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Élastomères thermoplastiques (TPE)

par Michel BIRON


Ingénieur de l’Institut national supérieur de chimie industrielle de Rouen (INSCIR)
et de l’Institut français du Caoutchouc (IFC)
Consultant

1. Définitions.................................................................................................. AM 3 400 - 2
2. Évolution et perspectives ...................................................................... — 2
3. Concepts et propriétés de base ........................................................... — 3
3.1 Concepts de base......................................................................................... — 3
3.2 Propriétés générales des TPE...................................................................... — 4
4. Monographies ........................................................................................... — 5
4.1 Élastomères thermoplastiques styréniques (TPS) : SBS et SEBS ........... — 6
4.2 Polypropylènes à phase EPDM vulcanisé dynamiquement :
PP/EPDM-VD................................................................................................. — 9
4.3 Élastomères thermoplastiques à base oléfinique et phase élastomère
vulcanisé dynamiquement : PP/NR-VD...................................................... — 12
4.4 Élastomères thermoplastiques à base oléfinique et phase élastomère
non vulcanisé (TPO) .................................................................................... — 13
4.5 Polypropylènes à phase NBR vulcanisé dynamiquement : PP/NBR-VD . — 15
4.6 Polypropylènes à phase caoutchouc bromobutyl vulcanisé
dynamiquement : PP/IIR-VD........................................................................ — 17
4.7 Alliages polychlorure de vinylidène à phase EVA réticulé : EVA/VC ....... — 19
4.8 Élastomères thermoplastiques polyuréthannes (TPU)............................. — 21
4.9 Copolyesters – COPE ................................................................................... — 25
4.10 Élastomères thermoplastiques polyéthers blocs amides (PEBA) ........... — 29
4.11 Élastomères thermoplastiques à base PVC : TPE/PVC .............................. — 32
4.12 Élastomères thermoplastiques divers ....................................................... — 34
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AM 3 400

Thermoplastiques ntre les thermoplastiques à mise en œuvre aisée mais à propriétés élas-
E tiques restreintes, et les élastomères aux propriétés élastiques remarqua-
bles, mais à mise en œuvre plus complexe, des matériaux intermédiaires ont fait
leur apparition, les élastomères thermoplastiques ; TPE (ThermoPlastic Elasto-
TPE à mer). Ils constituent une famille de matériaux relativement récents (apparition
faible élasticité du concept dans les années 1960) et, de par leur structure hétérogène constituée
de domaines souples et rigides, ils se situent à mi-chemin (figure A) :
— des caoutchoucs ou élastomères réticulés irréversiblement pour leur confé-
rer élasticité (déformation réversible sous contrainte) et souplesse ;
TPE à — et des thermoplastiques : thermoplasticité réversible, plasticité (déforma-
forte élasticité tion irréversible sous contrainte), souplesse ou rigidité.
Les TPE offrent une combinaison de propriétés particulières :
— élasticité, limitée à un domaine de températures modérées inférieures aux
températures de ramollissement des domaines rigides ;
Élastomères — facilité de mise en œuvre des thermoplastiques, sans vulcanisation ;
— facilité de recyclage des déchets de thermoplastiques.
Figure A – Les TPE, matériaux intermédiaires

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En fait, il n’existe pas de frontière définie entre thermoplastiques et TPE mais


une continuité. Par contre, si les propriétés des TPE s’approchent de certaines
propriétés des élastomères, il y a discontinuité au niveau des morphologies et
mises en œuvre.
Le développement des TPE est encore limité mais le taux de croissance est
supérieur à ceux des thermoplastiques et des caoutchoucs. Le grand intérêt des
TPE pour les plasturgistes réside dans le fait que leur matériel : presses à injec-
tion, extrudeuses..., et leur expérience de la mise en œuvre des thermoplasti-
ques leur permet d’accéder au marché des élastomères.

1. Définitions Tableau 1 – Dénominations et abréviations


des élastomères thermoplastiques
La norme ISO 1382 donne les définitions suivantes : Caoutchoucs thermoplastiques TPE
Élastomère : matière macromoléculaire qui retourne rapidement Mélanges de PVC et NBR PVC/NBR
et approximativement à sa forme et à ses dimensions initiales après
Copolymères blocs
cessation d’une contrainte faible ayant produit une déformation
importante. butadiène/styrène SBS
Caoutchouc : élastomère qui est déjà ou qui peut être amené à un isoprène/styrène SIS
état tel qu’il soit essentiellement insoluble, bien que susceptible de éthylène/butylène/styrène SEBS
gonfler dans un solvant porté à l’ébullition, tel que benzène, méthy-
éthylène/propylène/styrène SEPS
léthylcétone et azéotrope éthanol-toluène. Un caoutchouc dans son
état modifié ne peut être aisément remoulé par chauffage et pres- Mélanges d’une polyoléfine et d’un caoutchouc
sion modérés. non réticulé TPO
Une note donne les précisions suivantes : en son état modifié, un réticulé TPO-VD
caoutchouc ne contenant pas de diluants revient en 1 min à moins
de 1,5 fois sa longueur initiale, après avoir été étiré à la température Polyuréthannes thermoplastiques TPU
normale (18 à 29 °C) et maintenu au double de sa longueur initiale à base polyester AU
durant 1 min avant d’être relâché. à base polyéther EU
Caoutchouc thermoplastique : polymère ou mélange de polymè- Copolymères éther/ester COPE
res ne nécessitant pas de vulcanisation ou de réticulation lors de sa
mise en œuvre, mais qui présente, à la température de service, des Copolymères éther/amide PEBA
propriétés similaires à celles du caoutchouc vulcanisé. Ces proprié-
tés disparaissent à la température de mise en œuvre, rendant possi-
ble une mise en œuvre ultérieure, mais réapparaissent lorsque le 1975 : TPO-VD, mélange polyoléfine/élastomère vulcanisé dyna-
matériau revient à la température de service. miquement
La norme NF T 45-031 qui traite spécifiquement des caoutchoucs 1976 : COPE, copolymère éther ester (Arnitel)
thermoplastiques reprend la définition ci-dessus.
1980 : PEBA, copolymère éther amide (Pebax)
Des dénominations et abréviations courantes sont proposées
1981 : TPO-VD, PP/EPDM vulcanisé dynamiquement (Santoprene)
dans le tableau 1, mais ne sont pas systématiquement normalisées.
Certaines abréviations précédées d’un Y sont normalisées 1984 : EVA/VC, EVA/chlorure de vinylidène (Alcryn)
NF ISO 1629 mais sont peu utilisées. 1985 : PP/NBR-VD, PP/NBR vulcanisé dynamiquement (Geolast)
1987 : PP/NR-VD, PP/NR vulcanisé dynamiquement (Vyram)
1988 : PP/IIR-VD, PP/butyl bromé vulcanisé dynamiquement
2. Évolution et perspectives (Trefsin)
■ Les TPE continuent à évoluer avec des recherches et développe-
■ Bien que certains polyuréthannes thermoplastiques ou TPU (Des- ments tous azimuts :
mopan) soient apparus en 1950, il semble que le concept des TPE ● Copolymères divers à segments souples et rigides : PA/PUR,
date des années 1960. cofluoropolymères, copolymères à cristaux liquides, ionomères.
L’historique suivant, loin d’être exhaustif, date approximative- ● Alliages de polymères existants : SBS et EVA réticulé, fluoro-
ment l’apparition de quelques produits ou familles : thermoplastique et fluoroélastomère réticulé, TPU de type ester ou
éther et NBR, alliage de deux TPE de natures chimiques différentes,
1950 : TPU, polyuréthanne thermoplastique (Desmopan/Estane)
PP et caoutchouc naturel époxydé vulcanisé, PP et EVA vulcanisé
PVC/NBR, mélange physique de PVC et NBR dynamiquement, PA et NBR réticulé, PA et polyéthylène chloré vul-
1961 : TPU, polyuréthanne thermoplastique (Elastollan) canisé, PA et COPE, SAN et caoutchouc naturel époxydé vulcanisé,
polyacétal et NBR réticulé.
1965 : SBS, styrène-butadiène-styrène (Cariflex TR)
● Modification de polymères existants : les modifications peu-
1970 : SEBS, styrène-éthylène/butylène-styrène (Kraton G) vent être d’ordre chimique (greffage, système vulcanisant de la
COPE, copolymère éther ester (Hytrel) phase souple, hydrogénation) ou physico-chimique (compatibilisa-
TPO, mélange polyoléfine/élastomère non réticulé tion de phases) ou physique (renforcement par des fibres). Par

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exemple : EPDM ionomères, PP/EPDM-VD compatibilisés par un


ionomère, PP/EPDM-VD vulcanisé par des silanes, SBR/HBR, HSBR/
BR, HSBR/HBR, renforcement de SBS par des fibres de carbone
courtes.
● TPE à base de déchets de polymères : poudrette de pneumati-
ques ou de semelles de chaussures ou de gants de latex pour la
phase souple et PVC ou polypropylène ou TPE pour la phase rigide.
● Nouveau concept de TPE « Worsted Polymers » : la chaîne prin-
cipale de polybutylacrylate constitue une phase continue souple
dans laquelle sont dispersés des agglomérats rigides constitués par
un réarrangement des chaînes latérales de PMMA totalement
incompatible. Les domaines rigides de PMMA forment une réticula- a b
tion physique qui empêche le glissement des chaînes les unes par
rapport aux autres mais permet la fusion et la transformation
comme les thermoplastiques. Ces polymères peuvent être d’une
grande transparence sur une très large plage de duretés.

Rappel d’abréviations et dénominations concernant


les thermoplastiques et les élastomères
BR Polybutadiène
EPDM Terpolymère d’éthylène, de propylène et d’un
diène
EVA Copolymère d’éthylène et d’acétate de vinyle
IIR Caoutchouc butyl (copolymère d’isoprène et
d’isobutylène)
NBR Copolymère de butadiène et d’acrylonitrile Segment rigide Segment souple
PA Polyamides
c
PE Polyéthylène
PP Polypropylène
PUR Polyuréthannes Polymère linéaire
PVC Poly (chlorure de vinyle)
Polymère branché
SAN Poly (styrène/acrylonitrile)
SBR Copolymère de styrène et de butadiène

3. Concepts et propriétés
de base Polymère étoilé

3.1 Concepts de base d

Les élastomères dans leur état définitif ont une structure tridimen-
sionnelle obtenue par réaction chimique provoquée après (extru-
sion, calandrage) ou pendant la mise en forme (moulage par
compression ou par injection par exemple) (figure 1 a).
Au contraire, les chaînes des polymères thermoplastiques restent
isolées les unes des autres (figure 1 b).
Les TPE ont une structure intermédiaire qui se rattache à l’un des
deux modèles suivants :
■ Existence dans la même macromolécule de segments souples et
de segments rigides (figure 1 c). Ces derniers s’arrangent en
domaines rigides constituant les « nœuds » réver-sibles d’un réseau
physique, par exemple les styrène-butadiène-styrène ou SBS. Les e
segments rigides et souples peuvent être disposés linéairement ou
en étoile ou branchés (figure 1 d ). Les liaisons physiques des
domaines rigides se relâchent puis disparaissent quand la tempéra- Figure 1 – Structure des élastomères, des polymères
ture augmente, permettant la mise en forme suivant les techniques thermoplastiques et des TPE
utilisées pour les thermoplastiques. L’élasticité est donnée par les
segments souples qui alternent avec les segments rigides
(tableau 2).
■ Existence d’une phase élastomère souple, réticulée ou non, dis-
Les propriétés pour deux monomères donnés dépendront des persée dans une phase continue thermoplastique rigide
longueurs des segments, de la configuration des macromolécules (figure 1 e). Cette phase continue permet la mise en forme suivant
(linéaires, étoilées, branchées), du rapport des segments rigides et les techniques utilisées pour les thermoplastiques. La phase élasto-
souples, de la masse moléculaire. mère, réticulée ou non, donne l’élasticité.

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Tableau 2 – TPE composés d’une alternance de segments Tableau 4 – Influence de la vulcanisation de la phase
souples et rigides élastomérique dans un TPO PP/EPDM
TPO TPO-VD
Abréviations Segments rigides Segments souples
Dureté ................................................. (Shore A) 81 84
SBS polystyrène polybutadiène Déformation rémanente ............................. (%) 78 31
Gonflement ASTM 3 .................................... (%) 162 52
SIS polystyrène polyisoprène
Résistance à la rupture ............................ (MPa) 4 13
SEBS polystyrène poly(éthylène/butylène) Allongement à la rupture ............................ (%) 630 430
Contrainte à 100 % .................................. (MPa) 3 5
TPU isocyanate éther ou ester

COPE polyester polyester ou polyéther 3.2 Propriétés générales des TPE


PEBA polyamide polyéther
■ Quel que soit le type auquel ils appartiennent, les TPE gardant un
caractère thermoplastique, d’autant plus marqué que la dureté est
élevée, sont sensibles aux élévations de température comme le
montre la figure 2, retraçant, pour deux grades de TPU de duretés
Si la phase élastomère est vulcanisée dynamiquement le suffixe croissantes (80 Shore A et 64 Shore D), les évolutions des contrain-
VD (vulcanisation dynamique) est souvent rajouté à l’abréviation. tes en fonction des allongements pour différentes températures.
Les propriétés pour deux polymères donnés dépendent du dia- ■ Comme pour tous les polymères, l’élasticité des TPE n’est pas
mètre des particules, de la vulcanisation ou non de la phase élasto- parfaite :
mère, du rapport des phases rigides et souples (tableau 3).
— après une déformation, un échantillon ne revient pas à ses
dimensions initiales mais reste partiellement déformé (déformation
rémanente) ;
— l’énergie récupérée pendant la rétraction est inférieure à
Tableau 3 – TPE composés d’une phase souple dispersée l’énergie fournie pour provoquer la déformation (hystérésis).
dans une phase rigide continue La figure 3 montre, pour deux grades de TPU de même dureté que
précédemment, les évolutions de l’hystérésis et de la déformation
Abréviations Phase rigide Phase souple rémanente après traction pour différents taux de déformation.

■ Les propriétés pour un même grade peuvent varier par suite de


TPO polyoléfine EPDM l’anisotropie provoquée par des méthodes de transformation usuel-
les telles que l’extrusion ou l’injection. Les coefficients d’anisotropie
TPO-VD polyoléfine EPDM-VD sont couramment de 1 à 1,3 pour l’injection mais peuvent atteindre
des valeurs aussi élevées que 3,7 pour certains TPE extrudés.
PP/NBR-VD polypropylène NBR-VD ■ Les propriétés pour une même famille peuvent varier fortement
avec la dureté.
PP/NR-VD polypropylène naturel-VD
Par exemple, les propriétés élastiques sont fortement affectées
par le niveau de dureté (tableau 5).
PP/IIR-VD polypropylène butyl bromé VD

PO/CPE-VD polyoléfine polyéthylène chloré


Tableau 5 – Exemples d’influence du niveau de dureté
EVA/VC chlorure EVA sur les propriétés élastiques
de vinylidène
Dureté Shore
TPE PVC/NBR PVC NBR
Sh A faible Sh A élevée Sh D élevée

TPE PVC/NBR-VD PVC NBR-VD TPE séquencé PEBA :


hystérésis à 5 % ............. (%) 12 22
Alliage TPO-VD :
DRC 24 h à 70 °C ............ (%) 30 42 63

● Influence de la taille des particules d’EPDM dispersées dans du


polypropylène : pour des diamètres variant de 70 à 1,5 µm, les résis- ■ Par contre, les propriétés électriques et chimiques ne sont affec-
tances et allongements à la rupture passent respectivement de : tées que s’il y a modification importante de la structure chimique ;
comme le montrent les exemples suivants.
— moins de 10 MPa à plus de 20 MPa ;
● Évolution des propriétés électriques de TPU : les variations sui-
— moins de 200 % à plus de 500 %. vantes sont constatées lorsque la dureté augmente :
● Influence de la vulcanisation de la phase élastomérique dans — résistivité volumique .................... 108 à 1014 Ω
un TPO PP/EPDM : voir tableau 4. — rigidité diélectrique ....................... 15 à 50 kV/mm

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Effort de traction
Effort de traction (N /mm2)
[N / mm2] 8
80 – 20 °C
7
70
6
60 23 °C
5
50
4
40 60 °C
3
30
2
20 100 °C 1
10
0
0 50 100 150 200 250
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1 000 Taux de déformation (%)
Allongement (%) a TPU de dureté 80 Shore A

a TPU de dureté 80 Shore A Effort de traction


(N /mm2)
40
Effort de traction
[N / mm2]
80 30
70
23 °C
60 20
– 20 °C
50
60 °C
40 10
100 °C
30

20 0
0 50 100 150 200 250
10
Taux de déformation (%)
0 b TPU de dureté 64 Shore D
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1 000
Allongement (%) Figure 3 – Exemple d’évolution de l’hystérésis en fonction
de la tension appliquée pour différents taux de déformation,
b TPU de dureté 64 Shore D pour deux grades de TPU (doc. Elastollan)

Figure 2 – Exemple d’évolution de contraintes en fonction


des allongements à différentes températures, pour deux grades
de TPU (doc. Elastollan)
4. Monographies
Sauf cas particuliers, les monographies suivent le même plan
● Évolution des gonflements dans des huiles de TPO-VD : les général. Après une brève introduction, sont examinés succes-
variations suivantes sont constatées lorsque la dureté augmente : sivement :

— 166 h dans l’huile ASTM 1 à 100 °C ........................... 35 % à 5 % — la préparation ;


— les propriétés générales, avantages et inconvénients ;
— 166 h dans l’huile ASTM 3 à 100 °C ......................... 76 % à 25 % — l’élasticité : ce point est particulièrement important pour la
majorité des utilisations qui visent le remplacement des élastomè-
■ Le tableau 6 (extrait de [1]) compare les principales propriétés, res vulcanisés et nécessitent donc une bonne résistance au fluage,
chiffrées ou indicées, des différentes familles de TPE. une bonne capacité à conserver des niveaux élevés de forces de
réaction, ainsi qu’à revenir à des dimensions proches de l’origine
Les chiffres et appréciations suivants n’ont pour but que de don- après suppression de toute contrainte. L’élasticité ne doit pas être
ner une première idée sur les positions relatives des différentes confondue avec la souplesse qui traduit simplement la facilité du
familles. matériau à se déformer sans augurer de son élasticité ;
— les propriétés physiques, mécaniques, le comportement ther-
Pour chaque famille, lorsqu’une caractéristique figure sur deux momécanique, la tenue aux basses températures ;
lignes, la première ligne indique les valeurs les plus faibles et la — le vieillissement à la température, à l’environnement, la fatigue
deuxième ligne indique les valeurs les plus élevées. dynamique ;

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Tableau 6 – Comparaison des principales propriétés des différentes familles de TPE (1)
Résistance Résistance Résistance
Dureté Tenue aux HT Tenue aux BT Résistance à Tenue à Prix
DRC à à O3 aux produits
Shore (°C) (°C) l’hydrolyse l’oxydation matière
l’abrasion pétroliers
TPE/PVC 51A 70 − 20 1 2 3 3 2 3 4
69A 85 − 55 3 3 4 4 3 3 5
SBS/SIS 30A 50 − 50 1 1 1 3 2 1 4
60D 75 − 60 2 3 3 5 2 2 5
SEBS 10A 80 − 40 1 1 3 3 3 1 3
70D 120 − 50 2 3 5 5 4 2 4
PP/EPDM-VD 45A 90 − 30 1 2 3 3 3 1 3
50D 130 − 60 4 3 5 5 4 3 4
PP/NR-VD 56A 80 − 30 1 2 2 3 3 1 4
54D 120 − 60 3 3 5 5 4 3 5
TPO 62A 60 − 30 1 1 3 3 3 1 4
47D 100/110 − 60 2 3 5 5 4 3 5
PP/NBR-VD 70A 90 − 20 1 2 3 3 3 3 3
45D 120 − 40 4 4 5 5 4 4 4
PP/IIR-VD 65A 90 − 30 1 1 3 4 3 1 3
85A 130 − 60 4 3 4 5 4 3 4
EVA/VC 60A 70 − 40 1 2 3 3 3 3 3
80A 100 − 50 3 3 5 5 3 4 4
TPU 62A 70 − 30 1 2 3 1 2 2 3
75D 100 − 60 3 5 5 3 3 4 4
COPE 80A 100 − 40 1 3 4 2 3 2 2
82D 135 − 60 3 5 5 4 3 4 3
PEBA 75A 90 − 40 1 3 3 2 2 2 2
70D 130 − 60 3 4 5 3 2 4 3
(1) Indice 5 : le TPE a un très bon comportement
Indice 4 : le TPE a un bon comportement
Indice 3 : le TPE a un comportement moyen
Indice 2 : le TPE a un comportement limité
Indice 1 : le TPE a un comportement généralement inadéquat
Exemple : dans ce système de cotation, 5 indique une résistance élevée à l’abrasion (donc un indice d’abrasion faible), un prix intéressant (donc un faible prix
au kg).
Abréviations : DRC déformation rémanente après compression, HT hautes températures, BT basses températures

— la résistance chimique : lorsque les informations sont données 4.1 Élastomères thermoplastiques
sous forme d’appréciations, il faut les utiliser avec circonspection styréniques (TPS) : SBS et SEBS
car, pour un couple polymère/produit, le grade du polymère, la qua-
lité du produit (pur, technique, concentration...) et les conditions de
contact ne sont pas précisés, de même que la durée. Telle source 4.1.1 Introduction
visant une application de courte durée indiquera une appréciation
bien moins sévère que telle autre source visant des applications per- Les SBS et les SEBS, apparus plus récemment, sont constitués de
manentes de longue durée ; séquences rigides polystyrène et de séquences souples polybuta-
diène ou poly(éthylène/butylène) ou plus rarement polyisoprène.
— le comportement au feu ; Les SBS et SEBS, qui ont bien des points communs, différent prin-
— les propriétés électriques ; cipalement par leurs résistances aux différents vieillissements et à
l’oxydation. En outre, les SEBS ont une tenue plus limitée aux bas-
— la mise en œuvre et le recyclage. ses températures, une rigidité plus élevée et des allongements à la
rupture plus faibles, une meilleure tenue physique aux températu-
et des exemples de noms commerciaux et de producteurs. res supérieures à la température de transition vitreuse du polysty-
rène, une viscosité en solution plus élevée.
Les TPE styréniques sont commercialisés sous formes de poly-
Concernant les essais sur les plastiques, le lecteur pourra se mères de base ne contenant que des additifs fondamentaux ou sous
reporter à la rubrique « Essais normalisés » [2] de ce traité des forme de compounds, incorporant éventuellement d’autres polymè-
Techniques de l’Ingénieur. res et ingrédients, pour la fabrication de produits ou de pièces.

