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Vie sociale : cahiers du

CEDIAS

Source gallica.bnf.fr / CEDIAS - Musée social


Centre d'études, de documentation, d'information et d'action
sociales (Paris). Auteur du texte. Vie sociale : cahiers du CEDIAS.
1967-04.

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8
SOMMAIRE

Henri DEROY.
Docteur JOUSSAUME.
Sur un livre hors série
Problèmes posés par la promotion profession-
Pages
147

nelle dans le cadre de la lutte antituberculeuse. 149


Colette CHAMBELLAND Esquisse d'une histoire psychologique du service
social 156

INFORMATIONS
En FRANCE. Calendrier des activités du Cédias.
sation de la recherche en France.
risiens découvrent-ils l'art ?
--
L'organi-
Les Pa-
Quelques sta-
tistiques sur l'Enseignement. « Intermé-

ETRANGÈRES ET
dica ».
qu'un MOTEL ?
La crèche à domicile.

Robert Oppenheimer.
Qu'est-ce

Un collège de la télé-
163

INTERNATIONALES vision en Allemagne fédérale. Le program-


me du 4e colloque européen de la,conférence

scolaritéobligatoire.
:
: internationale de service social
Chronique législative Locations saisonnières en meublé. Prolongation de la

Revue des Livres Sociologie du chômage, le lycée !~?~p<?~<&~


168

171
180

VIE SOCIALE a pour but de faire connaître, sur les


grands problèmes sociaux d'actualité, les points de vue
les plus divers. Les opinions exprimées dans les articles
signés n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.
Sur un livre hors série(1)
par
M. Henri DEROY
Présidentdu Cédias Musée Social

Louis Merlin, animateur prestigieux du célèbre poste Europe N° I,


inventeur des fameuses émissions « Soyez formidables »,
grand ami des
gens du cirque et des enfants au cœur malade, vient de lancer, dans un
livre qui mérite pour de nombreuses raisons d'être spécialement signalé
et recommandé à nos lecteurs, beaucoup d'idées neuves et de projets ingé-
nieuxauxquels il faut souhaiter tout le succès qu'ils méritent.

V
Le titre aété choisi à dessein au risque de scandaliser quelques lec-
teurs pour forcer l'attention d'une opinion qui se laisse plus volontiers
bercer par des témoignages répétés d'autosatisfaction que par des avertis-
sements moins complaisants.
Toute la première partie de l'ouvrage, écrit d'un style alerte, émaillé
de formules frappantes et toujours pleines d'humour, s'efforce de décrire
« le climat de la France trente-trois ans avant l'an deux mille».
Qu'il s'agisse de la décadence de nos spectacles théâtre, musique,
cinéma de l'inorganisation des loisirs et du tourisme, du délabrement
de trop de nos villes et de nos villages, des lacunes de notre enseigne-
ment et de notre recherche médicale et scientifique, l'auteur ne nous
épargne ni les rappels d'un passé souvent plus brillant que notre présent,
ni des comparaisons avec l'étranger peu flatteuses pour notre amour-propre
national. Mais il fait suivre aussitôt ses critiques d'un exposé convaincant
»
et résolument optimiste de « remèdes appropriés et il conclut en récapi-
tulant de la manière la plus précise et la plus concrète les solutions qu'il
propose et où se retrouvent combinées de façon fort heureuse son imagi-
nation jamais en défaut et son expérience singulièrement riche.
Nous ne pouvons songer à énumérer ici toutes ces solutions bien que

(1) « France, ton passé f. le camp. et ton avenir aussi », par Louis Merlin
(Editions Planète).
:
chacune d'entre elles eût mérité d'être citée le Parc de Paris, les fêtes
d'hiver ou d'été pour les Parisiens et pour les touristes, la distribution
par le procédé de la télévision en circuit fermé des meilleurs spectacles
rendant vie aux petites salles de province, presque toujours vides, et per-
mettant à la fois la décentralisation de la culture et les « recyclages»
nécessaires, le sauvetage des chefs-d'œuvre en péril et des villages en voie
de disparition, etc.
Mais nous devons insister sur la réforme qui apparaît aux yeux de
Louis Merlin comme la condition nécessaire du succès, c'est-à-dire la
résurrection du mécénat par le développement des Fondations.
L'auteur cite ici à plusieurs reprises le remarquable rapport de
M. Michel Pomey, Maître des Requêtes au Conseil d'Etat, qui en avait
récemment exposé les grandes lignes dans une de nos réunions du C.E.D.
I.A.S. 1
Le système des Fondations a fait aux Etats-Unis ses preuves écla-
tantes. Il est dans ce grand pays à la base de l'extraordinaire progrès enre-
gistré depuis quelques années par la culture populaire et, aussi et surtout,
par la recherche scientifique et humaine dans toutes les branches de l'ac-
tivité moderne.
Pour réaliser en France quelque chose d'analogue il faut et il suffit,
d'après Louis Merlin, que notre régime fiscal soit assoupli de manière à
permettre aux particuliers et aux entreprises d'apporter leur concours
aux Fondations en franchise d'impôt.
Dans la « Supplique au ministre des Finances » qui termine l'ou-
vrage, Louis Merlin demande que les limites d'exonération soient portées
pour les revenus des personnes physiques de 1/2 à 5 %, pour les
entreprises de 1à3 à1 du%0 chiffre d'affaires.
Formule simple, efficace, dont l'auteur entend démontrer qu'en
réalité elle ne coûterait rien au Budget, la perte initiale de rendement
devant être plus que compensée par l'incidence fiscale des développements
de toutes sortes résultant de l'activité des Fondations.
Le C.E.D.I.A.S. directement issu de deux Fondations du xixe siècle
finissant, le Musée Social et l'Office Central des Œuvres de Bienfaisance,
ne peut que s'associer sans réserve à cette proposition que son Grand
Conseil et son Comité de Direction appuieront, au cours des prochains
mois, par tous les moyens à leur disposition, avec l'aide de tous ceux qui
partagent le même idéal.
Problèmes posés
par la promotion professionnelle
dans le cadre de la lutte antituberculeuse
par
le Docteur JOUSSAUME
Médecin-Directeur du Sanatorium Universitaire de Bouffémont

On ne saurait parler de la promotion sociale en sanatorium, sans


évoquer l'œuvre du Dr Douady qui en créant le sanatorium des étudiants
à Saint-Hilaire-du-Touvet en 1933 faisait déjà de la promotion sociale
du malade hospitalisé. A l'époque c'était un peu révolutionnaire que d'en-
visager qu'un malade, astreint à la cure de repos, à la cure sanatoriale,
puisse travailler, poursuivre des études et passer des examens. Le Dr Vau-
tier avait déjà montré l'exemple à Lezin, en créant le sanatorium uni-
versitaire suisse, mais la particularité de Saint-Hilaire-du-Touvet, c'était
que les jeunes gens y poursuivaient réellement des études et passaient
des examens. Depuis, la floraison des établissements qui se sont adjoints
à celui de Saint-Hilaire, constituent la Fondation Santé des Etudiants.
L'expérience que j'ai personnellement au sein de cette Fondation
date de l'après-guerre, époque à laquelle devant l'afflux des étudiants
tuberculeux, nous avons créé en zone française d'occupation grâce au
concours de la Croix-Rouge Française trois établissements de cure
dont l'organisation était calquée sur celle du sanatorium de Saint-Hilaire-
du-Touvet.
Rapatriés successivement, au fur et à mesure où les locaux utilisés
devaient être rendus aux services allemands, ces trois établissements fonc-
tionnent maintenant à Vence pour les jeunes filles, à Aire-sur-Adour
pour les jeunes gens atteints de primo infections et à Bouffémont pour
les tuberculoses plus nettement évolutives.

:
C'est l'expérience de ce dernier établissement que nous aurons main-
tenant en vue installé dans la magnifique propriété de l'ancien collège

(1) Conférence donnée le 16 février 1967 devant la section d'hygiène du


Cédias-Musée social.
féminin de Bouffémont, acquise en 1950 par le Ministère de l'Education
Nationale, le sanatorium universitaire y fonctionne sous la responsabilité
de la Fondation Santé des Etudiants.

« à part entière »
:
Mais sa clientèle a notablement changé depuis l'origine les étudiants
de l'enseignement supérieur qui constituaient notre
clientèle autrefois ont progressivement cédé la place aux élèves de l'ensei-
gnement technique. L'organisation des études pour ces jeunes gens pose
des problèmes bien plus difficiles à résoudre que ceux des élèves de l'en-
seignement traditionnel. Poursuivre une licence de lettres ou de droit
était chose relativement facile en sanatorium. Poursuivre des études tech-
niques avec les nécessités de travaux pratiques, de séances de laboratoire
et même d'ateliers qui sont exigées par la plupart des écoles et instituts
techniques constituait un impératif difficilement réalisable. Lorsqu'un de
ces jeunes gens était dépisté en cours d'année scolaire, non seulement il
perdait sa première année, mais il risquait de perdre sa seconde année si
nous ne le guérissions pas à temps pour reprendre ses travaux pratiques
au moment de la rentrée universitaire. Nous avons aussi été confrontés
avec les problèmes d'orientation des lycéens qui nous étaient transférés
du sanatorium des Lycéens après abandon des études secondaires ou
échec au baccalauréat alors que leur état de santé justifiait encore la
poursuite du traitement.
Enfin, nous avions aussi à résoudre la situation d'étudiants « en mal
d'enseignement supérieur ». Car il suffit ni d'être étudiant, ni d'être tuber-

:
culeux pour réussir automatiquement à ses examens d'enseignement supé-
rieur je cite très souvent le cas d'un jeune homme, fort distingué, qui
avait déjà deux certificats de licence, mais qui pour des raisons sociales
ou économiques et peut-être aussi intellectuelles, avait dû interrompre
ses études et chercher un débouché professionnel. Or avec deux certifi-
cats de licence, il a trouvé un poste de vendeur de meubles chez Lévitan.
Je n'ai aucune prévention contre les vendeurs de meubles, mais je pense
qu'avec deux certificats de licence et la culture générale que cela repré-
sentait il aurait pu peut-être trouver mieux. -

Voilà donc les problèmes qui se posaient à nous à partir de l'année


1955. C'est alors qu'en bavardant avec des malades, certains d'entre eux
déjà engagés dans la vie professionnelle, ingénieurs ou cadres techni-
ciens de diverses disciplines, j'ai pensé que le développement de l'électro-
nique nous permettrait peut-être de trouver des débouchés pour certains
de ces jeunes gens. Je me suis mis en relation non plus avec les program-
mes d'enseignement du Ministère de l'Education nationale, mais avec
ceux de la formation professionnelle des adultes au Ministère du Travail.
Les programmes d'enseignement du Ministère du Travail sont élaborés
par les industriels en fonction des besoins de l'industrie. Là nous avons
constaté que les programmes de formation d'agents techniques électroni-
ciens nécessitaient un niveau de culture générale à hauteur du baccalau-
réat mathématiques élémentaires, et qu'en neuf mois de formation pro-
fessionnelle (travail d'atelier, de laboratoire et travail théorique aussi) cesf
jeunes gens sortaient agents techniques électroniciens et trouvaient faci-
lement des débouchés.
La grosse question était de pouvoir prolonger le séjour de nos
malades pendant le temps voulu pour assurer cette formation profession-
nelle. C'est en effet la difficulté que rencontrent très souvent les étudiants

et à Grenoble :
dansles postcures « simples » que M. Douady a créées pour eux à Paris
obtenir que les collectivités qui prennent en charge les
frais de séjour des étudiants acceptent de continuer de payer pour la
durée des études, ou du moins la durée de l'année scolaire. Or, si nous
voulions donner à nos jeunes gens une formation professionnelle fallaitil
que soit accordée une durée de séjour suffisante pour acquérir la qualifi-
cation voulue. Nous avons donc été amenés à créer au sein de notre
établissement une section de rééducation professionnelle, selon la définition
de la loi sur la rééducation professionnelle.
L'agrément officiel obtenu, il a fallu résoudre le problème du finan-
cement d'équipements particulièrement onéreux (18 millions de francs
1958) et du recrutement de professeurs qui ne soient pas membres de
l'Education nationale, puisque le rythme des études universitaires avec
leurs vacances aurait risqué de couper la formation professionnelle de nos
jeunes gens. Il nous fallait des professeurs recrutés et payés par l'établis-
sement. Donc là encore un problème financier, car sur le prix de journée
de l'hospitalisation avec un effectif de malades nécessairement réduit
(tout le monde ne peut pas faire de l'électronique), il fallait payer des
salaires convenables à des gens particulièrement compétents. Pour ne pas
grever trop lourdement le prix de journée, nous avons eu recours
loi sur la promotion sociale, et c'est là un thème de mon exposé. En
à la

alliant les avantages de la loi sur l'hospitalisation des tuberculeux, et plus


particulièrement sur la réadaptation professionnelle d'une part, et d'autre
part la loi sur la promotion sociale, nous avons pu obtenir des crédits
de subvention et de fonctionnement qui permettent à nos jeunes gens de
poursuivre ces études.
Si l'on examine maintenant le recrutement des malades qui ontbéné-
ficié de cette réadaptation professionnelle, on s'aperçoit que les argu-

contribué au succès de son fonctionnement :


ments qui avaient justifié la création de ce centre ne sont pas ceux qui ont
six étudiants seulement sur
159 stagiaires ont régulièrement suivi les cours jusqu'à la conclusionde
l'examen terminal. Par contre, nous avons vu arriver des maladesqui se
soignaient dans des établissements dits « populaires » et qui n'étaient pas
de
étudiants à l'origine. Actuellement, nous pouvons dire que 50

:
l'effectif des malades en réadaptation n'étaient pas étudiants, mais engagés,
dans la vie professionnelle à la date du 30 novembre 1966, nous avions
eu (passés dans cette section pour laquelle nous avons fait agréer 24 lits
seulement sur l'effectif total de 150 de notre établissement) 150 stagiaires
qui sont passés par cette formation professionnelle. Sur ces 150 stagiaires,
nous avons compté 46 lycéens, qui, ne sachant vers quoi s'orienter, étant
encore malades, ont profité de la fin de leur cure terminée à Bouffémont,
pour faire de l'électronique et sortir agents techniques électroniciens. 1

