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ch/disclose

Disclose
Gros plan sur la valeur ajoutée de l’audit

Décembre 2011

L’actualité sur
la présentation
des comptes et
l’audit
Éditeur: PricewaterhouseCoopers SA, division Audit, Birchstrasse 160, 8050 Zurich
Concept, rédaction et mise en page: PricewaterhouseCoopers SA, Zurich
Rédaction: Graf Moll & Partner, Corporate Publishing GmbH, Zurich
Impression: Neidhart + Schön AG
Disclose – L’actualité sur la présentation des comptes et l’audit (www.pwc.ch/disclose)
paraît deux fois par an en français et en allemand. Tirage: 14 000 exemplaires
Commandes d’abonnements gratuits et changements d’adresse: sonja.jau@ch.pwc.com
Peter Ochsner
Responsable Audit Suisse, peter.ochsner@ch.pwc.com

L’audit est-il source de valeur ajoutée? C’est à cette L’audit améliore la qualité des états
question que se consacre ce 15e numéro de notre financiers. L’élaboration des états financiers suit un
magazine «Disclose». Au fil des pages, vous découvrirez processus: l’entreprise présente un projet, l’organe de
ce qui fait la qualité d’un audit, en quoi il représente plus révision propose des améliorations puis l’entreprise
qu’une simple signature sur une attestation et quels sont présente un nouveau projet. Ce processus dure jusqu’à
ses avantages pour les entreprises. Les articles montrent l’obtention d’états financiers conformes aux règles
également les limites de l’audit et examinent les raisons applicables et donnant une image fidèle du patrimoine,
du décalage fréquemment observé entre les attentes en de la situation financière et des résultats de l’entreprise
matière de révision et les exigences légales. pendant l’année sous revue. Un système de contrôle
interne performant accélère ce processus, augmente la
Sans préjuger des analyses et arguments des auteurs, fiabilité des données et l’efficacité de l’audit. L’interaction
j’aimerais formuler trois thèses: entre l’entreprise et l’auditeur, la communication
constante avec les principaux organes et, en particulier,
L’audit est source de sécurité. Sécurité le comité d’audit, le CFO et le CEO, améliorent la
pour l’entreprise auditée et ses parties prenantes. La sécu- qualité des comptes annuels.
rité est notamment importante pour les conseils
d’administration, qui ne disposent bien souvent pas de Le postulat d’indépendance limite étroitement la
connaissances approfondies sur l’activité d’exploitation et participation de l’organe de révision. L’auditeur peut
n’ont que peu d’expérience en matière de normes donner des conseils mais il n’est pas habilité à prendre
comptables. Mais l’audit est aussi source de sécurité pour des décisions. L’organe de révision doit résolument miser
la direction. Les auditeurs apportent leurs connaissances sur la carte de l’indépendance et de l’excellence qualita-
techniques à l’entreprise afin qu’elle puisse appliquer tive de l’audit. C’est seulement en ayant une vision
correctement les normes comptables complexes et indépendante et extérieure que l’auditeur peut émettre
procéder à l’évaluation dans la zone de tolérance de plus un jugement objectif. Son scepticisme professionnel
en plus réduite des marges d’appréciation. («professional scepticism») constitue un autre élément
important de l’indépendance. Il garantit la qualité, la
L’audit est source de confiance. L’opinion sécurité et la confiance et, par là même, la valeur ajoutée
d’audit a valeur de signal pour les marchés des capitaux de l’audit.
et les parties prenantes de l’entreprise auditée. Tous
peuvent être sûrs que le reporting financier est exact, Je vous souhaite une agréable lecture.
avec un degré de probabilité suffisant. Ils peuvent partir
du principe que tous les éléments pertinents ont été
publiés, et donc qu’aucune information financière
importante n’a été passée sous silence ou oubliée. L’audit
crée également de la confiance car il confirme (indirecte-
ment) que l’entreprise survivra au prochain exercice.

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Gros plan sur la valeur
ajoutée de l’audit

Sommaire

Qualité des comptes annuels: la contribution de l’auditeur de Matthias Jeger 5


La véritable mission de l’auditeur de Rolf Johner 8
L’audit est source de confiance. Mais cela suffit-il? de Peter Ochsner 11
Urs Honegger à propos de l’importance et des limites de la communication durant l’audit 13
Commitment Statement – un engagement au service de la qualité de Hanspeter Gerber 16
Éléments à prendre en considération lors de la révision de Roger Kunz 18
Update:
Dans la rubrique Update, «Disclose» traite de la gestion des risques de
change, de nouvelles normes de consolidation, de la comptabilisation des
plans de prévoyance et de la réforme structurelle des caisses de pension. 21
Service Lecteurs 33

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Qualité des comptes annuels:
la contribution de l’auditeur
L’audit externe améliore la qualité des Normes comptables en constante mutation
informations financières. Cette affirma- Citons tout d’abord les référentiels internationaux. Les
normes comptables ne cessent de se complexifier et sont
tion n’est pas un scoop pour les lecteurs de moins en moins compréhensibles. Les exigences des
de «Disclose». Néanmoins, il est intéres- normalisateurs se sont encore durcies par rapport à 2007.
sant d’examiner de plus près la plus- Depuis lors, de nombreuses normes ont été modifiées
value apportée par l’audit. Comment se ou complétées. Actuellement, l’International Accounting
Standards Board (IASB) est notamment en train de
fait-il que les rapports financiers soient
réviser l’IAS 17 (contrats de location), l’IFRS 9 (instru-
presque toujours de meilleure qualité ments financiers), l’IAS 18 et l’IAS 11 (produits des
après avoir été révisés? activités ordinaires) ainsi que l’IFRS 4 (contrats d’assu-
rance). En plus de ces modifications en profondeur,
Il y a quatre ans, PwC a mené une enquête représentative l’IASB apporte des améliorations annuelles (annual
auprès d’entreprises cotées à la SIX Swiss Exchange. improvements) aux normes comptables en vigueur.
Cette enquête visait à analyser les conséquences de la Ces améliorations n’induisent généralement que des
révision sur la qualité des comptes annuels (cf. «Disclose» modifications mineures des normes applicables.
de novembre 2007). L’étude a fait ressortir les principaux Toutefois, prises dans leur ensemble, elles sont considé-
résultats suivants: rables car elles s’étendent à l’intégralité du référentiel
IFRS.
• Rares sont les entreprises qui soumettent à l’audit
externe des comptes ne nécessitant pratiquement Mais ce n’est pas tout: les entreprises qui établissent leurs
aucune correction. comptes annuels conformément aux IFRS doivent
• Plus de la moitié des entreprises ayant participé à expliquer les conséquences des futures normes sur leur
l’enquête ont dû corriger leur bilan et leur compte de comptabilité. Un exemple: en novembre 2009, l’IASB a
résultat suite à la révision de leurs comptes. publié pour la première fois l’IFRS 9 sur les instruments
• Pour la grande majorité des entreprises interrogées, financiers. L’entrée en vigueur de cette norme était
l’annexe aux comptes annuels comportait des initialement prévue pour le 1er janvier 2013, mais elle
présentations erronées ou des publications incom- sera très probablement reportée de deux ans. Pourtant,
plètes. les entreprises étaient tenues de présenter les consé-
quences probables de l’IFRS 9 dans leurs comptes
L’enquête expliquait également les raisons des lacunes annuels 2010 déjà. De telles projections s’avèrent
constatées dans le reporting financier: mauvaises extrêmement difficiles à faire et il n’est pas simple de
interprétations des normes comptables, erreurs fonda- décider de leur degré de détail.
mentales de comptabilisation, évaluations inadéquates,
manque de préparation et contrôles internes insuffisants. Quelle est la plus-value apportée par les auditeurs?
De nombreuses entreprises ont du mal à suivre l’actualité
Il n’existe pas d’enquête représentative actuelle. Toute- de la présentation des comptes en raison du nombre
fois, l’expérience acquise par PwC dans le cadre de l’audit croissant de normes comptables et de leurs remanie-
de 100 entreprises cotées en Bourse montre qu’un ments constants. Lorsque l’audit externe est impliqué
potentiel d’amélioration existe. Il serait déplacé de suffisamment tôt dans le processus d’élaboration des
reprocher aux entreprises un quelconque manque de comptes, il peut apporter ses connaissances spécialisées
diligence, les défaillances du reporting financier pouvant et donner des conseils. L’auditeur aide ainsi les entre-
s’expliquer par diverses raisons. prises à interpréter et à appliquer correctement les

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«Un SCI fonctionnant correctement doit être en mesure
de garantir l’efficacité du processus d’élaboration des comptes
annuels. Les entreprises qui attachent une importance
élevée à leur SCI établissent du premier coup des comptes
annuels de meilleure qualité.»

normes. Plus le dialogue mené avec les personnes


qualifiées du service financier et du comité d’audit est
intensif, plus la plus-value de la révision augmente. Outre
leur volonté de communiquer, les compétences de ces
personnes sont aussi déterminantes. Car c’est l’entreprise
qui porte la responsabilité du reporting financier.
Malgré toute l’aide technique qu’il apporte, l’auditeur doit
toujours veiller à conserver son indépendance.

Préparation des données et documentation: un


SCI efficace
Les exigences posées aux spécialistes de la présentation
des comptes augmentent sur le plan qualitatif et
quantitatif. La mise en œuvre des directives devient elle
aussi de plus en plus exigeante. La préparation correcte
des données et leur documentation exhaustive consti-
tuent des conditions fondamentales pour l’exactitude des
comptes annuels. Le processus d’élaboration des comptes
annuels repose sur le système de contrôle interne (SCI).
Un SCI fonctionnant correctement doit être en mesure de
garantir l’efficacité de ce processus ainsi que l’exhausti-
vité et l’exactitude des comptes annuels. Les entreprises
qui attachent une importance élevée à leur SCI éta-
Matthias Jeger Associé, Audit
blissent du premier coup des comptes annuels de
matthias.jeger@ch.pwc.com
meilleure qualité.

Un SCI complet et exploitable constitue la meilleure dans quelle mesure elles doivent garantir le bon fonction-
garantie de l’exactitude des comptes annuels. Depuis nement du SCI. Comme le montre la pratique, certains
l’entrée en vigueur de la loi Sarbanes-Oxley, l’audit groupes n’intègrent pas suffisamment de petites unités à
externe est tenu, aux États-Unis, de contrôler aussi faible incidence financière sur le résultat dans leur SCI.
l’efficacité du SCI. Les autorités de surveillance améri- Une telle pratique comporte non seulement le risque
caines interprètent les faiblesses des comptes annuels d’entraîner des erreurs, mais aussi de ne pas détecter les
comme des faiblesses du SCI, avec les conséquences que cas de fraude. Le fait de ne pas prendre en considération
cela comporte pour l’attestation de conformité. Le des unités à l’importance supposée mineure peut, au bout
résultat de cette réglementation stricte est impression- du compte, causer des pertes considérables au niveau du
nant: lors de l’enquête menée en 2007, les entreprises groupe. Il vaut la peine pour l’entreprise de rechercher
également soumises à l’autorité de surveillance boursière avec l’auditeur les éventuelles faiblesses du SCI. L’audi-
américaine (SEC) avaient présenté aux auditeurs des teur peut donner l’assurance du bon fonctionnement du
comptes annuels ne nécessitant aucune correction. SCI et de l’exactitude des postes du bilan.

Quelle est la plus-value apportée par les auditeurs? Liberté d’appréciation restreinte
Les choses ont évolué depuis l’enquête précitée et le SCI La pression exercée sur le reporting financier s’est durcie,
fait désormais partie de l’audit des comptes annuels, en particulier dans les domaines comportant des marges
en Suisse aussi. Mais, contrairement aux États-Unis, le d’appréciation. Ceci s’explique notamment par l’impor-
législateur suisse ne prévoit que la vérification de tance accrue de certaines normes relatives, par exemple,
l’existence du SCI, et non l’efficacité de ce dernier. Ceci à la comptabilisation des immobilisations incorporelles
pose problème car beaucoup d’entreprises ne savent pas ou aux reports de pertes fiscales. Mais la pression vient

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également de l’environnement économique. Les fluctua- Faut-il certifier les rapports intermédiaires?
tions du marché rendent plus difficiles les tests de Les rapports semestriels et trimestriels gagnent en
dépréciation (impairment tests). En période de crise, le importance, et ce, en dépit de l’exigence de création de
risque de surévaluation augmente. Ce risque a été pris en valeur à long terme. La SIX exige que les entreprises
compte durant la crise financière de 2008/2009 et les cotées à la Bourse suisse présentent des rapports
entreprises ont procédé en grande partie aux corrections semestriels. Ceux-ci peuvent, à l’instar des comptes
nécessaires. annuels, être établis selon les Swiss GAAP RPC, les IFRS
ou la norme comptable américaine sur les rapports
La réduction du seuil de tolérance des marges d’apprécia- intermédiaires. Les attentes de la SIX en matière de
tion est aussi une conséquence du projet de convergence rapports intermédiaires sont tout aussi élevées qu’en
des normalisateurs européens et américains. Ce projet matière de comptes annuels. La SIX Exchange Regulation
– louable en soi – d’harmoniser les IFRS et les US GAAP vérifie régulièrement les comptes intermédiaires, mais
conduit à une réorientation des IFRS vers un système ceux-ci ne sont pas soumis à l’obligation de révision
basé sur des règles. Les compromis trouvés réduisent les externe. Certaines entreprises les font toutefois vérifier
marges des IFRS, basées sur des principes. La liberté sur une base volontaire. L’expérience de PwC a montré
d’appréciation est encore réduite par les interprétations qu’une telle vérification augmente la qualité des rapports
officielles des normes, qui ne sont publiées que lorsque semestriels et facilite l’audit des comptes annuels.
l’application dans la pratique soulève des questions.

