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Objet d’étude 1

Argumentation :
Convaincre, persuader, délibérer

Séquence 1 : le siècle des Lumières, un siècle de contestations

Texte 1 : Diderot, Encyclopédie (1751-1772), article « Autorité »


Dictionnaire et encyclopédie sont différents :
•Dictionnaire= dictionorium, vocabularium (latin), qui donne du vocabulaire, ≈14ᵉ
•Encyclopédie= enkuklopaideia (grec), manuel et traité savant ≈ fin 16ᵉ et qui donne
plusieurs idée universel sur un sujet
Objectivité : notion qui correspond à un désir de neutralité
Subjectivité : l’affecte et le sentiment sont présents et le locuteur prend position dans un sujet
•Le premier paragraphe : une construction argumentative qui introduit la thèse de Diderot
Le texte s’ouvre avec la thèse explicite de Diderot « Aucun homme … commander aux autres »
Postulat initial : être libre définitivement et inaliénable
Mais l.3, on a une première : on acquiert la liberté que quand on a la raison, liberté = être
raisonnable. Les deux termes liberté et raison sont liés et dons qui dit liberté dit raison (=juger).
Avec cette première nuance D. introduit une première restriction.
Puis il donne une autre restriction celle de l autorité paternel, qui est la seule reconnu et accordé
par la nature. Cette autorité ne dure que pendant le temps de l’éducation, c’est donc une autorité
provisoire. Implicitement il dit que l’enfant n’est pas libre mais grâce à l’éducation il apprend à
raisonner et donc le devient.
Toute autre autorité est artificielle et ne conduit pas à la liberté. L’autorité temporaire et donc la
seule juste
•La première autorité contre nature, celle née de la violence
Dans le premier paragraphe D. explique ce qu’est selon lui l’autorité, il argumente. Puis dans les
paragraphes suivants développe sa thèse : il évoque une autorité contre nature dont il donne 2
origines : la force ou la soumission.
Usurpation : s’approprier de qq chose dont on n’a pas le droit, soit par la ruse soit par la violence.
D. emploi la frome restrictive (ne+que) et grammaticalement et sémantiquement il montre son
opinons négative face à l’acquisition de l’autorité par la force, qui est al loi du plus fort et donc
qui n’est pas basé sur la raison.
En effet l’autorité née de la violence n’a rien de raisonné, un pouvoir emparé par la violence n’est
pas stable, il est temporaire, arbitraire et peut être renversable à l’infinité. C’est donc un système
non vivable.
« en sorte que », « autant de », « la même loi » … constitue une justification des mouvements
révolutionnaires de la révolte contre le roi.
Ce passage est dangereux pour voltaire car a l’époque c’est une monarchie de droit divin, D.
s’attaque au roi et donc aussi à Dieu. Attention : il remet bien en cause la monarchie mais pas
Dieu.
Il dit donc que tout soulèvement est possible car nul ne peut exercer sa force sur autrui.
Dans le troisième paragraphe il fait une transition entre l’autorité violente et l’autorité de
soumission.
•Le quatrième paragraphe : vers l’autorité consentie
Subordination : le fait d’être soumis à qq un
Lèse-majesté : atteinte à la puissance
D. parle ici d’une l’autorité qui nait du consentement et non de al violence. A travers sa forme
d’écriture on peut le sentir moins virulent. En effet il emploi un lexique plus positif, ne dénonce
pas cette autorité car elle est consentie, il pense qu’une société ne peut évoluer sans autorité,
cadre, limites, lois… Le gouvernement doit avoir des pouvoirs mais acceptable et donc avec des
limites. Il ne faut surtout pas tomber dans l’idolâtrie, mais bien accepter un consentement qui est
bien évidemment nécessaire.
Pour D. il faut exclure la soumission, idolâtrie et donc la monarchie de droit divin.
Il refuse le fait que d’être soumis à un autre être humain car pour lui il n’y a qu’un maitre
absolue : Dieu. On peut constater la présence du champ lexical du divin. Avec le « ne
communique point » il s’adresse directement a Dieu pour ne pas qu’il donne ses pouvoir à une
autre personne, il remet donc en cause le pouvoir politique et entre autre la monarchie de droit
divin.
Il dit qu’une hiérarchie doit être mise en place car elle est nécessaire à la société. Il nuance donc
