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La Comptabilité des

établissements de
crédit
Pr. Abdelmoumen BERJAOUI
Ch1. Caractéristiques de la comptabilité des établissements de crédit

Depuis 1982, les banques marocaines étaient tenues d'appliquer le Plan Comptable Bancaire
(PCB) institué par l'instruction du Gouverneur de Bank Al-Maghrib du 30 décembre 1981,
relative au règlement comptable bancaire. C'est à cette date, que pour la 1ère fois une
normalisation comptable a mis fin à l'hétérogénéité des plans de comptes utilisés par les
différentes banques.

Le PCB, qui a pu répondre aux besoins d'informations des banques et de la Banque Centrale,
a connu ces dernières années des limites suite notamment à :

- la promulgation de nouveaux textes législatifs et réglementaires, modifiant


l'environnement juridique et économique dans lequel opèrent les établissements de
crédit ;
- la déréglementation des conditions dans lesquelles les banques gèrent et emploient
leurs ressources et l'apparition de nouveaux produits bancaires et financiers ;
- l'évolution des normes comptables vers une harmonisation sur le plan international, et
la nécessité de répondre dans des délais de plus en plus courts aux besoins
d'informations financières exigées par les utilisateurs.

Fruit d'une réflexion et d'une volonté commune ainsi que d'un travail engagé, le Plan
Comptable des Etablissements de Crédit (PCEC) qui a remplacé le PCB est l'une des pierres
angulaires de l'ensemble des réformes qui visent à la modernisation du système financier
marocain.

En tant que plan comptable sectoriel, le PCEC complète le dispositif comptable général
instauré par la Loi n° 9/88 relative aux obligations comptables des commerçants et le Code
Général de Normalisation Comptable (CGNC), en offrant aux établissements de crédit un
référentiel totalement adapté non seulement à leurs activités actuelles mais également aux
nouveaux métiers.

Conformément à l'un des objectifs qui lui avait été assigné, il permet également au système
bancaire marocain de se mettre au niveau des meilleures pratiques observées au plan
international, tout en respectant les spécificités nationales et le cadre général conçu par les
textes législatifs et réglementaires.

Le PCEC a, d’autre part, pour ambition de constituer le socle d'un véritable système
d'information pour les établissements de crédit, permettant entre autres à leurs dirigeants
d'apprécier la rentabilité des opérations suivant des axes multiples (métiers, produits,
segments de clientèle, etc...), d'en mesurer les risques associés et d'en assurer une gestion
efficiente.
Enfin, il donne aux autorités de contrôle les moyens nécessaires pour une surveillance
prudentielle performante de l'activité des établissements de crédit et des risques qu’ils
encourent.

Pour les établissements de crédit, la mise en œuvre de ce nouveau dispositif ne représente pas
seulement une réforme réglementaire impliquant uniquement la comptabilité mais elle
concerne le système d'information dans son ensemble, vu la nature et la diversité des types
d'informations traitées.
La réforme comporte ainsi deux volets : la réforme comptable stricto sensu qui découle
notamment de l'obligation d'adapter le PCB à la loi n° 9/88 relative aux obligations
comptables des commerçants et de la "loi bancaire" du 6 juillet 1993, et la révision du
système de collecte des informations destinées à Bank Al-Maghrib dans le cadre des
attributions de contrôle des établissements de crédit qui lui sont dévolues par ses statuts et par
la loi bancaire notamment ses articles 36 et 46.

La réforme comptable s'appuie essentiellement sur la loi n° 9/88 dont le champ d'application
s'étend à l'ensemble des sociétés commerciales quelle que soit la nature de leur activité.
Néanmoins, si les objectifs de cette loi sont de présenter un cadre général de normalisation
comptable et d'instituer un langage comptable commun à l'ensemble des entités économiques
quelle que soit leur spécificité, elle ouvre la possibilité à certaines branches d'activité, telles
que celles des compagnies d'assurances et des établissements de crédit, de se doter de plans
comptables sectoriels. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison que la "loi bancaire" du 6 juillet
1993, tout en soumettant les établissements de crédit aux dispositions de la loi n° 9/88,
apporte les adaptations nécessaires puisque selon son article 33 : «Les établissements de crédit
sont tenus de respecter les dispositions législatives afférentes aux obligations comptables des
commerçants, sous réserve des dérogations ci-après :