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Une part substantielle des applications concerne la modification Pour les SEBS testés à 70 °C, il ressort un très large éventail de
de polymères ou de bitumes et la fabrication d’adhésifs. valeurs de DRC reflétant la diversité des utilisations visées et des
Exemples de noms commerciaux : Calprene de Repsol, Europrene possibilités de formulation (tableau 7).
de Enichem, Finaprene de Fina, Kraton D et Kraton G, Elexar de
Shell, Multiflex de Multibase, Téfabloc de Cousin Tessier.
Tableau 7 – Exemples de valeurs de déformation rémanente
4.1.2 Préparation après compression de SBS et SEBS
Dureté Shore A
Les SBS sont obtenus par copolymérisation de séquences rigides Déformations rémanentes
de polystyrène reliées par des séquences souples de polybutadiène 25 35 45 55 65 75 85 90
ou plus rarement de polyisoprène, alors que, pour les SEBS, la
séquence souple est constituée de poly(éthylène/butylène). Les SBS SBS : compounds
ou SEBS sont souvent triblocs avec deux segments rigides reliés par DRC 22 h à 23 °C .............. (%) 20 9à 12 à 13 à 13 à
un segment souple. 20 18 16 20
Les doubles liaisons des segments polybutadiène ou polyiso- SEBS : compounds
prène sont chimiquement fragiles et les SBS sont donc plus sensi- DRC 22 h à 23 °C .............. (%) 6 8 à 10 à 10 à 12 à 14 à 19
bles que les SEBS aux oxydants dont l’ozone, à la chaleur et aux UV. 12 12 14 15 18
La compatibilité de la phase polybutadiène avec la phase polysty- DRC 72 h à 23 °C .............. (%) 13 14 à 14 à 42
rène dont la température de transition vitreuse est peu élevée rend 17 17
les SBS particulièrement sensibles à l’élévation de la température.
DRC 22 h à 70 °C .............. (%) 38 30 à 18 à 19 à 23 à 26 à 50 à 63
La phase élastomère des SEBS est moins compatible avec la phase 50 50 55 60 60 65
polystyrène ce qui améliore la stabilité physique à la température.
DRC 22 h à 100 °C ............ (%) 35 à 39 à 39 à 45 à 77
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination 58 60 64 66
des grades, varient fortement en fonction :
— de la nature des segments souples ; ■ Propriétés physiques
— de la morphologie des chaînes macromoléculaires (linéaires, Les masses volumiques sont voisines de 1 g/cm3 ou supérieures,
branchées...) ; par exemple 1,2 g/cm3 voire 1,9 g/cm3 pour des matériaux denses,
— de la longueur des segments ; appelés « masses lourdes », conçus pour amortissement phonique.
— du rapport des segments rigides et souples.
Certains grades sont transparents.
Généralement, avant transformation, les TPE styréniques doivent
être additionnés d’ingrédients divers, dont parfois d’autres thermo- Les absorptions d’eau ou d’humidité, sauf cas particuliers, sont
plastiques, ce qui conduit à une grande diversité de grades : stabili- limitées, par exemple 0,1 à 0,4 % après 24 h d’immersion dans l’eau
sés aux UV, stabilisés à la chaleur, transparents, stérilisables, à température ambiante.
étendus à l’huile, pour masses lourdes d’isolation phonique, pour ■ Propriétés mécaniques
isolation de fils et câbles électriques, agréés pour usage médical ou
pharmaceutique. Certains grades ont une grande souplesse, descendant jusqu’à 25
shore A.
Les propriétés mécaniques varient largement suivant les grades
4.1.3 Propriétés. Caractéristiques mais sont, en général, d’un niveau suffisant pour les applications
habituelles. Les résistances à la rupture en traction peuvent descen-
Bien qu’il soit difficile de donner des règles générales pour une dre en dessous de 2 MPa pour certaines qualités courantes. La résis-
famille aussi diversifiée, les points forts qui peuvent être retenus tance à l’abrasion des grades adéquats permet l’utilisation en
pour les TPS sont : éventail de duretés allant jusqu’à des valeurs très semelage d’articles chaussants. Les résistances au déchirement,
basses (25 Shore A), faible prix, bonne résistance aux flexions répé- très variables pour une même classe de dureté, sont généralement
tées et aux chocs, ainsi qu’à l’abrasion (pour certains grades), bon d’un niveau modeste.
comportement à froid (particulièrement pour les SBS), faible den- ■ Stabilité dimensionnelle
sité, facilité de recyclage des déchets, possibilité de formulation et
de coloration, bonne tenue au vieillissement des SEBS, possibilité Pour un SEBS de dureté 75 Shore A, l’absorption d’eau après
de surmoulage sur polyoléfines, EVA ou polystyrène pour certaines immersion pendant 168 h à 70 °C est faible (1,1 %).
familles. Comme pour tous les polymères peu ou pas chargés, les coeffi-
Par contre les inconvénients généraux sont : risques de fluage et cients de dilatation sont élevés, par exemple 7 · 10−5 à 40 · 10−5/°C.
de déformation sous contraintes à chaud (DRC à 70 °C élevées pour ■ Comportement thermomécanique
certaines séries de grades), gonflement important dans les huiles et
produits pétroliers, résistance limitée aux différents vieillissements Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
« Vieillissement ».
pour les SBS, faible tenue thermique (50 °C maximum pour certains
SBS). Pour des raisons de compatibilité des phases souples et rigides,
les SBS sont particulièrement sensibles à l’élévation de la tempéra-
■ Élasticité ture.
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi- Les températures de service de certains grades de SBS sont limi-
nue lorsque la dureté augmente. tés à 50 °C.
Déformations rémanentes après compression : les résultats qui Les températures de service des SEBS sont plus élevées, 80 à
suivent concernent des essais effectués d’après la norme 100 °C, voire 120 °C.
ASTM D 395 méthode B sous déformation constante de 25 %, à des
températures adaptées aux comportements thermiques des diffé- ■ Comportement à basse température
rents grades. La méthode n’est pas adaptée aux compounds de La transition vitreuse, due à la phase élastomère, se situe à
dureté supérieure à 90 Shore A. − 42 °C pour les polymères de base SEBS et − 80 °C pour les polymè-

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res de base SBS, laissant envisager, pour les compounds, des tem-
pératures d’utilisation de − 40 °C et − 60 °C respectivement. Tableau 9 – Exemples de caractéristiques de SBS

■ Vieillissement Dureté Shore


Caractéristique
Température : lorsqu’elles ne sont pas limitées par des raisons 35A 65A 80A 35D 51D
physiques (ramollissement), les températures de résistance conti-
nue sans contrainte sont de l’ordre de 50 à 70 °C pour les SBS et de Masse volumique ......................... (g/cm3) 1,05 1,1 1,1 1,04 1,08
80 à 100 °C pour les SEBS, voire 120 °C. Résistance à la rupture .................... (MPa) 1,6 5 7 9 14
Environnement : les SBS, au même titre que tous les élastomères Module à 300 % ............................... (MPa) 3,3 5
riches en doubles liaisons, ne sont pas adaptés aux expositions à la Allongement à la rupture .................... (%) 600 600 500 475 500
lumière, aux UV et à l’ozone, alors que les SEBS ont un bon compor-
tement. DRC 22 h à 20 °C .................................. (%) 20 15 17
Température mini d’utilisation .......... (°C) − 60 − 60 − 60 − 60 − 60
Flexions répétées : les TPS sont utilisés dans des applications
entraînant des déformations répétées, même à basse température : DRC : déformation rémanente après compression
semelles de chaussures par exemple.

■ Résistance chimique
4.1.4 Mise en œuvre. Recyclage
La tenue est :
— satisfaisante dans : eau, acétone, bases, oxyde d’éthylène, for- ■ Coloration : la transparence des TPS permet l’obtention d’une
maldéhyde, acides nitrique dilué, chlorhydrique, sulfurique, phos- grande variété de coloris francs par addition de mélanges maîtres.
phorique, organiques ;
■ Séchage : le séchage n’est généralement pas nécessaire lorsque
— limitée à satisfaisante dans : acide acétique dilué, chlore, eau les sacs n’ont pas été ouverts depuis trop longtemps. En cas de
de chlore, acide chromique ; nécessité, le séchage pourra être de l’ordre de 1 h à 60 °C.
— limitée dans : éthylèneglycol, butanol, éthanol, huiles végéta-
■ Rhéologie : les SEBS ont un comportement rhéologique à l’état
les, acétate de butyle, acides gras ;
fondu dépendant peu de la température et plus largement du taux
— limitée à insuffisante dans : solvants chlorés, hydrocarbures de cisaillement. Les outillages et procédés de transformation
aliphatiques et aromatiques, produits pétroliers, acide nitrique con- devront favoriser l’augmentation des taux de cisaillement.
centré, cyclohexanone, éthers.
■ Les TPS sont transformables par injection, extrusion, extrusion-
■ Comportement au feu soufflage, injection-soufflage, thermoformage, calandrage, filage à
l’état fondu. Certaines qualités peuvent être surmoulées sur poly-
Les polymères de grades standards brûlent facilement. Des igni- éthylènes, polypropylènes, EVA ou polystyrènes.
fugeants peuvent réduire l’aptitude à la combustion.
● Injection : les presses d’injection classiques avec des taux de
Les polymères de grades standards sont classés HB selon l’essai compression de 2 à 3 conviennent. Le matériel doit être parfaite-
UL 94 alors que des grades autoextinguibles V0 sont proposés avec ment nettoyé. En général les machines peuvent être purgées à l’aide
des indices d’oxygène de 30. de polypropylène ou de polyéthylène. Les vitesses et pressions
d’injection seront élevées pour provoquer une augmentation des
■ Propriétés électriques taux de cisaillement et une diminution de la viscosité des SEBS. Les
retraits dans les conditions optimales de moulage sont de l’ordre de
Les polymères de grades standards sont isolants et des grades 0,3 à 3 %.
spéciaux ont été développés pour concurrencer les polyéthylénes
dans les revêtements isolants pour fils électriques basse tension ou Exemples de températures de moulage : voir tableau 10.
dans certains câbles coaxiaux.

■ Les tableaux 8 et 9 donnent des exemples de caractéristiques de Tableau 10 – Exemples de températures de moulage
SEBS et SBS. par injection et d’extrusion de TPS
Injection Presse Moule
Tableau 8 – Exemples de caractéristiques de SEBS Température SBS .............. (°C) 170 à 190 25 à 30

Dureté Shore Température SEBS ............ (°C) 180 à 230 40 à 60


Caractéristique Extrusion Vis Filière
25A 60A 70A 36A 42D
Température SBS .............. (°C) 160 à 180 180
Masse volumique .................. (g/cm3) 1 1,2 1,1 1,94 (1) 1,05
Température SEBS ............ (°C) 170 à 190 190
Résistance à la rupture ............ (MPa) 2,3 6 8 5 14
Module à 100 % ........................ (MPa) 2,4 3,5 3,5 9
Allongement à la rupture ............. (%) 650 600 640 250 450 À titre d’exemple, les temps de cycle peuvent être de 40 s pour
Rapport modules 70 °C/20 °C ...... (%) 28
une pièce de 55 g en SEBS.
● Extrusion : le matériel standard à vis longue (rapport L/D supé-
DRC 22 h à 20 °C ........................... (%) 6 14 11
rieur à 20) et fort taux de compression (supérieur à 2,5) convient par-
DRC 24 h à 100 °C ......................... (%) 39 à 64 80 faitement. Les extrudeuses prévues pour le polyéthylène donnent
Température mini d’utilisation ... (°C) − 40 − 40 − 50 de bons résultats. Le matériel doit être parfaitement nettoyé, avec
les mêmes purges qu’en injection.
DRC : déformation rémanente après compression
(1) Grade spécial pour l’amortissement phonique Exemples de températures d’extrusion : voir tableau 10.

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■ Recyclage : de la matière rebroyée propre, reséchée et débarras- 4.2 Polypropylènes à phase EPDM
sée des fines par tamisage peut être incorporée à de la matière
vierge. Un taux maximal de 15 % est conseillé par certains fournis- vulcanisé dynamiquement :
seurs. PP/EPDM-VD

4.1.5 Applications 4.2.1 Introduction

Les PP/EPDM-VD sont constitués d’une matrice rigide de polypro-


La part des TPS dans les TPE est estimée à environ 44 %. Si les
pylène (ou parfois de polyéthylène) dans laquelle sont dispersées
applications de modification des polymères et des bitumes sont
de fines particules d’EPDM vulcanisé dynamiquement.
exclues, le pourcentage descend à environ 35 % et est du même
ordre de grandeur que celui des thermoplastiques oléfiniques Ce sont des TPE d’usage général, à bonnes propriétés élastiques
(TPO). et résistants à l’oxydation et au vieillissement.
Les applications à l’extérieur sont réservées aux SEBS. Commercialisés prêts à l’emploi, ils sont utilisés majoritairement
dans l’industrie automobile mais également dans le bâtiment,
Les valeurs suivantes montrent l’importance relative des différen- l’industrie, le médical et à un moindre degré dans l’isolation de fils
tes utilisations des TPS ; électriques.
— chaussure .............................................................................. 24 % Exemples de noms commerciaux : Santoprene de AES, Sarlink de
— industrie .................................................................................. 8 % DSM.
— automobile .............................................................................. 2 %
— autres ..................................................................................... 66 % 4.2.2 Préparation
Applications déjà développées ou potentielles :
La phase élastique EPDM est réticulée et dispersée simultané-
— chaussures : semelles ; ment sous fort taux de cisaillement et à chaud dans la phase rigide
— sport et loisirs : palmes de plongée, jouets, poignées ; polypropylène de façon à être distribuée uniformément sous forme
de particules aussi petites que possible pour obtenir les meilleures
— automobile : accoudoirs, profilés d’étanchéité, tapis porte-
caractéristiques.
objets antidérapants, soufflets et pommeaux de leviers de change-
ment de vitesse, couvercle de logement d’air bag ; Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
des grades, dépendent :
— industrie : manchons d’étanchéité, soufflets, passe-fils, ven-
touses, tubes et tuyaux, profilés d’étanchéité, poignées et manches — des propriétés du polypropylène utilisé ;
divers, joints statiques ; — des propriétés de l’élastomère vulcanisé, de son taux de réticu-
— domestique : tapis de bain, pièces d’aspect caoutchoutique lation et de son état de dispersion (dimension des particules par
agréables au toucher ; exemple). D’une façon générale, l’EPDM apporte son bon équilibre
de propriétés et sa résistance au vieillissement ;
— bâtiment : joints d’étanchéité pour fenêtres ; — du rapport phase souple/phase rigide.
— fils et fibres élastiques pour non-tissés, par exemple pour cou-
Les PP/EPDM-VD sont commercialisés prêts à l’emploi sous forme
ches de bébés ;
de nombreux grades, par exemple : stabilisés à la chaleur ou à la
— fils et câbles basse tension, prises, manchons, connecteurs, lumière, économiques, ignifugés, pour l’automobile, pour machines
rallonges monopièces, joints de matériels électriques ; à laver, pour joints pour le bâtiment.
— articles publicitaires ;
— pièces transparentes ;
4.2.3 Propriétés. Caractéristiques
— pièces pour le médical et pour l’alimentaire : embouts de serin-
gues, tubages intraveineux, capuchons de compte-gouttes, tétines,
poches, récipients divers, bouchons, lèvres antiprojection sur Les points forts généraux sont : large éventail de duretés descen-
mixer ; dant jusqu’à 45 Shore A, faible densité, bonne résistance au vieillis-
sement (lumière spécialement pour les grades noirs, ozone,
— amortissement des bruits et vibrations, masses lourdes, amor- chaleur), déformation rémanente à la compression améliorée, bon
tisseurs et pieds de petits matériels divers. comportement à la fatigue dynamique, soudabilité aux polyoléfines,
Outre ces applications pour la réalisation de pièces, les TPS sont aptitude à la coloration, facilité de recyclage des déchets.
également utilisés pour : Par contre, les inconvénients sont : déformation rémanente éle-
vée pour les grades de haute dureté et risques de fluage à chaud
— bases d’adhésifs, hot-melts et mastics ; leur formulation par sous contraintes, résistance limitée aux hydrocarbures.
addition de résines, plastifiants et charges permet de régler le
« tack » (collant immédiat par légère pression sur un support), la ■ Élasticité
cohésion et les propriétés d’usage d’adhésifs contacts ou sensibles
à la pression ; Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi-
nue lorsque la dureté augmente de 65 Shore A à 50 Shore D
— modification des matières plastiques : amélioration de la résis- (tableau 11) :
tance au choc (PC, PPE par exemple), compatibilisation de polymè-
res (PS avec PE ou PET), limitation du retrait des résines polyesters — déformation rémanente de compression : les DRC, mesurées
thermodurcissables « low profile » ; suivant la norme ASTM D 395 (méthode B) passent de 30 à 63 %
pour une température d’essai modérée de 70 °C. Pour toutes les
— compatibilisation et amélioration de la tenue au choc de températures d’essais, elles sont élevées pour les grades de haute
déchets de plastiques recyclés ; dureté ;
— modification des bitumes pour améliorer leur élasticité à hau- — déformation rémanente après traction : les DRT, mesurées
tes et basses températures, réduire leur tendance au craquelage et suivant la norme ASTM D 412, passent de 10 à 60 % et sont donc
retarder leur fragilisation. élevées pour les grades de haute dureté ;

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— résilience de rebondissement : la résilience, mesurée avec point pour les applications extérieures pour le bâtiment. La tenue à
deux méthodes non précisées, diminue lorsque la dureté augmente. l’ozone est bonne.
Pour l’une des méthodes, les résultats restent modestes pour toutes
les duretés. Fatigue dynamique : les PP/EPDM-VD sont utilisés dans les appli-
cations nécessitant une bonne tenue à la fatigue dynamique, souf-
flets pour l’automobile par exemple.
Tableau 11 – Exemples de valeurs de déformations ■ Résistance chimique
rémanentes de compression, traction et de résilience
de rebondissement En général, la résistance chimique augmente en même temps que
la dureté. En outre :
Dureté Shore — la tenue à l’hydrolyse est bonne même à chaud ce qui permet
Caractéristique des applications dans les machines à laver ;
55A 65A 75A 85A 40D 50D
— les hydrocarbures provoquent des gonflements qui peuvent
DRC 22 h à 23 °C ....................... (%) 22 25 35 39 40 être importants ;
DRC 22 h à 70 °C ....................... (%) 31 30 33 42 50 63 — le comportement est souvent convenable dans les solvants
polaires.
DRC 22 h à 100 °C ..................... (%) 34 33 52 65 70
DRC 22 h à 125 °C ................... (%) 35 42 60 70 90 Les perméabilités aux gaz sont du même ordre que celles des
caoutchoucs et plastiques courants (voir tableau 23 dans le
DRT ........................................... (%) 10 14 33 48 61 paragraphe 4.6.3).
Résilience de rebondissement
Résistance aux moisissures et aux champignons : les comporte-
méthode 1 ............................. (%) 71 68 60 59 59 ments, analogues à ceux d’autres élastomères, nécessitent l’utilisa-
méthode 2 ............................. (%) 33 31 22 20 19 tion d’un fongicide pour les utilisations sous terre.

■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement


et sont classées HB. Cependant, on peut utiliser des grades
■ Propriétés physiques ignifugés ou rajouter des ignifugeants.
Les masses volumiques sont souvent légèrement inférieures à ■ Propriétés électriques
1 g/cm3, par exemple 0,94 à 0,97 g/cm3.
Les absorptions d’eau et d’humidité sont limitées, 0,01 % pour Les polymères de grades standards sont isolants et permettent
des grades de basse et moyenne dureté et 0,28 % pour des grades l’utilisation comme revêtements de fils et câbles électriques. Les
de haute dureté après 24 h d’immersion dans l’eau. résistivités sont élevées, par exemple 1 · 1016 à 3 · 1016 avec des rigi-
dités électriques de bon niveau : 35 à 40 kV/mm.
Les PP/EPDM-VD constitués de deux phases ne sont pas transpa-
rents. Les facteurs de perte à 50 Hz sont de l’ordre de 20 · 10−4 à 40 · 10−4.

