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Les petites vieilles - Baudelaire

Dans l’esthétique de la laideur, on peut dire que Baudelaire est un précurseur. Aussi, en ce
qui concerne la description de la vieillesse, il se distingue nettement de Ronsard (voir l’article
sur « Quand vous serez bien vieille »), qui ne perçoit aucune beauté dans les traits d’une
vieille femme. Baudelaire offre un portrait assez pitoyable de la vieillesse, tout en mêlant un
sentiment de tendresse envers celle-ci. Comment Baudelaire fait-il du corps considéré
comme laid, – le corps des vieilles femmes – un objet de beauté ?

Alors que Ronsard prévient Hélène qu’aucune vieille femme n’est la Muse des poètes,
Baudelaire, lui, dédie un poème à ces créatures qu’il trouve mystérieuses. Il prouve à
nouveau la modernité de son esthétisme, et sa rupture avec les codes classique de la
poésie : les thèmes qu’il aborde est à l’opposé de la tradition. Ainsi, tout en respectant les
règles poétiques formelles, Baudelaire choisit de renverser les codes et, littéralement, de
créer du neuf avec du vieux.

En conclusion, ce poème a tout pour se distinguer du XVIe siècle, et de la vision de la beauté


de Ronsard. Alors que ce dernier ne voit de la beauté qu’en une jeune femme, aux traits
physiques apparemment dignes des canons de beauté, Baudelaire se veut plus subversif
encore en créant une poétique de la boue. Il décrit dans son poème des petites vieilles,
parfois à la manière d’un scientifique froid, mais le plus souvent en manifestant toute la
tendresse qu’il voit en ces êtres qui lui ressemblent finalement beaucoup. Le poète met en
œuvre son projet : prendre de la boue pour la transformer en or. Baudelaire est celui qui a
transformé le paysage urbain apparemment laid et sale en un sujet poétique beau et
fascinant.

Lettre 37 – Montesquieu (Lettres Persanes)


Montesquieu (1689-1755) est philosophe, moraliste et écrivain français. Il doit sa célébrité
à l'une de ses œuvres : Les Lettres persanes publiées en 1721. Les Lettres persanes est un
roman épistolaire. Cette correspondance a été créée afin d'obliger le lecteur français à
regarder d'un œil neuf son propre mode de vie, sa culture, ses institutions ses dirigeants.
Nous allons aujourd'hui étudier l'une de ces lettres : la lettre 37. Cette lettre fut écrite en
1713 par Usbek à Ibben. Usbek parle du roi et de ses incohérences.

«Montesquieu se livre à une critique acerbe du régime de Louis XIV et remet en question de
système de la monarchie absolue de droit divin ainsi que l’esprit de Cour.

Cette lettre 37 des lettres persanes est une parodie d’éloge pour avertir le futur Prince des
erreurs à ne pas commettre à l’égard de son peuple. Le futur Louis XV ne doit pas reproduire
les errements de son arrière-grand-père.
Si Montesquieu critique Louis XIV, ce n’est en effet pas tant pour Louis XIV mais pour son
successeur Louis XV qui hérite de la Couronne à 5 ans, d’où une période de Régence assurée
par le Régent Philippe d’Orléans.»

Lettre 161 - Montesquieu


«Lettres persanes de Montesquieu est un roman épistolaire (=composé de lettres) qui met
en scène deux persans, Usbek et Rica, lors de leur voyage en Europe au début du XVIIIème
siècle. Le regard éloigné et faussement naïf que les deux persans portent sur l’Europe
permet à Montesquieu de faire la critique des institutions et moeurs européennes.
Parallèlement, une autre intrigue se noue à Ispahan, dans le sérail d’Usbek. Les femmes du
harem, dont la favorite d’Usbek, Roxane, se révoltent contre la tyrannie de leur maître.Cette
intrigue orientale permet d’approfondir la réflexion sur la liberté menée par Montesquieu
dans l’ensemble du roman. La dernière lettre de son roman, la lettre 161, est écrite par
Roxane au sultan Usbek. Cette lettre constitue l’excipit des Lettres persanes. C’est un
moment stratégique pour Montesquieu qui va affirmer l’idée maîtresse de son ouvrage :
créer un nouveau langage au service de la liberté, notamment des femmes.»

«Montesquieu, célèbre pour avoir défendu l’équilibre des pouvoirs dans De l’Esprit des Lois,
s’attache dans cette lettre 161 à équilibrer les pouvoirs au sein de la cellule familiale. Cette
défense de la condition féminine constitue le point d’aboutissement de sa réflexion sur la
liberté menée dans tout l’ouvrage. Laclos utilisera la figure de la Marquise de Merteuil dans
les Liaisons dangereuses pour affirmer le pouvoir féminin.»

Le vin des chiffonniers