- le cadre comptable et le modèle des états de synthèse qui comprennent le bilan, le


compte des résultats, l'état des soldes de gestion, le tableau de financement et l'état des
informations complémentaires, sont fixés par arrêté du Ministre des finances, sur
proposition de Bank Al-Maghrib ;
- la liste et les modalités de fonctionnement des comptes permettant l'établissement des
états de synthèse susvisés sont déterminées par Bank Al-Maghrib ;
- les arrêtés prévus au présent article sont pris après avis du Conseil National de la
Comptabilité».

En application de ces dispositions, le Ministre des Finances et de l'Economie a pris, après


avis du CNC, un arrêté daté du 23 août 1999 (1) qui stipule que : "Le cadre comptable et le
modèle des états de synthèse qui comprennent le bilan, le compte des résultats, l'état des
soldes de gestion, le tableau de financement et l'état des informations complémentaires sont
fixés conformément au document, annexé à l'original du présent arrêté, dénommé plan
comptable des établissements de crédit. Les dispositions du présent arrêté entreront en vigueur
à compter du premier exercice ouvert après sa publication au Bulletin officiel." D’autre part,
une circulaire du Gouverneur de Bank Al-Maghrib datée du 3 décembre 1999 précise que les
établissements de crédit doivent tenir leur comptabilité conformément aux prescriptions du
PCEC et ce à partir du 1er janvier 2000 et que ce plan comprend :

- les dispositions générales à caractère légal et réglementaire relatives aux normes


comptables et d’évaluation ;
- les dispositions fixant les règles comptables et d’évaluation spécifiques aux
établissements de crédit ;
- le cadre comptable ;
- la liste et les modalités de fonctionnement des comptes permettant l’établissement des
états de synthèse ;
- les dispositions relatives aux états de synthèse individuels ;
- les dispositions relatives aux états de synthèse consolidés ;
- les dispositions relatives aux attributs d’identification des opérations des
établissements de crédit ;
- des schémas comptables afférents à ces opérations.

1. Dispositions générales

Ce qu’on peut retenir des dispositions générales concerne notamment l'évaluation des
éléments de l'actif et du passif et de l'hors bilan. En effet leur évaluation se fait sur la base des
dispositions spécifiques aux établissements de crédit pour les opérations en devises, les titres
de transaction et d'investissement et les produits dérivés. En ce qui concerne les autres
éléments, l’évaluation doit se faire sur la base des principes comptables généraux, ces
principes étant étroitement dépendants des principes comptables fondamentaux, notamment
les principes de continuité d'exploitation, de prudence et du coût historique.

2. Dispositions particulières

Vu la spécificité des opérations bancaires, qui se rapportent le plus souvent à des instruments
financiers, les établissements de crédit ont besoin, pour la comptabilisation et l'évaluation de
certaines opérations, de dispositions particulières dérogeant à certains principes généraux. Le
chapitre 2 du PCEC expose, dans cinq sections, les règles comptables et d'évaluation
applicables aux opérations portant sur : les titres, les cessions d'éléments d'actif, les devises,
les produits dérivés et le crédit-bail. Ces dispositions, qui dérogent aux principes généraux,
tout en étant conformes aux normes internationales, tiennent compte des spécificités du
contexte juridique et économique du Maroc. Parmi ces normes, il y a lieu de citer la
comptabilité d'intention et l'évaluation de certains instruments financiers à leur valeur de
marché appelée, dans le PCEC, valeur actuelle, conformément au code général de la
normalisation comptable. La comptabilité d'intention consiste à enregistrer des instruments
financiers en fonction du but que vise l'établissement par la détention de ces instruments.
Ainsi les titres acquis sont comptabilisés en titres de transaction ou dans une autre catégorie
de titres selon que l'établissement a l'intention de les céder après une très courte durée
(inférieure à 6 mois) ou non. De même, certains produits dérivés sont comptabilisés
différemment selon qu'ils sont détenus pour maintenir une position ouverte, servir de
couverture spécifique ou couvrir et gérer le risque global de taux. La comptabilisation des
instruments dans un portefeuille de transaction implique leur évaluation à la valeur de marché
et l'enregistrement des plus ou moins-values latentes qui en résultent dans le compte de
produits et charges. Toutefois, l’utilisation de cette méthode n’est autorisée que dans les cas
où ces instruments peuvent être négociés sur un marché dont la liquidité est assurée.

