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Moldavie

La Moldavie, en forme longue République de Moldavie ou République de


Moldova6, en roumain Moldova et Republica Moldova, est un pays d'Europe orientale situé
entre la Roumanie et l'Ukraine, englobant des parties des régions historiques de Bessarabie et
de Podolie méridionale (dite Transnistria en roumain).
La Moldavie est membre-signataire de l'Accord de libre-échange centre-européen et
du GUAM (Organisation pour la démocratie et le développement). Elle a signé un accord
d'association avec l'Union européenne, qu'elle souhaite intégrer.

Étymologie
Politiquement, la Moldavie est officiellement appelée en français République de
Moldavie ou République de Moldova7. Aux Nations unies, le pays a d'abord employé
officiellement en français « République de Moldavie »8, mais depuis 1994, il emploie
« République de Moldova »9 : la première forme Moldavie, française, est préférée par les pro-
européens pour marquer l'appartenance du pays à la Moldavie historique dont fait également
partie la moitié roumaine de cette région historique ; la seconde forme Moldova, bien que
roumaine, est préférée par les communistes et autres pro-russes pour bien souligner en
français la différence entre la « Moldavie » historique roumaine et l'actuelle « Moldova »
post-soviétique située dans la sphère d'influence russe. La même dichotomie se retrouve
en anglais (« Moldavia » / « Moldova ») et en allemand(« Moldau » / « Moldawien »), le
second terme étant à chaque fois, comme en français, un néologisme.
Historiquement, le nom de « Moldavie » vient de l'ancien allemand « Mulde » qui
signifie « creux poudreux », « carrière », « mine », et qui a successivement désigné une cité
minière (en roumain Baia, qui signifie aussi « carrière », « mine »), la
rivière Moldova passant à côté, et pour finir une principauté née dans cette région :
la Principauté de Moldavie (1359-1859) aujourd'hui partagée entre :
 la région de Moldavie en Roumanie (soit 8 départements) à l'ouest du Prut,
 la République de Moldavie à l'est du Prut, successeur de la République socialiste
soviétique de Moldavie,
 et l'Ukraine soit l'oblast de Tchernivtsi (ou Cernăuți en roumain), et la partie de
l'oblast d'Odessa située à l'ouest du Nistru ou Dniestr (Bugeac).
Les trois derniers territoires ont été créés par Staline à la suite de l'annexion soviétique
de juin 1940, permise par le Pacte germano-soviétique de 1939.
L'adjectif géographique Moldaves se réfère à tout ce qui concerne le territoire
historique de la Moldavie.
Géographie
La Moldavie est localisée en Europe orientale. D'une superficie de 33 843 km2, la Moldavie
s'étend sur 450 km du nord au sud et 200 km d'est en ouest.
 Point extrême nord, Naslavcea : 48°28’
 Point extrême sud, le port de Giurgiulești sur le Danube : 45°28’
 Point extrême ouest, Criva sur le Prut : 26°40’
 Point extrême est, Palanca sur le Dniestr : 30°06’
 Altitude maximum, colline de Bălănești : 430 m
 Altitude minimum, basse plaine du Dniestr près de la mer Noire : 0,8 m.
Occupation des sols :
 terre arable : 53 %
 cultures céréalières : 14 %
 pâturages : 13 %
 forêts anthropisées : 9 %
 constructions, routes, etc. : 8 %
 espaces naturels primaires : 3 %
La République de Moldavie occupe le tiers central de l'ancien gouvernement de
Bessarabie de l’Empire russe telle qu'il avait été défini en 1812, lorsqu'elle fut enlevée à la
Principauté de Moldavie, entre le Prut, le Dniestret la mer Noire.
Le reste de la Bessarabie de 1812 appartient aujourd'hui à l'Ukraine : Hotin/Khotin au nord-
ouest, et le Boudjak au sud-est (avec les quatre ports de Reni, Izmail, Chilia/Kiliya et Cetatea
Albă/Bilhorod-Dnistrovskyi) entre la République de Moldavie, la Roumanie, l'embouchure
du Dniestr et la mer Noire).
Ainsi privée d'accès à la mer, la République de Moldavie s'étend aussi sur une partie de
la Podolie (rive gauche du Dniestr) qu'elle partage également avec l'Ukraine. C'est là que se
situe la République moldave du Dniestr, non reconnue par la communauté internationale.

Environnement
Les paysages moldaves ressemblent à ceux de la région française de Bourgogne, bien
que les roches sous-jacentes soient géologiquement plus jeunes (Cénozoïque). Les
versants adrets sont propices à la viticulture, les ubacs conservent fréquemment leur couvert
forestier, notamment dans le Codru. La Moldavie a conservé un environnement encore
riche : elle est, comme d'autres pays de l'Est de l'Europe, parmi les premiers à avoir
concrétisé, avec l'aide des associations environnementales « Biotica » et « M.E.M. »
unréseau écologique national10, avec un plan d’action pour la protection de la biodiversité,
déclinaison locale du réseau écologique paneuropéen (plan approuvé le 27 avril 2001).
En 2001, les noyaux du réseau écologique y couvraient 73 145 ha, incluant cinq
réserves scientifiques (19 378 ha), près de 30 réserves naturelles (22 278 ha), 13 territoires
ayant un autre statut de protection (4 350 ha), 13 habitats humides étant repérés, mais encore
sans statut de protection (24 592 ha). Des corridors biologiques d'importance nationale et/ou
internationale ont été distingués et cartographiés dans ce plan. L'une des plus anciennes de
ces réserves est celle du Codru, en altitude (432 m) au centre du pays. Le Parc national
Orhei est le seul parc national moldave. Il est créé en 2013.

