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MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
UNIVERSITE CLAUDE BERNARD-LYON I
U.F.R. D'ODONTOLOGIE

Année 2014 THESE N° 2014 LYO 1D081

THESE
POUR LE DIPLOME D'ETAT DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement le : Mercredi 10 décembre 2014

par

MACABEO Philippine

Née le 12 décembre 1988, à Tassin la demi lune (69)

_____________

La genèse de la mastication

______________

JURY

Monsieur le Professeur Denis BOURGEOIS Président

Monsieur le Professeur MAURIN Jean-Christophe Assesseur

Monsieur le Docteur JEANNIN Christophe Assesseur

Madame le Docteur DAVID Alexandra Assesseur

MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
UNIVERSITE CLAUDE BERNARD-LYON I
U.F.R. D'ODONTOLOGIE

Année 2014 THESE N° 2014 LYO 1D081

THESE
POUR LE DIPLOME D'ETAT DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement le : Mercredi 10 décembre 2014

par

MACABEO Philippine

Née le 12 décembre 1988, à Tassin la demi lune (69)

_____________

La genèse de la mastication

______________

JURY

Monsieur le Professeur Denis BOURGEOIS Président

Monsieur le Professeur MAURIN Jean-Christophe Assesseur

Monsieur le Docteur JEANNIN Christophe Assesseur

Madame le Docteur DAVID Alexandra Assesseur

MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
UNIVERSITE CLAUDE BERNARD LYON I

Président de l'Université M. le Professeur F-N. GILLY

Vice-Président du Conseil d’Administration M. le Professeur H. BEN HADID

Vice-Président du Conseil Scientifique et M. le Professeur P-G. GILLET


de la Commission de Recherche

Vice-Président du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire M. le Professeur P. LALLE


et de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire

Directeur Général des Services M. A. HELLEU

SECTEUR SANTE

Comité de Coordination des Etudes Médicales Président : M. le Professeur F-N. GILLY

Faculté de Médecine Lyon Est Directeur : M. le Professeur. J. ETIENNE

Faculté de Médecine et Maïeutique Lyon-Sud Directeur : Mme la Professeure C. BURILLON


Charles Mérieux
Faculté d'Odontologie Directeur : M. le Professeur D. BOURGEOIS
Institut des Sciences Pharmaceutiques et
Biologiques Directrice : Mme la Professeure C. VINCIGUERRA

Institut des Sciences et Techniques de la Directeur : M. le Professeur Y. MATILLON


Réadaptation

Département de Formation et Centre de Directrice : Mme la Professeure A.M. SCHOTT


Recherche en Biologie Humaine

SECTEUR SCIENCES ET TECHNOLOGIES

Faculté des Sciences et Technologies Directeur : M. F. DE MARCHI, Maître de Conférences

UFR des Sciences et Techniques des Directeur : M. Y. VANPOULLE, Professeur Agrégé


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de l’Université Lyon 1

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Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education Directeur : M. le Professeur A. MOUGNIOTTE


(ESPE)

Observatoire de Lyon Directeur : M. B. GUIDERDONI, Directeur de Recherche CNRS

Ecole Supérieure de Chimie Physique Electronique Directeur : M. G. PIGNAULT

MACABEO
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FACULTE D'ODONTOLOGIE DE LYON
Doyen : M. Denis BOURGEOIS, Professeur des Universités

Vice-Doyen : Mme Dominique SEUX, Professeure des Universités

Vice-Doyen : M. Stéphane VIENNOT, Maître de Conférences

Vice-Doyen Etudiant : Mlle DARNE Juliette

SOUS-SECTION 56-01: PEDODONTIE

Professeur des Universités : M. Jean-Jacques MORRIER


Maître de Conférences : M. Jean-Pierre DUPREZ

SOUS-SECTION 56-02 : ORTHOPEDIE DENTO-FACIALE

Maîtres de Conférences : M. Jean-Jacques AKNIN, Mme Sarah GEBEILE-CHAUTY,


Mme Claire PERNIER,

SOUS-SECTION 56-03 : PREVENTION - EPIDEMIOLOGIE


ECONOMIE DE LA SANTE - ODONTOLOGIE LEGALE

Professeur des Universités M. Denis BOURGEOIS


Professeur des Universités Associé : M. Juan Carlos LLODRA CALVO
Maître de Conférences M. Bruno COMTE

SOUS-SECTION 57-01 : PARODONTOLOGIE

Maîtres de Conférences : Mme Kerstin GRITSCH, M. Pierre-Yves HANACHOWICZ,


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SOUS-SECTION 57-02 : CHIRURGIE BUCCALE - PATHOLOGIE ET THERAPEUTIQUE


ANESTHESIOLOGIE ET REANIMATION

Maître de Conférences : Mme Anne-Gaëlle CHAUX-BODARD, M. Thomas FORTIN,


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SOUS-SECTION 57-03 : SCIENCES BIOLOGIQUES

Professeur des Universités : M. J. Christophe FARGES


Maîtres de Conférences : Mme Odile BARSOTTI, Mme Béatrice RICHARD,
Mme Béatrice THIVICHON-PRINCE, M. François VIRARD

SOUS-SECTION 58-01 : ODONTOLOGIE CONSERVATRICE - ENDODONTIE

Professeur des Universités : M. Pierre FARGE, M. Jean-Christophe MAURIN, Mme Dominique SEUX
Maîtres de Conférences : Mme Marion LUCCHINI, M. Thierry SELLI, M. Cyril VILLAT

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Professeurs des Universités : M. Guillaume MALQUARTI, Mme Catherine MILLET


Maîtres de Conférences : M. Christophe JEANNIN, M. Renaud NOHARET, M. Gilbert VIGUIE,
M. Stéphane VIENNOT, M. Bernard VINCENT

SOUS-SECTION 58-03 : SCIENCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES


OCCLUSODONTIQUES, BIOMATERIAUX, BIOPHYSIQUE,
RADIOLOGIE

Professeur des Universités : Mme Brigitte GROSGOGEAT, M. Olivier ROBIN


Maîtres de Conférences : M. Patrick EXBRAYAT, Mme Sophie VEYRE-GOULET
Maître de Conférences Associé : Mme Doris MOURA CAMPOS

SECTION 87 : SCIENCES BIOLOGIQUES FONDAMENTALES ET CLINIQUES


Mme Florence CARROUEL MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
A notre Président du Jury,

Monsieur le Professeur Denis BOURGEOIS

Professeur des Universités à l’UFR d’Odontologie de Lyon

Praticien-Hospitalier

Docteur en Chirurgie Dentaire

Docteur de l’Université Lyon I

Docteur en Droit (3ème cycle)

Maître en Biologie Humaine

Odontologiste des Hôpitaux

Habilité à Diriger des Recherches

Doyen de l’UFR d’Odontologie

Nous vous remercions pour l’honneur que vous nous faites en présidant ce jury de
thèse.

Nous vous témoignons la plus grande reconnaissance pour vos engagements au sein de
la faculté d’Odontologie.

Veuillez trouver dans ce travail, l’expression de notre profond respect.

MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
A notre Juge,

Monsieur le Professeur Jean-Christophe MAURIN

Professeur des Universités à l’UFR d’Odontologie de Lyon

Praticien-Hospitalier

Docteur en chirurgie Dentaire

Maîtrise en Science Biologiques et Médicales

Diplôme d’Etudes Approfondies

Docteur de l’Universités Claude Bernard Lyon

Habilité à Diriger des Recherches

Vous nous avez fait l’honneur de siéger dans notre jury de thèse et nous vous en
remercions.

Veuillez trouver dans cette thèse, le témoignage de notre respect.

MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
A notre directeur de thèse,

Monsieur le Docteur Christophe JEANNIN

Maître de Conférences à l’UFR d’Odontologie de Lyon

Praticien-Hospitalier

Docteur en Chirurgie Dentaire

Docteur de l’Institut National Polytechnique de Grenoble

Nous vous sommes très reconnaissants de l’honneur que vous nous avez fait en
acceptant de diriger cette thèse avec tant de gentillesse, de dynamisme, de rigueur et de
précision.

Nous avons eu beaucoup de chance de bénéficier de votre enseignement de qualité dès


le début de notre cursus odontologique. Nous vous remercions.

Veuillez trouver dans ce travail commun le témoignage de notre sincère admiration.

MACABEO
(CC BY-NC-ND 2.0)
A notre Juge,

Madame le Docteur Alexandra DAVID

Assistant hospitalo-universitaire au CSERD de Lyon

Docteur en Chirurgie Dentaire

Nous vous remercions d’avoir eu la gentillesse d’accepter de siéger dans notre


jury de thèse.

Nous avons toujours beaucoup apprécié apprendre et travailler à vos côtés, dès les
débuts cliniques en 3ème année. Nous vous remercions pour votre gentillesse et votre bonne
humeur.

Par ce travail, veuillez trouver l’expression de nos sincères remerciements et la


sympathie que nous vous portons.

