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‫وﻛﻔﻰ‬ ‫اﻟﺤﻤﺪ‬

LES 07 ERREURS A EVITER LORS DE LA DETERMINATION DE


L’IMPOT EXIGIBLE SUR LE BENEFICE DES SOCIETES (IBS)

Parmi les erreurs, qui peuvent se produire lors de la détermination de l’impôt


exigible (IBS), sont les suivantes :

PREMIERE ERREUR : LA NON REINTEGRATION DES CHARGES, QUI NE SONT


PAS DEDUCTIBLES FISCALEMENT, QU’A LA DATE DE LEUR ENCAISSEMENT.
A titre d’exemples de cette catégorie de charge :

-les honoraires non encore réglées, ou constatées comme charges à payer, telles-
que les honoraires des Commissaires Aux Comptes (1).

-la TAP dont le fait générateur est l'encaissement (cas des travaux immobiliers et les
prestations de services) (2).

- la taxe foncière, et la taxe d'assainissement de l’exercice en cours, constater


comme charge à payer, c'est-à-dire avant la mise en recouvrement par
l’Administration fiscale par l’envoie d’avertissement (3).

-les congés à payer (*) du 2ème semestre de l’exercice « n », constater comme charges
à payer (guide des provisions page 05, élaboré par la DGI et publie dans le site de la
DGE).

DEUXIEME ERREUR : LA NON DEDUCTION DU RESULTAT FISCAL DE L’EXERCICE


« N », LES CHARGES QUI N’ETAIENT PAS DEDUCTIBLES DURANT L’EXERCICE
« N-1 », OU LA NON REINTEGRATION DES PRODUITS DE L’EXERCICE « N » QUI
N’ETAIENT PAS IMPOSABLE DURANT L’EXERCICE « N-1 ».

Certains comptables oublient de :


-déduire du résultat fiscal de l’exercice « n », les charges de « n-1 » qui ont été
réintégrées fiscalement à titre temporelle dans le résultat de l’exercice « n-1 », mais
« déductibles » durant l’exercice durant leur décaissement effectif (cas des congés
payés, honoraires CAC, TAP sur les travaux immobiliers et les prestations de
services, ect…),
Ou,
-Réintégrer du résultat fiscal de l’exercice « n », les produits de « n-1 » qui ont été
déduites fiscalement à titre temporelle du le résultat de l’exercice « n-1 », mais
« imposables » durant l’exercice de leur encaissement (cas des subventions d’Etat).
Exemple n° 01 : Charges non déductibles fiscalement en « n-1 ».
Congés à payer 2ème semestre 2016 : 200
Congés à payer 2ème semestre 2017 : 300

Au 31/12/2016:
A réintégrer dans le résultat fiscal de 2016 les congés payés pour 200 (colonne
réintégrations de la liasse fiscal 2016).

Au 31/12/2017:
- A déduire les congés pays de 2016 du résultat fiscal de 2017 pour 200 « colonne
déductions de la liasse fiscal 2017),
- A réintégrer les congés à payer de 2017 du le résultat fiscal de 2017 pour 300
« colonne réintégrations de la liasse fiscal 2017).

Exemple n° 02 : Produits non imposables fiscalement en « n-1 »


Subventions d’Etats non encaissés en 2016 : 400

Au 31/12/2016:
A déduire du résultat fiscal de 2016 le montant des subventions pour 400 « colonne
Déductions de la liasse fiscal 2016).

Au 31/12/2017:
A réintégrer le montant des subventions de 2016, dans le résultat fiscal de 2017
pour 400 « colonne Réintégrations de la liasse fiscal 2017).

TROISIEME ERREUR : LA DEDUCTION DU REPORT DEFICITAIRE DOUBLEMENT


Parmi les erreurs qui peuvent se produire, avec des conséquences lourdes en cas
d’une vérification fiscale, c’est la déduction doublement (sans faire attention), d’un
déficit antérieur du résultat fiscal bénéficiaire :

Exemple :

Exercice 2015 :
Résultat comptable avant impôt négatif : -100
Réintégrations : néant
Déductions: néant
Résultat fiscal 2015 déficitaire : -100

Exercice 2016 :
Résultat comptable négatif : -200
Réintégrations : néant
Déductions (déficit 2015) :-100
Résultat fiscal 2016 déficitaire : -300 (-200 -100)

Exercice 2017 (le traitement erroné):


Résultat comptable positif : +900
Réintégrations : néant
Déductions (résultats fiscales au lieu de déficits de 2015 et 2016) : - 400 (-100 -
300)
Résultat fiscal 2017 bénéficiaire : +500 (+900 -400)
IBS (taux 19%) : -95 (500 X 19%)

Constatation :
Le comptable, a déduit à tort, le déficit de l’exercice 2015 (-100) à deux reprise de la
base imposable de l’exercice de 2017:

La première fois, le déficit de 2015 proprement dit,


La deuxième fois, quant-il a déduit le « résultat fiscal de 2016 » ou lieu du « déficit
fiscal de 2016», puisque le déficit de 2015 est inclus dans le résultat fiscal de 2016.