sa thèse de départ : il continu à refuser l’autorité violente mais accepte l’autorité de Dieu.
Dans son argumentation on a
•La thèse
•Les arguments
•L’exemple
Ici son exemple prend beaucoup d’importance en effet un évoque la Grande Bretagne qui à
l’époque est un modèle pour la France et toue l’Europe, car elle applique une monarchie
constitutionnelle.
Lecture complémentaire : Chevalier Louis de Jaucourt, Encyclopédie, article « Traite des
Nègres »
•Le contexte
Le « code noir » est une expression qui désigne une ordonnance pour donner une protection
légale aux personnes noires. Mais il a été perverti et c’est finalement vu retourné contre les
esclaves, à la fin ils sont mêmes condamné par ce texte. En effet le code légalisait les punitions
faites aux esclaves. Mais au moins il reconnaissait le mariage entre esclaves, et aussi les familles
d’esclaves, qui ne pouvait donc pas être vendu séparément.
•Le contenu
De J. emploi de phrases subjectives qui montre sa compassion « ces malheureux » et « ces
infortunés ». Les modalisateurs sont des outils grammaticaux très importants de la subjectivité.
Puis on remarque des phrases déductive où il y a un même plan d’égalité d’horreur entre les
crimes et l’esclavage. Il montre une analogie entre : si l’esclavage est permis alors tous les autres
crimes doivent être permis car il n’y a pas de crime plus grave que l’esclavage.
Rappel :
•réquisitoire : texte argumentatif dénoncent, avec 1 fait/1 idée
•plaidoyer : texte argumentatif défendent avec 1 fait/1 idée
Ce texte est donc un réquisitoire.
La dénonciation passe par une gradation, car on part d’un seul domaine pour arriver à « la nature
humain » qui est une généralité.
Pour De J. l’esclavage c’est réduire l’homme à une marchandise, c’est une pratique inhumaine et
inacceptable, il s’exprime par une triple négation avec un rythme ternaire « ni vendus, ni achetés,
ni payés ».
Il juge que les hommes maitres de ce commerce sont hors la loi, hors de tout droit humain, car
« droit » revient à un double intérêt : montrer existence ₍₁₎ d’un droit qui devrait être commun et
₍₂₎ la violation de ce droit. Ces commerçants ont un certain statut dans la société mais ce ne sont
que des personnes qui usurpent des pouvoirs de des droits à la liberté.
Privé un homme de sa liberté est impossible car c’est un droit inaliénable. Tout esclavage bafoue
le droit de l’homme le plus important : la liberté, qui est un droit dont il ne peut renoncer.
L’article est une critique et non pas une simple définition. La thèse de De J. est explicite et les
seuls arguments sont ceux donné dans celle-ci.
•Point de vue
Le locuteur ne peut donner son avis puisqu’un article d’encyclopédie doit être objectif, mais De J.
n’est pas indifférent au sort des esclaves. Il exprime de la compassion et de l’indignation face au
sort qui leur est réservé. En s’expriment au présent il actualise l’article ce qui contribue à
sensibiliser le lecteur.
Texte 2 : Montesquieu, De l’Esprit des lois (1748), « De l’esclavage des nègres »
Typographie : 10 paragraphes dont chaque un correspond à un argument, + une phrase
d’introduction
Première lecture :
•Argument 1 : est un argument historique ; affirme que les européens ont besoin de main
d’œuvre : les amérindiens. Avant ils exploitaient les amérindiens mais ils sont tous morts
sous cet esclavagisme donc ils ont du utiliser des noirs. Lien de causalité :
•CAUSE : « ayant exterminé » participe présent composé
•CONSEQUENCE : « ils ont du » passé composé
•Argument 2 : est un argument économique ; si + imparfait : exprime la condition avec
encore un lien de causalité (si : subordonné hypothétique)
Dans le texte on peut voir plusieurs syllogismes mais ils sont toujours incomplets et où les
propositions sont implicites :
•SI l’on payait des ouvriers, le sucre serait trop cher
•OR les européens veulent du sucre bon marché
•DONC il faut utiliser des esclaves
•Argument 3 : est un argument anthropologique (caractéristique d’un peuple) ; si + que : est
une subordonné consécutive (si : adverbe d’intensité)
Expression d’une cause/conséquence et accentuation de l’effet d’évidence