Quelle est la plus-value apportée par les auditeurs? Un reporting financier de qualité nécessite une bonne répartition des rôles entre
L’auditeur doit vérifier de manière détaillée si les marges l’entreprise à contrôler et l’audit externe. PwC recommande aux entreprises de
d’appréciation ont été exploitées dans la zone de traiter suffisamment tôt toutes les données et de les documenter systématique-
tolérance des normes. Il lui faut par exemple apprécier si ment. La documentation est plus simple et plus correcte lorsque l’entreprise peut
les hypothèses émises par l’entreprise pour le test de s’appuyer sur un système de contrôle interne efficace. L’auditeur peut apporter
dépréciation sont adéquates et justifiables. Pour ce faire, ses connaissances spécialisées sur l’interprétation des normes comptables et les
il doit disposer de données fiables. L’auditeur ne peut marges d’appréciation, et garantir ainsi l’efficacité du processus d’audit et
garantir à l’entreprise que ses évaluations s’inscrivent l’exactitude des comptes annuels. Deux éléments sont indispensables durant le
dans les marges d’appréciation que si les comptes annuels processus d’audit: une communication soutenue entre les organes responsables
sont préparés correctement et que leur documentation de l’entreprise et l’organe de révision, et une attitude critique de la part de
est compréhensible pour des tiers. Ceci permet en outre l’auditeur.
de réduire le travail de contrôle, et donc les coûts de
l’audit externe.

Les normes d’audit internationales sont de plus en plus


strictes, surtout sur les questions d’évaluation et d’appré-
ciation. À l’avenir, les auditeurs se concentreront
donc encore davantage sur ces aspects. Les entreprises
peuvent, quant à elles, effectuer le travail de fond,
c’est-à-dire gérer correctement les processus et inclure
tous les décideurs (à savoir le CEO, le comité d’audit et le
conseil d’administration au complet) dans la probléma-
tique de l’évaluation.

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Rolf Johner
Associé, Audit
rolf.johner@ch.pwc.com

La véritable «Où étaient les auditeurs?» – la question


ressurgit systématiquement lorsque des
irrégularités dans les agissements d’une
financière et des résultats, c’est-à-dire de
l’activité de l’entreprise. Rassurer l’entreprise
et ses parties prenantes sur la régularité des

mission de entreprise sont rendues publiques ou que des


entreprises font faillite. Les attentes du public
comptes, telle est la fonction fondamentale
de l’audit.

l’auditeur
quant au travail de vérification et à l’opinion
d’audit sont élevées et vont souvent au-delà Objectif et limites de l’audit
du mandat de l’organe de révision. Le public Le mandat légal confié à l’organe de révision
part souvent du principe que l’auditeur, montre les limites de ce que peut et doit faire
en remettant son attestation de conformité, l’auditeur:
Les textes de loi ont défini la mission donne un avis sur la santé économique de
l’entreprise, sur sa gestion ou sur la perti- • Les comptes annuels sont toujours tournés
des auditeurs et, partant, la fonction
nence de son orientation stratégique. On vers le passé. L’auditeur n’intègre à son
fondamentale de l’audit. L’audit pense également que l’organe de révision rapport des réflexions sur l’avenir de
assure, dans une mesure suffisante, vérifie chaque poste l’un après l’autre et cible l’entreprise que sous deux aspects. D’une
les parties prenantes de l’entreprise les cas de fraude. Mais ces attributions ne part, il doit observer le principe du «going
auditée de la régularité des comptes sont pas ou pas entièrement du ressort de concern»: l’approche des valeurs
l’auditeur. d’exploitation ne se justifie dans les
annuels. Dans l’attestation qu’il
comptes annuels que s’il peut supposer
délivre à l’assemblée générale, L’organe de révision a pour mission légale de qu’une entreprise survivra à l’exercice
l’organe de révision confirme que les vérifier si «les comptes annuels et, le cas commercial qui suit la date de clôture.
comptes annuels sont conformes à la échéant, les comptes de groupe sont D’autre part, certaines approches
loi, aux normes comptables choisies conformes aux dispositions légales, aux d’évaluation impliquent des prévisions;
statuts et au cadre de référence choisi» (art. l’auditeur doit aussi juger si l’entreprise a,
et aux statuts. Mais les attentes du 728a al. 1 ch. 1 CO). L’auditeur doit juger si par exemple, estimé de façon réaliste la
public et de nombreux actionnaires les comptes annuels donnent une image valeur intrinsèque du goodwill. Autre-
ne s’arrêtent pas là. fidèle du patrimoine, de la situation ment dit, l’auditeur prend en considéra-

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tion des points touchant à l’avenir dans la système de contrôle interne (SCI) destiné
mesure où ils sont pertinents pour les à prévenir les irrégularités et à révéler les
comptes passés. Mais il ne donne pas cas de fraude. Le SCI garantit
d’avis sur la performance future de l’établissement en bonne et due forme des
l’entreprise. comptes annuels. Plus il est organisé
efficacement, mieux il permet de lutter
• La Corporate Governance répartit contre la fraude. Mais d’après le droit
les tâches entre les différents organes suisse, il n’appartient pas à l’organe de
de l’entreprise, ce qui restreint les révision de confirmer le bon fonctionne-
compétences de l’organe de révision. ment du SCI. Sa seule mission consiste à
L’attestation de conformité indique si les vérifier l’existence d’un système de
comptes annuels ont été vérifiés en bonne contrôle interne (art. 728a al. 1 ch. 3 CO).
et due forme et si l’audit a été effectué
conformément aux normes en vigueur.
Mais elle ne dit rien sur la bonne gestion «Pour des raisons de coûts et de temps,
de l’entreprise ni sur l’adéquation de la
stratégie choisie. La gestion de l’entreprise
la vérification complète de toutes les
et la stratégie relèvent du conseil
d’administration, tandis qu’il revient aux
opérations commerciales n’est pas possible.
analystes financiers et aux investisseurs La vérification des comptes repose toujours
notamment de juger de la pertinence de
la stratégie de l’entreprise. sur une approche orientée risques effectuée
• Un audit peut seulement garantir dans
par le biais de contrôles par sondages.»
une certaine mesure qu’une entreprise
respecte toutes les normes comptables Des comportements scandaleux et criminels
applicables lors de l’établissement de ses existent dans le domaine économique. On se
comptes. Pour des raisons de coûts et souvient également de cas où les auditeurs
de temps, la vérification complète de ont failli à leur mission. Au cours de la
toutes les opérations commerciales de la dernière décennie, les débâcles d’Enron, de
période comptable sous revue n’est pas Worldcom et de Parmalat ont ébranlé la
possible. La vérification des comptes branche. Elles ont abouti au durcissement
repose toujours sur une approche orientée des réglementations, notamment de celles
risques effectuée par le biais de contrôles ayant trait à l’indépendance des sociétés
par sondages. L’auditeur ne peut donc d’audit. L’effet en a été ressenti lors de la crise
pas être totalement certain que les financière de 2008/09: les auditeurs ne se
comptes reflètent correctement la sont pas retrouvés en première ligne sous les
situation financière et économique de tirs croisés de la critique.
l’entreprise dans tous les détails. Quoique
faible, le risque que les comptes Répercussions des mauvaises nouvelles
comportent des erreurs subsiste, malgré Alors que les mauvaises nouvelles restent
un travail de vérification minutieux facilement dans les mémoires, les cas où
et conforme aux normes. l’audit externe a fait ressortir des erreurs et
des irrégularités n’arrivent pas jusqu’au
• L’auditeur ne recherche pas systématique- grand public. Une publicité positive pourrait
ment les cas de fraude. Seul un contrôle certes contribuer à réduire le décalage
spécifique permettrait de les découvrir. par rapport aux attentes, mais les différents
Toutefois, les entreprises disposent d’un travaux et résultats des audits sont

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«Il faut donner au public plus Regarder ce qui se passe hors de nos
frontières pourrait également s’avérer
d’informations sur les tâches et les limites intéressant. En Suède, par exemple, la loi
oblige l’organe de révision à prendre position
du travail d’audit. C’est aux sociétés sur le rapport sur la Corporate Governance
et à vérifier si les directives de rémunération
d’audit, aux associations professionnelles de la direction et du conseil d’administration
et aux autorités de surveillance d’agir.» ont été respectées. En outre, il est courant,
même si la loi ne l’y oblige pas, que l’auditeur
responsable présente un rapport à l’assem-
blée générale, à la demande expresse du
conseil d’administration. L’auditeur respon-
confidentiels. Dans le cadre d’un mandat de sable explique certains aspects importants
révision, un auditeur se doit d’observer une du processus de vérification, commente les
discrétion absolue face aux marchés et aux risques majeurs et parle de la communication
médias. D’autant plus que la loi l’y oblige. Il entre l’auditeur et le conseil d’administration
faudra donc trouver d’autres moyens pour ou le comité d’audit. En France, l’organe de
combler le fossé entre les attentes envers révision doit exposer les motifs sur lesquels
l’auditeur et sa véritable mission. se fonde son jugement. Dans l’attestation
d’audit, il doit s’exprimer sur les méthodes de
Le décalage par rapport aux attentes est la comptabilisation et sur les principales
conséquence d’asymétries en matière hypothèses de base de la direction pour
d’information. Il faut donc donner au public évaluer les postes du bilan.
plus d’informations sur les tâches et les
limites du travail d’audit. C’est aux sociétés Reprendre telles quelles en Suisse les
d’audit, aux associations professionnelles réglementations d’autres États n’est certaine-
et aux autorités de surveillance d’agir. Mais ment pas une bonne méthode. Il faudra
le hic réside dans le fait que le cercle des soigneusement évaluer les avantages et les
personnes intéressées est très réduit si inconvénients d’autres formes de communi-
l’actualité ne le justifie pas. cation si l’on veut vraiment réduire le
décalage par rapport aux attentes – le
De nombreuses approches en discussion supprimer étant impossible.
Dans son livre vert, la Commission de l’UE
souligne elle aussi la nécessité d’améliorer la
communication entre l’auditeur et les
groupes d’intérêt. Les interlocuteurs directs
au sein des entreprises sont généralement
bien informés. Mais même les actionnaires,
qui sont pourtant les donneurs d’ordre à
proprement parler de l’organe de révision,
attendent souvent des informations qui vont
au-delà de l’attestation. En Suisse, le texte
standard a été rédigé par la Chambre
fiduciaire, mais des cercles spécialisés
réfléchissent à de nouvelles approches: l’ajout
d’informations dans l’attestation de confor-
mité des comptes de l’organe de révision,
un rapport du comité d’audit à l’assemblée
générale, le développement de l’annexe
au rapport annuel sont quelques-unes des
propositions actuellement en discussion
(cf. à cet égard le commentaire de la page 11).

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comptables en constante
Réflexions sur la valeur de l’audit
mutation. Plus bas dans l’échelle
hiérarchique, les experts

L’audit est source de confiance. financiers des services spécialisés


sont eux-mêmes reconnaissants
de la sécurité que l’auditeur leur

Mais cela suffit-il? apporte dans les questions


complexes de présentation des
comptes.