MACABEO
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1

INTRODUCTION ...................................................................................................................... 3
I. FONCTION ET OCCLUSION CHEZ L’ENFANT ............................................................... 4
1.1. Séquence d’éruption .....................................................................................................4
1.2. Physiologie de la denture temporaire............................................................................5
1.3. Physiologie ...................................................................................................................8
1.3.1. Déglutition normale et pathologique .....................................................................8
1.3.2. Apparition de la mastication chez l’enfant ............................................................9
1.3.3. Production de la parole ........................................................................................10
1.3.4. Bruxisme physiologique ......................................................................................12
II. LA CROISSANCE CRANIO-FACIALE ............................................................................ 13
2.1. Croissance maxillaire .................................................................................................13
2.2. Croissance des procès alvéolaires ...............................................................................14
2.3. La mandibule : croissance condylienne ......................................................................15
2.4. Facteurs d’influence : fonctions oro-faciales ..............................................................16
2.4.1. Ventilation ...........................................................................................................16
2.4.2. Nutrition ..............................................................................................................17
2.4.3. Phonation.............................................................................................................17
III. LA FONCTION OCCLUSALE CHEZ L’ADULTE ......................................................... 18
3.1. Occlusion statique ......................................................................................................18
3.1.1. Occlusion d’intercuspidie maximale....................................................................18
3.1.2. Classement de l’occlusion d’intercuspidie maximale ..........................................21
3.1.2.1. Sens vestibulo-lingual ou surplomb .................................................. 21
3.1.2.2. Sens mésio-distal : ou classes d’Angle fonctionnelles ...................... 22
3.1.2.3. Sens vertical ou recouvrement ........................................................... 23
3.2. Occlusion dynamique .................................................................................................23
3.2.1. L’incision ............................................................................................................24
3.2.2. Phase de trituration dento-dentaire ......................................................................24
3.2.2.1. Entrée de cycle................................................................................... 26
3.2.2.2. Ecrasement et sortie de cycle............................................................. 27
3.2.2.3. Différence avec le mouvement de diduction ..................................... 27
IV. ROLE DE LA PREMIERE MOLAIRE PERMANENTE ................................................. 29
4.1. Anatomie dentaire ......................................................................................................29

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2

4.1.1. Face occlusale des premières molaires ................................................................29


4.1.2. Le centre de résistance ........................................................................................30
4.2. Mise en place et rôle de la dent de 6 ans.....................................................................31
4.3. Rôle des canines .........................................................................................................31
V.PRESERVER L’EQUILIBRE OCCLUSAL ........................................................................ 33
5.1. Mainteneur d’espace chez l’enfant .............................................................................33
5.2. Répartitions des contacts en OIM ...............................................................................34
5.3.Équilibration fonctionnelle ..........................................................................................35
5.4. Exploration des contacts occlusaux ............................................................................42
5.4.1. Papier à articuler .................................................................................................42
5.4.2. T-Scan III ..............................................................................................................43
CONCLUSION ........................................................................................................................ 44
Tables des figures ..................................................................................................................... 46
Bibliographie ............................................................................................................................ 48

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3

INTRODUCTION

L’homme pour se nourrir mastique.


La mastication fait, en effet, partie des fonctions occlusales dynamiques avec la
production de la parole qui nécessite des mouvements mandibulaires.
La fonction occlusale représente les conditions physiologiques de
l’affrontement des dents antagonistes dans l’ensemble des fonctions occlusales.
(ORTHLIEB, BROCARD, SCHITTLY, & MANIERE-EZVAN, 2000) (1).

Notre travail a pour objectif de montrer que l’évolution de


l’occlusodontologie s’appuie sur l’observation des mouvements de la mandibule dans
un contexte physiologique par la réalisation de mouvements d’incision et de
mastication . Nous ne pouvons plus nous contenter des observations simples de
mouvements de propulsion et de latéralité exécutés par notre patient sur commande
ou reproduits par les simulateurs analogiques que sont les articulateurs.

Après avoir étudié la mise en place de cette fonction chez l’enfant, nous nous
intéresserons à la croissance cranio-faciale et en particulier au développement des
condyles mandibulaires.
La mandibule a, en effet, un rôle majeur dans les mouvements de mastication par le
jeu des articulations temporo-mandibulaires.
Puis, nous nous intéresserons à l’occlusion dynamique chez l’adulte en
détaillant le cycle masticatoire. Le rôle de la face occlusale des dents postérieures,
plus particulièrement celui des premières molaires, sera expliqué ainsi que la
trajectoire décrite par la mandibule. Ce qui permet de comprendre pourquoi il faut
privilégier, lors des réglages occlusaux, la simulation de l’incision et des
mouvements mastication.
Nous soulignerons l’importance de respecter et de restaurer les faces occlusales
par des techniques d’addition et de soustraction. Enfin nous passerons en revue les
différents moyens d’explorer les contacts interocclusaux au niveau de ces faces.

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4

I. FONCTION ET OCCLUSION CHEZ L’ENFANT

1.1. Séquence d’éruption

La classification de Demogé (2) de 1972 présente un découpage de la


morphogenèse des arcades dentaires en dix phases qui rend compte de la succession
d’étapes dynamiques et statiques (MORGON & BERY) (3).

La mise en place de la dentition temporaire s’étale sur une durée d’environ


deux ans qui commence à six mois avec l’apparition des incisives temporaires
centrales inférieures et qui se termine par la mise en occlusion de la deuxième
molaire déciduale mandibulaire et de son antagoniste jusqu’à l’âge de 30 mois.
On observe ensuite une phase de denture temporaire stable d’une durée de quatre
ans. Pendant cette phase, la variation de taille des arcades se fait par augmentation
de leur longueur de trois millimètres par an pendant trois ans (phénomène de
Moores) et permet la croissance transversale (distances intercanines et
intermolaires).
La résorption des racines des dents temporaires commence un an après leur
fermeture apicale.
L’apparition de la première molaire va transformer les arcades temporaires
en arcades mixtes, ces dents, issues de la première lame dentaire, ne remplacent
donc aucune dent temporaire.
Cette phase de constitution est observée de six à huit ans avec la mise en place des
premières molaires définitives et des incisives permanentes.
Ces dernières dents sont vestibulo-versées. L’utilisation des espaces simiens,
diastèmes entre les incisives latérales et les canines maxillaires et entre canines et
premières molaires mandibulaires, et l’augmentation du périmètre de l’arcade
permettant de compenser la dette incisive. En effet, ce sont ces différents facteurs qui
permettent l’alignement des incisives permanentes qui ont un diamètre supérieur
de six à huit millimètres au maxillaire et de quatre à cinq millimètres à la mandibule
par rapport à celui des incisives déciduales correspondantes..

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5

La phase de denture mixte stable présente une remarquable stabilité


dimensionnelle des arcades dentaires pendant deux ans.

A dix ans, le remplacement des canines et des molaires temporaires marque la


constitution de la denture adolescente, cette phase est complexe et les séquences
d’éruptions peuvent varier, en général 4-3-5 à la mandibule et 4-5-3 au maxillaire.
Les canines et les prémolaires ont un diamètre plus élevé que les dents temporaires
qu’elles remplacent, le crédit des dents déciduales se fait donc grâce au Lee-way ou
espace de dérive mésiale, qui correspond au gain de place permis par le
remplacement des molaires temporaires par les prémolaires (1.7 mm à la mandibule
et 0.9 mm au maxillaire) et par la croissance des arcades dentaires.

La phase de la denture adolescente stable est la première étape de la denture


adulte permanente. Elle est suivie par la mise en place des deuxièmes molaires,
phase de constitution de la denture adulte jeune, puis par celle des dents de sagesse.

La phase de la denture adulte complète et stable, caractérisée par la mise en


place des courbes de Spee et Wilson, permet l’aboutissement de la morphogenèse
des arcades dentaires.

Pour cette denture stable Andrews a décrit six clefs de l’occlusion idéale :
- contact entre la cuspide disto-linguale de la première molaire maxillaire et la
cuspide mésio-linguale de la deuxième molaire mandibulaire
- angulation mésio-distale correcte des dents
- inclinaison vestibulo-linguale des dents selon des critères orthodontiques
- absence de rotations
- contacts interproximaux serrés en absence de dysharmonie dentomaxillaire
- plan d’occlusion plat

1.2. Physiologie de la denture temporaire

La première dentition a un triple rôle :

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6

- Les arcades temporaires assurent une fonction masticatoire dès six mois.
- Elles permettent de maintenir l’espace pour les dents successionnelles et
guident l’éruption des ces dernières.
- Elles guident aussi la croissance des bases osseuses et donc la dimension de
l’étage inférieur.

Du point de vue morphologique, ces arcades sont en forme de demi-cercle et


ne présentent ni courbe de Spee ni courbe de Wilson. Les dents temporaires sont
donc situées sur une ligne droite alors que les dents permanentes décriront une
courbe sinueuse lorsque les molaires seront en place, cette courbe n’existe pas chez
l’enfant et ne se forme que vers l’âge de douze ans.

On remarque l’absence de points de contacts et des espaces inter-dentaires


normaux :
- Diastèmes de Bogue entre les incisives
- Espaces simiens (par analogie aux espaces inter-dentaires trouvés chez les
singes) entre incisives latérales et canines maxillaires et entre canines et
premières molaires mandibulaires. Lorsqu’ils sont présents, l’enfant est en
classe I de Baume, et en classe II en cas d’absence, où on observe alors une
continuité au sein de l’arcade.

En cas de dysharmonie entre les diastèmes maxillaires et mandibulaires, on peut


observer un risque de malocclusion.
Selon L. MULLER (Introduction à la pratique de l’orthopédie dento-faciale et de
l’orthodontie, 1963) (5) :
- « un diastème précanin inférieur important peut indiquer une tendance à la
mésialisation de l’arcade inférieure.
- un diastème postcanin inférieur également s’il coïncide avec des rapports
molaires de formes adultes.
- un diastème précanin supérieur peut indiquer une tendance à la mésialisation
de l’arcade supérieure s’il coïncide avec des rapports molaires une sur une.

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- un diastème postcanin supérieur peut indiquer une tendance à la distalisation


de l’arcade supérieure s’il coïncide avec des rapports molaires de forme
adulte. »
Selon Moores, dans tous les cas, la présence de diastèmes entre les dents déciduales
est d’un bon pronostic. On observe, en effet, un encombrement entraînant une
malocclusion chez 84% des enfants qui présentent une classe II de Beaume, c'est-à-
dire sans ces de diastèmes.