3. Les états de synthèse

Le chapitre 3 du PCEC est consacré aux états de synthèse qui, à l'instar de ce qui est prévu
par le C.G.N.C., comprennent le bilan, le compte de produits et charges (CPC) (appelé
compte des résultats dans la loi bancaire), l'état des soldes de gestion (ESG), le tableau de
financement et l'état des informations complémentaires (ETIC).

Le bilan comprend, outre l'actif et le passif, le hors bilan qui enregistre les engagements par
signature donnés et reçus (voir ci-après). Le CPC présente, dans un document unique et sous
forme de liste, les produits et les charges, par nature, tout en mettant en évidence quatre
niveaux de résultats communs à l'ensemble des établissements de crédit, à savoir : le produit
net bancaire, le résultat courant, le résultat avant impôts et le résultat net de l'exercice.
4. Cadre comptable et liste des comptes

Le chapitre 5 du PCEC est réservé au cadre comptable, à la liste des comptes et aux modalités
de fonctionnement de ces comptes. Ce chapitre comporte des fiches individuelles par comptes
ou groupes de comptes qui donnent la définition du contenu des comptes et les écritures
comptables types ainsi que des schémas comptables par types d’opérations.

Le plan de comptes couvre l'ensemble des opérations susceptibles d'être effectuées par les
établissements de crédit de manière générale, étant entendu que tout établissement ne peut
pratiquer que les opérations entrant dans le cadre de l'activité pour laquelle il a été agréé.

Ainsi, le PCEC traite des opérations comme le crédit-bail, l'affacturage et les cessions
temporaires d'actifs qui n'étaient pas couvertes par le PCB de 1982, ou des opérations, telles
que la titrisation et les produits dérivés.

L'ensemble des opérations traitées sont réparties, par catégories homogènes, en huit classes :
- la classe 1 : traite des opérations de trésorerie et des opérations avec les banques, les
sociétés de financement et les établissements de crédit assimilés,
- la classe 2 : couvre les opérations effectuées, sous forme de dépôts ou de crédits, avec
les agents économiques autres que les établissements de crédit et assimilés y compris
les opérations de pension,
- la classe 3 : regroupe les opérations sur titres effectuées avec l'ensemble des agents
économiques ainsi que les opérations diverses (débiteurs et créditeurs divers, comptes
de régularisation etc...),
- la classe 4 : comprend les immobilisations financières et les immobilisations
incorporelles et corporelles, y compris celles destinées à l'activité de crédit-bail et de
location,
- la classe 5: enregistre les provisions pour risques et charges et les capitaux propres et
assimilés,
- les classes 6 et 7 : traitent respectivement des charges et des produits
- la classe 8 : couvre les engagements par signature donnés et reçus ainsi que les
opérations suivies en comptabilité matière.

Le deuxième volet de la réforme a consisté à réviser le système de collecte des informations


que les établissements de crédit sont tenus de transmettre à Bank Al-Maghrib en vertu des
dispositions de la "loi bancaire" notamment celles de l'article 36.

Le PCEC constitue un dispositif complet et cohérent qui répond aux besoins multiples et
croissants des utilisateurs de l'information comptable et financière, qu'ils soient nationaux ou
internationaux : les actionnaires, les organismes professionnels, les commissaires aux comptes
et auditeurs externes, les investisseurs, les analystes et les autorités de contrôle.

