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« Faire de vous des experts et des cadres parmi les meilleurs en Côte d’Ivoire, en Afrique et

dans le monde »

Année universitaire 2016 - 2017

Session : Octobre - Décembre 2016

ELEMENTS
DE

COURS DE PRINCIPE D’ECONOMIE

Enseignant : SILUE Drissa


siluedriss@yahoo.fr / 05430118

N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un

homme qui a de la valeur Albert Einstein

Selon P. Samuelson la rareté est une loi qui s’impose à tous et ce n’est qu’au Paradis qu’on
pourrait accéder à tous les biens qui permettent de satisfaire tous nos besoins

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PLAN DU COURS

Chapitre 1. Qu’est-ce que l’Economie ? ................................................................................. 3


I- L’objet de la science économique .................................................................................... 4
II/ La science économique.................................................................................................... 6

CHAPITRE II Dix principes de l’économie ......................................................................... 8


I- Comment les individus prennent leurs décisions ?
II- Comment les individus interagissent
III- Comment fonctionne l’économie dans son ensemble

CHAPITRE III : Penser comme un économiste

CHAPITRE IV L'activité économique ............................................................................... 31


I- Les fonctions économiques ........................................................................................... 31
II- Les acteurs de la vie économique................................................................................ 32
III- Les grands systèmes économiques ............................................................................. 34

CHAPITRE V: NOTION ET ANALYSE DE MARCHE .................................................. 35


I - Notion et différents types de marchés .......................................................................... 35
II- Notion d’offre et de demande ..................................................................................... 36

CHAPITRE VI : La notion d’élasticité et son utilisation ............. Erreur ! Signet non défini.
I- L’élasticité- prix direct de la demande ................................... Erreur ! Signet non défini.
II- L’élasticité prix- croisés de la demande ............................... Erreur ! Signet non défini.
III- Élasticité- revenu ................................................................... Erreur ! Signet non défini.

CHAPITRE VII: Les fonctions de l’Etat dans l’économie ................................................. 45


I. Qu’est-ce que l’État ? ..................................................................................................... 45
II- Les grandes fonctions de l’État.................................................................................... 45

Éléments de Bibliographie ................................................................................................. 48

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Chapitre 1. Qu’est-ce que l’Economie ?

Introduction
Le cours de principes d’économie a pour objectifs de faire comprendre aux étudiants, les
concepts fondamentaux de la science économique. Ce cours s’intéresse donc à l’objet de
l’économie moderne, à la méthodologie d’analyse de cette science, au fonctionnement du
marché, aux comportements des agents (individus, entreprises et État) sur ce marché, à
l’efficacité économique et au commerce international. Ce cours permet de développer chez
l’étudiant, les aptitudes d’analyse des phénomènes économiques. Il permet à ce dernier de se
familiariser également avec les outils théoriques et mathématiques qui soutiennent l’analyse
économique.
En dehors du cas où l'initiation économique fait partie de la formation professionnelle,
l’initiation économique se justifie seulement parce que dans les sociétés contemporaines
l'économie fait partie du langage dominant. L'économie n'est pas une discipline anodine.
L'économie occupe une place centrale dans le monde moderne. Si vous avez choisi cette voie,
c'est souvent parce que vous êtes convaincu que l'économie domine le monde, pour le
meilleur et pour le pire, et que vous voulez peser pour rendre le monde plus juste. Vos études
vous préparent donc bien à vous insérer professionnellement dans la société.
L'analyse économique utilise des concepts et des théories exigeants. Vous ne réussirez vos
études que si vous entrez dans cette démarche et, de préférence, y prenez goût. Il vous faut
comprendre le langage et la manière de penser des économistes. C'est le plus difficile. Cet
équilibre n'est pas le même pour tous. Il se déplacera sans doute au cours de vos années
d'études.

Votre activité professionnelle, pour la plupart d'entre vous, se déroulera en entreprise. La vie
en entreprise est soumise à ses lois propres, qu'il vous faut découvrir et comprendre.

La mondialisation n'est pas qu'un concept. Il vous faut savoir concrètement comment évoluent
le Nord et le Sud ; les Etats-Unis, l'Europe et l'Asie ; les pays émergents et les pays les moins
avancés ; l'Europe des 15 et les nouveaux membres de l'Union... Suivez l'actualité
économique et politique. Elle constitue la toile de fond de vos cours et en est moins séparée
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que vous ne le pensez, peut-être. Elle vous offre des exemples pour nourrir vos travaux. Les
hommes politiques et les journalistes utilisent des éléments d'analyse économique que vous
devez identifier.

L'analyse économique prend souvent la forme de modèles mathématiques et statistiques. Il


vous faut impérativement comprendre ce langage et ses règles. En pratique le niveau de maths
requis n'est pas si élevé. Les maths ne sont qu'un outil au service de l'analyse économique.
L'important reste la signification économique des résultats obtenus, et non pas les aspects
techniques outre mesure.
C'est essentiel pour vos études et votre vie professionnelle. L'enseignement universitaire,
malheureusement, n'y prépare pas assez. Vous devez donc progresser par vous-même si votre
niveau initial est insuffisant.

L'économie est une science sociale où les conflits d'école et les différences d'opinion sont
forts. Ne vous étonnez pas trop si l'un de vos enseignants dit noir quand un autre dit blanc.
L'important est de comprendre et retenir l'argumentation développée pour être capable d'en
reproduire des éléments, à votre façon.

Intervenez autour de vous dans les débats. Sachez pourtant que les deux questions les plus
souvent posées aux économistes sont les suivantes. Comment résoudre le problème du
chômage ? Comment placer son argent ? Ni l'une ni l'autre ne sont faciles. A vous de jouer.

I- L’objet de la science économique

1/ La notion de besoin

Chaque individu a des besoins qu’il cherche à satisfaire. Ces besoins peuvent être regroupés
en différentes catégories :
 besoins primaires (ou vitaux) : se nourrir, se vêtir, se loger, s’habiller
 besoins secondaires (ou de civilisation) : avoir un téléphone portable, un ordinateur…
Ces besoins peuvent aussi servir à se différencier des autres et répondent à ce que l’on appelle
un besoin psychologique (un végétarien ne consomme pas de viande…).
Il existe deux composantes des besoins humains : les composantes individuelles et les
composantes sociales.

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Les besoins sont caractérisés par trois objets :
• Leur multiplicité : besoins vitaux, physiologiques, liés à l’environnement
• Leur satiété : Diminution du besoin au fur et à mesure qu’il est satisfait. Au-delà d’un
certain point, on dit que le besoin est saturé.
• Leur interdépendance : il s’agit de besoins substituables, ou de besoins provoquant des
dépendances avec d’autres besoins (ex : voiture).
Pour l’économiste, les seuls besoins pris en compte (quels qu’ils soient) sont ceux qui
engendrent une activité économique, de production essentiellement.

Ces besoins sont par nature illimités : une fois l’un d’eux satisfait, il en apparaît de nouveaux.
L’homme est donc, consciemment ou non, obliger de classer ses besoins par ordre de priorité,
et ce, d’autant plus, qu’il ne dispose que d’un revenu limité pour satisfaire ses besoins.
On appelle donc besoin en économie toute sensation de manque qu'un individu cherche à
combler. La satisfaction de ces manques se fait par la consommation d'un bien ou d'un
service (manger pour satisfaire sa faim...)

2/ La notion de biens

Pour satisfaire ses besoins, l’homme peut se servir directement en puisant dans les ressources
disponibles dans la nature (le besoin en oxygène est satisfait simplement par le fait de
respirer). Ces biens, disponibles « gratuitement » et utilisables en l’état constituent les biens «
libres ».
Les biens sont réputés limités ou rares. On ne les trouve pas en grande profusion. Il se pose
divers problèmes géographiques (ex : le cacao en France) ou physiques. Par exemple, l’eau
est un bien économique qui s’achète en raison de sa rareté dans certains pays pour des raisons
climatiques, en plus des limitations réglementaires. De plus, l’argent dont nous disposons
pour consommer est lui-même un bien limité.
On qualifie les biens de deux manières. On fait une première distinction entre les biens
matériels (physiques) et immatériels (services). Ensuite, on sépare les biens en trois
catégories :
 Biens de consommation : il disparaît après une première utilisation
 Biens de production : C’est un bien qui sert à produire plusieurs fois
 Biens intermédiaires : Ce sont des biens qui servent à produire de nouveaux biens, qui
seront détruits lors du processus de transformation

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Mais de nos jours, la majeur partie de nos besoins ne peuvent être comblés par la nature qui
nous entoure (exemple : besoin de se déplacer rapidement d’un endroit à l’autre entraîne la
nécessité d’acheter une voiture). Il faut donc produire les biens et services dont nous avons
besoin pour satisfaire nos besoins : ce sont les biens « économiques ».
Pour satisfaire nos besoins, il nous faut donc en produire la majeure partie à l’aide de
ressources (matières premières, énergies…) qui ne sont pas disponibles en quantité illimitée
dans la nature. On dit alors que les ressources sont « rares ».
On appelle « ressource » en économie l’ensemble des biens économiques susceptibles de
satisfaire les besoins humains.

II/ La science économique

1- Définitions

Le terme économique vient du grec oïkos (maison) et nomos (administrer) qui signifie l'art de
bien administrer une maison, de gérer les biens d'un particulier ou de l'État.
Nous adoptons la définition provisoire suivante de l’économie, proche de celle des
classiques1 :
"L’économie analyse les processus de création et de répartition de la richesse évaluable
monétairement", avec la définition suivante de la richesse, empruntée à Adam Smith
:"L’étendue des nécessités, des commodités et des agréments de la vie humaine dont (un
homme) peut jouir"
Le but de cette partie est d’expliciter et de préciser cette définition, de définir les méthodes de
l’économie, de discuter son caractère normatif et sa scientificité.
Il existe de très nombreuses autres définitions de l’économie. L’une des plus répandues est :

"L’économie est la science de l’allocation optimale de ressources rares à la satisfaction


de besoins potentiellement infinis". Même si l’on restreint les besoins à ceux qui peuvent
être satisfaits par la richesse et donc les ressources à ce qui contribue à produire cette richesse,
cette définition est beaucoup plus précise que celle que nous avons provisoirement adoptée.
En particulier, elle fait de l’économie une science normative. L’économie se fixe comme

1Smith, Adam : Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations. Traduction Française de Paulette Taïeb ; Paris,
PUF 1996, p. 33.
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objectif de dire comment on peut, avec des moyens limités, obtenir le maximum (c’est ce que
signifie allocation optimale) de satisfaction des besoins.

Cette autre définition nous aide à mieux cerner les fonctions de la science économique : «
L’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées
(transformées par les entreprises) pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en
société.»
(Edmond Malinvaud, Leçons de théorie macroéconomique, Dunod, 1982.)
La science économique cherche donc à répondre à un certain nombre de questions :
-quoi produire ? : Quel bien.
-comment produire ? : De manière à utiliser le moins de ressource possible.
-pour qui produire ? : Quelle sera la demande exprimée par les agents économiques.

