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Avant tout propos, il nous parait nécessaire de définir le thème central de ce

point. Il s’agit ici de la violence. Le dictionnaire le grand robert de la langue française,


définit la violence dans un premier temps comme le fait « d’agir sur quelqu’un ou faire
agir quelqu’un contre sa volonté en employant la force ou l’intimidation.» 1 L’on peut
dire dans une seconde approche que la violence est l’utilisation de « la force brutale
pour soumettre quelqu’un. »2 De ce qui précède, nous avons le droit de soutenir que la
violence est la manifestation de la force en ce qu’elle a de brutale. Ainsi, exercer la
violence, c’est contraindre, brutaliser, agresser, maltraiter, torturer, attenter. Ces
différentes sortent de violence peuvent être physique ou moral, ou les deux en même
temps. La violence s’entretient essentiellement de la colère et de l’irascibilité. La
violence est donc la force prisonnière des passions de la colère et de l’irascibilité.
Irascible n’est ce pas absence de raison ? L’absence de la raison est comparable à
l’absence de la lumière qui s’identifie elle même aux ténèbres. Les Ténèbres sont
l’insigne du mal. C’est pourquoi la violence ne peut être considérée comme une vertu.
Car, «  il appartient à la vertu humaine de faire que l’homme soit bon et que son œuvre
soit selon la raison. »3 La violence est en tout contraire à la vertu humaine. La violence
est donc un mal, une perversion de la vertu de la force. Cette vertu de la force qui est dit
cardinal « fait être l’homme selon la raison.  »4 C’est pourquoi d’un homme violent, on
dit parfois qu’il a perdu la raison. En outre, même si parfois la violence se manifeste
pour défendre des causes justes, cela ne fait pas d’elle une chose bonne en soi ; elle
reste un acte intrinsèquement mauvais. Elle est par conséquent une chose à éradiquer.
Cependant, force est de reconnaitre qu’elle est partout, elle a envahit nos rues ; elle est
dans notre société et de notre temps. Elle « est potentiellement toujours présente et
caractérise la condition de notre monde »5. Un monde dit de liberté. Une liberté mal
comprise qui est devenu « liberté pour la violence »6. C’est un phénomène universel
qui mérite une attention et une compréhension toute particulière. La violence doit être
bien comprise afin d’être affronté. Et on ne peut l’affronter si on n’a pas le courage de la
nommer en face.
1
alain Rey, Le grand robert de la langue française, tome VI, Paris, Dictionnaires le grand robert -
VUEF, 2001, P. 1854.
2
Ibidem, P. 1854.
3
Saint Thomas D’Aquin, somme théologique, la force, 2a - 2æ, Questions 123 - 140, Paris, Desclée,
1926, p. 10.
4
Idem, P.11.
5
Intervention du pape Benoit XVI à l’occasion de la journée de réflexion, dialogue et prière pour la paix
et la justice dans le monde « pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ». Assise, Basilique Sainte-Marie-
des-anges jeudi 27 octobre 2011.
6
ibidem
En ce sens, la bible rend l’immense service de nommer la violence en face.

a- Quelle vérité apporte les récits de la violence dans la bible ? (choisir quelques
textes)
b- Comment concilier la toute puissance de Dieu avec la mort de l’innocent ?
c- Peut- on lier la violence au sacrifice, voir au martyre ?
d- Peut- on dire que la violence dans nos sociétés est la conséquence du refus de
Dieu ?

Ces questions nous permettrons de présenter la violence dans tout son


enchainement.

a- Quelle vérité apporte les récits de la violence dans la bible  ? (choisir


quelques textes)

Dès le moment où la violence a fait irruption dans la bible pour la première fois,
Dieu n’a pas manqué d’interpeler l’homme à ce sujet. Nous faisons allusion ici au texte
de la Gn4, 1-16. La Genèse, toujours fidele au souci de remonter jusqu'à la racine de
l’être, nous présente dans cette péricope, le cœur de la violence. Ce texte est la
présentation de la violence en sa genèse. C’est pourquoi nous nous étendrons beaucoup
plus sur ce texte afin d’en cerner tous les contours et toutes les vérités qu’il nous sera
permis d’appréhender.

