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MAGNETOSTATIQUE

ROYAUME DU MAROC
UNIVERSITE ABDELMALEK ESSAADI
Ecole Nationale des Sciences Appliquées

Tanger

Année universitaire 2015-2016


Cours de Magnétostatique :

Chapitre I : Les sources du Champ Magnétique,


Chapitre II : Le Champ Magnétique,
Chapitre III : Les propriétés du Champ Magnétique,
Chapitre IV : Les méthodes de calcul du Champ Magnétique créé par les courants,
Chapitre V : Exercices d’application,
Chapitre VI : Les actions du Champ Magnétique

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I. Les sources du champ magnétique

A. Courant électrique
1. Définition
En électrostatique, les charges sont immobiles. Leur mise en mouvement donne naissance à des courants
électriques. Ces courants électriques sont à l’origine du champ magnétique.
Définition: On appelle courant électrique tout mouvement d’ensemble de particules chargées dans un
référentiel R.
2. Les divers courants électriques
• Les courants de conduction sont associés au déplacement:
o d’électrons dans les métaux
o d’ions dans les solutions d’électrolytes
o d’électrons et de lacunes électroniques dans les semi-conducteurs.

• Les courants de convection sont obtenus par déplacement du support matériel qui contient les
charges. Ce ne sont pas les charges qui se déplacent à l’intérieur du support mais le support lui-
même.
• Les courants particulaires sont obtenus à partir de faisceaux d’électrons ou d’ions dans les tubes à
vide.

B. Intensité du courant
1. Définition
Soit une surface S orientée placée dans un espace où des charges électriques sont en mouvement (Figure
1a). Entre les instants t et t+δt,
certaines de ces charges
traversent la surface S (charges
« blanches » sur la Figure 1b).
δQ(t) est la charge électrique
totale qui traverse la surface S
entre les instants t et t+δt. a b
Figure 1
L’intensité électrique est liée à la charge δQ qui traverse S pendant l’intervalle de temps δt par la relation:
δQ
δQ(S,t) = I(S,t) δt qui peut encore s’écrire I = .
δt
L’unité de courant est l’AMPERE (A).

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2. Le vecteur densité volumique de courant


On considère des particules chargées identiques mobiles qui possèdent une charge électrique q et dont le
nombre par unité de volume est n.
ρm= nq s’appelle la densité volumique des charges mobiles.

Ces particules peuvent être mises en mouvement sous l’action d’un champ électrique et elles acquièrent alors

une vitesse moyenne v .

Dans un conducteur métallique, la relation entre la vitesse moyenne et le champ électrique constitue ce qu’on
appelle la loi d’Ohm locale. Sa démonstration est en dehors du cadre de ce cours.

Le mouvement de ces particules chargées engendre un courant caractérisé par : un vecteur densité de
r r r
courant qui s’écrit : j = nq v = ρ m v .

Remarque:
Ne pas confondre ρm, densité des charges mobiles, avec ρ qui est la densité totale de charge :
Si les particules ne sont pas identiques (de charge et de vitesse différentes), le vecteur « densité
r r r
volumique de courant » est j = ∑ n q v = ∑ρ
i
i i i
i
i
m vi

Relation entre j et I :
La charge qui passe à travers la surface dS
pendant l’intervalle de temps δt est celle
contenue dans le cylindre oblique de volume
r
δV= v.dS.δt (Figure 2).
Cette charge vaut δQ= nq δV. Par définition, Le Figure 2
courant dI qui passe à travers dS est tel que
δQ
dI(dS) = .
δt
r
Soit dI = nq v.dS = j .dS
Pour obtenir le courant qui traverse une surface S, il faut prendre l’intégrale du résultat précédent sur cette


surface S et on obtient : I = j .dS .
S

L’intensité du courant électrique traversant une surface S est égale au flux du vecteur densité
volumique de courant à travers cette surface.

Remarque :
La valeur de I(t) et son signe dépendent de l’orientation de la surface puisque la charge qui traverse la
surface provient de particules chargées en mouvement dans une direction.

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3. Principe de conservation de la charge


Si la surface est fermée, elle entoure un volume qui contient des
charges électriques.
Si le système est ouvert, l’évolution de la charge dans le volume V
est liée aux transferts de charges entre le système et l’extérieur
(Figure 3).
L’évolution de la charge δQ pendant l’intervalle δt est liée aux
courants qui circulent vers l’extérieur ou l’intérieur du volume V (le
Figure 3
sens de circulation des courants est caractérisé par leurs signes).
Si le courant est positif, c’est que des charges positives circulent de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui conduit
à une diminution de la charge à l’intérieur de V. Si le courant est négatif, la charge intérieure augmente.
Dans les deux cas, il faut donc introduire un signe négatif de sorte que δQ = - (I1+I2+I3+I4) δt=-IS δt où IS
est le courant total à travers la surface S qui entoure le volume V.
δQ ∂ρ
Si on appelle ρ la densité de charge à l’intérieur du volume V, on peut alors écrire IS = − = − ∫ .dV
δt V
∂t

(il faut mettre une dérivée partielle car la densité de charge ρ dépend du temps et de l’espace).

On sait que IS est aussi le flux du vecteur densité de courant à travers la surface S. Pour lier l’évolution de la
charge avec le vecteur densité de courant, on utilise un théorème de l’analyse vectorielle, le théorème de
Green-Ostrogradsky, qui relie la divergence d'un champ vectoriel à la valeur de l'intégrale de surface du

flux défini par ce champ : ∫ F .dS =∫ divF .dV


S V
où S est la surface fermée qui entoure V. La surface S est

orientée vers l’extérieur. Appliqué au flux du vecteur densité de courant à travers la surface fermée S, ce

∫ ∫
théorème permet d’obtenir IS = j .dS = div j .dV .
S V

∂ρ
On en déduit l’équation de conservation de la charge : div j + = 0 qui relie la divergence du vecteur
∂t
densité de courant à la dérivée partielle par rapport au temps de la densité
de charge.

