Vous êtes sur la page 1sur 115

UNIVERSITE PARIS 1

PANTHÉON – SORBONNE
INSTITUT DE GEOGRAPHIE

DES VILLES QUI CROISSENT, DES CAMPAGNES QUI SE


DYNAMISENT : L’EXEMPLE DE WINTZA (ÉQUATEUR)

Mémoire du Master 2
Recherche des Géographie des Pays en Développement
présenté par
Fernando BARRAGAN OCHOA

Sous la direction de :
Jean-Louis CHALÉARD
Evelyne MESCLIER

Septembre - 2010
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

SOMMAIRE

Introduction

Première partie : Modification de l’espace régional de Wintza par la croissance


urbaine
I. La croissance démographique

II. Les conséquences sur les campagnes

III. La localisation de Wintza dans le contexte régional

Deuxième partie : Stratégies des Paysans équatoriens face à la croissance


urbaine : l’exemple de Wintza
I. Le travail de terrain

II. Adaptation de l’agriculture aux besoins des villes

III. Compléter les revenus en villes

Troisième partie : Wintza : un territoire dynamique et en plein mutation


I. L’augmentation de la densité

II. De nouvelles infrastructures pour favoriser l’élevage d’altitude

III. Des expressions territoriales différentes d’une même tendance

IV. La montée de la frontière agricole qui se ralenti lors des dernières années

Conclusion Générale

Bibliographie

Page 1
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

I NTRODUCTION

L’ URBANISATION : UN CHANGEMENT MAJEUR LORS DU DERNIER SIÈC LE

L’urbanisation restera comme un des héritages majeurs lors du vingtième siècle à


l’échelle mondiale : « les villes se sont multipliées à un rythme spectaculaire, les plus
grandes métropoles atteignent des tailles inconnues par le passé, et des pays, des sociétés
entières, qui jusqu’alors étaient restés en marge de ce vaste mouvement, se sont
engouffrées dans un processus d’urbanisation qui semble irréversible. » (Moriconi-Ebrard,
1993 : 1). Il s’agit d’une redistribution majeure de la population dans l’espace en créant
un modèle inédit qui marque l’évolution contemporaine du peuplement.

En Amérique Latine ce processus est encore plus important. Là il était le plus


intense, le plus rapide et le plus concentré dans l’espace (Goueset & Dureau, 2006 : 231).
Cela aboutit dans une Amérique Latine comme la région la plus urbanisée d’entre les
aires dites du Sud.

L ES EFFETS DE LA CROI SSANCE URBAINE SUR L ES RELATIONS VILLES -


CAMPAGNES : UNE VISION THÉORIQUE CONTESTÉE PAR LES OB SERVATIONS DE
TERRAIN

L’urbanisation est généralement vu comme une rupture entre les aires urbaines et
rurales par, entre autres facteurs, « l’exode rural » qui dépeuplerait les campagnes
(Bairoch, 1985 : 566). Dans cette même ligne de pensée, Lipton (1976) argumentait la
thèse du « parti pris urbain », dans le cadre d’une « modernisation extravertie » dans le
contexte du paradigme de l’internationalisation (1965-1980) (Peemans 1995 : 23 et s.).

Selon les théoriciens du « parti pris urbain », les problèmes ruraux seraient liés au
protectionnisme des politiques d’industrialisation ; l’appui à l’agriculture, notamment la
révolution verte, serait la solution. La ligature rurale et agricole serait incontestable tandis
que les ruraux et les urbains seraient des classes avec des intérêts différents et par

2
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

conséquent opposés. Les villes, comme lieux de concentration de la population


privilégiée, subordonneraient le monde rural en ruinant les agricultures locales par la
faible capacité modernisatrice des producteurs ruraux, qui auront comme seule
alternative l’abandon des campagnes. Comme conséquence, les territoires ruraux
seraient condamnés à un faible dynamisme.

Mais, les recherches de terrain ont montré que les situations sont beaucoup plus
complexes (Chaléard et Dubresson, 1999). Au début, la délimitation des aires urbaines et
rurales est de plus en plus complexe, la périurbanisation et l’étalement urbain créent de
nouvelles espaces. Les stratégies des acteurs, « urbains » ou « ruraux », ne rendent pas
compte des clivages entre villes et campagnes ; les migrations sont la plupart de fois
pleins d’allés et de retours et leur intensité n’est pas comparable au mouvement des
campagnes européennes depuis le milieu du XIX siècle (Chaléard et Dubresson, 1999). De
plus, dans l’aire rurale, l’agriculture n’est pas une activité exclusive mais obéit à la
pluriactivité. En même temps, l’agriculture urbaine émerge dans les villes (Tacoli, 1998 :
158 et s.).

Face à ces observations, des inflexions dans la recherche sont perceptibles à partir
des années 80 (Chaléard et Dubresson, 1999). Le débat des chercheurs et politiciens sur
les relations villes-campagnes s’est approfondi dû au rôle majeur du marché, comme
moyen pour lier les campagnes et les villes, dans le développement agricole et par les
politiques de décentralisation de ces années là (Tacoli, 1998 : 153 et s.).

De plus, la mondialisation et les politiques d’ajustement structurel, selon


lesquelles une nouvelle division internationale du travail à l’échelle mondiale est crée,
sont le cadre pour les nouvelles recompositions territoriales comme effet de ces relations
villes-campagnes. Ces réorganisations sont observables « …à proximité comme dans les
aires fort éloignées des centres de consommation… » (Chaléard et Dubresson, 1999 : 12).
De cette façon nous arrivons à notre question de recherche : « Quels sont les effets de la
croissance urbaine sur les mutations d’un territoire rural ? »

Deux hypothèses sont possibles. La première suivant les tenants du « parti pris
urbain » serait que la croissance urbaine est un facteur de la perte de dynamisme des
aires rurales. D’autre parte, on peut penser que la croissance urbaine devrait être vue

3
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

comme un facteur de dynamisation des stratégies des acteurs ruraux donc


d’intensification et de dynamisation des mutations dans les aires rurales, même pour des
aires peu proches en dehors des ceinturages périurbains.

L ES A NDES ÉQUATORIENNES , UNE RÉGION P RIVILÉGI ÉE POUR LA RECHERCHE DES


RELATIONS VILLES - CAMPAGNES

Cette question semble être encore plus appropriée dans le contexte équatorien,
où la problématique des relations villes-campagnes a été peu étudiée. Selon Martinez
(2000) cette thématique devrait concentrer les efforts et les ressources disponibles de la
recherche par son absence et son importance.

En fait, en Équateur, ces relations seraient renforcées par sa taille (le plus petit des
pays andins), par son importante densité moyenne (la plus élevé de l’Amérique du Sud),
l’existence d’une infrastructure routière importante et la distribution du semis urbain
partout dans le territoire (à exception des aires du Nord Occident et de la région de
l’Amazonie). De plus, le taux d’urbanisation est un des plus bas de l’Amérique du Sud en
montrant l’importance du secteur rural équatorien.

Les relations villes-campagnes seraient ainsi influencées par la variété des


situations socio-économiques des ruraux et même par la diversité des milieux
physiques qui caractérisent ce milieu rural, qualifié comme « méga divers » (Cepeda,
2007). D’autre part, le réseau urbain, loin d’être un exemple de la « primauté urbaine »
(caractéristique donnée pour l’urbanisation de l’Amérique Latine) montre un réseau
bipolaire qui est constitué, en plus, par de nombreuses villes de différentes tailles et aux
fonctionnalités complémentaires.

Un autre facteur pour comprendre les effets des relations avec les villes sur les
campagnes serait la distance qui sépare ces espaces. En fait, même si la proximité est une
question d’échelles, en général, les aires les plus proches des villes rendent mieux compte
des influences des villes : « Les campagnes périurbaines sont parmi les plus actives.
Peuplées de ruraux qui travaillent dans l’agglomération voisine, leur population augmente
fortement depuis plusieurs décennies… » (Chaléard et Charvet, 2004 : 127). Tandis que le

4
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

rôle de la ville dans les recompositions territoriales des campagnes plus lointaines des
pays du Sud, notamment de l’Équateur, est encore une thématique faiblement connue.

L’ AIRE DE W INTZA COMME UN EXEMP LE DES RELATIONS VIL LES - CAMPAGNES

Face à cette diversité des situations, nous avons privilégié l’étude d’un exemple
qui rend compte des situations des paysans andins qui ne sont pas très proche des villes.
La sélection d’une aire d’étude a pris en compte aussi la connaissance antérieure que
nous avions de l’aire.

Nous avons sélectionné l’aire de Wintza comme exemple pour notre recherche. Il
s’agit d’une aire d’environ 50 kilomètres carrés localisés sur la chaine montagneuse des
Andes, entre 3 200 et 3 600 mètres d’altitude. L’aire de Wintza comprendre les territoires
de plusieurs institutions agraires1 qui ont eu accès à la terre dans le cadre de la Réforme
Agraires dans les années 60 et 70.

Elle se trouve à environ 100 km de Quito, la capitale équatorienne, et à 30 km de


Latacunga, capital de la province de Cotopaxi, de laquelle Wintza fait partie. C’est une aire
éloignée à Quito par rapport à ses ceinturages périurbains mais dans l’aire d’influence
régionale de Quito.

1
Il s’agit de la Coopérative Cotopilaló, Commune San Bartolo, Commune Yanahurco Grande, Commune
Yanahurquito Chico, Commune San Carlos et Commune de Wintza

5
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Carte 1. Wintza dans l’Équateur et l’Amérique du Sud

C
o
l
o
Wintza m
b
i
e

P
é
r
o
Source : SENPLADES u
Élaboration : Auteur

Nous avons choisi cette aire également parce que nous avons déjà fait un
important travail de terrain dans le cadre de l’étude sur les « Dynamiques foncières », un
projet encadré par l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement). Nos observations
de terrain ont montré l’importance des dynamiques et des recompositions dans le
territoire de Wintza, ce qui a été exposé de manière descriptive dans « Avance de la
frontera agricola y Cambios agrarios en el sector de Wintza, Parroquia Toacazo » (La
montée de la frontière agricole et les changements agraires dans le secteur de Wintza,
Parroise de Toacazo) (Barragan et Valdez, 2008).

Nous avons abordé les principaux changements dans l’aire de Wintza afin de comprendre
leurs dynamiques foncières. La thématique des relations villes-campagnes était vue
comme une des démarches privilégiées pour l’approfondissement de la connaissance des
mutations territoriales

6
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Carte 2. Wintza dans sa région proche

Source : SENPLADES
Élaboration : Auteur

É TUDIER LES RELATIONS VILLES - CAMPAGNES :« UN PIED DEHORS ET UN PIED


DEDANS »
La recherche des relations villes-campagnes implique un « pied dehors et un pied
dedans » (Chaléard et Dubresson, 1999 :16), soit une connaissance des villes comme des
campagnes. Le travail de terrain est un élément privilégié dans la démarche de cette
recherche.

7
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

On a réalisé des interviews semi-dirigées pendant plus d’un an. Pourtant, elles ont
été réalisées sous la thématique des « Dynamiques Foncières et Agraires », l’objectif
d’étude était différent. Cependant, les relations villes-campagnes ont été des
thématiques qui apparaissent pendant le travail de terrain, par son importance et son
rôle majeur dans les dynamiques étudiées.

Le fait que l’accès à l’information primaire ait été fait sous une autre thématique
est un facteur limitant pour l’interprétation des résultats puisque les données obtenues
répondraient aux autres questions de recherche : les questionnaires des entretiens, par
exemples, sont plus liés à la compréhension des dynamiques foncières et les
changements de l’agriculture paysanne qu’à l’influence des villes sur ces changements.
Malgré cela, la connaissance du terrain et l’information compilée nous ont permis
d’avancer dans la compréhension d’autres thématiques sur la même aire d’étude. De
plus, la recherche bibliographique et documentaire aide à interpréter et comprendre les
faits que nous avons vus et perçus à partir du travail de terrain.

Le traitement et l’interprétation des données quantitatives des différents


recensements font également parti de la méthode ; cependant, nous nous méfierons de
ces données à cause des limites de cette information. Malgré tout, elle constitue la
meilleure source de données quantitatives pour notre étude.

SOURCES DES DONNEES


Les principales sources des données statistiques proviennent des recensements de
la population. On compte six recensements de population, ils correspondent aux années
1950, 1962, 1974, 1982, 1990 et 2001. Pourtant, l’accès n’est pas disponible à toutes les
années, ainsi le niveau de désagrégation est variable selon chaque année.

L’interface pour accéder à ces donnés est le SIISE (Sistema Integrado de


Indicadores Sociales del Ecuador – Système intégré des indicateurs sociaux de
l’Équateur)2. Il permet l’accès aux données des recensements de 1982, 1990 et 2001. Les
données disponibles des derniers recensements sont plus importantes pour le niveau de

2
Il s’agit d’un logiciel informatique qui peut être téléchargé sur « http://www.siise.gob.ec/ »

8
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

désagrégation spatiale plus fine (pour la plupart jusqu’au niveau de la paroisse) et pour la
quantité des variables. Pourtant, cela ne permet pas de faire des comparaisons
temporaires. De plus, une banque de données de la population équatorienne structurée
par le laboratoire de Cartographie de l’École de Géographie de la PUCE était importante,
notamment dans le premier chapitre.

Les statistiques agraires sont aussi importantes dans notre étude. L’Équateur a fait
trois recensements agraires. Cependant, le nom « recensements » n’est pas adéquat ; il
faudrait plutôt utiliser le terme d’entretiens puisque les statistiques n’incluent qu’une
partie des exploitations. L’accès aux résultats du troisième recensement agraire est
disponible à travers le site internet en suivant le lien http://www.sica.gov.ec/. Cependant,
les données libres sont restreintes.

En ce qui concerne la bibliographie, deux étapes doivent être différenciées. Dans


un premier temps, dans le cadre de la recherche sur les Dynamiques foncières, nous
avons déjà fait un important travail bibliographique en Équateur. Les bibliothèques de
l’Université Catholique, Faculté Latino-Américaine des Sciences Sociales –FLACSO-
(Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales) ainsi que l’accès aux publications
nationales ont permis d’approfondir la connaissance de l’aire d’étude. Dans un second
temps, en France, les sources consultées privilégiaient plutôt l’approfondissement du
débat sur la thématique des relations villes-campagnes. Les bibliothèques de l’Institut de
Géographie et du Centre Georges Pompidou ont été des lieux privilégiés pour ce travail.

Parallèlement, les banques de données et bibliographiques sur l’internet ont été


consultées pendant toute la démarche de la recherche. Les portails d’information de
l’IRD, de la FLACSO, Google Livres ainsi que Google Scholar ont permis d’accéder à de
précieuses sources d’information.

Finalement, nous voulons souligner le rôle du SIG –systèmes d’information


géographiques- pour représenter le territoire et leurs recompositions. Il s’agit des
systèmes informatisés pour aider le traitement et la présentation de l’information
géographique. La condition nécessaire pour l’utilisation des SIG est la disponibilité des
couches de données de base. Auparavant, en Équateur ces couches étaient dispersées
entre les institutions publiques. La SENPLADES (Secretaria Nacional de Planificacion y

9
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Desarrollo – Secrétairerie National de l’aménagement et du développement) a validé


cette information et l’ont rendue disponible, ce qui nous aidera pour la représentation
graphique et l’analyse de l’information géographique.

UN PLAN QUI MONTRE LE S CAUSES - CONSÉQUENCES DES REC OMP OSITIONS


TERRITORIALES EN W INTZA
Nous allons suivre un plan qui aide à montrer d’une façon logique le processus en
jeu et répondre à la question de recherche. On montrera, dans le premier chapitre,
l’espace régional de l’aire de Wintza, notamment la croissance de la population et ses
conséquences sur les campagnes. L’aire de Wintza sera située dans le contexte des Andes
du Nord de l’Équateur, en soulignant son milieu physique et sa situation par rapport à
Quito et aux villes moyennes et petites de la région.

Ensuite, le deuxième chapitre est dédié aux stratégies et réponses des acteurs de
Wintza face aux changements de l’espace régional vus dans le premier chapitre. D’abord
nous soulignerons la méthodologie du travail de terrain, comme principale source pour ce
chapitre. À la suite, nous présenterons la stratégie d’adaptation de l’agriculture aux
besoins des villes et, après, celle de la mobilité pour travailler en ville.

Finalement, dans le troisième chapitre, on montrera les effets des stratégies des
acteurs sur les mutations territoriales en Wintza, nous nous concentrerons sur
l’augmentation de la densité, les modifications du terroir, sur les nouvelles infrastructures
et sur la dynamique de la montée de la frontière agricole.

10
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

11
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

P REMIÈRE PARTIE : M ODIFICATION DE L ’ ESPACE RÉGIONAL DE


W INTZA PAR LA CROISSANCE URBAINE

12
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

INTRODUCTION

La croissance spatiale de la ville et la part croissante des citadins ont été des
changements majeurs lors du dernier siècle. Ces changements se sont ressentis à l’échelle
planétaire ; on est passé de 2,5 milliards d’habitants en 1950 à 6,6 en 2006 (ONU, 2010).
Toutefois, les pays en développement et surtout l’Amérique Latine ont eu les plus forts
taux de croissance démographique : la population est passé de trente millions d’habitants
en 1850 à cent soixante-et-un millions en 1950 pour arriver à cinq cent cinquante-et-deux
millions en 2005 (Dureau, Goueset & Mesclier, 2006 : 45).

La croissance démographique a privilégiée un modèle concentré de la population


dans les aires urbaines. Cette croissance urbaine ne s’exprime pas de la même façon dans
le réseau urbain. Les intensités différentes de ce processus s’expriment selon les pays et
même à l’intérieur des pays, en montrant qu’il s’agit d’une tendance plutôt que d’un
modèle.

En fait, en Équateur, pays peu urbanisé par rapport à l’Amérique du Sud,


l’urbanisation a été influencée par les revenus d’une économie pétrolière qui en même
temps a permis d’investir dans l’intégration du territoire, y compris les aires rurales.
Comme résultat, on est loin d’un modèle d’exode rural : la croissance démographique
rurale a été toujours positive dès le premier recensement démographique en 1950. De
plus, même si deux villes polarisent le territoire, le semis urbain s’est développé en
aboutissant à un réseau urbain différencié par la taille et la fonction des villes.

Nous allons étudier, dans ce chapitre, la modification de l’espace régional de


Wintza. Quelles sont les particularités de la croissance démographique et urbaine en
Équateur ? Comment les dynamiques des villes modifient l’espace régional ? Ces
questions guident ce premier chapitre pour comprendre les effets de la croissance
urbaine dans l’espace régional de Wintza.

En premier lieu, on va voir la croissance démographique et ses expressions dans


les aires urbaines, lesquelles se sont structurées dans réseaux urbains diversifiés et

13
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

complémentaires. Cette dynamique est accompagnée de la diversification des offres de


travail. Dans la suite, on montrera les conséquences sur les campagnes en soulignant la
croissance démographique rurale et la consommation des espaces agricoles par la
croissance des villes. Finalement, on va saisir la localisation de Wintza dans la montagne
et par rapport à l’espace régional, notamment les principales villes.

Nous avons considéré les Andes du Nord de l’Équateur comme un niveau méso
entre la localité (Wintza) et l’échelle nationale. En principe, nous avons fait la différence
entre les Andes du Nord et celles du Sud en fonction de leurs caractéristiques du milieu
physiques (dans le Nord : forte humidité, sols volcaniques récents, peu de saisonnalité,
etc.). De plus, le nœud d’Azuay, qui est la limite entre ces aires, est une barrière physique
qui influence l’organisation de l’espace équatorien, notamment les flux migratoires et la
circulation des biens et des produits. À une autre échelle, il est important de resituer le
réseau urbain équatorien par rapport aux autres pays andins, afin de comprendre les
particularités équatoriens.

I. L A CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE
La croissance démographique est un changement majeur à l’échelle mondiale au
cours des derniers siècles, notamment en raison de sa vitesse (Noin, 1991). En Amérique
Latine la croissance démographique a commencé au XIXème siècle mais c’est au XXème
siècle qu’elle est la plus importante par rapport aux autres continents. On la qualifie d’
« explosion démographique ». Un des facteurs majeurs de cette explosion
démographique est l’amélioration des conditions sanitaires qui permet la baisse de la
mortalité et fait reculer la stérilité (Festy, 1974).

Le comportement démographique du XIX et XXème siècles montrent une


dynamique différente, tandis qu’après la période de la Conquête espagnole, la population
de l’Amérique Latine avait diminué. Le nombre d’habitants initial, d’avant la Conquête, a
été égalé seulement trois cents ans après, dans la seconde moitié du XIX siècles (Dumont,
2001). Ensuite, la croissance est exponentielle : pour les pays andins (la Colombie,
l’Équateur, le Pérou et la Bolivie) la population est passée de 4,1 millions en 1820 à 14,8

14
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

millions en 1920 et finalement à 97 millions en 2008, selon les estimations de


GapMinder3.

Finalement, les taux de croissance démographique dans les dernières décennies


ont diminué, ce qui, joint à la baisse rapide de la fécondité et au ralentissement de
l’urbanisation, est qualifié de « trois surprises » de l’évolution de la population des
dernières décennies du XXème siècle dans l’Amérique Latine par Dumont (2001).

En Équateur, la croissance démographique du dernier siècle est synonyme de


changement majeur dans l’occupation de l’espace. En effet, au XXème siècle la
population a été multipliée par dix tandis qu’au XIXème siècle ce facteur était égal à trois.
Les années soixante et soixante-dix sont les décennies pendant lesquelles les taux de
croissance sont les plus forts : ils sont en moyenne de trois ; alors que pendant tout le
siècle le taux de croissance moyen est égal à 2,1.

Graphique 1.1. Évolution de la population équatorienne entre 1800 et 2008

Sources

Source : Gapminder, 2010, INEC, 2010


Élaboration : Auteur

Cette croissance démographique élevée a des effets différents dans l’espace


équatorien. Même si les aires urbaines ont profité plus de cette croissance, comme on
verra dans la suite, la division urbain-rural ne rend pas compte des dynamiques

3
Il s’agit d’une base de données qui compile diverses sources : statistiques officielles internationales,
sources historiques et leurs estimations. Elle est disponible dans le site d’Internet
http://www.gapminder.org/

15
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

démographiques ; il s’agit plutôt des régions (y compris villes et campagnes) où la


population a augmenté tandis qu’en autres s’est stagnée et même a diminuée.

Une population en grande partie concentré en villes…

La croissance de la population concerne surtout les villes, où les taux de croissance


sont les plus hauts. A l’échelle mondiale, l’urbanisation depuis la deuxième guerre
mondiale est qualifiée par Moriconi-Ebrard (1993 : 9) de « bouleversement
spectaculaire ». Le taux de croissance urbaine en 1960 était de 4,2% tandis que celui de la
population était environ égal à la moitié (2,2%). Dans les cinquante dernières années, les
taux de croissance de la population urbaine a toujours été plus importante que la
croissance démographique.