■ Propriétés mécaniques : certains grades ont une souplesse qui Pour un grade donné, la permittivité relative ou constante diélec-
recouvre la gamme des caoutchoucs conventionnels, avec des trique est de 2,2.
duretés descendant jusqu’à 45 shore A. Les propriétés mécaniques Pour un grade déterminé, les propriétés électriques sont peu
varient largement suivant les grades mais sont, en général, d’un affectées par une immersion de 14 jours dans l’eau à 80 °C.
niveau acceptable. La résistance à la rupture en traction peut
descendre à 3 MPa pour des faibles duretés contre plus de 20 MPa ■ Des exemples de caractéristiques de PP/EPDM-VD sont regrou-
pour des duretés élevées. pés dans le tableau 12.
■ Stabilité dimensionnelle : l’absorption d’eau est faible mais les
coefficients de dilatation, comme pour tous les polymères
organiques peu ou pas chargés, sont élevés de l’ordre de 4 · 10−5/°C
Tableau 12 – Exemples de caractéristiques
à 11 · 10−5/°C.
de PP/EPDM-VD
■ Comportement thermomécanique
Dureté Shore
Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe Caractéristique
« Vieillissement ». 45A 65A 50D
En présence de contraintes, l’augmentation de la température 3
Masse volumique .............................. (g/cm ) 0,97 0,97 0,94
entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter
les températures d’utilisation bien en dessous des températures de Résistance à la rupture ........................ (MPa) 3,0 5,8 à 6,9 22 à 27,6
résistance continue sans contrainte (90 à 130 °C). Allongement à la rupture ......................... (%) 300 340 à 400 600
Le rapport des modules à 100 °C et à 20 °C sont modestes, de Module en traction ............................... (GPa) 0,007 0,275
46 % pour une dureté de 65 Shore A à 10 % pour une dureté de 40 Module en flexion ................................. (GPa) 0,018 0,347
Shore D. Module à 100 % .................................... (MPa) 1,2 2,3 à 3,2 10 à 16
■ Comportement à basse température : les températures de Rapport modules 100 °C/20 °C ................ (%) 46 21
fragilité à froid vont, généralement, de − 60 °C pour les grades Résistance au déchirement entaillé . (N/mm) 14 10 à 24 80 à 90
les plus souples à − 34 °C pour les grades les plus rigides. DRC 22 h à 70 °C (mét. B) ......................... (%) 25 à 34 57 à 69
■ Vieillissement DRC 24 h à 100 °C (mét. B) ....................... (%) 30 à 40
Température : en l’absence de contraintes, les températures de Température de fragilité .......................... (°C) − 60 − 62 − 34
service sont de l’ordre de 90 °C à 130 °C avec possibilité de courtes Classement de réaction au feu
périodes jusqu’à 150 °C. selon essai UL94 ............................................. HB HB HB

Environnement : les grades noirs doivent être préférés pour les Température de fusion ............................ (°C) 162
expositions à la lumière. Toutefois des grades blancs ont été mis au DRC : déformation rémanente de compression

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4.2.4 Mise en œuvre. Recyclage


Tableau 14 – Exemples de températures d’extrusion
de PP/EPDM-VD pour des vis de diamètre 40 à 60 mm
■ Coloration : la coloration des grades standards ne pose pas de
problème et des grades spéciaux sont disponibles pour la réalisa- Dureté Shore
tion de teintes claires. Température
64A 73A 80A 87A 40D 50A
Les PP/EPDM-VD peuvent être peints après nettoyage, dégrais-
Alimentation .......... (°C) 195 195 197 202 205 205
sage et éventuellement application d’un primaire.
Zone 1...................... (°C) 197 197 197 202 205 205
■ Soudage : les PP/EPDM-VD peuvent être soudés au miroir, entre Zone 2 ..................... (°C) 197 197 202 202 205 210
eux ou avec les polyéthylènes ou les polypropylènes. Le soudage à
Tête ......................... (°C) 200 202 202 202 205 210
l’air chaud et aux ultrasons est plus délicat, voire impossible pour
certains grades. Filière ...................... (°C) 205 202 202 205 210 210
Masse fondue ......... (°C) 210 210 210 215 220 220
■ Séchage : le séchage n’est nécessaire que lorsque les emballages
ont été ouverts depuis un certain temps. Les conditions d’étuvage
sont couramment de 2 à 3 h à 65-75 °C.
Outre les profilés et tubes, l’extrusion permet de réaliser des
feuilles, des pièces extrudées soufflées, des revêtements et isola-
■ Rhéologie : la viscosité à l’état fondu des PP/EPDM-VD dépend tions de fils métalliques.
plus du taux de cisaillement que de la température de mise en
œuvre (175 à 225 °C). Les outillages et procédés de transformation ● Moulage par compression : bien que peu adapté, ce procédé
devront favoriser l’augmentation des taux de cisaillement. peut être utilisé. Les granulés ou, mieux, des plaques préformées
sont chauffés 20 min à 190-215 °C et comprimés sous 1,5 à 3 MPa. La
température de démoulage doit être inférieure à 120 °C.
■ Les PP/EPDM-VD sont transformables par injection, extrusion,
injection-soufflage, extrusion-soufflage, thermoformage, calan- ● Soufflage : les grades les plus durs se prêtent bien au soufflage
drage. en utilisant des outillages spéciaux pour tenir compte du faible gon-
flement de ces matériaux.
● Injection : les presses d’injection à vis, d’usage général, à force ● Calandrage : les calandres classiques alimentées en PP/EPDM-
de fermeture de 40 à 70 MPa par rapport à la surface projetée VD réchauffé à 190 °C par malaxage pendant 2 min en mélangeur
(canaux compris), utilisées pour les polyéthylènes conviennent. Des interne permettent d’obtenir des feuilles de bonne qualité. Les tem-
vitesses de vis de 100 à 200 tr/min et des pressions élevées assurent pératures de cylindre sont de 170 à 185 °C.
une faible viscosité. Le matériel doit être parfaitement nettoyé. Les
moules doivent être thermorégulés avec des températures allant de ■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée (par exem-
10 °C pour les pièces massives à 80 °C pour celles à parois très ple 2 h à 70 °C), non dégradée, peut être réincorporée à de la
minces. matière vierge. Après 5 recyclages, la viscosité d’un grade de dureté
87 Shore A a diminué de 7 %.
Quelques exemples de températures de moulage sont donnés
dans le tableau 13.
4.2.5 Applications

TPE d’usage général à large éventail de duretés descendant


Tableau 13 – Exemples de températures de moulage jusqu’à 45 Shore A, les PP/EPDM-VD sont utilisés pour leur bonne
résistance au vieillissement (lumière spécialement pour les grades
de PP/EPDM-VD noirs, ozone, chaleur) et leur bon comportement à la fatigue dyna-
Dureté Shore
mique. La déformation rémanente à la compression est améliorée
Température par la vulcanisation de la phase EPDM. La résistance aux hydrocar-
55/64A 73/80A 87A 40/50D bures est limitée.
Applications déjà développées ou potentielles :
Corps :
— automobile soufflets de protection, couvercles d’air bag,
arrière .................. (°C) 171 à 193 177 à 187 177 à 187 177 à 199 entourages de vitres et de rétroviseurs, tubulures annelées, boutons
avant ................... (°C) 171 à 193 177 à 187 183 à 193 177 à 199 et poussoirs, tubulures d’air pour moteurs ;
buse ..................... (°C) 171 à 193 177 à 187 188 à 198 183 à 203
— électroménager : joints d’usage général, pour machines à
laver, pour suceur d’aspirateur, bouchons, roulettes, flexibles de
Masse fondue ......... (°C) 182 à 204 182 à 204 193 à 215 199 à 221 vidange de machine à laver ou de sèche-linge, tuyaux ou connec-
Moule ...................... (°C) 10 à 80 10 à 80 10 à 80 10 à 80 teurs d’arrivée d’eau de machines à laver, tubulures de détergent,
tubes de machines à café ;
— outillage accessoires pour postes de soudage, poignées, pieds
amortisseurs ;
Les retraits, en général de 1,4 à 2,5 %, dépendent du grade, de la — sports et loisirs : étriers de planches à voile, palmes, poignées,
géométrie de la pièce et des conditions d’injection. jouets, membranes de haut-parleurs, pièces d’appareils photogra-
phiques ;
● Extrusion : le matériel standard, utilisé par exemple pour les — poignées, revêtements, éléments de prise en main et de
polyoléfines ou le PVC, convient à condition de disposer de vis d’un saisie : manches d’outils, de matériel de jardinage, de tondeuses à
rapport L/D de 24 minimum et d’un taux de compression de 2,5 à gazon, d’articles de sport, de raquettes, de bâtons de ski, de coutel-
3,5. Le matériel doit être parfaitement nettoyé. Le polyéthylène lerie, de rasoir électrique ;
basse ou moyenne densité peut être utilisé pour purger. — pièces pour le médical et l’alimentaire : joints de pistons de
seringues, tubes souples, appareils de soins corporels ;
Quelques exemples de températures d’extrusion sont donnés — industrie : tubes et tuyaux, revêtements de cylindre de photo-
dans le tableau 14. copieuse, de roues ;

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— bâtiment : profilés d’étanchéité, joints de porte, joints pour manque de choix des sources de production, nombre de grades
double vitrage, bourrelets d’étanchéité de portes et fenêtres ; limité.
— isolation de fils électriques, gaines, connecteurs, passages et
entrées de câbles ; ■ Élasticité
— amortissement des bruits et vibrations : pieds de machines de Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi-
bureau ou de petit électroménager, habillages antichocs de lampe nue lorsque la dureté augmente.
électrique ou télécommande. Déformation rémanente après compression (tableau 15) :
— les DRC, mesurées suivant la norme ASTM D 395, passent de
25 à 45 % pour un essai court (22 h) à la température ambiante lors-
4.3 Élastomères thermoplastiques à base que les duretés évoluent de 55 Shore A à 54 Shore D ;
— pour des températures d’essais qui restent modestes (70 °C)
oléfinique et phase élastomère les grades de moyenne et haute dureté présentent des DRC
vulcanisé dynamiquement : PP/NR-VD élevées : de 60 à 80 %.

4.3.1 Introduction Tableau 15 – Exemples de déformations rémanentes


après compression de PP/NR-VD
Les élastomères dont nous traitons ici sont d’utilisation générale
et économique. Pour des raisons pratiques nous utiliserons le sigle Dureté Shore
PP/NR-VD dans lequel NR signifie « non révélé » et n’a pas de rela- Déformation rémanente
tion avec l’abréviation normalisée du caoutchouc naturel. 55A 65A 75A 85A 45D 54D

Ces TPO-VD ont été mis au point pour des raisons économiques DRC 22 h à 25 °C (mét. B) ... (%) 25 28 35 40 40 45
dans le but d’élargir le marché des TPE d’usage général en mettant à DRC 22 h à 70 °C (mét. B) ... (%) 40 41 à 43 55 à 65 60 80
la disposition des industriels des matériaux moins onéreux que les
PP/EPDM-VD mais également moins performants.
Suivant les techniques utilisées par les producteurs, la perte de ■ Propriétés physiques
propriété concerne la résistance au vieillissement et/ou la réduction Les masses volumiques sont inférieures ou égales à 1 g/cm3.
des propriétés élastiques. Les absorptions d’eau et d’humidité sont limitées.
Exemples de noms commerciaux : Sarlink de DSM, Vyram de AES Les PP/NR-VD constitués de deux phases ne sont pas transpa-
rents.
4.3.2 Préparation ■ Propriétés mécaniques
Certains grades ont une souplesse qui recouvre la gamme
La phase élastique est réticulée et dispersée simultanément sous moyenne des caoutchoucs conventionnels, avec des duretés des-
fort taux de cisaillement et à chaud dans la phase rigide polypropy- cendant jusqu’à 55 shore A.
lène de façon à être distribuée uniformément sous forme de particu- Les propriétés mécaniques varient largement suivant les grades
les aussi petites que possible pour obtenir les meilleures propriétés. mais sont, en général, d’un niveau acceptable. La résistance à la
Le caoutchouc naturel a d’abord été utilisé comme phase élasti- rupture en traction peut descendre à 3 MPa pour des faibles
que puis a été remplacé plus ou moins universellement par de duretés contre plus de 15 MPa pour des duretés élevées.
l’EPDM plus faiblement réticulé.
■ Stabilité dimensionnelle : l’absorption d’eau est faible mais les
Les propriétés, dont la dureté qui sert à la dénomination des gra- coefficients de dilatation, comme pour tous les polymères
des, dépendent : organiques peu ou pas chargés, sont élevés.
— des propriétés du polypropylène utilisé ;
— des propriétés de l’élastomère vulcanisé, de son taux de réticu- ■ Comportement thermomécanique
lation et de son état de dispersion (dimension des particules par Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
« Vieillissement ».
exemple). D’une façon générale, lorsque le caoutchouc naturel est
utilisé, les propriétés élastiques sont d’un bon niveau mais la résis- En présence de contraintes, l’augmentation de la température
tance à l’oxydation et au vieillissement est affaiblie par la présence entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter
de doubles liaisons. Lorsque l’EPDM est utilisé, la résistance au les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
vieillissement est d’un bon niveau mais les propriétés élastiques résistance continue sans contrainte (80 °C à 120 °C).
sont réduites du fait d’un taux de réticulation plus faible ;
■ Comportement à basse température : les températures de
— du rapport phase souple/phase rigide. fragilité à froid vont, généralement, de − 30 °C à − 60 °C.
Les PP/NR-VD sont commercialisés prêts à l’emploi avec un choix
de grades noirs, colorables et alimentaires dans des duretés variées. ■ Vieillissement
Température : l’éventail des températures de résistance continue
sans contrainte est estimé, assez largement, de 80 °C à 120 °C. Tou-
4.3.3 Propriétés. Caractéristiques tefois, pour les grades de dureté moyenne, la rétention d’allonge-
ment à la rupture, après 1 000 h de vieillissement dans l’air à 125 °C,
Les points forts généraux sont : prix plus faibles que pour les PP/ n’est que de 75 %. Si la phase élastique est constituée de caout-
EPDM-VD, duretés descendant jusqu’à 55 Shore A, faible densité, chouc naturel, la résistance au vieillissement est plus faible que s’il
propriétés mécaniques correctes, compatibilité avec les polyoléfi- s’agit d’EPDM.
nes (co-injection, co-extrusion), aptitude à la coloration, toucher Environnement : même si la phase souple est en caoutchouc
agréable, facilité de recyclage des déchets. naturel, le vieillissement au Xenotest se compare à celui d’un caout-
Par contre, les inconvénients sont : risques de déformation réma- chouc EPDM vulcanisé au soufre et très chargé en noir de carbone.
nente plus importante que pour les PP/EPDM-VD, risques de fluage La tenue aux intempéries peut être cependant estimée inférieure
à chaud sous contraintes, résistance limitée aux hydrocarbures, à celle des PP/EPDM-VD.

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Fatigue dynamique : la résistance est bonne permettant l’emploi ■ Rhéologie : la viscosité à l’état fondu des PP/NR-VD dépend plus
dans des applications telles que les soufflets. Toutefois, il faut garder du taux de cisaillement que de la température de mise en œuvre
à l’esprit que la tendance à la déformation rémanente est impor- (175 °C à 230 °C). Les outillages et procédés de transformation
tante et peut limiter les utilisations en dynamique. devront favoriser l’augmentation des taux de cisaillement.
■ Résistance chimique ■ Les PP/NR-VD sont transformables par injection, extrusion, injec-
tion-soufflage, extrusion-soufflage, thermoformage, calandrage.
En général, la résistance chimique augmente en même temps que
la dureté. Même si la phase élastique est à base de caoutchouc natu- Injection : les presses d’injection à vis, d’usage général, convien-
rel, le comportement reste assez semblable à celui des PP/EPDM-VD nent. Les températures d’injection sont de l’ordre de 180 °C à 230 °C.
avec une plus grande sensibilité à la température et à l’oxydation. Le matériel doit être parfaitement nettoyé.
En outre : Les PP/NR-VD sont incompatibles avec les polyacétals et les PVC.
— la tenue à l’hydrolyse est correcte ;
— les hydrocarbures provoquent des gonflements qui peuvent ■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée (par exem-
être importants ; ple 2 h à 70 °C), non dégradée, peut être réincorporée à de la
matière vierge.
— le comportement est souvent convenable dans les solvants
polaires ;
■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement. 4.3.5 Applications
■ Propriétés électriques : les grades standards sont isolants et per-
Les propriétés générales des PP/NR-VD sont voisines mais moins
mettent l’utilisation comme revêtements de fils et câbles électri-
bonnes que celles des PP/EPDM-VD et ils sont également moins
ques.
coûteux. En conséquence, les applications seront du même type
■ Des exemples de caractéristiques de PP/NR-VD sont regroupés que celle des PP/EPDM-VD mais pour des pièces moins sollicitées et
dans le tableau 16. moins exigeantes.
Applications déjà développées ou potentielles :
— industrie : roulettes, roues de milieu de gamme par co-injec-
Tableau 16 – Exemples de caractéristiques tion d’une bande de roulement PP/NR-VD sur roue en polypropy-
de PP/NR-VD lène, joints d’usage général, poignées, tubes et tuyaux, profilés,
soufflets ;
Dureté Shore
Caractéristique
— automobile : soufflets, couvercles d’air bag ;
55 A 75 A 45 D 54 D — jouets ;
— isolation de fils électriques ;
Masse volumique ............... (g/cm3) 0,92 à 1 0,92 à 1 0,95 0,94 — amortissement des bruits et vibrations ; pieds de machines de
Résistance à la rupture ......... (MPa) 3à5 6à7 15 bureau.
Allongement à la rupture ......... (%) 310 à 435 420 à 600 750 700
Contrainte au seuil 15
de viscoélasticité .................. (MPa) 4.4 Élastomères thermoplastiques à base
Allongement au seuil 40 oléfinique et phase élastomère
de viscoélasticité ....................... (%)
non vulcanisé (TPO)
Module à 100 % .................... (MPa) 1,7 à 2 3,2 à 3,4 10,5 13,8
DRC 22 h à 25 °C (mét. B) ......... (%) 25 35 40 45
4.4.1 Introduction
DRC 22 h à 70 °C (mét. B) ......... (%) 40 55 à 65 80
Température de fragilité .......... (°C) − 60 − 60 < − 40 < − 30
Ces TPO ont été mis au point antérieurement aux TPO-VD, mais
Vieillissement 1 000 h à 125 °C : leur manque d’élasticité a suscité les recherches qui ont abouti à la
naissance des PP/EPDM-VD aux propriétés élastiques nettement
Rétention de résistance 113 109
à la rupture ................................ (%) plus développées mais à un prix bien supérieur.
Rétention d’allongement Exemples de noms commerciaux : Hifax de Montell Polyolefins,
à la rupture (1) .......................... (%) 116 93 Vistaflex de AES.
DRC : déformation rémanente de compression
(1) Dans d’autres exemples, la rétention n’est que de 75 %.
4.4.2 Préparation

La phase EPDM non vulcanisé, souple mais peu élastique, est


4.3.4 Mise en œuvre. Recyclage simplement dispersée dans la phase rigide polypropylène de façon
à être distribuée uniformément sous forme de particules aussi peti-
■ Coloration : la coloration des grades prévus à cet effet ne pose tes que possible pour obtenir les meilleures caractéristiques.
pas de problèmes.
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
■ Soudage : les PP/NR-VD peuvent être soudés au miroir, entre eux des grades, dépendent :
ou avec les polyéthylènes ou les polypropylènes. Le soudage à l’air — des propriétés du polypropylène utilisé ;
chaud et aux ultrasons est plus délicat, voire impossible pour cer- — des propriétés de l’EPDM choisi ;
tains grades. — du rapport phase souple/phase rigide.
■ Séchage : le séchage est généralement recommandé. Les con- Quelques TPO sont à base EVA et ont une tenue thermique infé-
ditions d’étuvage sont couramment de 2 à 3 h à 70-90 °C. rieure.

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Les TPO sont commercialisés prêts à l’emploi avec un choix de ■ Stabilité dimensionnelle : l’absorption d’eau est faible mais les
grades limité tels que : translucides, noirs, sans plastifiant, stabilisé coefficients de dilatation, comme pour tous les polymères
UV, alimentaires, USP classe VI. organiques peu ou pas chargés, sont élevés, de l’ordre de 7 · 10−5/°C
à 11 · 10−5/°C.

4.4.3 Propriétés. Caractéristiques ■ Comportement thermomécanique


Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
Les alliages PP/EPDM ou PE/EPDM non vulcanisé sont à la limite « vieillissement ».
des thermoplastiques, auxquels certains les rattachent, et des TPE, En présence de contraintes, l’augmentation de la température
avec un caractère thermoplastique prononcé et un faible comporte- entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter
ment élastique. les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
Chez un même producteur, le coût d’un TPO est d’environ 60 à résistance continue sans contrainte (60 à 100-110 °C).
65 % de celui d’un PP/EPDM-VD.
Le module élastique en flexion évolue rapidement avec la tempé-
Les points forts généraux sont : faible prix, large éventail de dure- rature et, à 70 °C, ne représente plus que 25 à 30 % de sa valeur à
tés descendant jusqu’à 60 Shore A, faible densité, bon rapport qua- l’ambiante.
lité/prix, bonne résistance aux intempéries, bonne tenue à basse
température, aptitude à la coloration, compatibilité avec les polyolé- La température de fléchissement sous charge de 0,46 MPa est de
fines (co-injection, co-extrusion, soudage), grades souples exempts 59 °C pour un grade de dureté 47 Shore D.
de plastifiants, facilité de recyclage des déchets.
■ Comportement à basse température : les températures de
Par contre, les inconvénients sont, en général : faible caractère fragilité à froid vont, généralement, de − 60 à − 30 °C. Dans les essais
élastique et comportement plastique prononcé, même à tempéra- au choc Izod entaillé suivant la norme ISO 180 A, il n’y a pas rupture
ture ambiante, entraînant de forts risques de fluage sous jusqu’à des températures de − 30 à − 40 °C.
contrainte ; température de service limitée, déformation rémanente
élevée, résistance limitée aux hydrocarbures. ■ Vieillissement
Comparaison avec les PP/EPDM-VD :
Températures : les températures de service en l’absence de
— en général, à duretés comparables, les PP/EPDM sont supé- contrainte sont de l’ordre de 60 à 110 °C. Dans la réalité, la présence
rieurs aux PP/EPDM-VD en ce qui concerne le prix et la mise en de contraintes permet rarement des utilisations à ces températures.
œuvre (indice de fluidité, écoulement) ;
— en général, à duretés comparables, les PP/EPDM sont infé- Pour un grade noir déterminé de 85 Shore A, les rétentions de
rieurs aux PP/EPDM-VD pour l’élasticité (fluage et déformation propriétés sont de 73 % en résistance à la rupture et 65 % en allon-
rémanente), la température de service, et la résistance aux fluides. gement à la rupture après 500 h à 120 °C.

■ Élasticité Environnement : la résistance aux intempéries est naturellement


correcte et des grades stabilisés aux UV sont disponibles.
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi-
nue lorsque la dureté augmente. ■ Résistance chimique
Déformation rémanente de compression (tableau 17) : En général, la résistance chimique augmente en même temps que
— les DRC, mesurées suivant la norme ASTM D 395, passent de la dureté mais, la phase EPDM n’étant pas vulcanisée, la tenue aux
29 % à 53 % pour un essai court (22 h) à la température ambiante produits chimiques est moins bonne que celle des PP/EPDM-VD et la
lorsque les duretés évoluent de 62 Shore A à 90 Shore A ; solubilisation par les solvants est plus facile. Par ailleurs :
— pour des températures d’essais qui restent modestes (70 °C),
tous les grades présentent des DRC élevées, supérieures ou égales — la tenue à l’hydrolyse est bonne ;
à 80 %. — les hydrocarbures provoquent des gonflements qui peuvent
être importants ;
— le comportement est souvent convenable dans les solvants
Tableau 17 – Exemples de déformations rémanentes polaires.
de compression de PP/EPDM
■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement
Dureté Shore et sont classées HB.
Déformation rémanente
62 A 75 A 90 A ■ Propriétés électriques : les grades standards sont isolants et
permettent l’utilisation comme revêtements de fils et câbles
DRC 22 h à 23 °C ...................... (%) 29 54 à 64 53
électriques.
DRC 22 h à 70 °C ...................... (%) 81 80 à 85 85
■ Des exemples de caractéristiques de TPO sont regroupés dans le
■ Propriétés physiques tableau 18.
Les masses volumiques sont souvent inférieures ou égales à
1 g/cm3.
4.4.4 Mise en œuvre. Recyclage
Les absorptions d’eau et d’humidité sont limitées.
Les TPO peuvent être translucides mais ne sont pas transparents.
■ Coloration : la coloration des grades teinte naturelle ou transluci-
■ Propriétés mécaniques des ne pose pas de problème. Les mélanges maîtres colorants à
base polyoléfinique sont bien adaptés.
Certains grades ont une souplesse qui rejoint la gamme moyenne
des caoutchoucs conventionnels, avec des duretés descendant Les PP/EPDM peuvent être peints après nettoyage, dégraissage et
jusqu’à 60 shore A. Les propriétés mécaniques varient suivant les éventuellement traitement de surface et application d’un primaire.
grades mais sont, en général, d’un niveau acceptable et peuvent
être supérieures à celles des TPO-VD. ■ Soudage : les PP/EPDM peuvent être soudés.

