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MOOC « Étudiants dyslexiques dans mon amphi : comprendre et aider »

Séquence 2 – Module 1 – Vidéo A

MOOC « Étudiants dyslexiques dans mon amphi : comprendre et aider »


Séquence 2 – Module 1 – Vidéo A
La dyslexie : un trouble spécifique du traitement de l’écrit

Et si pour commencer nous revenions sur quelques idées reçues au


sujet de la dyslexie ?

Il est possible qu’à titre personnel, vous n’ayez pas de telles idées
préconçues, mais il est important de les connaître, par exemple pour les
repérer dans des discussions que vous pourriez avoir au sujet de la
dyslexie.

Tout d’abord, le terme « dyslexie » doit être réservé aux seuls cas où le
diagnostic a été posé par un professionnel compétent et diplômé. Ils sont
orthophonistes, parfois psychologues-neuropsychologues. Il faut donc
proscrire le diagnostic intuitif, et se méfier de l’autodiagnostic dont un
étudiant peut par exemple vous faire part en se basant sur son ressenti.
La dyslexie peut être plus ou moins sévère, mais si quelqu’un se déclare
« sans doute un peu dyslexique » parce qu’il fait des fautes
d’orthographe ou éprouve peu de plaisir à lire, c’est souvent une simple
intuition de sa part et cela ne prouve rien. Ce type de plainte doit être
écouté, car la dyslexie doit être ensuite confirmée éventuellement par un
diagnostic ou bien infirmée.

Limiter l’utilisation de ce terme présente plusieurs avantages. Cela évite


d’alerter inutilement, car le terme de « dyslexie » n’est pas anodin du
point de vue de la représentation de soi, du regard de la société, du point

Janvier 2019
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de vue des droits du patient. Il est aussi fondamental de ne pas


galvauder ce terme, pour rendre justice aux personnes vraiment
dyslexiques et vivant donc une situation de handicap à respecter.
Utilisons donc ce terme à bon escient. Contrairement à une idée
répandue, la dyslexie n’est pas une mauvaise excuse, ni le signe
extérieur d’efforts insuffisants. Il s’agit d’un Trouble Spécifique des
Apprentissages, un TSA, c’est-à-dire une difficulté à apprendre dans un
domaine particulier.

En France, ces troubles sont couramment appelés « troubles DYS » : on


parle notamment de dyslexie ou de dyscalculie. En cas de dyslexie, il est
difficile de mettre en place des compétences dans le domaine de l’écrit.
Et l’enfant dyslexique a des difficultés anormalement fortes à apprendre
à lire.

La notion de TSA est primordiale pour la représentation qu’on se fait de


la dyslexie. Les chercheurs et les professionnels de santé, essaient alors
de comprendre le pourquoi : de se représenter la cause, le déficit cognitif
sous-jacent à l’origine de la dyslexie. L’important est cette cause, et ils la
conservent à l’esprit. Car c’est elle qui induira plus tard d’autres
difficultés telles qu’une une dysorthographie ou la dyscalculie.

Les TSA sont aujourd’hui internationalement reconnus comme étant


d’origine neuro-développementale, au même titre que d’autres groupes
de pathologies qui apparaissent pendant l’enfance. Les troubles de la
communication comme la dysphasie, la déficience intellectuelle, le
trouble de l’attention avec le fameux TDAH ou Trouble/Déficit de
l’Attention avec ou sans Hyperactivité, ou encore les troubles autistiques

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ou encore les troubles moteurs tels que la dyspraxie. Toutes ces


pathologies sont des Troubles Neuro-développementaux et, par
définition, s’expliquent par autre chose qu’un manque de motivation ou
une défaillance du système éducatif ou scolaire. Ils résultent d’un
développement cérébral qui s’effectue de manière atypique. Les
recherches montrent de petites anomalies anatomiques du cerveau,
surtout dans les aires du langage en cas de dyslexie. Les recherches
montrent aussi des anomalies de fonctionnement de certains réseaux
cérébraux, avec bien souvent une communication insuffisante entre les
aires cérébrales importantes pour le langage. Ces anomalies sont
discrètes, et ne peuvent pas être mises sur le même plan que des
troubles neurologiques massifs tels que les épilepsies, les tumeurs
cérébrales, ou les grosses malformations neurologiques. Ces anomalies
discrètes suffisent cependant à perturber certains mécanismes cognitifs
nécessaires à la lecture.

Comme elles sont de natures variées, elles ne perturbent pas le


traitement de l’écrit de la même façon chez tous les enfants dyslexiques.
C’est pourquoi il existe différents types de dyslexie, et vous avez peut-
être entendu parler de dyslexie phonologique ou de dyslexie de surface
par exemple. Lorsque le diagnostic est fait par un professionnel, il part
de l’observation des difficultés particulières du jeune patient pour inférer
les causes possibles. Il fait cela de façon personnalisée et objective, à
partir d’un entretien et de tests validés. Le professionnel peut discerner
chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte s’il souffre d’autre chose qui
pourrait être confondu avec une dyslexie (un problème d’intégration dans

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la vie scolaire, une dépression, un simple retard ou une lenteur


d’apprentissage). Aujourd’hui, le bilan vise non seulement le diagnostic,
mais aussi à préciser la dyslexie dont l’enfant souffre, pour comprendre
les mécanismes cognitifs défectueux sous-jacents à la dyslexie et
envisager des remédiations pour proposer des aménagements adaptés.

Janvier 2019

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