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CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

II. MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

Ce chapitre comporte l’étude des caractéristiques des matériaux, acier et béton, établies par
les deux codes CSA et BAEL.

II.1 Béton :
II.1.1 Composition de Béton :

L’étude de la composition d’un béton consiste à définir le mélange optimal des différents
granulats dont on dispose ainsi que le dosage en ciment et en eau, et l’adjuvant (si nécessaire)
afin de réaliser un béton dont les qualités soient celles recherchées.

Les méthodes proposées sont nombreuses, elles aboutissent à des dosages volumétriques ou,
de préférence, pondéraux. Le passage de l’un à l’autre pouvant se faire, si nécessaire, par la
connaissance de la densité apparente des granulats en vrac; ces méthodes sont dites à :

- Granularité continue :

Lorsque l’analyse du mélange constituant le béton donne, sur le graphique granulométrique,


une courbe s’élevant d’une façon continue, autrement dit, du plus petit grain de ciment de
petit diamètre au plus gros grain des graviers, toutes les grosseurs intermédiaires sont
représentées.

- Granularité discontinue :

Lorsque la courbe granulométrique correspondante présente un palier qui équivaut à un


manque d’éléments intermédiaires.

Ces deux types de béton, continu et discontinu, la granularité continue permet d’obtenir des
bétons plus plastiques et de bonne ouvrabilité ; par contre, la granularité discontinue conduit à
des bétons à maximum de gros éléments et minimum de sable présentant, en général, des
résistances en compression un peu supérieures mais au détriment de l’ouvrabilité. Il semble
toutefois que la plupart des bétons actuellement utilisés sont à granularité continue.

Quelle que soit la méthode utilisée, la formule de composition calculée ne peut correspondre
parfaitement au béton désiré, car il n’est pas possible d’appréhender avec précision, par le
calcul, certaines qualités des constituants qui influent directement sur la qualité du béton :
forme, angularité, porosité, adhésivité des granulats, fines du sable, finesse de mouture et
classe de résistance vraie du ciment, etc.

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II.1.1.1 Critères en fonction de la destination des bétons :

On peut distinguer quatre critères principaux qui doivent être retenus :

A- Dimension maximale des granulats :

Cette dimension dépend évidemment des dimensions de l'ouvrage, mais elle dépend
également des dispositions du ferraillage (densité relative par rapport au coffrage, maillage).

B- Résistance souhaitée :

On définit la résistance caractéristique à exiger en valeur minimale pour le béton utilisé.


Cette résistance caractéristique se calcule d'après des résultats sur éprouvettes de contrôle.
Il convient donc que l'on vise dans l'étude du béton une valeur moyenne probable supérieure à
la résistance caractéristique exigée.

La résistance dépend au choix du ciment (nature, classe) et à son dosage, ainsi qu'au dosage
en eau et à l'éventuelle utilisation d’adjuvants, et également au rapport G/S (proportion
gravier/sable).

C- Ouvrabilité :

L’ouvrabilité peut se définir comme la facilité offerte par le béton à bien se mettre en œuvre
pour le bon enrobage des armatures, un partait remplissage du coffrage et sans ségrégation.
Ce critère peut, en général, se définir à partir de la plasticité par l'affaissement au cône
d'Abrams.
L’ouvrabilité est, pour le béton, une qualité fondamentale qui doit être très sérieusement prise
en compte dans l'étude de composition.

D- Agressivité du milieu ambiant :

Le milieu ambiant dans lequel se trouvera l'ouvrage conditionnera également, selon son
agressivité, l'étude de la composition du béton.
La présence d'eaux agressives (eaux de mer, gypseuses, acides très pures, etc.) et les
conditions thermiques d'utilisation (revêtement de fours ou ouvrages soumis à des gels
sévères) sont des considérations qui conditionnent surtout le choix du ciment et
éventuellement la nature minéralogique des granulats, et parfois l'utilisation d'un adjuvant.

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II.1.1.2 Méthodes expérimentales :


Les méthodes de formulation de béton les plus utilisées sont les suivantes :
- Méthode de Bolomey.
- Méthode d'Abrams.
- Méthode de Faury.
- Méthode de Vallette.
- Méthode de Baron et Lesage.
- Méthode de Dreux et Gorisse.
- Méthode simplifiée.

