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PC - Lycée Dumont D’Urville

TD équations de Maxwell
I. Champ électrique longitudinal


On considère la situation dans laquelle, le champ électrique s’écrit: E (M, t) = E0 cos(ωt − kx)−

ex .
1. Pourquoi dit-on que le champ électrique est longitudinal?
2. En déduire l’expression du champ magnétique.


3. Déterminer les densités de charge ρ(M, t) et de courant j (M, t) et vérifier la relation qui les lie.

II. Equation de Maxwell locale

Le champ électrique dans un guide d’onde compris entre z = 0 et z = a en absence de charges et de courants,

− πz
s’écrit : E = E0 sin( ) cos(ωt − kx)−→
ey . En déduire l’expression du champ magnétique.
a

III. Courants de conduction et de déplacement

On étudie un milieu de conductivité σ pour lequel la densité volumique de courant de conduction vérifie la


∂E
loi d’ohm locale. On appelle courant de déplacement la grandeur ǫ0 .
∂t
→ −
− →
Ce milieu est le siège d’un champ électrique de la forme E = E0 cos(ωt + φ).
1. Déterminer le rapport α des amplitudes des courants de conduction et de déplacement.
2. Calculer α pour des fréquences de 10 Hz à 1010 Hz pour le cuivre et le verre. En déduire une sim-
plification de l’équation de Maxwell Ampère. Données: cuivre : σ = 6.107 SI et verre : σ = 10−6 SI et
1
= 9.109 SI.
4πǫ0

IV. Flux du vecteur de Poynting

On considère un câble électrique assimilé à un cylindre d’axe Oz, de longueur L, de rayon a, conducteur
ohmique de conductivité σ, parcouru par des courants indépendants du temps de densité volumique uniforme


j = j−

ez .
L’intensité totale est notée I. Sa perméabilité est celle du vide µ0 .
1. Calculer la résistance R du câble.

− →

2. Exprimer le champ E et le champ B en un point de la surface du conducteur (en r = a). Les exprimer
en fonction de I, σ, a, µ0 dans la base locale en cylindriques.
3. En déduire l’expression du vecteur de Poynting et de la puissance électromagnétique rayonnée par le
champ électromagnétique à travers le câble en fonction de la résistance R du câble et de I. Commenter.


− I − → −
→ −I 2 − →
Réponses : E = 2
ez , R = er .
πa σ 2γπ 2 a3

V. Chauffage par induction

Le four à induction est constitué d’une pièce métallique soumise à un champ magnétique variant à fréquence
élevée. Les courants de Foucault s’établissant dans la pièce métallique immobile provoquent un échauffement
par effet joule.
Oz
On considère un disque d’axe Oz, d’épaisseur e, de
rayon a et de conductivité γ. On plonge ce disque
dans le champ magnétique uniforme créé par un


solénoide : B = Bm cos(ωt)−→
ez .
B
Le champ électrique induit dans le disque est de la e
a


forme E = E(r, t)−→
eθ .

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1. Exprimer le champ électrique induit et en déduire le vecteur densité de courant j :
- Première méthode : par une équation de Maxwell (on donne le rotationnel en coordonnées cylindriques :
−→−→ 1 ∂Az ∂Aθ −→ ∂Ar ∂Az − → 1 ∂(rAθ ) ∂Ar − →
rot A = ( − )Ur + ( − )Uθ + ( − )Uz
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r ∂θ

- Deuxième méthode
I Z Z : donner la forme des lignes de champ électrique. Démontrer la loi de Faraday
→ −−→
− d → −

E .dOM = − B .dS →
n et appliquer cette loi sur une ligne de courant électrique pour en déduire
dt


l’expression de E .
2. Exprimer la puissance volumique instantanée reçue par le disque par effet Joule. En déduire l’expression
de la puissance moyenne totale < Ptot > reçue par le disque par effet Joule.
3. Faire l’application numérique. Données : Bm = 2.10−5 T , γ = 5.106 S/m, f = 25 kHz, e = 2 mm et
a = 10 cm.
En pratique, on utilise un disque constitué d’un matériau ferromagnétique car le champ magnétique créé
par le solénoide est multiplié par un coefficient µr (égal à 10000 pour le fer) à l’intérieur de ce matériau par
rapport à celui créé dans l’air.

2 4
→ γBm r
− πeBm a γ
Réponses : j = sin(ωt)−

eθ et < Ptot >= 2
2ω 8ω

VI. Décharge d’une boule conductrice dans l’air

Une boule conductrice de centre O et de rayon R porte initialement la charge Q0 uniformément répartie
en surface. Elle est abandonnée dans l’air supposé légèrement conducteur, de conductivité γ. A l’instant
t, la boule porte la charge Q(t). On cherche le champ électromagnétique en un point M repéré par ses
coordonnées sphériques.
1. Le théorème de Gauss est-il valable? Exprimer le champ électrique en M situé à l’extérieur de la boule
conductrice. En déduire le vecteur densité de courant.
2. Déduire des symétries que le champ magnétique est nul en tout point.
3. Déduire de l’équation de Maxwell-Ampère, l’équation différentielle vérifiée par Q(t). La résoudre.
4. Calculer de deux façons différentes l’énergie dissipée dans le milieu. Commenter. On rappelle que le
volume élémentaire en coordonnées sphériques s’écrit dτ = r2 dr sin θdθdφ.