Les relations inter-arcades sont caractérisées, dans le plan frontal, au niveau


des incisives, par des dents bout à bout.
On observe parfois un recouvrement incisif d’au maximum 30% de la hauteur de la
couronne. Au niveau des molaires, l’engrènement des dents temporaires est
semblable à celui des dents permanentes sauf qu’il est moins marqué.

Le plan de Chapman permet de classer les relations inter-arcades dans le


sens sagittal. La classe I correspond au plan à marche mésiale inferieure ou
rectiligne, la classe II est définie par un plan à marche distale correspondant à une
distoclusion mandibulaire.
Le coté droit et le coté gauche sont indépendants, l’enfant peut présenter un plan
terminal différent de chaque coté.
La face distale de la seconde molaire temporaire sert de guide à
l’éruption de la dent de six ans, dent qui a un rôle majeur dans l’occlusion.
Donc, si on observe un plan de Chapman rectiligne, les premières molaires viendront
en rapport une sur une pour établir une occlusion de type classe I. Un plan terminal à
marche mésiale pourra dans certains cas faire évoluer l’occlusion en classe III. La
présence d’une marche distale entrainera systématiquement une distoclusion molaire
(occlusion de classe II).

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Figure 1 : Le plan terminal de Chapman

1.3. Physiologie

1.3.1. Déglutition normale et pathologique

Chez le nouveau-né et le jeune enfant la déglutition se fait arcades séparées


par la langue et avec un contact jugal.
La déglutition fonctionnelle doit être acquise entre huit et dix ans. Une fois les
premières molaires sur l’arcade, elle se fait avec :
- Les muscles faciaux au repos, les lèvres jointes mais non contractées
- Les arcades serrées avec les molaires en occlusion
- La pointe de la langue qui prend un appui palatin antérieur
- La langue contenue à l’intérieur de l’arcade
Cette déglutition adulte permet une morphogenèse équilibrée des arcades dentaires.
En effet, la langue sollicite la suture intermaxillaire, qui permet la croissance
maxillaire, elle entraîne aussi la propulsion de la mandibule et active ainsi la
croissance condylienne.

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9

Au delà de neuf dix ans, si la déglutition infantile persiste, on parle de


déglutition atypique ou dysfonctionnelle. Cette dernière entraine des conséquences
morphogénétiques.
Selon le type de propulsion linguale, nous observons des déformations inter arcades :
 Si la langue est en interposition antérieure elle entraine des béances, des
vestibulo-versions antérieures des dents.
 Si la langue se met en position postérieure bilatérale, on observe une
supracclusion antérieure empêchant l’éruption des molaires.
La déglutition dysfonctionnelle peut entrainer aussi un défaut de sollicitation des
sutures intermaxillaires et donc une endoalvéolie maxillaire.

1.3.2. Apparition de la mastication chez l’enfant

La mastication est une fonction complexe car elle fait intervenir plusieurs
éléments, tout d’abord les dents et l’occlusion, ensuite les muscles et enfin
l’articulation temporo-mandibulaire.
La succion assure l’alimentation jusqu’à six mois, à partir de cette date, la mise en
place des dents sur l’arcade est concomitante à l’abandon de l’alimentation liquide.
Si la succion persiste, elle devient une parafonction perturbant l’équilibre dynamique
vertical et sagittal nécessaire à l’occlusion incisive. De plus elle modifie la fonction
et la posture linguale.
Lorsque les premières molaires temporaires apparaissent vers dix-huit mois, la
mastication commence à devenir efficace.
La notion de dimension verticale et d’intercuspidation sont introduites grâce aux
molaires. L’enfant effectue des mouvements fonctionnels latéraux mandibulaires.
Le broyage des aliments se fait sur les pans cuspidiens du coté travaillant.
La mastication physiologique humaine est bilatérale et alternée. Cependant, des
étapes de mastication unilatérale se produisent fréquemment lors de la rhyzalyse des
dents temporaires qui deviennent alors mobiles et douloureuses.
Une mastication non fonctionnelle ou inconfortable d’un coté entraîne un
fonctionnement musculaire asymétrique, les conséquences possibles, chez l’enfant,
sont des futures malformations, des troubles articulaires et/ou parodontaux.

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1.3.3. Production de la parole

Le babillage permet la mise en place de la langue et donc des dents et de la


croissance puis vers 18 mois l’enfant commence à émettre des sons ressemblant à
des mots.
La phonation est assurée par trois groupes d’organes principaux :
- l’appareil respiratoire qui constitue la soufflerie qui fournit l’air nécessaire
- le larynx qui est le vibrateur d’où nait le son
- les résonateurs formés par le nez, la bouche et les lèvres

L’air expulsé des poumons vient s’accumuler au niveau des cordes vocales, une fois
la pression suffisamment élevée, les cordes vocales s’écartent et l’air s’échappe, c’est
cette circulation d’air qui engendre une vibration acoustique et donc un son pour
les voyelles.
La mise en forme du son des consonnes est réalisée par les résonateurs qui
renforcent ou atténuent certaines fréquences par la mise en surpression de l’air dans
ses cavités. Le résonateur buccal est toujours présent, il peut faire varier sa forme
et sa taille de manière importante.
Lorsque le voile du palais est abaissé, on rajoute au résonateur buccal, résonateur
nasal.
Lorsque les lèvres ne sont pas contre les dents mais projetées en avant le résonateur
labial entre en jeu.

Le Huche (6) considère qu’en pratique les bruits produits par les organes
phonateurs prennent naissance en six points, qu’il appelle « robinets de la parole ».
- 1 : constitué par les deux lèvres, avec sa variante 1bis constituée par la lèvre
inferieure d’une part, et le bord inferieur des incisives supérieures d’autre
part ;
- 2 : constitué par la partie antérieure du dos de la langue d’une part et
d’autre part par la face postérieure des incisives ou des gencives. Ce robinet
est utilisé pour la production par exemple du son « T » ; la pointe de la langue

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11

est en contact avec les incisives supérieures contre la gencive et s’oppose à la


sortie du souffle pulmonaire, lorsque brusquement la langue se décolle on
entend un bruit d’explosion de son « T » (c’est le « burst »).
- 3 et 3bis : constitué par le dos de langue et du palais.
- 4 : constitué par les cordes vocales pour produire le son des voyelles
- 5 : constitué par le voile du palais d’une part, le « plafond » du rhino-
pharynx d’autre part
- 6 : constitué par le nez.

Figure 2 : Les six « robinets » de la parole

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12

Figure 3 : Tableau des productions phoniques et phonétiques

1.3.4. Bruxisme physiologique

La mise en fonction des dents de six ans est précédée par une abrasion
importante des dents lactéales, celle-ci résulte d’un bruxisme physiologique bien
connu chez l’enfant à cet âge. Les dents lactéales disparaissant en étant mobile, ce
sont donc les deux couples de premières molaires qui vont assurer à eux seuls la
fonction masticatoire en attendant l’éruption des autres dents.

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13

II. LA CROISSANCE CRANIO-FACIALE

Le processus d’ossification cranio-faciale a plusieurs origines :


 L’ostéogenèse directement à partir du tissu conjonctif encore appelée
ossification membraneuse. Les sutures membraneuses évoluent en trois
stades. D’abord les sutures sont au stade de synfibrose, une lame fibrolache
maintient les pièces osseuses entre elles. Elles évoluent ensuite en
synarthroses puis en synostoses, les pièces osseuses sont alors en continuité
avec la disparation du tissu conjonctif sutural.
 L’ostéogenèse à partir d’une maquette cartilagineuse appelée ossification
enchondrale. Les sutures sont appelées synchondroses. Ces dernières
permettent la croissance en longueur et en hauteur de la base du crane
(synchondrose sphéno-occipitale) mais aussi en largeur (synchondrose
temporo-occipitale).
 Ossification mixte membraneuse et enchondrale
Les synchondroses ont un rôle moteur alors que les sutures membraneuses ont un
rôle de remplissage et d’adaptation. (AKNIN, La croissance cranio-faciale, 2007)
(9)

2.1. Croissance maxillaire

Le massif facial supérieur est composé de treize os dont le principal est l’os
maxillaire. La morphogenèse cranio-faciale résulte des interactions qui existent
entre les potentiels d’accroissements de tous les éléments structuraux de la face et
des influences qu’ils subissent de la part des différents muscles (AKNIN, La
croissance cranio-faciale, 2007).
L’agrandissement de l’os maxillaire se fait dans les trois directions
postérieure, supérieure et transversale et son déplacement en avant et en bas.

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2.2. Croissance des procès alvéolaires

L’os alvéolaire est le tissu osseux des maxillaires qui entoure les racines
dentaires. Dès 1771, HUNTER indique que les procès alvéolaires appartiennent
aux dents et non aux maxillaires. L’os alvéolaire nait avec ces dernières, les
accompagnent lors de leurs éruption et dans leur déplacement tout au long de leur vie
et il disparait avec elles.

Les facteurs régissant la croissance des procès alvéolaires sont d’abord des
facteurs généraux comme les hormones. Ces facteurs endocriniens agissent d’une
manière globale sur la croissance (comme l’hormone somatotrope) ou peuvent aussi
augmenter la vitesse d’ossification (comme les hormones thyroïdiennes).
Au niveau local, on observe que l’éruption dentaire influence la croissance
alvéolaire. En effet, pour DE COSTER, « les procès alvéolaires ne se développent
que quand les racines commencent à se former, ils croissent avec l’éruption des dents
jusqu’à ce qu’elles rencontrent leur antagoniste »
Les muscles jouent aussi un rôle essentiel dans la direction de la croissance
des procès alvéolaires. CAUHEPE a montré que le complexe dento-alvéolaire se
développe dans une gouttière formée, en dehors, par la sangle labio-jugale et en
dedans, par la langue. Toute inégalité de force se traduira par une anomalie de
croissance de procès alvéolaires et une anomalie dans la forme des arcades. La
langue maintient aussi un espace entre le maxillaire supérieur et la mandibule. Les
dents tendent à se placer en occlusion ce qui permet une croissance en hauteur des
procès alvéolaires.