En l’Amérique Latine, l’urbanisation a renforcé les régions déjà urbanisées,


généralement une région par pays, qui avaient un fort pouvoir d’attraction. L’héritage
urbain (de peuples précolombiens et surtout de la Colonisation considérée comme « la
plus grande entreprise d’urbanisation de l’histoire du monde » (Bataillon et al., 1991 : 11)
et le processus d’urbanisation du XXème siècle ont abouti à une région caractérisée par
un taux d’urbanisation élevé et concentré, selon les concepts et méthodologies
statistiques utilisés4. L’exode rural et la croissance endogène de la population en ville, ce
dernier notamment à partir des années 1980, sont les facteurs de cette dynamique
(Dureau & Goueset, 2006). L’attraction urbaine est en relation avec la création de
nouveaux emplois liés à la croissance du secteur industriel et du secteur tertiaire
(Laborde, 2001).

Cependant, à l’intérieur de la région, les pays montrent des différences dans les
pourcentages de population urbaine. L’Équateur, joint à la Bolivie et au Paraguay, font
partie des pays les moins urbanisés de l’Amérique Latine. Leurs taux d’urbanisation
oscillaient entre 50 et 60% pour les débuts des années 2000.

4
Nous n’allons pas entrer dans le débat des catégorisations « urbaines » et « rurales », pourtant il faut se
souvenir que quelques travaux ont remis en question les méthodologies pour mesurer l’urbanisation qui
ont abouti à des indicateurs élevées pour l’Amérique Latine tandis que si on prend les mêmes
méthodologies appliquées à l’Asie par exemple, le taux d’urbanisation serait faible.

16
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

En Équateur, l’urbanisation est un des changements majeurs dans l’espace lors du


dernier siècle. Il s’agit du bouleversement de la distribution de la population. On est passé
d’une population majoritairement rurale (71,5% en 1950) à une population où la plupart
sont des urbains (69% selon les estimations de l’INEC pour 2010). La population urbaine,
dans la période 1960-2008, a été multipliée par six, alors que la population totale,
« seulement », a été triplée.

Graphique 1.2. Évolution de la population totale et urbaine en Équateur et évolution des pourcentages des
urbains entre 1960 et 2011 (estimations)

Source : Gapminder, 2010


Élaboration : Auteur

Les revenus pétroliers depuis les années 1970 seraient des facteurs majeurs de la
transformation de l’économie et de l’urbanisation. Tandis qu’en autre pays de la région,
les politiques d’industrialisation auraient eu un rôle majeur dans l’urbanisation. En effet,
en Équateur, les revenus issus de la vente du pétrole ont permis la croissance annuelle du
produit intérieur brut –PIB- entre 1970 et 1985 de plus de 10%, c’est la croissance la plus
importante lorsqu’on compare l’Équateur aux autres pays andins (Deler, 2007). Cette
croissance économique du pays a permis l’inversion en infrastructures et la croissance
des institutions de l’État qui ont encouragé la concentration des emplois en ville.

Les villes de la région proche à Wintza ont suivi la même tendance de croissance
urbaine mais avec quelque nuances. Nous avons calculé le pourcentage de variation de la

17
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

quantité de la population pour les périodes d’inter recensements 1982-1990 et 1990-


2001 pour les principales villes avec lesquelles la population de Wintza s’est reliée :
Ambato, Cuenca, Latacunga, Quito, Riobamba et Saquisili. Même si l’augmentation de
population en Quito est la plus importante selon quantité, ça n’a pas empêché les autres
villes de présenter des élevées taux de croissance démographique.

Seulement Latacunga et Saquisili montrent une diminution de la population


pendant la période 82-90, pourtant la croissance démographique est positive et élevée
dans la période suivante. Pour tous les villes prissent en compte la croissance
démographique est plus important dans la période 90-2001, comme on peut voir dans le
tableau suivant.

Tableau 1.1. Quantité de population dans les villes majeures de la région proche à Wintza, selon années
des recensements, et pourcentage de variation pendant les périodes intercensitaires

Population % de variation
1982 1990 2001 1982-1990 1990-2001
Ambato 220 477 227 790 287 282 3% 21%
Cuenca 275 070 331 028 417 632 17% 21%
Latacunga 125 381 117 603 143 979 -7% 18%
Quito 1 116 035 1 371 461 1 839 853 19% 25%
Riobamba 151 623 163 779 193 315 7% 15%
Saquisilí 14 844 12 829 20 815 -16% 38%
Source : SIISE, 2010
Élaboration : Auteur

Croissance urbaine qui s’exprime en réseaux urbains plus ou moins


structurés

Le réseau urbain est l’ensemble des villes hiérarchisées et complémentaires d’une


région (Pumain, 2006). C’est une notion en relation au « système de villes » qui exprime
plus fortement la notion de complémentarité et de « mise en relation » selon la
localisation par rapport aux autres villes. D’autre part, la notion de « système » dénote

18
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

parfois une forte rigidité et stabilité du poids relatif sur la longue durée qui ne permet pas
d'exprimer les changements dans les niveaux hiérarchiques. Nous allons utiliser le
concept de « réseau urbain ».

Comme nous l’avons remarqué, la croissance urbaine en Équateur n’est pas


synonyme de dépeuplement des villes petites et intermédiaires ou de l’aire rurale. En
effet, la croissance urbaine en Équateur est accompagnée par le renforcement d’un
réseau urbain qui comprend des grandes villes, des villes moyennes, et des centres de
services de taille mineure. En fait, l’Équateur, comme dans le cas brésilien, les migrations
et les taux de croissance démographique sont plus importantes hors la capitale depuis les
années 60 (RIZ, 1968).

La « macrocéphalie », nom donné à la primauté urbaine d’une ville par chaque


pays, a été remise en question : le Brésil, l’Équateur, la Bolivie et la Colombie sont des
exemples des pays qui ne suivent pas ce modèle. Également, la connotation de la
macrocéphalie liée à une maladie a été débattue par Goueset et Dureau qui montrent
qu’il s’agit plutôt d’un modèle d’urbanisation en l’Amérique Latine, ce qui est différent de
celui des pays du Nord (Goueset et Dureau, 2006 : 233). Finalement, les taux de
croissance démographique sont plus importants dans les villes petites et moyennes
depuis quelques décennies.

L’importance des villes petites et moyennes en Équateur est perçue précocement.


Riz (1968) soulignait l’importance du semis urbain dans la région côtière. Plus tard la
JUNAPLA (1977, cité par Portais & Rodriguez, 1987) (Junta Nacional de Planificación –
l’Assemblée National de Planification) montrait la différentiation des villes selon leurs
fonctionnements productifs. Ainsi, la Banque Centrale de l’Équateur (1982) propose
quatre catégories de villes : métropoles, centres régionaux, centres régionaux secondaires
et centres locaux administratifs et commerciaux. Portais et Rodriguez (1987 : 56-73)
étudièrent également la hiérarchie urbaine et la typologie des villes. Ils sont arrivés à une
catégorisation similaire à celle de la Banque Centrale, cependant, ils montrent les aires
d’influence et construisent des ensembles urbains.

Finalement, León (2009) a étudié les groupes urbains équatoriens dans le cadre de
l’élaboration des plans d’aménagement du territoire, projet coordonné par la SENPLADES.

19
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

L’auteur montre la concentration de la population en deux métropoles -Guayaquil et


Quito. Malgré cela, les autres villes forment un réseau des centres urbains de tailles et
fonctionnements différents distribués sur tout le territoire.

A leur tour, toutes les études sur le réseau urbain équatorien ont montré
l’importance de Quito et Guayaquil dans la structure de l’espace. En parallèle, elles ont
montré la dynamique des villes petites et moyennes : leur consolidation fonctionnelle
dans les Andes et leur émergence sur la Côte et en Amazonie.

La notion de semis est lié aux formes de distribution spatiales des points sur une
surface (Brunet 1 993 : 451). Le « semis urbain » pour sa part représenta la distribution
des villes dans le territoire. Il s’agit de comprendre leur distribution. Au début comme
points localisés mais aussi en prenant en compte leurs principales caractéristiques
comme quantité de population, taille, fonctions et même leurs liaisons.

Un premier indicateur du réseau urbain est la distribution du semis des villes.


Nous allons utiliser l’information de l’IGM (Instituto Geografico Militar - Institute
Géographique Militaire). Il a identifié les agglomérations de caractéristiques urbaines qui,
du fait de leur taille, doivent être représentées sur une carte à l´échelle 1 : 250 000. Il y a
507 unités spatiales de trois différents niveaux :

 Chef lieu cantonal ou niveau hiérarchique plus important (chef lieu de province et
national) et paroisses urbaines. Ce sont les seules aires considérées comme
urbaines selon la définition « d´urbain » et « rural » de l´INEC.
 Aire urbaine des paroisses rurales : celles-ci expriment l’incongruité de la maille
administrative avec les dynamiques de la croissance urbaine réelle. Il s’agit des
aires qui ont des caractéristiques urbaines (aires bâties, des infrastructures
urbaines, etc.), même si administrativement elles sont perçues comme rurales.
L’exemple de Tumbaco ou Calderon5 à la périphérie de Quito démontrent bien ces
cas.

5
Il s’agit des deux paroisses « rurales » selon l’organisation territorial étatique, nonobstant les
infrastructures, densités, activités économiques, etc. sont loin d’être comparables à celles d’autres aires
rurales. C’est plutôt la continuation de l’aire bâtie de Quito

20
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

 Agglomérations sans niveau hiérarchique : il s’agit des agglomérations qui n’ont


pas de niveau hiérarchique reconnu dans l’organisation territorial de l’État 6,
toutefois, leur taille est importante.

Cette catégorisation montre l’importance des agglomérations de caractéristiques


urbaines distribuées dans tout le pays, même si elles ne font pas partie de la
catégorisation « urbaine » de l’INEC. Les modèles de distribution des agglomérations est
différent selon les régions. En prenant la division traditionnelle qu’on fait selon les régions
dites « naturelles » : la Côte, la Sierra (la région des montagnes) et l’Amazonie nous allons
approfondir dans le semis urbain andin, notamment celui du Nord.

En plus des héritages historiques, la configuration du milieu physique a influencé


la distribution des agglomérations dans la Sierra : En effet la structure emboîtée des
Andes s´exprime dans l´aire de concentration des agglomérations qui suivent une
direction Nord-Sud. L´urbanisation est plus importante dans le Centre et dans le Nord. En
effet, 75% de ces agglomérations appartiennent à cinq des dix provinces (Imbabura,
Pichincha, Cotopaxi, Tungurahua et Chimborazo).

6
Selon la Constitution politique équatorienne : « L’État s’organise territorialement en régions, provinces,
cantons et paroisses rurales » (article 242). Les communautés, communes, « recintos » (de toute petite
agglomérations côtières, quartiers et paroisses urbaines sont reconnus comme unités basiques de
participation (article 248) pourtant ils ne font pas parti de l’organisation territoriale du pays

21
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Carte 1.1. Semis urbain dans la région proche à Wintza

Source : SENPLADES, 2009


Élaboration : Auteur

La distribution des agglomérations est un premier élément qui permet de


comprendre le réseau urbain équatorien. Maintenant nous allons déterminer
l´importance des villes selon leur population. Nous avons privilégié l´utilisation du
concept de « population agglomérée » car il montre la population qui fait partie de
l´agglomération urbaine en opposition avec « urbain » qui exprime la quantité de
population dans les « paroisses urbaines » (voir cadre sur population urbaine et rurale
dans les annexes). Ces données ont été compilées dans une base de données par l´École
de Géographie de l´Université Catholique de l´Équateur.

22
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Les caractéristiques du réseau urbain peuvent être exprimées à travers quelques


indicateurs comme celui de la primauté urbaine. D’après les travaux de Moriconi-Ebrard
(1993) sur l’urbanisation à l’échelle mondiale et de Goueset, Mesclier et Deler (2004) sur
le réseau urbain colombien, nous allons exposer quelques caractéristiques du réseau
urbain équatorien.

La population agglomérée pour l´année 2001 est de 7 807 626 habitants, soit 64%
de la population. Leur distribution est concentrée dans deux villes (plus de 30% des
équatoriens habitent à Guayaquil, première ville selon population, ou à Quito, capital
équatorienne), ce qui montre une spécificité dans l´urbanisation latino-américaine qui
généralement a privilégié un seul centre urbain. En fait le taux de primauté urbaine en
Équateur, pendant les années 1950 et 1990, est le plus faible de l´Amérique du Sud après
celui du Brésil, d’après la base de données de Geopolis7. Si l’Équateur n’est pas un
exemple de « primauté urbaine », il montre une structure bipolaire, comme un élément
fondamental dans l’organisation de l’espace.

Malgré cette concentration en deux villes, les autres agglomérations sont


importantes dans l´armature urbaine et dans la structure du territoire équatorien. Les
villes8 qui comptent entre trois cents milles et cent cinquante milles habitants
représentent 11 % de la population d’Équateur et 17 % de la population agglomérée. Les
six villes de moins de cent cinquante milles habitants et de plus de cent mille habitants
représentent 6% de la population du pays. Le pourcentage est similaire pour les douze
villes qui comptent entre cent mille habitants et cinquante mille habitants.

Nous allons reprendre l´étude de León (2009) pour approfondir la structuration


d’un réseau urbain composé de groupes urbains9 aux caractéristiques et fonctionnements
différents. L’auteur ajoute une base de données avec les caractéristiques des groupes
urbains pour montrer quantitativement les caractéristiques de ces unités.

7
Qui est disponible sur le site d’internet http://www.e-geopolis.eu/
8
Tous ces données d’après la base de donnés de la population crée par l’École de Géographie de
l’Université Catholique de l’Équateur
9
Il s’agit de groupes des localités polarisées par une ville proche de plus de 150 000 habitants

23
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Les groupes urbains ont été regroupés en quatre catégories selon leurs
caractéristiques : groupes urbains métropolitains –GUM- (nœuds d’articulation
internationale), intermédiaires –GUI- (nœuds de structuration nationale), secondaires –
GUS- (nœuds de liaison) et mineurs –GUMI- (nœuds de production agraire), comme en
peut voir dans le graphique 1.6.

Carte 1.2. Nœuds urbains Équatoriens différenciés

Source : SENPLADES, 2009

La caractérisation des activités économiques de la population aide à montrer les


différentes fonctions des groupes urbains dans l’ensemble national. En fait, les
différences se sont exprimées dans les activités économiques de la population, comme on
peut voir dans le tableau 1.2.

24
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Tableau 1.2. Pourcentages de la population selon les secteurs de l’économie et des groupes urbains en
Équateur, 2001
Secteur primaire Secteur Secteur tertiaire
(%) secondaire (%) (%)
Groupes urbains métropolitains (GUM)
14 22 64
Groupes urbains intermédiaires (GUI)
35 20 45
Groupes urbains secondaires (GUS)
48 14 38
Groupes urbains mineurs (GUIm)
31 19 50
Moyenne notionnelle 32 18,75 49,25

Source : LEON, 2010


Élaboration : Auteur

La population est dédiée à différentes activités économiques selon le type des


agglomérations. Les services sont très importants dans les métropoles –Quito et
Guayaquil-. Ces services sont importants aussi dans les groupes urbains mineurs, comme
Latacunga, surtout ceux liés à la commercialisation des produits pour l’agriculture
(comme engrais, chimiques, etc.) et sa production.

Le secteur secondaire est important dans les métropoles et les groupes


intermédiaires, comme Ambato, liés à l’infrastructure pour la transformation de la
matière première. Tandis que la population liée aux activités agricoles est importante
dans tous les types d’agglomérations, à l’exception des métropoles.

Les villes les plus importantes pour Wintza sont diversifiées de plus de sa taille par
leurs activités économiques. Ce qui est perceptibles dans le pourcentage de la population
dédiée à chaque branche de l’activité économique. Même si quelques pourcentages sont
similaires, comme celui des « commerces et services en général » qui ne montre pas une
variation importante dans les villes étudiées ; en autres activités la variation est élevée
comme dans le cas de « l’agriculture, chasse et pêche » ou dans les « services financiers »,
comme on peut voir dans le tableau suivant.

25
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Tableau 1.2. Pourcentages de la population (2001) dédiée aux différentes activités économiques selon
villes dans la région proche à Wintza
Moyenne
Cuenca Quito Machachi Latacunga Saquisilí Ambato Riobamba équatorienne
Agriculture, chasse et pêche 11,40 6,50 29,50 36,40 54,40 22,60 26,50 26,76
Manufacture 20,00 14,70 13,10 13,10 4,40 20,30 10,20 13,69
Construction 8,10 7,90 6,50 6,00 6,10 5,00 5,40 6,43
Commerce et services en général 28,30 29,50 22,80 22,20 21,50 28,00 24,50 25,26
Services financiers 3,60 7,00 2,10 1,80 0,60 2,80 2,40 2,90
Services publics 20,10 23,60 18,30 16,30 10,20 15,80 24,60 18,41
Non espécifiés 8,50 10,90 7,70 4,30 2,80 5,50 6,20 6,56

Source : LEON, 2010


Élaboration : Auteur

En fait, le pourcentage de la population dédiée à chaque branche d’activité nous


aide à montrer les particularités économiques de chaque ville, ce qui a des effets dans les
relations établies avec les campagnes. Nous allons nous concentrer dans les écarts des
pourcentages de la population par branche économique par rapport à la moyenne
équatorienne.

Nous voulons souligner le rôle de Quito comme une grande métropole où les
activités économiques sont liées aux services économiques et publics, fonctionnes liées à
sa fonctionne comme capitale du pays. Saquisili, Latacunga et Machachi en moins degré,
liées aux activités du secteur primaire de l’économie, d’un parte comme lieu de résidence
pour quelques agriculteurs et d’autre parte, comme centre de commercialisation de la
production agricole, cette dernière fonctionne particulièrement important pour Saquisili.
Ambato se présente comme un échelon plus haut de la commercialisation et la
transformation des produits via la manufacture et l’industrie. Plus au Sud, Riobamba et
Cuenca, comme villes importantes pour leur taille, la première liée fortement à
l’agriculture et aux services publiques tandis que Cuenca est un autre centre de la
manufacture, notamment de l’artisanat.

Lié aux particularités des villes, l’offre des travaux se diversifie par différentes
catégories d’occupation, des cadres aux manœuvres. En général, les meilleurs travaux -
mieux rémunérés, meilleures conditions, stabilité, etc.- sont pris par les urbains tandis
que les travaux moins rémunérés, de périodes courts et sans stabilité sont pris par les
ruraux qui migrent à la ville, comme ceux de l’aire de Wintza.

26
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

La croissance des villes s’accompagne d’une diversification des activités et de la


création de nouvelles branches d’activités, donc de nouveaux emplois. En plus, les styles
de vie des urbains ne laisse pas du temps pour le jardinage, par exemple.

En outre, la croissance des villes est accompagnée de la fortification du secteur de


la construction, donc de la création des emplois. En fait, selon les estimations de la
municipalité de Quito, basée dans l’émission des permis de construction, il s’agit d’une
branche en émergence : en 1997 la construction était de 559 000 mètres carrés tandis
que pour le 2006, ils sont 1 917 000, c’est-à-dire plus de trois fois plus d’intensité de
construction.

II. L ES CONSÉQUENCES SUR LES CAMPAGNES


La croissance démographique est un changement majeur qui a modifie surtout les
aires urbaines. Cependant, elle a des effets sur les campagnes, ce qui montre la liaison de
ces espaces. Dans cette partie nous voulons remarquer les changements régionaux
majeurs comme effet de la croissance urbaine.

Les effectifs de la population est un première thématique de débat. D’un part, on


parle de « l’exode rural », pourtant, les statistiques montrent que la croissance urbaine
n’a pas empêché l’augmentation en quantité des ruraux dans quelques régions, en
aboutissant dans aires de fortes densités qui contrastent avec autre presque dépeuplées.

Dans ce contexte est important de situer Wintza avec sa position dans les Andes et
sa localisation par rapport aux villes les plus importants pour les stratégies paysannes.

Campagnes qui ne se sont pas dépeuplées

Un des facteurs de la croissance urbaine à l’échelle mondiale est lié aux migrations
des ruraux vers les aires urbaines : il s’agit de « l’exode rural ». Pourtant dans quelques
pays de l’Afrique et de l’Amérique Latine, même si les migrations des ruraux sont
importantes, cela n’a pas abouti à un dépeuplement des aires rurales, par les taux de

27
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

croissance de population élevés. La dynamique à laquelle on a assistée pendant la


seconde moitié du XXème siècle n’est pas comparable à celle des pays du Nord pendant la
révolution industrielle.

En Équateur, même si les ruraux restent moins importants en pourcentage par


rapport aux urbains, ils sont à chaque fois plus nombreux. En fait, les ruraux en 1950
étaient 2 289 971, pour l’année 1982, ils sont déjà 4 150 877 et pour l’année 2001,
4 725 253 (INEC, recensements de la population), soit la population rurale est de plus de
deux fois plus nombreuse pendant une période de cinquante années.

Dans les Andes du Nord de l’Équateur (la région proche à Wintza) la population
rural en générale a augmenté, même si dans quelques aires il y eu des taux de croissance
démographique négative. Nous avons utilisés les couches d’information des systèmes
d’information géographique (SIG) de la SENPLADES, celles qui montrent les taux de
croissance démographique par les périodes d’intercensitaires.

28
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Carte 1.3 – 1.5. Croissance démographique selon périodes intercensitaires

29
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Source : SENPLADES
Élaboration : Auteur

Les cartes montrent les élevées taux de croissance démographique en Wintza,


notamment pendant les deux premiers périodes (1974-1982 et 1982-1990). Cette
croissance est partagée par autre aires dans la région, surtout vers le Sud dans l’aire
proche à Saquisili. Il est remarquable aussi la croissance démographique des aires que
enveloppent Quito, notamment à l’Ouest, comme effet de la périurbanisation.

Les effets de la dynamique d’accroissement de la population différenciée selon


aires géographiques et les héritages historiques du peuplement dans le territoire
équatorien ont abouti dans un territoire où les densités de la population sont très
contrastées, comme on peut voir dans le graphique 3.2. À l’échelle nationale, elles
passent des aires presque vides dans l’extrême Est de l’Amazonie à aires très peuplées
dans le bassin intramontagnarde des Andes centrales et du Nord (plus de 1 100 hab. /km 2
en Ambato) ou dans le bassin du fleuve Guayas sur la Côte.