− γQ(t) − → Q20
Réponses : j = 2
er , Q(t) = Q0 e−t/τ et l’énergie perdue est .
4πǫ0 r 8πǫ0 R

VII. Solénoı̈de créant un champ magnétique variable

On considère un solénoı̈de long, de rayon a, d’axe Oz, à l’intérieur duquel règne un champ magnétique


B = B0 e−t/τ −→
ez et on s’intéresse à une section de celui-ci de longueur L. On cherche le champ électrique


sous la forme E = E(r, t)− →
eθ .
1. Justifier l’expression du champ électrique.
2. A l’aide de la formulation intégrale de l’équation de Maxwell-Faraday, déterminer l’expression du champ
électrique.
Retrouver le résultat par l’équation locale de Maxwell-Faraday. On donne le rotationnel en coordonnées
−→−→ 1 ∂Az ∂Aθ −→ ∂Ar ∂Az −→ 1 ∂(rAθ ) ∂Ar − →
cylindriques : rot A = ( − )Ur + ( − )Uθ + ( − )Uz
r ∂θ ∂z ∂z ∂r r ∂r ∂θ

3. Calculer le rapport µ des densités volumiques d’énergies électrique et magnétique à l’intérieur du


solénoide.
4. Application numérique : a = 10 cm et τ = 1 ms. Conclure.
5. Calculer le vecteur de Poynting et son flux à travers les bords du solénoı̈de.
6. Calculer l’énergie magnétique dans le solénoide à l’instant t = 0 puis à l’instant t. En déduire la variation
d’énergie magnétique. Comparer le résultat au flux du vecteur de Poynting et conclure.

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VIII. Solénoide en ARQS

On étudie une portion de longueur l de solénoı̈de d’axe Oz comportant n spires jointives par unité de
longueur, dont on néglige la résistance. On note a le rayon des spires et i(t) = i0 cos(ωt) le courant qui les
parcourt. On adopte le système des coordonnées cylindriques M (r, θ, z) et la base associée.
1. Donner une condition sur la pulsation ω afin de pouvoir se placer dans l’ARQS.
2. On suppose les conditions de l’ARQS magnétique réunies. En déduire l’expression du champ magnétique


B en tout point à l’intérieur du solénoı̈de.


3. Justifier que le champ électrique se met sous la forme E = E(r, t)−
→eθ . Quelle est l’expression du champ
−→− → 1 ∂Az ∂Aθ − →
électrique associé? On donne le rotationnel en coordonnées cylindriques : rot A = ( − )Ur +
r ∂θ ∂z
∂Ar ∂Az −→ 1 ∂(rAθ ) ∂Ar − →
( − )Uθ + ( − )Uz
∂z ∂r r ∂r ∂θ

4. Montrer que la contribution électrique à l’énergie est négligeable devant la contribution magnétique.
5. Déterminer l’expression du vecteur de Poynting.
6. En choisissant une surface cylindrique de rayon r = a− et de longueur h, déterminer l’énergie électromagnétique
totale associée au solénoı̈de à l’instant t. En déduire l’expression du coefficient d’auto-induction.
7. Vérifier le bilan énergétique.

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IX. Correction : Solénoı̈de créant un champ magnétique variable

1. Le plan passant par M et Oz est un plan d’antisymétrie pour les sources (ici les courants). Le champ
électrique est perpendiculaire à ce plan contenant les vecteurs −

ez et −

er donc il est selon −

eθ .
Il y a invariance par rotation autour de Oz et invariance par translation selon Oz donc les champs ne
dépendent ni de θ, ni de z.
I ZZ
− −−→
→ d → −

2. L’équation intégrale de Maxwell Faraday s’écrit E .dOM = − B .dS →
n.
dt
On choisit iciIcomme contour un cercle
Z de rayon r centré sur l’axe Oz. Ce contour est orienté par le vecteur

− →
− → −−→

n = ez soit E .dOM = E(r, t) dl = 2πrE(r, t).

On calcule le flux du champ magnétique à travers le disque délimité par ce contour. On doit distinguer deux
cas:
ZZ ZZ
→ −

- Pour r < a : B .dS →
ez = B0 e−t/τ dS = B0 e−t/τ πr2 .