En théorie, il paraît simple de fidèle du patrimoine, de la Trois conditions doivent être


calculer la valeur de l’audit: situation financière et des réunies pour que des états
imaginons que PwC refuse de résultats d’une entreprise. Ils financiers certifiés soient source
délivrer l’attestation de confor- peuvent être confiants dans le fait de confiance. Citons tout d’abord
mité des comptes à un groupe que la situation financière est la transparence de la présentation
financier actif à l’international. présentée correctement. Au début des comptes et de l’audit. Dans ce
Les bourses du monde entier du siècle dernier, c’est ce dévelop- domaine, des besoins d’améliora-
seraient en ébullition, la capitali- pement de la confiance qui a été tion subsistent encore malgré
sation boursière du groupe l’argument décisif en faveur de toutes les normes comptables et
s’effriterait. La différence de l’introduction d’un contrôle normes d’audit déjà en vigueur.
capitalisation boursière entre indépendant. Les bailleurs de Nous en reparlerons par la suite.
deux jours de bourse représente- fonds externes en particulier Ensuite, l’entreprise auditée doit
rait alors au centime près la valeur estimaient insuffisant le contrôle elle-même inspirer confiance car
de l’audit. exercé par les organes de l’attestation de conformité n’aura
surveillance internes de leurs qu’un effet limité si l’entreprise est
Peter Ochsner
Mais loin de nous l’idée de réaliser débiteurs. critiquée de toutes parts. Et, pour
Responsable Audit Suisse
peter.ochsner@ch.pwc.com ce test dans la pratique. La finir, l’organe de révision doit jouir
non-délivrance, voire le retrait De nos jours, l’audit externe est d’une bonne réputation. Pour les
ultérieur de l’attestation de synonyme de sécurité, non acteurs du marché et le public, des
conformité constituent des faits seulement pour les bailleurs de comptes annuels attestés par PwC
extrêmement rares dans les fonds mais aussi pour les organes ou par l’un des autres «Big Four»
sociétés cotées en Bourse. En règle de l’entreprise. Ceci vaut notam- sont dignes de confiance.
générale, les entreprises auditées ment pour le conseil d’administra-
prennent au sérieux les objections tion, qui a une certaine distance Mais les attentes ne s’arrêtent bien
de l’organe de révision et adaptent par rapport à l’activité opération- souvent pas là. On le remarque
leurs comptes en conséquence. nelle et n’a qu’une vue partielle des notamment lorsqu’une entreprise
Néanmoins, ce cas hypothétique différents services. Un conseil connaît des turbulences et qu’il est
montre clairement que le refus d’administration ne peut savoir reproché aux auditeurs de ne pas
d’octroi de l’attestation équivaut à dans le détail sur quels fonde- avoir fait correctement leur
un retrait de confiance. Autre- ments et bases de données travail. Ce reproche sous-entend
ment dit, l’attestation est source reposent les comptes qui lui sont que l’organe de révision devrait
de confiance envers l’entreprise soumis et comment le résultat également donner une opinion sur
auditée. annuel est calculé. Il veut par la stratégie de l’entreprise et la
conséquent être sûr, à juste titre, qualité de la direction, ou même
Les parties prenantes de l’entre- de l’exactitude des chiffres qu’on rechercher systématiquement les
prise, les marchés, les analystes et lui présente. La plupart des CEO, cas de fraude. Pourtant, ces tâches
le public partent du principe que surtout s’ils viennent du domaine ne sont nullement de son ressort.
des états financiers certifiés technique ou de la vente, ne sont Le fossé qui existe entre le mandat
donnent une image suffisamment pas non plus au fait des normes légal de l’auditeur et les attentes

Décembre 2011 Disclose 11


Quintessence: Trois conditions doivent être réunies pour que des états Quatrièmement, il faudrait
financiers certifiés soient source de confiance: la transparence de la présentation revoir les normes comptables et
les normes d’audit. Comment
des comptes et de l’audit, la fiabilité de l’entreprise auditée et la bonne
pourraient-elles être aménagées
réputation de l’organe de révision. pour donner des informations
plus claires et plus pertinentes,
par exemple sur le modèle
d’entreprise ou la politique en
du public est appelé «décalage par par des explications sur le travail
matière de risques de l’entreprise
rapport aux attentes» (expecta- du comité d’audit. Actuellement,
auditée? Une refonte des normes
tion gap). Ce décalage a toujours les informations sur le comité
semble à long terme inéluctable
existé et, à ce jour, les organisations d’audit se limitent généralement à
pour faire face à la complexité
professionnelles ne sont pas satisfaire aux quelques prescrip-
technique et à la multitude
parvenues à le combler (cf. à cet tions de la directive Corporate
d’informations. Les normes
égard l’article de la page 8). Governance de la SIX. Des
comptables par exemple donnent
informations supplémentaires
tant de directives individuelles à
Pour réduire ce décalage au portant sur les principaux points
l’organe de révision que celui-ci
minimum et renforcer de discussion entre le comité
risque de plus en plus de se perdre
encore la confiance dans la d’audit et l’organe de révision
dans les détails et de ne plus
révision, il nous faut aller – comme par exemple sur les
vérifier les éléments essentiels.
plus loin: hypothèses de base relatives à
Si l’auditeur doit couvrir tous les
la comptabilisation et aux tests
domaines, il n’a pratiquement
Premièrement, et cela nous paraît de dépréciation – pourraient
plus la possibilité de mettre
être le plus important, nous améliorer la transparence et
l’accent sur les points qui lui
devons sans cesse améliorer la contribuer à renforcer la
semblent importants.
qualité de l’audit. Cela veut confiance. Le lecteur pourrait
dire qu’un audit doit être axé sur ainsi juger par lui-même si les
En tant que professionnels de
les risques et être réalisé de thèmes importants ont été
l’audit, nous devons continuer
manière professionnelle sur le abordés et s’ils ont fait l’objet d’un
d’évoluer en vue d’accroître
plan technique. Ce dernier point examen critique.
la valeur de l’audit. Mais nous
signifie notamment que l’audit
sommes tributaires de la
doit se dérouler conformément Troisièmement, le rapport d’audit
collaboration avec tous les
aux normes applicables. Mais il devrait fournir plus d’informa-
maillons de la chaîne de reporting.
est au moins tout aussi important tions que l’actuelle attestation de
La confiance dans l’audit et la
que les auditeurs fassent preuve conformité. Il est vrai que de bons
confiance dans l’entreprise
des qualités personnelles requises: arguments existent en faveur de
auditée sont étroitement liées.
excellentes compétences sociales, la forme standardisée, comme par
L’auditeur a besoin d’informations
très bonnes facultés de communi- exemple le fait que l’uniformité
financières fiables et d’un contact
cation, attitude critique, garantit la comparabilité.
permanent avec les responsables
capacité de jugement supérieure Cependant, la formulation est
de l’établissement des comptes
à la moyenne, intégrité et plutôt défensive et limite négative-
annuels. Mais l’amélioration de la
indépendance intellectuelle. ment le travail de l’auditeur. En
qualité du reporting financier et
lieu et place, l’organe de révision
de l’audit nécessite également une
Deuxièmement, l’étendue de pourrait fournir des explications
ouverture de la part du législa-
l’audit et son processus devraient claires sur son activité et indiquer
teur, des normalisateurs et des
être compréhensibles pour les les domaines dans lesquels il est
autorités de surveillance. Il est de
parties prenantes externes. Les en mesure d’apporter de la
l’intérêt de tous de renforcer la
destinataires du rapport de sécurité et ceux dans lesquels il en
confiance dans le reporting
gestion devraient recevoir est incapable. Il pourrait énoncer
financier et l’audit.
davantage d’informations sur et expliquer les seuils significatifs
l’audit ainsi que sur la collabora- appliqués ou encore parler de la
En dépit de toutes ses propositions
tion entre l’organe de révision et continuité de l’exploitation et de
hasardeuses, le livre vert
les organes de l’entreprise, la gestion des risques. Ceci
âprement discuté au sein de notre
notamment le comité d’audit. En soulève bien sûr la question de la
branche a également du bon
Suisse, on pourrait par exemple responsabilité de l’auditeur,
puisque, dès ses premières pages,
envisager de compléter le rapport laquelle devrait être réglée dans
la Commission européenne y
sur la Corporate Governance un autre cadre.
souligne l’importante fonction
sociale de l’auditeur. Mais surtout,
le livre vert invite à la réflexion.

12 Disclose Décembre 2011


Interview d’Urs Honegger

Urs Honegger à propos de l’importance


et des limites de la communication
durant l’audit
Avec qui l’auditeur doit-il communiquer? manière individuelle, selon les niveaux. Il n’existe pas de
Pour atteindre une qualité d’audit élevée, l’auditeur doit concept-type de communication; celle-ci doit se faire au
communiquer tout au long de l’exercice avec l’entreprise cas par cas et être parfaitement adaptée à son destina-
à contrôler. L’entreprise n’est pas un interlocuteur en soi taire. Notre objectif consiste à répondre aux attentes
mais elle réunit en son sein de nombreux interlocuteurs. de nos différents interlocuteurs ou, mieux encore, à les
Comme chacun le sait, on ne peut communiquer qu’avec dépasser. Pour procéder de manière systématique,
des personnes et non avec des organisations. l’auditeur devrait consigner par écrit les résultats des
entretiens.
Qui sont ces interlocuteurs?
En vertu de la loi, l’auditeur s’engage directement envers De quels outils de communication l’auditeur
les actionnaires et indirectement envers le public. Au dispose-t-il?
final, les actionnaires sont les mandants. Le conseil Pour communiquer avec l’entreprise qu’il contrôle,
d’administration est l’organe qui représente leurs l’auditeur dispose d’une large palette d’outils oraux
intérêts. Dans ce contexte, le dialogue avec le comité ou écrits, qui doivent toutefois être parfaitement adaptés
d’audit du conseil d’administration revêt de plus en plus à chaque interlocuteur. Plus celui-ci occupe un rang
d’importance. Au niveau de la direction, l’auditeur élevé au sein de l’entreprise, plus les informations doivent
communique principalement avec le CFO et le CEO. Le être concises. Le conseil d’administration se voit
CFO est responsable de la plupart des informations généralement remettre un rapport récapitulatif tandis
contrôlées tandis que le CEO est l’interlocuteur pour les que la direction reçoit des présentations détaillées et une
questions stratégiques. De nombreux points de détail «management letter» exposant les éventuelles faiblesses
sont discutés avec différentes personnes du service (pondérées selon les risques) et des recommandations
financier et du controlling. De nos jours, l’auditeur pour les supprimer. Il n’est pas rare non plus que cette
doit bien comprendre le domaine d’activité de l’entreprise lettre contienne aussi les résultats des entretiens entre la
afin, par exemple, d’évaluer la valeur intrinsèque de direction et l’organe de révision. Les services spécialisés
certains postes du bilan. Pour cela, il devient aussi reçoivent quant à eux des informations très détaillées.
toujours plus important de dialoguer avec des personnes
en dehors du domaine financier. Toutes ces personnes
et ces groupes ont des besoins et des attentes différents. «L’auditeur doit se mettre à la place
En tant qu’auditeurs, nous nous devons de connaître de ses interlocuteurs. Communiquer,
et de comprendre leurs aspirations.
cela signifie interroger sur les attentes,
Qu’est-ce que cela signifie pour votre travail de recueillir des feedbacks et, le cas
communication?
Tout d’abord, l’auditeur doit prendre son temps et se
échéant, procéder à des ajustements
mettre à la place de ses interlocuteurs. Communiquer, ainsi que transmettre des informations.»
cela signifie nous interroger sur les attentes et les
intégrer, recueillir des feedbacks et, le cas échéant, procé-
der à des ajustements ainsi que transmettre des informa-
tions. Mais cela signifie aussi qu’il faut communiquer de

Décembre 2011 Disclose 13


Dans quelle mesure dépendez-vous de la volonté
de coopérer de l’entreprise?
La communication ne peut jamais fonctionner à sens
unique. Les parties prenantes au sein de l’entreprise
devraient aussi rechercher le dialogue et donner à
l’auditeur des informations sur la stratégie, l’évolution de
l’activité, les risques, les opérations importantes ou les
éventuels actes délictuels. En tant qu’auditeurs, nous
devons quant à nous réfléchir au meilleur moyen de
recueillir les informations nécessaires auprès des
personnes compétentes.

La communication entre l’organe de révision et


le comité d’audit s’est-t-elle intensifiée ces
derniers temps?
Elle est nettement meilleure qu’il y a dix ans, grâce aux
prescriptions relatives à la Corporate Governance
notamment. Mais de bonnes pratiques se sont aussi
établies en ce qui concerne le rythme et la nature de la
communication. Ainsi, lors du contrôle de grandes
entreprises, il est d’usage que l’auditeur responsable
rencontre au moins trois fois par an le comité d’audit.
Leurs discussions ne portent pas uniquement sur
les résultats de l’audit mais aussi sur la procédure et les
résultats intermédiaires. En fin d’audit, le conseil
d’administration évoque avec le comité d’audit la
recommandation relative à l’approbation des comptes
annuels.