Dans la région de Wintza les densités sont importantes dans les villes et aussi dans
les campagnes. En montrant qu’une densité élevée dans les villes n’empêche pas le
maintien de quantités importantes de populations dans les campagnes d’alentours,
comme on peut voir dans le graphique suivant.

30
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Carte 1.6. Densités de la population en la région proche à Wintza, 2001

Source : SENPLADES, 2009


Élaboration : Auteur

À une échelle régionale, les Andes du Centre et Nord sont des aires où la densité
est élevée, notamment dans les aires basses de valles intramontagnardes. Elle diminue
tandis qu’on monte par les versants Andines. Pourtant, elle est toujours importante par
rapport aux aires des versants extérieurs des Andes ou à l’Amazonie.

31
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Des villes qui croissent en consommant des espaces agricoles

La croissance urbaine s’exprime dans le territoire par deux dynamiques


complémentaires : la densification de la ville et la croissance spatiale de l’aire bâtie. Nous
allons nous concentrer sur le deuxième aspect. Selon Laborde (2001) dans un premier
temps la ville s’entoure d’une enveloppe densément peuplée (la banlieue). Elle s’étend
jusqu'à se lier avec d’autres centres urbains, ce que l’on appelle la conurbation. Dans ce
cas, il s’agit d’une région urbaine avec plusieurs centres, parfois étalés. Cet étalement
urbain et la multiplication des infrastructures de transports et des superficies
commerciales et industrielles à la périphérie des villes se font au détriment des
superficies agricoles (Chaléard & Charvet, 2004 : 121). De plus, la croissance spatiale est à
l’origine d’autres enjeux liés à l’utilisation urbaine des aires peu adaptées, la hausse du
prix du foncier des aires agricoles à côté de la ville, l’organisation des transports, etc.

Pour notre étude, il faut souligner la réduction de l’espace agricole due à


l’urbanisation, car cela implique la diminution de la production agraire qui, auparavant,
permettait de ravitailler la population urbaine. Chaléard et Charvet (2004) mentionnent
quelques exemples : deltas très fortement peuplés d’Asie du Sud-est (à Bangkok en
Thaïlande, et au delta à la Rivière des Perles en Chine), à Mexico au Mexique, à Sao Paulo
au Brésil, à Mitidja en Algérie, pour reprendre des exemples de pays du Sud.
L’urbanisation du sol agricole crée la nécessité d’espaces plus lointains pour le
ravitaillement des villes et des recompositions et des dynamiques territoriales dans ces
espaces.

Nous allons prendre comme exemple la croissance spatiale de Quito parce que
Wintza fait partie de son aire d’influence. Ainsi, Quito montre une croissance spatiale très
importante, donc l’appropriation d’autres espaces, auparavant agricoles.

La croissance spatiale de la ville est liée à la disponibilité des espaces urbanisables.


Les contraintes physiques de l’aire urbaine de Quito, notamment la présence du volcan
Pichincha à l’Est, sont des facteurs pour lesquels la croissance spatiale s’exprime plus
fortement dans les aires des vallées orientales. L’amélioration des voies de circulation et
des moyens de communication fortifient cette dynamique.

32
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

La croissance spatiale de Quito est un changement majeur à l’échelle locale et


régionale. En effet, la surface de la ville de Quito a été multipliée par quarante au XXIème
siècle. En 1902 la superficie était de 200 hectares, elle est passée à 1 300 hectares en
1950 (De Noni, et all. 1988). Depuis les années 1950, la croissance spatiale est plus forte ;
en 1992, la superficie atteint 37 000 hectares (Murray, 1998).

Les vallées orientales où aujourd’hui la croissance spatiale de la ville est plus forte,
étaient auparavant des aires de production agricole pour le ravitaillement de la ville. Par
exemple, « El Valle de los Chillos » était une des aires agricoles les plus importantes ; c’est
aujourd’hui une aire de forte urbanisation.

En fait, ce sont les aires suburbaines à côté de Quito, surtout à l’Ouest, qui ont
concentré les taux de croissance démographique les plus élevés pendant la période 1990-
2001 (Serrano, 2005 : 16). Là où la production agraire était importante.

III. L A LOCALISATION DE W INTZA DANS LE CONTEXTE RÉGIONAL


Nous allons présenter la localisation de Wintza dans le contexte régional et
national. Il nous intéresse d’exposer, d’un part, les caractéristiques majeures du milieu
physique qui encadrent les activités de la population, notamment celles agricoles, et,
d’autre part, les relations de proximité avec les villes.

Wintza est située sur la chaine montagneuse des Andes, celle qui, en Équateur, a
crée trois régions naturelles : la Côte, les Andes (La Sierra) et l’Amazonie. A une échelle
régionale, Wintza est localisée dans la partie haute du bassin intramontagnard de Patate.
Il s’agit d’un des bassins intramontagnards qui se succèdent dans le paysage des Andes du
Nord de l’Équateur. Ils sont des structures géomorphologiques qu’à manière de cuvettes,
forment de dépressions limitées par deux chaines de montagnes, une vers l’Est et l’autre
vers l’Ouest.

Ces structures ont donné lieu à une appropriation différenciée des espaces des
bassins intramontagnards. Poinsot, Pouille et Pouyllau (1997), en étudiant le bassin
intramontagnard de la Province de Bolivar, localisée plus au Sud de Wintza, ont montré

33
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

une structure duale du territoire qui obéit à une modèle centre-périphérie. Dans le même
sens, Deler et Gondard (1990) ont construit un chorotype pour les bassins
intramontagnards qui met en évidence l’appropriation différente de l’espace rural, en
opposant « minifundio – latifundio ». Le premier des paysannes tandis que le deuxième
des grandes haciendas, localisées dans les aires les plus basses de la vallée qui ont de
meilleurs caractéristiques pour l’agriculture et sont mieux reliés aux villes.

Graphique 1.3. Chorotype des bassins intramontagnards dans les Andes de l'Équateur.

Source : Gondard et Deler, 1990

Sous cette modèle, Wintza faite partie d’un aire de versant d’agriculture
minifundiste. Les conditionnes de pauvreté là sont plus fortes (90% pour la paroisse de
Toacazo selon la méthode de besoins essentiels non satisfaits, tandis qu’en tout le pays
était de 61% dans le 2001 (SIISE, 2009)). De plus, le milieu physique pose de nombreux
défis pour le développement agricole, notamment liés aux risques et maladies.

D’autre parte, il est important de souligner la localisation de Wintza par rapport


aux principales villes pour les stratégies paysannes. Wintza s’est reliée avec Toacazo (chef
lieu de la paroisse rurale) par un chemin de terre et pierre en mauvaises conditionnes de
presque cinq kilomètres. Depuis Toacazo les déplacements peuvent être via Saquisili, à
une distance de dix kilomètres de Toacazo, pour aller à Latacunga (la capitale de la

34
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

province) éloignée par trente kilomètres de Wintza. Après Latacunga, la voie


panaméricain ouvre la possibilité d’aller aux villes des Andes centre et Sur de l’Équateur :
Ambato à 45 kilomètres de Latacunga, Riobamba à 60 kilomètres d’Ambato et Cuenca à
270 kilomètres de Riobamba. Par contre, pour aller vers le Nord, après Toacazo on peut
prendre la panaméricaine pour arriver à Machachi et finalement à Quito localisé à 50
kilomètres de Machachi. Ce que nous exprimons dans le graphique suivant. Plusieurs
villes sont localisées dans cette région ; nonobstant, nous avons privilégié l’inclusion de
villes importantes pour les stratégies paysannes que seront étudiées dans le deuxième
chapitre.

35
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Graphique 1.4. Distances (kilomètres) entre Wintza et les principales villes des Andes Nord centrales de
l’Équateur.

Source : SIGAGRO, 2006


Élaboration : auteur

Les villes proches à Wintza sont différentes selon leurs fonctionnes dans l’espace
régionale. On passe d’une métropole comme Quito, la capitale de l’Équateur, à Toacazo,
un petit centre des services pour la production agraire des campagnes d’alentours. Cette
diversité des villes crée différentes possibilités de se relier avec la ville pour les ruraux.

36
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Chaque ville, selon ses caractéristiques, a un rôle différent dans les stratégies paysannes,
comme on verra dans le deuxième chapitre.

CONCLUSIONS

La croissance démographique et l’urbanisation sont des processus majeurs lors du


dernier siècle à l’échelle mondiale et notamment dans les pays dits du Sud. Pourtant il n’y
a pas un modèle pour ces dynamiques, il s’agit plutôt des dynamiques communes qui
s’expriment de différentes façons. Un premier niveau pour comprendre cette dynamique
serait celui des aires culturelles, selon lequel l’Amérique Latine est caractérisée comme la
région la plus urbanisée parmi les aires du Sud. Nonobstant, une autre échelle d’étude
montre la diversité des situations à l’intérieur de l’Amérique Latine.

En fait, l’urbanisation en Équateur, a été influencée par l’économie pétrolière, à


partir des années 70, ce qui a permis l’inversion dans la construction des infrastructures
concentrées surtout en villes et, en même temps, l’application des projets ruraux,
notamment le programme de « Réforma Agraire et Colonisation ». Les aires rurales de
plus hauts taux de croissance démographique sont celles où la Colonisation était
appliquée. De même, dans quelques aires d’agriculture paysanne la croissance
démographique a été importante. Au total, la croissance démographique rurale dès le
premier recensement de la population équatorienne (1950) est positive, en montrant que
ce processus est loin d’être comparable à celui de l’exode rural des campagnes
européennes.

La croissance démographique équatorienne a bénéficiée surtout à deux villes :


Quito et Guayaquil, montrant une bipolarité que marque une différence par rapport au
« modèle » latino-américain de la « primauté urbaine ». De plus, le réseau urbain a été
fortifié par la consolidation des villes avec différentes fonctions et tailles.

La croissance urbaine par rapport aux campagnes met en jeu deux éléments :
l’augmentation des aires urbaines au détriment des aires rurales et d’autre part, la
quantité croissante de citadins qui demandent des produits et services ruraux. Pour la
première, l’enjeu serait une concurrence entre aires des fonctions urbaines et rurales.

37
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Cette « concurrence » s’exprime dans les aires plus proches des villes, les « premières
couronnes », où le prix du foncier urbain est l’élément majeur. Nonobstant pour des aires
plus lointaines, comme celle de Wintza, l’enjeu n’est pas l’urbanisation des aires rurales
et les relations sont médiatisées par d’autres mutations régionales.

En fait, la localisation de Wintza par rapport au réseau urbain montre une


ambigüité. Les 90 kilomètres qui séparent Wintza de Quito (comme centre majeure pour
le commerce et les travaux en villes) à l’échelle internationale peuvent être vus comme
une distance mineure. Nonobstant, à l’échelle de l’Équateur et prenant en compte les
moyens de communication, il s’agit d’une distance importante qui ne permet pas à
Wintza d’être considérée comme une aire périurbaine et conditionne les caractéristiques
des relations villes campagnes établies.

D’autre part, la demande croissante des produits et services ruraux par les
urbains, notamment le ravitaillement en nourriture et la main d’œuvre aux bas salaires,
met en jeu différents types de relations qui on été profitable aux paysans suivant divers
stratégies, qu’on va étudier dans le deuxième chapitre.

38
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

D EUXIÈME PARTIE : S TRATÉGIES DES P AYSANS ÉQUATORIENS


FACE À LA CROISSANCE URBAINE : L ’ EXEMPLE DE W INTZA

39
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

INTRODUCTION

« Le territoire est une scène où se jouent des représentations en plusieurs actes ;


l’acteur y est donc omniprésent » (Gumuchian, et all, 2003). « L’espace n’est rien sans ses
créateurs » (Brunet, 2001). Ce sont les acteurs, à travers leurs stratégies qui s’expriment
spatialement, ceux qui créent les espaces et les territoires et leurs dynamiques (Lombard,
Mesclier & Velut, 2006 : 16). Étudier les stratégies des acteurs semble être la voie afin de
comprendre les recompositions territoriales, ce qui est notre objectif général.

Quelles sont les stratégies des acteurs –paysans de l’aire de Wintza- face aux
changements régionaux, notamment la croissance urbaine ? C’est la question qui guide ce
chapitre. Dans un premier temps, nous allons présenter une partie méthodologique pour
montrer le travail de terrain qui nous a permis d’avance dans la compréhension des
stratégies paysannes. A la suite nous nous concentrerons sur les adaptations des
agricultures aux besoins des villes. On va montrer qu’il s’agit d’une adaptation plein des
défis, qui est basée sur le maintien de la propriété de la terre. Cette stratégie s’exprime
par les changements dans les systèmes de culture et la quantité du terroir utilisé par
chaque culture.

Parallèlement à cette stratégie, les travaux en villes ont augmenté surtout pour les
hommes jeunes tandis que les femmes, enfants et anciens restent dans les campagnes en
montrant une division des rôles à l’intérieur du noyau familial. Il s’agit de l’intensification
des mobilités des périodes variables dans l’ordre de la semaine, en général.

I. L E TRAVAIL DE TERRAIN
Le terrain dans la démarche de la recherché géographique a un rôle majeur. Il
peut être vue sous quatre dimensions : comme support de questionnement, comme objet
de vérification et de validation, comme élément de compréhension et comme élément de
modélisation (Gumuchian & Marois, 2000 : 186 et s.). Dans le parcours de notre
recherche, le terrain était fait dans un premier pendant lequel, grâce au projet de

40
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

recherche des dynamiques foncières de l’IRD, nous avons fait plusieurs sorties vers l’aire
de Wintza.

Nous voulons souligner, dans la suite, le rôle majeur de la connaissance de l’aire


d’étude que nous a permis de développer un recherche sous une thématique différent
(relations ville-campagne), mais liée à celle pour laquelle le travail de terrain était fait
(dynamiques foncières).

En fait, le projet de recherche sur les dynamiques foncières encadré par l’IRD
nous a permis conformer une équipe de jeunes chercheurs en formation. Elle était
conformé par les étudiants Gabriela ARRELLANO, Felipe VALDEZ et Fernando BARRAGAN
sous la direction de Dra. Evelyne MESCLIER de l’IRD et du Professeur Fredy LOPEZ de
l’École de Géographie de l’Université Catholique de l’Équateur. Nous avons eu
l’opportunité d’approfondir dans la connaissance de l’aire de Wintza pour réfléchir sur les
changements foncières après les Réformes Libérales des années 80 et 90. C’est dans ce
cadre et sous cette thématique que nous avons faits notre travail de terrain pendant un
an et demi, temps dans lequel nous avons visité l’aire de Wintza une dizaine des fois.

Le travail de terrain comprendre des interviews semi-ouverts, la lecture du


paysage et la supervision par comparaison dans le terrain de l’interprétation de
photographies aériennes, que nous détaillons dans la suite.

Des interviews qu’on était faites sous une autre thématique mais qui
montrent les relations villes-campagnes

Les interviews sont des techniques les plus utilisées dans la démarche
scientifique non seulement de la Géographie mais d’autres sciences sociales et humaines.
Les interviews peuvent être de quatre types : d’exploration, via l’informateur clé, par
échantillon et centrée (Gumuchian & Marois, 2000 : 239 et s.). Nous allons montrer les
trois premières que sont celles qu’on a utilisées dans notre travail de terrain.

Les interviews d’exploration sont la première approximation à l’objet et terrain


d’étude, ce qui nous a permis de nous délimiter la thématique général. Il s’agissait de

41
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

réaliser des promenades pédestres et solliciter aux paysans à l’hasard la possibilité de


parler avec eux. Ces interviews ont permis déterminer les lacunes de la connaissance afin
de créer questionnaires guides pour les interviews par échantillon.

Les interviews par échantillon sont similaires à celles d’exploration dans leur
méthodologie dans le terrain, pourtant ils sont basés dans questionnaires guide qui ont
permis d’approfondir dans questions précise. Nous attachons la version originale, en
espagnol, des questionnaires guides de ces interviews dans les annexes.

En tant que les interviews via l’informant clé sont faits sous un questionnaire
spécifique selon chaque expert. Parfois ils n’ont pas faits dans le terrain sinon dans leurs
bureaux ou dans les maisons communautaires pour les dirigeants des institutions
agraires. On a identifié différents experts dans la thématique, soit par sa connaissance de
Wintza soit pour sa connaissance dans la thématique de recherche. Ce type des
entretiens ont était faits à :

 Dirigeants de l’UNOCANC, l’Union des organisations paysannes du Nord


du Cotopaxi. L’UNOCANC agroupe à tous les institutions agraires de l’aire
d’étude (Union de organizaciones campesinas del Norte de Cotopaxi)
 Dirigeants des institutions agraires de Wintza
 M. Pablo NOGALES du bureau de communes du Ministère d’Agriculture
de l’Équateur
 M. Pablo OSPINA, chercheur de l’Institute de Études Équatoriens – IEE
(Instituto de Estudios Ecuatorianos)
 M. Luciano MARTINEZ VALLE, chercheur de la Faculté Latino-Américain de
Sciences Sociales – FLACSO (Facultad Latinoamericana de Ciencias
Sociales)
 Madame María Fernanda LOPEZ, professeure de Géographie de la PUCE,
experte dans l’aire d’étude
 M. Galo RAMON, chercheur et expert dans thématiques rurales du
Cotopaxi

42
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Même si ces interviews ont été faites pour comprendre les dynamiques
foncières, les relations avec les villes de la région ont été des éléments important que les
paysans nous aient racontés lors de nos entretiens. Ce qui nous a permis de mesurer
l’importance des villes dans les stratégies paysannes, au début, et, finalement,
développer cette recherche.

La lecture du paysage

La lecture du paysage est un technique de recherche surtout géographique qui


permets d’analyser de façon critique les éléments perceptibles dans le paysage. En fait,
sur les paysages s’expriment les stratégies paysannes, notamment celles qui sont liées à
l’activité agricole, en prenant en compte que l’activité agricole crée de paysages qui
montrent leurs caractéristiques.

Nous avons faits « lectures du paysage » dans plusieurs sorties au terrain, ce qui
nous a permis d’observer des changements à une échelle temporelle court. Pendant
notre travail de terrain les paysans ont construit deux réservoirs d’eau pour l’arrosage. De
plus, nous avons vu les premiers mois de fonctionnement de l’irrigation et les premiers
changements dans le paysage comme effet de cette infrastructure.

Cette modalité de lecture de paysage a été approfondi notamment dans la sortie


de terrain réalisée entre le 31 octobre et le 2 novembre 2008, dans laquelle, appuyé sur
un questionnaire guide10 et l’identification des « unités agrophysionomiques » sur
photographies aériennes, nous avons déterminé les caractéristiques majeures pour
chacune de ces unités. Ce méthode nous a permis, en gros, avoir une idée de l’usage du
sol. Cependant, il faut prendre en compte que l’usage du sol change selon les mois, alors
ces données ont été prises seulement comme un guide très générale pour confirmer ou
nuancer ce que les paysans nous ont raconté dans les entretiens.

10
Lequel peut être vu dans les annexes

43
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

II. A DAPTATION DE L ’ AGRICULTURE AUX BESO INS DES VILLES

Dans cette partie nous voulons comprendre les stratégies de réponse des acteurs
du secteur de Wintza dans la branche agricole face à la croissance urbaine. Comme on a
vu dans le premier chapitre, d’une part, l’augmentation de la quantité des citadins fait
agrandir le marché des produits agricoles, d’autre part, la consommation des espaces
agricoles par la croissance urbaine, ajoutée aux changements de l’utilisation de sol des
autres aires, sont des facteurs qui laissent une demande disponible pour l’offre des
produits agricole pour les agriculteurs en dehors des premières couronnes d’expansion
urbaine.

Dans un premier temps, on va déterminer le contexte des défis de la


commercialisation agricole pour le ravitaillement urbain et montrer le rôle des
agricultures paysannes dans le marché des produits agricoles. Ensuite, nous allons
réfléchir sur la stratégie paysanne foncière liée à la production agricole. Après, nous
montrerons l’expression de cette stratégie dans les systèmes de culture. Finalement, nous
étudierons la tendance générale de produits agricoles traditionnels et maraichers.

Une adaptation plein des défis

Le développement de l’agriculture minifundiste mis en jeu plusieurs facteurs


desquelles la commercialisation a un des rôles majeurs. En fait, le passage des
producteurs vers les consommateurs est un des défis les plus importants pour la
production agraire. En prenant en compte que la commercialisation, joint aux autres
facteurs, fixent les salaires et les coûts des facteurs de production.

La commercialisation est un des étapes les plus critiques de l’activité agricole. Les
prix dans le finage et le prix pour le consommateur final sont vraiment différentes, ils
arrivent à être plus de quatre fois, notamment quand ils sont très bas (Chiriboga 2008),
comme on peut le voir dans le graphique 2.1 pour l’exemple de la pomme de terre, qui
est le produit agricole le plus important à Wintza comme dans la plupart d’aires
d’agriculture d’altitude en Équateur.

44
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

La chaine de commercialisation qui travers plusieurs étapes est l’origine de cette


différence dans les prix. A titre d’exemple, le schéma de commercialisation de la pomme
de terre le plus épandue, selon nos entretiens, comprendre une première étape de
commercialisation dans le marché de Saquisili par les propres producteurs. Là, la
production de la pomme de terre de la région est concentrée pour être redistribué aux
autres marchés régionaux comme Ambato et dans un degré mineur Machachi. Une partie
est commercialisé par les besoins de la population de chacune de ces villes tandis qu’une
autre suive la chaine de commercialisation pour arriver au marché grossiste de Quito, par
exemple, et finalement aux marché au détaille dans les différents quartiers de la ville où
les consommateurs achètent la production. Ce schéma de commercialisation est le plus
épandue en Équateur : 81 % des producteurs vendent leurs pommes de terre d’une façon
similaire tandis que la vente aux entreprises par l’industrialisation est minoritaire. Ce
dernier ne s’applique pas en Wintza.

De plus, un autre défi pour la production agricole des paysans est la concurrence
avec les importations agricoles. Ce facteur fait partie de la nouvelle spécialisation
commerciale des pays au niveau mondial. Mesclier (2006) souligne la modalité par
laquelle les pays en développement doivent produire des cultures « exotiques » puisque
le marché des aliments de base a été déjà pris en charge par les pays riches d’occident
(Mesclier, 2006). C’est le cas du blé : l’Équateur, ancien producteur de cette graminacée,
en terres hautes, comme celles de Wintza, est maintenant importateur de ce produit.
Ceci après l’échec des agriculteurs qui n’ont pas pu être compétitifs avec les systèmes
hautement subventionnés des pays du Nord, notamment les États Unies, le premier
exportateur en volume des céréales (Peltre-Wurtz, 1988). Dans le cas de la pomme de
terre le rôle de la concurrence n’est pas tellement important car les importations sont
encore faibles même si elles ont augmenté dans les dernières années.