Les déficits antérieurs à déduire :


Déficit de 2015 : -100
Déficit de 2016 : -200

Exercice 2017 (le traitement correct):


Résultat comptable positif : +900
Réintégrations : néant
Déductions (déficits antérieurs de 2015 et 2016) : - 300 (-100 -200)
Résultat fiscal 2017 bénéficiaire : +600 (+900 -300)
IBS (taux 19%) : 114 au lieu de 95 (600 X 19%).

QUATRIEME ERREUR : TRAITEMENTS DES IMPOTS DIFFERES


4.1) L’existence de la rubrique « impôts différés » (4) dans la partie « réintégrations »
du tableau n°09 de la liasse fiscale ; a induit certains en erreur, car ils croient
qu’il faut réintégrer les impôts différés dans l’assiette de détermination de l’impôt
exigible (IBS).

Il à noter à ce sujet, que les impôts différés n’ont aucune relation avec le résultat
fiscal ou l’assiette servant comme base pour le calcul de l’impôt exigible IBS (ni
dans les réintégrations ni dans les déductions fiscales).

1ère règle :

Les impôts différés ne sont déterminer et comptabiliser, QU’APRES le calcul


et la comptabilisation de l’impôt exigible IBS.

4.2) Les impôts différés ne doivent, en aucun cas être déduits du solde de
liquidation de l’IBS (cas de l’impôt différé actif), ou ajoutés au solde de liquidation
(cas de l’impôt différé passif).

2ème règle :

La fiscalité différée, st une simple technique PUREMENT COMPTABLE, qui


n’a aucune relation avec le droit fiscal.
3ème règle :
Pour la comptabilisation des impôts différés :
- Réintégrations temporelles=IDA (cpte 133 à cpte 692)
- Déductions temporelles=IDP( cpte 293 à cpte 134)

CINQUIEME ERREUR : DEDUCTION FISCALE DES CHARGES DES EXERCICES


ANTERIEURS, CONSTATEES DIRECTEMENT DANS LE COMPTE « REPORT A
NOUVEAU ».
Ne sont pas déduites du résultat fiscal de l’exercice « n », les charges « non
comptabilisées » ou « comptabilisées au moins » des exercices antérieurs, déjà
comptabilisées directement dans le comptes « report à nouveau » à la réouverture de
l’exercice « n » ; étant donné que le droit fiscal Algérien, n'admit pas leur
déductibilité, seules les charges liées à l’exercice en cours sont déductibles (5).

SIXIEME ERREUR : REINTEGRATION DES TOUTES LES CHARGES A PAYER


En règle générale, les charges à payer constatées à la clôture de l’exercice dans le
cadre de l’arrêté des comptes annuels, sont déductibles fiscalement sauf
disposition contraire fiscale (cas des congés à payer, honoraires non réglées, TAP
dans le fait générateur de l’encaissement, IBS ect..) (6).

Les conditions de déduction des charges sont :


« Pour être déductibles, les charges doivent :
• être engagées dans le cadre de la gestion normale de l’entreprise ou dans un
intérêt,
• correspondre à une charge effective et être appuyées de justifications suffisantes,
• se traduire par une diminution de l’actif net,
• être comprises dans les charges de l’exercice au cours duquel elles ont été
engagées. » Fin de citation. (5)

L’exemple, qui clarifie cet aspect, c’est le cas des charges de personnel du mois de
Décembre « n », réglées en janvier « n+1 » ; ces dernières sont des charges à payer
déductibles sans équivoque, durant l’exercice « n » (passif certain).

A cet effet, et à titre d’illustration ; l’électricité, gaz et le téléphone des derniers


mois de « n », réglés en « n+1 », sont des charges à payer déductibles.

SEPTIEME ERREUR : REINTEGRATION DE LA TAP FIGURANTE SUR LE ROLE


SUITE A UN REDRESSEMENT FISCAL.
Les pénalités portées sur le rôle suite à un redressement fiscal, ne sont pas
déductibles, contrairement aux impôts et taxes qui sont « à la charge de
l’entreprise » tel-que : TAP, taxe d’assainissement et taxe foncière (7).

a) Pour les pénalités, il faut les réintégrées dans le résultat fiscale de l'exercice «n».
b) Les taxes précitées, sont des charges déductibles de l'exercice « n », étant donné
que leur exigibilité est due suivant la date de "MISE EN RECOUVREMENT" du rôle
(durant l'exercice de notification du rôle), puisque le droit fiscal considère ces taxes
sont rattachés à l’exercice de mise en recouvrement, malgré qu'il s’agit des impôts
relatifs à des périodes antérieures (8).

A cet effet, les taxes (TAP, taxes d’assainissement et fonciers) comptabilisées dans le
compte de charge « 64 », ne doivent pas êtres réintégrées fiscalement dans le
résultat fiscal (tableau n°09 de la liasse fiscale), par contre si ces taxes étaient
enregistrées directement dans le compte report à nouveau (montant significatif),
elles doivent êtres portées dans la colonne « déductions » du tableau n°09 de la
liasse fiscale, du fait qu’elles sont déductibles.

