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Réviser son bac

2019
avec
HORS-SÉRIE

TERMINALE, SÉRIE S

PHYSIQUE-CHIMIE

L’ESSENTIEL DU COURS

LES SUJETS CORRIGÉS

LES ARTICLES DU MONDE

LES CONSEILS DE RÉVISION

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PHYSIQUE-CHIMIE
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© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
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Avec la collaboration de :
Marie Girardot
Élisabeth Le Prettre

En partenariat avec
AVANT-PROPOS

Cet ouvrage a pour objectif de vous préparer au mieux à l’épreuve de physique-chimie au baccalauréat scien-
tifique. Il est conçu par des professeurs de lycée qui enseignent dans ce niveau et connaissent donc les difficultés
des élèves et l’aide à leur apporter.
Vous trouverez ainsi les différents chapitres du programme de terminale S synthétisés dans les pages « L’essen-
tiel du cours ». Celles-ci sont constituées de fiches de révision présentant les notions incontournables à maîtriser,
des listes de mots-clés à connaître et différents approfondissements à travers le « Zoom sur ».
Dans la partie « Exercices pas à pas », plusieurs exercices – tous tirés de vrais sujets tombés au baccalauréat –
vous permettront d’exercer vos savoir-faire. Choisis de telle sorte que tous les domaines de compétences soient
passés en revue, tous ces exercices sont assortis de conseils permettant d’y répondre dans les meilleures condi-
tions et corrigés en fin de volume. Cette partie constitue donc un outil efficace pour maîtriser chaque notion
du programme.
Pour tous les chapitres du cours, vous découvrirez également des articles commentés et tirés du journal
Le Monde. Ils viendront vous apporter tant une culture scientifique qu’une approche nouvelle de certaines
­notions vous permettant de parfaire vos connaissances.
Enfin, un guide pratique en fin de volume vous présentera l’épreuve de physique-chimie de façon détaillée tout
en vous prodiguant des conseils et des méthodes de travail pour l’aborder sereinement.
L’ensemble de l’ouvrage constitue ainsi une aide précieuse pour acquérir ou approfondir les notions et les
­méthodes indispensables à votre succès en physique-chimie lors de l’examen du baccalauréat.
E. L. P.

Message à destination des auteurs des textes figurant dans cet ouvrage ou de leurs ayants droit : si malgré nos efforts,

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nous n’avons pas été en mesure de vous contacter afin de formaliser la cession des droits d’exploitation de votre œuvre,
nous vous invitons à bien vouloir nous contacter à l’adresse bucquet@lemonde.fr.

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SOMMAIRE

Observer : ondes et matière p. 5


Chapitre 01 – Caractéristiques des ondes p. 6

Chapitre 02 – Propriétés des ondes p. 10

Chapitre 03 – Analyse spectrale p. 14

Comprendre : lois et modèles p. 19


Chapitre 04 – Étude des mouvements : les lois de Newton p. 20

Chapitre 05 – Étude des mouvements : les lois de Kepler p. 26

Chapitre 06 – Étude des mouvements : travail d’une force et énergie p. 30

Chapitre 07 – Oscillation mécanique, temps et relativité restreinte p. 34

Chapitre 08 – Cinétique chimique et représentation spatiale des molécules p. 40

Chapitre 09 – Transformations en chimie organique p. 46

Chapitre 10 – Réaction acido-basique p. 50

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Chapitre 11 – Transferts thermiques p. 54

Chapitre 12 – Transferts quantiques d’énergie et dualité onde-corpuscule p. 60

Agir : défis du xxie siècle p. 65


Chapitre 13 – Contrôle de la qualité par dosage p. 66

Chapitre 14 – Synthétiser les molécules p. 70

Chapitre 15 – Transmettre et stocker de l’information p. 74

Corrigés des exercices p. 79


Guide pratique p. 93
OBSERVER : ONDES ET MATIÈRE

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L’ESSENTIEL DU COURS

Caractéristiques des ondes


On distingue les ondes électromagnétiques des ondes mécaniques. Chacune d’elles peut
se caractériser par sa célérité, qui dépend du milieu. Lorsqu’une perturbation se reproduit
à l’identique, on parle d’onde progressive périodique. Les ondes sonores et ultrasonores
sont des ondes mécaniques constituées d’une suite de compressions et de dilatations.
L’analyse spectrale permet d’avoir accès aux caractéristiques de l’onde sonore.

Qu’est-ce qu’une onde


u Élongation deprogressive ?
la source S Aspect de la corde à l’instant t1
s
Une onde est une déformation (perturbation) qui se propage dans un
milieu fluide, ou dans le vide à une vitesse finie qui dépend du milieu,
avec transport d’énergie et sans transport de matière. S M1 M2
t
Qu’est-ce que le
t retard d’une onde ?
Pour une onde progressive à une dimension se propageant suivant
l’axe x, lorsque la perturbation atteint un point M1 à l’instant t1, puis
un point M2 à l’instant t2, le mouvement de M2 reproduit celui de M1
avec un retard τ = t 2 – t 1.
uM
us Élongation de la source S Aspect de la corde à l’instant t1
S
t S M1 M 1 M2 M2

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t' t
t
Élongation du point M Aspect de la corde à l’instant t2

uM Comment calculer la célérité d’une onde


progressive ?
Pour une onde à une dimension, la célérité est définie comme le
S
rapport entre la distance des points M1 et M2 et le retard avec lequel le
t MM
point M2 reproduit le mouvement du point M1 : v = 1 2 .
M M τ
t' 1
v : célérité en mètre par seconde (m.s-1) ; 2
Élongation du point M Aspect de la corde à l’instant t2
M1M2 : distance entre les points M1 et M2 en mètre (m) ;
τ = t2 – t1 : retard avec lequel le point M2 reproduit le mouvement
du point M1 en seconde (s).

MOTS CLÉS
ONDE MÉCANIQUE CÉLÉRITÉ se répétant à intervalles de temps RETARD τ
Déformation qui se propage seu- « Vitesse » à laquelle elle se pro- égaux. Durée au bout de laquelle la per-
lement dans un milieu matériel page (on préfère le terme « célé­ ONDE PROGRESSIVE turbation s’est propagée d’un
avec transport d’énergie et sans rité » à celui de « vitesse » car SINUSOÏDALE point à un autre.
transport de matière. il n’y a pas de transport de ma- L’onde progressive périodique
tière). telle que l’élongation de la source
ONDE MÉCANIQUE
­PROGRESSIVE ONDE PROGRESSIVE est une fonction sinusoïdale du
Onde qui se propage à partir de sa ­PÉRIODIQUE temps.
source dans toutes les directions Phénomène accompagnant la
de l’espace qui lui sont offertes. propagation d’une perturbation

6 Caractéristiques des ondes


L’ESSENTIEL DU COURS

Quelle est la relation entre la période temporelle sonores dont les fréquences sont comprises entre 20 Hz et 20 kHz. Les
et la période spatiale d’une onde progressive ondes de fréquence inférieure à 20 Hz sont les infrasons, les ondes
périodique ? de fréquence supérieure à 20 kHz sont les ultrasons.
Une onde progressive périodique présente une double périodicité : Les sons simples ou « purs » sont des ondes mécaniques progressives
la périodicité temporelle et la périodicité spatiale. sinusoïdales.
L’intensité sonore I est l’intensité qui caractérise l’intensité du signal
reçue par l’oreille. Elle s’exprime en watt par mètre carré (W.m–2). Pour
quantifier la sensation sonore, on utilise donc une grandeur L appelée
I
niveau d’intensité sonore : L = 10 log .
I0
L : niveau d’intensité sonore en décibel acoustique (dBA), unité sans
dimension.
I : intensité sonore en watt par mètre carré (W.m–2).
I0 = 10−12  W .m−2 : intensité sonore de référence.

Comment caractériser un son musical par analyse


spectrale ?
Les sons musicaux émis par les instruments de musique sont géné­
ralement complexes. Un son complexe est composé de signaux
sinusoïdaux d’amplitudes différentes et de différentes fréquences.
On distingue :
La fréquence f (la plus basse) est appelée fréquence fonda­mentale.
Les autres fréquences qui sont des multiples entiers de la fréquence
fondamentale fn = n ⋅ f sont les harmoniques de rang n.
L’analyse spectrale d’un son consiste à représenter l’amplitude

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relative des harmoniques en fonction de la fréquence. Le spectre se
Des points séparés par un nombre entier de longueurs d’onde ont, au
compose de raies correspondant à la fréquence fondamentale et aux
même instant, le même mouvement : on dit qu’ils vibrent en phase
harmoniques.
ou que leurs mouvements sont synchrones.
Un son musical est caractérisé par :
La longueur d’onde et la période (ou fréquence) sont reliées entre elles
La hauteur d’un son musical correspond à la fréquence
via la célérité de l’onde. La longueur d’onde correspond à la distance
v fondamentale.
parcourue par l’onde pendant une période : λ = v ⋅ T = .
f Le timbre d’un son musical est ce qui nous permet d’identifier
λ : longueur d’onde en mètre (m). un instrument de musique.
v : célérité de l’onde en mètre par seconde (m.s-1).
T : période temporelle en seconde (s).
f : fréquence en hertz (Hz).
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
Qu’est-ce qu’une onde sonore, ultrasonore ?
Le son est une onde mécanique produite par la vibration mécanique • Un mur pour couper le son p. 9
(David Larousserie, Le Monde daté du 04.07.2018)
d’un support fluide ou solide. L’oreille humaine perçoit des ondes

MOTS CLÉS ZOOM SUR…


LA CÉLÉRITÉ une onde mécanique progressive
PÉRIODICITÉ PÉRIODICITÉ SPATIALE
TEMPORELLE DES ONDES MÉCANIQUES périodique, la célérité est définie
La distance entre deux perturba-
La durée qui sépare l’arrivée de tions successives est la période PROGRESSIVES par rapport à la longueur d’onde 
deux perturbations successives Pour une onde mécanique λ
spatiale, appelée et exprimée en λ et la période T : v = .
en un point donné de l’espace est mètre (m). progressive, la célérité est défi- T
appelée période temporelle T, nie par rapport au retard τ pris L’INTENSITÉ SONORE
elle s’exprime en seconde (s). La par l’onde pour parcourir une On peut être amené à calcu-
fréquence f est l’inverse de la distance entre deux points  : ler l’intensité sonore à partir du
1 ­niveau d’intensité sonore. La rela-
période : f = , son unité est le distance   entre  2  points
T v= . Pour L
hertz (Hz). retard   tion devient : I = I0 ⋅10 10.

Caractéristiques des ondes 7


EXERCICES PAS À PAS

Pondichéry (juin 2015)
Un « radar de recul » d’une voiture est composé de quatre 3. Quelle caractéristique du signal de l’émission doit-on alors modifier
capteurs ultra­sonores identiques. Chacun de ces capteurs pour que le capteur puisse détecter un obstacle situé à une distance
inférieure à dmin ? Justifier votre réponse.
a une portée minimale dmin = 0,30 m d’après la notice. Cela
signifie qu’un obstacle situé à une distance du capteur infé-
rieure à dmin ne sera pas détecté.
Le capteur est constitué d’un matériau piézo-électrique uti-
lisé à la fois pour fonctionner en mode émetteur ou en mode
récepteur. Il ne peut fonctionner correctement en récepteur
que lorsqu’il a fini de fonctionner en émetteur. Pour cette
raison, le capteur génère des salves ultrasonores de durée La bonne méthode
Δt1 = 1,7 ms avec une périodicité Δt2 = 12 ms. 1. Faire un schéma pour visualiser la distance parcourue par
Donnée : célérité du son dans l’air à 20 °C : v = 343 m.s . –1 l’onde.

1. Vérifier que pour la distance dmin entre le capteur et l’obstacle, la 2. Dans l’énoncé il est dit que le capteur ne peut fonctionner
durée entre l’émission et la réception est égale à Δt1. correctement en récepteur que lorsqu’il a fini de fonctionner
2. Si la durée que met l’onde émise pour revenir au capteur est en émetteur.
inférieure à Δt1, pourquoi le capteur ne peut-il pas détecter l’obstacle 3. Il faut agir sur ce qui pose problème.
de manière satisfaisante ? Justifier la réponse.

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Amérique du Sud (juin 2014)

On souhaite étudier les ultrasons émis par un appareil. On distance dont on a déplacé le récepteur lorsque les deux courbes se
superposent à nouveau, et on mesure 8 mm.
visualise le signal émis, on obtient le signal uE suivant :
a) Définir la valeur de la longueur d’onde λ.
b) Déterminer la longueur d’onde λ à partir de l’expérience précédente.
Que peut-on faire pour augmenter la précision de la mesure ?
Calculer la célérité v des ondes ultrasonores dans l’air.

La bonne méthode

1. D
 éterminer la période T du signal représenté. Expliquer la méthode. 1. La période T est la durée entre deux répétitions succes-
2. E n déduire la fréquence f des ultrasons. sives du signal. Pour une plus grande précision, on mesure
plusieurs périodes.
3. On souhaite déterminer la longueur d’onde λ des ultrasons. Pour
2. Utiliser la question 1.
cela, on visualise à la fois le signal émis par l’appareil et le signal reçu
par un récepteur. On part d’une situation où les signaux délivrés 3. a) Définition de la longueur d’onde.
par l’émetteur et par le récepteur placé en face sont en phase. On b) La définition de la longueur d’onde éclaire sur l’énoncé.
s’aperçoit que lorsque l’on éloigne le récepteur de l’émetteur, la courbe c) Utiliser la question 1. ou 2. avec la 3.
qui correspond au récepteur se décale vers la droite. On détermine la

8 Caractéristiques des ondes


L’ARTICLE DU

Un mur pour couper le son

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Sources : ­Guancong ma et al. pnas, 11 juin 2018
Infographie : Philippe Da Silva

Qui ne rêverait d’en finir avec un bruit assourdissant dans une pièce ?
Un début de solution vient d’être proposé par l’Université des sciences POURQUOI CET ARTICLE ?
et technologies d’Hongkong et l’Institut Langevin à Paris. Il s’agit d’une
cloison qui modifie le son afin qu’à l’endroit souhaité l’intensité en soit Le son est une onde mécanique qui se propage dans toutes les
atténuée. La technique avait déjà été démontrée par l’Institut Langevin directions qui lui sont offertes. Pour réduire le bruit, on a depuis
pour le Wi-Fi ou le portable et a été portée par une entreprise, Gree- longtemps recours à des casques antibruit, qui fonctionnent sur
nerwave. Les longueurs d’ondes acoustiques étant plus grandes, les le même principe que le mur de l’article. Le premier brevet sur le
composants le sont également, ce qui ne rend pas le dispositif très contrôle actif est déposé en 1934. Le principe repose sur le fait que
deux ondes en opposition de phase s’annulent. Il suffit alors de
esthétique. Les chercheurs doivent donc l’améliorer afin qu’il couvre
créer une onde qui est exactement décalée du son à éliminer d’une
une plus large bande de fréquence et qu’il se comporte plus comme
demi-longueur d’onde de telle sorte que le maximum de l’une cor-
un miroir accroché à un mur qu’à une cloison au milieu d’une pièce... responde au minimum de l’autre et le tour est joué. Dans la pra-
À noter que le système peut aussi amplifier un son, mais moins tique, la somme des deux ondes ne s’annule pas exactement : il y a
­efficacement. simplement réduction du bruit.
David Larousserie, Le Monde daté du 04.07.2018

Caractéristiques des ondes 9


L’ESSENTIEL DU COURS

Propriétés des ondes


Les ondes semblent parfois contourner certains obstacles (c’est le phénomène de dif-
fraction) ou interagissent entre elles en additionnant leurs effets ou en les annulant (c’est
le phénomène d’interférences). L’effet Doppler est également une propriété particulière
des ondes. Il consiste en un changement de fréquence de l’onde perçu par l’observateur
en mouvement par rapport à l’émetteur. Ce décalage en fréquence (vers le rouge) est
considéré comme une preuve de l’expansion de l’Univers en cosmologie.

Comment étudier et utiliser le phénomène λ d


L’écart angulaire θ est θ = . Comme θ est petit, on a : θ ≈ tanθ = .
de diffraction des ondes lumineuses ? a 2D
λD
La lumière peut être décrite comme une onde progressive plane D’où la largeur de la tache centrale : d = 2 .
a
sinusoïdale. Elle fait partie de la famille des ondes électromagné-
 d : largeur de la tache centrale de diffraction (m).
tiques, qui peuvent se propager dans le vide contrairement aux ondes
 λ : longueur d’onde (m).
mécaniques. La diffraction des ondes lumineuses s’accompagne d’une
 D : distance entre l’objet diffractant et l’écran (m).
modification de la direction de propagation et de l’intensité lumineuse
 a : dimension de l’objet diffractant (fente ou fil) (m).
ne pouvant pas s’interpréter par les lois de l’optique géométrique
Les ondes lumineuses ont une longueur d’onde comprise entre
(réflexion et réfraction).
400 nm (violet) et 800 nm (rouge) et sont donc diffractées par des
Si l’objet est une fente ou un obstacle dont l’une des dimensions est
objets de faibles dimensions (de l’ordre de quelques dixièmes de
petite devant la longueur d’onde, on observe sur l’écran (situé à une
millimètre).
distance D de l’objet) une figure de diffraction parallèle à la dimen-
sion a, constituée d’une tache centrale très brillante de largeur d et de Comment étudier quantitativement le phénomène

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taches secondaires plus petites et moins brillantes. d’interférences lumineuses ?
Figure de diffraction Une figure d’interférences stable s’obtient avec des ondes de même
fréquence et présentant un déphasage constant. Ce sont des ondes
cohérentes.

UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER

• Des bouées immergées pour produire de l'électricité p. 13


(Le Monde daté du 10.11.2018)

MOTS CLÉS
CÉLÉRITÉ ordre de grandeur que la lon- ÉCART ANGULAIRE IRISATION
Elle correspond à la vitesse de gueur d’onde  λ. L’onde diffrac- Angle entre le faisceau de lumière Comme en lumière polychro-
propagation de la lumière dans le tée conserve la même longueur diffracté par un objet (ouverture matique, les taches correspon-
vide c = 3.108m.s−1. d’onde et la même célérité, mais ou obstacle) de dimension carac- dant aux différentes longueurs
change de direction et de compor- téristique a éclairé par une onde d’onde ne se superposent pas
DIFFRACTION tement. lumineuse monochromatique de exactement, cela conduit à des
Ensemble des phénomènes cara­
FRANGES DE DIFFRACTION λ irisations.
ctérisant la propagation d’une longueur d’onde  λ. On a θ =
onde après sa rencontre avec une Figure observée due à l’amplitude (avec θ en radians). a
ouverture ou un obstacle dont de l’onde diffractée qui n’est pas
la dimension  a est du même uniforme.

10 Propriétés des ondes


L’ESSENTIEL DU COURS

Figure d’interférences

 Si la différence de marche δ = k ⋅λ avec k entier, alors les ondes  Si l’émetteur s’éloigne du récepteur, la fréquence perçue par

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sont en phase. Il s’agit d’interférences constructives et on voit des l’observateur est inférieure à celle émise par la source. Donc le son
franges brillantes. est perçu plus grave.
1
 Si la différence de marche δ = ( k + ) ⋅λ avec k entier, alors les ondes L’effet Doppler possède des applications dans de nombreux
2
sont en opposition de phase. Il s’agit d’interférences destructives et domaines.
on voit des franges sombres.  Le radar Doppler est utilisé pour mesurer des vitesses : le radar
Avec le dispositif de Young en lumière monochromatique, on montre contient l’émetteur et le récepteur. L’onde produite est réfléchie sur
λ⋅D le véhicule. Le changement de fréquence du signal par effet Doppler
que l’interfrange i s’exprime : i = .
b permet de mesurer la vitesse du véhicule.
Qu’est-ce que l’effet Doppler et quelles sont  En astrophysique, l’effet Doppler-Fizeau permet de déterminer
ses applications ? la vitesse d’approche ou d’éloignement des objets célestes (étoiles,
L’effet Doppler est le changement apparent de la fréquence d’une galaxies…). Quand la source s’approche de l’observateur, son spectre
onde reçue par un observateur par rapport à une source émettrice, est décalé vers le bleu (augmentation de la fréquence) ; quand la
en mouvement l’un par rapport à l’autre. source s’en éloigne, son spectre est décalé vers le rouge (diminution
 Si l’émetteur s’approche du récepteur, la fréquence perçue par de la fréquence). Le décalage quasiment systématique de la lumière
l’observateur est supérieure à celle émise par la source. Donc le son des galaxies vers le rouge ou « red-shift » montre que l’Univers est
est perçu plus aigu. en expansion.

MOTS CLÉS ZOOM SUR…


INTERFÉRENCES INTERFRANGE i • Relation entre la vitesse et les où fR est la fréquence reçue
Interaction et superposition de plu- Distance séparant deux franges fréquences pour l’effet Doppler : (en Hz), fE est la fréquence émise
sieurs ondes de même nature se pro- brillantes ou deux franges
– si l’émetteur s’approche : (en Hz), vson est la célérité de
pageant dans une région de l’espace. sombres consécutives lors d’in- vson
terférences lumineuses. fR = fE ×  ; l’onde (sonore ou ultrasonore)
DIFFÉRENCE DE MARCHE δ vson – v
(en m.s-1) et v est la vitesse de
Différence des chemins optiques
– si l’émetteur s’éloigne : l’émetteur par rapport au récep-
parcourus par deux rayons lumi- vson
neux : δ = S2 M – S1 M . fR = fE ×  ; teur (en m.s-1).
vson + v

Propriétés des ondes 11


EXERCICES PAS À PAS

Liban (juin 2016)
Un fil d’araignée, de diamètre inconnu noté a, est main-
tenu en position verticale et éclairé au moyen d’une source
laser rouge de longueur d’onde λ = 615 nm. Le fil est placé à
quelques centimètres de la source laser et à une distance D
assez éloignée d’un écran vertical. La figure de diffraction
obtenue à l’écran est caractérisée par une tache centrale de
largeur L et un angle de diffraction noté θ.
1. Quel caractère de la lumière est mis en évidence par l’apparition La bonne méthode
d’une figure de diffraction ?
1. La lumière présente deux caractères différents selon les
2. Rappeler l’expression qui lie les grandeurs a, θ et λ. Sachant que
­expériences réalisées.
tan θ = θ pour les faibles valeurs de θ en radian, démontrer que la
largeur L de la tache centrale de diffraction admet pour expression 2. Relation de cours à combiner avec une relation de trigono­
2 ⋅λ ⋅ D métrie.
littérale : L = .
a

Pondichéry (juin 2016)
On aborde les problèmes de transmission entre le drone Le signe est fonction du sens de déplacement de l’émetteur
et le téléphone portable lorsque le drone se déplace à une par rapport au récepteur.

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vitesse de croisière de l’ordre de 3 m.s–1. fR est la fréquence reçue par le récepteur.
fE est la fréquence émise par l’émetteur.
Données :
c est la vitesse de propagation des ondes.
• fréquence des ondes électromagnétiques : 2,4 GHz ;
v est la vitesse de déplacement de l’émetteur.
• effet Doppler.
Lorsque l’émetteur d’une onde se déplace par rapport au 1. Comparer la fréquence de l’onde radio émise par le drone à la
fréquence de l’onde reçue par le téléphone portable lorsque le drone
récepteur, le décalage Doppler est donné par la relation
v s’éloigne. Estimer la variation relative de la fréquence.
fR – fE = ± .fE dans le cas où la vitesse de déplacement est 2. Calculer la longueur d’onde des signaux émis en wifi.
c
faible par rapport à la vitesse de propagation des ondes. 3. Un tronc d’arbre placé sur le trajet des ondes wifi est-il susceptible
de diffracter ces ondes ? Justifier.
4. La superposition d’ondes ayant parcouru des chemins différents
peut provoquer des interférences. À quelle condition obtient-on des
interférences destructives ? Dans ce cas, quelle sera la conséquence
sur la valeur de la puissance reçue ?

La bonne méthode
1. Penser à la sirène de l’ambulance, puis à l’écart relatif.
2. La célérité des ondes électromagnétiques est connue et la
fréquence donnée.
3. Revenir aux conditions de diffraction par un obstacle.
4. Trouver la relation de la différence de marche dans le cas
d’interférences destructives.

12 Propriétés des ondes


L’ARTICLE DU

Des bouées immergées pour produire


de l’électricité
Dans la famille des énergies marines, l’énergie des vagues – ou L’originalité de Ceto est d’utiliser d’énormes flotteurs immergés
houlomotrice – est celle qui suscite le plus grand foisonnement et ancrés sur le fond marin, dont les mouvements, provoqués par
d’idées, sous forme de dispositifs destinés à transformer la houle la houle, actionnent des pompes hydrauliques. Ces pompes
en électricité. La technologie Ceto, développée par la start-up mettent sous haute pression l’eau d’un circuit raccordé au littoral.
australienne Carnegie Wave Energy et testée actuellement à L’électricité est produite par une turbine située à terre, ce qui est
Fremantle, dans la région de Perth, est particulièrement promet- un réel avantage en termes de maintenance.
teuse, au point qu’EDF et DCNS se sont associés à Carnegie pour
l’expérimenter prochainement au large de l’île de La Réunion.

Ceto, un procédé de production d’énergie d’origine marine raccordé


directement au réseau terrestre

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POURQUOI CET ARTICLE ?
La houle, qui se forme sous l’influence du vent, est une onde
mécanique périodique. Elle est prévisible et renouvelable.
Depuis plusieurs années, les bouées marémotrices sont
constituées d’un flotteur à la surface de l’eau et d’un géné-
rateur électrique sous l’eau. Le flotteur monte et descend en
suivant l’amplitude de la houle. Dans le générateur, qui est Source : carnegiewave.com
constitué d’aimants et de bobines, le mouvement des uns
par rapport aux autres crée des impulsions électriques. La Infographie : Le Monde
bouée CETO, quant à elle, est immergée : elle ne représente
donc aucune pollution visuelle sur la côte. De plus, au lieu
d’être directement reliée à un générateur électrique, elle en-
voie sur le rivage de l’eau sous haute pression, ce qui évite de
mettre en place des fondations coûteuses. Lors du passage
du cyclone Bejisa en 2014, les bouées ont été emportées par
la houle. Une nouvelle version est donc à l’étude.
Le Monde daté du 10.11.2018

Propriétés des ondes 13


L’ESSENTIEL DU COURS

Analyse spectrale
Les méthodes spectroscopiques, basées sur l’absorption d’énergie par une espèce
chimique et l’étude de sa réponse, permettent de déterminer la structure de composés
synthétiques ou naturels. Les différents spectres permettent aussi de vérifier la pureté
d’un produit, de suivre une réaction en étudiant l’apparition ou la disparition d’un com-
posé… Chaque type de spectre donne des indications différentes sur la structure des
molécules.

Un spectre UV-visible est constitué par la représentation de la


Comment exploiter un spectre UV-visible ?
variation de l’absorbance en fonction de la longueur d’onde. Si λmax
La spectroscopie UV-visible met en jeu des rayonnements de longueur
appartient au domaine du visible, le composé est coloré : sa couleur
d’onde comprise entre 200 et 800 nm. La partie visible du spectre
est la couleur complémentaire de la radiation qu’il absorbe (couleur
se situe entre 400 et 800 nm, la région ultraviolette entre 200 et
diamétralement opposée sur le cercle chromatique).
400 nm. L’absorption de ces radiations par un composé entraîne des
L’absorption est le plus souvent due à l’existence de doubles liaisons
transitions électroniques.
conjuguées. En l’absence de groupe caractéristique, un système
Cercle chromatique
conjugué d’au moins sept doubles liaisons conduit le plus souvent
à une espèce colorée. Certains facteurs peuvent influencer la couleur
d’une molécule : présence de groupes caractéristiques, pH du milieu,
solvant…

Comment exploiter un spectre IR ?


La spectroscopie infrarouge (IR) met en jeu des rayonnements de

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longueur d’onde comprise entre 2,5 et 16 µm. L’absorption de ces radia-
tions par une molécule correspond à des transitions vibra­tionnelles.
Un spectre IR est constitué par la représentation des variations
du pourcentage de transmission en fonction du nombre d’onde  σ
en cm–1.
Les bandes des principaux groupes fonctionnels :
 groupe carbonyle C=O : bande intense vers 1 700 cm–1, valeur carac-
téristique de la fonction (aldéhyde et cétone, acide carboxylique, ester,
amide). La conjugaison entraîne une augmentation de la longueur
d’onde, soit une diminution de sigma ;
 groupe hydroxyle O–H : bande très large et intense entre 3 000 et
4 000 cm–1 ; la présence de liaisons hydrogène provoque l’élargisse-
ment de la bande d’absorption et lui donne une forme arrondie très
reconnaissable ;
 liaison N–H (amine et amide) : bande entre 3 100 et 3 500 cm–1.

MOTS CLÉS
SPECTROSCOPIE TRANSITIONS TRANSMITTANCE T liaison simple. Plus le nombre de
Elle permet d’identifier une ÉLECTRONIQUES Elle est exprimée en %, et repré- doubles liaisons conjuguées est
espèce chimique en étudiant les Passage des électrons vers un sente la proportion de l’intensité grand et plus la longueur d’onde
interactions entre la matière et niveau d’énergie plus élevée. lumineuse non absorbée. de la lumière absorbée est grande.
une onde électromagnétique. ABSORBANCE A DOUBLES LIAISONS NOMBRE D’ONDE σ
On accède ainsi à leur spectre Elle représente la proportion de CONJUGUÉES Inverse de la longueur d’onde
d’absorption. l’intensité lumineuse absorbée. Alternance dans la molécule de 1
σ = , exprimé en cm–1.
liaisons doubles séparées par une λ

14 Analyse spectrale
L’ESSENTIEL DU COURS

Lorsqu’un proton ou un groupe de protons équivalents possèdent


Comment exploiter un spectre RMN
du proton ? n protons voisins équivalents et éloignés de trois liaisons, le signal
La RMN (résonance magnétique nucléaire) du proton exploite les obtenu est constitué de (n+1) pics appelés (n+1)-uplet :
transitions énergétiques des noyaux d’hydrogène placés dans un  aucun couplage : singulet ;
champ électromagnétique et soumis à un rayonnement appartenant  couplage avec 1 proton : doublet ;
au domaine des radiofréquences, de longueur d’onde comprise entre  couplage avec 2 protons équivalents : triplet ;
10 et 10 m. L’absorption d’une radiation de fréquence convenable
–1 3  et ainsi de suite : quadruplet, quintuplet, sextuplet, septuplet…

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conduit à une transition du niveau le plus bas vers le niveau le plus Les protons du groupe hydroxyle –OH ne présentent pas de couplage
haut : ce phénomène est appelé résonance. du fait de l’échange rapide entre les molécules : ils apparaissent donc
On a introduit une grandeur indépendante de l’intensité du champ sous forme de singulets.
magnétique et appelée déplacement chimique δ (en ppm). L’étude du spectre RMN permet d’obtenir des informations sur la
Les protons ayant des environnements différents résonnent à des structure de la molécule étudiée :
fréquences différentes, et réciproquement les protons possédant le  le nombre de signaux et la valeur du déplacement chimique
même environnement chimique résonnent à la même fréquence : ils correspondant permettent d’identifier le nombre et la nature des
sont dits équivalents. Tous les protons équivalents d’une molécule ont groupes de protons équivalents ;
le même déplacement chimique. La courbe d’intégration du spectre  la courbe d’intégration donne le nombre de protons de chaque type ;
permet de déterminer le nombre de protons correspondant à chaque  la multiplicité du signal renseigne sur le nombre de protons
signal. Le nombre de signaux obtenus est égal au nombre de groupes voisins du proton étudié.
de protons équivalents.
Des tables recensent le déplacement des différents protons selon UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
leur environnement chimique. On peut remarquer que la proximité
d’un atome électronégatif (oxygène, azote, halogène) entraîne une • Lavoisier, héros fondateur de la chimie analytique p. 17
(Philippe Pajot, Le Monde daté du 03.12.2014)
augmentation du déplacement chimique : il y a déblindage.

MOTS CLÉS ZOOM SUR…


DÉPLACEMENT les protons sont équivalents) à LES SPECTRES UV‑VISIBLES, • le spectre RMN du proton ren-
CHIMIQUE δ 0 ppm. Il s’exprime en partie par IR ET RMN DU PROTON seigne sur la structure de la
Grandeur indépendante de million. Ils fournissent des informations chaîne carbonée.
l’intensité du champ magné- complémentaires sur la structure
tique, qui situe la fréquence de DÉBLINDAGE des molécules : LA LOI DE BEER-LAMBERT
résonance par rapport à une Se dit d’un proton ou d’un • le spectre UV-visible met en évi- Elle donne l’absorbance A d’une
fréquence de référence prise groupe de protons équivalents dence la présence éventuelle de espèce en solution : A = ε(λ).ℓ.C
comme origine. La référence dont le déplacement chimique a systèmes conjugués ; avec A sans unité, ℓ l’épaisseur de
est le tétraméthylsilane (TMS) été augmenté ; dû à la présence • le spectre IR permet d’identifier solution traversée, C la concentra-
de formule Si (CH3)4 : ce compo- d’un atome électronégatif à les groupes fonctionnels pré- tion et ε(λ) le coefficient d’absorp-
sé fournit un pic unique (tous proximité. sents sur la molécule ; tion molaire.

Analyse spectrale 15
EXERCICES PAS À PAS

Liban (juin 2013)
O
La formule semi-développée H 3C CH C
Spectres IR no 1 et no 2
de l’acide lactique est la suivante : OH
OH

1. Parmi les spectres IR proposés dans le document ci-après, choisir


en justifiant celui correspondant à l’acide lactique.
2. Prévoir, en justifiant la réponse, le nombre de signaux présents
dans le spectre RMN de l’acide lactique ainsi que leur multiplicité.
Donnée : bandes d’absorption en spectroscopie IR.
Bandes d’absorption IR de quelques types de liaisons chimiques
Liaison O–H Entre 3 100 Bande forte
et 3 500 cm.–1 et large
La bonne méthode
Liaison O–H des Entre 2 500 Bande forte
acides carboxyliques et 3 300 cm.–1 et large
Liaison C–H Entre 2 900 Bande moyenne 1. Chercher les bandes d’absorption des groupes caractéris-
et 3 100 cm.–1 à forte tiques de la molécule.
Liaison C–H de CHO Entre 2650 Double bande 2. Séparer les hydrogènes en groupes de protons équiva-
et 2800 cm.–1 moyenne
lents, puis analyser le nombre de voisins pour connaître la
Liaison C=O Entre 1 700 et 1 800 cm.–1 Bande forte
Liaison C–O Entre 1 200 et 1 300 cm.–1 Bande forte multiplicité des pics.

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Asie (juin 2016)
• un nonuplet (9 pics) à 1,8 ppm ;
Une des phéromones H3C CH 2 CH 2 CH 3
C CH 2 CH 2 • un singulet à 2,2 ppm ;
d’alarme chez les abeilles
O • un triplet à 4,1 ppm.
est l’heptan-2-one. Spectre RMN de l’éthanoate d’isoamyle
La phéromone d’attaque CH 3 CH 3

chez les abeilles est C CH 2 CH


O O CH 2 CH 3

l’éthanoate d’isoamyle.
Pour distinguer ces deux phéromones, on peut avoir recours
à la spectroscopie infrarouge.
Spectre IR no 1 Spectre IR no 2
Transmittance en % Transmittance en %
100 100
Repérer et numéroter les groupes de protons équivalents de la
50 50 molécule d’éthanoate d’isoamyle, comme débuté avec l’exemple du
groupe no 1 et justifier que le spectre correspond bien à la phéromone
0 0
4 000 3 000 2 000 1 500 1 000 500 4 000 3 000 2 000 1 500 1 000 500 d’attaque.
Nombre d’onde en cm–1 Nombre d’onde en cm–1

Donnée : bandes d’absorption en spectroscopie IR.


(voir Liban, juin 2013) La bonne méthode
1. Attribuer à chaque spectre la molécule de phéromone correspon-
dante, en expliquant votre choix. 1. Regarder les différences du point de vue de la structure
2. Le spectre RMN de l’éthanoate d’isoamyle est représenté ci-après. des deux molécules.
Il comporte : 2. Attribuer chaque signal à chaque groupe de protons équi-
• un doublet à 0,9 ppm ; valents en tenant compte du nombre de voisins.
• un quadruplet à 1,5 ppm ;

16 Analyse spectrale
L’ARTICLE DU

Lavoisier, héros fondateur


de la chimie analytique
Héros de la révolution chimique et victime de la Révolution française : ce contraste dans
le destin d’Antoine Lavoisier, guillotiné en 1794 lors de la Terreur, est saisissant. Vaincu
en tant que fermier général, il ressort vainqueur sur le terrain de la chimie. Après lui,
ses continuateurs vont poursuivre cette démarche qui consiste à définir les corps par
la nature et la proportion de leurs constituants. En posant ainsi les bases de la chimie
analytique, Antoine Lavoisier ouvre la voie à l’industrie chimique qui fleurira au xixe siècle,
notamment en Allemagne.
Après sa mort naît un culte autour de Lavoisier, qui en fait le Pour les substances simples, qui sont d’une certaine façon l’alpha-
héros fondateur de la chimie, mais aussi de la physiologie ou de bet de la chimie, soit on garde le nom ancien, soit on les nomme
l’agronomie... Ses laudateurs sont parfois excessifs : « La chimie par le composé qu’elles permettent d’engendrer. Lavoisier invente
est une science française, elle fut constituée par Lavoisier, d’immor- le mot « oxygène », qui signifie « générateur d’acide », car pour
telle mémoire », disait ainsi le chimiste alsacien Adolphe Wurtz lui l’oxygène était nécessaire pour obtenir un acide. Hydrogène
(1817‑1884). signifie « générateur d’eau », et azote, « impropre à la vie » (on avait
« Si Lavoisier est bien l’auteur de la révolution chimique, il ne remarqué que les souris ne pouvaient pas le respirer).
peut pas être considéré comme fondateur de la chimie moderne. En 1789, Lavoisier publie son Traité élémentaire de chimie, qui est
La chimie devient une science enseignée bien avant lui. Ce qu’il l’émanation de cette révolution. La réforme de la nomenclature
a surtout fait, c’est formaliser une tendance déjà émergente : stabilise le changement de paradigme. Avec ce traité, son projet

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centrer toute la chimie sur l’analyse », explique Bernadette Ben- est de simplifier la chimie, de la rendre accessible aux débutants.
saude-Vincent, historienne de la chimie à l’université Paris-I Dans le discours préliminaire du livre, il expose son programme
Panthéon-Sorbonne. qui élimine la théorie des affinités, parce que trop compliquée.
Avant Lavoisier, les substances sont désignées et définies par leur Comprendre pourquoi un composé s’associe avec tel autre plutôt
localité d’origine ou par leurs usages médicaux. D’ailleurs, au qu’avec un troisième, tel était en effet l’enjeu majeur de la chimie
XVIII  siècle, la chimie est essentiellement une science auxiliaire
e
du XVIIIe siècle. Or Lavoisier met de côté les « forces » actives dans
de la médecine ou de la pharmacie, parfois de la métallurgie. De la matière. « Lavoisier déclare que les affinités sont une partie
fait, la quasi-totalité des chimistes sont alors des médecins ou des transcendante de la chimie, dont il ne veut pas parler », précise
pharmaciens. Avocat de profession, Lavoisier est une exception. Bernadette Bensaude-Vincent.
Le changement radical qu’il opère consiste à définir les substances Et cette simplification fonctionne à merveille pour développer
chimiques exclusivement par leur composition. « Alors que les la chimie analytique. A partir du moment où l’on définit les
corps chimiques étaient imprégnés du monde médical qui les étu- substances uniquement par la nature et la proportion de leurs
diait, ils deviennent des abstractions, fondées sur la composition »,
souligne encore l’historienne.
Ce paradigme compositionnel permet à Lavoisier de se débar-
POURQUOI CET ARTICLE ?
rasser du « phlogistique », théorie alors en vogue. Les chimistes « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » est une
pensaient que la chaleur émanait d’un fluide baptisé phlogistique. citation bien connue de Lavoisier, qui fut l’un des premiers à contri-
buer à la chimie analytique. Celle-ci s’intéresse à l’identification,
Un corps brûlait tant qu’il contenait du phlogistique, et la com- la caractérisation et la quantification des substances chimiques.
bustion s’arrêtait dès que son phlogistique était épuisé. Parmi Elle nécessite des techniques de pointe avec des instrumentations
coûteuses. Lavoisier avait quant à lui construit un laboratoire
les nombreuses expériences qu’il réalise, celle où il découvre
de recherche ultramoderne, l’un des mieux équipés d’Europe
l’oxygène et son lien avec la combustion lui permet d’abandonner de l’époque, où des scientifiques éminents venaient le visiter.
cette théorie qui devient dès lors obsolète. Pour asseoir sa nouvelle ­Actuellement, les méthodes de chimie analytique sont les spec-
trométries (infrarouge, UV), la résonance magnétique nucléaire,
théorie, Lavoisier utilise la réforme de la nomenclature qui avait la chromatographie… Il est impératif de connaître et maîtriser
été mise au point par un autre avocat, Louis-Bernard Guyton une chimie de plus en plus fine et complexe pour aborder dans de
bonnes conditions la transition vers une chimie plus respectueuse
de Morveau (1737‑1816). Cet outil devient une arme de guerre pour
de l’environnement.
faire triompher sa nouvelle chimie.

Analyse spectrale 17
L’ARTICLE DU

constituants, la chimie devient plus facile. En 1808, l’hypothèse conditions de température et de pression ordinaires. C’est la
atomique du Britannique John Dalton (1766‑1844) puis la distinc- chimie des réactions qui se font dans la nature dans les composés
tion entre atomes et molécules renforcent ce paradigme composi- biologiques. Autrement dit, si l’on cherche des procédés moins
tionnel. Dès lors, on peut dire qu’il y a tant d’atomes d’hydrogène polluants – ce qui sera nécessaire pour l’avenir de la discipline –,
qui s’unissent à tant d’atomes d’oxygène, par exemple. il faudra apprivoiser cette chimie douce qui met en jeu des liaisons
La chimie analytique héritée de Lavoisier conditionne l’essor de hydrogènes réversibles. En somme, et par un étrange renversement
cette industrie naissante. Elle s’intéresse surtout à des réactions de situation, si Lavoisier a permis à la chimie de se développer aux
irréversibles, qui utilisent des températures et des pressions XIXe et XXe siècles, la chimie à venir sera vraisemblablement de
élevées. C’est à ce prix que l’on peut casser les liaisons fortes entre moins en moins lavoisienne.
molécules. Mais elle a l’inconvénient d’être polluante. À l’inverse,
la chimie verte dont on parle tant aujourd’hui opère dans des Philippe Pajot, Le Monde daté du 03.12.2014

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18 Analyse spectrale
COMPRENDRE : LOIS ET MODÈLES
O
LIQUIDE

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C fusion
liquéfaction
vaporisation

R N R’ solidification

SOLIDE condensation GAZ

R’’ sublimation
L’ESSENTIEL DU COURS

Étude des mouvements : les lois de Newton


En physique, l’étude du mouvement d’objet est appelée cinématique. On s’intéresse
plus précisément aux trajectoires et aux vitesses… mais pas aux causes du mouvement.
La dynamique étudie le mouvement dans ses rapports avec les forces qui s’exercent.
Quels sont les différents types de mouvement ? Comment se passe l’explosion
Un solide est animé d’un mouvement de translation lorsqu’à chaque d’un système de deux fragments ?
instant, tous ses points ont la même vitesse. Situation initiale
La translation est rectiligne si le vecteur vitesse garde une direction fixe. p 1 =0
O x
La translation est uniforme si le vecteur vitesse garde une norme
m1 +m 2
constante.
Le mouvement est rectiligne uniforme si le vecteur vitesse a même
Situation finale
direction, même sens et même intensité au cours du temps. p f = m 1 +v 1 +m 2 v 2
Le mouvement est rectiligne uniformément varié si le vecteur vitesse v1 v2
O x
a même direction, même sens, mais une intensité qui change au cours
m1 m2
du temps. p1 p2
Un mouvement est circulaire lorsque tous les points de la trajectoire
Le système étudié est constitué des masses m1 et m2 sur un rail.
sont équidistants d’un point particulier. La trajectoire est un arc de
Les forces se compensent donc le système est pseudo-isolé. Il y a
cercle.
conservation de la quantité de mouvement : pinitial = p final .  Or pinitial = 0
Un mouvement est circulaire uniforme si le mouvement circulaire et
et p final = m1 ⋅ v1 + m2 .v2 . En projection sur l’axe Ox : 0 = − m1 ⋅ v1 + m2 .v2 .
si la vitesse de rotation est constante.

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Comment sont propulsées les fusées ?
Comment la quantité de mouvement
d’un système isolé se conserve-t‑elle ? Tant que la fusée est au sol, la quantité de mouvement associée à cette
 fusée et son contenu est nulle. Lors de la mise à feu, on a d’une part, la
Pour un système isolé, la vitesse v du centre d’inertie ne varie pas.
Comme la masse est aussi invariante, la quantité de mouvement ne fusée avec sa masse et sa vitesse et d’autre part les gaz d’échappement
varie pas. Donc la quantité de mouvement totale d’un ensemble de avec leur masse et leur vitesse. Comme le système est pseudo isolé, la
corps isolés est constante. quantité de mouvement totale se conserve.