Nous avons eu 30 élèves des écoles techniques, ceux qui peuvent diffi-

;
cilement reprendre des cycles d'études qui ne commencent qu'au mois
d'octobre et qui se terminent au mois de juillet tandis que chez nous,
ayant deux débuts de stages par an, ils trouvent toujours au moment où
leur guérison approche un stage qui va commencer et qui leur permet
de ne pas perdre de temps pour commencer le cycle d'études. Enfin et
surtout, nous avons vu arriver 77 travailleurs ou employés qui ont été

:
heureux de profiter de la période de soins que leur imposait la maladie,
pour faire cette formation professionnelle il est intéressant, semble-t-il,

comptons:
d'analyser l'origine professionnelle de ces jeunes gens. Sur les 77, nous

:
20 militaires. Ceux-ci sont des jeunes gens à problèmes un
peu spéciaux, caractérisés par le schéma suivant il s'agit en général de
jeunes gens qui, vers l'âge de 15-18 ans, sont très hésitants quant au choix
d'une carrière, essaient quelque chose, abandonnent, recommencent et
puis de guerre lasse s'engagent dans l'armée pour 5 ans. Ils font leur
tuberculose, ils ont vieilli entre-temps, sont mûris par la vie militaire, et
pensent alors à choisir un métier. Nous avons alors affaire à des jeunes
gens très désireux d'acquérir une qualification professionnelle, conscients
des difficultés de la vie et manifestant une ardeur au travail qui est véri-

:
tablement enthousiasmante. Nous nous contenterons de citer au hasard
l'origine professionnelle de quelques autres stagiaires 3 agents commer-
ciaux, 3 contrôleurs de radio, 2 manœuvres de l'industrie, qui à l'occasion
de leur hospitalisation ont assimilé un programme d'enseignement général
du niveau mathématiques élémentaires, puis une spécialité en électroni-
que correspondant sensiblement au niveau d'un premier certificat de
licence. Je cite toujours aussi le cas d'un ouvrier boulanger-pâtissier qui
était à l'origine du niveau d'une classe de 3e et pour qui la maladie est
devenue la véritable promotion sociale. Je passe rapidement sur les au-
tres : un chauffeur de poids lourds, deux employés aux écritures, un
mécanographe, deux monteurs téléphonistes, 28 ouvriers spécialisés, deux
vendeurs, trois dessinateurs, un garçon de café, quatre jeunes gens de la
marine marchande, un élève pilote, deux ajusteurs, un agriculteur et un
commis d'administration.
Constater dans le concret ce que représentent de telles promotions
sociales permet de considérer que la maladie peut être bénéfique puisque,
s'ils n'avaient pas été malades, la plupart de ces jeunes gens n'auraient
jamais acquis un tel niveau de qualification professionnelle.
Là ne s'arrête pas le succès de ces études, car une fois sortis, nos
jeunes gens sont rapidement employés dans l'industrie où ils se voient
offrir des carrières qui débutent à 800 ou 1 000 F pour les moins bons
d'entre eux. Certains sont embauchés d'emblée comme agents tech-
niques n° 3 et commencent leur carrière à 1200 F par mois. Ils peu-
vent continuer de progresser en particulier grâce aux cours du Conserva-
toires des Arts et Métiers, le soir après le travail, lorsque leur santé le

:
leur permet, si bien qu'actuellement certains des premiers malades qui
sont sortis de notre établissement, sont actuellement ingénieurs des jeu-
nes gens qui au départ n'avaient pas le baccalauréat.
S'il est vraiment encourageant de constater combien certains mala-
des peuvent ainsi tirer profit des lois sociales et des organisations mises
en place, il faut cependant prendre conscience que tout tuberculeux n'est
pas pour autant un scientifique qui pourra assimiler le programme des
mathématiques élémentaires. Ainsi nous sommes-nous rendus compte que
:
certains sujets faiblissaient et n'avaient pas le niveau tout à fait suffisant
profitant des excellentes relations que nous entretenons avec les milieux
industriels, nous avons cherché à leur donner une formation d'un niveau
légèrement inférieur. C'est pourquoi, depuis deux ans, nous avons lancé
des sections de dessinateurs en matériel électronique, ou plus exactement
électroniciens-dessinateurs, car il est plus important qu'ils aient des notions
d'électronique mais qu'ils puissent les appliquer au dessin, compte tenu
du travail qu'on leur demandera dans l'industrie. Les besoins en ce
domaine sont encore loin d'être satisfaits ainsi qu'a pu nous en convaincre
une enquête menée par nous-même dans les milieux industriels.
Encouragés par ces premiers succès, nous envisageons de développer
cet enseignement professionnel dans d'autres disciplines telles que celles
du domaine de la chimie par exemple.
Lancés sur cette voie qui abandonnait sans doute un peu l'origine
de la maison, spécialement estudiantine et universitaire, mais devant l'in-

à ces malades en voie de qualification professionnelle :


térêt du résultat acquis, nous avons continué de chercher à rendre service
nous nous som-

qui faisait de l'enseignement par télévision :


mes mis en rapport avec le directeur du Conservatoire des Arts et Métiers,
en effet, à partir de l'Am-
phithéâtre Painlevé, un circuit fermé de télévision permet aux jeunes
employés de la banlieue parisienne d'assister aux cours dans des « centres
»
de réception telle lycée d'Argenteuil ou autres, sans avoir à se déplacer
ni à s'entasser dans un amphithéâtre surchargé. Nous avions dès lors
suggéré que les établissements hospitaliers et particulièrement le Sanato-
rium de Bouffémont puissent être rattachés au circuit d'enseignement
télévisé de manière à permettre aux malades en traitement de longue durée
de s'intégrer à cet enseignement.
Réalisant beaucoup mieux que cet enseignement limité aux seuls
établissements reliés en circuit fermé, le Conservatoire vient de mettre en
route depuis le mois de novembre dernier l'enseignement des mathéma-
tiques générales et de la radioélectricité sur les antennes de la deuxième
chaîne nationale. Un assistant de la Faculté des Sciences affecté à notre
établissement à temps plein assure la liaison avec l'administration et les
professeurs du Conservatoire, permettant ainsi à nos malades de suivre
régulièrement les cours, d'être officiellement inscrits comme auditeurs au
Conservatoire et de pouvoir se présenter aux examens de fin d'année au
même titre que les bien portants. Nous espérons que cet enseignement
radiotélévisé sera prochainement étendu à d'autres disciplines.
Tenant compte de l'intérêt et de la rentabilité de ces différentes
expériences de recyclage des malades atteints d'affection de longue durée,
la Fondation Santé des Etudiants a décidé d'en étendre le bénéfice à
d'autres affections médicales. C'est ainsi que nous sommes en train d'ache-
ver la construction d'un bâtiment pour les jeunes gens atteints de troubles
psychiques et nous aurons là 50 lits pour lesquels ces malades pourront
éventuellement, soit reprendre l'enseignement supérieur tel qu'il se fait
dans toute la Fondation en général, ou au contraire, si leurs troubles
sont tels qu'ils ne peuvent pas poursuivre leur enseignement supérieur,
trouver un débouché professionnel au niveau qu'ils auront acquis au
moment où les troubles les empêcheront de poursuivre plus loin. Nous
envisageons également la construction d'un bâtiment de 80 lits pour des
jeunes gens atteints d'infirmité motrice, handicapés physiques, qui vien-
dront là aussi parfaire et leur rééducation fonctionnelle au titre médical,
et une éventuelle rééducation professionnelle dans le cadre du programme
que j'ai défini tout à l'heure.
Il convient aussi de parler d'un programme qui ne dépend pas stric-

:
tement de la Fondation Santé des Etudiants mais qui est tout de même
un programme d'ordre social le hasard des choses a fait que Bouffémont,
petit village de 800 habitants, essentiellement agricole, est tout proche de
Paris, et va être relié à la capitale par une branche de l'autoroute Nord.
Il possède en outre cette particularité d'avoir la seule station de chemin
de fer de banlieue qui soit perdue au milieu des champs. Cette station
de chemin de fer qui était destinée autrefois à desservir plusieurs villages,
à trois ou quatre kilomètres de chacun d'entre eux, mais qui au siècle
où nous sommes ne répond plus aux besoins d'une station de chemin
de fer. Connaissant par ailleurs toutes les difficultés que ces malades han-
dicapés physiques rencontrent au moment de reprendre la vie sociale
active lorsqu'ils se retrouvent dans des appartements non adaptés, sans
ascenseur, j'ai pensé qu'en construisant un nouveau village à côté de
cette gare, il nous serait possible d'affecter un certain nombre de loge-
ments adaptés aux problèmes de la vie journalière des malades handicapés
vivant en fauteuil roulant. Sur un programme d'environ 760 logements
(dont les 3/4 en pavillons individuels), 10 d'entre eux seront adaptés
à l'usage des malades handicapés. Mais là ne s'arrête pas le projet, puis-
que nous partons des champs cultivés, puisque nous allons pouvoir pré-
voir tous les équipements de la vie journalière du village pour le problème
de la circulation des malades en fauteuils roulants. Je pense aussi aux mères

:
de famille poussant leurs voitures d'enfants ou aux vieillards qui ont quel-
quefois du mal à monter les escaliers nous aurons des plans inclinés
pour accéder aussi bien au bureau de poste, au quai de chemin de fer
que dans les services publics ou à la mairie, de manière à ce que le han-
dicapé puisse véritablement s'intégrer à la vie sociale. Nous ne voulons
pas pour autant réaliser un village ségrégationnaire, car nous souhaitons
que dans cet ensemble le handicapé se sente comme n'importe qui au
milieu d'un village normal.
Voilà ce petit additif à l'œuvre Santé des Etudiants, en cours de
réalisation à Bouffémont et qui répond, au moins en partie, à ce problème
difficile de la promotion du tuberculeux, du malade mental et du malade
handicapé physique.
Esquisse d'une histoire psychologique
du service social(1)
par
Colette CHAMBELLAND

L'histoire du service social en France est encore à faire. On se con-


tente, le plus souvent, de rattacher entre elles quelques dates qui organisent
la profession (1874 : loi Rousseau sur la surveillance sanitaire des nourris-

1917: :
sons, 1916 : création de services auprès des dispensaires anti-tuberculeux,
apparition des surintendants d'usines, 1922 diplôme d'Etat des
visiteuses d'hygiène sociale, 1932 : diplôme d'Etat, Ordonnance du 2 no-
vembre 1945 sur la P.M.I., 1946 : « Charte de la profession », etc.).

l'évolution générale :
Quelques ouvrages tentent des synthèses rapides mais s'ils décrivent
passage du bénévolat à une véritable profession,
insertion dans une politique sociale générale, définition des tâches et
perfectionnement des méthodes, ils ne nous donnent que peu d'éléments
sur la structure des services sociaux eux-mêmes, sur l'évolution de la
formation et du recrutement des travailleurs sociaux. Il y aurait là,
semble-t-il, matière à un certain nombre d'études menées selon les
méthodes des disciplines historiques et sociologiques qui, seules, nous
donneraient une histoire véritable du service social. D'un autre côté nous
sommes persuadés que les archives des différents services sociaux qui, à
notre connaissance, n'ont jamais été utilisées, pourraient être une source
importante pour des études d'histoire sociale sur la condition des cou-
ches les plus défavorisées de la population, sur les travailleurs migrants
en particulier.
Mais là n'est pas notre propos aujourd'hui. En effet, l'idée de ce
court travail, sans prétention scientifique, est née en consultant bon nom-
bre d'ouvrages écrits par des assistantes sociales avant 1945. Si le genre
a un peu disparu, il y a eu, en effet, une certaine vogue pour les ouvrages
où le service social n'était pas objet d'une description, mais prétexte à
méditation, à mi-chemin entre l'anecdote et la morale. De ces ouvrages se
dégage une certaine image de l'assistante sociale.

(1) Conférence donnée le 7 décembre 1966 dans le cadre de la section des


travailleurs sociaux du Cédias-Musée social.
Précisons tout de suite qu'il ne s'agit pas de faire le portrait de
l'assistante sociale telle qu'elle était réellement dans les années 30 mais
telle qu'elle apparaît au travers de certains textes. Il n'y a là rien de sys-
tématique. Mais, pour ceux qui n'ont pas vécu cette période, ces ouvrages
sont notre seule source pour connaître le service social. Plus les années
passeront, plus nous devrons nous contenter de ces textes qui nous tra-
cent un portrait dans lequel certaines assistantes ne se reconnaîtront pas
et traiteront peut-être de caricature.
Ces portraits, d'autre part, ne sont pas le fait du hasard et si une
certaine image se dégage, c'est bien parce qu'elle correspond à un aspect
dominant, à un certain ensemble, qui crée une sorte de représentation
collective. Et les réactions que l'on a quelquefois devant les assistantes
sociales peuvent relever de cette image que l'on se fait à travers les livres
et qui ne correspond plus à l'état actuel mais qui conditionne encore cer-
tain mode de pensée.
A
Il serait intéressant de faire une étude du vocabulaire employé dans

ploi du mot « métier ». :


toute cette série d'ouvrages. Nous y remarquerons très vite le peu d'em-
On lui préfère mission, vocation, belle tâche.