Une tendance récente de l’économie consiste à s’intéresser à l’ensemble de besoins humains,


et pas seulement aux besoins matériels et à considérer l’ensemble des ressources pour les
satisfaire, la ressource fondamentale, en effet "rare", étant le temps dont dispose chaque
individu. Cette tendance récente consiste donc à étendre le champ de l’économie à : "la
science du comportement rationnel des individus", un comportement rationnel se
définissant comme consistant à chercher à atteindre une fin déterminée avec la plus grande
"économie" de moyens.
" L’économie recherche comment les hommes et la société décident, en faisant ou non usage
de la monnaie, d’affecter des ressources productives rares à la production, à travers le temps,
de marchandises et de services variés, et de répartir ceux-ci, à des fins de consommation
présente et future, entre les différents individus et collectivités constituant la société. "Paul
Samuelson L’Economique
Cette vision de l’économie la conduit à traiter des questions qui relèvent habituellement de la
sociologie, de la psychologie ou des sciences politiques. Pour notre part, nous ne
considérerons pas que la recherche des moyens de faire un mariage "optimal", l’explication
des raisons pour lesquelles les femmes battues reviennent si souvent vivre avec l’homme qui
les ont battues même après l’avoir dénoncé à la police, ou le calcul conduisant au suicide
"rationnel", fassent partie de l’économie. Ce n’est certes pas pour une raison de principe. Que
l’économie puisse progressivement étendre le champ des phénomènes sociaux qu’elle analyse
n’a rien de choquant a priori.
La raison pour laquelle nous avons précisé « richesse évaluable monétairement » est la
suivante. Certaines richesses, selon la définition de Smith, ne le sont pas toujours. Ainsi d’un
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air pur, d’un beau paysage, de la compagnie d’amis agréables, ou de l’existence de la baleine
bleue, même si on n’en a jamais rencontré. Si on ne peut les évaluer monétairement, elles ne
peuvent faire l’objet, en pratique, de choix entre elles et d’autres richesses, faute d’unité
commune pour les évaluer. Or les extensions évoquées ci dessus manipulent fréquemment des
« objets » qui ne sont pas évalués monétairement. Les conclusions auxquelles on aboutit
restent alors le plus souvent vaguement qualitatives et sans grand intérêt. C’est ainsi qu’il n’a
été possible, par exemple, de commencer à faire avec rigueur de « l’économie de
l’environnement » que lorsqu’on a commencé d’évaluer monétairement les « biens
environnementaux » (l’air pur, les paysages, etc.)
Nous bornerons donc l’économie à l’analyse des processus concernant la richesse
évaluable monétairement. Nous verrons ci-dessous à quelles conditions cette analyse est
tout simplement possible.

CHAPITRE II : Dix principes de l’économie


Un ménage fait face à de nombreuses décisions. Il doit décider qui effectue quelles tâches et
ce que chacun reçoit en retour : qui prépare le dîner ? Qui lave le linge ?.... En bref, le couple
doit allouer ses ressources rares entre ses différents membres en prenant en compte les
capacités, les efforts et les souhaits de chacun.
Au même titre qu’un ménage, une société est confrontée à de nombreuses décisions. Une
société doit décider des emplois nécessaires et qui les occupera. Elle a besoin de personnes
qui produisent de la nourriture, d’autres qui confectionnent des vêtements et d’autres encore
qui créent des logiciels.

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La gestion des ressources de la société est importante car les ressources sont rares. La rareté
signifie que les ressources existent en quantité limitées et que la société ne peut pas produire
tous les biens et services que les individus souhaitent avoir. De la même manière qu’un
ménage ne peut donner à chacun de ses membres tout ce qu’il désire, une société ne peut pas
faire accéder chaque individu au niveau de vie auquel il aspire.

I- Comment les individus prennent leurs décisions ?


Le terme « économie » n’a rien de mystérieux. Que l’on parle de l’économie d’un groupe de
pays comme la CEDEAO, l’union européenne ou de l’économie d’un pays en particulier
comme la Côte d’Ivoire ou du monde entier, une économie est juste un groupe d’individus qui
interagissent au quotidien. Puisque le comportement d’une économie reflète le comportement
des individus qui la composent, nous débutons notre étude de l’économie par les quatre
principes de la prise de décision.

I.1- Principe 1 : les individus font face à des arbitrages


La première leçon relative à la prise de décision peut se résumer par un adage familier aux
économistes : « il n’y a pas de repas gratuit ». Pour obtenir quelque chose que nous aimons,
nous devons généralement abandonner quelque chose d’autre que nous aimons aussi. Prendre
une décision signifie arbitrer entre différents objectifs.
Pour obtenir une chose, il faut renoncer à une autre chose. Dans un monde de ressources
limitées, à commencer par notre temps, qui nous est compté, le problème économique central
est qu'il faut toujours renoncer à certaines choses pour en obtenir d'autres.
Considérons un étudiant qui doit décider de quelle manière il va répartir la ressource la plus
importante dont il dispose : son temps. Il peut passer tout son temps à étudier l’économie, il
peut passer tout son temps à écouter de la musique qu’il aime bien. Pour chaque heure qu’il
prend à étudier, il renonce à écouter sa musique favorite.
Prenons l’exemple des parents qui doivent décider de la façon de dépenser le revenu familial.
Ils peuvent acheter de la nourriture, des vêtements ou se payer des vacances. Alternativement,
ils peuvent aussi épargner une part du revenu familial pour leur retraite ou pour payer les
études supérieurs de leurs enfants dans une bonne université de la place. Lorsqu’ils décident
de dépenser un franc supplémentaire pour l’un de ces biens, ils ont un franc en moins à
dépenser pour acquérir un autre.
Pour illustrer le problème de la rareté, nous traitons l’usage du temps comme moyen rare. En
effet, nous disposons de 24 heures par jours dont 18 heures seront à répartir entre le travail et le
loisir si l’on suppose que 6 heures par jours suffisent pour renouveler notre force de travail.
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Lorsque les individus sont regroupés au sein des sociétés, ils font face à différents types
d’arbitrages. L’arbitrage classique est celui qui porte sur « les armes et le beure ». Plus un
pays investi dans la défense nationale (arme) pour protéger ses frontières des agressions
extérieures, moins il peut acheter de biens de consommation (beure) afin d’augmenter le
niveau de vie à l’échelle de la nation. Dans l'alternative entre produire du beurre et des
canons, les deux étaient souhaitables, mais pour avoir plus de beurre, il fallait produire moins
de canons, et inversement.
Un autre arbitrage tout aussi important dans la société moderne est celui qui concerne un
environnement sain et un haut niveau de revenu. Les lois qui imposent aux firmes la réduction
de la pollution poussent à la hausse les coûts de production des biens et services. Du fait de
ces coûts plus élevés, les firmes finissent par dégager des profits moindres, payer des salaires
plus faibles, augmenter les prix ou recourir à une combinaison de ces trois éléments. Ainsi,
alors que la réglementation de la pollution nous fait bénéficier d’un environnement plus sain
et de meilleures conditions sanitaires qui lui sont associées, elle a pour prix la réduction des
revenus des entrepreneurs, des travailleurs et des clients des entreprises.
Un autre arbitrage rencontré par la société est celui qui concerne l’efficacité et l’équité.
L’efficacité signifie que la société tire le meilleur parti de ses ressources rares. L’équité
signifie que les produits de ces ressources sont distribués de manière juste entre les membres
de la société.

Reconnaître que les individus sont confrontés à des arbitrages ne nous renseigne pas vraiment
sur les décisions qu’ils prendront ou devraient prendre.

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I.2- Principe 2 : Le coût d’une chose mesure ce à quoi on renonce pour l’obtenir

Puisque les individus font face à des arbitrages, la prise de décision nécessite de comparer les
coûts et les bénéfices des alternatives qui se présentent. Les décisions impliquent une
comparaison des coûts et des bénéfices des options possibles. Dans de nombreux cas,
cependant, le coût d’une action n’est pas facile à déterminer. Exemple traditionnel : étudier
ou travailler.

Considérons, par exemples, la décision d’étudier à l’université. L’avantage associé en est


l’enrichissement intellectuel personnel ainsi qu’un ensemble d’opportunités professionnelles
de qualité tout au long de la vie active. Mais quel en est le coût ? Afin de répondre à cette
question, vous seriez tenté d’additionner les montants dépensés au titre des frais de scolarité,
des livres, du logement et de la nourriture. Le coût des études n’est pas seulement le montant
des frais de scolarité. En fait, ceci ne représente pas réellement ce à quoi vous renoncez pour
étudier une année à l’université.
Le premier problème associé à ce type de réponse provient de ce qu’elle inclut des éléments
qui ne sont pas vraiment des coûts liés à aux études universitaires. Même si vous renoncez à
étudier à plein temps, vous avez toujours besoin d’un endroit pour dormir et vous devez aussi
vous nourrir. Le logement et la nourriture ne font pas partie des coûts des études supérieures
que dans la mesure où ils sont plus élevés à l’université qu’ailleurs.
Le deuxième problème découlant de cette manière de calculer les coûts est qu’elle ignore le
coût le plus important lié aux études supérieures – le temps personnel des individus. Lorsque
vous consacrez une année à suivre des cours, lire des livres et rédiger des dissertations, vous
ne pouvez pas dédier ce temps à une activité professionnelle. Le coût d’opportunité d’une
chose mesure ce à quoi il faut renoncer pour l’obtenir. C’est la valeur du meilleur choix
possible auquel on a renoncé. Lors du processus de décision concernant, par exemple, les
études supérieures, ceux qui décident doivent être conscients des coûts d’opportunités
associés à chaque action possible.
Le coût d’opportunité est ce que nous abandonnons pour obtenir ce que nous voulons
– Le coût de votre présence à ce cours est ce que vous ne pouvez faire alors que vous êtes ici
– Le coût d’opportunité des études
Choisir, c’est renoncer
– Toute décision requiert de comparer les coûts et bénéfices de décisions alternatives
– Entrer en Licence plutôt que sur le marché du travail
Cette définition vient de ce que le coût de quelque chose n'est pas seulement son prix
monétaire mais aussi la valeur de ce que vous n'avez pas eu. Le coût d'opportunité d'une

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dépense de 17 $ consacrée à un CD sera ce que vous auriez fait avec ces $ 17 au lieu
d'acheter le CD, et aussi de ce que vous auriez fait avec le temps passé à effectuer cet achat.

I.3- Principe 3 : Les individus rationnels raisonnent à la marge

Les décisions courantes sont rarement du type « tout ou rien », elles sont habituellement plus
nuancées. Au moment du diner, la décision n’est pas de savoir si on va jeûner ou contraire
s’empiffrer, on doit juste déterminer si on va se resservir en riz. Lorsque la période d’examens
se rapproche, la décision n’est pas de tout rater ou de réviser 24 heures par jour, mais de
réviser une heure supplémentaire au lieu de regarder la télévision. Les économistes utilisent
l’expression « variation marginale » pour décrire les petites variations autour d’un plan
d’action donné. Rappelez-vous que le terme « marge » signifie « limite » et par conséquent les
variations marginales sont des ajustements aux limites de l’action en cours.
Considérons une compagnie aérienne qui doit décider combien elle doit faire payer un
passager de dernière minute. Supposez qu’il lui en coûte 100 000 euros pour faire voler un
avion de 200 places entre Abidjan et Paris. Dans ce cas, le coût moyen est de 100 000 € /200
c’est-à-dire 500 € par siège dans l’avion. On peut être tenté de conclure que la compagnie
aérienne ne doit pas jamais vendre un billet pour moins de 50 0 €. Or, en fait, la compagnie
peut accroître son profit en raisonnant à la marge. Imaginez qu’un avion est sur le point de
décoller avec 10 sièges vides et qu’un passager de dernière minute se présente au comptoir ; il
est prêt à payer 300 € pour un vol. Est-ce dans l’intérêt de la compagnie de lui vendre ce vol ?
Oui, bien sûre. Si l’avion a des sièges vides, le coût d’un passager additionnel est dérisoire.
Cet exemple montre bien que les individus et les firmes peuvent prendre les meilleures
décisions en raisonnant à la marge. Un décideur rationnel entreprend une action si et
seulement si l’avantage marginal de cette action est supérieur au coût marginal.