La variabilité des prix de la production agraire est un autre défi pour le succès de la
stratégie de l’adaptation de l’agriculture aux besoins des villes. A titre d’exemple, les prix
d’un quintal11 de pomme de terre, pendant la période 1990-2005, ont varié entre $5,40
en 1990 et $12,75 en 1996 (ce sont le plus bas et le plus haut prix dont la moyenne est
11
Unité de mesure traditionnellement utilisés pour le marché des produits agricoles. Il est égal à 46
kilogrammes

45
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

de $8,75). Cette variation des prix ne montre pas des tendances claires, il s’agit plutôt de
différences très conjoncturelles selon les récoltes, celles que, par la faible technification,
sont fortement influencées par les aléas climatiques.

Graphique 2.1. Différence entre le prix du producteur et celui du consommateur dans la pomme de terre,
pendant la période janvier 2001-mai 2008

Source : Chiriboga, 2008,

En dépit des difficultés d’adapter l’agriculture aux besoins des villes, elle est une
stratégie des paysannes dont son rôle pour le ravitaillement national est majeur. Nous
allons nous concentrer dans les petits producteurs, c’est-à-dire ceux qui ont des
propriétés de moins de 5 hectares. Ils sont presque la totalité en Wintza et, au niveau
national, ils représentent presque les 65% des exploitants agricoles du pays (Censo
Nacional Agropecuario - Recensement Agraire de 2001).

En fait, les petits producteurs fournissent 28% des principaux produits agricoles
équatoriens, même s’ils utilisent seulement les 6% des terres agricole (Chiriboga, 2008).
Suivant les produits agricoles étudiés par Chiriboga (2 008), si on prend ceux qui sont
cultivés dans les aires d’altitude12 (comme c’est le cas de Wintza), le rôle des petits

12
Le brocoli, le maïs, la pomme de terre, l’oignon blanc, l’oignon rouge, le col, les haricots, le lait, les bovins,
le porc, le mouton sont des cultures d’altitude. Le niveau d’agrégation disponible dans la source est le
national.

46
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

producteurs est encore plus important. Ils cultivent les 46% de ces produits agricoles pour
le marché national.

Graphique 2.2. Production des principaux produits des montagnes selon la taille de finages

Source : Chiriboga, 2008, d’après recensement agraire 2001 (INEC)


Élaboration : Auteur

Comme on peut le voir dans le graphique 2.1, les petits producteurs d’altitude
sont particulièrement importants pour l’oignon blanc et rouge, le choux, les carottes, le
maïs, les haricots, la pomme de terre et les élevages porcins et ovin.

Cette liaison entre petits producteurs et marché national montre l’importance de


ces agriculteurs pour le ravitaillement des villes comme principaux centres de
consommation et l’importance de la ville pour les stratégies paysannes, c’est-à-dire
l’articulation entre ces les stratégies et les espaces urbains et ruraux.

47
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Le maintien du foncier rural pour la production agricole

Les transactions foncières reflètent la stratégie de l’utilisation des espaces. L’accès


au foncier agricole est primordial pour le développement de l’activité agricole. L’histoire
du foncière agricole en Wintza permets de comprendre le rôle de l’agriculture dans les
stratégies paysannes.

L’histoire à court terme de l’évolution de la propriété foncière en Équateur, et


dans la plupart des pays latino-américaines, doit prendre en compte la période des
haciendas13, de même que les réformes agraires et finalement l’adoption des politiques
néolibérales dans les vingt dernières années. Cette période finale a essayé d’encourager
les paysans à développer un marché des terres qui aurait eu pour conséquence leur
abandon par leur propriétaire. Pourtant, ces transactions foncières en Wintza sont
minoritaires et le marché des terres est faible. Les paysans ont adopté une stratégie dans
laquelle le maintien de la propriété de la terre est important. Ceci en réponse à plusieurs
facteurs où les aspects culturels et économiques, malgré que les paysans préfèrent rester
sur leur terre, font que les relations avec les villes sont omniprésentes.

L’accès à la terre par les paysans est lié à la période de la Réforme Agraire des
années soixante et soixante-dix. Au début, chaque famille paysanne a reçu environ treize
hectares de terre (entretiens). Après quelques années, ces propriétés ont été divisées
selon le nombre d’enfants. Le résultat est qu’aujourd’hui les tailles des propriétés sont en
moyenne de 2,5 hectares. Par exemple, lors d’un entretien, un paysan de l’aire de Wintza
raconte que ses grands parents du côté paternelle ont reçu treize hectares. Les grands
parents ont eu six enfants, chacun a reçu un peu plus de deux hectares. Du côté maternel,
la famille a reçu la même quantité de terrain. Comme la famille a eu cinq enfants, alors la
subdivision a aboutit à 2,5 hectares per enfant. Au total, le patrimoine de leurs parents
est formé par 4,5 hectares. Le paysan ayant trois frères, chacun a eu le droit à un peu plus
d’un hectare. Ce patrimoine, ajouté à celui de son épouse forment les trois hectares qu’ils
ont maintenant.

13

48
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Nous montrerons cette évolution de division des terres grâce au graphique


suivant. Les blocs du diagramme représentent les propriétés de chaque famille. Ils sont
divisés selon le nombre d’enfants. Il faut souligner que l’héritage dans l’aire d’étude est
égal pour tous les enfants sans prendre en compte le genre ou le lieu dans la famille
(premier, second…, etc.)14.

Graphique 2.3. Modèle d’héritage de la propriété foncière à Wintza

Source : entretiens
Élaboration : Auteur

Après trois générations, les propriétés, par sa taille et qualité, ne permettent plus
le maintien d’une économie familiale basée sur l’agriculture. Pourtant, il ne s’agit pas
d’abandon de l’agriculture, sinon de la complémentarité avec d’autres stratégies (ex. les
travaux urbains) et même les recompositions dans la même agriculture. Le résultat est
que le marché foncier est faiblement développé. La vente des terres est une stratégie
utilisée seulement dans le cas des urgences comme la maladie.

14
Ces critères sont parfois importants dans l’héritage

49
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Photographie 2.1 Structure agraire minifundiste comme effet des divisions de la propriété par
l’héritage

Source : Auteur

On peut voir la petite taille des parcelles comme effet de la division de la propriété originale. La forme très
allongée est le produit du désir de donner accès aux routes à tous les parcelles.

La croissance de villes semble être vue comme une opportunité par les paysans de
Wintza, en tant qu’il s’agit d’un marché en expansion à ravitailler. De plus, la relative
proximité aux villes permet des mobilités pendulaires sans signifier une émigration
définitive de Wintza, ce qui peut être constaté par l’inexistence des écarts dans la
composition de la population par genre : selon un recensement de la population fait par
l’UNOCANC en 1999, le 50,3% de la population sont hommes et le 49,7% sont femmes
(UNOCANC, 2007) ; dans aires de forte migration ces compositions sont très différenciées.

En plus, il faut ajouter des éléments culturels de la population indigène en un


attachement à la terre. Les indigènes perçoivent la propriété de leurs terres comme un
héritage de leurs ancêtres pour laquelle ils ont du lutter très fortement (Breton, en train
d’être publié). On doit rappeler qu’avant l’accès à la terre par les paysans, dans la période
des haciendas, ils n’avaient pas de propriétaire foncière. L’accès à la terre par les paysans
est un événement majeur dans l’histoire indigène équatorienne.

50
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Les changements se reflètent dans les systèmes de culture

Les changements dans le marché des produits agricoles sont des facteurs
importants pour la conversion des modalités, des moyens, des outils et même des
cultures. Avec l’aide du concept de système de culture nous voulons comprendre les
changements amenés par la croissance urbaine sur les stratégies paysannes en Wintza.

Le système de culture est un concept développé surtout par les agronomes,


pourtant il nous aide à comprendre à une autre échelle les changements qu’on perçoit
dans le paysage. Le système de culture est l’association des plantes choisies par les
sociétés rurales afin de profiter de leurs terres, l’assolement et les techniques mis en
œuvre (Lebeau, 2000 : 10).

Avant l’accès à la terre par les paysans, l’utilisation du sol était consacrée à
l’élevage des animaux d’arène dans des propriétés d’haciendas. Après, les paysans ont
installé un système de culture nommé par Gondard (1985) comme « agriculture
d’altitude15 ». On va prendre ce système de culture comme la base pour comprendre les
changements postérieurs d’après nos entretiens et observations de terrain en Wintza.

L’agriculture d’altitude est un système de culture des aires les plus froides et
saisonnièrement sèches dans les Andes équatoriennes, y compris Wintza. Elles sont liées
aux conditions climatiques extrêmes, au bord de l’écoumène. Les végétaux utilisés sont
l’orge, la pomme de terre, les fèves et autres tubercules mineurs comme l’oca (oxalis
tuberosa), melloco (Ullucus tuberosus) et la mashua (Tropaeolum tuberosum). Ces
cultures forment la partie d’une rotation des cultures, c’est-à-dire d’un changement
annuel des cultures dans la même parcelle.

En Wintza cette rotation de cultures a changé en privilégiant la diminution du


temps de jachère. Au même temps, les cycles de rotation des cultures sont moins longs :
en 1980 étaient de 6 six années tandis qu’en 2007, ils sont 4 années, comme un moyen
pour intensifier la production agricole.

15
Traduction de l’espagnol « agricultura de altura »

51
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Tableau 2.1. Schémas de rotation des cultures à Wintza pendant les années 1980, 1995,
2000 et 2007

Années 1 2 3 4 5 6 Source
Pomme de Pomme de Fève ou CESA;
1980 terre terre melloco Orge Jachère Jachère 1991
Pomme de Pomme de
1995 terre terre Fève Melloco Jachère entretiens
Pomme de Lopez,
2000 terre Fève Orge Jachère 2004
Pomme de Pomme de
2007 terre terre Fève Pâturage entretiens

Source : Diverses
Élaboration : Auteur

Ces schémas de rotation des cultures correspondent aux parcelles cultivées.


D’autres parcelles, même si elles sont déjà appropriées, n’ont pas été intégrées aux aires
agricoles, celles dernières sont chaque fois moins nombreuses. Sa quantité dépend aussi
de la période de l’année selon les calendriers de cultures.

L’intensification de la production est liée aussi à l’augmentation de l’utilisation des


engrais surtout chimiques. Il y a quelques années les engrais étaient exclusifs aux cultures
de marché et la quantité utilisée était mineure. Maintenant, l’utilisation des engrais
chimiques est plus importante. Elle correspond généralement aux quantités
recommandées par les vendeurs des agrochimiques en ville, surtout Saquisili et Toacazo.
Ces quantités ne sont pas les recommandées par les fabricants.

De plus, l’utilisation des tracteurs permet d’intensifier la production. Ainsi, elle-


même reflet les liaisons avec la ville. En fait, la plupart de l’utilisation des tracteurs en
Wintza est basée dans la location des tracteurs aux gens des villes petites et
intermédiaires (Toacazo, Saquisili). Les citadins offrent leurs services en profitant de la
proximité de plusieurs aires agricoles dans la région.

L’utilisation des semences améliorées est aussi une stratégie afin d’améliorer les
rendements. Cette stratégie est appliquée surtout pour les nouveaux pâturages qui sont
en train d’être cultivées. Tandis qu’en autres cultures la sélection « traditionnel » des

52
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

semences est toujours appliquée, comme c’est le cas de la pomme de terre, celle qui est
choisie d’entre la dernière récolte selon la taille et aspects visuelles.

D’autre parte, les études formelles (jusqu’à l’Université) réalisés par quelques
paysans ont un rôle de premier plan à l’heure de proposer des changements dans les
systèmes de cultures. En fait, les paysans qui ont suivi des études techniques ou
universitaires appliquent leurs connaissances et expérimentent des nouvelles techniques
pour améliorer leurs rendements. Ces stratégies sont rapidement imitées par d’autres
paysans.

Les résultats de la stratégie de l’intensification agricole doivent être contrastés. A


titre d’exemple, le rendement de la pomme de terre en Wintza est entre 10 et 2016
tonnes métriques par hectare tandis qu’aux États Unies il est de 41 tonnes métriques par
hectare (Faostat, 2010). En plus, l’ampleur de la marge de productivité des paysans de
Wintza est liée aux conditions climatiques en montrant que les résultats de cette stratégie
sont encore faibles et en révélant les problèmes structuraux de l’agriculture en Wintza.

La diminution des produits « traditionnelles » et l’émergence des produits


maraichers
En plus des changements dans les systèmes de culture, l’adaptation de
l’agriculture aux besoins de villes s’exprime aussi dans les changements des cultures
utilisées. L’acceptation des cultures dans le milieu urbain a des effets majeurs sur la
représentativité des cultures dans les campagnes. A manière générale, en utilisant un
clivage artificiel, on peut dire que les cultures maraichères augmentent sa
représentativité, tandis que celles vivrières diminuent. Pourtant, la division n’est pas
totale, tandis qu’un partie des récoltes des produits maraichères ont comme finalité
l’autoconsommation. On s’approche plutôt à la notion d’une agriculture vivrière-
marchande développé par Chaléard (1996).

16
L’ampleur dans le rang de la productivité est liée aussi à la faible comptabilité que les paysans suivent
dans les activités agraires.

53
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

D’entre les cultures qui ont été utilisées dans l’agriculture d’altitude, quelques
unes ne sont plus cultivées, tandis que d’autres ont diminué sa représentativité
territoriale. Il s’agit des ocas, mellocos et mashua. Ce sont des cultures qui sont
faiblement articulées avec les marchés urbains. Elles ont été cultivées surtout comme
produits vivriers pour les besoins de la famille paysanne.

La diminution de ces cultures est une dynamique qui œuvre à l’échelle nationale
en montrant le fort rôle des préférences citadines dans les dynamiques des systèmes des
cultures paysans. Cependant, les dernières années, quelques gouvernements (nationaux
et locaux), quelque ONGs et même la FAO ont encouragé la production de ces cultures
(Barrera, Tapia & Monteros, 2004). Les effets de ces politiques sont encore faibles et
localisables, elles n’ont pu bouleverser la tendance de diminution de ces cultures dans les
dernières décennies à l’échelle nationale.

Tandis que les cultures vivrières ont vu diminuer leur représentativité territoriale
en Wintza, d’autres l’ont vu augmenter. C’est le cas des produits agricoles qui ont une
forte liaison avec les marchés. La demande urbaine a joué un rôle majeur. Il s’agit de
cultures de la pomme de terre17, de l’oignon, des carottes et des pâturages pour l’élevage
laitier.

Le rôle des préférences urbaines est médiatisé par d’autres facteurs qui sont mis
en jeu dans la production agricole. L’état du marché, c’est-à-dire la sur ou sous
production, de même que les changements dans la production agricole régionale et les
changements dans les conditionnes climatiques du court terme influent dans la sélection
de cultures et leur représentativité. L’augmentation de la pomme de terre.

L’émergence des carottes et l’augmentation de pâturages sont liées à la


diminution de l’offre de ces produits par les changements régionaux dans l’usage du sol.
De leur parte, la pomme de terre est intensifié par la demande du marché urbain. Tandis
que l’oignon a augmenté par la diminution des gelées des dernières années à Wintza
(source : entretiens), apparemment liée à un processus de réchauffement climatique à

17
La hausse de la production de la pomme de terre est liée surtout à l’augmentation des rendements
agricoles et non à l’addition des aires dédiées à cette culture. Même l’UNOCANC (2007) a perçu la
diminution des aires de pomme de terre dans la région à laquelle Wintza appartiens.

54
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

l’échelle mondiale. Nous allons approfondir dans le cas de la pomme de terre et des
pâturages par son importance à Wintza.

La hausse de la production de la pomme de terre en Wintza est due à l’élévation


des rendements agricoles, de cette façon, elle participe à une tendance similaire pour le
niveau nationale. Cette amélioration a été faite grâce à l’intensification dans l’utilisation
des engrais chimiques et des tracteurs. Les engrais chimiques sont achetés dans les villes
petites et moyennes de la région, notamment Toacazo et Saquisili. Là les vendeurs des
engrais recommandent quels engrais les paysans doivent utiliser et leurs quantités.

De leur parte, l’utilisation des tracteurs est fait grâce à la location de ces machines
aux urbains qui les louent par un prix de dix dollars chaque heure. Les urbains profitent de
la proximité de plusieurs aires agricoles dans la région en montrant l’important de ces
liaisons dans les changements agricoles (entretiens).

La stratégie de la sélection de la pomme de terre est encore plus complexe si on


prendre en compte les différentes variétés utilisées. En fait, on utilise plusieurs variétés
de pomme de terre à Wintza : le superchola, l’uvilla, l’esperanza, le conejo et le chancho.
Leur sélection dépend des caractéristiques de la phénologie, de la résistance face aux
maladies et aux gelées et surtout à la demande du marché. L’uvilla qui a le prix le plus
haut des variétés de l’aire de Wintza a un cycle végétatif long tandis que l’esperanza a les
prix les plus bas mais son temps de récolte est plus court. On peut voir dans le tableau
2.1.

Tableau 2.2. Prix et cycle végétative de la pomme de terre selon sa variété

Prix Cycle végétative


Variété 1 2
(USD/TM) (jours)

Gabriela 211,57 180

Superchola 240,88 210

Esperanza 189,25 160

Uvilla 247,5 >210


Source : SICA (2008)1, Gondard (1999)2

55
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Même si le rôle du marché est de plus en plus important, la stratégie paysanne ne


laisse pas de côté l’agriculture vivrière. Il s’agit d’une agriculture avec double finalité.
Même la proportion dédiée à chaque finalité est variable selon les prix des produits dans
le marché, comme dans le cas de la pomme de terre : quand le prix est élevé les paysans
vendent presque toute la production, au contraire quand la pomme de terre est bon
marché, ils restent avec un pourcentage important de la production.

De leur parte, l’émergence de l’élevage laitier paysan d’altitude est due aux
changements agricoles à l’échelle régionale. En fait, le ravitaillement urbain en lait et en
produits laitiers était fait par les grandes haciendas de la vallée intramontagnarde. Celles
que depuis quelques années ont changé l’usage du sol vers cultures d’exportation,
notamment des fleurs et brocolis. Cette dynamique a laissé un espace vide dans le
marché laitier qui est en train de profiter aux paysans de Wintza et d’autres aires
d’altitude dans les Andes équatoriennes.

De plus, autres acteurs externes liés aux villes, comme les ONG et marchands du
lait, ont encouragé aux paysans de développer cette branche. Les marchands du lait sont
généralement les citadins des villes petites et moyennes de la région. Ils vont jusqu’à
l’aire de Wintza avec leurs petits camions réfrigérés afin d’acheter la production laitière.
Cette modalité de commercialisation laisse peu d’espace pour la négociation des prix
pour les paysans en tant que les marchands du lait peuvent l’imposer. Après, ils vendent
le lait récolté aux industries laitières de la vallée intramontagnard. De leur parte, les ONG
dédiées à la protection de l’environnement, comme EcoCiencia, et au développement
rural, comme HEIFER, ont vu dans le développement de cette activité une alternative
pour améliorer les conditionnes de vies de paysans et de diminuer les effets négatives sur
l’environnement d’autres alternatives comme celle de la montée de la frontière agricole,
par exemple. Ils ont encouragé l’organisation de la communauté pour la transformation
du lait en produits élaborés comme fromages ou yaourt.

56
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

L’élevage laitier paysan d’altitude ne doit pas être vu comme une rupture avec le
passé mais comme une mutation d’une activité déjà développé par les paysans. Il
s’agissait d’une activité à côté de l’agriculture, dédiée surtout à la vente des animaux dans
le cas des urgences économiques, par exemple quand il y avait des maladies dans la
famille ou dans les périodes d’ensemencement pour l’achat des engrais et semences. La
principale finalité des animaux était la viande. L’élevage était une activité développé dans
les aires de jachères, il n’y avait pas d’aires dédiées exclusivement à l’élevage. Pourtant,
maintenant son rôle et ses caractéristiques ne sont pas les mêmes. Plusieurs mutations
sont en train de se développer. De telle façon, on peut différencier l’élevage traditionnel
de celui paysan laitier d’altitude que nous présentons ici. Pour les économies paysannes,
le changement majeur est lié au revenu journalier d’argent par la vente du lait qui
contraste avec les revenus reçu selon les temporalités de récoltes des cultures.

Photographie 2.2 et 2.3. Développement de l’élevage paysan laitier d’altitude

Source : auteurs

On peut voir la présence des vaches laitières dans parcelles qui sont en train d’être aménagées (comme
l’utilisation du fil de fer) pour le développement de l’élevage paysan d’altitude. Les commerçants laitiers qui
viennent des villes petites et moyennes de la région encouragent cette activité en tant qu’ils créent la
demande du lait.

L’élevage paysan laitier d’altitude est étroitement lié avec le ravitaillement urbain.
Il est basé dans l’utilisation des aires dédiées exclusivement à cette activité où les

57
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

infrastructures (infrastructures pour l’irrigation, voies de communication, fil de fer pour


clôturer les parcelles…) qui sont en train d’être construites permettent d’améliorer le
développement de cet élevage. L’emploi de la main-d’œuvre est journalière pourtant les
activités sont considérées moins forts que celles de l’agriculture. Ces activités sont faites
généralement par les enfants, très jeunes et les femmes, ce qui laisse libre la main-
d’œuvre des hommes jeunes.

III. C OMPLÉTER LES REVENUS EN VILLES


L’intensification des flux entre campagnes et villes est un des facteurs qui rend
plus difficile la question de la délimitation des espaces urbains et ruraux. Les stratégies
des acteurs traversent ces « clivages » pour profiter de ces espaces. Ces mouvements
sont complexes et pleins d’allés et de retours. Les mobilités des ruraux vers les villes sont
les dynamiques les plus importantes dans les relations villes-campagnes. Souvent, elles
ont été vues comme stratégies d’abandon des espaces ruraux : l’exode rural du XIX siècle
pour les pays du Nord. Nonobstant, dans les pays du Sud, les recherches ont montré que
les migrations définitives ne sont pas la majorité. Les flux pendulaires semblent être les
plus communs. En plus, les revenus que les ruraux gagnent en ville peuvent être investis
et aider aux mutations de l’agriculture (Chaléard & Dubresson, 1 999).

Parfois les auteurs utilisent sans différencier les mots « migration » et « mobilité ».
Même dans quelques dictionnaires géographiques la différentiation n’est pas claire.
Pourtant, pour Lévy et Lussault (2003) la migration est une forme particulière de la
mobilité géographique qu’implique un abandon long des lieux de départ, le
franchissement d’une échelle. Par contre, le concept de « mobilité pendulaire » exprime
les déplacements avec certaine régularité sans renoncer à aucun de ces espaces (Lévy et
Lussault, 2003, p. 615 et suiv. et p. 622 et suiv.). Les déplacements qu’on a étudiés à
Wintza sont plus proches de ceux de la « mobilité » ; donc nous allons utiliser ce concept.