B0 −t/τ B0 r −t/τ
Ainsi par application de la loi de faraday on a 2πrE(r, t) = πr2 e soit E(r, t) = e .
τ 2τ
ZZ ZZ
→ −

- Pour r > a : B .dS →
ez = B0 e−t/τ dS = B0 e−t/τ πa2 (le champ magnétique est nul a l’extérieur du
solénoide!!).
B0 −t/τ B0 a2 −t/τ
Ainsi par application de la loi de faraday on a 2πrE(r, t) = πR2 e soit E(r, t) = e .
τ 2rτ
B2 B 2 e−2t/τ
3. La densité volumique d’énergie magnétique est um = = 0 .
2µ0 2µ0
ǫ0 E 2 ǫ0 r2 B02 −2t/τ
La densité volumique d’énergie électrique (à l’intérieur du solénoide) est ue = = e .
2 8τ 2
ue r2
D’où le rapport demandé : µ = = 2 2.
um 4c τ
ue
4. Application numérique : µ = ≃ 10−12 . On en déduit que l’énergie électrique est très négligeable
um
devant l’énergie magnétique stockée dans le solénoide.
→ −
− →

− E ΛB EB −→
5. On calcule le vecteur de Poynting par R = = er .
µ0 µ0
ZZ
→ −

On en déduit le flux à travers la surface latérale du solénoide : P = R .dS →er = R(r = a).2πaL =
B02 πa2 L −2t/τ
e .
µ0 τ
6. Le solénoide ne stocke de l’énergie que sous forme magnétique. A l’instant initial, l’énergie magnétique
B2
est Um (t = 0) = 0 (πa2 L) (on multiplie directement la densité volumique d’énergie magnétique par le
2µ0
volume du solénoide car la densité d’énergie est uniforme).
B02 e−2t/τ
A l’instant t, l’énergie magnétique est Um (t) = (πa2 L).
2µ0
B02
D’où la variation d’énergie: ∆Um = (πa2 L)(e−2t/τ − 1) < 0.
2µ0
On peut vérifier que cette énergie perdue correspond
Z t à 2celle2 rayonnée par le2 vecteur de Poynting à travers
B πa L −2t/τ B
la surface latérale du solénoide en effet ∆Um = = 0 e dt = 0 (πa2 L)(1 − e−2t/τ ).
0 µ 0 τ 2µ 0
On a ainsi vérifié que l’énergie est bien conservée.

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X. Correction : Décharge d’une boule conductrice dans l’air

− ρ
1. Le théorème de Gauss résulte de l’équation de Maxwell Gauss : div E = . Cette équation est identique
ǫ0
en électrostatique et en régime variable donc le théorème de Gauss est valable aussi en régime variable.
A l’extérieur de la boule, tout se passe comme si le champ électrique est créé par une charge ponctuelle Q(t)

− Q(t) − → →
− →
− →
− γQ(t) − →
placée en O soit E = er . On en déduit j par la loi d’ohm locale j = γ E = er .
4πǫ0 r2 4πǫ0 r2
2. Les courants de déplacement et de conduction sont selon − →
er donc tout plan passant par OM sont des
+
plans P pour les courants et le champ magnétique en M est perpendiculaire à tous ces plans : le champ
magnétique est nul.

− →

−→−→ →
− ∂E →
− →
− ∂E →

3. L’équation de Maxwell-Ampère s’écrit rot B = µ0 j + µ0 ǫ0 = 0 soit j + ǫ0 = 0 ou encore
∂t ∂t
γQ(t) + ǫ0 Q′ (t) = 0.
Q(t) ǫ0
On doit résoudre Q′ (t) + = 0 avec τ = soit Q(t) = Q0 e−t/τ .
τ γ
ǫ0 E 2 Q20
4. A l’instant initial, la densité volumique d’énergie électrique est ue = = , on en déduit
2 2ǫ0 r4 (4π)2
l’énergie dans tout l’espace par une intégrale soit:
ZZZ Z ∞ Z π Z 2π
Q20 Q20 1 Q20
Ue (t = 0) = dτ = dr sin θdθ dφ = .
2ǫ0 r4 (4π)2 2ǫ0 (4π)2 R r2 0 0 8πǫ0 R
A la fin du régime transitoire, le champ électrique est nul donc Ue (t− > ∞) = 0.
Q20
La variation d’énergie électrique est donc ∆Ue = − .
8πǫ20 R
dP →−
− → γQ(t) 2
Vérifions que cette énergie a été perdue par effet Joule. On a = j . E = γE 2 = γ( ) .
dτ 4πǫ0 r2
On calcule la puissance totale en faisant une intégrale sur tout l’espace à l’extérieur de la boule, là où règne
ZZZ Z Z π Z 2π
γQ(t) 2 γQ(t) 2 ∞ 1 Q(t)2
le champ électrique : P = γ( ) dτ = γ( ) dr sin θdθ dφ = γ .
4πǫ0 r2 4πǫ0 R r
2
0 0 4πǫ20 R
On en déduit l’énergie en intégrant par rapport au temps entre t = 0 et t− > ∞ soit:
Z ∞ Z ∞
Q(t)2 Q20 −2t/τ Q20 τ Q20
EJoule = γ dt = γ e dt = γ = .
0 4πǫ20 R 4πǫ20 R 0 4πǫ20 R 2 8πǫ20 R
On trouve bien que l’énergie a été dissipée par effet Joule, soit le champ électrique a cédé de l’énergie aux
porteurs de charge libre du conducteur.
Remarque : Il n’y a pas d’énergie magnétique en absence de champ magnétique et le champ électrique est
nul à l’intérieur de la boule. En effet, on a qint = 0 pour r < R.