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UNIVERSITÉ SAINT-ESPRIT DE KASLIK

Faculté Pontificale de Théologie

Vocation de Samuel

L’écoute chez Samuel

TPO dans le cadre du cours

Séminaire Ecriture Sainte

Préparé par Fr. Elias CHAHWAN M.L.

Présenté au p. Joseph NAFAH.

Kaslik

2012 – 2013

1
La division du texte hébreu en deux livres n’est intervenu que tardivement sous l’influence de
la bible grecque. On doit noter que la récession lucianique de la septante prolonge le livre II
jusqu’à la mort de David, le premier se termine par la mort de Saül alors que le second livre
se termine par la mort de David.1

Le texte des livres de Samuel est parmi ceux qui posent le plus de problèmes du traducteur et
à l’interprète, en particulier du fait des divergences entre l’hébreu du texte massorétique et le
grec de la septante.2

1- Le texte : la vocation de Samuel 1 S3,1-21

Le jeune Samuel servait donc Yahvé en présence d'Eli; en ce temps-là, il était rare que
Yahvé parlât, les visions n'étaient pas fréquentes. Or, un jour, Eli était couché dans sa
chambre ses yeux commençaient de faiblir et il ne pouvait plus voir la lampe de Dieu
n'était pas encore éteinte et Samuel était couché dans le sanctuaire de Yahvé, là où se
trouvait l'arche de Dieu. Yahvé appela: "Samuel, Samuel!" Il répondit: "Me voici! "et il
courut près d'Eli et dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé" -- "Je ne t'ai pas appelé, dit
Eli; retourne te coucher." Il alla se coucher. Yahvé recommença d'appeler: "Samuel,
Samuel!" Il se leva et alla près d'Eli et dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé" -- "Je ne
t'ai pas appelé, mon fils, dit Eli; retourne te coucher. "Samuel ne connaissait pas encore
Yahvé et la parole de Yahvé ne lui avait pas encore été révélée. Yahvé recommença
d'appeler Samuel pour la troisième fois. Il se leva et alla près d'Eli et dit: "Me voici,
puisque tu m'as appelé." Alors Eli comprit que c'était Yahvé qui appelait l'enfant et il dit
à Samuel: "Va te coucher et, si on t'appelle, tu diras: Parle, Yahvé, car ton serviteur
écoute", et Samuel alla se coucher à sa place. Yahvé vint et se tint présent. Il appela
comme les autres fois: "Samuel, Samuel", et Samuel répondit: "Parle, car ton serviteur
écoute. "Yahvé dit à Samuel: "Je m'en vais faire en Israël une chose telle que les deux
oreilles en tinteront à quiconque l'apprendra. En ce jour-là, j'accomplirai contre Eli tout
ce que j'ai dit sur sa maison, du commencement à la fin. Tu lui annonceras que je
condamne sa maison pour toujours; parce qu'il a su que ses fils maudissaient Dieu et qu'il

1
André CAQUOT, les livres de Samuel commentaire de l’ancien testament, LABOR ET FIDEI, Genève 1994,25.
2
André CAQUOT, les livres de Samuel commentaire de l’ancien testament, LABOR ET FIDEI, Genève 1994,9.
2
ne les a pas corrigés. C'est pourquoi -- je le jure à la maison d'Eli -- ni sacrifice ni
offrande n'effaceront jamais la faute de la maison d'Eli. "Samuel reposa jusqu'au matin,
puis il ouvrit les portes du temple de Yahvé. Samuel craignait de raconter la vision à Eli,
mais Eli l'appela en disant: "Samuel, mon fils", et il répondit: "Me voici!" Il demanda:
"Quelle est la parole qu'il t'a dite? Ne me cache rien! Que Dieu te fasse ce mal et qu'il
ajoute encore cet autre si tu me caches un mot de ce qu'il t'a dit." Alors Samuel lui
rapporta tout, il ne lui cacha rien. Eli dit: "Il est Yahvé; qu'il fasse ce qui lui semble bon!"
Samuel grandit. Yahvé était avec lui et ne laissa rien tomber à terre de tout ce qu'il lui
avait dit. Tout Israël sut, depuis Dan jusqu'à Bersabée, que Samuel était accrédité comme
prophète de Yahvé. Yahvé continua de se manifester à Silo, car il se révélait à Samuel, à
Silo, 4, 1 et la parole de Samuel fut pour tout Israël comme la parole de Yahvé. Eli était
très âgé et ses fils persévéraient dans leur mauvaise conduite à l'égard de Yahvé. Il advint
en ce temps-là que les Philistins se rassemblèrent pour combattre Israël, et les Israélites
sortirent à leur rencontre pour le combat. Ils campèrent près d'Eben-ha-Ezèr, tandis que
les Philistins étaient campés à Apheq.

2- Délimitation : 1s3/1-10

Cette délimitation de notre texte est de telle sorte car dans le premier verset du texte il y a
un changement de personne et même de lieu. Donc notre texte commence dans le premier
verset et se termine par le verset 10 ou le prophète Samuel accepte le projet de Dieu dans
sa vie. Donc cette délimitation est de telle sorte car on remarque les cinq étapes d’une
vocation et dans notre texte c’est clair ces étapes de la vocation de Samuel qui est limitée
dans ces dix versets.

3- Auteur et date :

le nom de Samuel donné à ces livres attesté par la tradition juive comme par Origène et
Jérôme, semble inspiré par le rôle qu’y joue dès le début ce personnage rôle moindre
certes que celui de David ou même de Saül, mais décisif comme initiateur de la royauté.
De plus la tradition talmudique fait de Samuel l’auteur de son livre.