Si le système n’a aucun échange avec l’extérieur (système fermé), il


n’y a pas de modification de la charge dans le volume V entouré par la
surface S (Figure 4). La charge reste constante : δQ =0. Le courant à
travers la surface S est nul.

L’équation de conservation de la charge se réduit à div j = 0 .

Figure 4

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C. Les distributions de courants


1. lignes et tubes de courant Figure 5

Une ligne de courant est une ligne tangente en tout point au vecteur

densité de courant (Figure 5): j (M ) // dl(M)


Les lignes de courant sont orientées dans le sens du vecteur densité de
courant.
L’ensemble des lignes de courant champ qui s’appuient sur une courbe
fermée forme une surface appelée tube de courant (Figure 6).

2. Cas du régime permanent Figure 6


En régime permanent, la charge contenue à l’intérieur d’une surface fermée
fixe n’évolue pas.
Soit un tube de courant de surface S3 entre deux de ses
sections S1 et S2. S1+S2+S3 forment une surface fermée S’
' ' '
(Figure 7) avec dS1 , dS2 et dS3 orientés vers l’extérieur

Puisque la charge est constante dans le volume V, le flux de

j à travers cette surface S est nul.


' ' '
∫∫ j .dS = ∫∫ j .dS + ∫∫ j .dS + ∫∫ j .dS
S' S1
1
S2
2
S3
3 =0

Figure 7

'
Puisque S3 est un tube de courant, j est perpendiculaire à dS3 en tout point de cette surface. On en déduit
'
∫∫ j .dS
S3
3 =0

' '
Par définition, I1 = − ∫∫ j .dS
S1
1 et I 2 = ∫∫ j .dS
S2
2 . Le signe – pour I1 vient du fait que l’orientation de la

surface S1 est l’opposé de l’orientation de la surface S2. Ce qui conduit à I1 = I2.

En régime permanent, le vecteur j a un flux conservatif. Le courant électrique est le même à travers
toutes les sections d’un même tube de courant.

Figure 8

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3. Les courants surfaciques


Lorsque la distribution de courants est répartie sur une épaisseur microscopique, on dit que la distribution est
r
surfacique. Le courant circule à la surface dans l’épaisseur h. Si j est la densité volumique de courant, le
r r r
courant dI à travers une surface orientée hdl.u est dI = j dl.h.u . On définit alors un vecteur densité de
r
courant surfacique en écrivant dI = jS .u dl.

Lorsque les courants circulent en surface, on définit un vecteur


densité de courant surfacique mesuré en A.m-1.

4. Les courants filiformes

Dans le cas des courants filiformes, j est considéré uniforme sur une
section droite S du fil. On peut alors écrire :
r dl
I = j .S .
dl
r r Figure 9
On introduit alors le vecteur élément de courant I.dl = j .S dl = j . dV
où dV=Sdl (Figure 9).
Figure 10
I.dl est le vecteur élément de courant (ou élément de
courant). Il s’exprime en A.m.
Il n’a pas de signification physique car un élément de
courant ne peut pas exister seul. C’est un « être
mathématique » utile à la description des phénomènes
observés.

5. Les symétries dans les distributions de courants


Comme pour les distributions de charges, sources du champ
électrostatiques, les symétries dans les distributions de
courant produisent des symétries dans les champs
magnétiques produits. Les principales symétries sont
représentées sur la Figure 10.
La symétrie plane par rapport à un plan π est caractérisée par
r r r r
j = S( j) et l’antisymétrie plane par j = −S( j) .

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II. Le Champ magnétique


C’est en 1820 qu’Oersted, physicien et chimiste danois, découvre le déplacement d’une aiguille placée sous
un fil parcouru par un courant.
Un mois après avoir pris connaissance des expériences d'Œrsted, les physiciens français Biot et Savart
communiquent l'Académie Française la loi qui porte leur nom et qui permet de connaître la valeur du champ
magnétique créé en un point distant d'un conducteur parcouru par un courant d'intensité I.
A partir de cette expérience qu’il a su interpréter, le physicien Ampère établit en quelques semaines les
bases de toute une science à laquelle il donne le nom d'électromagnétisme avec l’introduction de la notion de
CHAMP ELECTROMAGNETIQUE, un objet qui permet de décrire les effets des courants électriques sur
l’espace qui les entoure.
Excellent mathématicien, Laplace est l'un de ceux qui ont participé à l’élaboration de la description
mathématique de l’électromagnétisme.
Un peu plus tard, en 1831, Faraday découvrit l'induction électromagnétique, ce qui permit à Maxwell de
donner une formulation mathématique complète (les équations de Maxwell) de l'ensemble des phénomènes
de l’électromagnétisme.
En réalité, les équations de Maxwell étant relativistes, c’est l’élaboration de la théorie de la relativité par
Einstein qui permet dès 1905 une description plus rigoureuse de l’électromagnétisme.

C’est cette théorie qui devrait être utilisée pour définir le champ magnétique.
Nous nous contenterons d’une approche phénoménologique en adoptant une démarche similaire à la
description du champ électrostatique.

A. Action d’un aimant sur une particule chargée en mouvement

Si une charge q>0 animée d’une vitesse v arrive au


voisinage d’un aimant, on observe une déviation de la Figure 11

trajectoire (Figure 11a). La particule subit une force dite


force de Lorentz et on dit que l’aimant est la source d’un
r
champ magnétique B tel que la force subie par la
r r
particule chargée en un point M est F( M ) = q v ( M ) ∧ B( M ) .
a
L’unité du champ magnétique est le Tesla (T).

b
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B. Le champ magnétique créé par un élément de courant


Si on remplace l’aimant par une spire parcourue par un courant, on observe aussi une déviation, on en déduit
que le courant circulant dans la spire produit aussi un champ magnétique.