Histoire
C'est le Traité de Bucarest de 1812 qui, en coupant la Principauté de Moldavie en
deux, inaugure pour chaque moitié une histoire différente, plus proche des Balkans et de
l'Europe centrale pour la moitié occidentale, qui en 1859 forme la Roumanie en s'unissant à
laValachie et qui se trouve aujourd'hui dans l'Union européenne et dans l'OTAN, mais plus
proche de l'histoire russe et soviétique pour la moitié orientale, qui se trouve aujourd'hui
dans la CEI et est observatrice de la Communauté économique eurasiatique. Les
conséquences de cette division sont aussi démographiques, car si dans la moitié occidentale
aujourd'hui roumaine, 98% des habitants sont des autochtones, dans la moitié orientale
aujourd'hui indépendante ou ukrainienne, ils ne sont plus que 65%11. Tous lesmoldaves n'ont
pas pour autant renoncé à l'idée de réunifier leur pays, même si le statu quo est aujourd'hui
considéré tant par l'OTAN que par la Russie comme nécessaire au maintien de la paix dans
la région.

Avant la Principauté
Des traces d'habitat existent dès le Paléolithique et se multiplient auNéolithique, avec
notamment la civilisation de Coucouténi-Tripolié. Durant l'Antiquité, on note dans la région
la présence des Daces (ouThraces septentrionaux selon Hérodote, dits aussi Gètes),
desScythes et des Bastarnes12. La région échappe à la conquête de laDacie par l'Empire
romain : seul le sud (département de Cahul) est intégré à la province romaine
de Scythie mineure. Les Daces restés libres dans le pays sont les Carpiens, qui ont laissé leur
nom auxCarpates au IVe siècle, lorsque sous la pression des Goths et desHuns, ils ont émigré
vers l’Ouest.
Après l’effondrement de l’empire des Huns, la région est disputée entre les Avars et
les Onogoures, tandis que les tribus Slaves migrent vers le Sud, traversant le Danube pour
s’installer dans les Balkans. Bien d’autres peuples y passent ensuite
(Bulgares, Magyars,Pétchénègues, Iasses, Coumans...) mais en dehors des vallées des
principaux cours d’eau (Prut, Răut et Dniestr), le peuplement sédentaire, mélange de Daces
romanisés13 et de Slaves connu sous le nom de Volochovènes, a été sporadique en raison
du climat(périodes de sécheresse pluriannuelle) et d’invasions venues dessteppes de l’Est
(peuples de cavaliers nomades). Les deux phénomènes sont d’ailleurs liés : la végétation
aussi a évolué selon ces aléas : lors des périodes plus humides propices au peuplement
sédentaire, les forêts (codri), les prés (pășuni) et les cultures (ogoare) progressaient, tandis
que lors des périodes sèches propices aux cavaliers nomades, c’étaient
les steppes à chardons.
À chaque période sèche, les populations autochtones,
des Gétodaces jusqu'aux Moldaves roumanophonesactuels, se sont réfugiées sur les piémonts
des Carpates orientales ou dans le Codru (plus arrosés en raison de leur altitude). Les pluies
revenues, elles ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages, des
villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions. L’avant-
dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays (mentionné comme loca deserta ou terra
sine incolis sur les cartes de l’époque) fut celle des Tatars/Mongols au XIIIe siècle, puis le
repeuplement moldave s'est effectué au XIVe siècle, conclu par l’unification des
petits voïvodats en une Principauté de Moldavie.
Principauté de Moldavie
Au Moyen Âge : après avoir été partagée entre plusieurs petits duchés (Onut, Soroca,
Hansca, Bârlad) et le peuple des Iasses, la région fait partie depuis 1359 de la Principauté de
Moldavie.
En 1367, la Bessarabie jusque-là valaque est rattachée à la Moldavie (mais à l’époque,
le nom de Bessarabie désigne seulement les rivages du Danube et de la Mer Noire libérés
des Tatars par la dynastie valaque des Basarab : cette région est maintenant
appelée Boudjak).
À partir de 1538 la Moldavie doit payer tribut à l’Empire ottoman mais conserve son
autonomie.
En 1774, l’Autriche annexe la Bucovine (au nord-ouest du pays), puis en1812, les
Russes qui visent le contrôle des bouches du Danubeobtiennent la moitié orientale du pays,
et étendent le nom de Bessarabieà tout le territoire annexé dont Chișinău devient la capitale
(Traité de Bucarest (1812)).
Dans le giron russe
En 1812, la Moldavie orientale devient une « goubernia » de l’Empire russe sous le
nom de gouvernement de Moldavie-et-Bessarabie, peu après abrégé en Bessarabie. Les
autorités impériales considèrent que la Bessarabie doit devenir une terre russe y compris sur
les plans démographique et culturel, et elles en prennent les moyens, mais en plusieurs
étapes.
Sur le plan politique et linguistique, au début l’autonomie de la Bessarabie est garantie
en 1816, et le prince moldave Scarlat Sturdza, est nommé gouverneur. Mais l’autonomie est
abolie en 1828 et Sturdza, destitué, doit s’exiler et est remplacé par des gouverneurs russes.
En 1829, l’usage de la « langue moldave » (nom russe duroumain parlé par les Moldaves) est
interdit dans l’administration au profit du russe. En 1833, le « moldave » est interdit dans les
églises et, en 1842, dans les établissements d’enseignement secondaire, puis dans les écoles
primaires en 1860. Enfin en 1871 le moldave/roumain est purement et simplement interdit
dans toute la sphère publique par oukaze impérial15.