:
Ce qui est est déjà significatif et implique qu'avant la technique et la
formation, on pense d'abord aux qualités morales « l'assistante sociale
n'exerce pas un métier, elle a choisi sa profession pour répondre à l'Ap-

souligne son insuffisance:


pel ». Si l'on admet, du bout des lèvres, la nécessité de la technique on
« Elle ne saurait déclencher l'élan susceptible
de sauver une vie ni d'apporter le don du cœur qui incite à la confi-
dence ». Un autre auteur évoque « cette flamme qui s'est éteinte dans
l'air confiné de nos paperasses, de nos statistiques, de nos décrets et de
nos lois».
Et certes, ceci s'explique aisément. L'action sociale a été longtemps
le fait d'initiatives individuelles et généreuses. Rien n'aurait été possible
au départ sans un élan. A une certaine époque rien n'aurait été fait sans
ces initiatives privées qui devaient suppléer l'initiative publique déficiente
et faire face à tant de carences, sans la générosité de cœur d'un certain
nombre de personnes qui ont consacré leur vie à une tâche ingrate et
difficile.
Il y a eu longtemps un caractère spontané, généreux qui donnait
son prix à l'action et demandait au travailleur social des qualités d'im-
provisation, d'ingéniosité. Comme le souligne très bien Mme Gouin dans
son ouvrage sur l'évolution de l'esprit social, quand la législation sociale
était balbutiante, les institutions peu développées, « on se trouvait devant
des besoins auxquels il fallait parer du mieux que l'on pouvait à force
d'ingéniosité et de persévérance. Chacune des tâches les plus simples
(envoyer un enfant à la campagne, un adulte en sana.) réclamait un
petit tour de force, tant elle présentait de difficultés». Il est facile de
comprendre qu'une certaine nostalgie ait pu être gardée de ce temps-là
alors que maintenant « on a presque toujours devant soi un ayant droit
et par conséquent, ce qui s'impose c'est un amas de formules à remplir
et diriger l'intéressé vers l'administration compétente ».
En effet, actuellement, la mise en place d'une véritable politique
sociale implique de connaître très en profondeur tous les rouages et les
détours de la législation sociale, des grandes institutions. L'ingéniosité et
l'élan qui, bien entendu, restent des qualités primordiales, ne peuvent plus
suffire. Trop de jeunes filles pensent encore qu'il suffit d'avoir « bon
»
coeur et le souci d'autrui pour exercer cette profession. Ce serait oublier

auteur:
toutes les connaissances qu'elle suppose et, comme l'a très bien dit un
« Les sottises inspirées par une assistante au cœur sec mais
doué de jugement ne sont jamais, à beaucoup près, aussi néfastes que
celles dictées par un bon cœur que n'éclaire pas le jugement. »
De plus, aucune action ne peut se limiter aux cas individuels, et

:
c'est Mlle de Hurtado, dans un remarquable article qui explique le mieux
les aspects divers du service social « Ainsi le service social m'apparais-
sait double. D'un côté, le tête-à-tête
:
je pourrais dire le corps à corps
avec les déficiences inéluctables de ceux qui s'adressent à lui parents
incapables ou séparés, enfants inadaptés, jeunes instables, familles per-
turbées moins souvent qu'autrefois par la misère matérielle, certes, mais
par des détresses morales et toute la longue série des maux dont il faut
chercher les causes pour s'efforcer de les prévenir, de les atténuer, aujour-
d'hui comme par le passé. Et de l'autre côté, je voyais naître et grandir
un nouvel aspect du travail social, étroitement associé aux perspectives
changeantes que la force des choses imprime à notre vie moderne, nous
obligeant à ces recherches démographiques et statistiques, à ces études
sur la psychologie et les réactions des groupes humains désormais voués
à la mobilité, au brassage des classes et des races. A ce déracinement,
il faut trouver des palliatifs par des méthodes nouvelles, portant non plus
sur le seul cas individuel, mais sur celui des collectivités en évolution. »
Il était nécessaire que le service social passe « du stade créateur
enthousiaste à un développement méthodologique et scientifique ». Mais
cela ne va pas sans heurts et n'a pas été aussi facilement admis que l'on
pourrait le penser. D'autant plus que, par les conditions mêmes de sa
naissance, le service social est parti des individus et que ses rapports avec
les institutions ne sont pas toujours faciles. Pierre Laroque dans un exposé
fait au congrès de l'A.N.A.S. de 1955 pose très clairement le problème
« Deux conceptions sont possibles de la mission du travailleur social.
:
« La première consiste à considérer que le travailleur social est au
service des individus et des familles. On met alors l'accent sur l'aide
individuelle qu'il apporte, sur la garantie qu'il donne de la dignité propre
de l'individu et de la famille. Le travailleur social est ainsi amené à
concevoir son rôle dans une large mesure, comme une mission de pro-
tection des individus et des familles contre les organes sociaux collectifs
considérés comme une menace pour leur personnalité individuelle, du fait
même de leur caractère collectif et administratif.
« L'individualisation de l'effort social se réalise alors par l'action
du seul travailleur social qui est comme une sorte d'écran entre les ser-
vices collectifs et les individus, qui est indépendant des premiers et l'unique
protecteur des seconds.
« Dans une autre conception, le travailleur social apparaît au con-
traire comme un élément même de l'organisation collective, comme l'élé-
ment de base, de pointe, de cette organisation, coopérant intimement
avec les autres éléments administratifs et techniques de cette organisation,
pour humaniser, pour individualiser l'action de cette organisation elle-
même.
« Bien entendu, dans les deux cas les buts poursuivis et les résultats
atteints doivent être les mêmes. Il s'agit toujours d'individualiser, d'adap-
ter l'action sociale à la situation propre de chaque individu ou de chaque
famille. Mais, dans le premier cas, le travailleur social agit hors de l'or-
;
ganisation collective et, dans une certaine mesure, contre elle dans le
second cas, il agit à l'intérieur de l'organisation ».
La formation que doit avoir une assistante sociale revêt une impor-
tance toute particulière. Elle a fait l'objet de nombreuses controverses
et même de polémiques, dont certaines ont encore un écho à l'heure
actuelle. Pour beaucoup, l'essentiel réside dans une formation avant tout
».
pratique, il ne faut pas faire des « intellectuelles (Le terme est employé

:
d'une telle façon que l'on pense presque à une tare) ; les programmes
sont critiqués « Elaborés par des hommes, ils traitent les élèves des
écoles de service social comme des cervelles de garçons ».
La première conférence internationale de service social tenue à
Paris en 1928 (et qui reste une des plus passionnantes pour comprendre
l'évolution), consacra plusieurs séances à l'enseignement du service social,
très caractéristiques des divers points de vue. Les Anglos-Saxons se pro-
noncèrent tous pour l'intégration de l'enseignement dans un cadre uni-
versitaire et ne voient guère de distinction entre enseignements théorique
et pratique. On est très frappé à la lecture du compte rendu de la prise
de conscience par certains orateurs de la nécessité de développer l'ensei-
gnement des sciences humaines et sociales. Au contraire, pour certains
délégués, l'essentiel est l'enseignement d'une pratique et d'une morale,
considéré comme beaucoup plus important que la formation intellectuelle
proprement dite et on va même jusqu'à affirmer que l'enseignement ne
devrait être donné que par des assistantes sociales.
En France la formation qui se fait encore dans un cadre non univer-
sitaire est très différente selon les écoles, malgré un programme et un
diplôme communs et des études encore très différentes. Si bien que, pos-
sédant le même diplôme, les assistantes n'ont pas le même niveau, d'au-
tant plus, que le titre a été parfois donné en sanctionnant un état de fait
à des auxiliaires faisant office d'assistantes sociales.
**


Vous avezpu remarquer que, depuis le début, nous avons toujours
parlé d'assistantes sociales et non, comme il serait normal, d'assistants
sociaux. En effet, c'est une profession exercée à une presque unanimité,
par des femmes (les pays étrangers présentent un caractèretrès différent).
Si quelques hommes apparaissent actuellement dans les écoles, il ne semble
pas que cela ait pu être envisagé avant la guerre. Ce ne pourrait être
qu'un état de fait. La majorité de femmes est la règle dans les professions
qui sont mal payées et qui sont dévaluées aux yeux de la société (comme
c'est le cas pour l'enseignement). Mais, pour beaucoup de nos auteurs,
cela est bien et conforme à l'idéal de la profession. Même dans un livre
très récent sur le service social du travail, il est affirmé que c'est là une
profession typiquement féminine qui correspond mieux à on ne sait
quelle essence féminine.
Il est certain que ce recrutement presque uniquement féminin a donné
donne encore au service social français une teinte très particu-
lière. D'autant plus que la plupart de nos auteurs ajoutent que ce doit
-être la profession de femmes célibataires.
Dans un livre écrit en 1956, on affirme encore que cela relève de
la vocation maternelle qui n'a pas pu s'exprimer dans la maternité réelle
et que les assistantes sont «des célibataires qui, exclues des devoirs de
la maternité, ont découvert dans la misère des autres l'idée qu'elles
devaient participer à la responsabilité sociale».
C'est donc à toute une idéologie que se rattache cette image de
l'assistante, idéologie que l'on pourrait, en rappelant de tristes souvenirs,
qualifier de « travail, famille, patrie » et il est vrai que, sous le régime

:
de Vichy, on a longuement écrit sur le service social. C'est Hyacinthe
Dubreuil dans sa brochure au titre significatif « A l'image de la mère »
qui exprime le plus clairement cet aspect. Pour lui, l'homme conduit, la
femme éduque, « l'assistante pourra être le meilleur pionnier de cet
immense retour de l'humanité à ses origines terriennes».
D'autres auteurs abondent dans ce point de vue. Certains voient même
une contradiction dans le fait que l'assistante travaille alors qu'elle doit
travailler pour le retour de la femme au foyer.
Beaucoup vont même jusqu'à donner des conseils vestimentaires :
de la mode :
il faut avoir « un bon ton cossu », « ne pas se laisser aller aux caprices
». L'idéal tailleur strict, souliers plats, sacoche. Il est inutile
d'insister et d'ajouter qu'il va de soi que la vie personnelle doit être irré-
prochable dans les mœurs.
Certaines pages permettraient d'aller plus avant dans la psychologie
de certaines assistantes sociales. Mais, en insistant trop, nous risquerions
de donner l'impression d'une ironie mal placée, qui n'est absolument pas
dans notre propos. Cependant, on sent que, quelquefois, cela correspond
à un déchirement. Citons une des pages les plus caractéristiques « Le :
métier consisterait en une échappée vers autre chose, vers quelques rêves
plus ou moins avoués. Choisir une carrière qui vous consacre aux autres,
n'engage pas nécessairement l'avenir. 2 ou 3 ans, 5 ans, 10 ans au grand

;
maximum, après quoi on suivra le destin normal, on rencontrera le com-
pagnon de route à son côté, au service des enfants qui viendront, on
dévouera cette compréhension des autres, cette science éducative, cette
précision dans l'activité que l'exercice d'une profession féminine s'il en
est, à portées à leur point extrême. Ce sera l'épanouissement. Et puis, les
années passent. Cette porte qui se ferme à tout jamais. La vie nous a
frustrées de ce pour quoi, sans doute, nous étions le mieux faites. Le désas-
tre est irrémédiable. Sachons lui trouver des compensations. Avec celle
d'infirmière, la carrière d'assistante sociale nous y aidera. Elle offre le
maximum de dérivatifs de choix».

;
Nous aimerions avoir une véritable étude sur les origines sociales
des assistantes sociales seule, elle nous permettrait de suivre une évolu-
tion. Il semble que, à l'aide des archives des écoles, cela pourrait être
fait et éclairerait certains aspects du comportement des assistantes. En
effet, il est à peu près certain que, avant la guerre, elles venaient surtout
de la bourgeoisie et avaient dans une large majorité, des convictions reli-
gieuses affirmées. Le contact avec les milieux les plus défavorisés de la
population ne pouvait pas ne pas s'en ressentir. Pour la plupart, c'est un
monde totalement inconnu dans lequel elles pénètrent et on peut penser
qu'il n'est pas toujours facile pour elles de le comprendre et, par là même,
d'y faire une œuvre utile. Il y a eu, chez beaucoup de gens, un refus de
l'assistante sociale, qui n'est que trop aisément compréhensible. A l'heure
actuelle, si l'on insiste autant sur la nécessité de ne pas juger, de ne pas
trancher de façon abrupte, de ne pas introduire de jugements moraux,
c'est bien pour remonter un courant où certaine travailleuse sociale se

:
sentait « vivre en chrétienne des catacombes » et voyant des enfants de
?
»
la « banlieue rouge s'écriait « Est-il impossible de les civiliser ».

A
Il est bien certain que dans un tel contexte, la tâche de l'assistante
était réduite à son aspect le plus terre à terre. Service social et œuvres
sociales (presque œuvres charitables) sont identifiés. Les phrases les
plus caractéristiques sont celles de H. Dubreuil qui, lorsqu'il décrit les
tâches de la surintendante, pense qu'elle doit simplement être le substitut

Il s'exprime très nettement : »


de la mère pour l'ouvrier et faire en sorte que l'on soit « bien à l'usine.
« On peut voir avec étonnement des surin-
tendantes à la recherche d'information sur les questions de salaires ou de
méthodes de travail, cela ne les concerne pas et elles doivent se contenter
d'organiser des cantines, de faire des arbres de Noël».
Trop souvent on voit dans l'assistante sociale une sorte de mineure,
réduite à de simples tâches d'aide, à un travail pratique qu'elle ne peut
pas dépasser.
Un très fort courant s'est élevé contre cette conception, qui n'a
cependant pas perdu ses partisans. La manifestation la plus nette en est
exprimée dans le congrès de l'A.N.A.S. de 1965 où il a été affirmé avec
force que « l'art des praticiennes repose aussi sur leur capacité à utiliser
leur travail comme source d'information pour des études générales».

:
En allant plus loin on a donc posé un problème, à notre avis fondamental
en évoquant le problème des travailleurs migrants « Comment le service
social peut-il éviter d'être une fausse « bonne conscience » pour la
?
société On a souligné ce dilemme, cette tension que nous sentons puisque
nous comprenons d'une part les intérêts généraux qui influencent tel
aspect de notre politique sociale, mais que d'autre part, nous en voyons
l'impact dangereux sur la vie journalière des personnes. Comment notre
?
profession doit-elle contribuer à en informer l'opinion publique Com-
ment peut-elle le faire en évitant à la fois la démagogie, la dramatisation
?
et l'indiscrétion ». On est très loin des conceptions anciennes et on
peut penser qu'il y a là une évolution heureuse vers une nouvelle orienta-
tion du service social. Avec une meilleure technique, une idéologie nou-
velle, mieux adaptée à de nouveaux besoins, les travailleurs sociaux seront
à même de jouer un rôle plus important dans la société et, par là même,
leur image se transformera, devenant plus conforme à la réalité.
INFORMATIONS FRANÇAISES

Calendrier des activités du Cédias-Musée Social


(Avril 1967)

Section d'hygiène et de médecine sociale :


Conférence :
La radio-activité et ses dangers
par M. LAROCHE,
Chef de travaux à la Faculté de pharmacie de Paris

Réunion au siège du Cédias, le 27 avril 1967, à 17 h. 30.