L’expression du champ magnétique dB créé par un élément de courant I.dl a été obtenue empiriquement, à
partir de résultats expérimentaux (pour une description rigoureuse, il est nécessaire d’utiliser la théorie de la
relativité).
C’est la loi de BIOT et SAVART :
r
µ 0 I.dl ∧ u
dB( M ) =
4π r 2
Où µ0=4π 10-7 (en unité du système international) est la
perméabilité du vide (l’air est assimilé au vide).
r
Le trièdre dB, dl, u est un trièdre direct (Figure 12).
On obtient le champ total en faisant la somme vectorielle des

champs élémentaires dB .

Remarque :
On a vu précédemment qu’il y a équivalence entre
r Figure 12
I.dl et j dV = nq v dV .
r r
µ0 v ∧ u
On peut donc écrire dB( M ) = n dV( q 2 ) .
4π r
r r
µ0 v ∧ u
Ou encore dB( M ) = n dV db( M ) où db( M ) = q 2 est le champ créé par une charge q animée d’une
4π r
vitesse v . Ce qui permet de justifier la formule de Biot et Savart, le champ total apparaissant comme la
somme vectorielle des champs magnétiques élémentaires créés par chacune des charges mobiles en
mouvement.
On voit ainsi apparaître les sources du champ magnétique sont des charges en mouvement. Comme le
mouvement d’une particule dépend du référentiel d’étude et si on admet que les interactions
électromagnétiques se produisent à la vitesse de la lumière, on entrevoit la nécessité de faire appel à la
relativité pour la description rigoureuse.

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C. Le champ magnétique créé par un circuit parcouru par un courant

Les champs créés par chacun des éléments de courant I.dl s’ajoutent vectoriellement.
r r r
Distribution volumique I.dl = j dV µ 0 j ( P ) dV ∧ u PM
4π ∫
B( M ) = 2
de courants rPM
r r r
Distribution I.dl = js dS µ 0 js ( P ) dS ∧ u PM
4π ∫
B( M ) =
surfacique de courants 2
rPM µ 0 = 4π 10 −7 S.I.

r
Courants filiformes I.dl µ0 I dl ∧ u PM
4π ∫
B( M ) = 2
rPM

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D. La topographie du champ magnétique


1. Les lignes de champ
En tout point de l’espace, le champ magnétique est Figure 13
continuellement tangent à des courbes appelées lignes de champ :

B( M ) // dl ( M ) (Figure 13).

Les lignes de champ sont orientées dans le sens du champ magnétique

L’équation d’une ligne de champ s’obtient en écrivant dl ( M ) ∧ B( M ) = 0 qui


permet d’obtenir un système d’équations différentielles.
L’ensemble des lignes champ qui s’appuient sur une courbe fermée forme une
Figure 14
surface appelée tube de champ (Figure 14).

2. Exemples de topographie
D’après le principe de Curie, on doit retrouver dans la topographie du champ magnétique les symétries des
distributions de courants qui en sont la source. Cependant, il faut remarquer que dans un changement de
repère, le champ magnétique ne se transforme pas comme un vecteur mais comme le produit de deux
r
µ 0 I.dl ∧ u
vecteurs : dB( M ) = . On dit que B est un pseudo-vecteur (ou vecteur axial) par opposition à E ,
4π r 2
vecteur polaire.

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Symétrie plane Antisymétrie plane


r r
B( M ' ) = − S[B( M ) ] B( M ') = S[B( M ) ]
Le champ en un point du plan de symétrie est Le champ en un point du plan d’antisymétrie est
perpendiculaire à ce plan (Figure 15). parallèle à ce plan (Figure 16).

Figure 15 Figure 16

Exemples: Les plans dans lesquels sont tracés les lignes de champ sont des plans d’antisymétrie car les
courants arrivent d’un côté de ce plan et repartent par l’autre côté. On vérifie sur ces tracés (applet :
http://www.kw.igs.net/~jackord/bp/g5a.html#p5) que le champ magnétique est bien perpendiculaire aux plans de
symétrie, par exemple le plan qui contient la spire (Figure 17).

Champ magnétique créé par une spire circulaire parcourue par Champ magnétique créé par trois fils
un courant I parcourus par des courants 2I et –I.

Figure 17 Figure 18

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III. Les propriétés du champ magnétique

A. La circulation du champ magnétique


1. définition
La circulation élémentaire du champ magnétique sur Figure 19
un parcours élémentaire est le produit scalaire entre le vecteur champ magnétique et le vecteur circulation
r
élémentaire : dC = B( M ) .dl (Figure 19). L’intégrale sur un trajet de A à B donne la circulation totale
B r
C AB = ∫ B( M ) .dl
A

2. Circulation sur un contour (boucle fermée) : théorème


d’Ampère.
Le contour est orienté arbitrairement et la surface S qui
Figure 20
s’appuie sur ce contour est orientée à partir de l’orientation du
contour selon la règle du tire-bouchon: On se déplace dans le sens de
r
dC = B( M ) .dl ds quand le tire-bouchon tourne dans le sens du
r
contour dC = B( M ) .dl (Figure 20). La circulation le long d’un trajet
r
allant de A à B (Figure 21) est CΓ = ∫ B( M ) .dl .
Figure 21
Γ

Les sources du champ magnétique sont des conducteurs parcourus par des courants. Certains de ces
conducteurs traversent une surface S qui s’appuie sur le contour sur lequel on calcule la circulation.