Cette loi de conservation est universelle : elle est vérifiée pour tous les Donc on a p fusée + pgaz   d ' échappement = 0

systèmes isolés. C’est une loi fondamentale de la physique. soit m fusée ⋅ v fusée = – mgaz   d ' échappement .vgaz   d'échappement .

MOTS CLÉS
CENTRE D’INERTIE rentiel géocentrique est lié et VECTEUR QUANTITÉ L’unité est le mètre par seconde
Point, noté G, du solide dont le centré sur la Terre ; le référentiel DE MOUVEMENT (m.s–2).
mouvement est le plus simple.  
héliocentrique est lié et centré sur p = m.v en kg.m.s–1. Plus la valeur
Si la symétrie du solide est suf- SYSTÈME ISOLÉ
le Soleil. de p est grande, plus le corps en Système pour lequel aucune force
fisante, il est possible de prévoir
VECTEUR POSITION mouvement a tendance à « conti- extérieure n’agit sur lui.
sans calcul la position de G.
OM = x ⋅ i + y ⋅ j + z ⋅ k. L’unité est le nuer sur sa lancée » (c’est-à-dire à
SYSTÈME (MÉCANIQUE) SYSTÈME PSEUDO-ISOLÉ
mètre. continuer son mouvement dans Système pour lequel toutes les
Solide ou ensemble des solides
la même direction). forces qui agissent sur lui se com-
dont on étudie le mouvement. VECTEUR VITESSE pensent.
Tout ce qui n’est pas le système Vecteur dont la direction est VECTEUR ACCÉLÉRATION
étudié est appelé l’extérieur. une droite tangente à la trajec- Vecteur dont la direction et le FORCE
toire au point M à la date t, le Toute action mécanique d’un
RÉFÉRENTIEL sens sont vers l’intérieur de la
sens est celui du mouvement corps sur un autre capable de
Solide ou tout point du solide par concavité de la trajectoire. Il est
produire des effets sur le mouve-
rapport auquel on décrit le mou- à cet instant. Il est défini par défini par ment ou la forme de ce corps. Elle
vement d’un mobile. Ce solide dOM dx dy dz
v= = ⋅i + ⋅ j + ⋅ k = x ⋅ i + y ⋅ j +2z ⋅ k s’exprime en newton (N).
est muni d’un repère d’espace d OM d2 x d2 y d2 z
dt dt dt dt a= = 2 ⋅ i + 2 ⋅ j + 2 .k + x ⋅ iRÉFÉRENTIEL
+ y⋅ j + z⋅k
et d’un moyen
dOM pourdx mesurer
dy ledz dt 2 dt dt dt
GALILÉEN
v =référentiel
temps. Le = ⋅i + ⋅ j est
terrestre + ⋅ k = x ⋅ i + y ⋅ j + z ⋅ k. L’unité est le Référentiel dans lequel le prin-
dt dt dt dt d OM d x
2 2
d y
2
dz
2
lié à la Terre ou au sol ; le réfé­ mètre a=par seconde= 2(m. s
⋅ i +–1). 2 ⋅ j + 2 .k + x ⋅ i + y ⋅ j + z ⋅ k. cipe de l’inertie est vérifié.
dt 2 dt dt dt

20 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS


Qu’est-ce que la première loi de Newton Soit un solide soumis à son seul poids P, et lancé avec une vitesse
ou principe d’inertie ? 
initiale v0 non nulle. En se plaçant dans un référentiel terrestre sup-
Dans un référentiel galiléen, si la somme des forces extérieures posé galiléen, d’après la deuxième loi de Newton, on a : maG = P = mg ,
appliquées à un système est nulle, alors son centre d’inertie G est soit soit aG = g .
  
au repos (vG = 0), soit en mouvement rectiligne uniforme (vG = cte). Choisissons un repère orthonormé (O,  i , j ,  k ) tel que la position initiale
 
La réciproque est également vraie. coïncide avec 0 et le vecteur initial soit dans le plan vertical (O,  i , k ).

ax = 0 (1)
Qu’est-ce que la deuxième loi de Newton 
0

ou théorème fondamental de la dynamique ? Dans le repère choisi : g 0  d’où aG ay = 0 (2) .
Dans un référentiel galiléen, la somme vectorielle des forces ex- –g az = – g (3)
térieures exercées sur un système ponctuel est égale à la dérivée
 vx = cte 1 
par rapport au temps du vecteur quantité de mouvement du point
 dv 
dp Comme aG = alors v (t ) v y = cte2 .
matériel. Soit ∑ Fext = . Si la masse est constante, la relation devient dt
dt vz = – g ⋅ t + cte 3
∑ Fext = maG .

Les constantes cte1, cte2 et cte3 sont déterminées par les conditions


Qu’est-ce que la troisième loi de Newton
ou principe des actions réciproques ? v0 x = v0 ⋅ cos α   cte 1 
  
Lorsqu’un solide A exerce sur un solide B une force FA/ B (action), alors
 initiales  v (t = 0) v0 y = 0  et v (t = 0) cte2 .
le solide B exerce sur le solide A une force FB / A (réaction) telle que : v0 z = v0 ⋅ sin α – g ⋅ 0 + cte 3
 
FA/ B= – FB / A . Ces deux forces ont même intensité, même droite d’action,
mais elles sont de sens contraires. vx = v0 ⋅ cosα (4)

Par continuité, on obtient v (t ) vy = 0 (5) .
Que se passe-t‑il dans un champ vz = – g ⋅ t + v0 ⋅ sin α (6)
de pesanteur uniforme ?
x = v0 ⋅ (cos α)t + cte 4 
z dOG

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Comme v = alors OG(t ) y = cte5 .
dt 1 2
z = – g.t + v0 ⋅ (sin α )t + cte6
g 2
Les constantes cte4, cte5 et cte6 sont déterminées par les conditions
x0 = 0 
initiales OG (t = 0) y0 = 0  
z0 = 0
v0
x = v0 ⋅ (cos α) ⋅ 0 + cte 4 

et  OG (t = 0) y = cte5 .
j 1
z = – g ⋅ 0 + v0 ⋅ (sin α) ⋅ 0 + cte6
2
k 2

x = v0 ⋅ (cos α )t  
(7)
O x Par continuité, on obtient OG (t ) y =0
(8) . .
i 1
z = – g ⋅ t 2 + v0 ⋅ (sin α )t (9)
2

sol Ce sont les équations horaires de la trajectoire.


Quelle que soit la date t, on a y = 0 : la trajectoire est donc décrite dans
le plan (Ox, Oz).

ZOOM SUR…
QUELQUES CARACTÉRISTIQUES DE FORCES USUELLES • La force de frottement représente les forces réparties, exercées par tout
•  Le poids est la force qu’exerce la Terre sur un solide de masse m. Il corps en contact avec le système étudié. Elle a même direction que le
déplacement, mais est de sens contraire, et s’applique au centre de la
est vertical, dirigé vers le centre de la Terre, et s’applique en G (centre
surface de contact.
d’inertie). Son intensité est donnée par P = m ⋅ g où P est le poids • La force électrostatique (électrique) a même direction que le champ

(en N), m la masse (en kg) et g l’intensité du champ de pesanteur électrique E et a même sens si la charge q est positive et est  de sens
(en m.s–2). contraire si la charge q est négative. Elle est définie par : F = q ⋅ E .

Comprendre : lois et modèles 21


L’ESSENTIEL DU COURS

z 
vx = cte 1 
 dv  – qE
S Comme aG = alors v (t ) v y = t + cte2 .
h dt m
vz = cte 3
v0
Les constantes cte1, cte2 et cte3 sont déterminées par les conditions
v0 x = v0 ⋅ cos α  

zO initiales v (t = 0) v0 y = v0 ⋅ sin α
v0 z = 0

k cte 1 
 – qE
et v (t = 0) 0 + cte2.
0 i x m
cte 3
x
D’après (7), on a : t = .
v0 ⋅ (cos α ) vx = v0 ⋅ cos α
(4)
En injectant cette relation dans (9), on en déduit l’équation de la  – qE
Par continuité, on obtient v (t ) v y = t + v0 ⋅ sin α (5) .
1 g m
trajectoire : z = – 2 x2 + tanα ⋅ x. (6)
2 v0 ⋅ (cosα )2 vz = 0
La trajectoire est plane et parabolique.
La flèche est l’altitude maximale h atteinte par le mobile, c’est-à-dire x = v0 ⋅ (cos α ) ⋅ t + cte 4 
dOG
l’ordonnée zS du sommet S. En ce point, la tangente à la trajectoire et Comme v = alors OG(t ) y = qE t 2 + v ⋅ (sin α ) ⋅ t + cte5 .

donc le vecteur vitesse sont horizontaux, d’où : la relation (6) est nulle. dt 2m 0

z = cte6
v0 ⋅ sinα
vz ( S ) = – g ⋅ tS + v0 .sinα = 0 d’où tS = .
g Les constantes cte4, cte5 et cte6 sont déterminées par les conditions

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1 v .sin α 2 2
v .sin α x0 = 0 
Dans la relation (9), on a alors z = h = – ⋅ + v0 ⋅ (sin α ) 0
0
.
2 g g initiales OG (t = 0) y0 = 0  
 
1 v .sin α
2 2
Soit z = h = ⋅ 0 . z0 = 0
2 g

Que se passe-t‑il dans un champ électrostatique x = v0 ⋅ (cos α ) ⋅ 0 + cte 4 


uniforme ? et  OG (t = 0) y = -qE 02 + v ⋅ (sin α ) ⋅ 0 + cte5 .
0
2m
y z = cte6
A
V0 M q>0
j x x = v0 ⋅ (cos α )t  
(7)
d 0
i E Par continuité, on obtient OG (t ) y = -qE t 2 + v ⋅ (sin α ) ⋅ t (8).
0
2m (9)
a z=0
B
Les équations (7), (8) et (9) sont les équations horaires du ­mouvement.
Une particule de charge q positive est injectée dans un champ élec-
  x
trique uniforme  E avec une vitesse initiale v0. La particule est soumise D’après (7), on a : t = . En injectant cette relation dans (8), on
   v0 ⋅ (cos α )
à son poids P et à la force électrique F. Le poids  P est très petit devant la
 en déduit l’équation de la trajectoire :
force électrique F, il est donc négligeable.
  1 qE
La RFD donne : F = ma.  y=– x2 + tan α ⋅ x.
   qE 2 mv02 ⋅ (cos α )2
Soit qE = ma. Donc a = . L’accélération est donc un vecteur constant
m La trajectoire est plane et parabolique.
qui dépend de la masse.
  
Choisissons un repère orthonormé (O,  i , j ,  k) tel que la position initiale
 
coïncide avec 0 et le vecteur initial soit dans le plan vertical (O,i , j ).
ax = 0 
(1) UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER

Dans le repère choisi : a a = – qE (2).
G y
m •  Mouvement et repos sont équivalents p. 25
(3)
az = 0 (Stéphane Deligeorges, Le Monde daté du 08.06.2005)

22 Comprendre : lois et modèles


EXERCICES PAS À PAS

Antilles-Guyane (juin 2015)
Lors d’un match de football, un joueur doit tirer un penalty. 2. Établir l’expression du vecteur accélération aG du centre d’inertie
Le joueur dépose le ballon au point de penalty O, pris comme du ballon.

origine du repère.
3. Établir les équations horaires x(t) et z(t) du mouvement du centre
d’inertie G et l’équation de la trajectoire du ballon, dans le plan (xOz).

Le joueur tape le ballon en direction du centre du but et lui commu-


4. En exploitant les données et les documents, déterminer si le
penalty décrit en début d’exercice est réussi. Expliciter votre raison-
nique une vitesse initiale v0 de valeur 11,5 m. s-1 et dont la direction
nement.
fait un angle α= 55° avec l’horizontale.
Document

Données :
• intensité de la pesanteur : g = 9,81 N.kg-1 ;
• masse du ballon : m = 620 g ;
• les buts sont constitués de deux montants verticaux (poteaux) reliés
en leur sommet par une barre transversale. Le bord inférieur de la

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barre transversale se situe à une hauteur de 2,44 m par rapport au sol ;
• un penalty est réussi si le ballon franchit la ligne de but en passant La bonne méthode
entre les montants et sous la barre transversale ; 1. Faire un schéma avec les données de l’exercice.
• à l’intérieur de chaque surface de réparation, le point de penalty est
2. Appliquer la deuxième loi de Newton en considérant
marqué à 11,0 m du milieu de la ligne de but et à égale distance des
la masse constante.
montants verticaux du but ;
• on néglige les forces de frottement de l’air sur le ballon ainsi que la
3. À partir de la relation précédente, déduire les primitives de
poussée d’Archimède. l’accélération et de la vitesse. Puis éliminer la variable t dans
1. On note A le point où se situe le ballon lorsqu’il franchit la ligne les équations horaires.
de but. Quelles conditions doivent vérifier les coordonnées (xA ; zA) 4. Utiliser l’équation de la trajectoire précédente.
de ce point pour que le penalty soit réussi ?

Liban (juin 2014)
L’étude suivante porte sur le mouvement d’un électron d’un
faisceau qui pénètre entre deux plaques parallèles et horizon-
tales P1 et P2, dans une zone où règne un champ électrique E
supposé uniforme et perpendiculaire aux deux plaques.
À l’instant t = 0 s, l’électron arrive en un point O avec une
vitesse horizontale V0.
La trajectoire de l’électron dans un repère (O, x, y) est :
L’électron de masse me et de charge q = − e, dont le mou-
vement étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen,
est soumis à la seule force électrostatique Fe .

Comprendre : lois et modèles 23


EXERCICES PAS À PAS

1. Sur le document de la trajectoire de l’électron, représenter sans


souci d’échelle et en justifiant les tracés : La bonne méthode
• le vecteur force Fe en un point de la trajectoire de l’électron ;
 1. Observer la déviation de l’électron et en déduire le signe de
• le vecteur champ électrique E en un point quelconque situé entre la plaque P1 et le sens de la force électrostatique. Le champ
les plaques P1 et P2.
électrique est toujours dirigé vers les potentiels décroissants.
2. En utilisant la deuxième loi de Newton, déterminer les équations
2. Appliquer la deuxième loi de Newton en considérant la
horaires x(t) et y(t) du mouvement de l’électron.
e⋅ E masse constante. En déduire les primitives de l’accélération
3. Vérifier que la trajectoire de l’électron a pour équation : y = ⋅ x2.
2 ⋅ me .V02
et de la vitesse.
4. À la sortie de la zone entre les plaques P1 et P2, l’électron a subi 3. Éliminer la variable t dans les équations horaires ­précédentes.
une déviation verticale SH comme l’indique le schéma précédent.
4. Analyser les coordonnées du point de sortie S.
On mesure SH = yS = 2,0 × 10−2 m.
Déterminer, dans cette expérience, la valeur du rapport e/me de
l’électron.
Données :
• longueur des plaques : L = 9,0 × 10−2 m ;
• vitesse initiale de l’électron : v0 = 2,4 × 107 m.s−1 ;
• valeur du champ électrique : E = 1,6 × 104 V.m−1.

Liban (juin 2017)

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La boule lancée par le pointeur étant proche du bouchon, 2. La résolution du système précédent permet d’écrire les relations
vectorielles suivantes :
le tireur de l’équipe adverse va chercher à la déplacer.
2m2 m – m1
Le tireur lance sa boule à quelques centimètres de la boule V1′ = ⋅ V2 et V2′ = 2 ⋅V .
m1 + m2 m1 + m2 2
visée ; la boule du tireur roule puis percute la boule du poin- À partir de ces relations vectorielles, associer les relations A, B et C
teur de plein fouet avec une vitesse V2 = 8,0 m.s . –1 comparant les masses aux trois propositions 1, 2 et 3 :

m1 = m2 A 1 La boule G2 repart en sens inverse


Dans le référentiel terrestre, après le choc, les deux boules,
de masses respectives m1 et m2, possèdent les vecteurs m1 > m2 B 2 La boule G2 suit la boule G1

vitesse V1 , et V2 portés par la même direction. m1 < m2 C 3 Les boules échangent leurs vitesses

Reporter vos réponses sur votre copie et justifier chaque choix.


On étudie le cas de figure du choc donné par le schéma
3. Que se passe-t‑il si la masse m1 est très largement supérieure à la
suivant : masse m2 ?

La bonne méthode
1. Lors des chocs, deux grandeurs physiques se conservent.
La première est une grandeur vectorielle et la seconde est une
1. Lors de ce choc, deux grandeurs se conservent et permettent d’écrire énergie.
les relations suivantes : 2. Reprendre les deux relations données dans l’énoncé de la
m2 . V2 = m1 .V1′ + m2 .V2′ question 2 et passer en revue chacune des trois propositions
1 1 2 1 2 A, B et C pour voir les modifications que cela implique dans
m ⋅ V 2 = m ⋅ (V ′ ) + m2 ⋅ (V2′ ) .
2 2 2 2 1 1 2 les relations.
Nommer les deux grandeurs dont la conservation est exprimée par 3. Il faut faire la même démarche qu’à la question précédente.
ces relations.

24 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Mouvement et repos sont équivalents


Le principe de relativité, défini au xviie siècle par Galilée, et la loi d’inertie, énoncée par
Newton en 1759, préparent les avancées d’Einstein.

En 1632 paraît, à Florence, sous la signature de Galilée, le En termes modernes, on nomme « référentiel » le corps par
Dialogue concernant les deux plus grands systèmes du monde. rapport auquel on repère le mouvement que l’on veut étudier.
Cette publication est l’acte inaugural de toute la science Ce mouvement doit toujours être entendu comme une relation
classique et, par là, de toute la physique. Avec lui, la physique à deux et n’a de sens que par rapport à un autre corps privé
aristotélicienne va, définitivement, s’effondrer. On y trouve de ce mouvement. Dans l’exemple galiléen, Venise peut servir
énoncé le principe de relativité. Et ça n’est pas un hasard si, de référentiel, tout comme Alep. Concernant le mouvement
pour ses travaux, Einstein pose, deux cent cinquante ans du navire, Venise et Alep, immobiles l’un par rapport à l’autre
plus tard, en figure tutélaire, Galilée à côté de Newton. Dans sont équivalents.
ce dialogue, d’une grande qualité littéraire, se confrontent C’est Newton qui, par la première loi de ses Principes mathé-
trois personnages, dont l’un représente l’ancienne physique, matiques de la philosophie naturelle de 1759, devait compléter
Simplicio, Salviati, porte-parole de Galilée, et ce dernier. Le cet ensemble de considérations. Il s’agit de la loi d’inertie :
cadre général est celui d’un voyage en mer. Un navire quitte « Tout corps persévère dans l’état de repos ou de mouvement
Venise, passe par Corfou, la Crète et Chypre et se rend ensuite uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins que
à Alep (Syrie). quelque force n’agisse sur lui, et ne le contraigne à changer
Voilà comment se disait la physique à cette époque. Salviati : d’état. » Cette loi complète le principe de Galilée qui stipule, de
« Enfermez-vous avec un ami dans la plus vaste cabine d’un manière plus large, qu’il existe des points de vue équivalents
grand navire, et faites en sorte qu’il s’y trouve également des sur le monde. Ils forment une classe de systèmes de référence
mouches, des papillons et d’autres petits animaux volants, que l’on appelle « référentiels inertiels » dans lesquels les lois
qu’y soit disposé un grand récipient empli d’eau dans lequel de la physique gardent la même forme.
on aura mis de petits poissons. (…) Puis alors que le navire est à

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On peut prendre un dernier exemple concret. Celui du train,
l’arrêt, observez attentivement, précise-t‑il, comment ces petits cette fois. Les lois qui régissent la manière dont le café coule
animaux volent avec des vitesses égales quel que soit l’endroit de la cafetière dans une tasse sont les mêmes, dans le « réfé-
de la cabine vers lequel ils se dirigent ; vous pourrez voir les rentiel » de la gare et dans celui d’un train roulant en ligne
poissons nager indifféremment dans toutes les directions. (…) droite à vitesse constante. Dans ce cas, on dira que le référentiel
Et si vous sautez à pieds joints, vous franchirez des espaces de la gare et celui du train sont équivalents. Ultime consé-
semblables dans toutes les directions. Une fois que vous aurez quence, là encore contre-intuitive. Le principe de relativité
observé attentivement tout cela – il ne fait aucun doute que si implique que le repos est un cas particulier du mouvement
le navire est à l’arrêt les choses doivent se passer ainsi –, faites se inertiel. Seul existe le mouvement.
déplacer le navire à une vitesse aussi grande que vous voudrez ;
pourvu que le mouvement soit uniforme et ne fluctue pas de-ci Stéphane Deligeorges,
de-là, vous n’apercevrez, ajoute-t‑il, aucun changement dans les Le Monde daté du 08.06.2005
effets nommés, et aucun d’entre eux ne vous permettra de savoir
si le navire avance ou bien s’il est arrêté. Si vous sautez, vous
franchirez sur le plancher les mêmes distances qu’auparavant
et, si le navire se déplace, vous n’en ferez pas pour autant des POURQUOI CET ARTICLE ?
sauts plus grands vers la poupe que vers la proue, bien que,
pendant que vous êtes en l’air, le plancher qui est en dessous ait Le référentiel (corps par rapport auquel on repère le mouve-
glissé dans la direction opposée à celle de votre saut. » ment d’un autre) est la base même de la mécanique. Il existe
Que peut-on tirer immédiatement de ces considérations ? des référentiels inertiels aussi nommés référentiels gali-
La première est l’équivalence. Pour Galilée il existe une léens, en hommage à Galilée, dans lesquels le principe de
équivalence entre le repos et le mouvement. Le mouvement l’inertie, énoncé par Newton, s’applique. La notion d’inertie
est « comme rien », comme « nul ». Ainsi le mouvement ne découle du principe d’inertie. Elle désigne la tendance de
concerne jamais un corps isolé. Le mouvement, ou le repos, tout corps à conserver son « état naturel » : soit l­ ’immobilité,
est l’indice d’un rapport entre les choses. Donc le mouvement soit un mouvement rectiligne uniforme. Tout corps ne
ne se conçoit qu’à deux. Ici, c’est l’antagonisme entre absolu quittera cet état que si des forces l’y obligent, mais il r­ ésiste
et relatif qu’il faut retenir. Galilée va introduire l’idée d’un d’autant plus au changement que sa masse est grande.
« mouvement sans cause ». Si nous considérons les papillons, À l’inverse si la vitesse varie en direction ou en intensité,
le mouvement qu’ils partagent avec le navire est « sans cause » c’est qu’une force s’exerce sur ce corps, Newton posera ainsi
puisqu’ils n’ont aucun effort à fournir pour aller de Venise la relation fondamentale de la dynamique.
à Alep. Ils partagent simplement le mouvement du navire.

Comprendre : lois et modèles 25


L’ESSENTIEL DU COURS

Étude des mouvements : les lois de Kepler


En astronomie, l’étude du mouvement des planètes autour du Soleil ou plus générale-
ment des satellites naturels ou artificiels autour d’une planète, est régie par les lois de
Kepler. La troisième loi de Kepler nous montre que l’accélération est indépendante de la
masse du corps mobile autour d’un astre. Les lois de Kepler s’appliquent dans le référen-
tiel centré sur l’astre « fixe » supposé galiléen.

Quelle est la première loi de Kepler Quelle est la deuxième loi de Kepler
ou loi des orbites ? ou loi des aires ?

C
P
2b B

A1 A2
F1 F2 A A

2a S
D

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M grand axe de l’ellipse

Dans le référentiel héliocentrique, le centre de chaque planète décrit Le segment de droite reliant le Soleil à une planète balaie des aires
une trajectoire elliptique dont le Soleil S est l’un des foyers : égales pendant des durées égales.
a est appelé demi-grand axe de l’ellipse ; Ici, la portion d’ellipse DE est parcourue dans le même temps que la
b est appelé demi-petit axe de l’ellipse ; portion BC, ce qui implique que la planète va plus vite quand elle est
F1 et F2 sont les foyers de l’ellipse. proche d’un foyer de l’ellipse que quand elle est loin.

MOTS CLÉS

FORCE DE GRAVITATION CHAMP DE GRAVITATION CONSTANTE et n est le v­ ecteur unitaire nor-
UNIVERSELLE OU CHAMP DE GRAVITATION mal, dirigé vers le centre du
OU INTERACTION GRAVITATIONNEL UNIVERSELLE G
GRAVITATIONNELLE Champ découlant de l’existence Cette constante vaut 6,67.10 –11 m3. cercle. Dans la base de Frenet,
Deux corps dont la répartition d’une force de gravitation. Si un kg–1.s–2. l’accélération se décompose en
des masses mA et mB est à symé- corps  A exerce sur un corps  B  dv  v 2 
ALTITUDE a =   t + n , où r est la dis-
trie sphérique, séparés d’une une force gravitationnelle  : dt r
mm Distance par rapport à la sur-
distance AB grande devant leur tance au centre du cercle.
FA/ B = – G A 2 B uAB , alors il existe face au sol de la planète consi-
taille, exercent l’un sur l’autre AB dérée. MOUVEMENT CIRCULAIRE
des forces attractives FA/ B et FB / A , en B un champ de gravitation Un mouvement est circulaire
mA BASE DE FRENET
de même direction, de sens égal à =– G u . Ainsi, lorsque tous les points de la tra-
AB 2 AB Base locale permettant d’étu- jectoire sont équidistants d’un
opposés et de même valeur  :
mAmB FA/ B = mB ⋅ . dier les mouvements circulaires. point particulier. La droite qui
FA/ B = – G uAB où uAB est un Elle
AB2 CHAMP DE PESANTEUR G   est constituée
 des vecteurs ( passe par ce point et qui est
vecteur unitaire orienté de A vers Champ d’accélération de la pesan- t ,n), où t est le vecteur unitaire perpendiculaire au plan de la
B et G est la constante de gravita- teur à la surface d’une planète. Il tangent à la trajectoire, dans le trajectoire est appelée l’« axe de
tion universelle. s’exprime en m.s–2. même sens que le mouvement ­rotation».

26 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Quelle est la troisième loi de Kepler Quelle est la période de révolution d’un satellite
ou loi des périodes ? ou d’une planète en mouvement circulaire
Pour toute planète du système solaire, le rapport entre le carré de uniforme ?
la période de révolution et le cube du demi-grand axe est le même : Le périmètre d’une révolution est 2 r. La Terre accomplit cette distance
T2 en une période T.
= cte. 2 r 4 2r 2
a3 D’où v = . Soit T 2 = 2 .
T v
cte est appelée constante de la loi des aires. Elle ne dépend pas de la ms 4 π 2r 3 r3
planète considérée, elle ne dépend que du Soleil. Comme v = G
2
alors T 2 = ou T = 2π . 
r G.mS G.mS
T 2
4π 2
D’où 3 = = cte. On retrouve la troisième loi de Kepler.
Quelle est la vitesse d’un satellite ou r Gms
d’une planète en mouvement circulaire uniforme ?
Quelle est la période de révolution d’un satellite
de la Terre ?
Dans le cas d’un satellite de masse m en mouvement circulaire autour
r3
de la Terre de masse mT, sa période est : T = 2π   et sa vitesse
G.mT
m
v= G T .
r
FS/T n t Si on pose r = RT + h avec RT  : rayon de la Terre et h : altitude du satellite
par rapport au sol, on arrive à :
( RT + h)3 mT
S r T = 2π   et v = G .
G ⋅ mT RT + h
T
La vitesse et la période du satellite sont les caractéristiques du mou-
vement du satellite ; elles ne dépendent que de l’altitude de celui-ci
et pas de sa masse.

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
La Terre de masse mT (constante) subit une force de gravitation uni-
verselle FS /T , exercée par le Soleil de masse mS sur la Terre. La relation
F
fondamentale de la dynamique donne : FS /T = mT ⋅ a , d’où a = S /T .
m
mT ⋅ ms   T
Comme FS/T = G n , projetons dans la base de Frenet (t ,n ) :
r2

sur t  : la force de gravitation étant radiale, elle n’a pas de composante
sur cet axe : at = 0 ;
 m ⋅m m
sur n :  G T 2 s = mT ⋅ an d’où an = G 2S .
r r
L’accélération du centre d’inertie de la planète Terre est radiale, centri-
pète et indépendante de la masse de la planète elle-même.
dv
Or, dans la base de Frenet, at = = 0 . Cela implique que la vitesse de la
dt
planète est constante. Le mouvement est donc circulaire et uniforme.
v2 m
De plus, dans la base de Frenet, an =   = G 2S , on peut en déduire UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
r r
ms ms
 v = G , soit v = G
2
. La vitesse dépend seulement de la masse •  Un transit qui a fait voyager les astronomes p. 29
r r (Vahé Ter Minassian, Le Monde daté du 09.06.2012)
du Soleil et de la distance r entre les centres des deux astres.

ZOOM SUR…
LE SATELLITE GÉOSTATIONNAIRE
Un satellite géostationnaire est fixe (stationnaire) par rapport à la Terre • qu’il tourne dans le même sens que la Terre autour de l’axe de ses
(géo). Pour cela, il faut : pôles ;
• qu’il décrive un mouvement circulaire uniforme dans un plan perpen- • que sa période de révolution soit exactement égale à la période de rota-
diculaire à l’axe des pôles terrestres. Il évolue donc dans un plan équato- tion de la Terre autour de l’axe de ses pôles (24 heures environ).
rial (plan contenant l’équateur) ; On calcule que son altitude par rapport au sol est d’environ h = 36.106m.

Comprendre : lois et modèles 27


EXERCICES PAS À PAS

Centres étrangers (juin 2017)


1. Interaction gravitationnelle lunaire.
Faire un schéma d’un objet de masse m à l’altitude h au voisinage de
la Lune, en représentant :

le vecteur unitaire u orienté de l’objet vers le centre de la Lune ;

le vecteur F modélisant la force d’interaction gravitationnelle
exercée par la Lune sur l’objet.
2. Donner l’expression vectorielle de cette force d’interaction gravi-

tationnelle en fonction de : G, m, ML, h, RL et u.
3. Champ de pesanteur lunaire. La bonne méthode
a) En faisant l’hypothèse que le poids sur la Lune est égal à la force
1. Faire un schéma avec les données de l’exercice. Le vecteur 
d’interaction gravitationnelle, donner l’expression vectorielle gL du 
 u est orienté de l’objet vers le centre de la Lune.
champ de pesanteur à une altitude h en fonction de G, ML, h, RL et u.
b) Calculer la valeur du champ de pesanteur gL à la surface de la Lune. 2. Il s’agit de l’interaction gravitationnelle.
c) Comparer au champ de pesanteur terrestre. 3. a) Si le poids sur la Lune est égal à la force d’interaction
Données : gravitationnelle, il suffit de poser l’équation correspondante.
• G = 6,67.10 m .kg .s  ;
–11 3 –1 –2
b) Application numérique.
• ML = 7,33.1022 kg, RL = 1,74.103 km ; c) Faire le rapport d’un champ de pesanteur par rapport à l’autre.
• gT = 9,81N.kg–1.

Antilles-Guyane (septembre 2016)

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On suppose que la comète Tchouri parcourt une trajectoire elliptique 4. La vitesse de la comète est-elle plus grande en A ou en B ? Justifier.
autour du Soleil. Donnée :
1. En utilisant une des lois de Kepler, préciser la position du Soleil Son orbite est elliptique et l’amène à :
représentée sur le schéma ci-dessous.

2. Quelle est la valeur du demi-grand axe a de l’ellipse de la trajectoire


de la comète Tchouri ?
3. En vous appuyant sur le schéma habituellement proposé, comme
celui représenté ci-dessous, énoncer la deuxième loi de Kepler.

La bonne méthode
1. Appliquer la première loi de Kepler.
2. Les données donnent des précisions sur la longueur du
grand axe.
3. La deuxième loi de Kepler est aussi appelée « loi des aires ».
4. Appliquer la deuxième loi de Kepler.

28 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Un transit qui a fait voyager les astronomes


Prédit par Kepler, le phénomène a permis d’évaluer les distances au sein du système
solaire.

Parmi les corps de taille importante du système solaire, seuls Ces expéditions firent de nombreux morts et des infortunés,
la Lune, Mercure et Vénus sont susceptibles de passer devant le comme Jean-Baptiste Le Gentil de La Galaisière (1725‑1792), qui
Soleil. Or si le satellite de la Terre se trouve fréquemment dans manqua deux rendez-vous au bout du monde, l’un parce qu’il
une telle position – on parle alors d’éclipse solaire –, il n’en est était encore en mer, l’autre à cause des nuages… Malgré les
pas de même pour les deux planètes. Dans le cas de l’étoile du moyens engagés et les sacrifices consentis, le résultat s’avéra
Berger, le phénomène, qui survient uniquement en décembre décevant. Un phénomène optique, la « goutte noire », dû à un
et en juin, est même « particulièrement rare », estime Patrick Ro- défaut de conception des lunettes astronomiques, contribua,
cher, astronome à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des en effet, à perturber les mesures de la parallaxe solaire dont
éphémérides à Paris. « Vénus et la Terre ne tournant pas autour la valeur resta trop incertaine.
du Soleil dans le même plan et à la même vitesse, on peut calculer Les deux passages suivants donnèrent, un siècle plus tard,
une période de récurrence de deux cent quarante-trois ans. » une nouvelle chance aux astronomes. À l’époque, la France
Celle-ci se décompose en quatre passages se succédant à inter- participa aux efforts de la communauté scientifique mondiale
valles de temps irréguliers : huit ans, puis cent vingt et un ans avec six expéditions en 1874 et dix en 1882. « Mais, le bilan des
et six mois, huit ans encore et, enfin, cent cinq ans et six mois. observations fut là aussi mitigé, note Françoise Launay, cher-
Cette combinaison d’événements répétitifs est connue depuis cheuse associée dans l’équipe d’histoire du laboratoire Syrte
les travaux de Johannes Kepler (1571‑1630), qui fut le premier à (Systèmes de référence temps-espace) de l’Observatoire de
prédire le rendez-vous de Vénus avec le Soleil, pour 1631, avant Paris. La précision atteinte sur la mesure de la parallaxe du

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ceux de 1639, 1761, 1769, 1874, 1882, 2004 et 2012. Soleil fut, en effet, dix fois inférieure à ce que les astronomes
Il faudra attendre le xviiie siècle pour que les savants com- de l’époque espéraient. »
mencent à en saisir l’intérêt scientifique. « La première idée D’autres expériences purent néanmoins avoir lieu. Parmi elles,
a été d’en profiter pour essayer de déterminer la valeur de la celle de Jules Janssen (1824‑1907) au Japon. En 1874, le futur
parallaxe solaire, c’est-à-dire l’angle sous lequel la Terre est fondateur de la section Meudon de l’Observatoire de Paris fut
vue depuis le Soleil », explique Suzanne Debarbat, astronome ainsi le premier homme de l’Histoire à réaliser une succession
honoraire à l’Observatoire de Paris. de clichés du passage de Vénus. Il employa pour cela une sorte
de « revolver photographique » de son invention. Un appareil
promis à un bel avenir, puisqu’il n’était autre que l’ancêtre de
Grande mobilisation scientifique la caméra !
Imaginée par Edmond Halley (1656‑1742), la méthode, fort
difficile à mettre en œuvre avec les instruments dont on Vahé Ter Minassian,
disposait alors, consistait à comparer les durées de passages Le Monde daté du 09.06.2012
de Vénus relevées en divers points du globe situés à des lati-
tudes différentes. Elle permettait de mesurer directement la
distance Terre-Soleil puis, une fois cette valeur connue, d’en
déduire toutes les distances entre les corps du système solaire. POURQUOI CET ARTICLE ?
C’est pourquoi les passages de Vénus de 1761 et de 1769 furent Kepler fut le premier à énoncer les relations mathématiques qui
l’occasion d’une grande mobilisation scientifique. régissent le mouvement des planètes et ainsi à poser des trajec-
toires elliptiques et non pas circulaires. Grâce aux lois de Kepler,
En France, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays, de les scientifiques ont ainsi pu prédire le transit de Vénus, plus d’un
nombreuses expéditions nécessitant parfois des navires et siècle plus tard, et calculer la distance Terre – Soleil, avec les tran-
sits de 1874 et 1882.
auxquelles sont associés des noms devenus illustres, comme
Les trois lois de Kepler sont fondamentales pour décrire le mouve-
ceux de Joseph-Nicolas Delisle, James Cook, César-François Cas- ment des planètes. Elles peuvent aussi être appliquées à tous corps
sini de Thury ou Joseph-Jérôme Lefrançois de Lalande, furent en orbite autour d’un autre : les satellites artificiels de la Terre, les
étoiles doubles… Ce sont donc des lois universelles.
organisées avec pour objectif de réaliser des observations dans Rendez-vous à présent en 2117 pour le prochain transit de Vénus.
la zone de visibilité des phénomènes.

Comprendre : lois et modèles 29


L’ESSENTIEL DU COURS

Étude des mouvements :


travail d’une force et énergie
Une force qui agit sur le mouvement d’un corps effectue « un travail » notion intro-
duite par Gaspard-Gustave de Coriolis au xixe siècle. Ce travail est en fait un transfert
d’énergie. Le travail d’une force traduit donc les échanges d’énergie d’un système en
mouvement d’un point A vers un point B. Un système peut posséder plusieurs types
d’énergie : énergie cinétique, énergie potentielle de pesanteur, énergie mécanique.

Que vaut le travail du poids ?


Si l’on reste assez proche de la surface de la Terre, le poids d’un corps
peut être considéré comme une force constante. Le travail du poids,
au cours d’un déplacement du centre de gravité G, d’une position A
vers une position B, s’écrit : WA B (P) = P AB = – m g(zB – zA ).
Le travail du poids est indépendant du chemin parcouru. C’est une
force conservative. Il ne dépend que de la différence d’altitude entre
les points d’arrivée zB et de départ zA de G.
Le travail du poids est positif si le corps descend (travail moteur) et il
est négatif si le corps monte (travail résistant).

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843).

Que vaut le travail d’une force conservative ?



Le travail élémentaire d’une force constante dWA→B ( F ) est égal au

produit scalaire de la force F par le déplacement élémentaire d   sur
()
le trajet [AB] : dWA→B F = F ⋅ d .
Pour une trajectoire rectiligne et une force conservative, on arrive à :
()
WA→B F = F . AB = F ⋅ AB ⋅ cos( F , AB ).

Si la force  F a la même direction et le même sens que le déplacement,

()
alors WA→B F > 0, on dit que le travail est moteur.

Si la force F a la même direction mais un sens opposé au déplace-

ment, alors WA→B ( F ) < 0, on dit que le travail est résistant.

Si la force F a une direction perpendiculaire au déplacement,

alors WA→B ( F ) = 0.

MOTS CLÉS
1
FORCE FORCE CONSERVATIVE ÉNERGIE POTENTIELLE Ec = mv2 .
Un solide soumis à une force dont Une force est dite conservative si DE PESANTEUR E pp 2
le point d’application se déplace On appelle énergie potentielle Son unité est le Joule (J).
le travail de cette force est indé-
peut : pendant du chemin suivi. Si ce de pesanteur, la grandeur défi- ÉNERGIE MÉCANIQUE Em
• être mis en mouvement ; n’est pas le cas, elle est alors dite nie par E pp = m ⋅ g ⋅ h si h est l’alti­ Somme de l’énergie cinétique
• changer d’altitude ; non conservative. tude en mètre et que E pp = 0 à d’un système et de son énergie
• se déformer temporairement ou l’altitude  h = 0 . Son unité est le
TRAVAIL D’UNE FORCE potentielle. Em = Ec + E p . Son uni-
définitivement ;
Il mesure l’énergie transférée Joule (J). té est le Joule (J).
• voir sa température s’élever.
Dans tous ces cas, on dit que la entre l’auteur de la force et le sys- ÉNERGIE CINÉTIQUE E c
force fournit un travail. Son unité tème le long d’un trajet. Son unité Énergie emmagasinée par un
est le Newton (N). est le Joule (J). système, due à son mouvement.

30 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Que vaut le travail de la force électrique ? Peut-on relier le travail et l’énergie potentielle ?
Une charge q est transportée de A vers B dans le champ uniforme d’un ( ) (
Le travail du poids est : WA B (P) = mg zB – zA = – EP – EP = – EP.
B A
)
condensateur plan. Le champ est constant. La force électrique est donc Cette relation signifie que la variation d’énergie potentielle de
constante au cours du déplacement, donc son travail est indépendant pesanteur est le travail qu’il faut fournir pour éloigner un corps du
du chemin suivi. Par définition, le travail de la force électrique est : centre de la Terre d’un point A à un point B, le corps étant au repos
()
WA→B F = F ⋅ AB = q ⋅ E ⋅ AB . en A et en B. Pour les forces non conservatives, il n’y a pas d’énergie
Notion de potentiel : le potentiel V d’un point du champ est égal à potentielle associée.
l’énergie potentielle Ep que posséderait une charge témoin de + 1 C

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E
placée en ce point. V = P .
Comment évolue l’énergie mécanique d’un système
q qui n’est soumis qu’à des forces conservatives ?
Comme EP = q ⋅ e ⋅ x , le potentiel d’un point d’abscisse x s’écrit : V = E ⋅ x L’énergie mécanique d’un système qui n’est soumis qu’à des forces
(V ne dépend que de la position du point et du champ électrique). conservatives est constante (se conserve). Em = 0 .
Dans un champ uniforme, l’axe Ox est dirigé toujours dans le sens Lorsque l’énergie mécanique se conserve, si l’énergie cinétique
des potentiels croissants. On définit la tension entre A et B comme la augmente, alors l’énergie potentielle diminue. Il y a transformation
différence de potentiel entre A et B : U AB = VA – VB   . d’énergie potentielle en énergie cinétique ou inversement : Em = 0.
Nouvelle expression du travail : WA B (F) = q E AB = – q.E. x = – q V.
D’où : WA→B ( F ) = q ⋅ E ⋅ AB = q(VA – VB   ). 
Comment évolue l’énergie mécanique d’un système
soumis à des forces non conservatives ?
Le travail est indépendant du chemin suivi, la force est bien Théorème de l’énergie mécanique.
­conservative. La variation d’énergie mécanique Em est égale au travail des forces

non conservatives W ( f ). Soit Em = W ( f ).

Que vaut le travail d’une force non conservative Comme W ( f ) < 0, l’énergie mécanique décroît.
comme les forces de frottement au cours
d’une trajectoire rectiligne ?
Les forces de frottement sont en sens opposé du mouvement donc : UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
()
WA→B f = f ⋅ AB = – f ⋅ AB ,  a
avec AB : la longueur du chemin suivi. Ici,
•  Microscope met Einstein à l’épreuve p. 33
le travail dépend du chemin suivi entre l’état initial et l’état final. On
(Vahé Ter Minassian, Le Monde daté du 27.04.2016)
dit que f n’est pas conservative.

ZOOM SUR…
LA FORCE CONSERVATIVE
Lorsqu’une force est conserva-
LES THÉORÈMES
DES ÉNERGIES
à un ensemble de forces (conser-
vatives ou non) est égale à la
(
Em = EC + E p = WA→B fnon   conservative )
tive, alors il est possible de lui CINÉTIQUE somme des travaux desEm =forces  ( )
EC +: E p = WA→B fnon   conservative .
associer une énergie potentielle 
E p dont la variation correspond à
ET MÉCANIQUE
• Le théorème de l’énergie ciné- ( )
EC = ∑WA→B Fext .
l’opposé du travail de cette force : tique : la variation de l’énergie • Le théorème de l’énergie mé­
EP = – WA→B ( F ). cinétique d’un système soumis canique :

Comprendre : lois et modèles 31


EXERCICE PAS À PAS

Antilles-Guyane (septembre 2017)

L’étude du mouvement du système S {skateur + planche} est b) Donner l’expression littérale du travail de la force f le long du
faite dans le référentiel terrestre considéré comme galiléen. parcours EF.
c)  En utilisant la non-conservation de l’énergie en présence de
Dans tout l’exercice, le système S, considéré comme indé-
frottements, en déduire la valeur de l’intensité de la force de
formable, est assimilé à un point matériel G situé à une dis- 
frottement  f .
tance H = 1,0 m du support où se trouve le skateur, quel que 3. Le skateur quitte le rail, les roues du skate sont de nouveau en
soit ce support (sol, rail…). contact avec le sol et roulent sans frottement. Le skateur prend de
Pour toutes les phases du mouvement, on pose que l’énergie l’élan jusqu’au point K pour aborder la rampe : la vitesse horizontale
potentielle de pesanteur est nulle au niveau du sol. atteinte a pour valeur vK = 4,5 m.s–1.

1. On s’intéresse au mouvement du système S {skateur + planche}


sur le parcours CE.