I.4 - Principe 4 : Les individus réagissent aux incitations

Puisque les individus prennent leurs décisions en comparant les avantages et les coûts, leur
comportement peut aussi changer lorsque les coûts ou les avantages se modifient. Cela
signifie que les individus réagissent aux incitations. Ils adaptent leur comportement lorsque
leur environnement se modifie, de sorte à tirer profit de ce changement. Cela entraîne parfois
des effets imprévus et indésirables (des effets pervers) Exemple: la politique de « l’enfant

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unique » (one-child policy » en Chine a eu pour effet de faire croître le ratio garçon/fille
depuis 1980.
Lorsque, par exemple, le prix du café augmente, les individus décident de boire plus de thé et
moins de café au petit déjeuné puisque le prix d’achat d’une tasse de café est plus élevé.
Connaître l’effet du prix sur le comportement des acheteurs et des vendeurs sur un marché est
crucial pour comprendre comment l’économie fonctionne.
Les décideurs publics ne devraient jamais oublier les incitations car de nombreuses politiques
changent les coûts et les avantages auxquels les individus sont confrontés et par conséquent,
modifient les comportements. Une taxe sur l’essence, par exemple, encourage les
automobilistes à conduire des voitures plus petites et plus économiques. Elle encourage aussi
les automobilistes à utiliser les transports en commun plutôt qu’à prendre leur voiture et à se
rapprocher de leur lieu de travail.
Lorsque les décideurs publics échouent à identifier comment leurs politiques affectent les
incitations, ils obtiennent des résultats non désirés.

II- Comment les individus interagissent


Les quatre premiers principes portaient sur la manière selon laquelle les agents forment leurs
décisions. En ce qui nous concerne personnellement, nombreuses sont nos décisions qui non
seulement nous affectent nous-mêmes, mais ont aussi un effet sur les autres. Les trois
principes suivants concernent la façon dont les agents interagissent les uns avec les autres.

II. 1 - Principe 5 : L’échange est profitable pour tous


Les américains et les japonais sont souvent présentés dans les actualités comme les
concurrents des européens dans l’économie mondiale. A certains égards, cela est vrai car les
firmes américaines et japonaises produisent souvent les mêmes biens que les firmes
européens. Airbus et Boeing se concurrencent pour conquérir les mêmes clients dans le
marché de l’aéronautique. Toyota et Citroën se battent pour les mêmes acheteurs dans le
marché de l’automobile. Le commerce ou l’échange international, entre l’Europe et les Etats-
Unis ou entre l’Afrique et l’Europe n’est pas assimilable à une compétition sportive, au terme de
laquelle il y a un gagnant et un perdant. En fait c’est le contraire qui se produit : l’échange entre deux
économies peut améliorer la situation de chacune de ces économies.
Les pays retirent aussi un avantage de leur capacité à échanger les uns avec les autres. Le commerce
permet aux pays de se spécialiser dans ce qu’ils font le mieux et de bénéficier d’une plus grande
variété de biens et services.

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II. 2 - Principe 6 : Les économies de marché sont habituellement un bon mode
d’organisation de l’activité économique
Aujourd’hui, la plupart des pays qui adoptèrent par le passé les économies centralisées ont
abandonné ce système et essaient de développer des économies de marché. Dans une
économie de marché, les décisions d’un planificateur central sont remplacées par les
décisions de millions de firmes et de ménages. Les firmes décident qui embaucher et que
produire. Les ménages décident pour quelles firmes travailler et comment dépenser leur
revenu. Ces firmes et ces ménages interagissent au sein du marché et les prix ainsi que leur
intérêt personnel guident leurs décisions. C’est une économie qui alloue les ressources au
travers des décisions décentralisées des nombreuses firmes et des nombreux ménages qui
interagissent au sein des marchés des biens et services.
A première vue, le succès des économies de marché est déconcertant. Après tout, dans une
économie de marché, personne ne considère le bien être de la société dans son ensemble. Les
marchés libres (ou décentralisés) présentent de nombreux acheteurs et vendeurs de nombreux
biens et services et tous sont intéressés au premier titres par leur propre bien être. Cependant,
en dépit d’un processus de décision décentralisé et de décideurs égoïstes, les économies de
marché s’avèrent remarquablement talentueuse dans l’organisation de l’activité, de manière à
assurer le bien-être économique global.
Dans son ouvrage datant de 1776, Recherches sur la nature et les cause de la richesse des
nations, l’économiste écossais Adam Smith a fait une très célèbre observation en économie :
les ménages et les firmes qui se rencontrent sur des marchés agissent comme s’ils étaient
guidés par une « main invisible », qui les conduit à des situations désirables. Adam Smith
affirme que les acteurs de l’économie sont motivés par leur intérêt individuel et que la « main
invisible » oriente ces intérêts de façon à promouvoir le bien-être économique général.

II. 3 - Principe 7 : L’Etat peut parfois améliorer les situations de marché

Si la main invisible est si merveilleuse, pourquoi alors avons-nous besoin de l’Etat ?


 Une réponse consisterait à dire que la main invisible a besoin de l’Etat pour la
protéger. Les marchés ne fonctionnent que si les droits de propriétés sont respectés.
Nous nous reposons tous sur le contrôle public et sur les tribunaux pour assurer nos
droits sur les choses que nous produisons.
Un agriculteur ne produira pas de produits alimentaires s’il s’attend à ce que ses récoltes
soient volées.

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 Une autre réponse à la même question de l’utilité de l’Etat trouve sa source dans le fait
que, bien que les marchés soient habituellement un bon moyen de coordonner
l’activité économique, cette règle connaît des exceptions importantes.
En réalité, deux grandes raisons plaident pour qu’un Etat intervienne dans l’économie : la
promotion de l’efficacité et la promotion de l’équité. Cela signifie que la plupart des
politiques visent soit à augmenter la taille du gâteau économique, soit à changer la façon dont
le gâteau est partagé.
Les économistes utilisent le mot échec (ou défaillance) de marché en référence à une
situation dans laquelle le marché livré à lui-même ne réussit pas à produire une allocation des
ressources efficace. Une cause possible d’échec de marché réside dans les externalités, qui
mesurent l’impact sans contrepartie des actions d’un individu sur le bien-être d’un tiers à
l’échange. Ex. la pollution
Une autre cause possible d’échec de marché est le pouvoir de marché qui fait référence à la
capacité d’une personne seule (ou d’un petit groupe de personnes) à influencer outre mesure
les prix de marché. Ex. le monopole
En présence d’externalités ou de pouvoir de marché, une politique publique bien conçue peut
augmenter l’efficacité économique.
 La main invisible peut aussi échouer à garantir que la prospérité économique soit
distribuée équitablement.
Une économie de marché récompense les individus en fonction de leur capacité à produire des
choses pour lesquelles d’autres individus sont prêts à payer. De nombreuses politiques
publiques, telles que l’impôt sur le revenu et le système de sécurité sociale visent à obtenir
une distribution plus équitable du bien-être économique.
Dire que le gouvernement est capable d’améliorer parfois les situations de marché ne signifie
pas qu’il le fera systématiquement. La politique publique n’est pas faite par des anges et passe
par des processus qui sont loin d’être parfaits. Quelquefois elle est le fait de dirigeants bien
intentionnés mais qui ne sont pas parfaitement informés. Un des objectif de l’étude de
l’économie est de vous aider à juger si une politique publique est justifiée au regard de la
promotion de l’efficacité ou de l’équité, ou bien si elle ne l’est pas.

Ainsi, le gouvernement peut corriger certaines lacunes du marché (mais il peut aussi se
tromper s’il n’est pas capable de bien lire le marché, ce qui est souvent le cas puisqu’il
n’est pas omniscient).

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III- Comment fonctionne l’économie dans son ensemble

L’ensemble des décisions et des interactions des agents économiques forme « l’économie ».
Les trois derniers principes concernent le fonctionnement de l’économie dans son ensemble.

III. 1 - Principe 8 : Le niveau de vie d’une économie dépend de sa capacité à produire


des biens et services

Qu’est-ce qui explique ces différences importantes dans les niveaux de vie entre les pays et au
cours du temps ? De manière surprenante, la réponse est simple. Presque tout l’écart de niveau
de vie est attribuable aux différences de productivité des pays (c’est-à-dire la quantité de
biens et services produits par chaque heure de travail. Dans les nations où les travailleurs sont
capables de produire une grande quantité de biens et services par unité de temps, la plupart
des citoyens bénéficient d’un niveau de vie élevé, dans les nations où les travailleurs sont
moins productifs, la plupart des citoyens connaissent des conditions de vie plus modestes.
La relation entre la productivité et niveau de vie a aussi des implications considérables pour la
politique publique. Lorsque l’on pense à la façon dont une politique affecte les niveaux de
vie, la question clé est de savoir comment elle affectera notre capacité à produire des biens et
services. Afin de doper les niveaux de vie, les décideurs politiques doivent faire augmenter la
productivité en s’assurant que les travailleurs ont un bon niveau d’instruction, qu’ils ont les
outils nécessaire pour produire des biens et services et qu’ils ont accès à la meilleurs
technologie disponible.

III. 2 - Principe 9 : Les prix augmentent lorsque la banque centrale imprime trop de
monnaie

L’inflation c’est la hausse généralisé et entretenue du niveau des prix de l’économie. En


Allemagne en Janvier 1921, un quotidien coûtait 0.3 marks. Moins de deux années plus tard,
en novembre 1922, le même quotidien coûtait 70 millions de marks. Tous les autres prix de
l’économie augmentèrent de manière similaire. Historiquement, cet épisode est l’un des
exemples les plus spectaculaires d’inflation, c’est-à-dire une augmentation du niveau général
des prix dans l’économie.
Qu’est-ce qui est à l’origine de l’inflation ? Dans presque tous les cas d’inflation forte ou
persistante, le coupable est le même : la croissance dans la quantité de monnaie. Lorsqu’une
banque centrale émet de larges quantités de monnaie nationale, la valeur de la monnaie baisse.

16
III. 3 - Principe 10 : A court terme, la société est confrontée à un arbitrage entre
inflation et chômage
Lorsque la banque centrale fait augmenter la quantité de monnaie dans l’économie, une des
conséquences est l’inflation. Une autre conséquence, au moins à court terme, est un niveau de
chômage plus faible. La courbe qui illustre cet arbitrage à court terme entre inflation et
chômage s’appelle la courbe de Phillips, du nom de l’économiste qui l’a étudiée en premier
alors qu’il travaillait à la London School of Economics.

