Vous êtes sur la page 1sur 134

UNIVERSITÉ IBN ZOHR

FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES, ECONOMIQUES ET


SOCIALES

Semestre 4 : Economie & Gestion

COURS ECONOMIE MONETAIRE ET


FINANCIERE II

Professeur : Mohamed ADASKOU

Année universitaire 2019-2020


Pr. ADASKOU M 1
Bibliographie

Ouvrage de l’économie monétaire et financière II:


QCM et exercices corrigés.
Auteur : ADASKOU

Pr. ADASKOU M 2
Sites conseillés
1. Site Bank Al-Maghreb = banque centrale marocaine : http://www.bkam.ma/

Pr. ADASKOU M 3
Sites conseillés
2. L’autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC): http://www.ammc.ma/

Pr. ADASKOU M 4
Sites conseillés
3. Haut commissariat au plan (HCP) : http://www.hcp.ma/

Pr. ADASKOU M 5
Sites conseillés
4. Fonds monétaire international : http://www.imf.org/external/french/index.htm

Pr. ADASKOU M 6
Sites conseillés
5. Banque centrale européenne : https://www.ecb.europa.eu/ecb/html/index.fr.html

Pr. ADASKOU M 7
Le plan du cours

• Chapitre 1 : Système financier et financement


de l’économie
• Chapitre 2 : Le financement sur les marchés de
capitaux
• Chapitre 3 : Les objectifs de la politique
monétaire
• Chapitre 4 : Instruments, canaux de
transmission et règles de la politique monétaire

Pr. ADASKOU M 8
Chapitre 1

Le système financier et
financement de l’économie
Plan du chapitre 1
Introduction
1. Les sources de financement de l’économie
2. L’intermédiation financière et les raisons
d’être des intermédiaires financiers
3. Typologies des systèmes financiers
4. Bilan bancaire et CPC

Pr. ADASKOU M 10
Introduction

Pr. ADASKOU M 11
Introduction
• ACF : Prêteurs =épargnants = investisseurs en
titres = acheteurs des titres = souscripteurs des
titres = demandeurs des titres = créanciers
• ABF : Emprunteurs = vendeurs des titres =
émetteurs des titres = offreurs des titres =
débiteurs

Pr. ADASKOU M 12
1. Les sources de financement de
l’économie

• Gurley et Shaw (1960) distinguent


typiquement deux modes de financement de
l’économie :
– Financement interne (autofinancement)
– Financement externe direct et indirect

Pr. ADASKOU M 13
Pr. ADASKOU M 14
Autofinancement

Pr. ADASKOU M 15
Financement direct
On distingue entre deux types :

1. Finance directe par le marché de capitaux, on


parle de la désintermédiation bancaire

2. Finance directe hors marché de capitaux

Pr. ADASKOU M 16
1. La désintermédiation bancaire :

En théorie, il n’y a pas d’intervention


d’intermédiaire financier

Pr. ADASKOU M 17
2. La Finance directe hors marché de capitaux :

• C’est le cas, par exemple, des crédits


commerciaux : avances et délais de paiement entre
les entreprises

• C’est aussi le cas du financement participatif ou


crowdfunding

Pr. ADASKOU M 18
Financement indirect
• Un intermédiaire financier s’interpose entre
les prêteurs et les emprunteurs. On parle de
l’intermédiation bancaire.

• Deux types d’intermédiaires financiers :


➢Intermédiaires financiers bancaires (les
banques)
➢Intermédiaires financiers non bancaires

Pr. ADASKOU M 19
• L’intermédiation bancaire traditionnelle (ou
de bilan)

Pr. ADASKOU M 20
• L’intermédiation financière (ou de marché)