Si les courants étudiés sont indépendants du temps et si le contour n’a pas d’intersection avec un des
r
courants filiformes, on peut relier la circulation du champ magnétique B sur le contour et les courants
sources de ce champ magnétique. Cette relation constitue le théorème d’Ampère que l’on va énoncer sans le
démontrer.

La circulation du champ magnétique sur un contour


Γ est égale à la somme algébrique des courants qui
traversent toute surface S qui s’appuie sur le contour
Γ, multipliée par µ0.
Somme algébrique: On multiplie le courant par
+1 quand il traverse la surface dans le sens
d’orientation de la surface et par -1 dans le cas
contraire.
Les courants qui ne sont pas enlacés par le contour Γ Figure 22

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traversent la surface un nombre pair de fois, une fois dans le sens de la surface, une fois dans le sens
contraire (Figure 22). Ils n’interviennent pas dans la somme.
r
CΓ = ∫ B( M ) .dl = µ0 (−I1 + I 2 − I3 + I3 − I 4 ) .
Γ

r
Pour des régimes indépendants du temps, La circulation du champ B magnétique sur le contour Γ est
égale à la somme algébrique des courants enlacés par le contour Γ, multipliée par µ0.
r
CΓ = ∫ B( M ) .dl = µ0 ∑ Ienlacés constitue le théorème d’Ampère.
Γ

En utilisant une relation de l’analyse vectorielle (théorème de Stockes), on peut trouver une forme locale du
théorème d’Ampère. La circulation d’un vecteur sur un contour est égale au flux du rotationnel de ce vecteur
r r

à travers une surface qui s’appuie sur le contour : B( M ) .dl =
Γ
∫∫ ( M) .dS .
S
rot B

 ∂ r  ∂BZ ∂B y r
 ex  − ex
 ∂x r  ∂y ∂z
 Bx ex
r ∂r  r  ∂B ∂B r
En coordonnées cartésiennes, le rotationnel s’écrit rot B =  e y ∧  B y e y =  x − z e y
y  r  ∂z ∂x
∂ r B e
 Z z  ∂B y ∂B r
 ez  − x ez
 ∂z  ∂x ∂y
La somme algébrique des courants entrelacés peut s’écrire, comme le flux des vecteurs densités de courant, à
v
travers une surface S qui s’appuie sur le contour Γ : µ 0 ∑I enlacés = µ 0 ∫∫ j . dS .
S
r r
On en déduit rot. B( M ) = µ 0 j( M ) qui est la forme locale du théorème d’Ampère.

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B. Le flux du champ magnétique


1. définition
Le flux élémentaire à travers une surface élémentaire est le produit
scalaire entre le vecteur champ magnétique et le vecteur surface :
r
dΦ ( M ) = B( M ) .dS( M ) . L’intégrale sur toute la surface S donne le flux

r

total : ΦS = B( M ) .dS( M ) .
S Figure 23
r
ΦS est le flux du vecteur B à travers la surface S.

2. Flux à travers une surface fermée du champ créé par un élément de courant
r
µ 0 I.dl ∧ u
dB =
4π r 2
Si on considère les éléments de symétrie d’un élément de courant, on
voit que les lignes de champ sont des cercles centrés sur l’élément de
courant et les tubes de champ sont des tores. On en déduit que le flux qui
rentre dans une surface quelconque est égal au flux qui sort (Figure 24).
dΦ T = dΦ + dΦ'
Le flux à travers une surface fermée du champ magnétique créé par Figure 24
un élément de courant est nul.

3. Flux à travers une surface fermée du champ créé par une distribution de courants
On peut « découper » la distribution de courants en éléments de courant et le champ magnétique total sera la
somme des champs magnétiques créés par chacun de ces éléments de courant. Pour chacun des éléments de
courant, le flux du champ magnétique à travers une surface fermée est nul.
Par application du principe de superposition, le flux à travers une surface fermée du champ magnétique créé
par la distribution de courants est nul.
r
On dit que le champ magnétique est à flux conservatif : ∫∫ B.dS = 0
S

r r
On peut en déduire une forme locale en utilisant le théorème d’Ostrogradsky : ∫∫
S
B .dS =
V
∫∫∫ div B dV avec

r ∂B ∂B ∂B
divB = x + y + z en coordonnées cartésiennes.
∂x y ∂z
r
On en déduit div B = 0 .
C’est l’équation qui traduit à l’échelle mésoscopique la propriété macroscopique de conservation du flux à
travers une surface fermée du champ magnétique.

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C. Le champ magnétique dérive d’un potentiel vecteur


r
L’équation locale div B = 0 permet d’écrire que B = rot A car div(rot A ) = ∇.(∇ ∧ A) = 0 .

On dit que B dérive d’un potentiel vecteur A , exprimé en Tesla par m.

Remarques:

• Soit le potentiel vecteur A ' = A + grad ϕ . On a donc B' = rot A' et

rot A' = rot (A + gradϕ) = rot A car le rotationnel d’un gradient est nul. On en déduit que B' = B .

On dit que A est défini au gradient d’un scalaire près. Le choix du scalaire correspond à une

condition de jauge. On choisit souvent le scalaire ϕ tel que divA = 0 .

• On se souvient qu’une des équations locales est rotB = µ0 j où j est le vecteur densité de courant et

rot (rot A) = ∇ ∧ (∇ ∧ A) = ∇(∇.A) − ∆ A . Si on choisit la condition de jauge divA = 0 , alors on

obtient une autre équation de la magnétostatique qui est ∆A + µ0 j = 0 .

• A joue un rôle analogue à celui du potentiel scalaire V; cette analogie est mise en évidence quand

on compare l'expression de A à celle de V. A partir de l’équation précédente, on peut trouver

µ0 j 1 ρ
A= ∫
4π r
dv , à rapprocher de V = ∫
4πε 0 r
dv .