4- Le genre littéraire :

3
de ce texte se rapproche plutôt du rêve théophanique avec message oral, connu en
Mésopotamie ce sont les v 19- 21 qui tendent à présenter ce récit comme celui de la
vocation d’un prophète. 3

l’auteur :
l’origine et l’histoire des livres de Samuel restent un point très discuté parmi les
exégètes. Bien des propositions ont été faites, mais aucune n’a obtenu un consensus
suffisant. C’est M.NOTH qui a donné à la recherche son orientation actuelle en
avançant l’hypothèse d’une rédaction deutéronomiste d’un matériau préexistant sous
la forme de traditions isolées ou de blocs déjà constitués. Son hypothèse a été
reprise, le plus souvent dans le sens de la complexification. Il est impossible de
rendre compte ici des multiples recherches. Je me contenterai donc de présenter
brièvement deux hypothèse récentes en me limitant aux passages de 1 s où Samuel
est concerné.
A cote d’autres essais multipliant les rédactions deutéronomistes, P.K. McCARTER
dans son commentaire paru en 1980, propose de distinguer trois strates. La première
est constituée d’anciennes traditions déjà rassemblées en cycles : il reconnait ainsi un
vieux récit sur l’arche (4,1- 7,1), ainsi qu’un cycles de Saül montrant comment ce
« sauveur »devint roi, conformément à l’annonce d’un voyant et suite à un haut fait
d’armes (9,1- 10,16 ; 11,1-15). Cette nouvelle institution est inutile, le pouvoir
prophétique incarné par Samuel étant suffisant ( chap. 3 et 7). C’est suite à la requête
du peuple que Dieu a concédé un roi (chap.8). mais le prophète n’en garde pas moins
son pouvoir puisqu’il reste l’authentique porte- parole de Dieu (chap.12). c’est à ce
titre d’ailleurs Samuel prononce par trois fois la condamnation de Saül (chap. 13, 7-
15 ; chap. 15 et 28).
Dans un article récent, A. CAQUOT propose une autre hypothèse sur la composition
de ces pages. Sans se prononcer sur l’origine et l’ancienneté des traditions primitives,
il distingue lui aussi trois stades rédactionnels. Le texte primitive est déjà un récit
suivi dont l’art narratif se révèle excellent. Il raconte comment le vénérable prêtre Eli
forme à Silo le jeune Samuel (chap.1), décrit comme un nouveau Moïse, médiateur
entre le Seigneur et le peuple, plus que prêtre et prophète (chap.3). comme Moïse
autrefois, il obtient le salut d’Israël par sa seule intercession (chap. 7). C’est à lui que
le Seigneur envoie Saül pour le consacrer, et l’onction se révèle efficace : sous

3
André CAQUOT, les livres de Samuel commentaire de l’ancien testament, LABOR ET FIDEI, Genève 1994,65.
4
l’impulsion de l’Esprit divin, le roi remporte une victoire (11,1-11). Rival son
jugement négatif sur le sanctuaire de Silo et ses prêtres l’amène à interpréter la mort
tragique d’Eli et ses fils comme la suite des fautes cultuelles condamnées par Dieu
(chap. 2 et 3,11-14). Son souci religieux le pousse également à faire de Samuel un
nazir (1,11), puis un prêtre offrant des sacrifices (7,9-10a ; 13,7-15 et 16,2),
procédant à des rites expiatoires (7,6) et donnant l’onction à David comme Sadoq a
oint Salomon (chap. 16). Plus tard, un rédacteur deutéronomiste insiste sur le
prophétisme de Samuel qui devient l’homme de la parole. La royauté est présentée
avec des accents négatifs : elle signifie le rejet du Seigneur (8,7-10 ; 10, 18b-19) et
n’est légitime que si elle est soumise à la loi et son médiateur (chap.12). C’est
d’ailleurs au nom de celle-ci que Samuel finira par rejeter Saül, préfiguration de
l’échec de la monarchie (chap. 15et 28).4

Dans ce chapitre célèbre, on retrouve l’empreinte du rédacteur sadocide il intervient dans


l’oracle central des v. 12-14 mais aussi dans l’introduction v.1 et dans la conclusion v.19-
21. Celles-ci encadrant, aux v.2-18 un récit complet que l’on présente souvent comme
celui de la vocation de Samuel. Il faut remarquer qu’il y manque pourtant l’élément à
vrai dire essentiel d’un récit de ce genre, à savoir la définition d’une mission fixés au
héros. Samuel n’est que le récepteur d’un message divin qui ne le concerne pas
directement.5

Donc pour étudier notre texte allons mettre les cinq parties pour une vocation et ici
la vocation de Samuel.

Dans les versets 1,2,3 on a l’introduction de notre texte puis dans le verset 4 l’appel de
Dieu à Samuel et dans ce verset quand Samuel répondit le Seigneur par « me voici »cela
indique une mission, dans le verset 5 Samuel refuse cette mission , alors que 6a
l’insistance de la part du Seigneur à Samuel mais dans 6b, 7 il refuse une deuxième fois
cette mission, verset 8a une deuxième insistance de la de la part du Seigneur en 8b
troisième refus , en 8c, 9, 10 il compris alors le troisième insistance mais Dieu continu et
esquisse le prophétisme et 10b le départ et l’acceptation de Samuel le projet de Dieu dans
sa vie et comprend qu’il est appelé par le seigneur pour une mission qui dépasse de loin
ses capacités.

4
André WENIN, SAMUEL JUGE ET PROPHETE, Cahiers evangile,89, CERF, Paris, 1994, 11-12.
5
André WENIN, SAMUEL JUGE ET PROPHETE, Cahiers evangile,89, CERF, Paris, 1994, 65.
5
A- le contexte lointain :

La révélation biblique est essentiellement parole de Dieu à l’homme. Voilà pourquoi,


tandis que dans les mystères grecs et la gnose orientale la relation de l’homme à Dieu est
fondée avant tout sur la vision selon la bible « la foi naît de l’audition ».