II.1.2 Caractéristiques physiques et mécaniques :

II.1.2.1 Densité :

La densité d’un matériau est l’une de ses propriétés la plus fondamentale, l’unité indiquée
pour un matériau sera sa masse volumique ou sa densité. La masse volumique est un rapport
établi entre la masse d’un matériau et son volume et les unités seront exprimées en Kg/m 3ou
en t/m3. La densité permet de s’affranchir de l’unité puisqu’on rapporte la masse volumique
d’un matériau à celle de l’eau qui par définition possède une densité de 1.

En général le béton peut être classé en 4 groupes, selon la masse volumique:


3
 Béton très lourd: > 2500 kg/m .

 Béton lourd (béton courant): 1800 2500 kg/m3.


 Béton léger: 500 1800 kg/m3.
 Béton très léger: < 500 kg/m3.

A) Selon le code BAEL :

Le code n’indique aucune valeur de densité.

B) Selon le code CSA :


Selon le code CSA la densité de béton est comprise entre 1500 ÷2500 Kg/ (article 8.6.2.2
CSA-A23) .

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II.1.2.2 Coefficient d’expansion thermique :


En général, les corps se dilatent sous l'effet de la chaleur et se rétractent lorsque la
température baisse. La valeur de la dilatation dépend du matériau, certains ont un fort
coefficient de dilatation et d'autres un faible.
Pour calculer la dilatation d'un corps, on utilise les grandeurs suivantes:

=( ) (II.1)

= augmentation de la longueur de l'élément en m.


L = longueur de l'élément qui se dilate en m.
t = différence de température en °C.
= coefficient de dilatation linéaire exprimé en 1/ °C.

A) Selon le code BAEL :

A défaut de justifications plus précises, on adopte, pour les constructions situées à l'air libre
en zone de climat tempéré (France métropolitaine), des variations uniformes de température
égales à + 30 °C et - 40 °C.
Ces variations de température ont été fixées en supposant une température initiale comprise
entre 5 °C et 15 °C environ. Il convient de fixer les valeurs réellement subies par la structure
compte tenu de l'inertie thermique des pièces et de leur isolation éventuelle. Les dilatations
linéaires peuvent être évaluées en admettant forfaitairement un coefficient de dilatation du
béton égal à 10×10-6/°C. (article A.3.1, 33 BAEL91)

B) Selon le code CSA :

En absence des données précises le coefficient de dilatation thermique du béton peut être fixé
à 10 × / °C. (article.8.6.6 CSA-A23.3)
Note :
La valeur du coefficient de dilatation thermique dépend du type de granulats, du degré
d’humidité du béton et de la température du béton. Elle peut varier entre environ 6×10-6/°C et
13×10-6/°C pour le béton dont la température se situe entre 0 et 80°C.

II.1.2.3. Résistance caractéristique à la compression :


A) Selon le code BAEL :
Un béton est définit par sa résistance à la compression à 28 jours d’âge dite : résistance
caractéristique à la compression, notée fc28. (article A.2.1, 1 BAEL91)

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Selon les Règles BAEL, pour un béton âgé de j≤28 jours, la résistance fcj des bétons non
traités thermiquement suit approximativement les lois suivantes :

fcj = fc28 si fc28 40 MPa (II.2)

fcj = fc28 si fc28 40 MPa (II.3)

Pour justifier la résistance des sections, la valeur fcj est conventionnellement bornée
supérieurement à fc28. Pour d'autres types de vérifications, on peut admettre une valeur au plus
égale à 1,10 fc28 lorsque l'âge de béton dépasse 28 jours, à condition que le béton ne soit pas
traité thermiquement et que sa résistance fc28 atteigne au plus 40 MPa.
Dans tous les cas, la résistance à la compression est mesurée par compression axiale (des
essais d’écrasement) sur des cylindres droits de révolution de 200 cm² de section et d'une
hauteur égale au double de leur diamètre (16 cm de diamètre et 32 cm de hauteur).