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IV. Méthodes de calcul du champ magnétique créé par des courants

A. Calcul en utilisant la formule de BIOT et SAVART


r
µ 0 I.dl ∧ u r r
dB = avec I.dl = j dV = js dS quand les courants ne sont pas filiformes.
4π r 2
On peut très souvent simplifier les calculs en utilisant les symétries
des distributions des courants.
Exemple: champ créé par un fil infini parcouru par un courant
(Figure 25).
Tout plan contenant le point M et le fil est plan de symétrie: Le
champ est perpendiculaire au plan P1.
Le plan perpendiculaire au fil et passant par M est plan
d’antisymétrie. Le champ est contenu dans le plan P2.
L’axe du fil est axe de symétrie. Le champ est indépendant deθ, il
ne dépend que de r, la distance au fil.
Les lignes de champ sont des cercles contenus dans des plans Figure 25
perpendiculaires au fil et centrés sur l’axe du fil.

B. Calcul en utilisant le potentiel vecteur

µ0 j
4π ∫ r
On utilise l’expression de A = dv puis la relation B = rot A .

Cette méthode est rarement appliquée pour les distributions de courant


classiques.

C. Calcul à partir du théorème d’Ampère


r
CΓ = ∫ B.dl = µ 0 ∑ Ienlacés
Γ

• Il faut choisir un contour qui permet de calculer facilement la


circulation en tenant compte des éléments de symétrie de la Figure 26
distribution de courants.
Exemple: Fil infini parcouru par un courant constant.
On cherche à calculer le champ à la distance r du fil. On
choisit de prendre comme contour une ligne de courant
qui passe par le point M qui sont des cercles centrés sur
l’axe du fil (Figure 26).

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Figure 27
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r
• Il faut calculer la circulation de B sur le contour choisi : CΓ = B.dl . ∫ Γ

Exemple: Fil infini parcouru par un courant constant.


o On oriente le contour (Figure 27),
r
o Puisqu’on a judicieusement choisit une ligne de champ: B et dl sont colinéaires.
r
∫ .dl = ∫ B.dl = B∫ dl = B.2π r .
Γ
B
Γ Γ

o Ce qui donne CΓ= 2πr B(r)

• Il faut calculer la somme algébrique des courants enlacés par le contour Γ: CΓ = µ 0 ∑I enlacés .

Exemple: Fil infini parcouru par un courant constant.


o On choisit la surface qui s’appuie sur le contour Γ.
o Cette surface est orientée à partir du contour.

o Un seul courant (I) traverse cette surface dans le sens de dS .


o On trouve CΓ = µ0 I

r
• ∫
On applique le théorème d’Ampère CΓ = B.dl = µ0 ∑I enlacés .
Γ

Exemple: Fil infini parcouru par un courant constant.


o CΓ= 2πr B = µ0 I
µ0 I
o On en déduit B = .
2πr
o Remarque: Si on oriente le contour dans l’autre sens, on trouve un signe négatif, ce qui
r
signifie que B est orienté dans le sens opposé au contour. Le théorème d’Ampère donne
r
donc aussi l’orientation de B .

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V. Exercices d’application

A. Champ créé par un fil


Figure 28
Soit un fil vertical infini parcouru par un courant constant I. Trouver l’expression
du champ magnétique créé par ce courant à une distance x du fil en utilisant la
formule de Biot et Savart.

B. Champ créé par une spire circulaire sur son axe


Une spire circulaire de rayon R est parcourue par un courant d’intensité constante I. Trouver l’expression du
champ magnétique créé par ce circuit en un point M sur l’axe de la spire à une distance x de son centre. On
exprimera le résultat en fonction de l’angle sous lequel on voit la spire à partir du point M.

C. Champ créé par un solénoïde


Un solénoïde de longueur L comportant N spires circulaires de rayon R est parcouru par un courant
d’intensité constante I. Trouver l’expression du champ magnétique en un point M de son axe. On exprimera
le résultat en fonction des angles sous lesquels on voit les deux extrémités du solénoïde à partir du point M
(on commencera par calculer l’expression du champ dB créé par une tranche d’épaisseur dx du solénoïde).
Trouver l’expression du champ quand le solénoïde peut être considéré comme infini (L>>R). Montrer que le
champ est uniforme à l’intérieur du solénoïde et nul à l’extérieur.

D. Le dipôle magnétique
1. Définition
Les propriétés de la matière sont interprétées par l’existence de boucles de courant microscopiques. On
explique ainsi le champ magnétique créé par un aimant.
Boucle de courant: Une boucle de courant est constituée par un circuit Γ orienté dans lequel circule un
courant I (Figure 28).

Le vecteur surface S associé au contour est


r
S = ∫∫ dS . Il est indépendant du choix de la
S

surface qui s’appuie sur Γ (Figure 29).

Figure 29
Le moment magnétique d’une boucle de courant
r r
est défini par le courant I qui la parcourt, son contour Γet son vecteur surface S : M = I S s’exprime en
A.m-2.
Le champ électrique créé par un dipôle électrique et le champ magnétique créé par un dipôle magnétique ont
la même topographie (Figure 30).
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MAGNETOSTATIQUE

Figure 30 : Analogie avec le dipôle électrique (


Dipôle électrique

Dipôle magnétique

2. Champ créé par un dipôle

Champ sur l’axe du dipôle


On le calcule par application de la formule de Biot et Savart. Comme
tout plan qui contient l’axe du dipôle est un plan d’antisymétrie, le
champ est porté par l’axe. On peut alors intégrer en utilisant seulement

la composante de dB sur l’axe. Après cette intégration, on obtient


r µI x 2 −3 r
B = 0 (1 + 2 ) 2 e x .
2R R
L’expression du champ très loin du dipôle (X>>R) est
r µ I R3 r µ IR 2 1 r
B ≈ 0 3 ex = 0 ex
2R x 2 x3
r 2M r µ
Soit B ≈ A 0 3 ex avec A 0 = 0 .
x 4π