La communication avec le conseil d’administra-


tion au complet perd-elle de son importance si
les discussions ont de plus en plus souvent lieu
au sein du seul comité d’audit?
Cela ne devrait pas être le cas. Le conseil d’administra-
tion dans son ensemble est responsable des états
financiers. Le fait qu’il délègue certaines questions
techniques sur la présentation des comptes et la révision
à un comité ne remet nullement en cause sa responsabi-
lité. Malheureusement, nous observons dans la pratique
que les échanges avec le conseil d’administration au Urs Honegger est associé auprès de la division Audit. Au sein
complet sont quelque peu relégués au second plan. Nous de l’équipe «Assurance Leadership», il est responsable de tous les
demandons à rencontrer le conseil d’administration dans secteurs à l’exception du secteur financier. Courant novembre,
son intégralité au minimum une fois par an. Si cela n’est l’assemblée des associés l’a élu nouveau CEO de PwC Suisse.
pas possible, nous essayons au moins de nous entretenir Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er juillet 2012.
avec son président.

14 Disclose Décembre 2011


Actuellement, la communi- L’auditeur peut-il fournir des informations
«Le marché cation avec les action-
naires se limite princi-
supplémentaires au marché des capitaux?
L’auditeur ne peut pas communiquer avec les investis-
a des besoins palement à
l’attestation de confor-
seurs ou les analystes financiers sur les opérations de
contrôle qu’il effectue ou sur les résultats de l’audit. La
accrus de mité des comptes
annuels. L’auditeur
loi ne le lui permet pas. Avec le marché des capitaux, nous
ne pouvons parler que des évolutions générales de la
transparence.» peut-il et doit-il donner
aux actionnaires des
présentation des comptes et de la révision.

informations dépassant Pourtant, les représentants du marché des


le cadre de l’opinion d’audit capitaux souhaiteraient que les auditeurs leur
standardisée? donnent des informations utiles et rapides.
La formulation standard de l’attesta- Il existe un champ de tension entre les attentes du
tion de conformité fait l’objet de nombreuses marché des capitaux en matière d’information et notre
critiques. Mais il ne faut pas oublier qu’elle vise, par sa obligation de ne pas divulguer de détails concernant nos
forme concise, à protéger le destinataire en lui permet- révisions. Le marché voudrait que l’attestation de
tant d’être sûr des déclarations de l’auditeur. Une opinion conformité soit un label de qualité témoignant de la santé
d’audit qui traite de manière différenciée de la situation économique d’une entreprise. Mais l’organe de révision
de l’entreprise renferme le danger que les lecteurs ne peut répondre entièrement à cette attente, qui va
cherchent et interprètent les nuances linguistiques. D’un aussi à l’encontre du mandat de révision prévu par la loi.
autre côté, il est vrai que les attestations de conformité Néanmoins, on réfléchit actuellement aux possibilités
actuelles en disent plus long sur ce que l’organe de d’améliorer le système de vérification des comptes
révision ne fait pas que sur ce qu’il fait. Chez PwC et dans son ensemble. Chacun doit pour cela apporter sa
dans les organisations professionnelles, nous réfléchissons pierre à l’édifice: les législateurs, les normalisateurs, les
aux moyens d’améliorer les informations portant sur entreprises et les sociétés d’audit.
l’exécution de l’audit et sur ses conclusions.
Quelle peut être la contribution des sociétés
L’auditeur pourrait-il jouer un rôle plus actif d’audit?
lors de l’assemblée générale? Le marché a des besoins accrus de transparence. Pour y
L’auditeur est tenu d’être présent lors de l’assemblée répondre, nous pourrions par exemple commenter des
générale et il répond aux éventuelles questions des informations du rapport de gestion qui ne font pas partie
actionnaires qui concernent directement l’audit. La des comptes annuels. Cela nécessiterait cependant
plupart des questions portent toutefois sur la perfor- d’amender les dispositions légales régissant la responsa-
mance économique et la santé financière de l’entreprise. bilité de l’organe de révision. Une autre option pour
Nous avons bien entendu notre avis sur ces questions, améliorer la transparence consisterait à contrôler les
mais il nous est interdit de l’exprimer. Si nous prenions comptes intermédiaires. Un tel contrôle existe déjà
l’initiative d’y répondre, ce qui serait complètement actuellement sur une base volontaire. La certification des
inhabituel, cela pourrait donner l’impression que quelque comptes semestriels et trimestriels fournit des informa-
chose n’est pas tout à fait normal. tions rapides au marché et améliore la sécurité des
parties prenantes de l’entreprise contrôlée.
Puisque l’organe de révision est tenu de rester en
retrait, le comité d’audit ne pourrait-il pas Dans quels domaines la communication vous
apporter plus de transparence? paraît-elle la plus importante?
En tant que comité du conseil d’administration, le comité Les informations financières sont aujourd’hui si com-
d’audit a beaucoup plus de libertés que l’organe de plexes et détaillées que de nombreuses parties prenantes
révision. Il est vrai qu’il pourrait contribuer à renforcer la sont dépassées. Les actionnaires reçoivent des informa-
confiance en donnant des informations détaillées sur ses tions qu’ils ne comprennent plus du tout. Nous travaillons
méthodes de travail et sur la collaboration avec l’auditeur. en premier lieu pour les actionnaires, aussi avons-nous
Ces informations pourraient être intégrées au rapport sur intérêt à ce que les entreprises publient des informations
la Corporate Governance, qui est obligatoire en Suisse compréhensibles et pertinentes. Malheureusement, la
pour les entreprises cotées en Bourse. Le paragraphe s’y tendance actuelle de la normalisation va en partie à
rapportant traiterait des risques et des décisions l’encontre de cette exigence.
discrétionnaires importantes prises lors de l’élaboration
des comptes annuels, ainsi que de la procédure d’audit et
de ses résultats. En outre, le rapport sur la Corporate
Governance pourrait également contenir des informa-
tions sur la qualité et l’indépendance de l’auditeur.

Décembre 2011 Disclose 15


Commitment Statement – un
engagement au service de la qualité
Pour PwC, l’audit est plus qu’une vérification Le Commitment Statement de • accorder son soutien
effectuée «proprement», qui se termine par une PwC décrit la relation de travail technique pour toute question
signature au bas de l’attestation de conformité. entre le client et l’équipe d’audit. relative aux normes compta-
Il fixe les principes de la bles et aux obligations de
Dans le cadre de la planification de l’audit, PwC collaboration et définit les publication;
s’engage à tenir compte des spécificités de attentes de l’entreprise à auditer
l’entreprise à auditer. L’équipe d’audit consigne et celles de PwC quant au travail • veiller à la continuité dans la
sa procédure concrète dans un Commitment de révision. Le Commitment composition de l’équipe
Statement repose sur des d’audit et garantir une
Statement.
entretiens menés avec le client à collaboration sans accroc avec
Le Commitment Statement auditer et est axé sur ses les équipes d’autres sociétés
témoigne de l’attachement de exigences particulières. Il définit nationales;
PwC à effectuer des audits d’une au cas par cas les objectifs
qualité allant au-delà des auxquels va se mesurer l’équipe • être disponible et, par
dispositions légales. Générale- d’audit. Chaque Commitment exemple, répondre aux
ment, le Commitment Statement Statement de PwC fournit questions techniques sur
fait partie intégrante du quelques éléments-clés, aux l’application des IFRS sous
document de planification termes desquels PwC s’engage 48 heures.
discuté avec le comité d’audit et notamment à
signé par les auditeurs respon- Par ailleurs, le Commitment
sables. Un tel engagement, signé • discuter rapidement des Statement implique aussi un
par des associés suisses, couvre constats importants avec le engagement de l’entreprise à
le mandat à l’échelle mondiale. CFO et, dans certains cas, en auditer envers l’organe de
Contrairement à l’Engagement informer directement le révision. Il est important que
Letter ayant force obligatoire, le président du comité d’audit; toutes les informations soient
Commitment Statement est un bien préparées et correctement
accord facultatif conclu entre • signaler en temps utile les documentées avant le début de
l’organe de révision et l’entre- changements en matière de l’audit. Tous les interlocuteurs
prise, dans le but de parvenir à présentation des comptes et devraient aussi se tenir à la
une qualité de vérification et de d’environnement réglemen- disposition des auditeurs. Pour
prestation maximale. taire et en montrer les pouvoir effectuer un audit
conséquences sur les comptes efficace et de qualité, l’organe de
annuels de l’entreprise à révision doit communiquer très
auditer; souvent avec les personnes
responsables et les organes de
l’entreprise à auditer – si
possible, pendant tout l’exercice
commercial (cf. à cet égard
l’entretien de la page 13).

16 Disclose Décembre 2011


Pour que le Commitment
Statement soit plus qu’une
«Le potentiel d’amélioration peut se situer
déclaration d’intention, PwC tant du côté de l’auditeur que du côté de
souhaite obtenir une évaluation
de la qualité de sa prestation à l’entreprise auditée.»
l’issue de l’audit. Un débriefing
avec le client permet de mesurer
dans quelle mesure les attentes
En Suisse, PwC a commencé il y
mutuelles ont été satisfaites et où
a deux ans à remettre des
le déroulement global de l’audit
Commitment Statements dans le
pourrait gagner en efficacité.
cadre de la planification des
Le potentiel d’amélioration peut
audits. Du point de vue formel,
se situer tant du côté de l’audi-
ces Statements font générale-
teur que du côté de l’entreprise
ment partie intégrante du
auditée. Le débriefing sert
document de planification
ensuite de base au Commitment
destiné au comité d’audit.
Statement de l’année suivante.
Actuellement, les Commitment
Statements sont surtout destinés
Le processus de feedback
aux clients d’audit cotés en
s’adresse aux organes essentiels
Bourse. PwC veut agrandir le
de l’entreprise, c’est-à-dire aux
cercle de clients qui reçoivent un
membres de la direction, du
tel Statement. Néanmoins, à
comité d’audit et du conseil
partir d’un certain ordre de
d’administration. Le comité
grandeur, la forme est un aspect
d’audit a pour mission de créer
secondaire. Il est important de
les conditions nécessaires à une
garder à l’esprit que les attentes Hanspeter Gerber
communication structurée
mutuelles ne peuvent être Associé, Audit
avant, pendant et après la
satisfaites que si les deux parties hanspeter.gerber@ch.pwc.com
vérification des comptes. Le CFO,
les connaissent clairement. Dans
en tant que responsable des
de nombreuses PME, des
finances, est en contact direct
entretiens informels entre
avec l’auditeur et peut juger de
l’organe de révision et les
près de la qualité de la collabora-
représentants de l’entreprise
tion. L’efficacité du travail de
aboutissent au même résultat: le
vérification et le respect des
client bénéficie d’un audit de
délais, tout comme l’absence de
qualité qui lui apporte une vraie
mauvaise surprise et les conseils
valeur ajoutée.
de l’auditeur afin d’améliorer
l’organisation servent notam-
ment de critères. Les commen-
taires des filiales sont eux aussi
importants pour évaluer le
travail d’audit.

Décembre 2011 Disclose 17


Quintessence: L’audit des comptes se base sur
une analyse des risques qui revêt une importance
centrale pour la planification de l’audit.

Éléments à prendre
en considération
lors de la révision
Outre les qualifications Comme la présentation des comptes, l’audit est lui aussi
techniques et personnelles soumis à des normes contraignantes. Les normes
de l’auditeur, les modalités de comptables et les normes d’audit se complètent récipro-
quement: à chaque référentiel, qu’il s’agisse du droit de la
réalisation de l’audit sont
société anonyme ou des Swiss GAAP RPC, des IFRS ou
déterminantes pour la qualité des US GAAP, correspondent des normes d’audit. Les
de l’audit externe. Dans ce entreprises qui établissent leurs comptes annuels selon
domaine, le cadre est donné les IFRS sont auditées conformément aux International
par la loi et les normes d’audit. Standards on Auditing (ISA). Si une entreprise choisit les
Plus l’auditeur saura exploiter US GAAP comme référentiel de présentation des
la marge d’appréciation dont comptes, les directives des US Generally Accepted
il dispose dans ce cadre, plus Auditing Standards (US GAAS) seront appliquées pour
l’audit.
la plus-value de la révision
sera élevée. Les entreprises cotées sur le segment principal de la
Bourse suisse étant tenues d’établir leurs comptes en
conformité avec les IFRS ou les US GAAP, les normes
d’audit internationales sont les plus importantes en
Suisse aussi. Cela vaut en particulier pour les ISA,
publiées par l’International Auditing and Assurance
Board (IAASB), qui comprennent un ensemble de règles
très exhaustives. Ces normes portent sur l’assurance
qualité et sur l’indépendance de l’audit, mais comportent
également des exigences spécifiques concernant les
modalités de planification, de réalisation et de documen-
tation de l’audit. Dans le cadre du projet «Clarity»,
l’IAASB a entièrement révisé les normes d’audit interna-
tionales. Les nouvelles normes appelées «Clarity ISA»
sont en vigueur depuis 2010 (cf. «Disclose» de juin 2011).