Sur le plan démographique, les autorités impériales encouragent l’émigration
des Moldaves (et en déportèrent de plus en plus) vers d’autres provinces de l’empire
(notamment au Kouban, au Kazakhstan et en Sibérie), tandis que d’autres groupes ethniques,
notamment Russes et Ukrainiens (appelés au XIXe siècle « Petits Russes »), étaient invités à
s’installer dans la région. Selon le recensement de 1817, la Bessarabie était peuplée à 86 %
de Moldaves, 6,5 % d’Ukrainiens, 1,5 % de Russes (Lipovènes) et 6 % issus d’autres
groupes ethniques. Quatre-vingts ans plus tard, en 1897, la répartition ethnique avait
sensiblement évolué, avec seulement 56 % de Moldaves, mais 11,7 % d’Ukrainiens, 18,9 %
de Russes et 13,4 % de personnes issues d’autres groupes ethniques. En quatre-vingts ans, la
part de la population autochtone avait donc chuté de 30 points de pourcentage 16. En 1856, à
la suite de laguerre de Crimée, la Principauté de Moldavie récupère le Sud de
la Bessarabie (aujourd’hui Boudjak, ou Bugeac en roumain) : durant 22 ans, le processus de
« dé-moldavisation » s’interrompt dans cette région.
Pour l’Empire russe, la Bessarabie est d’abord une région agricole et des voies ferrées
sont construites pour la relier au port d’Odessa afin d’exporter les céréales et le bois
moldaves. Sur le plateau au-dessus du vieux bourg moldave de Chișinău, une ville nouvelle
russe au plan en damier est construite : là se trouvent administrations, casernes, cathédrale et
manufactures17.
À l’ouest du Prut, en 1859, la Moldavie occidentale et la Valachie s’unissent pour
former la Roumanie : dès lors, les roumanophones des pays voisins
(Banat, Transylvanie, Marmatie, Bucovine, Bessarabie et Dobroudja) réclament leur
rattachement à ce pays. En 1878, à la suite de la guerre que Russes et Roumains ont mené
ensemble contre l’Empire ottoman, la Russie récupère le sud de
la Bessarabie (aujourd’hui Boudjak) mais l’indépendance de la Roumanie est
internationalement reconnue.
La première indépendance et la période roumaine
Pendant la Première Guerre mondiale, le 2 décembre 1917, l’indépendance de
la République démocratique de Moldavie est proclamée par le Soviet moldave. Celui-ci, à
majorité menchévique et roumanophone, mais menacé de mort par les Bolcheviks (qui
mettent à prix la tête des députés), appellent à la rescousse une division roumaine épaulée
par la mission française Berthelot puis, le 27 mars 1918, vote, par 86 voix contre 3
et 36 abstentions, le rattachement à la Roumanie, à condition que celle-ci respecte les
réformes démocratiques qu’il avait promulguées et l’autonomie du pays.
En 1924, l’URSS qui reprend à son compte les ambitions géopolitiques des Tzars,
refuse de reconnaître ce vote et fonde en Ukraine une Région socialiste soviétique autonome
moldave (en roumain : « Transnistrie »).
Les réformes démocratiques du Soviet moldave sont partiellement respectées au début
de la période roumaine, mais au fil des années et de la montée des nationalismes et
des dictatures en Europe surtout à partir de la crise économique des années 1930, elles seront
de plus en plus écornées, et en février 1938 la démocratieparlementaire roumaine s’effondre
au profit de la dictature carliste dans une situation de quasi-guerre civile entre celle-ci et les
fascistes violemment antisémites de la Garde de fer, particulièrement actifs en Bessarabie où
les Juifs (ici ashkénazes et russophones) étaient très nombreux. En Transnistrie soviétique, la
population diminue à la suite de la guerre civile russe, aux persécutions et déportations de
la Guépéou-NKVD, à la collectivisation et surtout à lafamine : le comité Nansen est très
présent en Bessarabie et y accueille des dizaines de milliers de réfugiés majoritairement
Russes, Juifs et Ukrainiens fuyant l’URSS, de sorte que le nombre de russophones augmente
en Bessarabie même durant la période roumaine18.
Seconde Guerre mondiale
Au début de la Seconde Guerre mondiale, le 2 août 1940, alors que le roi Charles II,
autoritaire mais pro-allié, est encore au pouvoir, l’URSS, en application du Pacte germano-
soviétique, envahit le territoire, que les Roumains évacuent sans combattre. Les Soviétiques
rattachent à la RSSAM (qui perd la moitié de son territoire de 1924 au profit de l’Ukraine)
les deux tiers de la Bessarabie (le tiers restant va à l’Ukraine) et déportent 110 000
roumanophones instruits (même politique qu’en Pologne et dans les pays baltes19).
En juin 1941, la Roumanie, cette fois dirigée par Ion Antonescu, le « Pétain
roumain », attaque l’URSS aux côtés de l’Axe (opération Barbarossa) et récupère le
territoire : déportation de 140 000 juifs (210 000 autres fuient vers l’URSS : la plupart seront
rattrapés par la Wehrmacht ou l’armée roumaine et tués en Ukraine) et de certains Roms.
Entre mars et août 1944 l’URSS récupère à son tour le territoire : déportation de
septembre 1944 à mai 1945 de 120 000 roumanophones accusés d’avoir servi la Roumanie20.
Dans le giron soviétique
Sous le régime soviétique, une intense colonisation slave se développe et les
roumanophones continuent à être dispersés hors de Moldavie par le jeu des attributions de
postes et des déplacements de main-d’œuvre pour les grands travaux (beaucoup se retrouvent
au Kazakhstan) : en 1978, 86 % des dirigeants sont des non-Roumains (Russes et Ukrainiens
pour la plupart). Par ailleurs, le cours du bas-Dniestr s’industrialise : centrale hydroélectrique
de Dubăsari, arsenal de Colbasna, industries mécaniques et d’armement de Tiraspol. La
Moldavie devient par ailleurs la principale région viticole soviétique, et c’est surtout par ce
biais qu’elle y est connue.