Champ en dehors de l’axe du dipôle, loin du dipôle

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MAGNETOSTATIQUE

On utilise l’analogie avec le dipôle électrique et on modifie les relations obtenues en remplaçant m par M et
1
par µ 0 (Figure 31).
ε0
Pour le champ électrostatique créé par un dipôle électrique, on a trouvé :
1 2m cos θ 1 m sin θ
Er = , Eθ = et E ϕ = 0 .
4πε 0 r 3
4πε 0 r 3
Ce qui conduit à :
2M cos θ M sin θ
Br = A 0 3
, Bθ = A 0 et Bϕ = 0 .
r r3
Remarque : On retrouve bien l’expression du champ sur l’axe loin du dipôle lorsqu’on prend θ=0.
2M
En effet Br (θ = 0) = A 0 .
r3

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MAGNETOSTATIQUE

VI. Les actions du champ magnétique


Dans cette partie, le champ magnétique est créé par des sources extérieures et on recherche les interactions
entre ce champ magnétique et d’autres courants, les particules chargées en mouvement étant des courants
particulaires. Les actions du champ magnétique sur des courants sont aussi les interactions entre ces courants
et les courants qui sont les sources de ce champ.

A. Action sur une particule chargée

Lorsqu’une particule de masse m et de charge q est animée d’une vitesse v dans un espace où règne un

champ magnétique B , elle subit une force F = q v ∧ B appelée Force de


Lorentz.

F , v et B forment un trièdre direct.


En l’absence d’autres forces, la norme de la vitesse de la particule est
constante. En effet, le travail de cette force magnétique est nul car la force est
toujours perpendiculaire à la vitesse. On en déduit que l’éénergie cinétique de la Figure 32

particule est constante.

La trajectoire de la particule dépend de la topographie de B et des conditions initiales.

Exemple d’un champ B uniforme.

• Si la vitesse initiale v0 est perpendiculaire B (Figure 32).

La trajectoire est contenue dans le plan perpendiculaire à B . L’accélération de la particule est

v 02
normale (toujours perpendiculaire à v ) et vaut où R est le rayon de la trajectoire circulaire de la
R
qv 0 B
particule ( R = ).
m
• Si la vitesse initiale v0 fait un angle α quelconque avec B . On décompose le mouvement en un

mouvement dans le plan perpendiculaire à B (mouvement circulaire uniforme) et dans le plan

parallèle à B (mouvement rectiligne uniforme). La trajectoire est une hélice dont le pas dépend de
v0 et de α.

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B. Action sur un circuit, travail de la force magnétique


1. Force de Laplace

Un élément de courant I dl placé dans un champ magnétique B subit une

force dF = Idl ∧ B appelée Force de Laplace (Figure 33).

On retrouve ainsi l’analogie entre q v et I dl .


Pour obtenir la force exercée sur le circuit, il faut faire l’intégration des
Figure 33
forces qui agissent sur les éléments de courant qui le constituent.

F= ∫ Idl ∧ B .
circuit

2. Travail des forces magnétiques

Le flux coupé
Considérons pour simplification un circuit plan parcouru par un courant I et

placé dans un champ magnétique extérieur B (Figure 34), ce champ n’est pas
créé par le courant I.
Un élément de courant de ce circuit est soumis à une force élémentaire

dF = Idl ∧ B .
Si on le déplace d’une distance élémentaire dσ, le travail de la force Figure 34

élémentaire est d 2 W = (Idl ∧ B).dσ

A partir des propriétés du produit vectoriel, on obtient d 2 W = I(dσ ∧ dl ).B où dσ ∧ dl représente une

surface orientée d 2SB .


Si on intègre sur la totalité du circuit, le travail élémentaire dW de la force magnétique pendant le

déplacement dσ est alors dW = I. ∫ B.d S = I dΦ c où dΦ c = ∫ B.d S


2 2
B B est le flux de B à travers la
circuit circuit

surface balayée par le circuit pendant son déplacement élémentaire dσ. dΦc s’appelle le flux coupé.

Théorème de Maxwell

Dans le cas particulier où le champ magnétique B et le courant I sont

indépendants du temps, on peut établir une relation entre le flux de B à


travers le circuit et le travail des forces électromagnétiques.
On peut constituer une surface fermée en prenant la surface S1 qui
s’appuie sur le circuit avant son déplacement, la surface balayée dSB et la
surface S2 qui s’appuie sur le circuit à la fin de son déplacement (Figure
35). Il faut prendre la précaution d’orienter toutes ces surfaces de la Figure 35

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même manière si on veut qu’elle constitue une seule surface fermée. Décidons de l’orienter vers l’extérieur
comme sur le schéma.

On a vu que le flux de B à travers une surface fermée est nul. On peut donc écrire que la somme des flux à
travers les trois surfaces précédentes est nulle : ΦT=Φ1+dΦB+Φ2=0.
Par construction (cela résulte de l’orientation des surfaces), le flux Φ1 à travers la surface S1 correspond au
flux ϕ1 à travers le circuit tandis que le flux Φ2 correspond à l’inverse du flux ϕ2 à travers le circuit après le
déplacement élémentaire. On en déduit : dΦB= ϕ2-ϕ1 =∆ϕ.
Ce qui constitue le théorème de Maxwell : La variation du flux d’un champ magnétique extérieur
permanent à travers un circuit lors de son déplacement est égale au flux coupé, le flux de ce champ
magnétique à travers la surface balayée pendant son déplacement. La surface balayée doit être orientée

comme dσ ∧ dl où dσ est le déplacement et dl l’orientation du circuit.