La perception des meilleures opportunités des travaux temporaires tant en ville


que dans le secteur rural est la principale motivation de ces migrations. Les données
statistiques doivent être lues avec précaution. En fait, le taux de chômage est plus

58
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

important dans les aires urbaines : 7,3% par rapport à 3% dans les aires rurales, pour
l’année 2008. Pourtant l’indicateur qui exprime le mieux les conditions de travail est celui
du sous-emploi. En Équateur, il n’y a pas de système de protection social pendant le
chômage, donc les gens qui ne trouvent pas d’emploi doivent travailler à l’heure ou dans
de mauvaises conditions, ce qui est exprimé par l’indicateur du sous-emploi. Le sous-
emploi touche 80% des ruraux et 53% des urbains (SIISE, 2010) montrant que les
conditions pour travailler sont meilleurs en villes par rapport à la campagne.

Des mobilités avec racines anciennes…

En Équateur, la diversification des activités dans le milieu rural n’est pas nouvelle.
Martinez-Valle (1984) montre que pour la décennie de 1980, plus de la moitié des familles
paysannes (61%) ont au moins un membre qui a une activité autre qu’agricole.

Aussi la migration vers les villes est une stratégie historique même si elle est plus
importante maintenant. Le Chau et Papail (1989) ont étudié les travaux en ville de la main
d’œuvre agricole dans la région de la ville d’Ibarra, plus au Nord du secteur de Wintza. Ils
montrent que la migration des campagnes vers les villes est faite via un nœud
intermédiaire, c’est-à-dire qu’en principe la population émigre vers une ville moyenne et
ensuite vers une autre ville plus grande, comme Quito.

Parmi les facteurs de migration des ruraux vers les villes, la Reforme Agraire aurait
libéré la main d’œuvre des haciendas, donc de l’aire rurale. Selon Le Chau et Papail
(1989), au début, les paysans ont changé d’occupation dans les mêmes aires, comme
conséquence des politiques d’industrialisation par substitution des importations.
Pourtant, on n’a pas d’autres évidences pour confirmer le rôle de cette industrialisation
des aires rurales en Équateur. Au contraire, la faiblesse de cette politique –
industrialisation par substitution des importations-, par rapport aux autres pays de la
région, est un facteur de migrations vers les villes, qui vont croitre grâce aux revenus
pétrolières, comme nous l’avons noté dans le premier chapitre, notamment pendant les
années 70 et 80. Une haute mobilité de la population est une caractéristique du pays
depuis ce temps là.

59
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Même si l’Équateur n’est pas un cas d’industrialisation des champs, les


changements dans le profil de l’emploi rural pendant les dernières décennies est
important. Des ruraux, dédiés presque exclusivement à l’agriculture, passent pour être un
groupe dans lequel les activités du commerce, du service et de l’artisanat sont de plus en
plus importantes. Selon les estimations de Martinez-Valle (2000) 40% des ruraux ont des
activités différentes de l’agriculture, soit par la mobilité des paysans vers les villes, soit
par d’autres activités dans les campagnes.

A l’échelle locale, pour l’aire de l’UNOCANC, y compris l’aire de Wintza, une étude
de CESA en 1987 montre que 9% des paysans ont comme stratégie la mobilité vers des
aires d’ « haciendas » de la région. Il y avait une forte différentiation par genre, ce sont les
hommes qui migraient. Ces tendances seront confirmées et fortifiées dans le temps,
comme on verra dans la suite.

Des mobilités qui sont en train de s’intensifier selon le genre et l’âge

Dans le cas de Wintza, la mobilité est une stratégie qui profite de l’emploi urbain
mais qui ne signifie pas une division avec l’aire rurale, même vis-à-vis de l’agriculture. Les
paysans arrivent à profiter de ces deux espaces à travers une division intra familial du
travail, de l’utilisation du temps « libre » entre les activités les plus dures de l’agriculture
et autres changements au niveau de l’agriculture comme les dynamiques dans le système
de culture, l’intensification dans l’utilisation des tracteurs, etc., qu’on a déjà vu dans la
partie précédente.

Nous allons montrer les caractéristiques de cette stratégie dans l’aire de Wintza
d’après le travail de terrain que nous avons fait. Les temporalités, les villes destination de
la mobilité, les travaux que les paysans font en villes sont les thématiques privilégiées.

La mobilité des paysans de Wintza vers les villes est une stratégie, avec des racines
anciennes, qui a augmenté dans les dernières décennies. En fait, l’UNOCANC (2007) calcul
l’augmentation des paysans qui font des travaux en villes en 30% pendant les années 90.
Aussi, le rôle des revenus du travail en ville sont de plus en plus importants. A nos jours,
en général, il y a au moins une personne par famille qui travaille en ville, même s’il habite

60
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

toujours avec la famille dans la même aire rurale. La personne qui travaille en ville veut
profiter de l’existence des emplois temporaires en ville et des salaires en général plus
élevés par rapport à ceux des aires rurales.

Il s’agit des mobilités de temporalités diverses. En général, les paysans travaillent


pendant la semaine en ville et retourne les week-ends à la campagne, parfois les
déplacements prennent plus de temps suivant l’état de développement des cultures et
les possibilités de travailler en villes, en sachant que la plupart des travaux informels qui
sont fait par les paysans sont conjoncturels, au moins dans le cas de la construction.

D’autre part, le genre et l’âge sont des facteurs de différentiation des


caractéristiques des mobilités. Concernant le genre, ce sont les hommes qui se déplacent
vers les villes. Les femmes restent généralement à Wintza pour le travail d’agriculture. Ce
qui a été exprimé par Martinez (1998 : 9) comme une dynamique de féminisation de
l’agriculture équatorienne. Le bouleversement des rôles des hommes et des femmes dans
l’agriculture, notamment dans la Sierra, se serait passé pendant les années 80 et 90
(JORDAN, 1996).

Concernant l’âge, les classes de la population qui se mobilisent le plus sont les
jeunes-adultes, c’est-à-dire le groupe de la population compris entre les vingt et trente-
cinq années. On aperçoit dans le paysage que ce sont les anciens, les enfants et les très
jeunes qui restent dans les campagnes. Ce sont eux qui sont chargés des activités
agricoles journalières comme par exemple la surveillance des troupeaux. Les autres
activités agricoles considérées plus dures sont faites quand les jeunes-adultes sont
présents.

61
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Photographie 2.4 et 2.5 Permanence des jeunes dans l’aire rurale de Wintza

Source : Auteur

Les jeunes restent dans les campagnes. Ils sont les chargés de prendre soin des troupeaux des animaux et
d’autres activités dans l’agriculture.

Nonobstant une mobilité des femmes, mais moins importante que celle des
hommes, est liée aux haciendas de la vallée intramontagnards. Ces femmes sont dédiées
aux activités d’exportation, surtout des fleurs et du brocoli. Dans ce cas, la main-d’œuvre
féminine est privilégiée pour la délicatesse de la production. Ces mobilisations sont en
général journalières profitant de la proximité des aires par rapport à la vallée.

La plupart des paysans vont vers Quito, pourtant les migrations vers d’autres villes
sont aussi importantes. Ils migrent surtout dans les autres villes andines entre Quito au
Nord, et Cuenca au Sud. La migration vers la Côte ou l’Amazonie est mineure.

Selon la destination géographique de la mobilité, le type de travail est différent.


Les gens qui s’orientent vers Quito travaillent généralement comme arrimeurs18
(manœuvres) et dans les chantiers de construction. Vers les villes les plus proches,
comme Saquisili, Latacunga et jusqu’Ambato, les déplacements sont en relation avec le
marché des produits agricoles. Les déplacements plus au Sud, dans les villes de Riobamba
et Cuenca, sont liées aux services comme le jardinage. Ces différences dépendent des
caractéristiques économiques de chaque ville et région, mais aussi des relations que les
paysans ont pu établir. Par exemple, s’il y a une personne qui a du succès dans le
jardinage, il sera le lien pour les nouveaux migrants dans cette branche en exprimant une

18
Il s’agit des personnes qui travaillent en amenant les produits des acheteurs dans les halles.

62
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

logique de communauté ou tout au moins de la solidarité même en dehors l’aire rurale.


Cet est le cas d’un paysan qui a eu de succès dans le jardinage dans la ville de Cuenca. Il a
encouragé aux autres paysans pour développer conjointement cette activité.

CONCLUSIONS
Les stratégies des acteurs modifieront la manière de l’appropriation de l’espace.
En Wintza, les stratégies des paysans sont les liens entre la croissance urbaine à l’échelle
régionale et les recompositions territoriales à une échelle locale.

Face à l’épuisement du modèle paysan, basé sur l’appropriation de nouvelles aires


par la croissance de la frontière agricole, les acteurs de Wintza ont adopté rapidement de
nouvelles stratégies. Il s’agit de deux stratégies majeures : d’une part l’adaptation de
l’agriculture aux besoins des villes et d’autre part, les travaux en villes. Ils ne sont pas des
stratégies en concurrence mais plutôt complémentaires grâce à la division des rôles à
l’intérieur de la famille paysanne, comme le niveau le plus important de la stratégie de
survie.

Les stratégies prisent par les paysans ne sont pas des ruptures avec les anciennes
stratégies et modèles de vie. Il s’agit plutôt d’une recomposition qui donne un poids
moins important à l’agriculture, mais qui est loin de laisser de côté les activités agraires.

La première stratégie de leur part, est liée à l’intensification de la production


agricole pour un plus fort ravitaillement des villes, ce dernier est un enjeu majeur pour le
commerce des aliments au niveau national dû à l’importance de l’agriculture paysanne
dans le ravitaillement national. Cette stratégie doit prendre en compte les structures des
chaines du commerce qui ne bénéficient pas aux petits producteurs sinon aux
intermédiaires.

D’autre part, même si la technification de l’agriculture de ces dernières décennies


(intensification dans l’utilisation des tracteurs, utilisation de semences améliorées,
l’irrigation, etc.) a permis améliorer les rendements, ces derniers sont encore faibles et
fortement influencés par les aléas climatiques, avec comme résultat de mauvaises ou

63
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

bonnes récoltes selon le climat et même dans ce dernier cas les prix se retrouvent bas à
cause de la surproduction, et ceci par manque de planification agricole. À ces difficultés, il
faut ajouter la concurrence internationale, surtout pour les cultures subventionnées par
les pays du Nord, comme le blé qui, autrement, aurait pu être cultivée dans l’aire de
Wintza. Ce serait une autre option pour les paysans d’éviter la surproduction d’une
culture donnée et la concurrence entre eux.

La stratégie d’intensification de la production agricole pour la consommation


urbaine est parallèle, au niveau du noyau familial, à la deuxième stratégie trouvée, celle
de compléter les revenus en ville. En fait, il s’agit d’une recomposition des stratégies de
telle façon que le noyau familial puisse profiter de la demande croissante des produits
alimentaires en ville et, en même temps, des postes du travail en ville. Les enfants, très
jeunes et les femmes restent dans l’aire rurale pour s’occuper de l’agriculture (de plus en
plus de l’élevage) tandis que les hommes jeunes et adultes vont travailler en ville de
manière saisonnière.

Un des changements majeurs lié à la croissance urbaine est l’émergence de


l’élevage laitier d’altitude. Il s’agit d’une forte transformation de l’élevage d’auparavant
réalisé à côté de l’agriculture par une intensification grâce aux nouvelles infrastructures
et l’optimisation de la division du travail à l’intérieur du noyau familial. Pourtant cette
« optimisation » implique l’utilisation de la main d’œuvre des enfants et des très jeunes.

Les villes jouent un rôle différent dans les stratégies des paysans de Wintza selon
sa proximité et leurs caractéristiques. Les villes plus proches sont liées surtout au
développement de l’activité agricole, tandis que les villes plus loin sont celles où les
paysans vont pour travailler, c’est qui est exprimé dans le graphique suivant.

64
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Graphique 2.4 Wintza et ses relations avec les villes de sa région proche

Élaboration : Auteur
Source : Entretiens

Le maintien de la propriété foncière rurale de leur part, est le cadre nécessaire


pour la production agricole et montre la permanence de cette stratégie, même si les
revenus des travaux en ville sont de plus en plus importants pour l’économie paysanne.
L’intense subdivision de la propriété par l’héritage et le manque de nouvelles aires à
s’approprier est le nouvel enjeu actuellement : la propriété ne peut plus être divisée ce
qui obliger à rechercher de nouvelles stratégies face à la croissance démographique. On
serait en attente de nouvelles stratégies paysannes et de nouvelles recompositions
territoriales.

Les stratégies montrées ont une forte liaison avec l’appropriation de l’espace et
les dynamiques et mutations territoriales qui sont la thématique du dernier chapitre.

65
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

T ROISIÈME PARTIE : W INTZA : UN TERRITOIRE DYNAMIQUE ET


EN PLEIN MUTATION

66
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

INTRODUCTION
Le territoire est un terme polysémique mais centrale dans la démarche
géographique. Il s’agit de la notion d’un espace approprié qui implique un sentiment
d’appartenance et d’appropriation (Brunet, 1992 : 480). Les moyens et modèles de
production de l’espace, donc du territoire, sont différents selon les sociétés humaines. En
plus, ils montrent les effets des dynamiques sociales et les relations avec d’autres lieux
(Brunet, 1992).

En fait, tous les jours, les sociétés humaines créent de l’espace en provocant des
mutations territoriales comme un produit des dynamiques sociales. Dans ce troisième
chapitre nous allons montrer les changements territoriaux auxquels ont abouti les
stratégies des acteurs (chapitre 2) face à la modification de l’espace régional, notamment
la croissance urbaine (chapitre 1). Nous nous sommes posé comme guide pour ce
chapitre, la question suivante : Quels sont les effets majeurs des relations avec les villes
sur le territoire de Wintza ?

Les changements dans le territoire répondent aux différentes stratégies des


acteurs –créateurs de l’espace, selon Brunet, 2001-. Le territoire est le produit de la
concurrence des stratégies des acteurs qui ont un pouvoir d’action et des intentions
différentes. Chaque stratégie est un vecteur, parfois « …les vecteurs se contredisent, mais
le vecteur résultant porte les changements de l’espace… » (Brunet, 2001 : 33). Il s’agit de
comprendre la dynamique des territoires, c’est-à-dire les modèles de changement dans le
territoire comme résultat des jeux de forces des acteurs de l’espace.

Si on prend le territoire comme un réseau, c’est-à-dire comme un ensemble des


lieux liés entre eux, les dynamiques territoriales des villes sont la cause des effets dans les
campagnes et vice-versa. C’est encore plus vrai pour les réseaux de proximité ou
capillaires, même si la notion de proximité s’exprime à différentes échelles (Brunet, 1993 :
85). Pour notre cas d’étude, nous voulons comprendre les effets territoriaux aréolaires –
qui s’exercent sur une surface- à Wintza comme effets des changements territoriaux
régionaux, notamment la croissance urbaine.

67
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Dans ce chapitre, nous allons montrer les modèles des changements majeurs dans
le territoire de Wintza. Dans une première partie, nous allons montrer l’augmentation de
la densité. Après, les changements dans le terroir. Ensuite, les nouvelles infrastructures et
finalement le ralentissement de la montée de la frontière agricole.

I. L’ AUGMENTATION DE LA DENSITÉ
La densité montre la pression dans l’occupation des ressources dans les territoires.
Elle est considérée comme l’indice le plus révélateur de la géographie humaine en aidant
à dégager les facteurs de l’occupation de telle quantité de gens sur de telle superficie, et
les encadrements qui justifient entre autres de telle densité (Charvet, 2000 : 51-52).

Le processus de densification en Wintza commence par l’accès à la terre par les


paysans dans le cadre de la Réforme Agraire des années 60 et 70. Le bouleversement est
de premier ordre, ensuite, la croissance démographique augmente la densité rurale en
Wintza.

Les dynamiques démographiques de Wintza sont difficiles à établir selon les


données officielles, en tant que la paroisse, à laquelle elle appartient, a changé sa
délimitation physique. De plus, le niveau d’accès aux données officielles change selon les
années de recensement. Pour les données du dernier recensement (2001) on peut
consulter jusqu’au niveau de la paroisse, mais pour les recensements plus anciens le
niveau d’accès est le canton, sous la source consultée (Bases de données SIISE, et
REDATAM).

Tandis qu’à une autre échelle, les données officielles19 montrent la croissance de
la population pendant les périodes 1950-1982 et 1990-2001 dans l’aire rurale du canton à
lequel Wintza appartient (canton de Latacunga), même si la croissance démographique

19
Quand on change vers une plus grande échelle il faut se méfier en plus de la qualité des données
populationnelles. On n’a pas un niveau d’accès aux données des recensements de la population pour l’aire
de Wintza car il s’agit d’une aire petite qui est partie de la paroisse de Toacazo. En plus, les données de la
paroisse ne tiennent pas compte des dynamiques de l’aire de Wintza mais plutôt du petit centre urbain de
Toacazo qui l’englobe et qui a connu une migration importante dans les dernières décennies. D’autre part,
les données du recensement de la population de 1990 en aires de population indigène ne sont pas fiables
parce qu’en ce temps là il y avait une rébellion indigène (Chisaguano, 2 006).

68
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

est plus importante dans sa capitale (ville de Latacunga) ; comme on peut voir dans le
tableau 3.1.

Tableau 3.1. Évolution de la population de l’aire rurale du canton Latacunga et de la ville de Latacunga
entre 1950 et 2001

Aire Rural du canton Ville de


Latacunga Latacunga
1
1950 62 990 73 379
1
1962 62 819 77 675
1
1974 89 081 111 002
1
1982 96 617 125 381
1
1990 89 194 129 076
2
2001 92 290 143 979

Source : INEC, 2010


Élaboration : Auteur

À la suite, nous voulons montrer par une approche historique le processus de


densification de l’habitat rural de l’aire de Wintza à une échelle locale. En fait,
l’appropriation de ce territoire a été faite à partir de l’accès à la terre par les paysans dans
le cadre de la Réforme Agraire des années 1960 et 1970.

L’appropriation de l’espace après la Reforme Agraire

Le changement le plus important dans la densification de l’aire rurale corresponde


au temps de la Réforme Agraire. Avant ce processus, il s’agissait des hautes terres des
« haciendas » où il n’y avait pas de populations qui habitaient en permanence. C’est à
partir de la Réforme Agraire et la division des haciendas que les terres hautes sont
données ou vendues aux paysans, qui, dans la plupart des cas, travaillaient ou avaient
quelques relations de travail avec l’hacienda.

Les paysans ont crée des organisations communautaires pour l’accès à la terre
comme une réponse à l’encouragement des lois de Réforme Agraire pour ce type

69
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

d’organisation. Les communes, coopératives et associations sont les modèles choisis. Elles
sont toujours présentes dans l’aire de Wintza et sont les propriétaires légaux des terres,
même si à l’intérieur des communautés, des transactions informelles sont faits. De toute
façon, il s’agit de l’appropriation paysanne de nouvelles espaces.

Cette appropriation a commencé par le secteur de Planchaloma, à l’Est de Wintza.


Après, les enfants de premiers associés, ces qui ont eu l’accès à la terre par la première
fois, ont établi leur résidences plus vers l’Ouest, en conforment les nouvelles institutions
agraires.

Croissance démographique

Au début de l’occupation de l’espace, les densités de la population étaient basses.


Mais les hauts taux de natalité et la faible migration définitive ont fait augmenter la
population rapidement. Pendant les premières années, les familles étaient plus grandes,
en moyenne il y avait six enfants par famille. Ensuite, la taille de la famille a diminué et les
nouvelles familles ont en moyenne trois enfants tandis que l’âge de procréation a
augmenté. Ce qui a fait diminuer le taux de croissance démographique pendant les
dernières années.

La densification de l’habitat est accompagnée par l’appropriation de tous les


espaces agricoles possibles. En fait, au début les communautés paysannes ont réparti la
plupart de leurs terres communales afin que chaque famille puisse faire de l’agriculture.
La communauté est restée propriétaire encore de quelques terrains communaux. La
croissance de la population a crée la besoin de faire de nouvelles répartitions. Les paysans
jeunes ont demandé ces terres. L’aire agricole a grandi jusqu’aux aires où la hauteur et les
pentes sont très forts.

Pour le niveau de la paroisse, on compte avec les données des deux derniers
recensements20. La population de Toacazo, de laquelle Wintza fait partie, était de 6 103
habitants pour l’année 1990, tandis que pour l’année 2 001, elle était de 6 970, c’est-à-

20
Voir le REDATAM sur le site d’Internet de l’INEC
http://redatam.inec.gov.ec/cgibin/RpWebEngine.exe/PortalAction

70
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

dire un taux de croissance démographique de 1,3% annuel pendant 11 années, période


dans laquelle le taux de croissance démographique équatorien était de 1,6% (INEC, 2010).

Tous ces espaces ont des propriétaires, même si parfois tous les papiers ne sont
pas certifiés par les autorités compétentes. Il s’agit plutôt d’une reconnaissance interne
de la communauté du droit d’usages et d’héritage des parcelles. Il faut rappeler que les
communautés, comme organisations sociales, sont les propriétaires légaux de toute l’aire
communale, alors que paysans ont le droit d’exploitation selon la législation équatorienne
(Loi de communautés).

Ceci a abouti à l’absence des aires sans propriétaire qui puissent être utilisées
pour l’agriculture : toute la terre agricole est déjà répartie. Nonobstant, l’appropriation de
tous les espaces ne signifie pas son utilisation agricole, comme nous le verrons après.

Photographie 3.1. Densification de l’aire rurale : centre de la commune de Yanahurco Grande

Photographie 3.2. Construction de nouvelles maisons comme indicateur de la croissance


démographique dans l’aire de Wintza

Source : Auteur, 2008

La densification du centre de la commune de Wintza et la construction des nouvelles maisons


comme indicateurs de la croissance démographique.

Pour arriver à une approximation plus locale de la dynamique démographique


dans l’aire de Wintza, nous avons fait un calcul de la quantité des maisons. On a utilisé les
cartes topographiques (échelle 1 : 50 000) « Sigchos » et « Mulalo » de l’IGM (faites sur la
basse des photographies aériennes des années 1988) et les photographies aériennes du
secteur de l’an 2002. En plus, on a estimé, selon nos entretiens, que dans chaque maison

71
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

vivent environ six personnes. Suivant cette méthodologie, nous estimons que dans
l’année 1988 il y avait plus ou moins 2 250 personnes en 375 maisons, tandis qu’en 2002
il y avait 2 580 personnes en 430 maisons. C'est-à-dire une augmentation en quinze
pourcent en quatorze années. En plus, nous avons vu la construction de nouvelles
maisons pendant nos travaux de terrain.