Ce texte racontant le meurtre de Caïn sur son frère Abel, met en lumière la
violence de l’homme sur l’homme dans sa première manifestation. Ce texte semble
nous indiquer les racines et la manifestation ultime de la violence qui se caractérise par
meurtre. Ce texte met aussi en relief la vision biblique de la violence dans sa première
apparition. Un texte beaucoup plus explicite permet de mettre en lumière les racines
même de la violence et son issu qui est l’attentat. Ce texte est celui du Targoum
palestinien dont le caractère dialogué permet de mettre en lumière les dispositions de
Caïn et d’Abel. En effet dans ce texte Caïn dit à son frère Abel :

- « Viens sortons tous deux dans les champs (…) je comprends que le monde n’a
pas été crée par amour, qu’il n’est pas gouverné selon le fruit des bonnes
œuvres et qu’il y a des considérations de personnes dans le jugement. (…).
- Abel prit la parole et dit a Caïn : « moi, je comprends que le monde a été crée
par amour et qu’il est gouverné selon les fruits des bonnes œuvre. C’est par ce
que mes œuvres étaient meilleurs que les tiennes que mon offrande a été
acceptée avec faveur, tandis que ton offrande n’as pas été acceptée avec faveur.
- « Il n’y a pas de jugement, pas de juge, pas d’autre monde. Il y a ni remise d’une
récompense aux justes, ni châtiment pour les méchants ».
- Abel prit la parole et dit a Caïn : « il y a un jugement, un juge et un autre monde.
Il y a une remise de récompense aux justes et un châtiment pour les méchants,
dans le monde avenir ».
Ils se querellaient tous deux à ce sujet dans la campagne. Et Caïn se dressa
contre son frère Abel et le tua7.

Considérant les propos de Caïn dans ce texte, nous comprenons que la violence
qu’il a exercée sur son frère n’est que la conséquence d’un état d’esprit. Cet état d’esprit
s’articule autour de deux attitudes.

La première attitude est celle de l’homme qui, tout admettant la possibilité d’un
jugement dernier, pense que le jugement de Dieu ne sera pas juste. Si Dieu n’est pas
juste dans ces jugements alors peu m’importe de faire le bien. Car celui qui fait le bien
tout comme celui qui fait le mal peuvent être condamnés à la fin. Il ne parvient pas
comprendre que la volonté première de Dieu est que tous soient sauvés sans exception.
C’est d’ailleurs ce que dit saint Paul « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité » (1tim.2, 3). Puisque cet homme est
incapable de comprendre cet amour de Dieu, il s’imagine un Dieu tyran qui dans un
débordement de fureur voudrais absolument condamner injustement. Il rentre ainsi dans
un rapport de frustrations et de conflits avec Dieu8. Un homme en conflit avec la source
de la paix est facilement enclin à toute sorte de violence. En ce moment, poser une
bombe, tuer mon frère est une chose normale puisque mon rapport avec la source du
bien est désormais émoussé. Je juge tout en fonction de moi. Je me venge de tout, je
rends le coup pour le coup. Cela est la conséquence du fait que je ne crois pas que la
justice de Dieu soit efficace, alors je me fais mon propre juge. Je décide donc de qui
doit vivre ou mourir. C’est là une première approche de la racine de la violence.

Aussi, il existe une deuxième attitude qui témoigne d’un malaise plus profond
dans le cœur de l’homme. C’est l’attitude de celui qui ne croit ni au ciel ni à son