Pr. ADASKOU M 21
2. Les raisons d’être des banques

La relation directe entre ACF et ABF est


caractérisée par :
– L’incompatibilité des offres et de demandes
de capitaux
– La présence des risques
– L’existence d’asymétrie d’information ex
ante et ex post
– L’insuffisance de notoriété des ABF
Pr. ADASKOU M 22
Les avantages de l’existence d’IF
• La transformation des échéances
• La mutualisation des risques
• Le rôle de l’intermédiaire financier est de gérer
les différences temporelles entre ACF et ABF
• L’IF assure à l’économie la liquidité essentielle
• L’IF est capable de gérer l’asymétrie
d’information

Pr. ADASKOU M 23
3. Typologies des systèmes financiers
John Hicks (1970) distingue entre :

Pr. ADASKOU M 24
Le taux d’intermédiation

Pr. ADASKOU M 25
4. Bilan bancaire

Pr. ADASKOU M 26
4. CPC

• Produit net bancaire (PNB) : est égal à la


différence entre les produits d’exploitation
bancaire et les charges d’exploitation bancaire.

Pr. ADASKOU M 27
4. Rentabilité bancaire

• Deux indicateurs :
• rentabilité financière ou « return on equity »
(ROE) :

• rentabilité sur les actifs ou « return on assets »


(ROA)

Pr. ADASKOU M 28
4. les risques bancaires

• risque de liquidité,
• risque de crédit,
• risque de marché (risque de baisse de la
valeur des actifs, risque de taux d’intérêt et
risque de change)
• risque opérationnel

Pr. ADASKOU M 29
4. Les accords de Bâle

Pr. ADASKOU M 30
4. Missions de la banque centrale
• Emission de la monnaie fiduciaire
• Préparation et mise en œuvre de la politique
monétaire
• Gestion des réserves de change et relations
internationales
• Superviser le système bancaire
• Sécurité des systèmes et moyens de paiement
• Services et diffusion de l’information
monétaire et financière
Pr. ADASKOU M 31
Chapitre 2

Le financement sur les


marchés de capitaux
Marchés de
capitaux

Marché Marché
monétaire financier

Marché Marché
interbancaire ouvert

Pr. ADASKOU M 33
Le marché interbancaire

Prêteurs de Emprunteurs
monnaie de monnaie
centrale centrale

Pr. ADASKOU M 34
Le marché interbancaire

Offre de
monnaie
centrale

Taux du
marché
interbancaire
Demande
de
monnaie
centrale

Pr. ADASKOU M 35
Le marché interbancaire

Bank Al-
Maghreb

Offre de Demande
monnaie de monnaie
centrale centrale

Pr. ADASKOU M 36
Le marché interbancaire

Emprunteurs :
Prêteurs : offre de
remise en pension
la liquidité
(garantie)

Pr. ADASKOU M 37
Le marché interbancaire
Les achats
et les
ventes
fermes de
titres

Les
La opérations
pension de prêts et
d’emprunts
livrée en blanc

Le
réméré
de titres
Pr. ADASKOU M 38
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 39
Equilibre du marché interbancaire

Facteurs
Facteurs de la autonomes
liquidité
bancaire
Réserves

Pr. ADASKOU M 40
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 41
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 42
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 43
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 44
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 45
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 46
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 47
Equilibre du marché interbancaire

Pr. ADASKOU M 48
Le marché monétaire ouvert

MM ouvert

Marché des
Marché des
adjudications
TCN
des BTN
Pr. ADASKOU M 49
Le marché des adjudications des BTN

BTN à très
• 7 jours à 45 jours
court terme

• 13 semaines
BTN à court
• 26 semaines
terme
• 52 semaines
• 2 ans
• 5 ans
BTN à moyen • 10 ans
terme et LT •

15 ans
20 ans
• 30 ans
Pr. ADASKOU M 50
Le marché des adjudications des BTN
• Taux fixe ou variable
• BT négociables de gré à gré
• Les adjudications des BT se tiennent chaque
mardi
• Les soumissions (les offres) sont effectués par
les intermédiaires en valeurs du Trésor (IVT)
• …