L’importance de la croissance verticale des procès alvéolaire dépend donc de


l’équilibre neuromusculaire et de la position de repos. En revanche, les tissus
environnants agissent comme des facteurs influençant la croissance dans les
directions transversales et sagittales.

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15

Le rôle compensateur des procès alvéolaires limite les malocclusions qui


seraient beaucoup plus importantes si les dents suivaient strictement leurs bases
osseuses. (CHATEAU, 1993) (11)

2.3. La mandibule : croissance condylienne

La mandibule provient de la réunion par ankylose des deux hémi-


mandibules en un arc continu. Cette fusion, pour M. Gaspard (12), confère à cet os
la possibilité d’être résistant à de multiples contraintes comme la torsion, la flexion,
les mouvements de cisaillements exercés lors de la mastication. Elle est cependant
déformable, ce qui lui permet d’absorber des contraintes importantes, notamment
lors de la mastication unilatérale. (JEANNIN, 2013) (13)
La mandibule est le seul os mobile de la tête avec l’os hyoïde avec qui elle
forme un complexe fonctionnel (Thèse Morgane GALLIN) (14). Elle est reliée à la
base du crâne par les articulations temporo-maxillaires, le condyle étant considéré
comme le relais cranio-mandibulaire. La mandibule est aussi en relation très
privilégiée avec le complexe maxillo-nasal par le jeu de l’occlusion dentaire
(AKNIN, La croissance cranio-faciale, 2007).

L’accroissement mandibulaire se fait par deux procédés :


- par contribution cartilagineuse
- par contribution périostique avec traction musculaire qui provoque un
accroissement appositionnel
Dès l’apparition de la denture lactéale, la propulsion mandibulaire est remplacée
progressivement par des mouvements de mastication. Ceci permet une certaine
diminution de la croissance en longueur et une augmentation de la croissance
verticale (AKNIN, La croissance cranio-faciale, 2007).

La croissance condylienne continue après l’arrêt de la croissance staturale et du


massif facial supérieur. Le taux de croissance condylienne est de 3 mm par an
pendant la petite enfance, 1.5 mm par an vers 11 ans et atteint 5 mm par an lors du
pic pubertaire.

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COPRAY résume sous la forme d’un graphique l’évolution des fonctions du


cartilage condylien lors de la croissance. (15)
Lors de la phase dite I (de la période fœtale jusqu’aux premiers stades de la période
postnatale) ce dernier n’a pas ou très peu une fonction articulaire, le cartilage
condylien est un cartilage de croissance.
La phase II dure environ 20 ans, le cartilage rempli une double fonction articulaire
(fonction en augmentation) et de croissance (avec diminution de l’activité en
fonction des années).
Enfin à partir du début de la phase III, le cartilage condylien ne remplit plus qu’une
fonction articulaire (COPRAY, DIBBETS, & KANTOMAAT, 1988).

Figure 4 :L’évolution des fonctions du cartilage condylien lors de la croissance


(Copray)

2.4. Facteurs d’influence : fonctions oro-faciales

2.4.1. Ventilation

Les fonctions ventilatoires ont un impact important sur la croissance faciale.


En effet, le passage de l’air par les fosses nasales permet la ventilation et se double
chez l’enfant d’une fonction morphogénétique permettant le développement
tridimensionnel des cavités narinaires, naso-pharyngées et naso-sinusiennes.

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2.4.2. Nutrition

La mastication apparait au stade de la denture temporaire avec l’éruption des


molaires déciduales. Leur occlusion en intercuspidation verrouille les relations
sagittales et transversales entre le maxillaire et la mandibule et assure la
coordination de leur croissance.
Pour stimuler la croissance maxillo-faciale, il faut que l’appareil manducateur soit
sollicité dès la naissance par la succion. Puis il faut veiller à l’introduction d’une
alimentation solide en temps utile ; plus l’aliment sera dur et épais, plus le travail
musculaire sera important. En revanche, chez les jeunes enfants édentés, il faut
envisager le port d’une prothèse sinon l’insuffisance de la fonction masticatrice va
perturber la croissance crânio-faciale.

La langue joue un rôle essentiel dans la morphogénèse des arcades et la


position des dents. En effet, elle exerce des pressions sur les différentes structures
qui l’environne.
Sa position de repos doit être haute, en contact de la voûte palatine, avec sa pointe
contre la papille rétro-incisive.
La posture linguale agit donc sur la croissance sagittale et transversale du maxillaire
de la voûte palatine.

2.4.3. Phonation

La production de la parole fait intervenir les musculatures faciales, linguales


et vélaires. Elle aurait une action morphogénétique plus marquée sur l’os
alvéolaire que sur l’os basal.

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III. LA FONCTION OCCLUSALE CHEZ L’ADULTE

La fonction occlusale représente donc les conditions physiologiques de


l’affrontement des dents antagonistes dans l’ensemble des fonctions occlusales.
(ORTHLIEB, BROCARD, SCHITTLY, & MANIERE-EZVAN, 2000) (17)
Orthlieb, Laplanche et Preckel proposent en 1996 de distinguer les fonctions
occlusales en trois fonctions :
 Le calage : cette fonction représente les rapports occlusaux induisant une
stabilisation dentaire et mandibulaire, l’intercuspidation intéresse
simultanément la quasi-totalité des dents cuspidées (au sens large, c'est-à-dire
où les incisives sont considérées comme des cuspides secondaires).
 Le centrage : la mandibule est en position de référence non
contraignante. Cette fonction occlusale autorise le serrage de la mâchoire
avec un minimum de contrainte musculo-articulaire.
 Le guidage : des mouvements mandibulaires symétriques, simples et non
bridés conduisent cette fonction. L’intercuspidation se fait sans obstacle
postérieur et sans limitations antérieure. (ORTHLIEB, LAPLANCHE, &
PRECKEL, La fonction occlusale et ses dysfonctionnements, 1996) (18)

3.1. Occlusion statique

3.1.1. Occlusion d’intercuspidie maximale

On parle d’occlusion dès que l’on observe des contacts


interarcades.
L’occlusion d’intercuspidie maximale est la position d’occlusion où le
rapport d’engrènement dentaire se caractérise par le plus grand nombre de contacts
interarcades, autorisant l’intensité maximale des contractions musculaires.
(ORTHLIEB, BROCARD, SCHITTLY, & MANIERE-EZVAN, 2000) (1)

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19

Cette occlusion est une position de référence, elle est la plus fréquente et la plus
stabilisante des nombreuses positions de la mandibule. Elle permet à cette dernière
une position précise, médiane, répétitive et unique. Toutes les dents cuspidées
doivent participer le plus possible à cette occlusion.
L’absence de contact d’une ou plusieurs dents à cet engrènement est la plupart de
temps liée à une interposition pathologique par exemple de la langue, à un blocage
de son éruption ou à une dysmorphose.
Sur 30 occlusions naturelles, Unger observent dans 96.6% des cas la présence de
contact au niveau de la première molaire. (UNGER, 1988) (19)
Cette occlusion assure la répartition des forces sur l’ensemble des arcades et
permet de protéger les dents antérieures, ces dernières étant moins chargées par les
contacts.
Du fait du faible calage occlusal existant au niveau des dents antérieures (en
particulier maxillaire), la stabilité de leur position est fonction aussi de l’équilibre des
pressions musculaires labio-linguales et de leurs contacts dans les positions
excentrées (bout à bout et diduction). (ORTHLIEB, Gnathologie fonctionnelle) (20)
Orthlieb décrit une occlusion d’intercuspidie maximale idéale, c’est un
modèle théorique avec des contacts punctiformes multiples (tripodiques dans les
fosses et bipodiques dans les embrasures).

Figure 5: Points de contacts des cuspides porteuses mandibulaires dans les


fosses maxillaires d’après J-D ORTHLIEB

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20

Figure 6: Points de contacts des cuspides porteuses maxillaires dans les fosses
mandibulaires d’après J-D ORTHLIEB

Lors de la déglutition, le calage dentaire est obtenu par la fermeture en


occlusion d’intercuspidie maximale. Les contacts obtenus doivent être simultanés,
avoir la même intensité et être repartis sur un maximum de dents, si possible
symétriquement. (LEGALL et LAURET) (23)
En occlusion d’intercuspidie maximale la grande majorité des forces des muscles
élévateurs est prise en charge par l’occlusion des dents postérieures et donc par les
premières molaires. La distribution de ces forces permet des protéger les organes
dentaires et les ATM.

Pendant la mastication unilatérale, il n’y a pas de blocage occlusal du coté


mastiquant mais un passage transversal par la position d’occlusion d’intercuspidie
maximale à la fin du mouvement de fermeture.
Les forces développées sont axiales, régulières, d’intensité faible et de courte
durée.