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— automobile : passages de roues, pare-chocs, garnitures sou-


Tableau 18 – Exemples de caractéristiques ples, couvercles d’air bag ;
de PP/EPDM — industrie : profilés, tubes et tuyaux, guides et protections de
tubes, isolation de fils électriques, connecteurs ;
Dureté Shore
— amortissement : pieds et supports souples ;
Caractéristique
62 A 75 A 90 A 35 D — sports et loisirs : poignées, jouets ;
— matériel pour industries alimentaires et médicales.
Masse volumique .......... (g/cm3) 0,9 0,97 à 1 0,97 à 1,07 0,92
Résistance à la rupture .... (MPa) 10,3 à 15,9 6 7,3
Allongement à la rupture ..... (%) 750 à 850 650 660
4.5 Polypropylènes à phase NBR vulcanisé
Contrainte au SVE ............ (MPa) 10
dynamiquement : PP/NBR-VD
Déformation au SVE ............. (%) 29
Module à 100 % ................ (MPa) 1,5 à 1,7 3 à 3,5 4,3 6
Module en flexion ............. (GPa) 0,07 à 0,1 0,18 à 0,2 0,27
4.5.1 Introduction
DRC 22 h à 23 °C ................... (%) 29 54 à 64 53
Les PP/NBR-VD sont constitués d’une matrice rigide polypropy-
DRC 22 h à 70 °C ................... (%) 81 80 à 85 85 lène dans laquelle sont dispersées de fines particules de NBR vulca-
SVE : seuil de viscoélasticité, DRC : déformation rémanente de compression nisé dynamiquement.
Ce sont des TPE utilisés spécifiquement pour leur résistance aux
produits pétroliers et leur bonne élasticité.
■ Séchage : le séchage n’est pas nécessaire lorsque la matière a été Commercialisés prêts à l’emploi, ils sont utilisés majoritairement
stockée normalement. dans l’automobile mais également dans le bâtiment et l’industrie.
■ Rhéologie : l’absence de phase vulcanisée assure un comporte- Exemple de nom commercial : Geolast de AES.
ment pleinement thermoplastique, sensible à la température et peu
dépendant du taux de cisaillement, contrairement aux PP/EPDM-VD.
Les PP/EPDM sont mieux adaptés à la fabrication de grandes pièces 4.5.2 Préparation
épaisses.
■ Les PP/EPDM sont transformables par injection, extrusion, injec- La phase élastique NBR est réticulée et dispersée simultanément
tion-soufflage, extrusion-soufflage, thermoformage, calandrage. sous fort taux de cisaillement et à chaud dans la phase rigide poly-
propylène de façon à être distribuée uniformément sous forme de
Les matériels de transformation d’usage général pour polyoléfi- particules aussi petites que possible pour obtenir les meilleures
nes conviennent. caractéristiques.
Les températures d’extrusion et d’injection varient avec la
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
dureté :
des grades, dépendent :
140 à 180 °C pour une dureté de 60 Shore A,
— des propriétés du polypropylène utilisé ;
150 à 200 °C pour une dureté de 63 Shore A, — des propriétés du NBR vulcanisé, de son taux de réticulation et
175 à 240 °C pour une dureté de 75 à 94 Shore A, de son état de dispersion (dimension des particules par exemple).
D’une façon générale, le NBR apporte son bon comportement aux
160 à 220 °C pour une dureté de 30 Shore D, huiles et produits pétroliers ;
240 à 270 °C pour une dureté de 47 Shore D. — du rapport phase souple/phase rigide.
Les températures des moules d’injection sont généralement com- Les PP/NBR-VD sont commercialisés prêts à l’emploi dans un
prises entre 10 et 40 °C, éventuellement entre 30 et 60 °C. nombre réduit de grades.
Généralement, le retrait et le post-retrait sont respectivement de
l’ordre de 0,5 à 1 % et de 0,2 à 1 %. L’injection peut se faire à faible
ou moyenne vitesse. Les polypropylènes et polyéthylènes peuvent 4.5.3 Propriétés. Caractéristiques
être utilisés pour les purges et nettoyages.
■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée, non dégra- La qualité principale des polypropylènes à phase NBR vulcanisé
dée, peut être réincorporée à de la matière vierge dans des propor- est la résistance aux huiles et produits pétroliers.
tions allant jusqu’à 20 % sans altérer significativement l’aptitude à la Les autres avantages sont : large éventail de duretés descendant
mise en œuvre et les propriétés. jusqu’à 70 Shore A, élasticité correcte, faible densité, bonne préci-
sion de moulage, bonne tenue au vieillissement en l’absence de
contraintes, bonne résistance à l’ozone, compatibilité des grades
4.4.5 Applications entre eux, facilité de recyclage des déchets, coextrudabilité avec PE,
PP, EVA, PP/EPDM-VD, PP/NR-VD.
Les TPO étant très proches des polypropylènes, famille de thermo- Les principaux inconvénients sont : déformation rémanente éle-
plastiques particulièrement riche en applications, il est difficile de vée pour les grades de haute dureté et risques de fluage à chaud
cerner les utilisations qui leurs sont propres. En fait il y a continuité sous contraintes, prix, manque de choix des sources d’approvision-
entre les PP/EPDM-VD, les plus élastiques, les PP/NR-VD, les PP/ nement.
EPDM et les polypropylènes modifiés, les polypropylènes copoly-
mères et, enfin, les polypropylènes homopolymères, ni souples ni ■ Élasticité
élastiques. Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi-
Citons à titre d’exemples des applications déjà développées ou nue lorsque la dureté augmente de 70 Shore A à 45 Shore D
potentielles telles que ; (tableau 19).

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Fatigue dynamique : les PP/NBR-VD sont utilisés dans les applica-


Tableau 19 – Exemples de déformations rémanentes tions nécessitant une bonne tenue à la fatigue dynamique, soufflets
de PP/NBR-VD pour l’automobile par exemple.

Dureté Shore ■ Résistance chimique


Déformation rémanente
En général, la résistance chimique augmente en même temps que
70 A 80 A 87 A 45 D
la dureté.
DRC 7 jours à 25 °C (mét. B) ........... (%) 28 31 41 52
En outre, la tenue est la suivante :
DRC 7 jours à 100 °C (mét. B) ......... (%) 37 42 50 78
— la résistance à l’eau, aux acides et aux bases est bonne ;
DRT après allongt. à 100 % ............ (%) 9 15 25 40 — la résistance aux huiles minérales, essences et produits pétro-
liers est la raison d’être de cette famille ;
— après une immersion de 70 h dans l’huile ASTM 3 à 125 °C, les
Déformation rémanente après compression : les DRC, mesurées gonflements en masse sont de 3 à 13 % et les rétentions de proprié-
suivant la norme ASTM D 395, passent de 28 à 52 % pour la tempé- tés en traction sont de 60 à 90 % suivant les duretés.
rature ambiante et de 37 à 78 % pour une température d’essai de
100 °C. ■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement
et sont classées HB suivant la classification UL 94.
Déformation rémanente après traction : les DRT, mesurées sui-
vant la norme ASTM D 412, passent de 9 à 40 % et sont donc élevées ■ Propriétés électriques : les grades standards sont isolants.
pour les grades de haute dureté. Comme pour les autres polymères, le noir de carbone peut faire
chuter les propriétés isolantes.
■ Propriétés physiques :
— Les masses volumiques sont souvent légèrement inférieures ■ Des exemples de caractéristiques de PP/NBR-VD sont regroupés
ou égales à 1 g/cm3, par exemple 0,97 à 1 g/cm3. dans le tableau 20.
— Les absorptions d’eau et d’humidité sont limitées.
— Les PP/NBR-VD, constitués de deux phases, ne sont pas trans-
parents. De plus, beaucoup de grades sont noirs. Tableau 20 – Exemples de caractéristiques
de PP/NBR-VD
■ Propriétés mécaniques
Dureté Shore
Certains grades ont une souplesse qui rejoint la gamme moyenne Caractéristique
des caoutchoucs conventionnels, avec des duretés descendant 70 A 87 A 45 D
jusqu’à 70 Shore A.
Masse volumique .................................... (g/cm3) 1,00 0,99 0,97
Les propriétés mécaniques varient suivant les grades mais sont,
en général, d’un niveau acceptable. La résistance à la rupture en Résistance à la rupture .............................. (MPa) 5,9 11 14,8
traction peut descendre à 6 MPa pour des faibles duretés contre Allongement à la rupture ............................... (%) 260 330 350
15 MPa pour des duretés élevées.
Module à 100 % .......................................... (MPa) 3,3 6,4 10,8
■ Stabilité dimensionnelle DRC 7 jours à 25 °C (mét. B) .......................... (%) 28 41 52
L’absorption d’eau est faible mais les coefficients de dilatation, DRC 7 jours à 100 °C (mét. B) ........................ (%) 37 50 78
comme pour tous les polymères organiques peu ou pas chargés,
DRT après allongt. à 100 % ............................ (%) 9 25 40
sont élevés.
Résistance au déchirement à 25 °C ......... (kN/m) 26 52 79
■ Comportement thermomécanique
Résistance au déchirement à 100 °C ....... (kN/m) 9 18 49
Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
« Vieillissement ». Rapport des modules 100 °C/25 °C ...................... 0,35 0,35 0,62
En présence de contraintes, l’augmentation de la température Vieillissement 7 j à l’air à 125 °C :
entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter Rétention de résistance à la rupture .......... (%) 93 108 112
les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
résistance continue sans contrainte (90 à 120 °C). Rétention d’allongement à la rupture ....... (%) 70 78 79

À 100 °C, la résistance au déchirement suivant ASTM D 624 repré- Immersion 70 h huile ASTM 3 à 125 °C :
sente, suivant les grades, 33 à 62 % de la valeur à 25 °C. Gonflement en poids .................................. (%) 2,7 6,1 13

■ Comportement à basse température Rétention de résistance à la rupture .......... (%) 61 80 93

Les températures de fragilité à froid vont, généralement, de Rétention d’allongement à la rupture ....... (%) 65 67 70
− 40 °C pour certains grades les plus souples à − 35 °C pour les gra- DRC : déformation rémanente après compression
des les plus rigides. DRT : déformation rémanente après traction
Entre l’ambiante et − 25 °C, le module à 100 % d’allongement d’un
grade de dureté 80 Shore A est multiplié par 2,3.
■ Vieillissement 4.5.4 Mise en œuvre. Recyclage
Température : en l’absence de contraintes, les températures de
service sont de l’ordre de 90 °C à 120 °C. ■ Coloration : les PP/NBR-VD ne sont pas spécialement destinés à
la coloration, la plupart des grades sont noirs.
Environnement : la résistance aux intempéries est correcte pour
les grades noirs. Après 1 000 h de vieillissement artificiel aux intem- ■ Soudage : les PP/NBR-VD se prêtent au soudage.
péries, la rétention de propriétés, pour un grade noir de dureté
80 Shore A, est de 95 % pour la résistance à la rupture et de 56 % ■ Séchage : le séchage est recommandé avant transformation, par
pour l’allongement à la rupture. La résistance à l’ozone est bonne. exemple 2 à 3 h à des températures de 70 à 90 °C.

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■ Rhéologie : la viscosité à l’état fondu des PP/NBR-VD dépend plus La machine doit être soigneusement purgée en suivant la même
du taux de cisaillement que de la température de mise en œuvre procédure qu’en injection.
(210 °C à 220 °C). Les outillages et procédés de transformation ● Soufflage
devront favoriser l’augmentation des taux de cisaillement.
Les PP/NBR-VD sont adaptés au soufflage de pièces de grandes
■ Les PP/NBR-VD sont transformables par injection, extrusion, dimensions avec des parois minces comme de pièces de dimen-
injection-soufflage, extrusion-soufflage, thermoformage, calan- sions plus réduites avec des parois épaisses.
drage. Il est souhaitable de réduire le coefficient de soufflage en produi-
● Injection sant des paraisons d’un diamètre proche du diamètre le plus faible
de la pièce à réaliser.
Les presses d’injection classiques permettent de mouler la majo-
rité des pièces en moins de 60 s avec des vitesses et pressions Les surchauffes qui diminuent le coefficient de soufflage du maté-
d’injection élevées pour diminuer la viscosité. riau doivent être évitées.
Exemples de caractéristiques des presses : ■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée si
— force de fermeture de 0,5 à 0,8 t par cm2 de surface projetée, nécessaire, non dégradée, peut être réincorporée à de la matière
canaux et seuils compris ; vierge. Pour un grade de 80 Shore A, la rétention de résistance et
— vitesses de rotation de la vis ; 100 à 200 tr/min. d’allongement à la rupture est supérieure à 85 % après
5 rebroyages.
La température à l’état fondu ne doit pas dépasser 220 °C.
Exemples de dimensions d’outillage :
— 3 à 6 mm pour les canaux ; 4.5.5 Applications
— 1 à 2 mm de diamètre pour les seuils ;
— 0,04 mm de profondeur pour les évents. Les PP/NBR-VD sont utilisés, en concurrence avec les caoutchoucs
résistants aux produits pétroliers, pour leur bonne tenue à ces pro-
Les moules devront être régulés. duits, avec des propriétés générales voisines des PP/EPDM-VD.
L’utilisation d’agents démoulants est déconseillée et n’est pas Applications déjà développées ou potentielles ;
nécessaire. — automobile : tubulures d’alimentation en air des moteurs,
Exemples de conditions de moulage : voir tableau 21. joints de filtre à gazole et de carburateur ou de carter d’huile, joints
de réservoir de fluide de freins, couvercles, diaphragmes, soufflets
de protection, absorbeurs de chocs, reniflards de moteurs deux
temps ;
Tableau 21 – Exemples de conditions de moulage — joints industriels pour contact avec produits pétroliers, pous-
par injection et d’extrusion de PP/NBR-VD soirs, réservoirs, carters, bandages de roues, capuchons,
accouplements ;
Dureté Shore — revêtements de cuves, de cylindres ;
Injection — tubes et tuyaux pour contact avec produits pétroliers, flexibles
70 A 80 A 87 A 45 D hydrauliques, ombilicaux ;
— profilés, connecteurs résistants aux huiles ;
Température machine ....... (°C) 182 à 193 182 à 193 188 à 196 188 à 199
— amortissement des bruits et vibrations pour l’automobile et
Température matière ........ (°C) 210 à 220 210 à 220 210 à 220 210 à 220 l’industrie, supports moteurs, butées de chocs, amortisseurs pour
Température de moule ...... (°C) 60 à 99 60 à 99 60 à 99 60 à 99 tondeuses à gazon.
Temps de cycle .................... (s) 10 à 40 10 à 40 10 à 40 10 à 40

Dureté Shore
Extrusion 4.6 Polypropylènes à phase caoutchouc
70 A 80 A 87 A 45 D bromobutyl vulcanisé
Température machine ....... (°C) 182 à 193 182 à 193 188 à 193 188 à 193 dynamiquement : PP/IIR-VD
Température matière ........ (°C) 210 à 220 210 à 220 210 à 220 210 à 220
4.6.1 Introduction
Les retraits sont de l’ordre de 1,8 à 2,7 % en général.
La machine doit être nettoyée mécaniquement et soigneusement Les PP/IIR-VD sont constitués d’une matrice rigide polypropylène
purgée avec du polypropylène, avant et après production de PP/ dans laquelle sont dispersées de fines particules de caoutchouc bro-
NBR-VD. Après des arrêts de production supérieurs à 10 min, il faut mobutyl vulcanisé dynamiquement.
vider et réalimenter en matière vierge. Ce sont des TPE développés spécifiquement pour leur imperméa-
● Extrusion bilité aux gaz et leur conformité aux réglementations pharmaceuti-
Le matériel standard, à taux de compression modérés (2,5:1 à 3:1) ques.
et vitesses de rotation de vis utilisées pour les polyoléfines, Commercialisés prêts à l’emploi, ils sont utilisés majoritairement
convient. dans l’industrie pharmaceutique et alimentaire mais également
Des vis de 24 D pour des diamètres de 38 à 114 mm donnent des dans les industries mécaniques, la bureautique, les sports et loisirs
bons résultats. pour des applications faisant appel à l’imperméabilité à l’air.
Exemple de nom commercial : Trefsin de AES.
Le gonflement en sortie de filière est généralement inférieur à
10 % et permet de respecter des tolérances dimensionnelles sévè-
res.
4.6.2 Préparation
Les parties en contact avec la matière doivent être chromées ou
nickelées. La phase élastique de caoutchouc bromobutyl est réticulée et dis-
Exemples de conditions d’extrusion : voir tableau 21. persée simultanément sous fort taux de cisaillement et à chaud dans

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la phase rigide polypropylène de façon à être distribuée uniformé- ■ Stabilité dimensionnelle : la tendance à l’hygroscopie et les
ment sous forme de particules aussi petites que possible pour obte- coefficients de dilatation élevés, communs à tous les polymères peu
nir les meilleures caractéristiques. ou pas chargés, nuisent à la stabilité dimensionnelle.
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination ■ Comportement thermomécanique
des grades, dépendent : Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
— des propriétés du polypropylène utilisé ; « Vieillissement ».
— des propriétés du bromobutyl vulcanisé, de son taux de réticu- En présence de contraintes, l’augmentation de la température
lation et de son état de dispersion (dimension des particules par entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter
exemple). D’une façon générale, le bromobutyl apporte son imper- les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
méabilité aux gaz et, accessoirement, certaines propriétés résistance continue sans contrainte (90 à 130 °C).
amortissantes ;
— du rapport phase souple/phase rigide. ■ Comportement à basse température : suivant les grades, la tenue
aux basses températures est de l’ordre de − 30 à − 60 °C.
Les PP/IIR-VD sont commercialisés prêts à l’emploi dans un nom-
bre réduit de grades. ■ Vieillissement
Température : en l’absence de contrainte, les températures de ser-
vice sont de l’ordre de 90 à 130 °C.
4.6.3 Propriétés. Caractéristiques
Environnement : le comportement est du même ordre que celui
des PP/EPDM-VD.
La qualité principale des polypropylènes à phase IIR vulcanisé est
l’imperméabilité aux gaz et la conformité aux réglementations phar- ■ Stérilisation
maceutiques. Les grades utilisables dans les industries pharmaceutiques et
Les autres avantages sont : faible quantité de matières extracti- médicales supportent bien les stérilisations :
bles, résistance à la chaleur et à la stérilisation, faible densité, pro- — à l’oxyde d’éthylène : 100 % de rétention des propriétés
priétés amortissantes, facilité du recyclage des déchets. mécaniques ;
Les inconvénients généraux sont : risques de fluage à chaud sous — par rayonnement gamma : 90 % ou plus de rétention des pro-
contraintes, faible éventail de duretés, manque de choix des sources priétés mécaniques, 2 mois après exposition à des doses de 2,5 ou
de production, présence de brome. 3,2 Mrad.

■ Élasticité ■ Extractibilité : les grades spéciaux pour utilisation dans les


industries pharmaceutiques et médicales satisfont aux tests
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi- d’extraction et d’immersion suivant les normes allemandes et
nue lorsque la dureté augmente de 65 Shore A à 85 Shore A japonaises.
(tableau 22) :
— déformation rémanente après compression : les DRC, mesu- ■ Résistance chimique
rées suivant la norme ASTM D 395, passent de 30 % à 66 % pour La résistance chimique est satisfaisante vis-à-vis de l’eau brute ou
7 jours à température ambiante. À 125 °C, les DRC sont élevées pour salée, de détergents, acides, bases, alcools, amines, hydrocarbures
tous les grades ; aliphatiques et limitée à insuffisante vis-à-vis des hydrocarbures
— déformation rémanente après traction : les DRT, mesurées aromatiques, solvants chlorés, esters, huiles, fuels, essence sans
suivant la norme ASTM D 412, passent de 12 % à 41 % et sont donc plomb.
élevées pour le grade de dureté 85 Shore A. Imperméabilité aux gaz (tableau 23) : la combinaison des deux
familles de polymères (PP et IIR) leur confère une imperméabilité
nettement supérieure à celle des PP/EPDM-VD mais parfois infé-
rieure à celle des caoutchoucs butyl réticulés (fait partie de résis-
Tableau 22 – Exemples de déformations rémanentes tance chimique).
de PP/IIR-VD
Dureté Shore Tableau 23 – Perméabilités aux gaz de trois
Déformation rémanente
65 A 75 A 85 A
thermoplastiques (1)

DRC 7 jours à 25 °C (mét. B) ........ (%) 30 33 66 Perméabilité à


DRC 7 jours à 125 °C (mét. B) ...... (%) 50 50 84 Vapeur
Air Oxygène Azote d’eau
DRT à 25 °C ................................... (%) 12 20 41
PP/IIR-VD 57 64 34 0,57
Caoutchouc butyl réticulé 20 37 58 0,5
■ Propriétés physiques PP/EPDM-VD 715 561 316 2,4
Les masses volumiques sont faibles : 0,95 g/cm3. (1) Pour l’air, l’oxygène, l’azote, les valeurs sont uniquement comparatives.
Les PP/IIR-VD sont légèrement hygroscopiques ce qui nécessitera La méthode de mesure de la perméabilité à la vapeur d’eau est diffé-
leur séchage avant transformation. rente de celle utilisée pour les autres gaz. Les résultats ne sont donc pas
comparables.
Les PP/IIR-VD, constitués de deux phases, ne sont pas transpa-
rents mais sont colorables.
■ Propriétés mécaniques ■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement.
Les duretés Shore A sont tout à fait dans le milieu de la gamme ■ Propriétés électriques : les grades standards sont isolants.
des caoutchoucs vulcanisés. Les propriétés mécaniques sont, en
général, d’un niveau acceptable mais les contraintes à la rupture en ■ Des exemples de caractéristiques de PP/IIR-VD sont regroupés
traction peuvent descendre à 4 MPa pour une dureté de 65 Shore A. dans le tableau 24.