Pr. ADASKOU M 51
Le marché des TCN

Certificats de dépôt négociables

Billet de trésorerie négociables

Bons de société de financement

Pr. ADASKOU M 52
Le marché financier

Les émetteurs Souscripteurs


de titres à LT de titres à LT

Pr. ADASKOU M 53
Le marché financier

Pr. ADASKOU M 54
Les instruments financiers

Actions

Obligations
Pr. ADASKOU M 55
Actions

• Le prix d’une action

Pr. ADASKOU M 56
Actions

• Le modèle de Gordon-Shapiro :

Pr. ADASKOU M 57
Capitalisation boursière

• La capitalisation boursière d’une société est


obtenue en multipliant le nombre de titres
émis par le cours de l’action.
• la capitalisation boursière de la Bourse est la
somme des capitalisations boursières des
sociétés cotées.
• Le flottant correspond à la proportion des
titres détenus par des actionnaires dont
l’objectif n’est pas de contrôler la société.

Pr. ADASKOU M 58
Obligations
Plusieurs types d’obligations :
• Les obligations classiques, dites aussi à taux
fixe
• Les obligations à taux flottants
• Les obligations à coupon zéro
• Les obligations perpétuelles (ou rentes
perpétuelles)
• Les obligations remboursables en actions
(ORA)
• Les obligations convertibles en actions (OCA)
Pr. ADASKOU M 59
Obligations
Prix d’une obligation classique :

Pr. ADASKOU M 60
Le marché financier marocain

Le marché
financier

Marché Marché
primaire secondaire
Pr. ADASKOU M 61
Le marché financier marocain

Marché
primaire

Marché des Marché des


actions obligations
Pr. ADASKOU M 62
Le marché financier marocain
Le marché des actions est composé de trois
compartiments :
1. le Marché Principal : cible les grandes
entreprises,
2. le Marché Développement : cible les
entreprises de taille moyenne
3. le Marché Croissance : vise les entreprises en
forte croissance

Pr. ADASKOU M 63
Le marché financier marocain

Pr. ADASKOU M 64
Le marché financier marocain
• Le marché obligataire (marché de la dette) :
l’émetteur doit disposer d’une capacité de
supporter le service de la dette.
• La levée de fonds sur ce marché ne nécessite
pas l’ouverture du capital de la société
émettrice

Pr. ADASKOU M 65
Le marché financier marocain
Conditions pour pouvoir lever des fonds par
endettement sur le marché boursier
marocain:
1. Avoir 2 exercices certifiés
2. Avoir des comptes consolidés si l’entreprise
dispose de filiales
3. Montant minimum à émettre est de 20
millions de dirhams
4. La durée minimale de l’emprunt obligataire
(maturité) est de 2 années
Pr. ADASKOU M 66
Le marché financier marocain

Le marché
secondaire
(marché
négociations)

Marché de bloc
Marché central
(marché de gré à
(marché organisé)
gré)

Pr. ADASKOU M 67
Chapitre 3

Les objectifs de la politique


monétaire
Plan du chapitre

Introduction
1. Les objectifs finals
2. Les objectifs intermédiaires
3. Les objectifs opérationnels
4. Les types de PM

Pr. ADASKOU M 69
Introduction

• La PM : ensemble des actions (instruments)


mises en œuvre par la BC afin d’atteindre des
objectifs finals.

Pr. ADASKOU M 70
Pr. ADASKOU M 71
Pr. ADASKOU M 72
1. Les objectifs finals
• Le « carré magique » de Kaldor .

Pr. ADASKOU M 73
• Problèmes de conflits d’objectifs.
• La réalisation de certains objectifs est
conditionnée à la réalisation d’autres (ou d’un
autre)
• Par exemple : une politique de relance de
l’activité, afin de parvenir à lutter contre le
chômage, peut s’accompagner d’un taux
d’inflation de plus en plus élevé, ainsi que
d’un déficit de la balance commerciale
• Solution: hiérarchiser les objectifs en donnant
un ordre de priorité.
Pr. ADASKOU M 74
L’inflation et la stabilité des prix
• L’inflation dans les sphères réelles et/ou
financières et/ou immobilière signifie la hausse
permanente et généralisée des prix des biens,
des revenus et la valeur des actifs
• L’inflation détériore la valeur de la monnaie
nationale
• La stabilité des prix (lutte contre l’inflation)
est l’objectif prioritaire de la banque centrale.