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3.1.2. Classement de l’occlusion d’intercuspidie maximale

3.1.2.1. Sens vestibulo-lingual ou surplomb

L’arcade maxillaire recouvre l’arcade mandibulaire dans le sens antéro-


postérieur.
Au niveau des dents antérieures, le surplomb constitue une des composantes du
guide antérieur avec le recouvrement.
Au niveau des molaires, on peut classer selon trois types les contacts occlusaux dans
le sens vestibulo-lingual.
Cette classification a été définie par Stuart en 1964 :
- Le type A :
Il concerne les cuspides vestibulaires, on observe des contacts entre la face
vestibulaire de la cuspide vestibulaire inférieure avec la face linguale de la
cuspide vestibulaire maxillaire.
- Le type B :
Il concerne les cuspides d’appui, les contacts se font entre la face linguale de la
cuspide vestibulaire mandibulaire et la face vestibulaire de la cuspide palatine
maxillaire. D’après Stuart, ces contacts sont les plus difficiles à observer.
Lorsqu’ils sont absents nous sommes en présence d’une malocclusion.
- Le type C :
Il concerne les cuspides linguales: la face linguale de la cuspide linguale
supérieure est en contact avec la face vestibulaire de la cuspide linguale
inférieure.
Dans le sens vestibulo-lingual, la présence de ces trois types de contacts assure la
stabilité de l’occlusion statique.

L’examen de l’occlusion d’intercuspidie maximale ne se réduit pas dans le


sens vestibulo-lingual à la seule observation des contacts dentaires.
En effet, l’observation du surplomb immédiat permet d’analyser l’aspect
fonctionnel d’une dent.

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22

Le surplomb immédiat ou overjet immédiat est observé au plus près de la


position d’intercuspidie maximale alors que le surplomb terminal est identifié au
niveau du bord occlusal.
En effet, le surplomb immédiat correspond à l’angle formé entre la face palatine de
la dent supérieure et la face vestibulaire de son antagoniste mandibulaire en
occlusion d’intercuspidie maximale.
Pour qu’une dent participe à la fonction, il faut que son surplomb immédiat soit le
plus faible possible et qu’il soit associé à un recouvrement suffisant (ABJEAN &
BODIN, 1997) (27). Cet examen permet de distinguer les dents qui assurent le trajet
fonctionnel au plus prés de la position d’intercuspidie maximale, de celles qui jouent
une fonction relais et de celles qui n’entrent pas dans la fonction (qui ne sont le siège
de points de contacts qu’en occlusion d’intercuspidie maximale).

3.1.2.2. Sens mésio-distal : ou classes d’Angle fonctionnelles

La classification d’Angle définit l’ensemble des occlusions et des


malocclusions dans le sens mésio-distal des premières molaires et par extension des
canines.
La position de la dent de six ans est donc immuable.
On distingue trois classes :
- Classe I ou normocclusion:
La première molaire inférieure est mesialée d’une demi-cuspide par rapport à la
molaire supérieure.
- Classe II ou distocclusion de l’ensemble de l’arcade inférieure :
Dans cette classe on observe une division 1 avec la vestibulo-version des incisives
supérieure. Cela entraine un surplomb et une supracclusion des incisives supérieures,
la lèvre est épaisse et s’intercale entre les arcades. La division 2 est caractérisée par
une linguo-version des incisives supérieures.
- Classe III ou mésiocclusion de l’ensemble de l’arcade inférieure :
Elle peut être la cause d’un surplomb inversé ou d’un bout à bout incisif.

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23

3.1.2.3. Sens vertical ou recouvrement

Le recouvrement est la distance entre les bords libres ou les cuspides


vestibulaires des dents maxillaires avec ceux des dents mandibulaires en occlusion
d’intercuspidie maximale. Il est idéalement de deux millimètres en antérieur et
diminue de mésial en distal.

3.2. Occlusion dynamique

La mastication fait partie avec la production de la parole des fonctions


nécessitant des mouvements mandibulaires.
Elle correspond à l’ensemble des mouvements depuis l’ingestion de l’aliment
jusqu’à sa déglutition complète. La phase essentielle de la trituration se caractérise
par une série de cycles d’écrasement dont la phase active conduit au rapprochement
et au contact des faces occlusales des molaires (LEGALL et LAURET) (23).

Selon Boileau, trois modes de mastication peuvent être distingués selon la


position des aliments entre les arcades (28) :
 La mastication unilatérale alternée, c'est le mode le plus fréquent et le plus
physiologique. L’aliment est écrasé d’un seul côté appelé côté travaillant
mais ce côté varie selon les cycles avec tout de même un côté triturant
préférentiel.
 La mastication unilatérale stricte ou dominante. Le côté travaillant est
presque toujours le même.
 La mastication bilatérale. L’aliment est écrasé des deux côtés de façon
simultanée. (BOILEAU, SAMPEUR-TARRIT, & BAZERT, 2006) (28)

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3.2.1. L’incision

Les incisives permettent la capture des aliments par une section bout à bout.
La préhension est donc observée dans la zone antérieure.
Ensuite le mouvement d’incision permet le déplacement du bol alimentaire avec
l’aide de la langue et des muscles faciaux vers les secteurs postérieurs.
Le mouvement d’incision est centripète, on part du bout à bout et on glisse
vers l’occlusion d’intercuspidie maximale, ce trajet est effectué par les muscles
élévateurs (temporaux et masséters).
D’après LEGALL et LAURET, pour obtenir une bonne efficacité, il faut une
répartition des forces lors du glissement des bords libres des incisives mandibulaires
contre les faces palatines des dents maxillaires, ces contacts doivent être repartis
sur les dents antérieures et accompagnés par un guidage postérieur symétrique.
Pour d’autres auteurs, ces contacts postérieurs, s’ils sont un peu trop marqués, sont
considérés comme des interférences pouvant être pathologiques pour l’articulation.

Il est important de différencier le mouvement d’incision de la proclusion.


Ce dernier permet d’effectuer un trajet centrifuge et se fait grâce aux muscles
abaisseurs, il n’y a pas de guidage postérieur. De plus les forces exercées sont
beaucoup moins importantes en proclusion. (LE GALL & LAURET, La fonction
occlusale, implications cliniques, 2008) (23)

3.2.2. Phase de trituration dento-dentaire

Autant la phase d’incision est assurée par les dents antérieures, autant les
premières molaires ont le rôle principal dans la dilacération et le laminage
progressif du bol alimentaire.
Les dents voisines, prémolaires et deuxièmes molaires, arrivent plusieurs années
après les dents de six ans sur l’arcade. Ce sont ces dernières qui permettent la mise
en place de la fonction masticatoire adulte et le modelage des condyles.

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25

La mandibule, lors de la mastication, décrit un trajet en forme de goutte


d’huile. Ce mouvement s’inscrit à l’intérieur du schéma de POSSELT qui
représente l’enveloppe des mouvements de la mandibule décrit par le trajet du
point interincisif mandibulaire.
Au cours du cycle masticatoire, l’amplitude verticale inter-arcade est maximale à
l’introduction des aliments, pour ensuite décroitre de façon linéaire au fur et à
mesure des cycles jusqu’à la déglutition. Au début de la mastication, l’intercuspidie
maximale n’est pas atteinte.

Figure 7 : schéma de Posselt

C : point correspondant à la position de la mandibule en relation centrée


« historique »
M : point correspondant à la position d’intercuspidie maximale
Le trajet entre le point C et le point M correspond au « long centric » qui est un léger
proglissement antérieur
P : point correspondant au proglissement maximal de la mandibule, le menton se
trouve dans sa position la plus avancée
Pour passer du point M au point P, on observe un proglissement de la mandibule
avec le passage des incisives qui se mettent en bout à bout puis les incisives
inférieures passent devant les incisives supérieures

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26

R : point correspondant à la position de la mandibule après un mouvement de


rotation pure
Il représente la première partie du mouvement d’ouverture, l’axe de rotation se situe
au sein des condyles au niveau du point S
O : point correspondant à l’ouverture maximale de la mandibule

Figure 8 : Cycle de mastication selon Le Gall et Lauret

3.2.2.1. Entrée de cycle

L’entrée de cycle est définie par le glissement de deux cuspides sur deux
surfaces jusqu’à arriver en occlusion d’intercuspidie maximale. LE GALL et
LAURET décrivent un « double guidage ». Il se fait d’une part par le glissement de
la pointe de la cuspide vestibulo-distale de la première molaire mandibulaire sur la
face interne de la cuspide disto-vestibulaire de la première molaire supérieure et
d’autre part par le glissement de la cuspide palato-mésiale supérieure sur le versant
de la cuspide mésio-linguale mandibulaire.
Le condyle du coté mastiquant réalise un mouvement centripète, il démarre le
mouvement dans une position postérieure et élevée pour aller jusqu’à l’occlusion
d’intercuspidie maximale, position plus antérieure et plus basse.
Les forces exercées sont peu importantes, les muscles mis en jeu sont des muscles
élévateurs de la mandibule, c’est-à-dire le masséter, les muscles ptérygoïdiens
moyen et latéral et le muscle temporal.

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27

Un relâchement musculaire de quelques millisecondes environ est observé au


voisinage de position d’intercuspidie maximale.

3.2.2.2. Ecrasement et sortie de cycle

Lors de l’écrasement, les faces internes des cuspides palatines (cuspide


mésio-palatine) maxillaires affrontent les faces internes des cuspides
vestibulaires (cuspide centro-vestibulaire) mandibulaires. L’appui peut se faire par
aliments interposés en début de cycle ou directement cuspide contre cuspide lors des
derniers cycles avant la déglutition. Ce glissement surface contre surface est réalisé
avec des forces très importantes et obliques de l’ordre de 150 à 200 Kg/cm2 au
niveau des premières molaires. A ce moment, le muscle ptérygoïdien médial
développe un pic d’activité et de puissance.
Ce laminage du bol alimentaire peut être apparenté aux mouvements de diduction
des herbivores.

La phase de sortie de cycle s’oriente plus antérieurement.

Lors de la sortie de cycle, un guidage canin ou contact pivot est situé sur la canine
du coté non travaillant. Le sens des mouvements de la mandibule est centrifuge, ces
contacts controlatéraux sont semblables à ceux d’un mouvement de latéroclusion.