Remarque :
Si le courant I est variable et si le circuit est déformable, il apparaît des phénomènes d’induction et d’auto-
induction mais on admettra que le théorème de Maxwell s’applique encore.

Loi du flux maximum


Si le circuit est soumis à la seule force magnétique, le déplacement se fait dans le sens de la force et son
travail est donc positif. On en déduit que le flux après le déplacement spontané est plus grand que le flux
avant le déplacement. Sous l’action de la force magnétique, le circuit se déplace pour que le flux qui le
traverse soit le plus grand possible.

Energie potentielle

Nous avons montré que le travail de la force magnétique due à un champ extérieur est dW=I dΦc. Dans le
cas où le champ est permanent, on peut alors écrire que dW=I∆ϕ=I(ϕ2-ϕ1). Cette relation indique que le
travail est indépendant du chemin suivi.
La force magnétique peut donc être décrite comme dérivant d’une énergie potentielle et son travail pendant
un déplacement d’une position 1 à une position 2 s’écrit W12=-∆EP=EP1-EP2.
On en déduit Ep=-Iϕ+Cte.
Un circuit placé dans un champ magnétique extérieur permanent possède une énergie potentielle
magnétique.

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MAGNETOSTATIQUE

C. Action sur un dipôle magnétique


Un dipôle magnétique est une spire de faible dimension parcourue par un courant. Il est caractérisé par son

moment magnétique M . L’étude des actions d’un champ B sur un cadre rectangulaire (voir exercice)

permet de donner les effets d’un champ magnétique extérieure : B sur un dipôle.

On admettra que le champ B peut être considéré comme uniforme en tout point du circuit constitué par le

dipôle. Il y a alors un effet de rotation caractérisé par un couple C = M ∧ B .

Quand le champ est uniforme, le dipôle s’oriente pour que M devienne parallèle à B . Le circuit est

alors perpendiculaire à B et la position stable correspond à un flux maximum (positif).

Quand le champ magnétique n’est pas uniforme, il y a un effet de translation caractérisé par une force F

telle que F = −grad ( − IΦ ) = grad (I.S B) = grad ( M.B) . Le dipôle magnétique se déplace dans la direction
des champs les plus intenses pour que le flux soit le plus grand possible et pour que son énergie potentielle
diminue.

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MAGNETOSTATIQUE

D. Exercices
1. Champ magnétique créé par une ligne bifilaire
On donne les valeurs numériques de la permittivité absolue du
1
vide ε 0 = 10 −9 SI et de la perméabilité du vide µ0=4π 10-7
36π
SI ainsi que des formules d'analyse vectorielle en coordonnées
cylindriques. Figure 36

Un point M est repéré par (r, θ, z), le repère local étant ( e r , e θ , e z ) orthonormé direct (Figure 36), V(r,θ,z)

un champ scalaire et A (r,θ,z) un champ vectoriel.

• dM = dr e r + rdθ e θ + dz e z

∂V ∂V ∂V
• gradV = er + eθ+ ez
∂r ∂θ ∂z
1 ∂A z ∂A θ ∂A ∂A z A ∂A θ ∂A r
• rot A = ( − ) e r +( r − ) eθ + ( θ + − ) ez
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r r∂θ
1∂ 1 ∂A θ ∂A z
• div A = (r A r ) + +
r ∂r r ∂θ ∂z
• rot (rot A ) = grad (div A ) − ∆ A

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Etude du champ magnétique créé par un fil rectiligne infini.


On considère un fil rectiligne F; conducteur, de rayon a, supposé très

long et parcouru par un courant électrique de vecteur densité j et

d'intensité I. On suppose j uniforme à l'intérieur du fil, parallèle à


Figure 37
l'axe Oz et de même sens et constant dans le temps. La perméabilité
des milieux considérés est µ0. On considère un point M repéré dans
l'espace par ses coordonnées cylindriques r, θ et z (Figure 37).
• En utilisant le théorème d'Ampère et les propriétés de symétrie de l'ensemble, exprimer en fonction

de µ0, I et r, dans la base ( er , eθ , ez ), le vecteur champ magnétique B( M ) créé en M par le courant.

On supposera r>a, donc M extérieur au fil.


• Même question si r<a
• Que se passe-t-il en r=a ?

• Calculer rot B dans les deux cas: r>a et r<a, Conclure.

• Justifier que l'on peut chercher dans les deux cas r>a et r<a le potentiel vecteur associé au champ

magnétique B( M ) sous la forme A ( M ) =Az(r) e z .

• Exprimer A ( M ) dans la base ( er , eθ , ez ) dans les deux cas considérés en fonction de µ0, I, r et a et

d'une constante fonction de A0 , valeur du potentiel vecteur en un point de la surface du fil.

• Que vaut dans les deux cas div A ? Comment appelle-t-on traditionnellement la relation obtenue ?

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Etude d’une ligne bifilaire


On considère la ligne bifilaire formée par deux fils F1
et F2 , rectilignes, de même rayon a et dont les axes.
parallèles à z'z et symétriques par rapport à cet axe,
sont distants de d supposée très grande devant a.
F1 est parcouru par le même courant que F à la

question précédente : vecteur densité j constant dans


le temps, uniforme à l'intérieur du fil, parallèle à l'axe
Oz et de même sens; l'intensité du courant vaut I. F2
Figure 38
est parcouru par le courant de vecteur densité - j .

• Que vaut A (O) , potentiel vecteur au point O, centre du repère Oxyz ?

• Exprimer A(M) dans la base ( er , eθ , ez ) en fonction de µ0, I, r1, r2 et ez , M étant un point

quelconque situé à l'extérieur des fils.