Graphique 3.1. Exemple de l’estimation des maisons en Wintza dans les photographies aériennes

Source : IGM, 2000


Elaboration : Auteur

II. D E NOUVELLES INFRASTR UCTURES POUR FAVORIS ER


L ’ ÉLEVAGE D ’ ALTITUDE

Le développement de l’élevage paysan laitier d’altitude a été accompagné et


soutenu par la construction d’infrastructures pour gérer les conditions du milieu naturel
par rapport aux besoins des pâturages et bovins et pour mieux relier ces espaces avec les
villes du bassin intramontagnard.

Il s’agit d’un part des infrastructures pour l’irrigation et pour gérer les troupeaux
des bovins et d’autre part des voies de communication pour se déplacer et emporter les
produits agricoles vers les villes.

72
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

L’irrigation pour utiliser la plaine de Wintza

C’est une partie de la stratégie d’adaptation des agricultures paysannes aux


besoins des marchés. Il s’agit de la construction des infrastructures pour l’irrigation. Ça
permet d’augmenter l’humidité du sol et de diminuer le risque des gelées. De plus, ça
permet le développement de nouvelles espèces pour le pâturage qui améliorent les
rendements de l’élevage des vaches laitières.

L’infrastructure pour l’irrigation en Wintza fait partie d’un projet qu’intègre cette
aire en plus d’autres dans la même région. En fait, le projet de l’UNONCANC comprendre
800 hectares. Ce projet comprend aussi la construction des prises d’eau, la construction
et réparation des canaux d’eau et l’achat des équipements mobiles d’aspersion. Tout ça à
un coût d’un million six-cents mille dollars (UNOCANC, 2007).

Leurs effets sur le territoire sont majeurs, notamment dans la plaine. On passe
d’un paysage agricole composé par pâturages naturels, parcelles de Páramo et bois vers
une aire dominée par les pâturages cultivés et gérée par l’irrigation. En même temps, les
parcelles sont en train d’être adaptées aux besoins de l’élevage. On est en train de passer
d’un paysage d’openfield vers un autre où les parcelles sont délimitées par du fil de fer,
afin de gérer les troupeaux des animaux.

73
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Photographie 3.3 et 3.4. Infrastructure pour l’irrigation

Source : auteur, 2009

La construction des nouvelles infrastructures pour l’irrigation. Ils ont commencé à fonctionner
pendant nos travaux de terrain. Les changements dans l’usage du sol commencent à être perçus dans le
paysage.

Ces changements sont récents et sont en train de se développer. Les organisations


gouvernementales et non gouvernementales jouent un rôle majeur dans la construction
de cette infrastructure, notamment comme fournisseurs de matériels de chantier en tant
qu’organisations communautaires ayant appuyé avec de la main d’œuvre des mêmes
paysans via des journées de travaux communautaires (mingas). Le maintien de
l’infrastructure et du fonctionnement du système d’irrigation est prévue par le Conseil
d’Administration de l’Eau crée pour cet objective.

Des voies de communication pour mieux se relier avec la ville

Les voies de communication sont des éléments majeurs dans la structuration des
territoires. Pour les aires agricoles, leur rôle est de lier ces espaces avec d’autres lieux de
la région, surtout les villes. Ils permettent le transport des engrais, outils, semences et

74
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

autres produits pour l’agriculture et d’emporter les récoltes vers les marchés,
généralement localisés en villes.

La présence et qualité des voies de communication est un facteur du


développement agricole, surtout pour quelques produits périssables et difficiles à
transporter. Le cas du lait est un exemple. Les aires de recollection du lait doivent être
proches et bien liées aux consommateurs finaux ou aux points de pasteurisation.

Nous avons déjà montré dans le premier chapitre, les distances de Wintza vers las
principales villes avec lesquelles les paysans se relient. Ici nous voulons montrer les effets
sur le territoire par l’amélioration des voies de communication pour mieux se lier avec les
villes, donc fortifier les relations villes-campagnes.

Nous allons prendre comme exemple de cas de la communauté de Yanahurco


Grande. Elle est la communauté la plus éloignée des aires urbaines de notre aire d’étude.
Il s’agit de la communauté pionnière dans l’élevage laitier. Elle a vu le besoin de mieux se
lier avec les acheteurs du lait. Elle s’est organisée pour améliorer la voie qui relie cette
communauté avec la route Panamericana, qui est la route la plus importante de
l’Équateur et qui permet de se relier avec Quito. Les paysans de Yanahurco Grande ont
renforcé cette voie pendant les premiers mois de 2008, pendant le temps de notre travail
de terrain.

L’exemple cité n’exprime pas une spécificité mais plutôt l’envie général
d’améliorer les voies de communication comme on peut le constater dans les différents
discours politiques et projets de développement à diverses échelles.

III. D ES EXPRESSIONS TERRITORIALES DIFFÉRENTES D ’ UNE MÊME


TENDANCE

Le paysage rural à Wintza avant l’accès à la terre était dominé par l’écosystème du
Páramo où il n’y avait pas d’utilisation agricole (avec cultures), selon montrent les cartes
d’usage du sol et paysages végétaux réalisée par le PRONAREG en 1976. Seulement

75
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

quelques taureaux d’arène paissent et parfois les propriétaires des haciendas chassaient
dans ces terrains. Après l’accès à la terre, le paysage a changé vers un domaine agricole,
caractérisée par l’agriculture paysanne d’altitude.

Une liaison plus forte avec les villes et la croissance démographique rurale ont
abouti dans l’intensification agricole de ces terrains. Cette intensification n’a pas les
mêmes effets sur le territoire, même s’il s’agit d’une aire pas trop grande. Les conditions
du milieu physique ont une influence sur l’utilisation différente des aires des « versants »
par rapports aux aires de la « plaine de Wintza », ce qui est clairement perçu dans le
paysage agraire.

Parmi ces conditionnes du milieu physique nous voulons souligner le rôle des
gelées. Elles sont des phénomènes climatiques liées au froid et à la sècheresse. Il s’agit
des courants d’air froid qui vont des aires plus hautes vers les aires plus basses. Dans les
aires des pentes fortes (les versants), ces courants bougent rapidement et les dommages
pour les cultures sont mineurs, tandis que l’air froid reste dans les aires plaines, comme
dans la vallée de Wintza. Le risque de cultiver sur versants est le même que dans les aires
300 mètres en dessous (Crismann, 2003). Le résultat est une différentiation du risque des
cultures face aux gelées qui s’exprime d’une façon très locale.

Pour arriver à quantifier cette différentiation nous avons interprété les


photographies aériennes de l’année 2000 du secteur de Wintza. On a établie des
paysages homogènes sous le concept des « unités agrophysionomiques » développé par
Deffontaines et Pascal. Dans ces unités on a établie des pourcentages d’usage de sol pour
chaque culture, en arrivant à une approximation générale quantitative de l’usage du sol
dans le secteur de Wintza, pour début novembre 2008. Ces données doivent être prises
seulement comme une guide tandis qu’ils reflètent l’usage du sol dans ce temps là,
pendant lequel quelques cultures ne sont pas encore cultivées en augmentant la quantité
de parcelles en jachère. De plus, quelques aires en jachère n’ont pas une division claire
avec les aires dédiées à l’élevage, ce qui les rende difficile de délimiter, donc nous avons
agroupé ces deux usages.

76
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Une intensification plus ancienne et forte sur les versants

C’est sur les versants surtout où l’intensification agricole a joué un rôle plus fort
historiquement. Le paysage des versants montre une utilisation plus intensive par rapport
à la plaine de Wintza. Le milieu physique semble avoir joué un rôle majeur. En fait, tandis
que dans la plupart des aires on préfère les aires plaines pour l’agriculture, à Wintza à
cause des risques des gelées les aires des versants sont exploitées plus intensivement.

Cela abouti dans une utilisation différente des aires du versant par rapport à celles
de la plaine. En fait, les cultures maraichères et vivrières sont plus importantes dans les
versants par rapport à la plaine, comme dans le cas de la pomme de terre laquelle
représentait environ cinq-cents hectares dans les versants et quatre-cents dans la plaine
en Novembre 2008.

Tandis que les aires dédiées à l’élevage sont mineures par rapport à la plaine. La
méthode utilisée ne permets pas de quantifier à détaille l’aire dédiée à l’élevage, en
prenant en compte que la stratégie paysanne d’utilisation de l’espace consacre des aires
exclusives pour l’élevage, et au même temps il profite des aires en jachère. Ces aires sont
les parcelles de pomme de terre que seront semées pendant le mois de Novembre ou
Mais-Avril, selon le calendrier de cultures.

Tableau 3.2. Estimation des pourcentages des aires cultivées selon produits en Novembre 2008
Pourcentage des aires cultivées selon produits
Jachère et Aire
Pents Pomme de Fourrés +
aires pour Fève Orge Oignon Carrots Melloco (hectares)
terre Bois
l'élevage
Plaine 49,31 44,21 41,13 22,74 33,97 0,00 6,25 29,96 1837,36
Versants 50,69 55,79 58,87 77,26 66,03 100,00 93,75 70,04 2542,85
Superficie 2056,60 896,60 618,89 163,92 131,94 51,78 201,05 259,42 4380,21

Source : Auteur

D’autre parte, dans les aires les plus hautes des versants subsistent encore aires
du Páramo, lesquelles sont dans les aires les plus élevées ou des plus fortes pentes.
Finalement, sur les versants, les processus d’érosion, s’ils ne sont pas d’y exclusifs, là sont
plus forts. L’intensification dans l’utilisation des tracteurs et autres techniques de

77
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

l’agriculture, comme la culture suivant la pente, sont à l’origine de ces processus qui
commencent à montrer leurs effets dans la fertilité du sol.

Finalement, nous voulons souligner une taille des parcelles légèrement plus petit
par rapport aux celles de la plaine. En fait, elles sont 20% moins grandes, tandis que la
moyenne de la taille des parcelles dans la plaine est de 1,2 hectare dans les versantes elle
est de 1 hectare.

Photographie 3.5 Vue du paysage des versants et de la plaine de Wintza

Source : Auteur, 2008. Exagération vertical 2x

L’usage différent des parcelles des versants par rapport à celles de la plaine

Des changements territoriaux plus forts dans la plaine de Wintza

La vallée de Wintza était une aire moins cultivée à cause de la faible technification
pour combattre les risques des gelées. Le paysage agraire était dominé par la jachère, les
pâturages naturels et quelques parcelles du Páramo. Pourtant c’est sur cette aire où le
changement a été majeur lors des dernières années.

L’irrigation et l’utilisation de semences améliorées sont les stratégies qui sont en


train de changer le paysage à la plaine de Wintza. De plus, l’UNOCANC est en train
d’appuyer ces alternatives par des projets d’amélioration de race des vaches laitiers. Les

78
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

nouvelles infrastructures pour l’irrigation sont des éléments du paysage qui montrent
l’approfondissement des changements vers l’élevage paysan laitier d’altitude.

Les premiers effets récents des stratégies paysannes sont déjà perceptibles dans le
paysage. Les aires dédiées à l’élevage sont plus importantes dans la vallée par rapport aux
versants. Les dynamiques de changements d’utilisation du sol sont fortes en modifiant le
paysage rapidement.

Une lecture du paysage actuel centrée sur les aires de la plaine de Wintza montre
une parcellaire qui reflète de plus en plus l’appropriation de cet espace. Les dernières
parcelles de Páramos sont en train d’être défrichées. Un réseau pour l’irrigation aide à
mettre en valeur ces aires pour l’élevage. Les pâturages croissent grâce à l’eau d’irrigation
et une quantité importante de bovins s’installe sur ces aires.

A moyen terme, la tendance montre une fortification de cette activité. Le paysage


de la plaine de Wintza semble se diriger vers une domination par les pâturages.
Nonobstant, il faut rappeler que c’est une activité qui est en train de se développer et
plusieurs éléments en jeu ne sont pas stables. Le marché et le prix des produits laitiers
vont jouer un rôle majeur dans la durabilité de cette activité.

IV. LA MONTÉE DE L A FRO NTIÈRE AGRICOLE QUI SE RALENTI LORS DES

DERNIÈRES ANNÉES

Comme on a vu, en parallèle de la croissance démographique, une des premières


stratégies a été la montée en altitude de la frontière agricole. Il s’agit d’une stratégie liée
aux activités agricoles. Cette stratégie est importante pendant les périodes où le centre
d’activités des paysans était l’agriculture. Le manque des terres, d’une part, et la
croissance urbaine, d’autre part, sont des facteurs de bouleversement des stratégies
paysannes avec des effets sur le territoire. En fait, comme nous avons vu, ce sont les
liaisons avec les villes qui ont été fortifiées dans les dernières décennies, en laissant de
côté l’augmentation des terres agricoles par la montée en altitude de la frontière agricole.

79
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Nous allons présenter la dynamique de la frontière agricole depuis l’accès à la


terre par le processus de Réforme Agraire. La première partie aide à comprendre le
fonctionnement de cette stratégie tandis que la deuxième exprime plus clairement le rôle
des changements régionaux, notamment la croissance urbaine, dans la dynamique de la
croissance de la frontière agricole.

Photographie 3.6. Montée de la frontière agricole

Source : auteur, 2008

La montée des parcelles agricoles jusqu’à les aires les plus hautes.

Les thématiques liées aux frontières agricoles sont des enjeux territoriaux majeurs
après l’implémentation du programme de Colonisation. Ce programme est un processus
parallèle à celui de la Réforme Agraire mais plus intense (d’après Gondard & Mazurek,
(2001) la Colonisation a touché 25% du territoire équatorien, tandis que la Réforme
Agraire seulement le 3%). Les terres de Colonisation étaient surtout en Amazonie et au
Nord Occidental équatorien, des aires qui auparavant avaient des densités de population
très faibles ou presque vides. Gondard et Mazurek (2001) identifient là, des « fronts
pionniers en forêts et versants externes de la Cordillère » (frentes pioneros en selvas
bajas y faldas externas de la Cordillera). Tandis que dans les parties les plus hautes des

80
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

montagnes ils parlent des « fronts pionnier des altitudes » (frentes pioneros de altura)
(Gondard & Mazurek, 2001).

La croissance de la population, la possibilité d’accès aux terres d’altitude dû


désormais à la Réforme Agraire et la hausse hypothétique de la température moyenne
seraient les facteurs de la montée en altitude de la frontière agricole (Gondard &
Mazurek, 2001).

La montée de la frontière agricole dans les fronts pionniers d’altitude est une
transformation majeure des Andes équatoriennes des trente dernières années. Dans la
province de Cotopaxi l’aire de Páramo était de 146 000 hectares en 1979 tandis que pour
l’année 2004 elle était de 86 500 hectares (Martinez, 2005), c’est-à-dire une réduction de
40% en un quart de siècle.

Pour l’aire de Wintza le changement est encore plus fort. Avant la Réforme
Agraire, les terres étaient utilisées pour les troupeaux de l’élevage de combat, dont la
pression sur l’écosystème n’était pas importante. Après l’accès à la terre, les paysans ont
orienté l’utilisation du sol de Páramo vers les cultures, vers l’année 1976. Selon des
photographies aériennes, on estime que le pourcentage de Páramo est de 30%
seulement, tandis que pour 2002, sous la même méthodologie, ce pourcentage a diminué
à 7% (Barragan & Valdez, 2008).

Maintenant la montée de la frontière agricole se ralentit. Les terres de Páramos


disponibles pour l’agriculture sont mineures, ce qui reste de Páramos ce sont des aires
très hautes et avec des pentes très fortes.

81
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Graphique 3.2. État de la frontière agricole en 1976, 1993 et 2002

Source : IGM, PRONAREG

La pression sur le Páramo diminue par les changements régionaux

La tendance de la montée de la frontière agricole dans les dernières années a été


ralentie en privilégiant d’autres stratégies, comme nous avons montré. D’un part, il est
vrai que la disponibilité des terres avec potentialités agricoles est mineure. Pourtant il
n’est pas le seul facteur. Afin de comprendre ce bouleversement dans la tendance de la
croissance de la frontière agricole, il faut lier les dynamiques régionales et les stratégies
des paysans face à ces changements.

En fait, le ralentissement de la frontière agricole est accompagné de


l’augmentation de l’importance des mobilités des paysans vers les villes et des
changements agricoles régionaux qu’on a mentionnés. Lopez (2004) lors d’une recherche
multi-temporelle montre que les aires où les activités non agricoles sont plus
importantes, la montée de la frontière agricole est mineure. Elle a fait une comparaison
entre trois lieux du Nord de l’Équateur, un de ceux-là est Wintza. Par rapport aux autres
exemples étudiés par Lopez, l’aire de Wintza avait la frontière agricole la plus haute et le
pourcentage le plus faible des activités non agricoles. La tendance de Wintza semble

82
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

confirmer ces conclusions avec ses liaisons les plus importantes dans les dernières années
avec les villes, et des activités non agricoles ayant pour effet une diminution de la
pression sur le Páramo.

Il faut ajouter les changements régionaux comme l’essor de l’agriculture


d’exportation dans la vallée et son rôle dans l’émergence de l’élevage paysan laitier
d’altitude, comme nous l’avons souligné.

CONCLUSIONS
Les dynamiques territoriales expriment les changements dans l’appropriation de
l’espace et donc des stratégies des acteurs (chapitre 2) face aux changements régionaux
comme la croissance urbaine (chapitre 1). Les mutations territoriales à Wintza dues à la
croissance urbaine s’appuient très fortement sur les héritages sociaux et sur la nature
physique de l’espace. La croissance urbaine est un facteur de recomposition territoriale
d’une aire qui n’a jamais eu de stabilité après l’accès à la terre par les paysans.

Les recompositions territoriales par la croissance des villes doivent être lues dans
l’histoire d’un territoire récemment approprié par les paysans (années 60 et 70). Il ne
s’agit pas d’une rupture dans l’histoire sinon d’une modification des tendances des
changements dans une aire toujours en mutation.

Après l’appropriation initiale des terres par les paysans, la densification de


l’habitat par la croissance démographique rurale a été une dynamique majeure : une
montée forte de la frontière agricole et la prolifération des maisons dans le paysage rural
montraient cette dynamique.

La ville et son effet dans la permanence de l’agriculture paysanne comme stratégie


sont des facteurs pour une densification encore plus forte, même si les taux de croissance
démographique sont mineurs par rapport aux premières années.

Les éléments des territoires dédiés à la production agricole se sont multipliés :


amélioration des voies de communication, infrastructure pour l’arrosage, etc. Ces

83
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

changements ont touché aussi les systèmes de culture et il y a eu même substitution des
cultures utilisées.

Ces changements qui cherchent l’intensification de l’agriculture dans l’espace, le


rôle chaque fois majeur des revenus des travaux en villes et l’épuisement des terres de
Páramo susceptibles à la montée de la frontière agricole ont signifié un ralentissement de
cette dynamique auparavant très forte.

De cette façon, il s’agit d’une aire de plus en plus intégrée dans le système de
ravitaillement urbain des produits agricoles et de main d’œuvre où les mutations
territoriales sont encore très fortes. L’influence de la ville est perçue par l’intensification
des mutations territoriales même si son influence dépend parfois des autres facteurs,
comme le développement de l’agriculture d’exportations dans les aires plus basses de la
vallée intramontagnard qui sont plus proches de la ville.

84
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

C ONCLUSION G ÉNÉRALE

Au moment de la conclusion, nous sommes confrontés à plusieurs défis. En plus


d'une réponse à la question initiale, ce processus de recherche nous laisse d'autres
enseignements que nous tenons à souligner. Tout d'abord, nous présentons quelques
points forts et les faiblesses de la méthodologie de recherche. Ensuite, nous allons
réfléchir sur les effets du cadre théorique sur les résultats obtenus. Comme nous l'avons
souligné, il a eu un tournant dans la réflexion sur les relations villes-campagnes. Cela
conduit à s'interroger sur l'origine des résultats trouvés : s’agit-il des changements de
l'objet d'étude ? Ou plutôt, est-ce le résultat d’un autre regard sur les relations villes-
campagnes ?
À la suite, nous nous concentrons sur la réponse à la question de recherche
(Quels sont les effets de la croissance urbaine sur les mutations d’un territoire rural ?).
Les arguments majeurs proviennent du travail de terrain, ils seront contextualités dans le
débat sur les relations villes-campagnes. Même s’il s’agit d’une étude de cas, via
l’exemple de Wintza, la problématique n’est pas exclusive de cette région mais elle se
reproduit, avec différentes particularités, dans les campagnes des pays du Sud. Ce qui
nous permet de tirer quelques clés d’enseignement général. Finalement, nous
reviendrons à la question de recherche pour ébaucher les thématiques et les hypothèses
qui permettent, dans de futures recherches, d’approfondir le débat sur les relations villes-
campagnes et la connaissance du territoire régional des Andes du Nord en Équateur.

Le terrain dans le centre de la méthodologie de recherche

La méthodologie employée donne un rôle majeur au travail de terrain. Ceci a


permis de développer cette recherche même si au début la thématique et la question de
recherche étaient autres. Bien que le manque d’information nous ait limités dans
l’approfondissement à quelques thématiques, la connaissance générale de la région, y

85
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

compris les villes, notamment Quito, était un facteur pour compléter et améliorer la
réflexion.

L’étude des relations villes-campagnes pose des défis particuliers aux chercheurs
qui généralement se spécialisent sur une aire, soit urbaine, soit rurale, sans prendre en
compte leurs liaisons. La formule utilisée par Chaléard et Dubresson « un pied dedans, un
pied dehors » pour exprimer une méthodologie générale de recherche des relations villes-
campagnes nous semble tout-à-fait pertinente. Il s’agit de d’approfondir simultanément
la connaissance des campagnes et des villes.

Un changement dans l’objet d’étude et dans le regard

Parfois nous trouvons ce que nous cherchons. Le regard et le cadre théorique


d’interprétation des résultats peuvent modifier l’apprentissage de l’objet d’étude. En fait,
le paradigme d’interprétation des relations villes-campagnes a évolué dans le temps. À
nos jours l’articulation entre espaces urbains et ruraux est de plus en plus importante
pour les chercheurs. La thèse du « parti pris urbain » perd, au moins dans le milieu de
l’Académie, sa dominance d’auparavant. Ce qui est un facteur de la montée d’un discours
plus hétérodoxe qui a développé un regard différent sur les relations villes-campagnes.
Ceci serait un facteur pour élaborer des interprétations nouvelles du même objet
d’étude. Pourtant, dans le cas de Wintza, le changement du regard n’est pas suffisant
pour construire un discours différent sur l’articulation urbain-rural.