Pr. ADASKOU M 75
Les causes de l’inflation:
• L’inflation par la création monétaire excessive et
financement monétaire du déficit public. pour
Milton Friedman « l’inflation est toujours et
partout un phénomène monétaire ».
• La spirale prix-salaire ou bien inflation par les
coûts internes.
• L’inflation keynésienne par excès de demande
• Les chocs externes ou inflation par les coûts
externes (inflation importée)

Pr. ADASKOU M 76
Taux de chômage

• La population en âge de travailler (A) =


population active (L) + population inactive (I)
• population active (L) : l’ensemble des
personnes qui ont un emploi (N) ou qui en
cherchent un (U).
• Le taux de chômage U/L × 100
• Le taux d’activité = L/A × 100

Pr. ADASKOU M 77
Croissance économique
• Il y a trois méthodes de calcul du PIB :
1. par la production : PIB =  VA (+les impôt
sur produit (TVA) – subventions sur les
produits)
2. par les revenus : PIB = Σ W + Σ EBE + Σ T -
subvention sur la production et les
importations
3. par les utilisations finales : PIB = C + I + G +
X–M

Pr. ADASKOU M 78
• PIB ou PNB ?
• Indicateur d’évolution des Prix :

• Relation négative entre la croissance et le


chômage, c’est «loi d’Okun»
• Relation décroissante entre les prix et le
chômage, c’est la « relation de Phillips »

Pr. ADASKOU M 79
Croissance économique

Pr. ADASKOU M 80
Equilibre extérieur
• Le taux de change bilatéral nominal est la valeur
de la monnaie nationale par rapport à une
monnaie étrangère.
• Il peut être « à l’incertain »: 1 euro = 10,66 Dhs.
Ou « au certain » : 1 DH = 0.093 euros.
• Le symbole : e = 10,66

Pr. ADASKOU M 81
• Si e augmente, le DH se déprécie et
inversement.
• Le taux de change bilatéral réel (R) : le rapport
entre le niveau des prix prévalant dans deux
pays, avec des prix exprimés dans la même
monnaie :

Pr. ADASKOU M 82
• R et le solde de la balance commerciale

• Que se passe-t-il dans le cas d’une appréciation


du taux de change réel R ?
• Le volume des X augmente et le volume des M
diminue. Mais, la valeur des M s’accroit.
• Une dépréciation de R a un effet positif sur le
solde de la BC si l’effet volume ˃ à l’effet valeur.

Pr. ADASKOU M 83
2. Les objectifs intermédiaires

Afin d’atteindre un (ou des) objectif(s) final(s), les


autorités monétaires définissent des objectifs
intermédiaires ou cibles.

Pr. ADASKOU M 84
Le rythme de croissance de M3
• Une expansion trop forte de M3 est susceptible
d’entraîner une inflation.
• Inversement, une contraction de M3 empêche
une croissance soutenue de l’économie et
entraîne du chômage.
• La BC doit tenir compte également de V.

Pr. ADASKOU M 85
Le niveau des taux d’intérêt

Deux types de taux :


• Les taux d’intérêt des marchés de capitaux (le
taux du marché monétaire, le taux du marché
obligataire et le taux du marché hypothécaire)
• Les taux d’intérêt des institutions financières
(taux d’intérêt débiteurs, taux d’intérêt
créditeurs,…).