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Les retraits, en général de 1,5 % à 2,5 %, dépendent du grade, de


Tableau 24 – Exemples de caractéristiques de PP/IIR-VD la géométrie de la pièce et des conditions d’injection.
Dureté Shore ● Extrusion : les extrudeuses d’usage général à rapport L/D
Caractéristique supérieur à 24 et taux de compression de 3 conviennent bien. Le
65 A 75 A 85 A matériel doit être parfaitement nettoyé mécaniquement avant et
Masse volumique .................. (g/cm3) 0,95 0,95 0,95
après extrusion du PP/IIR-VD qui est incompatible avec les
polyacétals et le PVC.
Résistance à la rupture ............. (MPa) 4,1 à 7,8 4,9 à 9,1 7,2 à 11,4
Exemples de températures d’extrusion : voir tableau 25.
Allongement à la rupture ............. (%) 230 à 390 260 à 440 280 à 460
Module à 100 % ........................ (MPa) 1,5 à 4,6 2,4 à 4,9 3,8 à 6,5 ■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée si
DRC 7 jours à 25 °C (mét. B) ......... (%) 30 33 66 nécessaire, non dégradée, peut être réincorporée à de la matière
vierge. Après 5 rebroyages, des essais de réutilisation à 100 % ont
DRC 7 jours à 125 °C (mét. B) .......... (%) 50 50 84
donné de bons résultats mais il est toutefois conseillé de se limiter
DRT à 25 °C .................................... (%) 12 20 41 industriellement à des taux de 25 à 40 %.
DRC : déformation rémanente après compression
DRT : déformation rémanente après traction
4.6.5 Applications

Les PP/IIR-VD, de propriétés générales voisines des PP/EPDM-VD,


4.6.4 Mise en œuvre. Recyclage
sont utilisés, en concurrence avec les caoutchoucs butyl vulcanisés,
pour leur bonne imperméabilité aux gaz et leur conformité aux
■ Coloration : la coloration des grades prévus à cet effet ne pose réglementations pharmaceutiques et alimentaires.
pas de problème même pour la réalisation de teintes claires. Les
Applications déjà développées ou potentielles :
colorants pour polypropylènes conviennent parfaitement.
— matériel pharmaceutique et médical : tubes de prélèvement
■ Séchage : il faut éviter le stockage dans des locaux humides. Le sanguin, bouchons, poches, valves et membranes pour aérosols,
séchage est nécessaire, par exemple dans les conditions suivantes : joints de couvercles de récipients, bouchons auto-obturants ;
3 h à 65-75 °C. — sports et loisirs : chambres à air de vélo, vessies d’articles de
sport ;
■ Rhéologie : la viscosité à l’état fondu des PP/IIR-VD dépend plus — membranes, valves pour aérosols ;
du taux de cisaillement que de la température de mise en œuvre — tuyaux d’air conditionné ;
(190 à 240 °C). Les outillages et procédés de transformation devront
— joints ;
favoriser l’augmentation des taux de cisaillement.
— revêtement de cuve et d’étanchéité, de câbles de frein ;
■ Les PP/IIR-VD sont transformables par injection, extrusion, injec- — rouleaux de photocopieuses ;
tion-soufflage, extrusion-soufflage, thermoformage. — appareils de sécurité : masques à gaz ;
● Injection : les presses d’injection à vis, d’usage général, à force — containers alimentaires : stockage d’eau potable.
de fermeture de 30 à 50 MPa par rapport à la surface projetée
(canaux compris), utilisées pour les polyéthylènes et polypro-
pylènes conviennent. Des vitesses de vis de 75 à 150 tr/min et des
pressions élevées assurent une faible viscosité. 4.7 Alliages polychlorure de vinylidène
à phase EVA réticulé : EVA/VC
Le matériel doit être parfaitement nettoyé mécaniquement avant
et après injection du PP/IIR-VD qui est incompatible avec les polya-
cétals et le PVC.
4.7.1 Introduction
Exemples de températures de moulage (voir tableau 25).
Les EVA/VC sont constitués d’une matrice rigide poly(chlorure de
vinylidène) dans laquelle sont dispersées de fines particules d’EVA
Tableau 25 – Exemples de températures de moulage réticulé.
par injection et d’extrusion de PP/IIR-VD
Ces TPE à base de polyoléfine halogénée sont intéressants pour
Dureté Shore A leur résistance aux produits pétroliers et la possibilité de les trans-
Injection former sur certains équipements pour caoutchoucs ou sur du maté-
65 75 85 riel pour thermoplastiques.
Température corps : Commercialisés prêts à l’emploi, ils sont utilisés dans l’industrie,
arrière ................................... (°C) 190 à 200 190 à 200 190 à 200 l’automobile, le semelage, l’isolation électrique.
avant ..................................... (°C) 200 à 215 200 à 215 200 à 220 Exemple de nom commercial : Alcryn de DuPont.
buse ...................................... (°C) 210 à 220 210 à 220 210 à 225
Température masse fondue .... (°C) 215 à 230 215 à 230 215 à 240
4.7.2 Préparation
Température moule ................. (°C) 25 à 50 25 à 50 25 à 50
Dureté Shore A La phase élastique EVA réticulé est dispersée dans la phase rigide
Extrusion
polychlorure de vinylidène de façon à être distribuée uniformément
65 75 85
sous forme de particules aussi petites que possible pour obtenir les
Température corps : meilleures caractéristiques.
alimentation ......................... (°C) 165 à 205 165 à 205 165 à 205 Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
filière ..................................... (°C) 210 à 220 210 à 220 210 à 225 des grades, dépendent :
Température masse fondue .... (°C) 180 à 225 180 à 225 180 à 225 — des propriétés du polychlorure de vinylidène utilisé ;

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— des propriétés de l’élastomère vulcanisé, de son taux de réticu- Le rapport des modules à 100 °C et à 20 °C sont modestes, de 32 à
lation et de son état de dispersion (dimension des particules par 38 %.
exemple) ;
— du rapport phase souple/phase rigide. ■ Comportement à basse température : les températures de fragili-
sation sont de l’ordre de − 43 à − 49 °C.
Les EVA/VC sont commercialisés prêts à l’emploi.
■ Vieillissement
Température : en l’absence de contraintes, les températures de
4.7.3 Propriétés. Caractéristiques service sont de l’ordre de 70 °C (pour les grades économiques) à
100 °C voire même 120 °C pour certains grades.
Outre leur résistance aux produits pétroliers et la possibilité de Environnement : le comportement aux intempéries et à l’ozone
les transformer sur certains équipements pour caoutchoucs ou sur est bon et des applications ont déjà été faites dans le bâtiment.
du matériel pour thermoplastiques, les autres avantages principaux
sont : gamme des duretés correspondant à celle des caoutchoucs Pour un grade noir de dureté 70 Shore A, après 1 000 heures
vulcanisés, résistance moyenne à l’abrasion et au déchirement, d’exposition à la lumière artificielle (1 000 W/m2, 55 °C au panneau
bonne résistance aux intempéries et à l’ozone, facilité de recyclage noir, arrosage), il n’a pas été constaté de dégradation significative et
des déchets, possibilité de coextrusion avec du PVC souple ou les pourcentages de rétention de propriétés sont supérieurs à 100.
rigide, possibilité de colorer. Fatigue dynamique : ces matériaux ne sont pas adaptés aux appli-
cations en dynamique sauf cas particuliers tels que semelage pour
Les inconvénients généraux sont : déformation rémanente élevée
chaussures de travail ou de sécurité.
et risques de fluage à chaud sous contraintes, usage déconseillé en
dynamique, nombre de grades limité, pas de duretés élevées, pré- ■ Résistance chimique : la résistance à l’eau et aux huiles est
sence d’halogènes, risque de corrosion des outillages, manque de bonne. Après 21 jours d’immersion à 100 °C dans l’eau ou dans
choix des sources d’approvisionnement. l’huile ASTM 3, les gonflements sont respectivement de 6 % et 16 %
avec des rétentions d’allongement et de résistance à la rupture
■ Élasticité
supérieurs à 80 %.
Les déformations rémanentes de compression mesurées suivant
la norme ASTM D 395 à température ambiante sont d’un niveau cor- ■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement
rect, 18 à 32 % pour une durée d’essai de 1 à 7 jours ; pour des tem- et sont classées HB. Cependant, on peut utiliser des grades
pératures d’essais de 100 °C ou plus, elles deviennent importantes, ignifugés ou rajouter des ignifugeants. Les EVA/VC contiennent du
supérieures à 50 % (tableau 26). chlore qui joue sur la toxicité et la corrosivité des fumées.
■ Propriétés électriques : les résistivités sont plus faibles que pour
les TPO mais autorisent certaines applications dans l’isolation
électrique nécessitant également une résistance aux produits
Tableau 26 – Exemples de déformations rémanentes pétroliers.
de compression de EVA/VC
Exemples de caractéristiques électriques :
Dureté Shore A — résistivité volumique : 1,4 · 108 à 2,3 · 108 suivant les grades ;
Déformation rémanente — permittivité relative ou constante diélectrique de l’ordre de 9 à
62 69 78 11 pour une fréquence de 1 kHz ;
— rigidité diélectrique de l’ordre de 5 à 12 kV/mm.
DRC 22 h à 23 °C (mét. B) ............. (%) 18 18 19
DRC 22 h à 100 °C (mét. B) ........... (%) 52 52 54 ■ Des exemples de caractéristiques d’EVA/VC sont regroupés dans
le tableau 27.
DRC 22 h à 121 °C (mét. B) ........... (%) 60 57 61
DRC 168 h à 23 °C (mét. B) ........... (%) 32 32 31
DRC 168 h à 100 °C (mét. B) ......... (%) 61 62 72 Tableau 27 – Exemples de caractéristiques d’EVA/VC
Dureté Shore A
Caractéristique
■ Propriétés physiques 62 69 78
Les masses volumiques sont relativement élevées, par exemple Masse spécifique volumique ............. (g/cm3) 1,19 1,18 1,25
1,18 à 1,25 g/cm3.
Résistance à la rupture .......................... (MPa) 12,1 13,1 13,6
Les EVA/VC constitués de deux phases ne sont pas transparents.
Allongement à la rupture .......................... (%) 335 295 210
■ Propriétés mécaniques : les EVA/VC ont des duretés ciblées sur le Module à 100 % ..................................... (MPa) 3,7 5,0 7,4
milieu de la gamme des caoutchoucs vulcanisés.
DRC 22 h à 23 °C (mét. B) .......................... (%) 18 18 19
Les propriétés mécaniques sont correctes : ténacité supérieure à
10 MPa, résistance à l’abrasion. Par contre, l’utilisation en dynami- DRC 22 h à 100 °C (mét. B) ........................ (%) 52 52 54
que est généralement déconseillée. DRC 22 h à 121 °C (mét. B) ........................ (%) 60 57 61

■ Stabilité dimensionnelle : les coefficients de dilatation, comme DRC 168 h à 23 °C (mét. B) ........................ (%) 32 32 31
pour tous les polymères peu ou pas chargés, sont élevés, 24 à DRC 168 h à 100 °C (mét. B) ...................... (%) 61 62 72
25 · 10−5/°C par exemple.
Coefficient de dilatation thermique . (10−5/°C) 25 24 24
■ Comportement thermomécanique DRC : déformation rémanente de compression
Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
« vieillissement ».
En présence de contraintes, l’augmentation de la température
entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter 4.7.4 Mise en œuvre. Recyclage
les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
résistance continue sans contrainte (70 à 100 °C voire 120 °C). ■ Coloration : des grades colorables sont proposés.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
AM 3 400 − 20 © Techniques de l’Ingénieur, traité Plastiques et Composites
,y
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■ Rhéologie : la viscosité à l’état fondu dépend beaucoup du taux


de cisaillement et faiblement de la température. Il sera intéressant

{y,
(%)
de :
— travailler à des taux de cisaillement élevés en augmentant les 20
vitesses d’injection et en diminuant les temps d’injection ;
— minimiser les pertes de charge.
15
■ Les EVA/VC sont transformables par injection, extrusion, calan-
drage, extrusion-soufflage, injection-soufflage sur des équipements 10

,y
pour plastiques et certains matériels pour élastomères.
En cas de surchauffe, le matériau peut commencer à se décompo-
5
ser à 205 °C en libérant du chlore à partir de 250 °C. Les métaux en
contact devront être choisis pour résister à la corrosion.
● Injection 0

Les presses d’injection pour thermoplastiques et la plupart des


presses pour caoutchouc conviennent : Industriel Automobile Courroies
— vis de type PVC à transition graduelle et rapport L/D supérieur
à 18 ; Films Semelles Tissus enduits
— taux de compression supérieurs à 2 ;
Joints Isolation électrique
— diamètres de buses de 4 à 5 mm.
Les durées de cycle doivent être aussi faibles que possible. Figure 4 – Applications des EVA/VC : répartition
Les températures de fourreau sont en général de 170 à 180 °C.
Les moules doivent être thermorégulés avec des températures
allant de 80 à 120 °C. Applications déjà développées ou potentielles :
Les retraits après injection sont de : — industrie : joints et garnitures d’étanchéité résistant aux huiles,
joints toriques pour instruments de mesure, étanchéités de vannes
— 3 ± 0,5 % dans le sens de l’écoulement ;
pour l’industrie, guide-fils ;
— 0,5 ± 0,5 % dans la direction transverse.
— poignées de moto ;
L’adhérisation au métal pendant le moulage est favorisée par des — tubes et tuyaux, tuyaux haute pression pour dépotage de
agents d’adhérisation tels que : Fréon ;
— Chemlok 205 de Lord Corp. associé au Chemlok 216 ; — profilés : étanchéité de coffrets électriques, étanchéité de por-
— Chemlok 205 associé au Chemlok 234B. tes et fenêtres, co-extrudés avec du PVC ;
L’adhésion au textile pendant la transformation est favorisée par — fils et câbles électriques pour l’industrie, la machine-outil et la
des agents d’adhérisation tels que : robotique ;
— films et feuilles, tissus enduits ;
— Desmocoll 510 de Bayer associé ou non au Desmodur RF ; — bandes transporteuses ;
— Desmocoll 400 de Bayer associé ou non au Desmodur RF ; — bandes de roulement pour roues de modèles réduits de cir-
— Adhésif QR de Quimol associé au Desmodur RF. cuits automobiles ;
● Extrusion — spongieux et cellulaires ;
— supports pour amortissement des bruits et vibrations : sup-
Le matériel résistant à la corrosion, utilisé pour les thermoplas- ports de réservoir à essence de moto, supports de tuyau hydrauli-
tiques convient à condition de disposer de : que de matériel agricole ;
— vis de type PVC à transition graduelle et rapport L/D supérieur — semelles techniques résistantes aux huiles pour usage en
à 20 ; milieu industriel.
— taux de compression supérieurs à 2 ;
— filière régulée.
Exemples de températures d’extrusion 4.8 Élastomères thermoplastiques
Température du corps : polyuréthannes (TPU)
— zone 1......................................................................... 160 à 170 °C
— zone 2 ........................................................................ 155 à 165 °C
— zone 3 ........................................................................ 150 à 160 °C 4.8.1 Introduction
Température de la masse fondue ................................. 150 à 175 °C
Les polyuréthannes thermoplastiques sont constitués de séquen-
■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée peut être ces rigides polyuréthannes et de séquences souples polyesters ou
réincorporée à de la matière vierge. polyéthers. En général les polyesters ont de meilleures propriétés
mécaniques et une bonne résistance chimique alors que les polyé-
thers sont plus résistants à l’hydrolyse et aux attaques biologiques.
4.7.5 Applications Les TPU font partie des élastomères thermoplastiques utilisés
avec un renforcement de fibres de verre ce qui leur confère une rigi-
Utilisés pour leur bonne résistance aux huiles, aux intempéries et dité élevée et des applications qui sortent des emplois habituels des
à l’ozone, dans une gamme de dureté des caoutchoucs vulcanisés, élastomères.
les EVA/VC trouvent des applications ciblées dans de nombreux Les TPU sont commercialisés prêts à l’emploi sous forme de
marchés dont aucun n’est dominant. L’usage en dynamique est nombreux grades : résistance améliorée à l’hydrolyse, aux micro-
déconseillé et ces TPE contiennent des halogènes. organismes et aux huiles, ignifugés, renforcés fibres de verre, ali-
L’histogramme de la figure 4 montre la diversité des applications. mentaires, transparents, pour film, pour adhésifs.

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Les lecteurs peuvent également se reporter à l’article [3] des Tech- — 1,15 g/cm3 à 1,25 g/cm3 pour des grades non renforcés ;
niques de l’Ingénieur sur les polyuréthannes. — 1,27 g/cm3 à 1,67 g/cm3 pour des grades renforcés de 10 à
Exemples de noms commerciaux : Desmopan de Bayer, Elastollan 50 % de fibres de verre.
d’Elastogran, Estane de BF Goodrich. Certains TPU sont transparents.
■ Propriétés mécaniques
4.8.2 Préparation Certains grades ont une souplesse qui rejoint celle du milieu de la
gamme des caoutchoucs conventionnels, avec des duretés descen-
Les TPU sont obtenus par copolymérisation de séquences rigides dant jusqu’à 60 Shore A, alors que d’autres grades ont des duretés
de copolymères de diol et isocyanate et de séquences souples de élevées allant jusqu’à 75 Shore D.
polyesters ou polyéthers.
Le renforcement peut atteindre 50 % de fibres de verre.
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
des grades, varient fortement en fonction : En conséquence, les propriétés mécaniques varient largement
suivant les grades mais sont, en général, d’un bon niveau : ténacité
— de la nature des segments souples : polyesters, polyéthers, (résistance à la rupture en traction de 30 MPa à plus de 50 MPa en
polycarbonates, polycaprolactones ; grades non chargés), résistance aux chocs, au déchirement et à
— de la nature des segments polyuréthannes ; l’abrasion (volumes d’abrasion aussi faibles que 20 à 75 mm3 dans
— de la longueur des segments souples ; l’essai DIN 53 516).
— du rapport segments souples/segments rigides.
La résistance particulière à l’abrasion et à la déchirure amorcée
Les TPU sont présentés prêts à l’emploi dans une grande variété font des TPU un matériau de choix pour les protections
de grades. antiabrasion : matériel de carrières, cabines de sablage, etc.
Pour développer le maximum de leurs propriétés (DRC notam-
4.8.3 Propriétés. Caractéristiques ment), les pièces destinées à des usages sévères doivent être recui-
tes, ce qui entraîne un post-retrait (0,3 à 0,5 % par exemple).
Bien que l’éventail des propriétés soit très large, on peut citer les ■ Stabilité dimensionnelle
avantages suivants : ténacité élevée, large gamme de duretés des-
cendant jusqu’à 60 Shore A, bonne résistance à l’abrasion, au déchi- Les coefficients de dilatation sont élevés, comme pour tous les
rement, à la rayure et aux chocs, bon comportement à l’ozone, aux polymères peu ou pas chargés, 10 · 10−5/°C à 20 · 10−5/°C par exem-
huiles et aux hydrocarbures aliphatiques, aux flexions répétées, au ple. Pour les grades renforcés de fibres de verre, le coefficient de
froid, facilité de recyclage des déchets, possibilité de colorer, com- dilatation est nettement inférieur, 1 · 10−5/°C à 3 · 10−5/°C par exem-
patibilité avec les polycarbonates, ABS, PVC souple ou rigide. ple.
Par contre, les inconvénients généraux sont : déformation réma- L’absorption d’eau est de 2,3 % après immersion de 168 h à 70 °C
nente élevée et risques de fluage à chaud sous contraintes, pas de pour un grade 85 Shore A.
basses duretés, prix élevé, risques d’hydrolyse surtout pour les gra-
des à segments souples polyester, risques de jaunissement aux UV, ■ Comportement thermomécanique
incompatibilité de certains grades entre eux (polyesters/polyéthers), Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
nécessité de recuire les articles soumis à de fortes contraintes. « Vieillissement ».
En présence de contraintes, l’augmentation de la température
■ Élasticité entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi- les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
nue lorsque la dureté augmente : la déformation rémanente de résistance continue sans contrainte (70 °C en continu à 120 °C pour
compression (DRC), mesurée suivant la norme ASTM D 395 de courtes périodes).
(tableau 28), évolue entre : Les températures de point Vicat (méthode A/50) varient d’environ
— 20 et 55 % pour un essai à température ambiante de 3 jours ; 55 à 155 °C.
— 35 et 70 % pour un essai d’une journée à température modérée
de 70 °C. Les plages de température de fusion pour la mise en œuvre se
situent, en général, entre 160 et 240 °C.
■ Comportement à basse température

Tableau 28 – Exemples de déformations rémanentes Les températures de fragilité à froid vont, généralement, de
de compression de TPU − 65 °C pour les grades les plus durs à − 70 °C pour les grades les
plus souples, avec parfois des températures plus élevées, par exem-
Dureté Shore ple, − 50 °C pour un type ester ignifugé.
Déformation rémanente Les températures limites fonctionnelles peuvent être considérées
62 A
85 A/ 95 A/
34 D 48 D 55 D 62 D 75 D de l’ordre de − 40 °C.

DRC 72 h à 20 °C (mét. B) .... (%) 20 20 à 25 à 30/34 39 40 à ■ Vieillissement


30 33 55
Température : les températures limites d’utilisation en continu
DRC 22 h à 70 °C (mét. B) .... (%) 45 35 à 38 à 45/70 50 à 55 à sont de l’ordre de 70 à 80 °C avec des pointes possibles à 120 °C. La
70 65 70 60 décomposition lente avec apparition de fumée se produit à partir
d’environ 240 °C et il est alors conseillé d’aspirer efficacement les
postes de travail.
Les résiliences de rebondissement suivant norme DIN 53512 sont Environnement : les TPU présentent généralement une bonne
inférieures à 50 %. tenue aux UV, malgré un jaunissement des grades blancs ou natu-
rels. Une stabilisation supplémentaire aux UV apporte une amélio-
■ Propriétés physiques ration en cas d’exposition prolongée et pour les climats désertiques
Les masses volumiques sont élevées, par exemple : ou tropicaux.

