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Selim Sioud

20103487

TRAVAIL DE RECHERCHE

Dans le cadre du cours Pol 1600


« Relations internationales»

Enseignant : Lee J. M. Seymour


Correcteur : Valérie Roy

Département de science politique


Université de Montréal

3 Avril 2020
Sujet : La théorie réaliste et les conflits entre puissances

Question de recherche : Quels facteurs influenceront la probabilité́ d’une guerre entre les États-

Unis et la Chine dans les prochaines années?

Aujourd’hui en 2020, les États Unis et la Chine sont respectivement premier et deuxième

mondiaux en terme de budget de la défense loin devant la Russie1, en dehors de la rivalité

militaire, si l’on ajoute le contexte de rivalité économiques et idéologique entre ces deux pays, la

menace d’une «seconde guerre froide » serait tout sauf virtuelle.

Les thèmes de la guerre, de la paix, de la sécurité sont des thèmes récurrents dans les théories des

relations internationales, celles-ci proposent chacune différentes manières d’expliquer ou

d’interpréter des cas celui-ci. Ces trois théories que sont le libéralisme, le constructivisme et le

réalisme présentent des arguments explicatifs différents, nous allons au long de ce travail nous

concentrer sur une explication de type réaliste, qui nous semble la plus adéquate pour analyser

cette situation.

Comment le réalisme explique-t-il, mieux que le constructivisme et le libéralisme l’incapacité des

Etats-Unis et de la Russie à mener une paix perpétuelle ?

Nous allons dans un premier temps, analyser les limites que proposent le libéralisme et le

constructivisme pour analyser notre sujet puis nous étudierons les trois images de Waltz2

explicative de la guerre ou de la « non-paix ».

Le libéralisme, s’inspirant de philosophes tel que Kant ou Locke se caractérise par une vision

optimiste des relations internationales, cette théorie que la paix est accessible à l’échelle

internationale et de manière continue (Kant)3 repose sur certains principes libéraux qui placent

l’individu au centre des relations internationales tel que la liberté, l’Etat de droit, la démocratie, le

libre-échange, la coopération internationales… Ainsi, selon les libéralistes on peut espérer que la

paix soit obtenu par le commerce (Montesquieu), car un Etat aurait plus intérêt à commercer avec
un autre Etat que de lui faire la guerre, ou encore par l’émancipation de la démocratie, il est

prouvé de manière empirique qu’un Etat démocratique ne fait pas la guerre à un autre Etat

démocratique mais en revanche, les Etats démocratiques sont moins prudents à l’égard des Etats

non démocratique ce qui pourrait expliquer par exemple la prise de risque des Etats-Unis (pays

démocratique) à déclencher une guerre contre l’Iran en assassinant du général Soleimani4 en

Janvier 2020 à Bagdad, en Irak (pays non démocratique) mettant en jeu la paix entre ces deux

pays, en d’autre mots, si toutes les sociétés respectaient les concepts proposés par les libéraux, la

paix perpétuelle devrait pouvoir s’observer ce qui explique donc que la paix entre les Etats Unis

et la Chine, pays non démocratique ne persisterait pas, car les deux ne partagent pas les mêmes

valeurs sociétales. Cependant, cette théorie présente certaines limites, la Chine est une ancienne

dictature qui n’a jamais vraiment adapté les principes de la démocratie puisqu’elle historiquement

toujours eu une un système de partie unique, or ce n’est pas pour autant que nous avons assisté à

des conflits armés entre les deux pays historiquement et même quand il s’agit des conflits

commerciaux, ils sont rares et sont très relatifs aux hommes aux pouvoirs du moment, ce qui

montre la limite de l’argument libérale et que donc une paix entre pays démocratique et non

démocratique est tout à fait possible.

