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L'aldostérone est une hormone minéralocorticoïde sécrétée par la zone

glomérulée du cortex des glandes surrénales principalement en réponse à une


stimulation par l'angiotensine 2 ou à une élévation de la kaliémie.

La vasopressine, ou hormone antidiurétique (aussi désignée par les


sigles ADH, de l’anglais : Antidiuretic hormone, et AVP, pour arginine-
vasopressine, bien qu'il existe une forme LVP, pour Lysine-vasopressine chez
les Suidae), est une hormone peptidique synthétisée par les noyaux supra-
optiques et paraventriculaires de l'hypothalamus, et libérée par
l'hypophyse postérieure (neurohypophyse). Elle a principalement un rôle anti-
diurétique au niveau du rein, où elle provoque une réabsorption d'eau via une
action sur le segment distal du néphron lors d'une déshydratation corporelle.
Son gène est AVP situé sur le chromosome 20 humain.

Sommaire

 1Historique
 2Structure
 3Effets
o 3.1Action antidiurétique
o 3.2Activation de la synthèse des prostaglandines
 4Régulation
 5Modes d'action
o 5.1Vasoconstriction
o 5.2Action antidiurétique
 6Antagonistes de la vasopressine
 7Sécrétion posthypophysaire : excès ou défaut
 8Vasopressine et comportement sexuel & parental
o 8.1Vasopressine chez les campagnols
o 8.2Vasopressine chez le primate
o 8.3Vasopressine chez l'humain
 9Notes et références
 10Article connexe

Historique[modifier | modifier le code]
Les effets hypertenseurs des extraits pituitaires sont décrits dès la fin
du XIXe siècle2 et l'hormone antidiurétique est identifiée dans les années 19503.
Sa composition sera établie en 19514.
Le syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone anti-diurétique est décrit en
19575.
Les premiers inhibiteurs de la vasopressine sont développés dans les années
19806 et le premier inhibiteur non peptidique (« vaptans ») est décrit en 19927.
Structure[modifier | modifier le code]
La vasopressine est un polypeptide comportant neuf acides aminés, dont les
deux groupements cystéine sont reliés par un pont disulfure (Cys1 - Cys6). La
séquence des acides aminés est présentée ci-dessous.
H3N+─Cys─Tyr─Phe─Gln─Asn─Cys─Pro─Arg─Gly─COO(-)
Pour la lysine-vasopressine, l'acide aminé en position 8 est la lysine.
Bien que la vasopressine et l'ocytocine aient des structures voisines (sept
acides aminés en commun), ces deux hormones possèdent des effets très
différents.

Effets[modifier | modifier le code]
La vasopressine agit en stimulant des récepteurs spécifiques : V1A, V1B et
V28.
Action antidiurétique[modifier | modifier le code]
La vasopressine a une action antidiurétique : elle diminue le volume des
urines en augmentant la perméabilité à l'eau du tube collecteur. Elle se fixe sur
le récepteur V2, qui est couplé à une protéine Gα, ce qui active une cascade
de signalisation passant par la PKA. Cela provoque la synthèse
d'aquaporine 2 (pore transmembranaire) ainsi que sa translocation à la
membrane apical/urinaire.
Une inhibition de la vasopressine crée l'effet opposé. L'alcool est un inhibiteur
de la vasopressine ; une grande consommation de produits alcoolisés
augmente ainsi le volume des urines. L’alcool affecte l’hypothalamus, une
partie du système nerveux central qui a pour fonction (entre autres) de
contrôler l’osmolarité sanguine. Lors de l’absorption d’alcool, celle-ci inhibe la
sécrétion d’hormone antidiurétique (ADH) par la neurohypophyse (partie
postérieure de l’hypophyse, glande directement reliée à l’hypothalamus).
L’ADH a pour fonction d’augmenter la perméabilité à l’eau de l'épithélium des
tubules contournés distaux et collecteurs du rein en permettant l’ajout
d’aquaporines dans les parois des tubules. Lorsqu'il n’y a pas d’ADH, la
réabsorption d’eau au niveau de ces tubules diminue, ce qui augmente la
diurèse. Comme la vessie se remplit plus rapidement, le buveur doit se rendre
plus fréquemment aux toilettes, la réabsorption d’eau au niveau de ces tubules
dessèche le corps, par conséquent des maux de tête peuvent se développer à
cause de la dilatation ou par la contraction des vaisseaux sanguins qui suit la
diminution de l'influence de l'alcool, au niveau du crâne.
En pharmacologie, la vasopressine est aussi utilisée pour son
effet vasoconstricteur (contraction des vaisseaux). Cela nécessite cependant
des doses importantes de vasopressine, ce qui explique que dans les
conditions physiologiques, la vasoconstriction due à l'ADH est peu observée.
Activation de la synthèse des prostaglandines[modifier | modifier le
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L'ADH a par ailleurs une action stimulatrice sur la synthèse
de prostaglandines (prostaglandine E2 notamment). Ces hormones vont
altérer les effets antidiurétiques et vasoconstricteurs de l'ADH. Elles vont agir
localement sur le rein et vont permettre d'y contrer l'effet vasoconstricteur de
l'ADH, maintenant ainsi la perfusion sanguine dans cet organe.

Régulation[modifier | modifier le code]
La quantité de vasopressine circulante est régulée par l'osmolarité et la
pression artérielle (plus précisément, par la volémie). Au niveau de la crosse
aortique et du sinus carotidien, des barorécepteurs analysent la pression
artérielle. En cas de chute de pression, l'information est transmise au système
nerveux central et à l'hypothalamus qui augmente la production de
vasopressine.
L'augmentation de l'osmolarité est analysée par les osmorécepteurs du
troisième ventricule cérébral et se traduit également par une hausse de la
sécrétion de vasopressine. Parfois, une mauvaise régulation peut être la
cause d'une énurésie[réf. nécessaire].