L'organisation de la Recherche en France

On connaît assez malles rouages et les organismes dont dépend l'orienta-


tion des recherches dans les diverses sciences. L'ouvrage récent de M. Jean
Viet : les sciences de l'homme en France (Paris, Mouton, 1966) permet de
suivre les différentes disciplines, leurs tendances de recherche, mais aussi pré-
cise utilement l'organisation générale..
Malgré des tentatives antérieures de créer un organisme chargé de coor-
donner et d'orienter les formes et les résultats de recherches (1901, Caisse de
recherches scientifiques pour faciliter, par des subventions, les progrès de la

P.M.U.;
science, dont les ressources provenaient d'un prélèvement sur les recettes du

;
1933, Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique du Ministère
de l'Education Nationale 1939, Centre National de la Recherche Scientifi-
que), il fallut attendre le statut, en 1945, du C.N.R.S. pour voir là une créa-
tion vraiment susceptible de remplir une vaste mission alors que certains ins-
tituts (Institut National d'Etudes Démographiques, Institut National de la
Statistique et des Etudes Economiques, 6e section de l'Ecole pratique des Hau-
tes Etudes) remplissaient des tâches plus spécialisées. Cependant, des pro-
blèmes de coordination restaient posés. La nomination en 1954 d'un secrétaire
d'Etat à la recherche scientifique et technique et la création, la même année,
d'un conseil supérieur de la recherche scientifique et technique, facilitèrent
le regroupement et la réorganisation qui se fit en 1960, 1961.
:
Actuellement certaines institutions dépendent du Premier Ministre comité
interministériel et comité consultatif de la recherche scientifique et technique,
délégation générale à la recherche scientifique et technique qui prépare le
plan de développement de la recherche et met en œuvre certaines actions
financées par le Fonds de développement de la recherche scientifique et tech-
nique.
D'autres institutions dépendent du ministère de l'Education nationale,
dont la plus importante (en dehors, bien sûr, des universités et des grandes
écoles) est le Centre National de la Recherche Scientifique.
Le C.N.R.S. est un établissement public, administré par un conseil, dirigé
par un directeur général, assisté d'un directeur administratif et financier et
d'un collège de direction scientifique. Son activité est déterminée par un comité
national de la recherche scientifique, divisé en 34 sections (dont 12 pour les
sciences humaines), dont les actions sont coordonnées par un directoire. Cha-
cune des sections est composée de 10 membres nommés et de 12 membres
élus par les membres des Académies, le corps professoral des établissements
d'enseignement supérieur, le corps des chercheurs du C.N.R.S.
Aux termes du décret du 9 décembre 1959, le C.N.R.S. a reçu mission
de développer, d'orienter et de coordonner les recherches scientifiques de tous
:
ordres et d'analyser d'une manière permanente, la conjoncture scientifique.
Par ses laboratoires propres ou par ses laboratoires associés (et il faut enten-
dre le terme de laboratoire au sens le plus large, puisqu'il concerne aussi les
sciences humaines et sociales), le C.N.R.S. est, véritablement, le moyen de la
recherche en France. Mais le développement reste encore trop limité puisque
le C.N.R.S. ne gérait directement en 1965 que 106 laboratoires ou services,
employant 5 000 personnes, dont 2 500 chercheurs. Quant aux centres de
recherches, nous n'avons que peu de données précises pour les situer. La Délé-
gation générale et la Maison des sciences de l'homme s'efforcent d'établir des
répertoires d'institutions et de chercheurs sans lesquels on ne saurait ni appré-
cier l'état de la recherche, ni tenter une coordination entre les chercheurs.

Les Parisiens déçonvrent-ils l'art ?

Des esprits optimistes pourraient l'affirmer en voyant les longues files


d'attente devant le Petit Palais ou l'Orangerie. 400 000 visiteurs à l'exposition
« A la lumière de Vermeer », 850000 pour Picasso, quant à Toutankhamon,
on s'apprête à battre tous les records, puisqu'il est admis maintenant de parler
en ces termes. En sortant de l'Orangerie, traversez les Tuileries, le Musée du
Jeu de Paume est presque vide, et c'est une majorité de touristes qui admirent
les impressionnistes. Il est bien connu, d'autre part, que si l'on n'est ni écolier,
ni en vacances à Paris on ne va guère au Louvre où l'on a aucun mal à cir-
culer dans les salles égyptiennes. Alors obéit-on à une curiosité artistique ou
répond-on à un appel publicitaire qui assimile les expositions au show-
?
business De toute façon, cela a démontré à quel point l'équipement de Paris
en salles d'expositions était médiocre et peu adapté à recevoir autant de visi-
teurs.

:'
Quelques statistiques sur l'Enseignement

- En 1878, 4446 écoles maternelles (dont 741 écoles publiques laïques)


recevaient 134020 élèves, en 1963 pour 6 805 écoles maternelles (dont 6599
publiques) il y eut 1 040000 élèves.
5717 élèves furent reçus au baccalauréat en 1900, en 1964, 119449
:
étaient reçus à la première partie et 86 729 à la seconde.
En 1900 1 475 licences en droit, 254 licences ès sciences, 430 licences
ès lettres, 1 129 doctorats en médecine furent délivrés. En 1959 : 1 854 licen-
ces en droit, 3 672 licences ès sciences, 2 680 licences ès lettres, 2 123 doc-
torats en médecine.

;
29 377 étudiants (dont 965 filles) étaient inscrits dans l'ensemble des
facultés en 1900 en 1963 ils étaient 308 189 (dont 129847 filles).

, « Intermédica »
En Seine-et-Marne, 8 médecins tentent actuellement une expérience qui
durera 6 mois, appelée « Intermédica ». Ils ont constitué un secrétariat com-
mun, fixe, avec lequel ils sont en relation par radio, leur véhicule étant équipé
d'un poste émetteur-récepteur. Chaque médecin peut ainsi recevoir pendant
ses déplacements les appels urgents, ce système ne modifiant pasles hono-
raires des praticiens.
Ce service fonctionne nuit et jour et est en relation le dimanche avec la
gendarmerie pour les accidents de la route. L'objet de cette expérience est de
provoquer une réorganisation de la médecine rurale.

V, -; ;
La crèche à domicile (1)
.', Chaque fois qu'on envisage les problèmes que pose le travail des femmes
mères de famille, on se lamente en pensant au nombre dérisoire des crèches
en France (18000 places pour toute la France). Si le nombre des crèches est
si limité cela tient d'abord au coup très élevé de ces établissements.
Lesdépenses d'équipement ne sont pas particulièrement élevées (13 010 F,
par placepour une crèche de 40 places) mais les dépenses de fonctionne-

(1) Cette information nous est transmise par Mme Barbizet, secrétaire générale
du Comité international de liaison des associations féminines.
ment sont importantes et le prix de journée revient à 17 F par jour pour les
crèches de l'A.P. et de 8 F pour les crèches privées (celles-ci employant un
personnel bénévole).
Dans le budget de la Seine, on compte que 70 de dépenses occasion-
nées par les crèches sont constituées par les frais du personnel. La participa-
tion des familles est variable et à Paris cette participation va de 0,30 à 9 F
par jour et par enfant, le prix de revient s'établit de 15,90 F par jour. La
généralisation de ce genre d'établissements n'est pas rentable au point de vue
économique.
D'autre part, depuis 20 ans, les pédiatres et les psychiatres estiment que
l'enfant des crèches, c'est-à-dire l'enfant de 0 à 3 ans, est traumatisé par la
séparation avec sa mère et passant de main en main, se trouve souvent
devant des difficultés psychologiques. Notamment, on a constaté et le
Dr Aubry nous le rappelait encore l'autre jour, que les enfants des crèches
ont généralement des retards scolaires. L'enfant a besoin d'une atmosphère
familiale où il trouve la chaleur du foyer et une présence constante.
Il faut donc chercher un autre mode d'hébergement des enfants avant
3 ans et la formule de la crèche à domicile que la Caisse des Allocations
Familiales a lancée nous paraît particulièrement intéressante.
Il est nécessaire de trouver rapidement une formule applicable sur une
grande échelle, car si nous examinons les autres pays, nous nous apercevons
d'une progression constante et régulière du travail des femmes. En Amérique,

;
en 1940 : 1 million 1/2 de travailleuses ayant un enfant de moins de 18 ans
était au travail en 1950, le nombre était de 4 millions 1/2 et en 1965 de
9 millions 1/2.
Dans les Républiques socialistes, les femmes travaillent au même titre
que les hommes, mais là, on a pu créer des établissements collectifs nombreux
(1000 crèches à Pékin). Le personnel étant beaucoup moins coûteux et n'exi-
geant pas les mêmes normes de capacité. Ce qui n'empêche pas les enfants
chinois d'être parfaitement heureux et donnant une excellente impression
de santé, même quand ils sont réunis dans une salle banale et dont l'établisse-
ment a été peu coûteux. Cela relève d'une autre structure et il est difficile
de faire une comparaison.
Aux Etats-Unis, en 1960 on estime qu'il existait 185000 places pour les
:
enfants à garder, cette proportion peut être comparée à celle de la France à
l'heure actuelle. Au Children's Bureau, on écrivait « Il est grave de penser
que dans l'Amérique hautement civilisée du xxe siècle, des petits enfants
souffrent de traitements comparables à ceux que l'on peut lire dans les livres
de Dickens ». Cette situation a motivé la réunion en mai 1964 d'une Com-
mission réunissant des membres du Women's Bureau et du Ministère de la
Santé pour organiser sur une grande échelle le système du « Day Care * fonc-
tionnant déjà dans 46 Etats.
En France, à Paris même, on ne se doute guère que des bébés séparés
de leur mère sont quelquefois attachés à leur lit. On confie l'enfant sans
contrôle à une personne de bonne volonté, certes, mais qui peut être malade
et en tout cas vivre dans un espace restreint et mal aéré. Quel avenir prépare-
?
t-on à ces générations
:
La crèche à domicile ou placement familial en externat existe en France
depuis 1959, c'est la Caisse des Allocations Familialesqui l'a créée 6 Centres
fonctionnent actuellement. Celui de-parcelles a fonctionné depuis cette date
et comporte 4 groupes de 40 gardiennes et 60 enfants, 2 puéricultrices et un
médecin consultant. Les gardiennes ont elles-mêmes un enfant, et reçoivent
une indemnité de 10 F par jour comportant les frais de nourriture pour les
deux repas pris chez elles. L'embauche des gardiennes est fait par la puéri-
cultrice responsable du Centre, qui visite l'appartement de la mère suppléante,
lui fait subir une visite médicale ainsi qu'à son entourage. C'est une tâche
délicate, mais intéressante, car les rapports qui vont s'établir entre la famille
nourricière et la famille confiant un enfant se développent presque toujours
et créent un lien que l'on a tant de mal à créer dans les H.L.M. ou autres
types d'habitation.
Les deux puéricultrices visitent la famille, lui donnent tous les conseils
sanitaires nécessaires. La gardienne de l'enfant assure la garde à partir de
7 heures et jusqu'à 19 h. 30 à raison de 5 à 6 jours par semaine.
Voici la grande ligne d'une organisation appelée à rendre les plus grands
services et qui permettra vraisemblablement en une année d'apporter 50 000
à 60000 placements contrôlés et aidés et de supprimer non seulement l'an-
goisse de tant de jeunes femmes, mais de faire disparaître les placements de
gré à gré qui peuvent être excellents mais dont les dangers ne sont pas à
signaler.
Rendons-nous compte qu'il s'agit vraiment d'un besoin national qui doit
créer les structures permettant aux femmes de travailler selon leur choix et
leurs besoins et de préparer un avenir qui nous donnera une génération d'en-
fantll heureux et sains.

Qu'est-ce qu'un Motel ?


Ce nom barbare vient de l'abréviation de deux mots :
moteur et hôtel.
Les motels, dont les normes ont été définies par un arrêté paru au « J. O. »
du 4 avril 1965, ont été créés pour assurer aux automobilistes se trouvant
sur la route, en dehors des grandes agglomérations, un logement pour eux
et un abri pour leur voiture.
Ces motels sont donc situés non loin des grands axes de circulation et
comportent généralement de petits bungalows ou des chambres séparées
chaque unité de logement comprend une installation sanitaire et un garage à
;
proximité.
Quelquefois même, ce sont de véritables hôtels mais de toute façon,
l'automobiliste y trouvera le calme et un confort simple sans aucune obliga-
tion pour lui de prendre un repas. Il pourra néanmoins se restaurer rapide-
ment soit au bar, soit même dans sa chambre.
INFORMATIONS ÉTRANGÈRES
ET INTERNATIONALES

Robert OPPENHEIMER

« Open mind » (l'esprit ouvert) : tel était le titre choisi par Oppenheimer
pour le recueil de certaines de ses conférences. Sa renommée de savant ato-
miste n'était pas ce qui touchait en lui, mais bien cette ouverture vers le
monde, ce refus du dogmatisme et du confinement et, surtout, cette conscience.
Au centre de Los Alamos à partir de 1943, il dirigea l'équipe de savants qui
devaient mettre au point la première bombe atomique. Mais, la paix venue,
il refusa de participer aux travaux de préparation de la bombe H. Pendant
la « chasse aux sorcières», il devait être considéré par la commission Mac-
Carthy, au printemps de 1954, comme « security risk » en raison de ses
amitiés à gauche et écarté de ses fonctions officielles et des secrets atomiques
américains. Et ce sont sans doute les cas de conscience que l'on sent sous-
jacents à ces deux événements, qui faisaient de lui une sorte de symbole du
rôle et au drame du savant dans notre monde, quoi qu'il ait toujours refusé
de s'expliquer sur ces deux points.