Entre 1985 et 1991, sous Gorbatchev, la politique de perestroïka se traduit en
Moldavie par une revendication de reconnaissance de l’identité roumaine des autochtones et
par un retour à l'alphabet latin, le roumain devenant officiel à côté du russe.
La seconde indépendance
Le 27 août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance,
immédiatement reconnue par laRoumanie, puis par la communauté internationale. En
décembre 1991, la « République moldave du Dniestr » dite improprement « Transnistrie »
(en fait, la Transnistrie est beaucoup plus vaste, et à 92 % ukrainienne) proclame son
indépendance par rapport à Chișinău (indépendance non reconnue par la communauté
internationale), et demande son rattachement à la Russie ou à l'Ukraine ; 500 « cosaques »
russophones encadrés par la 14e armée russe (stationnée à Tiraspol) prennent le contrôle de la
rive gauche du Dniestr où se trouvent 80 % des industries ; un millier de volontaires
moldaves armés tentent de passer le Dniestr pour en reprendre le contrôle, mais sont
repoussés (208 tués)21.
Politique
Entre 1991 et 2010, la vie politique se joue essentiellement entre d’une part les pro-
russes regroupés autour des communistes qui se réfèrent explicitement au modèle soviétique
et recueillent les suffrages de la grande majorité des slavophones et d’une partie
desroumanophones (notamment en milieu rural) et d’autre part les non-communistes
(agrariens, centristes, libéraux, chrétiens-démocrates, socialistes modérés) qui se réfèrent
explicitement au modèle européen et roumain, et recueillent les suffrages d’une autre partie
des roumanophones, notamment en milieu urbain ; à partir de 1995, mais surtout après 2000,
à la suite de la crise financière du monde occidental, les communistes dominent nettement la
scène politique : majoritaires au Parlement, ils gouvernent quasiment seuls
de 2001 à 2009 sous la présidence du russophone Vladimir Voronine.
Le 5 avril 2009, 2,5 millions d’électeurs sont appelés à voter. Les communistes
l’emportent de justesse mais l’opposition les accuse d’intimidation et de corruption. La
délégation d’observateurs du Parlement européen présidée par la députée
européenne Marianne Mikko (Estonienne, Parti socialiste européen) note de « réels progrès
par rapport aux élections législatives de 2005 » mais ajoute que « des efforts supplémentaires
devraient être faits concernant la neutralité des chaînes de télévision et de radio
publiques »22. Le 7 avril 2009, des manifestations de l’opposition à Chișinău, devant le
parlement, sont violemment réprimées (décès de trois personnes) et les communistes
accusent l’OTAN et la Roumanie, qualifiés de « puissances fascistes », de susciter
artificiellement ces incidents par leurs « provocations » et « ingérences ».
Selon la Commission électorale centrale moldave, le Parti communiste obtient
49,48 % des voix et 60 mandats de députés, soit un mandat de moins que nécessaire pour
pouvoir élire le chef de l’État. Par ailleurs, le Parti libéral obtient 13,14 % des voix (15
mandats), le Parti libéral-démocrate de Moldavie 12,43 % des voix (15 mandats) et
l’Alliance « Notre Moldavie » 9,77 % des voix (11 mandats)23.
Le Parti communiste ne parvenant pas à faire élire son candidat, les élections
législatives de juillet 2009 voient quatre partis d'opposition (Libéral-
démocrate, Libéral, social-démocrate, et chrétien-démocrate) s'unir pour former une Alliance
pour l'intégration européenne (AIE) qui remporte 53 sièges24 contre 48 au Parti communiste,
qui reste néanmoins le plus puissant des partis politiques de Moldavie, et en pourcentage de
voix, l'un des plus puissants partis communistes d'Europe.
Le Parti communiste connaît en 2010 une petite baisse avec « seulement » 44,7 % des
suffrages (un score que bien des partis communistes européens lui envient). Avec 51 % des
suffrages, les quatre partis politiques de l’Alliance pour l'intégration européenne (A.I.E.),
qui ont tous franchi la barre des 5 % nécessaires pour être représentés au Parlement,
remportent ensemble 53 sièges, soit plus que la majorité absolue, permettant à un nouveau
gouvernement, dirigé par Vlad Filat, d'entrer en fonction. Cependant la coalition ne peut élire
son candidat à la présidence, car selon les amendements constitutionnels votés en juillet
2000, cela nécessite 61 voix sur les 101 membres du Parlement.
Dans une telle configuration, de nouvelles élections auraient dû avoir lieu, mais la
même Constitution limite le nombre d'élections pouvant être tenues dans un laps de temps
aussi court, produisant une situation de blocage. Pour pallier cela, la coalition organise un
référendum prévoyant l'élection du Président de la République au suffrage direct, de manière
que des élections présidentielle et législatives puissent se tenir simultanément en novembre
2010. Le Parti communiste appelle bien sûr au boycott du référendum, et le taux de
participation n'atteint que 30 %, alors qu'il aurait dû dépasser 33,3 % pour être valide. Ainsi,
de nouvellesélections législatives ont lieu le 28 novembre 2010. Les communistes obtiennent
42 sièges, le P.L.D.M. 32, le Parti démocrate de Moldavie 15 et le Parti libéral 12, soit 59
sièges pour les pro-européens.