7
p. Grelot, Cahier Evangile no 4, Homme, qui es- tu ? Les onze premiers livres de la genèse, Paris, Cerf,
1973, P. 38.
8
Jean Paul II, salvifici doloris « le sens chrétien de la souffrance », 1984, nº9.
contraire.9 Les propos de Caïn en sont une belle illustration  «  Il n’y a pas de jugement,
pas de juge, pas d’autre monde. Il y a ni remise d’une récompense aux justes, ni
châtiment pour les méchants.  »10 Ce sont ici les propos d’un homme qui vit l’enfer.
Puisque l’enfer est « fondamentalement la négation de notre relation avec le Dieu
vivant, le meilleur moyen de supprimer cet enfer c’est de nier Dieu. Dans ce cas
logiquement, l’enfer n’existe plus, ni le paradis, ni le péché. »11 Dieu n’existant plus,
toutes les actions de l’homme sont du coup frappé par le sceau du néant. De cela, toutes
nos actions, aussi bonne qu’elles puissent paraitre se pervertissent par ce que orienté sur
nous même et non sur celui qui est la bonté même. C’est donc a juste titre que Daniel
Foucher raisonnait en ces termes « que peut faire l’homme sans son Dieu ? Non pas
quelque chose, mais Rien, par ce qu’il n’est rien sans lui. » 12 Dit plutôt il ne peut rien
faire de vrai, de bien et de bon. Dans ce même ordre d’idée le christ lui-même dira
« moi, je suis la vigne ; vous, les serments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui,
celui la porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. »Jn15, 5.
De cela, nous comprenons assurément que sans Dieu, on ne peut porter les fruits du
royaume. Lesquels fruits trouvent leurs expressions ultimes dans l’amour à l’autre. Par
voie de conséquence nous pouvons dire que le fruit de la vie sans Dieu, est la haine de
l’autre. Cette haine s’exprime par la violence exercée sur l’autre. Cette violence a pour
point culminant le meurtre.

Nous comprenons donc ici les motivations qui ont poussé Caïn à tuer son frère
Abel. Aussi, nous comprenons que la jalousie de Caïn dont il est question dans genèse
4, 1-16 est une conséquence et non la cause de sa violence contre son frère. Ainsi, la
cause profonde de cette violence de Caïn était sa mauvaise disposition. C’est même là
le reproche que Dieu lui adresse « si tu es bien disposé, ne relèveras tu pas la tête ? »
gn4, 7. Cette mauvaise disposition est, comme nous l’avons déjà dit, la fermeture de
notre cœur à Dieu. Cette fermeture qui tend à lui refuser toute possibilité d’exister pour
nous. La malédiction qui accompagne l’acte de Caïn, nous apparait alors comme une
leçon de Dieu. En effet, «  il instruit le genre humain, comme s’il lui disait à haute
voix : que personne parmi vous ne commette le même crime, s’il ne veut éprouver le
même châtiment. »13

9
daniel Foucher, pourquoi l’enfer si Dieu est Amour ?, édition de Montligeon, p.106.
10
P. Grelot, op cit, p. 38.
11
daniel Foucher, idem, p. 106.
12
Idem, p. 96.
De même, nous voyons dans les autres livres qui constituent le pentateuque, la
proscription de la violence sous toutes ces formes. Surtout cette violence qui porte
atteinte à la vie humaine. Ainsi, (Ex 21,12-36 ; Lv24, 17-22 ; Nb35, 16-34) tous ces
textes sembles nous inviter à reprouver la violence au risque de subir les contrecoups de
toutes les sortes de violence que l’on peut exercer sur tout homme, qu’il soit citoyen où
esclave. Ce qui est condamner ici, c’est cette violence gratuite, préméditer et exécuter
en raison de la haine qu’on porte à l’autre. Dans le code de l’alliance ci-dessus cité en
Ex 21, 12-36 nous voyons qu’il y a des circonstances aggravantes qui interdisent
même tout recours à la miséricorde humaine et divine. Ces circonstance aggravante sont
rapporté en ces mots « Mais si un homme va jusqu'à en tuer un autre par ruse, tu
l’arracheras même de mon autel pour qu’il soit mis à mort. » Ex 21, 14. Cet
avertissement trouve un écho dans tous les textes que nous avons déjà cité. Mais à cette
loi qui réclame « vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, pied pour pied, brulure
pour brulure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie » Ex 21, 23- 25 ; semble
inciter à la violence. Elle semble traiter le mal par le mal, la violence par la violence. Il
faut toutefois reconnaitre que cette loi était en fonction de la dureté de cœur du peuple
élu. Cette loi a été promulguée pour dire au peuple : « tu seras traité en fonction du
traitement que tu infligeras au prochain.» En cela nous voyons que, plutôt que d’être
une incitation à la violence, cette loi a un caractère dissuasif.