Le skateur arrive en haut de la rampe avec une vitesse nulle. Détermi-


ner la hauteur de la rampe.
D’après Journal of Applied Biomechanics, University of Massachusetts Données :
http://stilab.com/content/papers/kinetics-of-the-ollie-2.pdf. • hauteur du rail : h = 45 cm ;

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Le skateur effectue un « ollie » ; il quitte le sol au point C au moment • longueur du trajet sur le rail horizontal : L = EF = 2,0 m ;
où sa vitesse est vc = 3,6 m. s–1 ; il atteint le rail au point E avec la • masse du système S {skateur + planche} : m = 75 kg ;
vitesse vE. On néglige les frottements sur le parcours CE. • intensité de la pesanteur : g = 9,8 m. s-2.
a) Donner les expressions de l’énergie mécanique du système S au
point C et au point E.
b) En sachant que l’on néglige toute forme de dissipation d’énergie
entre C et F, déterminer l’expression de la vitesse vE au point E en La bonne méthode
fonction de g, h et vc. 1. a) Écrire l’expression de l’énergie mécanique. L’énergie poten-
c) En déduire la valeur de la vitesse vE au point E. tielle de pesanteur est fonction de l’altitude du centre d’inertie du
2. On étudie à présent le mouvement du système S, qui glisse sans système.
rouler sur le rail horizontal, du point E au point F. Les forces de frot-
 b) S’il n’y a pas de forces de frottement qui s’appliquent sur un
tement ne sont pas négligeables, elles sont assimilables à une force  f
unique, constante et opposée au sens du mouvement. système, l’énergie mécanique se conserve.

a) Le document ci-après rassemble les représentations graphiques de c) Application numérique.


l’évolution des grandeurs énergie potentielle de pesanteur EPp, énergie 2. a) L’énergie potentielle de pesanteur dépend de l’altitude,
cinétique Ec, et énergie mécanique Em du système S sur le parcours EF. l’énergie cinétique dépend de la vitesse et l’énergie mécanique
Attribuer à chaque courbe l’énergie qui lui correspond en justifiant. est la somme des deux énergies précédentes.
b) Utiliser la définition du travail d’une force, en sachant que
cette force est opposée au déplacement.
c) Utiliser le théorème de l’énergie cinétique entre le point E et
le point F. La valeur de l’énergie cinétique au point F se fait par
lecture graphique.
3. Il n’y a plus de forces de frottement : l’énergie mécanique se
conserve entre le point K et le haut de la rampe.

32 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Microscope met Einstein à l’épreuve


Ce satellite du CNES doit tester avec une précision inégalée le principe d’équivalence,
selon lequel tous les corps en chute libre tombent dans le vide à la même vitesse

Faire mentir Galilée, Newton et Einstein. Tel est l’objectif de l’au- Imaginée en 1991, sélectionnée une première fois en 1999, puis
dacieuse expérience scientifique qui va débuter à 711 kilomètres une seconde en 2004, la mission aura mis du temps à prendre son
de la Terre avec le satellite Microscope du Centre national d’études envol. Sa conception confiée au CNES a aussi été un défi en raison
spatiales (CNES). Après plusieurs reports dus à la météo et une des multiples perturbations que subit un satellite en vol : traînée
anomalie de la fusée Soyouz, il a été mis en orbite héliosynchrone, produite dans l’atmosphère résiduelle de notre planète, vents
lundi 25 avril, depuis le centre spatial guyanais, à Kourou. Il testera, solaires, particules venues de l’espace, variations du champ magné-
durant deux ans, la véracité de l’un des grands postulats de la tique terrestre, craquements dus aux variations de températures
physique moderne : le « principe d’équivalence ». entre le jour et la nuit…
Observé par Galilée, puis par Newton, élevé au rang de « théorie C’est pourquoi, explique Yves André, chef du projet Microscope au
heuristique » par Albert Einstein qui s’en servit comme base pour CNES, « le satellite de 303 kg de la filière Myriade dont nous avons
ses travaux sur la relativité générale, celui-ci dit que tous les corps assuré la maîtrise d’ouvrage a été équipé de huit micropropulseurs
en chute libre tombent dans le vide à la même vitesse, quelle que à gaz froid fournis par l’Agence spatiale européenne [ESA] ». Ceux-ci
soit leur masse ou leur composition chimique. Une assertion qui a maintiennent en permanence Microscope à la bonne altitude et
été vérifiée par les physiciens, jusqu’à la treizième décimale après la sous l’accélération adéquate, en exerçant de délicates poussées,
virgule. Mais qui « a longtemps été un sujet d’étonnement pour les équivalentes à celles qu’il serait nécessaire pour soulever sur Terre…
savants », racontait, quelques jours avant le lancement, le physicien un grain de sable.
Thibault Damour de l’Institut des hautes études scientifiques Impliquant également le laboratoire Géoazur (OCA-CNRS), l’agence
(Bures-sur-Yvette, Essonne). spatiale allemande, DLR, ainsi que le laboratoire de métrologie

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Microscope va devoir établir si la proposition est vraie, avec un allemand, PTB, et le laboratoire de technologie spatiale appliquée
degré de précision relative cent fois supérieur à tous les tests jamais et de la microgravité de l’université de Brême, ZARM, la mission
réalisés. Elle va consister, explique son principal investigateur, n’aurait pu voir le jour sans la technologie des « accéléromètres
Pierre Touboul (Office national d’études et de recherches aéros- électrostatiques spatiaux ultrasensibles » développés par l’Onera,
patiales [Onera]), « à déposer dans l’espace deux cylindres – l’un et dont Microscope constitue le cinquième vol à bord d’un satellite.
en platine, l’autre en titane – insérés l’un dans l’autre. Puis à mettre Ces instruments mettront-ils en évidence une violation du principe
ces pièces métalliques en chute libre en leur faisant décrire des séries d’équivalence ? « Si cela arrivait, il est certain que cela encouragerait
d’orbites autour de la Terre ». Si le principe d’équivalence est vrai le lancement d’autres missions spatiales consacrées à la science
jusqu’à un certain degré seulement, alors on devrait constater une fondamentale », estimait, à Kourou, juste avant le tir, Jean-Yves
différence dans les forces électrostatiques générées par le dispositif Le Gall, le président du CNES.
pour maintenir égales l’altitude et l’accélération de ces deux objets
de compositions chimiques différentes. Vahé Ter Minassian,
Ce qui serait, à coup sûr, un événement majeur pour la physique. Le Monde daté du 27.04.2016
Certains des modèles développés par les spécialistes de la « théorie
des cordes » – qui prétend réunir, dans un même cadre, la relativité
générale (qui décrit la gravitation) et la physique quantique (qui
POURQUOI CET ARTICLE ?
rend compte des autres interactions fondamentales ou forces
de la nature) – prévoient en effet la possibilité que le principe Le principe d’équivalence est connu depuis Galilée : il stipule que
d’équivalence soit violé. Une mise en défaut qui, explique Thibault des corps soumis à un seul champ de gravitation tombent dans
le vide de la même façon, quelles que soient leurs masses et leurs
Damour, « ouvrirait la voie à la découverte d’autres dimensions dans
formes. C’est le fondement même de la relativité générale d’Eins-
l’Univers – jusqu’à sept en plus des quatre d’espace et de temps que tein, qui repose sur le principe de l’égalité entre la masse mesurant
nous connaissons –, ainsi qu’à la mise en évidence d’une interaction l’inertie et la masse déterminant la gravitation. Mais de nouvelles
théories très utiles pour expliquer d’autres phénomènes plus com-
fondamentale supplémentaire ». Une nouvelle force de la nature, à plexes prédisent une violation de ce principe d’équivalence.
longue portée, se superposant à la gravité, à même d’agir différem- Les scientifiques espèrent soit augmenter la précision atteinte du-
ment sur les noyaux des atomes, selon que leur énergie électrique rant les tests de violation du principe d’équivalence, soit le mettre
à mal pour voir émerger de nouvelles théories et une nouvelle
est plus ou moins grande ! physique en mettant au placard la relativité générale d’Einstein.

Comprendre : lois et modèles 33


L’ESSENTIEL DU COURS

Oscillation mécanique, temps et relativité


restreinte
Certains objets sont en mouvement oscillatoire et permettent ainsi de quantifier le
temps (horloge). Mais les causes de dissipation altèrent la qualité des étalons de temps.
Pourtant, le temps est-il immuable ? C’est à Albert Einstein que l’on doit la théorie de la
relativité restreinte.

Quelle est la période des oscillations libres Comment évolue l’énergie mécanique
non amorties ? d’un dispositif solide-ressort s’il y a
La période propre T0 d’un oscillateur libre et non amorti est la durée des frottements ?
qui s’écoule entre deux passages successifs de l’oscillateur par des
angles identiques avec le même sens de variation. L’expérience montre
que la période dépend de  la longueur du fil. On admettra qu’elle

dépend également de g : T0 = 2 .
g
Comment évolue l’énergie mécanique
d’un dispositif solide-ressort s’il n’y a pas
de frottements ?

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Dans ce cas le système est amorti. L’amplitude des oscillations diminue
au cours du temps. Donc, l’énergie mécanique du système diminue au
cours du temps, elle est dissipée par transfert thermique.

Qu’est-ce que la théorie de la relativité


restreinte ?
Einstein, en 1905, pose les deux postulats suivants :
postulat no 1 (principe de relativité de Galilée) : les lois de la physique
Les courbes obtenues montrent que lorsque Ec est maximale, Epe s’appliquent dans tous les référentiels ;
est minimale et réciproquement : il y a conversion d’une forme postulat no 2 : la vitesse de la lumière dans le vide est la même dans
d’énergie en l’autre. L’énergie mécanique du système solide-ressort tous les référentiels galiléens, et vaut c = 3,00.108 m.s–1.
est constante.

MOTS CLÉS
OSCILLATEUR MÉCANIQUE ÉNERGIE POTENTIELLE DURÉE PROPRE t0 DURÉE MESURÉE t
OU SYSTÈME OSCILLANT ÉLASTIQUE (par abus de langage, « temps (par abus de langage, « temps me-
Système pouvant évoluer, du fait Si on appelle x la longueur de dé- propre ») suré »)
de ses caractéristiques propres, formation du ressort et k sa rai- Durée séparant deux événements Durée séparant deux événe-
de façon périodique et alter- 1
deur. Alors EPe = k ⋅ x2. Son unité dans le référentiel où l’objet est ments, mesurée par une horloge
native autour d’une position 2 immobile. Le temps propre a une se trouvant dans un référentiel
d’équilibre. est le Joule (J).
définition locale et, stricto sensu, galiléen en mouvement rectiligne
PENDULE SIMPLE ÉVÉNEMENT il ne peut être utilisé que locale- uniforme par rapport au réfé-
Un pendule simple correspond Par exemple, le départ d’une ment, c’est-à-dire au voisinage rentiel dans lequel on mesure le
à un objet ponctuel de masse m fusée (événement désigné par immédiat de l’instrument qui le temps propre.
fixé à l’extrémité libre d’un fil de exemple par E), l’émission d’un réalise. On peut le définir, comme
longueur constante L et de masse flash de lumière (F), la rencontre l’a suggéré Einstein (« ce qu’in-
nulle. entre deux voitures (G), etc. dique l’aiguille de ma montre »).

34 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Quelle relation existe-t-il entre la durée mesurée t : durée mesurée ;


et la durée propre ? t0 : durée propre ;
La durée mesurée est proportionnelle à la durée propre. Le coefficient v : vitesse du référentiel de mesure par rapport au référentiel propre ;
de proportionnalité noté γ s’appelle le coefficient de Lorentz. c : célérité de la lumière.
1
t = t0 où γ = avec : Comme la vitesse v est toujours inférieure à la célérité de la lumière, le
v2
1– 2 coefficient de Lorentz est toujours supérieur à 1. Donc la durée mesurée est
c
toujours supérieure à la durée propre : on parle de dilatation des durées.

v2
Véhicule de l’observateur en mouvement Vitesse v 1= Δt’
c2
Voiture 100 km/h = 27,8 m/s 0,999999999999999 1 h
Concorde 2 000 km/h = 555,6 m/s 0,999999999999999 1 h
Vitesse orbitale de la Terre 30 km/s = 30 000 m/s 0,99999995 1 h
Fusée à 10 % de la vitesse de la lumière (v = c/10) 30 000 km/s = 3.107 m/s 0,994987 1 h
Fusée à 50 % de la vitesse de la lumière (v = c/2) 150 000 km/s = 1,5.10  m/s
8
0,866 51 min 58 s
Muons du CERN (v = 0,9994 c) 0,9994 c 0,0346 2 min 4 s

Comment fonctionne un GPS ? satellite Δt = 86 399.999993 s et non 86 400 s (avec v = 3 874 m/s).


Chaque satellite mesure la durée Δt que met le rayon lumineux, émis Les horloges des satellites retardent de 7 μs par jour par rapport aux
par le GPS de l’utilisateur qui souhaite se repérer, pour lui parvenir, horloges terrestres. De plus, le champ de gravitation est plus faible en
puis calcule la distance le séparant de l’utilisateur du GPS. altitude qu’au niveau du sol ; les horloges des satellites vont être en
avance de 45,7 μs par jour par rapport à l’horloge du GPS.
Par conséquent, il y a 38,7 μs d’écart de temps par jour entre les hor-
loges des satellites et celles du GPS. Cet écart correspond à une erreur

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
potentielle de d = 11 km. Les GPS intègrent donc dans leurs calculs les
corrections relativistes d’Einstein pour déterminer à quelques mètres
près la position de l’utilisateur.

Comment utilise-t‑on la dilatation des durées


pour l’étude des muons ?
Les muons ont été découverts en 1936 et sont des particules instables,
ayant la charge d’un électron, mais une masse 207 fois plus impor-
tante. Leur durée de vie est de l’ordre de 2,2 µm. Ils sont produits à une
grande hauteur dans l’atmosphère à partir de rayonnement cosmique.
Or en 1941, deux physiciens observent la présence de muons au niveau
de la mer, alors qu’ils ne devraient parcourir qu’une distance inférieure
à 660 m. Comme ils ont une vitesse proche de celle de la lumière,
Comme pour se repérer il faut trois données (latitude, altitude, lon-
leur durée de vie se dilate. Au CERN, où ils se déplacent à v = 0,9994 c,
gitude), on a besoin d’utiliser trois satellites. Pour bien se localiser, il
connaissant leur durée de vie t0 = 2,2  µs au repos, t = 63,6  µs. La durée
faut déterminer de façon précise les distances de chaque satellite au
de vie du muon passe de 2,2 μs à 63,6 μs.
GPS et donc les durées Δt’ de propagation de la lumière entre le GPS
et les trois satellites. D’après la dilatation des durées, la durée est plus
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
petite pour l’observateur en mouvement. Donc l’horloge du satellite
va retarder par rapport à l’horloge du GPS sur Terre. Pendant qu’il •  Relativité restreinte : la fin du temps absolu p. 38-39
s’écoule sur terre t = 1  jour = 24 × 3 600 = 86 400 s, il s’écoule sur le (Michel Alberganti, Le Monde daté du 08.06.2005)

ZOOM SUR…
LE PARADOXE bord. L’autre jumeau reste sur la Terre est plus grand que le temps mière par rapport à la fusée. Alors
DES JUMEAUX DE LANGEVIN Terre et attend le retour de son propre de la fusée. c’est le temps sur Terre qui est le
On met un des deux jumeaux frère. Lorsque le premier revient Mais le paradoxe vient du phéno- temps propre et c’est le jumeau
dans une fusée en voyage dans sur Terre, il trouve son frère beau- mène inverse. Si on considère que resté sur Terre qui serait le plus
l’espace à une vitesse proche de coup plus vieux que lui-même. la fusée est fixe et que la Terre est jeune.
la lumière avec une horloge à son En effet, le temps mesuré sur en mouvement propre de la lu-

Comprendre : lois et modèles 35


EXERCICES PAS À PAS

Antilles-Guyane (juin 2017)

Le professeur Walter H.G. Lewin utilise un pendule simple b) On néglige toutes les forces exercées par l’air. Par convention, on
constitué d’un câble inextensible de masse négligeable, pose que l’énergie potentielle de la boule au point O est nulle. Montrer
que l’énergie mécanique initiale de la boule est de 1,9 × 102 J.
auquel est reliée une boule d’acier pleine et homogène de
c) Quelle est la position du centre G de la boule correspondant à la
masse 15 kg et de diamètre 13 cm. Le pendule est accroché
vitesse maximale de la boule ?
au plafond de l’amphithéâtre ; la longueur L entre le plafond d) Calculer la vitesse maximale, exprimée en km. h-1, atteinte par la
et le centre G de la boule est de 5,21 m. boule au cours de cet aller-retour sans frottements.
2. Deuxième expérience
1. Première expérience.

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Dans une deuxième expérience, le professeur Walter H.G. Lewin réalise
Dans une première expérience, le professeur Walter H.G. Lewin amène deux mesures avec ce même pendule.
la boule contre son menton. Après avoir lâché la boule sans vitesse Il écarte le pendule d’un angle de 10° par rapport à la verticale. Il
initiale, à partir d’un angle de 41° par rapport à la verticale, celle-ci déclenche un chronomètre au moment où il lâche la boule sans vitesse
fait un aller et retour et s’approche du menton de Walter H.G. Lewin, initiale. Il compte avec ses étudiants le nombre de fois où la boule
sans toutefois le toucher. revient quasiment à sa position initiale. À la dixième fois, il arrête le
a) Compléter le schéma, ci-après, en y reportant les mesures connues chronomètre qui affiche alors la valeur : 45,81 s. Le chronomètre donne
de la situation initiale au moment du lâcher. En déduire, par un calcul, un résultat avec une incertitude de ± 0,2 s. Puis il note au tableau
l’altitude initiale du centre G de la boule en prenant comme origine l’indication : 10 T = 45,8 ± 0,2 s.
celle proposée sur le schéma (ce schéma n’est pas à l’échelle). a) En utilisant les résultats inscrits au tableau, donner un encadrement
de la valeur de la période de ce pendule simple.
b) Commenter la méthode de mesure utilisée par le professeur.
Donnée :
• intensité de la pesanteur : g = 9,8 m.s–2.

La bonne méthode
1. a) Utiliser la trigonométrie avec l’angle au départ.
b) Définition de l’énergie mécanique, en sachant que la boule
est lâchée sans vitesse initiale.
c) Comme les frottements sont négligés, l’énergie mécanique
se conserve.
d) Application numérique avec la relation précédente.
2. L’énoncé donne des indications sur la valeur de 10 périodes.

36 Comprendre : lois et modèles


EXERCICES PAS À PAS

Métropole (juin 2014)

Le grand collisionneur de hadrons (Large Hadron Collider, LHC), accélérateur de particules du CERN.

se déplace à une vitesse pratiquement égale à c. Calculer la valeur de la


Document : vitesse et énergie dans le LHC
durée de vie T du méson B mesurée dans le référentiel du laboratoire.
Les protons pénètrent dans le LHC à une vitesse v0 égale à Montrer alors que l’hypothèse faite est justifiée.
0,999 997 828 fois la célérité de la lumière dans le vide, notée c. Ils ont Données :
alors une énergie cinétique de 450 GeV. Au maximum, les p ­ rotons
• masse d’un proton mp = 1,672 621 × 10−27 kg ;
pourront atteindre la vitesse v1, égale à 0,999 999 991 × c. Leur
énergie cinétique sera environ multipliée par 15. • célérité de la lumière dans le vide c = 299 792 458 m.s−1 ;

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En permanence, il circule simultanément 2 808 paquets • 1 eV = 1,60.10 –19 J ;
contenant chacun 110 milliards de protons, générant jusqu’à • 1 TeV = 103 GeV = 1012 eV ;
600 millions de collisions par seconde. • énergie de masse au repos d’une particule de masse m : Em = m. c2 ;
1
D’après le Guide du LHC édité par le CERN • facteur de Lorentz γ = avec v vitesse de la particule dans le
v2
1–
c2
référentiel du laboratoire ;
• la durée de vie ∆T d’une particule animée d’une vitesse v, mesurée
1. Apport de la relativité restreinte dans le référentiel du laboratoire, est liée à sa durée de vie propre
Dans le cadre de la mécanique dite relativiste, l’énergie cinétique d’un ∆T0 : ∆T = γ. ∆T0.
proton vaut : EC = ( γ – 1)mP ⋅ c2.
a) Si la vitesse v d’un proton tend vers la célérité de la lumière, vers
quelle limite tend son énergie cinétique ? La bonne méthode
b) Vérifier que l’énergie cinétique Ec d’un proton a été multipliée dans
1. a) Analyser la formule de l’énergie cinétique en cherchant
les proportions indiquées dans le Guide du LHC.
la limite du coefficient de Lorentz quand la vitesse se rap-
c) L’énergie totale d’un proton Etotale égale à la somme de son énergie
proche de la célérité de la lumière.
cinétique et de son énergie de masse au repos. Donner l’expression
de l’énergie totale d’un proton. Vérifier numériquement que l’énergie b) Utiliser la relation de l’énergie cinétique pour trouver la va-
totale d’un proton du LHC est pratiquement égale à son énergie leur, puis faire le rapport avec l’énergie cinétique donnée dans
cinétique. le texte.
2. Quelle durée de vie au LHC ? c) Donner la valeur de l’énergie totale et la comparer à la va-
Une des particules émises lors des collisions entre les protons est le
leur de l’énergie cinétique calculée précédemment.
méson B. Sa durée de vie propre est T0 = 1,5 10 12  s. Un détecteur, le
2. a) La durée de vie propre est définie dans le référentiel où
VELO (VErtex LOcator), repère les mésons B produits.
a) Dans quel référentiel la durée de vie propre du méson B est-elle il est immobile.
définie ? b) Calculer la durée de vie mesurée, puis le coefficient de
b) On se place dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. Le Lorentz et enfin le rapport entre la vitesse du méson et la
détecteur VELO mesure une distance moyenne de parcours du méson ­célérité de la lumière.
B : d = 1,0 cm avant sa disparition. On fait l’hypothèse que le méson B

Comprendre : lois et modèles 37


L’ARTICLE DU

Relativité restreinte : la fin du temps absolu


Juin 1905 : Albert Einstein publie un article intitulé « sur l’électrodynamique des corps
en mouvement ». Il y démontre que les horloges en mouvement prennent du retard par
rapport aux horloges fixes.

« Une horloge placée à l’Equateur de la Terre et entraînée par l’espace absolu, l’éther et la loi d’addition des vitesses appliquée
elle retardera d’une minime fraction sur le temps marqué par à la lumière. Grâce à ce grand nettoyage des idées de son temps,
une horloge de même construction que la première mais placée Einstein peut y voir plus clair et s’attaquer à un ensemble de
au pôle. » Cette phrase, extraite de la publication, dans la revue problèmes en apparence insolubles.
Annalen Der Physik de juin 1905, intitulée « Sur l’électrodynamique Paradoxalement, le jeune physicien accomplit ce progrès consi-
des corps en mouvement », bouleverse l’un des fondements de la dérable en appliquant le vieux principe de relativité conçu par
science de l’époque : la notion de temps. À 26 ans, Albert Einstein, Galilée trois siècles plus tôt. Son coup de génie est de parvenir à
jeune ingénieur du Bureau des brevets de Berne, publie, lors de sortir du piège de la loi d’addition des vitesses. Comment conserver
l’année que la communauté scientifique qualifiera de « miracu- fixe la vitesse de la lumière lorsqu’elle est émise, par exemple,
leuse », trois articles et un addendum qui vont imprimer un élan depuis un train en mouvement ? Pour l’observateur qui se tient
extraordinairement puissant à la physique du xxe siècle. Cent ans sur le quai, faut-il ajouter la vitesse du train à celle de la lumière
plus tard, il est possible de mesurer l’impact de ces publications. pour obtenir la vitesse « totale » de la lumière ? Einstein répond
L’ensemble confirme qu’Einstein s’inscrit dans la lignée de Galilée non et en déduit l’inconcevable : la vitesse de la lumière reste fixe
et de Newton parmi les plus grands noms de la physique. à 300 000 km par seconde car, dans le train, le temps ne passe pas
En 1905, hormis l’article sur le mouvement brownien, toutes les de la même façon que sur le quai, de même que les longueurs y

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autres publications ont un rapport avec la lumière, phénomène sont différentes. Le physicien ne craint pas d’être le tout premier
électromagnétique mal connu et compris à l’époque. En un an, à affirmer que la façon dont le temps s’écoule ainsi que la taille
Einstein va affirmer qu’elle se comporte comme un ensemble des objets varient avec la vitesse de déplacement du lieu dans
de corpuscules, les photons, confirmant ainsi les découvertes lequel on les mesure.
de Max Planck. Il va affirmer que la vitesse de la lumière est fixe
et indépassable. Il montre comment cette vitesse engendre une
dilatation du temps et précise le rôle qu’elle joue dans l’équivalence
entre la masse et l’énergie. POURQUOI CET ARTICLE ?
Le mérite d’Einstein réside essentiellement dans son aptitude à
D’après Einstein, le temps passe moins vite dans une fusée
raisonner sans se laisser enfermer dans le carcan des idées reçues
en mouvement par rapport à la Terre et plus on se déplace
de son époque. En matière de relativité, ses résultats s’appuient
vite, plus le temps ralentit autour de soi. Ce n’est qu’en
sur une rupture unique. Alors que, depuis Newton, l’existence
1971 que cette théorie fut vérifiée expérimentalement par
d’un temps absolu fait partie des dogmes, la théorie d’Einstein lui
l’expérience de Hafele et Keating. Ceux-ci placèrent deux
substitue une multitude de temps liés à des lieux géographiques
horloges atomiques synchronisées dans deux avions qui
et affectés par la vitesse de déplacement de ces lieux. Ainsi, le
firent le tour du monde à la même vitesse et dans deux sens
temps de la gare n’est plus exactement le même que celui du train.
opposés : l’un vers l’Est et l’autre vers l’Ouest. À l’arrivée, ils
Les prédécesseurs d’Einstein, en particulier Hendrik Lorentz et
comparèrent leur horloge à une troisième restée sur Terre.
Henri Poincaré, avaient déjà découvert l’importance de ce qu’ils
Celle qui voyageait vers l’Est retardait par rapport à l’horloge
appelaient des « temps locaux ». Mais ils ne s’étaient pas affranchis
terrestre, contrairement à celle qui voyageait vers l’Ouest
de la notion de temps absolu. Pour eux, il était donc nécessaire
et qui avançait. En effet, l’avion qui se déplace vers l’Est a
de prendre en compte la relation entre « temps local » et « temps
sa propre vitesse, qui s’additionne à celle de la rotation de
absolu ». Einstein, lui, règle définitivement la question : il n’existe
la Terre : le temps ralentit à l’intérieur de la carlingue. En
que des temps locaux. Les conséquences de cette innovation
revanche, l’avion qui se déplace vers l’Ouest voit sa vitesse
en apparence mineure se révèlent considérables. se retrancher à celle de la rotation de la Terre : le temps à l’in-
Exit le temps absolu hérité de la conception divine de Newton térieur s’accélère par rapport à celui qu’on mesure sur Terre.
qui le considérait comme le « temps de Dieu ». Exit, également,

38 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Courir nuit et jour humaines : « Courir nuit et jour pendant 75 ans à la vitesse d’un
Le voilà revenu à l’un de ses points de départs : la synchronisation marathonien permet de “gagner” seulement un tiers de micro-
des horloges, problème sur lequel il travaillait au bureau de brevets seconde. » Einstein lui-même, en 1911, imagine d’enfermer un
de Berne. Avec un constat pour le moins surprenant : le temps organisme vivant dans une boîte en mouvement à une vitesse
se dilate avec la vitesse. Plus la vitesse du lieu en mouvement, proche de celle de la lumière. À son retour sur Terre, l’organisme
train, avion ou fusée, se rapproche de la vitesse de la lumière, aurait à peine vieilli. Le physicien français Paul Langevin a
plus l’horloge qui est à son bord affichera un retard important illustré ce propos en imaginant le paradoxe des jumeaux. Un
par rapport à une horloge restée immobile sur Terre. Et Einstein homme propulsé dans un boulet de canon, comme l’imaginait
fournit une valeur numérique de ce retard. Jules Verne, reviendrait sur Terre beaucoup plus jeune que son
Dans publication de juin 1905, il écrit : « Si aux points A et B de K jumeau resté sédentaire. Le paradoxe fonctionne encore mieux
se trouvent des horloges au repos (considérées dans le système au avec une fusée. Tout le problème est d’obtenir une vitesse assez
repos) dont la marche est synchrone, et si l’on déplace l’horloge grande ou une durée de voyage assez longue pour que le « re-
en A avec une vitesse v le long de la ligne qui la relie à B, les deux tard » du voyageur devienne significatif. Thibault Damour note

horloges ne sont plus synchrones. L’horloge qui a été déplacée de que lorsque la vitesse atteint 86,6 % de celle de la lumière, soit

A en B retarde sur celle qui a gardé une position invariable en B 260 000 km/s, le temps semble s’écouler deux fois moins vite.

de 1/2 t (v/V) 2 de seconde (à des grandeurs du quatrième ordre et Toute la difficulté de compréhension réside dans le fait que, pour

d’un ordre supérieur près), si t est le temps que met l’horloge pour l’occupant de la fusée, le temps s’écoule de la même façon que sur

aller de A à B. » Terre. Ainsi, son pouls bat à la même cadence. Pourtant, dans

On peut souvent négliger un tel retard à cause de la valeur de l’engin spatial en mouvement, il passe un nombre d’années infé-

la vitesse de la lumière V. Lorsque v est faible, le rapport (v/V) 2 rieur à celui que vivent les Terriens pendant la même « durée ». Il
n’est donc plus jeune que parce qu’il a moins vécu.
reste infinitésimal et le retard est négligeable. Dans son ouvrage
Si Einstein m’était conté, Thibault Damour se livre à un calcul Michel Alberganti, Le Monde daté du 08.06.2005

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permettant d’évaluer la dilatation du temps à des vitesses

Comprendre : lois et modèles 39


L’ESSENTIEL DU COURS

Cinétique chimique et représentation spatiale


des molécules
Les réactions chimiques peuvent se faire instantanément ou de façon plus lente, elles
peuvent même être cinétiquement bloquées. Une molécule est caractérisée par l’en-
chaînement des atomes qui la constituent, mais également par leur agencement tridi-
mensionnel. Il existe un lien entre la géométrie d’une molécule et ses propriétés physico-
chimiques et biologiques.

Quels sont les facteurs cinétiques ? si l’une des espèces est gazeuse, on peut faire un suivi par mesure
La concentration des réactifs : plus la concentration des réactifs est de la pression ;
grande, plus les molécules des réactifs ont tendance à se rencontrer on peut aussi faire un dosage colorimétrique ou pH-métrique du
et donc plus la réaction est rapide. milieu réactionnel, à différents temps ;
La température du mélange réactionnel : plus la température pour des espèces organiques, on peut suivre la réaction par chro-
du mélange réactionnel est grande, plus l’agitation thermique est matographie sur couche mince (CCM).
importante et plus la réaction est rapide.
Présence de certains solvants qui peut influencer la vitesse de la
réaction.
Présence d’un catalyseur.
La surface de contact entre les réactifs : pour des réactifs solides, plus
ils sont broyés finement et plus leur surface de contact est importante,

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et donc plus la réaction est rapide.

Quels sont les différents types de catalyse ?


Catalyse homogène : le catalyseur, les réactifs et les produits consti-
tuent un système monophasé (une seule phase).
Catalyse hétérogène : le catalyseur est dans un état physique
différent des réactifs de la réaction qu’il catalyse.
Catalyse enzymatique : certaines enzymes (c’est-à-dire certaines
protéines) catalysent les réactions biologiques.

Comment suivre la cinétique


d’une réaction chimique ?
Les réactions peuvent donner lieu à des mesures différentes :
si l’une des espèces est colorée, on peut suivre sa concentration au
cours du temps par spectrophotométrie ;
si la concentration des ions évolue au cours de la réaction, on peut
les suivre par conductimétrie ;

MOTS CLÉS
RÉACTION RAPIDE tion lente avec des instruments CATALYSEUR TEMPS DE
Une réaction est dite rapide de mesure : spectrophotomètre, C’est une espèce chimique capable DEMI-RÉACTION
lorsqu’elle se fait pendant un conductimètre, capteur de pres- d’augmenter la vitesse d’une réac- Durée au bout de laquelle l’avan-
laps de temps trop court pour sion… tion thermodynamiquement pos- cement a atteint la moitié de sa
que l’on puisse suivre l’évolution sible. Si plusieurs réactions sont valeur finale. La connaissance du
FACTEUR CINÉTIQUE possibles, il augmente la vitesse temps de demi-réaction permet
à l’œil nu.
Ce sont les grandeurs qui peuvent de réaction de manière sélective. de connaître la durée approxima-
RÉACTION LENTE influer sur la durée nécessaire Il n’intervient pas dans le bilan tive de la réaction. On estime que
Une réaction est dite lente lors- pour atteindre l’état final donc réactionnel : il agit comme un in- la durée d’une réaction est envi-
qu’on peut la suivre à l’œil nu. sur la vitesse d’une réaction termédiaire et est toujours utilisé ron égale à 5 t1/2.
On peut aussi suivre une réac- chimique. en faible quantité.

40 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Comment déterminer le temps Comment représenter l’organisation spatiale


de demi-réaction ? des molécules ?
Avec la courbe de l’avancement de la réaction au cours du temps, après Les formules planes (développée et semi-développée) indiquent
avoir déterminé l’avancement final, on divise par deux sa valeur. Puis, l’enchaînement des atomes, mais ne rendent pas compte de leur
on cherche l’abscisse du point correspondant. agencement dans l’espace.
La représentation de Cram permet de représenter la géométrie

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spatiale des molécules.

Liaison dans le plan


Liaison dans le plan
Liaison vers l’avant

C Liaison vers
Liaison versl’avant
l’arrière

Liaison vers l’arrière


C
Les molécules organiques sont souvent représentées de manière
simplifiée à l’aide de la représentation topologique, qui adopte les
conventions suivantes :
les atomes de carbone et leurs atomes d’hydrogène ne sont plus
représentés ;
les autres atomes sont représentés, ainsi que les atomes d’hydrogène
liés ;
la chaîne carbonée est représentée par une ligne brisée.

MOTS CLÉS
AVANCEMENT X de la nature de ceux-ci. Son unité ont la même formule brute, mais ATOME DE CARBONE
est le S.m–1. qui sont non superposables. ASYMÉTRIQUE
Il correspond au nombre de fois
où la réaction chimique a été LOI DE BEER-LAMBERT STÉRÉOISOMÉRIE Atome tétraédrique lié à quatre
L’absorbance de la solution conte- Relation existant entre des sté- atomes ou groupes d’atomes tous
faite. Son unité est la mole.
nant une espèce colorée est pro- différents. Il est repéré par un as-
réoisomères, qui sont des iso-
CONDUCTIVITÉ σ portionnelle à la concentration de mères présentant le même en-
térisque.
Elle mesure la capacité à conduire l’espèce colorée : A = k × C. chaînement d’atomes (formules
le courant électrique dans la solu- ISOMÉRIE planes identiques), mais qui dif-
tion. Elle dépend de la concentra- Relation existant entre des iso- fèrent par l’agencement spatial
tion des ions dans la solution et mères, qui sont des molécules qui de leurs atomes.

Comprendre : lois et modèles 41


L’ESSENTIEL DU COURS

Qu’est-ce que des stéréoisomères


de conformation ?
Les conformations d’une molécule correspondent aux multiples La conformation la plus stable est celle qui permet de minimiser les
arrangements de ses atomes dans l’espace résultant de la rotation interactions répulsives entre doublets, il s’agit de la conformation
autour de liaisons simples. Les stéréoisomères de conformation ne décalée.
sont pas isolables dans les conditions usuelles.

Représentation Projection
de Cram de Newman

H H
H
H
H H
Conformation
H 1 2 décalée
H H
H
H
H
H H H

Conformation
H 1 2 H H éclipsée
H H
H H H

diastéréoisomères. Les diastéréoisomères présentent des propriétés


Qu’est-ce que des stéréoisomères
de configuration ? physico-chimiques et biologiques différentes.
La chiralité est la propriété caractérisant un objet qui n’est pas super- Lorsqu’une molécule possède une double liaison C = C et que chaque

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posable à son image dans un miroir. La chiralité résulte de l’absence atome engagé dans cette double liaison est lié à deux atomes ou
d’éléments de symétrie. groupes d’atomes différents, elle existe sous forme de deux diasté-
Une molécule possédant un seul carbone asymétrique est nécessai- réoisomères Z et E.
rement chirale. Elle présente deux structures spatiales, non super- H H H B
posables et images l’une de l’autre dans un miroir. Chacune de ces
configurations correspond à un stéréoisomère nommé énantiomère.
C’est le cas par exemple des acides α-aminés.
Les diastéréoisomères sont des molécules non superposables et A B A H
non images l’une de l’autre dans un miroir. Des stéréoisomères
de configuration qui ne sont pas des énantiomères sont donc des Configuration (Z) Configuration (E)

Si les deux atomes d’hydrogène sont situés du même côté de la


double liaison, il s’agit de la configuration Z ;
si les deux atomes d’hydrogène sont situés de part et d’autre de la
OH HO OH
double liaison, il s’agit de la configuration E.
H2N NH2 H2N

O O O
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
miroir
•  Des chimistes français mettent au point de nouveaux
­catalyseurs p. 45
Non superposables : énantiomères (Pierre Le Hir, Le Monde daté du 13.09.1997)

ZOOM SUR…
LES DIASTÉRÉOISOMÈRES ET LES ÉNANTIOMÈRES
Les molécules possédant deux atomes de carbone asymétriques peuvent lécules non superposables et non images l’une de l’autre dans un miroir :
également donner lieu à une diastéréoisomèrie : il s’agit donc de diastéréoisomères ;
• si on inverse la configuration d’un seul atome de carbone asymétrique • si on inverse la configuration des deux atomes de carbone asymé-
(en permutant deux groupements liés à cet atome), on obtient deux mo- triques, on obtient un couple d’énantiomères.

42 Comprendre : lois et modèles


EXERCICES PAS À PAS

Asie (juin 2013)
Deux mélanges eau/acétone sont étudiés à différentes tem- 1. En comparant les expériences A1, A2 et A3 et en justifiant briè-
pératures. L’eau est ici en large excès, elle intervient donc vement, indiquer l’influence de la température sur la vitesse de la
réaction.
comme solvant et comme réactif. Les conditions opéra-
2. En comparant A3 et B, indiquer l’influence de la proportion eau/
toires sont résumées dans le tableau ci-dessous : acétone sur la vitesse de la réaction chimique. Justifier la réponse.
2-chloro- Température
Eau Acétone
2-méthylproprane (°C)
Expérience
30 g 20 g 1,0 mL 25
A1
Expérience
30 g 20 g 1,0 mL 30
A2
Expérience
30 g 20 g 1,0 mL 40
A3
Expérience
25 g 25 g 1,0 mL 40
B

Le mélange eau/acétone est introduit dans un bécher de 100 mL qui est


placé dans un bain thermostaté. Lorsque la température à l’intérieur
du bécher est stabilisée à la valeur désirée, une sonde conductimé- 3. Définir le temps de demi-réaction.
trique est introduite puis 1,0 mL de 2-chloro-2-méthylpropane est 4. Donner la valeur du temps de demi-réaction dans le cas de l’ex-
versé dans le milieu réactionnel sous agitation. Au bout de quelques périence A3.
secondes, l’agitation est stoppée, puis la conductivité de la solution est

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suivie au cours du temps à l’aide d’un système informatisé. La durée
de l’acquisition est de 20 minutes pour chaque étude.
On suppose que : σ (t )= K ⋅ x(t ).
σ (t ) représente la conductivité de la solution à un instant donné à
laquelle a été retranchée la conductivité initiale de la solution, K est
une constante qui va dépendre du mélange considéré et de la tem-
pérature et x(t) représente l’avancement de la réaction à un instant
donné. Les graphes, ci-après, représentent σ (t ) en fonction du temps
pour différentes conditions expérimentales.
La bonne méthode
1. Se reporter aux conditions initiales de chaque expérience
et à la conductivité à une date donnée.
2. Noter le rapport entre la proportion d’eau et d’acétone
dans chaque expérience. Puis analyser la conductivité pour
une date donnée.
3. Définition du temps de demi-réaction.
4. Déterminer le temps de demi-réaction sur la courbe
de A3.

Comprendre : lois et modèles 43


EXERCICES PAS À PAS

Antilles-Guyane (juin 2014) 1. Reproduire la molécule A sur votre copie et marquer d’un astérisque
le(ou les) atome(s) de carbone asymétrique(s) présent(s).
2. La molécule A est-elle chirale ? Justifier.
Nous allons dans une première partie nous intéresser à la 3. Quelle est la relation entre A et B (espèces identiques, isomères,
molécule d’acide ascorbique. formant un couple acide/base ou un couple oxydant/réducteur) ? En
HO cas d’isomérie, préciser la relation d’isomérie. Comparer de même A
H
aux espèces C, D et E. Justifier les réponses.
HO O O

A : acide ascorbique HO B HO C
H H
HO OH HO O O HO O O

La bonne méthode
1. Un carbone asymétrique est un carbone lié à 4 atomes ou HO OH HO OH
groupes d’atomes différents. D E
HO HO
2. Une molécule est chirale si elle est non superposable à H H
son image dans un miroir. HO O O HO O O
3. Repérer les parties différentes de chaque molécule par
rapport à A. On peut avoir un énantiomère, un diastéréo­
isomère, la même molécule ou des molécules différentes.
HO OH –
O OH

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Amérique du Nord (juin 2016)
L’acide fumarique a pour formule topologique : Acide maléique Acide fumarique
HO Pictogramme
O de sécurité ! Irritant ! Irritant
O pKa1 (AH2/ AH –) = 1,83
OH pKa1 (AH2/ AH –) = 3
pKa pKa2 (AH – / A2 –)
pKa2 (AH – / A2 –) = 4,4
L’acide fumarique a un stéréoisomère, l’acide maléique. Les = 6,59
propriétés de ces deux stéréoisomères sont données dans
le tableau suivant : 1. Représenter les formules topologiques de l’acide fumarique et de
l’acide maléique en faisant apparaître ce qui les distingue.
Acide maléique Acide fumarique
Acide(Z)-but-2-ène- Acide(E)-but-2-ène-
2. Ces deux stéréoisomères sont-ils des énantiomères ou des diasté-
Nom officiel réoisomères ? Justifier votre réponse.
1,4-dioique 1,4-dioique
Aspect Solide blanc Solide blanc 3. Peut-on différencier expérimentalement les deux stéréoisomères
Synthèse de Traitement dans un laboratoire de lycée ? Justifier et décrire une expérience possible.
polyesters du psoriasis
Utilisations
Présent dans certains Additif alimentaire
détergents en tant qu’acidifiant La bonne méthode
Masse molaire
(g. mol–1)
116 116 1. La formule topologique est la représentation de la molé-
Solubilité avec cule sans les atomes de carbone et d’hydrogène liés à eux.
l’eau à 25 °C Un stéréoisomère a la même formule brute, mais des for-
(La solubilité est la
masse maximale Très grande : 780 g.L–1 Très faible : 6,3 g.L
–1 mules spatiales différentes.
d’un composé que 2. Analyser les différences entre les deux molécules précé-
l’on peut dissoudre
par litre de solvant) dentes
Température
131 °C 287 °C
3. Utiliser le tableau de l’énoncé pour repérer les différences
de fusion
de propriétés physique et chimique des deux molécules.
Masse volumique 1,59 g.cm–3 1,63 g.cm–3

44 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Des chimistes français mettent au point


de nouveaux catalyseurs
Fruits de plus de dix ans de recherche, les « composés miracles » élaborés par un labo-
ratoire lyonnais pourraient avoir des applications prometteuses dans l’industrie du raffi-
nage comme pour la protection de l’environnement.