Modes d'action[modifier | modifier le code]


Vasoconstriction[modifier | modifier le code]
La vasopressine est produite en quantité plus ou moins importante selon
l'heure (rythme nycthéméral), se lie sur des récepteurs (AVPR1) des muscles
des vaisseaux, et induit, par l'intermédiaire d'une protéine Gq, l'activation
d'une phospholipase C et l'augmentation de la concentration intracellulaire en
ions calcium. Les ions Ca2+ ainsi libérés favorisent les interactions entre
les protéines d'actine et de myosine, ce qui conduit à la contraction des
vaisseaux. Après la contraction, des canaux calciques (SERCA) s'ouvrent
dans la membrane du réticulum endoplasmique rugueux qui diminuent la
concentration de calcium intracellulaire et ainsi permettent à une autre
contraction de se produire.
Action antidiurétique[modifier | modifier le code]
Au niveau rénal, la vasopressine se lie sur des récepteurs (AVPR2) des
cellules du tube collecteur, ce qui concourt, par l'intermédiaire d'une protéine
Gs, à l'augmentation du taux intracellulaire d'AMPc. L'AMPc active des
protéines kinases de type A qui phosphorylent des aquaporines (AQP2). Les
aquaporines (canaux hydriques), qui sont initialement présentes dans des
vésicules cytoplasmiques, migrent alors vers la membrane apicale. Les
molécules d'eau peuvent alors rentrer passivement dans la cellule du tube
collecteur à travers les AQP2 en suivant le gradient osmotique, puis en sortir
via d'autres aquaporines (AQP3 et AQP4) exprimées en permanence sur la
membrane baso-latérale, afin d'atteindre l'interstitium rénal. L'eau est ainsi
réabsorbée, ce qui diminue la quantité d'urine sécrétée tout en augmentant sa
concentration.

Antagonistes de la vasopressine[modifier | modifier le code]


Différentes molécules sont en cours de développement comme antagonistes
de la vasopressine, ce qui permettrait, entre autres, d'avoir un traitement de
certaines formes d'hyponatrémie (concentration basse de sel dans le sang).
Parmi elles, on peut citer le tolvaptan, testé en cas d'insuffisance
cardiaque9 ou en cas d'hyponatrémie10, le conivaptan, ces deux produits étant
des inhibiteurs non peptidiques.
Le tolvaptan possède d'ailleurs à présent une indication dans le traitement de
la polykystose rénale autosomique dominante. Il est à ce jour le seul
traitement pharmacologique ayant fait preuve d'efficacité dans le
ralentissement de la progression de l'insuffisance rénale chronique.11

Sécrétion posthypophysaire : excès ou


défaut[modifier | modifier le code]
 Hypersécrétions d'ADH par la posthypophyse
o conséquences d'excès d'eau libre dans le cadre d'une SIADH
(sécrétion inappropriée d'ADH)
o asthénie, nausées/vomissements, céphalées, confusion, troubles
de conscience voire coma, hyponatrémie

 Hyposécrétion posthypophysaire: hypopituitarisme
o conséquences de diabète insipide avec perte d'eau libre,
syndrome polyurie-polydypsie
o s'il n'y a pas de compensation des pertes, on constate une
déshydratation avec sécheresse des muqueuses, pli cutané, diminution
du poids, fièvre, tachycardie, confusion, troubles de conscience,
hypernatrémie.

Vasopressine et comportement sexuel &


parental[modifier | modifier le code]
Les neuropeptides tels que la vasopressine ont aussi des effets sur les circuits
cérébraux associés aux comportements sexuels.
Vasopressine chez les campagnols[modifier | modifier le code]
Chez les campagnols, des recherches ont montré que les comportements
sexuels sont en partie associés à la vasopressine. Le campagnol des prairies
présente un attachement familial profond, est sociable et monogame. À la
suite de l'accouplement, le couple est très uni et habite le même nid. Les deux
parents sont impliqués activement dans les soins des petits pendant une
longue période et le mâle défend sa compagne. À l'opposé, le campagnol des
montagnes est asocial et volage, chacun possède son propre nid, la femelle
ne s'occupe de sa progéniture que pendant une brève période et les mâles ne
s'impliquent pas du tout dans la vie des petits. Des études pharmacologiques
montrent que chez le campagnol des prairies, la vasopressine joue un rôle
dans le développement de la fidélité des mâles et dans leur implication auprès
des petits. Ces effets ne sont pas observés chez les campagnols des
montagnes, probablement à cause de différences dans la programmation
génétique des circuits cérébraux associés à ces instincts. Ces derniers ont
une densité plus faible de récepteurs de la vasopressine que les campagnols
des prairies.
Vasopressine chez le primate[modifier | modifier le code]
Chez le primate, les effets des neuropeptides sont plus subtils. L'injection de
vasopressine affecte les singes mâles peu importe leur rang social, diminuant
les comportements sociaux et augmentant l'activité motrice.
Vasopressine chez l'humain[modifier | modifier le code]
La vasopressine aurait une influence sur les comportements affiliatifs de
l'humain mâle (attachement entre partenaires sexuels), sur son agressivité ou
son stress dans certains contextes, mais les nombreuses données sur les
comportements d’animaux non-humains et les résultats des études plus
récentes sur l'humain restent encore fragiles, en raison notamment des
données en apparence contradictoires, des interactions à plusieurs niveaux et
des obstacles méthodologiques12.