3.2.2.3. Différence avec le mouvement de diduction

Lors des équilibrations occlusales, le mouvement habituellement demandé


au patient est un mouvement de latéralité à partir de la position d’intercuspidie
maximale.
Il présente des différences cliniques majeures avec le mouvement réalisé lors de la
mastication :
En effet, la position d’intercuspidie maximale est retrouvée dans la mastication mais
elle se situe au milieu du cycle et non au début. La latéralité se poursuit par un trajet

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28

centrifuge réalisé par les muscles abaisseurs, guidé par la canine du même coté,
parfois aussi par plusieurs dents en présence d’une fonction groupe. La mastication
décrit, quant à elle, un mouvement centripète, les guidages dentaires ne sont pas
réalisés par les mêmes groupes de dents et ont une intensité plus élevée par la mise
en jeu des muscles élévateurs.

Lors des réglages occlusaux, l’exécution du mouvement de latéralité permet


la détection de surguidages ou d’interférences importantes mais pas d’objectiver les
contacts d’entrée et de sortie du cycle masticatoire au niveau des secteurs postérieurs.

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IV. ROLE DE LA PREMIERE MOLAIRE PERMANENTE

4.1. Anatomie dentaire

4.1.1. Face occlusale des premières molaires

Les molaires se présentent en série descendante, c’est-à-dire que leur taille


est inversement liée à leur date d’éruption. Les premières molaires sont donc les
plus volumineuses.
Les nombreux éléments qui les constituent, tant au point de vu radiculaire que
coronaire, augmentent considérablement leur volume par rapport aux dents, canines,
incisives et prémolaires, appartenant aux autres groupes.

Les premières molaires supérieures sont constituées de deux cuspides


vestibulaires et deux cuspides palatines qui décrivent un trapèze.

Les cuspides sont des élévations coronaires. On distingue les cuspides primaires ou
dites d’appui (cuspides vestibulaires mandibulaires et palatines maxillaires) dont les
rôles sont d’écraser les aliments et de fixer la dimension verticale d’occlusion et
les cuspides secondaires appelées aussi de préhension (cuspides vestibulaires
maxillaires et linguales mandibulaires) qui permettent la dilacération du bol
alimentaire et la protection des tissus périphériques comme la joue et la langue.
L’ordre des cuspides en valeur décroissante est le suivant :
- Mesio-palatine ou Protocône
- Mesio-vestibulaire ou Paracône
- Disto-vestibulaire ou Metacône
- Disto-palatine ou Hypocône
Les arêtes cuspidiennes occlusales sont disposées de façon caractéristique sur cette
dent. Les arêtes internes des cuspides mésio-linguale et disto-vestibulaire se
rejoignent pour former une crête oblique appelée « pont d’email ».

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30

La première molaire inférieure présente une hauteur plus faible que son
diamètre vestibulo-lingual et son axe vestibulo-lingual est sensiblement parallèle à
sa antagoniste.
Le bord vestibulaire est fortement incliné en direction linguale ; on dit que la
couronne est « lingualée » par opposition à celles des molaires supérieures qui sont à
direction vestibulaire.
On distingue sur sa face occlusale cinq cuspides, les sillons les séparant offrent une
disposition connue sous le nom de dessin « dryopithèque » en « Y ».

Les faces occlusales participent à l’agencement inter-arcades. De part leur


anatomie (fosses, crêtes marginales, pentes cuspidiennes), elles sont les actrices
principales dans la déglutition et dans la mastication. Les muscles élévateurs
exercent une forte pression à leur niveau, elles représentent, en effet, avec les
secondes prémolaires, le centre de gravité de la mandibule.

4.1.2. Le centre de résistance

Le centre de résistance encore appelé barycentre ou centre de gravité est le


point d’un solide quelconque par lequel il faut faire passer la ligne d’action de la
force appliquée au solide, pour que le mouvement obtenu soit une translation pure
(CHATEAU, 1993) (11).

En pratique, sa position dépend du solide et du milieu c'est-à-dire :


 de la densité et de la hauteur de l’os alvéolaire donc de l’âge.
 de la morphologie radiculaire donc de la longueur de la forme et du nombre
de racines.

Ainsi plus la hauteur de la crête alvéolaire d’une dent diminue, plus son centre de
gravité s’apicalise.

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31

Sa localisation est indépendante des forces appliquées, il se situe pour une dent
monoradiculée, entre le tiers apical et la moitié de la longueur radiculaire et pour une
dent pluriradiculée à 1 ou 2 mm de la furcation.
Les racines des molaires mandibulaires forment un triangle à base occlusale alors
que les molaires maxillaires s’inscrivent dans un triangle à base apicale.

Lorsqu’une force ne passe pas par le centre de résistance de la dent, elle provoque un
mouvement de version (appelée aussi tipping) qui tend à faire basculer la dent. C’est
le cas des forces obliques comme celles exercées lors de la mastication.

4.2. Mise en place et rôle de la dent de 6 ans

La mastication et la stabilité occlusale en occlusion maximale sont


meilleures en présence de reliefs occlusaux marqués mais cela augmente le risque
d’interférences.
L’anatomie occlusale de la première molaire va jouer un rôle de guidage et
d’appui pour assurer l’efficacité de la mastication en particulier lors de la phase
d’écrasement. La structure anatomique fondamentale pour assurer ce rôle de
guidage est le pont d’email de la dent de six ans maxillaire. D’ailleurs, on observe
grâce au papier à articuler une inflexion au niveau de l’angle de ce pont produite au
passage de l’occlusion d’intercuspidie maximale. (LEGALL et LAURET, 2008) (23)

4.3. Rôle des canines

Lors de la mastication, en particulier en sortie de cycle, du coté non


mastiquant, on peut observer des contacts dentaires contro-latéraux au niveau des
canines et parfois de plusieurs dents en présence d’une fonction de groupe.
Le rôle de la canine est :
- De limiter le trajet de sortie de cycle du coté non travaillant et donc
d’assurer la protection de l’articulation temporo-mandibulaire.

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32

- De favoriser l’action des muscles masticateurs lors de l’écrasement en


constituant un point d’appui.
- De transmettre des informations au SNC pour réguler du coté travaillant
le rapprochement des versants cuspidiens de sortie de cycle, d’après
l’hypothèse de Legall et Lauret.

Leur rôle est donc primordial dans l’occlusion, lors des mouvements de
mastication car elles prennent en charge les forces lors des mouvements de latéralité
pour entrainer la désocclusion des autres dents.
Ce sont des dents très « solides », avec une racine longue qui peut mesurer jusqu’à
trois centimètres. De plus leur cingulum est très développé et elle présente aussi une
épaisseur vestibulo-linguale importante recouverte de davantage d’os vestibulaire
qu’au niveau des incisives. Ces caractéristiques lui offrent une résistance importante
aux forces non axiales (GEERAERT, 2011) (32).
La canine peut comporter quatre facettes d’usure : trois facettes fonctionnelles, une
d’entrée de cycle, une de sortie de cycle, une d’incision et une quatrième facette qui
est utilisée lors du mouvement de latéroclusion (LEGALL et LAURET) (24).

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V.PRESERVER L’EQUILIBRE OCCLUSAL

5.1. Mainteneur d’espace chez l’enfant

En pédodontie, le premier traitement interceptif a pour but de veiller à ce que


l’occlusion des dents définitives se réalise harmonieusement.

Des causes pathologiques (comme les caries et les pathologies générales),


des causes traumatiques (fractures ou luxations), des causes génétiques (anomalie
de nombre de forme et de structure) ou tumorales (kyste, améloblastome ou
fibrome) peuvent perturber la mise en place de l’occlusion dès le plus jeune âge et
être des facteurs d’édentements et/ou de fermeture d’espace.
Ces étiologies entrainent des conséquences à trois niveaux :
- localement :
o Le germe perd son guide naturel d’éruption et peut retarder
son évolution car une zone cicatricielle fibreuse se crée au niveau de
la perte prématurée de la dent de lait. La perte d’une molaire
temporaire peut aussi modifier l’occlusion et influencer la classe
d’Angle dans un sens ou dans l’autre.
o Surcharge occlusale relatives des autres dents
o Dégradation de l’équilibre occlusal

- au niveau loco-régional :
o L’équilibre neuro-musculaire entre la langue, les joues et
lèvres peut être perturbé par un édentement. Or, cet équilibre est
indispensable pour une croissance faciale harmonieuse. A l’inverse,
la croissance peut être perturbée par un articulé inadéquat et être la
cause de dysmorphose (cf. paragraphe 2.4. Les facteurs d’influence :
fonctions oro-faciales).

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34

o La mastication bilatérale alternée peut devenir


préférentiellement unilatérale avec toutes les répercussions sur la
physiologie musculaire et sur la croissance précédemment évoquées.

- au niveau général :
o Suivant le nombre de dents perdues, on constate des perturbations
au niveau fonctionnel. En effet, la mastication est diminuée, la
déglutition reste de type succion-déglutition avec des parafonctions
comme l’interposition linguale ou la contraction labiale et où la
respiration buccale persiste avec un retard de développement des
cavités aériennes supérieures.
o Ces parafonctions auraient des conséquences posturales soit directes
(perturbation de la croissance) soit indirectes de type compensation.

Un mainteneur d’espace doit empêcher la fermeture d’un espace tant dans


le sens vertical qu’antéro-posterieur. Il doit permettre l’éruption du germe sous-
jacent pour qu’il y ait une bonne occlusion.
La restauration des dents cariées est le premier mainteneur d’espace car la perte de
l’espace peut commencer par une simple carie proximale non traitée.