Courbe de Phillips

CHAPITRE III : Penser comme un économiste

Chaque domaine d’étude a son propre langage et sa propre façon de penser. Les
mathématiciens parlent d’axiomes, d’intégrales et d’espaces vectoriels. Les psychologues
parlent d’ego, de dissonance cognitive. Les médecins parlent de dyspnée, de claudication et
d’infarctus du myocarde. Les juristes parlent de clauses compromissoires et d’estoppel à
l’ordre.
L’économie n’est pas différente. Offre, demande, élasticité, avantage comparatif, surplus du
consommateur, perte sèche- ces termes font partie du langage de l’économiste. Ce chapitre

17
discutera donc de la méthodologie de l’économie. Que font les économistes lorsqu’ils font
face à une question ? Que signifie penser comme un économiste ?

I - Concepts de base

De manière générale, toute théorie économique manipule des concepts de base qui
définissent :
 Des objets économiques : les constituants de la richesse matérielle et des moyens de la
créer et de la faire circuler : marchandises, biens, travail, monnaies, titres,
informations.
 Des actes économiques : production, échange, consommation, épargne, par lesquels se
créent, circulent et sont détruits les objets économiques.
 Des acteurs économiques, ce sont des sujets, individuels ou collectifs, qui commettent
les actes économiques en manipulant les objets économiques. Les acteurs se
caractérisent par leur comportement à l’égard des objets économiques.

1 - Objets économiques

Les objets économiques sont les constituants de la richesse dont nous avons emprunté la
définition à Smith : « l’étendue des nécessités, des commodités et des agréments de la vie
humaine dont un homme peut jouir », ainsi que les moyens de la créer et de la faire circuler.

a - Les marchandises

Il faut tout d’abord distinguer, parmi les objets économiques, celles qui sont des marchandises
et les autres.
Est une marchandise tout objet économique appropriable, c’est-à-dire sur lequel existe un
droit de propriété privé. Ce droit permet à son détenteur d’interdire à tout autre l’usage de cet
objet.
Ce droit est aliénable. Il peut être transféré, en échange d’un droit sur un autre objet, par
exemple. Une marchandise est donc échangeable. Dans une économie monétaire (cf. la
définition de la monnaie ci-dessous) une marchandise est toujours échangeable contre de la
monnaie et a donc un prix.
L’air, les océans, sont des ressources naturelles qui entrent incontestablement dans le
processus de création de certains éléments de la richesse et sont donc des objets économiques,

18
mais ils ne sont pas appropriés. La protection contre des agressions fait partie des objets
économiques.
Quand il s’agit de la défense nationale telle qu’elle est actuellement organisée, elle n’est pas
appropriable et n’est pas une marchandise. La protection spéciale d’un immeuble ou d’un
individu est une marchandise si elle est assurée par une société privée contre de la monnaie,
elle ne l’est pas si elle est assurée par la police nationale. Le stock des connaissances
scientifiques est un incontestable objet économique, mais il n’est pas appropriable, sauf les
inventions protégées par des brevets. L’action des forces armées ou de la police, les
connaissances scientifiques, l’air et les océans, sont des "biens publics", non appropriables.
L’extension de la sphère des marchandises est variable selon les sociétés et dans le temps. Un
individu en tant que tel n’est plus une marchandise, mais l’était dans les sociétés
esclavagistes.
Les organes humains (gènes, cellules, embryons, etc. compris) ne sont pas encore des
marchandises, mais commencent pour certains à le devenir. D’une manière très générale, le
développement des sociétés capitalistes engendre une extension de la sphère de la
marchandise, une « marchandisation » du monde, que beaucoup critiquent au nom de ce que «
tout n’est pas à vendre ».

b - Les biens et les services

Les biens sont les artefacts constituant la richesse et ou permettant de la créer. En pratique, on
utilise souvent la notion : « biens et services ». Mais la notion de service est en réalité très mal
fondée et recouvre des objets économiques très hétérogènes. Simple combinaison d’artefacts
vendus ensemble : un repas au restaurant, une semaine dans un club de vacances; déplacement
dans l’espace d’artefacts : transport, commerce ; formes particulières d’usage d’une force de
travail (cf. ci-dessous) : consultations diverses, ménage, etc.

c - Les ressources naturelles

Tout artefact est issu de ressources naturelles qui fournissent matière et énergie. La terre étant
un objet à dimensions limitées, toutes les ressources naturelles sont, d’une façon ou d’une
autre "épuisables". Toute production matérielle dégrade l’énergie qu’elle utilise et produit des
déchets. La capacité d’absorption de ces déchets par les écosystèmes doit être considérée
comme une ressource naturelle, également limitée. Les ressources naturelles peuvent être
appropriées ou pas. Une terre agricole, un gisement de pétrole, une source d’eau, peuvent être
19
et sont généralement appropriés. Ce sont alors des marchandises. Mais un grand nombre de
ressources naturelles soit pourraient, techniquement, être appropriées, mais ne le sont pas, soit
ne peuvent pas l’être. Dans les deux cas, elles sont donc d’accès libre. Ceci peut évidemment
poser des problèmes puisqu’elles sont épuisables, et justifie des interventions spécifiques des
Etats.

d - Les monnaies

Une monnaie est un objet économique dont la forme matérielle peut être diverse : pièces d’or
ou d’argent (frappées par le prince), billets de banque, comptes courants bancaires. Sa
définition est, dans un espace géographique donné, d’être unanimement acceptée en échange
de tout autre objet économique. C’est donc un "équivalent général" de tous les autres objets.
Pour qu’elle puisse remplir son rôle d’équivalent général et être acceptée par tous contre tout
objet, il faut certaines conditions, qui peuvent se résumer en une phrase : les acteurs doivent
avoir "confiance" dans une monnaie. La monnaie est elle-même produite, nous verrons
comment, et comment peut s’entretenir la confiance en elle. Disons simplement ici qu’il n’y a
pas de monnaie sans Etat. Dans le monde, différentes monnaies existent, qui ne sont pas
toutes acceptées dans tous les espaces géographiques. Ces différentes monnaies peuvent
s’échanger entre elles. Le prix d’une monnaie dans une autre est son "taux de change" avec
cette monnaie.

II- L’économiste est un scientifique

Les économistes essaient d’aborder leur sujet de réflexion avec l’objectivité du scientifique.
Ils abordent l’étude de l’économie largement de la même manière que le physicien traite
l’étude de la matière et que le biologiste appréhende l’étude de la vie : ils imaginent des
théories, collectent des données puis analysent pour tenter de valider ou de réfuter leurs
théories. Après tout, les économistes ne travaillent pas avec des éprouvettes ou des télescopes.
L’essentiel de la science réside cependant dans la méthode scientifique, c’est-à-dire le
développement et l’expérimentation de théories portant de manière impartiale sur le
fonctionnement du monde. Cette méthode d’investigation s’applique à l’étude de l’économie
d’une nation comme elle s’applique à la gravitation de la terre ou à l’évolution des espèces.

II-1 : La méthode scientifique : observation, théorie et encore de l’observation

20
La démarche suivie par les sciences consiste à décrire, expliquer et prévoir les faits afin
d’orienter l’action humaine. La question qui se pose est de savoir si l’économie est en mesure
d’assumer ce rôle. En d’autres termes, l’économie peut-elle étudier de manière scientifique
certains aspects du comportement humain.
Bien que les économistes utilisent théorie et observation comme n’importe quels autres
scientifiques, ils rencontrent inévitablement un obstacle qui rend leur tâche particulièrement
difficile mais motivante : les expériences sont souvent difficiles à réaliser en économie. Les
économistes, comme les astronomes et les biologistes évolutionnistes, doivent « faire avec »
les données que le monde viendrait à leur fournir.
Afin de trouver un substitut aux expériences de laboratoire, les économistes portent une
grande attention aux expériences offertes par l’histoire. Lorsqu’une guerre au Moyen-Orient
tarit le flux de pétrole brut, par exemple, les prix montent en flèche partout dans le monde.
Pour les consommateurs de pétrole et de produits pétroliers, un tel évènement pousse à la
baisse les niveaux de vie. Pour les décideurs politiques, il induit un choix difficile portant sur
la façon de réagir au mieux. Mais pour les scientifiques de l’économie, il offre une
opportunité d’étudier les effets d’une ressource naturelle clé sur les économies du monde et
cette opportunité persiste longtemps après que l’augmentation des prix due aux temps de
guerre se soit arrêtée.

Les étapes de la méthode de la science économique


Pour élaborer des lois, l’économiste suit une démarche scientifique qui passe par les étapes
suivantes :
 La phase d’observation des phénomènes économiques qui est fournie par l’économie
descriptive et par la statistique.
 La phase d’abstraction qui consiste à simplifier la réalité en dissociant les aspects essentiels
des aspects secondaires. L’abstraction est une opération qui consiste à isoler certains éléments
essentiels en négligeant les autres.
 La phase déductive comprend
 l’élaboration des hypothèses
 L’élaboration des lois par un raisonnement causal.
 La phase de vérification de la théorie qui consiste à confronter la théorie à la réalité pour
tester sa pertinence.
La vérification de la théorie peut être réalisée par l’utilisation des séries statistiques et des
modèles mathématiques et/ou économétriques. Si la théorie est vérifiée par les faits, elle est

21
acceptée sinon elle est rejetée, la cause se trouve très souvent dans les hypothèses qui sont mal
formulées. Cette démarche méthodologique est identique à celle de la recherche scientifique
sauf en ce qui concerne l’expérimentation qui est difficile à y recourir pour les sciences
sociales ; l’économique ne repose sur aucun travail de laboratoire. Néanmoins ces dernières
années, certains économistes recourent à l’expérimentation pour formuler certaines lois de
comportement, notamment l’américain V Smith qui a obtenu le prix Nobel d’économie en
2002 pour avoir fait de l’expérience en laboratoire un instrument d’analyse économique
empirique, en particulier dans l’étude des différentes structures de marché.

II-2 : Le rôle des hypothèses

Les économistes font des hypothèses pour la raison : les hypothèses peuvent simplifier le
monde complexe et le rendre plus facile à étudier. Afin d’étudier les effets du commerce
international, par exemple, nous pouvons supposer que le monde consiste en deux pays et que
chaque pays produit seulement deux biens. Bien sûre dans le monde réel il y a plusieurs pays,
chacun d’entre eux produisant des milliers de catégories de bien différents. Mais en supposant
deux pays et deux biens, nous pouvons concentrer notre pensée. Une fois que nous avons
compris le commerce international dans un monde imaginaire, avec deux pays et deux biens,
nous sommes mieux placés pour comprendre le commerce international dans le monde
complexe dans lequel nous vivons.

De la même manière, les économistes utilisent des hypothèses différentes pour répondre à
différentes questions.
Les principales hypothèses et propriétés usuelles en économie
Les économistes dans l’étude des problèmes économiques, émettent des hypothèses :
- Les individus sont supposés rationnels : La rationalité en économie renvoie à
l’utilisation la plus efficace possible des moyens disponibles dans le but d’atteindre un
objectif donné. L’agent économique rationnel se comporte de manière lucide en
calculant. Il connaît ses objectifs, les moyens disponibles et essaye ainsi de faire le
mieux que possible.
- La rareté des ressources : Les individus sont confrontés à une rareté des ressources
devant des besoins illimités.
- La liberté économique : Opérations volontaires et échanges volontaires.
- L’équité dans les opportunités.