Exemple N° 01 : (montants de la TAP et de la pénalité non significatifs)

Les informations du rôle de redressement notifié à l’entité durant le 2ème semestre


2017, sont comme suit :

-principale (TAP de l’exercice 2015) :100


-pénalité : 25

Schéma d’écriture comptable :


2ème semestre 2017 :
cpte 64 :100
cpte 657 : 25
à cpte 512 : 125

Au 31/12/2017
Tableau n°09
Réintégrations :
Pénalités : 25

Déductions :
Néant

Exemple N° 02 : (montants de la TAP et de la pénalité significatifs)

les informations du rôle de redressement notifié à l’entité durant le 3ème semestre


2017, sont comme suit :
-principale (TAP de l’exercice 2016) :2000
-pénalité : 500

Schéma d’écriture comptable :


Au 01/01/2017
cpte 11 :2000
cpte 11 : 500
à cpte 447 : 2500
Au 31/12/2017
Tableau n°09
Réintégrations :
Néant (la pénalité n’a pas été constatée en charge)

Déductions :
TAP : 2000 (la TAP déductible fiscalement, n’a pas été constatée dans le compte de
charge 64).

‫وﺻﻠﻰ ﷲ ﻋﻠﻰ اﻟﺒﺸﯿﺮ اﻟﻨﺬﯾﺮ‬


RADJAH Toufik – Aboudjaber - Commissaire Aux Comptes

Sétif le, 30 Mars 2018

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1) Art. 141 du CIDTA : « Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci
comprenant notamment :
Les frais généraux de toute nature, …, les frais d’assistance technique et les honoraires payables en
monnaie autre que la monnaie nationale, leur déductibilité est, pour les entreprises qui en effectuent
le paiement, subordonnée à l’agrément de transfert, délivré par les autorités financières
compétentes.
Pour ces mêmes entreprises, les frais de siège sont déductibles dans les limites de 1% du chiffre
d’affaires au cours de l’exercice correspondant à leur engagement.
S’agissant des autres contribuables, la déductibilité des frais susvisés ainsi que les frais de siège, est
subordonnée à leur paiement effectif au cours de l’exercice. » Fin de citation.

2) Art. 221 bis du CIDTA : « Le fait générateur de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) est
constitué :
a- Pour les ventes, par la livraison juridique ou matérielle de la marchandise ;
b- Pour les travaux immobiliers et les prestations de services, par l’encaissement total ou partiel
du prix. » Fin de citation.
3) « Les impôts, droits ou taxes supportés par l'entreprise, ouvre droit à la déduction, à l'exception
de l'impôt sur les bénéfices de sociétés.
Ces impôts doivent être déduits des résultats de l'exercice au cours duquel ils ont été mis en
recouvrement ou sont devenus exigibles (taxe foncière, TAP, versement forfaitaire, taxe
d'assainissement) » Fin de citation, site de la DGI sujet sur la détermination de l’IBS» :
www.mfdgi.gov.dz/index.php/2014-05-20-11-22-40/2014-05-20-11-57-36

4) Pour bien comprendre la philosophie des impôts différés, visionner mon monologue sur le impôts
différés :
https://www.youtube.com/watch?v=QgbqjIwimUA

5) voir le Guide pratique du contribuable 2017 page 09 et le Guide fiscal de l’investisseur en Algérie
2017, page 28 : (publies dans le site de la DGI: www.mfdgi.gov.dz)

Conditions de déduction des charges :


Pour être déductibles, les charges doivent :
• être engagées dans le cadre de la gestion normale de l’entreprise ou dans un intérêt,
• correspondre à une charge effective et être appuyées de justifications suffisantes,
• se traduire par une diminution de l’actif net,
• être comprises dans les charges de l’exercice au cours duquel elles ont été engagées.

et voir aussi la réponse de la DGI à la requête de la CAAT sur les charges des exercices antérieurs:

http://www.up-9.com/imagef-151491834144231-jpg.html

6) Pour plus de détail sur les différents types de charges à payer et leur traitement fiscal, consulter le
sujet suivant le lien ci-après (publie dans le Forum des Comptables Algériens) :

http://www.compta-alg.com/t12517-deductibilite-des-charges-a-payer

7) Article 141 du CIDTA : "le bénéfice imposable est établi sous déduction de toutes les charges.
Celles-ci comprennent :
1 à 3 :…
4- Les impôts à la charge de l’entreprise mis en recouvrement au cours de l’exercice, à l’exception de
l’impôt sur les bénéfices des sociétés lui-même."

8) Pour plus de détail sur la comptabilisation du rôle, consulter le sujet ci-après (publie dans le Forum
des Comptables Algériens) :

www.compta-alg.com/t12539-le-role-de-redressement-fiscal-est-il-deductible

(*) Note importante : les charges patronales liées aux congés à payer du 2ème semestre de l’exercice
« n », doivent êtres aussi, comptabilisées, car les congés à payer est un « événement » qui génère
une « obligation » vis-à-vis aux organismes sociaux (CNAS et CASNOS), et par conséquent, l’obligation
de constater un « passif » comme charges à payer.