Pour le choix de la valeur de fc28 on peut considérer que :


-Une résistance de 20 MPa est facilement atteinte sur les chantiers convenablement outillés.
- On obtient facilement 25 MPa sur les chantiers faisant l'objet d'un contrôle régulier.
- On peut obtenir 30 MPa dans toutes les régions de France à condition de choisir
convenablement les matériaux et d'étudier la composition du béton.
- Des résistances supérieures peuvent être atteintes moyennant une sélection rigoureuse des
matériaux utilisés.

B) Selon le code CSA :


Pour déterminer la résistance à la compression, la norme canadienne CSA A23.1 spécifie
l’utilisation de cylindres dont la longueur est le double du diamètre.
Des cylindres de dimensions de 300 mm×150 mm pour des bétons normaux et 200 mm × 100
mm pour des bétons à haute résistance sont habituellement utilisés. Le résultat d’un essai est
la moyenne des résistances de deux cylindres de 300 mm ×150 mm testés au même âge. Pour
des cylindres de 200 mm × 100 mm, la moyenne des résultats d’essais doit être multipliée par
0,95 car les petits cylindres présentent des résistances plus grandes que les cylindres de plus
grande dimension. La résistance à la compression spécifiée de béton obtenue à 28 jours sur
cylindres est notée , cette résistance utilisée dans les calculs ne doit pas être inférieure à 20
MPa, ni supérieure à 80 MPa. (article 8.6.1.1 CSA- A23.3).

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Note :
Les concepteurs qui planifient d’utiliser des résistances du béton supérieures à 50 MPa
devraient déterminer si de tels bétons sont existants dans leurs régions. La fabrication ou
l’utilisation de bétons haute résistance peuvent exiger la qualification préalable des
fournisseurs et des entrepreneurs, ainsi que de la technique de construction spécialisée.
On peut déroger à l’exigence relative à la limite supérieure de la résistance à la compression
spécifiée des bétons mentionnée à l’article 8.6.1.1 de CSA-A23.3. Cependant, cette
dérogation n’est admise que si les propriétés structurales et les exigences détaillées des bétons
armés dont la résistance est supérieure à 80 MPa sont établies pour des bétons similaires à
ceux qu’on utilisera.

La résistance à la compression du béton à l’âge de t jours, notée est une relation en


fonction du temps .Parmi les différentes relations nous retiendrons la formule suivante :

() (II.4)

Figure II.1 Dispersion obtenue lors d’essais de compression

Plus la variabilité de la résistance est grande plus la moyenne des échantillons testés devra
excéder la valeur nominale pour s'assurer qu'un nombre limité d'échantillons ait une résistance
inférieure à la résistance nominale.

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La norme CSA Standard A23.3 spécifie que la valeur moyenne de 30 essais de résistance
consécutifs soit :

+1,4 σ pour σ 3,5 MPa (II.5)

+(2,4 σ-3.5) pour σ 3,5 MPa (II.6)

σ: l écart type

II.1.2.4 Résistance caractéristique à la traction :


La résistance à la traction dépend principalement de la résistance en compression du béton,
elle est mesurée par l un des trois types d’essais (Figures II.2) comme indiqué ci-dessous :

Essai de traction par flexion Essai brésilien Essai de traction directe

Figure II.2 Essais permettant d’obtenir la résistance en traction du béton

A) Selon le code BAEL :


D’après l’article A.2.1,12 La résistance caractéristique à la traction du béton à j jours, notée ftj
est conventionnellement définie par la relation :
ftj = 0,6 + 0,06 fcj (II.7)

ftj : la résistance du béton à la traction, en MPa, à j jours de bétonnage.


fcj : la résistance du béton à la compression, en MPa, à j jours de bétonnage.

B) Selon le code CSA :


Le code n’indique aucune formule de la résistance caractéristique à la traction.

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II.1.2.5 Diagramme contraintes - déformations réel :


A) Selon le code BAEL :

Le BAEL présente ci-dessous le diagramme contraintes-déformation réel de béton :

Figure II.3 Diagramme contraintes-déformations réel de béton

- : Contrainte de compression dans le béton.

-Le module tangent à l’origine pris égal à ; pour Eijo on peut adopter une valeur
supérieure d´environ 10% au module sécant Eij

- γb : coefficient de sécurité du béton.

-la déformation correspondant au maximum de contrainte qui vaut environ 2.10-3 pour
la plupart des bétons. ( article A.4.4, 32 BAEL 91).