Pr. ADASKOU M 86
Le niveau des taux d’intérêt
• Les taux d’intérêt débiteurs sont les taux
d’intérêt exigés par les institutions financières
pour les crédits qu’elles octroient à leur
clientèle.
• Le taux de base bancaire est le taux minimum
que les institutions financières facturent à leurs
meilleurs clients.
• Le taux de l’usure ou le taux maximum des
intérêts conventionnels (TMIC) est le taux
maximum autorisé que peuvent pratiquer les
établissements de crédit.
Pr. ADASKOU M 87
Le niveau des taux d’intérêt

• Les taux d’intérêt créditeurs sont les taux que


les établissements de crédit consentent sur les
ressources qu’elles collectent.
• On distingue entre les taux créditeurs
administrés et les taux créditeurs libres.
• Les taux d’intérêt créditeurs administrés
(réglementés) sont des taux fixés par la banque
centrale (par exemple, le taux appliqué aux
dépôts en comptes sur carnets.
Pr. ADASKOU M 88
Le niveau des taux d’intérêt

• Si l’objectif final de la PM est la relance et


l’emploi, la BC peut tenter de faire baisser ces
taux d’intérêt
• Inversement, si l’objectif final est de lutter
contre l’inflation, la BC peut fixer comme
objectif intermédiaire d’augmenter les taux
d’intérêt de façon à réduire la demande.

Pr. ADASKOU M 89
Le taux de change

• Une dépréciation du DH (baisse de sa valeur


externe) implique une compétitivité de nos
produits.
• Cette dépréciation va aussi générer une hausse
des prix des produits importés.

Pr. ADASKOU M 90
3. Objectifs opérationnels

• La BC peut agir sur des variables qu’elle peut


contrôler directement (taux du marché
interbancaire, base monétaire).
• Par ces opérations d’open market, la banque
centrale peut modifier le taux du marché
interbancaire soit à la hausse soit à la baisse.

Pr. ADASKOU M 91
4. Les types de PM

• PM expansive ou accommodante :

• PM restrictive ou anti-inflationniste :

Pr. ADASKOU M 92
• La PM est expansive en phase de basse du
cycle (pour sortir de la récession)
• La PM est restrictive en phase haute du cycle
(pour lutter contre l’inflation).

Pr. ADASKOU M 93
Chapitre 4

Instruments, canaux de
transmission et règles de la
politique monétaire
Plan du chapitre

1. Instruments de contrôle direct (action sur le


volume des crédits, avant 1991)
2. Instruments de contrôle indirect
3. Les canaux de transmission de la politique
monétaire
4. Règles de la politique monétaire

Pr. ADASKOU M 95
1.Les instruments de contrôle direct

Instruments

directs indirects

Encadrement
La sélectivité
du crédit

Pr. ADASKOU M 96
L’encadrement du crédit
• L’encadrement du crédit consiste à contrôler
directement la quantité de crédit octroyé par
les banques.
• Chaque banque du secteur se voit allouer un
volume à ne pas dépasser de crédit. En cas de
non-respect de la norme fixée, la banque doit
payer une amende à la BC.

Pr. ADASKOU M 97
• L’encadrement du crédit a perdu de son
efficacité pour les raisons suivantes :
– Le recul de l’intermédiation bancaire au profit
d’un financement direct
– Les banques ont tendance à privilégier leur
meilleurs clients (grandes entreprises au détriment
des PME),
– L’encadrement du crédit ne s’intéresse qu’à une
source de création monétaire (les crédits) mais il
est sans effet sur les autres sources de création
monétaire
• Au Maroc, la politique d’encadrement a été
abandonnée depuis 1er janvier 1991
Pr. ADASKOU M 98
La sélectivité
• La sélectivité (ou les coefficients d’emploi
obligatoires) vise à contrôler non pas la
quantité des encours de crédit, mais
l’orientation des crédits bancaires dans le sens
voulu par l’Etat.
• L’Etat incite les banques à donner des crédits
aux secteurs jugés prioritaires, comme
l’agriculture, logement et l’industrie.

Pr. ADASKOU M 99
La sélectivité
• L’Etat a utilisé plusieurs formules : avantages
fiscaux, taux bonifiés, garantie du crédit par
des organismes officiels, etc.
• Les taux bonifiés sont des taux d’intérêt
débiteurs inférieurs à ceux pratiqués par les
marchés de capitaux.
• La banque s’engage à donner un crédit à un
secteur jugé prioritaire à un taux bonifié.