Ainsi, à travers des états de synthèse alignés sur les meilleures pratiques internationales, et
grâce à des principes comptables rénovés, l'activité et les performances des établissements de
crédit pourront désormais être comparées et analysées avec un niveau élevé de transparence,
tant au plan national qu'au plan international. Ceci est d'autant plus vrai que les autorités
monétaires ont mis en place, depuis plusieurs années, des dispositions prudentielles
largement inspirées des normes internationales instituées par des organismes tels que le
Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et adoptées par les organismes financiers
internationaux (BIRD, FMI,...), les analystes financiers et les agences de notation dans le
cadre de l'évaluation des systèmes financiers et des établissements qui les composent.

D’autre part, les statistiques monétaires et financières vont pouvoir être affinées et établies sur
une base plus exhaustive, puisque, outre les banques et les sociétés de financement, certains
établissements, tels la Caisse de Dépôt et de Gestion et la Caisse Centrale de Garantie, bien
qu’exclus du champ d'application de la "loi bancaire", sont appelés à l'initiative de Monsieur
le Gouverneur, à adopter le PCEC, en raison de la similitude de leurs activités avec celles des
établissements de crédit.
Extrait du bilan
Actif Passif
Interbancaire Interbancaire
Crédits Dépôts
Titres Titres émis
Autres actifs Autres passif
Immobilisations Fonds propres et résultats
Ch1. Les opérations de trésorerie

Les opérations de trésorerie concernent outre les espèces, les prêts et emprunts de
trésorerie dits opérations en blanc, les valeurs reçues ou données en pension et les autres
opérations effectuées avec les établissements de crédit et assimilés.
Les rubriques de la classe 1 Comptes de trésorerie et d’Operations avec les établissements de
crédit et assimilés sont les suivantes :
10 Valeurs en caisse
11 Banques centrales, trésor public, service des chèques postaux
13 Valeurs reçues en pension, prêts et autres comptes débiteurs
14 Valeurs données en pension, emprunts et autres comptes créditeurs
1. Aspects économiques
Les opérations de trésorerie sont pratiquées sur le marché interbancaire, est réservée :
- Aux établissements de crédit tel que définie par la loi bancaire ;
- Aux Trésor public, CDG, Bank Al Maghreb, service de chèque postaux.
Quotidiennement, les établissements de crédit calculent leur position de trésorerie. Si
elle excédentaire, elles prêtent sur le marché interbancaire d’où l’apparition d’une créance à
l’actif, si elle est déficitaire, elles empruntent et la dette figure au passif. Ces Operations de
prêts et d’emprunts sont réalisées soit en blanc, soit avec des pensions de titres ou d’effets
comme support.
Les opérations de trésorerie permettent à la banque d’améliorer sa liquidité et constituer
des réserves obligatoires1 auprès de la banque centrale avec des meilleures conditions. Elles
doivent satisfaire également aux exigences de la réglementation en vigueur en matière de
contrôle interne (gestion du risque de contrepartie, gestion du risque du taux, etc.).
2. Les opérations en blanc et les opérations de pensions
- Les opérations en blanc : présentent les caractéristiques suivantes :
 Le terme est rarement supérieur à un an ;
 Le remboursement est in fine (constatation des intérêts courus) ;
 L’absence de garanties spécifiques ;
 Une simple confirmation matérialise l’opération (avals).
- Les opérations de pension : une opération par laquelle une personne (le cédant)
cède en propriété des titres ou des effets (Bons de trésor, VM, TCN, etc.) à une
autre personne (le cessionnaire), qui s’engage irrévocablement à les lui rétrocéder
pour un prix et à une échéance convenue.

3. La comptabilisation

1 Dépôts effectués par les établissements de crédit auprès de la banque centrale.


Exemple 1. Opération de pension au jour le jour
Une banque a effectuée le 15/01 une opération de pension au jour le jour (emprunt)
d’un montant de 5.000.000 DH avec un taux de 9.875%.
15-janv.

1111 BAM 5 000 000,00


1412 Valeurs données en pensions 5 000 000,00

(Emprunt)

15-janv.