5.2. Répartitions des contacts en OIM

Repartir les forces en occlusion statique a pour objectif de distribuer


l’ensemble des forces occlusales au maximum de dents possibles.
En denture naturelle complète, les surfaces de contacts en occlusion d’intercuspidie
maximale varient de quelques millimètres carrés à 1 ou 2 cm2 (ORTHLIEB,
BROCARD, SCHITTLY, & MANIERE-EZVAN, 2000).
McNamara et Henry observent en moyenne 18 contacts occlusaux postérieurs, soit
seulement un tiers par rapport au schéma théorique idéal (McNAMARA & HENRY,
1974) (34).

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35

La retouche d’une cuspide d’appui peut se faire par addition (par obturations
restauratrices ou par réalisations prothétiques) ou soustraction (par meulage sélectif
ou resculpture des dents prothétiques ou naturelles).
Pour ne pas réduire la dimension verticale d’occlusion et éviter toute souffrance
articulaire, d’une façon générale, les cuspides supports d’occlusion sur les dents
naturelles ne doivent jamais être modifiées.

Pour contrôler et effectuer les modifications occlusales, l’utilisation du


papier articuler permet de marquer les contacts dentaires inter-arcades. Les vrais
contacts occlusaux sont examinés aux endroits ou les contacts ont traversé le papier
et sont représentés par un point blanc entouré de couleur. Le matériel de retouche
doit être adapté, en forme et en matériau, à l’épaisseur et au volume de la retouche
(de 10µ à quelques dixièmes de millimètres, pour l’épaisseur). Il s’agira donc de
cupules légèrement abrasives à des fraises de granulométrie croissante.

5.3.Équilibration fonctionnelle

Avant de réaliser l’équilibration fonctionnelle de la mastication, la dimension


verticale d’occlusion (DVO) et le schéma occlusal sont vérifiés et validés. La
réévaluation de la DVO, le cas échéant doit être faite préalablement à cette
équilibration.
Ensuite la chronologie de l’équilibration occlusale selon LE GALL et LAURET est :
- Soit de commencer par vérifier l’incision puis la mastication (puis à nouveau
l’incision)
-Soit l’inverse de démarrer par la mastication puis poursuivre par l’incision (puis
revenir à la mastication)
- Soit d’équilibrer simultanément l’incision et la mastication.
Tous les secteurs des arcades sont interdépendants pendant leur fonction, ils ne
peuvent donc pas être équilibrés isolément.

En pratique, l’équilibration commence par le marquage, à l’aide de papier


articuler très fin reparti sur les deux cotés de l’arcade, des points d’intercuspidation

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36

qui doivent être respectés donc préservés en faisant fermer rapidement le patient,
mais sans force. Les guidages d’incisions sont enregistrés avec un papier de même
épaisseur. Pour enregistrer les guidages fonctionnels postérieurs, on déclenche la
mastication en utilisant un papier coloré plus épais et de surface réduite
matérialisant le bol alimentaire. Une fois que le patient mastique de façon réflexe,
on utilise un papier marqueur d’occlusion d’épaisseur plus fine pour les réglages (15
à 20 µm).

5.3.2. Equilibration de l’incision

Pour ce réglage il est important que le patient effectue un mouvement


d’incision et non de proclusion afin de simuler les mouvements fonctionnels, car
des guidages non visibles lors de proclusion peuvent exister lors de l’incision.
En effet, il existe une zone non vérifiée en proclusion car les dents postérieures se
mettent rapidement en désocclusion.
Il est important de rappeler que pour obtenir efficacité et bonne répartition des forces
pendant l’occlusion, les contacts doivent être repartis sur les dents antérieures.
Pour Legall et Lauret, ils doivent être accompagnés par des contacts équilibrants et
symétriques sur les dents postérieures (Lauret et Le Gall, 1996).

Exemples d’équilibrations en incision (LE GALL & LAURET, La fonction


occlusale, implications cliniques, 2008)

 sur le guidage antérieur d’incision


Nous observons qu’une seule dent (incisive) (figure 5 a) supporte le contact
incisif en bout à bout et guide l’occlusion.
Il convient alors de vérifier si la dent est en sur guidage ou si les dents voisines sont
en sous guidage.
Si la désocclusion postérieure est importante pendant la propulsion, l’incisive est en
sur guidage et pourra donc être retouché par soustraction (figure 5 b).
En revanche, si la désocclusion postérieure est faible voire invisible, ce sont les dents
voisines qui sont considérées en sous-guidage. Il ne faut donc pas retoucher l’incisive

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assurant seule le guidage de l’incision car le risque est une perte de la dimension
verticale d’occlusion et l’apparition d’interférences postérieures durant l’incision. La
correction sera réalisée par adjonction de matière sur les dents voisines antérieures.

a)Vue clinique d’un surguidage sur


une obturation du composite après
traitement radiculaire de la 11

b) Vue clinique après correction

Figure 9 : Situation et correction d’un surguidage antérieur d’incision sur 11


d’après Legall et Lauret

 Interférences postérieures d’incision


Le contact des incisives est empêché en incision et propulsion par un contact
postérieur important et unilatéral.
L’interférence est souvent due à une dent de sagesse mandibulaire ou à une dent
égressée suite à l’extraction de son antagoniste non compensée.

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L’équilibration peut être réalisée par l’avulsion de la dent de sagesse causale ou la


soustraction de l’interférence par meulage, la correction nécessite parfois la
réhabilitation prothétique du site d’extraction.

5.3.3. Equilibration de la mastication

Pour effectuer cette équilibration, un mouvement de mastication


physiologique, c'est-à-dire centripète, est demandé au patient et non un
mouvement centrifuge de diduction qui est un mouvement de latéroclusion, en
général guidé par la canine du même côté (cf. précédemment).
Pendant la mastication les guidages dentaires n’ont ni le même sens, ni la même
orientation, ni la même intensité, ni la même répartition sur les groupes dentaires que
le mouvement de diduction. Donc l’exécution de ce mouvement permet de déceler
les interférences et sur guidages importants mais ne met pas évidence les guidages
d’entrée et de sortie de cycle (LE GALL & LAURET, Occlusion et fonction, une
approche clinique rationnelle, 2002).
Les premières molaires, étant les dents qui marquent l’installation de la fonction
masticatoire définitive chez l’enfant, ont donc un rôle primordial dans la cinématique
dento-dentaire postérieure.

 Equilibration en entrée de cycle

Sur guidage :
Les surguidages peuvent être observés lorsqu’une dent est en malposition ou
lors de la pose de couronnes prothétiques trop sculptées dans ce cas il convient
que les retouches soient effectuées par soustraction.
En revanche, si une seule molaire ou prémolaire assure ce guidage à coté de
couronnes prothétiques trop plates, ce n'est pas cette dernière qui est en surguidage et
qu’il faut retoucher car elle assure probablement un guidage normal mais ses
voisines qui sont en sous-guidage (LE GALL & LAURET, La fonction occlusale,
implications cliniques, 2008).

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a)mise en évidence
de deux surguidages
(en rouge sur
schéma) sur 24 et 25
en entrée de cycle,
les molaires ne
participent pas à cette
étape de la
mastication et la
canine n’assure plus
son rôle théorique de
protection

b) le réglage
est réalisé par
soustraction

Figure 10 : Surguidage en entrée de cycle masticatoire d’après Legall et Lauret

Sous guidage :
Le sous-guidage peut être observé lorsque le guidage d’entrée de cycle n’est plus
assuré normalement par les molaires. Ceci est souvent dû à la présence de versants
trop plats des cuspides.
Le Gall et Lauret expliquent que sous l’influence du système nerveux central,
l’amplitude du cycle de mastication se réduirait par un réflexe de protection ou à
l’inverse s’élargirait à la recherche de contact de guidages pour assurer la
proprioception et l’efficacité masticatoire. C’est ainsi que des contacts anormaux
pourraient apparaitre. Il est alors important avant de retoucher ces contacts de
réhabiliter par addition les contacts de guidages au niveau des molaires.

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 Correction des interférences du coté non travaillant

L’interférence est définie comme un obstacle empêchant ou déplaçant les


contacts ou guidages fonctionnels, une interférence est en général plus volumineuse
qu’un surguidage et est corrigée le plus souvent par soustraction.
Des interférences sont observées, par exemple, lors d’une égression d’une dent suite
à une édentation non compensée. Il va se produire un contact trop important au
niveau de la dent égressée du côté opposé à celui de la trituration.
Le Gall et Lauret expliquent que s’il y a malgré tout, une tentative de mastication,
elle pourra se traduire par une pathologie douloureuse bilatérale avec un
déplacement de l’enveloppe de mastication souvent insuffisant. La mastication
devient donc unilatérale et s’effectue du côté de l’interférence non mastiquante. Mais
cette dernière étant souvent importante interfère généralement aussi sur la
mastication de son côté, c'est-à-dire du côté travaillant.
La correction de ces interférences est donc primordiale et souvent la suppression de
ces dernières permet le rétablissement instantané de la mastication du côté opposé.
Ceci est d’autant plus important que les répercussions de ces interférences sont
dentaires (fractures, félûres, descellements, …), parodontales (alvéolyse verticale,…)
et articulaires (craquements, déplacements discal, …).

 Equilibration en sortie de cycle

La sortie dentaire du cycle masticatoire est la phase dento-dentaire terminale


concourant à l’écrasement du bol alimentaire par les dents cuspidées (Le Gall et
Lauret 1996).
Les tables de sortie s’affrontant soit avec aliments interposés, soit en contact direct
correspondent aux versants internes des cuspides vestibulaires mandibulaires et aux
versants internes des cuspides palatines maxillaires. Du côté non triturant, la canine
assure un contact stabilisant.