B) Selon le code CSA :


Le béton est caractérisé par la non linéarité de la courbe contrainte-déformation, tant en
traction qu'en compression, pour les parties ascendantes comme pour les parties descendantes,
tel que le montre la figure II.4.

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(a) Compression

(b) Traction
Figure II.4 Diagramme contraintes-déformations de béton en traction et en compression

En compression, la courbe est quasi linéaire jusqu'à 30% fc' alors qu'en traction le béton est
presque linéaire jusqu'à 90% ft'. La partie descendante de la courbe est plus prononcée en
compression qu'en traction. En compression, cette partie est plus importante pour du béton à
faible résistance. En effet, plus la résistance du béton est élevée, plus son comportement est
linéaire et fragile, comme illustré sur la figure II.5.

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Figure II.5 Courbes contraintes-déformations du béton en compression

II.1.2.6 Module de déformation longitudinal :


Le module d’élasticité E est défini comme le rapport de la contrainte unitaire à la déformation
relative, qui représente la pente de la partie linéaire passant par l’origine de la courbe
contraintes-déformations.

A) Selon le code BAEL :


Sous des contraintes normales d'une durée d'application inférieure à 24 heures, on admet, à
défaut de résultats expérimentaux, qu'à l'âge de j jours, le module de déformation
longitudinale instantanée du béton Eij en MPa est égal à : (article A.2.1, 2 BAEL 91)

Eij=11000 fcj 1/3 (II.9)

fcj : la résistance caractéristique du béton à la compression, en MPa.

B) Selon CSA :
Le Module d’élasticité de béton en compression, Ec, utilisé en conception doit être pris
comme le module sécant moyen sur une contrainte de déterminé pour un béton
comparable conformément à la ASTM (American Society for Testing and Matreial) Standard
C 469 (article 8.6.2.1 CSA- A23.3).

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En absence des résultats expérimentaux, le module d’élasticité de béton, Ec, est donné par
l’expression suivante (article 8.6.2.2 CSA- A23.3) :

Ec = (3300√ +6900) ( )1.5 (II.10)

: La masse volumique de béton comprise entre 1500 2500 Kg/m3


: La résistance du béton à la compression, en MPa.

Pour un béton de densité normale dont la résistance à la compression varie entre 20 et 40


MPa, et en absence des résultats expérimentaux, le module d’élasticité de béton, Ec ,est
donné par l’expression suivante (article 8.6.2.3 CSA- A23.3):

Ec= 4500√ (II.11)

II.1.2.7 Déformation différés :


a) Retrait :
Le retrait est la diminution du volume d’un élément du béton au cours de prise ou de
durcissement du béton due à l’évaporation de l’eau. On distingue :
-retrait thermique (dû au retour de béton à la température ambiante).
-retrait hydraulique (dû à l’hydratation et durcissement de la pâte du ciment).
Des fissures peuvent s’ensuivre si le béton est empêché de faire son retrait car il se trouve
étiré dans sa masse.

A) Selon le code BAEL :


A défaut de mesures, on estime que le raccourcissement unitaire dû au retrait atteint les
valeurs suivantes dans le cas de pièces non massives à l'air libre :
εr = 1,5.10-4 dans les climats très humides.
εr = 2 .10-4 en climat humide, ce qui est le cas de la France sauf son quart sud-est.
εr = 3 .10-4 en climat tempéré sec, tel que le quart sud-est de la France.
εr = 4 .10-4 en climat chaud et sec.
εr = 5 .10-4 en climat très sec ou désertique.
Note :
Les valeurs données ici pour le retrait ne sont pas celles du béton seul, mais tiennent compte
de la présence d'un pourcentage moyen d'armatures.

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B) Selon le code CSA :


Le retrait est principalement dû à deux causes. Premièrement, une réaction chimique
intrinsèque dans laquelle le produit de réaction qui occupe un volume moindre que les
produits d'origine provoque une perte de volume. Ce retrait est appelé retrait endogène et se
produit sans échange d'eau avec l'environnement extérieur. La seconde source de retrait,
généralement la contribution dominante, est due à une perte d'eau absorbée du béton avec son
environnement extérieur. Ce retrait est appelé retrait de dessiccation.
Le retrait augmente lorsque l'humidité relative diminue et varie en fonction du temps et de la
surface exposée (Figure II.6). La relation suivante permet d’estimer les déformations dues au
retrait.