Un collège de la télévision en Allemagne fédérale

Depuis janvier dernier, la télévision bavaroise programme une série


d'émissions éducatives du soir à l'intention des téléspectateurs de tous âges,
désireux de se préparer à l'examen du « Mittlere Reife », qui sanctionne la
fin de l'enseignement général secondaire court. Ce collège de la télévision,
le premier en date, fera l'objet d'une émission d'une demi-heure cinq fois
par semaine, une autre demi-heure étant consacrée à la répétition de la leçon
du jour précédent. L'élève reçoit pour chaque leçon une feuille de devoirs.
Toutes les trois semaines, les étudiants, par groupes de vingt personnes, se
réunissent dans des écoles où l'un des professeurs revoit avec eux le travail
accompli.
Le programme du IVe Colloque européen
de la conférence internationale de service social

« La politique sociale et les droits de l'homme », tel est le thème dece,


colloque qui se tiendra à Salzburg (Autriche) du 30 août au 6 septembre 1967,
en. vue de préparer la Conférence internationale d'Helsinki de 1968.
Ce sujet, comme y invite la formulation même de son intitulé, devra être
conçu et traité d'une manière large. Mais, bien entendu, les différents pro-
blèmes sociaux qui figurent dans les thèmes proposés aux délibérations des
Commissions ne seront considérés et étudiés que dans leurs rapports avec les
droits de l'homme.
»
L'expression « politique sociale revêt ici un sens général et étendu. Elle
a été choisie non seulement en raison de la difficulté que présente la traduc-
tion en français de la notion de « social welfare », mais aussi, et surtout,
parce qu'elle est de nature à susciter une interprétation satisfaisante du sujet,
qui doit être envisagé d'une manière vivante, concrète et dans une perspective
dynamique. Dès lors que par « politique » on entend généralement ce qui se
rapporte aux objectifs fondamentaux et aux principaux itinéraires de l'action,
le concept de « politique sociale » englobe ici tout ce qui concerne la mission,
le fonctionnement et l'organisation des institutions sociales publiques et privées
et, notamment, le service social et, plus généralement, l'action sociale.
Quant à l'expression « droits de l'homme », elle doit être prise dans l'ac-
ception qu'elle revêt dans les « déclarations de droits ». Mais dans l'étude des
subdivisions du sujet, il conviendra de rechercher si et dans quelle mesure les
« droits de l'homme » ainsi proclamés, et considérés plus particulièrement
dans leurs aspects économiques et, surtout, sociaux, sont consacrés dans la
législation, si la jouissance et l'exercice de ces droits sont effectifs et quels
sont les recours offerts aux citoyens dans le cas où ces droits sont méconnus.
Les subdivisions du sujet, qui constituent les thèmes des Commissions,
ont trait soit à certains aspects du droit social positif, soit à certaines presta-
tions sociales, soit enfin à des catégories vulnérables de la population.
Si les aspects législatifs et réglementaires de ces problèmes doivent être
étudiés dans leurs rapports avec les « droits de l'homme », les considérations
de technique juridique ne seront examinées que pour l'essentiel, dès lors que
Faccent doit être mis sur les principes et les règles fondamentalesainsi que sur
le contenu socio-économique.

COMMISSIONS

1. De l'égalité juridique à l'égalité des chances.


Accès à l'éducation (formation générale et formation professionnelle), aux
loisirs et aux activités culturelles, promotion sociale, etc.

2. L'évolution du droit du travail.


En considération, notamment, des transformations techniques et écono-
miques, et dans ses rapports avec la conception générale des droits de l'homme.
3. Le développement des institutions sociales dans l'Etat moderne.
(Sécurité sociale, aide sociale, etc.). La redistribution du revenu national
opérée par les institutions sociales et le système fiscal. L'évolution de la répar-
tition ; le problème de la réduction de l'inégalité de distribution des revenus
devant les droits de l'homme.
4. La politique du logement et des équipements collectifs devant les droits de
l' homme.
Initiative privée (individuelle et collective) et intervention de l'autorité
publique (nationale ou locale). Le problème du droit au logement et du droit
aux services publics (et notamment aux services socio-médicaux, socio-cul-
turels et autres).
5. Evolution du statut des minorités et des migrants au regard des droits de
l'homme.

; ;
Le problème de l'égalité juridique et de l'égalité de fait l'intégration (qui
n'est pas l'assimilation), ses limites ou ses difficultés la participation.
6. Le bien-être des personnes âgées dans ses rapports avec les droits de
l'homme.
Implications de l'allongement de la durée de la vie, des transformations
technico-économiques, des changements socio-culturels, de l'évolution de
l'éthique familiale, etc.
7. L'intégration des handicapés physiques, mentaux ou sociaux et les droits de
l'homme.
Implication du progrès technique (prothèses, etc.), des progrès de la
médecine, de la psychologie et de la sociologie appliquées, de l'évolution de
l'éthique sociale en ce domaine.
8. L'amélioration des conditions d'existence dans les collectivités restreintes et
contraignantes.
:
Les divers types de collectivités au sein de cette catégorie l'établissement
de soins ou de retraite, la prison, etc. Evolution des droits ou des garanties
accordées au malade hospitalisé, au prisonnier, etc.
Pour plus de renseignements, s'adresser à l'Office régional pour l'Europe
du Conseil international de l'action sociale, 5, rue Las-Cases, Paris, 7e.
CHRONIQUE LÉGISLATIVE

1
-
Coup d'œil sur l'actualité législative
Sécurité sociale
Assurances sociales

Frais médicaux dans les maisons de retraite (E-22.1 ; F-65.3).


Question et réponse écrites au « » de l'Assemblée natio-
Journal Officiel
nale du 14 janvier 1967 :
21406. M. Delong attire l'attention de M. le ministre des Affaires
sociales sur l'article 11 du décret n° 61-9 du 3 janvier 1961 relatif aux prix
de journée dans des établissements privés recevant des vieillards. Il découle
de cet article que ne peuvent entrer dans le prix de revient prévisionnel de
ces établissements les frais médicaux et pharmaceutiques autres que ceux
afférents aux soins courants correspondant à la destination de l'établissement.
En conséquence, lorsque l'intervention du médecin aboutit à une prescription
individuelle, ce praticien est rémunéré à l'acte et les organismes de Sécurité
sociale doivent procéder au remboursement des soins dispensés sur la base
du tarif de ville. Or, il n'en est pas de même pour les hospitalisés payants des
hospices et maisons de retraite publiques. Leurs droits sont équivalents aux
hospitalisés des établissements privés. La justice voudrait donc que
lorsqu'il y a prescription individuelle dans les établissements publics à
des ressortissants de caisses de Sécurité sociale, celles-ci assurent le rem-
boursement dans les conditions habituelles. Outre son injustice, le sys-
tème actuel transfère aux collectivités et aux pensionnaires de ces établis-
sements la charge pécuniaire qui est normalement due par la Sécurité sociale,
celle-ci continuant d'ailleurs à effectuer les retenues sur les pensions des hos-
pitalisés payants. La stricte justice voudrait que les droits des pensionnaires

;
des établissements publics au regard de la Sécurité sociale soient les mêmes
que ceux des établissements privés il ne saurait en effet y avoir deux caté-
gories d'assurés. Un projet de décret tendant à permettre la facturation aux
pensionnaires des hospices d'un forfait pour soins médicaux est à l'étude. Une
telle solution ne peut apporter aucune amélioration aux conséquences qui dé-
coulent de l'établissement du prix de la journée pour les pensionnaires payants
des établissements publics. Il lui demande dans le cadre de la mission sociale
de son ministère quelles mesures il compte prendre pour assurer les mêmes
droits aux assurés sociaux, qu'ils soient pensionnaires d'établissements publics
ou privés. (Question du 30 septembre 1966).
Réponse. Le problème posé n'a pas échappé à l'attention du ministère
des Affaires sociales, car le développement de la sécurité sociale et son
extension à de nouvelles catégories de la population ont eu pour résultat
d'accroître considérablement le nombre des assurés sociaux parmi les pension-
naires des hospices publics. Il est certes anormal que les intéressés qui, par
ailleurs, supportent souvent intégralement le paiement du prix de pension,
ne bénéficient pas des prestations en nature de l'assurance maladie auxquelles
ils sont en droit de prétendre. A l'heure actuelle, néanmoins, en vertu de
l'article 20 du décret du 29 décembre 1959 qui n'est d'ailleurs que la recon-
duction de la réglementation antérieure, élaborée alors que les pensionnaires
d'hospice ne bénéficiaient pas de régime de prévoyance sociale, mise à part
l'aide sociale aux personnes âgées, tous les frais quels qu'ils soient, supportés
par un établissement hospitalier pour l'hébergement ou le traitement des pen-
sionnaires sont compris dans les prix de journée et ne peuvent donner lieu à
facturation et remboursement à part. Aussi, lorsqu'un pensionnaire d'hospice
est malade, s'il est traité sur place, la sécurité sociale n'intervient pas pour le
remboursement des frais (soins médicaux, dépenses pharmaceutiques, etc.),
afférents à cette maladie. De même pour les soins dentaires, les fournitures
de lunettes, etc. Pour remédier à cette situation, un projet de décret a été pré-
paré après avis du conseil supérieur des hôpitaux en vue de permettre le
remboursement, par les organismes de prévoyance sociale des dépenses médi-
cales et pharmaceutiques faites dans les hospices et maisons de retraite. Dans
un but de simplification, pour éviter d'avoir à constituer des dossiers de
maladie pour chaque cas particulier, il avait été prévu compte tenu de l'avis
émis par le conseil supérieur des hôpitaux d'instituer un forfait médical et
pharmaceutique regroupant toutes les dépenses de soins, forfait dont le rem-
boursement serait demandé à la sécurité sociale pour les assurés sociaux, à
l'aide médicale pour les assistés et aux pensionnaires eux-mêmes pour ceux

;
ni assurés sociaux, ni assistés. Il s'avère toutefois que la prise en considéra-
tion de ce projet soulève des difficultés de principe aussi s'oriente-t-on, à

par M. Delong :;
l'heure actuelle, vers l'étude d'une solution de la nature de celle préconisée
remboursement des frais de maladie sur présentation de
dossiers éventuels toutefois, cette solution soulève également des difficultés
d'application, en raison notamment de l'organisation particulière du service
médical dans les hospices publics. Quoi qu'il en soit, le ministère des Affaires
sociales suit de près cette affaire et porte ses efforts vers la recherche d'une
réglementation de nature à mettre fin à l'état de choses signalé.

Assurance volontaire (E-16.1).


Par une circulaire n° 7 SS, du 20 janvier 1967, non parue au « J. O. »,
mais dans le fascicule n° 4-67 du bulletin officiel du Ministère des affaires
sociales, les cotisations d'assurance volontaire sont revalorisées comme suit,
depuis le 1er janvier 1967 :
C/5 ••|0
CS
<
REVENUS
maximum
ANNUELS

4.104F
|
de 4.104 à
8.208F
de 8.208
à 12.312 F
12.312 F
et au-dessus

sociales.
j-jj

a|5

- ---
!-<
u

II

III

IV
SALAIRES
de base

3.420F
6.840F

10.260F

F
13.680

février), en ajoute 5 nouvelles


-
COTISATIONSTRIMESTRIELLES
annuelsTTÎCO 51

"O
0"
H.N~
lsN
§g#

180

359

539

718 j
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1-0 rn

94

188

282

376
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»
171

257

342
0 1
«=-~ ri22^
d)
0

86
0\

--- ---,j
sl'l00"
,.:¡ 1-0

77

154

231

308 282
Ce tableau modifie celui de la page 51 de notre Guide des Assurances

Accidents du travail et maladies professionnelles

Nouvelles maladies professionnelles (E-30).


WO
S'S
<
J«'8<2ÏQ

!
1-0

Il y avait 43 maladies professionnelles et couvertes comme telles par la


législation de sécurité sociale. Un décret du 14 février 1967 (J. O. du 18
:
Tableau n° 44 : « Sidérose professionnelle (maladies consécutives à
l'inhalation de poussières ou de fumées d'oxyde de fer),
Tableau n° 45 : « Hépatites virales professionnelles »,
,;G

71

141

212

Tableau n° 46 : « Dermatophyties professionnelles d'origine animale »,


Tableau n° 47 : « Maladies professionnelles provoquées par les bois
exotiques »,
Tableau n° 48 : « Troubles angioneurotiques professionnels provo-
qués par les travaux de meulage et de polissage».
De plus, sont légèrement modifiés les tableaux n° 18 (charbon profes-
sionnel) et n° 29 (lésions provoquées par des travaux effectués dans les mi-
lieux où la pression est supérieure à la pression atmosphérique).
A ajouter à la page 207 de notre Guide du Travail.

Nous profitons de cette modification de la législation pour informer le


lecteur intéressé qu'un index pratique des maladies professionnelles vient de
sortir aux Editions Sociales Françaises, 17, rue Viète, Paris 17e.
Prestations familiales
Réduction des zones d'abattement (E-44).
A compter du 1" avril 1967, du fait du décret du 11 mars 1967 (J. O.

:
du 14 mars), il y a suppression de la zone 5 %, ce qui ne laisse subsister
désormais que 5 zones d'abattement

!
1-

%,
AVANT LE 31 MARS 1967 A PARTIR DU 1" AVRIL 1967

0 0
1 1

2 2
3 3
~---
4
"-"-------- 4
5

Modifier en conséquence la page 111 du Guide de la Famille.

Logement
Locations saisonnières en meublé (G-35).
Sera punie d'une amende de 60 F à 400 F (2 000 F en cas de réci-
dive), toute personne qui, à l'occasion d'une location saisonnière ou d'offre de
location saisonnière d'un local meublé, en vue de l'habitation, aura fourni des
renseignements manifestement inexacts sur la situation de l'immeuble, la
consistance et l'état des lieux, les états de confort ou l'ameublement.
La menace qui pèse sur les loueurs abusifs est susceptible de satisfaire
ceux qui ne peuvent se déplacer dans le courant de l'année pour visiter les
locaux qui leur sont proposés pour les vacances.
Décret du 14 février 1967, J. O. du 19 février.
Chambres et logements d'étudiants en H.L.M. (G-46).
En accord avec le Ministère des Finances, le Ministère de l'Education
Nationale a prévu de réserver, à l'occasion de projets de construction des
Offices publics d'H.L.M., des chambres pour étudiants célibataires et de réser-
ver des logements pour jeunes ménages d'étudiants.
6
Circulaire du février 1967, non parue au Journal officiel, mais que l'on
peut lire dans le bulletin officiel de l'Education Nationale du 2 mars 1967.