En fait, la démarche prise donne un rôle majeur aux aspects historiques. La


temporalité courte de l’appropriation de cet espace nous a permis de montrer des
périodes dans lesquelles les villes ont eu des rôles différents. Au début, après l’accès à la
terre dans les années 60 et 70 il s’agissait d’un territoire nouveau en cours
d’appropriation tandis qu’avec le temps et l’intensification des relations avec les villes on
aboutit aux mutations territoriales qu’on a exposées. Donc, pour le cas de Wintza, même
les changements des regards sont importants, les dynamiques majeures sont liées à
l’intensification des relations villes-campagnes.

86
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Wintza : un territoire dynamisé par la croissance urbaine

Notre question de recherche était liée aux effets de la croissance urbaine sur les
mutations territoriales rurales. Au début nous somme claires en soulignant le rôle majeur
de la croissance urbaine dans ces mutations à Wintza, notamment dans la densification
de l’habitat rural, dans les changements au niveau du terroir, notamment dans l’usage du
sol et l’émergence de l’élevage paysan laitier d’altitude en particulier, et dans la
dynamique de la frontière agricole et son ralentissement lors des dernières années.

De plus il nous semble important de structurer un discours qui, dans le cadre du


débat sur les relations villes-campagnes, rende compte des causes et des moyens de ces
mutations. Nous allons suivre un chemin de causalité qui commence par la croissance
urbaine comme facteur externe pour les modifications des stratégies des paysans, celles
qui s’expriment par mutations dans le territoire. Il ne s’agit pas de présenter un résumé
mais de souligner quelques aspects clés que permettent d’avancer dans la connaissance
de la région et dans le débat sur les relations villes-campagnes.

La croissance urbaine équatorienne s’inscrit dans un processus à l’échelle


mondiale qui privilégie la concentration. Dans un contexte d’une croissance
démographique élevée, ce processus est parallèle à l’augmentation des effectifs de la
population dans les aires rurales. De plus, le développement d’un semis urbain et la
structuration d’un réseau urbain freinent la métropolisation. La distribution géographique
de la croissance démographique, à l’échelle nationale, est plus complexe qu’une division
urbaine-rural. Il s’agit plutôt des régions qui croissent et des régions qui se dépeuplent, y
compris dans les villes et les campagnes.

Bien qu’au début la croissance urbaine à l’échelle nationale était alimentée par la
migration des ruraux, ce mouvement des gens est loin d’être un « exode rural ». De plus,
les mouvements des paysans à Wintza sont plus proches des modèles de mobilité pleine
d’aller et de retours que d’une migration définitive qui coupe tous les liens avec les
campagnes. La formule « partir pour rester » appliquée par Cortes (2000) est applicable
aussi à Wintza. Il s’agit d’une stratégie de familles paysannes boliviennes qui complètent
leurs revenus via du travail à l’étranger d’un de leurs membres en permettant que la
famille reste dans l’aire rural ; à Wintza ces mobilités sont plus courtes dans le temps et

87
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

dans l’espace. Cette division des rôles des membres de la famille a permis d’articuler,
sans concurrence, cette stratégie du travail en ville avec celle de l’intensification agricole.

Les stratégies paysannes montrent une grande capacité d’adaptation face aux
nouveaux défis et opportunités. Depuis l’accès à la terre, elles ne doivent pas être vues
comme une rupture mais plutôt comme une évolution constante à différentes vitesses.
En fait, l’agriculture et les travaux non agricoles sont des activités anciennes qui se sont
recomposées et intensifiées. La permanence de ces stratégies est basée sur l’accès à la
terre agricole, laquelle est une option de moins en moins possible par l’épuisement de la
terre comme résultat des divisions de la propriété pour l’héritier. Nous assisterions dans
les prochaines années à un défi majeur de réadaptation de ces stratégies, en prenant en
compte que l’héritage d’une ferme agricole n’est plus possible par tous leurs enfants.

La croissance urbaine ajoutée au développement de l’agriculture d’exportation


des aires les plus basses de la vallée intramontagnarde sont des facteurs majeurs pour les
recompositions agricoles à Wintza. Le ravitaillement national a été pris en charge, avec un
important pourcentage, par les agricultures minifundistes, comme celles de Wintza,
tandis que les grands propriétaires ont, en grosso modo, dirigé leur production vers
l’exportation.

De cette façon le territoire de Wintza est plein de recompositions, lesquelles sont


très liées aux changements régionaux. La croissance des villes comme un changement
majeur de ces espaces est loin d’impliquer un affaiblissement des dynamiques de
campagnes d’alentours, mais plutôt une dynamisation encore plus forte. Pourtant nous
ne voulons pas généraliser cette conclusion. Comme nous avions remarqué
précédemment, les campagnes des pays du Sud, notamment de l’Équateur, sont pleines
de diversités qui modifient les relations villes-campagnes.

Le rôle de la distance dans l’influence de la ville sur les campagnes : une


thématique à approfondir

En ce qui concerne la campagne, les héritages de l’espace et la distance aux villes


semblent jouer un rôle majeur dans leurs relations avec la ville. Ce qui nous pose des

88
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

nouvelles questions. Il semble intéressant de déterminer les enjeux de ces relations pour
aires plus proches à la ville qui font partie des aires périurbaines.

Une approche comparative entre aires paysannes localisées à différentes


distances de la ville montrerait les effets divers de la ville sur ces espaces. S’agit-il d’une
intensification de relations villes-campagnes ou plutôt des différentes expressions ?

En plus de l’exemple de Wintza, d’autres terrains privilégiés pour répondre à


cette question seraient Nono (à 20 kilomètre de Quito), Lumbisi (à 15 kilomètres de
Quito) ou Oyacoto (à 15 kilomètres de Quito). Toutes ces aires sont localisées dans la
région périurbaine où l’urbanisation et la possibilité des déplacements journalières vers la
ville modifieraient les effets de la ville sur les campagnes. Les dynamiques des aires
périurbaines par rapport à Wintza pourraient être contrastées.

89
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexes

90
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe 1 :

Des méthodologies différentes pour mesurer l’urbain et le rural

Tout d’abord, il faut sélectionner les unités spatiales que l’on considère dans l’analyse du
réseau urbain. Une première approximation est faite avec la catégorisation de la
population « urbain » et « rural » selon les définitions de l’INEC (Instituto de Estadisticas y
Censos del Ecuador – l’Institut de Statistiques et Recensements de l’Équateur).

Qu’est-ce que la population urbaine en Équateur ?

En Équateur la population urbaine est celle qui vit dans une « cabecera cantonal ».
Dans cette classification la taille de l’établissement humain (?) n’est pas importante. La
population rurale vit dans les aires qui ont la catégorie de paroisses rurales.

Il faut ajouter une autre catégorisation dans la population. Il s’agit de celle


« concentrée » et « dispersée ». La population des villes est celle qui habite dans une
agglomération de 5 000 habitants ou plus. Le niveau hiérarchique administratif n’est pas
un facteur déterminant. D’autre part, la population dispersée est celle qui vit dans un
centre populationnel de moins de 5 000 habitants ou dispersés.

En prenant la définition d’ « urbain » il y a 221 « villes » puisque chaque canton a


une « cabecera cantonal » avec « population urbaine ». Pourtant, cette définition exprime
seulement la catégorie administrative, celle qui est dissemblable et incongru (GONDARD,
2005). Parfois la création des paroisses et cantons a été faite sans critères techniques
mais est issue des négociations politiques.

91
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe 2 :

Localisation de Wintza par rapport aux villes avec lesquelles elle s’est reliée.

92
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe 3 : Première guide d’entretiens

1. Cambios en tenencia de la tierra


1.1. ¿Han existido o existen cambios?
1.2. ¿Qué cambios?
1.2.1. Superficie
1.2.2. Propietario
1.2.3. Organización social
1.3. ¿Cuándo se dieron estos cambios?
1.4. ¿En qué contexto legal sucedieron los cambios?
1.5. ¿Hubo legalización de la tierra?
2. Manejo de tierras
2.1. Incremento de la frontera agrícola
2.2. Cambios en el uso del suelo
2.2.1. Páramo – Cultivos
• ¿Dónde?
• ¿Qué cultivos?
• ¿Cuándo?
2.2.2. Cultivos – Cultivos
• ¿Qué cultivos?
2.2.3. Cultivos – Sin Uso
2.3. Páramos
2.3.1. ¿Se utilizan para pastizales?
• ¿Cómo?
• ¿Quiénes tienen acceso?
• ¿Qué animales?
• ¿Cuántos animales?
2.4. Tecnología
2.4.1. Itinerario técnico
• ¿Qué se hace?
• ¿Cuándo se hace?
• ¿Para qué se hace?
• ¿Cómo se hace?
2.4.2. ¿Quién aconseja sobre tecnología?
2.4.3. Producción (x hectárea)
2.4.4. Comercialización
• ¿Qué se vende?
• ¿Cuánto se vende?
• ¿Dónde se vende?
2.4.5. Mano de obra
• ¿Familiar? ¿Quiénes?
• ¿Asalariada? ¿Cuánto se paga? ¿Cuántos empleados?
2.4.6. Mecanización
• ¿Por qué?
• ¿Cuántos emplean mecanización?
2.4.7. Riego

93
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

2.5. Ganadería
2.5.1. ¿Qué animales?
2.5.2. ¿Cuántos animales?
2.5.3. ¿Dónde comen?
2.5.4. ¿Dónde duermen?
2.5.5. ¿Se realiza venta del abono?
2.5.6. Importancia del ganado en el sistema de producción
• ¿Los animales son para el consumo o para la venta?
• ¿Se trata de ganado menor o Mayor?

3. Población
3.1. Número total de personas en la comunidad
3.1.1. Hombres
3.1.2. Mujeres
3.1.3. Grupos de edad
3.2. Número de comuneros
3.3. Dinámica
3.3.1. Migración
• Temporal (2 – 3 meses)
• Definitiva

4. Otros
4.1. Actividades complementarias

94
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

PONTIFICIA UNIVERSIDAD CATÓLICA DEL ECUADOR

Annexe 4 : Deuxième guide d’entretiens


Tenencia de la tierra y dinámicas agrarias en el Ecuador
Zona de Toacazo

Itinerario Técnico

Comunidad: Fecha:

1. Rotación de Cultivos
C1 C2 C3 C4 C5 C6 C7 C8

Tiempo

2. Técnica
Observaciones (Proceso, herramientas, $,
2.1 Tamaño de Parcela: Si No Riego: consideraciones, etc.)

2.2 Labores: Manual Mano de Obra: Mecánica


2.2.1 Preparación del Suelo: Familiar Contratada Horas tractor
# #

Arado

Rastra

TOTAL

2.2.2 Siembra: Quintales/Ha

Manual Mano de Obra: Mecánica


Familiar Contratada Horas
# #

2.2.3 Cultivo:
Manual Mano de Obra: Mecánica
Familiar Contratada Horas
# #

Deshierva

Aporque

Tratamientos
fitosanitarios

TOTAL

2.2.4 Cosecha: Manual Mano de Obra: Mecánica


Familiar Contratada Horas
# #

Limpieza

Selección

TOTAL

95
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe 5 : Troisième guide d’entretiens

Nombre: Comunidad:
Riego
Si No
Total de hectareas del propietario
Numero de parcelas
Tamaño de parcelas

Numero de pacelas dedicadas a pastos


Tamaño de parcelas dedicadas a pastos

Superficie Quintales de semilla Fertilizantes


Q. o Kg.
Sembrada Cosechada aplicados Mecanización Riego
Cultivo Cultivada Cosechada Nombre Composición Precio por
x Ha x Ha
hectárea Si No Si No

Ganado Bovino T F Va To Vc Tr Total


Numero

Ganado Menor Ov Ca Po Cy Av Total


Número

96
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Niños <12 Jóvenes 12 - 18 Adultos >18


M H M H M H
Número de personas que habitan en la
vivienda
Número de personas de la familia que
realizan trabajos fuera de finca
Lugar de trabajo
Tipo de trabajo
Numero de días L-V Fin semana
Tiempo de permanencia fuera de finca

Ingreso

97
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe 6 : Guide pour l’identification des unités agro physionomiques

USO ACTUAL DEL SUELO ---- BOLETA DE CAMPO

Mapa: Punto No. Altitud promedio de la zona: Foto No.:

1. Topografía:
11 Valle: 12 Llano: 13 Pendiente suave: 14 Pendiente fuerte:

15 Quebrada:

2. Erosión:
21 Zona sin erosión: 22: Zona en proceso de erosión:

23 Zona erosionada:

3. Vegetación característica de la zona:


31 Zona de vegetación:

31.1 Páramo: 31.2 Matorral: 31.3 Monte: 31.4 Chaparro:

31.5 Otra (describa): ______________________________________________

32 Arbustos:

Lechero: Puma maqui: Chilcos: Guarango:

Changüí: Suro: Fucshi: Pencos:

Otros: __________________________________________________________

33 Arboles:

Eucaliptos: Faique: Algarrobo: Ceibos:

Capulí: Tocte: Guabo:

Otros: __________________________________________________________

4. Tenencia de la tierra: (incluir superficie aproximada de las parcelas)


41 Tamaño de las parcelas Grandes: Pequeñas: Medianas:

42 Evolución de la tenencia de la tierra en los 10-15 últimos años:

_________________________________________________________________________

98
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

5. Uso del suelo:

Uso del suelo % Riego 51 Periodicidad del riego:


Páramo
Matorral o monte 52 Para los frutales y hortalizas indicar aquí las
Xerófita variedades:
Vegetación no diferenciada
Sin cultivo 53 Para los bosques indicar las especies y sus porcentajes:
Bosque artificial
Barbecho
Pasto natural 54 Evolución del uso del suelo con relación a la evolución
Pasto artificial a la evolución de la tenencia:
Maleza
Cultivos:

55 Evolución del uso del suelo sin cambio de tenencia:

Para las asociaciones, incluir el porcentaje de la asociación, sin distinguir el porcentaje de cada especie.
Ejemplo: maíz + fréjol = 60%

6. Las cercas de las parcelas:


Descripción del material usado, de las plantas sembradas:

7. Habitaciones:

Viviendas: Agrupadas: Dispersas:

Material del techo: ____________________________________

Material de las paredes: ________________________________

Forma de la vivienda: __________________________________

8. Técnicas de cultivo:

Mecanización (tipo, máquinas): __________________________

Mojones : ___________________________________________

99
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Terrazas: En uso: Abandonadas: En mal estado:

Encuestadores: Fecha:

____________________________

____________________________

Observaciones:

100
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Annexe : Paysage de Wintza depuis différents points de vue

101
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

B IBLIOGRAPHIE

O UVRAGES GÉNÉRAUX

BRUNET R., 2001, Le déchiffrement du Monde. Théorie et pratique de la Géographie, Paris,


BELIN, 401 p.

BRUNET R. & DOLLFUS O., 1.990. Mondes Nouveaux. Paris, RECLUS, 550 p.
BRUNET R., FERRAS R. & THERY H., 1.992, Les Mots de la Géographie. Dictionnaires
Critique, Montpellier, RECLUS, 518 p.
CHALEARD JL., FECKOUA L. & PELISSIER P., 1990, « Réponses paysannes à la croissance
urbaine en Côte d’Ivoire septentrionale » In Les Cahiers d’Outre Mer, Tome XLIII,
Année 1990, pp. 5-23.

CHALEARD JL., 1996, Temps de vivres, temps de villes. Pour une nouvelle approche des
campagnes ivoiriennes, Paris, Karthala, 664 p.

CHALEARD JL., 1997, « Un village entre ville et campagne : Adomonkro » In GASTELLU M.


& MARCHAL JY. (editeurs), 1997, La ruralité dans les pays du Sud à la fin du XXe
siècle, Paris, ORSTOM, pp. 201-224
CHALEARD JL. & DUBRESSON A., 1999, « Introduction : nouvelles relations, nouvelles
approches » In CHALEARD JL. & DUBRESSON A, Villes et campagnes dans les pays
du Sud, Paris, Karthala, pp. 7-18
CHALEARD JL. & DUBRESSON A., 1999, Villes et campagnes dans les pays du Sud.
Géographie des relations, Paris, Karthala, 258 p.

CHALEARD JL. & CHARVET, JP., 2004, Géographie agricole et rural, Paris, Belin, 239 p.

CHALEARD JL., 2002, « Les grandes mutations des territoires ruraux dans les pays du Sud :
problèmes et enjeux », In RAKOTO H. THIBAUD B. & PEYRUSAUBES D. Ruralités
Nords-Suds : inégalités, conflits, innovations. Paris. L’Harmattan, pp. 19-29.
CHARRIER JB., 1988, Villes et campagnes, Paris, Masson, 208 p.

CHARVET CH, 2000, Dictionnaire de Géographie Humaine, Paris, Liris, 191 p.

DEVAUX A., ORDINALA M., HIBON A. & FLORES R. El sector papa en la región andina.
Diagnóstico y elementos para una visión estratégica (Bolivia, Ecuador y Perú),
International Potato Center, 385 p.

102
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

DIRY JP, 2004, Les espaces ruraux, Paris, Armand Colin, 191 p.

DOLLFUS O, 2007, La Mondialisation, Paris, Presses de Sciences Po, 171 p.


FRANCK A., Produire pour la ville, produire la ville, Paris, Université Paris X Nanterre
Récupéré 15 Décembre 2009 de TEL (Thèses en ligne) : http://tel.archives-
ouvertes.fr/tel-00232876/en/ , 508 p
FRANQUEVILLE A., 1997, Les espaces géographiques du ravitaillement urbain, FAO,
GASTELLU M. & MARCHAL JY. (editeurs), 1997, La ruralité dans les pays du Sud à la fin du
XXe siècle, Paris, ORSTOM, 767 p.

GASSELIN P., 2000, Le temps de roses. La floriculture et les dynamiques agraires de la


región agropolitaine de Quito (Equateur), Paris, Institute National Agronomique
Paris-Grignon, 587 p.

LABORDE P., 2001. Les espaces urbains dans le monde, Paris, Nathan Université. 239 p.

LEBEAU R., 2000, Les grands types de structure agraire dans le monde, Paris, COLIN, 82 p.

LEVY J. & LUSSAULT M. (directeurs), Dictionnaire de la Géographie et de l’espace des


sociétés, Paris, Belin, 1034 p.

LOMBARD J., MESCLIER E., VELT S., (éditeurs) La Mondialisation côté Sud. Acteurs et
territoires, Paris, IRD-ENS, 496 p.

MORICONI-EBRARD F., 1993, L’urbanisation du monde depuis 1950, Paris, Economica-


Anthropos, 372 p.
NOIN D., 1991, Atlas de la population mondiale, Montpellier, La Documentation
Française, 160 p.
PAULET JP, 2009, Manuel de Géographie urbaine, Paris, Armand Colin, 352 p.

PUMAIN P., 2006, Dictionnaire de la ville et de l’urbain, Paris, Economica, 320 p.

RAKOTO RAMIARANTSOA H. THIBAUD B. & PEYRUSAUBES D. (coord.), 2008, Ruralités


Nords-Suds: inégalités, conflits, innovations, Paris, L’Harmattan, 452 p.

ROUGIER H., MOTTETE G. & WACKERMAN G., 2.001, Géographie des montagnes, Paris,
Ellipses, 224 p.
TACOLI C., 1998, “Rural-urban interactions: a guide to the literatura” In Environment and
Urbanization April 1998 vol. 10, récupéré 27 Octobre 2009, de
http://eau.sagepub.com/content/10/1/147.full.pdf+html
TALLET B., 1999, “La maraichage à Bobo-Dioulasso (Burkana Faso): un dynamisme agricol
sous influence urbaine” In CHALEARD JL. & DUBRESSON A., Villes et campagnes
dans les pays du Sud. Géographie des relations, Paris, Karthala, pp. 47-59.

103
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

O UVRAGES MÉTHODOLOGIQ UES

BEAUD M., 2006, L’art de la thèse, Paris, La Découverte, 196 p.

DEFFONTAINES JP. & PASCAL T. Dés entités spatiales significatives pour l´activité agricole,
Récupéré 29 Octobre 2007 de http://www.inra.fr/dpenv/defftc44.htm

GUMUCHIAN H. & MAROIS C., 2.000, Initiation a la recherche en géographie, Montréal,


Les presses de l´université de Montréal, 425 p.
GUMUCHIAN H., 2003, Les Acteurs, Ces Oubliés Du Territoire, Paris, Economica, 186 p.
LABERE N., UZUNIDIS D., BOUTILLIER S. & GOGUEL D’ALLONDANS A., 2000, Méthodologie
de la thèse et du mémoire, Studyrama, 218 p.

O UVRAGES SPÉCIFIQUES À L ’É QUATEUR ET À L ’A MÉRIQUE DU S UD

ABAD J., CRISSMAN C., ESPINOZA P. & VACA R., 1996, Raíces y tubérculos andinos en el
Ecuador. Situación actual y limitaciones para la producción, Quito, Abya-Yala, 178
p.

ANAND P., 2002, The Geography of Poverty in Ecuador. University of California-Berkeley,


récupéré 29 Novembre 2009, de
http://aede.osu.edu/resources/docs/pdf/FC78D18C-E86A-4E20-
BF7639829E579095.pdf

Atlas infographique de Quito. Socio-dynamique de l’espace et politique urbaine, 1992,


IGM-IPGH.-ORSTOM

AUBRON C, 2006, Le lait des Andes vaut-il de l’or ? Logiques paysannes et insertion
marchande de la production fromagère andine, Institut National Agronomique
Paris-Grignon-École Nationale d’Ingénieurs des Travaux Agricoles Clermont-
Ferrand, récupéré 23 Octobre 2009 de http://tel.archives-
ouvertes.fr/docs/00/10/23/83/PDF/These_Claire_Aubron.pdf, 480 p

BARRAGAN F. & VALDEZ F., 2008, Dinámicas agrarias y avance de la frontera Agrícola en
el sector de Wintza, Parroquia Toacazo, Quito, PUCE, 174 p.
BARRERA V., TAPIA C. & MONTERO A. (éditeurs), 2004, Raíces y Tubérculos Andinos:
Alternativas para la conservación y uso sostenible en el Ecuador, Quito, INIAP –
CIP, 176 p.

104
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

BATAILLON C., DELER JP. & THERY H., 1991, « Amérique Latine ». Géographie Universelle,
Paris, Hachette-Reclus.

BOLAY JL., DE LA PORTE C., NIEVES G., RABINOVICH A., RUIZ L., SERRANO T, VIVERO M.,
UNDA M., 2004, Interface Urbano-Rural en Ecuador. Hacia un desarrollo
territorial integrado, LaSUR-INTER-ENAC/EPFL-Centro de Investigaciones
CIUDAD, récupéré 2 Novembre 2009, de http://nccr-
ns.epfl.ch/autres_rech/equateur_fr.asp

BRETON V., (en train de publication), Las dimensiones poliédricas del crepúsculo de las
Haciendas Norandinas, Universidad de Lleida, 32 p.