Outre les normes internationales, les Normes d’audit


suisses (NAS) conservent leur légitimité. La plupart
des entreprises non cotées en Bourse établissent leurs
comptes annuels conformément aux dispositions du
droit de la société anonyme ou des Swiss GAAP RPC.
Tant que les comptes annuels statutaires constitueront
la base de la clôture fiscale, les NAS joueront un rôle
important dans la réalisation de l’audit.

18 Disclose Décembre 2011


Les NAS sont publiées par la Chambre fiduciaire et se
basent sur les ISA. La Chambre les a révisées après
l’entrée en vigueur, en 2007, des modifications du Code
des obligations pertinentes pour l’audit et de la loi sur la
surveillance de la révision (LSR). Cependant, elle n’a pas
remanié leur cadre conceptuel. Les nouvelles NAS sont
en vigueur depuis 2010 et, comme le stipule la circulaire
1/2008 de l’Autorité fédérale de surveillance en matière
de révision (ASR), elles sont obligatoires pour l’audit
des comptes annuels et des comptes consolidés ainsi que
pour les missions d’audit spéciales effectuées auprès de
sociétés ouvertes au public au sens du droit de la société
anonyme. Les «Clarity ISA» n’ont pas encore été intégrées
aux nouvelles Normes d’audit suisses, mais ce devrait
être le cas à partir de la saison d’audit 2014.

Les NAS s’appliquent aussi indirectement à l’audit


d’entreprises qui ne sont pas ouvertes au public car, par
leur affiliation à la Chambre fiduciaire, les auditeurs et les
entreprises de révision s’engagent à respecter les règles
de déontologie de cette dernière.

Planification de l’audit: l’alpha et l’oméga


Lors de la vérification des comptes, l’organe de révision
évolue dans un corridor limité par les prescriptions
légales, les normes d’audit et les directives des autorités
de surveillance. Toutefois, chaque mandat comporte une
marge d’appréciation pour l’aménagement des opéra-
tions d’audit. Plus l’auditeur saura exploiter cette marge,
plus la plus-value de la révision sera élevée. L’auditeur
doit comprendre l’entreprise et son environnement afin Roger Kunz
de pouvoir identifier les risques et saisir la portée des Associé, Audit
transactions. Seule une parfaite compréhension du r.kunz@ch.pwc.com
modèle de l’entreprise lui permet de juger si les états
financiers reflètent la situation de celle-ci de manière
exacte et exhaustive.

L’audit des comptes ne constitue pas un contrôle complet


mais suit une approche axée sur les risques. Il se base
donc sur une analyse des risques qui revêt une impor-
tance centrale pour la planification de l’audit. L’auditeur
s’appuie sur cette analyse pour définir les grands axes
et les opérations d’audit qui permettront de couvrir les
risques individuels. La planification systématique de
l’audit constitue l’alpha et l’oméga d’un audit de qualité.
Elle inclut des entretiens avec le conseil d’administration,
le comité d’audit et la direction ainsi que des analyses
comptables. La planification de l’audit représente
généralement 20% au moins du temps total consacré à
l’audit.

C’est seulement ensuite que l’auditeur peut décider de la


manière la plus efficace de contrôler les transactions, les
positions et les évaluations. La méthode de vérification
dépend fortement de la qualité du système de contrôle
interne (SCI) de l’entreprise, qui est lui aussi vérifié. Plus
le SCI est efficace, plus l’organe de révision peut passer
rapidement d’un examen des pièces justificatives à un
examen des processus.

Décembre 2011 Disclose 19


Priorité aux risques importants pour l’audit Collaboration professionnelle
L’audit s’articule autour des risques importants identifiés Une approche axée sur les risques implique que l’auditeur
au cours de la phase de planification. Pour cela, l’auditeur définisse des préférences. Afin de couvrir l’ensemble des
doit procéder à des évaluations quantitatives et qualita- processus de l’entreprise sur un cycle de plusieurs années,
tives. Il est tout à fait possible que des postes, bien que il doit, surtout pour les grandes entreprises, redéfinir
mineurs en termes de chiffres, comportent néanmoins périodiquement ses axes d’audit. Mais une telle approche
des risques qui, s’ils se concrétisent, impacteront requiert également une collaboration professionnelle
fortement le résultat. La plupart du temps, les positions entre l’organe de révision et l’entreprise. L’organe de
en encours renferment moins de risques que les évalua- révision peut prodiguer à l’entreprise des conseils sur
tions. L’auditeur doit estimer si l’entreprise a pris ses l’amélioration du SCI ou sur l’application de nouvelles
décisions conformément aux directives légales et aux normes, ce qui renforcera l’efficacité des audits futurs. De
normes comptables appliquées. Les questions de valeur son côté, l’entreprise devrait traiter ses documents et
intrinsèque sont particulièrement délicates. Elles ne les résultats de l’audit interne de manière exhaustive et
concernent pas seulement le goodwill mais aussi les compréhensible pour qu’ils puissent servir de base à
valeurs incorporelles, les immobilisations corporelles et l’audit externe.
même les produits. Ainsi, de nouvelles technologies, les
évolutions du goût des consommateurs ou un durcisse- Le respect scrupuleux des normes d’audit et l’application
ment des conditions-cadres peuvent affecter la valeur d’une méthodologie appropriée sont impératifs pour un
intrinsèque des stocks et des installations de production. audit de qualité. Mais cela ne suffit pas: sont également
décisives l’expérience de chaque auditeur, sa vision
L’auditeur doit cependant toujours veiller au principe de critique et sa faculté de jugement professionnelle. Tous
l’importance relative. Il ne doit pas considérer les ces éléments, ajoutés à la possibilité d’être un partenaire-
éléments séparément, mais toujours tenir compte de conseil externe pour l’entreprise, constituent la plus-
l’ensemble des données. Ce faisant, l’auditeur doit aussi value de la révision.
penser aux destinataires des comptes annuels. Si certains
éléments susceptibles d’intéresser les parties prenantes
n’ont pas été publiés, il lui faut insister auprès de la
direction pour les obtenir.

La méthodologie
de PwC
Il va sans dire que toutes les entreprises actives dans le par exemple de manière détaillée le nombre de tests
monde entier devraient être contrôlées selon les mêmes aléatoires à effectuer en fonction de l’étendue du risque.
principes. Une approche d’audit uniforme pour toutes les Le «PwC Audit Guide» est continuellement actualisé et
sociétés d’un même groupe facilite la vérification des peut être consulté à tout moment via l’outil AURA. Avec
comptes consolidés et garantit un niveau de qualité AURA, PwC dispose d’un logiciel d’audit ultra-moderne
comparable lors de l’audit des comptes individuels. Une dédié à la planification, à l’exécution et à l’achèvement de
telle approche renforce également l’efficacité lors de la révision.
l’exécution de l’audit. Par exemple: si un client exploite un
système informatique central ou des «Shared Service Pour tous ses mandats importants ou à risque, PwC a
Centres», la société d’audit peut procéder à certaines recours à des «Quality Review Partners». Il s’agit
opérations de révision simultanément, pour plusieurs d’associés expérimentés qui agissent en coulisses sans
sociétés du groupe. avoir de contact avec le client. Le «Quality Review
Partner» est une instance de contrôle interne, sélection-
Dans tout son réseau, PwC applique une méthodologie née en fonction de chaque mandat, qui avalise les
d’audit uniforme, documentée dans son «PwC Audit documents et les principales étapes d’audit. L’auditeur
Guide». Ce guide est contraignant dans le monde entier responsable doit l’inclure dans toutes les décisions
et il est complété par les exigences de chaque société critiques. De plus, afin de garantir l’application correcte
nationale de PwC. Le «PwC Audit Guide» international se des ISA, PwC dispose d’«ISA Agents» qui accompagnent
base sur les ISA en vigueur ainsi que sur les «Clarity ISA» les équipes d’auditeurs de mandats sélectionnés. Les
et les interprétations des normes. Il contient toutes les contrôles de qualité internes ne constituent pas en
exigences de PwC pour un audit de qualité, et notam- eux-mêmes un objectif; ils sont plutôt destinés à apporter
ment des directives sur l’évaluation des risques. Il règle une sécurité supplémentaire à l’entreprise auditée.

20 Disclose Décembre 2011


Update

Sommaire

Gestion des risques de change de Sebastian di Paola et Didier Ehret 22


Nouvelles IFRS sur la consolidation et les coentreprises de Christophe Bourgoin 26
La comptabilisation des plans de prévoyance selon l’IAS 19 (révisée) d’Aude Joly 28
Réforme structurelle des caisses de pension de Philippe Lienhard 31

Décembre 2011 Disclose 21


Sebastian di Paola Didier Ehret
Associé, Genève Associé, Lausanne
sebastian.di.paola@ch.pwc.com didier.ehret@ch.pwc.com

Couverture des risques de change dans la

Gestion des risques pratique


PwC réalise régulièrement une enquête
intitulée «Global Treasury Survey» auprès

de change des grandes entreprises. Dans le cadre de la


dernière enquête, 90% des entreprises
suisses sondées ont déclaré gérer activement
leurs risques de change. La gestion du risque
La vigueur du franc suisse pèse sur la compétitivité internationale de change repose sur deux éléments: le taux
des entreprises tournées vers l’exportation, allant même jusqu’à me- de change des transactions futures et la
nacer l’existence de certaines d’entre elles. Une stratégie de couver- conversion de devises nécessaire à l’établisse-
ture clairement définie permet aux entreprises de gagner un temps ment des comptes consolidés.
précieux pour réagir rapidement à la volatilité des taux de change.
Risque de transaction: Notre «Global
Treasury Survey» montre que la plupart des
Ce n’est pas la première fois que les entre- entreprises suisses gèrent le risque de
prises suisses sont confrontées à un franc transaction. Environ 60% des entreprises
fort: depuis des décennies déjà, les monnaies interrogées couvrent les postes de leur bilan
jouant un rôle important dans le commerce et/ou leurs flux financiers futurs contre les
extérieur suisse tendent à se dévaluer par fluctuations monétaires. Si les postes du
rapport au franc. Ce qui est nouveau en bilan peuvent être très efficacement protégés
revanche, c’est le rythme et l’ampleur de contre les appréciations et les dévaluations,
l’appréciation de la monnaie suisse (voir le les possibilités de couverture des flux
graphique de la page 24). financiers futurs restent cependant limitées
dans le temps. Environ 80% des entreprises
Les importateurs pour qui la Suisse constitue suisses qui couvrent leurs risques de change
un marché important profitent de cette ont un horizon temporel de douze mois
appréciation. Pour les entreprises tournées maximum. Certes, cela permet de compenser
vers l’exportation par contre, la vigueur du l’impact sur les flux financiers futurs à court
franc génère des pertes de compétitivité terme; toutefois, à long terme, seuls une
considérables. Tel est notamment le cas pour «couverture naturelle» ou des gains de
les entreprises ayant une «couverture productivité sont d’un quelconque secours
naturelle» faible ou inexistante, c’est-à-dire face à une variation des taux de change.
dont les monnaies des recettes et des
dépenses ne sont pas suffisamment harmoni-
sées (voir l’encadré de la page 23).

