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TD N°7 : Dossier sur la question prioritaire

de constitutionnalité.

Deux conceptions de la hiérarchie des normes qui s’opposent :

- une correspondant au JA national qui concerne l’ordre juridique


national.

- une autre : conception de la hiérarchie des normes : ordre juridique


communautaire : juge européen.

 Les deux vont devoir s’articuler ensemble.

Ce qui a de spécifiques avec le droit de l’UE c’est que la primauté du droit


de l’UE affirmé par le juge européen est assorti d’un mécanisme de
sanction : différence avec le droit international traditionnel. Si l’Etat
manque à ses obligations européennes susceptibles d’un recours en
manquement.

Arrêt Costa c. Enel : pour la CJCE, le droit de l’union prime sur n’importe
quelle autre règle nationale. Primauté absolue car vaut pour toutes règles
communautaires et qu’elle vaut à l’égard de toute règle nationale.

Pour le JA : jurisprudence Sarran 1998 : pour le juge national la C° est au


sommet réaffirmé par la jurisprudence syndicat national des industries
pharmaceutiques selon laquelle la C° est au sommet national. JA conduit
nécessairement à donner cette solution là : car la C° nationale c’est le
fondement de tout le droit national et c’est aussi le texte qui habilite
juridiquement un juge à trancher un litige selon le droit national.

Les deux juges sont nécessairement conduire à affirmer la primauté de


leurs normes fondamentales : il va falloir concilier ces deux visions de la
primauté en apparence complètement opposée. Mais tous deux
également fondée juridiquement et légitimes juridiquement. Pour concilier
ces exigences européennes avec les exigences constitutionnelles : deux
méthodes :

- La 1ère consiste à faire dire à la C° nationale que le droit de l’UE va


primer sur tout le reste. Il s’agirait de constitutionnaliser,
nationaliser les exigences européennes pour leur donner une pleine
efficacité. Deux observations : 1) c’est ce qu’ont fait le CC et le CE
en jugeant que transposer une directive est une exigence non pas
communautaire mais constitutionnelle française. 2) d’une part si
c’est la C° qui dit que le droit de l’UE prime, quelle configuration ?
On a incohérence logique même si primauté organisée par la C°
puisqu’elle est organisée par la C° c’est elle qui est tout de même au
sommet car organise sa propre infériorité. Si un texte dit d’un autre
qu’il prime la primauté relève fondamentalement du premier texte :
problème de la primauté n’est pas réglée ; d’autres par si la
constitution dit que le droit européen va primer sur toute autre
disposition y compris constitutionnelle ça veut dire que la C° crée
une hiérarchie au sein des exigences constitutionnelles : obligation
constitutionnelle de respecter le droit européen qui prévaudrait sur
toutes les autres règles constitutionnelles : c’est incohérent.