CARRION D., HARDOY JE., HERZER H. & GARCIA A., 1986, Ciudades en conflicto, Quito, El
Conejo.

CARRION F., 1989, “Evolución del espacio urbano ecuatoriano” In AYALA MORA E. (ed.),
Nueva Historia del Ecuador, Quito, Corporación Editora Nacional, p. 40-72.

CARRION F., 1986 “Ciudades intermedias y poder local en el Ecuador: una aproximación
analítica” In CARRION D., HARDOY JE., HERZER H. & GARCIA A., Ciudades en
conflicto, Quito, El Conejo, pp. 67-88

CAZAMAJOR M., 1987 “Abastecimiento de las ciudades, mercados y ferias”, In LEON J., &
PELTRE P. (editeurs), El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y
Crecimiento, Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, pp. 241-253.

CEPEDA D., GONDARD P., MEUNIER A. & ZAPATA A., 2007, Mosaico Agrario, Quito, SIPAE-
IRD-IFEA.
CEPEDA D., 2007, “Megadiversidad agraria en el Ecuador. Disciplina, conceptos y
herramientas” In CEPEDA D., GONDARD P., ZAPATA A. & MEUNIER A., 2007,
Mosaico Agrario, Quito, SIPAE-IRD-IFEA, pp. 29-54
CESA., 1.991, Campesinado y entorno eco social, Quito, Abya-Yala
CHALEARD JL. & MESCLIER E., 2006, Les campagnes andines dans la mondialisation.
Récupéré 28 Novembre 2009, d’Actes du Festival International de Géographie :
http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2006/chaleard/article.htm
CHANCUSIG E., 1999, Evaluaciôn del sistema tradicional de cultivos en relevos de papas en
las comunidades andinas de Cotopaxi, Temuco, Universidad Catôlica de Temuco,
récupéré 15 Octobre 2009 de http://biblioteca.uct.cl/tesis/edwin-
chancusig/tesis.pdf
CHIRIBOGA M., 2008, Diagnóstico de la Comercialización Agropecuaria en Ecuador.
Implicaciones para la pequeña economía campesina y propuesta para una
agenda nacional agropecuaria, CESA-Inter Cooperación-VECO Ecuador, Récupéré

105
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

13 Octobre 2009,
http://www.veco.org.ec/fileadmin/CENDOC/Acceso%20a%20mercados%20y%20
comercializaci%F3n/Diagnostico%20Manuel%20Chiribogav4.pdf

CHISAGUANO S., 2006, La población indígena del Ecuador. Análisis de estadísticas socio
demográficas, Quito, INEC, 41 p.

COLLIN DELAVAUD A., (directeur) 1987, Atlas del Ecuador, Paris, Banco Central del
Ecuador-Les Editions JA.

CORTES G., 2000, Partir pour rester : survie et mutations de sociétés paysannes andines
(Bolivie), Paris, IRD, 413 p.

COURADE G. & PELTRE-WURTZ J. 1991, « La sécurité alimentaire à l’heure du néo-


libéralisme » In Cahier des Sciences Humaines 27, Paris, ORSTOM, p 3-13.

CUESTA X., JIMENEZ J., LOPEZ G. & MONTEROS C., 2005, Las papas nativas en el Ecuador.
Estudios cualitativos sobre su oferta y demanda, Quito, INIAP-Proyecto Papa
Andina, 32 p.

CRISSMAN C., 2.003, La agricultura en los páramos: estrategias para el uso del espacio.
Lima, CONDESAN, 63 p.
DELER JP., 1976, « L’évolution du système urbain et la formation de l’espace en
Équateur » In Bulletin de l’Institute d’Études Andines, 1976, p. 13-47

DELER JP., 2007, Ecuador. Del Espacio al Estado Nacional, Quito, UASB-IFEA-Corporación
Editora Nacional, 474 p.
DELER JP., GONDARD P, 2005, « Du cercle à l'ellipse. Un chorotype du bassin intra-
montagnard dans les Andes de l'Équateur » In Mappemonde N 40, Montpellier,
Maison de la Géographie, pp 10-11.
DE NONI B., DE NONI G., FERNANDEZ MA., PELTRE P., 1988, « Drainage urbain et
accidents climatiques à Quito (Équateur). Analyses d’un cas récent de crue
boueuse » In Cahier des Sciences Humaines N 24, pp 225-249.

DE RIZ L., 1968, El proceso de urbanizaciôn del Ecuador, CEPAL.

DOLLFUS O, 1.991, Territorios Andinos, Lima, IFEA.


DOUZANT-ROSENFELD D. & GRANDJEAN P. (coordinateurs), 1995, Nourrir les métropoles
d’Amérique Latine, Paris, L’Harmattan, 300 p.

DOUZANT-ROSENFELD D., GRANDJEAN P. & LINCK T., 1995, « Introduction », In


DOUZANT-ROSENFELD D., & GRANDJEAN P., Nourrir les métropoles d’Amérique
Latine, Paris, L’Harmattan, pp. 9-26.

106
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

DUREAU F. & GOUESET V., 2006, « L’Amérique latine des villes » In DUREAU F. GOUESET
V. & MESCLIER E., 2006, Géographies de l’Amérique Latine, Rennes, Presses
Universitaires de Rennes, pp. 231-348

DUREAU F. GOUESET V. & MESCLIER E., 2006, Géographies de l’Amérique Latine, Rennes.
Presses Universitaires de Rennes, 374 p.

EGUIGUREN A., 1995, La teoría de la práctica aplicada a la interpretación del Desarrollo


Rural. El caso de la Unión de Organizaciones Campesinas del Norte de Cotopaxi,
Quito, FLACSO, 112 p.

FAO, 2001, Perfiles nutricionales por paises : Ecuador, Roma, FAO, 28 p.

FESTY P, 1974. « Évolution de la population de l’Amérique Latine. La conjoncture


démographique » In Population N 29, Récupéré 17 Octobre 2009, de Persee
(revues scientifiques) :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-
4663_1974_num_29_3_16288
FRIES M. & TAPIA AM., 2007, Guia de campo de cultivos Andinos, Lima FAO, 209 p.
GASSELIN P., 2000, Le temps des roses : la floriculture et les dynamiques agraires de la
région agropolitaine de Quito (Equateur), Paris, INA-PG, 589 p.
GARCIA-PASCUAL F., 2006, “El sector agrario del Ecuador: incertidumbres (riesgos) ante la
globalización” In Revista ICONOS, Quito, FLACSO, pp. 70-88.
GODARD H., 1987 “Quito-Guayaquil: Eje Central o Bicefalia” In LEON J., & PELTRE P.
(editeurs), El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y Crecimiento,
Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, pp. 107-135.

GOMEZ N., LEON J., MOYA A., PELTRE P. & PORTAIS M. (editeurs.), 1987, Geografía
urbana: el espacio urbano en el Ecuador. Red Urbana, región y crecimiento,
Quito, IPGH-ORSTOM-IGM-CEDIG, 307 p.

GOMEZ N., 1987, “El espacio Urbano en el Ecuador” In GOMEZ N., LEON J., MOYA A.,
PELTRE P. & PORTAIS M. (editeurs.), Geografía urbana: El espacio urbano en el
Ecuador, Quito, IPGH-ORSTOM-IGM-CEDIG, pp. 9-14.
GONDARD P., 1.984, Inventario y cartografía del uso actual del suelo en los andes
ecuatorianos. Quito, PRONAREG-ORSTOM-CEPEIGE.
GONDARD P., 1.986, “La agricultura de altura” In Ecuador Debate N 6 Quito, pp. 25-47.
GONDARD P., & DELER JP., 1990 “Du cercle à l'ellipse : un chorotype du bassin intra-
montagnard dans les Andes de l'Equateur” In Mappemonde, 1990, pp. 10-11.
GONDARD P., HUTTEL C., ZEBROWSKI C, 1.999, Paisajes Agrarios del Ecuador, Quito, IFEA-
IGM-IPGH-IRD-PUCE, 285 p.

107
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

GONDARD P. & LEON JB. (editeurs), Dinámicas territoriales : Ecuador, Bolivia, Peru,
Venezuela, Quito, IRD-CGE-PUCE-CEN, 163 p.
GONDARD P. & MAZURAK H., 2001, “30 anos de reforma agraria y colonización en el
Ecuador: 1964-1994: dinámicas espaciales” In GONDARD P. & LEON JB.
(editeurs), Dinámicas territoriales : Ecuador, Bolivia, Peru, Venezuela, Quito, IRD-
CGE-PUCE-CEN, pp. 15-40.

GOUESET V., MESCLIER E., & DELER JP., 2004, « L’expansion du réseau urbain » In
DUREAU F., BARBARY O., GOUESET V. & PISSOAT O., Villes et sociétés en
mutation. Lectures croisées sur la Colombie. Paris. Anthropos, pp. 19-67.
IBARRA H. & OSPINA P., 1.994, Cambios Agrarios y Tenencia de la Tierra en Cotopaxi,
Quito, FEPP, 188 p.
INEC, Migración y distribución espacial 1990-2001, Quito, INEC, 90 p.

JORDAN R., 1996, Las Mujeres productoras de alimentos en Ecuador. Diagnóstico y


Políticas. San José de Costa Rica, Banco Interamericano de Desarrollo, 246 p.

LE CHAU, PAPAIL J., 1989, Transformations agraires et mobilités de la main d'oeuvre dans
la région Nord Andine de l'Équateur, Paris, CEPED, 18 p.

LEON J., & PELTRE P. (editeurs), 1987, El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana,
Región y Crecimiento, Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, p. 303.

LEON J., 1987, “Geodemografia de la Red Urbana Ecuatoriana”, In LEON J., & PELTRE P.
(editeurs), El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y Crecimiento,
Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, pp. 37-55.

LEON J., 2009, Informe de Consultoría: grupos urbanos y movimientos migratorios


internos, Quito, SENPLADES. 45 p.

LINCK T. (éditeur), 1993, Agricultures et paysanneries en Amérique Latine. Mutations et


recompositions, Paris, ORSTOM, 256 p.

LÓPEZ F., 2.003, L´utilisation du sol dans le bassin du lac San Pablo - Imbacocha –
Equateur, París, École Doctorale de Géographie de Paris.
LÓPEZ MF., 2.004, Agricultural and settlement frontiers in the tropical Andes : The páramo
belt of northern Ecuador, 1960-1990, Regensburg: Institut fur Geographie an der
Universitat Regensburg, 180 p.
MANCERO L., 2007, Estudio de la cadena de la papa : Con los aportes de productores y
productoras de 3 experiencias en la Sierra Central Ecuatoriana, FAO-CIP,
Récupéré 27 Octobre 2009, de
ftp://ftp.fao.org/es/esa/lisfame/CadenaPapaEcuFinalEspa%F1ol.pdf

108
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

MARTINEZ C., 2005, Estudio multitemporal (1979-2004) de cambios en la cobertura


vegetal y modelizaciôn prospectiva en la provincia de Cotopaxi, Quito,
EcoCiencia, 56 p.
MARTINEZ VALLE L., 1984, De campesinos a proletarios, Quito, EL Conejo, 200 p.
MARTINEZ VALLE L., 1999, “La nueva ruralidad en el Ecuador” In ICONOS, Quito, FLACSO,
pp. 12-19.
MARTINEZ VALLE L., 2000, “La investigación rural a finales de siglo” In MARTINEZ VALLE
L., Antologia de estudios rurales, Quito, FLACSO, pp. 9-55
MARTINEZ VALLE L., 2000, Economías rurales: actividades no agrícolas, Quito, FLACSO,
121 p.
MESCLIER E., 2006, « Les espaces ruraux de l'Amérique Latine dans la mondialisation », In
DUREAU F. GOUESET V. & MESCLIER E., Géographies de l’Amérique Latine,
Rennes. Presses Universitaires de Rennes, pp. 137-227.
MESCLIER E., HUAMANTINCO A. & LOPEZ F. (coordinateurs), (en train de publication),
Liberalización del mercado de la tierra y estrategias campesinas : estudios de
caso en Ecuador y en Perú, 27 p.
MURRAY S., 1997, Urban and peri-urban forestry in Quito, Ecuador: a case study, Rome,
FAO, Service des forêts
OSPINA P. (coord.), 2006, En las fisuras del poder. Movimiento indígena, cambio social y
gobiernos locales, Quito, IEE-CLACSO, 319 p.

ORTIZ P., 2008, “Páramos y agro: entre el colonialismo y las herencias neoliberales” In
ORTIZ D. & CHIRIBOGA C, Gente y Ambiente de Páramo: Realidades y
perspectivas en el Ecuador, Ecociencia-Proyecto Páramo Andino, pp. 55-84

POINSOT I., POUILLE F., & POUYLLAU M., 1997, « Deux modèles culturels de la ruralité
andine. Province de Bolivar, Équateur ». In GASTELLU, M. MARCHAL, JY
(éditeurs). La ruralité dans les pays du Sud à la fin du XX e siècle. Paris. ORSTOM,
p. 471-492.

PORTAIS M & RODRIGUEZ J, 1987, “Jerarquía Urbana y tipos de ciudades en el Ecuador”,


In LEON J., PELTRE P. (eds), El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región
y Crecimiento, Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, pp. 74-103.

PORTAIS M, 1987, “Flujos y áreas de influencia urbana”, In LEON J., & PELTRE P. (eds.), El
Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y Crecimiento, Quito, IPGH-
ORSTOM-IGM, pp. 55-73.

PORTAIS M., 1987 “Las ciudades intermedias de la Sierra”, In LEON J., & PELTRE P. (eds.),
El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y Crecimiento, Quito, IPGH-
ORSTOM-IGM, pp. 136-157.

109
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

PORTAIS M., 1987, “Flujos y aéreas de influencia urbana”, In LEON J., & PELTRE P. (eds.),
El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y Crecimiento, Quito, IPGH-
ORSTOM-IGM, pp. 76-106.

PORTAIS M., 1987. “Jerarquía Urbana y tipos de Ciudades en el Ecuador” In LEON J., &
PELTRE P. (eds.), El Espacio Urbano en el Ecuador. Red Urbana, Región y
Crecimiento, Quito, IPGH-ORSTOM-IGM, pp. 56-75.

ROMAN G., 2004, Cotopaxi al debate 1740-2001 Una reflexión sobre el pasado para
entender el presente, Quito, EcoCiencia, 45 p.

RODRIGUEZ J., 2002, Distribución territorial de la población en América Latina y el Caribe:


tendencias, políticas interpretaciones y desafíos para las políticas públicas,
Santiago de Chile, CEPAL, 83 p. Récupéré 6 Novembre 2009, de
http://www.eclac.org/cgi-
bin/getProd.asp?xml=/publicaciones/xml/6/11786/P11786.xml&xsl=/celade/tpl/
p9f.xsl&base=/celade/tpl/top-bottom.xsl

SERRANO T., 2005, Evolución del Distrito Metropolitano de Quito. Una lectura geográfica
basada en los censos de 1990 y 2001, Quito, PAUD, 107 p.

SIPAE, 2.005, Dinámicas agrarias y modificación de las condiciones agro ecológicas en la


Provincia de Cotopaxi, Quito, SIPAE-Ecociencia, 140 p.
UNOCANC, 2.007, Riego parcelario mediante el manejo técnico social del agua para los
campesinos indígenas de 7 comunidades, Quito.
ZAMORA M., 2004, La rápida expansión de los supermercados en Ecuador y sus efectos
sobre las cadenas de lácteos y de papa, Regoverning Markets, récupéré 18
Octobre 2009, de
http://www.regoverningmarkets.org/en/filemanager/active?fid=160

B ASES DE DONNÉES

 SIISE (http://www.siise.gob.ec/)
 GapMinder (http://www.gapminder.org/data/)
 REDATAM (http://redatam.inec.gov.ec/cgibin/RpWebEngine.exe/PortalAction)
 Geopolis (http://e-geopolis.eu/)
 FAOSTAT (http://faostat.fao.org/)

110
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

C OUCHES SIG
 Instituto Geogrâfico Militar del Ecuador –IGM-
 EcoCiencia (Cotopaxi en cifras)
 Secretaria Nacional de Planificaciôn y Desarrollo del Ecuador –SENPLADES-

C ARTES
 IGM, 1990, Sigchos (carte topographique)
 IGM, 1990, Mulalo (carte topographique)
 PRONAREG-ORSTOM, 1976, Mulalo (carte d’usage du sol et végétation naturelle)
 PRONAREG-ORSTOM, 1976, Sigchos (carte d’usage du sol et végétation naturelle)
 PRONAREG-ORSTOM, 1981, Mulalo (carte des sols)
 PRONAREG-ORSTOM, 1981, Sigchos (carte des sols)
 DINAREN, 1980, Latacunga (carte géologique)
 DINAREN, 1980, Latacunga (carte géomorphologique)

P HOTOGRAPHIES AÉRIENN ES

 IGM, 1993, No 31879, 31880, 31881, 27233


 IGM, 2000, No 14470, 14471, 14472, 15294, 15295, 15296.

111
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Cartes
Carte 1. Wintza dans l’Équateur et l’Amérique du Sud 6
Carte 1.1. Semis urbain dans la région proche à Wintza 21
Carte 1.3 – 1.5. Croissance démographique selon périodes intercensitaires 29
Carte 1.6. Densités de la population en la région proche à Wintza, 2001 30
Carte 2. Wintza dans sa région proche 7

Graphiques
Graphique 1.1. Évolution de la population équatorienne entre 1800 et 2008 15
Graphique 1.2. Évolution de la population totale et urbaine en Équateur et évolution des pourcentages des urbains entre
1960 et 2011 (estimations) 17
Graphique 1.2. Nœuds urbains Équatoriens différenciés 24
Graphique 1.3. Chorotype des bassins intramontagnards dans les Andes de l'Équateur. 34
Graphique 1.4. Distances (kilomètres) entre Wintza et les principales villes des Andes Nord centrales de l’Équateur. 35
Graphique 2.1. Différence entre le prix du producteur et celui du consommateur dans la pomme de terre, pendant la
période janvier 2001-mai 2008 46
Graphique 2.2. Production des principaux produits des montagnes selon la taille de finages 47
Graphique 2.3. Modèle d’héritage de la propriété foncière à Wintza 49
Graphique 2.4 Wintza et ses relations avec les villes de sa région proche 64
Graphique 3.1. Exemple de l’estimation des maisons en Wintza dans les photographies aériennes 73
Graphique 3.2. État de la frontière agricole en 1976, 1993 et 2002 82

Photographies
Photographie 2.1 Structure agraire minifundiste comme effet des divisions de la propriété par l’héritage 50
Photographie 2.2 et 2.3. Développement de l’élevage paysan laitier d’altitude 57
Photographie 2.4 et 2.5 Permanence des jeunes dans l’aire rurale de Wintza 61
Photographie 3.1. Densification de l’aire rurale : centre de la commune de Yanahurco Grande 72
Photographie 3.2. Construction de nouvelles maisons comme indicateur de la croissance démographique dans l’aire de
Wintza 72
Photographie 3.3 et 3.4. Infrastructure pour l’irrigation 74
Photographie 3.5 Vue du paysage des versants et de la plaine de Wintza 79
Photographie 3.6. Montée de la frontière agricole 81

Tableaux
Tableau 1.1. Quantité de population dans les villes majeures de la région proche à Wintza, selon années des
recensements, et pourcentage de variation pendant les périodes intercensitaires 18
Tableau 1.2. Pourcentages de la population selon les secteurs de l’économie et des groupes urbains en Équateur, 2001
24, 25
Tableau 2.1. Schémas de rotation des cultures à Wintza pendant les années 1980, 1995, 2000 et 2007 51
Tableau 2.2. Prix et cycle végétative de la pomme de terre selon sa variété 55
Tableau 3.1. Évolution de la population de l’aire rurale du canton Latacunga et de la ville de Latacunga entre 1950 et
2001 70
Tableau 3.2. Estimation des pourcentages des aires cultivées selon produits en Novembre 2008 78

112
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

T ABLE DES MATIÈRES


Introduction ....................................................................................................................................................... 2
Première partie : Modification de l’espace régional de Wintza par la croissance urbaine ....................... 12
I. La croissance démographique ............................................................................................................ 14
Une population en grande partie concentré en villes… ........................................................................... 16
Croissance urbaine qui s’exprime en réseaux urbains plus ou moins structurés .................................... 18
II. Les conséquences sur les campagnes ................................................................................................. 27
Campagnes qui ne se sont pas dépeuplées ............................................................................................. 27
Des villes qui croissent en consommant des espaces agricoles ............................................................... 32
III. La localisation de Wintza dans le contexte régional ........................................................................... 33
Deuxième partie : Stratégies des Paysans équatoriens face à la croissance urbaine : l’exemple de Wintza
39
I. Le travail de terrain ............................................................................................................................. 40
Des interviews qu’on était faites sous une autre thématique mais qui montrent les relations villes-
campagnes ............................................................................................................................................... 41
La lecture du paysage............................................................................................................................... 43
II. Adaptation de l’agriculture aux besoins des villes .............................................................................. 44
Une adaptation plein des défis ................................................................................................................ 44
Le m ain t i en d u fon c ie r r u ral p ou r la p rod u ct ion agr ic ol e .................................................. 48
Les changements se reflètent dans les systèmes de culture ................................................................. 51
La diminution des produits « traditionnelles » et l’émergence des produits maraichers .................... 53
III. Compléter les revenus en villes .......................................................................................................... 58
Des mobilités avec racines anciennes… .................................................................................................. 59
Des mobilités qui sont en train de s’intensifier selon le genre et l’âge ................................................. 60
Troisième partie : Wintza : un territoire dynamique et en plein mutation ..................................................... 66
I. L’augmentation de la densité ............................................................................................................. 68
L’appropriation de l’espace après la Reforme Agraire ........................................................................... 69
Croissance démographique ..................................................................................................................... 70
II. De nouvelles infrastructures pour favoriser l’élevage d’altitude ..................................................... 72
L’irrigation pour utiliser la plaine de Wintza .......................................................................................... 73
Des voies de communication pour mieux se relier avec la ville ............................................................ 74
III. Des expressions territoriales différentes d’une même tendance ....................................................... 75
Une intensification plus ancienne et forte sur les versants ................................................................... 77

113
Des villes qui croissent, des campagnes qui se dynamisent : l’exemple de Wintza en Equateur

Des changements territoriaux plus forts dans la plaine de Wintza ....................................................... 78


IV. La montée de la frontière agricole qui se ralenti lors des dernières années ...................................... 79
La pression sur le Páramo diminue par les changements régionaux ..................................................... 82
Conclusion Générale ........................................................................................................................................ 85
Bibliographie .................................................................................................................................................. 102

114