Mais 61 sièges sont nécessaires pour élire le président de la République. En outre, le
28 décembre, les communistes bloquent l'élection du président du Parlement, qui aurait pu
exercer l'intérim à la tête de l'État. Le Premier ministre démissionnaire, Vlad Filat, remplit de
ce fait l'intérim de la présidence de la République pendant deux jours, le temps que les
députés de l’Alliance pour l'intégration européenne (A.I.E.) se mettent d'accord pour
élire Marian Lupu à la présidence du Parlement le 30 décembre 2010, celui-ci devenant
automatiquement chef de l'État par intérim.
Situation actuelle
En novembre 2014, les élections parlementaires montrent une grande stabilité de
l'électorat par rapport à 2010 : l’Alliance pour l'intégration européenne des partis Démocrate
(P.D. formé par la fusion des sociaux-démocrates et des chrétiens-démocrates), libéral-
démocrate P.L.D.M. et libéral P.L., remporte 54 sièges, contre 47 aux pro-russes qui se sont
partagés, tout en restant très solidaires entre eux, en deux formations : leParti communiste et
le Parti socialiste. Quarante-sept sièges forment une minorité de blocage et les pro-russes,
jouant sur les craintes suscitées par la guerre du Donbass, n'ont débloqué le vote de
confiance du Parlement (le 18 février 2015) qu'en échange de l'engagement du gouvernement
de Chiril Gaburici (P.D.L.M.) de « sauvegarder de bonnes relations avec notre principal
partenaire, la Russie »25. Ainsi, la Russie a réussi à maintenir la Moldavie dans sa sphère
d’influence26.
Voir aussi :
 la liste des présidents de la République de Moldavie
 la liste des premiers ministres de la République de Moldavie
Union avec la Roumanie
Revendiquée par les roumanophones lors des grandes manifestations de 1990, mais
combattue par les russophones auxquels les ultra-nationalistes proroumains promettaient « la
valise ou le cercueil », cette union a finalement été rejetée à 95,4 % par référendum en 1994
dans un contexte de conflit avec la Russie, principal fournisseur d'énergie bon marché pour
la Moldavie.

Politique étrangère
La Moldavie entretient des relations diplomatiques complexes et mouvantes avec deux
pays, la Roumanie d'une part, avec laquelle elle partage une communauté linguistique,
culturelle et historique depuis plusieurs siècles, et d'autre part la Russie, héritière de l'URSS,
dont la Moldavie était une république constituante jusqu'à l'indépendance de 1991 : les volte-
face ont été nombreuses selon les majorités au pouvoir.
Lorsque les pro-roumains et pro-européens gouvernaient, des périodes d'ouverture des
frontières, d'abolition des visas et même de mise en commun des réseaux téléphoniques avec
la Roumanie menèrent à un net refroidissement des relations avec la Russie et l'Ukraine,
ainsi qu'à des interruptions des négociations avec Tiraspol. Inversement, surtout
après 1994 lorsque les pro-russes, pro-ukrainiens (à l'époque du gouvernement
Ianoukovytch) etcommunistes moldaves furent au pouvoir, ce sont les relations avec la
Roumanie et l'Union européenne qui se refroidirent, tandis que les relations avec la
Biélorussie, la Russie et l'Ukraine s'intensifiaient et les négociations avec Tiraspol
reprenaient : ainsi, le gouvernement Voronine manifesta en 2001 sa volonté de rejoindre
l'Union russo-biélorusse27,28.
En 2007, l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne accentua l'ancrage à l'Est de
la Moldavie : les conditions de visas et de séjour devinrent plus strictes entre Roumanie et
Moldavie, alors qu'elles devenaient plus faciles entre Russie, Ukraine, Biélorussie et
Moldavie. La République de Moldavie est d'ailleurs membre de la CEI et du GUAM, une
organisation internationale de coopération à vocation régionale est-européenne. Toutefois, si
cet ancrage à l'Est permit au pays de bénéficier de tarifs modérés pour le pétrole et le gaz
russes, il ne fit pas aboutir les négociations avec la Transnistrie qui continue de se situer hors
de la légalité républicaine et internationale (légalement il s'agit d'une région autonome à
statut spécial ; concrètement c'est un état séparatiste autoproclamé, échappant complètement
au contrôle du gouvernement, fût-il communiste).
De son côté, même en période de mauvaises relations, la Roumanie n'a pas cessé
d'accorder sa nationalité aux citoyens moldaves dont au moins un ascendant est né citoyen
roumain et qui passent avec succès un examen de roumain, ce qui a suscité des controverses
au sein de l'Union européenne, les autres pays membres accusant la Roumanie de « vouloir
faire entrer trois millions d'immigrés par la porte de derrière »29. Le président roumain Traian
Băsescu a répondu que lors de l'absorption de la RDA par laRFA, ce sont 18 millions de
personnes qui ont rejoint la Communauté européenne sans que ses autres membres aient été
consultés.
La majorité élue en 2009 et réélue en novembre 2014 souhaite intégrer l'Union
européenne. Dans le cadre du Partenariat oriental, l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie ont
signé des accords d'association (AA) avec l'Union européenne le 27 juin 201430. Cet accord
prévoit l'approfondissement des liens politiques et économiques avec l'UE. À plus long
terme, ils constituent l'un des outils de la politique étrangère de l'UE visant au
rapprochement puis à l'intégration à différents niveaux des pays au sein de l'UE31.
Les associations comprennent aussi une zone de libre-échange leur offrant l'accès
au marché commun et une collaboration étendue avec les gouvernements et les entreprises
des trois pays partenaires pour faciliter les réformes et contribuer à l'accélération de leur
développement économique31,32.