Intérêts sur valeurs données en pensions au jj aux


6042 EC 1 372,00
1418 Intérêts courus à payer 1 372,00

(Intérêts)
5.000.000*9.875
%/360
16-janv.

1412 Valeurs données en pensions 5 000 000,00


1418 Intérêts courus à payer 1 372,00
1111 BAM 5 001 372,00

(Remboursement)

Exemple 2. Opération de pension à terme


Une banque a effectuée le 15/01 une opération de pension à terme (prêt à 6 mois) d’un
montant de 20.000 DH avec un taux de 9.375%.

15-janv
20
1322 Valeurs reçues en pension à terme 000,00
1111 BAM 20 000,00
(Prêt)
31-janv
1328 Intérêts courus à recevoir 88,54

7034 Intérêts sur val. reçues en pension à terme 88,54


(Arrêté)
17j 28-févr
1328
7034 (Arrêté) 145,83 145,83
28j 31-mars
1328
7034 (Arrêté) 161,45 161,45
31j 30-avr
1328
7034 (Arrêté) 156,25 156,25
30j 31-mai
1328
7034 Arrêtés 161,45 161,45
31j 30-juin
1328 156,25 156,25
7034 (Arrêté)
30 15-juil
1328 78,125 78,125
7034 (Arrêté, l'échéance)
15 15-juil
20
1111 BAM 947,89
Valeurs reçues en
1322 pension à terme 20 000,00
1328 Intérêts courus à 947,89
(Remboursement recevoir
)

Exemple 3. Prêt au jour le jour blanc


Un établissement de crédit a effectué le 15/01 une opération de prêt au jour le jour blanc dans
les conditions suivantes : montant de l’opération : 10.000.000 DH, Taux : 9.9375%
15-janv.
10 000
1332 Prêt au jj aux EC 000
10 000
1111 BAM 000
(Prêt)
15-janv.
1338 Intérêts cours à recevoir 2 760
7036 Intérêts sur prêt au jj aux EC 2 760
(Intérêts)
16-janv.
10 002
1111 BAM 760
10 000
1332 Prêt au jj aux EC 000
1338 Intérêts courus à recevoir 2 760
(Remboursem
ent)

Exemple 4. Emprunt à terme blanc


Un établissement de crédit a effectuée le 15/01 une opération d’emprunt blanc d’une durée de
trois mois dans les conditions suivantes : Montant de l’opération 10.000.000 DH, Taux :
9.625% :
15-janv
10 000
1111 BAM 000,00
10 000
1442 Compte et emprunts de trésorerie à Terme 000,00
(Emprunt)
31-janv
Intérêts sur emprunts à
6047 terme 45 451,38
1448 Intérêts courus à payer 45 451,38
10000000*0,09625*17/360
28-févr
Intérêts sur emprunts à
6047 terme 74 861,00
1448 Intérêts courus à payer 74 861,00
10000000*0,09625*28/360
31-mars
Intérêts sur emprunts à
6047 terme 82 882,00
1448 Intérêts courus à payer 82 882,00
10000000*0,09625*31/360
15-avr
Intérêts sur emprunts à
6047 terme 40 104,16
1448 Intérêts courus à payer 40 104,16
10000000*0,09625*15/360
15-avr
10 000
1442 Compte et emprunts de trésorerie à Terme 000,00
243
1448 Intérêts courus à payer 298,54
10 243
1111 BAM 298,54
Ch.2. Les opérations de crédits à la clientèle
L’activité crédit a pour objet de satisfaire les besoins de financement des entreprises et des
ménages. Il est classique de distinguer le financement :
- Des investissements, par les crédits d’équipements,
- Des besoins d’exploitation (créances commerciales, crédits à l’exportation, crédits de
trésorerie),
- Des besoins des ménages, par des crédits de trésorerie ou à l’habitat.

