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Corrigé TD 04/04/2020

1. Le but d’Elmire 
Elmire veut voir Tartuffe seule en secret pour ne pas éveiller les
soupçons d’Orgon qui est dupé et manipulé par ce faux dévot. En
s’entretenant en secret avec lui« J'ai voulu vous parler en secret », elle veut
savoir si le bruit qui court autour de son éventuelle union avec Mariane
est vrai « On tient que mon mari veut dégager sa foi, Et vous donner sa
fille; est-il vrai, dites-moi? » Et par la même occasion, elle veut le
convaincre de renoncer à ses grotesques épousailles et lui demande de
l’aider pour réussir le mariage de sa bru Mariane avec son amant
Valère. Mais très vite la discussion prend une autre dimension, tartuffe
joue le séducteur et le charmeur sans scrupules.

2. Tartuffe imposeur :
Tartuffe se montre imposteur par ses propositions osées, il ose
déclarer son amour alors qu’il est censé représenter la religion
chrétienne. Son discours est ambigu, en dressant un tableau d’Elmire il
confond le sensuel et le religieux. C’est un faux dévot en commettant le
blasphème avec la confusion qu’il fait entre l’amour pour une femme et
l’amour que le chrétien doit avoir pour son Dieu. Il affirme qu’il est une
créature faible avec un corps et une âme« pour être dévot, je n’en suis
pas moins homme », il admet son attirance presque naturelle et justifiée
envers elle « après tout, je ne suis pas un ange ». Il lui explique sa
faiblesse et son déchirement entre son amour et sa dévotion « de mon
intérieur vous fûtes souveraine », « un cœur se laisse prendre » Cet
aveu d’une faiblesse toute humaine fournit ainsi une excuse commode à
sa faute. Tartuffe est un « imposteur » dans un sens scandaleux ici,
puisqu’il met le langage et le dogme de la religion au service de son
désir purement physique. Il se révèle être un « épicurien ».

3. Les procédés comiques :


 Comique de situation : (scène de séduction) le directeur de
conscience est en train de courtiser la femme de son élève. Il ose la
décrire physiquement : Mon Dieu, que de ce point l'ouvrage est merveilleux!
On travaille aujourd'hui, d'un air miraculeux;
Jamais, en toute chose, on n'a vu si bien faire
Il y a aussi le quiproquo (malentendu) le désir d’Elmire de parler en
secret à Tartuffe lui à donner de faux espoirs il croyait que cette affaire
est justement son amour pour lui. J'en suis ravi de même ; et sans doute il
m'est doux,
Madame, de me voir, seul à seul, avec vous.
C'est une occasion qu'au Ciel j'ai demandée,

Sans que, jusqu'à cette heure, il me l'ait accordée.


 Comique de mots : l’ambigüité des mots utilisés par Tartuffe :
dans l’équivoque de certains termes à caractère religieux qui prennent
une coloration de sensualité : « ma ferveur est telle », « par excès de
zèle ». C’est-à-dire il emploie des mots religieux pour déclarer son
amour et c’est contradictoire !!
 Comique de gestes : le jeu de chaises et les attouchements
osés de Tartuffe (didascalies fonctionnelles : Il lui serre les bouts des doigts,
Il lui met la main sur le genou).

(Ici on note l’importance des didascalies dans la comédie parce que le comique
de gestes passe par elles).

 Comique de caractère réside dans la difficulté pour Tartuffe


de concilier la dévotion et la sensualité. Pris par son amour pour Elmire,
il perd sa face de dévot et laisse parler sa vraie personnalité. Il
« hypnotise » Orgon pour avoir sa fortune et sa fille et en même temps
il convoite sa femme. Quel culot !!
 C’est à travers ce caractère hypocrite et cette ferveur masquée que
Molière dévoile le comique de mœurs1. C’est à travers la fausse
dévotion représentée par Tartuffe et la sottise religieuse représentée
par les personnages Orgon et sa mère Mme Pernelle que Jean Baptiste
Poquelin dit Molière critique les pratiques vernaculaires de certains
religieux du 17ème siècle qui n’hésitent pas à se servir de la religion à
des fins pernicieusement personnelles.

4. Une pièce censurée


La première représentation de la pièce était en 1664, elle a connu
un grand succès mais rapidement condamnée par La Compagnie de
Saint-Sacrement. Le royaume était alors divisé autour des questions
religieuses et le parti des dévots était très puissant. Ils s’indignent face
à la pièce, et leur cabale oblige le Roi à la faire interdire. Elle était
prohibée à deux reprises, en 1664 et en 1667, pour outrage à la dignité
de l'Église. L’hypocrisie religieuse est un sujet très délicat pour être
porté au théâtre. Selon Bossuet ce n’est pas aux laïcs qu’il appartient de
juger et de trancher entre la vraie et la fausse dévotion. Depuis la pièce
connut plusieurs changements avec le même succès, fut jouée soixante-
dix-sept fois du vivant de l'auteur. Tenue pour une des comédies
majeures du répertoire universel.

1
Pour le comique de mœurs c’est à travers toute la pièce.