Le constructivisme de son côté s’attache à étudier le rôle des idées, des normes, du savoir, de la

culture et des arguments en politique pour analyser les relations internationales, il leur donne une

importance supérieure à la valeur matériels des relations internationales, cette théorie tient tout

son sens dans l’analyse de notre cas, puisque si l’on met à l’écart les enjeux matériels qu’aurait

un conflit entre les Etats Unis et la Chine et que l’on se concentre sur les idées de deux régimes

de cet accord, on observe que d’un côté nous avons le président des Etats Unis Donald Trump qui

est profondément isolationniste aussi bien dans ses discours que dans ses actes puisque depuis sa

présidence, les Etats Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire Iranien en mai 20185, Trump
envisage également un retrait de l’ALENA, l’accord de libre-échange nord-américain et a

également procédé au retrait des forces américaines en Syrie mais surtout en juin 2017, il

annonce le retrait de son pays des accord de Paris sur le climat. Xi Jinping lui, président depuis

Mars 2013, a au contraire une idéologie expansionniste qui consiste a influé les relations

internationales par le commerce et le développement en commun, l’exemple qui démontre cette

politique d’expansionnisme est le projet des nouvelles routes de la soie6 qui serait une

construction et amélioration de voies maritimes et terrestres pour rallier la Chine à l’Europe de

l’Ouest. D’un point de vue militaire, la Chine a également installé sa première base militaire à

l’étranger, à Djibouti en 2017 affirmant ainsi sa puissance militaire, dont Xi Jinping ne cesse de

renforcer le poids depuis qu’il est au pouvoir et dont il n’hésite pas à faire démonstration dans de

grands et spectaculaires défilés militaires. Si l’on prend donc en considération uniquement les

idéologies des différents acteurs de ce conflit potentiel, la logique veut effectivement que la paix

devrait prendre fin, cependant, il parait assez difficile de croire que la tension entre les Etats Unis

et la Chine soit uniquement due à une idéologie isolationniste des Etats-Unis, même si ils prônent

défendre leurs idées, ils ont dans l’histoire toujours agit dans leurs intérêts personnel, par

exemple lors de la première et deuxième guerre mondiale et lors des deux guerres du golf, après

avoir vécu le 20e siècle, il est difficile de croire que les Etats Unis agissent pour des raisons

idéologiques, surtout pour un situation aussi important en terme de sécurité que celle ci

C’est alors qu’arrive la troisième grande théorie des relations internationales qui portera l’objet

de notre étude, le réalisme.

Même si les Etats-Unis et la Chine ne sont pas à proprement dit en état de guerre militaire, la

guerre commerciale entre les deux pays remet en grand risque la sécurité du monde, et dans le cas

de notre étude nous allons apparenter cette situation de « non-paix » à une situation de guerre,

dans son livre Theory of International Politics, Kenneth Waltz, un des fondateur du néoréalisme
propose trois « images » expliquer la guerre, trois niveau d’analyse, parmi ces trois, le premier

suppose que la guerre est causé par la nature de certains dirigeants politiques.

Cette situation de guerre ou plutôt de non paix, répond tout à fait aux exigence nécessaire selon

Waltz , lorsqu’il s’agit de la première image, la nature du président Trump, est connue par tous, il

s’agit d’un homme n’appartenant pas au monde de la politique et qui s’y est initié au moment de

la campagne pour l’élection présidentielle des Etats Unis en 2016, un milliardaire âgé de 73 ans

n’ayant aucune peur des conséquences de ses prises de décisions, Donald Trump est reconnu pour

être un homme impulsif, doté d’un style particulier, parfois insolant et insultant envers ses

homologues, en dehors de ses pratiques impulsives, ses décisions en politique étrangères le sont

aussi, par exemple lorsqu’il décide de se retirer de l’accord de Paris sur le climat sans penser aux

conséquences que cette décision pourrait avoir sur la planète ou quand il menace de « détruire

totalement la Corée du Nord » en 2017 à la tribune de l’ONU en cas d’attaque de cette dernière.

Il s’agit également d’un président qui a pour objectif l’Amérique d’abord (America First !), c’est

son slogan de campagne, cet objectif passe par l’affirmation des Etats Unis comme la seule

superpuissance militaire mondiale, il parle de « contester à la Chine tout avantage militaire qui

aurait découlé de son comportement illégal »7, la nature du président Trump semble tout à fait

caractérisée la nature de certains dirigeant politique qu’évoque Waltz qui serait propice à la

guerre.