•Argument 4 : est un argument théologique ; référence à Dieu donc argument qui peut être
considéré comme un argument d’autorité ; Dieu est mentionné comme un être sage, il y a
une mise en relief du caractère parfait de Dieu, et donc une impossibilité catégorique que
Dieu étant sage est pu mettre un esprit dans un corps noir :
•expression d’opposition entre Dieu est sage/ Noirs n’ont pas d’âmes
•expression de causalité entre Dieu est sage donc les Noirs n’ont pas d’âme
•Argument 5 : argument ethnologique ; périphrase : « rapport (=point commun, désignant le
sexes des noirs) qu’ils (=les noirs) ont avec nous (=les européens) », création d’une
analogie entre Asie / Europe face au comportement et a la manière de penser que les noirs
n’ont pas besoin de leur appareil de procréation car se sont des personnes inférieurs et
donc n’ont pas le droit d’être plus virile que les homes blanc européens.
•Argument 6 : argument ethnologique et historique ; « les égyptiens sont les meilleurs
philosophes du monde » (peut être considéré comme un argument d’autorité) or ils tuent
les hommes roux, donc il est normale que l’on puisse réduire en esclavage les noirs, 2ᵉ
analogie entre Egypte (roux) / Europe (noirs)
•Argument 7 : argument culturel ; « policées » : civilisé, « nation policées » : Europe ;
présence du vocabulaire de la raison + mot « preuve » et donc argumenter comme
irréfutable, syllogisme non complet
•Argument 8 : argument théologique ; forme de mépris : « ces (pour les choses inanimées)
gens-là (adverbe de lieu et de détachement et d’éloignement) » + vocabulaire de la vérité
« il est impossible que » + lien de causalité « parce que ». Présence religion chrétienne
avec des préceptes : « tu aimeras ton prochain come toi-même » mais les croyants ne se
sentent pas en contre de la loi de Dieu car comme les esclaves ne sont pas des hommes
donc ils ne sont pas obligés de les aimer et les respecter, et donc ils peuvent les réduire en
esclavage tout en restant de bons chrétiens.
•Argument 9 : argument politique ; c’est une attaque qui semble directe contre les
antiesclavagistes qui sont considérés comme des « petits esprits » se qui entraine l’emploi
de périphrases + du vocabulaire péjoratif. De plus les princes d’Europe font des lois entre
eux, et même des lois inutiles, or ils n’en font pas contre l’esclavage, donc il n’y a pas
d’injustice et donc rien de scandaleux.
Lecture complémentaire : Noir Désir, 666 667 Club (1998), « l’Homme pressé »
L’homme pressé est :
•un homme d’affaire : « je fais dans l’immobilier », « riche très riche »
•un homme puissant : « plus que de politique », « médiatique »
Caractéristique du JE
•arrogant et même mégalomane, avec omniprésence de « je » et de « moi »
•narcissique : « rois des rois », « militant de l’inhumanité »
Mise à distance car il y a une différence entre le « je » de l’auteur (Bertrand Cantat) et du
locuteur (l’homme pressé). Comme dans le texte de Montesquieu le système de l’antiphrase est
utilisé.
L’auteur défend la thèse selon la quelle le capitalisme et ses grands acteurs sont immoraux et
dénie l’humanité au profit de l’argent en ne considérant plus les êtres humains que comme des
animaux à asservir. Ainsi l’auteur dénonce les excès d’un capitalisme sauvage.
Texte 3 : Assemblée Nationale Constituante, « Débat sur la liberté d’expression »
(24/08/1789)
Définition :
•Persuader : c’est amener quelqu’un à croire à quelque chose en jouant sur la sensibilité et
les sentiments, l’affecte
•Convaincre : c’est amener quelqu’un à admettre quelque chose en utilisant la raison, la
logique
•Registre : désigne les différentes manières de s’exprimer pour traduire différentes manières
de percevoir et de faire percevoir le réel. Chaque registre cherche à exprimer une émotion
chez les lecteurs à travers une manière particulière de faire percevoir le réel.
Le registre délibératif vise à susciter la réflexion (=doute philosophique) chez le lecteur,
ce qui consiste à toujours confronter des opinions en vue de parvenir à une conclusion. Le
délibératif pars toujours d’une situation d’incertitude qui incite au débat : la délibération
est fondée sur l’échange d’argument, c’est un dilemme.