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Sur guidage :
Par exemple, une dent en malposition ou une couronne trop cuspidée
(Figure 9) ou manquant de jeu fonctionnel peut être la cause d’un surguidage. Le
surguidage devra être retouché progressivement en respectant les points de contacts
en occlusion d’intercuspidie maximale
Comme en entrée de cycle, si les dents voisines sont en sous guidage, une
dent naturelle avec des guidages physiologiques peut être confondue avec un
surguidage.

a)contacts en OIM
Lors de la pose
d’une céramo-
métallique sur 25

b) mise en évidence
d’un surguidage de
sortie de cycle sur
la 25

Figure 11 : Surguidage en sortie de cycle sur une couronne au niveau de 25


d’après Legall et Lauret

Sous guidage :
Il est observé lorsque les tables d’écrasement des molaires n’assurent plus le
guidage dento-dentaire de sortie de cycle.
Le Gall et Lauret expliquent que la perte de guidage peut se traduire par une
limitation de l’enveloppe du cycle ou une tentative de recherche des contacts
entrainant un évasement du cycle.

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Dans ce cas, des surcontacts apparaissent soit du côté opposé au niveau des
prémolaires et molaires soit du côté non triturant sur les faces palatines des canines et
incisives (Figure 10).
La correction consiste à redonner aux cuspides des molaires leur volume
physiologique par adjonction.

Figure 12 : Sous-guidage de sortie de cycle et surcontacts

5.4. Exploration des contacts occlusaux

5.4.1. Papier à articuler

Le contrôle occlusal peut être réalisé à l’aide des papiers à articuler


marqueurs. Ces derniers sont idéalement bloqués sur des pinces de type Péan ou des
pinces de Miller.
Le principe de leur utilisation est le transfert de pigment depuis le papier jusqu’à la
zone de contact occlusal.
Dans les traces occlusales imprimées par les papiers à articuler, il existe des traces
marquant un vrai point occlusal mais aussi des faux positifs et des faux négatifs.
Le faux positif correspond à une trace laissée par le frottement du papier
alors qu’il n’existe pas de contact à cet endroit.
Le faux négatif est un contact occlusal qui n’a pas laissé de marque cela peut
venir de la présence de salive, d’un papier usé, d’une marque effacée par un

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deuxième contact ou un frottement (ORTHLIEB J.-D. , Gnathologie fonctionnelle


Volume1: occlusion et restauration prothétique, 2009). Il peut être aussi lié à la
présence de différents matériaux qui sont différemment sensibles aux pigments
colorants (émail, céramique, résine, or, composite, …)
Un vrai contact occlusal se matérialise par des points de couleurs concordants au
maxillaire et à la mandibule et le fait que le papier ait été transpercé.
Il faut toujours comparer le résultat de nos observations avec les sensations du
patient.
Pour le contrôle primaire, le papier à articuler d’épaisseur de 200µm peut être
utilisé puis pour les contrôles intermédiaire ceux de 80µm et 40µm (il existe aussi
des feuille d’occlusion d’une épaisseur de 12µm).

5.4.2. T-Scan III

A l’inverse du papier à articuler qui ne permet que la localisation des points


de contacts sur l’arcade, le T-Scan renseigne sur l’ordre d’apparition des contacts
dentaires.
Le T-Scan III est un capteur matriciel d’une épaisseur d’environ 100µm parcouru
par un courant électrique de très faible intensité, il est relié à un logiciel qui
détermine la localisation et l’ordre d’apparition des contacts chaque centième de
seconde. Ce capteur est intéressant pour détecter les prématurités et les
interférences. Il fournit cependant une mesure relative. (35)

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CONCLUSION

Ce travail nous a permis de voir comment la première molaire joue un rôle


primordial dans l’efficacité de la mastication grâce au relief de ses cuspides
d’appuis et ses cuspides guides. Ce rôle est optimal en occlusion de classe I
(normocclusion), depuis le mouvement d’écrasement jusqu’à la position
d’intercuspidie maximale.
La première molaire, en plus de son rôle fonctionnel important, participe fortement à
l’équilibre occlusal et représente avec la deuxième prémolaire le centre de gravité
de la mandibule.

Sa réhabilitation ou son remplacement doit donc respecter son anatomie


occlusale. Le praticien, lors de ses traitements, doit privilégier la simulation des
mouvements fonctionnels d’incision et de mastication aux mouvements reproduits
par l’articluateur.
Ces mouvements physiologiques permettent d’appréhender au mieux l’intégration
de nos restaurations ou de nos traitements dans le contexte physiologique du patient.

Malgré nos critères cartésiens de jugement, l’Homme ne peut être décrit


comme une entité simple et unique. C’est ce qui rend si complexe les observations
et les réponses biologiques à tous les traitements.
C’est particulièrement vrai dans le cadre de la mastication, fonction pour laquelle
non seulement, il existe des différences d’origine génétique (forme et nombre des
dents, dysharmonies dente-maxillaire et maxillo-mandibulaire, …), culturelle
(habitudes alimentaires, mode de vie, hygiène, …) ou socio-économique (ressources
dipsonibles, mode de nutrition, contexte sanitaire, …) où des variations (mastication
préférentielle droite ou gauche) peuvent survenir au cours du temps pour un même
individu (suite à une douleur, un trauma, une restauration iatrogène, …).

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45

On distingue ainsi, de manière schématique, deux types de mastication, l’un


basé sur le modèle herbivore, l’autre sur le modèle carnivore qui permettent au
praticien d’appréhender le contexte dans lequel la restauration doit s’intégrer.
L’observation de ce contexte doit donc être préalable à tout traitement, du plus
favorable (mastication à prédominance verticale) au plus défavorable (mastication
type à prédominance latérale), il va guider nos traitements.

Malgré des rapports d’occlusion parfois atypiques, un équilibre occlusal


peut s’avérer stable et efficace. Les réhabilitations, retouches ou restaurations
éventuelles devront alors respecter cet équilibre ou le renforcer.

Ce travail représente un challenge pour le praticien qui devra observer et analyser


avant d’agir, au cas par cas en considérant le patient comme une entité individuelle
ayant une occlusion unique.

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46

Tables des figures

1. D’après J-J. Aknin (La croissance cranio-faciale.-Edition S.I.D., 2007)

2. D’après Le Huche (La voix, anatomie et physiologie des organes de la voix et de


la parole.-Edition Masson, Collection phoniatrie, 1984)

3. D’après Le Huche (La voix, anatomie et physiologie des organes de la voix et de


la parole.-Edition Masson, Collection phoniatrie, 1984)

4. D’après J-J. Aknin (La croissance cranio-faciale.-Edition S.I.D., 2007)

5. D’après J-D. Orthlieb (Occlusodontie pratique.- Rueil-Malmaison, Edition CdP,


2000)

6. D’après J-D. Orthlieb (Occlusodontie pratique.- Rueil-Malmaison, Edition CdP,


2000)

7. D’après U. Posselt (Physiologie de l’occlusion et réhabilitation.-Paris, Edition


Prélat, 1969)

8. D’après M.-J. Boileau, M. Sampeur-Tarrit, C. Bazert (Physiologie et


physiopathologie de la mastication, EMC – Stomatologie, 22-008-A-15, 2006)

9. D’après M. Le Gall et J-F. Lauret (La fonction occlusale, Implications cliniques. –


Rueil Malmaison, Edition CdP, 2008)

10. D’après M. Le Gall et J-F. Lauret (La fonction occlusale, Implications cliniques.
–Rueil Malmaison, Edition CdP, 2008)

11. D’après M. Le Gall et J-F. Lauret (La fonction occlusale, Implications cliniques.
–Rueil Malmaison, Edition CdP, 2008)

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47

12. D’après M. Le Gall et J-F. Lauret (La fonction occlusale, Implications cliniques.
–Rueil Malmaison, Edition CdP, 2008)

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(CC BY-NC-ND 2.0)
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Odontologie : Nantes ; 2010

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N° 2014 LYO 1D 081

MACABEO (Philippine) – La genèse de la mastication


(Thèse : Chir. Dent. : Lyon : 2014.081)
N°2014 LYO 1D 081

L’homme pour se nourrir mastique.

La croissance du maxillaire, des procès alvéolaires ainsi que de la mandibule en


particulier le développement des condyles jouent sur la mise en place d’une occlusion stable
aussi bien statique que dynamique.
Dès six mois, avec l’éruption des premières dents et l’introduction de l’alimentation solide,
la denture temporaire assure une fonction masticatoire.
Cette fonction fait partie avec la production de la parole des fonctions occlusales
dynamiques.
La mastication correspond à l’ensemble des mouvements depuis l’ingestion de l’aliment
jusqu’à sa déglutition complète. La phase essentielle de la trituration se caractérise par une
série de cycles d’écrasement dont la phase active conduit au rapprochement et au contact
des faces occlusales des molaires.
L’objectif de ce travail est de montrer l’importance de l’anatomie occlusale de la première
molaire dans le cycle de la mastication et la cinématique mandibulaire mise en jeu.
C’est pourquoi, préserver l’équilibre occlusal ou le renforcer doivent faire partie des
objectifs du chirurgien dentiste lors des réglages et de la restauration des faces occlusales.

Rubrique de classement : OCCLUSION

Mots clés : -fonction occlusale


-mastication
-équilibration occlusale

Mots clés en anglais : -occlusal function


-mastication
-occlusal equilibration

Jury : Président : Monsieur le Professeur Denis BOURGEOIS


Assesseurs : Monsieur le Professeur Jean-Christophe MAURIN
Monsieur le Docteur Christophe JEANNIN
Madame le Docteur Alexandra DAVID

Adresse de l’auteur : Philippine,MACABEO


3 C boulevard de Sevigné
21000 DIJON

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THÈ
THÈSES MAZENOD
℡ 06 01 99 75 70

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