Déjà utilisée empiriquement par les Gaulois, la catalyse est devenue un organométalliques (complexes métal-carbone particulièrement efficaces
outil irremplaçable pour les chimistes modernes. Elle intervient dans de en catalyse) de toute nature, donnant ainsi naissance à une nouvelle
multiples procédés industriels et entre en jeu dans l’élaboration de plus génération de catalyseurs hybrides.
de 80 % des produits d’usage courant. Pourtant, les scientifiques sont Les premiers brevets déposés semblent couronner leurs efforts, même si
encore loin d’avoir compris tous les mécanismes de ce phénomène, qui aucun ne fait encore l’objet d’une exploitation industrielle. Les chercheurs
oriente et accélère une réaction chimique. Au terme de plus de dix années lyonnais ont ainsi mis au point un puissant catalyseur, capable du moins en
de recherche, une équipe française vient de concevoir un nouveau type de laboratoire de couper les chaînes moléculaires des hydrocarbures saturés
catalyseurs en combinant les ressources de la chimie des surfaces et de la pour les raffiner en essence, et ce à température ambiante, alors que le
chimie moléculaire. Ces composés aux propriétés étonnantes pourraient craquage thermique s’effectue à 500 degrés.
servir à raffiner des hydrocarbures à température ambiante, ou à dégrader
des matières plastiques. Ces travaux viennent d’être couronnés par la « Poudre miraculeuse »
Société française de chimie. La même « poudre miraculeuse » pourrait servir à dégrader certains
« Pendant plus de dix ans, ce fut une longue traversée du désert. Dix ans plastiques le polyéthylène dont sont constitués les sacs et les emballages
de tâtonnements au cours desquels nous avons testé de multiples combi- plastiques et le polypropylène que l’on trouve par exemple dans les
naisons. Mais, aujourd’hui, les résultats sont fantastiques », s’enflamme pare-chocs des voitures à basse température. Ces matériaux qui, une
Jean-Marie Basset. Le directeur du laboratoire de chimie organométallique fois hors d’usage, se transforment aujourd’hui en encombrants déchets
de surface (LCOMS, CNRS-École supérieure de chimie, physique, électro- voués à être brûlés seraient de la sorte valorisés eux aussi en essence ou

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nique de Lyon) a de quoi être fier : son équipe vient de mettre au point une en gazole. Une étude, financée par l’Agence de l’environnement et de la
nouvelle génération de catalyseurs capables, par exemple, de transformer maîtrise de l’énergie (Ademe), est en cours afin de modéliser le procédé
les déchets de plastique en carburant pour les voitures. à l’échelle industrielle.
Substances miracles devenues indispensables aux chimistes, les catalyseurs Ces étonnants catalyseurs sortiront-ils un jour des alambics du laboratoire
entrent dans la fabrication de plus de 80 % des produits d’usage courant. villeurbannais ? Déjà, celui-ci tire les deux tiers de ses ressources de
Réduisant l’énergie nécessaire à une réaction en accélérant celle-ci – ce qui, contrats avec des entreprises pétrolières, chimiques ou pharmaceutiques.
dans le cas d’une application industrielle, abaisse d’autant son coût –, ils Et le prix Pierre Süe de la Société française de chimie, décerné vendredi
présentent aussi l’avantage de la sélectivité : en orientant la transformation 12 septembre à Jean-Marie Basset, vaut attestation d’une voie de recherche
des substances en présence vers le composé recherché et lui seul, ils évitent jugée prometteuse.
la formation de sous-produits indésirables souvent polluants.
Pourtant, si les mécanismes de la « catalyse homogène » quand le cata- Un puissant ciseau chimique
lyseur est mélangé au milieu (généralement liquide) que l’on souhaite En faisant réagir un complexe de zirconium avec de la silice, puis en combi-
faire réagir sont bien connus, il n’en va pas de même pour la « catalyse nant ce composé avec de l’hydrogène à 200 degrés, les chercheurs ont obtenu
hétérogène ». un puissant ciseau chimique de formule (Sio) 3ZrH. Celui-ci permet de couper
les liaisons carbone-carbone de tous les hydrocarbures saturés, dès la tempé-
Encore une énigme rature ambiante, et de les transformer ainsi en essence ou en gazole.
Ce deuxième mode d’action, le plus fécond par ses débouchés industriels,
Pierre Le Hir, Le Monde daté du 13.09.1997
s’opère au contact de la surface d’un catalyseur solide (métal ou oxyde
métallique) étranger au milieu réactionnel. Il demeure encore, pour les
scientifiques, une énigme qui met en jeu « une science dans une large
mesure empirique, peu conceptuelle, peu prédictive, aux résultats souvent POURQUOI CET ARTICLE ?
peu reproductibles », assure, un brin iconoclaste, Jean-Marie Basset. C’est La compréhension même de l’action du catalyseur fut longtemps mé-
que, paradoxalement, la structure et les propriétés d’une surface, cet « état connue, voire inconnue, ne serait-ce qu’en raison des petites quan-
limite » d’un corps solide, sont très difficiles à caractériser. De surcroît, les tités de catalyseur utilisées. Par contre, dès la fin du xviiie siècle, on
sites actifs d’un catalyseur sont en petit nombre et de taille infinitésimale, savait utiliser des catalyseurs pour accélérer les réactions chimiques.
ce qui nuit à l’observation des phénomènes. L’utilisation d’un catalyseur modifie en effet le mécanisme réactionnel
Afin d’y voir plus clair, en même temps que de s’affranchir d’un empirisme d’une transformation en y incorporant des étapes, mais plus rapides
irritant pour un esprit cartésien, Jean-Marie Basset et son équipe d’une et demandant de faibles énergies d’activation. Le catalyseur est
quarantaine de personnes ont imaginé de faire sauter la barrière entre ainsi sans cesse consommé et régénéré. La catalyse constitue depuis
les deux modes de catalyse. Leur ambition : utiliser les outils de la chimie plusieurs années un pilier de la chimie verte, puisqu’un choix d’un
moléculaire pour créer à volonté, sur des catalyseurs solides, des sites actifs catalyseur différent permet de réduire la consommation d’énergie,
aux propriétés bien définies. Pour réussir cette alchimie moderne, ils se mais également d’orienter les réactions vers de la chimie plus propre.
sont efforcés de greffer, à la surface de métaux ou d’oxydes, des composés

Comprendre : lois et modèles 45


L’ESSENTIEL DU COURS

Transformations en chimie organique


La chimie organique est la chimie des composés du carbone. Les propriétés chimiques
des molécules dépendent de la présence de groupes d’atomes particuliers, appelés
« groupes caractéristiques ». De plus, les molécules organiques fonctionnalisées pré-
sentent des liaisons polarisées, conséquence d’une différence d’électronégativité entre
les atomes constituant la liaison. Cela va donner lieu à des réactivités différentes d’une
molécule à l’autre et à des réactions différentes.
Comment nommer un alcane ou un alcène ? Comment reconnaître les différents groupes
Étape 1 On cherche la chaîne carbonée la plus longue. C’est elle qui caractéristiques ?
donne son nom à l’alcane. Famille Alcool Aldéhyde
Étape 2 En préfixe, on ajoute le nom (sans le e final) du groupe fixé R
sur la chaîne principale. O

On repère sa position en numérotant la chaîne principale afin de Groupe


R’ C O H
caractéristique C
donner le plus petit nombre au carbone qui porte le groupe. Ce nom
est placé devant le nom du groupe. R H
R’’
Étape 3 Lorsqu’il y a plusieurs groupes identiques, on place le préfixe
di-, tri-, tétra- devant le nom du groupe. Nom du
Groupe hydroxyle Groupe carbonyle
groupe
Étape 4 Lorsqu’il y a des groupes différents, on les nomme dans l’ordre
alphabétique. Le plus petit nombre étant affecté au groupe placé en Suffixe
à mettre -ol -al
tête dans l’ordre alphabétique.
au nom

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Nombre
d’atomes 1 2 3 4 5 6 Famille Cétone Acide carboxylique
de carbone O O
Nom de Groupe
Méthane Éthane Propane Butane Pentane Hexane
l’alcane C CH
caractéristique
Nom du R R’ R O H
groupe Méthyle Éthyle Propyle Butyle Pentyle Hexyle
alkyle Nom du
Groupe carbonyle Groupe carboxyle
groupe
Si c’est un alcène : la numérotation de la chaîne la plus longue se fera
Suffixe
telle que le plus petit numéro sera porté par le carbone de la double
à mettre -one (acide) -oïque
liaison. Ce numéro sera ajouté devant le suffixe -ène. Exemple :
au nom
but-2-ène.

MOTS CLÉS
GROUPE CARACTÉRISTIQUE atome est élevée, plus celui-ci éléments les plus électronégatifs une réaction à l’échelle macro­
Groupement d’atomes compor- attire vers lui les électrons. On la sont situés en haut à droite de la scopique. À chaque étape du
tant au moins un atome autre que note généralement χ et on utilise classification périodique : il s’agit mécanisme réactionnel corres-
le carbone et l’hydrogène (oxy- l’échelle de Pauling. L’électroné- des halogènes (fluor F, chlore Cl, pondent des mouvements de
gène, azote, chlore…). Les molé- gativité d’un atome varie selon la brome Br et iode I) ainsi que l’oxy- doublets d’électrons traduisant
cules possédant le même groupe place de l’élément correspondant gène O et l’azote N. la formation ou la rupture de
caractéristique présentent des dans la classification périodique. liaisons.
propriétés similaires et consti- FLÈCHE COURBE.
À l’exception des gaz nobles, qui
tuent ainsi une famille chimique. Elle représente le mouvement MOLÉCULE POLAIRE
ne forment pas de liaison cova-
d’un doublet d’électrons d’un site Une molécule est polaire si le ba-
ÉLECTRONÉGATIVITÉ lente du fait de leur couche ex-
donneur d’électrons vers un site rycentre des charges (partielles)
L’électronégativité d’un atome terne saturée, l’électronégativité
accepteur. positives n’est pas confondu avec
est une grandeur qui traduit sa augmente : de gauche à droite
le barycentre des charges (par-
capacité à attirer vers lui le dou- sur une même période (ligne) du MÉCANISME RÉACTIONNEL
tielles) négatives.
blet d’électrons d’une liaison tableau périodique ; de bas en Il représente l’ensemble des ré-
covalente dans laquelle il est en- haut sur une même famille (co- actions chimiques, à l’échelle
gagé. Plus l’électronégativité d’un lonne) du tableau périodique. Les micro­scopique, qui compose

46 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Famille Ester Amine Comment déterminer la polarisation


O R
d’une liaison ?
Lorsqu’une liaison covalente s’établit entre deux atomes identiques, le
Groupe
C N doublet d’électrons est partagé équitablement entre les deux atomes.
caractéristique
En revanche, si la liaison s’établit entre deux atomes A et B d’électro-
R O R’ R’ R’’
négativité différente, le doublet liant n’est pas équitablement partagé
Nom du groupe Groupe ester Groupe amine entre les deux atomes : c’est l’atome le plus électronégatif (le plus avide
Suffixe à mettre d’électrons) qui attire davantage les électrons de la liaison. Ce partage
-oate de -yle -amine
au nom dissymétrique du doublet d’électrons entraîne l’apparition d’une charge
partielle positive δ+ sur l’élément le moins électronégatif (qui présente
Famille Amide
un déficit d’électrons), et d’une charge partielle négative δ− sur l’atome le
O
plus électronégatif (qui présente un excès d’électrons). La liaison A-B est
dite polarisée. Si la différence d’électronégativité est très importante, le
Groupe C
doublet électronique est entièrement localisé, sous forme d’un doublet
caractéristique R N R’
non liant, sur l’atome le plus électronégatif, qui porte alors une charge (-),
tandis que l’atome le moins électronégatif porte une charge (+). Il s’agit
R’’ alors d’une liaison ionique.
Nom du groupe Groupe amide
Suffixe à mettre
-amide
au nom

Quels sont les deux types de réactions ?


Modification de chaîne : il y a modification de la chaîne carbonée
(apparition ou disparition d’une liaison covalente, réduction ou
allongement…). Exemple : le craquage thermique des alcanes conduit Comment identifier un site donneur

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à des alcanes dont la chaîne carbonée est plus courte. ou accepteur de doublet d’électrons ?
Modification de groupe caractéristique : il y a modification du Un site donneur de doublet d’électrons est un lieu d’une espèce chimique
groupe caractéristique. Exemple : l’oxydation d’un alcool primaire présentant un excès de charges négatives. Exemples de sites donneurs :
conduit à un aldéhyde. un atome présentant une charge partielle négative δ− ; 
une liaison multiple (double, triple) ;
Quelles sont les grandes catégories un anion.
de réactions en chimie organique ? Un site accepteur de doublets d’électrons est un lieu d’une espèce
Les différentes modifications peuvent être décrites en faisant appel chimique présentant un défaut de charges – δ1
à l’une des trois sortes de réactions. négatives. Exemples de sites accepteurs : O
L’addition : la double (ou triple) liaison entre deux atomes de carbone un atome présentant une charge partielle CH 3 C
va être remplacée par une simple (ou double) liaison. En général, positive δ+ ;  +δ2
O H
2 réactifs donnent 1 produit. un cation. – δ4 +δ3
L’élimination : il s’agit de la réaction inverse de l’addition. Il y aura
formation d’une liaison multiple. En général, 1 réactif donne 2 produits.
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
La substitution : elle correspond à une addition suivie d’une
élimination. Un groupe d’atomes est remplacé par un autre groupe • La chimie de la catalyse couronnée par le Nobel p. 49
d’atomes. (Stéphane Foucart et Christiane Galus, Le Monde daté du 07.10.2005)

ZOOM SUR…
LES NOMS DES MOLÉCULES Exemple : groupe alkyle porté par l’amine O
PORTANT UN GROUPE CH 3 CH 2 CH 2 C CH 3 et par ordre alphabétique de la
CARACTÉRISTIQUE lettre N.
• La terminaison -ane de l’alcane
H 3C N CH 3
est remplacé par la terminaison O Exemples :
du groupe caractéristique. Dans Penta-2-one CH 3
le cas des alcools et des cétones, CH 3
il faut préciser la place du groupe • Pour nommer les amines et H 3C NH
hydroxyle ou carbonyle. les amides, on précède chaque N-ethyl-N-methylamine N-ethyl-N-methyl-butanamide.

Comprendre : lois et modèles 47


EXERCICES PAS À PAS

Liban (juin 2014)
La bonne méthode
• Analyser chaque liaison en tenant compte de l’électroné-
Le tableau suivant donne les électronégativités des atomes H,
gativité.
C et O dans l’échelle de Pauling.
• Attribuer les charges partielles.
Atome H C O • Une molécule est polaire si le barycentre des charges
Électronégativité 2,2 2,5 3,4 (partielles) positives n’est pas confondu avec le barycentre

Justifier le caractère polaire de la molécule de méthanol. des charges (partielles) négatives.

Asie (juin 2015)
Le linalol a pour nom systématique : OH a) Associer aux étapes 3 et 5 de la synthèse, en justifiant votre choix,
3,7-diméthylocta-1,6-dièn-3-ol. une catégorie de réaction parmi les catégories suivantes : élimination,
linalol addition, substitution.
1. Justifier ce nom en précisant le raisonnement suivi. b) Pour les étapes 4 et 5 de la synthèse, indiquer s’il s’agit d’une modi-
2. La synthèse du linalol s’effectue en six étapes décrites ci-dessous. fication de chaîne et/ou d’une modification de groupe caractéristique.
Étape 1 : 1) C2 H 2 , NaHH 2 c) Le mécanisme réactionnel de l’étape 1 est donné ci-après. Compléter
O OH
2) H 2O , H 3O + le mécanisme des sous-étapes (a) et (b) avec les flèches courbes et les
doublets non liants. Indiquer les produits formés manquants dans
la sous-étape (c).
propanone composé B Mécanisme réactionnel de l’étape 1

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Étape 2 : Sous-étape (a)
H
OH OH –

1) H 2 , palladium désactivé H C C H + NH2 H C C + N H

2) HBr, peroxyde Br H
Sous-étape (b)
composé B composé C CH 3 CH 3
– –
Étape 3 : O C + H C C O C C CH
OH CH 3
Chauffage Br CH 3
Sous-étape (c)
Br H 3O+ CH 3

composé C composé D O C C CH + H 3O+ ........ + ........

Étape 4 : 1) Mg, (C2 H 5 ) 2O CH 3


2) H 2CO
Br
OH
3) H 3O+
La bonne méthode
1. Identifier la chaîne la plus longue puis la numéroter.
composé D composé E
2. a) Compter le nombre de réactifs et le nombre de pro-
Étape 5 :
duits de chaque réaction proposée.
SOCI 2
OH CI 2. b) Par définition, une modification de chaîne ne concerne
que le squelette carboné alors qu’une modification de
composé E composé F groupe concerne les groupes fonctionnels.
Étape 6 : 2. c) Une flèche courbe traduit le mouvement des doublets
1) Mg, (C2 H 5 ) 2O
2) CH 2COCH=CH 2 d’électrons d’un site donneur vers un site accepteur. Le mé-
CI linalol canisme de synthèse du linalol permet de trouver un des
3) H 3O +
deux produits de la sous-étape (c).
composé F

48 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

La chimie de la catalyse couronnée par le Nobel


Le Français Yves Chauvin et deux Américains, Robert H. Grubbs et Richard R. Schrock,
ont été distingués par l’Académie royale des sciences de Suède pour leurs travaux sur
de tout nouveaux catalyseurs, qui offrent aux industriels un outil puissant pour créer des
molécules complexes.

Le prix Nobel de chimie (10 millions de couronnes, soit environ 1,1 million Ernst-Otto Fischer (Prix Nobel de chimie en 1973). « Elle a mis du temps
d’euros) a été décerné, mercredi 5 octobre, au Français Yves Chauvin et à être reconnue », dit aujourd’hui, laconiquement, Yves Chauvin. Ce
aux Américains Robert Grubbs et Richard Schrock, pour leurs travaux n’est que cinq ans plus tard que Robert Grubbs, chercheur au California
sur les réactions dites « de métathèse », utilisées en chimie organique. Institute of Technology (Caltech), reprend et accepte l’hypothèse du
Demeurée longtemps inexpliquée de manière théorique, la métathèse chercheur français.
est aujourd’hui mise à profit dans de nombreux secteurs industriels :
pétrochimie, pharmacie, biotechnologies et agroalimentaire. Irrigation « explosive »
De quoi s’agit-il ? D’un type de réactions chimiques découvertes voici un De son côté, Richard Schrock, alors chercheur chez DuPont et aujourd’hui
demi-siècle et dans lesquelles deux composés échangent une partie de au Massachusetts Institute of Technology (MIT), met au point en 1974 le
leur structure pour former deux nouvelles molécules. premier métallo-carbène. Ce dernier, s’il n’est pas directement utilisable
Rien de bouleversant pour le profane. Mais ce processus est à l’origine de dans la catalyse des réactions de métathèse, servira de fondement à tous
nombreux procédés industriels permettant la synthèse de nouvelles molé- les développements ultérieurs dans ce domaine.
cules, de manière à la fois économique et écologique. La métathèse permet M. Schrock est le premier, dans les années 1980, à synthétiser un tel
notamment d’éviter l’utilisation de solvants toxiques dans la fabrication métallo-carbène. Cet effort sera poursuivi par Robert Grubbs, qui met
de certaines molécules et de limiter, dans d’autres cas, l’émission de gaz à au point, quelque dix ans plus tard, une famille de catalyseurs qui, selon
effet de serre. l’expression de M. Basset, va irriguer de façon « explosive » de nombreux
« Cela aura à l’avenir un impact énorme dans le secteur de la “chimie secteurs de la chimie, sortant ainsi la métathèse de son premier champ
verte” », pronostique Jean-Marie Basset, directeur du laboratoire de chimie d’application, celui des hydrocarbures.

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organométallique de surface (CNRS et CPE-Lyon). Ainsi, poursuit-il, ce type L’importance de ce procédé est saluée depuis longtemps par toute la
de chimie sera « crucial pour la transformation de composés végétaux communauté scientifique. « Dans les années 1990, les chimistes qui travail-
– colza, maïs, etc. – en matériaux chimiques ». Désormais, on pourra, par laient sur le raffinage disaient déjà qu’Yves Chauvin aurait dû recevoir le
exemple, avec cette chimie propre, fabriquer des plastiques à partir de Nobel pour sa découverte sur la métathèse », ajoute Jacqueline Lecourtier,
ces matières premières agricoles et éviter ainsi le recours à des composés directeur scientifique de l’IFP. Une telle distinction aurait d’ailleurs pu lui
issus des hydrocarbures. être décernée « il y a dix ans », insiste Mme Lecourtier.
Quant aux deux autres lauréats, ils étaient également très attendus. « Le trio
Un mécanisme mystérieux est parfaitement justifié », résume M. Basset. Mais d’autres pionniers de ce
La première observation d’une métathèse des oléfines (une catégorie secteur ne doivent cependant pas être oubliés. C’est notamment le cas de
d’hydrocarbures) a été faite en 1956 par un pétrochimiste américain Thomas Katz, professeur de chimie à l’université Columbia, qui, au milieu
de DuPont, Herbert Eleuterio. Cette réaction chimique fait alors l’objet des années 1970, a publié une étude importante sur la cinétique des réactions
de nombreux travaux de développement industriels. Plusieurs brevets de métathèse. Alors que M. Katz a largement contribué à défricher ce do-
sont même déposés, dans les années 1960, par des industriels du pétrole. maine de recherche, il a cessé, vers la fin des années 1980, tout travail sur la
« La métathèse des oléfines était fascinante parce qu’on n’en comprenait catalyse de ce type de réactions chimiques. S’il avait poursuivi dans cette
absolument pas le mécanisme, ajoute M. Basset. Elle fonctionnait au niveau voie, peut-être aurait-il été aujourd’hui distingué par l’Académie royale de
industriel mais demeurait complètement mystérieuse. » Suède. Encore qu’il n’y ait jamais, pour le Nobel, de quatrième lauréat.
Brossé à gros traits, ce processus implique qu’une double liaison car-
bone-carbone se rompe avant de se reformer. Cela, aucun mécanisme Stéphane Foucart et Christiane Galus,
chimique connu ne peut alors l’expliquer. Le brouillard est complet. La
Le Monde daté du 07.10.2005
communauté scientifique se lance dans une course de vitesse : pour
améliorer les réactions de métathèse, mais aussi pour trouver à celle-ci
d’autres applications, il faut en découvrir les ressorts.
En 1971, Yves Chauvin, chercheur à l’Institut français du pétrole (IFP), POURQUOI CET ARTICLE ?
effectue avec un de ses étudiants, Jean-Louis Hérisson, une expérience La métathèse est une réaction chimique qui traduit un échange d’un
« décisive », raconte Jean-Marie Basset : « Elle lui permet de comprendre ou d’un groupe d’atomes entre deux molécules de structure compa-
que, contrairement aux apparences, la métathèse des oléfines n’est pas rable. Les études sur la métathèse d’oléines, qui sont des triesters,
ont connu depuis longtemps un engouement certain compte tenu
symétrique. Yves Chauvin observe alors qu’à un moment donné de la
du nombre d’applications possibles. Cet essor n’a été possible que
réaction les oléfines ne réagissent pas directement l’une avec l’autre, mais
grâce au développement et donc aux recherches sur l’utilisation
par l’intermédiaire d’un autre acteur que l’on appelle un métallo-carbène. » de catalyseurs performants. Les applications actuelles des décou-
C’est un composé dans lequel un atome de carbone est attaché, par une vertes permettent d’obtenir, à partir de l’oléine, des lubrifiants ou
liaison double, à un atome métallique. des plastifiants, mais également, en biochimie, de produire des
À l’époque, l’hypothèse formulée par M. Chauvin est très audacieuse, nouvelles molécules de médicaments.
même si elle s’inspire de travaux menés quelques années plus tôt par

Comprendre : lois et modèles 49


L’ESSENTIEL DU COURS

Réaction acido-basique
Les réactions acido-basiques constituent une catégorie de transformations chimiques
mettant en jeu le transfert d’un proton H+ entre un acide et une base. En solution
aqueuse, ce sont les protons qui sont responsables du caractère acide, basique ou
neutre du milieu. Ce caractère est défini par la mesure du pH. On définit également les
acides forts, qui réagissent totalement avec l’eau, et les acides faibles, qui ne réagissent
que partiellement avec l’eau.

Qu’est-ce que le pH d’une solution ? Qu’est-ce qu’une réaction acido-basique ?


Comment le mesurer ? Une réaction acido-basique est une réaction entre l’acide d’un premier
Le pH d’une solution aqueuse est la grandeur définie par la relation : couple A1 H  /  A1− et la base d’un deuxième couple A2 H  /  A2−.
pH = – log[ H3O+ ] ou H3O+ = 10 pH
. Les deux demi-équations :
Le pH n’a pas d’unité, la concentration en ions oxonium H3O+ A1 H    A1− + H + ; 
s’exprime en mol.L −1. A2− +   H +    A2 H.
Une solution acide est d’autant plus acide que son pH (< 7) est petit ; Cette réaction sera : A1 H +   A2−    A1− + A2 H. .
une solution basique est d’autant plus basique que son pH (> 7) est À chaque acide correspond une base conjuguée, le tout formant un
grand. couple acide/base. On le note AH/A –.
Pour mesurer le pH, on peut utiliser :
un indicateur coloré ou du papier pH qui permettent d’avoir une Qu’est-ce qu’un acide fort ou une base forte ?
estimation de sa valeur ; Un acide fort est un acide qui réagit totalement avec l’eau pour don-
un pH-mètre qui permet d’obtenir une valeur à 0,1 unité près. ner des ions oxonium : H3O+. On notera sa réaction avec une flèche

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simple (→).

Solution acide Solution basique


0 [H3O+]>10-7 mol.L-1 7 [H3O+]<10-7 mol.L-1 14
pH à 25°C

Solution neutre
[H3O+]=10-7 mol.L-1

MOTS CLÉS
PH (OU « POTENTIEL COUPLE ACIDE/BASE y a équilibre. On le symbolisera DOSAGE
HYDROGÈNE ») À chaque acide correspond une par : . Technique expérimentale per-
Sa valeur sert à qualifier l’aci- base conjuguée. On passe de l’un mettant de faire un titrage. Il
dité d’une solution. En solution à l’autre par un échange de pro- ACIDE FAIBLE est réalisé à partir d’un montage
aqueuse à 25 °C, si le pH < 7 alors ton H+. On le note AH / A –. Espèce qui réagit partiellement de dosage qui comprend : une
la solution est acide, si le pH > 7 avec l’eau selon burette avec son support, un bé-
alors la solution est basique et si AMPHOLYTE OU ESPÈCE AH + H2O  A− + H3O+ . cher ou un erlenmeyer, un agita-
pH = 7 alors la solution est neutre.
AMPHOTÈRE
BASE FAIBLE teur magnétique et son barreau
Espèce pouvant être à la fois une
ACIDE SELON BRÖNSTED Espèce qui réagit partiellement aimanté. Pour suivre le titrage,
base et un acide.
Espèce chimique susceptible de avec l’eau selon on peut rajouter un pH-mètre
céder un ou plusieurs protons H+. ÉQUILIBRE A− + H2O  AH + OH − . avec sa sonde ou un indicateur
D’UNE RÉACTION OU coloré.
BASE SELON BRÖNSTED RÉACTION LIMITÉE TITRAGE
Espèce chimique susceptible Si la réaction dans le sens direct et Opération réalisée lorsque l’on
de capter un ou plusieurs pro- la réaction inverse se produisent souhaite déterminer la concen-
tons H+. à la même vitesse on dit qu’il tration d’une espèce en solution.

50 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Le pH d’une solution d’acide fort de concentration C est : pH = – logC. où A ,   H3O+  et  AH sont les concentrations en mol . L−1 des diffé-
Une base forte est une base qui réagit totalement avec l’eau pour rentes espèces en solution à l’équilibre.
donner des ions hydroxyde : HO –. On notera sa réaction avec une Le pKa d’un couple acide base est défini par la relation suivante :
flèche simple (→). pKa = – log Ka. Il permet de déterminer la force d’un acide. Plus l’acide
Le pH d’une solution de base forte de concentration C est : est fort et plus le pKa est faible.
pH = 14 + logC. A
Avec la relation précédente, on arrive à : pH = pKa + log( ).
La réaction d’un acide fort avec une base forte est une réaction totale AH
d’équation : H3O+ + HO− → 2 H2O. Les ions apportés par l’acide ou la Si pH < pKa : l’acide A est l’espèce prédominante.
base autres que les ions oxonium et hydroxyde ne participent pas Si pH > pKa : la base B est l’espèce prédominante.
à la réaction : ce sont des ions indifférents ou spectateurs. Cette Si pH = pKa : l’acide et sa base conjuguée ont même concentration.
réaction s’accompagne d’une élévation de température : elle est donc Le diagramme de prédominance indique les domaines de prédomi-
exothermique. Lorsque les réactifs sont introduits en proportion nance en fonction du pH.
stœchiométrique, alors le pH de la solution est égal à 7.
Qu’est-ce qu’un titrage acido-basique ?
Qu’est-ce que le produit ionique de l’eau Titrer une espèce chimique A (solution titrée) de concentration
et l’autoprotolyse de l’eau ? inconnue, consiste à introduire progressivement à l’aide d’une burette
L’eau peut jouer le rôle d’un acide et jouer le rôle d’une base. Comme une solution B (la solution titrante) avec laquelle l’espèce A réagit
un acide et une base réagissent entre eux, l’eau peut donc réagir avec totalement et rapidement.
elle-même. Donc, deux molécules d’eau vont pouvoir réagir ensemble, L’équivalence est atteinte lorsque les réactifs A et B sont en proportions
l’une en tant qu’acide et l’autre en tant que base. C’est l’autoprotolyse stœchiométriques. On pourra alors écrire : nA = nB si les nombres
de l’eau : 2 H2O  H3O+ + HO−. stœchiométriques devant les réactifs A et B sont les mêmes.
On associe à cette réaction une constante : le produit ionique de l’eau, On aura alors : CA × VA = CB × VBe avec :
notée Ke  : Ke = [H3O+] × [HO−]. C’est une grandeur sans unité qui dépend CA et CB sont les concentrations des espèces A et B ;
de la température. VA est le volume de solution A introduite ;
On utilise aussi le pKe = − log( Ke ). VBe est le volume de solution B déterminer à l’équivalence.

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À 25 °C, Ke = 10−14 ou pKe = 14.

Qu’est-ce qu’une constante d’acidité


et un domaine de prédominance ?
Lorsque l’acide AH et la base A – d’un couple sont faibles, ils donnent
une réaction partielle avec l’eau. Donc : AH + H2O  A− + H3O+ . UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
On peut définir une constante pour cet équilibre, notée Ka et appelée
• Les océans seraient à la veille d’une crise biologique inédite de-
A H 3 O+ puis 55 millions d’années p. 53
constante d’acidité : Ka = ,
AH (Stéphane Foucart, Le Monde daté du 24.06.2011)

Domaine de prédominance Domaine de prédominance


de la forme acide A pKa de la forme basique B
pH
[A]>[B] [A]=[B] [A]<[B]

ZOOM SUR…
LA SOLUTION TAMPON V
Un mélange équimolaire d’un acide et de sa base conjuguée constitue valeur du volume à l’équivalence divisée par 2 : e . Ce point est appelé la
une solution tampon ; son pH, égal au pKa du couple, est peu sensible à demi-équivalence. 2
un ajout d’eau et à l’ajout modéré d’acide ou de base forte. • Lors d’un titrage acido-basique, le volume à l’équivalence peut être
• De nombreux milieux biologiques sont tamponnés, car les réactions déterminé par :
qui s’y déroulent sont catalysées par des enzymes qui sont très sensibles – la méthode des doubles tangentes ;
au pH. – la méthode de la dérivée (réalisée avec un ordinateur) ;
• Le pKa d’un couple acide/base peut se déterminer sur la courbe de – la méthode colorimétrique (introduction d’un indicateur coloré).
titrage. Il correspond à l’ordonnée du point qui a pour abscisse la

Comprendre : lois et modèles 51


EXERCICES PAS À PAS

Liban (juin 2014) 2. Le pH d’un lait frais se situe autour de 6,5. Quelle est l’espèce
prédominante du couple acide lactique/ion lactate ? Justifier la
réponse.
En solution aqueuse, l’acide lactique, que l’on notera HA, a
des propriétés acido-basiques. Sa base conjuguée est l’ion
lactate. La bonne méthode
Donnée : 1. Si l’acide lactique était un acide fort, on utiliserait une rela-
• pKa (acide lactique/ion lactate) = 3,9. tion particulière pour calculer son pH.
1. Le pH d’une solution d’acide lactique de concentration molaire c 2. Tracer le diagramme de prédominance du couple et en
égale à 1,5 mmol.L–1 est égal à 3,4. L’acide lactique est-il un acide fort déduire l’espèce prédominante pour un pH de 6,5.
ou faible ?

Amérique du Sud (juin 2016)


Le benzaldéhyde est un liquide incolore, couramment uti-
lisé comme additif alimentaire pour son odeur d’amande
amère. Le benzaldéhyde étant susceptible de s’oxyder en
acide benzoïque lorsque le flacon est entamé, il convient de
vérifier sa pureté avant de l’utiliser comme réactif.
L’élève cherche à déterminer quantitativement la pureté
du benzaldéhyde dans le flacon entamé. Pour cela, il réa-
lise le titrage de 10,0 mL de solution prélevée dans le flacon
2. Déterminer la quantité de matière d’acide benzoïque présente dans

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le volume de solution prélevée en explicitant la méthode utilisée à
de benzaldéhyde par une solution aqueuse d’hydroxyde
l’aide des graphiques donnés.
de sodium (Na+(aq) + HO– (aq)), de concentration molaire 3. Déterminer la quantité de matière de benzaldéhyde présente dans
CB = 1,00 mol.L–1. 10,0 mL de benzaldéhyde pur.
4. En déduire la valeur de la pureté de la solution du flacon entamé
Données :
de benzaldéhyde.
• l’acide benzoïque appartient au couple : (C7H6O2/C7H5O2–) ; 5. Expliquer quel indicateur coloré choisir si l’on souhaitait effectuer
• benzaldéhyde : le même titrage à l’aide d’un suivi colorimétrique. Indiquer le chan-
– masse molaire moléculaire : M = 106 g.mol–1, gement de couleur qui permettrait alors de repérer l’équivalence.

– masse volumique : ρ = 1,02 g.mL–1 ;


• pureté d’un réactif : La bonne méthode
quantité réelle présente dans l ' échantillon 1. C’est une réaction acido-basique entre l’acide benzoïque
p= ;
quantité théorique présente dans l' échantillon pur et l’ion hydroxyde.
2. Avec la courbe de titrage, déterminer le volume à l’équiva-
• zone de virage de quelques indicateurs colorés :
lence. Puis calculer la quantité d’ions hydroxyde introduits à
Couleur Couleur
Zone l’équivalence. Avec la relation à l’équivalence, en déduire la
Nom de la forme de la forme
de virage quantité d’acide benzoïque.
acide basique
3. Calculer la quantité théorique de benzaldéhyde dans
Hélianthine 3,1 – 4,4 Rouge Jaune
10,0 mL avec les données de l’énoncé.
Bleu de
8,0 – 9,6 Jaune Bleu 4. Le benzaldéhyde s’oxyde en acide benzoïque. S’il était
thymol
pur, la quantité d’acide benzoïque serait nulle. Déterminer
Bleu de Nil 10,1 – 11,1 Bleu Rouge
la quantité de benzaldéhyde restante dans le flacon entamé,
1. Écrire l’équation de la réaction support de titrage entre l’acide puis utiliser la relation de l’énoncé.
benzoïque et les ions hydroxyde. 5. La zone de virage de l’indicateur coloré doit contenir le pH
Le titrage étant suivi par pHmétrie, l’élève a tracé la courbe pH = f(V) à l’équivalence.
et la courbe « dérivée de pH » (notée) en fonction de V.

52 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

Les océans seraient à la veille d’une crise


biologique inédite depuis 55 millions d’années.
Des experts redoutent un effondrement des écosystèmes marins du fait du réchauffe-
ment, de l’acidification des mers et des pollutions.

La sévérité du diagnostic est telle qu’il est difficile d’en imaginer les tenants mondial, 63 % des stocks sont surexploités ou déjà sérieusement réduits.
et les aboutissants. Selon un panel d’une trentaine d’experts, réunis Quant aux pollutions, les nouvelles études montrent qu’indubitablement
mi-avril à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) dans un colloque inter- les plastiques, les retardateurs de flammes chimiques et les perturbateurs
disciplinaire, la magnitude des bouleversements qui, du fait des activités endocriniens se sont fermement installés jusque dans les zones polaires, où
humaines, affectent les océans est inédite depuis au moins 55 millions les biologistes les retrouvent dans les organes des animaux de ces régions,
d’années. Et sans doute beaucoup plus. pourtant éloignées de toute activité industrielle.
Les conclusions du colloque, organisé à l’initiative de deux organismes « Lorsque nous considérons les effets cumulés de la manière dont l’humanité
non gouvernementaux – l’Union internationale pour la conservation de agit sur l’Océan, les implications deviennent bien pires que ce que nous
la nature (UICN) et l’International Programme on the State of the Ocean avions réalisé individuellement, a déclaré M. Rogers. C’est une situation très
(IPSO) – ont été rendues publiques, mardi 21 juin. Elles feront l’objet sérieuse qui exige une action univoque, à tous les niveaux. » L’ampleur des
d’un rapport agrémenté de recommandations, qui sera prochainement dégâts observés et le rythme de leur aggravation est, insistent les auteurs,
communiqué aux Nations unies. au-delà de tout ce qui avait été précédemment prévu ou anticipé dans la
L’objectif du rapport – dont l’intégralité n’a pas encore été rendue littérature scientifique.
publique – n’est pas d’apporter des résultats de recherche inédits ou des Le rapport met en avant quelques recommandations-clés : baisse des
observations nouvelles. Il est plutôt de synthétiser les travaux récents émissions de dioxyde de carbone, réduction des prélèvements sur les
sur des questions aussi diverses que les changements des paramètres stocks de poissons les plus fragiles, réglementation des activités en haute
chimiques de l’océan, l’impact des pollutions locales ou globales, de la mer et réduction des rejets chroniques de résidus chimiques dans les
surpêche, de l’augmentation des températures des eaux de surface, etc. océans.

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Cette synthèse, inédite, offre une photographie globale de l’état des mers
du globe, jugé « choquant » par Alex Rogers, directeur scientifique de l’IPSO Cinq grandes extinctions
et professeur de biologie de la conservation à l’université d’Oxford. Si les Ordovicien-silurien. Il y a environ 450 millions d’années (Ma), quelque
tendances actuelles se maintiennent, un effondrement des écosystèmes 60 % de tous les genres biologiques disparaissent.
marins à une large échelle est, selon les auteurs, probable d’ici 2020 à 2050. Dévonien. Il y a 370 Ma, 70 % des espèces, marines pour l’essentiel,
En particulier, les eaux de surface de l’Océan absorbent une part impor- disparaissent.
tante des émissions anthropiques de dioxyde de carbone (CO2), ce qui Permien-trias. Il y a 250 Ma, 90 % des espèces disparaissent.
conduit à leur acidification. Celle-ci se produit à une vitesse inédite depuis Trias-jurassique. Il y a 200 Ma, environ 50 % de tous les genres biologiques
le maximum thermique du paléocène-eocène, qui, il y a 55 à 56 millions disparaissent.
d’années, a connu une extinction de masse. Crétacé-tertiaire. Il y a 65 Ma, la chute d’un astéroïde entraîne la disparition
Au cours de cette crise biologique, explique Jelle Bijma (Alfred Wegener de près de 60 % des espèces.
Institute for Polar and Marine Research) dans une étude de cas annexée
au rapport, le cycle du carbone a été perturbé par l’introduction dans
Stéphane Foucart, Le Monde daté du 24.06.2011
l’atmosphère d’environ 2 milliards de tonnes (Gt) de CO2 par an pendant
5 000 à 10 000 ans – les causes de ce bouleversement sont encore débat-
tues. C’est un taux près de quinze fois inférieur aux quelque 30 Gt de CO2
émises aujourd’hui, chaque année, par les activités humaines.
POURQUOI CET ARTICLE ?
Les rapporteurs constatent qu’un « trio mortel », bien connu, est à l’œuvre Les combustions de matières fossiles conduites par l’homme
dans les océans de la planète. Extension des zones anoxiques (privées (industrie, voiture,…) entraînent un accroissement de la quantité
d’oxygène, souvent par les effluents agricoles), augmentation de la tem- de dioxyde de carbone dans l’air. Le dioxyde de carbone, bien que
pérature, accroissement de l’acidité de l’océan : le triptyque qui marque faiblement soluble dans l’eau, réagit avec elle pour former un acide :
la situation actuelle est analogue à ce qui a prévalu lors de la plupart des l’acide carbonique et les ions hydrogénocarbonate et carbonate. La
cinq précédentes grandes crises biologiques, intervenues au cours des solubilisation du dioxyde de carbone gazeux dans les océans conduit
temps géologiques. à une baisse du pH. De plus, le réchauffement climatique contribue
Mais les effets sont plus rapides. Les auteurs notent ainsi qu’en 1998, un à la fonte des glaciers et calottes glaciaires, provoquant ainsi une
unique événement de blanchissement des coraux – vraisemblablement hausse du niveau de la mer et une diminution de la salinité locale
en partie lié à une forte anomalie de température – a conduit à une des eaux pouvant aller jusqu’à perturber la circulation des courants
destruction de 16 % des coraux tropicaux mondiaux. Or ces derniers sont marins. La température de surface des océans augmente également.
un réservoir crucial de la biodiversité marine. Comme les récifs coralliens sont très sensibles aux changements de
Dans la situation présente, les grandes modifications physico-chimiques température et comme la baisse du pH des océans réduit leur faculté
de l’Océan sont aggravées par le fait que la résilience des écosystèmes à fabriquer leurs squelettes calcaires, ils font partie des espèces
marins est mise à mal par la surpêche et la pollution globale des mers. La marines en grand danger.
pêche a ainsi réduit de 90 % certains stocks de poissons tandis qu’au niveau

Comprendre : lois et modèles 53


L’ESSENTIEL DU COURS

Transferts thermiques
Le transfert thermique est couramment appelé « chaleur ». Il n’y a que trois types de trans-
fert thermique : la conduction, la convection et le rayonnement. Ils peuvent coexister.
La quantité d’énergie qui caractérise ces trois types de transferts est appelée quantité de
chaleur et est notée Q. L’énergie interne correspond à l’énergie intrinsèque du système.
Elle est définie à l’échelle microscopique.

Comment varie l’énergie interne ?


La variation d’énergie totale d’un système est la somme de la
variation de son énergie interne U et de la variation de son énergie
mécanique Em. D’où Etot = ∆U + ∆Em.
La variation d’énergie interne d’un système est due aux échanges
d’énergie avec l’extérieur qui se font soit par travail W (en joules) soit
par transfert thermique Q (en joules). D’où U =W + Q.
Par convention, tout transfert d’énergie reçu par le système est compté
AIR CHAUD
positivement ( U > 0) ; et tout transfert d’énergie cédé par le système CONVECTION CONVECTION
est compté négativement ( U < 0).

RA
T
Comment s’effectuent les transferts

EN

YON
thermiques ?
Le transfert thermique par conduction se fait au sein des solides. En EM

NEMENT
RAYONN

fait, les particules de la partie chaude augmentent, par collisions,

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de proche en proche par l’agitation thermique de celles de la partie
froide.
Le transfert thermique par convection se fait dans les fluides (liquides AIR AIR
ou gaz) avec transfert de matière. La convection est due à la circulation FRAIS FRAIS
des molécules qui s’établit des parties chaudes vers les parties froides
(la masse volumique diminue avec la température). CONDUCTION
Le transfert thermique par rayonnement est dû au rayonnement électro­
magnétique. Tout corps chaud émet des rayonnements thermiques.
Le rayonnement se fait même dans le vide.

MOTS CLÉS
NOMBRE D’AVOGADRO ÉNERGIE INTERNE U ÉNERGIE TOTALE ETOT température d’un degré Celsius
Par convention, le nombre d’Avo- Ensemble des énergies présentes Énergie totale d’un système. Elle ou d’un kelvin. Unité : J.kg–1.K–1.
gadro NA est le nombre d’atomes dans un système à l’échelle résulte de la somme de l’éner-
FLUX THERMIQUE φ
de carbone 12 contenu dans une microscopique. Si Ec est l’éner- gie interne et de l’énergie méca-
Énergie transférée à travers une
masse de 12  g de carbone  12. gie cinétique (qui est fonction nique : Etot = U + Em. paroi par unité de temps. Unité :
Dans une mole il y a NA entités, de l’agitation thermique donc CAPACITÉ THERMIQUE C watt (W).
NA = 6,022137. 1023 mol−1. de la température) et si EP est Elle est déterminée par la quanti- RÉSISTANCE THERMIQUE R
l’énergie potentielle entre les té d’énergie à apporter par trans-
SYSTÈME FERMÉ Elle exprime sa résistance au
particules (qui est due aux inte- fert thermique (échange de cha- passage d’un flux de conduction
Système pour lequel il n’y a pas
ractions gravitationnelles, élec- leur) pour élever d’un kelvin (ou thermique. Cette résistance s’ap-
d’échange de matière avec l’exté-
tromagnétiques, fortes et faibles) un degré Celsius) la température plique aux solides ainsi qu’aux
rieur, mais il peut y avoir échange d’une substance. Unité : J.K–1.
alors U = EC + EP . fluides (liquide ou gaz) immo-
d’énergie.
CAPACITÉ THERMIQUE biles. Cette notion n’est valable
SYSTÈME ISOLÉ ÉNERGIE MÉCANIQUE EM MASSIQUE qu’en régime stationnaire. Plus la
Système pour lequel il n’y a ni Somme de l’énergie potentielle et Elle correspond à l’énergie ther- résistance thermique est grande
échange de matière ni échange de l’énergie cinétique au niveau mique qu’il faut fournir à un kilo­ et plus la paroi est un bon isolant
d’énergie avec l’extérieur. macroscopique : Em = Ep + Ec. gramme de corps pour élever sa thermique. Unité : K. W–1.

54 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

Lorsque plusieurs parois sont accolées, la résistance thermique totale


Comment calcule-t‑on le flux thermique ?
est égale à la somme des résistances thermiques de chaque paroi.
T1 > T2
Remarque : chaque matériau possède sa propre résistance thermique.
Les constructeurs ont pour habitude de noter la conductivité ther-
mique, qui est l’inverse de la résistance thermique.

Comment établir un bilan d’énergie ?