L’homme doit écouter Dieu :

a- Ecoutez, crie le prophète avec l’autorité de Dieu, écoutez répète le sage, au nom
de son expérience et sa connaissance de la loi. Ecoute Israël, redit chaque jour le
pieux israélite pour se pénétrer de la volonté de son Dieu. Ecoutez, reprend à son
tour Jésus lui-même, parole de Dieu.

Or selon le sens hébraïque du mot vérité, écouter, accueillir la parole de Dieu, ce


n’est pas seulement lui prêter une oreille attentive, c’est lui ouvrir son cœur, c’est la
mettre en pratique c’est obéir. Telle est l’obéissance de la foi qui requiert la
prédication entendue.

b- Mais l’homme ne veut pas écouter et c’est là son drame. Il est sourd aux appels de
Dieu ; son oreille et son cœur sont incirconcis. Voilà le pêché des juifs que
rencontre Jésus : « vous ne pouvez pas écouter ma parole… qui est de Dieu
entend les paroles de Dieu : si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de
Dieu ».
Seul Dieu peut en effet ouvrir l’oreille de son disciple la lui « creuser »pour qu’il
obéisse. Aussi dans les temps messianiques, les sourds entendront, et les miracles
de Jésus signifient qu’enfin le peuple sourd comprendra la parole de Dieu et lui
obéira. C’est ce que la voix du ciel proclame aux disciples « celui- ci mon fils
bien-aimé, écoutez, écoutez- le (mt 17,5).
c- Dieu écoute l’homme . dans sa prière l’homme demande à Dieu de l’écouter,
c’est-à-dire de l’exaucer. Dieu n’écoute ni les injustes, ni les pécheurs. Mais il
entend le pauvre, la veuve et l’orphelin, les humbles, les captifs. Il écoute les
justes, ceux qui sont pieux et font sa volonté. Ceux qui demandent selon sa
volonté. Et qu’ils le fait, c’est qu’il écoute « toujours » son fils Jésus par lequel a
jamais passe la prière du chrétien.

6
connaitre→ disciple→ foi→ obéissance→ parole de Dieu→ suivre→
transfiguration→ vocation.6
B- Le contexte prochain :
Le premier livre de Samuel comporte trois grandes parties :
La première (chap. 1 à 7) raconte la montée du jeune Samuel : un moment
éclipsé par la préférence des israélites pour l’arche de l’alliance. Il s’impose lors
d’une victoire éclatante contre les philistins. Samuel devient alors juge,
gouvernant Israël « tous les jours de sa vie ». se pose ensuite le problème de la
royauté qui occupe la deuxième partie. Au départ la nouvelle institution politique
semble faire problème à Samuel (chap. 8) qui la ratifie pourtant en l’intégrant
solennellement dans l’alliance ( chap. 12). Entretemps, avec l’aide du prophète, le
seigneur met en place un roi agrée par le peuple, Saül ( chap. 9 à 11). Le premier
livre de Samuel comporte trois grandes parties 7
Contenu et structure de la première partie ( chap. 1-7) : le livre de Samuel
commence par une suite de récit bien enchainés qui vont de la conception du
héros à son activité de juge en Israël. La stérilité amère d’Anne trouve une
heureuse issue de la naissance de Samuel (1, 1-20). Mais celui- ci a été promis au
seigneur par un vœu dont Anne doit s’acquitter. Aussi, conduit- elle son fils au
sanctuaire de Silo ( 1, 21- 2, 11a). Mais avant même que son aventure se termine
par la victoire définitive sur la stérilité ( 2, 19- 21), une autre crise s’est ouverte :
à Silo, le petit Samuel se trouve confrontée à des prêtres décadents sur qui restent
sans effet les protestations désarmée d’un père velleitain, Eli ( 2, 11b- 18, 21- 26).
Une telle obstination dans le mal réclame une condamnation. L’oracle qui la
famine débouche pourtant sur la promesse d’un remplaçant fidèle (2, 27-36),
promesse qui semble se réaliser quand le Seigneur appelle Samuel pour lui
confirmer la décision à laquelle Eli se résigne ( 3, 1- 18).
Samuel une fois accrédité comme prophète (3, 19-21), l’’ancien pouvoir n’a plus
qu’à disparaitre, conformément aux oracles divins.
Il va effectivement disparaitre ( 4,11-22), mais c’est un beau milieu d’une
catastrophe nationale dont Samuel avait reçu, l’annonce : c’est qu’Israël avait cru
pouvoir plier Dieu à sa volonté. (4, 1-10). Alors une crise se termine, une autre a
déjà commencée. Elle est double : l’écrasement militaire du peuple, d’une part, et
6
Xavier LÉON- DUFFOUR, Jean DUPLACY, vocabulaire de théologie biblique, CERF, Paris, 1970, 310.
7
André WENIN, SAMUEL JUGE ET PROPHETE, Cahiers evangile,89, CERF, Paris, 1994,7-8-9.
7
la capture de l’arche par les philistins, d’autre part, en sont des signes évidents.
Dans le second problème de cette crise que le récit se poursuit : l’arche prouve sa
puissance de manière éclatante, tant chez ses vainqueurs philistins (5,1-6,13) que
ses adorateurs israélites, puis elle se retire, à distance (6,14-7,1). Quand Israël
soupire vers le Seigneur et que, à la parole de Samuel, il annonce à son idolâtrie,
l’heure de sa revanche sur l’ennemi sonne enfin. La supplication du prophète et la
victoire du Seigneur donnent solution au premier pan de la crise (7, 2-14).
Viennent alors les années sereines où Samuel « juge »Israël : c’est l’objet du
sommaire final (7, 15-17).
Cette première partie du livre est donc composée de deux ensembles articulés
entre eux par la destinée tragique de la famille d’Eli, le prêtre de Silo, et par
l’ascension de Samuel. Le premier ensemble (chap.1-3) a pour théâtre le
sanctuaire de Silo et pour objet les histoires, en partie entrelacées, de deux
familles : celle de Samuel et celle des prêtres dont la décadence fait ressortie
davantage les mérites du jeune héros. Une inclusion entre 1,3 et 3,20-21 reprend
le cadre ( le Seigneur, à silo) et l’opposition principale du récit : les deux fils
d’Eli, prêtre du Seigneur d’une part ; Samuel, prophète à qui le Seigneur se révèle
par la parole d’ autre part. le second ensemble (chap. 4-7) élargit la perspective :
tout Israël est cette fois directement concerné par une compagne militaire lancée
par Samuel contre les philistins. D’après le récit du livre des juges, on sait que
ceux-ci oppriment Israël depuis le temps de Samson dont La carrière s’est soldée
par un échec. Samuel lance donc un combat de libération (4,1) qui ne trouve sa
conclusion qu’avec la victoire d’Israël et la paix revenue (7, 12-14). De nouveau,
le nom du lieu décisif est mentionné en inclusion : c’est « la Pierre- du- secours ».