Cependant avec le nouveau testament, « on franchit une nouvelle étape de


l’évolution des mœurs. »14 Cette évolution se caractérise par le nouvel élan que christ
donne à la loi. Cette élan se traduit par ces paroles : « vous avez entendu qu’il a été dit :
œil pour œil et dent pour dent. Eh bien ! Moi je vous dis de ne pas tenir tête au
méchant : au contraire, quelqu’un te donne t- il un soufflet sur la joue droite, tends –
lui encore l’autre, veut- il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse lui-même ton
manteau ; te requiert- il pour une course d’un mille, fais en deux avec lui.  » Mt5, 38-
41. Dans l’ancienne loi il était question de prévenir la violence par la violence. Mais ici
christ nous montre qu’il faut vaincre la violence par l’amour. Cet amour qui nous
pousse à continuer à nous donner a l’autre. A lui dire, je t’aime toujours malgré tout le
mal que tu puisses me faire. Nous pensons que là se trouve tout le sens de « l’autre
joue  » qu’il faut donner. C’est la joue de l’amour inconditionnel qui nous pousse à

13
Saint Jean Chrysostome, homélie sur la genèse (2), homélies Tome5, 20ème homélie « Caïn dit à son
frère » (Gn4, 8).
14
Bible de Jérusalem, “note b de Mt5, 39” Paris, Cerf, 2001, P.1685.
aimer nos ennemis, à accepter de mourir pour eux plutôt que de répondre de quelque
manière que se soit à la violence faite contre nous. C’est comme s’il nous invitait à
mourir que de répondre à la violence. C’est précisément le chemin qu’il nous montre en
acceptant lui-même de subir la croix lors même qu’il avait le pouvoir de s’en défaire au
détriment de la vie de ces adversaires. C’est ici la désillusion de tout ce qui attendait un
Messie violent qui les libérerait de la domination romaine. Aussi, ceux qui avaient
interpréter la scène des vendeurs chassés du temple « dans un sens politico-
révolutionnaire, situant Jésus dans la ligne du mouvement des zélotes »15, ont été
également déçu. Car le geste du christ en Jn2, 13-25 doit être interpréter « comme un
acte typiquement prophétique  : en effet, au nom de Dieu, les prophètes dénonçaient
souvent les abus et ils le faisaient souvent par des gestes symboliques. »16 Alors,
l’épisode de jésus qui chasse du temple de Jérusalem les vendeurs d’animaux et les
changeurs, s’inscrit dans la mission prophétique de celui-ci. Ce n’est donc pas une
allégeance à la violence, ni encore une légitimation de celle-ci. C’est pourquoi, «  il est
impossible d’interpréter le comportement de Jésus comme celui d’une personne
violente ; la violence est contraire au règne de Dieu, c’est l’instrument de
l’antéchrist. »17 C’est bien cet instrument dont se sert le diable pour nous vider de notre
humanité. Car je ne peux exercer de la violence sur mon semblable et continuer à
demeurer un homme. Je deviens inhumain. Car j’aurais violé ou tuer ma propre
humanité en l’autre. En ce sens, nous devons comprendre une fois pour toute que « la
violence ne sert jamais l’humanité ; au contraire, elle la déshumanise.  »18

b- Comment concilier la toute puissance de Dieu avec la mort de l’innocent.

Du sein de ses misères, l’homme a toujours fait entendre sa plainte. Cela par ce
que la souffrance nous affole toujours. Certains s’en sont pris à Dieu lui-même.
Pourquoi, disent- ils, permet- il la souffrance ? La question est encore plus grave
lorsqu’elle concerne la mort de l’innocent. Considérant Dieu dans la limite de sa toute
puissance, la question apparait davantage énigmatique. Puisque cette question voudrait
mettre en évidence l’indifférence de Dieu face au malheur de ceux qu’on pourrait
appelé innocent. La pointe du problème serait de vouloir concilier la toute puissance de

15
Benoit XVI, Message avant l’angélus du IIIème dimanche de carême, Rome, dimanche 11 mars 2012
(ZENIT. Org)
16
Ibidem.
17
Ibidem.
18
Ibidem.
Dieu avec la mort des innocents. Cependant, il convient de souligner que ce problème
est avant tout «  un mystère avant d’être un « problème » et il serait vain de vouloir lui
donner une solution comme s’il s’agissait d’une équation ou d’un théorème. »19 C’est
pourquoi notre modeste contribution n’a pas la prétention de résoudre cette épineuse
question d’un point de vu mathématique. Mais veut être une simple réflexion qui en
vaudra une autre.