L'AA instaure une coopération poussée dans plusieurs secteurs : énergie, justice,
politique extérieure, visas, culture, etc. La contrepartie pour la Moldavie sera de procéder à
de profondes réformes sociales, politiques et économiques. Il marque également un tournant
dans le dualisme entre les sphères d'influences européennes et russes car ce faisant, la
Moldavie renonce à toute possibilité d'adhésion à l’Union eurasiatique souhaitée par
Moscou33. Les russophones de Moldavie y ont d’ailleurs réagi par la voix du millionnaire
moldo-russe Renato Usatyi (ru), chef du parti pro-russe RPP (en), qui déclara vouloir
construire une nouvelle muraille de Chine entre la Moldavie et la Roumanie 34, tandis que les
autorités de Transnistrie reparlaient, comme à chaque rapprochement de la Moldavie avec
l’Union européenne, d’un rattachement officiel de leur région à la Russie35.
Enfin, la Moldavie est un État membre de l'Organisation internationale de la
francophonie.
Subdivisions
La question de l'organisation administrative du pays n'a jamais été envisagée du point
de vue de l'état de droit (mêmes droits pour tous, à égalité) ni du point de vue pratique et
ergonomique (des subdivisions basées sur la géographie)36. Au contraire, elle a été
instrumentalisée dans le cadre du combat politique entre la majorité autochtone
roumanophone, et les minorités slavophones. Les dirigeants de la communauté
roumanophone ont essayé d'appliquer à la Moldavie la tradition administrative roumaine,
elle-même d'inspiration française, en mettant en place des județe (départements) avec un
préfet et une forte centralisation. Les dirigeants slavophones, inspirés par le modèle
soviétique, ont au contraire préféré des raïons (arrondissements) dirigés par des comités,
avec des différences entre raïons urbains et ruraux, et des républiques autonomes locales
basées sur l'ethnographie.

Entre ces deux modèles, un compromis qui ne satisfait personne, et qui introduit des
différences de droit d'une région à l'autre, a abouti en fin de compte à une fédéralisation
profitant à la République moldave du Dniestr, située entre le Dniestr et l'Ukraine et au pays
Gök-Oguz ou Gagaouzie, considérées comme des « unités territoriales autonomes ». Ces
deux territoires, où l'autorité de l'État ne s'exerce pas, disposent à eux seuls de 85 % de la
puissance économique de la Moldavie, alors qu'ils ne représentent que 18 % de son
territoire37.

Population
La République de Moldavie (hors la « république » autoproclamée pridniestréenne
dite Transnistrie) compte 3 388 000 habitants, selon le recensement de 2004, en baisse de
208 000 habitants (pour la plupart, expatriés) par rapport à 1989. Au total, on peut supposer
que la population de la République de Moldavie, atteint en 2005 un peu moins de 3 455 000
habitants.
La région est au carrefour de deux cultures : celle latine de la majorité roumaine et
celle slave des minorités russe et ukrainienne. Cette situation se traduit depuis 1812 (année
où la Russie tsariste occupe la Moldavie à la suite d'un traité avec l'Empire ottoman) par une
diversité ethnique, linguistique et culturelle. Avant les bouleversements démographiques de
la Seconde Guerre mondiale et de l'après-guerre, la population était constituée
deRoumains moldaves, de Ruthènes ukrainiens, de Russes blancs, de Bulgares, d'Allemands
de Bessarabie, de Gök-Oguz ou Gagaouzes, de Grecs, d'Arméniens et de Juifs ashkénazes.
Plus des deux tiers de la population étaient Roumains (désignation linguistique) moldaves
(désignation géographique).
Au brassage de cultures et aux vagues migratoires se sont ajoutées au XXe siècle les
tragédies de la déportation organisée contre les Roms et les Juifs par le régime d'Antonescu
(le « Pétain roumain » comme il se qualifiait lui-même) et contre les Roumains par
l'URSS qui a également intensifié la colonisation russe. Le recensement ne tient pas compte
du fait que 70 % de la population est bilingue (roumain – russe), 30 % seulement étant
unilingues (roumain seul ou russe seul). C'est pourquoi, selon les recensements et les auteurs,
depuis 1910, la proportion de la majorité roumaine varie de 56 % à 79 %.
Le Bureau national de statistique de Chișinău a publié les résultats officiels du
recensement, qui offrait aux citoyens roumanophones la possibilité de choisir entre
« roumain » et « moldave ». Selon Moldpres, seuls 2,2 % se sont déclarés roumains, ce qui
les range à côté des autres minorités: 8 % des citoyens se déclarent Ukrainiens, 5,9 %
Russes, 4,4 % Gagaouzes (population turcophone chrétienne), et la très grande majorité (près
de 80 %) se désignent comme « Moldaves » (alors qu'aux recensements précédents, les
roumanophones oscillaient toujours entre 63 et 67 %). Il semblerait donc, à la grande
satisfaction de l'ancien gouvernement communiste(l'ancien président Voronin est lui-même
un Ukrainien, ancien membre du PC de l'URSS), que la très grande majorité des
roumanophones et une partie des slavophones aient choisi de se déclarer de « langue
moldave » (langue politique non reconnue par les linguistes). Ces résultats ne concernent pas
la « république » pridniestréenne ouTransnistrie.
Selon les différents recensements,
 en 1970 : 69 % des habitants de la Moldavie ont déclaré que le moldave (nom
du roumain en URSS) était leur langue maternelle.
 en 1989 : il y avait 88 419 Bulgares en République de Moldavie.
 en 1992 : 4 305 immigrants vers Israël depuis la République de Moldavie
constituaient 7,1 % des immigrants ex-soviétiques vers Israël cette année-là.