Les procédés d’écriture du délibératif sont :
•Articulations logiques (connecteurs)
•Phrases exclamatives et interrogatives
•Champs lexicaux du doute, de la décision, du jugement…
Ce texte est un débat car on peut voir qu’il y a 4 intervenants (+ un rapporteur du débat) qui
discute la pertinence de la loi sur la liberté de la presse :
•Monsieur le Duc de la Rochefoucauld
•Monsieur le Duc de Lévis
•Monsieur Rabaud de Saint-Etienne
•Monsieur Target
Ils débattent pour choisir l’article 11 qui sera dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du
Citoyen.
Thèses du texte :
Thèse 1 : le Duc de le R. donne une thèse explicite, claire, sans sous entendus, elle est précise et a
plus de condition de référence aux lois faites précédemment. Pour lui il faut protéger la liberté
d’expression car elle a détruit le despotisme (tyrannie) et le fanatisme (religion).
Thèse 2 : le Duc de L. fait aussi une thèse explicite mais moins précise
Thèse 3 : R. de S.-E. ne s’oppose pas aux thèses 1 et 2 mais selon lui une loi est source de
confusion et peut être retournée contre la propre liberté, pour lui s’est acquis et spontané d’avoir
la liberté d’expression : l.25 à l.27 : l’homme n’a pas besoin de lois pour quelque chose qui lui est
déjà naturel ; l.25 à l.30 : suite de questions rhétoriques dans les quelles sont dénoncé la
perversité que peut entrainer cette loi et l’absurdité de cette lois pour un peuple et les lumières qui
connaissent déjà la liberté d’expression ; l.39 à l.40 : métaphore de larme, soupir en souffrance +
métonymie pour montrer l’inutilité d’une lois. Tous cela a une visée hyperbolique, avec des
figures de styles qui vise à susciter une émotion avec des arguments liés à l’affectif. R. de S.-E.
pèse le pour et le contre, il est dans le dilemme de s’il faut ou non écrire une loi.
Plan :
•Un texte qui résonne comme une évidence
•Un débat ancré dans son époque
•Pas de véritable opposition entre les différents intervenants
•Les thèses en présence comme une déclaration universelle
•Un texte délibératif : l’écriture de la loi en débat
•Le principe de la liberté et ses risques
•L’argumentation comme un dilemme
Texte 4 : Voltaire, Traité sur la tolérance (1763), « Prière à Dieu »
Voltaire lutte contre l’infâme (=fanatisme religieux)
Présentation générale – contexte sur traité et affaire Calas :
Au XVIIIᵉsiècle il y a conflit entre les protestants et les catholiques, en effet l’Edit de Nantes
signé par Henri IV le 13 avril 1598 qui permet la liberté de culte aux protestants est révoqué en
1685 par Louis XIV. Les protestant n’ont donc plus de droits et fuit de le France vers
l’Allemagne, la Suisse…
L’affaire Calas concerne une famille protestante ; un des fils Marc-Antoine fait des études de
droits mais étant protestant il ne peut devenir avocat, il est retrouvé mort dans la maison
familiale. Jean Calas, le père est donc accusé du meurtre de son fil et est condamné à mort.
Voltaire qui lutte contre le fanatisme religieux, mène sa propre enquête sur la cause de la mort de
Marc-Antoine. Il découvre que le jeune homme c’est bien suicidé, il est trop tard pour sauver le
père car il a déjà était exécuter mais il le fait pour défendre l’honneur de la famille Calas. Il créait
alors une grande pression médiatique et réussit à faire innocenter Jean Calas à titre postum.
Voltaire n’est pas catholique mais crois en un dieu, il est déiste et est contre l’institution de
l’Eglise mais pas contre Dieu.
Une prière :
Indication et interpellation direct au destinataire : Dieu est indiqué dès la première phrase avec le
pronom personnel « toi », renforcé par l’apostrophe juste après de « Dieu ». Le destinataire est
interpelé une dizaine des fois dans le texte, cela montre une interpellation constante également
renforcé par des possessifs l.15 et l.30.
Une prière parce qu’il y a l’expression de la grandeur divine : elle est signalé par des attributs et
des caractéristiques hyperbolique. L’anaphore de « tout » montre l’omnipotence de Dieu (qui est
tout et peut tout). Il y a aussi une gradation en rythme ternaire avec une évocation implicite à la
trinité. On peut aussi voir l’hyperbole dans le champ lexical (=sémantique) des adjectifs à la l.5