B- Contexte immédiat :étude sémantique :


Introduction :
Au sanctuaire de Silo, le sacerdoce s’était passablement altéré dans la famille du
vieux prêtre Eli. Pour mener son peuple sur les chemins de la fidélité, Dieu
appelle un homme nouveau, le jeune Samuel. Le récit de cet appel est plein d’une
sobriété sereine qui tranche avec les récits tourmentés ou dramatiques qui le
précèdent et qui le suivent.

8
Toutefois, il ne faut pas se laisser égarer ni par le caractère émouvant de la scène,
ni surtout par l’imagerie qu’on en a tirée. Il s’agit moins d’une suite aux
« enfances »de Samuel que de la vocation du premier des grands prophètes
d’Israël. La fin du récit (que la liturgie n’a pas gardée) le montre bien. Malgré
son jeune âge, en effet, la première mission de Samuel sera terrible : il va être
chargé d’annoncer à Eli la ruine définitive de sa famille. Mais, nous le verrons
bientôt, le rôle de Samuel s’étendra par la suite à tout le peuple et deviendra
déterminant pour son histoire.8
« l’appel de Dieu à Samuel »
Première révélation, qui consacre Samuel prophète. Bien que la scène se passe
pendant la nuit, ce n’est pas un songe : la voix réveille Samuel, qui se lève trois
fois et va auprès d’Eli. Ce n’est une « vision » qu’au sens large, car Samuel ne
voit pas Yahvé, il l’entend seulement, même lorsque Yahvé « ce tient présent »9

« 1 Le jeune Samuel servait donc Yahvé en présence d'Eli; en ce temps-là, il était
rare que Yahvé parlât, les visions n'étaient pas fréquentes. »

Samuel : tandis que les fils d’Eli se moquent de Dieu et de ses fidèles en profanant les
sacrifices dont ils sont les officiants, le jeune Samuel vit dans le sanctuaire « au service
du Seigneur » : il rend à Eli les services que lui permet sa jeunesse. L’opposition est
marquée. On pressent que le Seigneur prépare une étape nouvelle, plus vraie, plus loyale
à son égard, dont l’’attitude d’Anne, mère de Samuel, était comme la préface.10

Yahvé : le peuple élu a désigné son Dieu par une série de vocables qui expriment les
attributs de la divinité : éternité, toute-puissance. Mais, selon le livre de l’exode, le nom
même du Dieu unique fut révélé à Moïse au buisson ardent. Il est transcrit en hébreu en
quatre consonnes. C’est le tétragramme : YHVH, parfois abrégé en YHV, YHH ou même
yh « yah. La racine du mot doit être cherchée dans hayah, le verbe «être », qui n’’existe
pas au présent et que voici à l’ « inaccompli »temps de conjugaison qui indique la durée
Dieu dit éhyeh, « je serais », c’est-à-dire « je suis ». ce qui donne à la troisième
personne : yiheyeh ; d’où : « Yahvé ». qui est la forme la plus généralement admise
aujourd’hui, encore qu’il soit prétentieux de tenir pour pleinement et sûrement la bonne
cette transcription phonétique.
8
Louis Barlet, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 30.
9
R, De VAUX, O.P., la sainte bible, les livres de Samuel, CERF, Paris, 1961, 34.
10
Louis BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER , Paris, 1979,IV, 30.
9
Quant aux traductions mêmes du tétragramme, aucune non plus n’’est totalement
satisfaisante. « je suis celui qui est », propose en grec la septante (« tu diras au fils
d’Israël : « celui qui est m’a envoyé vers vous »). Plus liées à l’hébreu sans doute sont
d’autres formulations qui ont moins d’élégance mais peut-être, par le choc d’une audace
de scribe, le mérite d’insister plus vigoureusement à la méditation de l’être par
excellence, l’Etant, l’Existence dans l’absolu, qu’est le Dieu de la bible désigné sous ce
vocable. Ainsi lit- on « je suis qui je suis », ce qui donne : « je suis m’a envoyé vers
vous », ou encore : « je suis celui qui suis ».