Face1 Le bilan énergétique doit suivre le protocole suivant :
1) donner le système macroscopique étudié ;
2) noter la nature des transferts énergétiques (travail, transfert
Q S
Face2 thermique par conduction…) entre le système choisi et l’extérieur ;
3) noter le sens de chaque transfert en utilisant la convention : signe
positif si le système reçoit, signe négatif si le système cède ;
e 4) Calculer les variations d’énergie.
Si on appelle Q l’énergie transférée à travers une paroi pendant une Par exemple :
Q
durée t, on définit le flux thermique φ à travers cette paroi par : φ = .
∆t W
Ce transfert se fait spontanément de la source chaude vers la source
froide ; il est irréversible.
Compresseur
Q1
Comment calcule-t‑on la résistance thermique ? Condensateur
La résistance thermique de conduction s’exprime selon le flux de Q2 Évaporateur
chaleur entre deux surfaces isothermes et les températures de ces
|T – T |
deux surfaces isothermes : R = 1 2 , où T1 et T2 sont les températures
φ Détendeur
constantes au cours du temps en kelvin et φ est le flux thermique

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en watt. Le système est la pompe à chaleur.
Plus la résistance thermique est grande et plus la paroi est un bon Le bilan du système est : + Q1 + W – Q2 = ΔU.
isolant thermique. Comme la température du système reste constante : ΔU = 0.
La résistance thermique dépend de la géométrie de l’objet. Pour D’où + Q1 + W = Q2.
une surface plane – c’est le cas d’un mur de maison par exemple –,
la résistance thermique d’un élément d’épaisseur e (en m), de sur-
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
face S (en m²) et de conductivité thermique λ (en W ⋅ m−1 ⋅ K −1) vaut :
e • La France mise sur l’eau chaude pour s’éclairer p. 58-59
R= .
λ⋅S (Pierre Le Hir, Le Monde daté du 18.03.2013)

ZOOM SUR
LE TRANSFERT THERMIQUE Q est positif si la masse m s’échauffe (l’énergie Un changement de l’état physique d’un corps
ENTRE DEUX SYSTÈMES interne augmente). Q est négatif si la masse m pur est réalisé sous pression constante et à une
L’expérience montre que lorsqu’on met en se refroidit. température constante. L’expérience montre
présence deux corps pris à des températures que l’énergie thermique (ou quantité de
différentes, au bout d’un certain temps, leur Transfert thermique accompagnant le change-
ment d’état physique d’un corps pur chaleur) Q échangée avec l’environnement par
température finit par devenir la même. Le un corps pur de masse m qui subit un change-
corps chaud a donné de l’énergie thermique ment d’état est :
(calorifique) au corps froid. C’est le transfert LIQUIDE Q = m L = U , où L est la chaleur latente mas-
thermique. À l’échelle macroscopique, un sique de changement d’état. Q et L sont positifs
transfert thermique s’effectue toujours d’un pour une fusion, une vaporisation, une subli-
corps chaud vers un corps froid. fusion vaporisation mation et négatifs pour une solidification, une
Transfert thermique sans changement d’état liquéfaction liquéfaction, une condensation.
physique de la substance
L’expérience montre que l’énergie thermique solidification
(ou quantité de chaleur) Q échangée avec l’en-
vironnement par une masse m de substance condensation
SOLIDE GAZ
dont la température varie de θinitial à θ final peut
s’écrire :
Q = m.c ( initial – final ) = U . sublimation

Comprendre : lois et modèles 55


EXERCICES PAS À PAS

Amérique du Sud (juin 2013)

Soucieux de réduire ses dépenses de chauffage, Frédéric 4. La résistance thermique totale du sol du grenier doit atteindre la
décide d’améliorer l’isolation thermique de son habitation. valeur R = 6,3 × 10 –2 K.W–1. Sachant que lorsque plusieurs parois sont

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Sa maison possédant un grenier non chauffé, il décide d’en accolées, la résistance thermique totale est égale à la somme des résis-
tances thermiques de chaque paroi, calculer la résistance thermique
isoler le sol.
de l’isolant choisi précédemment par Frédéric à la question 3.
Données : 5. Frédéric a lu que la résistance thermique d’une paroi plane dépend
• température du grenier : θ1 = 5,0 °C ; de la conductivité thermique λ du matériau constituant la paroi, de
son épaisseur e et de la surface S traversée par le flux thermique.
• température de la maison : θ2 = 20 °C ;
La résistance thermique est inversement proportionnelle à la
• surface du sol du grenier : S = 80 m2 ;
conductivité thermique et à la surface traversée et proportionnelle
• résistance thermique du sol du grenier : R = 7,5.10–3 K.W–1. à l’épaisseur.
Tous les matériaux proposés dans le tableau s’achètent sous forme de
1. Dans quel sens s’effectuera le transfert thermique dans la maison panneaux rigides dans le commerce. Quelle épaisseur minimale doit
de Frédéric ? posséder le panneau du matériau choisi par Frédéric ?
2. Donner l’expression puis calculer le flux thermique Φ à travers le
sol du grenier.
Frédéric consulte de nombreuses documentations sur l’isolation La bonne méthode
thermique. Il existe de nombreux matériaux isolants caractérisés par 1. Un transfert thermique s’effectue toujours de la source
leur conductivité thermique, notée λ. Plus la conductivité thermique chaude vers la source froide.
d’un matériau est élevée, plus il conduit facilement la chaleur. 2. Revenir à la définition du flux thermique.
3. Utiliser le tableau suivant pour conseiller Frédéric dans son choix
3. La conductivité thermique est l’inverse de la résistance
de matériau. Justifier.
thermique. Et plus la résistance thermique est grande plus
Liège le matériau est isolant.
Nom du Laine Polystyrène
naturel Cellulose 4. La résistante totale est égale à la résistance de la paroi et
matériau de roche extrudé
expansé la résistance du sol.

Conductivité 5. Connaissant la valeur de la résistance de la paroi et la


thermique λ 0,035 0,033 0,042 0,039 ­relation de la résistance en fonction de l’épaisseur donnée
en W.m .K
–1 –1 par l’énoncé, on peut en déduire l’épaisseur minimale.

56 Comprendre : lois et modèles


EXERCICES PAS À PAS

Antilles-Guyane (septembre 2014)
1. Pour évaluer les pertes thermiques d’une maison, on procède à a) Justifier cette expression.
l’expérience suivante : la masse ma d’air à l’intérieur de la maison b) Sachant que la puissance thermique nécessaire pour chauffer
étant initialement à la température T1 = 19,0 °C, on coupe le système de l’habitation est P’th = 4,0 kW, déterminer l’énergie QC échangée par le
chauffage pendant une durée Δt = 1,00 h. On mesure une température fluide caloporteur avec l’habitat pendant 24 heures si l’on suppose
finale T2 = 15,6 °C. que la pompe à chaleur fonctionne sans interruption.
Exprimer, puis calculer, la variation de l’énergie interne ΔU de l’air c) Le coefficient de performance de la pompe à chaleur étudiée vaut
contenu dans la maison. 3,1. En déduire le travail électrique W reçu par le compresseur de la
pompe à chaleur en une journée.
Données :
d) Calculer le coût journalier d’utilisation de cette pompe à chaleur. En
• capacité thermique massique de l’air : ca = 1 000 J.K−1.kg−1 ;
sachant le prix du kWh d’électricité en France en 2013 : 0,13 €.
• volume intérieur de la maison : V = 400 m ; 3 

• masse volumique de l’air : ρ = 1,3 kg.m−3.


2. Interpréter le signe du résultat obtenu à la question précédente.
3. Déterminer la puissance thermique Pth nécessaire au maintien
d’une température constante (égale à 19,0 °C) de l’air à l’intérieur de
cette maison.
4.  En réalité, la puissance thermique que doit fournir la pompe
à chaleur pour chauffer l’habitation est P’ th = 4,0 kW. Quelle
peut être la raison de l’écart avec la valeur trouvée à la question
précédente ?
5. Recopier et compléter le schéma ci-dessous représentant le bilan
énergétique de la pompe à chaleur en faisant apparaître W, QC et QF
et les sources en présence.

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Données :
La PAC est un matériel qui permet de réaliser un transfert thermique
d’un milieu froid vers un milieu chaud, c’est-à-dire inverse du sens
naturel. Pour réaliser ce transfert « inverse », une dépense d’énergie
est nécessaire, elle correspond à un échange de travail W fourni par
un compresseur à un fluide caloporteur, c’est-à-dire un corps capable
de s’écouler et qui permet d’échanger de l’énergie avec les sources La bonne méthode
chaude et froide. 1. La variation d’énergie interne est égale ici au transfert
Dans les PAC à condensation, l’absorption et la restitution d’énergie d’énergie thermique Q sans changement d’état.
par le fluide reposent sur le changement d’état de celui-ci :
2. Si U < 0, il y a perte d’énergie, si U > 0, il y a gain d’énergie.
• son évaporation (passage du fluide de l’état liquide à l’état gazeux
3. La puissance thermique est égale à la variation d’énergie
dans l’évaporateur) permet l’absorption d’énergie lors du contact avec
la source froide extérieure, l’échange d’énergie est noté QF ; thermique à apporter pour compenser les pertes par unité
• sa condensation (passage du fluide de l’état gazeux à l’état liquide de temps.
dans le condenseur) permet la restitution d’énergie lors du contact 4. Il faut chercher une raison sur le rendement de la pompe
avec le local à chauffer, l’échange d’énergie est noté QC. à chaleur.
5. Faire le bilan énergétique en tenant compte des signes
des différentes énergies.
6. a) Revenir à la définition du rendement.
b) L’énergie thermique est égale à la puissance multipliée
par la durée de fonctionnement. Attention à convertir le
temps en secondes.
c) En déduire le travail W avec la relation donnée dans
Qa
6. Le coefficient de performance (COP) d’une pompe à chaleur est l’énoncé et le calcul de QC à la question précédente  .
w
QC
défini par : COP =  .
W

Comprendre : lois et modèles 57


L’ARTICLE DU

La France mise sur l’eau chaude


pour s’éclairer
Une vingtaine de projets de géothermie profonde attendent le feu vert du gouvernement
pour débuter.

Les professionnels sont unanimes : « Ça bouge dans la géothermie. » à 70 °C est ensuite réinjectée, par un puits séparé, dans le sous-sol, où
Ils ne parlent pas des pompes à chaleur pour maisons individuelles elle se réchauffe avant d’être pompée à nouveau.
ou bâtiments collectifs. Ni des réseaux de chaleur urbains, dont le Fonroche, qui a obtenu, à Pau-Tarbes, un permis sur une zone de
Bassin parisien réunit la plus forte concentration au monde. Deux 1 000 km2, va ainsi forer jusqu’à 6 000 m, dans l’espoir de mettre
domaines où la France a acquis une expertise qui fait de cette ressource en service, en 2016, une centrale de 5 MW électriques et 15 MW ther-
la troisième énergie renouvelable de l’Hexagone, après la biomasse miques. Coût de ce démonstrateur : 80 millions d’euros, dont la moitié
et l’hydraulique. pourrait être financée par les « investissements d’avenir ».
C’est de géothermie à haute température (150 °C ou plus) qu’il est « La géothermie est la seule énergie renouvelable disponible en per-
question. Celle qui va puiser dans les entrailles de la Terre, à plusieurs manence, sans les intermittences du solaire ou de l’éolien », défend
kilomètres de profondeur, les calories issues de la désintégration son directeur, Jean-Philippe Soulé. Cela, « à un coût avantageux pour
des éléments radioactifs présents dans la roche, pour produire de la collectivité » et « en évitant le rejet de 60 000 tonnes de CO2 par an
l’électricité ou de la chaleur. pour une installation standard ». Selon lui, la France dispose d’un
Fin février, la ministre de l’écologie et de l’énergie, Delphine Batho, potentiel de 2 700 MW d’électricité géothermique, l’équivalent de
a signé deux nouveaux permis exclusifs de recherche : le premier, trois réacteurs nucléaires.

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délivré à la société Electerre de France, dans la zone de Chaudes-­ Du fossé rhénan au Bassin aquitain, en passant par le Massif central
Aigues-Coren (Cantal et Lozère), le second, attribué à Fonroche, dans ou le couloir rhodanien, le sous-sol français compte de vastes terri-
le secteur de Pau-Tarbes (Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées). toires propices à l’extraction de la chaleur profonde. « Il reste encore
« Dix-huit demandes sont actuellement en cours d’instruction », des verrous technologiques et économiques à lever, mais l’énergie
indique le ministère. Quatre permis avaient déjà été accordés ces géothermique a un fort potentiel de développement », est persuadé
dernières années, l’un en Auvergne, les trois autres en Alsace. Et, Romain Vernier, directeur du département géothermie du Bureau de
depuis quelques jours, quatre autres, en Alsace également, sont recherches géologiques et minières (BRGM).
soumis à la consultation du public, cette activité étant strictement « Dans les territoires d’outre-mer, la géothermie à haute température
encadrée par le code minier, le code de l’environnement et le code peut permettre, en complément du solaire et de l’éolien, d’atteindre
de la santé publique. l’autonomie énergétique. En métropole, elle restera relativement
Cette effervescence pourrait marquer l’émergence d’une nouvelle
filière énergétique. La géothermie à haute température a d’abord
exploité les aquifères brûlants (jusqu’à 350 °C) des régions volcaniques
actives. C’est la raison pour laquelle elle s’est développée sur la Côte POURQUOI CET ARTICLE ?
ouest des Etats-Unis, en Indonésie, aux Philippines, au Japon ou, sur Compte tenu de l’augmentation de la population mondiale, la
le continent européen, en Italie et en Islande, avec une capacité de quantité de ressources disponibles diminue à grands pas. L’éo-
production électrique totale de 11 000 mégawatts (MW). La France ne lien et le solaire, bien qu’il s’agisse d’énergies renouvelables,
compte qu’une installation de ce type, en Guadeloupe, sur la commune sont intermittents. La géothermie est donc une solution à
bien nommée de Bouillante, où une centrale de 15 MW fournit 8 % de long terme de puisage d’énergie calorifique dans le sous-sol
l’électricité de l’archipel. de la Terre. Les Romains utilisaient déjà un système de canali-
Les industriels explorent aujourd’hui une voie différente, ouverte sation à air pour se chauffer. À la surface du sol, la température,
par un programme européen mené à Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin) et qui varie peu au cours d’une journée en raison de l’inertie du
devenu une référence mondiale. Le principe consiste à pomper par un sol, peut toutefois présenter des écarts entre l’hiver et l’été. La
puits, à 5 000 mètres de profondeur, de l’eau à 200 °C. En surface, un prouesse est ici de récupérer les calories thermiques à grande
échangeur thermique la transforme en vapeur entraînant une turbine profondeur.
électrique, avec une cogénération possible de chaleur. L’eau, refroidie

58 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

marginale, mais la France doit mettre le paquet pour exporter sa En outre, les eaux souterraines remontées à la surface sont chargées
technologie », ajoute Elsa Demangeon, du Syndicat des énergies en sel (plus de 100 grammes par litre à Soultz) mais aussi en sulfures
­renouvelables (SER). Celui-ci chiffre à plus d’une centaine les entre- et en métaux lourds toxiques, comme l’arsenic ou le plomb, ainsi
prises françaises du secteur et à 11 500 les emplois actuels, toutes qu’en radioéléments. Il faut donc éviter, par des tubages multiples,
formes de géothermies confondues. que des fuites ne polluent les nappes phréatiques.
Pour sortir de terre, la géothermie profonde doit toutefois réduire De surcroît, certains fluides utilisés dans les échangeurs thermiques
son impact environnemental. Car les techniques mises en œuvre présentent un danger, comme l’isobutane, inflammable et explosif,
ne sont pas sans risques. La « stimulation » de la roche utilisée pour ou l’ammoniac, toxique.
accroître les débits d’eau peut provoquer des milliers de microséismes. Même si les industriels travaillent à des alternatives plus « douces »,
À Soultz-sous-Forêts, le plus fort, d’une magnitude de 2,9, a suscité de nul doute que la géothermie des grandes profondeurs sera placée, par
nombreuses plaintes des riverains. En Suisse, la ville de Bâle a renoncé les associations environnementales, sous haute surveillance.
à un forage à la suite d’une série de secousses qui avaient endommagé
des bâtiments et semé la panique dans la population. Pierre Le Hir, Le Monde daté du 18.03.2013

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Comprendre : lois et modèles 59


L’ESSENTIEL DU COURS

Transferts quantiques d’énergie


et dualité onde-corpuscule
Pendant plusieurs siècles, les scientifiques ont débattu pour définir la nature de la lumière.
Certains la voyaient comme une onde et d’autres comme un ensemble de particules. Ce
fut Planck qui introduisit en premier la notion de quantification de l’énergie. Cela permit,
en contrôlant les transitions électroniques, de concevoir une nouvelle source lumineuse :
le LASER.

Quels sont les trois types L’électron, « stimulé » par le photon incident, libère un deuxième
de transition électronique ?
photon exactement égal au premier et retombe dans son état d’éner-
absorption émission spontanée émission stimulée
gie inférieur. Le photon émis possède la même fréquence, la même
Niveau du haut
E2 E2 E2 direction, la même phase et la même polarité que le photon incident :
on dit qu’ils sont dans le même état.
Photon

Photon
Direction quelconque Qu’est-ce que l’effet laser ?
E1 E1 E1 Les deux photons identiques issus de l’émission stimulée peuvent
Niveau du bas atome
être utilisés pour exciter deux autres atomes. Il y aura alors 4 photons
L’absorption (stimulée) : un photon qui a exactement la bonne énergie dans le même état qui pourront stimuler 4 autres atomes, et ainsi de
est envoyé sur l’électron d’un atome, ce dernier absorbe le photon et suite… Il y a amplification de l’intensité lumineuse et tous les photons
emmagasine ainsi son énergie, ce qui lui permet d’aller au niveau possèdent la même fréquence, la même direction, la même phase et

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supérieur (niveau  E2) à partir du niveau inférieur (niveau  E1). L’énergie la même polarité. On parle de lumière cohérente.
du photon sera : E photon = E2 – E1 = h.ν. L’électron est alors excité.
L’émission spontanée : un électron excité peut perdre spontanément Quelles sont les principales propriétés du laser ?
son état d’excitation en émettant un photon qui aura exactement la Le rayonnement laser est monochromatique : il contient une seule
même énergie que celui de l’absorption stimulée pour retrouver son couleur parce que l’on choisit comme dopant un élément qui offre un
état d’’énergie inférieur. Soit E photon = E2 – E1 = h.ν. Dans ce cas, le photon seul type de niveau excité accessible (en principe). En se désexcitant, les
est émis dans une direction aléatoire. électrons libèrent tous la même énergie, d’où le caractère monochrome.
L’émission stimulée : un photon qui aura exactement la même énergie La lumière laser est monodirectionnelle : toutes les ondes lumineuses se
que celui de l’absorption stimulée est émis vers un électron excité. déplacent dans la même direction. Le rayon laser est très peu divergent.

MOTS CLÉS
LASER aux atomes de passer du niveau deux miroirs disposés face à face met d’extraire des électrons du
Dispositif permettant une ampli- fondamental (1) à un niveau ex- qui imposent des allers-retours métal : c’est l’effet photoélec-
fication de la lumière par émis- cité (3). Les atomes ne restent pas aux photons. Il y aura augmen- trique. Les photons de la source
sion stimulée de rayonnement, sur ce niveau, mais redescendent tation du nombre d’interactions lumineuse ont une énergie
d’où, en anglais, Light Amplifica- au niveau (2) où ils s’accumulent. entre les photons et les atomes fonction de la fréquence de la
tion by Stimulated Emission of L’inversion de population peut et donc le nombre de photons lumière. Lorsqu’un électron du
Radiation : LASER. Il émet de la être obtenue par un dispositif dit produits par émission stimulée. métal (ici le zinc) absorbe un
lumière très cohérente, grâce au « de pompage » ou « de pompage Ceci constitue l’oscillateur laser photon ayant une énergie suf-
processus d’émission stimulée optique ». dans lequel il y a amplification fisante, l’électron est éjecté. Par
(ou induite). du nombre de photons qui ont conséquent, l’effet photoélec-
INVERSION
DE POPULATION ET même fréquence, même direction trique est l’émission d’électrons
ÉMISSION OU ABSORPTION et même sens de propagation et
QUANTIQUE POMPAGE OPTIQUE par un matériau, généralement
Système pour lequel il n’y a pas qui sont en phase.
Pour que le nombre d’émissions métallique, lorsqu’il est expo-
stimulées soit suffisant, il faut d’échange de matière avec l’exté- EFFET PHOTOÉLECTRIQUE sé à la lumière ou un rayon-
qu’il y ait plus d’atomes dans un rieur, mais il peut y avoir échange Lorsqu’on éclaire un électros- nement électromagnétique de
état excité que dans l’état fonda- d’énergie. cope préalablement chargé né- fréquence suffisamment élevée,
mental. Il faut donc transférer AMPLIFICATION ET gativement avec une lumière qui dépend du matériau. Ce phé-
de l’énergie à la matière pour OSCILLATEUR OPTIQUE ultra-­violette, l’électroscope nomène ne peut s’interpréter
créer une inversion de popula- Les photons produits par émis- se décharge. Donc, la lumière, qu’avec le modèle corpusculaire
tion. L’apport d’énergie permet sion stimulée sont placés entre éclairant la plaque de zinc, per- de la lumière.

60 Comprendre : lois et modèles


L’ESSENTIEL DU COURS

La lumière laser est ordonnée, on dit qu’elle est cohérente. On dit que On observe le comportement particulaire de la lumière dans l’effet
les ondes lumineuses sont en phase. photoélectrique, par exemple.
Dans un laser, la source de lumière est concentrée (dans l’espace), et
l’énergie possède une seule longueur d’onde. On a donc une énergie Que signifie la dualité onde-corpuscule ?
lumineuse intense concentrée dans un faible volume et d’une seule La physique quantique associe une onde et une particule. Le paradoxe
couleur. de la dualité onde-corpuscule est de concilier du continu (ondes) avec
Un laser à impulsions permet de plus de concentrer dans le temps du discontinu (corpuscules). La physique quantique ne retient pas
l’énergie grâce à des impulsions de très courte durée. On parle alors la classification onde ou corpuscule. Les objets qu’elle considère ne
de concentration temporelle de l’énergie. sont ni des corpuscules ni des ondes, mais « autre chose » : un photon
lui-même n’est ni une onde ni une particule, mais un objet quantique,
Peut-on considérer la lumière appelé parfois « quanton » par les scientifiques.
comme une onde lumineuse ?
On observe le caractère ondulatoire de la lumière au cours des phé- Qui peut réconcilier les deux concepts ?
nomènes de diffraction ou d’interférences. Louis de Broglie démontre qu’à chaque particule de la matière doit
Lorsqu’on réalise l’expérience de Young, la lumière est envoyée sur deux être associée ce qu’il appelle une longueur d’onde (qu’il vaudrait
fentes fines et on observe alors sur l’écran une figure d’interférence. mieux appeler longueur caractéristique). La longueur d’onde λ est
Lorsqu’on envoie de la lumière sur une seule fente fine, on observe liée à la quantité de mouvement p de la particule considérée par la
h
une figure de diffraction. Les figures d’interférence ou de diffrac- relation : p = .
λ
tion sont caractéristiques d’un comportement ondulatoire de la
Cela implique que les particules de la matière présentent, elles aussi,
lumière.
un double aspect onde-corpuscule.
Pour que l’aspect ondulatoire de la matière se manifeste, il faut que la
Peut-on considérer la lumière
comme un ensemble de photons ? masse de la particule soit petite, comme pour un proton, un électron
En 1905, Einstein postule que la lumière est constituée de grains ou un neutron.
d’énergie qui seront appelés photons. Un photon est une particule
UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER

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immatérielle et sans masse. Chaque photon est porteur d’un quantum
(paquet) d’énergie caractéristique de sa fréquence. Ce concept permet • La lumière : onde et corpuscule p. 63-64
(Stéphane Foucart, Le Monde daté du 08.06.2005)
d’expliquer, par exemple, l’effet photoélectrique.

ZOOM SUR…
LES TRANSITIONS ÉNERGÉTIQUES DANS UNE MOLÉCULE
Dans une molécule, comme dans un atome seul, il y a des électrons en
mouvement : il y a donc de l’énergie cinétique. Comme les électrons
et le noyau sont chargés électriquement, il y a un champ électrique et
donc une énergie potentielle électrique. Cette énergie électronique est
quantifiée.
De plus, dans une molécule, les atomes effectuent des mouvements os-
cillants ainsi que des mouvements de rotation : les liaisons peuvent être
modélisées comme de petits ressorts ou de petits élastiques. Il y a donc
à nouveau une énergie cinétique due aux mouvements des atomes au
bout de leurs liaisons et aussi une énergie potentielle, les atomes exer-
çant entre eux des interactions électrostatiques dues à leur polarisation
instantanée ou permanente (on parle de moments dipolaires). Cette
énergie de vibration-rotation est aussi quantifiée.
Par absorption d’un photon, une molécule peut passer d’un niveau
d’énergie inférieur à un niveau d’énergie supérieur. Et inversement, en
émettant un photon. La nature de la transition est différente suivant
l’ordre de grandeur de l’énergie du photon.
• La transition d’énergie électronique, étant plus grande que celle
mise en jeu lors d’une transition d’énergie vibratoire, est associée
à une radiation ultraviolette ou visible. (transition énergétique de
l’ordre de 1 eV).
• La transition d’énergie vibratoire est associée à une radiation infra-
rouge (transition énergétique de l’ordre de 0,1 eV).

Comprendre : lois et modèles 61


EXERCICES PAS À PAS

Nouvelle Calédonie (novembre 2014)


1. Donner deux propriétés du laser.
Données :
• constante de Planck : h = 6,63 × 10 –34 J.s ;
• célérité de la lumière dans le vide : c = 3,00 × 108 m.s–1 ;
• 1 eV = 1,602 × 10 –19 J.
Afin de vérifier que l’analyseur spectral de ChemCam fonctionne
bien, on réalise au laboratoire le spectre d’émission atomique
d’une roche témoin contenant l’élément calcium.

2. Justifier pourquoi deux atomes (ou ions) différents ne donnent


pas le même spectre d’émission.

3. À l’aide du document ci-après, identifier, pour l’ion Ca+, la transition


énergétique correspondant à la raie de longueur d’onde 423 nm. La bonne méthode
Détailler votre démarche. 1. Le laser présente quatre propriétés, il faut en citer deux.
2. L’énergie de l’atome est quantifiée. En déduire, les consé-
quences sur chaque radiation émise.
3. Calculer la variation d’énergie en eV auquel correspond la
longueur d’onde donnée, puis avec le diagramme des niveaux
d’énergie donné en déduire quelle transition est possible.

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Centres étrangers (juin 2016)
Les deux représentations ci-dessous montrent la figure de 1. Quelle condition sur la longueur d’onde permet d’observer le

diffraction d’un faisceau de rayons X (à gauche) et d’un fais- phénomène de diffraction ?

ceau d’électrons (à droite) après passage au travers d’une


2. Expliquer en quoi la figure précédente illustre l’hypothèse d’un
fine feuille faite de petits cristaux d’aluminium. comportement ondulatoire des électrons.

3. Donner la relation de De Broglie qui prend en compte ce compor-


tement ondulatoire des électrons. Quelle est sa signification ?

La bonne méthode
1. Revenir à la condition que doit avoir une ouverture ou un
obstacle pour qu’il y ait diffraction.
2. Observer la figure de gauche et la figure de droite pour
conclure.
Source : A.P. French and Edwin F. Taylor, 3. La relation de De Broglie lie la quantité de mouvement
Introduction to Quantum Physics, à la longueur d’onde.
New York : W.W. Norton 1978.

62 Comprendre : lois et modèles


L’ARTICLE DU

La lumière : onde et corpuscule


En mars 1905, dans un article révolutionnaire, Einstein suppose que l’énergie lumineuse
est quantifiée. Il fonde ainsi la théorie quantique.

La publication en mars 1905, dans Annalen der Physik, de l’article Des « variables cachées »


intitulé « Sur un point de vue heuristique concernant la production et Max Planck avait certes franchi un premier pas au tout début du
xx e siècle, dans son interprétation du phénomène dit du « rayon-
la transformation de la lumière » est une révolution. C’est pour cette
contribution que le physicien recevra en 1922 (au titre de l’année 1921) nement du corps noir », en introduisant la constante qui porte son

le prix Nobel de physique. L’hypothèse que formule Albert Einstein nom et en formulant l’hypothèse que les échanges d’énergie entre

sera le fondement de la mécanique quantique : ces travaux, les pre- lumière et matière se faisaient de manière quantifiée. Mais l’idée

miers publiés par le jeune physicien, laissent déjà entrevoir la nature que c’est la lumière elle-même qui est granulaire semble par trop

duale de la lumière, à la fois ondulatoire et corpusculaire. D’ailleurs, iconoclaste.

Einstein ne s’y trompe pas et sait que son hypothèse est particulière- La théorie quantique, ainsi née en mars 1905, se montrera, de nom-

ment iconoclaste. Il parle donc, dans le titre de sa publication, d’un breuses années plus tard, d’une prodigieuse efficacité pour expliquer

« point de vue heuristique ». C’est-à-dire d’une approche pragmatique un très grand nombre de phénomènes. Elle a résisté, jusqu’à présent,

visant à expliquer certains phénomènes observés. à toutes les expérimentations qui ont tenté de la mettre en défaut.

Pour expliquer l’effet photoélectrique, Einstein fait l’hypothèse que Mais, de manière assez paradoxale, Einstein, véritable fondateur de

la lumière est constituée de petits grains transportant chacun une cette théorie, ne participera pas réellement à son développement et

quantité d’énergie proportionnelle à la fréquence de leur rayonnement à sa formalisation ultérieurs, dans les années 1920 et 1930. D’autres

associé. Au début du xxe siècle, cet énoncé publié par Annalen der Phy- physiciens s’en chargeront. Le physicien d’origine allemande entre-

sik est jugé intolérable par l’ensemble des physiciens. Il le demeurera tiendra d’ailleurs, tout au long de sa vie, des relations ambiguës avec

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pendant plus de onze ans, jusqu’à ce que le physicien américain sa capricieuse créature.

Robert Millikan, en cherchant à démontrer de manière expérimentale Capricieuse, car, malgré ses succès, elle ne correspond pas à l’image que

qu’Einstein a tort, finisse en 1916 par démontrer qu’il avait raison. se fait Einstein de l’ordre des choses. Elle prévoit que le comportement

Millikan dira que la confirmation expérimentale de l’hypothèse des particules élémentaires ne peut pas être prévu de manière certaine

d’Einstein est « indiscutable », bien qu’elle soit « déraisonnable » et unique, les composants élémentaires du monde se comportant de

et qu’« elle semble contredire tout ce que les physiciens savent des manière fondamentalement probabiliste. C’est cette étrangeté de la

interférences lumineuses ». physique quantique qui amènera Einstein à prononcer ce mot resté

Pourquoi une telle défiance de l’ensemble du monde scientifique ? fameux : « Dieu ne joue pas aux dés ! »

Parce que les travaux du jeune physicien allemand remettent en cause Confronté sur ce point au grand physicien danois Niels Bohr, Einstein

un principe bien établi par l’expérience depuis le milieu du xixe siècle : n’a de cesse de montrer que la théorie quantique, telle qu’elle a été

la lumière est une onde. Elle n’est pas, comme le pensait Isaac Newton, développée depuis sa naissance en mars 1905, est non pas fausse, mais

dans sa vision balistique de l’optique, constituée de petits projectiles. incomplète. Il y manque des paramètres, des « variables cachées ».

Pour preuve, la manipulation de Thomas Young. Celle-ci utilise une En 1935, dans la Physical Review, le grand physicien publie, avec

source lumineuse qui éclaire un écran percé de deux fentes. Au-delà


de ces deux orifices, un écran recueille la lumière. Des franges
d’interférences – c’est-à-dire des alternances de stries sombres et POURQUOI CET ARTICLE ?
lumineuses – apparaissent et trahissent la nature irrémédiablement La lumière est à la fois une onde et un ensemble de particules.
ondulatoire de la lumière, car seules les ondes peuvent ainsi interférer. La nature ondulatoire de la lumière décrite depuis Huygens au
xviie siècle est montrée expérimentalement par les phénomènes
La lumière ne peut donc pas raisonnablement être corpusculaire. Elle
d’interférence et de diffraction. Mais l’effet photoélectrique, qui
est seulement ondulatoire.
est une émission d’électrons sous stimulation lumineuse, ne
Erreur ! Elle est aussi discontinue, comme la matière, comme les flux
peut pas être expliqué avec cette approche. En fait, l’énergie du
électriques. Ce paradoxe profond, cette dualité, Einstein la pressent
photon incident (si elle est suffisante) se transmet à l’électron
clairement en mars 1905. L’énergie lumineuse dépend en effet, selon la
du matériau qui est éjecté. De Broglie, plus tard, affirme que toute
formulation d’Einstein, de la fréquence de l’onde associée. Quantifiée,
la matière (et pas seulement la lumière) a une nature ondulatoire.
cette énergie suppose cependant l’existence d’une unité élémentaire Il relie, ainsi, la longueur d’onde à la quantité de mouvement.
de la lumière qui portera plus tard le nom de photon.

Comprendre : lois et modèles 63


L’ARTICLE DU

­Nathan Rosen et Boris Podolsky, un article qui doit mettre en déroute les effets. C’est le paradoxe dit EPR (Einstein, Podolsky, Rosen), dont
la pensée de Bohr. Les trois hommes mettent en évidence un paradoxe Einstein estime qu’il est la démonstration des imperfections de la
qui prouve à coup sûr que la théorie quantique est imparfaite, qu’il y théorie quantique.
manque un niveau sous-jacent de description. Einstein, Podolsky et En réalité, ce paradoxe n’en est pas un et, en 1982, des chercheurs français
Rosen montrent que le formalisme quantique autorise une magie in- mettent en évidence la réalité physique de ce phénomène, dit de l’intri-
concevable. Si deux particules quantiques se heurtent, elles demeurent cation. Jusqu’à la fin de sa vie, Einstein a donc cru incomplète la théorie
ensuite irrémédiablement liées. Même distantes de plusieurs milliers qu’il avait contribué à inventer en mars 1905. Sur cet unique point,
de kilomètres, elles se comportent comme un seul et même objet : il avait tort. À moins que l’avenir ne finisse par lui donner raison.
que la première soit perturbée, et la seconde en subit immédiatement Qui sait…

Expérience de Thomas Young (1773‑1829)


Au XIXe siècle, la nature ondulatoire de la lumière est démontrée. Avec les quanta lumineux, Einstein révolutionne cette vision univoque.

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Stéphane Foucart, Le Monde daté du 08.06.2005

64 Comprendre : lois et modèles


AGIR :
DÉFIS DU XXIe SIÈCLE

Sortie d’eau

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Réfrigérant à eau

Arrivée d’eau

Ballon à fond rond

Mélange réactionnel
Chauffe-ballon

Vallet
L'ESSENTIEL DU COURS

Contrôle de la qualité par dosage


Réaliser un dosage consiste à déterminer avec précision la concentration d’une espèce
chimique en solution. Les dosages sont nécessaires dans le domaine de la santé (pour
effectuer des analyses sanguines, établir un diagnostic) et de l’environnement (pour
quantifier un polluant), ainsi que pour le contrôle qualité des produits d’usage courant (ali-
ments, boissons, produits ménagers ou pharmaceutiques). Il existe plusieurs méthodes
pour doser une espèce en solution : par exemple, le dosage par étalonnage ou le dosage
par titrage.

Qu’est-ce qu’un dosage spectrophotométrique par


étalonnage ?
Si l’espèce à doser est colorée, la grandeur mesurée est l’absorbance,
il s’agit d’un dosage spectrophotométrique. Pour les solutions
suffisamment diluées et à longueur d’onde fixée, l’absorbance est
proportionnelle à la concentration (loi de Beer-Lambert), ce qui permet
l’obtention d’une droite d’étalonnage.
Loi de Beer-Lambert : A = k ⋅ c.
A : absorbance de la solution (sans unité) ;
c : concentration molaire de l’espèce colorée (mol.L–1) ;
k : coefficient de proportionnalité (L.mol –1).
Remarque : l’absorbance est une grandeur additive : A = ΣAi = Σki . ci.

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Qu’est-ce qu’un dosage conductimétrique par
étalonnage ?
Si l’espèce à doser est un ion, la grandeur mesurée est la conductivité, il
s’agit d’un dosage conductimétrique. Pour les solutions suffisamment
diluées, la conductivité est proportionnelle à la concentration (loi de La conductivité d’une solution se mesure à l’aide d’un conductimètre,
Kohlrausch), ce qui permet l’obtention d’une droite d’étalonnage. qui permet également de mesurer la conductance G, liée à la conduc-
Loi de Kohlrausch : σ solution = Σλi ⋅ ci . tivité, par la relation : G = k ⋅σ.
σ : conductivité de la solution (S.m–1) ; G : conductance en Siemens (S) ;
ci : concentration molaire de l’ion i (mol.m–3) ; k : constante dépendant de la cellule de mesure (m).
λi : conductivité molaire ionique de l’ion i (S.m2 .mol –1). σ : conductivité (S.m–1).

MOTS CLÉS
DOSAGE DOSAGE PAR TITRAGE Elle doit être quantitative (totale), RELATION À L’ÉQUIVALENCE
Technique permettant de déter- DIRECT rapide et univoque (les réactifs ne Si l’équation de la réaction du do-
miner la concentration d’une es- Réaliser un dosage par titrage doivent pas intervenir dans une
sage s’écrit aA + bB → cC + dD, alors
pèce chimique dissoute dans une direct consiste à déterminer la autre réaction). nA nB
solution. concentration de l’espèce à doser = , avec :
ÉQUIVALENCE a b
en la faisant intervenir dans une • a, b, c, et d : nombres stœchio-
DOSAGE PAR ÉTALONNAGE Correspond à l’état final du sys-
DIRECT réaction chimique. Un volume métriques pour chaque espèce
tème chimique pour lequel les
Réaliser un dosage par étalonnage précis (prise d’essai) de la solution chimique ;
titrée (espèce à doser) est placé réactifs (espèces titrée et titrante) • A et B : réactifs titré et titrant ;
consiste à déterminer la concen-
dans un bécher, puis on ajoute ont été introduits en proportions • C et D : produits de la réaction ;
tration d’une espèce en solution
progressivement la solution ti- stœchiométriques et sont donc • nA : quantité de matière intro-
par comparaison d’une propriété
physique de l’échantillon (absor- trante de concentration connue entièrement consommés. Le vo- duite initialement pour le réactif
bance, conductivité, etc.) à celle placée dans la burette. La réaction lume total de solution titrante titré ;
de solutions étalons de concen- chimique se produisant entre les versée pour atteindre l’équiva- • nB : quantité de matière intro-
tration connue, via le tracé d’une espèces titrante et titrée est ap- lence est appelé volume équiva- duite à l’équivalence pour le réac-
courbe d’étalonnage. pelée réaction support du titrage. lent VE. tif titrant.

66 Agir : défis du xxie siècle


L'ESSENTIEL DU COURS

Méthodologie : verser progressivement le réactif titrant dans le


Comment repérer l’équivalence dans un titrage
par suivi colorimétrique ? bécher, et mesurer la conductivité σ (S. m–1) ou la conductance G (S)
Si l’une des espèces intervenant dans la réaction support du titrage du mélange à chaque ajout.
est colorée, l’équivalence peut être visualisée par disparition d’une
coloration ou apparition d’une coloration persistante : on parle de Comment repérer l’équivalence dans un titrage
par suivi pH-métrique ?
dosage colorimétrique.
Lors d’un dosage pH-métrique, on observe une brusque variation de
Si toutes les espèces sont incolores, il est possible de repérer l’équi-
pH à l’équivalence.
valence à l’aide d’un indicateur coloré. Le choix de l’indicateur coloré
La dérivée de la courbe pH = f (Vtitrant ) passe par un extremum. On
doit se faire de telle sorte que sa zone de virage contienne le pH à
réalise un titrage pH-métrique lorsque la réaction de dosage, rapide
l’équivalence.
et totale, est une réaction acide-base.
Méthodologie : verser progressivement le réactif titrant dans le
Comment repérer l’équivalence dans un titrage
par suivi conductimétrique ? bécher.
Au cours d’un dosage direct conductimétrique, la courbe σ = f (Vtitrant ) Pour déterminer le point équivalent E (Vtitrant   E ,   pH E ), on utilise deux
présente 2 droites. Le point d’intersection de ces 2 droites est le méthodes : méthode des doubles tangentes ou la méthode de la
point équivalent E (VE , σ E). Un titrage conductimétrique est utilisé dérivée.
dans le cas où la concentration des espèces ioniques varie au cours
du dosage. UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
Le signe et l’évolution de la pente de la droite peuvent être interprétés à
l’aide des conductivités molaires ioniques et de l’évolution des concen- • « Des vins plus alcoolisés et moins acides » p.  69
(Propos recueillis par Viviane Thivent, Le Monde daté du 29.04.2015)
trations des différents ions présents en solution au cours du titrage.

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
ZOOM SUR…
pH
L’ÉQUIVALENCE D’UN TITRAGE PAR SUIVI PH-MÉTRIQUE dpH/dV
Pour repérer l’équivalence d’un titrage par suivi pH-métrique, on peut
utiliser la méthode des tangentes ou la méthode de la dérivée.
pH = f(V)
• Méthode des tangentes : on trace deux tangentes à la courbe pH = f(V),
parallèles entre elles et situées respectivement avant et après le saut
de pH. On trace ensuite une droite parallèle et équidistante à ces deux
tangentes : son intersection avec la courbe pH = f(V) a pour abscisse le
volume équivalent VE. E
• Méthode de la dérivée : la dérivée de la courbe pH = f(V), tracée à
l’aide d’un logiciel de traitement de données, présente un extremum
d’abscisse VE.

V (mL)
VE

Agir : défis du xxie siècle 67


EXERCICE PAS À PAS

Antilles-Guyane (juin 2014)

On souhaite vérifier l’indication figurant sur une boîte de a) À partir des réactifs proposés, établir un protocole expérimental
comprimés de vitamine C vendue en pharmacie : le fabri- permettant d’effectuer le titrage conductimétrique en précisant le
cant annonce que la masse d’acide ascorbique est de volume de solution d’acide ascorbique prélevé.
500 mg par comprimé. b) Plusieurs allures de courbes modélisant ce titrage sont proposées
Un comprimé de vitamine C est écrasé dans un mortier. La ci-dessous. En argumentant, identifier la courbe qui peut correspondre
poudre est ensuite dissoute dans une fiole jaugée de 200,0 mL au titrage conductimétrique de l’acide ascorbique par la solution
d’hydroxyde de sodium.
que l’on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge
en homogénéisant le mélange. On obtient la solution S. Allures de courbes de titrages conductimétriques
On prélève 10,0 mL de cette solution que l’on titre avec une
solution d’hydroxyde de sodium (Na+(aq) + HO–(aq)) de
concentration molaire 1,00 × 10–2 mol. L–1.
On suit le titrage par pH-métrie. Le graphique représen-
tant l’évolution du pH en
fonction du volume de
solution d’hydroxyde de
sodium versé est repré-
senté ci-contre.
L’acide ascorbique sera
noté AH dans la suite de
l’exercice.

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
1. Écrire l’équation de la réaction support du titrage. Données :
2. À partir du protocole mis en œuvre et des résultats obtenus, • masses molaires atomiques : M(H) = 1,0 g. mol–1 ; M(C) = 12,0 g. mol–1 ;
déterminer la masse d’acide ascorbique contenue dans le comprimé. M(O) = 16,0 g. mol–1 ;
3. Préciser les sources d’erreurs possibles. Calculer l’écart relatif entre • conductivités molaires ioniques à 25 °C : λ(HO–) = 19,8 mS. m2.mol–1 ;
la masse théorique et la masse expérimentale. Commenter la valeur λ(Na+) = 5,01 mS. m2.mol–1 ; λ(ion ascorbate A-) = 2,5 mS. m2.mol–1.
obtenue.
4. D’après les résultats obtenus, peut-on savoir si l’acide ascorbique
est un acide fort ou un acide faible ? Justifier la réponse. La bonne méthode
Le titrage de l’acide ascorbique peut également se faire par d’autres
techniques. 1. Écrire l’équation de la réaction entre l’acide AH (acide ascor-
5. Utilisation Indicateur Teinte Zone de Teinte bique) et l’ion hydroxyde HO–.
d’un indicateur coloré acide virage basique
2. Déterminer le volume versé à l’équivalence. Avec l’équation de
Hélianthine Rouge 3,1 – 4,4 Jaune
coloré : parmi la réaction support du titrage précédente, en déduire la quantité
Vert Jaune 3,8 – 5,4 Bleu
les indicateurs de bromocrésol d’acide ascorbique, puis la masse d’acide ascorbique dans la prise
colorés pro- Bleu Jaune 6,0 – 7,6 Bleu
d’essai et enfin celle contenue dans le comprimé.
de bromothymol
posés, lequel
Rouge de crésol Jaune 7,2 – 8,8 Rouge 3. Commenter le résultat obtenu. On pourra s’intéresser au
utiliseriez-vous Phénolphtaléine Incolore 8,2 – 10,0 Rose déroulement de l’expérience pour cibler les erreurs possibles.
pour le titrage Rouge d’alizarine Violet 10,0 – 12,0 Jaune
Carmin d’indigo Bleu 11,6 – 14,0 Jaune Le calcul de l’écart relatif correspond au rapport de la variation
de l’acide ascor-
de masse à la masse théorique.
bique par la solution d’hydroxyde de sodium ? Justifier la réponse et
4. Calculer le pH si l’acide ascorbique était un acide fort puis
préciser comment l’équivalence est repérée.
la comparer à la vraie valeur de pH (avec la courbe) et conclure.
6. Titrage conductimétrique : on envisage d’effectuer le titrage 5. La zone de virage doit contenir le pH à l’équivalence
conductimétrique d’une solution S’ d’acide ascorbique dont la concen-
6. Déterminer un volume à l’équivalence qui semble cohérent.
tration molaire est de l’ordre de 6 × 10‑3 mol. L-1 par une solution
Puis en déduire le volume de solution d’acide ascorbique à
d’hydroxyde de sodium de concentration c’B = 1,00 × 10‑2 mol. L-1. On
prélever. Noter ensuite le protocole pour réaliser un dosage par
dispose de pipettes jaugées de 10,0 mL, 20,0 mL et 25,0 mL ainsi que
titrage conductimétrique.
de fioles jaugées de 50,0 mL, 100 mL, 200,0 mL et 250,0 mL.