- Le 2ème est un moyen juridictionnel de conciliation des primautés


élaboré par le CC et le CE. Arrêt Arcelor 8 février 2007 : on doit
comprendre cette solution comme une technique du juge visant à
concilier primauté de la constitution et primauté du droit de l’union.
Les faits : le juge est saisit d’un recours contre un acte administratif
de transposition d’une directive. Cette directive est précise et
inconditionnelle : en conséquence l’administration quand elle adopte
cet acte administratif elle est dans une situation de compétence
liée : elle ne va pouvoir que reprendre le texte de la directive. Saisit
d’un recours contre un acte administratif de transposition d’un
directive précise et inconditionnelle le juge administratif contrôle en
réalité la directive elle-même donc l’acte attaqué est le reflet fidèle.
Un requérant qui attaque oblige le juge à apprécier non pas l’acte
mais la directive par rapport à la constitution. Le juge est placé dans
une situation délicate car il n’est le juge d’un acte administratif mais
indirectement d’une directive communautaire. Face à cette situation
on a priori deux possibilités : 1) le juge applique la jurisprudence
Sarran : la C° prime l’acte administratif peut être annulé s’il a violé
la constitution. Si on fait ça le processus de transposition est bloqué
arrêté et la France viole ses obligations européennes. Pas
satisfaisant juridiquement ni politiquement. 2) Refuser de contrôler
l’acte, car contrôler l’acte serait contrôler la directive. Il s’efface
devant la primauté du droit de l’Union et reflet de la primauté du
droit communautaire. Donc pas de recours effectif pour protéger le
justiciable le requérant. Soit d’un côté on fait primer la constitution
soit on fait primer le droit de l’union européenne et on met en
danger le requérant.  Aucune des solutions n’était satisfaisante :
d’où sorte de compromis dégagé par l’arrêt Arcelor : c’est
faire une « opération de translation » : plutôt que de contrôler l’acte
administratif par rapport à la C°, le juge va rechercher s’il y a un
équivalent à la règle constitutionnelle invoquée dans l’ordre
juridique communautaire. Si oui, il transforme le PB de droit : il va
non pas contrôler l’acte par rapport à la C° mais contrôler la
directive par rapport au droit communautaire primaire. Intérêt car
en transformant la question de droit le juge efface, fait disparaître le
PB des rapports entre la constitution et le droit communautaire
puisque le nouveau PB est un droit purement communautaire et
peut être facilement résolu par un renvoi préjudiciel à la cour de
justice. Idée que le juge administratif va protéger les droits
constitutionnels par le truchement des règles communautaires
équivalentes. Mais s’il n’y a pas d’équivalent dans à la règle
constitutionnelle dans l’ordre juridique communautaire, alors on ne
pourra pas suivre le raisonnement présenté : dans ce cas là le CE et
le CC contrôleront normalement sur ce fondement l’acte
administratif et donc indirectement la directive. Ce qui fera prévaloir
au final la Constitution. En pratique le contrôle de constitutionnalité
se transforme en un contrôle de validité du droit communautaire
qu’il appartient au juge communautaire de trancher, en principe :
primauté du droit communautaire, mais si pas d’équivalent primauté
du droit constitutionnel.

Imaginons un acte qui transpose une directive et qui violerait le principe


de laïcité : il n’y a pas d’équivalent en droit communautaire : le juge peut
pas faire sa translation ne peut pas faire le raisonnement Arcelor : il va
contrôler la laïcité quand même et faire prévaloir la C° et s’il juge qu’il y a
violation du principe de laïcité alors annule l’acte de transposition et on va
réviser la Constitution.

Le CC c’est la même logique : lorsqu’il est saisit d’une loi de transposition


d’une directive précise et inconditionnelle il refuse de contrôler la directive
en s’appuyant sur l’obligation de transposition constitutionnelle. Les
seules exceptions à ce refus seront les règles propres à l’ordre juridique
français. Il s’appuie sur l’article 88-1 pour refuser de contrôler les lois de
transpositions par rapport à la C°. Le CC et le CE aussi ont consacré une
obligation constitutionnelle de transposer les directives : ça veut dire que
qu’est ce que va faire le CC lorsqu’il est saisit d’une loi de transposition ? Il
va contrôler les lois de transpositions aux directives communautaires :
mais contraire à IVG : surréaliste car théoriquement le juge contrôle le
respect d’une loi par rapport à la directive alors qu’il n’est pas compétent
pour le faire.

Théorie de la loi écran : théorie vient de la tradition juridique française de


révérence de la loi. Cette tradition a conduit le JA à se déclarer
incompétent pour apprécier de la constitutionnalité d’une loi. La loi écran
ça va être l’impossibilité pour le JA de contrôler un acte administratif par
rapport à la C° lorsque cet acte administratif est pris pour l’exécution
d’une loi. Car dans sa tête le juge se dit que s’il contrôlerait cet acte il
contrôlerait la loi : compétence qu’il n’a pas, qu’il s’est refusé de faire. Dès
lors que c’est un acte administratif qui exécute une loi, le JA ne peut
connaître d’un moyen d’inconstitutionnalité dirigé contre cet acte
administratif.

 Exception à la théorie de la loi écran : c’est l’écran transparent : c’est


quand la loi ne dit rien ne pose aucune prescription que doit respecter
l’acte administratif d’exécution de la loi, la loi ne fait que renvoyer à des
textes règlementaires : dans ces cas là, puisque la loi ne pose aucune
obligation pour le pouvoir règlementaire, on peut contrôler la
constitutionnalité de l’acte administratif car là on ne contrôlera pas en
principe la constitutionnalité de la loi qui ne dit rien.

 Cette théorie continue d’exister aujourd’hui : elle explique la question


prioritaire de constitutionnalité. Le JA continue d’être incompétent pour
apprécier la constitutionnalité de la loi : il devra renvoyer la question au
CC par le biais d’une QPC.