« immuable », « éternels »… la grandeur divine est aussi mise en relief par la comparaison avec
la faiblesse de l’homme, on trouve aussi une référence à l’infiniment grand et l’infiniment
petit : « minusculité », petitesse de l’homme face à l’immensité divine.
Expression de la supplication : la prière est une demande, donc Voltaire avec plusieurs modes
verbaux pour le souligner, ici il utilise le l’impératif : l.5 « daigne », l.7 « fait que » ; qui est suivit
de subordonnées qui renforce cette prière. L’anaphore de « que » introduit l’énumération des
requêtes de Voltaire. En revanche la requête est utilisé avec une forme subjonctive et non pas
avec de l’impératif.
Un ton solennel et incantatoire : l’auteur utilise une forme de respect qui met une distance entre la
créature est la grandeur divine, qui montre l’humilité et la soumission de Voltaire face à Dieu,
avec par exemple : l.2 des formules de politesse ou l.4 « oser te demander ». Les verbes
« adorer » et « célébré » donnent une posture solennel envers le destinataire : Dieu. Le caractère
incantatoire est donné par la structure et le rythme même du texte mais aussi grâce aux mots
comme « tu sais ».
Voltaire demande une aide à accorder aux hommes, il ne prend pas une posture de croyant mais
d’humaniste. Selon lui s’adresser à Dieu, c’est monter son amour pour l’homme.De plus à
l’époque les conflits sont avant tout religieux, mais Voltaire montre que sa peut être un sujet
universel.
Dramatisation : Voltaire dépeint l’homme comme un être faible (voir texte p 228-235 sur le sujet
de l’infiniment grand et l’infiniment petit) : en effet Voltaire évoque une disproportion de
l’homme par rapport au monde (l.1 à l.3), il cite l’erreur comme une incapacité humaine et le
traite de façon négative (l.8 et l.9 : « vie pénible et passagère »). Puis la faiblesse de l’homme est
soulignée par les adjectifs l.9 à l.11 « débiles », « insuffisant »… et l.13 par la comparaison des
hommes à des « atomes ».
L’homme, un être en proie à la haine : il est une victime de la diversité, des différentes cultures
avec la récurrence du champ lexical de la haine. En effet comme il est faible, il n’est pas capable
de vivre la diversité, la différence lui fait peur et entraine chez lui la haine.
Un appel à l’imagination : avec une vision cosmique : l.3 « immensité », puis avec des termes
concret : « cierge », « lumière »… les demandes formulés touche le comportement humain est
constituent un plaidoyer pou la paix religieuse entre hommes.
Tolérance et intolérance : la cause du malheur des hommes est l’intolérance car ils ne
comprennent pas, n’acceptent pas les différences : l.9 « petites différences ». Voltaire accentue
aussi le fait que les différences sont dépassable : l.9 à l.12 énumération des différences, l.13 « ces
petites nuances ». Pourtant toutes ces différences sont à l’ origine de conflits, Voltaire rappelle
que la condition est telle que l’homme devrait s’entraider plutôt que se déchirer.
Ici on retrouve donc des idées des Lumières : c’est la sincérité de la croyance et non la forme
qu’elle prend.
On voit donc que la prière est à la fois une dénonciation implicite de l’intolérance et un appelle à
la tolérance et compréhension mutuelle.
Le deuxième et le dernier paragraphe sont toujours une demande, un souhait au subjonctif
formuler à la 3ᵉ personne du pluriel, ils s’adressent plus aux hommes qu’à Dieu, en effet Voltaire
s’adresse à ses frères par le « nous » et plaide la paix religieuse, l’acceptation des autres, le refus
de la tyrannie sur les âmes et une trop forte domination de la religion.
Le texte s’achève sur une synthèse et une célébration, Voltaire ne montre pas un rejet de la
religion mais montre qu’il choisi un déisme tolérant et ouvert capable de mettre fin aux conflits
destructeur et aux condamnations injuste.
Plan :
•Une prière a Dieu mettant en scène son omnipotence et omniprésence
•L’importance de la grandeur divine
•Une demande avec un ton de soumission
•L’infériorité de la créature de Dieu
•Un être faible et infiniment petit
•Un être dominé par la haine et l’intolérance
Séquence 2 : l’art de plaire en instruisant