22
- L’efficacité de l’allocation des ressources : Il n’existe pas de gaspillage et chaque
ressource doit être allouée de manière à produire de façon optimale.
- Le processus de décisions est supposé décentralisé et les possibilités de décisions ou
d’incitations aux faits économiques doivent être à même de faciliter la résolution du
problème de conflits d’intérêts entre les individus ou agents économiques.

II-3 : Les modèles économiques

Les économistes utilisent une méthodologie qui se rapproche beaucoup de celle adoptée par
leurs collègues des sciences naturelles. Les économistes utilisent aussi des modèles pour
comprendre comment le monde fonctionne, mais au lieu de plastique, ils sont fait le plus
souvent de diagrammes et d’équations. Tout comme les modèles en plastique du professeur de
biologie qui n’incluent pas tous les muscles ni tous les capillaires, le modèle de l’économie
n’inclut pas tous les éléments de l’économie.
Un modèle économique est une représentation simplifiée des "dynamiques
économiques", c’est-à-dire des processus de création et de répartition de richesse résultant
des actions d’un ensemble donné d’acteurs coordonnées par des mécanismes de coordination.
Ils expliquent les choses en montrant ce qui les provoque. Par exemple : Quelles sont les
causes de l’inflation
Ils ont également un pouvoir explicatif et prédictif, parce qu’ils sont parfois utilisés pour
émettre des pronostics, comme l’annonce d’une inflation inférieure à 5% pour l’année
suivante. On appelle déduction le processus visant à tirer des conclusions d’un modèle. Dans
ce cas, il convient de supposer qu’aucun autre élément susceptible de modifier le résultat n’a
connu entre temps la moindre variation. On parle en l’occurrence de l’hypothèse du ceteris
parbus, locution latine signifiant « toutes choses égales par ailleurs ».
Les modèles sont construits sur la base d’hypothèses globales quant aux causes des
phénomènes économique.

II-4 : Notre premier modèle : le modèle de flux circulaire

L’économie rassemble des millions de personnes engagées dans de nombreuses activités :


achat, vente, travail, recrutement, fabrication, etc. Pour comprendre comment l’économie
fonctionne, nous devons trouver un moyen de simplifier notre conception de toutes ces
activités. En d’autres termes, nous avons besoin d’un modèle qui explique, à grands traits,

23
comment l’économie est organisée et comment ceux qui y participent interagissent les uns
avec les autres.
La figure ci-dessous présente un modèle visuel de l’économie, appelé le diagramme de flux
circulaire. Dans ce modèle, l’économie est simplifiée afin de n’inclure que deux de
décideurs : les ménages et les entreprises non financières. Supposons également qu’il existe
seulement deux marchés, le marché des biens et le marché des facteurs. Les firmes produisent des
biens et services en utilisant des intrants, tels que le travail, la terre et le capital (bâtiments et
machines). Ces intrants sont appelés facteurs de production. Les ménages possèdent les facteurs
de production et consomment tous les biens et services que les firmes produisent.
Dans ce cas, le schéma de cette économie se présente comme suit :

Figure : Le diagramme de flux circulaire


Les ménages et les firmes interagissent dans deux types de marchés. Sur le marché des biens
et services, les ménages sont les acheteurs et les firmes les vendeurs. Sur le marché des
facteurs de productions, les ménages sont les vendeurs et les firmes sont les acheteurs. Sur ces
marchés, les ménages mettent à disposition les intrants que les firmes utilisent pour produire
des biens et services. Le digramme de flux circulaire offre une manière simple d’organiser
toutes les transactions économiques qui ont lieu entre les deux agents économique en
présence.

II-5 : Notre second modèle : la frontière des possibilités de production (FPP)


La plupart des modèles économiques, contrairement au diagramme de flux circulaire qui est
visuel, utilisent l’outil mathématique. Ex : q = F (K, L) Ici, nous nous intéressons à l’un des
modèles du genre les plus simples, appelé la frontière, appelé la frontière des possibilités de
production et nous explorons comment ce modèle illustre des idées économiques de base. La
FPP est un graphique qui montre les différentes combinaisons de biens que l’économie est
24
capable de produire étant donné les facteurs de production disponible et étant donné la
technologie de production que les firmes peuvent utiliser pour transformer ces facteurs en
quantités produites.
Une des principales contradictions de l’économie est la conciliation entre des besoins illimités
et des ressources rares. Il convient donc, avec le moins de biens possibles, de satisfaire le plus
de besoins possibles. Il faut donc apprendre à gérer efficacement ses ressources.
La rareté amène à chercher à éviter à tout prix le gaspillage, à être le plus efficace possible.
Exemple :
Supposons l’économie de la Côte d’Ivoire où l’on ne produit que du cacao et du café. Les
différentes combinaisons possibles de tous les facteurs de production (capital, travail, matières
premières) peuvent permettre de ne produire que du cacao, que du café ou une certaine
quantité de chaque.
Sur le graphique de la figure
Quantité de café
1, la courbe représente les
produit
combinaisons de biens que l’entreprise
peut produire (nombre de tonnes de
cacao, nombre de tonnes de café) en
utilisant au mieux ses facteurs de
production (toute combinaison dans ce
Quantité de cacao plan utilise la même quantité de
produit
facteurs).

Figure 1 : La FPP
Cette courbe s’appelle la frontière des possibilités de production. Elle regroupe l’ensemble

des combinaisons de production efficaces .


• Tout point (c’est à dire toute combinaison de production d’une certaine quantité de cacao et
de café) situé au-dessus de cette courbe est impossible à atteindre pour la Côte d’Ivoire car ses
ressources (les facteurs de production dont elle dispose) sont insuffisants.
• Au contraire, tout point situé en dessous de cette courbe représente une inefficience, les
facteurs de production n’ont pas été utilisés au mieux. Par exemple, si la Côte d’Ivoire
produit la combinaison A, elle aurait pu avec les mêmes facteurs de production, produire
autant de cacao et plus de café (point B) : des ressources ont été gaspillées.

25
I I- 6 : Microéconomie et macroéconomie

Depuis les années 1930, le champ de l’économie est traditionnellement divisé en deux
grandes branches : la microéconomie et la macroéconomie.
La microéconomie étudie les décisions et les comportements économiques des unités ou des
agents économiques individuels tels que les ménages ou les entreprises. Elle rend compte des
interactions entre les agents économiques sur les marchés particuliers. La microéconomie se
place dans un cadre statique et étudie les hypothèses sur lesquelles les différentes décisions
individuelles des ménages ou des entreprises sont compatibles.

Quant à la macroéconomie, elle étudie les variables de la comptabilité nationale et envisage


les variables agrégées de la production et de la consommation (niveau de chômage,
production nationale, taux d’inflation, taux de croissance, etc.). Elle étudie l’économie
comme un tout et se place dans le cadre dynamique faisant ressortir les variations de
l’économie au cours du temps.

Toutefois, il est à souligner que la distinction entre microéconomie et macroéconomie est


devenue moins grande ces dernières années du fait de l’évolution moderne de l’économie.
Cette modernité est liée notamment aux évolutions technologiques dans le traitement des
données ainsi qu’aux moyens modernes de communication. La nouvelle économie est basée
sur les NTIC et du fait de l’évolution rapide de ces NTIC, la préoccupation pour les
gouvernants est de réguler les changements occasionnels de l’économie de manière à
maximiser les bénéfices de cette révolution technologique. La nouvelle économie entend
entraîner de profonds changements dans la manière de percevoir et d’agir des gouvernants
afin d’offrir les droits de propriété, un environnement institutionnel et des règles de jeu qui
soutiennent l’économie de marché (Économie de la régulation).

III- L’économiste comme conseiller politique

On demande souvent aux économistes d’expliquer la cause d’évènements économiques.


Pourquoi le chômage des jeunes est- il plus élevé que le chômage des travailleurs plus âgés?
Parfois on leur demande de recommander des politiques pour améliorer la situation
économique. Ex. Que pourrait faire le gouvernement pour augmenter le bien-être des jeunes ?
Lorsqu’ils essaient d’expliquer le monde, les économistes sont des scientifiques. Lorsqu’ils
essaient de l’améliorer, ils sont des conseillers politiques.
26
III-1 : Analyse positive et analyse normative

Pour aider à clarifier les deux rôles occupés par les économistes, nous commençons par
examiner l’utilisation du langage. Comme les scientifiques et les conseillers politiques ont des
objectifs différents, ils utilisent le langage de manière différente.
En général, les assertions (affirmations) au sujet du monde économique sont de deux types.
Le premier type est positif. Les assertions positives sont descriptives. Elles dépeignent le
monde tel qu’il est. Le second type d’assertions est normatif. Les assertions normatives sont
prescriptives. Elles dépeignent le monde tel qu’il devrait être.
Une différence clé entre les assertions positives et les assertions normatives est relative à la
façon dont nous jugeons de leur validité. Bien sûr, les points de vue positifs et normatifs
peuvent être reliés. Notre vision positive du fonctionnement du monde affecte nos visions
normatives et donc le caractère désirable des politiques économique.
Dans votre étude de l’économie, gardez à l’esprit la distinction entre des assertions positive et
des assertions normatives. Une grande part de la science économique essaie juste d’expliquer
comment fonctionne l’économie. Or, souvent, le but de cette discipline est d’améliorer le
fonctionnement de l’économie. Lorsque vous entendez des économistes émettre des points de
vue normatifs, vous savez qu’ils ont franchi la ligne qui sépare le scientifique du conseiller
politique.

III-2 : Les économistes dans les institutions gouvernementales et supra-


gouvernementales

Une vieille plaisanterie aux sujets des économistes concerne l’homme politique qui un jour a
dit qu’il aimerait employer des économistes manchots : en effet, il était las de recevoir des
conseils du genre « d’un côté… d’un autre côté ».
En Afrique, en Europe, en Amérique et plus généralement dans le monde, de nombreux
ministères publics en charge d’affaires économiques tel qu’un ministre des finances travaillent
avec de nombreux économistes qui donnent des conseils sur les mesures de politique
économique alternatives ou sur des prévisions économiques.
La plaisanterie au sujet de l’économiste manchot reflète un élément de réalité concernant la
nature du conseil économique (le bon conseil économique ne coule pas toujours de source.
Cette tendance est enracinée dans l’un des dix principes de l’économie : les individus sont
confrontés à des arbitrages). Les économistes sont conscients du fait que des arbitrages sous-
27
tendent la plupart des décisions de politique économiques. Par exemple, une politique
pourrait, d’un côté, améliorer l’efficacité mais d’un autre côté, réduire l’équité. Cela pourrait
aider les générations futures mais affecter négativement les générations présentes. On ne peut
pas faire confiance à un économiste qui affirme que toutes les décisions de politique
économique sont faciles à prendre.
On trouve également des économistes en dehors des services du gouvernement. La plupart des
banques centrales ont des départements de recherche, c’est notamment le cas de la Banque
Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Réserve fédérale américaine.
Ils sont aussi employés pour donner des avis au niveau supra-gouvernemental. Le Fonds
monétaire international, créé en 1945 pour contribuer au bon fonctionnement de l’économie
mondiale, emploie dans ses bureaux à Washington D.C. probablement le plus nombre de
docteurs en économie au monde, qui proviennent de l’essentiel des 186 pays qui le
gouvernent (soit la quasi- totalité des pays du monde).
L’influence des économistes sur la politique va au-delà de leur rôle de conseillers : leurs
recherches et leurs écrits influencent souvent la politique indirectement. Le grand économiste
anglais John Maynard Keynes nous a laissé cette observation : « Les idées des économistes
et des philosophes politiques, aussi bien quand elles sont justes que quand elles sont erronées,
sont plus puissantes qu’on ne le pense communément. En vérité, le monde n’est guère
gouverné que par elles. Les hommes pratiques, qui se croient totalement exempts d’influences
intellectuelles, sont d’ordinaire esclaves de quelque défunt économiste. Les insensés au
pouvoir, qui entendent des voix dans les airs, ne font que distiller leurs frénésies à partir de ce
qu’écrivit un scribouillard universitaire quelques années auparavant ».
Bien que ces mots aient été écrits en 1935, ils restent vrais aujourd’hui. En effet, le
« scribouillard universitaire dépassé » qui influence maintenant la politique économique est
souvent Keynes lui-même.