La plupart des civilisations orientales, et particulièrement celle du groupe sémitique,


considèrent que le nom est intégré à la personne même qui le porte ; il est en tout cas son
symbole le plus intime. Prononcer le nom de quelqu’un, c’est prendre pouvoir sur lui.
Ainsi, dans le récit biblique des origines, Dieu ordonna à l’homme de « donner un nom »
à tout ce qui vit… afin qu’il prît possession de la faune qui lui était ainsi livrée.11

Eli : prêtre du sanctuaire de Silo où se trouve l’Arche d’alliance au temps des juges il
« jugera » lui-même Israël perdant 40 ans. Les diverses généalogies de « fils d’Aron »
assez confuses, ne permettent pas de choisir sans hésiter entre les deux traditions qui
font d’Eli un descendant d’Eléazar ou d’Istamar. Dans la première moitié du XIe s av JC,
Eli bénit Anne l’Ephraїmite venue en pèlerinage à Silo pour implorer Yahvé de mettre
fin à sa stérilité et de lui accorder un fils. Cette prière ayant été exaucée, Eli accueille
pour l’élever dans le sanctuaire l’enfant à peine sevré et voué par sa mère au service
divin. Il s’agit de Samuel qui grandit aussi « auprès de Yahvé » et dont le vieux prêtre
favorisa la vocation. Saint homme sans doute, mais trop peu vigilant et trop indulgent,
puis accablé par l’âge, Eli ne sut pas tenir ou ramener dans le devoir ses fils Hophni et
Pinhas.

Visions : l’At. C’est « de maintes manières »que Dieu a parlé aux hommes ; c’’est aussi
de multiples façons qu’il leur a fait voir des « choses cachées . il en est des v.(vision)
nombreuses dans l’AT., comme des apparitions. Le genre littéraire du texte qui les
rapporte évolue entre deux extrêmes : la description précise, et la fiction narrative-
théologique présentant, sous la forme d’un récit de v., la découverte d’un message et la
certitude de son origine divine. Il est difficile, sinon impossible, de discerner ce qui, dans
chaque texte, révèle du premier genre ou du second. Les prophètes sont les bénéficiaires

11
André-marie GERARD, dictionnaire de la bible, ROBERT LAFFOUT, Paris,1989, 1380.
10
privilégiés de la v. à laquelle leurs descendants lointains, les apocalypticiens, ajoutent
une note fantastique. La conviction qui ressorte des v. est la suivante : le prophète reçoit
communication des secrets, du dessein de Dieu « le conseil »parce qu’il a pris part à son
conseil. Dieu lui a parlé, il lui parle. C’est cette participation au conseil céleste, cette
communication de la parole de Dieu, que les auteurs expriment par les tableaux de v. il
faut d’ailleurs noter la formule , « voir une parole », « ou un oracle ».12

« 2 Or, un jour, Eli était couché dans sa chambre -- ses yeux commençaient de
faiblir et il ne pouvait plus voir »

Peut être à cause de l’infidélité de la maison d’Eli : Yahvé se fait distant. Le récits a deux
objets : la vocation de Samuel, la condamnation de la maison d’Eli. 13

« 3 la lampe de Dieu n'était pas encore éteinte et Samuel était couché dans le
sanctuaire de Yahvé, là où se trouvait l'arche de Dieu. »

la lampe : la lampe de Dieu, encore allumée, indique que le jour nouveau n’a pas
commencé. C’est en effet du soir au matin que brûlait une lampe dans le sanctuaire. Le
lévitique fait remonter cet usage rituel au temps de Moise.

C’est dans la tente de la rencontre qu’Aron disposera cette flamme. Elle sera là devant le
Seigneur du soir au matin, en permanence. Ceci est un décret perpétuel pour vos
14
descendants.

Dieu : l’AT ne prouve pas l’existence de Dieu par un raisonnement philosophique, il


confesse comme une réalité allant de soi. Dans l’AT. Dieu porte plusieurs noms ( nom
divin), cela montre qu’il considéré partout comme un être personnel, comparable à la
personne humaine. Mais il est plus qu’un homme puissant et immortel, comme c’est le
cas des divinités païennes. L’AT. Souligne avec force la différence qu’il y a entre Dieu et
l’homme. Il souligne surtout sa puissance, sa vie et sa sainteté, Il est l’étant.15

le sanctuaire : c’est le lieu où l’on célébrait le culte de Jéhovah. L’Ephraaimiste Michas


fit desservir d’abord par son fils, puis par une lévite, et au sanctuaire de Laїs-Dan dont le
12
Pierre-Maurice BOGAERT, Dictionnaire encyclopédique de la bible, BREPOLS, Canada, 1987,1341-1342.
13
R, De VAUX, O.P. la sainte bible, les livres de Samuel, CERF, Paris, 1961, 34.
14
Louis BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 30.
15
Pierre-Maurice BOGAERT, Dictionnaire encyclopédique de la bible, BREPOLS, Canada, 1987,355.
11
même lévite devint le prêtre, on ne saurait les regarder comme légitimes, car ils étaient
établis contrairement aux prescriptions de la loi er renfermaient une image taillée,
l’historien cite cet exemple, qui n’aurait rien en soi de remarquable s’il était en
conformité avec la loi, pour montrer, comment à cette époque, « chacun  faisait ce qui lui
semblait bon. » la culte de Jéhovah avait alors son centre à Silo. Le grand prêtre Eli y
présidait, mais ses fils se livraient aux pires désordres à l’entrée même du tabernacle.
Quand l’Arche eut été prise par les philistins, le sanctuaire de Silo perdit beaucoup
de son importance.16

l'arche de Dieu : le mot « arche »tiré du latin arca, traduit le mot hébreu arôn : « le
coffre ». le coffre. Meuble de grande tente, sert de siège aussi bien que le contenant.
L’Arche sainte mentionnée plus de deux cent fois dans la bible est l’un et l’autre : trône
du Dieu et châsse qui contient la preuve de l’alliance qu’il a nouée avec son peuple.