εr (t, t0) = εr∞ Fvs FHR ( Ft – Ft0 ) (II.12)

εr∞ : retrait maximal


Fvs: facteur fonction du rapport Volume/Surface
FHR: facteur fonction de l'humidité relative
Ft: fonction variable avec le temps.
Un grand nombre de lois ou expressions pour ces termes sont proposées dans la littérature ou
adoptées par les normes

Figure II.6 Augmentation du retrait en fonction du temps

Le retrait est récupérable en partie si les conditions d'exposition changent. Ainsi, on peut
observer des cycles de retrait et gonflement pour des structures où l'humidité relative varie
dans le temps, comme les barrages en particulier.

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b) Fluage :
Le fluage survient lorsque le béton est soumis à une charge constante. Les déformations
élastiques instantanées sont suivies de déformations différées dans le temps (Figure II.7).

Figure II.7 Déformations à long terme d’un cylindre chargé axialement


Le taux de fluage diminue dans le temps et la déformation de fluage atteint une valeur limite
maximale. Le fluage est influencé par l'humidité relative (augmente si humidité relative
diminue) et d’autre facteurs (l’intensité de la charge et sa durée d’application, dimensions de
la pièce etc.).

A) Selon le code BAEL :


Les déformations différées du béton comprennent le fluage; on considère dans les calculs que
l’effet de ce phénomène s’additionne sans atténuation.
A défaut de mesures, on admet que sous contraintes de longue durée d’application, les
déformations longitudinales complémentaires dues au fluage du béton sont doubles de celles
dues aux mêmes contraintes supposées de courte durée et appliquées au même âge.
Dans ce cas le module de déformation longitudinale différée est obtenu comme suit:

εtotale = εij + εfl (II.13)

Où : εij= = déformation instantané.

εfl = ⌀εij f(t) (II.14)

εfl : déformation due au fluage.


⌀ : coefficient de fluage.
f(t) : loi d’évolution 0 ≤ f(t) ≤ 1

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En général le fluage est achevé au bout de trois (03) ans

-pour t ==> ∞, ⌀=2 et f (t)=1 ==> εfl = 2 εij

de l’équation II.13 on obtient εtotale = 3 εij

Donc le module d’élasticité fictif à prendre en compte

Evj = = 3700 √ (II.15)

fcj (exprimé en MPa)

Figure II.8 Diagramme contraintes -déformations illustrant les modules d’élasticité


différé et instantané de béton

B) Selon le code CSA :


La valeur de fluage de béton dépend du rapport volume/surface et par l'intensité de la charge
appliquée.
Comme le fluage cause une augmentation des déformations, on le considère dans les calculs
en réduisant le module élastique, appelé module effectif ou module soutenu. Pour des
contraintes inférieures à environ 40% fc’, les déformations de fluage sont Proportionnelles
aux contraintes :

εtotale= εe + εf = [1 + (t, t0)] (II.16)


()

()
Donc : Eeff = (II.17)
( )

Eeff : Module effectif de béton.


Ec(t) : Module élastique au temps t.
( ) : Coefficient de fluage qui tenant en compte de l’effet de fluage entre t et t0.
: Contrainte appliquée au béton.

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La valeur de peut être calculée à partir des conditions réelles d'humidité, de géométrie, etc.
Dans les normes de calcul, on propose des valeurs simplifiées pour le calcul des flèches.
Ainsi, la norme A23.3 propose les valeurs indiquées au tableau (II.1) calculées par rapport au
module élastique à 28 jours.

Pour des structures complexes construites par étapes, il importe de considérer le fluage selon
les conditions réelles.