Divers
Adoption (B-33.2).
Une circulaire du 7 février 1967, Journal Officiel du 5 mars 1967, pré-
cise que les services d'aide sociale à l'enfance et les œuvres autorisées, ont
désormais le monopole du placement des futurs adoptés de moins de 2 ans
accomplis (sauf liens de famille jusqu'au 6" degré avec l'adoptant). Ainsi,
aucune adoption, plénière ou simple, ne pourra être prononcée par les tri-
bunaux si l'enfant n'a été effectivement remis au service de l'aide sociale à
l'enfance ou à une œuvre d'adoption autorisée (article 348.5 du Code Civil).
Ainsi tout placement en vue d'adoption effectué par des organismes ou
personnes non qualifiés depuis le l'r novembre 1966 est sans issue possible.
Figure ensuite en annexe de la circulaire la liste des Œuvres d'adoption
:
autorisées
Bouches-du-Rhône :
Œuvre de l'adoption, 54, rue Paradis, 13-Marseille.
Charente :
Œuvre de l'adoption, 3, rue du Port, 16-Cognac.
Haute-Garonne :
Œuvre de l'adoption, 1, place Saintes-Scarbes, 31-Toulouse.
Loire :
1.La Famille adoptive forézienne, 2, place Marengo, 42-Saint-Etienne.
2. Association L'Accueil, 14 ter, avenue Denfert-Rochereau, 42-Saint-
Etienne.
Nord: Association de l'adoption des Tout-Petits, 16, rue Jean-Moulin, 59-
1.
Lille.
2. M" Reynaert, 282, boulevard Victor-Hugo, 59-Lille.
Rhône :
1. Œuvre adoptive lyonnaise, 33, place Bellecour, 69-Lyon (2").
2. La Famille adoptive chrétienne, 90, rue Laënnec, 69-Lyon (8').
Seine :Œuvre de l'Immaculée Conception, 1 bis, quai aux Fleurs, Paris (4").
1.
2. Fondation d'Heucqueville, 81-85, boulevard de Montmorency, Pa-
ris (16").
3. Mm" Ramsay, 118, rue de la Pompe, Paris (16').
4. Association L'Entraide des femmes françaises, 12, rue Clément-Marot,
Paris (8").
5. Œuvre de secours aux enfants, 23, rue Clapeyron, Paris (8°).
6. Famille adoptive française, 8, rue E.-Fournier, Paris (16').
7. Les Nids de Paris, 83, avenue de Saint-Mandé, Paris (12e).
Seine-Maritime :
Œuvre des Nids, 76-Mont-Saint-Aignan.
Seine-et-Oise :
L'Adoption familiale La Cause, rue Georges-Clemenceau, 78-Carrières-

Tarn-et-Garonne :
sous-Poissy (Yvelines).

Le Foyer des Tout-Petits, 82-Montbeton.


Cette liste peut compléter utilement la note (1) de la page 38 de notre
Guide de la Famille.
Il
-
Commentaires
Prolongation de la scolarité obligatoire (L-50 ; D-23).
L'ordonnance du 6 janvier 1959 sur la prolongation de la scolarité obli-
gatoire concerne tous les enfants qui atteindront l'âge de 14 ans à partir du
1er janvier 1967. Les enfants qui atteindront cet âge avant cette date seront
libérés de l'obligation scolaire conformément à la législation antérieure.
Les élèves qui atteindront l'âge de 14 ans entre le 1er janvier et le 15
septembre 1967 devront en principe être maintenus jusqu'au terme de l'année
scolaire dans l'établissement qui les a accueillis à la rentrée de 1966 : toutefois
sur demande des parents des dérogations à titre individuel pourront être ac-
cordées après avis de l'inspecteur du Travail, aux adolescents qui, pour des
raisons particulières, ne seraient pas à même de poursuivre leur scolarité et
désireraient accéder à une formation professionnelle dans l'entreprise. Les
intéressés demeurent dans ce cas soumis au régime de droit commun antérieur
(législation du travail et contrat d'apprentissage).

:
A la rentrée de 1967, tous les enfants nés en 1953 devront, sauf ins-
truction donnée dans la famille, être soumis à un statut scolaire à titre
exceptionnel, les dérogations individuelles antérieures (cf. ci-dessus) ou des
dérogations nouvelles éventuelles pourront être accordées suivant la procédure
indiquée ci-dessus et avec les mêmes conséquences en ce qui concerne le statut
des intéressés.
Hormis les bénéficiaires de ces dérogations, les adolescents ne pourront
plus être admis comme apprentis dans les entreprises (sauf dans le cas où ces
entreprises n'emploient que des membres de la famille sous l'autorité du père,
de la mère ou du tuteur) et l'instruction obligatoire devra être satisfaite en
ce qui les concerne suivant les modalités fixées ci-dessous.
Modalités d'application de la scolarité obligatoire
Les nouvelles structures définies par la Réforme prévoient l'accueil de

;
tous les enfants de 14 à 16 ans dans les divers types de classes de 4e et de 3e
des établissements de premier cycle il va de soi que, dans la limite conve-

:
nablement utilisée de tous les moyens disponibles, les enfants dont les parents
le souhaitent doivent être accueillis dans de telles classes en particulier il
convient d'ouvrir, si besoin est, dans les nouveaux C.E.G. et C.E.S., les classes
de 4e et de 3e pratiques nécessaires.
En dépit des progrès accomplis depuis 1963, tant dans le domaine des
équipements que dans celui de la formation du personnel, tous les moyens
nécessaires ne sauraient être réunis, cependant que la prolongation de l'ins-
truction obligatoire, pour s'insérer sans heurts dans le contexte social et
psychologique, requiert une application progressive. Il est apparu, dans ces
conditions, opportun de définir une solution transitoire et expérimentale qui
corresponde à la fois aux exigences de la loi, aux besoins généraux d'éduca-
tion et aux conditions économico-sociales au cours de la période présente.
Aux termes de l'ordonnance du 6 janvier 1959, l'instruction obligatoire
a pour objet « l'éducation et les connaissances de base, les éléments de la
culture générale, et, selon les choix, de la formation professionnelle et tech-
nique ». Il est donc conforme à la volonté du législateur et en même temps
utile à des adolescents désireux de s'insérer dans les meilleures conditions
dans la vie active de réaliser, en un premier temps, cet effort nouveau de
scolarisation par le moyen d'un développement de la formation professionnelle
et technique. Celui-ci peut être obtenu de deux façons :
l'enseignement technique :
d'une part, en utilisant au maximum les structures traditionnelles de
il est admissible, à titre provisoire, d'accroître le
recrutement des sections de C.E.T. en 3 ans, ou même d'ouvrir de nouvelles
sections de ce type préparant au C.A.P.

:
d'autre part, en créant une nouvelle forme d'éducation professionnelle
associant l'école et l'entreprise la section d'éducation professionnelle.
Si la première des deux orientations ci-dessus ne soulève pas de diffi-
cultés spéciales hormis le fait que les moyens disponibles fixeront les limites
de ses possibilités
:
les caractères originaux de la section d'éducation pro-
fessionnelle doivent être précisés dans l'état actuel de la question, il n'est au
demeurant possible que de tracer les grandes lignes de l'action à entreprendre
et des instructions ultérieures fixeront les modalités d'application.

a. Organisation générale

:
La section d'éducation professionnelle est appelée à associer l'école et
l'entreprise elle comportera un enseignement dispersé en milieu scolaire et
une formation pratique donnée dans l'entreprise, les élèves étant placés, dans
toutes leurs activités, sous statut scolaire.
La collaboration qui s'instaurera à cet effet entre les structures d'ensei-
gnement sera définie dans certains secteurs d'activités, et notamment dans
l'artisanat, par un règlement national et pour d'autres secteurs par des con-
ventions d'éducation professionnelle conformes à un modèle type actuellement
à l'étude. Les jeunes pour lesquels leurs familles choisissent cette modalité de
scolarité bénéficieront de la législation applicable à l'enseignement technique,
notamment en ce qui concerne la protection contre le risque d'accident.
Parallèlement les mesures nécessaires sont en préparation afin d'aménager la
législation du travail en vue d'autoriser leur présence en entreprise pour leur
formation pratique.
L'enseignement dispensé en milieu scolaire comportera en principe
12 heures hebdomadaires au moins selon les rythmes divers en fonction des
circonstances locales (par exemple 2 jours par semaine, ou 3 demi-journées,
ou 2 heures quotidiennes pendant 6 jours, etc.). Le complément de scolarité,

:
28 heures hebdomadaires au maximum, constituera la formation pratique
donnée dans des entreprises de toute nature commerciales, industrielles, arti-
sanales ou agricoles choisies par l'établissement scolaire ou l'organisme res-
ponsable de l'enseignement.
b. Champ d'application

d'enseignement ou de formation :
Toute section d'éducation professionnelle sera rattachée à une structure
en fonction des besoins et des possibilités
sur le plan local, les sections pourront relever soit d'établissements d'enseigne-
ment publics ou privés du niveau adéquat (établissements de premier cycle
ou de second cycle court), soit de cours professionnels ou postscolaires publics
ou privés.
c. Contrôle de la scolarité
Le contrôle de l'obligation scolaire ainsi que les sanctions de cette obli-
gation sont, en ce qui concerne les élèves inscrits dans les sections d'éduca-
tion professionnelle et les entreprises liées à elles par convention, définis par
les dispositions du décret n° 66-104 du 18 février 1966 relatif à l'obligation
scolaire, à son contrôle, à ses sanctions.

EVALUATION DES BESOINS ET RECENSEMENT DES MOYENS

par conséquent des délais importants :


La mise en place de telles sections demandera des études attentives et
une première étape doit procéder à
une analyse des besoins en ce domaine et préparer l'organisation des premières
sections expérimentales.

A. Evaluation des besoins


Actuellement les enfants nés en 1953 se trouvent pour leur quasi-totalité

des. Il convient d'évaluer le nombre :


soit dans un établissement de premier cycle, soit dans une classe de fin d'étu-

de ceux qui continueront en tout état de cause leurs études dans les
voies scolaires habituelles (publiques ou privées) ;
de ceux qui devront être inscrits dans les sections d'éducation pro-
fessionnelle.
Pour apprécier exactement la situation, un double travail sera effectué :
d'une part, il convient avec l'aide des échelons statistiques rectoraux
que soient évaluée de façon globale l'importance des deux groupes définis
ci-dessus;
d'autre part, il sera procédé notamment par l'intermédiaire des
directeurs d'écoles primaires à une enquête auprès des parents de tous les
enfants nés en 1953. Ces familles seront informées des diverses voies qui leur
sont offertes :
- ;
Maintien en C.F.E. si l'enfant a des chances raisonnables d'obtenir le cer-
tificat d'études primaires
-- Accès à un établissement de premier cycle soit 4e pratique, soit 4" d'accueil;
Accès à un C.E.T. (préparation du C.A.P. en trois ans) ;
- Option pour une section d'éducation professionnelle.
L'instituteur de l'enfant signalera la voie qu'il estime le mieux en rapport
avec ses aptitudes. Ces fiches regroupées par écoles seront envoyées à l'ins-
pecteur d'académie dans les délais qu'il aura prescrits.
Les résultats globaux de cette double enquête seront confrontés et consi-
gnés dans les tableaux récapitulatifs du modèle ci-joint.

B. Recensement des moyens nécessaires


Les résultats de l'enquête permettront d'évaluer, par estimation, l'effort
nouveau à accomplir pour répondre aux besoins nés de l'application de la
prolongation de la scolarité et de prévoir les moyens à mettre en œuvre pour
le satisfaire :
1. Renforcement nécessaire des structures d'accueil prévues par la réforme.
Il sera possible de dénombrer les classes de 4e et 3e supplémentaires dont
l'ouverture sera proposée dans le cadre des moyens matériels actuels.
2. Utilisation des structures anciennes dans les C.E.T. de type traditionnel
en fonction des possibilités, on peut, à titre transitoire, soit prévoir
le recrutement à plein effectif de sections préparant au C.A.P. en trois
ans, soit même proposer la création de nouvelles sections de ce type.
3. Création de sections d'éducation professionnelle : :
De façon très générale, trois éléments doivent être pris en considération
l'existence d'un établissement d'enseignement ou d'un cours profes-
»
vant dispenser 12 heures d'enseignement par semaine ;
sionnel pouvant servir de « support scolaire à la section, c'est-à-dire pou-

l'existence d'entreprises situées dans la même ville que cet établisse-


ment ou dans des communes reliées à cette ville (ou pouvant l'être) par un
circuit de transports scolaires et disposées à accepter des élèves sous conven-
tion ;
un recrutement possible d'une quinzaine d'élèves au minimum qui
seraient regroupés pour l'enseignement en milieu scolaire.

des besoins il conviendra :


Compte tenu de l'évaluation du volume et de la localisation géographique

a) d'établir un schéma d'implantation possible de sections à effectifs


convenables en fonction d'un point de rattachement (établissement d'enseigne-
ment, cours professionnel, cours postscolaire, etc.) ;
b) de faire rechercher par chacun des chefs d'établissements ou d'orga-
nismes choisis, avec l'aide des échelons régionaux d'éducation professionnelle
et en collaboration avec les organismes professionnels de toute nature, notam-
ment avec les chambres de métiers en ce qui concerne l'artisanat, la ou les

;
entreprises avec lesquelles pourrait être passée une convention d'éducation
professionnelle
c) au vu du résultat de cette enquête, d'établir la liste définitive des pro-
positions de création.