Le rôle des économistes est d'une part d'analyser comment la société humaine produit
ses richesses et les répartit, et d'autre part de proposer des explications et des possibilités
d'amélioration à certains dysfonctionnements économiques et sociaux. Ils peuvent aussi
réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi. Les résultats de
ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) sont parfois utilisés par
les gouvernements pour réguler l'activité économique.

L'économie a donc des liens avec la philosophie politique, et elle a un social considérable, en
particulier en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société.

28
À ce titre la responsabilité des économistes fait question : si leurs propositions sont si
importantes pour la société, doivent-ils être tenus pour responsable en cas d'échec ?
Hayek l'exprima en écrivant qu'un économiste qui n'est qu'économiste devient nuisible et peut
constituer un véritable danger.

IV- Pourquoi les économistes ne sont pas d’accord entre eux


« Si tous les économistes étaient sollicités les après les autres, ils n’arriveraient pas à une
conclusion. » Ce trait d’esprit de George Bernard Shaw est révélateur. Le groupe des
économistes est souvent critiqué parce qu’ils donnent des avis contradictoires aux décideurs
politiques. Il existe essentiellement deux raisons à cela :

 Les économistes peuvent se trouver en désaccord au sujet de la validité des différentes


théories positives qui décrivent la façon dont le monde fonctionne.

 Les économistes peuvent avoir des valeurs différentes et par conséquent des points de
vue normatifs différents concernant ce que la politique doit essayer d’accomplir.

Discutons chacune de ces raisons.

IV-1 : Les différences dans les jugements scientifiques

Il y a plusieurs siècles, les astronomes ont débattu du fait de savoir si c’était la terre ou le
soleil qui était au centre du système solaire. Plus récemment, les météorologues se sont
opposés à propos du réchauffement climatique et ses causes probables. La science est une
recherche de compréhension du monde qui nous entoure. Il n’est donc pas surprenant que la
recherche continuant, les scientifiques s’opposent sur la direction à prendre pour atteindre la
vérité.

Les économistes sont souvent en désaccord pour la même raison. L’économie est une science
jeune et il reste encore beaucoup à apprendre. Les économistes ne sont parfois pas d’accord
entre eux parce qu’ils ont des croyances différentes concernant la validité des différentes
théories ou sur le poids des paramètres importants.

Par exemple, les économistes s’opposent sur la question des impôts : doivent-ils être basés sur
le revenu du ménage ou sur sa consommation (sa dépense) ? Les défenseurs du basculement
de l’impôt sur le revenu vers la taxe sur la consommation croient que ce changement
encouragerait les ménages à épargner plus, le revenu épargné n’étant pas taxé. En retour, une
épargne plus forte conduirait à une croissance plus rapide de la productivité et des niveaux de

29
vie. Les défenseurs du système de l’impôt sur le revenu croient que l’épargne des ménages ne
réagirait pas beaucoup à une modification des lois fiscales.

Ces deux groupes d’économistes ont des points de vue normatifs différents à propos du
système d’imposition parce qu’ils ont des points de vue positifs différents concernant la
réactivité de l’épargne aux incitations fiscales.

IV-2 : Les différences dans les valeurs


Supposons que Marc et Laurent doivent puiser la même quantité d’eau dans le puits
municipale. Pour financer l’entretien du puits, la ville impose une taxe foncière (sur la
propriété) à ses résidents. Marc vit dans une grande maison qui coûte deux millions d’euro et
il paie une taxe foncière de 10.000 euro par an. Laurent possède une toute petite maison qui
vaut 20.000 euros et il payer une taxe foncière de 1000 euros par an.

Cette politique est-elle juste? Sinon, qui paie trop et paie trop peu? Ne serait-il pas mieux de
remplacer la taxe basée sur la valeur de la propriété par une imposition unique liée au lieu de
résidence (un impôt local) en échange de l’utilisation du puits. Et pourquoi ne pas remplacer
la taxe sur la propriété non pas par un impôt local mais par un impôt sur le revenu?

Ce sont des questions difficiles qui ont de fortes chances de susciter des désaccords. Si la ville
embauchait deux experts pour étudier comment elle devrait taxer ses résidents qui font usage
du puits, il ne serait pas surprenant que ces experts émettent des avis opposés.

Cet exemple simple montre pourquoi les économistes sont parfois en désaccord au sujet de la
politique publique. Les économistes donnent parfois des conseils contradictoires parce qu’ils
ont des valeurs différentes. Perfectionner la science de l’économie ne nous dira pas qui de
Marc ou de Laurent paie trop.

IV-3 : La perception et la réalité

A cause des différences dans les jugements scientifiques et des différences dans les valeurs,
des désaccords entre économistes restent inévitables. Il ne faut cependant pas surestimer
l’étendue du désaccord. Dans de nombreux cas, les économistes offrent une vue unifiée.

IV-4 : Les économistes en tant que décideurs

30
On pourrait dire que l’économie est la science de la décision. La manière dont les économistes
traitent de la prise de décision est très spécifique. Ils essaient généralement d’identifier le
problème ou la question se rapportant à la décision à prendre; par exemple, est-ce que la
réduction des émissions de gaz à effet de serre sera efficace ou bien est-ce que cela a du sens
de parcourir 50 kilomètres pour bénéficier d’un bon de 50 euros dans un magasin particulier?
L’étape qui suit consiste à examiner les coûts et avantages liés à une telle décision. Il ne
s’agit pas seulement de données individuelles mais de données plus globales qui intègrent les
coûts et les avantages des tiers qui ne sont pas directement impliqués dans la décision.
Après avoir identifié les coûts et les avantages, l’économiste leur confère une valeur de façon
à pouvoir prendre une décision. Dans certains cas, l’évaluation des coûts et avantages peut
être aisée, d’autres cas l’évaluation est beaucoup plus difficile comme le désagrément visuel
d’une personne habitant près d’une éolienne ou pour la valeur liée à une catastrophe nucléaire.
Une fois que la somme des coûts et des avantages est calculée, la décision devient plus
simple. Si le coût dépasse l’avantage, il ne s’agit pas d’une sage décision et l’action ne doit
pas être entreprise mais, dans la situation inverse, la décision a du sens et doit être prise. Les
décideurs politiques doivent néanmoins évaluer l’ampleur de l’écart entre les coûts et les
avantages.

CHAPITRE IV L'activité économique


I- Les fonctions économiques
A- La production

Elle correspond à la création de nouveaux Biens et Services


· elle est marchande ou non marchande
· elle a plusieurs destinations : consommation intermédiaire, consommation finale,
consommation publique, investissement, exportation

B- La répartition

Ces opérations de répartition décrivent la répartition du revenu directement lié à la

production entre les différentes unités institutionnelles

C- La consommation
31
La consommation est la disparition lente ou instantanée, par destruction ou transformation,
des biens ou services utilisés.

II- Les acteurs de la vie économique

La science économique désigne sous le terme d'agent tout individu ou collectivité considéré
comme un centre de décision économique. La classification économique des agents est
d'abord institutionnelle. Elle distingue cinq grands groupes d'agents : ménages, entreprises,
institutions financières, administrations publiques et le Reste du monde mais ces agents sont
surtout caractérisés par l'exercice d'une fonction principale.

A) LES ENTREPRISES :

a) Qu'est-ce qu'une entreprise ?

1°) Objectifs et fonctionnement de l'entreprise :

L'entreprise est une unité économique autonome dont l'activité consiste à produire des biens et
services pour les vendre sur un marché (production marchande) afin de réaliser un profit. Les
entreprises recherchent le coût de production le moins élevé. Pour produire, elles doivent
combiner des facteurs de production : du capital (des machines, des locaux, du matériel) et du
travail (les hommes). L'entreprise évolue sur un marché, où elle doit à la fois s'adapter à la
demande des acheteurs et faire face à la concurrence des autres producteurs.

2°) La diversité des entreprises :

Les entreprises ont de dimension variables : on trouve des entreprises individuelles (sans
salariés), les très petites entreprises (1 à 9 salariés), les PME (de 10 à 499 salariés) et enfin les
grandes entreprises de plus de 500 salariés.

Les entreprises relèvent aussi bien du secteur primaire (entreprises agricoles), du secteur
secondaire (entreprises industrielles) et du secteur tertiaire (entreprises de service).

Leur statut juridique est également variable :

 Les entreprises individuelles: un propriétaire unique assume seul les risques de


l'entreprise et a donc dans la plupart des cas une responsabilité illimitée : il est
responsable des dettes de l'entreprise sur ses biens propres.
 Les sociétés sont constituées par l'association de plusieurs personnes qui apportent des
capitaux. Il peut s'agir de sociétés anonymes (le capital de l'entreprise est subdivisé en
actions) ou de SARL (entreprises de taille moyenne).

b) La principale fonction de l'entreprise:

Les entreprises produisent des biens et des services (marchands) en utilisant des
consommations intermédiaires.

32
 B) LES MENAGES :

a) Qu'est-ce qu'un ménage ?

On appelle ménage l'ensemble des occupants d'une même résidence qu'ils aient ou non des
liens de parenté ; cette notion ne se confond pas avec celle de famille : un ménage peut ne
comprendre qu'une seule personne ou rassembler une collectivité (moines, militaires…).

b) Les ménages perçoivent des revenus, épargnent et consomment :

Les ménages perçoivent des revenus en contrepartie de leur participation à la vie économique
(revenus primaires) et des revenus sociaux (revenus de transfert) liés à des transferts de
solidarité (retraites, indemnités de chômage…). Après le paiement des impôts sur le revenu,
leur revenu disponible est affecté à la consommation ou / et à l'épargne.

La fonction principale des ménages est la consommation. Mais ils peuvent investir quand ils
acquièrent un logement.