68 Agir : défis du xxie siècle


L’ARTICLE DU

« Des vins plus alcoolisés et moins acides »


Economiste à l’INRA de Montpellier, Jean-Marc Touzard est l’un des coordinateurs du
projet Laccave, qui vise à évaluer l’impact du climat sur la vigne et à trouver des stratégies
d’adaptation.

Y a-t‑il déjà un impact du réchauffement Quelles sont les stratégies d’adaptation envisagées ?
sur le vignoble ? Elles sont de trois types. Il y a d’abord l’innovation : la sélection
Oui, globalement, les vins sont plus alcoolisés et moins acides. de nouveaux cépages, de nouvelles levures, la mise en place
Dans le nord de la France, l’effet est plutôt positif car les raisins d’irrigation au goutte-à-goutte, l’ombrage ou encore la désal-
arrivent désormais toujours à maturité. De fait, les vins y coolisation partielle des vins. Ensuite, il y a la relocalisation :
sont jugés meilleurs bien qu’en perte d’acidité. Dans le Sud, la à l’échelle locale, il suffirait de repositionner les vignes en
situation est plus complexe : les vendanges se font deux à trois changeant d’altitude ou d’exposition. On peut aussi délocaliser
semaines plus tôt que dans les années 1980 et la maturité des complètement le vignoble. Enfin, il y a la stratégie institution-
raisins survient lorsque les températures sont encore élevées nelle où, grâce à des modifications réglementaires, il pourrait
et l’eau moins disponible. Pour ne pas oxyder les fruits, les être possible de faciliter le recours à certaines pratiques comme
vendanges se déroulent de plus en plus souvent de nuit. Ces récemment avec l’irrigation.
modifications influent sur la composition chimique des raisins
(tanins, polyphénols), avec des changements gustatifs qui ne Les viticulteurs sont-ils prêts pour ces changements ?
font pas toujours bon ménage avec l’idée de typicité. La réponse, complexe, dépend en partie de la stratégie marke-
ting des viticulteurs. S’ils sont en appellation d’origine protégée
Quels sont les changements attendus d’ici à 2050 ? (AOP), ils sont très attachés au terroir, aux caractéristiques du

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
La tendance devrait s’accentuer avec des vins toujours plus vin et au maintien des traditions. Ce qui peut être remis
alcoolisés. Ainsi, dans le Bordelais, une étude suggère l’appa- en cause par l’accélération du changement climatique. Cela
rition de vins à 15 ° au goût de fruits cuits, des breuvages qui dit, les AOP sont aussi capables d’innover : l’une d’entre elles,
peuvent écœurer les consommateurs. La variabilité interan- côtes-du-rhône, vient d’accepter un cépage INRA, le marselan,
nuelle et donc l’effet millésime devraient s’accentuer. Dans dans la liste des variétés de vigne autorisées pour cette appel-
le Nord, quelques scénarios suggèrent une augmentation de lation. Une demande semblable est en cours d’instruction pour
la pluviométrie, ce qui pourrait favoriser les attaques de la les corbières. 
vigne par les champignons. Dans les régions côtières, avec
l’augmentation du niveau de la mer, on pourrait assister à Propos recueillis par Viviane Thivent,
des remontées de sel dans certains vignobles. C’est pour cette Le Monde daté du 29.04.2015

raison que la plus grande collection du monde de cépages est


en passe d’être déplacée de Sète (domaine de Vassal, Hérault) POURQUOI CET ARTICLE ?
à Pech-Rouge (Aude) : elle n’est qu’à un mètre au-dessus du
Le pH d’un vin se situe autour de 3,5. L’acidité est due à des
niveau de la mer.
acides tels que l’acide tartrique, l’acide malique… initiale-
ment présents dans le raisin et à d’autres comme l’acide
Qu’en est-il de l’horizon 2100 ? éthanoïque, l’acide lactique… qui proviennent des fermen-
Dans l’hypothèse la plus favorable, une augmentation de la tations alcoolique et malolactique lors de la vinification
température de 2 °C, les viticulteurs pourraient s’adapter. (transformation du moût de raisin en vin). Or le goût du vin
Mais selon les autres scénarios, la carte du vignoble français, dépend de son acidité, sa stabilité et sa conservation dans le
temps également. De plus, l’augmentation de la teneur en
voire mondial, éclaterait. La température est l’un des facteurs
sucre du raisin augmentera le taux d’alcool lors de la fermen-
environnementaux contre lesquels il est difficile de lutter. tation. Il est donc important de mesurer l’acidité du vin afin
Même au nord, le climat pourrait basculer de telle façon qu’il de s’adapter au mieux aux nouvelles données climatiques.
serait impossible d’y cultiver de la vigne.

Agir : défis du xxie siècle 69


L'ESSENTIEL DU COURS

Synthétiser les molécules


Grâce à sa maîtrise des techniques expérimentales, le chimiste est capable de synthé-
tiser de nouvelles molécules et de fabriquer des matériaux innovants qui répondent aux
besoins et aux évolutions de la société. La plupart des molécules organiques comportent
plusieurs groupes caractéristiques. Lors d’une synthèse organique, ces différents groupes
fonctionnels sont donc susceptibles de réagir dans les conditions de l’expérience.
réacteur. Ce type de montage s’appelle un chauffage à reflux. En fin
Quelles sont les différentes étapes
d’une synthèse organique ? de réaction, le mélange réactionnel est refroidi en plaçant le réacteur
La synthèse d’une espèce chimique se décompose en quatre étapes dans un bain de glace.
successives.
La réaction chimique s’effectue dans un réacteur (ballon ou
Sortie d’eau
erlenmeyer) dans lequel sont introduits les réactifs ainsi que le solvant
et le catalyseur éventuel. À la fin de la réaction, le réacteur contient un
Réfrigérant à eau
mélange d’espèces chimiques, dont le produit recherché.
L’étape d’extraction consiste à isoler le produit recherché des autres
Arrivée d’eau
espèces présentes dans le milieu réactionnel (réactifs n’ayant pas réagi,
produits secondaires, catalyseur, solvant). On obtient un produit brut,
contenant des impuretés en faible quantité.
Ballon à fond rond
Le produit brut subit une étape de purification consistant à éliminer
les impuretés afin d’obtenir un produit purifié.
Enfin, les étapes d’analyse permettent de contrôler la nature et la Mélange réactionnel

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
pureté du produit synthétisé. Chauffe-ballon
Le descriptif des manipulations à effectuer lors de ces différentes
étapes constitue le protocole expérimental de la synthèse organique. Vallet

Quels sont les dispositifs de chauffage


et pourquoi les utiliser ?
La plupart des réactions chimiques nécessitent un chauffage, pour
diverses raisons : augmentation de la vitesse de réaction, solubilisa- Le choix du type de réfrigérant dépend de la température de chauffe
tion des réactifs, augmentation du rendement de certaines réactions et des températures d’ébullition des différentes espèces chimiques
limitées… présentes dans le réacteur :
Afin d’éviter les pertes de matière par évaporation, le réacteur si la température de chauffe est modérée vis-à-vis des tempéra-
doit être surmonté d’un réfrigérant (à eau ou à air) permettant de tures d’ébullition des différents composés, un réfrigérant à air est
condenser les vapeurs dégagées, qui retombent ensuite dans le suffisant ;

MOTS CLÉS
RENDEMENT ρ synthèse. Si tout doit être mis en ractéristiques (ou une seule fonc- SYNTHÈSE PEPTIDIQUE
Rapport entre la quantité de ma- œuvre afin d’obtenir le meilleur tion). La sélectivité ou non d’une La synthèse d’un dipeptide im-
tière de produit P effectivement rendement possible, il faut éga- réaction dépend des réactifs uti- plique la réaction entre deux
lement prendre en compte les lisés, mais aussi des conditions
obtenu après purification nex et acides α -aminés A et B. Sans
la quantité de matière nmax   que
P aspects liés à la sécurité et à l’im- expérimentales. précaution particulière, un mé-
l’on pourrait obtenir si la réaction pact environnemental de la syn-
GROUPE PROTECTEUR lange de quatre dipeptides dif-
était totale, la relation reste vraie thèse effectuée.
Groupe qui protège spécifique- férents est obtenu : A–A, B–B,
nexp mexp MOLÉCULE
avec les masses ρ = = . ment un groupe fonctionnel A–B et B–A. Si l’on désire obtenir
nmax mmax POLYFONCTIONNELLE un dipeptide spécifique, il est
Molécule qui possède plusieurs d’une molécule.
Le rendement est un indicateur nécessaire de mettre en place
d’efficacité important dans le
groupes d’atomes caractéris- ACIDE α -AMINÉ une stratégie de protection de
tiques de natures différentes. Molécule possédant un groupe fonction.
cadre des applications indus-
trielles. Associé au coût de re- RÉACTIF CHIMIOSÉLECTIF amine NH2 et un groupe car-
vient, il permet d’apprécier la Réactif qui ne réagit qu’avec un boxyle COOH lié au même atome
rentabilité économique d’une groupe spécifique d’atomes ca- de carbone.

70 Agir : défis du xxie siècle


L'ESSENTIEL DU COURS

si les températures d’ébullition sont largement dépassées, on Quelles sont les techniques de purification
utilisera plutôt un réfrigérant à eau, qui présente un pouvoir de et pourquoi les utiliser ?
condensation supérieur. Les deux méthodes de purification les plus employées sont la recris-
Certaines réactions très exothermiques ne nécessitent pas de chauf- tallisation pour les solides, et la distillation pour les liquides.
fage, la chaleur dégagée par la réaction étant suffisante. Il est même La recristallisation est fondée sur la différence de solubilité à chaud
parfois nécessaire de réguler la température en plaçant le réacteur et à froid du produit et des impuretés dans un solvant bien choisi. Le
dans un bain d’eau glacée. produit brut est dissous à chaud dans le minimum de solvant, puis le
mélange est laissé à refroidir lentement. Les impuretés sont solubles
Quelles sont les techniques d’extraction à froid dans le solvant, alors que le produit cristallise et peut ainsi être
et pourquoi les utiliser ?
récupéré par filtration.
Différentes techniques d’extraction sont employées en fonction de
La distillation est basée sur la différence de température d’ébul-
l’état physique du produit à isoler. Elles sont essentiellement basées
lition entre le produit et les impuretés. Si le produit à purifier
sur les propriétés de solubilité.
possède la température d’ébullition la plus basse, il est séparé du
La filtration sous pression réduite permet d’isoler une espèce
mélange par évaporation, puis condensé et récupéré sous forme
chimique dissoute dans un mélange. Le refroidissement du milieu
de distillat.
réactionnel ou la modification de son pH entraîne une diminution de
la solubilité de l’espèce et conduit à sa précipitation. La récupération Quelles sont les techniques d’analyse
de la phase solide s’effectue à l’aide d’une fiole à vide munie d’un et pourquoi les utiliser ?
entonnoir Büchner permettant une filtration rapide et un essorage Plusieurs méthodes d’analyse sont envisageables :
efficace sous pression réduite. mesure de grandeurs physico-chimiques caractéristiques : tempé-
L’extraction liquide-liquide permet de transférer une espèce rature de fusion (sur banc Köfler) pour les solides, densité, indice de
chimique dissoute dans un solvant vers un autre solvant (appelé réfraction ou température d’ébullition pour les liquides ;
solvant extracteur) non miscible au premier et dans lequel l’espèce à chromatographie sur couche mince (CCM) ;
extraire est plus soluble. La récupération du solvant extracteur conte- analyse spectrale : UV (pour les espèces colorées), IR et RMN.
nant l’espèce à extraire s’effectue par décantation dans une ampoule

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
à décanter, permettant de séparer les différentes phases selon leur Pourquoi la sélectivité en chimie organique ?
densité (la phase supérieure étant la moins dense). Au cours d’une synthèse, l’utilisation de molécules polyfonction-
nelles nécessite de nombreuses précautions si l’on ne veut faire
réagir qu’un seul groupe d’atomes caractéristiques : les réactions
utilisées doivent alors présenter un caractère sélectif. Elles sont
dites chimiosélectives.

UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER

• Chercheurs et industriels préparent une chimie plus propre et


plus sûre p.  73
(Philip Ball, Le Monde daté du 09.06.2000)

ZOOM SUR…
LES PARAMÈTRES L’ajout d’un solvant éventuel per- Dans le cas de transformations ture par chauffage du milieu
EXPÉRIMENTAUX met de solubiliser les réactifs et lentes, on agit sur les facteurs réactionnel.
Ils influencent le déroulement de d’obtenir un mélange réactionnel cinétiques afin d’augmenter Le contrôle du pH est également
la réaction chimique et sont choi- homogène, notamment lorsque la vitesse de réaction  : ajout un facteur important pour les
sis de façon à optimiser la syn- les réactifs sont peu miscibles d’un catalyseur spécifique et/ou réactions s’effectuant en milieu
thèse organique : entre eux. augmentation de la tempéra- acide ou basique.

Agir : défis du xxie siècle 71


EXERCICE PAS À PAS

Métropole (juin 2015)

L’acide benzoïque est un conservateur alimentaire souvent 1. Dans l’opération  1 peut-on remplacer la solution aqueuse d’hy-
présent dans les sodas. Une méthode de synthèse de l’acide droxyde de sodium par des pastilles d’hydroxyde de sodium solide
pour réaliser la synthèse ? Justifier.
benzoïque peut s’effectuer en deux étapes au laboratoire.
2. Quelles opérations correspondent à l’étape (a) de la synthèse de
• Étape (a) : obtention de l’ion benzoate à partir du benzo­
l’acide benzoïque ?
nitrile : C7H5N(ℓ) + H2O(ℓ) + HO–(aq) → C7H5O2–(aq) + NH3(aq). 3. Donner deux raisons qui justifient l’utilisation du chauffage à
• Étape (b) : obtention de l’acide benzoïque par réaction de reflux.

l’ion benzoate avec l’ion oxonium : 4. Donner les rôles de chacune des opérations 4 , 5 et 6 .
5. Quel critère doit-on choisir pour régler une température de l’étuve
C7H5O2–(aq) + H3O+(aq) → C7H6O2(s) +H2O(ℓ).
adaptée à l’opération  6 . Justifier votre choix.
Le but de cette partie est d’analyser un protocole mis en 6. Citer deux méthodes permettant de vérifier la nature du produit
œuvre pour effectuer cette synthèse au laboratoire ; la des- obtenu.

cription des opérations successives figure ci-dessous.


La bonne méthode
1   Dans un ballon de 100 mL, introduire un volume de 2,0 mL de
1. Analyser l’équation de la réaction de l’étape (a).
benzonitrile, un volume de 24 mL d’une solution aqueuse d’hy-
2. Attribuer les différentes opérations expérimentales
droxyde de sodium à 100 g. L–1 et quelques grains de pierre ponce.
à la réaction de l’étape (a).
2   Adapter un réfrigérant à eau, puis porter à ébullition pendant
3. Le chauffage à reflux comporte deux parties avec deux
plusieurs dizaines de minutes.
avantages : la partie chauffage et la partie reflux.
3   Une fois la réaction terminée, verser le contenu du ballon dans

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4. L’opération (4) est à mettre en rapport à l’étape (b).
un bécher, puis le refroidir à l’aide d’un bain de glace.
Les opérations (5) et (6) sont des techniques de séparation
4   Ajouter de l’acide chlorhydrique froid en excès.
et de purification d’un solide.
5   Filtrer sur Büchner (penser à laver les cristaux avec une solu-
5. Il faut faire un compromis entre l’évaporation de l’eau et
tion froide acidifiée).
la non-fusion de l’acide benzoïque.
6   Placer les cristaux à l’étuve (enceinte chauffante thermosta-
6. L’acide benzoïque étant solide, il existe des méthodes
tée) pendant une heure.
simples pour vérifier qu’il s’agit bien de lui.
7   Peser le produit obtenu.

72 Agir : défis du xxie siècle


L’ARTICLE DU

Chercheurs et industriels préparent une chimie


plus propre et plus sûre
Stimulées par un renforcement de la réglementation sur l’environnement, des recherches
sont en cours pour la mise au point de substituts aux solvants organiques, souvent
toxiques et polluants. Le gaz carbonique figure en bonne place parmi les challengers.
Un nuage toxique échappé d’une fabrique de pesticides a tué plus de
3 500 personnes, en décembre 1984, à Bhopal, en Inde. Selon certaines
POURQUOI CET ARTICLE ?
estimations, le nombre des victimes serait plus important encore, et un
rapport récent de Greenpeace indique que le sol autour de l’ancienne
usine d’Union Carbide est encore très contaminé quinze ans après les
La révolution industrielle, à partir du xixe siècle, s’est accompa-
faits. L’accident eut pour origine l’entrée d’eau dans une cuve de stockage gnée d’une utilisation insatiable de la chimie du pétrole, entraî-
contenant 40 tonnes d’isocyanate de méthyle, qui provoqua une violente nant ainsi l’augmentation dans l’atmosphère des gaz à effet de
réaction suivie d’une explosion. La société invoque l’acte de sabotage d’un serre et le bouleversement climatique qui se profile. Dès les an-
employé mécontent, mais la partie adverse suspecte une valve défectueuse. nées 1990, la chimie verte cherche à réduire l’utilisation de sol-
Quelles qu’en soient les causes, cette catastrophe reste la plus meurtrière vants et de déchets polluants et toxiques. Afin de trouver des
de l’histoire de l’industrie chimique. voies de synthèse plus propre, il est important de rechercher
Pour éviter ce type d’accident et, aussi, pour répondre aux préoccupations des catalyseurs plus efficaces et plus sélectifs. La chimie verte
environnementales des citoyens et des législateurs, nombre d’industriels repose sur douze principes fondateurs se concentrant princi-
du secteur abordent l’équipement et la conduite de leurs installations avec palement sur les pratiques industrielles.
un nouvel esprit. Une « conception intrinsèquement plus sûre » d’usines
dans lesquelles l’erreur ou la panne n’entraînent plus de risques graves
grâce, par exemple, à une stratégie d’approvisionnement à flux tendu On l’utilise généralement, comme solvant, en état « supercritique ». Il se
limitant le stockage de produits dangereux. Une approche nouvelle qui, présente alors comme un fluide particulier, à la fois liquide et gazeux aux
au-delà des préoccupations de sûreté, passe aussi par le développement de propriétés uniques. On l’obtient en le portant au « point critique » au-delà
techniques de fabrication mettant en jeu des réactions moins polluantes. duquel il se liquéfie (74 bars de pression et 31 degrés centigrades) et en

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Cette « chimie verte » ne vise pas à éliminer proprement les déchets, mais augmentant la température tout en maintenant la pression. Il se révèle,
plutôt à éviter d’en produire. Une automobile, même munie d’un pot cata- dans cet état, un solvant des plus efficaces. D’infimes changements de
lytique, ne sera jamais vraiment « propre » : le recours à des carburants non température et de pression suffisent pour intégrer ou sortir des éléments
polluants comme l’hydrogène permettra de résoudre le problème. De la chimiques à la solution. Une baisse plus importante de la pression ramène
même manière, les unités de production chimiques « vertes » impliquent ensuite à l’état gazeux le dioxyde de carbone, qui est alors facile à séparer
des changements fondamentaux comme, par exemple, la mise au point du produit et à réutiliser.
de catalyseurs plus efficaces et le remplacement des solvants organiques
par des produits plus sûrs et moins toxiques.
Les réactions chimiques sont plus rapides et plus faciles à contrôler « Chevaux de Troie »
en milieu liquide où les molécules se mélangent mieux. Pendant plus de Des additifs peuvent améliorer la solubilité de certaines substances dans le
deux mille ans, les chimistes se sont contentés d’utiliser l’eau qui, si elle est gaz carbonique, exactement comme les détergents réduisent la répulsion
abondante et bon marché, ne peut dissoudre que certaines substances, et naturelle entre l’huile et l’eau, mais ces « chevaux de Troie », qui permettent
n’autorise donc qu’un nombre limité de réactions. C’est l’introduction de d’introduire « clandestinement » dans la solution de dioxyde de carbone des
nombreux autres solvants qui, au xixe siècle, a rendu possibles des milliers produits qui ne devraient, normalement, pas s’y dissoudre, sont souvent
de processus chimiques nouveaux qui ont abouti à la fabrication d’une chers. Des chercheurs américains – Eric J. Beckman et son équipe de l’uni-
multitude de produits, allant des plastiques à la margarine. versité de Pittsburgh, en Pennsylvanie – viennent, cependant, d’élaborer
des additifs bon marché qui se dissolvent aisément à faible pression dans le
dioxyde de carbone, ouvrant ainsi la voie à son utilisation commercialement
Un fluide particulier rentable comme solvant « vert » dans de nombreuses applications, du
Les solvants organiques comme l’alcool ou le trichloréthylène, très nettoyage à sec à la fabrication de produits pharmaceutiques.
utilisés aujourd’hui, présentent l’avantage de dissoudre presque tout, des L’équipe de Beckman a expliqué récemment dans l’hebdomadaire scienti-
médicaments au vernis à ongles. Revers de la médaille, leur « pression de fique international Nature avoir associé deux groupes chimiques distincts
vapeur » élevée les rend très volatils. Outre le fait que leur vapeur finit par (le polyester et le carbonyle), formant ainsi une « chaîne » bon marché sur
se décomposer en dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre, elle est laquelle des catalyseurs et des réactifs peuvent ensuite être reliés. Cette
le plus souvent toxique et inflammable. chaîne polymère est très soluble dans le dioxyde de carbone, ce qui permet
Le dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) pourrait représenter une aux éléments ajoutés de se dissoudre plus facilement dans la solution,
alternative prometteuse. Il est, par exemple, utilisé pour dissoudre et rendant possibles les réactions chimiques entre eux. Selon Walter Leitner,
éliminer la caféine des grains de café. Malheureusement, il est, comme l’addition d’autres groupes fonctionnels pourrait, de la même manière,
l’eau, très sélectif dans le choix de ce qu’il dissout. « La faible solubilité aider à stabiliser les émulsions utiles entre l’eau et le dioxyde de carbone.
de nombreuses substances cibles intéressantes réduit considérablement Selon l’équipe de Beckman, ces nouveaux additifs polymères devraient per-
son utilisation à grande échelle » en tant que solvant, explique Wal- mettre d’élargir largement la gamme des substances chimiques susceptibles
ter Leitner, qui travaille sur le sujet à l’Institut Max Planck de Mulheim, d’être mises en solutions dans le gaz carbonique. Un point de vue partagé par
en Allemagne. Mais les chercheurs s’obstinent. Car le dioxyde de carbone Walter Leitner : « Ces travaux, estime-t‑il, éliminent quelques-uns des plus anciens
a peu d’équivalents comme procédé vert. Non toxique, il est inodore, préjugés concernant les propriétés solvantes du dioxyde de carbone. » 
ininflammable et ne salit pas les produits. Il est en outre bon marché
et facilement disponible. Et puis sa grande sélectivité peut aussi être Philip Ball, Le Monde daté du 09.06.2000
utilisée comme un avantage : elle lui permet – comme dans le cas de la Page réalisée par les rédactions du Monde, d’El Pais
caféine – d’extraire certains éléments bien définis d’un mélange sans et de la revue scientifique internationale Nature.­
aucune action sur les autres. Traduction de l’anglais par Sylvette Gleize.

Agir : défis du xxie siècle 73


L'ESSENTIEL DU COURS

Transmettre et stocker de l’information


À l’heure du numérique, il est important de transmettre de plus en plus rapidement
les informations ainsi que de les stocker. Les objets connectés, les smartphones inte-
ragissent avec notre quotidien. Comprendre comment est codée et transmise l’infor-
mation est primordial pour envisager sans crainte le monde de plus en plus connecté
de demain.

Qu’est-ce qu’une chaîne de transmission


d’informations ?
La communication correspond à l’échange d’information (sous l’ensemble des dispositifs permettant le transport d’une information
forme de signal) entre un émetteur et un récepteur à l’aide d’un d’un lieu à un autre.
canal de transmission. Une chaîne de transmission d’information est

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
Une chaîne de transmission comporte plusieurs éléments : Les émetteur et récepteur convertissent le message en un signal
une source ; facile à transporter. L’émetteur, par définition, adapte donc le
un canal de transmission qui est un procédé physique ; signal contenant les informations au canal de transmission (com-
un destinataire. munication). Le signal entre l’émetteur et le récepteur peut être
Pour être transmise, l’information doit emprunter un canal de additionné de bruit.
transmission.

MOTS CLÉS
CODAGE DE ATTÉNUATION CONVERTISSEUR PLAGE D’UN CAN
L’INFORMATION D’UN SIGNAL ANALOGIQUE/NUMÉRIQUE Largeur de l’intervalle entre la
Il comporte deux étapes : le codage Affaiblissement de l’amplitude au (CAN) plus petite et la plus grande va-
de la source, sous forme d’un signal cours de la transmission. Il transforme le signal analogique
leur du calibre. Par exemple pour
électrique, et le codage du canal en un signal numérique.
SIGNAL un calibre ±2 V , la plage sera
pour le rendre compatible avec le NUMÉRISER UN SIGNAL
support de transmission.
ANALOGIQUE de 4 V.
Signal qui varie de façon continue Transformer les grandeurs conti-
CANAL DE au cours du temps. Un tel signal nues en des grandeurs discontinues RÉSOLUTION OU PAS
TRANSMISSION présente l’inconvénient d’être qui varient par palier en prenant D’UN CAN
Il comporte un support sur lequel sensible à toute perturbation élec- des valeurs à intervalle de temps ré- Écart entre deux valeurs permises
on incorpore l’information après tromagnétique. gulier : période d’échantillonnage. successives. Si n est le nombre de
codage. plage
SIGNAL RÉSOLUTION OU PAS bits : p = .
ÉMETTEUR Écart entre deux valeurs permises 2n
NUMÉRIQUE
Il convertit l’information de la Signal qui varie de façon dis- successives PIXEL
source en un signal à transmettre. (ABRÉVIATION DE
crète (discontinue) dans le CALIBRE
RÉCEPTEUR temps. C’est une succession de 0 Intervalle des valeurs mesurables PICTURE ELEMENT)
Il reçoit le signal et le décode en et de 1, appelés bits. On dit qu’il des tensions analogiques à numé- Plus petit élément constitutif
une information. est binaire. riser. Par exemple ±2 V. d’une image numérique.

74 Agir : défis du xxie siècle


L'ESSENTIEL DU COURS

Quels sont les procédés physiques Quelle condition existe-t‑il sur le choix
de transmission d’informations ? de la fréquence d’échantillonnage ?
La propagation libre : lorsque le signal est libre de se propager Si le signal analogique varie trop vite par rapport à la fréquence
dans toutes les directions, on parle de propagation libre. C’est le cas d’échantillonnage, la numérisation ne se sera pas fidèle au signal
des ondes électromagnétiques, qui sont libres de se propager dans d’origine. À l’inverse, si la fréquence d’échantillonnage est trop
toutes les directions depuis l’antenne où elles sont émises et qui sont grande, le signal numérique prendra beaucoup trop de place.
caractérisées par leur fréquence, leur amplitude et leur phase. Théorème de Shannon : pour un signal périodique, la fréquence
La propagation guidée : lorsque le signal est contraint de se propager d’échantillonnage fe doit être au moins le double de la fréquence
dans un espace limité (câble, fibre optique), on parle de propagation maximale fmax du signal : fe ≥ fmax.
guidée.
Comment transmet-on un signal numérique ?
Comment s’atténue un signal ? Le débit binaire correspond au nombre de bits transmis par unité
Tout signal est atténué lors de sa propagation. de temps. Il est caractéristique des transmissions numériques. Il
Une onde électromagnétique se propageant en espace libre sur une s’exprime en bit.s–1. Le débit binaire est le nombre de bits émis par
distance d s’atténue. Le coefficient d’atténuation est fonction de la dis- nbre   de  bits   émis
unité de temps : D = .
4 π ⋅ d
2 t
tance, mais également de la fréquence de la porteuse : A = 10log  , Avec certains signaux (vidéo) ou lorsque le débit ne peut être suffi-
 λ 
sant, on a recours à la compression du signal numérique. Lors d’une
où λ est la longueur d’onde de l’onde et A est en décibels (dB).
compression, le signal numérique compressé contiendra moins de
Le long d’un fil, l’affaiblissement du signal représente la perte de
bits que le signal de départ.
signal en énergie dissipée dans la ligne. L’affaiblissement linéique
se traduit par un signal de sortie plus faible que le signal d’entrée
P 
et est caractérisé par la valeur : A = 10log  e  , où A est l’atténuation
 Ps 
linéique en dB, Pe est la puissance d’entrée en watt et Ps est la puissance
de sortie en watt. Pour pouvoir comparer les affaiblissements, on

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préfère utiliser le coefficient d’atténuation linéique, qui représente
l’atténuation du signal par unité de longueur de câble (ou fibre
10 P 
optique) : α = × log  e  .
L  Ps 

Comment passe-t‑on de l’analogique


au numérique ?
La numérisation présente plusieurs étapes.
L’échantillonnage : un certain nombre d’échantillons sont prélevés
à une fréquence donnée.
La quantification : le CAN attribue la valeur par défaut la plus proche
de celle mesurée.
Le codage ou la numérisation : les différentes valeurs quantifiées
sont transformées en langage binaire.

ZOOM SUR…
LE BIT ET LA CAPACITÉ quantifié sur 16 bits (soit 65 536 va- la largeur des creux et des plats, mène de diffraction impose, pour
DE STOCKAGE leurs) et un DVD sur 24 bits. c’est-à-dire diminuer la largeur du une radiation de longueur d’onde
• Le bit est un chiffre qui peut être • La capacité de stockage est la faisceau laser. Or comme le dia- donnée, un diamètre minimal de
0 ou 1. C’est l’unité de numérisa- quantité d’information que l’on mètre du faisceau laser est pro- faisceau. La capacité sera donc
tion. L’octet est un ensemble de peut mettre sur le support. Pour portionnel à sa longueur d’onde, l­ imitée  ;
8 bits. Comme chaque bit peut augmenter cette capacité, on diminuer la largeur du faisceau la-
peut : – graver en volume au lieu de gra-
prendre deux valeurs il y a donc ser revient à diminuer la longueur
28 = 256 valeurs possibles sur un d’onde de la radiation émise. Un ver en surface.
– allonger la piste : il faut donc
octet. Par exemple, un CD audio est resserrer la spirale, en diminuant autre problème est que le phéno-

Agir : défis du xxie siècle 75


L'ESSENTIEL DU COURS

Quelles sont les caractéristiques d’une image


numérique ?
Une image numérique est caractérisée par :
la définition : le nombre de points (en pixels) constituant une image ;
la résolution : le nombre de points contenu dans une surface précise
(en pouce). Elle est exprimée en points par pouce DPI (dots per inch).
définition
La résolution correspond au rapport .
dimension

Comment code-t‑on une image numérique ?


Chaque pixel comporte trois sous-pixels : rouge, vert, bleu (RVB).
Chaque sous-pixel est codé sur 1 octet (8 bits). Chaque sous-pixel aura
donc 256 possibilités. Comme on a 8 bits pour le rouge, 8 bits pour le
vert et 8 bits pour le bleu, on utilisera 3 × 8 bits, soit 24 bits utilisés
au total. On parle alors de codage RVB 24 bits. Or, chaque pixel peut
prendre 256 × 256 × 256, soit 16,7 millions de couleurs. De cette façon, lorsque le laser passe au niveau d’un creux, l’onde et sa
réflexion sont déphasées d’une demi-longueur d’onde et s’annulent
Comment stocker et lire des données (interférences destructrices), tout se passe alors comme si aucune
sur un disque optique ? lumière n’était réfléchie. Le passage d’un creux à un plat provoque
Un disque optique (CD, DVD…) est constitué de creux ou cuvettes et
une chute de signal.
plats (espaces entre les alvéoles).
Lorsque le laser parcourt un creux ou un plat, le faisceau incident est
réfléchi et l’intensité du signal reste constante.

onde 1
onde 2

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cas 1 cas 2 cas 3
La réflexion sur un creux ou un plat code le bit 0, tandis que la
variation d’intensité de la lumière due aux interférences destructives
correspond au bit 1. D’où :

...

0 0 0 1 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0

plat creux
La profondeur de l’alvéole correspond exactement à un quart de la
longueur d’onde du faisceau laser utilisé dans le lecteur optique. UN ARTICLE DU MONDE À CONSULTER
L’onde se réfléchissant dans le creux parcourt une moitié de longueur
d’onde de plus (un quart à l’aller plus un quart au retour) que celle se • Canaliser la lumière laser sans fibre optique p.  78
(David Larousserie, Le Monde daté du 19.03.2014)
réfléchissant sur le plat.

76 Agir : défis du xxie siècle


EXERCICES PAS À PAS

Pondichéry (avril 2016)
Un drone est piloté à l’aide d’un téléphone portable. Il est Puissance d’émission maximale
100 mW
équipé d’une webcam de résolution 1280 × 720 pixels fil- autorisée en France
mant à 30 images par seconde. Le codage de chaque image Modélisation de l’atténuation du
À = 40 + 20 × log(d)

est de 24 bits par pixel. Il envoie ses informations au télé- À : atténuation en décibel (dB).
signal à 2,4 GHz en fonction de
d : distance en mètres entre
phone portable via le réseau wifi. la distance
l’émetteur et le récepteur.

1. Identifier les éléments de la chaîne de transmission des images.


2. Lorsque le drone s’éloigne du téléphone, le signal électromagné-
tique reçu par celui-ci s’affaiblit.
La bonne méthode
Calculer l’atténuation du signal lorsque le drone se situe à 10 m du
téléphone portable. 1. Reprendre chacun des trois éléments d’une chaîne de trans-
3. En déduire la puissance maximale que peut recevoir le téléphone mission et les associer à un élément de l’exercice.
lorsqu’il est situé à 10 m du drone. 2. Utiliser la relation donnée.
4. Le débit théorique maximal de la connexion wifi permet-il de 3. Revenir à la relation de définition de l’atténuation pour
visualiser la vidéo en direct sur le téléphone portable ? en sortir la puissance de sortie connaissant la puissance
Données : la connexion wifi d’émission maximale en France.

Débit théorique maximal 54 Mbits/s 4. Calculer de débit que représente la résolution de la webcam
filmant à 30 images par seconde et le comparer au débit
Fréquence des ondes
2,4 GHz théorique maximal.
électromagnétiques

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Amérique du Sud (juin 2013)
Les informations sont stockées sur un CD sous forme de 1. En vous aidant du document, expliquer pourquoi les interférences
λ
plats et de cuvettes sur une spirale qui commence sur le sont destructives si h = .
4
bord intérieur du CD et finit sur le bord extérieur. Les creux 2. Vérifier que la profondeur d’une cuvette est bien choisie pour
ont une profondeur de 0,126 µm et une largeur de 0,67 µm. provoquer des interférences destructives.

La tête de lecture est constituée d’une diode laser émettant 3. Comparer sans calcul l’éclairement de la photodiode quand le
faisceau laser éclaire un plat ou une cuvette.
une radiation de longueur d’onde dans le polycarbonate du
CD, λ = 503 nm et d’une photodiode détectant la lumière
réfléchie par la surface métallisée du CD.
Quand le faisceau laser frappe une cuvette, une partie du
faisceau est réfléchie par le fond de la cuvette et le reste par
le bord (document ci-après), car le diamètre du faisceau est La bonne méthode
plus grand que la largeur de la cuvette. Ces ondes réfléchies
peuvent interférer. 1. Trouver la différence de marche entre une onde se réflé-
chissant sur un plat et une onde se réfléchissant sur un creux.
Puis en utilisant la condition sur la différence de marche
d’interférence destructive, aboutir à la relation demandée.
2. Calculer la profondeur h avec les données.
3. Raisonner sur la différence de marche des ondes qui se
réfléchissent seulement sur des plats (ou sur des cuvettes) et
reprendre le raisonnement de la question 1.

Agir : défis du xxie siècle 77


L’ARTICLE DU

Canaliser la lumière laser sans fibre optique


Une équipe américaine ouvre la voie à de nouveaux modes de transport de l’énergie
lumineuse.

Pour transporter à haut débit l’information avec de la principes physiques de base. Une fois réunis, tout était en place
lumière laser, les opérateurs de télécommunications dis- pour la réussite », résume Howard Milchberg.
posent de fibres optiques en verre. Une équipe américaine En laboratoire, ils ont créé un canal de 70 centimètres de
de l’université du Maryland vient, elle, de fabriquer l’équi- long pendant deux millisecondes. Cent fois plus d’énergie
valent de la première fibre optique non matérielle pour est transportée qu’avec un faisceau intense envoyé tel
canaliser la lumière dans l’air. quel dans l’air. En termes de puissance moyenne, les
Rien d’extraordinaire, penseront ceux qui utilisent un chercheurs pensent pouvoir faire un million de fois plus,
pointeur laser pour attirer l’attention de spectateurs sur jusqu’au mégawatt. « C’est une idée simple et intéressante, à
un écran. Sauf que les lois de la physique empêchent ce laquelle personne n’avait pensé, même si cela reste encore une
pinceau soit de rester fin sur de longue distance, soit de démonstration de laboratoire », constate Arnaud Couairon
préserver son énergie très loin. Ces lois rendent caduques du Centre de physique théorique de l’Ecole polytechnique.
ou délicates bien des applications, dont les rêves – ou Même si l’expérience est financée par la marine et l’armée
cauchemars – de guerre des étoiles et de lasers détruisant de l’air, l’équipe vise d’autres applications. « Nous allons
des missiles. L’atmosphère diffracte, en effet, la lumière et tester les capacités à collecter à distance de faibles signaux
donc élargit la tache lumineuse en bout de course. Un laser lumineux grâce à ce système », prévoit Howard Milchberg.
de quelques centimètres de diamètre éclaire ainsi un disque Ce serait comme amener une fibre optique au plus près de
de plusieurs kilomètres de diamètre sur la Lune, à plus de l’objet qu’on désire étudier.

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
380 000 kilomètres de là. La « cible » reçoit ainsi beaucoup Dans le même ordre d’idées, ce système peut servir de radar
moins d’énergie qu’envoyée. de lumière ou lidar. Celui-ci détecte à distance des polluants
Dans les années 1990, une solution a suscité l’espoir grâce à dans l’air, par exemple. La lumière incidente fait « fluores-
des lasers à la puissance décuplée. En envoyant des impul- cer » les molécules, et la lumière émise est renvoyée vers le
sions laser très courtes, concentrant beaucoup d’énergie en détecteur. Le nouveau système augmenterait la quantité
un minimum de temps, plusieurs équipes ont observé un de lumière reçue, et donc la précision. Cela pourrait aussi
phénomène d’autoconcentration de la lumière au centre du relancer les rêves de paratonnerre laser pour détourner la
faisceau. La cause de cette transformation de l’air en loupe foudre le long d’un faisceau intense de lumière. Ou bien
est une variation de la manière dont l’air dévie la lumière aider à alimenter en énergie un satellite. Ou le détruire. 
en fonction de l’intensité incidente.
David Larousserie, Le Monde daté du 19.03.2014
Soupe de particules très chaudes
Mais l’intensité est telle que le laser finit aussi par arracher
des électrons aux molécules d’air et transforme l’environ-
nement en une soupe de particules très chaudes, qui casse POURQUOI CET ARTICLE ?
la loupe et diffracte le faisceau. Les filaments rectilignes
deviennent instables, et l’énergie transportée est réduite. La transmission des informations se fait soit par propagation
C’est là qu’intervient la démonstration de l’équipe amé- libre, c’est-à-dire par ondes électromagnétiques (radio, TNT…),
soit par propagation guidée (câble, fibre optique). Lors de la
ricaine, publiée dans Physical Review X, le 26 février. Ces
propagation par câble, les signaux envoyés subissent un amor-
chercheurs ont observé qu’un faisceau laser très intense tissement dû à la longueur du câble et une déformation due
crée derrière lui un sillage d’air chaud en expansion qui aux champs électromagnétiques. La transmission par fibre
perdure environ une milliseconde et qui a tendance à optique est moins sensible aux champs électromagnétiques et
diffracter la lumière. Mais, en bons opticiens, ils ont réalisé l’atténuation est très faible, mais son coût est élevé et implique
qu’envoyer quatre faisceaux simultanément, formant une un maillage au niveau national. Une solution serait donc de
transmettre par faisceau laser, mais comme le montre l’article,
sorte de carré, annule cet effet pour, au contraire, concentrer
nous n’en sommes qu’aux prémices.
la lumière au centre. « Nous nous sommes reposés sur des

78 Agir : défis du xxie siècle


HO
HO

*
H

HO
O

OH
O
CORRIGÉS
DES EXERCICES

8
7
6

5
4
3
2

OH
1

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CORRIGÉS

Caractéristiques des ondes p. 8

Corrigé Pondichéry (juin 2015)

1. Entre l’émission et la réception, l’onde ultrasonore parcourt


Soit T = T =
144
= 24  µs = 24 ⋅ 10–6 s.
2d 6
un aller-retour, soit 2 dmin en une durée Δt. Or v = min   soit
Δt 1 1
2d 2 × 0,30 2. f= = = 4,2 ⋅ 104 Hz.
Δt = min = = 1,7 ⋅ 10–3 s = 1,7 ms.
v 343 T 24 ⋅ 10–6
a) La longueur d’onde est la distance entre deux points dans le même
2. Comme le capteur ne peut fonctionner correctement en récepteur
état vibratoire.
que lorsqu’il a fini de fonctionner en émetteur, il n’aura pas fini de
b) Au début de l’expérience, les signaux sont en phase. Lorsqu’on
fonctionner en émetteur si la durée que met l’onde pour revenir au
éloigne le récepteur de l’émetteur d’une longueur de 8 mm, les
capteur est inférieure à Δt1.
signaux reviennent en phase. On vient ainsi de mesurer la longueur
3. Il faut diminuer la durée d’émission Δt1 ainsi l’onde réfléchie ne se
d’onde λ = 8 mm.
superposera pas à l’onde émise.
Pour améliorer la précision de la mesure, il est conseillé de mesurer
plusieurs longueurs d’onde. On mesure la distance entre le récepteur
Corrigé Amérique du Sud (juin 2014) et l’émetteur lorsque les signaux sont revenus un grand nombre de
fois en phase (de l’ordre de 10).
1. On mesure 6 T = 144 µs.
λ 8 ⋅ 10–3
La célérité est v = = = 3 ⋅ 102  m. s–1. Valeur proche de la célérité
T 24 ⋅ 10–6
du son dans l’air à 25 °C est 340 m.s–1.

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80 Corrigés
CORRIGÉS

Propriétés des ondes p. 12

Corrigé Liban (juin 2016)

1. La diffraction comme les interférences mettent en évidence le fE –


v
⋅ f – fE
fR – fE c E v
caractère ondulatoire de la lumière. = = = 1 ⋅ 10–8.
fE fE c
2. Relation de cours : θ = λ .
a
En calculant tan θ =
L/2
or tan θ ≈ θ donc ≈
L/2
. En combinant les 2. λ = c = 0,13 m.
D D f
2⋅ λ ⋅ D
deux relations et en isolant le L on arrive à : L = . 3. Pour qu’il y ait diffraction, il faut que λ ≥ a. Pour un tronc d’arbre
a
dont le diamètre du tronc est inférieur à une dizaine de cm, la dif-

Corrigé Pondichéry (juin 2016) fraction aura lieu.


4. Les interférences sont destructives si la différence de marche entre
1
1. Lorsque le drone s’éloigne, la fréquence reçue est inférieure à la les deux ondes vaut δ = ( k + ) ⋅ λ avec k entier. Dans ce cas, la puissance
2
v est très faible, voire nulle.
fréquence émise. Donc fR – fE < 0, fR – fE = – .fE ,
c
d’où fR = fE – v .fE. La variation relative est :
c

Analyse spectrale p. 16

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Corrigé Liban (juin 2013) Corrigé Asie (juin 2016)
1. On note sur le spectre no 1 : 1. L’heptan-2-one comporte un groupe carbonyle. L’éthanoate
Une bande large entre 3 200 et 3 700 cm–1, caractéristique du groupe d’isoamyle comporte en plus du groupe carbonyle, une liaison avec
hydroxyle –OH.
l’oxygène qui va former un groupe ester. Celui-ci donne une bande
Une bande fine vers 1 750 cm–1, caractéristique du groupe carbonyle
forte entre 1 200 et 1 300 cm–1. Le spectre 1 est donc celui de l’éthanoate
C = O.
d’isoamyle et le spectre 2 est celui de l’heptan-2-one.
Sur le spectre no 2 : seule la bande fine est présente vers 1 750 cm–1.
2. Les groupes de protons sur l’alanine.
Comme l’acide lactique possède des groupes OH, le spectre no 1
correspond à l’acide lactique. n° 1 CH 3 CH 3 n° 5
2. Le nombre de signaux est égal au nombre de groupe de protons
n° 2
équivalents. n° 4
C CH 2 CH n° 5
n° 1 n° 2 O O O n° 3 CH 2 CH 3
H3C CH C n° 4
Cette molécule possède cinq groupes de protons équivalents, donc
OH
cinq signaux.
OH n° 3 Le groupe no 1 n’a pas de voisin : ce sera un singulet.
Le groupe no 2 a deux voisins : ce sera un triplet.
On note quatre groupes de protons équivalents dans la molécule : Le groupe no 3 a trois voisins : ce sera un quadruplet.
no 1 sera un doublet, car il a un voisin ; Le groupe no 4 a huit voisins : ce sera un nonuplet.
no 2 sera un quadruplet, car il a 3 voisins ; Le groupe no 5 a un voisin : ce sera un doublet.
nos 3 et 4 seront des singulets puisqu’il n’y a pas de couplage dans Le spectre RMN est bien en accord avec le nombre et la multiplicité
les groupes OH. des signaux.