Simultanément, 60 % des achats de terrains et d'immeubles par des étrangers en
Moldavie étaient le fait de citoyens israéliens.
 en 2004 : il y avait 65 072 Bulgares selon le recensement.
 en 2006 : 79 % des habitants de la Moldavie ont déclaré que le moldave était
leur langue usuelle (dont 63 % l'ont déclaré comme langue maternelle), 2,2 % se sont
déclarés de langue maternelle roumaine, 27 % le russe ou l'ukrainien.
Si le critère linguistique semble prêter à une grande confusion à cause
des choix politiques, celui ethnique est un peu plus clair, selon les traditions populaires,
les coutumes des villages, les revendications des habitants eux-mêmes et l'histoire. Dans
la république de Moldavie (sans la Transdniestrie) vivent 3 millions de Roumains,
250 000 Ukrainiens, 100 000 Gagaouzes et 90 000 Russes. Dans la république séparatiste
de Transnistrie vivent 300 000 Roumains, 250 000 Russes, 200 000 Ukrainiens et plusieurs
milliers de Juifs, Tatars, Bulgares, Gagaouzes, etc.
Sur l'ensemble des habitants actuels du territoire moldave, 3,3 millions sont Moldaves
(76,2 %), 450 000 sont Ukrainiens (10 %), 340 000 sont Russes (8 %), un peu plus de
100 000 sont Gagaouzes (4,4 %) et presque 100 000 sont des minorités plus petites
(Polonais, Tziganes, Bulgares, Juifs, Tatars, etc.). Ces chiffres correspondent aussi aux
revendications de ces communautés ethniques. La grande majorité des habitants
sont bilingues, parfois trilingues.
Selon des chiffres officieux, environ 1/4 de la population active a émigré (pays
d'Europe occidentale principalement, Russie et Ukraine) soit un taux migratoire net de
-25 %. Les roumanophones choisissent surtout la Roumanie, l'Italie, l'Espagne et le Portugal,
les slavophones surtout les pays ex-soviétiques, la Pologne et l'Allemagne. Résultat de cette
émigration massive, on estime à 250 000 le nombre d'enfants moldaves qui vivent sans leurs
parents38. Par ailleurs, environ 150 000 citoyens moldaves ont également obtenu la
citoyenneté roumaine et/ou russe ou ukrainienne.
Controverse identitaire et linguistique
Dans le pays, l'héritage de l'ancienne principauté entretient une dispute entre d'une part
le Parti communiste moldave et ses alliés, et d'autre part les partis non-communistes de
Moldavie et les autorités académiques au sujet de l'identité historique, linguistique et
culturelle des habitants autochtones de la Moldavie historique. Cette controverse déborde
l'étranger, les anciennes républiques soviétiques (pays baltes exceptés) ainsi que de
nombreux commentateurs de formation slavistique relayant la position défendue par le PCM
(dénommée « Moldavisme ») tandis que la Roumanie et les pays de culture latine relayent la
seconde position (dénommée « Roumanisme »).
Depuis le XIXe siècle, les populations roumanophones des territoires ayant appartenu
successivement à l'Empire russe, à l'URSS et depuis 1991 à la République de Moldavie sont
définies, ainsi que leur langue, comme « Moldaves » successivement par les autorités
impériales russes, par les autorités soviétiques, puis par celles de Chișinău depuis 1994 : ce
terme de « Moldaves » excluant celui de « Roumains », a ici une significationethnique39.
Pour les habitants roumanophones de l'ancienne principauté, le terme « Moldaves » a une
signification non pas ethnique, mais géographique régionale, et il peut être inclus dans la
définition plus large de « Roumains » dans le sens de « roumanophones »40. De fait, ces
mêmes populations sont désignées comme « Roumaines » par la Roumanie, ainsi que par les
pro-européens de Moldavie, comme le sont également les majorités autochtones
de Transylvanie, du Banat, de la Dobrogée ou Dobroudja, de la Valachie et de la partie
roumaine de la Moldavie : dans ce sens, le terme de « Moldaves » est inclus dans celui de
« Roumains ».
Les partisans d'une identité « Moldave différente des Roumains » ont des positions
divergentes à propos des habitants de la partie roumaine de la Moldavie. Pour certains, ce
sont des « Moldaves différents des Roumains » au même titre que ceux de l'ex-URSS. Pour
d'autres, ce sont des « Roumains différents des Moldaves » même s'ils se définissent eux
aussi comme Moldaves (mais non « différents » des Roumains)41.Scientifiquement, les
linguistes, qui se réfèrent à la notion d'isoglosse, ne reconnaissent qu'une langue : le daco-
roumain, mais depuis décembre 2013, cette langue a, en Moldavie, officiellement deux
noms : « roumain » selon la Déclaration d'indépendance et selon la cour
constitutionnelle42 mais « moldave » selon l'article 13 de la constitution. Cette double
dénomination après un quart de siècle de lutte culturelle et d'invectives, revient au
compromis de départ exprimé par le décret du Soviet suprême de la République socialiste
soviétique moldave du 31 août 1989 qui affirmait que le « moldave et le roumain sont deux
langues identiques ».
Santé
Le taux de fécondité est de 1,5 enfant par femme43. Les dépenses publiques de santé
ont été de 4,2 % du PIB et les dépenses privées de santé de 3,2 %43. Il y a environ 264
médecins pour 100 000 habitants43. Les dépenses de santé étaient de 138 US $ (PPA) par
habitant en 200443.

Économie
La République de Moldavie (qui était le principal fournisseur de vin, de légumes et
de fruits pour les anciennes républiques soviétiques) est devenue après la chute de
l'URSS en 1991 un des pays les plus pauvres d'Europe.