 C) L'ETAT ET LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES :

L'Etat a pris de plus en plus d'importance dans les économies contemporaines, pour répondre
aux besoins non solvables que les entreprises privées ne satisfont pas et pour tenter de réguler
le fonctionnement global de l'économie de marché, qui, laissée à elle-même, engendre des
déséquilibres.
L'intervention de l'Etat est très diversifiée : il assure une mission de services publics à travers
l'action d'entreprises publiques ; il soutient indirectement par des subventions ou des aides
diverses des activités privées ou associations. Il distribue des aides aux ménages sous la forme
de prestations sociales.

Elles produisent principalement des services non payants (ou presque) pour la collectivité.

 D) LES INSTITUTIONS FINANCIERES :

Les institutions financières (banques et autres institutions de crédit) collectent l'épargne et


fournissent des crédits aux autres agents.

Elles prêtent de l’argent aux autres agents afin de :

- consommer plus (pour les ménages)

- financer des investissements pour qu’elles se développent (pour les entreprises)

Elles permettent de mettre en relation les agents ayant des besoins de financements (souvent
les entreprises) et ceux ayant des capacités de financement (souvent les ménages).

 E) LE RESTE DU MONDE:

Cette expression désigne tous les agents économiques situés hors du pays importent /
exportent des biens, des services ou des capitaux. Considérons maintenant une économie
ouverte. Les transactions effectuées avec l’extérieur sont soit des exportations, soit des
importations.
Les exportations (X) sont des biens produits à l’intérieur du pays mais vendus à l’étranger.
33
Les importations (M) sont des biens produits à l’étranger mais achetés en vue d’une
utilisation dans l’économie nationale.

III- Les grands systèmes économiques

Toutes les sociétés font face au problème de la rareté. Mais elles diffèrent néanmoins
considérablement dans la façon de l’aborder. Le degré d’intervention de l’Etat dans
l’économie, notamment, constitue l’une des principales différences entre les pays.

A- Le système capitaliste

Le mot capitalisme est inventé par Karl Marx au milieu du XIXe siècle. L'économie de
marché est un système économique capitaliste qui s'organise autour du marché, c'est-à-dire
repose principalement sur la loi de l'offre et de la demande pour réguler les activités
économiques. Il repose sur deux éléments fondamentaux : la libre entreprise et la propriété
privée. Dans une telle économie, les individus sont libres de leurs décisions, de même les
entreprises décident librement de ce qu’elles vendent et méthodes de production utilisées. Son
fonctionnement se fonde exclusivement sur le mécanisme des prix, ce dernier agissant à la
fois comme un signal et comme une incitation.

B- Le système socialiste ou l’économie dirigée

L’économie dirigée se trouve généralement associée à un système socialiste ou communiste,


caractérisée par la propriété collective de la terre et du capital. L’Etat planifie sur trois
niveaux l’affectation des ressources :
 il opère un arbitrage entre la consommation actuelle et l’investissement futur ;
 au niveau microéconomique, il planifie le rendement de chaque secteur d’activité,
chaque entreprise, les méthodes de production utilisées et les ressources nécessaires.
 il planifie la répartition de la production entre les consommateurs, en fonction des
objectifs du gouvernement.

C- L'économie mixte

Compte tenu des problèmes associés tant à l’économie de marché qu’à l’économie dirigée,
toutes les économies mondiales mêlent en réalité les deux systèmes.
Dans une économie de marché mixte, l’Etat peut agir sur :
34
 Le prix relatif des biens et celui des facteurs de production par le biais des taxes ou
des subventions, ou en exerçant un contrôle direct.
 Les revenus relatifs des individus par le biais de l’impôt sur le revenu, des
prestations sociales, ou d’un contrôle direct des salaires, des bénéfices, des loyers, etc.
 Les schémas de production et de consommation, par le recours à la loi (prohibant
par exemple la commercialisation de produits dangereux), l’offre directe de biens et
services, les taxes et les subventions...
 Les problèmes macroéconomiques du chômage, de l’inflation, par le biais de divers
instruments : la fiscalité ou la dépense publique, le contrôle des prêts bancaires et des
taux d’intérêt...

CHAPITRE V: NOTION ET ANALYSE DE MARCHE

I - Notion et différents types de marchés

La notion de marché renvoie à un lieu de rencontre abstrait ou physique entre les offres des
vendeurs et les demandes des acheteurs qui s’ajustent à un niveau de prix. L’offre et la
demande y sont donc confrontées afin de réaliser un échange de service, de produit ou de
capitaux.
Toutefois, les marchés des différents produits ne se ressemblent pas forcement. Ils dépendent
notamment du nombre d’acheteurs et de vendeurs. Et les différences entre les structures de
ces marchés induisent les comportements économiques différents. De même, les types de
marchés sont définis en fonction notamment du nombre d’acheteurs et de vendeurs.

Offre Un vendeur Quelques vendeurs De nombreux


Demande vendeurs
Monopole Monopole contrarié Monopsone
Un acheteur Bilatéral
Monopole Oligopole Oligopsone
Quelques acheteurs Contrarié Bilatéral
De nombreux Monopole Oligopole Concurrence pure
acheteurs Et parfaite (CPP)

35
NB: Les notions d’offre et de demande que nous étudions dans ce chapitre sont celles sur un
marché de concurrence pure et parfaite (CPP).
Les caractéristiques d’un tel marché reposent sur quatre (4) hypothèses fondamentales:
- La transparence du marché : toutes les informations significatives sont supposées
connues de tous. Les entreprises et les consommateurs ont tous des informations
nécessaires pour prendre des décisions économiques correctes.
- L’atomicité du marché : le grand nombre d’acheteurs et de vendeurs sur ce marché
implique qu’aucun de ces agents n’a assez de pouvoir pour influencer à lui seul le prix
du marché. On dit que ces différents agents économiques sont des « Price taker » ou
preneurs de prix.
- L’homogénéité du produit : toutes les entreprises dans l’industrie produisent un bien
identique aux yeux du consommateur.
- La mobilité parfaite des ressources entre les industries : Il n’y a pas de barrières à
l’entrée et à la sortie du marché.

II- Notion d’offre et de demande

A- Notion d’offre

L’offre par définition, représente le volume de biens et services mis à la disposition du


marché dans le sens de la commercialisation. A ce niveau, on distingue les notions d’offre de
court terme, de long terme, d’offre individuelle (de l’entreprise) et d’offre collective (de la
branche).
L’Offre de bien par les producteurs (la quantité qu’ils sont disposés à vendre) est influencée
par :
 le prix du bien
 leurs coûts de production (salaire des employés, loyer, prix des matières premières)
 les équipements utilisés
 les perspectives de profits
 le contexte économique
 ...

36
* L’offre individuelle représente les quantités de biens et services qu’une entreprise, qu’un
producteur est susceptible de vendre pour différents niveaux de prix pendant une période
donnée.

Elle indique la quantité de biens qu’un producteur est prêt à mettre sur le marché pour un prix
donné (toute chose égale par ailleurs). Elle se caractérise par une fonction par fonction de prix
Q S  Q S P 
Dans le cas général, la fonction d’offre est présentée de façon linéaire, l’équation de la droite
qui est supposée la représenter étant de type : P = a + bQo

Prix 0 1 2 3 4 5 6 7
Qté (Offerte) 0 60 80 100 110 140 160 200

NB : Outre le prix elle dépend des coûts de facteurs de production. On constate aussi qu’au
fur et à mesure que le prix augmente la quantité offerte augmente. On en déduit alors que
l’offre est une
P fonction croissante du prix. Graphiquement on a :
(Prix du bien)

Offre
individuelle

Q= f(Px)

Quantité (Q)
Fonction d’offre individuelle

La courbe d’offre individuelle est une fonction croissante du prix car lorsque le prix du bien
augmente, les entreprises trouvent plus rentable de produire et de vendre beaucoup plus.
Toutefois, certains facteurs peuvent influencer l’offre individuelle notamment les prix des
facteurs de production ainsi que l’état de la technologie.

37
* L’offre de la branche ou du marché
Prix
(P) O1

O2 Offre Globale
P2

P1

O Q11 Q12 Q21 Q1n Q22 Q2n Q (Quantité)

L’offre de marché est la somme horizontale des différentes offres individuelles.


*La loi de l’offre
Selon la loi de l’offre, les quantités des produits augmentent avec le prix pour une technologie
donnée. On en déduit que l’offre est une fonction croissante du prix.
Toutefois, cette règle peut ne pas être respectée pour certains produits tels que les produits
agricoles, les matières premières, etc. Pour ces produits, une diminution des prix peut
entraîner une augmentation des quantités offertes afin de prévenir ou de préserver un revenu
minimum.

 Déplacement de la courbe
- Il est essentiel de bien distinguer entre déplacement
 le long de la courbe (le prix p varie)
 de la courbe (un autre déterminant varie)

38
a) Déplacement de la courbe lorsque le prix varie

Prix
Courbe d’offre
P2 B
A
P1

Quantité
0 Q2
Q1

b) Déplacement de la courbe lorsqu’un autre déterminant varie


Prix
O1
O2

A B
P

0 Quantité
Q1 Q2

Tableau de synthèse: Impact d’une variation des déterminants de l’offre


Variation
Déterminant Effet sur la Demande Corrélation
Prix Mouvement le long de la courbe +
Coût des facteurs de production Déplacement de la courbe
-
Progrès technique Déplacement de la courbe +
Nombre de vendeur Déplacement de la courbe +
Contexte économique Déplacement de la courbe 

39
B - Notion de demande (Demande individuelle, demande collective et loi de la demande).

On doit celle-ci à Augustin COURNOT (1838). On peut la formuler ainsi : la demande d'un
produit est une fonction décroissante du prix de ce produit. " Une denrée est ordinairement
d'autant plus demandée qu'elle est moins chère.

Elle indique la quantité de biens qu’un consommateur souhaite acquérir pour tout prix de ce
bien (toute chose égale par ailleurs). Elle se caractérise par une fonction de prix :

Q D  Q D P 

NB : Outre le prix elle est déterminée par les revenus du consommateur, des prix des autres
biens substituts ou compléments, les goûts du consommateur.

Prix 0 1 2 3 4 5 6 7
Qté (Ddée) 200 150 140 90 80 70 50 30

On constate qu’au fur et à mesure que le prix du bien augmente la quantité demandée
diminue. On en déduit alors que la demande est une fonction décroissante du prix.

Dans le cas général, la fonction de demande est présentée de façon linéaire, l’équation de la
droite qui est supposée la représenter étant de type : P = a - bQD

La Demande de bien des consommateurs (la quantité qu’ils sont disposés à acheter) est
influencée par différents déterminants :
· prix du bien
· revenu des consommateurs
· prix des biens comparables
· goût et qualité
· contexte (ex : climat, ...)

Courbe de demande
40
*Demande individuelle : Elle retrace les quantités achetées ou susceptibles d’être achetées
en fonction de la variation du prix du bien considéré dans le temps et dans l’espace.

Prix
(P)

P1

P2
D= f(Px)
P3 Demande individuelle

Q1 Q2 Q3 Q

La courbe de demande indique que la demande est une fonction décroissante du prix. Lorsque
le prix du bien augmente, le consommateur a tendance à délaisser le bien en question pour
acheter les biens de substitution. Et lorsque le prix du bien baisse, il a tendance à acheter plus
de quantité de ce bien sous l’hypothèse de la constance de son revenu. Toutefois, la demande
d’un bien en plus du prix de ce bien, peut dépendre aussi des prix des autres biens ainsi que
du revenu Dx  f ( Px, Py, R) .