Lorsque nous nous demandons pourquoi la mort de l’innocent nous supposons


implicitement que l’innocent ne devrait pas connaitre la mort. C’est dire qu’une voute
d’église ne devrait pas s’écrouler sur des fideles en prière. Ou encore, un petit enfant ne
devrait jamais être malade ou se faire écraser par une voiture. On voudrait que la bonté
de Dieu soit sélective. C'est-à-dire, qu’on voudrait que Dieu préserve les innocents de
la mort et de tout mal tandis que les méchants souffriraient de tous les maux. Nous
oublions de ce fait que Dieu est bon pour tous. Il est bon pour les justes comme pour les
méchants, pour les innocents aussi bien que pour les coupables. En clair, il fait luire son
soleil sur les bons comme sur les méchants. Ainsi pouvons-nous dire que « c’est au
service de sa bonté que Dieu met sa toute puissance quand il s’agit de l’homme. »20 La
toute puissance de dieu est donc une toute puissance de bonté. Cette bonté, interdit toute
option préférentielle. Dieu veut être le même pour les innocents comme pour les
méchants. Si Dieu prenait le parti des innocents, cela voudrait dire qu’il n’y aurait plus
de mécréants puisque les hommes se seraient ajustés à la loi divine. Cependant, « il n’y
aurait pas davantage de vrais chrétiens. On servirait Dieu par intérêt et non par
amour  ; les foules envahiraient nos Eglises non pour glorifier Dieu et se sanctifier,
mais pour obtenir le succès et la prospérité. Ce serait la mort de la liberté et de la
vertu, c'est-à-dire de tout ce qui fait la grandeur et le mérite de l’homme. »21

En plus de cela, il faut souligner le fait que la vie éternelle que Dieu garantie a
tous ceux qui se sont tenu pur (les innocents), n’est pas cette vie terrestre. Alors
pourquoi s’en prendre à Dieu lorsqu’il rappelle son élu a lui. Apres lui avoir donné son
royaume de grâce ici bas n’est ce pas normal qu’il l’invite à son royaume de gloire ?22

Il a cela souligné que face a la mort d’un enfant, nous restons interdits, sans
parole. Car personne ne peut donner une solution à cette énigme. Cela nous situe au
19
E. Autexier, le mystère du mal, Paris, édition saint Michel, 1970, PP.81-82.
20
G.M. Garrone, Qu’est ce Dieu?, paris, Desclée, 1969, P. 60.
21
E. Autexier, op. cit, P. 84.
22
Ibidem.
cœur du mystère de la souffrance. Ce mystère « doit être acceptée comme un mystère
que l’intelligence de l’homme n’est pas en mesure de pénétrer à fond. »23 On se
demanderait pourquoi la mort des petits enfants ? A cette question Autexier écrit
ceci : «  c’est de peur que leur beauté se ternisse au contacte du monde qui vit dans
l’oubli et le mépris de Dieu … et c’est peut être aussi par ce que le divin jardinier
cueille ses plus belles fleurs pour en orner son paradis.»24 Nous entrevoyons la mort des
enfants comme une entré au paradis et non comme une disparition encore plus comme
un drame. L’Eglise se réjouit au contraire de ce que Dieu est bien voulu ouvrir les
portes de son paradis à ces innocentes personnes. Elle prie cependant pour les qui ont
l’immense peine de voir mourir leur enfant et elle essuie leurs larmes en leur rappelant
qu’ils ont désormais un ange protecteur au ciel.

