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La pluralité des cultures est-elle un obstacle à l'unité du genre humain ?

Introduction

Le monde tel qu'il se présente aujourd'hui est formé d'une multitude de cultures différentes : ces
dernières regroupent la langue, les moeurs, les traditions et les modes de vie propres à une
population. Il nous est dès lors possible de différencier plusieurs cultures majeures : culture
occidentale, africaine ou asiatique. L'ensemble de ces population, quand bien même toutes font
partie du genre humain, l'Humanité, se distinguent les unes des autres par une forte identité liée à
ces cultures : c'est le sentiment d'appartenance à un groupe. L'unité du genre humain, principe
selon lequel l'humanité pourrait être, un jour ou l'autre, uniforme et rassemblée sous une même
identité, sous un même drapeau, est une idée largement débattue depuis plusieurs décennies. Il
convient ainsi de se demander si les division inhérentes aux différents peuples peuvent contrarier
leur unité.

Les différences culturelles des êtres humains peuvent-elles être un obstacle à leur unité, à leur
rassemblement commun ?

I)La pluralité culturelle est source de divisions et de conflits

La pluralité culturelle du monde est un fait communément admis et incontestable. De même, les
êtres humains n'ont qu'un seul habitat commun : la Terre. Les différentes populations doivent
donc, contre leur gré ou non, cohabiter ensemble. Cette cohabitation rend évidente la rencontre
des cultures entre elles. Ces rencontres peuvent parfois aboutir à des antagonismes virulents :
alors que dans une culture, le principe de séparation entre l'État et la religion est patent, cela ne
l'est pas forcément pour une culture autre où il n'existe aucune distinction entre les deux : la
religion dicte la loi de l'État, qui lui-même se base, dans tous les domaines, sur des principes
religieux. Ces antagonismes, loin d'être inexistants, posent de nombreux problèmes entre les pays
actuels, tels Israël et Palestine, où chacun revendique le droit à une terre car c'est la destinée
manifeste de leur peuple, inscrite dans les écrits saints.

Ces antagonismes peuvent dès lors déboucher sur des conflits armés, des oppositions virulentes
entre populations. Le cas du Moyen-Orient est patent, mais d'autres existent toujours ou ont
existé : la colonisation avec l'idée d'évangéliser les « sauvages », le massacre de la population
Inca par Francisco Pizzaro ou même le génocide Indien d'Amérique. Par les guerres et les
exécutions, la possibilité même d'une unité du genre humain se voit discréditée. La rencontre des
cultures n'aboutit cependant pas toujours à des conflits : des cultures peuvent cohabiter sans
vouloir cependant se lier entre elles. Aux États-Unis, les fortes minorités hispaniques et chinoises
se démarquent de la masse par « principe », ne voulant pas y être assimilées : dans les pays
occidentaux, l'ethnocentrisme est un phénomène majeur avec lequel il faut compter. Toutefois,
ces mêmes éléments tendent à nous prouver que malgré la pluralité évidente des cultures, l'unité
du genre humain semble possible.

II)Une unité pas forcément utopique

L'exemple américain, avec la cohabitation de cultures différentes sans les uniformiser est à
nuancer : quand bien même l'ethnocentrisme y est présent, il existe en parallèle un immense
sentiment national capable d'unir les différentes populations en cas d'atteinte à leur pays : il n'est
pas rare de voir des drapeaux américains accrochés aux habitations, et ce même pour des
personnes asiatiques, africaines ou hispaniques. L'unité nationale existe ainsi en parallèle avec
l'ethnocentrisme, révélant un certain paradoxe.

L'unité humaine peut être réalisée même en conservant plusieurs cultures : c'est l'antagonisme de
ces dernières qui les oppose. Néanmoins, pluralité des cultures ne rime pas toujours avec
antagonisme : il existe des différences entre des populations sans qu'elles soient radicalement
opposées l'une à l'autre, sans qu'elles se défient. Dès lors, nous pouvons en déduire que ce n'est
pas tant la pluralité des cultures qui serait un obstacle au genre humain, mais plutôt
l'hypothétique antagonisme entre ces dernières : les communautés asiatiques d'Europe s'intègrent
aisément aux populations sans pour autant renier leurs origines et leurs traditions.

Les guerres, malgré les évidentes horreurs qui s'y produisent, peuvent être, paradoxalement,
facteur d'unification : ce sont justement la barbarie et la violence qui font prendre conscience aux
populations de la nécessité d'un monde pacifique, et donc, d'un embryon d'unité entre toutes les
populations humaines. Ainsi, après la Seconde Guerre mondiale où l'un des principes avec été la
hiérarchie manifeste des races (et donc de leurs cultures), l'ONU s'est imposée comme un
puissant facteur d'unification au sein du globe : avec 192 membres, la grande majorité des
cultures du monde y siègent et tentent de masquer leurs différences afin de trouver des
résolutions pacifiques aux conflits : on peut dès lors y déceler une certaine volonté d'unité du
genre humain.
Un certain nombre de penseurs, ont, au fil des siècles, tenté d'aborder cette question et nombreux
sont ceux à prôner la tolérance à travers leurs écrits : ainsi, Voltaire, dans Zadig, utilise
habilement l'ironie pour discréditer les différentes religions qui se réclament toutes de Dieu mais
connaissent des querelles incessantes, dues aux moyens mêmes de rendre hommage à Dieu ;
Zadig leur démontre alors la puérilité de leurs disputes en leur faisant remarquer que malgré
leurs différentes, la finalité est la même : tous croient en Dieu.

Conclusion

Par conséquent, la possibilité d'une unité du genre humain tout en conservant la pluralité des
cultures se révèle être un défi majeur de notre temps : certains voient en elle un obstacle au
rassemblement de l'Humanité sous un même drapeau, tels Samuel Huntington et sa fameuse
théorie du « Choc des civilisations », accréditée par les attentats du 11 septembre 2001.
Toutefois, la cohabitation harmonieuse de plusieurs cultures tout en conservant leur spécificités
tend à nous prouver que l'unité du genre humain n'est pas une utopique : l'obstacle réel n'est tant
pas l'existence elle-même de plusieurs cultures, mais plutôt les préjugés inhérents aux
populations qui aboutissent parfois à des conflits. Ce qui est évident pour un oriental ne l'est pas
tant pour un occidental, et vice-versa. La possibilité même d'une unité globale des être humains
passe ainsi inexorablement par l'émancipation universelle des individus vis-à-vis des préjugés
qui nous opposent. Ce débat n'a dès lors, jamais été aussi présent dans nos sociétés qu'au 21è
siècle avec la montée grandissante de la mondialisation et de toutes les interrogations qui en
découlent.