*Demande collective ou demande de marché

La demande de marché ou demande agrégée est la somme horizontale des demandes


individuelles pour un bien donné. Cette demande dépend non seulement du prix du bien en
question mais aussi du prix des autres biens, les revenus des agents ainsi que des goûts et
préférences des consommateurs.
Elle correspond à la somme des demandes individuelles des différents consommateurs. Pour
les besoins de la cause, on résumera cette demande comme étant la relation entre la quantité
demandée sur le marché et le prix du bien sous l’hypothèse que les autres facteurs restent
constants; (Toute chose égale par ailleurs).

41
*La loi de la demande

La relation entre le prix et la quantité demandée est telle qu’une augmentation du prix entraîne
une diminution des quantités demandées pour un revenu donné; et inversement, une
diminution du prix entraîne une augmentation des quantités demandées. Il s’agit là de la loi de
la demande. Toutefois, elle fait exception à certains effets notamment :
- effet giffen
- effet de snobisme
- effet d’imitation
- effet d’anticipation
Ces effets montrent que les quantités demandées de certains biens peuvent augmenter avec
une hausse et baisser avec une chute des prix.

 Modification de la demande

Il est essentiel de bien distinguer entre déplacement


 le long de la courbe (le prix p varie)
 de la courbe (un autre déterminant varie)
Dans le cas d’un déplacement de la courbe, on parle de corrélation
 positive si, à prix donné, la D varie dans le même sens que le déterminant
considéré (ex : si le revenu des acheteurs -, alors la Demande du bien -)
 négative si, à prix donné, la D varie dans le sens opposé que le déterminant
considéré (ex : si la préférence pour un autre bien -, alors la Demande du bien
considéré -)
 indéterminée, si à prix donné, la variation du déterminant considéré peut faire
varier la Demande dans les 2 sens

(a) Déplacement le long de la courbe

Commentaire : si le prix baisse, les


autres déterminants de la demande du
bien (goût, climat,...) demeurant
inchangés, la demande du bien des
consommateurs augmente. Par ex, si le
prix passe de 2 à 1,5$/unité du bien, la
demande passe de 7 à 10. MAIS LA
COURBE DE DEMANDE NE BOUGE
PAS !

42
(b) Déplacement de la courbe

Commentaire : Il fait plus chaud. La


courbe de demande se déplace vers la
droite traduisant le fait que, à un prix
donné, la demande de bien des
consommateurs augmente (par ex, au prix
de 2 $/unité du bien, la demande passe de
7 à 11). LA COURBE DE DEMANDE
BOUGE !

Exemple

Tableau de synthèse: Impact d’une variation des déterminants de la demande


Variation
Déterminant Effet sur la Demande Corrélation
Prix Mouvement le long de la courbe -
Revenu Déplacement de la courbe +
Prix produit comparable Déplacement de la courbe +
Préférence pour produit concurrent Déplacement de la courbe -
Contexte économique Déplacement de la courbe 
Nombre d’acheteurs Déplacement de la courbe +

C- L’équilibre du marché

L’équilibre du marché s’obtient au point d’intersection entre la courbe d’offre et de demande.


C’est le lieu où la demande de marché est égale à l’offre de marché.

43
P (Prix)
Excès d’offre OM

P1.................................................................................
PE - - - - - - - - - - - - - -- ------- E
P2…………………………………….

Excès de demande DM

Q20 Q1D QE Q10 Q2D Q (Quantité du bien)


Équilibre du marché

Au prix P1 : Q10 Q1D  Excès d’offre


Au prix P2 : Q2D Q2O  Excès de demande
Au prix PE : QE0= QED  Offre = demande
 Une variation de la demande entraîne un déplacement de la courbe de
demande elle- même et cette variation peut être due à un changement dans
le revenu, à des variations dans le prix des autres biens.
 De même, une variation de la courbe d’offre s’observe à la suite d’une
variation des facteurs qui influencent l’offre autre que le prix du bien
considéré : Les prix des facteurs de production, la technologie.

*PP00000000

O1M
O2M

PE1……………………………. E1
PE2………………………………….. E2

D1M D2M

0 Q
Changement dans l’équilibre du marché
44
CHAPITRE VI: Les fonctions de l’Etat dans l’économie

I. Qu’est-ce que l’État ?

Une économie s’inscrit dans le cadre d’un Etat ou d’un ensemble d’Etats (ex : l’économie
ivoirienne, l’économie de l’UEMOA, l’économie de la CEDEAO, l’économie africaine).
En économie, il existe deux façons d’appréhender la notion d’État. Dans une approche
restrictive, on ne retient l’Etat au sens des pouvoirs publics, les administrations centrales (les
ministères en charge de la gestion du pays). Une autre approche, l’État au sens large (nation),
consiste à considérer que l’État regroupe les administrations centrales ainsi que les
administrations publiques locales (régions, départements, communes) et les organismes de
Sécurité sociale (prélèvements de cotisations sociales et versement de prestations sociales).
L’homme vit en société d’où la nécessité, d’établir des règles communes et une autorité pour
les faire respecter.
Ces règles concernent aussi l’économie !
L’analyse dans ce chapitre se limitera au rôle économique de l’Etat (au sens pouvoirs
publics).

II- Les grandes fonctions de l’État

Dans sa conception moderne, on reconnaît généralement trois grandes fonctions à l’État, qui
sont :

– la fonction de production : l’État est producteur des services publics et de biens marchands à
travers les entreprises publiques ;

– la fonction de redistribution : l’État réalloue les richesses plus équitablement entre les
individus ;

– la fonction de régulation et de réglementation : l’État intervient pour stabiliser l’activité


économique.

A- L’État producteur

45
Dans certains cas, le marché ne permet pas de satisfaire des besoins essentiels. Les services
publics doivent permettre une meilleure utilisation des ressources humaines et matérielles.
Dans ce cas :
 l’Etat est producteur de B&S non marchands. Ex : éclairage public, gestion des
immondices, · gestion des infrastructures (route, chemin de fer, aéroport, eau,
électricité,…)
 du fait de ses nombreuses fonctions, l’Etat est un très gros employeur (administration,
armée, enseignement, police, santé,…)
 l’Etat assure également les investissements publics, en particulier ceux qui contribuent
au développement des infrastructures (ex : routes, chemin de fer, aéroports,…)
 l’Etat est aussi actionnaire des entreprises publiques.
Une entreprise publique est une société dont le capital ou la majorité du capital appartient à
l’État (au sens large).

B- L’État redistributeur

Avec la redistribution, l’État recherche l’égalité des citoyens pour ce qui concerne certaines
richesses matérielles. Les diverses administrations publiques modifient la répartition des
revenus primaires en prélevant des impôts et des cotisations sociales et en distribuant des
prestations sociales. Il s’agit de réallouer les ressources plus équitablement entre les individus.
Pour assurer ses différentes fonctions, l’Etat doit disposer de moyens financiers.
Pour ce faire, l’Etat prélève
 les impôts, qualifiés de
- directs s’ils portent sur les revenus (ex : impôt sur les personnes physiques)
- indirects s’ils portent sur les échanges (ex : TVA, accises sur les importations)
- les cotisations sociales (payées par les employés et les employeurs)
 les fonctions de l’Etat impliquent des dépenses. Très schématiquement, celles-ci
comprennent les :
- les transferts aux ménages et aux entreprises. Ex : les subventions à la production, dans le
cadre de la sécurité sociale : allocations familiales, chômage, pension, soins de santé,
subsides aux entreprises en matière de recherche.
- traitements des fonctionnaires qui produisent les Biens et Services publics (ex : en matière
de santé et d’enseignement)
Les transferts ne résultent pas d’une contribution à la production et sont par nature
sans contrepartie !
46
C- L’État régulateur

L’économie de marché, sans contrôle, risque de subir des fluctuations des prix et de l’emploi
plus ou moins importantes, à court terme comme à long terme. Le marché livré à lui-même
peut engendrer des crises. L’État doit donc, par une action stabilisatrice, intervenir pour
atténuer les fluctuations. Cette fonction régulatrice a pour objectif de maintenir un niveau
d’emploi élevé et la stabilité des prix.
 Maintien de l’ordre
- la justice tranche les différends entre agents économiques (contrats non remplis, faillites,…)
- la police assure l’ordre public, au besoin par la force
- l’Etat assure aussi la défense contre les menaces extérieures (ex : militaires,
environnementales). Cette défense peut se faire via
· la signature d’accords internationaux (ex : OTAN pour la défense militaire, Protocole de
Kyoto pour la lutte contre les changements climatiques)
· la constitution d’une armée
· limites aux importations (ex : dans le cadre de la crise de la vache folle, de la grippe
aviaire...)

 Réglementation des marchés

- surveillance de la concurrence (ex : interdiction des ententes entre producteurs visant à


augmenter les prix)
- fixation de prix maxima (en particulier pour les Biens et Services de première nécessité) ou
minima (ex : SMIC)
- fixation de normes de qualité et de sécurité (ex : jouets), sanitaires (ex : alimentation),
environnementales (ex : pour diminuer les pollutions des entreprises et des véhicules)
 Garant de la monnaie

D- Les Politiques économiques

Pour assurer son rôle dans l’économie, l’État mène une politique économique qui se compose
de la politique structurelle, de long terme, qui vise à changer la façon dont fonctionne

47
l’économie, et de la politique conjoncturelle, de court terme, qui a pour but de corriger les
déséquilibres temporaires (inflation, chômage, croissance économique, échanges extérieurs).
- il s’agit des politiques en vue d’améliorer le fonctionnement de l’économie
- Exemple de mesures de politiques économiques :
· lutte contre le chômage des jeunes : diminution des cotisations sociales employeurs
afin de diminuer le coût d’embauche des jeunes et d’augmenter leur emploi
· lutte contre l’inflation : blocage des salaires, contrôle de la quantité de monnaie en
circulation
· lutte contre le ralentissement économique : stimuler l’activité des entreprises en augmentant
les commandes de l’Etat ou en diminuant leurs charges (impôts ou cotisations sociales)
- autres interventions de l’Etat en vue d’améliorer le fonctionnement de l’économie : subsides
à la recherche, reconversion économique de régions en difficulté, développement de zones
industrielles,…

Éléments de Bibliographie
 Bernard Guerrien, 1991, L'économie néo-classique, La Découverte.
 Friedman, M., « Prix et Théorie Economique », tendance actuelle/ Economica, Paris,
1983
 Gilles Rotillon, 1996, Introduction à la microéconomie, La Découverte.
 H. Varian, "Introduction à la microéconomie", 5°édition, De Boeck Université
(traduiction de la 6° édition américaine).
 Jeffrey Perloff, 2003, Microeconomics third edition, Pearson
 Cahiers Français n°327, 2005, La microéconomie en pratique, La documentation
française.
 JOHN Sloman et ALISON Wride (2011) : « Principes d’économie » 7ème édition
Pearson Education, France Paris
 Pierre-Noël Giraud (2008), Initiation à l’économie Cours, ECOLE DES MINES DE
PARIS 60 boulevard Saint Michel
 Mankiw N. Gregory (1998). « Principes de l’économie », Economica, Paris.

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