1. Le découvert

Il s’agit d’un crédit par lequel l’entreprise peut mouvementer son compte auprès de sa
banque bien qu’il a un solde créditeur (débiteur auprès de la banque). Les caractéristiques du
crédit découvert sont :
- Le découvert constitue avec l’escompte la principale forme de crédit pour les
entreprises ;
- Apprécier par les clients pour sa simplicité et sa souplesse;
- Destiné à facilité les règlements courants des bénéficiaires et à leur fournir un volant
pour amortir les aléas de leur trésorerie;
- Techniquement, ils sont accordés, après analyse du dossier dans le cadre d’une ligne
(montant maximum autorisée) révisable périodiquement, en générale chaque année ;
- Il est pourtant couteux pour les entreprises.

2. L’escompte

L’escompte est l’opération par laquelle l’établissement bancaire s’oblige à payer par
anticipation (avant échéance) au porteur, le montant de l’effet de commerce. Le montant versé
par anticipation est diminué des agios qui comprennent des intérêts calculés sur le nominal de
l’effet de la date de négociation à l’échéance, augmentés généralement de quelques jours de
banques, en plus s’ajoutent des commissions, frais et TVA.
L’opération d’escompte a comme support :
- Une lettre de change ;
- Un billet à ordre ;
- Les billets de mobilisation dit « secondaire ».

Exemple 1.

Un établissement de crédit a effectué une opération d’escompte dont les caractéristiques sont
les suivantes :
- 15/03 : escompte d’un effet à échéance 31/05, taux 11.25%, montant :150 000 DH ;
- 15/03 décompte des agios : intérêts : 77 jours + 2 jours de banque, Commission 250
HT + TVA 46,50 ;
- comptabilisation périodique des intérêts acquis ;
- 31/05 : échéance de l’effet et encaissement par la chambre de compensation.

15-mars
Effet à l'encaiss. pris à crédit 150
2213 immédiat 000,00
150
2012 Compte courant client 000,00
15-mars
2021 Compte courant client 3 999,63
3872 Produit constatés d'avance 3 703,13
7461 Commissions sur opé. d'escomptes 250,00
TVA
3611 collectée 46,50
150000*11.25%*79/360 =
3703.13 31-mars
3872 Produits constatés d'avance 796,88
7111 Intérêts sur créances commerciales 796,80
17j 30-avr
3872 Produits constatés d'avance 1 406,25
7111 Intérêts sur créances commerciales 1 406,25
30j 31-mai
3872 Produit constatés d'avance 1 500,00
Intérêts sur créances
7111 commerciales 1 500,00
32j 31-mai
150
1111 BAM 000,00
Effet à l'encaiss. pris à crédit 150
2213 immédiat 000,00

3. Crédit de trésorerie

Un établissement de crédit a donné un crédit de trésorerie à l’un de ses clients dont les
caractéristiques sont les suivantes :
- 15/03 crédit de 500 000 DH, échéance 3 mois, taux 11.75% ;
- comptabilisation des intérêts courus ;
- 15/06 échéance.
15-mars
Crédit de
22 trésorerie 500 000,00
2012 Compte courant client 500 000,00
(Crédit de trésorerie 500 000, 3 mois, 11,75%)
31-mars
2218 Int. Courus à recevoir 2 774,31
711 Int. Sur crédit de trésorerie 2 774,31
(Int courus
17j)
30-avr
2218 Int. Courus à recevoir 4 895,83
711 Int. Sur crédit de trésorerie 4 895,83
(Int courus
30j)
31-mai
2218 Int. Courus à recevoir 5 059,03
711 Int. Sur crédit de trésorerie 5 059,03

(Int courus
31j)
15-juin
22.8 Int. Courus à recevoir 2 447,91
711 Int. Sur crédit de trésorerie 2 447.91
(Int courus
15j)
15-juin
2012 Compte courant client 515 177,08
22 Crédit de trésorerie 500 000,00
2218 Int. Courus à recevoir 15 177.08
(Echéance)

1.2.3. Crédits amortissable

Exemple 1.