EN BREF
Sont affranchies de l'impôt sur le revenu des personnes physiques
les majorations de retraite ou de pensions pour charges de famille.
REVUE DES LIVRES

Raymond LEDRUT. Sociologie du chômage. Paris, Presses Universitaires


de France, 1966, 548 p. (A-33 et D-10).
Si les articles et les enquêtes se multiplient sur le chômage c'est bien
parce que la situation de la main-d'œuvre est plus tendue. Malgré les appa-
rences, l'imprécision des statistiques, due en grande partie à des définitions
différentes du terme de chômeur, ne permet pas toujours de suivre de près ce
phénomène, d'autant plus qu'il reste imprégné des grandes craintes que fait
planer sur l'emploi le souvenir des grandes crises économiques. M. Ledrut,
utilisant les méthodes de la sociologie, veut étudier la réalité sociale du chô-
mage, plus que sa signification économique et cela lui permet d'apporter
des vues neuves et originales.
Il est important de prendre conscience des facteurs qui conditionnent
le chômage. On sait, dans les grandes lignes, qu'il est lié aux changements
démographiques et sociaux qui influencent les conditions de l'emploi, aux
fluctuations de la production et de son écoulement, à certaines transfor-
mations technologiques. M. Ledrut étudie de près ces conditions économi-
ques générales en soulignant les interférences entre l'évolution économi-
:
que et les structures sociales. Mais, à côté de ces conditions générales, il pose
la question « Y a-t-il des conditions particulières, infériorisantes qui font que
?
certaines couches de la population sont plus touchées, avec quelle fréquence,
avec quelle constance ». Si l'on peut considérer que le chômage est sélectif,
quels sont les caractères qui sensibilisent certains travailleurs plus que d'au-
tres ? Les travailleurs âgés, handicapés, les femmes sont-ils plus vite et plus
longtemps touchés par les crises de l'emploi ? Le type du chômeur âgé, en
mauvais état de santé est le type dominant dans le chômage de prospérité
(c'est-à-dire en dehors des périodes de crise). Au contraire quand le chômage
s'accroît c'est le travailleur d'âge moyen, convenablement qualifié, qui tend à
devenir le chômeur type. Il y a donc une vulnérabilité personnelle au chômage
qui est ce qui est normal particulièrement sensible à certaines périodes.
Les diverses raisons de la mise en chômage créent des réactions très dif-
férenciées. En face de sa situation, en face de la recherche d'un nouvel
emploi, l'attitude n'est pas du tout la même selon que le chômeur a subi
un licenciement individuel ou un licenciement collectif, avec ou sans raisons
personnelles. La durée du chômage (et c'est la donnée essentielle pour juger
de l'état réel), l'activité employée pour trouver un nouvel emploi permettent
de distinguer plusieurs catégories de chômeurs. Mais ce sont là des données
mieux connues, comme les rapports entre le taux d'accroissement des emplois
et celui de la population active (c'est une vérité d'évidence que, pour que le
chômage reste bas, il faut que le taux d'accroissement des emplois ne soit
jamais inférieur à celui de la population active et qu'il doit être supérieur
pour que le chômage diminue).
Ce que M. Ledrut éclaire parfaitement, c'est l'ambiguïté des attitudes
vis-à-vis des chômeurs et l'incertitude de ses réactions propres. En effet, il
y a une véritable imagerie populaire des « chômeurs professionnels », bien
que ceux-ci ne soient qu'en très petit nombre, qui ne cherchent pas de travail
parce qu'ils vivent des allocations de chômage. Dans l'esprit de beaucoup,
il y a les chômeurs dignes et les chômeurs indignes. De toute façon, le chô-
mage apparaît presque toujours comme une chute, comme une déchéance. Il
réveille des sentiments de culpabilité et le fait d'aller au bureau de main-d'œu-
vre, de demander des allocations de chômage apparaît le plus souvent comme
une démarche humiliante. C'est pourquoi M. Ledrut insiste à juste titre sur la
nécessité d'une réorganisation des allocations de chômage, sur la création d'un
véritable système d'assurances chômage, où les versements n'apparaissent
jamais comme des « secours », dus à l'assistance de la société.

Georges BURDEAU. La démocratie. Paris, Editions du Seuil, 1966, 191 p.


(Collection Politique) (B-10).
Prenant place dans une nouvelle collection de poche aux titres intelli-
gemment choisis et qui pourra constituer une documentation accessible à
chacun sur les grands problèmes politiques (aussi bien théoriques que prati-
ques), l'ouvrage de G. Burdeau rassemble de façon commode des données
qu'il avait abordées dans des ouvrages beaucoup plus savants et complexes.
Il oblige à une réflexion indispensable sur les caractéristiques de la démocratie
qui n'a pas un visage immuable mais qui prend des formes différentes suivant
les époques et les pays.

Joffre DUMAZEDIER et Aline RIPERT. Le loisir et la ville. I. Loisir et cul-


ture. Paris. Editions du Seuil, 1966. 398 p. (M-08).
En face du loisir les prises de position sont diverses et relèvent souvent
plus de la polémique que de l'étude. Pour certains le loisir a tendance à
détruire les liens qui unissent l'homme à ses responsabilités sociales parce
qu'ils pensent le loisir en termes d'évasion, d'inadaptation sociale, de com-
pensation. Pour d'autres, de nouvelles valeurs naissent avec le loisir et pro-
voquent une nouvelle façon de voir et de vivre les obligations sociales. Ce
qui est fuite pour les uns, est enrichissement pour les autres. Cela vient sans
doute de deux modes de pensée différents mais surtout d'une conception très
différente du loisir et de la culture de masse. On peut dire qu'un accord se
fait, si l'on considère que ce qui compte c'est le contenu que l'on donne au
loisir. Les activités de loisir peuvent satisfaire un besoin profond en remplis-
sant des fonctions essentielles à l'équilibre de l'homme moderne. La culture
de masse n'est qu'appauvrissement si elle ne touche que des consommateurs
passifs qui absorbent des produits culturels standardisés, de plus en plus
médiocres, fabriqués en série pour des motifs commerciaux. Elle peut, au con-
traire, manifester un premier éveil à une culture nouvelle si elle est vécue
par des êtres responsables et conscients qui gardent leur jugement et le sens
du choix.
L'ouvrage de M. J. Dumazedier et A. Ripert pose ces problèmes mais leur
apporte autre chose qu'une nouvelle formulation. Il nous donne les résultats
d'une minutieuse enquête systématique. Prenant pour terrain d'étude la ville
d'Annecy, considérée comme le microcosme de la ville de demain, les auteurs
suivent le développement des différentes activités de loisir. Choix, motiva-
tions, termes mêmes des réponses reçues ont été consignés, chiffrés, inter-
prétés et apportent une connaissance précise sur les intérêts portés aux acti-
vités les plus diverses du loisir.
Les auteurs concluent, avec un optimisme modéré, qu'il leur apparaît
certain qu'il y a une meilleure qualité du loisir et une réelle démocratisation.
Cependant il est net que « plus que les différences de niveau économique,
les différences de niveau d'instruction apparaissent comme le point stratégi-
que qui décide des inégalités de développement culturel dans le loisir des
différentes classes sociales. Et il semble que cette inégalité de niveau devien-
dra de plus en plus déterminante ». Cela impose donc une politique à long
terme.

André ROUÈDE. Le lycée impossible. Paris, Editions du Seuil, 1966.


316 p. (L-10).

:
Après avoir lu ce livre on n'a guère envie d'en faire une analyse, mais
simplement de dire lisez-le, vous y trouverez des idées sur l'éducation, des
réflexions sur l'enseignement, des portraits d'enfants et de familles, rédigés
sans pédanterie avec un véritable talent d'écrivain par un homme dont on
sent la nature passionnée. Rien d'ennuyeux dans ce récit d'une expérience
faite dans un lycée climatique par un proviseur qui nous fait saisir sur le vif
ses espoirs, ses illusions peut-être, et ses désillusions. Il a voulu donner une vie
nouvelle à son lycée, substituer la raison à la contrainte, abolir les punitions
en essayant d'entraîner l'adhésion des élèves et leur collaboration, la discipline

; :
n'étant plus répressive, mais librement consentie. Au-delà du récit de cette
expérience, il pose quelques problèmes essentiels tension entre l'école et la
vie sociale difficultés de l'effort rénovateur aux prises avec les préjugés héri-

:
tés du passé et les incohérences du présent, attitudes des parents, etc. On

les efforts des éducateurs


M. Rouède rappelle très justement le mot de Mirabeau :
sent à quel point les conditions matérielles de l'enseignement peuvent gêner
bâtiments mal construits, mal étudiés, trop petits.
« Les hommes sont
comme les pommes, quand on les entasse, ils pourrissent. » De meilleurs
bâtiments et un nombre plus restreint d'élèves auraient sans doute permis des
expériences mieux réussies.
Mais cela n'aurait pas été suffisant. En effet, M. Rouède affirme qu'il
« s'est fait tuer en première ligne, envoyé au massacre par une
pédagogie
de faiblesse qui discrédite l'effort et calomnie l'émulation». Sans aucun doute
certaines de ses pages choqueront, parce qu'elles critiquent violemment la
psychologie mal comprise, mal appliquée, qui fait de l'inadaptation et de la
névrose des paravents commodes.
L'attitude des familles démissionnaires ou surprotectrices (ou les deux
à la fois, car ce n'est pas incompatible) donne lieu à des récits pleins d'hu-
mour et permet, au-delà de problèmes d'enseignement, de poser les problèmes
d'éducation.

Fernand BOULARD. Premiers itinéraires en sociologie religieuse. Paris,


Editions Ouvrières, 1966. 160 p., cartes. (A-32).
M. le chanoine Boulard, dont les travaux ont déjà été si utiles, com-
mente, dans ce petit ouvrage, les cartes de la pratique religieuse qu'il a dres-
sées. C'est donc un véritable bilan des diverses observations faites en même
temps que des directives pour des enquêtes futures.
La pratique religieuse apparaît donc avec toutes ses variantes et son
:
inégal développement. Trois zones principales peuvent être délimitées a) les
régions où le clergé reste en contact régulier avec la population et où plus
de 45 des adultes assistent à la messe dominicale et communient à Pâques
b) les régions où les contacts sont épisodiques et où la majorité de la popu-
;
lation pratique les grands actes religieux de portée sociale (baptêmes, maria-
ges, enterrement) ; c) les pays de rupture où au moins 20 des enfants ne
sont pas baptisés. La carte de France qui est dressée selon ces zones est don-
née dans l'ouvrage et permet ainsi de saisir d'un premier coup d'œil les
« pays de mission ».
Ce ne serait là qu'un travail incomplet si l'auteur ne cherchait pas à
mettre ces données en relation avec la composition sociale, le niveau cultu-
rel, les options politiques des populations observées. Ce jeu des influences
réciproques est encore assez difficile à saisir dans toute sa complexité.
Comme le souligne M. Le Bras dans sa préface, la tâche à accomplir
:
-

est immense et on le comprend mieux en rappelant la définition qu'il donne


de la sociologie religieuse « Chercher dans toutes les religions depuis leur
origine, les projections sociales pour aboutir à une typologie des structures et
à l'intelligence des rapports entre les types religieux et la condition des grou-
pes ; déterminer, pour chaque religion, les critères de la vitalité pour mesurer
à tout moment les forces de résistance et de création. »
Jean LE Duc. Au royaume du son et de l'image. Paris, Hachette, 1965,
192 p. (M-67 et M-68).
M. Le Duc dégage l'apport de la radio, du cinéma et de la télévision,
à notre civilisation. Il essaie de définir la spécificité de chacun, les buts et
les principes qui orientent les différentes productions. Optimiste, l'auteur
cherche à dégager le bon côté des moyens audio-visuels mais n'aborde que peu
l'influence exercée par eux.
Arlette BOURCIER. La nouvelle éducation morale. Paris, Editions Socia-
les Françaises, 1966. 200 p. (L-23).
Le but de toute éducation est de former un adulte sain et heureux, en
protégeant la personnalité naissante de l'enfant. Tout doit contribuer à faire
de nos enfants des responsables et non des anxieux, comme le dit juste-
ment l'auteur. Pour cela, il faut développer la conscience morale de l'enfant
mais « lui fermer les portes de l'univers morbide de la faute ».C'est surtout
contre une éducation morale archaïque que s'élève cet ouvrage, d'inspiration
psychanalytique.
Ostwart KOLLE. Ton enfant, cet inconnu. Paris, Casterman, 1966. 232 p.
(A-63).
Agréablement écrit et illustré de quelques photos, conçu avec une large
ouverture d'esprit, l'ouvrage de ce psychologue allemand évoque tous les pro-
blèmes de la psychologie de l'enfant, sous un angle pratique.

Jean-André FAUCHER. Les clubs politiques en France. Paris, John Didier


(6, rue Garancière, Paris 6'), 1966. 301 p. (A-52).
Le phénomène des clubs est relativement récent, allant de pair avec l'af-
firmation de l'inadaptation et du vieillissement des partis politiques tradition-
nels. On se repère souvent mal dans leurs noms, leurs dirigeants et leurs pro-
grammes. Grâce à ce travail, on peut se faire une idée plus précise.
Pologne-Hongrie 1956 ou le printemps en octobre. Textes choisis et traduits
sous la direction de J.-J. MARIE et B. NAGY, présentés par Pierre BROUÉ.
Paris, Etudes et documentation internationales (29, rue Descartes,
Paris 5e), 1966. L. II. 368 p. (A-50).
Une chronologie détaillée et des textes bien choisis peu accessibles
jusqu'alors en français, font de cet ouvrage sur les événements qui secouèrent
le monde communiste il y a dix ans, un instrument de travail fondamental.
Problèmes économiques de notre temps. Paris, Librairie Générale de droit
et de jurisprudence, 1966, 332 p. (C-10).
M. André Marchai a demandé à des spécialistes de présenter au grand
public, quelques-uns des problèmes essentiels de l'évolution économique con-
temporaine. Cet ouvrage collectif permet ainsi une mise au point, rapide mais
précise et compétente. B. de Jouvenel traite des prospectives économiques,
française ; ;
P. Dieterlen des problèmes monétaires, J. Marchai de la comptabilité nationale
P. Bauchet du Plan, G. Lecaillon de la politique des revenus
G. Austruy des problèmes du dévelopement A. Marchai de la construction
;
eupropéenne.