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Les utilisations en climat tropical, à cause de la forte hygrométrie,


devront tenir compte de la résistance à l’hydrolyse des grades choi- Tableau 30 – Exemples de caractéristiques de TPU
sis.
Fatigue dynamique : les TPU sont utilisés dans des applications Dureté Shore
entraînant des déformations répétées, même à basse température : Caractéristique
chaussures de ski, semelles de chaussures de sport. 62 A 95 A/48 D 62 D 75 D

■ Résistance chimique Masse volumique ........ (g/cm3) 1,15 1,15 à 1,24 1,17 à 1,22 1,2 à 1,25

En général : Résistance à la rupture .. (MPa) 30 33 à 55 48 à 54 40 à 50

— les polyesters ont une meilleure résistance chimique aux hui- Allongement à la rupture ... (%) 850 500 à 550 350 à 495 250 à 350
les et graisses ;
Module en traction ......... (GPa) 0,012 à 0,03 0,25 0,56 à 0,73
— les polyéthers sont plus résistants à l’hydrolyse et aux micro-
organismes ; Module à 100 % .............. (MPa) 2,0 9 à 11 21 à 25 30,0
— pour des séries homologues, la résistance chimique augmente Abrasion DIN ................. (mm3) 35 25 à 75 20 à 36 20 à 30
en même temps que la dureté.
DRC 72 h à 20 °C (mét. B) ... (%) 20 25 à 33 39 40 à 55
La tenue à l’eau pure ou salée à température ambiante est de plu-
sieurs années sans détérioration importante des propriétés mécani- DRC 22 h à 70 °C (mét. B) ... (%) 45 38 à 65 50 à 70 55 à 60
ques. Cependant, lorsque la température s’élève, les propriétés
Température Vicat A .......... (°C) 74 à 120 126
diminuent, particulièrement à partir de 60 °C.
DRC : déformation rémanente de compression
Les acides et bases concentrés attaquent rapidement les TPU et le
contact doit être évité.
Les acides et bases dilués ont une action qui, modérée à tempéra-
ture ambiante, s’amplifie plus ou moins avec la température. Le
contact prolongé doit être évité. Tableau 31 – Exemples de caractéristiques de TPU chargés
de fibres de verre
Les TPU résistent bien aux huiles et graisses, gazole, carburants
ordinaires sans alcool. Cependant les additifs des huiles hautes per-
% de fibres de verre
formances peuvent être incompatibles avec les TPU. Caractéristique
Les carburants avec alcool ou riches en aromatiques peuvent pro- 10 25 50
voquer une dégradation ou un gonflement exagéré. Dureté Shore D ................................................ 50 70 85
Les solvants chlorés provoquent un gonflement important. Masse volumique ............................... (g/cm3) 1,27 1,38 1,67

Les esters et cétones entraînent un gonflement susceptible, sui- Résistance à la rupture ......................... (MPa) 30 70 150
vant la durée de contact, de dégrader les propriétés mécaniques. Allongement à la rupture .......................... (%) 65 15 4,5
Module en traction ................................ (GPa) 0,35 2,3 12,3
■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement.
Certains grades ignifugés sont classés V2 à V0 suivant les Résistance au choc entaillé à 23 °C .... (kJ/m2) NC 35 14
classements UL 94, avec des indices d’oxygène de 28 à 30. Résistance au choc entaillé à − 30 °C . (kJ/m2) 30 12 8
TFC sous 1,85 MPa .................................... (°C) 65 130 128
■ Propriétés électriques : les TPU de grades standards sont isolants
et permettent l’utilisation comme revêtements de fils et câbles Coefficient de dilatation ................... (10−5/°C) 2,8 1,5 1,2
électriques ayant de bonnes propriétés mécaniques, une bonne TFC : température de fléchissement sous charge
tenue aux produits pétroliers et à l’abrasion.
NC : ne casse pas
Cependant il faut noter que certaines caractéristiques varient for-
tement en fonction du type et de la dureté. Le tableau 29 indique
des plages de propriétés pour des grades courants polyéthers ou
polyesters. 4.8.4 Mise en œuvre. Recyclage

Les TPU se prêtent au collage, au soudage et au surmoulage de


grades différents.
Tableau 29 – Plages de propriétés électriques pour des TPU
de grades courants
■ Collage : les adhésifs polyesters modifiés (Desmocoll avec dur-
Résistivité transversale ...................................... (Ω · cm) 109 à 1013 cisseur Desmodur) conviennent pour le collage TPU sur TPU ou sur
autre matériau souple.
Constante diélectrique ..................................................... 5à8
Les adhésifs époxy conviennent généralement bien au collage
Facteur de dissipation diélectrique ....................... (10−4) 300 à 2 200
TPU sur métaux.
Rigidité diélectrique .......................................... (kV/mm) 15 à 50
■ Soudage : les techniques de soudage utilisables sont
nombreuses : gaz chauds, miroir, éléments chauffants, haute fré-
quence, friction, vibration. Les ultrasons ne donnent pas, en géné-
■ Des exemples de caractéristiques de TPU et de TPU chargés de ral, satisfaction. Les gaz de carbonisation éventuellement dégagés
fibres de verre sont regroupés dans les tableaux 30 et 31. doivent être efficacement aspirés.

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■ Coloration : les TPU permettent l’obtention d’une grande variété Les retraits (0,3 à 2 % en général) dépendent du grade, de la géo-
de coloris francs par incorporation de granulés pigmentés à base de métrie de la pièce, des conditions d’injection et du recuit éventuel.
TPU de préférence. Les granulés à base d’ABS sont d’une aptitude Les TPU peuvent coller au moule, nécessitant l’utilisation d’un
limitée et ceux à base de PVC ou de PE sont à exclure. agent démoulant. Les produits à base de silicone donnent de bons
L’utilisation de pigments et pâtes pigmentaires est également pos- résultats avec leurs inconvénients ultérieurs connus.
sible. Les noirs de carbone modifient les propriétés électriques. Généralement, les TPU adhérent bien en surmoulage avec les PC,
ABS, PVC rigides et souples. Pour les autres matières plastiques,
■ Séchage : le séchage n’est nécessaire que lorsque les emballages polyamides et polyoléfines entre autres, il faut prévoir un ancrage
ont été ouverts depuis un certain temps. Les conditions d’étuvage mécanique (cas des roulettes à noyau polyamide et bande de roule-
peuvent être, par exemple, de 30 min à 2 h à 100-110 °C en étuve à ment TPU).
circulation avec apport de 50 % d’air frais. Le refroidissement se fera
en récipient sec et fermé. Les trémies des machines de transforma- L’adhérisation au moulage TPU/métal est favorisée par des agents
tion doivent être couvertes. d’adhérisation tels que :
— Chemosil EXB 102-5 de Henkel ;
■ Recuit : pour développer le maximum de leurs propriétés (DRC — Thixon 405 ;
notamment), les pièces destinées à des usages sévères doivent être — Megum-Haftmittel de Chemetall.
recuites, ce qui entraîne un post-retrait (0,3 à 0,5 % par exemple).
● Extrusion
Le recuit s’effectue en étuve à circulation d’air pendant 15 à 20 h : Le matériel standard convient à condition de disposer d’un couple
— entre 80 et 90 °C pour une dureté < 93 Shore A ; élevé aux vitesses de rotation lentes.
— entre 110 et 120 °C pour une dureté > 92 Shore A. Des vis de 20 D présentant un profil relativement plat et un taux
Les pièces devront être disposées de telle sorte qu’elles ne se de compression de 3 donnent des bons résultats. Les vis pour PVC
déforment pas pendant cette opération. sont également utilisables. Par contre, les vis à zone de compression
courte ne conviennent pas.
Le stockage prolongé à température ambiante ne peut pas rem-
Exemple de vis de diamètre 60 mm :
placer ce recuit.
Alimentation : ..... longueur : 5 D ; profondeur de filet : 7,5 mm
■ Les TPU se transforment par injection, extrusion, extrusion-calan-
Compression : ... longueur : 8 D ;
drage, ce qui donne des films [4], extrusion-gonflage, extrusion-
soufflage, usinage. Plastification : ..... longueur : 7 D ; profondeur de filet : 2,5 mm.
● Injection Exemples de puissances des extrudeuses :
Les presses d’injection à vis comportant 3 zones et équipées de Diamètre de vis (mm) ...... 30 45 60 90 120
clapet anti-retour conviennent. L’extrémité de la vis et la buse du pot Puissance (kW) .................. 16 25 40 60 90
doivent éviter l’accumulation de matière. Le matériel doit être par- Le matériel doit être parfaitement nettoyé. Avant le démontage il
faitement nettoyé. peut être utile de purger avec du polypropylène.
Les moules pour polyuréthannes doivent être thermorégulés. Les Exemples de températures qui ne doivent pas dépasser 240 °C :
températures, 20 à 30 °C en général, pourront descendre à + 5 °C
pour les pièces épaisses ou monter à 40 °C pour les pièces minces. Alimentation ..................170 à 190 °C
Un dépoli très léger peut faciliter le démoulage. Compression .................180 à 210 °C
Exemples de température de moulage (tableau 32). Plastification ................... 200 à 225 °C
Les vitesses de vis (15 à 50 tr/min) ne doivent pas être trop lentes
sous peine de dégradation thermique par suite d’un séjour trop long
Tableau 32 – Exemples de températures de moulage de TPU dans l’extrudeuse.
Le refroidissement en sortie d’extrudeuse nécessite des précau-
Dureté Shore tions particulières à cause de la déformabilité des TPU, particulière-
Température
ment pour les grades à faible dureté.
85 A 35 D 50 D 55 D 70 D
Les rideaux d’eau bien dispersée sont préférables aux jets d’eau
Presse ............... (°C) 160 à 220 170 à 220 170 à 220 210 à 230 210 à 230 et le frottement sur les calibreurs, glissières ou galets ne doit jamais
Moule ............... (°C) 20 à 30 20 à 30 20 à 30 20 à 30 20 à 30 se faire à sec mais sous lubrification à l’eau.
La température du profilé en fin de ligne d’extrusion ne doit pas
excéder 40 °C sous peine de déformations au stockage.
Exemples de vitesses de vis : ■ Usinage
Diamètre de vis (mm) .................................... 30, 40, 60, 90, 120, 150 Les grades de dureté supérieure à 90 Shore A s’usinent aussi faci-
Vitesse de rotation des vis (tr/min) ............... 190, 140, 95, 65, 50, 40 lement que les polyamides avec des machines pour métaux ou
éventuellement pour bois.
Exemples de temps de cycle avant démoulage (tableau 33). Les scies à bois à dents avoyées conviennent mieux que les scies
à métaux.

Tableau 33 – Exemples de temps de cycle avant démoulage Les mèches hélicoïdales à tranchants dépouillés (angle d’inci-
dence de 12 à 16°), à angle de torsion restreint (30° environ), à
de TPU pointe de mèche à 150° avec une vitesse de coupe de 40 à 50 m/min,
Dureté Shore
et une vitesse d’avance de 0,01 à 0,03 mm/tr conviennent pour le
Temps de cycle perçage. Il faut relever fréquemment la mèche pour enlever les
80/90 A 45 D 60 D copeaux et refroidir pour les perçages profonds.
Pour le tournage : angle d’incidence 5 à 15°, angle de dépouille 25
Pour une paroi de 3 mm d’épaisseur ..... (s) 20 15 10
à 30°, angle de positionnement 40 à 60°, vitesse de coupe 100 à
Pour une paroi de 8 mm d’épaisseur ..... (s) 110 60 40 150 mm/min pour les grades rigides ou 300 à 500 mm/min pour les

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carrières, connecteurs, gaines de sonars, tubes annelés pour


(%) aspirateurs ;
— profilés de protection, joints de fenêtres, lames d’étanchéité
35 d’aspiro-batteurs ;
30 — fils, câbles et gaines électriques, pour groupe électrogène,
25 pour matériel ferroviaire, pour communications radio, pour utilisa-
tion sous-marine, cordons spiralés ;
20
— étiquettes d’identification du bétail, protège-sabots pour
15 chevaux ;
10 — films, films d’emballage antidéchirure ;
5 — tissus enduits pour joints de toits flottants de réservoirs, tapis
transporteurs, barrages antipollution, combinaisons, radeaux,
0
toboggans et gilets de sauvetage, réservoirs souples d’eau potable,
planche de surf gonflable, ballons de football ;
Industrie Isolation électrique Autres — bracelets de montre, habillages de rasoirs électriques ;
— courroies de transmission et de transport, patins de chaînes
Automobile Chaussure transporteuses ;
— amortissement des bruits et vibrations : commutateurs électri-
Figure 5 – Applications des TPU : répartition ques, revêtements de perceuses et de marteaux piqueurs ;
— adhésifs.

grades souples, avance 0,1 à 0,2 mm/tr, rayon de la pointe 0,3 à


0,5 mm.
Fraisage et rabotage : utiliser de préférence les machines à bois.
4.9 Copolyesters : COPE
Estampage : jeu de coupe 0,1 à 0,2 mm, vitesse de coupe 50 à
100 mm/s. 4.9.1 Introduction
Taraudage, seulement pour les grades rigides : tarauds à tran-
chants très affilés avec un avant-trou d’un diamètre supérieur de Les polyesteréthers (les plus courants) et les polyesteresters sont
0,1 mm à celui utilisé pour l’acier. constitués de séquences rigides semicristallines, et de séquences
souples polyesters ou polyéthers.
Rectification : meules souples en carbure de silicium à liant céra-
mique et grain fin. Les COPE ont des propriétés mécaniques élevées, un bon com-
portement à l’ozone, aux huiles et aux produits pétroliers, résistent
■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée, non à la fatigue dynamique et ont une bonne imperméabilité aux gaz.
recuite, peut être incorporée (20 à 30 %) à de la matière vierge.
Vendus prêts à l’emploi, certaines de leurs propriétés peuvent
être adaptées par utilisation de mélanges maîtres.
4.8.5 Applications Exemples de noms commerciaux : Arnitel de DSM, Ecdel d’East-
man Chemical Co, Hytrel de DuPont, Lomod de General Electric
Plastics, Pibiflex de Enichem Polimeri.
Les TPU trouvent des applications dans de nombreux marchés
tels que l’industrie, l’automobile, l’isolation électrique, la chaussure,
etc., pour leur ténacité, leur résistance à l’abrasion, au déchirement,
à la rayure, aux chocs, à l’ozone, aux huiles et aux hydrocarbures ali-
4.9.2 Préparation
phatiques, aux flexions répétées, au froid. L’histogramme de la
figure 5 montre la répartition de ces applications. Les copolyesters sont obtenus par copolymérisation de séquen-
ces rigides semicristallines polyesters, polybutylène téréphtalate
Applications déjà développées ou potentielles : par exemple, avec des séquences souples :
— chaussures, bonbouts et semelles : de sport, de ski, de hockey, — polyéthers, le plus couramment, polyétherglycol par exemple ;
de moto, de football, de golf, de randonnée, de surf, de base-ball, de — polyesters plus rarement pour les grades à haute tenue à la
ville ; chaleur.
— sport : éléments pour fixations de ski, spatules de ski, couver-
cles de chariots de golf, pieds de mâts et poignées de wishbone, Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
protections d’étrave de planche à voile, boîtiers de jumelles étan- des grades, varient fortement en fonction :
ches et antichocs ; — de la nature des segments souples : polyesters ou polyéthers ;
— engrenages silencieux, manchons d’étanchéité, éléments de — de la nature des segments rigides ;
machines agricoles, accouplements élastiques ; — de la longueur des segments souples ;
— automobile : éléments de pare-chocs, soufflets de protection, — du rapport segments souples/segments rigides.
bas de caisse, bandeaux de protection latérale, supports d’anten- Les COPE sont dans une gamme de duretés Shore D.
nes, caches de protection d’attaches de remorques, paliers de bar-
Les polyesteresters ont été spécialement développés pour la com-
res stabilisatrices et de bras de suspension, pommeaux de leviers
binaison des bonnes propriétés suivantes : résistance aux hautes
de vitesses, rotules de tringlerie de boîte de vitesses, éléments de
températures (150 °C en continu, 205 °C en pointe), résistance à
calandre, membranes de suspension hydropneumatique, joints
l’abrasion, tenue aux UV et aux produits pétroliers.
d’étanchéité pour applications hydraulique et pneumatique, coussi-
nets et joints pour barres d’accouplement et bras oscillants ; Les copolyesters sont présentés prêts à l’emploi dans une grande
— bandages de roues, roulettes, galets de convoyeurs ; variété de grades : résistance améliorée à la chaleur, à l’hydrolyse,
— éléments antiusure de cribles et tamis, marteaux, éléments de aux UV, aux produits chimiques, ignifugés, alimentaires, faible per-
chaînes à neige, disques d’appareils de nettoyage de piscines ; méabilité, renforcés de fibres de verre, pour soufflage, pour isola-
— tubes et tuyaux pour incendie, bricolage, évacuation de gra- tion électrique dans l’automobile, pour film.
vats, arrosage agricole et domestique, air comprimé, logique pneu- Pour adapter certaines propriétés des grades ci-dessus, des
matique, géophysique, mines, offshore, robotique, machines-outils, mélanges maîtres sont également proposés : stabilisant à l’hydro-

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lyse, protecteur UV stabilisant à la chaleur, noir de carbone pour les températures d’utilisation bien en dessous des températures de
protection contre les UV, agent ignifugeant. résistance continue sans contrainte (100 à 135 °C).
Les températures de point Vicat sous 1 et 10 kg varient respective-
ment de 80 à 212 °C et de moins de 50 à 150 °C, alors que les tempé-
4.9.3 Propriétés. Caractéristiques ratures de fléchissement sous charge de 0,46 MPa ou 1,8 MPa
varient de moins de 50 à 140 °C et de moins de 45 à 55 °C.
L’éventail des propriétés est très large mais, en général, les points
forts sont : ténacité élevée, bonne résistance à l’abrasion, au déchi- Les modules de flexion à 100 °C représentent de 20 à 65 % de
rement et aux chocs, modules élevés, bon comportement à l’ozone, leurs valeurs à 20 °C.
aux huiles et aux produits pétroliers, bonne tenue aux flexions répé- Les plages des températures de fusion, mesurées par DSC, se
tées, au froid, imperméabilité aux gaz, possibilité de colorer, facilité situent couramment entre 150 et 225 °C. En général, la température
de recyclage des déchets de fabrication. de fusion augmente avec la dureté.
Par contre, les inconvénients généraux sont : déformation réma-
■ Comportement à basse température
nente élevée et risques de fluage à chaud sous contraintes, absence
de grades de duretés du domaine des caoutchoucs, prix assez élevé, Les températures de fragilité au froid sont basses, souvent infé-
risques d’hydrolyse et de dégradation aux UV, possibilité de pré- rieures à − 70 °C.
sence d’antioxydants colorants dans certains grades.
Les modules à − 40 °C ont des valeurs de 1,9 à 5,5 fois la valeur à
■ Élasticité l’ambiante.
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi- Les températures limites fonctionnelles, hors problèmes de choc,
nue lorsque la dureté augmente (tableau 34) : peuvent être considérées comme étant de l’ordre de − 60 °C.
— les essais de déformation rémanente de compression (DRC) ■ Vieillissement
mesurée suivant la norme ASTM D 395, méthode B (à déformation
donnée) sont en général corrects compte tenu de la dureté élevée Les températures limites d’utilisation en continu dépendent de la
mais peuvent toutefois atteindre des valeurs importantes pour cer- famille chimique, du grade, de la dureté. Toutes choses égales par
tains grades (52 % pour l’un des grades de dureté 40 Shore D) ; ailleurs, les températures de résistance continue sans contrainte
— la résilience de rebondissement Bashore qui représente le augmentent en général avec la dureté.
pourcentage d’énergie restituée après un choc est relativement cor- Les polyesteresters ont un comportement remarquable avec,
recte. pour un grade donné, des durées de demi-vie basées sur l’allonge-
ment à la rupture de 1 200 h à 175 °C ou de 3 000 h à 150 °C.
Les polyesteréthers, bien que moins performants, conservent une
Tableau 34 – Déformation rémanente et résilience bonne endurance à la température avec, par exemple, des temps de
de rebondissement Bashore de COPE demi-vie de :
— plus de 1 000 h à 135 °C pour un grade de dureté 74 ;
Dureté Shore D — plus de 4 000 h à 120 °C pour un grade de dureté 40.
40 47 55 72 Environnement : les COPE nécessitent une protection anti-UV
pour les expositions prolongées à l’extérieur. Certains noirs de car-
DRC 22 h à 70 °C (mét. B) .... (%) 29 à 52 38 42 bone utilisés en faible pourcentage et des mélanges maîtres
Rebondissement Bashore d’agents de protection vendus par les producteurs sont efficaces.
(restitution d’énergie) ............. (%) 65 62 58 43 à 46
Au Xenotest 150, les durées de demi-vie sont de :
— 250 h pour des grades standards ;
— 1 000 h pour certains grades stabilisés.
■ Propriétés physiques
Fluage : le tableau 35 donne des exemples de module de fluage
Les masses volumiques sont élevées, par exemple, 1,1 à 1,3 g/cm3.
(contrainte appliquée divisée par la déformation mesurée) après
Les absorptions d’eau sont très variables suivant les grades, de 1 000 h sous une contrainte en traction de 5,5 MPa à température
0,2 à 4 % voire 7 %. ambiante et à 100 °C.
La cristallinité des copolyesters nuit à leur transparence.
■ Propriétés mécaniques
Les propriétés mécaniques varient largement suivant les grades Tableau 35 – Exemples de valeurs du module de fluage
mais sont, en général, d’un bon niveau en ce qui concerne la téna- de COPE
cité (résistance à la rupture en traction de 10 à 50 MPa), et les résis-
tances à l’abrasion, au choc et au déchirement. Dureté Shore D
L’abrasion mesurée par une même méthode peut toutefois varier
55 63 72
du simple au double pour deux grades de même dureté.
Module de fluage à 20 °C ........................... (MPa) 80 150 250
■ Stabilité dimensionnelle
à 100 °C ......................... (MPa) 18 40 85
Les coefficients de dilatation, comme pour tous les polymères peu
ou pas chargés, sont élevés, de 4 · 10−5 à 22 · 10−5/°C par exemple.
L’absorption d’eau peut être élevée.
Flexions répétées : les COPE sont utilisés dans des applications
■ Comportement thermomécanique entraînant des déformations répétées, même à basse température :
Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe chaussures de ski, soufflets pour l’automobile. La contrainte maxi-
« Vieillissement ». male admissible pour résister à 2,5 millions de flexions suivant
En présence de contraintes, l’augmentation de la température ASTM D 671 varie de 5 à 11 MPa pour des grades déterminés de
entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter dureté Shore D entre 40 et 72.