Du côté Chinois, Xi Jinping lui, chef de l’Etat autoritaire Chinois, même si son attitude est plus

proche d’un homme d’Etat raisonnable que Donald Trump, il n’en est pas pour autant un

président très prudent pour autant, Xi Jinping a une nature lui aussi assez agressive, qui se montre

par le contrôle des médias, s’opposant ouvertement à la démocratie et aux droits de l’homme
dans son pays, également au niveau des relations internationales, Xi Jinping s’oppose aux Etats

Unis en créant le « rêve chinois » qui sera son slogan politique en écho au rêve et que « The

Economist » présente comme un mélange de réforme économique et de nationalisme véhément.8

Xi Jinping régnant sans partage et sans opposition réelle dans son pays lui non plus ne craint pas

les conséquences politiques de certaines prises de risques en relations internationale, mais surtout

il est fondamentalement anti-impérialiste et refuse l’idée que les Etats-Unis soient la seule

hyperpuissance dans le monde et qu’ils puissent dicter aux autres pays, dont la Chine les

politiques à suivre, là aussi nous avons un personnage tout à fait propice à faire la guerre selon

Waltz.

La deuxième image de Waltz considère que la construction historique des Etats s’est faite grâce à

la guerre et prend en compte que la structure interne des Etats, leur politique étrangère et leur

régime politique sont considérées comme les facteurs explicatifs prioritaires. La politique des

Etats-Unis depuis 1948 a toujours été interventionniste, jusqu’à l’arrivée de Donald Trump en

2017, sa politique isolationniste, même si son isolement n’est pas encore total explique

effectivement ce retrait d’une alliance avec un autre pays qu’il considère comme impuissant par

rapport au sien, n’hésitant pas à le menacer, du côté de la Chine, La Chine a depuis la fin de la

guerre froide optée pour un rapprochement vers l’occident notamment en intégrant l’Organisation

Mondial du Commerce en 2001, cependant une méfiance certaine existe toujours envers les

américains et leurs impérialisme de la part de régime Chinois. Le régime politique également est

intéressant à analyser dans ce cas, les Etats Unis ont un système présidentiel ou le chef de l’Etat

est le chef du gouvernement mais surtout, il n’est pas révocable par l’assemblée, un président tel

que cela, qui possède beaucoup de pouvoir est plus apte à prendre des risques, notamment de

guerre qu’un président par exemple d’un régime semi-présidentiel, la Chine quant à elle n’est pas
une démocratie et le président Xi Jinping y règne en dictateur sans opposition réelle, ce qui rend

les tensions plus probable selon les faits statistiques que si les deux pays étaient démocratiques la

guerre serait tout à fait improbable.

Dans la troisième image, le système anarchique du système internationale ne permet pas non

plus la paix entre ces deux pays, selon Waltz, l’interdépendance ne peut surgir que dans des

sociétés formellement organisées, l’interdépendance étant sensé caractériser la paix puisque, un

pays étant dépendant en partie d’un pays n’a pas intérêt à lui faire la guerre, dans le cas d’une

société (mondiale) hiérarchisée, avec une autorité supranationale, les pays pourraient poursuivre

leurs intérêts sans se soucier de leurs sécurité vis-à-vis des autres, car dans ce contexte, la sécurité

est l’enjeux majeur des relations Américano-Chinoises, le modèle anarchique tel que présent

aujourd’hui limite la coopération, c’est le principe du self help system, chaque Etat se protège des

autres, cette condition d’insécurité, caractérisée par l’impossibilité de connaitre les intentions des

autres, inhabilite la coopération, c’est le principe du dilemme du prisonnier qui illustre

parfaitement cette situation, dans le cas présent où Chine et Etats-Unis ne peuvent pas

communiquer entre eux ou du moins, doutent de la parole de chacun, Chine comme Etats Unis

ont intérêt à trahir leur parole, prenons le point de vue de la Chine, si jamais les Etats-Unis

décident de ne pas cesser leur armements massifs tel que c’est le cas aujourd’hui, la Chine aura

alors comme intérêt à elle aussi ne pas cesser son armement puis que sinon, elle se retrouverait