Œuvre intégrale : Les Fables, livre septième de Jean De La Fontaine


Lecture cursive : Les Fables, livre premier à douzième
Contexte : le CLASSICISME (référence A3)
Les Fables
Origine :
•Esope vit vers environ VIIᵉ ou VIᵉ siècle avant J.-C., écrit en prose
•Phèdre vit vers environ Iᵉ siècle après J.-C., écrit en vers
Ses fables sont pour le plupart des drames ou des comédies
Au moyen-âge c’est conte devient animalier.
A partir du XVIᵉ siècle les fables sont décrétés pédagogiques.
C’est un genre renouvelé :
Jean De La Fontaine, dès sa dédicace à « mon seigneur le dauphin » reconnait son héritage et sa
vocation pour délivrer un message éducatif. Il donne une expression métaphorique de la
construction de l’œuvre : « L’apologue est composé de 2 parties, dont on peut appeler une le
corps, l’autre l’âme. Le corps est la fable, l’autre la moralité. »
« Une ample comédie aux 100 actes divers » :
La fable 1 du livre cinquième : « Le bucheron et Mercure » à une valeur programmatique : elle
annonce l’esthétique et le contenu du livre. En effet on a une présentation de la double intention :
l’intension satirique et l’observation de la société.
Ces fables sont définit par le bestiaire et le nature pour faire une peinture social et illustrer les
défauts majeur de l’humanité.
La F. se présente comme un témoin désabusé (=dégouté, blazé) de le nature humaine et prodigue
quelques conseils :
•Se soumettre à al nature
•Respecter les règles de prudences (être tempéré)
•Accepter le destin et la fatalité
Une œuvre du poètes a pour but principal de plaire en instruisant (ex : Molière). La F. a en plus
une qualité politique.
Préface : texte argumentatif qui vise à justifier l’œuvre
Texte 1 : fable 1 , livre 7ᵉ
Les animaux malades de la Peste
Vocabulaire spécifique au XVIIᵉ siècle :
•Achéron (v.5) : nom d’un fleuve des Enfers ; ici métonymie de l’empire des Morts
•Partant plus de joie (v.14) : partant = par conséquence, et donc…
•Accidents (v.21) : calamités
•Gloutons (v.25) : voraces
•Force moutons (v.26) : énormément de moutons
•Chimérique (v.42) : imaginaire, ici : droits imaginaires
•Matins (v.47) : chiens de basse-cour
•Qu’en un pré Moines passant (v.50) : en passant dans un pré appartenant à des moines
•Haro (v.55) : cri exprimant une saisie judiciaire
•Clerc (v.56) : quelque peu instruit. Le mot clerc appartient au lexique de l’église. Comme les
ecclésiastiques étaient les seuls à être lettrés, on appelait par extension, un homme clerc
un homme savant (antonyme : Mauclerc = ignorant)
•Dévouer (v.57) : sacrifier
•Peccadille (v.58) : faute légère, sans gravité
•Forfait (v.62) : grand crime

Etude linéaire :
v.1 à v.14 : situation initiale
v.1 Un mal qui répand la [terreur], → sentiment violent
v.2 [Mal] que le Ciel en sa fureur → absence de déterminant qui montre une forme insaisissable du mal et
qui vient du Ciel, de Dieu c’est comme une punition, un châtiment universel
v.3 Inventa pour punir les crimes de la terre,
v.4 [La Peste] (puisqu'il faut l'appeler par son nom) → mot effrayant qui n’arrive qu’au 4ᵉ vers + des (
) qui servent à excuser l’auteur d’avoir énoncé ce mot
v.5 Capable d'enrichir en un jour l’ [Achéron], → référence à la mythologie pour souligner et
l’intemporalité de ce mal
v.6 Faisait aux animaux la [guerre]. → mise en évidence de la violence
v.7 Ils ne mouraient pas tous, / mais tous étaient frappés : → césure au milieu du vers + anadiplose
(répétition d’un mot de chaque coté de l’hémistiche : ici « tous ») ; « ne » donne une note d’espoir mais qui
est anéantis par « frappés » ; quiasme : « mouraient » « tous » / « tous » « frappés »
v.8 On n'en voyait point d'occupés
v.9 A chercher le soutien d'une mourante vie ;
v.10 Nul mets n'excitait leur envie ;
v.11 Ni [Loups] ni [Renards] n'épiaient → prédateurs dont l’appétit est normalement énorme, ici ils n’en
n’ont plus, la peste apporte une négation de la vie
v.12 La douce et l'innocente proie.
v.13 Les [Tourterelles] se fuyaient : → symbole de l’amour, sexualité mais avec la peste il n’y a plus rien
de tout cela
v.14 Plus d'amour, partant plus de joie.