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■ Résistance chimique Les résistivités transversales sont de l’ordre de 1011 à 1013 Ω · cm.
En général pour des séries homologues, la résistance chimique La permittivité relative ou constante diélectrique est de l’ordre de
augmente en même temps que la dureté. 3 à 5 pour des grades standards dans des plages de fréquence de
La tenue à l’eau dépend beaucoup du grade, de la stabilisation et 50 Hz à 1 MHz.
de la température. Au-delà de 50 °C une stabilisation spéciale est
nécessaire. Le facteur de perte ou tangente de l’angle de perte est de l’ordre
de 4 · 10−4 à 600 · 10−4 pour des grades standards dans des plages
Acides et bases concentrés : le contact doit être évité alors que la de fréquence de 50 Hz à 1 MHz.
résistance est limitée aux acides et bases dilués.
Huiles et graisses, hydrocarbures non aromatiques : les COPE La rigidité diélectrique est de l’ordre de 14 à 20 kV/mm.
résistent bien. Cependant les additifs des huiles hautes performan-
ces peuvent être incompatibles. Les carburants avec alcool ou riches ■ Des exemples de caractéristiques de COPE sont regroupés dans
en aromatiques peuvent provoquer une dégradation ou un gonfle- le tableau 36.
ment exagéré.
■ Imperméabilité aux gaz : les COPE, à la fois polaires et cristallins, 4.9.4 Mise en œuvre. Recyclage
allient une certaine perméabilité aux produits polaires tels que l’eau
et une imperméabilité aux produits apolaires tels que les hydrocar-
bures. Les COPE se prêtent au collage par adhésifs, au soudage et au
Pour des séries homologues, l’imperméabilité augmente avec la surmoulage de grades différents. Le collage au solvant n’est pas
dureté. conseillé.
L’imperméabilité aux Fréon autorise l’utilisation dans les circuits ■ Soudage : les techniques de soudage utilisables sont
réfrigérants. nombreuses : gaz chauds, miroir, éléments chauffants, haute fré-
■ Résistance aux moisissures et champignons : dans l’essai quence. Le soudage par ultrasons ou par rotation ne donne, en
ASTM D 1924-63, un grade de dureté 40 Shore D soumis à six sou- général, satisfaction qu’avec les grades les plus rigides, au-dessus
ches différentes de micro-organismes n’a provoqué aucune crois- d’une dureté de 63 Shore D par exemple. Les gaz de carbonisation
sance dans cinq cas et une très légère croissance éparse dans le éventuellement dégagés doivent être efficacement aspirés.
sixième cas.
■ Coloration : les grades « teinte naturelle » permettent d’obtenir
Après enfouissement en terre au Panama pendant 1 an les réten- tous les types de teinte.
tions de propriétés mécaniques sont supérieures à 80 %.
■ Comportement au feu : les qualités standards brûlent facilement, ■ Séchage : le séchage n’est nécessaire que lorsque les emballages
ont des indices d’oxygène de 20 à 22 et sont classées HB suivant la ont été ouverts depuis un certain temps et que l’humidité dépasse
classification UL 94. Certains grades ignifugés sont classés V2 0,1 %, ce qui correspond à une exposition d’environ 2 h à l’air à 50 %
(indice d’oxygène de 28) à V0 suivant la même classification UL 94. d’hygrométrie.

■ Propriétés électriques : les grades standards sont isolants et Conditions d’étuvage :


permettent l’utilisation comme revêtements de fils et câbles — 2 à 3 heures à 107 °C en étuve à déshumidificateur d’air ;
électriques.
— 4 à 6 heures à 107 °C en étuve sans déshumidificateur d’air.
Les résistivités superficielles sont classiquement de l’ordre de
1012 à 1015 Ω. Les trémies chauffantes et desséchantes sont recommandées.

Tableau 36 – Exemples de caractéristiques de COPE


Dureté Shore D
Caractéristique
27 51 72 82
3
Masse volumique ..................................................... (g/cm ) 1,10 1,16 à 1,26 1,26 1,28
Absorption d’eau ............................................................. (%) 0,95 0,4 à 4 0,3 à 0,85 0,30
Résistance à la rupture ............................................... (MPa) 16,0 28 à 36 37 à 46 48,0
Allongement à la rupture ................................................ (%) 800,0 530 à 650 300 à 355 350,0
Module en flexion ........................................................ (GPa) 0,030 0,12 à 0,17 0,560 1,210
Résistance au choc Izod entaillé à 20 °C ..................... (J/m) NC (1) 900 à NC 210 40
à 30 °C ........................................................................... (J/m) NC (1) 140 à 870
Température de fléchissement sous charge ................ (°C) 46 62 à 78 125 140
Résistivité transversale ........................................... (Ω · cm) 1013 1012 à 1015
Constante diélectrique .......................................................... 4,4 3,314
Tan δ (fréquence < 1 KHz) ............................................ (10−4) (50 à 140) (190 à 355)
Rigidité diélectrique ............................................... (kV/mm) 16 18
Classement de résistance au feu UL 94 ................................ HB
Indice d’oxygène .................................................................... 20 20
(1) NC : ne casse pas

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■ Recuit : un recuit dans des conditions convenables de temps et ● Extrusion


de température peut augmenter la cristallinité et améliorer sensible- Le matériel standard utilisé pour les polyoléfines et polyamides
ment la DRC. Une température de recuit excessive peut avoir l’effet convient à condition de disposer de vis d’un rapport L/D de 20 ou
inverse. mieux 24, d’une section d’alimentation assez longue (20 à 33 % de la
Exemple de déformations rémanente après compression 22 h à longueur) et d’un taux de compression de 2,7 à 4.
70 °C (méthode B), avant et après recuit, pour un grade de dureté 40
Exemples de vis de diamètre 50 mm :
Shore D :
Alimentation : longueur : 7 D ; profondeur de filet : 8,1 mm
DRC initiale ................................................................................. 60 %
DRC après recuisson 20 h à 100 °C .......................................... 38 % Transition : longueur : 7 D ;

20 h à 150 °C .......................................... 70 % Plastification : longueur : 10 D ; profondeur de filet : 2,1 mm


Le matériel doit être parfaitement nettoyé. Le polyéthylène basse
■ Rhéologie : la fusion des séquences cristallines est franche. La ou moyenne densité peut être utilisé pour purger.
viscosité est donc fortement dépendante de la température,
d’autant plus que la dureté est plus élevée. Par contre, la viscosité Exemples de températures d’extrusion : voir tableau 38.
est peu dépendante du taux de cisaillement ce qui peut conduire à
l’utilisation de couples et/ou de pressions d’injection plus élevés.
■ Les copolyesters se transforment par injection, extrusion, extru- Tableau 38 – Exemples de températures d’extrusion
sion-calandrage, extrusion-gonflage, extrusion-soufflage, rotomou-
lage, coulée, thermoformage. Dureté Shore D
● Injection
40 55 et 63 72
Les presses d’injection à vis à mouvement alternatif, d’usage
général utilisées pour les polyéthylènes conviennent. Des vis de rap- Température du corps :
port L/D de 18 à 24 avec des taux de compression de 3 ou 3,5 sont zone 1............................ (°C) 155 à 165 195 à 210 205 à 210
recommandées. Les buses à obturateur ne sont pas conseillées.
zone 2 ........................... (°C) 170 à 180 210 à 225 210 à 215
Le matériel doit être parfaitement nettoyé.
zone 3 ........................... (°C) 170 à 180 210 à 225 215 à 225
Les moules doivent être thermorégulés avec des températures
allant de 4 °C pour les pièces massives à 65 °C pour celles à parois Filière ............................ (°C) 170 à 180 210 à 230 215 à 230
très minces. Température de la masse
Les durées de cycle varient de 15 s pour des pièces minces, à plus fondue .............................. (°C) 170 à 190 210 à 230 225 à 235
de 3 min pour des pièces épaisses.
Exemples de températures de moulage, de vitesses de vis et de
temps de cycle avant démoulage : voir tableau 37. Outre les profilés et tubes, l’extrusion permet de réaliser :
— des feuilles extrudées par filière plates puis calandrées sur
calandrette à 3 cylindres ;
— des pièces extrudées soufflées ;
Tableau 37 – Exemples de températures de moulage — des revêtements et isolations de fils métalliques ;
et de vitesses de vis de COPE — des films coulés sur cylindre froid ;
— des films extrudés-gonflés ;
Dureté Shore D
— des pièces moulées par coulée à l’état fondu.
40 47 55 et 63 72 ● Moulage par rotation

Goulotte d’alimentation : froide ; Vitesse de vis : 96 tr/min Les machines conventionnelles conviennent au moulage par rota-
tion des grades spéciaux en poudre.
Température du corps
L’utilisation d’un agent démoulant est nécessaire car les particules
Arrière .................. (°C) 154 à 181 205 à 220 199 à 216 210 à 227
de poudre, obtenues par broyage, ne sont pas sphériques et ont ten-
Centre ................... (°C) 171 à 198 220 à 235 216 à 232 227 à 243 dance à piéger de l’air au moment de la fusion. Des parois de moule
Avant .................... (°C) 171 à 209 220 à 240 216 à 238 227 à 249 trop polies augmentent le collage et une surface satinée est préféra-
ble.
Buse ...................... (°C) 171 à 209 220 à 240 216 à 238 227 à 249
● Moulage par coulée à l’état fondu
Température
de la masse fondue . (°C) 171 à 209 220 à 240 216 à 238 227 à 249 Le polymère fondu obtenu par extrusion peut être coulé directe-
ment dans un moule du genre de celui utilisé pour la coulée des
Température
du moule .................. (°C) 27 à 38 38 38 38 polyuréthannes mais qui doit, toutefois, être entièrement fermé
avec une alimentation raccordée à la buse de l’extrudeuse. Le moule
étant fermé, des évents doivent être usinés.
Les moules sont beaucoup moins onéreux que ceux pour injec-
Pour faciliter le remplissage de moules pour pièces à parois fines,
tion et permettent de réaliser des pièces de toutes dimensions
il peut être nécessaire de monter la température jusqu’à 260 ou
jusqu’à un poids de 9 kg.
270 °C.
● Extrusion-gonflage
Les retraits (0,1 à 4 % en général) dépendent du grade, de la géo-
métrie de la pièce, des conditions d’injection et du recuit éventuel. Certains grades sont proposés pour la fabrication de films
d’épaisseur pouvant descendre à 2 centièmes de millimètre.
L’adhérisation au moulage COPE/métal est favorisée par des
agents d’adhérisation tels que : Le coefficient de gonflage maximal est d’environ 2,8.
— Chemlok AP 134 de Lord Corp ; À titre d’exemple, un film de 1,5 m de large peut être obtenu avec
— Chemlok 7000 avec agent de réticulation Chemlok 7203 ; une extrudeuse à vis de 90 mm, un rapport L/D de 30, une filière de
— Thixon AB 1244 de Dayton Chemicals. diamètre 203 mm et un rapport de gonflage de 2,5.

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— serre-tête de casques stéréo, garnitures d’accoudoirs de


fauteuils ;
(%) — engrenages et pignons silencieux, accouplements élastiques,
35 manchons d’étanchéité, diaphragmes coulissants, diaphragmes de
pompe de pulvérisateur agricole, diaphragmes de freins à air
30 comprimé ;
— bagues et coussinets, serre-câbles, poignées d’outils électri-
25
ques, joints d’écrous ;
20 — dents de peignes soufflants, bracelets de montres, embouts de
béquilles ;
15 — soufflets de protection automobile et industrie, pièces de glis-
sement et d’amortissement de serrures de portières et de ceintures
10
de sécurité, couvercles de logement d’air bag, peau d’habillage inté-
5 rieur, pare-chocs, éléments de fixation souple et amortissante pour
pare-chocs, jupes de bas de caisse, panneaux latéraux, butées de
0 capots, becquets, membranes, joints d’étanchéité pour l’automo-
bile, l’hydraulique et l’agriculture ;
Industrie Isolation électrique Autres — plateaux de disques à meuler, pièces transformant le mouve-
ment rotatif continu en mouvement à chocs pour perceuses à
Chaussure Automobile percussion ;
— profilés ;
— charnières, partie charnière d’étui à revolver, charnières coex-
Figure 6 – Applications des COPE : répartition trudées, ressorts à raideur progressive ;
— gainage de câbles de transmission (accélérateur et lève-
vitres) ;
■ Usinage — bandages de roues pour l’industrie et le sport, roues basse
pression, disques intérieurs de pneus pouvant rouler à plat, che-
Les grades de dureté supérieure à 55 Shore D s’usinent plus faci- nilles d’autoneige ;
lement que les grades plus souples, avec des pressions et vitesses — revêtements de cylindres, de cuves, de bassins, de pièces
de coupe plus élevées mais qui doivent rester modérées. Le refroi- diverses ;
dissement par jet d’air, d’eau ou d’émulsion huile-eau permet d’évi-
— tubes et tuyaux, tuyaux convolutés, canalisations et flexibles
ter la fusion en surface.
hydrauliques, tuyaux pour climatisation, tubes pour bouteilles à
Les scies sauteuses (1,6 à 4 dents/cm) avec des vitesses de coupe gaz, accouplements hydrauliques, tubes intérieurs de lances à
de 0,7 à 30 m/s ont été utilisées. L’ouverture de l’entaille facilite la incendie, gaines de faisceaux de tuyaux pour l’offshore, attaches
coupe. pour tuyaux, buses antiabrasion pour boues, vessies d’accumula-
Les mèches hélicoïdales standards pour grande vitesse convien- teurs de pression ;
nent. La mémoire élastique du matériau conduira à un diamètre de — fils et câbles basse et moyenne tension, câbles légers, câbles
trou différent de la dimension nominale du foret : plus petit pour pour la robotique et la transmission de données, cordons téléphoni-
une faible vitesse de perçage, plus grand pour une vitesse élevée. ques spiralés, serre-câbles, passe-fils, connecteurs ;
Les écarts dans un sens ou dans l’autre peuvent être de 3 ou 5 %. — films pour l’emballage et le médical, couches de films
multicouches ;
Pour le tournage, des outils d’acier standard à grande vitesse peu-
vent être utilisés, très aiguisés. Un angle positif de 10° est recom- — poches à perfusion ;
mandé pour le tranchant de l’outil. Des vitesses de coupe de 2 m/s — courroies transporteuses et de transmission, courroies cran-
donnent de bons résultats sans refroidissement. tées, chaînes transporteuses, vis sans fin pour le transport de
matériaux ;
Le taraudage est difficile même avec les grades les plus rigides. — amortissement des bruits et vibrations, défenses de pontons.
■ Recyclage : de la matière rebroyée propre et reséchée, non
recuite, peut être incorporée, dans des proportions pouvant aller
jusqu’à 25 ou même 50 %, à de la matière vierge à condition que
l’indice de fluidité à chaud ne soit pas trop altéré. 4.10 Élastomères thermoplastiques
polyéthers blocs amides (PEBA)
4.9.5 Applications
4.10.1 Introduction
Les copolyesters sont caractérisés par leur ténacité, leur résis-
tance à l’abrasion, au déchirement, aux chocs, à l’ozone, aux huiles
et produits pétroliers, aux flexions répétées, au froid et leur imper- Les PEBA sont constitués de séquences rigides polyamides alter-
méabilité aux gaz. Par contre, ils sont défavorisés par leur prix, les nées avec des séquences polyéther qui apportent souplesse et rési-
risques d’hydrolyse et de dégradation aux UV en l’absence de pro- lience.
tection efficace. En général les PEBA ont de bonnes propriétés mécaniques stati-
L’histogramme de la figure 6 visualise l’importance relative des ques et dynamiques mais leur prix les destine à des applications
diverses applications. spécifiques.
Applications déjà développées ou potentielles : Les PEBA sont commercialisés prêts à l'emploi sous forme de gra-
— crampons, talons, chaussures et semelles de sport, de ski de des spécifiques : Antistatiques, stabilisés aux UV, stabilisés à la cha-
piste et de fond, de course, de cross, à récupération d’énergie ; leur, résistance améliorée aux huiles, conducteurs de l'électricité,
— pièces diverses pour planche à voile, pieds de mât, roues de hydrophiles, à bas point de fusion, renforcés de fibres de verre,
skate et de patins à roulettes, roues de vélos et de motos d’enfants, agréés médical, pour film perméable.
vessies de ballons, garnitures intérieures de casques, masques pro- Exemples de noms commerciaux : Pebax d'Atochem, Vestamid E
tège-face de casques de moto ; de Huls.

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4.10.2 Préparation la température d'utilisation bien en dessous des températures de


résistance continue sans contrainte (85 à 130 °C).
Les PEBA sont obtenus par copolymérisation de séquences rigi- Les températures de point Vicat A varient d'environ 60 à 190 °C.
des polyamide (PA12 par exemple) alternées avec des séquences
souples polyéther. Les températures de fléchissement sous charge de 0,46 MPa
varient d'environ 40 à 110 °C.
Les propriétés, dont la dureté qui sert souvent à la dénomination
des grades, varient fortement en fonction : Les duretés Shore D à 70 °C sont de 18 et 58 pour des duretés
nominales de 25 et 63 à température ambiante.
— de la nature des segments polyamide ;
— de la nature des segments polyéther ; Le point de fusion est franc. Il se situe, en général, entre 120 et
— de la longueur des segments polyamide ; 210 °C.
— du rapport polyéther/polyamide. ■ Comportement à basse température
Les PEBA sont vendus prêts à l'emploi. La transition vitreuse, due à la phase polyéther, se situe dans les
− 60 °C, laissant envisager des applications jusqu'à cette tempéra-
ture en tenant compte, toutefois, du raidissement et de la diminu-
4.10.3 Propriétés. Caractéristiques tion de la résistance au choc. Des températures limites d'utilisation
de − 40 °C sont souvent citées.
Bien que l'éventail des duretés soit très large (75 Shore A à 72
shore D), les avantages généraux suivants peuvent être dégagés : Les duretés Shore D à − 50 °C sont de 50 et 76 pour des duretés
ténacité élevée, bonne résistance à l'abrasion, aux flexions répétées nominales de 25 et 63 à température ambiante.
et aux chocs, bon comportement à froid, faible densité, facilité de ■ Vieillissement
recyclage des déchets de fabrication, possibilité de formulation pour Température : les températures limites d'utilisation d'après les UL
colorer, charger, renforcer (fibres) et optimiser (avec des mélanges sont, pour 3 grades testés, de 85 à 110 °C suivant les propriétés pri-
maîtres anti-UV, etc.). ses en compte et les épaisseurs.
Par contre, les inconvénients généraux sont : risques de fluage et En chaleur sèche, pour un grade de 55 Shore D, les temps de
de déformation sous contraintes à chaud, absence de basses dure- demi-vie correspondant à une chute de 50 % de l'allongement à la
tés, prix élevé, résistance limitée à certains produits pétroliers et rupture sont approximativement de :
autres produits chimiques.
— 1 000 jours à 80 °C
■ Élasticité — 100 jours à 110 °C
Pour une série de grades homologues, le caractère élastique dimi- — 10 jours à 135 °C
nue lorsque la dureté augmente : Environnement : les grades stabilisés UV présentent :
— l'hystérésis (pourcentage de l'aire située entre les courbes — une durée de vie supérieure à 2 500 h au Xenotest ;
d'extension et de rétraction par rapport à l'aire située sous la courbe — une faible variation de teinte au cours du vieillissement.
d'extension) mesuré pour une extension de 10 % varie entre 9 et
30 % pour des duretés évoluant de 75 Shore A à 63 Shore D ; Au Xenotest 1200, les temps de demi-vie correspondant à une
— la résilience de rebondissement mesurée au pendule Dunlop chute de 50 % de l'allongement à la rupture sont approximative-
suivant la norme BS 903 (part A8 méthode B) et représentant le ment de 3 400 à 4 500 h pour certains grades stabilisés aux UV.
pourcentage d'énergie restituée après un choc passe de 75 à 56 % Fatigue dynamique : les PEBA sont utilisés dans les applications
pour les mêmes grades. entraînant des déformations répétées, même à basse température :
■ Propriétés physiques semelles de chaussures de sport par exemple.
Les masses volumiques sont faibles, de 1,01 à 1,03 g/cm3 en ■ Résistance chimique :
général. Inférieure à celle des polyamides, elle s'en rapproche d'autant
L'absorption d'eau après immersion à température ambiante plus que la dureté est élevée.
varie, généralement, entre 0,9 et 1,2 %. Cependant certaines quali- La tenue pendant 7 jours à l'eau bouillante est bonne à limitée sui-
tés spéciales atteignent 3,5 % et beaucoup plus pour des grades vant les grades.
hydrophiles (120 %). Pour des immersions de 7 jours, la tenue est, suivant les grades :
■ Propriétés mécaniques — satisfaisante dans : acétone, iso-octane, acide sulfurique à
Certains grades ont une souplesse comparable à celle des caout- 10 %, soude à 10 % à 23 °C ;
choucs conventionnels de milieu de gamme, avec des duretés des- — satisfaisante à insuffisante dans : lessive Skip à 90 °C, huile
cendant jusqu'à 75 shore A. ASTM 1 et 3 à 121 °C, supercarburant, kérosène, fuel B, benzène,
pétrole lampant, éthanol, méthyléthylcétone, perchloréthylène à
Les propriétés mécaniques varient largement suivant les grades
23 °C ;
mais sont, en général, d'un bon niveau : ténacité (résistance à la rup-
— insuffisante dans : chlorure de méthylène à 23 °C.
ture en traction de 17 à 60 MPa), résistance au choc (en général pas
de rupture dans l'essai au choc Izod à température ambiante avec ■ Imperméabilité aux gaz : la perméabilité à la vapeur d'eau est, en
entaille), au déchirement et à l'abrasion (perte de volume descen- général, faible pour les grades standards mais des grades spéciaux
dant jusqu'à 35 mm3 dans l'essai suivant DIN 53516). à plus forte perméabilité sont disponibles.
■ Stabilité dimensionnelle La perméabilité aux gaz qui dépend de la nature du gaz diminue
lorsque la dureté augmente.
Les coefficients de dilatation, comme pour tous les polymères peu
ou pas chargés, sont élevés : 10 · 10−5 à 20 · 10−5/°C pour la grande ■ Comportement au feu : les grades standards brûlent facilement et
majorité des grades. sont classés HB suivant le classement UL 94.
L'absorption d'eau peut être importante. ■ Propriétés électriques
■ Comportement thermomécanique Les grades standards sont isolants et permettent l'utilisation en
Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe basse tension, mais des grades antistatiques et semi-conducteurs
« Vieillissement ». sont disponibles.
En présence de contraintes, l'augmentation de la température Les résistivités superficielles sont classiquement de l'ordre de
entraîne des risques de fluage et de déformation qui peuvent limiter 1012 à 1013 mais descendent à 103 à 104 pour les grades conducteurs.