Tableau II.1 Coefficients de fluage adoptés par la norme CSA Standard A23.3

Durée de chargement Coefficient de fluage Eeff/Ec(28j)


3 mois 1.0 0.50
6 mois 1.2 0.45
12 mois 1.4 0.42
5 ans 2.0 0.33

II.1.2.8 Coefficient de Poisson :


En compression comme en traction, la déformation longitudinale est aussi accompagnée
d’une déformation transversale. Le coefficient de Poisson ν est défini comme suit :

ν=

Figure II.9 l’accompagnement de déformation transversale


à la déformation longitudinale

A) Selon le code BAEL :


D’après l’article A.2.1, 3 le coefficient de Poisson ν est pris égal à :
ν = 0.2 pour l’état limite de service (zone non fissurée)
ν = 0 pour l’état limite ultime (zone fissurée)

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CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

B) Selon le code CSA :


En absence des résultats expérimentaux, le coefficient de Poisson pour les déformations
élastiques est pris égal à 0.2

II.2 Acier :
C’est l’alliage du fer et carbone. On distingue des aciers doux, des aciers mi-durs et des aciers
durs.
Acier doux → comprend 0,15 - 0,25 % de carbone
Acier mi dur et dur →comprend 0,25 - 0,45 % de carbone
II.2.1 Types d’aciers :
Les armatures d’un béton armé sont des aciers qui se distinguent par leurs nuances et leurs
états de surfaces (rond lisses " RL" ou haute adhérence " HA").

a-Acier rond lisse : l’acier se forme de barre, en principe d’une longueur de 12 m et une
section circulaire et ils ont une surface qui est lisse. Les diamètres généralement utilisés sont
les suivants :
6 - 8 - 10 - 12 - 14 - 16 - 20 - 25 - 32 – 40 mm.

b-Acier haute adhérence : les barres à haute adhérence ont une section sensiblement
circulaire qui présente des nervures d’une hauteur de 0,5 à 3 mm (la hauteur est suivant le
diamètre) pour améliorer l’adhérence entre l’acier et le béton. Les diamètres ou les barres à
haute adhérence utilisés sont : 6- 8 - 10 - 12 - 14 - 16 -20 - 25 - 32 - 40 mm.

c- Les treillis soudés : certains éléments en béton armé tels que les dalles, les voiles sont
armé suivant deux directions perpendiculaires. On utilise pour cela les treillis soudés qui sont
constitués par des fils se croisant et qui seront soudés aux points du croisement.
Les treillis soudés sont composés de fils porteurs de diamètre plus important disposés dans le
sens des efforts principaux et de fils de répartition de diamètre plus faible, disposés dans le
sens perpendiculaire.
Les diamètres couramment utilisés sont les suivants :
3 - 3,5 - 4 - 4,5 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 12 mm.
Les espacements entre fils porteurs : 75–100–125– 150 - 200 mm.
Les espacements entre fils de répartition : 100 - 150 - 200 - 250 -300 mm.

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a) Classe d’acier selon le BAEL :


1- Acier HA: on distingue généralement deux types d’acier HA
FeE400 de limite d’élasticité fe = 400 MPa.
FeE500 de limite d’élasticité fe = 500 MPa.
2- Acier RL: FeE220 ou FeE215 dont la limite d’élasticité fe = 215 MPa.
FeE240 ou FeE235 dont la limite d’élasticité fe = 235 MPa.

b) Classe d’acier selon le CSA :

D’après CSA standard G30.18 les classes sont :


300R, 400R et 500R
500W et 400W
-Le chiffre indique la résistance (fy) en MPa.
R : acier à ductilité normale
W : acier soudable et à meilleure ductilité

II.2.2 Caractéristiques physiques et mécaniques :


II.2.2.1 Densité :
A) Selon le code BAEL :
Le code n’indique aucune valeur de densité pour l’acier.

B) Selon le code CSA :


Le code n’indique aucune valeur de densité pour l’acier.

II.2.2.2 Coefficient d’expansion thermique :


A) Selon le code BAEL :
Le code n’indique aucune valeur d’expansion thermique pour l’acier.

B) Selon le code CSA :


Le coefficient de dilatation thermique de l’armature peut être fixé à 10 × 10-6/°C.(article 8.5.5
CSA- A23.3 ).