Corrigés 81
CORRIGÉS

Étude des mouvements : les lois de Newton p. 23‑24

Corrigé Antilles-Guyane (juin 2015)

1. D’après les données, pour que le penalty soit réussi il faut que
xA = 11,0 m et 0 < zA < 2,44 m.

2. On étudie le ballon de masse m et de centre d’inertie G dans le ré-



férentiel terrestre supposé galiléen. Il n’est soumis qu’à son poids P .
 
Comme la masse est constante, ∑ Fext = maG d’où Soit aG = g .

    ax = 0  dv

3. Dans le repère (O,i  , k ), aG  Comme aG = ,
 az = –g dt

 
 
alors v (t )  vx = cte 1 .

 vz = –g.t + cte2
 v = v ⋅ cosα  
    cte 1 
Les conditions initiales : v (t = 0)  0 x 0
et  v (t = 0)  . 2. Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, l’électron n’est soumis
 v0 z = v0 ⋅ sinα  – g ⋅ 0 + cte2
qu’à la force électrostatique (son poids étant négligeable). Comme la 
 vx = v0 ⋅ cosα  e⋅ E
  masse me est constante, ∑ Fext = me a d’où me a = Fe = –e ⋅ E soit a = – .
D’où v (t )  . me
 z –g ⋅ t + v0 ⋅ sinα
v =  a =0
      x

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.

Dans le repère (O,  i , j ), E  0 donc a  eE .
dOG  – E  ay =
Comme v = , me
dt 
 v = cte 1
x = v0 ⋅ (cosα )t + cte 3  
  
x
 dv 
alors OG(t )  1 . Comme a = alors v (t ) 
 z = – g ⋅ t 2 + v0 ⋅ (sinα )t + cte 4 dt eE
v y = ⋅ t + cte2
 2  me
Les conditions initiales : OG(t = 0) = 0  
 v =v  
  0x    cte 1 
 x = v0 ⋅ (cosα ) ⋅ 0 + cte 3  Les conditions initiales : v (t = 0) 
0
et  v (t = 0)  eE .
  v0 y = 0  m ⋅ 0 + cte2
et OG(t = 0)  1 .  e
 z = – g ⋅ 02 + v0 ⋅ (sinα ) ⋅ 0 + cte 4
 2  v =v  x = v ⋅ t + cte3 
   x 0 dOG  0

 x = v0 ⋅ (cosα ) ⋅ t D’où v (t )  eE . Comme v = alors OG(t )  1 eE 2
 vy = ⋅t dt  y= ⋅ t + cte 4
Finalement, on obtient OG(t )  1 . me 2 me
 z = – g ⋅ t 2 + v0 ⋅ (sinα ) ⋅ t  
 2
x Les conditions initiales : OG(t = 0) = 0 . Donc les cte3 et cte4 sont nulles.
On isole le temps t de l’équation de x soit t = . On remplace
v0 ⋅ (cosα )  x = v ⋅t
dans l’équation z.  0

1 g Finalement, on obtient OG(t )  1 eE 2.
D’où z = – x2 + tanα ⋅ x  y = ⋅t
2 v02 ⋅ (cosα )2 2 me

4. Si on se place pour x = xA, l’application numérique donne 3. On isole le temps t de l’équation de x soit t = x
. On remplace dans
1 9,81 v0
z=– × 112 + tan55 × 11 =  2,1 m. Le penalty est réussi. l’équation y.
2 11,52 ⋅ (cos55)2

1 e⋅ E 2
D’où y = x.
2 me ⋅ v02
Corrigé Liban (juin 2014)
1. La trajectoire de l’électron est courbe. Il est dévié vers la plaque P1, 4. Les coordonnées du point S sont (L ; yS). On peut remplacer les
1 eE 2
coordonnées du point S dans l’équation de la trajectoire : ys = L.
qui est donc la plaque positive. L’électron subit une force dirigée vers 2 me v02
la plaque P1. Comme Fe = –e. E , le champ électrique est dirigé vers P2, e 2 ⋅ ys ⋅ v02 e
On en déduit =  2 . Numériquement : = 1,8 ⋅ 1011 C .kg–1.
qui constitue bien la plaque négative. me E⋅L me

82 Corrigés
CORRIGÉS

Corrigé Liban (juin 2017) m2 – m1 < 0, donc V2 < –V2 . La boule 2 repart vers la gauche (1).

1. Lors de ce choc, les deux grandeurs qui se conservent sont : C : si m1 < m2 , alors m1 + m2 < 2m2, donc V1′ > V2 . La boule 1 repart vers
 
le vecteur quantité de mouvement p = m ⋅ v  ; la droite.
1 m2 – m1 > 0, donc V2′  et V2 sont de même signe. La boule 2 repart vers
l’énergie cinétique Ec = mv2 .
2 la droite (2).
2m2 2m2
2. A : si m1 = m2 , alors d’après V1′ = ⋅ V alors V1′ = V2 et d’après 3. Si m1 >> m2 , alors ≈ 0 , donc V1′ ≈ 0. La boule 1 ne bouge pas.
m1 + m2 2 m1 + m2
m2 – m1
V2′ = ⋅ V alors V2′ = 0 . Les boules échangent leur vitesse (3). m2 – m1
m1 + m2 2 ≈ –1 donc V2 ≈ –V2 . La boule 2 repart vers la gauche

m1 + m2
B : si m1 > m2, alors m1 + m2 > 2m2, donc V1 < V2 . La boule 1 repart vers

avec presque la même vitesse.
la droite.

Étude des mouvements : les lois de Kepler p. 28


Corrigé Centres étrangers (juin 2017)

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
 m ⋅ ML 
1. F = G ⋅ u. 7,33 ⋅ 1022
(RL + h)2 soit gL = 6,67 ⋅ 10–11 ⋅ = 1,61 N.kg –1.
 m ⋅ ML  ML (1,74 ⋅ 103 × 103 )2
1. a)   P = m ⋅ gL et F = G ⋅ u d’où gL = G ⋅ u.
( )    gT
9,81
2
(RL + h)2 RL + h c)  = = 6,09, le champ de pesanteur lunaire est 6 fois plus faible
  gL 1,61
ML
b) À la surface de la Lune h = 0, d’où gL = G ⋅ que celui de la Terre.
(RL )2

Corrigé Antilles-Guyane 3. Dans le référentiel héliocentrique, le segment de droite reliant le Soleil à


une planète (comète ici) balaie des aires égales pendant des durées égales.
(septembre 2016)
4. D’après la deuxième loi de Kepler, l’aire contenant le point A est
1. Dans le référentiel héliocentrique, d’après la première loi de Kepler,
égale à l’aire contenant le point B. La durée pour les parcourir est la
le centre de chaque planète (comète ici) décrit une trajectoire elliptique d
même. Comme la vitesse est donnée par v = et que la longueur de
dont le Soleil est l’un des foyers. t
l’arc d’ellipse contenant le point B est plus grande que la longueur de
2. À l’aide des données, 2a = 187 + 851, soit a = 187 + 851 = 519 millions l’arc d’ellipse contenant le point A, alors la vitesse en B est plus grande
2
de km. que la vitesse en A.

Corrigés 83
CORRIGÉS

Étude des mouvements :


travail d’une force et énergie p. 32
Corrigé Antilles-Guyane
(septembre 2017)

1. a) Par définition l’énergie mécanique Em = Ec + Ep = 1 mv2 + mgz où Em = Ec + E p, ce qui correspond à la courbe 3.


2
z est l’altitude du centre d’inertie du système.
1
Au point C : Em(C ) = mvC2 + mgH et au point E, compte tenu de la
()
b) Par définition WE→F f = f ⋅ EF = –f × L .
2 c) Le théorème de l’énergie cinétique donne :
hauteur h du rail, qui s’ajoute à la hauteur H du centre d’inertie du
1
skateur : Em(E ) = mvE2 + mg(H + h) .
( )
Δ EC = ∑WE→F Fext = –f × L.
2 1
–Δ Ec mvE2 – Ec (F )
Ec (E ) – Ec (F )
b) Si l’on néglige toutes les formes de dissipation d’énergie entre D’où f = = = 2 . L’énergie cinétique au
L L L
C et F alors l’énergie mécanique se conserve : Em(C ) = Em(E ), d’où point F se fait par lecture graphique : Ec (F ) = 80  J .
1 1 1 1
mvC2 + mgH = mvE2 + mg(H + h), soit vC2 – gh = vE2 , 1
2 2 2 2
× 75 × 2,02 – 80
Donc f = 2 = 35  N .
donc vE = v – 2 gh .
2
C 2,0
c ) vE = 3,62 – 2 × 9,8 × 0,45 = 2,0 m.s–1 . 3. Au point K : Em (K ) = Ec (K ) + E p (K ) d’où Em (K ) = 1 mvk2 + mgH .
2
2. a) Le système glisse entre le point E et le point F. Son altitude reste En haut de la rampe Em = Ec + E p or il arrive avec une vitesse nulle en

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
constante. Comme l’énergie potentielle de pesanteur est proportion- haut de la rampe donc Ec = 0 si on appelle d la hauteur de la rampe,
nelle à l’altitude, la courbe 2 correspond à l’énergie potentielle de Em = mg(H + d).
pesanteur. Comme l’énergie mécanique se conserve, compte tenu de l’absence
1 1
Les forces de frottement ne sont plus négligeables donc la vitesse du de frottements : mvk2 + mgH = mg(H + d ) soit mvk2 = mg(d ), d’où
2 2
système S diminue au cours du temps. Comme l’énergie cinétique est v2 4,52
d= k = = 1,0 m.
2 g 2 × 9,8
fonction de la vitesse alors la courbe 1 correspond à l’énergie cinétique.

Oscillation mécanique,
temps et relativité restreinte p. 36‑37
Corrigé Antilles-Guyane (juin 2017)
L – yG
1. a) Dans le triangle ABG on a : cos θ = , soit yG = L(1 – cos θ), d’où
L
yG = 5,21 × (1 – cos41) = 1,3 m .

84 Corrigés
CORRIGÉS

b) Em (G ) = Ec (G ) + EP (G ) or la boule est lâchée sans vitesse initiale, donc Numériquement :


 1 
Ec (G ) = 0. D’où Em (G ) = mgyG. EC =  – 1  × 1,672621 ⋅ 10–27 × 2997924582 .
 1 – 0,999999991
2

Soit numériquement Em (G ) = 15 × 9,81 × 1,3 = 1,9 ⋅ 102   J .
c) Si on néglige toutes les forces de frottement, l’énergie mécanique Soit EC = 1,120326.10‑6 J = 7,00.1012 eV = 7,00 TeV.
se conserve. Donc Em (G ) = Em (O ) et Em (O ) = Ec (O ), car EP (O ) = 0 d’après Le Guide du L.H.C. indique que pour v0 = 0,999 997 828.c,
l’énoncé. L’énergie potentielle au point G se convertit entièrement en alors EC0 = 450 Gev.
énergie cinétique au point O. EC 7,00 ⋅ 1012
D’où = = 15,6 . L’énergie cinétique du proton est bien
1 2 Em (G ) EC 0 450 ⋅ 109
d) D’où  Em (G ) = Ec (O ), soit Em (G ) = mv02, d’où v0 = .
2 m multipliée par plus de 15 fois par rapport à son introduction dans
2 × 1,9 ⋅ 102 le L.H.C.
Soit v0 = = 5,0 m.s–1.
15 c) L’énergie totale est donnée par la relation : Etotale = Ec + Em,
2. a) Dix périodes donnent 10 T = 45,8 ± 0,2 s. Soit T = 4,58 ± 0,02 s ou 1
soit Etotale = (γ –1).mp.c2 + mp.c2 = γ. mp.c2 =  . mp.c2.
4,56 ≤  T ≤ 4,60 s. v2
1– 2
b) Le professeur a mesuré un grand nombre de périodes (10) pour c
Numériquement :
diminuer les incertitudes de mesure de T. 1
Etotale = × 1,672621 ⋅ 10–27 × 2997924582,
1 – 0,9999978282

Corrigé Métropole (juin 2014) Soit Etotale = 7,00.1012 eV = EC


1 On peut donc confondre l’énergie totale avec l’énergie cinétique.
1. a) Nous savons que EC = (γ – 1).mp.c2 avec γ = .
v2
2. a) La durée propre ou temps propre a une définition locale. Elle
1–
c2
 1  ne peut être utilisée que localement, c’est-à-dire au voisinage im-
Donc EC =  – 1  .mp.c2.
 v 2
 médiat de l’instrument qui le réalise. C’est donc dans le référentiel
 1− 2 

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 c 
lié au méson qu’on peut évaluer la durée de vie propre du méson.
d
v v2 b) La durée mesurée est donnée par : T = , où v est pratiquement égal
On a lim = 1 . Donc lim 1 – 2 = 0. v
v →c c v →c c d 1,0 ⋅ 10–2
à c d’où T = = . Donc ΔT = 3,3.10‑11 s.
 1  c 299792458
1  – 1
Par conséquent, lim = +∞ donc lim  v 2
 = +∞ . T 3,3 ⋅ 10–11
v →c
v2 v →c
 1– 2  Or ΔT = γ ΔT0 soit γ = T = 1,5 ⋅ 10–12 d’où γ = 22.
1– 2  c 
c 0

On aura ainsi lim Ec   = +∞. 1 v2 1 v 1


v →c
Comme γ = donc 1 – = , soit = 1 – .
b) D’après le texte, l’énergie cinétique d’un proton est multipliée v2 c2 γ c γ2
1–
par 15 dans le Guide du L.H.C. c2

L’énergie cinétique d’un proton avec la relation précédente : v 1


Numériquement = 1 – 2 = 0,999 = 1,0 en tenant compte du
c 22
 1 
 – 1 nombre de chiffres significatifs donc v ≈ c.
Ec =   ⋅ mp ⋅ c .
2
v 2
 1− 2 
 c 

Corrigés 85
CORRIGÉS

Cinétique chimique et représentation spatiale


des molécules  p. 43‑44
Corrigé Asie (juin 2013)
1. D’après les conditions initiales, TA > TA > TA , or la conductivité finale
3 2 1
D HO E
est atteinte beaucoup plus rapidement avec l’expérience A3 qu’avec les HO
H H
autres ; donc la température augmente la vitesse de réaction.
O O
HO O O HO
2. Dans l’expérience A3, la quantité d’eau est supérieure à la quantité
d’acétone, alors que dans l’expérience B il y en a autant de l’un que de
l’autre. Or pour une date t = 1200 s la conductivité de l’expérience A3
est supérieure à la conductivité de l’expérience B. On peut en conclure HO OH

O OH
que la vitesse de réaction augmente avec le rapport eau/acétone.
3. La molécule B a un seul de ses carbones asymétriques qui a changé
3. Le temps de demi-réaction est la durée au bout de laquelle l’avan-
par rapport à A : ce sont donc des diastéréoisomères.
cement a atteint la moitié de sa valeur finale.
La molécule C a un seul de ses carbones asymétriques qui a changé
4. Comme σ(t ) = K ⋅ x(t ), chercher xf revient à chercher σf . On trouve
par rapport à A : ce sont donc des diastéréoisomères.
t1/2 = 2,0 ⋅ 102  s.
La molécule D a ses deux carbones asymétriques qui ont changé par
rapport à A : ce sont donc des énantiomères.
La molécule E a une formule brute différente de la molécule A : elles

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ne sont pas isomères.

Amérique du Nord (juin 2016)


1. 
HO HO
O acide maléique
O O (Z)
OH
acide fumarique
(E)

Corrigé Antilles-Guyane O OH
2. Ces deux molécules sont des stéréoisomères de configuration,
(juin 2014) mais ils ne sont pas l’image l’un de l’autre dans un miroir : ce sont
1. HO
H
des diastéréoisomères.
O O
HO
* 3. D’après le tableau donné, ces deux molécules n’ont pas :
*
• la même température de fusion : on peut donc les mettre en évidence
avec le banc de Kofler ;
HO OH
• la même solubilité dans l’eau : on verse 10 g dans 1 L d’eau de chacune
2. La molécule est chirale, car elle possède au moins un carbone asymé-
des deux molécules, celle qui se dissout complètement est l’acide
trique et elle ne possède pas d’axe de symétrie ni de centre de symétrie.
maléique.
B C
HO HO
H H
HO O O O
HO O

HO OH HO OH

86 Corrigés
CORRIGÉS

Transformations en chimie organique  p. 48

Corrigé Liban (juin 2014)


D’après l’échelle de Pauling, l’électronégativité de l’oxygène est grande élimination d’une molécule d’eau H2O. Il s’agit d’une élimination.
devant celle du carbone et de l’hydrogène : χ(O ) > χ(C ) ≈ χ(H ). Donc les liai- L’étape 5 montre que le groupe OH a été remplacé par un atome de Cl.
sons C – O et O – H sont polarisées avec une charge partielle négative sur C’est donc une substitution.
l’oxygène et des charges partielles positives sur le carbone et l’hydrogène. b) L’étape 4 montre une modification de chaîne, on passe de 5 atomes
H de carbone à 6 atomes de carbone, mais il y a aussi modification de
groupe caractéristique, car le Br est remplacé par un OH.
δ+ δ– δ+
H C O H Pour l’étape 5, il y a seulement une substitution du groupe OH par le
groupe Cl, c’est donc une modification de groupe.

H Sous-étape (a)
H
Comme le barycentre des charges négatives et le barycentre des
– –

charges positives ne sont pas confondus, la molécule est polaire. C C C H + NH2 C C C + N H

H
Corrigé Asie (juin 2015) Sous-étape (b)
CH 3
8 6 4 2 1 CH 3
7 3 O C + H C

C O

C C CH
5 CH 3
OH

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
CH 3
Sous-étape (c)
1. La chaîne carbonée comporte 8 atomes de carbone, d’où le nom CH 3 CH 3
« octa », et elle comporte un groupe hydroxyle sur le troisième carbone, – +
O C C CH + H 3O HO C C CH + . H 2O...
d’où le « 3-ol ». Il y a deux doubles liaisons en position 1 et 6 d’où « 1,6-
dièn » et deux groupes méthyle en position 3 et 7 d’où « 3,7-diméthyl ». CH 3 CH 3
2. a) L’étape 3 montre qu’il y a formation d’une double liaison et
On obtient le composé B.

Réaction acido-basique  p. 52

Corrigé Liban (juin 2014) Corrigé Amérique du Sud


1. Si l’acide lactique était un acide fort alors on pourrait calcu- (juin 2016)
ler le pH avec la formule suivante : pH = –logC. Numériquement,
pH = –log(1,5 · 10 –3) = 2,8. Or le pH mesuré est égal à 3,4, donc l’acide 1. C7 H6O2 + HO– → C7 H5O2– + H2O.
lactique n’est pas un acide fort. 2. La courbe donnant la dérivée de pH présente un maximum pour
2. Diagramme de prédominance : VBE = 12,5 mL. On peut également utiliser la méthode des doubles
tangentes.
D’où nHO– = CB × VBE.

Avec l’équation de la réaction, à l’équivalence les réactifs


nC H O n –
sont en proportion stoechiométrique  : 7 6 2
= HO donc
À pH = 6,5, on se trouve dans le domaine de prédominance de l’ion 1 1
nC H O = CB × VBE = 1,00 × 12,5 × 10–3 = 1,25 × 10–2 mol.
lactate. 7 6 2

Corrigés 87
CORRIGÉS

m npur – nC H O 9,62 × 10–2 – 1,25 × 10–2


3. La masse volumique du benzaldéhyde est : ρ= or m = npur × M. p= 7 6 2
= 0,870, soit 87,0 %.
V npur 9,62 × 10–2
npur × M
D’où ρ =
V 5. Le pH à l’équivalence est de 9,5. La zone de virage contenant le pH à
ρ × V 1,02 × 10,0
On arrive à npur = = = 9,62 ⋅ 10–2 mol. l’équivalence est celle appartenant au bleu de thymol. On passera ainsi
M 106
de la couleur jaune à la couleur bleue après l’équivalence.
4. D’après la question 2. nC H O 7 6 2
= 1,25 × 10–2 mol . Or npur = 9,62 ⋅ 10–2 mol.
Donc nrestant = npur – nC H O . Dans la relation de la pureté 
:
7 6 2

Transferts thermiques  p. 57

Corrigé Amérique du Sud (juin 2013)


1. La maison est à la température de 20 °C le grenier étant à 5 °C < 20 °C, la différence de température entre l’extérieur et l’intérieur : si elle est

le transfert thermique s’effectue donc de la maison vers le grenier. trop grande, le rendement est très petit.
θ –θ 5. Le compresseur fournit un travail W à un fluide caloporteur.
2. Par définition, le flux thermique est donné par φ = 2 1 , soit
20 – 5,0 R
φ= = 2,0 ⋅ 103 W . Le fluide caloporteur se réchauffe dans l’évaporateur et gagne
7,5 × 10–3
l’énergie QF de la source froide.
3. Pour isoler, il faut choisir le matériau ayant la plus faible conduc-

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Le fluide caloporteur se refroidit dans le condenseur et perd
tivité thermique. Frédéric devrait prendre du polystyrène extrudé.
l’énergie Qc de la maison à chauffer.
4. La résistance thermique totale est égale à la somme de toutes
les résistances thermiques, soit la résistance du sol et la résis-
tance de la paroi. Donc Rtotal = Rsol + Rparoi d’où Rparoi = Rtotal – Rsol , soit
Rparoi = 6,3 ⋅ 10–2 – 7,5 ⋅ 10–3 = 5,6 ⋅ 10–2 K .W –1 .

5. Rparoi ≥ 5,6 ⋅ 10–2 K .W –1 soit e ≥ 5,6 ⋅ 10–2 d’où e ≥ 5,6 ⋅ 10–2 × λ × S soit
λ.S
e ≥ 0,15 m. L’épaisseur minimale du panneau doit être au moins de 15 cm.

Corrigé Antilles-Guyane
(septembre 2014) 6. La COP correspond au rendement énergétique de la pompe
à chaleur. Il faut faire le rapport entre l’énergie utile et l’énergie
1. Comme ΔU = W + Q et que W = 0 alors dépensée.
ΔU = Q = ma ⋅ ca (T2 – T1 ) = ρ⋅ V ⋅ ca (T2 – T1 ). Numériquement Qc = Pth′ × Δt ′ = 4,0 ⋅ 103 × 24 × 3600 = 3,5 ⋅ 108 J .
ΔU = –1,8 ⋅ 106   J . Qc Q
COP = d’où W = c = 1,1 ⋅ 108   J .
2. ΔU < 0 il y a donc perte d’énergie de la maison. W COP
1  kWh = 1000 × 3600 = 3,6 ⋅ 106   J d’où W = 31  kWh . La dépense est donc
3. La puissance thermique est égale à Pth = –ΔU = 4,9 ⋅ 102 W. de 31 × 0,13 = 4,0 €.
t
4. La puissance fournie par la PAC pour chauffer l’habitation est bien
supérieure à la valeur calculée, car le rendement de la PAC dépend de

88 Corrigés
CORRIGÉS

Transferts quantiques d’énergie


et dualité onde-corpuscule  p. 62
Corrigé Nouvelle-Calédonie 2. L’énergie d’un atome est quantifiée. Chaque atome a des niveaux
d’énergie différents donc des énergies différentes qui lui sont propres.
(novembre 2014) Comme la différence d’énergie entre deux niveaux est fonction de la
1. Les propriétés du laser sont : longueur d’onde : les longueurs d’onde des radiations émises sont
• la lumière émise est monochromatique ; aussi différentes. Par conséquent les atomes (ou ions) différents ne
• son faisceau est directif ; donnent pas le même spectre d’émission.
• il a une concentration spatiale de puissance ; 3. On a Δ E = h ⋅ ν = h ⋅ c .
λ
• il a une concentration temporelle de l’énergie ; 3,00 ⋅ 108
Soit Δ E = 6,63 ⋅ 10–34 × = 2,94  eV.
423 ⋅ 10–9 × 1,602 ⋅ 10–19
La transition possible est entre le niveau 2 et le niveau fondamental.

Corrigé Centres étrangers


(juin 2016)
1. On observe un phénomène de diffraction lorsque la dimension de
l’ouverture ou de l’obstacle est inférieure ou égale à la longueur d’onde.

2. On constate que la figure de diffraction d’un faisceau de rayons X

© rue des écoles & Le Monde, 2019. Reproduction, diffusion et communication strictement interdites.
est similaire à la figure obtenue avec un faisceau d’électrons. Comme
le phénomène de diffraction est une caractéristique de l’aspect ondu­
latoire, on peut en conclure que les électrons présentent eux aussi un
comportement ondulatoire.
3. La relation de De Broglie fait le lien entre l’aspect corpusculaire
h
et l’aspect ondulatoire, p =  ;  elle associe à la quantité de mouve-
λ
ment p d’une particule (aspect particulaire), une longueur d’onde λ
(aspect ondulatoire).

Contrôle de la qualité par dosage  p. 68‑69

Corrigé Antilles-Guyane (juin 2014)


1. AH + HO– → A– + H2O. d’essai. Soit mAH   comprimé = MAH × [HO – ] × VE × 20,0. Numériquement,
2. La méthode des doubles tangentes donne un volume à l’équi- mAH   comprimé = 0,479  g avec MAH = 6 × 12 + 8 × 1,0 + 6 × 16,0.
valence : VE = 13,6 mL. La relation à l’équivalence est nAH = nHO–, d’où | mthéorique – mexp|
4. Les deux valeurs sont proches. L’écart relatif : = 4,26 %.
nAH = [HO – ] × VE or mAH = nAH × MAH d’où mAH = MAH × [HO− ] × VE dans la mthéorique
prise d’essai de 10,0 mL. Comme l’écart relatif est inférieur à 5 %, il est acceptable. Les sources
3. Or le comprimé a été dissous dans une fiole de 200,0 mL, il y a donc d’erreurs possibles : les traits de jauges sur les fioles jaugées ont été
200,0
= 20,0 fois plus d’acide dans le comprimé que dans la prise mal repérés, la solution titrante a une concentration faussée, il y a
10,0

Corrigés 89
CORRIGÉS

eu perte de solide lors du broyage, la détermination et la lecture du dans le bécher la sonde conductimétrique. Après avoir rempli la
volume à l’équivalence est erronée. burette avec la solution d’hydroxyde de sodium, on verse millilitre par
5. Si l’acide ascorbique était un acide fort, alors sa réaction avec l’eau millilitre la solution titrante en prenant soin de relever à chaque fois la
serait totale et le pH serait donné par pH = – log C, or nAH = [HO ] × VE
– conductivité de la solution. On trace la courbe σ = f (Vversé ). Le volume à
[HO ] × VE

[HO ] × VE
– l’équivalence sera l’abscisse du point d’intersection des deux droites
donc C = d’où pH = – log = 1,87.
VAH VAH affines modélisant la courbe précédente.
À l’aide de la courbe du titrage, on lit pour V = 0 ml, donc avant l’ajout b) Les ions participant à la conductivité de la solution sont les ions
de solution titrante, pH = 3,0. hydroxyde HO–, les ions sodium Na+, les ions ascorbate A–.
Donc l’acide ascorbique n’est pas un acide fort. Avant l’équivalence : les ions hydroxyde sont entièrement consommés,
Le pH à l’équivalence est égal à 7,8. On choisira donc le rouge de crésol, on rajoute des ions sodium Na+ et il se forme des ions ascorbate A–, la
dont la zone de virage contient le pH à l’équivalence. On passera de la conductivité de la solution augmente.
couleur jaune à la couleur rouge. Après l’équivalence : les concentrations en ions hydroxyde HO– et
6. a) On prélève 25,0 mL de solution d’acide ascorbique avec une en ion sodium Na+ augmentent tandis que la concentration en ions
pipette jaugée afin d’obtenir un volume à l’équivalence autour de ascorbate A– reste constante. Comme λ(HO – ) > λ(A– ), la conductivité
15 mL. On les verse dans un bécher, on ajoute un grand volume d’eau de la solution augmente plus vite.
distillée. On place celui-ci sur un agitateur magnétique. On introduit Seule la courbe 1 correspond à ce titrage.

Synthétiser les molécules 

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p. 72

Corrigé Métropole (juin 2015)


1. L’un des réactifs de l’étape (a) est l’eau. Or l’eau est apportée par l’étape (b). Le fait de baisser la température entraîne la précipitation

la solution aqueuse d’hydroxyde de sodium. Avec l’utilisation de de l’acide benzoïque qui est moins soluble à froid.

pastilles, il n’y aura plus l’eau nécessaire à la réaction. On ne peut donc


4. L’opération (5) est une filtration pour récupérer l’acide benzoïque
qui vient de précipiter.
pas utiliser des pastilles d’hydroxyde de sodium.
L’opération (6) est un séchage afin de débarrasser les cristaux d’acide
2. Les opérations (1), (2) et (3) correspondent à l’étape (a) de l’obtention
benzoïque de traces d’eau.
de l’ion benzoate. L’ajout de l’acide chlorhydrique de l’opération (4)
5. On cherche ici à évaporer l’eau donc pour une température
correspond à l’étape (b). supérieure à 100 °C, mais l’acide benzoïque doit rester solide, donc la
3. Le chauffage permet d’accélérer la réaction et l’emploi du réfrigé- température doit être inférieure à 122,4 °C.
rant d’éviter de perdre de la matière. 6. On peut vérifier la température de fusion au banc Kofler, ou
L’opération (4) est une réaction acido-basique correspondant à effectuer une chromatographie sur couche mince.

90 Corrigés
CORRIGÉS

Transmettre et stocker de l’information  p. 77


Corrigé Pondichéry (avril 2016) Corrigé Amérique du Sud
1. Les éléments de la chaîne de transmission : (juin 2013)
• Émetteur : drone
1. La différence de marche entre les ondes qui se réfléchissent sur
• Canal de transmission : air
un plat et celle qui se réfléchissent sur une cuvette est δ = 2h pour
• Récepteur : téléphone portable
l’aller-retour.
• Il s’agit d’une transmission libre d’ondes électromagnétiques.
Les interférences sont destructives si et seulement si leur différence
2. L’atténuation est donnée par A = 40 + 20 log(d) soit pour une
de marche vaut un demi-entier de longueur d’onde : δ = (2k + 1) ⋅ .
λ
distance de 10 m, A = 60 dB. 2
P  –A λ λ
3. L’atténuation est définie par A = 10log 
e
 soit PS
= Pe
⋅ 10 10 d’où pour En réunissant les deux relations, on arrive à 2h = (2k + 1) ⋅ , soit h =
2 4
 Ps 
avec k = 0.
une puissance d’émission maximale de 100 mW on a PS = 1,0 ⋅ 10–4  mW.
4. Chaque image est codée en 24 bits et la résolution est 1 280 × 720 2. On a h = λ = 0,126 ⋅ 10–6 m, on retrouve bien la profondeur des creux.
4
pixels. Chaque image nécessite 1 280 × 720 × 24 bits. Le débit nécessaire 3. Lorsque le faisceau éclaire un plat (ou une cuvette), les ondes se
sera 1 280 × 720 × 24 × 30 = 664 Mbits/s. Ce débit est bien supérieur au réfléchissent toutes de la même façon et donnent lieu à des interfé-
débit maximal théorique de 54 Mbits/s. Il n’est donc pas possible de rences constructives, d’où un éclairement maximal.
visualiser la vidéo en direct. À l’inverse lorsque le faisceau passe d’un plat à une cuvette ou d’une
cuvette à un plat, les ondes donnent lieu à des interférences destruc-
tives d’où un éclairement minimal.

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Corrigés 91
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GUIDE PRATIQUE

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GUIDE PRATIQUE

Méthodologie et conseils
indispensables pour pouvoir aborder le programme de terminale avec
sérénité. Assurez-vous que vous maîtrisez les tableaux d’avancement,
l’exploitation des dosages, les réactions acide-base et les réactions
d’oxydo-réduction.
Posez-vous les bonnes questions pour évaluer la qualité de vos
révisions : le cours est-il à jour ? chaque document est-il rapide-
ment accessible ? disposez-vous de fiches de révision pour chaque
chapitre ? avez-vous des annales ou des exercices d’entraînement
à disposition ? Une fois l’organisation matérielle mise en place,
planifiez le travail.
Inutile de travailler sans interruption toute une après-midi sur un
thème. Vous obtiendrez des résultats fort décevants par cette méthode.
Instaurez un planning avec des plages de révision de 2 heures.
Les élèves « visuels » se concentreront sur la présentation claire et
Conseils de révision lisible des fiches. Ceux qui ont une bonne mémoire du « mouvement »
Tout au long de l’année pourront apprendre en écrivant. Leur mémoire du geste les aidera à
Fixez-vous des règles de conduite et suivez-les sans écart pour aug- retenir l’essentiel. Les « auditifs » se concentreront sur des échanges
menter l’efficacité de vos révisions, travaillez méthodiquement, partie verbaux, voire sur des supports de révision audio.
par partie. Ceci est d’autant plus facile que le programme des sciences
physiques de terminale S comprend essentiellement des thèmes indé- Deux mois avant l’épreuve
pendants. Vous pouvez ainsi commencer par celui que vous maîtrisez L’idéal est de reprendre chaque soir les cours de la journée pour réaliser

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le moins pour finir par celui dans lequel vous êtes le plus à l’aise. des fiches tant que cela est encore frais dans votre esprit.
Pour la chimie, il est préférable de prendre le programme dans l’ordre Profitez des vacances scolaires pour rattraper le retard accumulé dans
car les notions du chapitre précédent sont souvent réinvesties dans certains chapitres. C’est le moment de relire les fiches et de faire les
le chapitre suivant. De nombreuses notions de base de première sont exercices.

DÉROULEMENT DE L’ÉPREUVE
Durée écrit : 3 heures 30 rimentales dans le cadre de l’en- comme enseignement de spécia- ment de spécialité, soit avec l’en-
Durée pratique : 1 heure vironnement du laboratoire. lité. L’exercice de spécialité prend seignement spécifique.
Coefficient : 6 (ou 8 pour les can- Selon les situations, le candidat appui sur les thèmes de l’ensei- Le candidat prend connaissance
didats ayant choisi cette disci- peut être conduit à s’approprier gnement de spécialité. du sujet tiré au sort à l’entrée dans
pline comme enseignement de et analyser une problématique, à la salle d’évaluation.
spécialité) justifier ou à proposer un proto- L’épreuve pratique L’évaluation des compétences ex-
cole expérimental, à le réaliser, à Pour chaque session pratique, des périmentales a lieu dans le cou-
OBJECTIFS DES ÉPREUVES sujets d’épreuve sont retenus au
porter un jugement critique sur rant du troisième trimestre, dans
L’épreuve écrite la pertinence des hypothèses et niveau national et communiqués le cadre habituel de formation de
Cette épreuve a pour objectif aux établissements au début du
des résultats en vue de les vali- l’élève.
d’évaluer des compétences por- troisième trimestre. L’épreuve éva-
der. Le candidat peut aussi être Lors de l’évaluation portant sur
tant essentiellement sur le pro- lue des compétences expérimen-
amené à faire preuve d’initia- les sujets tirés au sort, deux pro-
gramme de terminale.Les notions tales à partir d’un sujet tiré au sort
tive et à communiquer en utili- fesseurs examinateurs sont pré-
et compétences mobilisées dans parmi ceux retenus par l’établisse-
sant des langages et des outils sents dans la salle. Un examina-
les programmes des classes an- ment dans l’ensemble des sujets
pertinents. teur évalue au maximum quatre
térieures à la classe de terminale dédiés à ces élèves.
NATURE DES SUJETS élèves ; celui-ci n’évalue pas ses
mais non reprises dans celle- Le sujet porte essentiellement sur
propres élèves.
ci ne constituent pas le ressort L’épreuve écrite les compétences expérimentales
principal des sujets composant Le sujet de l’épreuve écrite com- du programme de terminale S, CALCULATRICES
l’épreuve ; elles doivent toutefois porte trois exercices. Deux exer- sans exclure celles des classes an- En fonction du contenu des exer-
être assimilées par les candidats cices sont communs à tous les térieures. cices, l’usage des calculatrices
qui peuvent avoir à les utiliser. candidats  ; ils sont notés sur Les candidats ayant choisi les peut être interdit ou autorisé
15 points ; le troisième exercice, sciences physiques et chimiques dans les conditions de la régle-
L’épreuve pratique noté sur 5 points, est différent comme enseignement de spécia- mentation en vigueur. Cette pré-
Cette épreuve a pour objectif selon que le candidat a choi- lité tirent au sort un sujet ayant cision est portée sur le sujet de
d’évaluer des compétences expé­ si ou non la physique-chimie rapport soit avec cet enseigne- l’épreuve.

94 Le guide pratique
GUIDE PRATIQUE

Un mois avant l’épreuve Respectez strictement les notations de l’énoncé. Si vous utilisez de
Il est temps de s’investir de façon plus intensive encore. nouvelles notations, il est impératif de les définir préalablement.
Deux heures de physique le matin, par exemple, suivies de deux Écrivez de façon lisible et aérée ; pensez notamment à numéroter les
heures de chimie l’après-midi. Prenez les annales et faites le point réponses aux questions.
sur les connaissances que vous maîtrisez et celles qui sont à revoir. Si l’on vous demande un graphe, tracez-le le plus proprement possible
Si le temps vous manque, commencez par apprendre l’essentiel dans sur du papier millimétré : marquez précisément, à l’aide de croix, les
chaque partie sans faire d’« impasse » : cela risquerait de vous coûter points expérimentaux ; indiquez le nom des axes, des unités, l’échelle.
cher à l’écrit ou à l’oral. Pour commencer, choisissez les parties du Ayez toujours en tête que de la qualité d’un graphe peut dépendre la
programme qui ont fait l’objet d’un plus grand nombre de sujets justesse des résultats.
d’examen les années antérieures. Ne paniquez pas en constatant Lorsqu’une valeur doit être lue sur le graphique, soyez aussi précis(e)
l’immensité du travail qui vous attend. Les édifices les plus grandioses que possible (en utilisant la proportionnalité avec les graduations
ont tous été construits pierre par pierre. de l’axe).
Gardez à l’esprit qu’à chaque fois que vous maîtrisez un nouveau point Pour tout problème de mécanique, commencez par définir le système
du programme vous progressez dans vos révisions pas à pas. Si l’avancée et le référentiel utilisé pour étudier le mouvement.
quotidienne vous semble insignifiante face à l’ampleur de l’ensemble,
sachez qu’un jour viendra ou vous maîtriserez votre programme. Calculs
Certains sujets sont à traiter sans calculatrice. Entraînez-vous à faire
La veille de l’épreuve régulièrement des calculs, à la main, avec des puissances de 10.
Relisez calmement vos fiches et détendez-vous, vous avez bien travaillé ! Votre calculatrice ne vous sera utile le jour de l’examen que si vous
l’avez employée régulièrement tout au long de l’année et si vous en
Le point sur l’épreuve écrite maîtrisez les usages envisagés, en particulier la notation scientifique.
Lecture de l’énoncé et gestion du temps
Pour tous les calculs, faites attention au nombre de chiffres significatifs
Avant de commencer à traiter les questions, lisez l’ensemble de
de votre résultat (autant que la donnée la moins précise). Évitez au
l’énoncé et soulignez les données importantes. Essayez de comprendre
maximum les calculs intermédiaires, et lorsque c’est nécessaire
la logique de l’exercice, repérez les difficultés mais aussi les questions
conservez toujours la valeur « exacte » en mémoire dans votre calcu-

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simples ou les questions de cours auxquelles vous pourrez répondre
latrice, y compris (et surtout) pour les questions suivantes.
même si vous n’avez pas réussi ce qui précède. En fonction de votre
Écrivez les résultats sous une forme scientifique, c’est-à-dire sous la
méthode de travail, vous pouvez alors choisir de commencer par ce
forme d’un nombre compris entre 1 et 10 multiplié par une puissance
que vous maîtrisez le mieux, pour « assurer », ou par ce qui vous pose
de 10.
plus de problèmes, pour y réfléchir pendant que vous êtes encore
Vérifiez que vos résultats sont vraisemblables.
« frais » et moins stressé par la fin de l’épreuve ; attention dans ce cas
Lorsque vous écrivez un résultat, n’oubliez pas l’unité ; l’oubli de l’unité
à ne pas y passer trop de temps non plus, au risque de ne pas avoir le
enlève au moins la moitié des points prévus pour le résultat numérique.
temps ensuite de faire tout ce que vous savez faire !
Vous devez consacrer environ 10 minutes par point attribué à l’exer-
cice. Au-delà, abandonnez l’exercice pour vous consacrer à un autre.
Faites les calculs au brouillon mais rédigez directement sur la copie.
Sinon vous risquez de manquer de temps.

Rédaction et présentation de la copie


L’un des critères d’évaluation de votre copie est la qualité de la rédac-
tion. Faites donc attention à expliquer clairement votre raisonnement.

ORAL DE RATTRAPAGE
Durée : 20 minutes et doit traiter les deux questions. de l’enseignement de spécialité. l’examinateur décide si l’usage
Temps de préparation : 20 minutes Pour les candidats qui n’ont pas Les notions et compétences mo- d’une calculatrice est autorisé ou
Coefficient : 6 (ou 8 pour les can- choisi l’enseignement de spécia- bilisées dans les programmes interdit.
didats ayant choisi cette disci- lité, les questions portent sur le des classes antérieures à la classe Cette épreuve a lieu dans une
pline comme enseignement de programme d’enseignement spé- de terminale mais non reprises salle comportant du matériel de
spécialité) cifique. Pour les candidats qui ont dans celle-ci doivent être assimi- physique-chimie afin que des
Le candidat tire au sort un sujet choisi l’enseignement de spéciali- lées par les candidats qui peuvent questions puissent être posées
comportant deux questions, por- té, une question porte sur le pro- avoir à les utiliser. sur le matériel expérimental et
tant sur deux domaines de na- gramme de l’enseignement spéci- En fonction du contenu du su- son utilisation, sans que le candi-
tures différentes du programme, fique et l’autre sur le programme jet tiré au sort par le candidat, dat soit conduit à manipuler.

Le guide pratique 95
Crédits

Couverture
Phénomène d’apparition dans le vide d’une paire particule-antiparticule © IQOQI Innsbruck/iqoqi.at/Harald Ritsch

Observer : ondes et matière


p. 12 haut © PatriciaDz/iStock ; p. 12 bas © izusek/iStock ; p. 15 © BlackJack 3D/iStock

Comprendre : lois et modèles


p. 27 © 3DSculptor/iStock ; p. 28 haut, gravure de Zéphyrin Belliard d’après le tableau de Roller, domaine public/­Wikimedia Commons ;
p. 28 bas © themacx/iStock ; p. 30 © Marcin Wiklik/iStock ; p. 31 © ra-photos/iStock ; p. 36 © dottedhippo/iStock ; p. 37 © xenotar/iStock ;
p. 40 © onlyyouqj/iStock ; p. 41 © herraez/iStock ; p. 56 © ivansmuk/iStock ; p. 57 © ieang/iStock

Agir : défis du xxie siècle


p. 66 © subtik/iStock ; p. 72 © pjohnson1/iStock ; p. 75 © Henrik5000/iStock ; p. 76 © Greenseas/iStock

Guide pratique
p. 93 de gauche à droite © FatCamera/iStock, © PeopleImages/iStock, © Steve Debenport/iStock, © fizkes/iStock ; p. 94 Wavebreakmedia/iStock ;
p. 95 © Steve Debenport/iStock

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Edité par la Société Editrice du Monde – 80, boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris
Tél : +(33)01 57 28 20 00 – Fax : +(33) 01 57 28 21 21
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Président du Directoire, Directeur de la Publication : Louis Dreyfus
Directeur de la rédaction : Jérôme Fenoglio
Dépôt légal : décembre 2018 - Imprimé par Aubin Imprimeur - Achevé d’imprimer : décembre 2018
Numéro hors-série réalisé par Le Monde - © Le Monde – rue des écoles 2019

Origine du papier : Allemagne (1 025 km) - Taux de fibres recyclées : 0 %


Certification : 100 % PEFC - Eutrophisation : 0,027 kg/tonne de papier

10-31-1601 / Certifié PEFC / Ce produit est issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées. / pefc-france.org
Toujours plus connectés, nous partageons chaque jour un grand nombre de données
qui, mal maîtrisées, mettent en péril nos libertés individuelles. À la MAIF, nous prenons
des engagements concrets en faveur de la protection des données personnelles
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le code des assurances.
CAHIE
S P É C I AR
L

Testez-vous
pour
le bac
PHYSIQUE-CHIMIE

49 questions
corrigées et commentées
Réviser son bac avec

Une ou plusieurs réponses sont possibles.


ensemble, l’intensité sonore résultante
Observer est la somme des intensités sonores
produites par chacune des machines.
Quel est alors le niveau d’intensité
Caractéristiques des ondes sonore résultant ?
 Le cours p. 6  Donnée : I0 = 10 –12 W.m–2.
 A. 75 dB
Question 1  B. 80 dB

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Une perturbation d’amplitude 2,5 cm  C. 150 dB
et de durée 100 ms est appliquée à
l’extrémité d’une corde et se propage
avec une célérité v = 2,5 m.s–1. Quel est le Propriétés des ondes
retard de l’onde en un point de la corde  Le cours p. 10 
situé à 50 cm de l’extrémité ?
 A. 0,20 s Question 4
 B. 0,25 s On place sur un faisceau laser
de longueur d’onde λ une fente verticale
Question 2 de dimension a = 80,0 μm, puis un
On réalise l’analyse spectrale d’une écran. La distance entre la fente et l’écran
note jouée par un violon. Entre 0 et est D = 3,00 m. La largeur de la tache
2 000 Hz, le spectre présente 4 pics centrale de diffraction est d = 47,0 mm.
situés respectivement à 440, 880, 1 320 Parmi les affirmations suivantes,
et 1 760 Hz. lesquelles sont exactes ?
Données :  A. La figure de diffraction observée
Note do3 ré3 mi3 fa3 est horizontale.
 B.  Le faisceau laser est une onde
Fréquence (Hz) 262 294 330 349 lumineuse polychromatique.
 C. La longueur d’onde du faisceau
Note sol3 la3 si3 laser est 627 nm.
Fréquence (Hz) 392 440 494  D. Le laser est de couleur bleue.