v.15 à v.33 : le discours du Lion


v.15 Le [Lion] tint conseil, et dit : Mes chers amis, → symbole du roi mais qui n’emploi pas le ton de
monarque, il utilise un ton qui se veut plus solidaire, il feint se mettre au même niveau que ses sujets, il les
manipules par un artifice oratoire pour les flatter
v.16 Je crois que le [Ciel] a permis → qui puni
v.17 Pour [nos péchés] cette infortune ; → il montre une apparent bienveillance et solidarité mais c’est
une stratégie discursive
v.18 Que le plus coupable de nous
v.19 Se [sacrifie] aux traits du céleste courroux, → il prend le sacrifice comme une possible solution au
problème ; « courroux » appartient au vocabulaire religieux
v.20 Peut-être il obtiendra la guérison commune.
v.21 L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
v.22 On fait de pareils dévouements :
v.23 Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
v.24 L'état de notre conscience.
v.25 [Pour moi], satisfaisant mes appétits gloutons → se donne en exemple à sa cour, il s’autocritique,
mais ce n’est pas sincère, c’est une stratégie de défense
v.26 J'ai [dévoré] force moutons. → se montre comme un roi cruel et violent
v.27 Que m'avaient-ils fait ? [Nulle offense] : → ne cherche pas à s’excuser de ses actes et montre la
gratuité de sa violence
v.28 Même il m'est arrivé quelquefois de manger
v.29 Le Berger. → mise en relief de la représentation de l’homme qui est plus fort que le monde animal, et le
Lion montre qu’il est même capable de protéger ses sujets de l’ennemi et du dangers que représente
l’homme
v.30 Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
v.31 Qu'il est bon que [chacun s'accuse] ainsi que moi : → il veut que d’autre personne se dénonce
v.32 Car on doit souhaiter selon toute justice
v.33 Que le plus [coupable] périsse. → pour le Lion il faut qu’il y en est un qui meurt, il veut donc trouver
un coupable : champ lexical justice, il fait croire qu’il rend justice équitablement mais c’est une « apparente
sincérité »
v.34 à v.42 : discours du Renard
v.34 - Sire, dit le [Renard], vous êtes [trop bon Roi] ; → le renard représente la ruse, il ne commence
pas son discours par un « je » se qui fait voir que le renard ne conte pas se dénoncer pour éviter
l’autocritique, mais flatte le Roi
v.35 Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
v.36 Et bien, [manger] moutons, [canaille, sotte espèce], → le verbe manger remplace le verbe dévorer
ce qui attenu l’acte ; quand à « canaille » et « sotte espèce » amoindrissent aussi le crime
v.37 Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
v.38 En les [croquant] beaucoup d'honneur. → ce verbe comme « manger » amoindris le crime car il fait
plutôt référence à quelque chose de délicat, à un jeu, une gourmandise et qui n’a pas de conséquence
v.39 Et quant au [Berger] l'on peut dire → finalement c’est une œuvre utile qu’il a fait en mangeant
l’homme car il le méritait
v.40 Qu'il était digne de tous maux,
v.41 Etant de ces gens-là qui sur les animaux
v.42 Se font un chimérique empire.

v.43 à v.48 : la cour


v.43 Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'[applaudir]. → ici les paroles sont rapporter indirectement ce qui
accélère la temporalité du récit ; « applaudir » montre l’adhésion et l’enthousiasme de toute la cour, le verbe
est à l’infinitif pour montrer l’immédiateté et la causalité entre deux actions
v.44 On n'osa trop approfondir → finalement personne ne s’accuse
v.45 Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
v.46 Les moins pardonnables offenses
v.47 Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
v.48 Au dire de chacun, étaient de petits saints. → toutes leurs fautes deviennent finalement des vertus

v.49 à v.54 : le discours de l’Ane


v.49 L'Ane vint à son tour et dit : [J'ai souvenance] → Ane représente de la naiveté et donc emploi un
parallélisme de construction avec le début du discours du Lion, il va donc vraiment obéir et s'accuser
honetement ; ancieneté du fait, de la faute amoindri celle-ci et donc ne peut etre à l'origine de la Peste parce
que les faits datent de longtemps
v.50 Qu'en un pré de Moines passant, → on a une référence à une propriété du clergé et donc une
allusion à le richesse de celui ci ; le verbe " passant " ne fait pas référence à une effraction ni une faute
v.51 La [faim], l'occasion, l'herbe tendre, et je pense →besoin naturel et pas criminel
v.52 Quelque diable aussi me poussant,
v.53 Je tondis de ce pré la [largeur de ma langue]. → faute presque inexistante du fait de la taille de la
langue en comparaison à la taille du champs, puis le fait de tondre un pré peu etre bénéfique pour la
nature
v.54 Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
v.55 à v.62 : le verdict de la cour
v.55 [A ces mots] on cria haro sur le baudet. → promptitude et rapidité de la réaction des sujets qui
sont enfin heureux de trouver un bouc émissaire
v.56 Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
v.57 Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
v.58 Ce [pelé], ce [galeux], d'où venait tout leur mal. → l'Ane est meme rabaissé physiquement
v.59 Sa [peccadille] fut jugée un cas pendable. → crime extremement bénin
v.60 Manger l'herbe d'autrui ! Quel crime abominable!
v.61 Rien que la mort n'était capable
v.62 D'expier son forfait : [on le lui fit bien voir.] → euphémisme car ils vont le mettre à mort