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II.2.2.3 Diagramme contraintes– déformations réel:


Le diagramme contraintes – déformations pour les aciers doux aura l’allure suivante:

Figure II.10 Diagramme contraintes- déformations réel d’acier


Dans le domaine élastique, l’expression de la contrainte en fonction de l’allongement sera :

(II.18)

Avec :
: Contrainte d’acier
E = 200 000 MPa, le module de Young
: La déformation.
La contrainte correspondante à la limite de proportionnalité entre contrainte et déformation est
appelée limite élastique ou limite d’élasticité, elle est notée par Fe (ou fy).
Dans la zone de raffermissement la contrainte atteint un maximum appelé contrainte de
rupture qui est sera notée par Fr (ou fu ).

A) Selon le code BAEL :


Le diagramme déformations (εs) contraintes (σs) à considérer pour l'application de l'article
A.4.3 est conventionnellement défini ci-dessous.

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CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

Figure II.11 Diagramme de calcul contraintes-déformations de l’acier

-Le diagramme de calcul des aciers se déduit de celui de paragraphe précédent (Figure II.10)
en effectuant une affinité parallèlement à la partie de la courbe passant par l’origine (de pente
Es) dans le rapport 1/γs. Le coefficient γs est pris égal à 1,15 sauf vis-à-vis des combinaisons
accidentelles pour lesquelles on adopte 1.

Il est cependant loisible d'utiliser une forme de courbe se rapprochant du diagramme réel de
l'acier employé à condition de se référer à la valeur garantie de la limite d'élasticité fe et de
contrôler la résistance prise en compte pour l'allongement de 10°/oo (article A.2.2,2 BAEL 91)

B) Selon le code CSA :


Pour l’armature dont la limite d’élasticité maximale spécifiée est de 500 MPa, on peut tenir
compte des hypothèses suivantes (article 8.5.3.2) :
a- Pour les déformations, inférieures à la déformation élastique fy /Es , on suppose un effort de
As Es εs dans l’armature.

b- Pour les déformations, εs, supérieures à la déformation élastique, on suppose un effort de


As fy dans l’armature.

Où :

As: aire de l’armature longitudinale du côté où l’élément est tendu.


Es: module d’élasticité d’acier.
εs : déformation longitudinale d’acier.
: Coefficient de résistance d’acier =0,85.
fy : limite d’élasticité d’acier.

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CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

II.2.2.4 Module d’élasticité :


A) Selon le code BAEL :
Le module d’élasticité longitudinale de l’acier est pris égal à : Es = 2.105 MPa. (article A.2.2,1
BAEL 91).

B) Selon code CSA :


La valeur du module d’élasticité de l’acier d’armature, Es, doit être fixée à 2.105 MPa
(article 8.5.4.1 CSA- A23.3)

II.2.2.5 Coefficient de Poisson (νs) :


A) Selon le code BAEL :
Le code n’indique aucune valeur de νs .

B) Selon le code CSA :


Le code n’indique aucune valeur de νs .

II.3 Contraintes admissibles :


II.3.1 Contraintes admissibles de béton :
II.3.1.1 Selon le code BAEL :
A) Aux états limites ultimes (ELU) :

C’est états limite ultime correspond à la valeur maximale de la capacité portante de la


construction et dont le déplacement entraîne la ruine de la construction.

La contrainte admissible du béton à la compression, suivant le diagramme de la figure II.12,


est la suivante:

Figure II.12 Diagramme contrainte – déformation de béton à ELU

27
CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

Où : fbu= (II.19) (article A.4.3,4 BAEL 91)

Avec :
θ : Coefficient d’application des actions considérées :

θ = 1 lorsque la durée probable d'application de la combinaison d'actions considérée est


supérieure à 24 h
θ = 0,9 si cette durée est comprise entre 1 h et 24h.
θ = 0,85 si elle est au plus égale à 1 h.

γb : coefficient de sécurité du béton :


γb= 1,15 pour les situations accidentelles.
γb= 1,5 pour les situations durables ou transitoire.

B) Aux états limites de service (ELS) :

Ce sont les états au-delà desquels les conditions normales d’exploitation et de durabilité ne
sont plus satisfaites; ils comprennent les états limites de fissuration et de déformation de
service à la compression donnée comme suit :

̅̅̅̅= 0,6 fc28 (II.20) (article A.4.5,2 BAEL 91)

̅̅̅̅ : Contrainte admissible de compression de béton, en MPa.