Pr. ADASKOU M 100


La sélectivité
• Les inconvénients de la sélectivité :
1. coûteuse, complexe et peu efficace
2. fausse les lois de la concurrence
3. fausse les calculs et empêche de prendre une
vue d’ensemble des besoins financiers de
l’économie
4. amène le banquier à accorder des crédits plus
importants sans se préoccuper du risque

Pr. ADASKOU M 101


2. Les instruments de contrôle indirect

1. Le réescompte
2. Les opérations d’open-market : opérations à
l’initiative de la BC
3. Facilités permanentes (opérations à
l’initiative des banques)
4. Réserves obligatoires

Pr. ADASKOU M 102


Le Réescompte
• L’escompte ou le réescompte repose sur une
procédure de refinancement direct des banques en
situation de besoin de liquidité auprès de la
banque centrale, c’est-à-dire sans passer par le
marché monétaire.
• La politique de réescompte repose sur deux
instruments : le plafond de réescompte et le taux
de réescompte.
• la politique de réescompte a été supprimée au
Maroc en décembre 1987.
Pr. ADASKOU M 103
Les opérations d’open-market
• Sont les interventions de la banque centrale (à
son initiative) sur le marché monétaire. Ces
opérations servent à piloter le taux au jour le
jour, à gérer la liquidité bancaire et à indiquer
l’orientation de la politique monétaire.
• Quatre types selon Bank Al-Maghreb :

Pr. ADASKOU M 104


Les opérations d’open-market

Pr. ADASKOU M 105


Opérations principales
• Ce sont des opérations de cession temporaire
de titres : les banques mettent en pension ou
apportent en garantie un titre en échange de
quoi elles obtiennent des liquidités pour
quelques semaines (en générale 1 semaine).
• Elles peuvent être aussi des opérations de
retrait de la liquidité sur le marché.

Pr. ADASKOU M 106


• Quand la BC estime que le taux interbancaire
tend à s’orienter à la hausse, elle utilise des
avances à 7 jours sur appel d’offres normal
(délai 24H) pour injecter des liquidités.
• Quand la BC estime que le taux interbancaire
tend à s’orienter à la baisse, elle utilise des
reprises de liquidités à 7 jours sur appel
d’offres normal pour retirer liquidités
excédentaires
• Le taux des avances à 7 jours = taux directeur
fixé par la BC.
Pr. ADASKOU M 107
Exemple : Appel d’offres à taux fixe

• La BC indique à l’avance le taux d’intérêt et


les banques participantes soumissionnent le
montant.
• Supposons trois banques soumettent leurs
offres suivantes :

Pr. ADASKOU M 108


Pr. ADASKOU M 109
• Supposons que la BC alloue seulement 210 MDH.
• Le pourcentage servi est de :

Pr. ADASKOU M 110


• Le montant alloué est donc:

Pr. ADASKOU M 111


Exemple : Appel d’offres à taux
variable

• Les soumissions des banques portent sur les


montants et les taux d’intérêt.
• Supposons que Bank Al-Maghreb décide de
fournir des liquidités au marché. Deux banques
soumettent leurs offres suivantes :

Pr. ADASKOU M 112


Pr. ADASKOU M 113
• Il s’agit d’un appel d’offres destiné à injecter
de la liquidité.
• La liste des soumissions est donc établie par
ordre décroissant des taux d’intérêts offerts

Pr. ADASKOU M 114


Pr. ADASKOU M 115
• Supposons que la BC décide d’allouer
seulement 175 MDH.