22 Disclose Décembre 2011


Risque de conversion: Alors que la gestion Termes-clés
du risque de transaction est largement répan-
due, seule une entreprise interrogée sur Couverture naturelle («natural hedging»)
quatre se couvre contre le risque de conver-
Les recettes et les dépenses sont harmonisées dans une même monnaie. Lorsque les
sion. Certaines entreprises considèrent qu’il
données du marché le permettent, les mesures possibles sont les suivantes:
s’agit avant tout d’un risque comptable et non
• Facturation des ventes dans sa propre monnaie
d’un risque économique. D’autres pointent du
• Achat des matériaux dans la même monnaie que celle du produit des ventes
doigt le coût d’une telle couverture. Prenons
• Installation des sites de production dans les zones monétaires des marchés
un exemple: lorsqu’une entreprise suisse
refinance un investissement dans une filiale
Risque de transaction («transaction risk»)
américaine par un emprunt libellé en dollars
US, la différence de taux entre les prêts en Ce risque découle du fait que les transactions futures seront effectuées à un taux de
dollars et en francs entraîne généralement change aujourd’hui inconnu. Il concerne aussi bien les postes du bilan actuels que les
une augmentation des charges d’intérêts flux financiers à venir:
avec effet sur le résultat. • Postes du bilan: créances et dettes actuelles (p. ex. liquidités, débiteurs, créanciers,
emprunts, instruments financiers en devises étrangères)
Concepts de couverture individuels • Flux financiers futurs: recettes et dépenses futures qui ne sont pas comptabilisées
Dans la pratique, les concepts de couverture dans le bilan (p. ex. achats de matériaux, produits en devises étrangères)
sont très variés. Ils doivent répondre aux
besoins et objectifs de chaque entreprise. Risque de conversion («translation risk»)
En règle générale, on distingue les concepts Lors de l’établissement des comptes consolidés, les comptes annuels des filiales
statiques des concepts dynamiques: étrangères et des entreprises associées doivent être convertis dans la monnaie des
comptes consolidés.
Concepts de couverture statiques:
Le mécanisme de couverture est défini à
l’avance, dans le détail, puis mis en œuvre
de manière mécanique. Le cours actuel de
la devise n’influence en rien le montant ou
l’horizon temporel de la couverture.

Concepts de couverture dynamiques:


Tout d’abord, une fourchette stratégique de
couverture est définie. Le montant et la durée
effectifs de la couverture sont déterminés
dans une seconde phase. Pour ce faire, les
décideurs fixent périodiquement le niveau de
couverture et/ou sa période dans la four-
chette stratégique définie.

Les concepts de couverture statiques sont


surtout répandus dans les entreprises
commerciales et industrielles tandis que le
secteur des finances privilégie les concepts
dynamiques.

Optique différente
Autre résultat intéressant de l’enquête: les
rapports de propriété influencent également
les stratégies de couverture. Alors que les
entreprises cotées en Bourse ont tendance à
minimiser les variations comptables dans le
compte de résultat consolidé, les entreprises
privées s’orientent fortement sur le cash
flow. Prenons l’exemple d’une entreprise
suisse avec une filiale en zone euro. La filiale
facturant en euros et en dollars américains,
son risque de transaction se limite au
rapport entre ces deux monnaies. La société
mère suisse est en plus exposée au risque
de conversion entre l’euro et le franc.

Décembre 2011 Disclose 23


110 Ce graphique montre l’évolution
de l’euro, du dollar américain et de
la livre sterling par rapport au franc
suisse depuis le 1er janvier 2007
100 (indice: 1er janvier 2007 égal à 100).
Depuis le début de la crise financière,
le franc suisse a nettement gagné du
terrain par rapport à ces trois devises:
90 la livre sterling a perdu jusqu’à 50%
par rapport au franc, le dollar 40% et
l’euro jusqu’à 35%. Cette tendance
n’a pu être enrayée que lorsque la
80
Banque Nationale Suisse a décidé de
fixer un cours plancher de 1,20 franc
pour un euro le 6 septembre 2011.
70

60

50
Janvier Janvier Janvier Janvier Janvier
2007 2008 2009 2010 2011

EUR/CHF USD/CHF GBP/CHF

Les sociétés cotées en Bourse gèrent bien Conclusion


souvent ces risques sur plusieurs niveaux. La Toute entreprise exposée à d’importants
filiale se couvre par des transactions internes risques de change devrait disposer d’un
auprès de la société mère, lui transférant concept de gestion de ces risques clairement
ainsi le risque dollar-euro. La société mère défini et parfaitement adapté à la situation
couvre à son tour ce risque auprès de tierces individuelle de l’entreprise. Les concepts
parties. Les risques de transaction des deux standards ou généraux sont inefficaces.
sociétés sont donc couverts, mais ce n’est pas
le cas du risque de conversion. Les concepts de couverture performants
réduisent, voire éliminent, les risques de
Les entreprises privées ne font fréquemment change à court terme. L’entreprise dispose
pas la distinction entre risque de transaction ainsi d’une marge temporelle qui lui permet
et risque de conversion. Comme elles se de s’adapter aux fluctuations des taux
focalisent sur les flux financiers extérieurs, de change. Elle peut engager des mesures
deux opérations de couverture sont néces- d’accroissement de la productivité ou
saires pour le dollar par rapport au franc optimiser sa «couverture naturelle».
et pour l’euro par rapport au franc. Compte
tenu de la méthodologie des normes
comptables, les comptes de résultat de la
filiale et de la société mère restent exposés à
certaines fluctuations monétaires. Mais la
couverture des flux financiers est cependant
optimisée.

24 Disclose Décembre 2011


Exemples de concepts de couverture statiques

Entreprise suisse de construction Entreprise suisse de transports


de machines-outils
Site de production Site de production
Principalement en Suisse Principalement en Suisse
Marchés Marchés
Surtout à l’étranger • En partie à l’étranger
• L’entreprise a une filiale en Allemagne
Stratégie de couverture Stratégie de couverture
• Après la conclusion du contrat d’entreprise: • 90% des produits attendus chaque mois dans les
– couverture des différents paiements des prix principales devises étrangères sont couverts en
d’achat (milestones) par des opérations de change continu pour les 18 prochains mois par des opérations
à terme; de change à terme.
– couverture des coûts prévus en devises étrangères • Autres risques de change induits par les postes du
(p. ex. achats de matériaux en EUR) par des bilan à court terme (liquidités, débiteurs, créanciers):
opérations de change à terme. inventaire mensuel; couverture de la position nette
• Autres risques de change induits par les postes du pour chaque devise par des opérations de change à
bilan à court terme (liquidités, débiteurs, créanciers): terme pour le mois suivant.
inventaire mensuel; couverture de la position nette • Le montant en euros investi dans la filiale est
pour chaque devise par des opérations de change à refinancé par un emprunt bancaire libellé en euros.
terme pour le mois suivant.
Objectifs de la stratégie Objectifs de la stratégie
• Fixer la marge au moment de la conclusion du contrat; • La couverture des futurs produits réalisés en devises
aucun impact du taux de change sur la marge. génère de la sécurité en matière de planification;
• Éliminer du bilan tous les risques de change à court les incidences des taux de change sont retardées. Des
terme. mesures peuvent être engagées en cas d’évolution
négative des cours des devises afin d’en compenser
(partiellement) les conséquences.
• Éliminer du bilan tous les risques de change à court
terme.
• Neutraliser les pertes de change liées à l’investisse-
ment dans la filiale par des gains de change équiva-
lents grâce à l’emprunt en euros.

Exemple de concept de couverture dynamique

Assureur suisse
Risque de change
Portefeuille avec des actions américaines, prestations aux
assurés en francs suisses
Stratégie de couverture
Entre 50% et 100% du risque de change avec le dollar US
doivent être couverts en continu. Le comité de placement
fixe chaque mois le pourcentage de couverture.
Objectif de la stratégie
L’assureur prévoit à long terme un fléchissement du
dollar US et couvre donc continuellement au moins 50%
du risque de change. La volatilité du dollar US offre
également des opportunités. Par conséquent, l’assureur
ajuste le niveau de couverture aux prévisions d’évolution
des cours.
Décembre 2011 Disclose 25
Nouvelles IFRS sur
la consolidation et les
coentreprises

La définition du périmètre de été modifiée. La révision des normes


existantes s’est toutefois avérée nécessaire
consolidation et la détermina-
car l’actuelle distinction entre les sociétés à
tion de la méthode de consoli- but spécial (special purpose entities) et les
dation constituent des éléments participations «ordinaires», soumises à des
centraux de la présentation des principes de contrôle différents, ne consti-
comptes consolidés. L’Internatio- tuait pas une solution satisfaisante à long
terme. En outre, suite à la crise financière
nal Accounting Standards Board mondiale, des voix se sont élevées pour
(IASB) a publié de nouvelles réclamer plus de transparence sur les risques
normes à ce sujet en mai dernier. auxquels sont exposées les sociétés à but
spécial.
Par la consolidation, la société mère regroupe
toutes les sociétés qu’elle contrôle. Pour les Avec ces nouvelles normes, l’IASB répond
accords conjoints (coentreprises ou joint aux critiques. Désormais, il ne donne plus
ventures), il est actuellement encore possible qu’une seule définition du contrôle, appli-
de choisir entre la méthode de la consolida- cable à tous les types de participations.
tion proportionnelle ou, comme pour les Conformément aux nouvelles dispositions,
entreprises associées, celle de la mise en il y a contrôle lorsque ces trois exigences
équivalence. Les nouvelles normes suivantes cumulatives sont remplies:
s’appliqueront pour la première fois aux
comptes annuels arrêtés au 31 décembre 1. L’investisseur exerce un pouvoir décision-
2013: nel sur l’autre entité.
2. L’investisseur est exposé à des rendements
• IFRS 10 «états financiers consolidés» variables découlant de la relation avec
• IFRS 11 «accords conjoints» l’autre entité.
• IFRS 12 «informations à fournir sur les 3. L’investisseur peut exercer son pouvoir
participations dans les autres entités». décisionnel afin d’influencer le montant
des rendements lui revenant.
En ce qui concerne l’établissement du bilan,
ces nouvelles normes ont, selon la structure Impact sur le périmètre de consolida-
du groupe, des conséquences différentes tion
pour chaque utilisateur des normes. La définition du contrôle est expliquée
dans un guide d’application de plus de
Définition unique du contrôle trente pages (IFRS 10). Pour la majorité des
Dans les nouvelles directives, le «contrôle utilisateurs des IFRS, l’introduction de
d’une entreprise» demeure toujours le critère cette nouvelle norme ne devrait en rien
déterminant pour la consolidation. En modifier le périmètre de consolidation. Ce
substance, la définition du contrôle n’a pas n’était d’ailleurs pas l’intention de l’IASB. La