avec un très large désavantage par rapport aux Etats Unis au niveau de sa puissance militaire, si

jamais maintenant, les Etats Unis choisissent de respecter un accord de désarmement, la Chine

aura la encore intérêt, pour maximiser ses intérêts de trahir l’accord, car trahir l’accord lui

donnerait un certain avantage militaire sur son rival, l’équilibre de Nash de ce jeu sans

coopération indique donc que chacun a intérêt à trahir l’accord. Ainsi l’absence d’autorité
supérieure aux Etats amène à la situation d’anarchie dans laquelle la coopération entre les Etats

au niveau de la paix est très limitée.

Cette vision « pessimiste » de monde est contestée par les libéraux, partisans d’un monde idéalisé

dont Montesquieu, qui lui ne considère pas l’installation d’une autorité supranationale mais qui

croit plutôt aux règle du commerce et de l’économie comme Adam Smith et la main invisible,

pour eux deux, le commerce et le libéralisme (économique et politique) est la clé du succès de la

paix dans le monde.

En conclusion, même si les trois théories des relations internationales proposent chacune des

explications sensés et intéressantes, la théorie réaliste nous parait plus adéquate pour étudier ce

sujet, la sécurité étant le domaine privilégié des réaliste, même si les questions de normes et

d’idéologie ont un certain rôle à jouer, et même la différence entre le mode de fonctionnement de

la société et de l’Etat Chinois par rapport au modèle américain crée des complications, l’intérêt

de chacun des pays en question a une importance supérieure à ces autres données. Pour la Chine

comme pour les Etats Unis, c’est accord est une question de sécurité interne, les américains

souhaitant être la seule superpuissance militaire du monde et les Chinois ne souhaitant plus être

marginalisés à ce niveau. Pour conclure, nous devons souligner, une fois de plus les propos très

pertinents qui résument assez bien la situation du monde actuel et du monde futur, de Waltz qui

sont que l’anarchie à l’échelle mondiale est responsable de l’insécurité et de la guerre, le

commerce et l’économie de marché s’est rependu dans presque la totalité du monde, et pourtant

les guerres persistent, la seule solution qui pourrait, en théorie stopper les guerres et les conflits

interétatiques seraient l’instauration d’une autorité supranationale à l’échelle mondiale, cependant

rien n’indique que ce projet pourrait un jour voir le jour, en attendant, les guerres et conflits

persisteront.
Bibliographie :

1-Donnees.banquemondiale.org. 2020. Dépenses Militaires (% Du PIB) | Data. [online] Available

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2- Waltz, K., 1959. Man, The State And War.

3- Kant, E., 1795. Vers La Paix Perpétuelle.

4- Malbrunot, G., 2020. Les Dessous De L’Assassinat Du Général Qassem Soleimani À Bagdad.

[online] Le Figaro.fr. Available at: <https://www.lefigaro.fr/international/les-dessous-de-l-

assassinat-du-general-qassem-soleimani-a-badgad-20200109>.

5- Le Monde.fr. 2020. Donald Trump Annonce Le Retrait Des Etats-Unis De L’Accord Sur Le

Nucléaire Iranien. [online] Available at:

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/05/08/donald-trump-annonce-le-retrait-des-etats-

unis-de-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien_5296297_3222.html.

6-Leconomiste.eu. 2019. La Nouvelle Route De La Soie - L'économiste. [online] Available at:

<https://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/693-la-nouvelle-route-de-la-soie.html>

7-The Economist. 2014. Chasing The Chinese Dream. [online] Available at:

<https://www.economist.com/news/briefing/21577063-chinas-new-leader-has-been-quick-

consolidate-his-power-what-does-he-now-want-his> [Accessed 3 April 2020].

Articles Scientifiques :

- Waltz, K., 1959. Man, The State And War.

- Kant, E., 1795. Vers La Paix Perpétuelle.

- Frederic Ramel, 2013. Traité de relations internationales

- Marie-Claude Smouts, 1998. Les nouvelles relations internationales

- Alexandra de Hoop Scheffer, 2012. Le bilan d’Obama