La perte de certains marchés traditionnels, la dépendance énergétique au gaz russe, et
la sécession de la « république » autoproclamée Pridniestréenne dite Transnistrie, ont
provoqué la chute dramatique du PIB qui est en 2006 inférieur à celui du Bangladesh, et le
plus bas d'Europe, malgré une forte croissance économique (plus de 8 % en 2005 depuis
l'an 2000). Pour l'année 2008 il est estimé une croissance économique de 8,1 %. Le
gouvernement moldave assure un salaire minimum de 58 €, le salaire moyen pour le mois de
mai 2008 était de 150 € et de 260 € à Chișinău.
L'économie souterraine est évaluée à près de 40 % du PIB. L'inflation oscille entre
12 % et 15 % par an et le déficit commercial est important (financé en partie par les
transferts d'argent des Moldaves qui travaillent à l'étranger).L'industrie, qui utilise l'énergie
des centrales hydrauliques aménagées dans le pays, se concentre essentiellement dans
quelques villes, en particulier Chișinău, la capitale, et Tiraspol. Il s'agit d'industries de
transformation : conserveries, laiteries, textiles, travail du bois et des métaux.
Le tourisme en République de Moldavie se développe de plus en plus. Les endroits à
visiter sont les caves à vin (Mileştii Mici, Cricova, etc.) ainsi que les nombreux monastères
et autres églises orthodoxes (Orhei Vechi, Rezina, Tipova, etc.).
Transports
Le moyen de locomotion le plus courant reste la voiture / minibus. La loi interdit de
conduire en ayant consommé de l'alcool (0 g/l).
Le réseau ferré moldave souffre du manque d'investissements et des tensions
politiques : alors que la Transnistrie russophone autoproclamée bloque les communications
vers Odessa, les pressions de la C.E.I. ont empêché qu'un troisième rail d'écartement
européen de 1 435 mm soit posé à l'intérieur des voies de 1 520 mm d'écartement soviétique,
identique au réseau ferré ukrainien (solution technique pourtant adoptée à la frontière entre la
Roumanie et l'Ukraine entre Câmpulung et Valea Vișeului44), ce qui oblige à une rupture de
charge ou à un changement de boggies au contact des chemins de fer roumains et européens.
Ayant perdu en août 1940 les quatre ports de
la Bessarabie : Reni, Izmail, Chilia/Kiliya et Cetatea Albă/Bilhorod-Dnistrovskyi rattachés à
l'Ukraine, la République de Moldavie est une enclave au sens économique du terme.
Un échange territorial avec l'Ukrainen'ayant pu être mis en application en raison de
l'incertitude du statut d'un territoire à échanger (le hameau de Mîndrești), la Moldavie n'a pu
recouvrer ni acquérir les 1 500 mètres de rivage danubien nécessaires à l'achèvement du port
de Giurgiulești, par ailleurs contesté en raison de la facilité d'accès de la Moldavie aux ports
roumains ou ukrainiens directement reliés à son réseau routier et ferroviaire. Le rivage
moldave sur le Danube a une longueur de 340 m.
Commerce avec la France
Si les relations commerciales entre la France et la Moldavie demeurent encore
modestes, la présence des investisseurs français dans le pays est toutefois plus significative.
Regroupés au sein de la CCI France Moldavie, les investisseurs français contribuent à
structurer l'économie locale et sont un facteur d'attractivité pour le pays. Les investissements
français bénéficient d’un accord de protection réciproque des investissements signé le 8
septembre 1997 et entré en vigueur le 3 novembre 1999. Parmi les importants investisseurs
français, il faut souligner quatre grands groupes français. Le groupe Lafarge Ciment possède
la plus grosse usine de ciment en Moldavie et fournit 75 % des besoins en ciment du pays.
En 2007, la Société générale a fait l’acquisition de Mobiasbanca45, cinquième banque du
pays. Dans le secteur agroalimentaire, le Groupe Lactalis, qui a commencé à investir en
2005, possède une laiterie et deux fromageries46. Le groupe emploie environ 1400 personnes
et produit des fromages pour le marché moldave ainsi que pour l’exportation vers la Russie
et l'Ukraine. Enfin, dans le secteur des télécommunications, la filiale d’Orange en
Moldavie47 est leader de la téléphonie mobile du pays avec une part de marché d’environ
65 %48.
Il est à noter qu’outre ces investissements conséquents, il existe aussi d'autres
investissements français comme la société Bargues Agro-Industrie qui, à travers sa filiale
locale Nucile Si Natura49, conditionne des cerneaux de noixpour l’exportation ou encore Le
Bridge Corporation Limited50. Il y a aussi quelques PME dans le secteur des services
(comme Pentalog51). Par ailleurs, quelques représentations d’entreprises françaises sont aussi
présentes en Moldavie (Alcatel, Pernod-Ricard, Areva)52.

Culture monastères et églises, des citadelles


médiévales, des bâtiments classés
monuments historiques et des sites
archéologiques. Il est du ressort de
l'Académie des sciences, du Ministère de
la culture et, pour les églises, également
des instances ecclésiastiques. À la suite de
la division de la Bessarabie en 1940, une
partie du patrimoine moldave ancien
(citadelles de Hotin et de Cetatea Albă, par
exemple) se trouve aujourd'hui en Ukraine.
Divers patrimoines culturels :
 Ermitage de Butuceni ;
 Citadelles
historiques : Cetatea
Albă, Hotin, Orhei, Soroca, Tighina (m
ais les deux premières se trouvent à
présent en Ukraine, et Tighina est sous
contrôle russophone) ;
Patrimoine historique  Sites archéologiques
de Hansca et d'Orheiul Vechi.
Le patrimoine historique et
architectural est constitué par des