• M étant repéré par ses coordonnées r et θ, on se place dans la situation r>>d, montrer que
µ I d cos θ
A(M) = − 0 ez .
2πr

• En déduire B(M) dans la base ( er , eθ , ez ).

• Établir l'équation différentielle en r et θ des lignes de champ magnétiques.


• Donner l'allure de ces lignes de champ ; orienter les courbes obtenues.

2. Interaction entre deux fils, définition de l’Ampère


Deux fils rectiligne F1 et F2 infinis, parallèles entre eux et distants de d, sont parcourus respectivement
par des courants I1 et I2.
• Trouver l’expression du champ magnétique B1 produit à la distance d du fil F1.
• En déduire la force exercée sur un élément de courant du fil F2.
• Le résultat précédent est-il en accord avec la définition de l'ampère donnée par le Comité
international des poids et mesures en 1948 : un ampère est l’intensité d’un courant constant qui, s’il
est maintenu dans deux conducteurs linéaires et parallèles, de longueurs infinies, de sections
négligeables, et distants d’un mètre dans le vide, produirait entre ces deux conducteurs, une force
égale à 2 × 10-7 newton par mètre linéaire.

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MAGNETOSTATIQUE

3. Action sur un cadre


Une spire rigide, carrée, de côté a, d'aire S, est parcourue par un courant d'intensité I imposé par un

générateur. On définit son moment magnétique M= I S n où n est un vecteur unitaire, orthogonal au plan de
la spire, orienté conventionnellement comme indiqué suivante.

Spire dans un champ magnétique uniforme.

La spire de centre M, mobile sans frottement autour de l’axe ∆=Mz est

placée dans un champ magnétique uniforme B , de module B, ayant la


direction et le sens de l’axe Mx. Sa position est repérée par l’angle θ
(Figure 39).
Figure 39
On note F1 et F3 les forces subies respectivement par les côtés

perpendiculaires à Oz de milieux P1 et P3 (Figure 40). On note F2 et F4


les forces subies respectivement par les côtés parallèles à Oz de milieux P2 et P4.
• Déterminer la somme des forces exercées sur la spire.
• Montrer que ces forces constituent un couple dont on exprimera le
moment, par rapport à ∆, en fonction de M, B et θ.
• Montrer que l'énergie potentielle de cette spire dans la position repérée

par θ peut être écrite E p = − M. B .

• Quelle est la position d'équilibre stable de la spire dans le champ?


Justifier.

Figure 40

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Spire dans un champ magnétique avec gradient


Le champ magnétique créé par l'aimant en un point de coordonnées x,y,z a pour composantes Bx(x,y,z),
By(x,y,z) et Bz(x,y,z). On dispose des informations suivantes:
En M (x,0,0): Bx=Bx(x,0,0) By = 0 Bz=0 (par raison de symétrie)
∂Bx ∂B y ∂Bz
de plus + + = 0 . Quelle propriété importante du champ magnétique est traduite par cette
∂x ∂y ∂z
relation ?
Par raison de symétrie, on écrit Bx(P1)=Bx(P3) et Bx(P4)=Bx(P2)
a ∂Bz a ∂Bz
Bz (P1 ) = en (x,0,0) Bz (P3 ) = − en (x,0,0)
2 ∂z 2 ∂z
a ∂B y a ∂B y
B y (P2 ) = − en (x,0,0) B y (P4 ) = en (x,0,0)
2 ∂y 2 ∂y
∂Bx
• Quel est le signe de ? Justifier.
∂x
• Donner une justification simple de l'expression proposée pour Bz(P1).

• Quelle est la position de la normale n lorsque la spire est en position d'équilibre stable vis à vis de la
rotation autour de l'axe ∆?

• On suppose que la spire est perpendiculaire à l’aimant avec n colinéaire et dans la direction et le
sens Ox.

• Établir les expressions des quatre forces F1 , F2 , F3 et F4 . En déduire leur somme F en faisant

∂Bx
apparaître M et .
∂x
• On peut utiliser une autre méthode qui ne détaille pas les expressions des quatre forces précédentes.

On vient de montrer ci-dessus que, pour des raisons de symétrie, la force F est parallèle à Ox. En

admettant ce fait et en utilisant l'énergie potentielle, retrouver l'expression de F .

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4. Effet Hall classique


On utilise une plaquette conductrice parallélépipédique de
longueur L, de largeur b, d'épaisseur h, dans laquelle on impose
un courant dans la direction de la longueur. Les charges mobiles
y sont des électrons de charge q=-e=-1,6 10-19 C et dont la
concentration (ou densité particulaire ou nombre de particules
par unité de volume) est n. En l'absence de champ magnétique,

leur vitesse d'ensemble est v = − v u x où v est positif et u x est


le vecteur unitaire de l'axe Ox. I est l'intensité du courant,
mesurée avec le sens de Ox. Figure 41

• On admet que I=n e v b h. Vérifier l'homogénéité de


cette relation.

• Cette plaquette est placée dans un champ magnétique uniforme B , de module B, ayant la direction
et le sens de Oz. Montrer que sous l'effet du champ magnétique, les lignes de courant s’incurvent et
que des charges de signes différents apparaissent sur les faces 1 et 2.

On suppose que ces charges accumulées produisent un champ électrique E H uniforme, perpendiculaire aux
faces chargées et qu'un régime stationnaire est très rapidement atteint, la vitesse d'ensemble des charges

mobiles étant de nouveau v = − v u x .

• Montrer qu'il apparaît une tension UH positive entre les faces 1 et 2, en précisant s'il s'agit de (V1-V2)
ou de (V2-V1).
IB
• Montrer que l'on peut écrire U H = −R H et établir l'expression de le constante de Hall RH du
h
conducteur en fonction de n et e.

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