 A.  Le son musical est un son pur. Question 5


 B.  La note jouée est un la3. Une alarme incendie émet un son
 C. La fréquence de l’harmonique de fréquence 1 kHz. Une voiture
de rang 5 vaut 2 600 Hz. de pompiers s’en approche à une vitesse
 D. Le spectre de la même note jouée de 90 km.h–1.
par un piano est identique. Quelle est la fréquence perçue par
les pompiers ?
Question 3 Données :
Le niveau d’intensité sonore de deux • célérité du son dans l’air
machines est de 70 dB pour l’une v = 340 m.s–1 ;
et de 80 dB pour l’autre lorsqu’elles c – vR
• décalage Doppler : fR = f :
fonctionnent séparément. Lorsque c – vS E
les deux machines fonctionnent

2
H
H
A
Les tests
0
0
4000
4000
3000
3000
2000
Nombre
2000 d’onde1500
1500
(cm-1)
1000
1000
500
500
A
Nombre d’onde (cm-1)
100
– fR et fE fréquences reçue et émise par 100

la source ;
B
100
– vR et vS vitesses de l’observateur et de 50 O
la source ; B 50

A 50

– c célérité de l’onde. 0 H3C O CH3


 A.  936 Hz 0
0
4000
4000
3000
3000
2000
Nombre
2000
1500
(cm-1Acétate
d’onde1500 )
1000
1000 d’éthyle
500
500

 B. 
4000 3000 2000 1500 1000 500
1 074 Hz Nombre d’onde (cm-1) Nombre d’onde (cm-1)
100
 C. 1 265 Hz 100
100
100
O
OH
B
C
50

A 50

C
50
H3C
Analyse spectrale 50
H3C O CH3
Butan-1-ol

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0

 Le cours p. 14  Acétate d’éthyle


A
4000 3000 2000 1500 1000 500
0
4000 3000 2000 1500 1000Nombre
0 d’onde
500 (cm-1)

100
Nombre d’onde (cm-1)
100
0
4000
4000
3000
3000
2000
Nombre
2000 d’onde1500
1500
(cm-1)
1000
1000
500
500
A
Question 6
100
O Nombre d’onde (cm-1) O

Cette figure représente OH


A B le spectre UV-
50 C 50
50 H3C

visible ainsi que la formule semi- H3C O CH3 H3C OH

développée d’une molécule. 0


4000 3000 2000 0 1500 1000
0
500
4000 3000
Acétate d’éthyle
2000 1500 1000
Butan-1-ol 500
Acide propanoïque
4000 -13000 2000 1500 1000 500
Nombre d’onde (cm ) Nombre d’onde (cm-1) Nombre d’onde (cm-1)

100
CH3 Table de données pour
CH3 CH3 CH3 100
H3C la spectroscopie IR : O
OH C=O C=O
BCH 350
CH3 CH3 CH3 Liaison C−CH C C−O
C 50

CH3
HC 3
3
Amide Acide
OH
Butan-1-ol
Nbre
0
4000 3000 2000 1500 1000 500 1 000- 1 050- 1 650-
Acide propanoïque 1 680-
d’ondes
0
Nombre 4000
d’onde (cm-13000
) 2000 1500 1000 500
Nombre d’onde (cm-1)
1 250 1 450 1 700 1 710
Absorbance

100 (cm–1) O
C=O O−H O−H
C 50 Liaison
HC 3

OH
Ester Acide Alcool
Nbre
0 1 700-
Acide propanoïque 2 500- 3 200-
4000 3000 2000
Nombre d’onde (cm-1)
1500 1000 500
d’ondes
1 740 3 200 3 700
(cm–1)
200 300 400 500 600
 A. A : acétate d’éthyle ;
Longueur d’onde (nm)
B : butan-1-ol ; C : acide propanoïque
 A. 
La molécule est colorée.  B. A : acide propanoïque ; B : ­butan-
 B. λmax = 280 nm. 1-ol ; C : acétate d’éthyle
 C. A : butan-1-ol ; B : acide
 C. La molécule est bleue. propanoïque ; C : acétate d’éthyle
 D. A : butan-1-ol ; B : acétate
Question 7
d’éthyle ; C : acide propanoïque
On a enregistré les spectres IR des trois
molécules représentées à droite. Quelle Question 8
est l’attribution exacte ? Quels signaux sont présents sur
100 le spectre RMN du propanoate de
O
1-méthyléthyle
A 50
CH3-CH2-COO-CH-(CH3)2 ?
 A. 
H3C triplet
O CH3
 B. singulet
0 Acétate d’éthyle
4000 3000 2000
Nombre d’onde (cm-1)
1500 1000 500  C.  quadruplet
100
 D. doublet

3
OH
50
Réviser son bac avec

Comprendre Les lois de Kepler


 Le cours p. 26 

Les lois de Newton Question 12


 Le cours p. 20  Io et Europe sont deux satellites de
Jupiter possédant une orbite circulaire.
Question 9 Quel est le rayon orbital R’ d’Europe ?
Une dépanneuse D tire une voiture V. Données :
On note FV/D la force exercée par D sur V, • Io : période de révolution T = 1,77 jour ;
et FV/D la force exercée par V sur D ? • rayon orbital R = 4,22.105 km ;
• Europe : période de révolution

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 A.  FD/V > FV/D
 B. FD/V = FV/D T’ = 3,55 jours ;
 C. FD/V < FV/D • G = 6,67.10 –11 SI.
 A. 6,71.105 km
Question 10  B. 8,46.105 km
Une balle de golf est lancée depuis un  C.  1,20.106 km
point situé au niveau du sol avec une Question 13
vitesse initiale v0 = 14 m.s–1 faisant un
Triton est un satellite de Neptune
angle α = 32° par rapport à l’horizontale.
possédant une orbite circulaire.
Quelle est la portée du tir (distance
Que valent sa vitesse v et sa période
entre les points de lancement et
de révolution T?
d’impact sur le sol) ?
Données :
Donnée : g = 9,8 m.s–2.
• Neptune : M = 1,025.1026 kg ;
 A. 12 m
• Triton : m = 2,147.1022 kg ;
 B. 18 m
• Rayon orbital R = 3,547.105 km ;
 C. 24 m
• G = 6,67.10 –11 SI.
Question 11  A. v = 2,00 km.s–1
 B. v = 4,39 km.s–1
Un électron pénètre à l’intérieur d’un
 C. T = 8,08.104 s
condensateur plan dans lequel règne
 D. T = 5,08.105 s
un champ électrostatique uniforme. La
tension entre les plaques, séparées par Question 14
une distance d = 2,0 cm, est U = 12 V. Les satellites SPOT sont à une altitude
Quelle est la valeur de l’accélération de 820 km de la surface de la Terre et
subie par l’électron ? permettent d’observer la Terre en haute
Données : définition. Quelle est la période de ces
• me = 9,1.10 –31 kg ; satellites ? On considère que les orbites
• e = 1,6.10 –19 C. des satellites sont circulaires.
 A. 4,2.1010 m.s–2 Données :
 B.  1,1.1012 m.s–2 • G = 6,67.10 –11 SI ;
 C. 1,1.1014 m.s–2 • MT = 6,0.1024 kg ;
• Mspot = 3,0.103 kg.
 A. T = 2,3.102 s
 B. T = 6,1.103 s
 C. T = 1,0.1013 s
 D. T = 2,7.1014 s

4
Les tests

à l’extrémité d’un fil d’acier d’une


Travail d’une force et énergie longueur L.
 Le cours p. 30  On étudie ce pendule dans le référentiel
Question 15 terrestre supposé galiléen. Le pendule
est initialement écarté de sa position
Un skieur de masse m = 80,0 kg part d’équilibre d’un angle α = 15°, puis
d’un point A d’altitude 1 710 m sans abandonné sans vitesse initiale en un
vitesse initiale et glisse sans frottement point A. On suppose qu’il n’y a pas de
jusqu’à un point B d’altitude 1 200 m. frottement.
Donnée : g = 9,81 m.s–2 On choisit Ep(O) = 0 J. On assimilera la
 A.  Le travail du poids est –400 kJ. sphère à un point matériel.
 B.  Le travail du poids est moteur.

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Que vaut la vitesse v0 de la sphère au
 C. La vitesse en B est 50,0 m.s–1. point O ?
 D. La vitesse en B est 100,0 m.s–1. z

Question 16
Un enfant tire une luge en ligne droite
sur une distance d = 0,25 km. La corde
fait un angle α = 35° par rapport à L = 67,0 m
l’horizontale
 et exerce une force
constante F sur la luge de valeur
 50 N. zA A
Que vaut le travail de la force F ?
x
 A. 10 J O
 B. 7,2 kJ
 C.  10 kJ  A. v0 = 2 g( L – L cos α )

Question 17  B.  v0 = 2 gL cos α


Une particule α (noyau d’hélium) se  C. v0 = 2 g( L – L sin α )
déplace de A vers B sous l’effet du travail  D. v0 = 2 gL sin α
moteur d’une force électrique. Que vaut
la tension électrique UAB ? Question 19
Données :
Un astronaute se trouve dans une
• e = 1,60.10 –19 C ;
fusée se déplaçant à une vitesse
• AB = 50,0
 cm ;
v = 250 000 km.s–1 constante par
• WAB ( F ) = 6,40.10–14  J . rapport à la Terre. Il envoie vers la
 A. 100 kV Terre un signal lumineux de fréquence
 B. 200 kV f = 5,0 Hz.
 C. 
400 kV Que vaut la période mesurée ∆Tm sur
Terre ?
Donnée : c = 3,00.108 m.s–1.
Oscillation mécanique,  A. Tm   = 0,11 s
temps et relativité restreinte  B. Tm   = 0,20 s
 Le cours p. 34 
 C. Tm   = 0,36 s
Question 18
Le pendule de Foucault est un pendule
simple. Il est composé d’une sphère
de masse m = 28,0 kg suspendue
5
Réviser son bac avec

Cinétique chimique Question 23


et représentation spatiale Parmi les molécules suivantes,
laquelle possède un atome de carbone
des molécules asymétrique ?
 Le cours p. 40   A. Cl – CH (OH) – CH3
 B. Cl – CH2 – CH3
Question 20  C. Cl – CH (OH) – Cl
On donne l’évolution des quantités
de chloroéthane C2H5Cl et d’ions Transformations en chimie
hydroxyde HO– au cours de la réaction
d’équation : organique

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C2 H5 Cl( aq ) + HO(–aq )  C2 H5 OH( aq ) + Cl(–aq )  Le cours p. 46 

Question 24
L’ion H+ est un site :
 A. donneur de doublets d’électrons.
 B.  accepteur de doublets d’électrons.
 C.  ni l’un ni l’autre.
Question 25
 A. Le réactif limitant est HO–. Le 3-hydroxybutanoate d’éthyle :
 B. Le réactif limitant est C2H5Cl.  A. possède une fonction cétone.
 C. t1/2 = 7,5 min.  B.  possède une fonction ester.
 D. t1/2 = 40 min.  C. possède 4 atomes de carbone.
 D. possède 6 atomes de carbone.
Question 21
Question 26
On considère la transformation
d’équation N2( g ) + 3 H2( g )  2 NH3( g ), Quelles sont les propositions exactes
concernant la réaction suivante :
catalysée par Fe(s) . Il s’agit
d’une catalyse : HO – CH2 – CH = CH2 + H2  HO – CH2 – CH2 – CH
 A.  enzymatique.HO – CH2 – CH = CH2 + H2  HO – CH2 – CH2 – CH3
 B.  homogène.  A. Cette réaction est une addition.
 C.  hétérogène.  B.  Cette réaction est
une substitution.
Question 22  C. La chaîne carbonée est modifiée.
Quelle est la relation d’isomérie  D. Le groupe caractéristique est
existant entre ces deux molécules ? modifié.
HO Br C 2H 5 Br
H
3 2 3 2 Question 27
Quelles sont les propositions exactes
H H H
C2H5
A CH3 HO B
CH3 concernant la molécule d’eau ?
 A. énantiomérie Donnée : χH = 2,2,   χO = 3,4.
 B. diastéréoisomérie  A. L’atome d’hydrogène est plus
 C. stéréoisomérie de conformation électronégatif que l’atome d’oxygène.
 D. stéréoisomérie de configuration  B. La liaison O-H est polarisée.
 C. Les atomes d’hydrogène portent
chacun une charge partielle positive.
6
Les tests

 D. L’atome d’oxygène porte  A. À pH 7, la fonction acide


une charge partielle négative opposée carboxylique est protonée.
à celle de l’hydrogène.  B.  À pH 6, l’espèce prédominante
possède une charge négative et une
charge positive.
Réaction acido-basique  C. À pH 11, l’espèce NH2 – CH2 – COO–
 Le cours p. 50  est prédominante.
 D. À pH 1, l’espèce prédominante est
Question 28
un anion.
On dissout dans 0,5 L d’eau 1,2.10 –3 mol
d’acide acétylsalicylique. Le pH de la
Transferts thermiques

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solution obtenue est 3,1.
 A.  L’acide acétylsalicylique est un  Le cours p. 54 
acide fort. Question 32
 B.  L’acide acétylsalicylique est un
Au cours du fonctionnement d’un
acide faible.
moteur de voiture, le mélange gazeux
 C.  La réaction de l’acide
d’air et d’essence reçoit par transfert
acétylsalicylique avec l’eau est totale.
thermique 36,1 kJ et cède un travail
 D.  L’acide acétylsalicylique est
de 19,4 kJ vers l’extérieur. L’énergie
capable de céder un proton.
mécanique du système est constante.
Question 29 Quelle est la variation d’énergie interne ?
Une solution aqueuse a une  A. –16,7 kJ
concentration en ions oxonium  B.  16,7 kJ
 H O+  = 2,0.10–3  mol.L–1.  C. 55,5 kJ
 3   D. –55,5 kJ
Donnée : pKe = 14 à 25 °C.
 A. Le pH de la solution est de 2,7. Question 33
 B. Le pH de la solution est de 11,3. Quelle est l’énergie nécessaire pour
 C. La solution est acide. chauffer 200 L d’eau d’un bain de 15 °C
 D. La solution est basique. à 37 °C ?
Données :
Question 30
• masse volumique de l’eau
On prépare une solution d’hydroxyde ρeau = 1 000 kg.m–3 ;
de sodium en dissolvant 1,0.10 –3 mol de
• c eau = 4 180 J.K–1.kg–1.
cristaux de soude NaOH dans 100 mL
 A.  3,4.105 J
d’eau.
 B.  2,1.106 J
Quel est le pH de la solution obtenue ?
 C.  1,8.107 J
Donnée : pKe = 14 à 25 °C.
 A. 2 Question 34
 B. 3 Quel est le flux thermique à travers
 C. 11 un simple vitrage dont la surface est
 D. 12 s = 0,50 m2, l’épaisseur e = 3,0 mm
Question 31 lorsqu’il fait 10 °C à l’extérieur et 22 °C
à l’intérieur ?
La glycine NH2 – CH2 – COOH est un
Donnée : λverrre = 1,3 W.m–1 .K–1.
acide aminé. Le pKa de la fonction acide
 A.  verre = 2,4 W
carboxylique est 2,3, celui de la fonction
 B.  verre = 2,4.103  W
amine est 9,6.
 C.  verre = 2,4.103  W / m
7
Réviser son bac avec

Question 35 Question 37
On donne des propositions suivantes, Qu’est-ce qu’un laser ? Comment
sur les transferts thermiques fonctionne-t-il ? Quelle(s) est(sont)
par conduction, convection et celle(s) qui est(sont) vraie(s) ?
rayonnement. Quelle(s) est(sont) celle(s)  A. Le laser est une source de lumière
qui est(sont) vraie(s) ? très directive.
 A.  Esméralda touche une tasse  B.  Le laser fonctionne grâce à
de café chaude, elle se brûle. C’est un l’émission spontanée.
phénomène de transfert thermique par  C.  La lumière du laser se propage
rayonnement. toujours en ligne droite, quels que
 B. Pour garder les aliments au soient les milieux traversés.

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chaud, on les recouvre de papier  D.  En faisant passer la majorité
aluminium. Cela évite les transferts des atomes d’un milieu dans un état
thermiques par conduction. excité, le laser réalise une inversion de
 C. Le transfert thermique se fait par population.
convection dans le vide
 D. La propagation de chaleur qui se Question 38
fait grâce au déplacement des atomes Quelle est la longueur d’onde associée à
est de la convection. un neutron d’énergie cinétique 2 MeV ?
Données :
• h = 6,63.10 –34 J.s ;
Transferts quantiques • masse d’un neutron = 1,67.10 –27 kg ;
d’énergie et dualité onde- • 1eV = 1,60.10 –19 J.
 A. 6,21.10 –13 m
corpuscule  B. 2,02.10 –14 m
 Le cours p. 60   C.  8,10.10 –24 m

Question 36 Question 39
Parmi les propositions faites sur On étudie le diagramme
Energie
le principe de l’émission stimulée, d’énergie donné par
quelle(s) est(sont) celle(s) qui est(sont) le schéma ci-contre.
vraie(s) ? Quelles propositions
 A.  Il n’existe qu’un seul état excité sont correctes ?
 A. C’est le diagramme (1)
pour les atomes, les molécules et les
ions. d’énergie d’un atome. (2)

 B. L’émission stimulée permet à  B.  La transition (1)


l’atome d’atteindre un état d’énergie correspond à une
plus élevé. transition électronique.
 C. Un atome peut émettre de la  C. Lors d’une
lumière s’il est dans un état excité, il transition (1), il y a
retrouve alors un état d’énergie plus absorption dans le
stable. visible ou l’ultraviolet.
 D. Il y a émission d’un photon  D. Lors d’une
quand un atome passe d’un niveau transition (2), il y a émission d’un
d’énergie à un niveau d’énergie photon appartenant au domaine de
supérieur. l’infrarouge.

8
Les tests

Agir 15 0
-1
-2
10 -3
Contrôle de la qualité

dpH/dVa
-4

pH
-5
par dosage 5 -6
-7
 Le cours p. 66  -8
0 -9
Question 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40
Va (mL)
L’acide ascorbique, ou vitamine C,
a pour formule C6H8O6 (M = 176 g.mol–1). Données : H3O+ / H2O et NH4+ / NH3.
 A.  1,0.10 –2 mol.L–1
On introduit un comprimé de vitamine C

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 B.  1,0.10 –1 mol.L–1
dans une fiole jaugée de 100 mL que l’on
 C. 1,0 mol.L–1
complète avec de l’eau distillée. On titre
un volume V = 10,0 mL de la solution S
obtenue par une solution d’hydroxyde de Synthétiser des molécules
+
sodium (Na(aq) = HO(–aq )) de concentration
 Le cours p. 70 
molaire . cB = 2,00.10–2 mol.L Le volume–1

équivalent est VB = 14,2 mL. Quelle est la Question 43


masse d’acide ascorbique contenue dans
L’acide benzoïque peut être synthétisé
un comprimé ? suivant la réaction :
Données : C6 H8 O6 / C6 H7 O6– et H2O / HO–. 5 C H CHO + 6  H + + 2  MnO –  5 C6 H5 COOH + 2  M
 A.  50 mg 5 C H CHO + 6  H + + 2  MnO –  5 C6 H5 COOH + 2  Mn2+ + 3  H4 O.
6 5 4 6 5 2
 B.  352 mg On réalise l’oxydation de 4,0 mL de
 C.  500 mg benzaldéhyde par 3,16 g de KMnO4 en
présence d’un excès d’acide sulfurique.
Question 41
Après extraction et purification, on
On réalise le dosage d’une solution de obtient 3,9 g d’acide benzoïque solide.
sulfate de fer (II) par une solution de Quel est le rendement de la synthèse ?
permanganate de potassium acidifiée. Données :
Quelle est la relation entre les quantités
Espèce Formule Masse Masse
de matière de réactifs titrant et titré à
chimi­ brute molaire volu-
l’équivalence ?
que (g. mique
On donne les couples oxydoréducteurs
mol–1) (g.cm–3))
MnO4–  ( aq )
+
mis en jeu : Fe(3aq / Fe2+
et . Acide
+
) ( aq )
Mn(2aq ben- C6H5COOH 122 1,3
 A. nFe2+ = n MnO– )
4 zoïque
 B. 5 nFe2+ = n MnO–
4 Benzal-
 C. nFe2+ = 5 n MnO– C6H5CHO 106 1,05
4
déhyde
Question 42 Acide
Dans un bécher, on introduit Vb = 20 mL sulfu- H2SO4 98 1,8
d’une solution S d’ammoniac NH3, rique
puis on titre par une solution d’acide Per-
chlorhydrique de concentration manga-
Ca = 0,10 mol.L–1. On a pH = f(Va) et nate de KMnO4 158 2,7
dpH / dVa = f(Va). Quelle est potas-
la concentration Cb de la solution S ? sium
9
Réviser son bac avec

 A. 62 % Chaque pixel peut prendre 64 valeurs


 B. 80 % d’intensité lumineuse. La vidéo est
 C. 98 % fluide si elle affiche au minimum
30 images par seconde.
Question 44  A. Chaque pixel est codé sur 8 bits.
Quel est l’ordre correct des étapes du  B. Une image a une taille de 90 ko.
protocole expérimental de la synthèse  C. Le débit binaire minimum est de
de l’acide acétylsalicylique ? 2,7 Mo.s–1.
 A.  Les cristaux récupérés  D. Le débit binaire minimum est de
contiennent des impuretés. Les purifier 2,7 Mbit.s–1.
par recristallisation. Filtrer de nouveau
Question 47

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sur Büchner et sécher à l’étuve.
 B. Introduire dans un ballon 6,0 g Quel disque optique possède la plus
d’acide salicylique, 12 mL d’anhydride grande capacité de stockage ?
éthanoïque et quelques gouttes d’acide Données : longueur d’onde des lasers
sulfurique. Chauffer à reflux pendant utilisés pour la lecture d’un CD
30 minutes. λ = 780 nm ; DVD λ = 650 nm ; Blu-Ray
 C. Mesurer le point de fusion des λ = 405 nm.
cristaux obtenus.  A. le CD
 D. Ajouter de l’eau froide dans le  B.  le DVD
milieu réactionnel. Filtrer le mélange  C. le Blu-Ray
obtenu sur Büchner et récupérer les
cristaux d’aspirine. Question 48
 A.  B–D–A–C Quel pourcentage de la puissance
 B. B – A – D – C d’entrée d’un signal reste-t-il après sa
 C. B – A – C – D propagation le long d’un câble de 50 m
ayant un coefficient d’atténuation
Question 45 α = 0,020 dB.m–1 ?
On souhaite synthétiser le dipeptide  A. 10 %
Leu-Gly à partir de la glycine et de  B. 79 %
la leucine. Quelles fonctions est-il  C.  99 %
nécessaire de protéger ?
 A.  La fonction amine de la glycine. Question 49
 B. La fonction amine de la leucine. Un technicien cherche à tester une ligne
 C. La fonction acide carboxylique de de transmission. Il obtient les mesures
la glycine. suivantes : entre deux points distants
 D. La fonction acide carboxylique de de 120 m, il trouve 2,1 kW et 1,9 kW.
la leucine. Que vaut le coefficient d’atténuation
linéique correspondant ? Exprimer
ce coefficient en dB/km.
Transmettre et stocker  A. α = 3,6 dB.km–1
de l’information  B. α = 3,6 10 –3 dB.km–1
 C. α = –3,6 dB.km–1
 Le cours p. 74 

Question 46
La définition d’une image numérisée
d’une vidéo est 400 × 300 pixels.

10
Les corrigés

négativement, car le récepteur se rapproche


Observer de la source).
La fréquence reçue par les pompiers est :
Question 1 : A. c – vR
fR = f = 1074 Hz. Elle est supérieure
La célérité v de l’onde ou vitesse de propaga- c – vS E
MM 0,5 à la fréquence émise par la source, car les
tion est : v = 1 2 d’où τ = = 0,20 s.
τ 2,5 pompiers se rapprochent de la sirène.
Question 2 : B. Question 6 : A.
Le spectre en fréquence présente plusieurs Le spectre UV-visible présente une bande
composantes : il s’agit donc d’un son d’absorption située dans le domaine visible
­complexe. (400-800 nm) : la molécule est donc colorée.
La hauteur d’un son musical dépend de sa Le maximum d’absorption est situé à

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fréquence fondamentale f1. Ici, f1 = 440 Hz, λmax = 440 nm. La molécule absorbe donc
ce qui correspond bien à la note la3. principalement les radiations de couleur
L’harmonique de rang n correspond à la bleu-violet. La couleur observée est la cou-
fréquence nf1. L’harmonique de rang 5 cor- leur complémentaire, soit l’orange.
respond donc à la fréquence : L’absorption est due à la présence d’un
f5 = 5 × 440 = 200 Hz. système conjugué très étendu (11 doubles
Deux instruments différents n’ont pas le liaisons conjuguées).
même timbre, donc pas le même spectre. Question 7 : C.
Question 3 : B. Le spectre A présente une bande large entre
Le niveau d’intensité sonore L (dB) est : 3 100 et 3 700 cm–1 correspondant à une
L
I liaison O−H. Il s’agit donc d’un alcool : le
L = 10log . D’où I = I0 10 10 .
I0 butan-1-ol.
Pour la première machine : Sur le spectre B, il y a une bande large
I1 = 10  W. m–2.
–5
entre 2 500 et 3 700 cm–1 correspondant
Pour la deuxième machine : à une liaison O−H, ainsi qu’une bande in-
I2 = 10 –4 W. m–2. tense vers 1 700 cm–1 caractéristique d’une
L’intensité sonore résultante est : liaison C = O. Il s’agit donc d’un acide car-
I = I1 + I2 = 1,1.10 –4 W.m–2. boxylique : l’acide propanoïque.
Le niveau d’intensité sonore est donc : Le spectre C présente une bande intense
L = 80 dB. vers 1 700 cm–1 indiquant la présence d’une
Question 4 : A et C. liaison C = O. Il s’agit ici d’un ester : l’acétate
Le phénomène de diffraction des ondes lumi- d’éthyle.
neuses s’effectue perpendiculairement à la Question 8 : A, C et D.
fente : la figure de diffraction est horizontale. Le signal correspondant à un proton ou
Un faisceau laser est constitué d’une ra- groupe de protons équivalents possédant
diation unique : il s’agit donc d’une onde n protons voisins équivalents et éloignés de
lumineuse monochromatique. trois liaisons est un (n+1)-uplet. En partant
L’écart angulaire θ étant petit, on a : de la gauche :
d λ da • les protons −CH3 couplent avec les 2 pro-
θ ≈ tan(θ) =  = d’où λ = = 627 nm, ce
2D a 2D tons −CH2 équivalents : le signal correspon-
qui correspond à une radiation de couleur dant est un triplet ;
rouge. • les protons –CH2 couplent avec les 3 protons
Question 5 : B. –CH3, ce qui correspond à un quadruplet ;
La source (alarme incendie) est fixe (vs = 0) et • le proton –CH couple avec 6 protons
émet une onde sonore de fréquence équivalents (2 groupes méthyle) : le signal
fE = 1 kHz = 1 000 Hz et de célérité obtenu est un septuplet ;
c = 340 m.s–1. • les protons des 2 groupes méthyle équi-
L’observateur est en mouvement à la vitesse valents couplent avec le proton –CH : on
vR = 90 km.h–1 = 25 m.s–1 (vitesse comptée observe donc un doublet.

11
Réviser son bac avec
1 3

Comprendre R = R3
T2
T2
= 6,71.105  km.

Question 9 : B.
Question 13 : B et D.
La dépanneuse D et la voiture V sont en
Système : Triton. Référentiel : neptuno-
interaction. D’après le principe des actions
centrique, supposé galiléen.
réciproques, la force exercée par V sur D
Bilan des forces : force d’interaction gravi-
est l’opposé de la force exercée par D sur V :
tationnelle exercée par Neptune sur Triton
FV D = – FD V . Les deux forces ont donc exac-  GMm  
F=– u avec  u vecteur unitaire radial
tement la même intensité : FD/V = FV/D. R2
centrifuge.
Question 10 : B.
Appliquons la deuxième loi de Newton :
Système : balle de masse m.

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 GM 
Référentiel : terrestre
 supposé
 galiléen.
Bilan des forces : P = mg (les forces exercées
∑ Fext = ma, d’où a = – R2 u.
par l’air sont négligées). Le mouvement de Triton étant circulaire
v2 GM
Conditions initiales : (x0 = 0 ; y0 = 0) et uniforme : a = = 2 , d’où
(v0 x = v0 cosα ; v0 y = v0 sinα ). R R
GM
v= = 4,39.103 m ⋅ s–1 . La période de
Appliquons la deuxième loi de Newton : R
 
∑ Fext = ma, d’où a = g. ­révolution  T est le temps mis par Triton
pour parcourir son orbite :
Soit : (ax = 0 ; ay = 0).
D’où :( vx = v0 cos α ; v y = – gt + v0 sin α ). d 2πR
T= = = 5,08.105 s.
v v
t2
Puis :  x = v0 cosα t ; y = – g + v0 sinα t . Question 14 : B.
2 Le système est le satellite, le référentiel
L’équation de la trajectoire est géocentrique supposé galiléen, et le bilan
1 n2 des forces est la force de gravitation (dirigée
y=– g 2 + tanα x.
2 v0 cos2 α vers le centre de la Terre). Avec le même
La balle touche le sol quand y = 0 : x = 0 raisonnement que pour la question 13 on
(point de lancement) ou x = 2sin(2α)v02/g GMT 2πr r3
arrive à v =  et T = = 2π d’où
= 18 m (point d’impact). r v GMT
Question 11 : C. T = 6,1.10 s.

Système : électron de masse m et de charge Question 15 : B etD.


q = – e. Le travail du poids P est :

Référentiel : terrestre supposé galiléen.
Bilan des forces : force électrostatique ()
WAB P = mg( zA – zB ) = 4,00 ⋅ 105 J. Cette va-
leur est positive, le travail est donc moteur.
Fe = qE = – eE (poids négligé). En l’absence de frottement, l’énergie méca-
Appliquons la deuxième  loi de Newton : nique se conserve entre A et B :
 eE Em(A) = EC(A) + Ep(A) = 0 + mgzA
∑ ext
F = ma , d’où a = – .
m 1
La valeur de l’accélération est : Em ( B ) = EC ( B ) + EP ( B ) = mvB2 + mgzB.
eE eU 2
a= = = 1,1.1014  m ⋅ s–2. 1
m md Em = Em ( B ) – Em ( A) = 0 = mvB2 + mg( zB – zA ),
2
Question 12 : A.
d’où vB = 2 g( zA – zB ) = 100 m.s–1 .
On utilise la troisième loi de Kepler ou loi
T2
des périodes : 3 = cte. Les orbites des satel- Question 16 : C. 
a Le travail de la force F est :
( )
lites étant circulaires, le demi-grand axe a
T2 T 2 WAB ( F ) = F ⋅ AB ⋅ cos F , AB = 1,0 ⋅ 104 J = 10 kJ.
est égal au rayon orbital, donc 3 = 3 , d’où
R R

12
Les corrigés

Question 17 : B. Question 22 : B.


Le travail de la force électrique Fe s’exerçant Les carbones n° 2 et n° 3 sont asymétriques.
sur la particule α de charge q = 2e est : On effectue une rotation de 180° des groupe-

()
WAB Fe = q(VA – VB ) = 2eU AB, d’où
ments portés par l’atome de carbone n° 3 de
la molécule B. Le groupe méthyle se retrouve

U AB =
()
WAB Fe
= 2,00 ⋅ 105  V = 200 kV.
alors dans le plan de la feuille et vers le bas,
le groupe – OH en haut et vers l’arrière du
2e plan, et l’atome d’hydrogène en haut et vers
l’avant du plan.
Question 18 : A. La configuration du carbone n° 3 a donc
L’énergie mécanique se conserve donc été inversée par rapport à la molécule A
Em ( A) = Em (O ). (permutation des groupes –OH et –H), alors

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Or Em ( A) = EC ( A) + E p ( A) = 0 + mgzA = mg( L – L cos α ) le carbone n° 2 a conservé la même
que
E p ( A) = 0 + mgzA = mg( L – L cos α ) configuration.
1 Les molécules A et B sont donc des stéréoi-
et Em (O ) = Ec (O ) + E p (O ) = mv02 + 0 somères de configuration (il faut rompre
2
d’où v0 = 2 g( L − L cos α ) . une liaison pour passer de l’une à l’autre)
et ne sont pas images l’une de l’autre dans
Question 19 : C. un miroir : ce sont des diastéréoisomères.
Par définition, la durée propre est la durée Question 23 : A.
séparant deux événements ayant lieu au Un atome de carbone asymétrique est lié
même endroit dans un référentiel gali- à quatre atomes ou groupes d’atomes dis-
léen. La fusée étant à vitesse constante, elle tincts.
constitue donc un référentiel galiléen. L’atome de carbone n° 1 de la molécule A
La période propre correspond donc à la fré- est lié à quatre groupes différents (−Cl, −H,
1 −OH, et −CH3) : il s’agit donc d’un carbone
quence sur la fusée, soit : TP = . La période
f asymétrique.
mesurée sera donnée par la relation : L’atome de carbone n° 1 de la molécule C
1 n’est pas asymétrique, car il est lié à deux
Tm = TP . = 0,36 s.
v2 atomes de chlore.
1– 2
c Question 24 : B.
L’ion  H+ porte une charge positive et une
Question 20 : B et C. lacune électronique (déficit d’électrons) : il
Le réactif limitant est entièrement consom- s’agit donc d’un site accepteur de doublets
mé au cours de la réaction : il s’agit donc du d’électrons.
chloroéthane C2H5Cl, car sa quantité de Question 25 : B et D.
matière est nulle en fin de réaction. Le nom systématique comporte un suffixe
Le temps de demi-réaction t1/2 est l’instant -oate correspondant à un groupe carac-
pour lequel l’avancement est : téristique ester (groupe principal), ainsi
x
x(t12 ) = max . Ici xmax = 0,25 mol, donc on lit qu’un préfixe hydroxy- correspondant à un
2 groupe caractéristique hydroxyle (groupe
graphiquement t1/2 = 7,5 min. secondaire).
Question 21 : C. Le radical but- indique que la chaîne prin-
La catalyse est dite homogène si le catalyseur cipale comporte 4 atomes de carbone. Le
est dans la même phase que les réactifs, radical éth- indique que la chaîne secondaire
hétérogène dans le cas contraire et enzy- possède 2 atomes de carbone. La molécule
matique si le catalyseur est une enzyme. Le comprend donc 6 atomes de carbone au
catalyseur (solide) n’est pas dans la même total.
phase que les réactifs (gazeux) et n’est pas Question 26 : A et C.
une enzyme : il s’agit donc d’une catalyse La molécule de départ possède une double
hétérogène. liaison C = C, qui est remplacée par une liai-

13
Réviser son bac avec
son simple C−C dans le produit final. Cette Question 30 : D.
réaction implique l’addition d’un atome L’hydroxyde de sodium est une base forte,
d’hydrogène sur chaque atome de carbone car elle réagit totalement avec l’eau pour
de la double liaison. donner des ions HO – :
La chaîne carbonée est modifiée (passage NaOH + H2O → Na+ + HO –. Le pH d’une so-
d’un alcène à un alcane sans modification lution de base forte de concentration Cb est
du nombre d’atomes de carbone), mais le pH = pKe + logCb.
groupe caractéristique présent (hydroxyle) La concentration de la solution préparée est :
n’est pas modifié par la réaction. n
Cb = b = 1,0 ⋅ 10–2 mol.L–1 , donc :
Question 27 : B et C. V
L’électronégativité de l’hydrogène est in- pH = 12.
férieure à celle de l’oxygène : il est donc Question 31 : B et C.

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moins électronégatif. La liaison O−H est par Le diagramme de prédominance est :
conséquent polarisée.
NH3–CH2–COOH
+
NH3–CH2–COO–
+
NH2–CH2–COO–
L’hydrogène étant l’élément le moins
électronégatif, chacun des atomes d’hy-
2,3 2,3 pH
drogène porte une charge partielle positive
δ + = +q. L’atome d’oxygène présente quant À pH 7, la fonction acide carboxylique est
à lui une charge négative δ −. La molécule déprotonée.
étant globalement neutre, les charges par- À pH 6, l’espèce prédominante est
tielles doivent vérifier : 2δ + + δ − = 0 soit +H_3 – CH_2 – COO^–.
δ − = −2δ + = −2q. À pH 11, l’espèce prédominante est
NH2 – CH2 – COO –.
Question 28 : B et D.
À pH 1, c’est un cation.
L’acide acétylsalicylique est un acide, il peut
donc libérer un proton H+. Question 32 : B.
La concentration en acide acétylsalicylique Le transfert thermique est reçu par le sys-
de la solution est : tème Q = + 36,1 kJ.
n Le travail est cédé par le système :
Ca = a = 2, 4.10–3 mol.L–1 . Le pH d’une solu- W = −19,4 kJ.
V
tion d’acide fort de concentration Ca est : La variation d’énergie totale est :
pH = – logCa. Si l’acide acétylsalicylique était ΔE = ΔU + ΔEm = W + Q.
un acide fort, le pH de la solution serait : L’énergie mécanique étant constante :
pH = 2,6. ΔE = ΔU = W + Q = −19,4 + 36,1 = 16,7 kJ.
Or le pH mesuré est supérieur : la réaction Question 33 : C.
de l’acide acétylsalicylique avec l’eau n’est L’énergie à fournir est égale à la variation
donc pas totale, il s’agit d’un acide faible. d’énergie interne de l’eau liquide :
Question 29 : A et C. ΔU = m.c.ΔT = 1,8.107 J.
Le pH d’une solution aqueuse est : Question 34 : B. Q
pH = – log  H3O+  = 2,7. La relation du flux thermique est ϕ = .
  t
Le produit ionique de l’eau est : À travers une paroi plane, on sait que :
  Ke =  H3O+  ×  HO−  D’où : T1 – T2 e
  R= = , d’où
λ⋅S
K
 HO –  = e
= 5,0 ⋅ 10–12 mol.L–1. T1 – T2 T1 – T2
 H O+  = = .λ ⋅ S = 2, 4.103  W.
 3  R e
La concentration en ions  HO– étant infé- Question 35 : D.
rieure à la concentration en ions  H3O+, la Lorsqu’on touche un objet chaud, et que la
solution est acide. chaleur atteint nos doigts, c’est un transfert
thermique par conduction. La proposition A
est fausse.

14
Les corrigés

Un objet chaud rayonne. Lorsqu’on entoure Question 39 : B et D.


les aliments de papier aluminium, on évite On voit sur le diagramme différents sous-­
que ce transfert par rayonnement se fasse. niveaux d’énergie dus aux vibrations des
La proposition B est donc fausse. liaisons. Par conséquent, il ne peut pas
Dans le vide, il n’y a pas de matière, ce ne appartenir à un seul atome, mais à une
peut être ni de la convection ni de la conduc- molécule. La proposition A est fausse.
tion. Dans le vide, le transfert thermique La proposition B est vraie.
se fait par rayonnement. La proposition C Lors d’une transition électronique, transi-
est fausse. tion (1), il y a absorption ou émission d’un
La proposition D est juste. photon dans le visible ou l’ultraviolet. Or,
Question 36 : C. ici, c’est le passage d’un niveau d’énergie
Les atomes, les molécules et les ions ont un supérieur vers un niveau d’énergie plus

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grand nombre d’états d’énergie différents. faible, il s’agit donc d’une émission d’un
Celui qui a la plus faible énergie est l’état photon dans le domaine du visible ou de
fondamental. Les autres sont les états exci- l’ultraviolet. La proposition C est fausse.
tés. La proposition A est fausse. La proposition D est juste.
Lors d’une émission stimulée, l’atome passe
d’un niveau d’énergie à un niveau d’énergie
plus faible. Il se désexcite. Le niveau d’éner-
gie final sera plus bas, car ayant moins
Agir
d’énergie. La proposition B est fausse. Question 40 : C
La proposition C est vraie. L’équation de la réaction support du titrage
À chaque fois qu’il y a émission d’un photon, (acido-basique) est :
l’atome se désexcite, c’est-à-dire qu’il se re- C6 H8O6 + HO – → C6 H7O6– + H2O.
trouvera sur un niveau d’énergie plus faible.
La proposition D est donc fausse. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits
en proportions stoechiométriques :
Question 37 : A et D. na = nb soit na = CB. VB = 2.84.10 –4 mol dans
La proposition A est vraie. les 10 mL de solution S titrés. La solution S,
C’est grâce à l’émission stimulée que l’on de volume 100 mL, contenait 10 fois plus
a pu concevoir des lasers. La proposition B d’acide ascorbique, soit 2,84.10 –3 mol. La
est fausse. masse d’acide ascorbique dans un compri-
La lumière du laser peut subir des change- mé est donc :
ments de direction lors, par exemple, de m = n. M = 0,500 g.
la réflexion ou de la réfraction. Elle ne se
propage pas forcément en ligne droite. Il Question 41 : C.
faut pour cela être dans un même milieu Équation bilan : MnO4– + 8 H + + 5 Fe2+
homogène. La proposition C est donc fausse. Mn2+ + 4 H2O + 5 Fe3+.
La proposition D est vraie. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits
Question 38 : B. dans les proportions stoechiométriques :
D’après la relation de De Broglie : nFe2 + nMn O4−
 = .
h 5 1
λ = , avec p = m · v la quantité de mou-
p
vement. Question 42 : B.
1 On utilise ici la méthode de la dérivée.
L’énergie cinétique est : Ec = mv 2, d’où
2 Le volume équivalent est donc : VE = 20 mL.
2 Ec L’équation de la réaction support du titrage :
v= . On en déduit : NH3 + H3O+ → NH4+ + H2O.
m
h À l’équivalence : nb = na d’où
λ= = 2,02.10–14  m. C ⋅V
2 Ec ⋅ m Cb = a E = 0,10 mol. L–1.
Vb

15
Réviser son bac avec

Question 43 : B. Une image comporte 400 × 300 = 


Quantité de permanganate de potassium : 120 000 pixels, elle a donc une taille de
m 120 000 × 6 = 720 000 bits, soit
n= = 0,020 mol ;
M 90 000 octets (1 octet = 8 bits).
Quantité de benzaldéhyde (liquide) : Le débit binaire correspondant à 30 images
ρv par seconde est :
n= = 0,040 mol.
M 30 × 720000
Si le permanganate est limitant : D= = 2,16 ⋅ 107 bit.s–1
0,020 – 2xmax = 0 donc xmax = 0,010 mol. 1
= 21,6 Mbit. s = 2,7 Mo.s–1.
–1
Si le benzaldéhyde est limitant :
0,040 – 5xmax = 0 donc Question 47 : C.
La capacité de stockage des disques optiques
xmax = 0,0080 mol.
est limitée par la diffraction : les alvéoles

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Le benzaldéhyde est le réactif limitant. gravées à la surface du disque doivent être
Quantité d’acide benzoïque (réellement) : d’une taille largement supérieure à la lon-
m
np = = 0,032 mol ; gueur d’onde du laser utilisé.
M L’utilisation d’un laser de longueur d’onde
Si la réaction était totale :
plus courte permet de réduire la taille des
nmax = 5xmax = 0,040 mol.
alvéoles et donc d’augmenter la capacité
Le rendement de la synthèse est donc : de stockage.
n
ρ = P = 0,8, soit 80 %. Le Blu-Ray utilise un laser bleu, de longueur
nmax d’onde inférieure à celle des lasers utilisés
pour les DVD (rouge) et CD (infrarouge).
Question 44 : A. La capacité de stockage est donc supérieure.
Les quatre étapes d’une synthèse organique
sont : la réaction chimique (B), l’extraction Question 48 : B.
du produit brut (D), la purification (A) et Le coefficient d’atténuation α est :
l’analyse du produit pur (C). 10 P
α= log e . Le rapport entre les puissances
Question 45 : B et C. L PS
Le dipeptide Leu-Gly provient de la for- d’entrée et de sortie du signal est donc :
mation d’une liaison peptidique entre la Pe αL P
= 10 10 = 1,26 d’où S = 0,79.
fonction acide carboxylique de la leucine Ps Pe
et la fonction amine de la glycine. Il est
donc nécessaire de protéger les autres Question 49 : A.
fonctions, soit : la fonction acide carboxy- Il faut utiliser la relation :
lique de la glycine et la fonction amine de 10 P
α= log e  ; 
la leucine. L PS
Question 46 : B et C. Ps = 1,9 kW ;
Un pixel peut prendre 64 = 26 valeurs d’in- Pe = 2,1 kW.
tensité lumineuse, il est donc codé sur 6 bits. Soit : α = 3,6 ⋅ 10–3 dB.m–1,
d’où = 3,6 dB.km–1.

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