Ce mystère de la mort de l’innocent s’éclaire davantage au regard de la croix du


christ. Lorsque nous contemplons la croix, nous comprenons comment meurt le juste,
l’innocent. Comment meurt donc le juste ? Assurément, « il meurt injustement
condamné et en apparence, l’injustice triomphe. En apparence, oui, mais l’apparence
est trompeuse car en fait, cette libre acceptation de l’injustice par l’homme – Dieu, qui
est l’innocence même, rétablit l’équilibre, réconcilie l’homme avec le créateur en même
temps qu’elle transfigure sa souffrance. »25 La de la croix nous illumine la souffrance et
la mort de l’innocent. Elle nous fait comprendre que la vie du chrétien, « est un mystère
de mort et de résurrection »26. Compris sous cet angle, la mort de l’innocent ne pourra
plus nous scandaliser puisque celui qui incarne l’innocence même est mort de la façon
la plus injuste. Enfin, la croix nous apparait comme le lieu de conciliation de la toute
puissance de Dieu et de la mort de l’innocent. Notre Dieu est certes un Dieu puissant,
mais par amour pour l’homme il a accepté d’endurer même la mort. Il nous invite,
chacun, « à participer à la souffrance par laquelle la rédemption s’est accomplie. »27
Les innocents sont donc les participants de cette rédemption. Nous devons comprendre
que « le mystère de la croix est commun au seigneur et à tous ses disciples. »28 Mais
que dire des martyres ?

C- peut- on lier la violence au sacrifice, voir au martyre ?


23
Jean Paul II, salvifici doloris « le sens chrétien de la souffrance », 1984, nº 11.
24
E. Autexier, le mystère du mal, paris, édition saint Michel, 1970, P. 85.
25
Ibidem.
26
Ibidem.
27
Jean Paul II,  salvifici doloris, le sens chrétien de la souffrance, 1984, nº 19.
28
gabriel David, méditations évangéliques, tome II, Paris, Daniel brottier, p. 145.
Nous soulignons le tout de suite, que la violence est lier au sacrifice, voir au
martyre. Puisque la violence comme nous l’avons précédemment montrer, foule au pied
« l’inviolabilité de l’homme sur qui brille la splendeur de Dieu. »29 Cette violence qui
trouve son expression ultime dans le meurtre est facilement conciliable au sacrifice et au
martyre. Le martyre, tout comme le sacrifice qui lui est consubstantiel, est un admirable
témoignage de fidélité et de confiance en Dieu. De cela, il en découle que se rendre
disponible au martyre, c’est proclamer « qu’il n’est pas juste de faire ce que la loi de
Dieu qualifie comme mal pour retirer un bien quel qu’il soit. »30 En clair, c’est éviter le
compromis avec toute forme de mal. Est déclaré martyre, celui qui, dans les
circonstances les plus graves, accepte de subir la violence plutôt d’en commettre. C’est
le refus de violer la vérité moral et de faire violence a l’autre même dan l’intention de
sauver sa propre vie.  «  C’est l’acceptation volontaire de la mort (…) et l’affirmation
de l’inviolabilité de l’ordre moral.»31 Pour conclure disons que le martyre « (…) dévoile
clairement la véritable, visage, celui d’une violation de l’humanité de l’homme, plus en
celui qui qu’en celui qui le subit.  »32 C’est précisément ici, le point qui lie la violence au
martyre. La violence ainsi comprise n’est elle pas la conséquence d’un refus de Dieu ?

c- Peut-on dire que la violence est la conséquence dans nos sociétés est la
Conséquence du refus de Dieu ?

Considérant ce que nous avons dit plus haut en ci concerne Abel et Caïn, nous
pouvons dire que la violence dans nos société est la conséquence du refus de Dieu. Le
refus de Dieu nous apparait comme la racine même de la violence. Dans sa grande
bonté, Dieu a voulu donner à l’homme la possibilité de l’aimer d’un amour pur. C’est
pourquoi il lui a aussi donné la possibilité de ne pas l’aimer. Dieu ne veut donc pas
contraindre l’homme à l’aimer, il le veut libre. Cette liberté a conduit certain à refuser
celui là même qui est la source de la vie. Ainsi, « en se séparant de Dieu qui est la
source de la vie en son essence, l’homme se prive lui-même de vie. Il s’enferme dans
une sorte de prison, la prison de la mort, non seulement dans l’enfer de l’au-delà, mais
déjà dans celui de l’en deçà, sur la terre. »33 C’est donc l’enfer généraliser sur la terre,
c’est la violence. L’homme qui vit dans cet enfer, le fait vivre de quelque manière aux