Un crédit d’équipement a été donné à un client le 15/03 dont les caractéristiques sont les
suivantes :
- Le montant est de l’ordre de 850 000,00, remboursable trimestrialité constante de
78 500, taux 9.8% ;
- Les intérêts courus sont comptabilisés périodiquement ;
- Le 15/06 est la première échéance pour le remboursement,
- Le 15/09 : deuxième échéance trimestrielle, etc.
Passer les écritures nécessaires pour la première échéance. Les comptes à utiliser :
231 Crédit à l’équipement
2012 Compte courant
2318 Intérêts courus à recevoir
712 Intérêts sur crédits à l’équipement

15-mars
Crédit à 850
231 l'équipement 000,00
850
2012 Compte courant client 000,00
31-mars
2318 Intérêt courus à recevoir 3 933,61
7120 Int. Sur crédit à l'équipement 3 933,61
17j 850000*0,098*17/360
30-avr
2318 Intérêt courus à recevoir 6 941,66
7120 Int. Sur crédit à l'équipement 6 941,66
850000*0,098*3
0/360
31-mai
2318 Intérêt courus à recevoir 7 173,05
7120 Int. Sur crédit à l'équipement 7 173,05
850000*0,098*3
1/360

15-juin
2318 Intérêt courus à recevoir 3 470,83
7120 Int. Sur crédit à l'équipement 3 470,83
850000*0,098*1
5/360
15-juin
2012 Compte courant client 78 500,00
21
2318 Intérêt courus à recevoir 519,15
56
231 Crédit à l'équipement 980,85

Remarque
D’autres types de crédits sont prévus par le plan comptable des établissements de crédits tels
le crédit signature, le crédit-bail et le crédit documentaire.
Ch.3. Les dépôts de la clientèle

La collecte directe des dépôts est une activité essentielle de la banque. Elle permet de
procurer aux banques des ressources moins coûteuses que celle du marché monétaire ou
financier.
Ils ont deux origines :
- les soldes créditeurs des comptes ordinaires ;
- l’épargne des particuliers et des entreprises placées dans des comptes rémunérés.

1. Les comptes ordinaires


C’est le moyen le plus simple pour placer son épargne, car disponible à tout moment, mais
avec le grave inconvénient de ne pas être rémunérés, il sert seulement pour maintenir les
montants nécessaires pour faire face au règlement courant. La rémunération des comptes à
vue est interdite.
2. Les comptes d’épargnes
Les comptes d’épargne présentent l’avantage pour le client de disposer d’une épargne
disponible à tout moment tout en étant rémunérée. La rémunération de ces comptes est
réglementée par BAM. Il s’agit plus particulièrement des comptes sur carnet :
- A comme support un carnet et non un chéquier ;
- Réservés aux personnes physiques ;
- Le taux est égal au taux moyen pondéré des bons de trésor à 52 semaines ;
- Les dépôts sont plafonnés à 300.000 DH.

3. Les comptes à terme

- Les comptes à terme sont des sommes bloquées dans un compte ouvert spécialement à
cet effet, jusqu’à l’expiration du délai fixé lors de dépôt ;
- La rémunération est librement négocie entre le déposant et l’établissement ;
- Les opérations doivent faire l’objet d’une convention expresse entre le client et la
banque.
Exemple 1.
Un établissement de crédit a souscrit le 15/03 auprès de sa clientèle un dépôt à terme
de trois mois d’un montant de 1 000 000,00 DH au taux de 8% :

15-mars
Comptes
2011 courants 1 000 000,00
1 000
2051 CAT 000,00
31-mars
6021 Intérêts sur CAT 3 777,77
2058 Int. Courus à payer 3 777,77
1000000*0,08*17/360
30-avr
6021 Intérêts sur CAT 6 666,66
2058 Int. Courus à payer 6 666,66
1000000*0,08*30
/360
31-mai
Intérêts sur
6021 CAT 6 888,88
2058 Int. Courus à payer 6 888,88
1000000*0,08*31
/360
15-juin
6021 Intérêts sur CAT 3 333,33
2058 Int. Courus à payer 3 333,33
1000000*0,08*15
/360
15-juin
2051 CAT 1 000 000,00
2058 Int. Courus à payer 20 666,64
1 020
2011 Comptes courants 666,64

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