• A taux de 3,05%, le pourcentage servi est de :

Pr. ADASKOU M 116


Le montant adjugé :
• Pour la banque A : 10+25 + 50*0,6 = 65

• Pour la banque B : 0+50 + 100*0,6 = 110

Pr. ADASKOU M 117


Deux types d’adjudication:

• l’adjudication à la hollandaise est à taux


d’intérêt unique

• l’adjudication à l’américaine est à taux


d’intérêt multiples

Pr. ADASKOU M 118


Les opérations de réglage fin

• Objectif : piloter les taux d’intérêt en cas de


variations imprévues de liquidité.
• Elles sont effectuées de manière ponctuelle
pour une durée inférieure à 7 jours et prennent
la forme de pensions livrées ou, le cas échéant,
de prêts garantis.
• Appels d’offres rapides ou de gré à gré

Pr. ADASKOU M 119


Les opérations de long terme
• Ces opérations fournissent un complément de
refinancement au secteur bancaire ou retirent
des liquidités excédentaires sur une durée
supérieure à 7 jours.
• Voie d’appel d’offres ou d’une manière
bilatérale (de gré à gré)
• sont conduites sous la forme de pensions
livrées, de prêts garantis ou de swaps de
change

Pr. ADASKOU M 120


Les opérations structurelles
• Les instruments utilisés dans le cadre de ces
opérations structurelles sont :
1. émission de titres d’emprunt de Bank Al-
Maghrib et leur rachat
2. achat et vente de titres (bons du Trésor) sur le
marché secondaire. L’achat ferme permet
d’alimenter les banques en monnaie centrale,
alors que la vente ferme assure un retrait
durable de liquidités.
Pr. ADASKOU M 121
Facilités permanentes
• Elles permettent aux banques, au jour le jour
d’obtenir, auprès de la BC, des liquidités
(avances à 24 H), ou d’en déposer (facilités
de dépôts à 24 H) si elles sont en excédent de
liquidité.

Pr. ADASKOU M 122


• Le taux des avances à 24 H = plafond
• le taux des facilités de dépôts à 24 H = plancher.
• Le taux directeur fluctue à l’intérieur de ce
corridor.

Pr. ADASKOU M 123


A partir de Mars 2016, le taux directeur est fixé à 2,25%

Pr. ADASKOU M 124


Pr. ADASKOU M 125
Les réserves obligatoires (RO)

• Relation inverse entre le taux des RO et le


pouvoir des banques de créer de la monnaie
• Plus le pourcentage de réserves à constituer est
élevé et plus la capacité des banques à faire
circuler de la monnaie est en principe limité.

Pr. ADASKOU M 126


3. Les canaux de transmission de la PM
• Le schéma de base :

Pr. ADASKOU M 127


Le canal du taux d’intérêt

Pr. ADASKOU M 128


Le canal des prix des actifs

Pr. ADASKOU M 129


Le canal des taux de change

Pr. ADASKOU M 130


Le canal du crédit
• Le canal étroit du crédit bancaire

• Le canal large du crédit (ou canal du bilan)

Pr. ADASKOU M 131


4. Règles de la politique monétaire

• Les règles de politique monétaire visent à


guider les banques centrales dans la recherche
de la meilleure façon de garder l’inflation au
voisinage de la trajectoire souhaitée sans
provoquer une variabilité excessive ailleurs
dans l’économie.
• Deux règles importantes : règle de Taylor et la
règle Samuelson

Pr. ADASKOU M 132


Règle de Taylor
• La règle de John Taylor (taux courts) :
le taux d’intérêt directeur de la banque
centrale, nominal ou réel à court terme, doit
être fonction de l’écart d’inflation (taux
d’inflation effectif – taux d’inflation cible) et
de l’écart de croissance (output gap):
• Règle de Taylor en termes nominale :

• Règle de Taylor en termes réel :

Pr. ADASKOU M 133


Règle Samuelson
• La règle d’or de Paul A. Samuelson (taux
long) :
le taux d’intérêt réel à long terme (r) doit rester
inférieur au taux de croissance du PIB.
Selon Fisher:
r=i-π

r = Le taux d’intérêt réel


i = taux d’intérêt nominal
π = le taux d’inflation
Pr. ADASKOU M 134