II.3.1.2 Selon le code CSA :

a- Compression :

La contrainte admissible du béton à la compression, utilisée pour la vérification des états


limites ultimes, est :

̅̅̅ = (II.21) (article 8.4.2 CSA- A23.3)

̅̅̅ : Contrainte admissible de compression, en MPa.

: Résistance du béton à la compression à 28 jours, en MPa.

: Coefficient de résistance du béton.

Avec : 0,65

28
CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

b-Traction :
La contrainte admissible du Béton à la traction utilisée pour la vérification est :

̅= √ (II.22) (article 8.4.2 CSA- A23.3)


Où :
̅ : Contrainte admissible de traction, en MPa.
: La résistance du béton à la compression à 28 jours, en MPa.
Coefficient de résistance du béton. ( 0,65)

Remarque : selon le code CSA-A23.3 les vérifications à faire aux états limites de service se
portent uniquement sur les flèches et les ouvertures de fissure que l’on verra aux chapitres
suivants. Néanmoins, les contraintes admissibles de béton à l’ELS ne doivent pas dépasser
celles données par les équations II.21 et II.22.

II.3.2 Contraintes admissibles de l’acier :


II.3.2.1 Selon le code BAEL :
A) Aux états limites ultimes (ELU) :

La contrainte de traction (ou compression) admissible de l’acier, comme le montre le


diagramme de calcul figure II.13, est comme suit :

̅̅̅̅ = (II.23)

Figure II.13 Diagramme contraintes – déformations d’acier à l’ELU

29
CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

Avec:

̅̅̅̅: Contrainte de traction admissible de l’acier


γs : coefficient de sécurité de l’acier :
γs = 1,15 pour les situations durables ou transitoire.
γs = 1 pour les situations accidentelles.

B) Aux états limites de service (ELS):

Il est nécessaire de réduire le risque des fissures. Pour limiter l’ouverture de ces dernières, on
est amené à limiter les contraintes dans les armatures tendues sous l’action des sollicitations
de service.

D'après les règles BAEL 91 (article A.4.5,3), on distingue trois cas de fissuration :

1) fissuration peu-préjudiciable : La fissuration est considérée comme peu-préjudiciable,


lorsque l’élément à vérifier est situé dans les locaux couverts. Aucune vérification n’est
demandée et la contrainte dans les aciers n’est pas limitée.

2) Fissuration préjudiciable : la fissuration est considérée comme préjudiciable si les


éléments sont exposés aux intempéries (pluie, neige, vent...) ou bien en contact avec l’eau. La
contrainte de traction dans les armatures tendues est limitée à la valeur suivante (article A.4.5,
33 BAEL91 révisé en 99):

̅̅̅̅ { ( √ )} (II.24)

Avec :

fe : limite élastique de l’acier.

η : coefficient de fissuration qui dépend de type d’acier :

η = 1,3 pour les aciers HA de diamètre < 6mm.


η = 1,6 pour les aciers HA de diamètre > 6mm.
η = 1 pour les aciers ronds lisses.

ft28: la contrainte du béton à la traction à 28 jours.

30
CHAPITRE II MATERIAUX ET LEURS CARACTERISTIQUES

3) Fissuration très préjudiciable :

La fissuration est considérée comme très préjudiciable si l’élément est situé dans un milieu
agressif. La contrainte de traction des armatures tendues est limitée par la valeur suivante
(article A.4.5,34 BAEL 91révisé en 99):

̅̅̅̅ { ( √η )} (II.25)

II.3.2.2 Selon le code CSA :

La contrainte de traction admissible de l’acier, suivant le diagramme de la figure II.14, est


comme suit :

Figure II.14 Diagramme contraintes – déformations d’acier

Où : fs = ; ; εy =

Avec :
fs : contrainte limite calculée dans l’armature sous la charge d’application.
fy : limite d’élasticité de l’acier.
: Coefficient de résistance de l’acier.
εy : déformation de l’acier correspondant à la limite élastique fy de l’acier.
Es : module d’élasticité de l’acier.

Note : Les contraintes admissibles de l’acier aux états limites de service sont les mêmes que
celles des états limites ultimes. Néanmoins les ouvertures des fissures à l’ELS sont contrôlées
en prévoyant un pourcentage d’armature minimale dans la section de béton.

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