Telle qu’elle se décrite dans le livre de l’exode, elle se présente comme un coffre
rectangulaire en bois d’acacia, dont les dimensions sont limitées .

Nul ne sait si une description aussi précise est bien celle du meuble liturgique primitif, ou
si elle correspond mieux à ce qu’il devint au cours des âges. Nul non plus ne saurait faire
l’exact inventaire de son contenu n garantir que celui-ci demeura inchangé d’un bout à
l’autre de son histoire. Les textes des différentes époques s’accordent cependant pour
préciser que Moïse déposa dans l’Arche « le témoignage »reçu de Yahvé au Sinaï ; le
terme désigne sans équivoque les deux tables du décalogue, celles « des dix paroles » qui
témoignent de l’alliance.17

Une lampe brûle toute la nuit dans le sanctuaire. Il y aura dix lampes dans le temple de
Salomon, un chandelier à sept branches dans le second temple.

Première mention dans les livres de Samuel. Elle prépare immédiatement la révélation
qui va être faite : au-dessus de l’arche, Yahvé se rend présent et communique ses ordres
et la vision inaugurale d’Isaïe. 18

« 4 Yahvé appela: "Samuel, Samuel!" Il répondit: "Me voici!" »

16
F.Vigouroux, Dictionnaire de la bible, Letouzey et ané, Paris, V, 1912, 1446.
17
André-marie GERARD, dictionnaire de la bible, ROBERT LAFFOUT, Paris,1989, 99.
18
R, De VAUX, O.P., la sainte bible, les livres de Samuel, CERF, Paris, 1961, 34.
12
Appela : la rencontre de l’homme avec Dieu a toujours été exprimée dans la bible par
des images qui essaient de décrire l’ « indescriptible ». c’’est par les tableaux grandioses
qu’on a cherché à évoquer la découverte de Dieu par Moise (exode 19,16-20), Eli,( 1
rois 19,9-18), Isaïe (Isaïe 6, 1-8). Ici, par contre, la rencontre se déroule dans le calme
d’un sanctuaire noyé d’obscurité, auprès de l’Arche d’alliance, trône du Seigneur de
l’univers. La description est en faite avec une sorte de naïveté voulue. L’impression de
retenue qui s’en dégage rend la scène très solennelle dans sa simplicité dépouillée.

Inutile de se demander comment, « en réalité », eut lieu la découverte de Dieu par
Samuel. Comme pour tout homme, elle fut probablement progressive et plus longue que
les quelques moments d’une nuit. Ce récit évoque cependant admirablement la réalité
d’une rencontre proprement indicible, en vue de faire reconnaitre Samuel comme
prophète du Seigneur.19

Dans ce verset il y a l’appel de Dieu à Samuel.

Samuel, Samuel : cette répétition nous donne que Samuel n’entend pas la voix de Dieu
lui appel ici Samuel ne veut pas écouter, ou bien il y a quelque chose qui échappe cette
voix d’être reçu par Samuel. Mais à la fin de ce verset il répond le Seigneur « me voici »,
comme si il a accepté ce message divin qu’il entend.

« 5 et il courut près d'Eli et dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé" -- "Je ne t'ai pas
appelé, dit Eli; retourne te coucher." Il alla se coucher. »

On remarque dans ce verset que Eli comme un accomplisseur du projet de Dieu dans la
vie de Samuel comme un élément fondamental dans la vocation de Samuel.

« 6 Yahvé recommença d'appeler: "Samuel, Samuel!" Il se leva et alla près d'Eli et
dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé" -- "Je ne t'ai pas appelé, mon fils, dit Eli;
retourne te coucher." »

Ce verset nous trouvons l’insistance du seigneur pour Samuel, mais encore une autre fois
il refuse ce projet de Dieu.

« 7 Samuel ne connaissait pas encore Yahvé et la parole de Yahvé ne lui avait pas
encore été révélée. »

19
Louis BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 32.
13
Connaissait : le verbe connaitre dans la bible a un sens très fort : il exprime l’intimité de
l’amour. Dans la relation de l’homme à Dieu, il indique une expérience mystique
profonde. Samuel, bien évidemment, a entendu parler de Dieu, mais il n’a pas encore
vécu l’expérience personnelle où Dieu s’adresse directement à l’homme. Cette nuit va le
faire passer de la connaissance selon l’intelligence à la connaissance du cœur. Comme
Job le déclare à la fin de son long débat avec Dieu, Samuel pourrait dire :

Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu.20

Dans la bible en plus le verbe connaitre c’est prendre une décision c’est être responsable
et bien le jeune Samuel a pris cette responsabilité plutôt cette décision d’être pour le
Seigneur qui l’appel.

Révélée : Dieu s’est révélé en se montrant l’allié d’Israël et en le délivrant des corvées de
l’Egypte. Les victoires d’Israël comme ses défaites sont le fruit de l’intervention de
Yahvé. Dieu préside aux destinées des nations. Certes, l’histoire n’est révélée qu’en tant
qu’elle est interprétée en fonction de l’alliance. Mais l’histoire n’a de sens eschatologique
que pour le croyant qui rattache son existence à l’œuvre de Yahvé.

La création : la splendeur de la création exalte son auteur. Face aux mythologies


païennes, Gn1 présente Dieu comme créateur des éléments du monde.