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La permittivité relative ou constante diélectrique est de l'ordre de ■ Les PEBA sont transformables par injection, extrusion, extrusion-
4 à 9 pour des grades standards dans des plages de fréquence de soufflage, thermoformage, rotomoulage, poudrage électrostatique
50 Hz à 1 MHz mais peut atteindre 18 pour un grade antistatique. et lit fluidisé.
Le facteur de perte ou tangente de l'angle de perte est de l'ordre ● Injection
de 200 · 10−4 à 1 800 · 10−4 pour des grades standards dans des pla- Les presses d'injection des polyamides conviennent. Le matériel
ges de fréquence de 50 Hz à 1 MHz mais peut atteindre ou dépasser doit être parfaitement nettoyé.
30 000 pour un grade antistatique.
Les techniques des moules pour polyuréthannes pourront être
La rigidité diélectrique est de l’ordre de 25 à 40 kV/mm. utilisées (alimentation de l'empreinte notamment), surtout pour les
■ Des exemples de caractéristiques de PEBA sont regroupés dans grades les plus souples.
le tableau 39. Les retraits dans les conditions optimales de moulage sont de
l'ordre de 0,5 à 1 %.
Exemples de températures de moulage de grades standards :
Tableau 39 – Exemples de caractéristiques de PEBA
Dureté 25 Shore D Presse : 180 à 220 °C Moule : 20 à 40 °C
Dureté Shore Dureté 70 Shore D Presse : 240 à 280 °C Moule : 20 à 40 °C
Caractéristiques
75A/25D 47D 69D Lors de surmoulage ou de moulage avec insert, il peut être néces-
saire d'augmenter la température du moule à 60-80 °C pour assurer
Masse volumique .............. (g/cm3) 1,01 1,02 1,01 un soudage correct.
Retrait ....................................... (%) 0,60 à 1,50 En cas de fluctuation du débit d'alimentation (pulsation) il peut
Absorption d’eau ..................... (%) 1,20 1,00 1,50 être intéressant d'ajouter (au tambour) 0,02 % de stéarate de cal-
cium ou 0,05 % de stéarate de zinc.
Résistance à la rupture ........ (MPa) 29 23 52 à 62
● Extrusion
Allongement à la rupture ......... (%) 715 > 200 > 200 à 420
Le matériel pour polyamides convient parfaitement. Les grades
Module en traction ............... (GPa) − 0,120 0,530 à
0,750 souples peuvent être transformés sur du matériel pour PVC ou poly-
éthylène.
Module en flexion ................ (GPa) 0,016 0,390 à
0,730 Le matériel doit être parfaitement nettoyé.
Résistance au choc Izod entaillé Exemples de températures de plastification de grades standards :
à 20 °C ................................ (J/m) NC (1) NC (1) NC (1)
Dureté 25 Shore D .......................................................... 160 à 200 °C
à 30 °C ................................ (J/m) NC (1) NC (1)
70 Shore D ........................................................... 200 à 240 °C
Température de fléchissement
sous charge .............................. (°C) 42 65 99 à 106 Les températures ne doivent pas dépasser 260 °C sous peine de
détérioration de la matière fondue qui change de couleur.
Température de fusion ............ (°C) 148
Coefficient de dilatation .. (10−5/°C) 20 22 12 à 17 ■ Recyclage : de la matière rebroyée propre, reséchée et débarras-
sée des fines par tamisage peut être incorporée (10 à 15 %) à la
Résistance superficielle ........... (Ω)
1013 1013 1013 matière vierge.
Constante diélectrique ................... 8,5 7,4 à 9,7
Tan δ (fréquence < 1 kHz) ..... (10−4) 1 200 à 760 à 1 450 4.10.5 Applications
1 250
Rigidité diélectrique ........ (kV/mm) 37 31 Les caractéristiques des PEBA sont : ténacité, résistance à l'abra-
Classement résistance au feu sion, aux flexions répétées et aux chocs, bon comportement à froid.
UL 94 ............................................... HB HB HB En revanche, ils sont défavorisés par leur prix, leur résistance limi-
(1) NC : ne casse pas tée à la température et à certains produits.
Les valeurs suivantes montrent l'importance relative des diverses
applications :
4.10.4 Mise en œuvre. Recyclage — industrie ................................................................................ 33 %
— automobile ............................................................................ 33 %
Les PEBA se prêtent au collage, au soudage et au surmoulage de — chaussure .............................................................................. 17 %
grades différents. — autres ..................................................................................... 17 %
■ Coloration : les PEBA permettent l'obtention d'une grande variété Applications déjà développées ou potentielles :
de coloris francs par incorporation de pigments minéraux ou orga- — chaussures et semelles de sport et de loisir, de ski, de football ;
niques, colorants liquides ou mélanges maîtres. — ballons de sport, balles de volants de badminton, ressorts de
L'utilisation de colorants solubles est déconseillée car elle peut musculation, montures de lunettes de sport et de loisir ;
entraîner des migrations. — engrenages et pignons silencieux, manchons d'étanchéité,
soufflets, membranes ;
Les mélanges maîtres à base polyéthylène utilisés à des doses
— tubes et tuyaux, tuyaux pour pistolet à peinture, profilés et
supérieures à 1 % peuvent favoriser des délaminages.
joints d'étanchéité ;
Les noirs de carbone modifient les propriétés électriques, pou- — fils et câbles basse tension ;
vant conduire à des comportements antistatiques ou semi-conduc- — films transparents, films de revêtement de skis ;
teurs. — pièces pour le médical ;
■ Séchage : le séchage n'est nécessaire que lorsque les sacs ont été — bracelets de montre ;
ouverts depuis plus de 3 h. Les conditions d'étuvage varient suivant — bornes et plots de signalisation ;
les grades, de 4 ou 6 h à 70 ou 80 °C à 12 h à 80 ou 100 °C. — courroies de transmission, patins de chaînes transporteuses ;

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— revêtements pour armature métallique de sièges, pour pris à froid, bon aspect de surface, faible température d'extrusion
réchauffeur à gazole, pour amortisseur à câbles, pour embases de entraînant une bonne matité, possibilités de coloration ; facilité de
supports de galerie automobile ; recyclage des déchets de fabrication.
— rétroviseurs (montures et entourage) ; Dans le cas d'une phase élastique en acrylate terpolymère la
— amortissement des bruits et vibrations : ventilateurs, machi- résistance à la chaleur et la tenue aux UV sont améliorées.
nes de bureau, matériel médical, matériel de laboratoire, véhicules
de loisir, engins militaires, agricoles ou BTP ; Les inconvénients généraux sont : DRC élevées à températures
— bases de formulation de hots melts. modérées, pas de hautes duretés, résistance insuffisante aux aro-
matiques, présence d'halogènes.
Dans certains cas, des quantités importantes de plastifiants peu-
vent être utilisées.
4.11 Élastomères thermoplastiques à base
■ Élasticité
PVC : TPE/PVC
Les déformations rémanentes de compression (DRC) mesurées
suivant la norme ASTM D 395 sont très différentes suivant le type de
4.11.1 Introduction TPE : après 24 h à 70 °C elles peuvent aller de 30 % environ jusqu'à
70 % pour les types les moins élastiques :
Les TPE à base de PVC sont constitués d'une matrice rigide PVC — pour des TPE/PVC à DRC améliorée, de dureté 54 à 69 Shore A,
dans laquelle sont dispersées de fines particules d'élastomère sou- les DRC, après 24 h à 70 °C sont de 29 à 39 % ;
ple éventuellement vulcanisé. — pour des grades standards, de dureté 40 à 85 Shore A, ces
mêmes DRC sont de 40 à 58 % ;
Ce sont des TPE d'usage général commercialisés sous forme de — enfin, pour des grades à DRC élevée, dureté 40 à 85 Shore A,
grades prêts à l'emploi ou de matières de base que l'utilisateur doit elles sont de 60 à 70 %.
formuler et mélanger.
■ Propriétés physiques : les masses volumiques des produits
Exemples de noms commerciaux :
compacts sont élevées, par exemple 1,1 à 1,3 g/cm3. Les produits
— produits prêts à l'emploi : Sunprene de Resinoplast, Vaycron cellulaires ont des masses volumiques généralement comprises
de Hydro Polymers. entre 0,2 et 0,8 g/cm3.
— phase élastique pour TPE/PVC : Chemigum de Goodyear,
Krynac de Bayer, Sunigum de Goodyear. ■ Propriétés mécaniques : les propriétés mécaniques sont
correctes avec des résistances à la rupture de 7 à 30 MPa environ. La
résistance à l'abrasion est correcte, par exemple perte de 90 mm3 à
4.11.2 Préparation 150 mm3 dans l'essai DIN 53516, et permet des applications dans
l'article chaussant de sécurité et dans l'automobile, accoudoirs,
poignées et boutons.
Les produits prêts à l'emploi, d'un développement relativement
récent en Europe mais utilisés depuis plus longtemps au Japon, ■ Stabilité dimensionnelle : les coefficients de dilatation des grades
sont à base de PVC de haute masse moléculaire et sont présentés en peu ou pas chargés sont élevés.
deux gammes :
■ Comportement thermomécanique
— d'usage général à DRC élevée ;
— à DRC améliorée. Les effets à long terme de la température sont examinés au paragraphe
« vieillissement ».
Parmi les produits vendus prêts à l'emploi il existe des grades En présence de contraintes, l'augmentation de la température
spéciaux : teinte claire, fongicides, utilisables au contact des poly- entraîne des risques de fluage et de déformation variables suivant le
carbonates et PMMA, cellulaires. Ces derniers ont été développés type de TPE/PVC et qui peuvent limiter la température d'utilisation
pour la production de microcellulaires de masse volumique 0,2 à bien en dessous des températures de résistance continue sans
0,8 g/cm3 dont la mise en œuvre se fait sur le matériel prévu pour contrainte (85 °C).
les PVC microcellulaires. Outre les applications classiques des plas-
tiques microcellulaires : amortissement, isolation phonique et ther- La variation de la dureté entre l'ambiante et 80 °C est plus faible
mique, les propriétés élastomériques permettent d'envisager des que pour un PVC plastifié mais nettement supérieure à celle d'un
applications dans les joints d'étanchéité. caoutchouc vulcanisé.
Les produits formulés par les utilisateurs sont constitués d'un ■ Comportement à basse température : les températures de
alliage de PVC et : fragilité peuvent varier entre − 21 et − 54 °C, alors que la dureté à −
— soit d'un caoutchouc nitrile acrylique éventuellement plus ou 30 °C est intermédiaire entre celle d'un caoutchouc naturel et celle
moins prévulcanisé ; d'un PVC de même dureté à température ambiante.
— soit d'un acrylate terpolymère ; ■ Vieillissement
— soit d'un couplage nitrile acrylique/acrylate terpolymère.
Température : la température de résistance continue en l'absence
Ces matériaux s'utilisent plastifiés et également chargés. Toutes de contrainte (TRC) proposée par l'un des producteurs est de
les combinaisons possibles sont alors envisageables. + 85 °C.
Pour trois grades déterminés de TPE/PVC les variations de résis-
tances et allongements à la rupture mesurés après 1 000 h sont
4.11.3 Propriétés. Caractéristiques dans des classes :
— A à B pour une température de 85 °C ;
La diversité des produits permet difficilement de dégager des pro- — B à D pour une température de 100 °C ;
priétés générales. Disons toutefois que les TPE/PVC ont une place — D pour une température de 110 ou 120 °C.
intermédiaire entre les PVC plastifiés et les caoutchoucs réticulés
d'usage général avec les caractéristiques suivantes : duretés corres- Les résultats sont classés en :
pondant au domaine des caoutchoucs, résistance moyenne à l'abra- — A pour une plage de variation de ± 20 % ;
sion et aux hydrocarbures, prix intéressant par rapport aux TPO-VD, — B pour une plage de variation de ± 21 % à ± 40 % ;
SEBS et caoutchoucs réticulés d'usage général tels que les EPDM et — C pour une plage de variation de ± 41 % à ± 65 % ;
les polychloroprènes, bonne résistance aux flexions répétées y com- — D pour une plage de variation supérieure à ± 65 %.

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Dans d'autres exemples les temps de demi-vie basés sur l'allon- 4.11.4 Mise en œuvre. Recyclage
gement à la rupture sont de :
— 240 h à 110 °C pour un PVC/NBR ; Le mélangeage peut se faire par voie sèche ou dans des extrudeu-
— entre 170 et 450 h à 121 °C pour un PVC/acrylate terpolymère. ses simple ou double vis.
Environnement : les essais de longue durée au Weatherometer à ■ Les TPE/PVC sont transformables sur le matériel traditionnel du
arc de carbone (2 000 h), au Xenotest (4 000 h) et une utilisation PVC par injection, extrusion, calandrage, coextrusion avec du PVC
dans l'automobile depuis une quinzaine d'années au Japon mon- rigide ou de l'ABS. Les conditions sont souvent similaires à celles
trent que des grades de teinte claire peuvent convenir pour des uti- utilisées pour le PVC avec des températures légèrement supérieu-
lisations devant résister aux intempéries. res.
Résistance à l'ozone : des échantillons de deux grades différents L'extrusion est le procédé de transformation utilisé pour 70 % du
soumis, sous un allongement de 20 %, à des essais de 96 h dans un tonnage consommé.
courant d'ozone de 100 pphm à une température de 40 °C ne portent ● Extrusion : il n'est pas nécessaire de présécher la matière.
aucune trace de craquelure.
Certains grades sont spécialement étudiés pour l'extrusion
Fatigue dynamique : la résistance aux flexions répétées et à la grande vitesse avec des profils de températures de l'ordre de 130 à
propagation de l'entaille est nettement supérieure à celle des PVC 160 °C.
plastifiés, permettant l'utilisation pour des applications dynami-
ques. L'aspect de surface peut être modulé en agissant sur la tempéra-
ture de la filière, pour aller d'une bonne matité à un aspect brillant.
■ Résistance chimique La faible variation du débit avec la température facilite l'extrusion
Les résultats sont exprimés sous forme cotée d'après le barème A de profilés présentant de fortes variations de section : l'échauffe-
à D donné précédemment dans le paragraphe « Vieillissement ». ment dans les parties minces n'entraîne pas de variation importante
Les résistances et allongements à la rupture mesurés sur deux de viscosité ni de débit, d'où un meilleur contrôle de l'aspect et des
grades après immersion dans divers produits chimiques sont les cotes.
suivants : ● Injection : les températures en °C sur les 4 zones de vis et
— isopropanol, white-spirit, soude 40 %, H2SO4 40 %, isooctane : en sortie de vis peuvent être, par exemple, dans des plages de :
classe A ; 135/160, 150/170, 160/175, 165/185, 135/185.
— huiles ASTM 1 et 2 après 168 h à 100 °C : classe B ou C ; ■ Recyclage
— huile ASTM 3 après 168 h à 100 °C, xylène après 24 h à 23 °C : Des essais systématiques sur un grade pour extrusion ont montré
classe C ; que les propriétés en traction des rebroyés d'extrudats avaient ten-
— trichloréthane après 24 h à 23 °C : classe C ou D ; dance à être plus élevées que celles du produit vierge. Il peut être
— acétone après 24 h à 23 °C : classe D. nécessaire de modifier les réglages machines et l'aspect de surface
Grades spéciaux pour contact avec les polycarbonates et PMMA : peut être affecté.
les profilés élastomères peuvent, par migration d'ingrédients, Un taux de rebroyé de 30 % est généralement conseillé comme
monomères ou plastifiants, déclencher par stress cracking, la fissu- base de départ.
ration des vitrages ou pièces en polycarbonate ou en PMMA dont ils
assurent l'étanchéité. Certains TPE/PVC sont spécialement formulés Pour un grade de dureté 58 Shore A, le tableau 41 donne les
pour éviter ces risques. variations de résistance à la rupture, allongement à la rupture et
contrainte à 100 % d'allongement (module à 100 %).
■ Comportement au feu : la présence de chlore influe sur la
corrosivité et la toxicité des fumées.
Tableau 41 – Variations des caractéristiques mécaniques
■ Propriétés électriques : certains TPE/PVC sont utilisés dans
l'isolation électrique.
en fonction du taux de matière rebroyée dans un TPE/PVC

■ Des exemples de caractéristiques de TPE/PVC sont regroupés Taux de rebroyé (%)


dans le tableau 40. Variations de
0 20 50 100
Résistance à la rupture ................... (%) 0 5 12 6
Tableau 40 – Exemples de caractéristiques de TPE/PVC Allongement à la rupture ................ (%) 0 1 3 6
Module à 100 % ............................... (%) 0 4 7 4
Grades compacts Grades cellulaires

DRC
Standard
améliorée 4.11.5 Applications
Dureté Shore A 51 à 62 54 à 69 Dureté Shore A 39 à 41
Il est difficile de bien cerner les applications des TPE/PVC
Masse Masse puisqu'une bonne part de la consommation concerne des mélanges
volumique . (g/cm3) 1,1 à 1,2 1,25 volumique .. (g/cm3) 0,22 à
0,25 réalisés directement par l'utilisateur.
Résistance Résistance 0,190 Les TPE/PVC sont d'usage général, avec une bonne résistance aux
à la rupture .. (MPa) 7 à 14 7 à 11 en compression à UV, des propriétés mécaniques et une tenue aux produits pétroliers
à 25 % ............ (MPa) 0,250 correcte, des prix intéressants. Toutefois leur résistance est insuffi-
Allongement DRC sous sante aux aromatiques et ils contiennent des halogènes.
à la rupture ...... (%) 330 à 490 310 déformation Les valeurs suivantes montrent l'importance relative des diverses
de 75 % :
applications recensées :
Module 72 h à 23 °C .. (%) 37 à 41
à 100 % ........ (MPa) 2,6 à 3,3 22 h à 70 °C. . (%) 43 à 53 — automobile ............................................................................ 70 %
— bâtiment ................................................................................ 15 %
Résistance Conductivité — autres ..................................................................................... 15 %
à l’abrasion thermique . (W/m · K) 0,04
DIN 53516 ... (mm3) 90 à 145 Applications déjà développées ou potentielles :

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— profilés lèche-vitres, profilés d'étanchéité, profilés décoratifs,


profilés de protection de caisse ; Tableau 42 – Exemples de caractéristiques de TPE ignifugés
— joints surmoulés de blocs feux ; sans halogène pour la câblerie
— poignées et accoudoirs ;
— soufflets injectés ; Après réticulation
— tubes pour liquide lave-vitres ; du grade 92 Shore
État initial A
— gaines de protection pour l'automobile, protection de tuyau
d'alimentation d'essence ;
Silane Irradiation
— revêtements de fils et câbles électriques ;
— joints de réfrigérateur ; Dureté Shore A 82 92 92 91
— joints de portes et fenêtres, joints d'expansion, revêtements de
Taux de gel ........................ (%) 82 90
sols ;
— isolation basse et moyenne tension de fils électriques ; Masse volumique ...... (g/cm3) 1,55 1,55
— articles chaussants de travail et de sécurité ; Résistance à la rupture . (MPa) 8,5 9 10 10,6
— cuir artificiel pour chaussures, bagages et maroquinerie ;
— microcellulaires pour amortissement, isolations phonique et Allongement à la rupture . (%) 210 180 136 147
thermique. Module à 100 % ............ (MPa) 5,6 7,5 9 9,2

DRC 22 h à 20 °C ............... (%) 40 45


Température de fragilité .. (°C) − 56 − 52
4.12 Élastomères thermoplastiques divers
Vieillissement : rétention
de résistance et/ou
d’allongement à la rupture
Certains TPE sortent des grandes familles citées précédemment, après 7 jours
par exemple :
100 °C ................................... 86 à 107 94 à 110
— des TPE ignifugés sans halogène, commercialisés spéciale-
ment pour la câblerie ; 150 °C ................................... 80 à 119 70 à 120 87 à 88 86 à 107
— des polyéthylènes chlorés vulcanisables destinés à constituer Résistivité superficielle . (Ω · cm) 7 · 10 14
7 · 10 14
la phase souple de TPE oléfiniques.
Rigidité diélectrique .... (kV/mm) 21 21
Indice d’oxygène ........................ 36 36
4.12.1 TPE ignifugés sans halogène
pour la câblerie

Il s'agit d'alliages d'une phase souple de caoutchouc vulcanisé Les qualités générales sont une bonne tenue à l'ozone, à la
dynamiquement et dispersée dans une phase thermoplastique. lumière (pas de craquelage appréciable après quatre ans d'exposi-
L'ignifugeant sans halogène est à base de trihydrate d'aluminium. tion en Floride), aux intempéries, aux produits chimiques. La tenue
au feu est bonne mais avec l'inconvénient de la présence de chlore.
De plus, ces TPE peuvent être réticulés par irradiation électronique Ces polyéthylènes se positionnent entre les PP/EPDM-VD pour la
ou par action combinée des silanes et de l'humidité ambiante pour résistance au vieillissement et les PP/NBR-VD pour la tenue aux pro-
améliorer les propriétés finales mais en perdant la thermoplasticité duits pétroliers.
et les avantages qui y sont liés tels que la facilité de recyclage des
déchets, la soudabilité. Nom commercial : Tyrin de Dow.
Exemple de nom commercial : Dytron de AES. Caractéristiques : voir tableau 43.
Caractéristiques : voir tableau 42.
Mise en œuvre : extrusion sur matériel traditionnel des polyéthy- Tableau 43 – Exemples de caractéristiques de polyéthylènes
lènes et PVC (15 à 25 L/D) après séchage si nécessaire. Les grades chlorés vulcanisables
neutres sont colorables par mélanges maîtres sur base EVA.
La réticulation peut se faire par : Base PP Base PE
— réaction de l'humidité de l'air sur le TPE extrudé après addition Dureté Shore A 72 à 98 69 à 80
d'un mélange maître silane/peroxyde ;
— irradiation à faible dose du TPE. Résistance rupture ................... (MPa) 6 à 17 5à7

Les applications envisagées sont : câbles de fibres optiques, Gonflement après immersion 70 h
à 125 °C :
câbles pour le téléphone et les circuits de contrôle, régulation et
commandes. Dans l’huile ASTM 2 .................. (%) 6 à 36 23 à 38
Dans l’huile ASTM 3 .................. (%) 8 à 85

4.12.2 Polyéthylènes chlorés vulcanisables


destinés à constituer la phase souple de TPE
oléfiniques Mise en œuvre : le matériel traditionnel d'extrusion, calandrage,
injection et soufflage convient.
La phase élastique polyéthylène chloré est dispersée et réticulée
dynamiquement dans la phase rigide polypropylène ou polyéthy- Les secteurs d'application potentiels sont le bâtiment, la câblerie,
lène. Les taux de chlore et les masses moléculaires sont variables, l'étanchéité en mécanique (joints), l'automobile (intérieur, extérieur,
permettant ainsi une grande liberté de choix des propriétés finales. sous capot).

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