26 Disclose Décembre 2011


nouvelle norme contient cependant des
éléments susceptibles d’entraîner dans
«Il n’existe
certains cas des modifications du périmètre plus qu’une seule
de consolidation dans la pratique. Les
domaines qui revêtent un intérêt particulier
définition du
à cet égard concernent par exemple le contrôle, applicable
contrôle d’une entreprise sans majorité des
droits de vote (contrôle de facto), la relation à tous les types de
d’un investisseur avec un instrument de participations.»
placement géré par ses soins ou encore le
traitement des droits de vote potentiels
découlant d’options et de droits de conver-
sion. Pour toutes ces questions, la norme ne
définit souvent pas de limites claires, de sorte
que l’entreprise garde sa marge d’apprécia-
tion. À l’avenir, les droits de vote condition- Disparition de la consolidation
nels ne seront par exemple pris en compte proportionnelle
lors de l’évaluation du contrôle que s’il s’agit La nouvelle norme apporte une modification
de droits substantiels, c’est-à-dire lorsque les majeure en ce qui concerne la comptabilisa- Christophe Bourgoin
facteurs en faveur de leur exercice sont tion des coentreprises. Il ne sera plus Associé, Zurich
plus nombreux que ceux en leur défaveur. possible, à l’avenir, de choisir entre la christophe.d.bourgoin@ch.pwc.com
méthode de la mise en équivalence et celle de
En ce qui concerne la méthode de consolida- la consolidation proportionnelle. La consolider qui exposent l’entreprise à un
tion, aucun ajustement ne s’avérera néces- comptabilisation des coentreprises se fera risque. Par cette disposition supplémentaire,
saire pour les utilisateurs. Les directives de la désormais obligatoirement par la mise en l’IASB entend répondre aux critiques
norme en vigueur jusqu’ici ont été reprises équivalence. Cette nouveauté aura des dénonçant le manque de transparence des
sans changement notable. répercussions sur les comptes consolidés des sociétés à but spécial.
entreprises qui appliquent actuellement la
Contrôle conjoint consolidation proportionnelle. Principale L’IFRS 12 reprend en grande partie les
Avec la nouvelle norme sur la consolidation, modification: la quote-part des revenus et dispositions des normes actuelles relatives
l’IASB a également revu les directives des charges ne sera plus consolidée ligne par aux obligations d’information pour les
relatives au traitement des coentreprises. La ligne, mais remplacée par une seule ligne entreprises associées, les coentreprises et les
norme actuelle IAS 31 est remplacée par la représentant la quote-part du résultat net filiales. Mais de nouvelles informations sont
nouvelle norme IFRS 11. Le principe-clé du comptable, appelée «résultat de coentre- également exigées, notamment sur les filiales
contrôle conjoint, à savoir le consentement prises». Dans le bilan, les actifs et passifs avec des participations importantes bien que
unanime des parties participant aux consolidés jusqu’ici séparément de manière ne donnant pas le contrôle (participations
décisions importantes, est conservé. Le proportionnelle seront également supprimés minoritaires).
contrôle conjoint diffère du contrôle selon et remplacés par le poste «participations
l’IFRS 10 en ce sens qu’il n’est pas exercé par dans des coentreprises» qui découle de Perspectives
un investisseur unique mais conjointement, l’application de la méthode de la mise en Pour apporter la dernière pièce au puzzle
par deux investisseurs ou davantage. équivalence. Ce changement peut avoir des des nouvelles normes sur la consolidation,
conséquences sur des valeurs-clés et l’IASB prévoit une règle d’exemption pour
L’IFRS 11 distingue deux types d’accords influencer les garanties de conventions de les sociétés d’investissement. Selon celle-ci,
communs. Il y a «coentreprise» lorsque que prêt (debt covenants) ou les systèmes les sociétés d’investissement remplissant
les investisseurs détiennent des droits d’incitation en matière de rémunération, par des critères bien précis seraient libérées de
sur l’actif net de l’entreprise commune. La exemple. Il est donc recommandé d’analyser l’obligation de consolider et devraient
participation est comptabilisée selon le ces facteurs le plus tôt possible et de dialo- comptabiliser toutes leurs participations à
principe de mise en équivalence. En guer avec les parties prenantes concernées. leur juste valeur. Un projet de norme en ce
revanche, si les parties détiennent des droits sens, incluant également la définition d’une
sur les actifs sous-jacents et des obligations Nouvelles prescriptions de publication
société d’investissement, a été publié au mois
au titre des passifs, l’IFRS 11 parle «d’activi- L’IFRS 12 est la troisième norme de l’en-
d’août 2011. La période de consultation se
tés communes» («joint operations») et semble sur la consolidation publié par l’IASB.
terminera le 5 janvier 2012. L’IASB s’est fixé
exige que soit comptabilisée la quote-part Elle intègre, dans une seule norme, les
pour objectif de rendre cette règle applicable
des actifs, passifs, produits et charges. informations à fournir pour tous les types de
courant 2013, en même temps que les trois
participations (entreprises associées,
autres nouvelles normes.
coentreprises et filiales). Élément nouveau:
avec l’IFRS 12, des informations sont
également requises sur les sociétés à but
spécial non soumises à l’obligation de

Décembre 2011 Disclose 27


Quintessence: L’IASB n’a pas fondamentalement modifié l’IAS 19. Une
modification majeure concerne le calcul des charges de prévoyance. Les différentes
options de comptabilisation des gains et des pertes actuariels sont supprimées.
De nouvelles obligations en matière de publication et d’inscription doivent permettre
d’accroître la transparence.

La comptabilisation des plans de


prévoyance selon l’IAS 19 (révisée)
Au mois de juin 2011, l’IASB a L’IAS 19 était surtout critiquée pour ses appelées règles de plafonnement de l’actif
diverses options de comptabilisation des (asset ceiling), sont elles aussi maintenues.
publié les modifications appor-
plans de prévoyance et pour l’inscription de
tées à l’IAS 19. Cet ajustement postes au bilan qui ne correspondaient pas au Les entreprises devront tenir compte de ces
vise à renforcer la compara- concept cadre. Cela concernait en particulier changements pour les périodes comptables
bilité et la transparence des l’application de la méthode dite du «corridor» à compter du 1er janvier 2013 ou ultérieure-
comptes annuels. La nouvelle relative à la comptabilisation temporelle des ment. Une application anticipée est autori-
écarts actuariels. L’IASB a mis un terme à ces sée.
norme entrera en vigueur en critiques en limitant les options. Cependant,
2013 et devrait avoir un impact les ajustements de l’IAS 19 ne constituent Augmentation des charges de prévoyance
majeur sur le bilan. en rien une harmonisation aux US GAAP. La Une modification majeure concerne le calcul
convergence devrait faire l’objet d’un futur des charges de prévoyance. La charge
Pour répondre aux critiques formulées projet. financière nette sera comptabilisée dans le
envers l’IAS 19, l’International Accounting compte de résultat, tout comme le coût des
Standards Board (IASB) a revu la comptabili- L’IASB n’a pas fondamentalement modifié services. En revanche, les réévaluations
sation des avantages du personnel. Les l’IAS 19. Ainsi, la classification des plans de (actuellement appelées gains et pertes
modifications portent sur la définition des prévoyance en régimes à prestations définies actuariels ou écarts actuariels) iront dans les
avantages «à court terme» et des «autres ou à cotisations définies a été conservée. autres éléments du résultat global.
avantages à long terme» ainsi que sur la L’engagement de prévoyance est toujours
comptabilisation des indemnités de fin de évalué à la date de clôture des comptes La charge financière nette (ou le produit net)
contrat de travail et des plans de prévoyance. selon la méthode des unités de crédit remplace le rendement attendu des actifs du
Cet article traite de ce dernier point et projetées (projected unit credit method); le régime et la charge financière sur la dette. La
montre les répercussions des nouvelles taux d’actualisation continue de suivre le charge financière nette (ou le produit net) est
directives relatives aux plans de prévoyance rendement des emprunts d’entreprise de la multiplication du taux d’actualisation par
sur le bilan, les fonds propres et le compte de première catégorie ou, s’il n’y a pas de la dette nette (ou actif net) à l’ouverture de
résultat. Il formule également les premières marché liquide, celui des emprunts d’État. l’exercice. Ce mode de calcul devrait
recommandations pour préparer le passage Les dispositions de l’IFRIC 14 sur le traite- entraîner une augmentation des charges de
à la nouvelle norme. ment d’un excédent au régime de prévoyance, prévoyance par rapport à l’actuelle version de

28 Disclose Décembre 2011


comptabilisation immédiate dans le compte
de résultat. Au lieu de cela, les gains et les La nouvelle norme en un
pertes actuariels devront être comptabilisés coup d’œil
immédiatement – en plus des effets du
plafonnement de l’actif et du rendement Ce qui change:
actuel des actifs du régime – en tant que • calcul des charges de prévoyance
réévaluations dans les autres éléments du inscrites au compte de résultat;
résultat global. Un recycling, c’est-à-dire
• produit financier des actifs du régime:
une comptabilisation ultérieure dans le
moins importants car rémunérés
compte de résultat, n’est pas prévu.
seulement au taux d’actualisation
(moins élevé que le «taux attendu des
Lors du passage à l’IAS 19 révisée, les gains
rendements des actifs», qui est
et les pertes actuariels régularisés par la
supprimé); une augmentation des
méthode du corridor devront être comptabi-
charges de prévoyance est à prévoir;
lisés en dehors du compte de résultat, dans
les fonds propres, conformément à l’IAS 8. • comptabilisation immédiate au compte
Aude Joly
Director, Neuchâtel Pour les entreprises qui appliquent d’ores et de résultat de l’intégralité du coût des
aude.joly@ch.pwc.com déjà la méthode également autorisée de services passés;
comptabilisation des écarts actuariels dans • abandon de la méthode du corridor: les
l’IAS 19; en effet, les actifs du régime seront les autres éléments du résultat global, le écarts actuariels sont comptabilisés en
désormais soumis «implicitement» à un taux passage à la nouvelle norme n’aura aucun tant que réévaluations dans les autres
d’actualisation inférieur (cf. la charge effet. éléments du résultat global;
financière nette dans l’encadré de la page 30, • nouvelles informations à donner sur
où le taux d’actualisation est inférieur au La comptabilisation uniforme des réévalua- les régimes à prestations définies.
taux de rendement attendu sur les actifs du tions permet de renforcer la comparabilité
régime). La différence entre le rendement des comptes annuels. La teneur informative
Ce qui est conservé:
actuel et le rendement attendu des actifs du des états financiers augmente également car
régime sera dorénavant comptabilisée en la situation de capitalisation (excédent ou • quatre types de prestations au
tant que réévaluation dans les autres déficit) des plans de prévoyance apparaît personnel, classés en avantages à court
éléments du résultat global. dans le bilan. D’un autre côté, le montant et terme, autres avantages à long terme,
la volatilité des fonds propres sont modifiés. indemnités de fin de contrat de travail
À l’avenir, il n’y aura plus de postes de Cela peut avoir une incidence importante sur et engagements de prévoyance;
régularisation dans le bilan pour les coûts les directives sur les fonds propres ou les • classification des plans de prévoyance
des services passés (past service costs). covenants, et ce, aussi bien dans les comptes en régimes à prestations définies et
Ceux-ci, ainsi que les coûts des services annuels que dans les comptes intermédiaires. régimes à cotisations définies;
rendus au cours de l’exercice et les effets des • calcul de l’engagement à la date de
réductions et des liquidations, seront compta- Autres obligations de publication et clôture selon la méthode des unités de
bilisés directement dans le compte de d’information crédit projetées (PUCM);
résultat. Ce procédé augmente la volatilité Concernant les régimes à prestations
• interdiction de recycler;
du compte de résultat et complique de fait la définies, l’IASB poursuit les objectifs de
planification des coûts de prévoyance. publication suivants: • définition du taux d’actualisation,
déterminé sur la base de l’intérêt des
Des options plus restreintes • description des caractéristiques et des emprunts d’entreprise ou des emprunts
Comme précédemment mentionné, les risques des plans de prévoyance; d’État;
différentes options de comptabilisation des • explication des montants inscrits au bilan; • règles de plafonnement de l’actif
écarts actuariels sont supprimées. À • explication sur la manière dont les risques conformément à l’IFRIC 14.
l’avenir, les entreprises ne pourront plus et les incertitudes liés aux plans de
choisir entre une comptabilisation différée prévoyance impactent les flux financiers
en vertu de la méthode du corridor et une futurs de l’entreprise.

Décembre 2011 Disclose 29


Incidences de la nouvelle norme sur
Bilan (en KCHF) IAS 19 IAS 19
(ancienne version) (révisée) le bilan et le compte de résultat

Juste valeur des actifs du régime 11 000 11 000 L’entreprise applique la méthode du
corridor: la dette nette ou l’actif net de
Engagement de prévoyance –12 000 –12 000
prévoyance selon l’IAS 19 (ancienne version)
Situation de capitalisation –1 000 –1 000 présente, du fait de l’enregistrement par
(excédent ou déficit) régularisation des pertes actuarielles à
hauteur de KCHF 1150, un actif net de
Pertes actuarielles non comptabilisées 1 150 n/a
prévoyance s’élevant à KCHF 150. À
Dette nette/Actif net de prévoyance 150 –1 000 supposer que les coûts des services se
montent à KCHF 700, que le taux d’actualisa-
tion soit de 2,5% et que le rendement
Compte de résultat (année suivante) (en KCHF) attendu des actifs soit de 4%, les charges de
prévoyance de l’année suivante atteignent
Coût des services 700 700 KCHF 560.
Charge financière sur la dette (2,5% de 300 –
12 000) En vertu de l’IAS 19 (révisée), la méthode du
corridor n’est plus autorisée. Le même plan
Rendement attendu des actifs (4% de –440 – présente un déficit de KCHF 1000, inscrit au
11 000) bilan; les charges de prévoyance pour
l’année suivante se montent à KCHF 725.
Charge financière nette (2,5% de 1 000) – 25
L’augmentation des charges de prévoyance
Charges de prévoyance 560 725 repose sur le calcul de la charge financière
nette. Celle-ci se base sur la dette nette de
prévoyance inscrite au bilan, soit KCHF
Par conséquent, les directives de publication actuarielle et des charges de prévoyance en 1000, à un taux d’actualisation de 2,5%. Au
détaillées de la nouvelle norme ont été soit cas d’assainissement. L’IAS 19 (révisée) ne moment du passage à la nouvelle norme, les
élargies, soit réduites, de sorte que des prescrit cependant pas les détails de sa mise pertes actuarielles non comptabilisées, à
informations pertinentes concernant les en application. La participation de toutes les hauteur de KCHF 1150, sont imputées sur les
plans de prévoyance soient données en parties prenantes sera requise pour l’élabora- fonds propres, sans incidence sur le résultat.
annexe. Dans ce domaine, le management tion de directives de mise en œuvre adé- Les autres effets sur le coût des services
doit prendre des décisions discrétionnaires. quates. découlant du passage à la nouvelle norme,
Cela vaut notamment pour les multinatio- comme le partage des risques par exemple,
nales ayant divers plans de prévoyance. Conclusion ne sont pas représentés.
Pour atteindre les objectifs de publication et Il convient d’analyser dès à présent les
d’information, l’IAS 19 (révisée) exige impacts de l’IAS 19 (révisée) car ses princi-
plusieurs nouvelles informations, notam- pales répercussions doivent déjà être
ment sur l’adéquation de la stratégie de expliquées dans les états financiers anté-
placement par rapport à l’échéance des rieurs à son application. Elles concernent
prestations, sur la sensibilité de l’engagement avant tout l’augmentation prévisible des
par rapport aux modifications des principales charges de prévoyance ainsi que la volatilité
hypothèses actuarielles ou encore sur le accrue des fonds propres et du compte de
profil de maturité du régime. Certaines de résultat. Par conséquent, il est recommandé
ces informations doivent faire l’objet d’un de dialoguer avec les actionnaires, bailleurs
calcul actuariel. de fonds externes et autres parties prenantes
afin de les informer des incidences sur les
La nouvelle norme précise également la comptes annuels. Il peut également s’avérer
publication d’éléments spécifiques. Il s’agit nécessaire de renégocier certains accords
par exemple des coûts administratifs et des contractuels tels que les conventions de
autres coûts, ou des impôts que le plan de crédit. En outre, il est conseillé de faire
prévoyance doit payer sur les cotisations appel à des actuaires à un stade précoce, afin
perçues ou sur d’autres recettes. L’IAS 19 que leur reporting puisse être ajusté aux
(révisée) donne aussi des explications nouveaux besoins. Il restera par ailleurs à
relatives à l’évaluation des régimes prévoyant vérifier dans la pratique dans quelle mesure
un partage des risques. Elle évoque notam- la nouvelle norme apporte bel et bien la
ment la question du traitement des cotisa- transparence et la comparabilité des états
tions des assurés lors du calcul de la dette financiers espérées.