v.63 à v.64 : la morale


v.63 Selon que vous serez puissant ou misérable,
v.64 Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. → condanation d'une justice arbitraire,
inégale et expéditive, condanation aussi des courtisant qui sont flateurs et laches
Texte 2: fable 3 , livre 7ᵉ
Le Rat qui c'est retiré du monde
Cette fable est totalement inventé pas la Fontaine, elle n'est pas inspiré d'Esope mais de l'actualité
de 1672. En effet en 1672 Louis XIV mène une guerre contre l'Hollande.
Mais le gouvernement français manque d'argent il convoque alors le clergé pour lui demander de
l'argent. Mais le haut clergé ne voulant pas financer cette campagne, il demande au bas clergé de
donner cet argent, mais à travers cette demande c'est le tiers état qui est visé pour financer cet
guerre.
Cette fable dénonce l'avarisme et l'hypocrisie religieuse.
Texte 3: fable 4 , livre 7ᵉ
Le Héron. La Fille
Ces deux fable, couplées par la Fontaine lui-même nous présentent deux version d'un même
thème: le code de ces fables est différent mais elles ont une visée unique.
Le sujet de la fable Le Héron était traité chez Abstémius ("l'oiseleur et le pinson", Nevelet p.550),
imité par Haudent ("d'un oiseau et d'une bérée", II, 98). L'idée du héron revient à la Fontaine.
Cette fable est une fable double, car on y voit un double récit : d'un héron et d'une fille. On y voit
aussi une rupture entre le récit avec l'utilisation de "il" ou "elle", et la morale qui emploi le
"nous". Mais elle sont unies par une même moralité.
La moralité commune à ces deux version, l'une animale, l'autre humaine, termine la première
fable et sert de prologue à la seconde.
Texte 4 : fable XII , livre 7ᵉ
Les deux Coqs
La fable vient d'une autre d'Esope qui s'appelait Les deus Coqs et l'Aigle.
Dans cette fable on voit une alternation de procédés burlesque et héroï-comique (voir fiche).
Synthèse

L'apologue est un récit bref à visée argumentative et critique, il peut prendre la forme d'un conte
philosophique, un conte oriental, une fable... Il contient a chaque fois un de ses éléments : du
merveilleux, satiriques, orientalistes...

Histoire d'un bon bramin

Thème du bonheur de l'homme quand il est plus ou moins instruit.


Le conte s'ouvre sur le "je", on a donc tout de suite une association entre le "je" et "voyages", ce
qui donne des information sur l'auteur et ses activités. Durant tout le texte le statut du narrateur
varie, en effet au début il s'efface pour présenter le bramin et lui laisse la parole (l.9 à l.35). Ces
paroles lui donne l'idée d'agir, il devient un personnage agissant (l.40) et va voir la femme, puis
après lui avoir parler il devient l'interlocuteur du bramin (l.47), et enfin il devient animateur d'un
débat avec les philosophes.
Le narrateur se charge de l'orchestration du débat de point de vue des différents personnages: du
bramin, de la femme, de lui même, et enfin des philosophes. Il y a un parallèle entre narrateur /
acteur. Enfin se "je" peut être compris comme si un philosophe parlait.

Au début le bramin est présenté par des qualificatifs hyperbolique, mais il y a un paradoxe entre
la description de sa situation idyllique et ses paroles marquées par le pessimisme. on y trouve les
champ sémantique de l'ignorance et l'absolue. Le bramin est désespérer par les tentatives
d'explication:
• du temps, référence au penseur Pascal
• de la matière, avec des interrogation sur l'origine de la pensé humaine et de sa
composition (avec de la matière ou non)
• de la religion, il y a-t-il vraiment des dieux? Dieu existe-t-il réellement?
A l'opposé de cet homme, on trouve la vieille femme, elle est très stéréotypés et incarne
l'ignorance totale et même l'ignorance du questionnement, mais aussi la croyance simple voir
simpliste. L.48 il l'a compare même à un "automate" car elle crois sans se poser de question ni
cherche à comprendre.
Conclusion: s'interroger sur l'opposition du bramin et de la femme c'est posé l'importance de la
réflexion, de la pensée, et de l'incertitude ; et aussi s'opposer à une vision réductrice et
simplificatrice d'une approche au premier degré, qui aborde la difficulté de manière partiel.
Conseil : lire Bonheur et civilisation de Jean Cazeneuve