Le sanctuaire est le lieu où Dieu se révèle. C’est là qu’il parlait à Moise. Il manifesté sa
gloire dans le temple de Salomon montrant ainsi qu’il agrée les sacrifices offerts et veut
répondre aux prières. Aux prophètes, Dieu parle par énigmes, mais ils sont l’objet d’une
vocation personnelle et rendus ainsi indépendants du pouvoir politique. Dieu parle aux
prophètes dans les songes et des visions, sa révélation est avant tout parole et non vision,
quand Dieu parle il se fait voir par une communication orale, Dieu parle car l’homme ne
peut pas le voir et vivre. Par son action l’esprit est l’agent suprême de la révélation, il
donne parole au prophète, il est présent chez tous ceux qui servent Dieu et qui révèlent
ainsi son intelligence et sa bonté .21

la parole : la parole de Dieu est une réalité fondamental de la révélation biblique : Yahvé
est un Dieu qui parle, tandis que les idoles sont muettes « enfin il nous a parlé par un
fils ».

20
LOUIS BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 32.
21
Pierre-Maurice BOGAERT, Dictionnaire encyclopédique de la bible, BREPOLS, Canada, 1987,1116- 1117.
14
dans l’AT, la parole de Yahvé signifient le plus souvent les volontés ou pensées de Dieu
révélées à des hommes choisis pour tout le peuple. Le prophète est par excellence l’homme de
la parole de Dieu, qui en fait l’expérience irrépressible : le faire taire, c’est pécher contre
Dieu.22

« 8 Yahvé recommença d'appeler Samuel pour la troisième fois. Il se leva et alla près
d'Eli et dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé." Alors Eli comprit que c'était Yahvé qui
appelait l'enfant »

Eli :le récit décrit avec finesse et sobriété l’attitude du vieux prêtre Eli. Sans doute ne
comprend-il pas tout de suite ce qui se passe. Mais sans doute aussi montre-t-il la prudence
des véritables guides spirituels : il faut du temps pour s’assurer de la réalité d’un appel divin ;
il y faut des expériences successives dont la seule explication soit bien l’initiative de Dieu ; il
faut enfin aider celui qui est choisi à prendre conscience de lui-même de l’appel de Dieu et à
se situer dans la plus grande disponibilité devant Dieu même, sans plus aucun intermédiaire
humain.

Eli, qui a pas réussi l’éducation de ses propres enfants, fait preuve, à propos de Samuel, du
discernement qui permet de reconnaitre l’intervention de Dieu.23

« 9 et il dit à Samuel: "Va te coucher et, si on t'appelle, tu diras: Parle, Yahvé, car ton
serviteur écoute", et Samuel alla se coucher à sa place. »

Dans ce verset Yahvé est devenu pur les deux pas un simple homme ou aussi un simple voix
c’est Dieu qui intervient dans la vie d’un prophète pour une mission.

« 10 Yahvé vint et se tint présent. Il appela comme les autres fois: "Samuel, Samuel", et
Samuel répondit: "Parle, car ton serviteur écoute." »

Samuel : la répétition du nom donne toujours dans la bible plus d’insistance à l’appel. Ainsi
Moise au boisson ardent ou Saül sur le chemin de Damas.24

Serviteur : le sens habituel de « celui qui aux services, aux gages de quelqu’un », le
domestique, l’esclave dans l’antiquité, ce mot est utilisé comme terme de civilité. Il est l’élu
de Dieu, revêtu de son esprit, il enseignera la loi non en criant, en ameutant les foules sur la

22
Pierre-Maurice BOGAERT, Dictionnaire encyclopédique de la bible, BREPOLS, Canada, 1987,969.
23
Louis BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 32.
24
Louis BARLET, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE BROUWER, Paris, 1979,IV, 32.
15
voie publique à la manière des prophètes mais en persuadant avec douceur, sans condamner
ceux qui sont tombés et qui, tels la tige cassé ou la lampe chancelante sont successible dans le
droit chemin. Le serviteur Dieu l’a destiné dès le sein de sa mère, il l’a façonné, il l’a consacré
pour sa gloire. Le serviteur, lui, est chargé d’une mission auprès du peuple élu et aussi des
nations, le serviteur expose son destin, il agit en fidèle de son Dieu. Au début c’est Yahvé qui
parle, annonçant que le serviteur sera exalté ; puis le prophète reprend le thème pour rappeler
combien auparavant est appelé à souffrir. Le serviteur a été, dès sa naissance, appelé par Dieu
qui a mis sur lui son esprit, sa mission la conversion d’Israël et aussi celle des nations
païennes dont il sera la « la lumière »25

Dans ce dernier verset de notre étude nous trouvons le départ de Samuel à la mission que le
Seigneur l’avait donné .

Conclusion : Le jeune Samuel avait été amené à Eli pour qu’il soit éduqué dans le temple. Né
d’un vœu prononcé par sa mère Anne, Samuel « a été cédé à Dieu par ses parents pour tous
les jours de sa vie » (1 S 1,28). Il est donc mis en pension au temple de Silo auprès d’Eli et
c’est là qu’il entendra l’appel de YHWH.

Dans le temple, Samuel vit avec le Seigneur et le sert. Dans une sorte de parenthèse, l’auteur
rappelle qu’à l’époque la parole du Seigneur se fait rare et les visions sont inexistantes ; mais
à la fin du récit, il est attesté que le Seigneur continue à se faire voir et se révèle à Samuel par
sa parole au vu et au su de tout Israël. Ainsi le récit entend montrer que le Seigneur peut à
nouveau se rendre présent à son peuple grâce à un lien désormais réciproque avec Samuel

Ce récit de la vocation de Samuel est racontée longuement, avec force détails, d’échanges
nocturnes avec Eli. Pourtant le vieux prêtre Eli est opposé à Samuel : il est couché, loin du
Seigneur, il ne peut plus le voir ; il n’est plus d’aucune utilité pour combler le manque dont
souffre Israël. Par contre Samuel est couché dans le temple du Seigneur, près de l’arche et la
lumière de Dieu qui brûle encore, lui permet de voir. Si faible soit-il, il y a donc encore de
l’espoir.