Docteur Paul LE MOAL. Etude sur la prostitutiondes mineures. Paris,


Editions Sociales Françaises, 1966, 216 p.(A-35 et B-33.4).
En recueillant et en coordonnant les témoignages et les résultats d'inter-
views et de tests de jeunes prostituées du Centre d'observation de Chevilly-
Larue, le docteur Le Moal nous donne un portrait saisissant d'une frange de
la jeunesse. A le lire, on constate à quel point certaines jeunes filles, souvent
d'un milieu familial aux carences éducatives très marquées, peu armées pour
se défendre, deviennent des prostituées occasionnelles à un âge extrêmement
jeune. Les éducateurs se posent alors l'important problème d'éviter que ces
mineures en sortant du Centre, ne tombent dans la prostitution professionnelle.

Jean GOTTMANN. Essais sur l'aménagement de l'espace habité. Paris,


Mouton, 1966. 347 p. (C-10).

et leurs incidences quant à l'aménagement de l'espace :


Cette succession d'études traite des divers facteurs constituant le milieu
géographie, politi-
que, urbanisme. Puis l'auteur présente une étude sur les expériences améri-
caines dans ce domaine.

;
Ce livre rassemble des articles, des études, des conférences faites par
l'auteur auparavant chaque texte est suivi d'un post-scriptum récent où l'au-
teur donne son avis sur l'évolution qui a eu lieu depuis la première rédaction.
Il ne suffit pas de vivre dans le progrès, encore faut-il pouvoir en pro-
fiter. La nécessité d'aménager un milieu existe à cause du grand nombre de
personnes voulant résider dans un espace trop exigu. En fait l'auteur explique
qu'il est facile de planifier une production mais qu'il est difficile de planifier
un genre de vie, et l'aménagement affecte d'une manière ou d'une autre le
genre de vie des habitants.

Bernard GOURNAY. Introduction à la science administrative. - Paris,


A. Colin, 1966. 309 p. (Cahiers de la Fondation nationale des sciences
politiques) (B-20).

;
La science administrative n'a encore en France qu'un développement
:
limité cet ouvrage n'en a qu'un intérêt plus grand puisqu'il permet clairement
d'en situer tous les aspects fonction, structures générales, organisation et
méthodes des administrations, rapport entre elles et le pouvoir politique.
L'étude faite de la société administrative rejoint d'autres études de sociologie,
comme celle de Michel Crozier sur le phénomène bureaucratique. On décou-
vre ainsi beaucoup d'éléments qui vont à l'encontre des idées les plus reçues.
En effet, on s'aperçoit que sous un dehors d'immobilisme, l'administration
française a beaucoup changé, mais les changements n'ont jamais eu un carac-
tère spectaculaire et n'ont pas eu d'importantes répercussions sur le public.
D'ailleurs dans l'administration qui s'ouvre de plus en plus aux influences
du dehors, tout s'effectue par retouches et l'auteur souligne très bien la super-
position et la sédimentation des différentes structures.

A. BRUN. La jurisprudence en droit du travail. Paris. Editions Sirey,


22, rue Soufflot, Paris 5e. 1967. Prix, 50 F. (D-02).
Dans la galerie des Grands Arrêts de jurisprudence, une place restait
vide. Le droit du travail n'était pas représenté. Cette grave lacune, étant donné
l'importance des problèmes du travail dans notre civilisation, vient d'être
très heureusement comblée par le professeur Brun, directeur de l'Institut de
Droit du travail et de la Sécurité sociale de Lyon. Il n'est pas possible de
mieux présenter l'ouvrage que de se référer à la préface de M. J.-M. Jean-
neney, ministre des Affaires sociales, professeurs la Faculté de Droit et des
Sciences économiques de Paris. Il écrit :
« Les étudiants et les professeurs trouveront dans ce volume les données
« pratiques et récentes qui complètent l'enseignement magistral et la matière
e de nombreux travaux pratiques. Un grand nombre d'avocats et de conseils
c juridiques éprouveront le besoin de mieux connaître, grâce à ces commen-
c taires, les principales décisions de jurisprudence. Les responsables des orga-
c nisations professionnelles et des institutions du travail auront également
e recours aux aperçus originaux qui éclairent l'évolution économique, pro-
c fessionnelle et sociale. Les fonctionnaires compléteront, grâce à cet ouvrage,
« leur connaissance des textes et des institutions, par un examen fructueux
e des problèmes d'interprétation et d'application qui sont constamment sou-
e levés devant les juges.» L'ouvrage est complété par une table des matières
et un index alphabétique.

Les travailleurs et les changements techniques (sous la direction d'Alain Tou-


raine). Paris, Organisation de Coopération et de développement éco-
nomique (2, rue André-Pascal, Paris 16e), 1965. 191 p. (D-08).
La complexité croissante des problèmes techniques et leurs répercussions
sociales, nécessitent des analyses rigoureuses et scientifiques. Cette enquête
replace les changements techniques dans l'ensemble sans lequel ils ne peuvent
pas être compris et étudie très profondément les réactions des travailleurs à
certaines innovations, réactions qui ne sont pas dues au seul changement
technique mais qui sont conditionnées pardivers facteurs individuels et
sociaux. De telles enquêtes sont indispensables pour mieux orienter l'évolution
de l'économie. En effet, pour que soient atteints les objectifs économiques
et sociaux de base que représentent une croissance économique et une éléva-
tion continue des niveaux de vie, il importe que l'introduction des change-
ments se fasse avec le moins d'à-coups possibles et en prenant en considération
les individus.
800000
Se
clients ont adopté les
I
BANQUES
BANQUES nPS
RÉGIONALES

PQDulaire Creenr
auxquees1Sonconle
DU

6,2 MILLIARDS
de francs de dépôts (au 31 décembre 1965)

LA FÉDÉRATION FRANÇAISE
DES TRAVAILLEURS SOCIAUX
composée de groupements de techniciens sociaux de toutes disciplines,
publie le résultat de ses travaux, études et diverses activités, dans

TRAVAIL SOCIAL
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Les « »
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sont consacrés à toutes les questions médico-sociales, psycho-sociales, so-
cio-économiques et socio-culturelles d'actualité. Invitations : Fédération
Française des Travailleurs Sociaux, 3, rue de Stockholm, Paris 8".
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140, rue Lecourbe.


56, rue du Commerce.
6* 4, rue Claude-Bernard. 158 Gare Montparnasse, 2, Gai Mar-
5* 2, rue Monge. chande.
6* 1, rue Madame. 158 158, rue P.-Saint-Charles.
7* 14, rue Cler. 168 65, rue de Passy.
7* 56, rue de Lille. 16* 53, rue d'Auteuil.
8" Gare St-Lazare, 32, r. Intérieure. 168 23, rue des Belles-Feuilles.
8" 166, Bd Haussmann. 168 166, Av. de Versailles.
9* 42, rue Lamartine. 178 64, avenue des Ternes.
1IP 41, rue du Faubourg-St-Martin. 178 24, rue des Batignolles.
10* Gare du Nord Couloir du Mé- 178 42, rue Jouffroy.
tro, passage No 2. 18* 162, rue Ordener.
10* Gare de l'Est, hall du Métro. 188 27, rue Marx-Dormoy.
11* 136, avenue Parmentler. 18* 2, Av. de Saint-Ouen.
11, 95, boulevard Voltaire. 188 45, boulevard Barbès.
11* 200, boulevard Voltaire. 188 44, rue des Abbesses.
12* 88, avenue Ledru-Rollin. 198 61, rue de Bellevllle.
12' 46, rue Bréche-aux-Loups. 198 10, avenue Secrétan.
13* 67, avenue d'Italie. 19* 92, rue de Flandre.
13* 33, rue de Tolbiac.
13* 147, Bd A.-Blanqul. 20* 83, avenue Gambetta.
14* 72, rue R.-Losserand. 20* 75, rue d'Avron.
14* 25, avenue du Général-Leclerc. 20* 304, rue de Belleville.
BANLIEUE
ALFORTVILLE, 143, rue P.-Vaillant- Cou- LA COURNEUVE, 23, rue Général-Leclerc.
turier. LE BOURGET, 59, Av. de la Dlv.-Leclerc.
ANTONY, 11, avenue Aristide-Briand. LA GARENNE-COLOMBES. 18, r. Voltaire.
ARCUEIL, 36-38, avenue Laplace. LES LILAS, 130, rue de Paris.
ASNIERES, 2, rue de la Concorde. LEVALLOIS, 56, rue du Pr.-Wllson.
AUBERVILLIERS, 17, Av. République. MAISONS-ALFORT, 63, Av. O.-Clémen-
BAGNEUX, rond-point des Martyrs. ceau.
BAGNOLET, 9, rue Raoul-Berton. MALAKOFF, 44, Av. Pierre-Larousse.
BECON-LES-BRUYERES, 8, rue du 22-Spt. MONTREUIL, 56, Bd R.-de-Llsle.
BOBIGNY, 1, pl. des Nations-Unies. MONTROUGE, 57 bis, Av. République.
BOIS-COLOMBES. 10, rue d'Est.-d'Orves NANTERRE, 64, rue du Chemln-de-Fer.
(marché). NEUILLY, 98, Av. de Neuilly.
BOULOGNE, 116, Bd Jean-Jaurès. NOGENT-SUR-MARNE, 1, rue Dagobert.
CHAMPIGNY, 58, rue Jean-Jaurês. NOISY-LE-SEC, 51, rue Jean-Jaurés.
CHARENTON, 82, rue de Paris. PANTIN, 75, rue de Paris.
CHATENAY-MALABRY, 6, pl. Léon-Blum PAVILLONS-SOUS-BOIS. 46, Av. Vlct-
(Cité Jardin). Hugo.
CHATILLON-SOUS-BAGNEUX. 17, rue Ch- PUTEAUX, 138, rue Jean-Jaurès.
Péri. ROMAINVILLE, 16, Bd Emile-Genevois.
CHOISY-LE-ROI, 7 bis, rue Jean-Jaurés. ROSNY-S-BOIS, 11 bis, Av. Gén.-Galllénl.
CLAMART, 122, Av. Jean-Jaurés.
CLICHY, 36 bis, rue H.-Barbusse. SAINT-DENIS, 3. rue de la République.
COLOMBES, 54, rue Saint-Denis. ST-MAUR-DES-FOSSES, 3, Av. Foch.
COURBEVOIE, 59, rue de Bezons. SAINT-OUEN, 74, Av. Gabriel-Péri.
CRETEIL, 50, Av. du Maréchal-Leclerc. SCEAUX, Centre Commercial Perrin.
DRANCY, 73, rue Marcel-Berthelot. SURESNES, 15, rue du Mt-Valérlen.
EPINAY-SUR-SEINE, 36, rue F.-Merlln. VANVES, 1, rue Kléber.
FONTENAY-SOUS-BOIS. 5, place du Ma- VILLEJUIF, 30, rue Jean-Jaurès.
réchal-Leclerc. VILLEMOMBLE, 55, avenue du Raincy.
IVRY, 1, rue Blanqui.
ISSY-LES-MOULINEAUX, 67, rue du Gé- VINCENNES. 2, rue de l'Eglise.
néral-Leclerc. VITRY. 100, Av. P.-V.-Couturler.
GUIDES SOCIAUX
Guide des Assurances Sociales Guide du Logement
et de la Retraite des Vieux. Prix franco.. 8,70 F
Prix franco.. 9,70 F Guide du Travail
Guide de l'Aide Sociale Prix franco 8,70 F
Prix franco.. 7,50 F Petit Guide des Employeurs et
Employés de Maison
Guide de la Famille Prix franco 7 F
Prix franco 8,70 F Tarifs sociaux 1,50 F

MANUELS

riels.
portant sur les œuvres et institutions sanitaires et sociales

I. Manuel des Œuvres Sani- Etablissements pour caracté-


Parisienne.
taires et Sociales de la Région
Les chapitres du Manuel peu-
50 F
5 F
Foyers et Maisons de Famille .6,50 F
Maisons de Repos, de Vacan-
vent être vendus séparément. ces et de Convalescence. 7,10 F
II. Manuel pour le placement
d'enfants.
Aëriums.
Homes 6 F
F

France.
6
des enfants, des malades et des Préventoriums F

bles.
6
vieillards pour l'ensemble de la Sanatoriums 6 F
65 F Hôpitaux psychiatriques 6 F
Ce Manuel est composé de fasci- Etablissements pour incura-
rément, comprenant :
cules pouvant être achetés sépa-
Maisons de retraite. 6 F
7,70 F

Maternités.
Maisons Maternelles
Pouponnières.
6
5
6
F
F
F
III. Classification des ques-
tions sociales (à l'intention des

taux.
Orphelinats, Internats et Ex-
ternats
Etablissements déficients men-

siques.,.
Etablissements déficients phy-
7
7 F
F
F
centres de documentation) 10,70 Franco
IV. Recueil des œuvres et
associations reconnues d'utilité
publique (1 vol. et 3 supplé-
ments) F

:
7 8

FORMULES DIVERSES D'ABONNEMENT


a) pour la revue seule. 20 F 1° au Manuel des œuvres sani-
la revue avec son supplément.. 35
b) abonnement à « Vie Sociale »
avec supplément et souscription
F
parisienne.
taires et sociales de la région
85 F
au Manuel de placement des
cations du Cédias.
de base à l'ensemble des publi-

c) abonnement à la revue « Vie


200 F

enfants, des malades et des per-
sonnes âgées 100 F
» sociaux.
Sociale et souscription de base
F S'inscrire sous forme d'abonnement pour
aux guides 56
d) abonnement à la revue « Vie de nouvelles éditions. Celles-ci sont
facturées, lors de l'envoi, avec remise
base:
Sociale » et souscription de
de 10

CEDIAS (Musée Social), C. C. P. Paris 67.68 -5, rue Las-Cases Paris (7e).

Le Gérant : Henri AUBRUN