30 Disclose Décembre 2011


Réforme structurelle
des caisses de pension

Philippe Lienhard
Director, Lausanne
philippe.lienhard@ch.pwc.com

En juin 2011, le Conseil fédéral a publié Structure de surveillance la séparation des fonctions ou la signature
de nouvelles ordonnances sur la pré- La Commission de haute surveillance collective). En revanche, pour les grandes
voyance professionnelle. Ces ordon- nouvellement créée prendra ses fonctions le institutions, il est prévu que la Commission
1er janvier 2012. Il lui incombe notamment de haute surveillance émette des directives
nances concrétisent la mise en œuvre
de veiller à ce que les autorités de sur- plus précises en la matière et on peut
des modifications législatives adoptées veillance aient toutes une pratique uniforme s’attendre à ce que les exigences s’orientent
par le Parlement dans le cadre de la de la surveillance et que le système de la sur un système de contrôle interne formel.
réforme structurelle et contiennent des prévoyance fonctionne de manière fiable. En
modifications majeures pour les institu- outre, la Commission de haute surveillance La notion de «contrôles internes adaptés»
tions de prévoyance et l’organe de est également compétente pour donner laisse une marge d’appréciation tant à
révision. des directives à l’intention des organes de l’institution de prévoyance qu’à l’organe de
révision et des experts en prévoyance révision. Aussi est-il recommandé aux deux
Le Parlement a adopté la réforme structurelle professionnelle. parties de prendre connaissance en temps
de la prévoyance professionnelle le 19 mars utile des exigences et de discuter des
2010. L’objectif de cette réforme est de La surveillance directe des institutions de éventuelles mesures nécessaires.
renforcer la surveillance, la transparence et prévoyance à caractère national ou interna-
la gouvernance dans la gestion des institu- tional, exercée jusqu’ici par l’Office fédéral Intégrité et loyauté
tions de prévoyance et de leur fortune. En des assurances sociales (OFAS), sera Les nouvelles directives de l’OPP 2 sont
juin 2011, le Conseil fédéral a adopté, par graduellement transférée aux autorités de entrées en vigueur le 1er août 2011. Les
voie d’ordonnance, les dispositions d’exécu- surveillance cantonales ou régionales à institutions de prévoyance sont tenues
tion nécessaires à la mise en œuvre de cette partir de 2012. Ces dernières devront alors d’adapter leurs règlements, leurs contrats et
réforme. L’ordonnance sur la surveillance être administrativement indépendantes et leur organisation aux nouvelles dispositions
et l’enregistrement des institutions de prendre la forme d’un établissement de droit d’ici le 31 décembre 2012. L’organe de
prévoyance professionnelle (OPP 1) a été public ayant sa propre révision devra vérifier pour
abrogée et remplacée par une nouvelle OPP personnalité juridique. Des exigences la première fois le respect
de ces nouvelles disposi-
1, intitulée «ordonnance sur la surveillance
dans la prévoyance professionnelle». Gouvernance et précises sont tions lors de l’audit des
transparence comptes de l’exercice 2012.
L’ordonnance sur la prévoyance profession-
nelle vieillesse, survivants et invalidité (OPP Contrôle interne: Les posées en matière
2) a été partiellement révisée. Enfin, une institutions de prévoyance
doivent disposer de
d’intégrité et de Exigences à remplir par
nouvelle «ordonnance sur les fondations de les membres de l’organe
placement» (OFP) a été édictée. contrôles internes adaptés à loyauté. de gestion et par les
leur taille et à leur com- gestionnaires de fortune:
L’adoption par le Conseil fédéral des plexité. L’organe de révision devra confirmer Toutes les personnes chargées de la gestion
nouvelles ordonnances fait suite à une large leur existence pour la première fois dans le d’une institution de prévoyance ou de sa
consultation durant laquelle les acteurs cadre de l’audit des comptes annuels 2012. fortune doivent remplir des exigences
concernés ont émis de nombreuses re- La notion de «contrôles internes adaptés» strictes en matière d’intégrité et de loyauté.
marques et critiques, dont le Conseil fédéral signifie que, pour les institutions de petite Elles doivent jouir d’une bonne réputation,
a largement tenu compte. taille, des contrôles très simples et informels garantir une activité irréprochable et éviter
suffisent (tels le principe des «quatre yeux», tout conflit d’intérêts.

Décembre 2011 Disclose 31


Déclaration des liens d’intérêt: La situation Restitution des avantages financiers: Les Autres exigences d’information
personnelle ou professionnelle des personnes personnes et institutions qui, dans l’exercice Afin d’améliorer la transparence, les frais
chargées de la gestion ou de l’administration de leur activité pour l’institution de pré- d’administration et les frais de gestion de la
de la fortune ne doit présenter aucun conflit voyance, reçoivent des avantages financiers fortune devront être indiqués de manière
d’intérêts avec l’institution de prévoyance. accordés par des tiers doivent les déclarer plus détaillée dans le compte d’exploitation à
C’est pourquoi ces personnes sont tenues de chaque année par écrit à l’organe suprême et partir de l’exercice 2012:
déclarer leurs liens d’intérêt à l’organe les restituer dans la mesure où ils dépassent
suprême. Les membres de les indemnités fixées • Frais de l’administration générale
l’organe suprême déclarent Les frais contractuellement. • Frais de gestion de la fortune
quant à eux leurs liens • Frais de marketing et de publicité
d’intérêt à l’organe de d’administration L’organe de révision vérifie • Frais de courtage
révision. doivent quant à lui, par sondages et • Honoraires de l’organe de révision et de
compte tenu des risques l’expert en matière de prévoyance
Actes juridiques passés être indiqués encourus, que toutes les professionnelle
avec des personnes
proches: Les actes
de manière déclarations ont bien été
remises et s’assure qu’elles
• Émoluments de l’autorité de surveillance

juridiques que les institu- détaillée. ont été suffisamment De plus, les placements pour lesquels les frais
tions de prévoyance contrôlées par l’organe de gestion ne peuvent être indiqués devront
passent avec des personnes proches (en font suprême. En dernier recours, les personnes figurer séparément dans l’annexe aux
partie les membres du conseil de fondation, concernées peuvent être amenées à commu- comptes annuels. Sont notamment concer-
les employeurs affiliés et les personnes et niquer l’état de leur fortune afin que nés les fonds de placement, les parts de
institutions chargées de la gestion ou de l’exactitude des données puisse être vérifiée. fondations de placement ou les hedge funds.
l’administration de la fortune ainsi que leurs L’organe suprême analysera chaque année la
proches) doivent être conformes aux Le contrôle des indications fournies incombe pondération des placements et se prononcera
conditions du marché et annoncés à l’organe donc en premier lieu à l’organe suprême et sur la poursuite de la politique de placement.
de révision. L’institution de prévoyance doit doit être consigné dans un procès-verbal.
donc établir un inventaire complet des actes L’organe de révision doit s’appuyer sur cette Conclusion
juridiques passés avec des personnes proches évaluation. Dans la pratique, la vérification Avec ces modifications des lois et ordon-
et s’assurer de leur conformité aux conditions de la situation de fortune personnelle par nances, le corset réglementaire des institu-
du marché. Pour les actes juridiques l’organe de révision ne devrait se faire qu’en tions de prévoyance est une nouvelle fois
importants, elle doit procéder à un appel concertation avec le conseil de fondation et resserré et le mandat de contrôle de l’organe
d’offres afin d’identifier le prestataire le qu’en cas de doute justifié. de révision est étendu. L’organe suprême de
mieux à même de remplir le cahier des gestion n’aura donc d’autre choix que de
charges défini et de fournir le service au Informations d’initiés lors d’opérations dresser un état des lieux complet et d’identi-
meilleur rapport qualité-prix. De manière boursières: Il est interdit aux personnes et fier les besoins d’action. S’il profite de la
générale, l’adjudication de mandats à des institutions chargées de l’administration de réforme structurelle pour revoir dans le
personnes proches au sein de l’organe la fortune d’utiliser des informations d’initiés détail sa gouvernance et qu’il examine sous
suprême doit se faire en toute transparence; afin d’effectuer des opérations boursières un angle critique son organisation et ses
la traçabilité des décisions ayant conduit à pour leur propre compte. Sont concernés par processus actuels, il pourra sans nul doute
l’adjudication doit pouvoir être vérifiée par cette interdiction le front running mais aussi obtenir des informations utiles et identifier
l’organe de révision. Ce dernier vérifie si les le parallel et l’after running. Le front et le des potentiels d’optimisation.
actes juridiques importants garantissent les parallel running désignent l’utilisation
intérêts de l’institution de prévoyance. préalable ou simultanée de fluctuations bour-
sières prévues en raison de mandats futurs
de l’institution de prévoyance. Par after
running, on entend surtout l’utilisation
abusive de connaissances sur des opérations
boursières déjà réalisées.

32 Disclose Décembre 2011


Service Lecteurs

Executive Compensation & A practical guide to new IFRSs for Illustrative IFRS consolidated
Corporate Governance 2011 2011 financial statements for 2011 year
ends
Cette enquête est l’une des études Les principales modifications des IFRS
suisses les plus complètes sur ont été publiées au cours de l’année Cette publication décrit le reporting
le montant et la structure des 2011. Cependant, il n’y a que peu financier consolidé d’un groupe fictif
rémunérations perçues par les membres de changements pour la clôture de de production, de commerce de gros
de conseils d’administration et de l’exercice 2011. Ce guide présente – et de commerce de détail. Elle s’appuie
directions entre 2007 et 2010. Elle sous forme de questions et réponses – sur les prescriptions en matière de
comporte une analyse complète des les principales exigences des nouvelles présentation des comptes et les
rémunérations actuelles des cadres normes et interprétations qui sont interprétations des IFRS déterminantes
supérieurs des sociétés suisses cotées entrées en vigueur cette année. pour les exercices débutant le 1er
en Bourse (SMI et SMIM). Il s’agit janvier 2011 ou ultérieurement.
déjà de la cinquième enquête de PwC
consacrée à ce thème.

IFRS disclosure checklist 2011 World Watch – Governance,


Reporting and Assurance
Grâce à cette check-list, les entreprises
peuvent vérifier rapidement et Ce magazine de PwC traite
systématiquement si elles satisfont aux régulièrement de questions d’actualité
exigences de publication des IFRS. concernant la gouvernance, le
L’édition actuelle prend en compte reporting et l’audit. Il fournit des
toutes les normes et interprétations informations sur des initiatives menées
applicables aux exercices ayant débuté dans le monde pour améliorer la
le 1er janvier 2011 ou ultérieurement. Corporate Governance.
Les nouveautés par rapport à l’année
précédente sont visibles au premier
coup d’œil. Décembre 2011 Disclose 33
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