En fait le Seigneur appelle : la triple répétition de cet appel qui est une technique narrative,
conduisant à l’issue heureuse d’une histoire.

Samuel réagit à chaque fois de la même manière, il est disponible et court vers Eli. Il ne
reconnaît pas le Seigneur, mais ce n’est pas sa faute : il ne peut le connaître, puisque la parole
25
André-marie GERARD, dictionnaire de la bible, ROBERT LAFFOUT, Paris,1989, 1274-1275.
16
du Seigneur ne lui a pas encore été révélée. Et c’est alors le vieil Eli, le prêtre indigne dont les
fils sont impies et condamnés et dont la vie semble un échec, qui comprend que l’appel vient
de Dieu et le suggère à Samuel. Le Seigneur se fait reconnaître grâce à ses serviteurs les plus
indignes et les moins qualifiés.

Et le Seigneur appelle une quatrième fois. Eli avait recommandé à Samuel la réponse à faire,
mais Samuel ne reprend pas l’invocation « Seigneur » recommandée par Eli, peut-être n’ose-
t-il pas nommer Dieu. Mais avec la même disponibilité spontanée et sans faille, il se met
aussitôt à l’écoute du Seigneur, il recouvre ainsi l’accès du peuple à la parole du Seigneur.
Ainsi le Seigneur pourra-t-il reprendre des relations d’alliance avec son peuple.

Pour cela il a fallu la disponibilité du tout jeune homme prêt à servir, et la perspicacité du
vieux prêtre déchu qui accepte de laisser la place au jeune prophète.26

Synthèse théologique :

Après cette longue étude de la vocation de Samuel, qui a été choisi par Dieu, les fils d’Eli, qui
possédaient le sacerdoce et le sanctuaire de Silo, ont quitté le Seigneur. Dieu appelle le jeune
Samuel pour sauver son peuple. Cette vocation qui apparait dans un rêve théophanique sous
un message oral, tende à présenter une vocation d’un prophète. Dieu vient appeler Samuel
dans le rêve quand il est endormi, il l’appelle trois fois. Cette répétition de cet appel est une
technique narrative qui conduit à l’issue heureuse d’une histoire.

Mais si nous voulons un peu avancer dans notre étude, nous constatons que cette répétition est
dans le thème de l’écoute. Ecouter c’est pénétrer dans la volonté de Dieu, pas seulement lui
prêter une oreille attentive, mais aussi lui ouvrir le cœur. C’est mettre cette volonté en
pratique. Obéir, c’est être en tous par Dieu.

Si l’homme ne veut pas écouter, c’est son drame. Il est sourds aux appels de Dieu. Si nous
entendons pas, nous ne sommes pas de Dieu.

Donc la connaissance de Dieu va nous faire un disciple et un être dans la foi, et obéir à la
parole et la suivre par une vocation.

C’est le cas de Samuel, Dieu l’a choisi après trois refus, et trois insistance , puis il le consacre
pour le sacerdoce dans le sanctuaire de Silo. Il se trouve confronté à des prêtres.

26
Guiard des moulins, vocation de Samuel, fol 119, bibliothèque nationale, 2010.
17
L’ancien pouvoir a disparu. Samuel, une fois prophète, arrive d’un beau milieu vers une
catastrophe nationale. Quand il a reçu le sacerdoce, il s’était altérée dans la famille du vieux
prêtre Eli pour mener son peuple sur les chemins de faculté. Dieu appelle un jeune homme,
Samuel qui va être chargé d’annoncer à Eli la ruine définitive de sa famille.

Nous, en tant que séminaristes, ce texte nous donne une grande leçon de savoir écouter le
Seigneur dans notre vie et obéir, car l’obéissance c’est la foi. De plus, être conscient, prudent
à cette sainte vocation, celle du sacerdoce, être le maitre du peuple.

Moi, en tant que missionnaire, je pose la question combien y a-t-il dans le monde des gens qui
ont quitté le Seigneur comme la famille d’Eli et sa maison?

Enfin, la vocation de Samuel est une vocation universelle qui touche tout le monde, chaque
vocation est comme celle de Samuel.

Prions le Seigneur tout puissant, d’avoir toujours le cœur qui écoute et obéit à sa volonté et
être prêt à chaque fois il apparaît dans notre vie, pour pouvoir servir cette mission sacrée qui
nous attend au futur.

18
Biographie :

1- BOGAERT Pierre-Maurice, Dictionnaire encyclopédique de la bible, BREPOLS,


Canada, 1987.
2- BARLET Louis, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE
BROUWER, Paris, 1979,IV.
3- CAQUOT André, les livres de Samuel commentaire de l’ancien testament,
LABOR ET FIDEI, Genève 1994.
4- De VAUX. R , O.P., la sainte bible, les livres de Samuel, CERF, Paris, 1961.
5- De VAUX Louis, écouter la bible, la fondation du royaume, DESCLÉE DE
BROUWER, Paris, 1979,IV.
6- F.Vigouroux, Dictionnaire de la bible, Letouzey et ané, Paris, V, 1912.
7- GERARD André-marie, dictionnaire de la bible, ROBERT LAFFOUT, Paris,1989.
8- Guiard des moulins, vocation de Samuel, fol 119, bibliothèque nationale, 2010.
9- LÉON- DUFFOUR Xavier, Jean DUPLACY, vocabulaire de théologie biblique,
CERF Paris, 1970.
10- WENIN André, Samuel juge et prophète, Cahiers evangile,89, CERF, Paris, 1994.

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