fil noir Il apparaît immédiatement que
ple. Les cartons sont enfilés successi- l'une des variantes que l'on pourra
vement, le fil de chaîne traversant utiliser est le rythme de la rotation
de la face blanche vers la face noire. des cartons vers l'avant du métier à
Cf. schéma après l'enfilage du 6e tisser ou vers l'arrière.
carton (se référer au schéma du
principe de fonctionnement). Analyse des résultats obtenus
Le métier est alors fixé vers l'arrière Reprenons notre exemple. Après
(attache A) par un lien qui passe une quinzaine de rangs de tissage,
entre les 2 nœuds de chaque groupe par exemple toujours vers l'arrière
de 4 fils. du métier à tisser, un motif appa-
Puis les fils sont tendus, noués entre raît. Ce motif d'ailleurs est uni-
eux à l'autre extrémité, pour être quement constitué par les fils de
Les fils doivent être relativement fixés vers l'avant (point fixe d'at- chaîne car il apparaît que la trame
épais et peu élastiques. Quelques tache B). est totalement cachée au cours du
qualités de laine conviendront. tissage. Par contre, si l'on triture le
Avant de tisser, il est indispensable tissu on se rend compte que c'est
L'idéal est cependant un gros fil de de paralléliser les fils de chaîne
coton. cette dernière qui lie les faisceaux
entre eux pour obtenir un ruban de de fils issus des différents cartons.
Les fils sont coupés à la longueur largeur constante. Cette condition
du galon souhaité plus 30 cm, leur sera réalisée si l'on remplace pen- Le ruban de tissu obtenu se pré-
nombre est 4 fois le nombre de car- dant les 4 premiers rangs le fil de sente sous la forme de 6 faisceaux
tons. Pour démarrer et mieux trame par 4 allumettes, ou par 4 torsadés de fils issus des 6 cartons.
appréhender le principe du tissage, bâtonnets,... Si l'on regarde de plus près, on
s'aperçoit qu'un faisceau noir de Les variables de la situation Le déplacement des 2 dernières
lisière gauche est issu d'un carton bandes du codage permet d'envisa-
enfilé uniquement de fils noirs. Par Partant de ce schéma, il est déjà ger un nouveau résultat : 3 lignes
possible d'envisager d'autres résul- verticales et une série de diago-
contre un faisceau bicolore de
lisière droite est issu d'un carton tats : nales. Pour cela, il faut avant de
enfilé de fils blancs et noirs; si l'on tisser, modifier les positions rela-
regarde de très près l'alternance tives des 2 derniers cartons par
apparaît de la façon suivante : rapport aux autres.
blanc, blanc, blanc, noir, ce qui Le résultat s'obtient en faisant
correspond d'ailleurs à l'enfilage pivoter le Se carton d'1/4 de tour
des fils sur ce carton.
vers l'arrière et le 6e d' 1/2 tour vers
Le rythme d'apparition des cou- l'arrière. Il est alors possible de se
leurs dépend donc strictement de mettre à tisser. De fait, nous venons
l'enfilage. On peut utiliser la codifi- de modifier l'enfilage des cartons.
cation suivante des résultats : On s'aperçoit, en regardant l'en-
vers du travail, que le motif qui se
crée sur l'autre face du ruban est
différent. Par contre, l'effet rendu
par les faisceaux de fils issus des 3
premiers cartons reste le même à
l'endroit comme à l'envers.
Partant de ce nouvel enfilage, on
peut envisagerde tisser en alternant
le sens de rotation de l'ensemble
des cartons : par exemple, si l'on
tisse 4 rangs en tournant les cartons
vers l'avant puis 4 rangs en tour-
nant les cartons vers l'arrière... on
On pourrait d'ailleurs trouver d'au- obtiendra des motifs du type sui-
tres codes améliorés qui rendraient vant, différents suivant la position
compte de l'inclinaison des fils. originale des cartons.
Une autre possibilité exploitable Les possibilités offertes par la rapide pour des enfants de niveau
est celle offerte par les 2 faces des manipulation de ce type de métier CM), l'étape primordiale est la pré-
cartons. En effet, on pourrait envi- sont extrêmementnombreuses. Elles vision des résultats. Elle se fait sur
sager qu'une partie des cartons soit tiennent à : la base de divers types de représen-
enfilée de la face noire vers la face tations. Le code ici utilisé n'est pas
— l'enfilage des cartons : nombre figé, il peut évoluer en fonction des
blanche. de couleurs, répartition des cou-
leurs, sens de l'enfilage; buts que l'on se propose d'atteindre.
Cette variante peut s'obtenir au
moment de l'enfilage général lors — l'alternance des rotations : cha- C'est pourquoi il est utile, comme
de la fabrication du métier, mais que rotation correspondant à 1/4 pour toute autre technique que l'on
aussi en faisant pivoter sur lui- de tour de l'ensemble des cartons souhaite mener à bien, de se mettre
même un carton inclus dans l'en- vers l'avant ou vers l'arrière; éven- en situation et de faire le maximum
semble d'un métier à tisser. Par tuellement 2 rangs de tissage pour- d'expériences susceptibles de débou-
exemple, 6 cartons enfilés de la ront être séparés par 1/2 tour de cher sur une adaptation à un
façon suivante (fig. 1 ) permettront rotation des cartons, le meilleur groupe donné d'enfants et à des
d'obtenir des motifs du type de résultat étant cependant obtenu conditions matérielles et pédagogi-
ceux de la fig.2. avec 1/4 de tour. ques particulières.

Les 3 dernierscartons ont ce type d'enfilage, Même enfilage un résultat obtenu par
la position du fil noir étant décalée à chaque l'alternance
fois d'un 1/4 de tour (sens inverse des — 4 fois 1/4 de tour vers l'arrière;
Marie-Françoise Bris
aiguilles d'une montre). — 4 fois 1/4 de tour vers l'avant.
École normale d'Antony (92)
RADIO
à partir du 1er mars 1983

14 h 30

ÉDUCATION MUSICALE
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LES ENFANTS D'ORPHÉE m France-Musique M.F. m LES ENFANTS D'ORPHÉE
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ENDREI)«»

France-Culture M.A.
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FORMATION

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DIATHÉQUEJ/
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