29
Jean Paul II, veritas splendor, 1993, nº 90.
30
Idem, nº 91.
31
Ibidem.
32
Idem, nº 92.
33
E. Autexier, le mystère du mal, paris, édition saint Michel, 1970, P.82
autres. C’est donc la société qui paye le prix de ce refus de Dieu. Cet homme qui mène
sa vie ainsi, est prisonnier de ce mensonge originel « vous serez comme des dieux »
Gn3, 5. C'est-à-dire vous commanderez et ferez plier les autres à votre point de vue.
Vous commettrez tout ce que vous voulez sans avoir à rendre compte à personne. C’est
la situation de l’homme qui veut prendre la place de Dieu. Quand, la créature devient le
créateur, c’est le retour au chaos originel. Pour nous éviter cette situation de retour au
non être, Dieu se tient toujours à coté de l’homme afin de lui demander la permission
d’exister.34 Faisons donc exister Dieu et nous verrons que la violence disparaitra d’elle
même de nos sociétés.

Que conclure ? Comme nous avons pu le constater, la violence est un fait. On


aurait voulu qu’elle n’y point existé. Mais la réalité est qu’elle existe. Elle a toujours
été un problème crucial pour toutes les générations et plus particulièrement pour notre
siècle. C’est alors comme problème, que nous avons approché ce thème de la violence.
Notre travail, a donc été de jeté une lumière sur ce qui pourrait être appelé les
fondements de la violence. Au sorti de ce travail, nous avons pu comprendre que la
violence se nourris du refus de Dieu. Ce refus de Dieu s’explique par l’incompréhension
du mystère de la souffrance. Mystère qui nous scandalise toujours et nous fixe dans les
possibilités de nos limites. Cependant, devant ce mystère, l’homme sage tombe à
genoux, réfléchit, et prie pour savoir quelle est la responsabilité qui lui incombe dans les
épreuves de la vie présente et s’en remet à la providence du tout puissant. Laissant pour
ainsi dire le soin à la toute puissance de Dieu de répondre à ce mystère. Laisser Dieu
nous illuminer, c’est laisser Dieu être Dieu pour nous. Enfin, c’est accepter humblement
notre condition d’être fini.

BIBLIOGRAPHIE

- alain Rey, Le grand robert de la langue française, tome VI, Paris, Dictionnaires le
grand robert - VUEF, 2001, P. 1854.
- Saint Thomas D’Aquin, somme théologique, la force, 2a - 2æ, Questions 123 - 140,
Paris, Desclée, 1926, p. 10.
- p. Grelot, Cahier Evangile no 4, Homme, qui es- tu ? Les onze premiers livres de la
genèse, Paris, Cerf, 1973, P. 38.
34
G.M. Garrone, Qu’est ce Dieu?, paris, Desclée, 1969, P. 56.
- Jean Paul II, salvifici doloris « le sens chrétien de la souffrance  », 1984, nº9.
- daniel Foucher, pourquoi l’enfer si Dieu est Amour ?, édition de Montligeon, p.106.
- Saint Jean Chrysostome, homélie sur la genèse (2), homélies Tome5, 20ème homélie
« Caïn dit à son frère » (Gn4, 8).
- Bible de Jérusalem, “note b de Mt5, 39” Paris, Cerf, 2001, P.1685.
- Benoit XVI, Message avant l’angélus du IIIème dimanche de carême, Rome,
dimanche 11 mars 2012 (ZENIT. Org)
- Benoit XVI, intervention à l’occasion de la journée de réflexion, dialogue et prière
pour la paix et la justice dans le monde « pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ».
Assise, Basilique Sainte-Marie-des-anges jeudi 27 octobre 2011.
E. Autexier, le mystère du mal, Paris, édition saint Michel, 1970, PP.81-82.
- G.M. Garrone, Qu’est ce Dieu?, paris, Desclée, 1969, P. 60.
- gabriel David, méditations évangéliques, tome II, Paris, Daniel brottier, pp. 145.
- Jean Paul II, veritas splendor, 1993, nº 90.